Politique bioalimentaire

6 avril 2018

Il était temps, estime la CSN

Une telle politique qui viendra structurer le secteur se faisait attendre depuis trop longtemps par tous les acteurs du milieu pour qu’elle ne soit au final qu’un ballon électoral.

Après plusieurs années d’attente, la CSN se réjouit de voir enfin une politique bioalimentaire voir le jour, même si celle-ci comporte certaines zones d’ombre auxquelles elle estime qu’il faudra absolument remédier. « Nous avons pu le constater à de nombreuses reprises ces dernières semaines : les libéraux sont en mode électoral et s’activent sur tous les fronts pour séduire la population. Or, une telle politique qui viendra structurer le secteur se faisait attendre depuis trop longtemps par tous les acteurs du milieu pour qu’elle ne soit au final qu’un ballon électoral. Certes, elle est imparfaite et devra être bonifiée. Mais nous enjoignons tout gouvernement susceptible de prendre le pouvoir à travailler à partir de cette politique et à ne pas la jeter aux orties comme cela s’est trop souvent fait dans le passé », a souligné d’entrée de jeu le trésorier de la CSN, Pierre Patry.

S’attaquer à la rareté de la main-d’œuvre
Bien que la politique reconnaisse à certains égards le problème de la rareté de la main-d’œuvre, le vice-président de la Fédération du commerce (CSN), David Bergeron-Cyr, rappelle que ces problèmes peuvent être causés par de mauvaises conditions de travail qui doivent être améliorées.

« Des conditions de travail plus attrayantes sont absolument nécessaires dans certains secteurs, comme dans la transformation des viandes où celles qui sont en vigueur sont souvent désavantageuses par rapport à ce qu’on trouve dans d’autres secteurs manufacturiers », souligne-t-il en déplorant le fait que ces employeurs, qui peinent à trouver de la main-d’œuvre, recourent massivement à l’embauche de travailleurs et de travailleuses migrants temporaires comme seule solution. « Du travail doit être fait pour que les entreprises s’assurent de la bonne intégration de ces personnes. À cet égard, le syndicat est un acteur essentiel et peut travailler auprès de l’ensemble des employé-es migrants et réguliers afin que la place, le rôle et les droits de chacun soient bien compris et respectés. L’employeur doit absolument collaborer avec le syndicat en place pour relever avec succès ce genre de défis. »

Pour la CSN, il aurait été intéressant de relancer l’approche filière afin de favoriser la concertation entre tous les maillons de la chaîne, sans oublier ceux qui en sont aux premières loges, soit les travailleuses et les travailleurs. Selon elle, le gouvernement doit aussi prendre des mesures pour favoriser le tissu économique et social des régions en y favorisant la transformation alimentaire et en mettant en place une politique d’achat responsable. « Le processus actuel d’attribution des contrats pour le plus bas soumissionnaire peut signifier un produit plus coûteux pour le gouvernement du Québec lorsqu’on tient compte de son bilan intégral sur les infrastructures routières par exemple, ou encore en ce qui a trait à l’ensemble du cycle de vie des aliments. Cela nuit aux producteurs d’ici, il faut remédier à cette situation », a conclu Pierre Patry.

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