Déconfinement de la culture : la PCU doit être prolongée

Alors que des mesures sont progressivement annoncées pour permettre le déconfinement du secteur culturel, la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC-CSN) insiste sur l’importance d’appuyer de vastes pans de la culture qui ne pourront pas compter sur une relance à court et à moyen terme. Afin d’assurer la survie de l’écosystème culturel, la FNCC-CSN réitère la nécessité de prolonger la Prestation canadienne d’urgence (PCU), notamment pour les travailleuses et les travailleurs autonomes du milieu culturel.

« Nous sommes conscients que les défis en matière de relance culturelle sont énormes et il est encourageant de voir que des mesures sont prises en ce sens, notamment pour les activités dans les musées. Toutefois, nous sommes inquiets quant à l’avenir du secteur culturel au sens large, car à l’heure actuelle, des milliers de travailleuses et de travailleurs autonomes du milieu font face à une situation de précarité sans précédent. Ceux-ci semblent être dans l’angle mort des mesures annoncées; nous invitons les gouvernements à saisir l’importance de leur contribution et à ne pas les oublier », explique Pascale St-Onge, présidente de la FNCC-CSN.

Il importe de rappeler que la saison estivale est cruciale pour celles et pour ceux qui travaillent dans le secteur de l’événementiel, notamment. Il est d’ores et déjà clair que la majorité, sinon tous les événements d’envergure ne pourront pas avoir lieu ; cela constitue une perte financière majeure pour ces travailleuses et travailleurs.

« Pour nous, une partie de la solution est de prolonger la PCU, car de vastes pans du secteur culturel ne pourront pas compter sur une reprise des activités dans un avenir rapproché. Si la volonté des gouvernements est encore d’assurer la pérennité du milieu culturel, cela doit nécessairement s’accompagner de mesures de soutien concrètes pour celles et ceux qui y travaillent. Prolonger la PCU pour les travailleuses et travailleurs autonomes est une mesure incontournable », ajoute Pascale St-Onge.

La FNCC-CSN représente plus d’un millier de travailleuses et de travailleurs autonomes au sein de trois associations affiliées, soit l’Association des professionnels des arts de la scène du Québec (APASQ), Travailleuses et travailleurs regroupés des arts, de la culture et de l’événementiel (TRACE) et l’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ). De concert avec ces trois associations, la FNCC-CSN poursuivra son travail de représentation politique afin de soutenir les travailleuses et travailleurs autonomes et de s’assurer qu’ils sont pris en compte dans les orientations gouvernementales de relance.

Les travailleuses et les travailleurs des arts, de la culture et de l’événementiel se donnent une voix

Un nouveau chapitre commence à s’écrire alors que l’Association des travailleuses et travailleurs regroupés des arts, de la culture et de l’événementiel (TRACE) voit le jour, avec l’appui de la CSN et de la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN). La création de l’association marque ainsi un moment charnière pour les milliers d’artisans de tous ces secteurs qui se dotent aujourd’hui d’un véhicule commun et d’une voix pour promouvoir leurs enjeux et développer ensemble les outils pertinents à la pratique de leurs métiers.

Une initiative par et pour le milieu
TRACE est d’abord et avant tout l’initiative de celles et de ceux qui contribuent au rayonnement des arts, de la culture et de l’événementiel à travers des métiers très variés. « La crise de la Covid-19 a mis en suspens une immense part de nos activités, peu importe le secteur. Cela a mis en relief la précarité à laquelle font face les travailleuses et travailleurs de ces milieux, notamment avec l’absence de mécanismes de soutien. Pour nous, le temps était donc venu de passer à l’action. Nous avons décidé de nous regrouper et de nous donner une voix pour changer les choses », commente François Deschamps, l’un des instigateurs du projet.

Pour Virginie Ouellet, elle aussi instigatrice du projet TRACE, la création de cette association est une étape majeure. « Ce qu’on fait aujourd’hui, c’est lancer un appel à l’ensemble des travailleuses et des travailleurs autonomes, des salarié-es, des contractuel-les et des pigistes de ces milieux, car nous devons unir nos efforts afin de développer collectivement les outils et les services qui nous permettront de continuer à pratiquer les métiers qui nous passionnent », explique-t-elle.

Des objectifs concrets
L’action de TRACE se décline donc en deux objectifs principaux. D’une part, avec le soutien de la FNCC–CSN, l’association travaillera à développer une plateforme de propositions destinée aux gouvernements. « Nous allons d’abord travailler avec les membres de TRACE pour développer une série de recommandations politiques et législatives que nous irons ensuite présenter aux autorités. Nous réaffirmons qu’au-delà des mesures temporaires actuellement en vigueur, les gouvernements doivent adopter des mesures durables en élargissant le filet social, car être travailleuse ou travailleur autonome ne doit plus rimer avec précarité. On pense qu’il est grand temps pour les gouvernements de reconnaître leur apport à nos sociétés par des dispositions concrètes de soutien », affirme Pascale St-Onge, présidente de la FNCC–CSN.

D’autre part, TRACE souhaite développer différents services pour soutenir au quotidien les milliers de personnes qui travaillent dans les arts, la culture et l’événementiel. « Nous avons devant nous une belle occasion, soit celle d’explorer ensemble la création d’outils collectifs qui peuvent vraiment améliorer notre quotidien. On souhaite évaluer différentes idées, telles que l’accès à des assurances collectives, la création d’un fonds de retraite, l’accès à des avis juridiques sur nos droits et pour le respect de nos contrats, l’accès à des formations, etc. Bref, la liste est longue et emballante, mais pour y arriver, nous devons d’abord nous unir autour d’une même initiative. On souhaite explorer tous ces aspects avec nos futurs membres, car ce sera la force du nombre qui fera changer les choses. En ce moment, le message que nous lançons est simple : adhérez à TRACE, puisque nous sommes les mieux placés pour améliorer les conditions de pratique de nos métiers », ajoute Virginie Ouellet.

TRACE n’est pas un syndicat, mais bien une association qui s’adresse l’ensemble des travailleuses et des travailleurs autonomes, des salarié-es, des contractuel-les et des pigistes qui évoluent dans les milieux des arts, de la culture et de l’événementiel. Pour en apprendre plus et pour devenir membre : www.trace-asso.ca

Musée des beaux-arts de Sherbrooke : La fin de l’arbitraire dans les relations de travail

Au terme d’une négociation qui aura duré près d’un an, les salarié-es du Musée des beaux-arts de Sherbrooke (MBAS) ont entériné leur toute première convention collective, une étape majeure dans l’amélioration des conditions et des relations de travail. 

« C’est un grand moment pour nous, car cette convention collective met fin à la gestion arbitraire et mise sur l’équité et la reconnaissance de notre travail. Nous sommes très fiers du chemin parcouru depuis que nous avons choisi de nous unir et de nous syndiquer à l’automne 2018 », explique Sarah Boucher, membre du comité de négociation du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Musée des beaux-arts de Sherbrooke (STTMBAS–CSN). 

« Nous signons cette convention en sachant que les deux parties en sont satisfaites. Nous avons obtenu des gains importants, mais nous devrons aller en chercher davantage lors de la prochaine convention. D’ici là, la convention nous motive à nous mobiliser afin d’avoir un musée en santé, et ce, malgré le télétravail qui nous distance », ajoute le président du syndicat, Renaud Doucet.  

Des avancées notables
La convention collective permet donc de définir une structure salariale et tient compte de l’ancienneté, assurant ainsi une plus grande équité entre les différentes catégories d’emplois au musée. Elle prévoit également des définitions de chacun des postes concernés.

D’autre part, les employé-es ont obtenu des gains considérables, tels que le droit à quatre semaines de vacances après un an de service et l’ajout de congés fériés et de maladie.  

Enfin, la convention permet la mise en place de mesures assurant une meilleure transparence entre l’administration et les employé-es, et ce, dans une volonté d’améliorer la collaboration entre les parties. 

« Cette convention collective démontre toute l’utilité de nos organisations. Avec notre appui, les travailleuses et les travailleurs du musée ont été en mesure de mettre fin à une culture de gestion arbitraire et se sont donné les moyens d’améliorer le climat de travail. C’est une belle victoire pour eux ! » estime Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN). 

Des recommandations à la hauteur des défis

La Fédération nationale des communications (FNC) accueille favorablement le rapport déposé par le Groupe d’examen du cadre législatif en matière de radiodiffusion et de télécommunications. Ce rapport souligne l’urgence d’agir afin d’assurer la pérennité de notre culture et propose des solutions qui méritent d’être étudiées avec rigueur.

« Il n’est pas surprenant que le rapport soit aussi volumineux et s’appuie sur près d’une centaine de recommandations puisque c’est l’ensemble de l’infrastructure de réglementation et de soutien aux industries culturelles et médiatiques qui doit être revue afin de l’adapter aux réalités actuelles. Les défis sont énormes et il est clair qu’il faudra implanter plus d’une seule mesure pour redresser la situation. C’est un travail colossal qui attend le gouvernement et la FNC fera les représentations nécessaires dans l’importante révision réglementaire qui s’annonce. Toutefois, ce sera un travail de longue haleine et nous sommes d’avis que des mesures d’urgence doivent aussi être adoptées rapidement afin d’aider le milieu. Il y a urgence en ce sens et nous invitons le gouvernement fédéral à en faire une priorité, notamment en donnant rapidement les pleins pouvoirs au CRTC afin qu’il puisse agir sur les plateformes numériques », affirme Pascale St-Onge, présidente de la FNC.

La fédération remarque toutefois que le rapport ne formule aucune recommandation quant au rôle que devraient jouer les fournisseurs d’accès internet dans le financement des contenus audiovisuels et alphanumériques. À notre avis, ces derniers devraient contribuer au même titre que les autres joueurs qui sont identifiés dans le rapport étant donné la hauteur des profits qu’ils engrangent grâce à la disponibilité de ces contenus.

« Je tiens à saluer le travail du comité d’experts. Ils avaient un vaste mandat et nous considérons qu’ils ont accompli un excellent travail. Leur rapport est un outil inestimable, tant pour les élu-es que pour les organisations et la population. Il nous permettra collectivement d’avoir des discussions et des réflexions éclairées. Nous prendrons la pleine mesure de leurs propositions au cours des prochains jours, notamment en ce qui concerne les avenues proposées dans le cas de Radio-Canada. Les propositions sont intéressantes mais soulèvent plusieurs inquiétudes quant à la hauteur et la provenance du financement de la société d’État, surtout si l’on compte lui retirer la possibilité de tirer des revenus publicitaires. Sans revenus autonomes, en plus de devoir compter sur un financement public pluriannuel, stable et indexé annuellement, celui-ci devra être augmenté afin de combler la perte des revenus autonomes de publicité sans quoi le vaste mandat de Radio-Canada sera difficilement maintenu », conclut Pascale St-Onge.

Quel rôle pour Radio-Canada, monsieur le ministre du Patrimoine ?

Le Syndicat des communications de Radio-Canada est stupéfait des déclarations du nouveau ministre du Patrimoine, Steven Guilbeault, sur le rôle que pourrait jouer la société d’État dans l’écosystème de l’information locale.

Ce matin, de passage à Moncton, au Nouveau-Brunswick, le ministre a déclaré en entrevue que Radio-Canada pourrait « aider » les médias locaux à « trouver une voix plus importante ». Il a expliqué que la société d’État pourrait diffuser des nouvelles produites par des radios communautaires ou d’autres médias locaux.

Le président du SCRC, Pierre Tousignant, rejette cette approche. « Radio-Canada ne doit pas devenir un diffuseur des nouvelles provenant d’autres médias. Chacun a un rôle important à jouer pour la diversité de l’information, leur autonomie est essentielle. »

Radio-Canada pourrait et devrait produire plus d’information locale de qualité. La société d’État est déjà présente de l’Atlantique au Pacifique, mais on doit lui donner les moyens de réaliser son mandat.

« Si le gouvernement fédéral veut vraiment aider l’information locale, qu’il soutienne directement les médias locaux et communautaires, tout en assurant un financement stable et adéquat pour Radio-Canada. Mais envisager que la société d’État diffuse de l’information produite ailleurs, ce serait créer une nouvelle forme de concentration de la presse qui n’aiderait personne. »

Solidarité avec les retraité-es

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) ainsi que la Fédération nationale des communications (FNC–CSN) se joignent aux retraité-es du Groupe Capitales médias (GCM) afin de dénoncer, une fois de plus, la situation déplorable dans laquelle ces anciens travailleurs et travailleuses se retrouvent en ce qui concerne leurs régimes de retraite, en raison de la transaction conclue entre Power Corporation et Martin Cauchon en 2015.

« Nous sommes solidaires et il est important de rappeler qu’ils et elles sont les victimes d’une transaction qui aura finalement comme résultat d’amputer une portion importante de leurs rentes. Lors de la vente de GCM en 2015, nous avions soulevé différents problèmes reliés aux effets qu’aurait cette opération sur les régimes de retraite, et nous avions analysé toutes les pistes pour tenter de protéger ces régimes et en assurer la pérennité. Aujourd’hui, le constat est on ne peut plus clair : c’était une transaction immorale aux conséquences dévastatrices. Comme mouvement, nous sommes inquiets pour l’avenir, car au-delà d’être dénoncé, ce type de comportement doit faire l’objet d’un encadrement plus serré, qui replacera la protection des travailleurs au centre des préoccupations », affirme Pascale St-Onge, présidente de la FNC–CSN.

Le président de la CSN, Jacques Létourneau joint également sa voix afin de dénoncer la triste situation que vivent les retraité-es. « C’était inquiétant à l’époque et nous n’avons pas changé d’opinion, cette manière de faire est très discutable et n’augure rien de bon pour les droits des retraité-es au Québec. Ce qu’on a devant nous, c’est un exemple concret d’une situation contre laquelle nous devons collectivement lutter afin qu’elle ne devienne pas une formule permettant aux entreprises de se dégager de leurs responsabilités. Nous l’avons dénoncé par le passé et nous continuerons de le faire. Nous comprenons donc entièrement le sentiment d’injustice que ressentent les retraité-es de GCM. »

« Devant toute cette détresse, la bonne chose à faire pour Power Corporation serait d’entamer un dialogue avec les retraité-es afin de trouver des solutions qui viendraient atténuer les pertes considérables auxquelles ils font face », conclut Pascale St-Onge.

Nouvelle maison de Radio-Canada: y a-t-il des fondations solides ?

Il y a beaucoup plus de questions que de réponses dans le dossier de la nouvelle maison de Radio-Canada, et les affirmations de la haute direction inquiètent le Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC).

Le vice-président principal de Radio-Canada, Michel Bissonnette, a affirmé que le projet se ferait à coût neutre pour les contribuables. La facture de la nouvelle maison s’élèvera 287 millions de dollars, c’est déjà 17 millions de dollars en dépassement de coût.

Dans un contexte où Radio-Canada continue à procéder à des suppressions de postes chez les artisans, le SCRC se demande quelles seront les conséquences du projet sur les employés. Depuis la signature de la dernière convention collective, c’est plus de 50 postes qui ont été supprimés.

« Radio-Canada continue d’affirmer que le déménagement n’aura pas de conséquences sur le nombre d’employés et sur l’organisation du travail de nos membres. Il serait inacceptable que ces derniers subissent les contrecoups de la mauvaise gestion de ce projet et des dépassements de coûts du déménagement », a indiqué le président du SCRC, Pierre Tousignant.

C’est sans compter que le SCRC n’a pas été consulté dans tout cet exercice de déménagement.

À propos
Le Syndicat des Communications de Radio-Canada (SCRC) compte près de 3000 membres au Québec et à Moncton. Il est affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et à la Fédération nationale des communications (FNC).

Reprise du Groupe Capitales Médias : Les employé-es votent en faveur du dépôt d’une offre d’achat axée sur le modèle coopératif

Les employé-es des six quotidiens du Groupe Capitales Médias (GCM) se sont notamment prononcés en faveur du plan d’affaires qui sera déposé pour appuyer l’offre d’achat. Ce plan d’affaires permet ainsi de définir le projet de relance sous le modèle coopératif auquel leur comité provisoire travaille depuis que GCM s’est placé à l’abri de ses créanciers au mois d’août.

« Le facteur temps est une donnée fondamentale dans tout le dossier. Nous devions à la fois développer une vision d’avenir avec un projet viable, orchestrer une importante campagne de sollicitation et, en même temps, mener une analyse rigoureuse afin d’aboutir à un plan d’affaires cohérent. Nous sommes fiers du travail accompli, car ce plan d’affaires suscite l’adhésion des employé-es et permettra de préserver un maximum d’emplois tout en instaurant des bases solides pour faire face aux nombreux défis à venir », explique Louis Tremblay, du journal Le Quotidien et porte-parole du comité provisoire.

Vent d’optimisme
Avec l’adoption du plan d’affaires, les employé-es de GCM franchissent une nouvelle étape dans l’actuel processus de reprise. « Nous l’avons dit par le passé, c’est une situation difficile et il s’agissait pour nous de transformer l’adversité en opportunité. Avec le soutien de nos communautés respectives et un plan d’affaires pour appuyer notre projet de coopératives, nous sentons que nous avons une réelle chance d’assurer la pérennité de nos quotidiens », ajoute Gilles Carignan, cadre au journal Le Soleil et membre du comité provisoire.

Malgré l’optimisme et la volonté de construire un projet porteur pour l’avenir, le comité provisoire déplore toutefois l’inquiétante situation dans laquelle se retrouvent les retraités de GCM. « Les coûts et surtout les risques associés au maintien du régime de retraite à prestations déterminées sont trop élevés et mineraient notre projet de relance. Malgré cela, on ne peut s’empêcher de partager leur frustration », conclut Louis Tremblay.

Rappelons que le comité provisoire représente tous les employés, syndiqués et non syndiqués. Il est composé de sept représentants, soit Louis Tremblay (Le Quotidien), Jérôme Savary (La Voix de l’Est), Louis Ménard (Le Nouvelliste), Jean-François Néron (Le Soleil), Patrick Duquette (Le Droit), Isabelle Pion (La Tribune) et Gilles Carignan (cadres GCM).

Pour contribuer et en apprendre plus sur le projet : www.coopmonjournal.com

Les communautés appuient le projet de coopératives avec plus de 2 millions de dollars d’engagements

Lancée le 7 octobre dernier, la campagne « Je coopère pour mon journal » reçoit d’importants appuis partout au Québec. Après un peu plus d’une semaine, la somme des engagements dépasse déjà les 2 millions de dollars et le montant se bonifie de jour en jour. Le comité provisoire responsable du projet dévoile ces chiffres alors qu’il dépose aussi une lettre d’intention auprès du séquestre, confirmant sa volonté de proposer une offre de reprise du Groupe Capitales Médias.

« Nous vivons des moments très encourageants actuellement. Toutes les régions concernées par la survie de leurs quotidiens répondent à l’appel et les sommes amassées auprès des communautés font partie intégrante d’un plus vaste financement à venir, en plus de démontrer l’ancrage local très fort de notre projet. Ce qui est en train de se dessiner, c’est un mouvement collectif de grande envergure pour sauver l’information de qualité et préserver la voix des différentes régions dans l’univers médiatique du Québec », explique Louis Tremblay, du journal Le Quotidien et porte-parole du comité provisoire.

Les employé-es s’impliquent financièrement

Afin de confirmer leur soutien au projet de coopératives, les différents syndicats des six quotidiens ont voté des contributions de plus de 600 000 $ au cours des derniers jours. « Si, aujourd’hui, on peut parler de plus de 2 M$ en engagements, c’est aussi parce que les employé-es sont mobilisés et croient fermement à tout le potentiel de relance que représentent les coopératives », ajoute Louis Tremblay.

Un effort collectif

Soutenue par la Fédération nationale des communications – CSN (FNC-CSN) et le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM), la campagne « Je coopère pour mon journal » se déploie de manière intensive depuis son lancement et les efforts se poursuivront en vue de déposer une offre de reprise appuyée par un plan d’affaires viable.

« Notre fédération soutien cette initiative depuis le premier jour et l’ampleur que prend cette campagne nous porte à croire que le projet a toutes les chances de se concrétiser. Il reste toutefois des étapes importantes à franchir et nous allons continuer à apporter le soutien nécessaire, car il en va de la survie de journaux qui jouent un rôle essentiel dans la diversité des voix au Québec. Nous invitons tous les acteurs des communautés à continuer la mobilisation et, surtout, à signer des engagements, car au final, ce sera l’un des facteurs déterminants pour la suite de cet emballant projet », affirme Pascale St-Onge, présidente de la FNC-CSN.

« La réussite du projet de relance en mode coopératif repose sur l’engagement des collectivités envers leur média local. Les sommes amassées jusqu’à présent démontrent la force d’un projet collectif. Les gens ont su se rallier rapidement derrière cette volonté commune de préserver leurs quotidiens. Le modèle coopératif retenu permettra de pérenniser cet engagement en mettant à contribution les personnes qui ont à cœur le maintien des activités de presse en région. En cette semaine de la coopération, je vous invite à poursuivre votre mobilisation pour soutenir ce grand projet collectif qui est un exemple probant du pouvoir d’agir des communautés », ajoute Gaston Bédard, président-directeur général du CQCM.

Engagements publicitaires récurrents

Outre les engagements de 2 M$ récoltés à ce jour auprès des communautés, la campagne a également permis de récolter des engagements en matière d’investissements publicitaires récurrents de la part de différents acteurs institutionnels et des milieux d’affaires des régions concernées. « Nous avons été sur le terrain et avons présenté notre projet avec conviction et cela nous a permis d’amasser plusieurs centaines de milliers de dollars en engagements publicitaires pour les prochaines années. Ça aussi, c’est très positif pour l’avenir », confirme Louis Tremblay.

Rappelons que le comité provisoire représente tous les employés, syndiqués et non syndiqués. Il est composé de sept représentants, soit Louis Tremblay (Le Quotidien), Jérôme Savary (La Voix de l’Est), Louis Ménard (Le Nouvelliste), Jean-François Néron (Le Soleil), Patrick Duquette (Le Droit), Isabelle Pion (La Tribune) et Gilles Carignan (cadres GCM).

Pour contribuer et en apprendre plus sur le projet : www.coopmonjournal.com

La CSN se réjouit des annonces gouvernementales

La CSN se réjouit des mesures annoncées aujourd’hui par les ministres Éric Girard et Nathalie Roy pour venir en aide aux médias écrits. La CSN y retrouve des dispositions qu’elle réclame depuis des années et qu’elle avait présentées lors de la commission parlementaire tenue en août dernier.

« Nous saluons les mesures annoncées par Québec aujourd’hui, a déclaré le président de la CSN, Jacques Létourneau. La crise est d’une telle ampleur qu’elle touche l’ensemble de la presse écrite. Nous espérons seulement qu’il ne soit pas trop tard et que les médias écrits, actuellement menacés, pourront traverser la crise. Il en va de l’intérêt, non seulement de milliers de travailleuses et de travailleurs du secteur de l’information, mais également de l’ensemble de la population en droit d’avoir accès à une information diversifiée et de qualité. »

La présidente de la Fédération nationale des communications (FNC-CSN), Pascale St-Onge, se montre satisfaite des dispositions mises en place aujourd’hui. « En fonction de l’urgence de la situation, le gouvernement devait s’assurer que les crédits d’impôt soient rétroactifs au 1er janvier dernier. Par l’entremise d’Investissement Québec, les entreprises de presse n’auront pas à attendre le remboursement d’impôt l’an prochain pour toucher les sommes auxquelles elles ont droit. Quand on pense à la situation du Groupe Capitales Médias, qui s’est mis sous la protection de ses créanciers, il s’agit d’une excellente nouvelle. »

La présidente de la FNC-CSN salue également l’audace du gouvernement de hausser les critères comparativement aux dispositions prévues par le gouvernement fédéral, qui ne sont toujours pas mises en application. « En commission parlementaire, nous avons déploré que le montant maximal éligible pour le crédit d’impôt de 25 % des mesures fédérales, soit 55 000 $, ne correspondait pas à la réalité des entreprises de presse. Nous sommes heureux que le gouvernement hausse la barre avec un crédit d’impôt de 35 % jusqu’à concurrence de 75 000 $, ce qui nous semble beaucoup plus réaliste. »

Pascale St-Onge rappelle toutefois que le travail est loin d’être terminé. « Nous avons été très clairs en commission parlementaire : nous avions besoin de mesures d’urgence, mais nous devons également travailler à long terme pour combler la fuite des revenus publicitaires vers les géants du numérique. Ce n’est pas seulement la presse écrite, mais l’ensemble des médias d’information qui font face à cette perte importante de revenus. Voilà pourquoi nous attendrons les conclusions de la commission parlementaire afin que des mesures structurantes soient mises en place, notamment par l’entremise d’un Fonds d’aide aux médias. »

Les solutions à portée de main du gouvernement

Alors que débute aujourd’hui la Commission parlementaire portant sur l’avenir des médias, la CSN estime qu’un grand nombre de solutions sont à la disposition du gouvernement pour soutenir la presse écrite, qui vit des moments très difficiles, comme on a pu le constater ces derniers jours avec la menace de faillite qui plane au-dessus des quotidiens du Groupe Capitales Médias.

« Un grand nombre d’entreprises privées reçoivent actuellement une multitude de financements gouvernementaux, que ce soit par l’entremise de crédits d’impôts ou de subventions directes, rappelle le président de la CSN, Jacques Létourneau. Étant donné l’intérêt public de la presse écrite dans notre système démocratique en matière d’accès à une information diversifiée et de qualité, il tombe sous le sens, en fonction de la crise actuelle, que le gouvernement instaure des mesures de financement adéquates et équitables pour l’ensemble des joueurs. Il est minuit moins une, mais il est encore le temps d’agir. Voilà pourquoi la mise en place de ces mesures doit se faire rapidement. »

Pour la présidente de la Fédération nationale des communications (FNC–CSN), Pascale St-Onge, il est faux de prétendre que les médias écrits n’ont pas su s’adapter à de nouvelles réalités économiques. « Les médias écrits québécois ont développé une grande diversité de plateformes. Ils n’ont jamais eu autant de lecteurs qu’aujourd’hui. Ce sont les revenus publicitaires qui ont été directement engloutis par les géants numériques étrangers, sans que les gouvernements mettent en place les moyens appropriés en matière de fiscalité et de taxation. Voilà pourquoi nous demandons aujourd’hui au gouvernement de jouer le rôle de législateur qui lui revient. »

Un ensemble de mesures à la disposition du gouvernement

Dans leur mémoire présenté aujourd’hui à la commission, la CSN et la FNC–CSN proposent un ensemble de mesures concrètes pour répondre aux enjeux actuels :

  1. La mise sur pied d’un Fonds québécois pour le journalisme, financé entre autres par la taxe de vente nouvellement prélevée auprès des entreprises numériques étrangères ;
  2. Accorder un crédit d’impôt de 25 % sur la masse salariale globale ;
  3. Une révision de la taxe au recyclage afin de réduire le poids assumé par les entreprises de presse, notamment en faisant contribuer les entreprises de vente en ligne ;
  4. Un réinvestissement de la publicité gouvernementale dans les médias québécois ;
  5. La révision des exemptions fiscales sur les investissements en publicité des entreprises afin de favoriser la publicité dans nos médias ;
  6. Poursuivre et bonifier les subventions aux investissements numériques ;
  7. Devant l’inertie du fédéral en matière de réglementation sur l’Internet et le numérique, que le gouvernement du Québec revendique les pleins pouvoirs afin de protéger notre culture et nos industries médiatiques et culturelles ;
  8. Que les avis publics soient à nouveau publiés par les quotidiens et les hebdomadaires couvrant le territoire des municipalités ;
  9. Bonifier le financement de Télé-Québec afin de stimuler la production de contenus journalistiques régionaux ;
  10. Mettre sur pied un institut multidisciplinaire d’étude ;
  11. Assurer un financement adéquat du Conseil de presse.

La version complète du mémoire de la CSN et de la FNC–CSN peut être consultée à l’adresse suivante :

https://www.fncom.org/wp-content/uploads/2019/08/2019_memoire-avenir-media_CSN.pdf

Une percée majeure pour tout le secteur de l’événementiel

Les travailleuses et les travailleurs du Festival du nouveau cinéma, réuni-es au sein du Syndicat de l’événementiel–CSN (SE–CSN), ont adopté une première convention collective qui ouvre la voie à une meilleure protection pour tout le milieu de l’événementiel au Québec. Parmi les avancées majeures de cette première convention, la reconnaissance du statut de salarié-e en vertu du Code du travail. Un précédent très positif pour quiconque œuvre dans le secteur de l’événementiel, souvent marqué par l’arbitraire en matière de conditions de travail.

Innovation dans les relations de travail
« Ce n’est rien de moins qu’une petite révolution. Le Tribunal administratif du travail (TAT) a reconnu d’emblée qu’il ne s’agissait pas de travailleuses et travailleurs autonomes, mais bien de salarié-es. Cette reconnaissance leur permet dorénavant de bénéficier de différentes protections prévues au Code du travail, dont le droit de cumuler des indemnités de vacances ainsi que pour les jours fériés, ou encore d’avoir le droit à des journées de maladie », explique d’abord la présidente de la Fédération nationale des communications, Pascale St-Onge.

La convention collective adoptée par les salarié-es du Festival du nouveau cinéma comporte d’ailleurs plusieurs dispositions améliorant les conditions de travail qui caractérisent ce secteur d’activités. « On pense notamment au fait qu’après une certaine période d’essai ou après deux éditions consécutives du festival, les salarié-es deviennent titulaires de leur poste. Une disposition qui met fin à l’arbitraire et permet de planifier le calendrier et le budget, surtout lorsqu’on sait que plusieurs travaillent dans différents festivals au cours de l’année. C’est sécurisant de savoir qu’on peut retrouver son poste d’une édition à l’autre ou même au retour d’un congé de maternité. Ce type de protections, c’est du jamais vu dans ce milieu-là », ajoute Pascale St-Onge.

La convention collective prévoit également des augmentations salariales annuelles, des congés sans solde et le versement des indemnités de vacances à chacune des paies.

« C’est une excellente nouvelle pour les salarié-es du Festival du nouveau cinéma, mais également pour tout le secteur de l’événementiel. On veut lancer un message clair : c’est possible de vivre de sa passion, tout en ayant des conditions dignes, et le Syndicat de l’événementiel–CSN (SE–CSN) est là pour y veiller ! » conclut la présidente de la Fédération nationale des communications–CSN.

L’entente de principe acceptée à 94,7 % par le STIP

Hier après-midi en assemblée générale, les membres du Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse (STIP–FNC–CSN) ont adopté à 94,7 % par voie de scrutin secret l’entente de principe intervenue avec leur employeur le 20 décembre dernier.

« Étant donné la situation financière difficile de La Presse, nous avons fait preuve de créativité afin d’arriver à cette entente, de déclarer Laura-Julie Perreault, présidente du STIP. En ce sens, les travailleuses et les travailleurs de La Presse ont à nouveau fait leur part en acceptant un contrat de travail incluant un gel salarial durant cinq des six années de celui-ci et une augmentation de 1 % en 2020. Nous avons convenu de la mise en place d’un régime de retraite à prestations cibles pour tous les employé-es, dès que possible. Cela représente des coupes d’un million de dollars récurrentes annuellement dans nos conditions de travail ».

Sans contrat de travail depuis janvier 2016, les salarié-es du STIP n’avaient qu’une seule demande, soit le maintien de leurs conditions de travail. Les pourparlers des dernières années ont porté notamment sur la sécurité d’emploi, les salaires et la transparence financière de l’entreprise.

Le STIP regroupe environ 195 employé-es de la rédaction.

La FNC–CSN regroupe des syndicats autonomes de salarié-es ainsi que des travailleuses et des travailleurs contractuels de l’industrie des communications et de la culture. Ce regroupement permet aux quelque 6000 membres regroupés dans 88 syndicats de se donner des outils pour assurer leur représentation et pour négocier des ententes collectives de travail qui assurent le respect de leurs droits et de leur indépendance journalistique. Dans une perspective du droit public à l’information, la fédération défend également les libertés de presse et d’expression.

Appui aux médias d’information : une excellente nouvelle

La FNC-CSN se déclare très satisfaite des mesures annoncées aujourd’hui par le gouvernement en matière d’appui aux médias d’information. D’une valeur de 600 millions sur cinq ans, le gouvernement fédéral mettra en place des crédits d’impôt sur la masse salariale et les abonnements, et il permettra aux organismes d’information à but non lucratif de recevoir des dons de bienfaisance.

« Enfin, notre cri d’alarme a été entendu !, affirme Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications (FNC-CSN). C’est une excellente nouvelle. Après avoir vu de nombreux journaux fermer les uns après les autres, le gouvernement fédéral reconnaît enfin l’ampleur de la crise et met en place des mesures concrètes. »

« Depuis des années, nous revendiquons un crédit d’impôt sur la masse salariale des médias d’information pour une raison bien simple : il s’agit de la mesure la plus appropriée pour nous assurer que l’appui financier cible le travail effectué par les journalistes, un travail fondamental pour notre démocratie. Nous sommes extrêmement satisfaits que le gouvernement Trudeau ait choisi cette forme d’appui », déclare Pascale St-Onge.

Alors qu’un comité d’experts devra se pencher au cours des prochains mois sur certaines modalités de ce programme, la FNC-CSN assure que le gouvernement Trudeau pourra compter sur son entière collaboration.

La FNC-CSN regroupe quelque 6 000 salarié-es du secteur des communications et de la culture.

Les gouvernements doivent agir

L’Intersyndicale CSN de La Presse interpelle à nouveau les pouvoirs publics à la suite d’une nouvelle réduction des effectifs.

« En tout, ce sont 37 postes qui sont supprimés sur 500, en vertu d’un programme de départs volontaires négocié avec les syndicats. Celui-ci offre des conditions supérieures à celles prévues à la convention collective. Nous demeurerons vigilants afin d’assurer le maintien du droit du public à une information de qualité. Nous accorderons également une attention particulière à l’impact de ces mesures sur la charge de travail des salarié-es », souligne Laura-Julie Perreault, présidente du Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse et porte-parole de l’intersyndicale CSN de La Presse.

Rappelons que dès l’annonce de la formation de la fiducie, les syndicats ont également revendiqué un nouveau conseil d’administration diversifié auquel siégeront des représentants de la profession journalistique et des employé-es de La Presse.

Avec l’appui de la Fédération nationale des communications (FNC–CSN), les syndicats de La Presse affiliés à la CSN ont travaillé ces derniers mois à faire reconnaître l’importance de l’information et de la liberté de la presse dans notre société.

« Plus que jamais, la FNC–CSN revendique une intervention gouvernementale afin de soutenir la presse écrite imprimée ou numérique. En ce sens, nous ne pouvons persister à ignorer la problématique financière qui mine sans cesse la survie des médias », précise Pascale St-Onge, présidente de la FNC–CSN.

La FNC–CSN a toujours soutenu que l’information doit être traitée comme un bien d’utilité publique et, en ce sens, les gouvernements devaient agir pour assurer un financement adéquat de leurs activités.

Les syndicats de La Presse et de Nuglif affiliés à la FNC–CSN regroupent près de 300 employé-es de la rédaction, des services administratifs et des services informatiques.

Sources :

Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse (STIP-FNC–CSN)

Syndicat des travailleuses et travailleurs du centre informatique de La Presse (STTCILP-FNC–CSN)

Syndicat des employés de bureau de journaux, région Montréal (SEBJ-FNC–CSN)

Le SCRC accepte l’entente de principe à 81 %

Lors d’une assemblée générale tenue hier et finalisée aujourd’hui à Montréal, à l’issue d’un vote tenu à scrutin secret, les membres du Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC–CSN) ont accepté à 81 % l’entente de principe intervenue avec l’employeur le 19 septembre dernier. En tout, 1339 membres se sont prévalus de leur droit de vote.

« Après une assemblée dont le vote s’étalait sur deux jours, les membres ont décidé démocratiquement d’accepter l’entente de principe obtenue la semaine dernière, de déclarer Johanne Hémond, présidente du SCRC. En plus d’obtenir l’affichage de 176 postes permanents, nous avons réussi à encadrer la sous-traitance dans certains secteurs. Nous avons également convenu d’une limite budgétaire pour les contractuels dont la masse salariale ne peut dépasser 20 % de celle des permanents. Aux augmentations de 1,5 % par année qui faisaient déjà partie de la première entente de principe du mois d’avril, nous avons ajouté une bonification de la couverture de notre plan dentaire pour toute la durée de la convention ».

« Ce vote couronne deux ans et demi de négociation intense qui visait à unifier trois conventions collectives complexes couvrant presque tous les titres d’emplois à Radio-Canada. Je désire saluer le travail acharné des comités de négociation, de mobilisation, du bureau syndical et du conseil syndical qui ont su passer avec brio au travers de ce long processus fastidieux », de souligner Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications–CSN.

« Nous avons réussi à limiter les horaires de travail à un maximum de sept jours consécutifs. Désormais, pour les temporaires, un jour travaillé devient un jour d’ancienneté. À la hausse des indemnités pour celles et ceux qui sont en avancement temporaire, nous ajoutons une hausse des indemnités versées en cas de mises à pied liées à la sous-traitance. Alors qu’il nous fallait choisir une des deux options, désormais, nous toucherons l’indemnité de licenciement et nous serons intégrés sur la liste d’appel. Au final, le résultat clair de ce vote nous démontre que les membres sont satisfaits de leur première convention collective unifiée », de conclure madame Hémond.

Le Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC–CSN) représente 3000 membres au Québec et à Moncton.

Que restera-t-il de nous dans quatre ans ?

Autant dans l’hôtellerie que dans le domaine du commerce de détail, dans le secteur des médias et dans celui des taxis, nous avons tous vu des multinationales aux dents longues attaquer sauvagement nos marchés sans respect pour nos réglementations, en plus de saccager en un claquement de doigts ce que nous avons mis des décennies à bâtir. Les experts nous disent que ce n’est qu’un début.

Bien que nos rivaux soient tous distincts (Airbnb, Expedia, Amazon, Google, Netflix, Facebook et Uber), aujourd’hui, nos industries souhaitent parler d’une seule voix pour poser une question cruciale aux candidats qui désirent gérer les destinées du Québec : que restera-t-il de nous dans quatre ans ?

Si rien n’est fait pour rétablir rapidement l’équité dans nos secteurs, il y a de fortes chances que certains d’entre nous deviennent considérablement affaiblis, voire agonisants.

À quelques exceptions près, la campagne électorale se déroule sans qu’on ait abordé de front un des principaux éléments perturbateurs des quatre dernières années, soit la montée vertigineuse d’entreprises étrangères dont les plateformes technologiques bouleversent un ensemble de secteurs, parfois pour le meilleur et souvent pour le pire.

Perte d’emplois et de revenus fiscaux

Pourtant, il y a urgence de discuter de ces transformations en raison des impacts majeurs qu’elles ont sur l’ensemble de notre économie, sur les travailleurs qui y œuvrent et sur la vie de l’ensemble de nos citoyens. Pensons à l’iniquité fiscale et aux pertes d’emplois qu’entraîne la montée en puissance de ces géants du web. Ces méga-entreprises américaines s’imposent déjà en étouffant nos industries locales tout en évitant de payer des impôts ici, au Québec, et en contournant les lois et règles qui encadrent nos industries.

Trop souvent, elles agissent comme si elles n’avaient aucune responsabilité dans nos localités et, finalement, elles apportent bien peu à l’économie québécoise, tout en concurrençant les acteurs locaux de façon inéquitable, au point de menacer leur survie. Déjà, les pertes sont énormes dans le milieu des médias, du taxi, de l’hébergement et du commerce au détail.

Ce sont des millions de dollars en impôts qui échappent au fisc québécois et canadien ainsi que des milliers d’emplois qui sont perdus sans que la classe politique démontre l’urgence de s’y attaquer.

Quelles sont donc les positions des partis sur ces questions ?

Nous devons adapter rapidement nos politiques, nos lois et nos règles afin que nos emplois, nos entreprises et notre économie ne soient pas les laissés-pour-compte des opportunités qu’offrent les technologies du numérique. Il est cependant évident que nos gouvernements ont un rôle prépondérant à jouer afin d’offrir un environnement de marché sain, équitable et favorable à l’épanouissement de nos communautés. Nous nous attendons à ce que nos dirigeants soient capables de saisir les enjeux de ces changements et soient aptes à distinguer les bonnes occasions des menaces réelles envers l’économie locale et la démocratie québécoise.

Cosignataires de la lettre : Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications (FNC-CSN); Abdallah Homsy, porte-parole du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ) ; Marjolaine de Sa, directrice générale de l’Association hôtelière de la région de Québec (AHRQ) ; et Michel Valiquette, trésorier de la Fédération du commerce (FC-CSN)

La FNC-CSN demande à ses membres d’être solidaires avec les employé-es de TVA

Alors que le déclenchement d’une grève à TVA semble de plus en plus plausible, la Fédération nationale des communications (FNC-CSN) lance un appel à ses membres afin d’éviter que ceux-ci effectuent le travail des grévistes.

L’organisation syndicale, qui représente des milliers de membres dans le secteur des médias, a fait parvenir une lettre à ses syndicats afin de rappeler l’importance d’être solidaire des luttes des autres travailleuses et travailleurs en conflit. La FNC-CSN compte en effet des membres qui travaillent pour plus d’un employeur et qui pourraient être sollicités pour pourvoir des postes dans l’éventualité d’un arrêt de travail, alors que TVA pourrait sous-traiter des tâches effectuées actuellement par des employés syndiqués.

« Pour obtenir gain de cause, les 800 employé-es, affiliés à la FTQ, doivent se munir d’un bon rapport de force. La solidarité des autres artisans du secteur peut faire la différence, en particulier dans un domaine comme celui de la télévision, où l’on constate une certaine mobilité et du travail à la pige. Il n’est pas inutile de rappeler à nos membres que toutes les luttes pour de bonnes conditions de travail dans le secteur des médias sont étroitement liées », de souligner Pascale St-Onge, présidente de la FNC-CSN.

La FNC-CSN représente environ 6 000 salarié-es du secteur des communications et de la culture, dont les employé-es de stations de TVA à Saguenay, Radio-Canada, Télé-Québec, TV5, RDS, V Télé et plusieurs autres.

Des signaux positifs d’Ottawa

La crise économique qui secoue les médias d’information, particulièrement la presse écrite, est reconnue depuis plusieurs années. Si des solutions sont aussi connues, leur mise en application tarde toujours.

Certains signaux provenant d’Ottawa indiquent toutefois que notre gouvernement s’apprête enfin à jouer son rôle afin de garantir la liberté de la presse consacrée dans nos chartes et son corollaire, le droit du public à l’information. Ce n’est pas tout d’afficher ces valeurs, encore faut-il en avoir les moyens.

Plusieurs coupables sont montrés du doigt pour expliquer la baisse de revenus qui fragilise nos médias (géants du web, iniquités fiscales et réglementaires, non-respect des droits d’auteur, etc.), mais la responsabilité d’assurer la pérennité de l’information journalistique reste encore, elle, à être assumée. Pendant plusieurs décennies, voire plus d’une centaine d’années, informer la population canadienne a constitué une occasion d’affaires lucrative et nous avons été collectivement satisfaits de confier cette tâche en grande partie à des entreprises privées.

En déclin

Maintenant que les revenus ne sont plus au rendez-vous, nos grandes entreprises délaissent ce marché pour lequel l’avenir financier est peu reluisant. Plusieurs grosses transactions confirment cette tendance : celle entre Torstar et Post Media, la vente des hebdos de Québecor à TC Médias puis à d’autres particuliers, la vente des journaux régionaux de Gesca à Groupe Capitales Médias, le transfert de La Presse à une fiducie d’utilité sociale, la fermeture de nombreuses publications (plus de 275 hebdomadaires et 25 quotidiens au Canada), etc.

Dans ce contexte, si nous jugeons que notre société a encore besoin de journalistes pour être nos yeux et nos oreilles dans les lieux de pouvoir d’où nous sommes autrement exclus, une restructuration complète s’impose.

Nous devrons trouver de nouvelles façons de financer le journalisme, car l’hécatombe actuelle (près de 50 % des emplois de la presse écrite disparus en moins de 10 ans) nécessitera des mesures multiples, costaudes et structurantes.

L’information journalistique doit être traitée non plus comme une simple marchandise, mais plutôt comme un bien public, et ce, pas seulement dans les principes, mais également dans nos politiques, dans les réglementations, dans la fiscalité et son financement. En contrepartie, cette information devra être de grande qualité, diversifiée, plurielle et accessible.

Rappelons que la plupart des pays démocratiques soutiennent déjà le journalisme de nombreuses façons. Le Canada, quant à lui, est un cancre en cette matière, que ce soit pour le financement de notre diffuseur public ou de la presse écrite.

En ce sens, les récentes déclarations de Justin Trudeau, qui dit vouloir soutenir le journalisme, sont une bonne nouvelle. Il en est de même des propos du nouveau ministre du Patrimoine, Pablo Rodriguez, annonçant qu’il devra « travailler avec les organismes médiatiques afin d’examiner les moyens qui permettront au gouvernement de soutenir davantage la transition vers les médias numériques ». Cependant, plusieurs pièges restent à éviter, dont celui de l’ingérence politique : les mesures devront être universelles et s’appuyer sur des critères clairs et objectifs.

Ensuite, il est faux de prétendre que le défi pour nos médias traditionnels est de prendre le virage numérique, car ils l’ont tous déjà fait. Tout miser sur les technologies serait au contraire une terrible erreur.

Ce qui doit être soutenu et qui représente la majeure partie des dépenses est la mission même des médias d’information, soit la production de contenus journalistiques.

Également, les citoyens ne peuvent être les seuls à contribuer au financement de l’information par l’entremise de leurs impôts et taxes. Cela constituerait une injustice flagrante face aux entreprises qui s’enrichissent grassement avec le journalisme comme les fournisseurs d’accès internet (FAI) ou les plateformes telles que Facebook et Google. D’ailleurs, ces dernières, en compagnie d’Amazon et Apple, sont parmi les entreprises les mieux capitalisées de la planète.

Elles devront un jour ou l’autre retourner une partie de leurs faramineux profits vers la production des contenus qui enrichissent leurs plateformes et qui en font leur intérêt. Au Canada, en télévision, une telle redistribution existe déjà grâce au Fonds canadien des médias. Celui-ci, financé par une redevance versée par les câblodistributeurs, soutient la production de contenus télévisuels. Une formule semblable impliquant les FAI et les géants du web pour le journalisme est tout à fait possible.

Nous n’avons plus le luxe du temps. Nos médias ont besoin d’air dans l’immédiat, et des crédits d’impôt sur la masse salariale seraient une bonne solution temporaire, le temps de réinventer ce secteur. Nous sommes à la croisée des chemins. Les gens qui travaillent dans les médias le savent, nos politiciens aussi et une bonne partie de la population a saisi l’urgence. Peut-on imaginer ce que seront les prochaines élections si nos piliers de l’information journalistique s’écroulent ? Que restera-t-il ? Les ouï-dire, les promesses jamais vérifiées, les communiqués et les « lignes » de relations publiques.

Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications

Coupes de postes au journal Le Soleil

Les pertes d’emploi annoncées au sein du journal Le Soleil sont le dernier exemple d’une série noire qui touche toute l’industrie des médias. La Fédération nationale des communications de la CSN (FNC-CSN), qui représente les syndiqués touchés, en appelle aux gouvernements provincial et fédéral afin d’implanter des mesures d’urgences pour éviter d’autres mises à pied ou fermetures de journaux.

La FNC souhaite d’abord exprimer sa solidarité avec les employé-es visés et assure qu’elle poursuivra sa campagne pour sauver la presse écrite et défendre ses artisans. « Nous sommes de tout cœur avec celles et ceux affectés par la nouvelle et nous serons à leurs côtés dans tout le processus, souligne la présidente de la FNC-CSN, Pascale St-Onge. Pour nous, à l’heure actuelle, la balle est dans le camp des gouvernements, à qui nous avons présenté de nombreuses solutions à la crise médiatique. Jusqu’à présent, leurs réponses ont été inadéquates, particulièrement celles du gouvernement Trudeau. Il y a plus que jamais urgence d’agir. »

En campagne intensive afin d’obtenir un soutien urgent des gouvernements à la presse écrite, la FNC-CSN a d’abord présenté plus tôt cette année des solutions au gouvernement fédéral : donner un accès aux quotidiens au Fonds du Canada pour les périodiques, accorder des crédits d’impôt d’une valeur de 30 % des dépenses salariales pour les entreprises de presse et mettre sur pied d’un fond destiné à la pérennité de la production d’information.

Actions urgentes

S’il est nécessaire d’établir un nouveau modèle de financement des médias basé sur un partage plus équitable des recettes publicitaires accaparées actuellement par les géants du Web, il faut également s’assurer que dans l’immédiat, nos médias puissent continuer d’opérer et ce, avec les ressources nécessaires pour jouer pleinement leur rôle.

« Nos solutions à long terme sont connues des gouvernements et nous avons bon espoir de faire progresser ces dossiers au cours des prochains mois, estime Pascale St-Onge. Mais dans l’immédiat, la crise continue. Nous interpellons donc une fois de plus les deux paliers de gouvernement pour une aide ponctuelle et globale à tous les médias écrits. L’annonce concernant le journal Le Soleil n’est qu’une preuve de plus de la nécessité d’agir sans délais ».

Concrètement, la FNC compte interpeller au cours des prochaines semaines les candidats à l’élection provinciale pour connaître leurs intentions au sujet de l’avenir des médias en vue de la campagne électorale. « Nous souhaitons aller dans les régions et forcer le débat, puisque toutes les localités sont à risque d’être affectées par la crise des médias, souligne la présidente de la FNC. L’information locale contribue fortement à la vitalité de nos régions et à la démocratie locale. Il faut la protéger avec des mesures adéquates, sinon d’autres coupes de personnel auront lieu partout au Québec et au Canada. À la fin, c’est toute la population qui est perdante. »

La FNC-CSN regroupe environ 6 000 salarié-es du secteur des communications et de la culture.