Subventionner les congédiements dans les CPE

Une orientation clairement hostile aux salariées du réseau

3 juin 2016

Le message est clair, le ministère considère que les travailleuses et les travailleurs du réseau des CPE sont une entrave à l’optimisation et à l’efficience.
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Source
Confédération des syndicats nationaux (CSN), Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN)

Le réveil a été brutal pour de nombreuses travailleuses et de nombreux travailleurs du réseau des CPE. Le ministère de la Famille a annoncé que l’ allocation de transition, devant permettre d’atteindre « (…) plus d’efficience et de maintenir la qualité des services (…) » allait pouvoir servir à financer les licenciements d’employé-es. Ces sommes pourront servir au paiement des indemnités de départ ou des frais juridiques pour faire face à d’éventuels recours.

La CSN constate que ces exemples, concernant les fins d’emplois, n’étaient pas dans la première version des Directives concernant l’allocation de transition- questions et réponses datée du 30 mars. Celle-ci avait d’ailleurs fait l’objet de plusieurs critiques, entre autres, celle sur la suggestion de recourir à des firmes de consultants en gestion. Alors que des CPE annoncent des mesures drastiques pour s’ajuster aux compressions, comme en témoigne la fermeture de l’installation Minime du CPE Mini-fée dans Montréal-Nord, voilà que le Ministère les informe que des sommes pourront servir à financer les congédiements. « Le message est clair, le ministère considère que les travailleuses et les travailleurs du réseau des CPE sont une entrave à l’optimisation et à l’efficience, et que des économies peuvent se faire sur leur dos, en octroyant même des sommes pour y parvenir. Alors que c’est le contraire, ces travailleurs contribuent à l’efficience du réseau. Tout cela dans le contexte où les représentants des travailleuses et des travailleurs en CPE entament la négociation avec le Ministère en vue du renouvellement de leur convention collective » dénonce Dany Lacasse, vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

Alors que la Semaine nationale des services de garde éducatifs en CPE et en milieu familial a débuté avec l’annonce de la fermeture de l’installation Minime, voilà maintenant qu’elle se termine par cette nouvelle. Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN est outrée par l’attitude du gouvernement dans le dossier. «Cette semaine, les travailleuses et les travailleurs, au lieu de recevoir plus de reconnaissance, ont compris qu’ils ne sont pas indispensables aux yeux du ministre. On est prêt à les tasser sans égard à la qualité de leur travail et à leur dévouement pour nos tout-petits. C’est honteux, en s’attaquant au personnel on attaque également la qualité des services éducatifs offerts aux enfants. » Cette mesure s’ajoute aux hausses de de contribution parentale, aux compressions et aux autres modifications aux règles budgétaires qui fragilisent la pérennité des CPE et l’universalité des services.

La CSN entreprend une mobilisation de 24 heures pour la défense d’Un réseau qui fait grandir. Depuis 13 h aujourd’hui à Québec devant l’Assemblée nationale, des travailleuses et des travailleurs du réseau des services de garde éducatifs en CPE, en milieu familial et en milieu scolaire tiennent une vigile de 24 heures pour dénoncer les mesures du gouvernement. « Samedi, une manifestation viendra clôturer cette vigile, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la sauvegarde de nos services de garde éducatifs », conclut Véronique De Sève.

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