Domtar augmente la pression, Québec doit résister

C’est maintenant clair, Domtar menace de fermer au moins une usine, probablement celle de Kénogami, même si la multinationale ne donne aucun échéancier précis. Aujourd’hui même, Domtar en remet une couche en annonçant à tous ses employé-es au Canada, par visioconférence, un plan pour aller chercher pas moins de 600 M$ de flux de trésorerie supplémentaire par rapport à 2025 au Canada et aux États-Unis.

« Malgré toute cette pression exercée par Domtar, Québec doit résister. Nous avons des leviers entre les mains pour forcer ce géant industriel à s’assoir et à trouver la meilleure solution d’avenir pour le Québec et pour nos travailleuses et nos travailleurs », affirme la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Elle rappelle par ailleurs que, si Domtar ne respecte pas les conditions prévues à la loi 50, à savoir les investissements et l’ouverture des usines, le gouvernement pourrait résilier les baux des barrages et des centrales et prendre possession des installations. Rappelons aussi que Domtar compte non seulement sur l’eau de nos rivières, mais aussi sur le bois de nos forêts publiques pour faire rouler ses usines. « On peut et on doit se faire respecter. Un homme d’affaires étranger comme Jackson Wijaya doit tenir compte du territoire où il souhaite mener des affaires et pas seulement presser le citron à distance », ajoute la présidente.

Rencontre d’urgence

La CSN demande donc une rencontre avec le premier ministre actuel du Québec et Jackson Wijaya, le propriétaire indonésien de Domtar. Notons que ce dernier a récemment été convoqué au parlement fédéral, mais qu’il a préféré y envoyer un haut dirigeant de son entreprise.

Des obligations qui remontent à la nationalisation de l’électricité

Rappelons que Domtar dispose d’une autorisation à opérer des centrales électriques privées au Saguenay, malgré la nationalisation de l’électricité en 1963. Ce privilège venait et vient toujours avec des obligations, notamment celle de continuer à utiliser cette énergie pour faire rouler les usines régionales. Le renouvellement des baux hydrauliques, chaque 25 ans, venait aussi avec des obligations d’investissements.

Le transfert des titres des centrales par Domtar à une société qui appartient à son propriétaire ne change pas la donne sur le fond. L’entreprise a changé de mains et de nom plusieurs fois depuis 1963 et l’obligation a été maintenue pendant tout ce temps. La réforme de la gouvernance énergétique de l’ancien ministre Fitzgibbon, laquelle permet maintenant la vente d’électricité par des centrales privées de 100 MW ou moins, ne devrait pas servir de prétexte pour contourner ces engagements historiques.

« Nous demandons aux candidats au poste de premier ministre, Mme Fréchette et M. Drainville, de prendre position rapidement et d’exiger de Domtar qu’elle respecte ses obligations. Nous demandons également aux partis qui aspirent à diriger le Québec de prendre position dans le même sens, avant que le mal ne soit fait et que l’énergie ne soit vendue à une autre entreprise », lance le président du Syndicat national des travailleurs et des travailleuses des pâtes et papiers de Kénogami–CSN, Gilles Vaillancourt. Ce dernier estime que Domtar doit sécuriser les emplois et s’engager dans un plan d’avenir prometteur soutenu par des investissements.

Politique industrielle manquante

 « Le cas des usines d’Alma et de Kénogami illustre le laisser-aller de nos gouvernements du Québec et du Canada quant à la nécessaire transformation de l’industrie forestière. On laisse notre forêt publique et nos rivières à des industriels lointains qui se fichent trop souvent des emplois, de la forêt et de l’avenir de cette industrie importante dans plusieurs régions. Les tarifs de Trump sur le bois d’œuvre mettent plus que jamais en lumière l’absence de plan de diversification et de modernisation. On ne devrait pas continuer à donner libre accès à nos ressources naturelles sans une meilleure contrepartie exigée à l’industrie, et à Domtar en particulier », explique le président de la FIM–CSN, Kevin Gagnon.

Nombreux appuis au Saguenay–Lac-Saint-Jean

« Nous sommes fiers de constater que le Saguenay–Lac-Saint-Jean en entier ne se laisse pas faire par une multinationale étrangère. De plus en plus d’acteurs régionaux comprennent que les centrales privées de la région ne peuvent pas devenir de simples vaches à lait pour l’entreprise qui les opèrent aujourd’hui », affirme la présidente du Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Manon Tremblay.

Notons que des représentants du PQ, du PLQ et de députés caquistes de la région ont donné leur appui à la démarche de la CSN afin de sauvegarder des emplois en région. Le maire de Saguenay, Luc Boivin, et le préfet Yanick Baillargeon, qui préside aussi Alliance forêt boréale, ont également donné un appui moral aux travailleuses et aux travailleurs de Domtar en danger. Ajoutons à cette liste l’association des retraité-es de Résolu (maintenant Domtar), qui compte plus de 4 000 membres et qui se préoccupe du maintien de ses obligations par le propriétaire actuel de la plus grande entreprise forestière du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

À propos
La CSN est composée de près de 1600 syndicats et regroupe quelque 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis au sein de 320 syndicats, partout au Québec. Elle représente notamment les usines de Kénogami et d’Alma.

Le Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN regroupe quelque 160 syndicats de la région et représente 16 000 membres issus de tous les secteurs d’activité.

 

Victoire majeure pour la fonderie Bibby-Ste-Croix dans une cause antidumping

La CSN salue une décision déterminante du Tribunal canadien du commerce extérieur, laquelle confirme le bien-fondé d’une plainte de dumping visant des importations de tuyaux d’évacuation en fonte en provenance de la Chine. Des droits antidumping et compensateurs allant jusqu’à 472 % seront imposés sur les importations des marchandises en cause.

Dans son mémoire présenté au Tribunal, le Syndicat des travailleurs et travailleuses de Bibby-Ste-Croix-CSN, a notamment soutenu que les importations chinoises, vendues à des prix injustement bas, ont entraîné une baisse des ventes et de la part de marché de Bibby-Ste-Croix, qui embauche présentement près de 300 travailleuses et travailleurs, dont 200 sont syndiqués. Depuis 2021, les salarié-es ont subi des mises à pied, une réduction des heures supplémentaires et une pression constante sur la rétention de la main-d’œuvre qualifiée, explique la CSN.

« Les pratiques commerciales déloyales menacent directement nos emplois et la vitalité économique de notre région. Cette victoire devant le Tribunal aura des impacts à long terme pour notre communauté à Sainte-Croix », souligne le président du syndicat, Jean-François Laliberté, qui a livré un vibrant témoignage lors des audiences.

La fonderie Bibby-Ste-Croix joue un rôle économique central dans la région de Lotbinière, où les occasions d’emploi comparables sont peu courantes. D’autres pertes d’emplois dans le secteur manufacturier avaient déjà fragilisé la région, notamment chez Meubles South Shore, dans le même village.

Pour le syndicat, il s’agit d’un pas crucial pour stabiliser la production et protéger les emplois existants.

« À travers leur combat pour sauver leur entreprise des effets destructeurs des pratiques commerciales déloyales, les syndiqué-es de Bibby-Ste-Croix font une poignante démonstration qu’un syndicat, c’est bon pour les affaires ! », s’exclame la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

« Difficile de rivaliser avec d’autres lorsque les dés sont pipés. Cette décision vient remettre de l’ordre dans le marché et enfin offrir une possibilité au secteur de prospérer », explique le président de la Fédération de l’industrie manufacturière-CSN, Kevin Gagnon.

« Dans Lotbinière, les entreprises comme la fonderie sont de véritables moteurs économiques, je salue la décision du Tribunal qui a su prendre la mesure des impacts du dumping sur la communauté pour mieux la protéger », conclut la présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches-CSN, Barbara Poirier.

À propos 
Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN) rassemble quelque 252 syndicats et plus de 22 000 travailleuses et travailleurs de toutes les régions du Québec. Le Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CCQCA-CSN) a été fondé en 1918. Il regroupe près de 200 syndicats représentant, sur une base régionale, quelque 45 000 membres dans tous les secteurs d’activité.

Les organisations syndicales dénoncent une discrimination envers les travailleuses du Québec

Les organisations syndicales représentant les travailleuses et les travailleurs des réseaux de la santé, des services sociaux et de l’éducation déposent aujourd’hui devant la Cour supérieure des contestations constitutionnelles visant à faire invalider les dispositions discriminatoires de la Loi 28, Loi visant l’amélioration de certaines lois du travail, issue du projet de loi 101.  

Cette loi exclut les travailleuses et les travailleurs de ces secteurs du régime général de prévention en santé et sécurité du travail, pourtant prévu pour l’ensemble des milieux de travail du Québec, les reléguant à des mesures de prévention inférieures. Les porte-paroles des organisations syndicales dénoncent d’une même voix une décision qui perpétue un désavantage historique envers les femmes, puisque cette exclusion frappe de plein fouet des secteurs où elles sont largement majoritaires. 

« Le gouvernement sait très bien que ce sont les travailleuses de ces secteurs qui subissent les risques les plus élevés en santé et sécurité. Le ministre du Travail reconnaissait et dénonçait lui-même cette discrimination historique en 2021. Et pourtant, quatre ans plus tard, il choisit de les exclure du régime général de prévention. Cette discrimination et cette atteinte directe au droit à l’égalité ne peuvent être tolérées », déclarent conjointement les porte-paroles syndicaux Robert Comeau (APTS), Caroline Senneville (CSN), Éric Gingras (CSQ), Mélanie Hubert (FAE), Julie Bouchard (FIQ) et Olivier Carrière (FTQ).  

Rappelons qu’en 2021, le Québec avait enfin modernisé son régime de santé et sécurité du travail grâce à la Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail (LMRSST), permettant aux travailleuses de secteurs historiquement négligés d’obtenir les mêmes protections que celles offertes depuis 1979 aux milieux industriels. Le Règlement sur les mécanismes de prévention et de participation en établissement devait compléter ce déploiement en 2025, en tenant compte des risques réels et des réalités propres aux femmes. Or, en adoptant la Loi 28, le gouvernement a choisi de retirer les réseaux de la santé, des services sociaux et de l’éducation du régime, les reléguant à des mesures de prévention nettement inférieures, même à celles prévues pour les secteurs les moins à risque de l’économie. Et ce, malgré le fait qu’en 2024, plus du tiers de tous les accidents du travail reconnus au Québec provenaient des secteurs de l’éducation, des soins de santé et de l’assistance sociale. Et pourquoi ? Parce que ça coûterait trop cher au gouvernement. 

« Nous refusons que les femmes qui soignent, enseignent, accompagnent et soutiennent notre société soient reléguées à un régime de seconde zone. Nous nous devons de dénoncer, de contester et de nous battre pour les travailleuses que nous représentons, pour notre société, mais aussi pour les patients, les enfants et l’ensemble de la population qui ont besoin de nos réseaux publics. » 

Les organisations syndicales réaffirment leur détermination à obtenir justice et à faire reconnaître que l’exclusion imposée par la Loi 28 est non seulement injustifiée, mais qu’elle est aussi inconstitutionnelle. Elles réclament que l’article 46 de la Loi soit invalidé et que les travailleuses de la santé, des services sociaux et de l’éducation bénéficient enfin des protections auxquelles elles ont droit. 

Organisations contestant la Loi 28 et prenant part au dépôt coordonné des recours : 

Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)   

Confédération des syndicats nationaux (CSN) 

  • Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN)
  • Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN)
  • Fédération des professionnèles (FP-CSN)
  • Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN)

Centrale des syndicats du Québec (CSQ) 

  • Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ)
  • Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ)
  • Fédération du personnel professionnel de l’éducation (FPPE-CSQ)
  • Fédération du personnel de l’enseignement privé (FPEP-CSQ)
  • Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ)
  • Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ)

Fédération autonome de l’enseignement (FAE) 

Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) 

Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) 

  • Syndicat canadien de la fonction publique, SCFP (FTQ)Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau, SEPB (FTQ)
  • Syndicat québécois des employées et employés de service, section locale 298, SQEES-298 (FTQ)
  • Union des employés et employées de service, UES 800 (FTQ)

Santé Québec – Un constat d’échec qui ne surprend personne

Lors de la création de Santé Québec, l’ancien ministre Christian Dubé assurait que la nouvelle agence permettrait de rendre le système de santé plus efficace et d’améliorer l’accessibilité du réseau. Après un peu plus d’un an, les résultats d’un récent sondage Léger rendu public dans La Presse démontrent clairement que le gouvernement et son agence ont échoué sur toute la ligne. Le jugement des Québécoises et des Québécois est sans appel : Santé Québec est un monstre bureaucratique inefficace, centralisateur et inutile.

Affamer les services pour enrichir les cadres et le secteur privé

Ce constat d’échec n’est guère surprenant. Plus des trois quarts des personnes interrogées estiment que les soins offerts par les travailleuses et les travailleurs de la santé et des services sociaux sont de bonne qualité, mais que le réseau fonctionne mal. Pourtant, le gouvernement et les têtes dirigeantes de Santé Québec ont plutôt décidé de sabrer dans les services pour ériger une nouvelle mégastructure, lourde et gourmande.

Depuis sa mise en œuvre, Santé Québec impose systématiquement un régime minceur au personnel et aux services directs à la population, tout en multipliant les postes de cadre et les contrats accordés à des firmes privées à but lucratif.

De façon concrète, cela s’articule en un cercle vicieux particulièrement pervers. D’un côté, on abolit des postes sur le terrain et on coupe dans les services à la population, ce qui encourage la main-d’œuvre et la patientèle à migrer vers le secteur privé. De l’autre, on crée des postes de cadre généreusement rémunérés et on ouvre de plus en plus grand la porte aux cliniques privées, qui peuvent désormais s’enrichir sans vergogne en vendant à fort prix les services qui étaient auparavant accessibles gratuitement dans le réseau public.

La boucle est ainsi bouclée. Le réseau public continue de s’appauvrir à mesure qu’on lui impose des compressions et que le secteur privé le vampirise de son personnel et de son expertise. Il n’est alors plus en mesure de fournir les services dont la population a besoin, laissant ainsi toute la place au privé, qui continue de s’enrichir avec la maladie.

Donner un coup de barre avant de frapper l’iceberg

À la lumière de ce constat d’échec et du verdict populaire sans équivoque, il est évident qu’un changement de cap radical s’impose. Heureusement, en ce moment et pour les prochains mois, le contexte politique québécois est propice aux recalibrages et aux prises de positions courageuses et innovantes.

Par conséquent, nous demandons à toute personne et à tout parti politique aspirant à gouverner le Québec de s’engager à écouter la population et à renverser cette tendance qui menace notre système de santé et de services sociaux.

Les Québécoises et les Québécois veulent d’un gouvernement qui investit dans le personnel soignant plutôt que dans les structures administratives. Elles et ils veulent des soins et des services accessibles et gratuits, plutôt que des bris de services et des entreprises qui s’enrichissent grâce à leur maladie.

Donnons-leur maintenant, avant que notre réseau public ne soit réduit à une coquille vide.

David Bergeron-Cyr, vice-président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) ;
Françoise Ramel, vice-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ);
Luc Beauregard, secrétaire-trésorier de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ);
Sonia Bureau
, présidente par intérim du Conseil provincial des affaires sociales du Syndicat canadien de la fonction publique (CPAS-SCFP) ;
Émilie Charbonneau, première vice-présidente de l’Alliance de personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) ;
Réjean Leclerc, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) ;
Jessica Goldschleger, présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN) ;
Déreck Cyr, président de la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ) ;
Sylvie Nelson, présidente du Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES) ;
et Martin Trudel, troisième vice-président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ)

Consultez le sondage Léger

Santé et services sociaux – Des organisations syndicales sensibilisent les partis de l’opposition lors d’une journée de lobbyisme

Alors que le réseau de la santé et des services sociaux ne cesse de se dégrader et peine à offrir des soins et des services de qualité, les organisations syndicales présentes dans ce même réseau unissent aujourd’hui leurs voix lors d’une journée de lobbyisme. Elles seront présentes dans les murs de l’Assemblée nationale afin de rencontrer les partis de l’opposition pour leur proposer des solutions porteuses pour un réseau public, gratuit et universel.

Quatre grands thèmes à l’ordre du jour

Les organisations syndicales exposeront à certain-e-s élu-e-s des groupes d’opposition leurs pistes de solutions à mettre en place sur quatre thèmes précis : la décentralisation et la valorisation des CLSC, le soutien à domicile, l’assurance médicaments publique universelle et la souveraineté numérique. « Préoccupées par les lois et les orientations politiques ayant des conséquences directes sur les conditions de travail et d’exercice de nos membres de même que sur la dispensation des soins et services à la population, nos organisations entreprennent cette démarche qui se veut constructive. Ça fait près de trois ans que nous travaillons ensemble sur une base régulière. Représentant une multitude de travailleur‑euse‑s du réseau qui sont issu-e-s de domaines variés, nous avons fait le choix d’unir nos forces afin de ramer dans le même sens et porter la voix des membres et, ultimement, celles des patient-e-s », de déclarer Émilie Charbonneau, 1ère vice-présidente de l’APTS, David Bergeron-Cyr, vice-président de la CSN, Luc Beauregard, secrétaire‑trésorier de la CSQ, Déreck Cyr, président de la FSQ-CSQ, Réjean Leclerc, président de la FSSS-CSN, Marie-Michèle Doiron, vice-présidente de la FP-CSN, Françoise Ramel, vice-présidente de la FIQ, Sonia Bureau, présidente par intérim du CPAS-SCFP, Martin Trudel, troisième vice-président du SPGQ et Sylvie Nelson, présidente du SQEES-FTQ.

Changer la recette

Pour les organisations syndicales, un constat d’échec se dégage des réformes successives imposées au réseau de la santé et des services sociaux depuis des dizaines d’années : l’accès aux soins et services pour la population ne s’est jamais amélioré. « Alors que le Québec est plongé dans une instabilité politique et que les élections provinciales se pointent à l’horizon, nous sommes d’avis que le moment était tout désigné pour rappeler aux parlementaires qu’il est grand temps de changer la recette. On ne peut pas penser utiliser, année après année, les mêmes ingrédients et espérer un résultat différent. Écouter les propositions de celles et ceux qui sont au cœur de ce réseau, voilà la seule et unique voie pour espérer réellement renverser la vapeur », de poursuivre les porte-parole.

 

Les organisations syndicales déplorent que ni la voix des citoyen-ne-s ni celles des travailleur‑euse‑s ne sont prises en compte actuellement par le gouvernement. L’offre de soins et de services, les listes d’attente, les problèmes de pénurie de main‑d’œuvre doivent revenir au cœur des priorités. « À cela s’ajoute la centralisation accrue qui éloigne la prise de décisions, l’insuffisance des mécanismes de reddition de compte pour les décideur-eure-s et l’ouverture de plus en plus grande au privé. Profondément attachées au réseau public de la santé et des services sociaux, c’est dans cet état d’esprit que nos organisations réitéreront aujourd’hui aux parlementaires l’importance d’être à l’écoute de solutions qui pourraient grandement améliorer le réseau ».

Des milliards que le gouvernement doit aller récupérer

Au moment où l’économie québécoise est secouée par la guerre tarifaire américaine et où les services publics sont en crise, le gouvernement Legault doit récupérer les sommes astronomiques dont il se prive afin de redresser les finances publiques et répondre aux besoins de la population.

C’est le message envoyé aujourd’hui par la CSN, qui rencontrera, avec les autres centrales syndicales cet après-midi, le ministre des Finances, Éric Girard, dans le cadre des consultations prébudgétaires menées par celui-ci.

« Au cours des sept dernières années, le gouvernement de François Legault a fait des choix budgétaires qui ont gravement nui à la société québécoise », rappelle la présidente de la CSN, Caroline Senneville. « Des baisses d’impôts, qui ont profité surtout aux mieux nantis, une ouverture toujours plus grande au secteur privé qui englouti des sommes colossales, des millions perdus dans la filière batterie sans même qu’un seul emploi ne soit créé, sans parler de cet entêtement à rembourser la dette du Québec coûte que coûte, malgré les indicateurs révélant que celle-ci est sous contrôle… Ces choix ont un coût, et ce sont les travailleuses et les travailleurs qui en font les frais. »

« Alors qu’il termine son dernier tour de piste, le premier ministre Legault a l’occasion de réparer certaines erreurs de son gouvernement. Qu’il la saisisse », ajoute la leader syndicale.

Dans le mémoire qu’elle présentera au ministre Girard, la CSN rappelle que la baisse d’impôt octroyée dans le budget de 2023, qui a surtout favorisé les contribuables gagnant plus de 100 000 $, représente aujourd’hui un manque à gagner annuel de 1,8 G$. En vue du prochain budget du Québec, la CSN met de l’avant plusieurs recommandations : un renforcement de la progressivité de l’impôt sur les revenus des particuliers, une amélioration de la fiscalité sur le patrimoine et l’interruption des versements au Fonds des générations.

Ces sommes doivent être dévolues à la consolidation de nos réseaux publics, notamment en matière de santé et d’éducation. Rappelant que l’interruption du recours aux agences de placement a permis d’économiser près de 700 millions en un peu plus d’un an, la CSN invite le gouvernement à freiner l’ouverture toujours plus grande au secteur privé mise de l’avant par Santé Québec.

Alors que les établissements de santé et d’enseignement font couramment les manchettes en raison de leur vétusté, le gouvernement doit accroître ses investissements dans les infrastructures publiques. Cependant, l’aventure électoraliste du 3e lien, qui a déjà mené à la perte de millions en deniers publics et qui pourrait engloutir jusqu’à 11 milliards de dollars, ne reflète aucunement les besoins réels du Québec et doit être rayée du prochain budget, estime la CSN.

D’autres mesures figurent dans le mémoire présenté par la centrale syndicale : le retour à 2030, plutôt qu’à 2035 pour l’atteinte des cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre, jumelé à une augmentation des budgets alloués au transport collectif, permettront au Québec de faire face aux défis posés par la crise climatique.

Enfin, la CSN urge le gouvernement du Québec à mettre en place une politique structurante pour sauver l’industrie des médias et de la culture, ainsi qu’une seconde pour le secteur forestier, qui a déjà coûté des milliers d’emplois en région. La mise en branle d’un plan ambitieux de chantier en habitation, priorisant le logement social, lui permettrait de faire d’une pierre deux coups, estime la centrale syndicale.

Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

Le Tribunal condamne à nouveau Renaud-Bray pour usage de scabs et entrave à l’endroit du syndicat

Alors qu’un conflit de travail persiste depuis 14 mois dans deux succursales Renaud-Bray à Québec, le Tribunal administratif du travail (TAT) constate que l’entreprise a contrevenu à la loi en entravant les activités du syndicat, en plus d’avoir utilisé pas moins de huit briseurs de grève depuis le déclenchement du conflit.

« Le Tribunal ne peut que conclure à la lumière de la preuve que les agissements de Renaud-Bray ont eu comme conséquence de déstabiliser le syndicat dans sa mission de représentation de ses membres », affirme le juge Christian Drolet dans sa décision.

En conséquence, le TAT ordonne à Renaud-Bray de cesser d’utiliser des briseurs de grève et de s’abstenir d’entraver les activités du syndicat, en plus de condamner l’entreprise à verser 7000 $ au syndicat à titre de dommages moraux et punitifs.

Ce n’est pas la première fois que Renaud-Bray se voit rabrouée par les tribunaux. Dans une décision datée du 5 août 2024, le TAT avait déclaré la direction des succursales de Laurier Québec et des Galeries de la Capitale coupable d’avoir entravé les activités syndicales et manqué à son obligation de négocier de bonne foi. Le 6 décembre 2024, une ordonnance provisoire émise par le Tribunal interdisait au groupe Renaud-Bray d’utiliser des briseurs de grève, après avoir conclu à la présence d’au moins trois d’entre eux dans les succursales en conflit. Le 13 février 2025, un rapport d’enquête du ministère du Travail concluait que Renaud-Bray avait eu recours à au moins sept briseurs malgré qu’une ordonnance provisoire le lui en avait formellement interdit l’usage.

Renaud-Bray devra également se défendre d’avoir contrevenu à plusieurs articles du Code du travail en annonçant le 9 octobre 2025, sans préavis, la fermeture de la succursale des Galeries de la Capitale. Une plainte en ce sens a été déposée auprès du TAT en novembre dernier par le syndicat et la CSN.

« Depuis le début de ces négociations, Renaud-Bray a tout fait pour intimider ses employé-es, préférant user de menaces, d’entraves et d’intimidation plutôt que de négocier de bonne foi avec ses employé-es. Il est grand temps que l’entreprise dirigée par Blaise Renaud accepte de se conformer à la loi plutôt que de chercher sans cesse à la contourner », d’affirmer la présidente de la CSN, Caroline Senneville, qui rappelle que Renaud-Bray figurait dans le palmarès des pires employeurs du Québec publié par la CSN en décembre dernier.

« On ne demande qu’une chose : que Renaud-Bray revienne à la table de négociation avec une autre proposition qu’un salaire à 15 cents au-dessus du salaire minimum, affirme Isabelle Nadeau, porte-parole du syndicat. Cette offre a été largement rejetée par les employé-es l’été dernier, mais depuis, Renaud-Bray n’a posé aucun geste pour relancer la négociation. Nos demandes sont raisonnables : un salaire situé à un dollar au-dessus du salaire minimum, avec une véritable échelle salariale permettant aux salarié-es de progresser en fonction de leurs années de service. »

À propos

La convention collective des 60 employé-es des librairies Renaud-Bray de Laurier Québec et des Galeries de la Capitale est échue depuis le 31 décembre 2023. Le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Librairie Renaud-Bray–CSN est affilié à la Fédération du commerce–CSN et au Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches–CSN. Forte de ses 330 000 membres, la Confédération des syndicats nationaux est présente dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

Les membres du syndicat adoptent un mandat de grève

Réunis en assemblée générale ce mardi 10 février au soir, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la ville de Murdochville–CSN ont adopté un mandat de cinq jours de grève, à déclencher au moment jugé opportun.

« Les neuf rencontres de négociation tenues n’ont pas encore convaincu notre employeur de valoriser notre travail comme il se doit. Même si nos pourparlers ont progressé, nous ne sommes pas arrivés à une entente de principe. Voilà pourquoi, lors de notre assemblée générale d’hier soir, à la proposition du comité de négociation, les membres ont décidé à nouveau d’augmenter la pression en adoptant ce mandat de cinq jours de grève », souligne la trésorière du syndicat, Nadia Soucy.

« Notre fédération regroupe environ 7600 employé-es municipaux dans plus de 170 syndicats et, de ce fait, nous connaissons très bien les conditions de travail qui sont offertes dans ce secteur. Les municipalités disposent rarement d’un excédent d’environ 1,7 million $, ce qui est le cas actuellement de Murdochville. Nous avons bien fait nos calculs et les demandes du syndicat ne compromettent en rien cette excellente situation financière. Toutes les raisons sont donc bonnes pour que les demandes du syndicat soient reconnues comme légitimes par l’employeur », ajoute la vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN, Josée Dubé.

« Même si nous n’avons tenu que neuf rencontres, les négociations s’étirent depuis le mois de février 2025 et les membres du syndicat veulent en arriver à une entente le plus rapidement possible. La nouvelle administration doit donc prendre la juste mesure de leur détermination. Si le nouveau maire veut assurer des services de qualité à ses concitoyennes et concitoyens, il devra offrir des salaires compétitifs à ses employé-es municipaux », conclut le président du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN, Pierre-Luc Boulay.

À propos

Les 11 membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la ville de Murdochville–CSN sont affiliés à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) et au Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Les cols bleus de Gatineau ont une nouvelle convention collective

Réunis en assemblée générale le 25 janvier 2026, les cols bleus de la Ville de Gatineau ont entériné à 76 % les termes de l’entente de principe conclue entre leur syndicat et la Ville de Gatineau, à l’issue d’un processus de négociation long, exigeant et soutenu.

La nouvelle convention collective prévoit des augmentations salariales totalisant 22 % sur cinq ans, dont 10 % la première année, réparties comme suit : 2,5 % d’augmentation salariale et 7,5 % de rattrapage salarial. Pour la deuxième année, 3 % répartis comme suit : 2,5 % d’augmentation salariale et 0,5 % de rattrapage salarial. Les années subséquentes prévoient des hausses de 3 % par année, en plus de modifications à l’organisation du travail.

Cette entente est le résultat de 65 rencontres de négociation, illustrant clairement l’ampleur des enjeux et la fermeté du syndicat dans la défense des droits de ses membres.

« Rien n’a été donné. Cette entente est le fruit de la mobilisation, de la solidarité et de la détermination des cols bleus, qui ont tenu leur bout tout au long des négociations », a déclaré le président du Syndicat des cols bleus de Gatineau–CSN, Benoit Charlebois. « Nos membres ont fait preuve d’un engagement exemplaire afin de faire reconnaître la valeur de leur travail. »

Le syndicat souligne que cette nouvelle convention collective permettra aux cols bleus de continuer d’assurer des services de qualité à la Ville de Gatineau, essentiels à la population, dans un contexte où les travailleuses et travailleurs sont appelés à en faire toujours plus avec des ressources limitées. Pour le Syndicat des cols bleus de Gatineau–CSN, cette entente constitue un pas important vers une meilleure reconnaissance du travail accompli quotidiennement sur le terrain.

 

À propos

Le Syndicat des cols bleus de Gatineau–CSN est composé de 835 membres. Il est affilié à la Fédération des employés et employées de service public (FEESP–CSN), au Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CCSNO–CSN) et à la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Fondée en 1921, la CSN regroupe 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

CPE de Roberval – Le gouvernement choisit de court-circuiter la négociation

Le 4 février, le gouvernement a adopté un décret permettant au CPE Le Jardin de Robi de demander au Tribunal administratif du travail d’imposer des services minimaux. Il s’agit d’une attaque sans équivoque au droit des travailleuses, celui de choisir leurs conditions d’emploi, et d’une tentative de briser leur rapport de force. C’est la première fois que le gouvernement a recours à cette loi controversée, imposée aux travailleuses et aux travailleurs l’automne dernier.

« Ce n’est pas de gaieté de cœur que les travailleuses exercent la grève, souligne la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Force est de constater que, depuis l’entrée en vigueur de la loi restreignant le droit de grève, en novembre dernier, l’employeur n’a pas bougé d’un iota à la table de négociation. Il espérait l’intervention du gouvernement pour ne pas avoir à négocier quoi que ce soit et il a finalement obtenu gain de cause. En agissant de la sorte, le ministère prend position dans le conflit. Il fait pencher la balance en faveur de l’employeur. En définitive, il nie le droit des travailleuses, celui de décider de leurs conditions de travail ! »

« Nous savions que le projet de loi 89, devenu la loi 14, minerait le processus de négociation en incitant les employeurs à jouer la montre, à ne pas négocier et à attendre que le gouvernement intervienne, poursuit le président de la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN, Réjean Leclerc. On serait en droit de s’attendre d’un ministre du Travail qu’il s’élève au-dessus de la mêlée, qu’il rappelle au patron qu’il a une obligation de négocier, que ce n’est pas optionnel. Mais Jean Boulet a fait son lit : il trace une voie dans laquelle plusieurs employeurs tenteront de s’engouffrer. »

La direction du Jardin de Robi a demandé l’intervention du gouvernement dès l’entrée en application de la loi, le 1er décembre 2025. Rappelons que la directrice et la directrice adjointe ont la formation nécessaire pour recevoir quelques enfants durant le conflit, ce qu’elles ont choisi de ne pas faire bien qu’elles continuent de recevoir leur plein salaire. La dernière rencontre de négociation formelle entre les parties s’est tenue le 6 novembre 2025. Au cœur du conflit : l’employeur veut abolir la demi-heure de diner rémunérée, un droit acquis dans ce CPE il y a plus de 40 ans.

À propos
La vingtaine de salariées du Jardin de Robi est membre du Syndicat des travailleuses des CPE et BC du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN.

Celui-ci est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). Celle-ci regroupe 140 000 membres, ce qui en fait la plus grande organisation syndicale en santé et services sociaux ainsi qu’en services de garde éducatifs à l’enfance. Il fait également partie du Conseil central du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN, regroupant 160 syndicats comptant plus de 16 000 membres dans la région.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Fonderie Horne : la CSN estime qu’une entente est à portée de main

La CSN estime qu’une entente entre le gouvernement du Québec et Glencore pour assurer la production de cuivre au Canada est possible et qu’elle est à portée de main.

La CSN a appris que des discussions ont eu lieu avec le cabinet de premier ministre Legault. Ce dernier a d’ailleurs récemment fait savoir cette semaine qu’il était prêt à devancer d’un an le processus d’autorisation environnementale. Cela permettrait donc de déterminer quels seront les critères exigés à long terme afin d’amortir les investissements de 1 G$ – dont 300 M$ pour des raisons environnementales –, qui étaient prévus par Glencore avant l’annonce, cette semaine, d’arrêt des investissements.

« Il doit y avoir moyen de fixer un seuil pour l’arsenic avec des échéanciers réalistes en fonction des travaux nécessaires et de prévoir un nombre d’années suffisant pour qu’on ne revive pas la saga actuelle dans un avenir rapproché et qu’on lève enfin l’incertitude actuelle », affirme la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Cette dernière demande une rencontre d’urgence avec le premier ministre Legault, qui est aussi responsable de la région, pour aider à sécuriser les emplois en jeu et rassurer la population de l’Abitibi-Témiscamingue.

« On demande au gouvernement du Québec et à Glencore de se parler à nouveau et de faire un compromis acceptable pour le bien des travailleuses et des travailleurs et pour le bien de notre région. Il faut trouver une norme qui ne soit ni idéaliste ni laxiste. Il y a des gars qui ne dorment plus, il y a des arrêts de travail, ça devient dangereux. Ça ne peut plus durer ! », indique le président du Syndicat des travailleurs de la Mine Noranda–CSN, Shawn Smith.

 

Un enjeu interministériel

« On sait qu’un comité interministériel est en place pour le dossier de la Horne – comité dont fait notamment partie le ministre Jean Boulet. On souhaite que notre région et notre premier ministre puissent bénéficier de tout l’appui interne nécessaire pour aboutir enfin et rassurer la population locale quant aux emplois et à la modernisation de l’usine », répète le président du Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec–CSN, Félix-Antoine Lafleur.

 

Achat canadien en jeu

Cette saga survient au moment où le gouvernement Carney tente de mettre en place un programme d’achat canadien. Or, la Fonderie Horne est la seule productrice de cuivre au Canada. « On se demande si le gouvernement canadien a les moyens et l’intérêt d’aider à régler le dossier de la Fonderie Horne pour qu’on puisse continuer d’acheter du cuivre canadien. C’est toujours le silence du côté d’Ottawa, malgré nos appels précédents », réitère Kevin Gagnon, président de la FIM–CSN. Ce dernier rappelle qu’il serait important que les deux gouvernements se concertent rapidement et utilisent tous les moyens nécessaires pour régler ce dossier et sécuriser les emplois et l’approvisionnement en cuivre au Canada.

 

À propos

 Le Syndicat des travailleurs de la Mine Noranda (STMN–CSN) compte environ 400 membres et est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), laquelle rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis dans plus de 320 syndicats à travers toutes les régions du Québec. La CSN compte 330 000 membres répartis dans 2 000 syndicats, 8 fédérations et 13 conseils centraux, dont le Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec–CSN. La CSN œuvre pour une société solidaire, démocratique, équitable et durable.

Nordia/NQX met 77 salarié-es à pied 

Nordia/NQX, compagnie en télécommunication, a mis à pied 77 téléphonistes de son centre d’appels de Sherbrooke hier matin. Cette annonce fait suite à la décision de Bell Canada de mettre fin à son entente.  

«C’est une triste nouvelle pour les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Nordia–CSN. Plus de 70 % d’entre eux se retrouvent sans emploi! Plusieurs œuvraient depuis longtemps pour l’entreprise et ils se trouvent à un âge où le reclassement s’avère parfois difficile», affirme le président du syndicat, Jean-Michel Brière.  

«L’annonce de Nordia/NQX de mettre à pied 77 employé-es affectés au compte de Bell est une catastrophe pour la région de Sherbrooke. Le métier de téléphoniste en 2026 est délocalisable partout dans le monde. Où seront les prochaines personnes qui répondront aux clients de Bell? Seront-elles remplacées par l’intelligence artificielle?», se questionne la présidente du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN, Julie Bolduc.  

La surveillance par l’IA contestée 

La décision de Bell a été prise peu de temps après que le syndicat a eu déposé un grief contre la surveillance par l’intelligence artificielle. Le nouveau logiciel mis en place par l’employeur signale la moindre dérogation au script parfait de conversation exigé par Bell. Les travailleuses et travailleurs ont dénoncé ce logiciel insensible au contexte ou à la nature de la conversation que pouvait tenir l’agent avec le client. Une pétition circulait afin de demander à Bell de faire cesser cette pratique cavalière.  

«La FNCC s’interroge sur les motivations de Bell de mettre fin à son entente de services avec Nordia/NQX sans explication. Cette décision de Bell est-elle liée à leur contestation face à la surveillance étroite induite par l’IA? Est-ce donc cela la nouvelle donne des milieux de travail?», interroge la présidente de la Fédération nationale des communications et de la culture–CSN, Annick Charette.  

«Sommes-nous vraiment rendus là en 2026 ? Être surveillés par des robots? Les travailleuses et les travailleurs de Nordia/NQX ont le droit à la dignité. À partir de maintenant, on se relève les manches et la CSN va leur offrir tout son soutien. Des démarches ont été entreprises pour mettre en place un comité de reclassement avec l’employeur. La situation est horrible et nous allons continuer à la dénoncer », déclare la présidente de la CSN, Caroline Senneville.  

 

À propos 

La Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN) regroupe 6000 membres œuvrant dans les domaines des communications et de la culture. 

Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE–CSN) regroupe quelque 90 syndicats représentant, sur une base régionale, plus de 12000 membres dans tous les secteurs d’activité, publics et privés. 

Fondée en 1921, la CSN est la première grande centrale syndicale québécoise. Composée de près de 1600 syndicats, elle défend plus de 330000 travailleuses et travailleurs de tous les secteurs d’activité sur l’ensemble du territoire. Elle prend part à plusieurs débats de fond de la société québécoise pour une société plus solidaire, plus démocratique, plus équitable et plus durable.  

La sororité, sur tous les fronts

L’École féministe syndicale de la CSN lançait sa deuxième édition le 27 janvier dernier. Sous le thème Tant qu’il le faudra ! – qui trouve écho auprès des militantes depuis quelques années. Des dizaines de participantes se sont réunies pour traiter d’idées féministes de l’heure. Et les sujets ne manquaient pas cette année. Pendant deux jours, la CSN a accueilli un grand forum consacré aux droits des femmes à travers des ateliers collaboratifs et des conférences données par des expertes en la matière. Un espace de mentorat et de réseautage féministe toujours si pertinent, tant que l’égalité des genres demeurera un objectif à atteindre – ici comme ailleurs.

« Le mois de janvier n’est pas fini, qu’on dénombre déjà cinq féminicides au Québec. Je tiens à dédier la tenue de l’école à ces merveilleuses femmes qui ont perdu la vie, lance d’emblée la secrétaire générale de la CSN et responsable politique du comité confédéral de la condition féminine, Nathalie Arguin. Sans vouloir alourdir l’atmosphère en ouverture d’événement, je vous invite à vous lever et à clamer haut et fort so-so-so-sororité ! », scande Nathalie avec ses consœurs.

À l’École féministe de la CSN, les participantes ne chôment pas. Une multitude de sujets présentés en conférence résonnent auprès des militantes. De la division sexuelle du travail, à la dénonciation de l’antiféminisme, en passant par les risques psychosociaux de l’épuisement professionnel et par les menstruations et la ménopause en milieu de travail, le champ exploré par l’école se distingue par sa grande diversité.

Caroline Senneville, au lancement de l’événement, rappelle l’importance de la lutte féministe au cœur du mouvement CSN. « La rémunération des employées syndiquées a atteint 95,6 % de celles de leurs collègues masculins, près de cinq points de plus que pour l’ensemble des travailleuses. Les femmes, qu’elles soient syndiquées ou non, gagnent cependant toujours moins que leurs homologues masculins. Les acquis le sont jusqu’à tant qu’on nous les enlève », met en garde la présidente de la confédération.

À la deuxième journée, les membres avaient l’occasion de partager leurs idées et de consolider leurs militances syndicales dans les ateliers organisés par l’école. La grève comme objet d’émancipation, le continuum des violences envers les femmes et l’analyse différenciée selon les sexes en santé et sécurité du travail ont nourri les débats lors des laboratoires animés.

« Durant ces deux journées, j’ai vu des féministes qui se tiennent debout et qui déploieront divers projets pour améliorer les conditions de vie et d’emploi de toutes les membres. À la CSN, on a une force de mobilisation sans commune mesure. Nous ne baisserons jamais la garde et nous poursuivrons l’action collective pour une véritable égalité ! », clame Nathalie Arguin en mot de clôture.

Des mesures qui fragiliseront encore plus le réseau public

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) et ses fédérations affiliées œuvrant en santé et services sociaux dénoncent le parti pris de la CAQ en faveur du privé dans les services de soutien à domicile, sans aucun égard à l’expertise des équipes du réseau public, notamment celle des auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS).

La politique qui vient d’être dévoilée par la ministre de la Santé et ministre responsable des aîné-es, Sonia Bélanger, ouvre toute grande la porte à la privatisation du soutien à domicile (SAD). Cette politique va ainsi à l’encontre des recommandations de nombreux experts. Dans une récente étude, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) démontre que la privatisation des services et l’imposition de méthodes de gestion propres au secteur privé (gestion centralisée, hiérarchique et autoritaire des services, production d’indicateurs quantitatifs de performance) dans le SAD sont des erreurs et qu’elles sont responsables de la dégradation de l’accès et de la qualité des services, des conditions de travail et de l’équité dans tous les pays où elles ont sévi au cours des dernières décennies.

« Le gouvernement choisit volontairement d’accélérer la déqualification de la profession d’auxiliaires aux services de santé et sociaux du réseau public, déplore le président de la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN, Réjean Leclerc. L’absence de mention des ASSS lors du dévoilement de la politique et dans le document lui-même confirme le mépris de ce gouvernement envers les 7 000 ASSS formées qui sont le cœur du soutien à domicile au Québec. « Le gouvernement préfère sous-traiter des services aux entreprises privées et d’économies sociales en aide à domicile (EÉSAD) et aux entreprises privées de soutien à domicile, dont le personnel ne possède pas la formation requise », ajoute M. Leclerc.

Le gouvernement sous-traite déjà des actes cliniques octroyés par la Loi aux ASSS du réseau, détentrices d’un diplôme d’études professionnelles, à du personnel non qualifié provenant du privé et formé de façon accélérée en moins de 140 heures. Le Commissaire à la santé et au bien-être a d’ailleurs recommandé que les interventions des EÉSAD soient renforcées par des formations et par un accroissement du contrôle de la qualité. Pour l’instant, rien dans la nouvelle politique ne semble prévu pour remédier à ces problèmes.

« Plus il y a d’intervenantes et d’intervenants, plus cela rend les suivis compliqués, et plus on perd de l’expertise sur le terrain, note pour sa part la présidente de la Fédération des professionnèles–CSN, Jessica Goldschleger. Nos équipes le constatent déjà sur le terrain et cette politique met encore plus à risque le continuum de soins et leur coordination. Ultimement, ce sont les usagères et les usagers qui paieront le prix de cette valse entre les prestataires de services privés et les équipes multidisciplinaires des CLSC. Une difficulté qui n’existe pas lorsqu’on priorise les équipes du réseau public. »

D’ailleurs, l’IRIS calcule que le remplacement du modèle québécois actuel de SAD, largement privatisé, par un modèle basé sur une prestation entièrement publique des services et une gestion de proximité permettrait, à terme, de réaliser des économies de plusieurs milliards de dollars à l’échelle du réseau tout entier. Pour la CSN, c’est dans un tel modèle que le rôle des CLSC se trouverait véritablement revalorisé et non en tant que chef d’orchestre de la privatisation.

Ressources au mauvais endroit
« La solution réside dans le renforcement des équipes du secteur public, sans exclure complètement une certaine collaboration avec le personnel des entreprises privées et d’économies sociales en aide à domicile », rappelle Réjean Leclerc. Ces dernières devraient concentrer leur offre dans les services de soutien pour les activités de la vie domestique (AVD). Ces services comprennent, entre autres, l’entretien ménager, la préparation de repas, la lessive, etc. « Malheureusement, le regroupement des EÉSAD trahit une entente historique en s’offrant comme substitut bon marché au personnel du public pour dispenser des soins. La population fera les frais de cette approche au rabais. Nous intensifierons nos actions pour que le Québec continue de construire sa capacité publique de répondre aux besoins de la population.

« Force est d’admettre que le gouvernement a préféré poursuivre la privatisation du soutien à domicile au détriment de la qualité des soins et du bien-être des usagères et des usagers, soutient la présidente de la CSN, Caroline Senneville. La CAQ n’apprend visiblement pas de ses erreurs, elle qui tente de se sevrer du recours aux agences et autres prestataires de services privés dans le reste du réseau, termine Mme Senneville.

À propos de la FSSS–CSN
La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), affiliée à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), est la plus grande organisation syndicale en santé et services sociaux et services de garde éducatifs à l’enfance. Force reconnue du syndicalisme au Québec, elle compte plus de 140 000 membres, dont 80 % sont des femmes, répartis dans plus de 260 syndicats se trouvant sur l’ensemble du Québec.

À propos de la FP–CSN
La Fédération des professionnèles (FP–CSN) représente près de 11 000 professionnèles, techniciennes et techniciens œuvrant dans les secteurs de la santé et des services sociaux, de l’éducation, des organismes gouvernementaux, de l’économie sociale et de l’action communautaire, ainsi que dans le secteur privé.

À propos de la CSN
Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Des paramédics et des agents de la paix au 5 à 7 de la CAQ

Des paramédics et des agents de la paix en services correctionnels manifestent bruyamment à l’occasion d’un 5 @ 7 de la CAQ, organisé en marge de son caucus. Près de trois ans suivant l’échéance de leur convention collective, ils ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme un manque de respect de la CAQ à l’égard de personnels indispensables à la santé et à la sécurité de la population.

« Dans ses dernières entrevues en forme de bilan, François Legault se dit bien fier d’avoir pu négocier des ententes dans tout le secteur public, rappelle le premier vice-président de la CSN, François Enault. Pourtant, la réalité, c’est qu’il y a encore plusieurs groupes, dont les paramédics et les agents de la paix, pour qui le gouvernement n’est toujours pas en mode règlement. On parle pourtant de missions essentielles. C’est irresponsable de laisser ça traîner ».

Les paramédics attendent un nouveau dépôt du gouvernement dès demain. « Les paramédics doivent être payés à leur juste valeur et c’est ce qui nous guidera dans l’analyse de l’offre du gouvernement, explique le représentant du secteur préhospitalier de la FSSS–CSN, Jean Gagnon. Depuis le début de la négociation, ce que le gouvernement nous propose, c’est au contraire une baisse de rémunération. Nous espérons constater un changement de ton dès demain. On ne sent aucune reconnaissance du gouvernement envers les paramédics, même si notre travail est indispensable à la santé et la sécurité de la population. Il faut que ça change ! »

Du côté du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ–CSN), qui est encore en négociation, les membres revendiquent une rémunération à la hauteur des divers défis vécus dans les établissements de détention : « Même si le ministère de la Sécurité publique martèle qu’il souhaite être un employeur de choix pour attirer du personnel et le retenir, il abuse du recours au temps supplémentaire obligatoire (TSO) dans certains établissements, une approche déconnectée de leurs prétentions. Nous comptons environ 200 postes vacants, plus de 300 agentes et agents sont en arrêt de travail pour diverses raisons – soit 20 % de nos effectifs –, et on compte une centaine de démissions en moyenne chaque année. Pour freiner cet exode, le gouvernement doit impérativement offrir des conditions qui reflètent les exigences de notre travail et, selon nous, la négociation actuelle est le moment propice pour y parvenir. »

À propos

Les quelque 3300 paramédics membres de syndicats CSN assurent les services préhospitaliers d’urgence, partout au Québec, tant dans les grandes villes que dans les secteurs ruraux. Ces syndicats sont affiliés à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) qui compte 140 000 membres ce qui en fait la plus grande organisation syndicale en santé et services sociaux, dans les services préhospitaliers ainsi qu’en services de garde éducatifs à l’enfance.

Le SAPSCQ–CSN est un syndicat autonome affilié à la Fédération des employées et employés de services publics–CSN de la Confédération des syndicats nationaux depuis 2006. Il représente plus de 2800 agentes et agents de la paix en services correctionnels, répartis dans 17 établissements de détention partout au Québec.

 

Un nouvel ordre du jour proposé par les militantes et militants de la CSN

Des militantes et des militants de la CSN sont réunis aujourd’hui devant le Delta de Trois-Rivières où se tiendra le caucus de la Coalition Avenir Québec. Les travailleuses et travailleurs veulent déposer une proposition d’ordre du jour afin que soient débattus les réels enjeux qui préoccupent les Québécoises et les Québécois.

Depuis l’arrivée de la CAQ au pouvoir, la population s’est vu imposer de multiples décisions politiques qui, dans la grande majorité, ont été adoptées sans consulter la population et qui ont des impacts extrêmement négatifs sur celle-ci. Les exemples sont nombreux : centralisation et privatisation du système de la santé et des services sociaux, coupures massives dans les services publics, projets de loi limitant les droits des Québécoises et Québécois, dilapidation des fonds publics dans des projets privés, sans oublier l’expulsion forcée de travailleuses et de travailleurs essentiels, pourtant bien intégrés dans leurs milieux, via la Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

Avec les sondages actuels, on voit que la grogne se fait de plus en plus sentir sur le terrain.

« Visiblement, les Québécois sont exaspérés de se faire prendre pour des valises et les élu-es de la CAQ voient arriver le mur des prochaines élections ! Pourtant, ce n’est pas compliqué, ce que les gens veulent, c’est un gouvernement qui agit sur les véritables enjeux du Québec et le plus pressant d’entre eux, c’est d’avoir des services publics qui prennent soin de tout le monde. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous sommes venus proposer aux député-es caquistes réunis en caucus un projet d’ordre du jour qui est en phase avec les besoins de la population », mentionne Pascal Bastarache, président du Conseil central du Cœur du Québec – CSN.

FAIRE FRONT

Cette action menée dans la région s’inscrit dans la campagne Faire front pour le Québec, lancée par la CSN. Dans les prochaines semaines, la confédération multipliera d’ailleurs les actions pour dénoncer le bilan désastreux du gouvernement et pour réclamer des mesures favorisant les travailleuses et les travailleurs, la préservation de notre État social et la mise en place de mesures pour favoriser la transition juste.

« Des milliers de travailleuses et de travailleurs vivent d’une paie à l’autre. La privatisation et l’austérité frappent nos services publics. L’inaction est ce qui reste en tête quand on pense aux deux mandats de la CAQ pour l’avenir de notre planète. Le gouvernement a perdu le contrôle. La seule chose sensée à faire aujourd’hui est d’abandonner les projets de loi qui découlent d’une dérive autoritaire décriée de toutes parts, notamment le projet de loi 3 », affirme Katia Lelièvre, vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Québec: la CSI solidaire des syndicats face à une offensive antisyndicale sans précédent

La Confédération syndicale internationale (CSI) exprime son plein et entier soutien aux syndicats au Québec confrontés à une série d’attaques graves contre les droits syndicaux et la démocratie.

Le mouvement syndical québécois fait face à une utilisation répétée et abusive du pouvoir législatif par le gouvernement du Québec, visant à affaiblir l’autonomie des organisations syndicales, à restreindre le droit de grève et à réduire les contre-pouvoirs essentiels dans une société démocratique.

Pour la CSI, ces mesures constituent une dérive autoritaire incompatible avec les engagements internationaux du Canada.

« Ce qui se passe aujourd’hui au Québec n’est pas une simple réforme technique: c’est une attaque frontale contre la liberté syndicale et la démocratie. »Luc Triangle, secrétaire général de la CSI

« Partout dans le monde, nous voyons des gouvernements chercher à museler les syndicats pour affaiblir la capacité des travailleuses et des travailleurs à se défendre. La CSI se tient aux côtés des syndicats – la CSD, la CSN, la CSQ et la FTQ – pour défendre leurs droits fondamentaux. La CSI appelle le gouvernement du Québec à revenir sur ces mesures antisyndicales et à respecter pleinement les droits du travail, la liberté syndicale et la démocratie sociale. Elle réaffirme sa solidarité indéfectible avec les travailleuses et les travailleurs du Québec et leurs organisations représentatives. »

Les organisations syndicales québécoises dénoncent notamment:

  • les ingérences dans leur fonctionnement démocratique interne;
  • les restrictions imposées à l’exercice du droit de grève, pilier du rapport de force légitime dans toute négociation collective.

Ces mesures vont à l’encontre des conventions fondamentales de l’Organisation internationale du Travail (OIT), que le Canada s’est engagé à respecter.

« Pour la CSI, le cas du Québec s’inscrit dans une tendance mondiale inquiétante: sous couvert de gouvernance, de sécurité ou d’efficacité économique, des gouvernements cherchent à affaiblir le syndicalisme, à criminaliser la mobilisation sociale et à restreindre les droits collectifs. Ces attaques visent directement la capacité des travailleuses et des travailleurs à participer pleinement à la vie démocratique. »

« Défendre les syndicats, c’est défendre la démocratie elle-même. »

« La CSI continuera de se mobiliser, y compris au niveau international, pour rappeler aux gouvernements leurs obligations et pour soutenir les syndicats qui résistent à ces offensives. La solidarité internationale est plus que jamais indispensable », ajoute Luc Triangle.

Le Jardin de Robi : des travailleuses déterminées !

Le 13 janvier, la vingtaine de travailleuses du Jardin de Robi, à Roberval, se sont toutes réunies sur la ligne de piquetage, rejointes par plusieurs allié-es des autres syndicats CSN de la région.

 

 

 

 

Le CPE Le Jardin de Robi est le seul de la région où la convention collective n’a pas encore été renouvelée. Au cœur du litige : l’entêtement patronal de la direction qui exige des éducatrices qu’elles renoncent à une demi-heure de diner rémunérée, laquelle est pourtant inscrite depuis plus de 40 ans au contrat de travail. L’employeur a refusé jusqu’à maintenant toutes les perches tendues par le syndicat pour reprendre la négociation. La dernière rencontre de négociation a eu lieu le 6 novembre.

Plus d’information sur le conflit : https://www.csn.qc.ca/actualites/lemployeur-multiplie-les-requetes-legales-au-lieu-de-negocier/

 

 

Marie-Ève Bouchard, secrétaire du syndicat et membre du comité de négociation.

« À la table de négo c’est très difficile. L’employeur est fermé. Il nous reprochait de manquer de transparence envers nos membres. Donc on a amené les travailleuses avec nous pour assister à la dernière séance de négociation, le 6 novembre. À ce moment les travailleuses ont pu constater que nous leur avions présenté un portrait exact de la situation. On a fait des propositions à l’employeur pour sortir de l’impasse, mais c’est au point mort depuis ce temps, car il exige que nous acceptions sa demande intégralement avant de revenir à la table de négociation. »

 

 

Marie-Michelle Fortin, éducatrice au Jardin de Robi

« Ça fait 20 ans que je travaille au Jardin de Robi. J’ai fait des remplacements dans des CPE où la pause n’est pas rémunérée. Ça paraît, une demi-heure de plus, sur ta journée. On travaille avec des humains qui sont comme ils sont. Des fois, ils sont plus tristes. Des fois, ils sont plus fatigués et on doit jongler avec ça, dans le bruit constant, toute la journée. Cette demi-heure nous permet de prendre une pause de cette réalité. On ne peut pas vraiment manger pendant qu’on a la responsabilité des enfants, il y a tellement d’action, on n’a pas le temps. Ils ont besoin de toute notre attention ! »

 

 

 

 

(Première photo) Des représentantes et représentants des travailleuses et travailleurs du réseau public de la santé et des services sociaux de la région, catégorie 3, sont venus témoigner de leur solidarité. « La solidarité c’est important. On se sent interpellés parce que c’est dans notre région. Il faut les soutenir. »

(Deuxième photo) Les salarié-es des Produits Gilbert, membres de la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN, ont également tenu à saluer les travailleuses du Jardin de Robi. Ils ont eux-mêmes dû exercer la grève il y a quelques mois à peine.

(Troisième photo) Le président du syndicat de la catégorie 2, Olivier Côté, avait amené des cadeaux pour les grévistes.

 

Le moral est toujours bon

Le moral demeure élevé sur la ligne de piquetage bien que le conflit commence à peser lourd pour les travailleuses, en particulier sur leur budget familial. Trois travailleuses ont trouvé un autre emploi depuis le début du conflit.

 

Entre deux séances de piquetage, plusieurs travailleuses effectuent du bénévolat auprès d’organismes de Roberval. Lors du passage du Point syndical, des travailleuses s’affairaient à la numérisation et à l’archivage des dossiers des Grands frères et Grandes sœurs du Domaine-du-Roy.

 

« Ce que l’employeur cherche à faire depuis le début, c’est de casser le syndicat. C’est important de les appuyer parce qu’on se syndique pour avancer, pas pour reculer. On doit les soutenir jusqu’à ce qu’elles obtiennent un règlement satisfaisant. »

– Manon Tremblay, présidente du Conseil central Saguenay–Lac-Saint-Jean

 

 

 

 

Le conflit de travail dure depuis trois mois. La CSN vient de lancer un appel à la solidarité auprès de tous les syndicats afin de soutenir les éducatrices du Jardin de Robi pour qu’elles puissent tenir la minute de plus :

Soutenons les travailleuses du Jardin de Robi

Soutenons les travailleuses du Jardin de Robi

Depuis trois mois, la vingtaine d’éducatrices du CPE Le Jardin de Robi, à Roberval, se battent pour conserver leurs conditions de travail, en particulier la demi-heure de dîner rémunérée, conventionnée depuis plus de 40 ans.  Ici, l’employeur a un objectif de plus en plus évident : tenter de briser le syndicat.

La dernière rencontre de négociation a eu lieu le 6 novembre dernier. Depuis cette date, l’employeur refuse de rencontrer la partie syndicale tant qu’elle n’acceptera pas intégralement sa demande, qui aurait pour effet de forcer les salariées à travailler deux heures de plus chaque semaine pour obtenir la même rémunération. Le syndicat a pourtant des solutions de rechange à proposer, lesquelles permettraient d’atteindre ses objectifs financiers tout en préservant les droits des travailleuses.

En parallèle, l’employeur déploie énergie et ressources pour tenter de briser le mouvement de solidarité des travailleuses. Ainsi, Le Jardin de Robi fut le tout premier employeur à réclamer officiellement l’intervention du gouvernement en vertu de la loi Boulet, qui restreint le droit de grève, dès son entrée en vigueur ! Le ministre du Travail a répondu négativement à cette demande, invitant l’employeur à reprendre les négociations. Insatisfait, l’employeur a envoyé une nouvelle demande d’intervention quelques jours à peine après avoir essuyé ce refus. À Roberval et les environs, le conflit de travail est maintenant sur toutes les lèvres. L’employeur fait circuler plusieurs rumeurs pour faire porter la responsabilité du conflit sur les épaules des travailleuses.

Fait à noter, le CPE compte une directrice ainsi qu’une directrice adjointe pour une seule installation, ce qui est inédit. De plus, ces deux dirigeantes du CPE reçoivent leur plein salaire depuis le début du conflit, même si l’établissement ne reçoit aucun enfant. Ce n’est évidemment pas le cas des travailleuses !

Solidarité
La solidarité de tous les syndicats est essentielle. Les dons reçus jusqu’à maintenant leur permettent de bonifier les allocations versées par le Fonds de défense professionnelle. Néanmoins, le fardeau financier commence à peser lourd sur elles. Elles ont besoin plus que jamais de notre soutien pour pouvoir tenir la minute de plus et obtenir un règlement satisfaisant.

Pour faire un don :

https://www.csn.qc.ca/paypal-cpe-jardin-de-robi

 

La SAQ poursuit la privatisation de son réseau en douce

À la suite de la divulgation de la stratégie immobilière de la Société des alcools du Québec (SAQ), incluant son plan de gestion des succursales dévoilé la semaine dernière, le Syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ–CSN) déplore à nouveau les orientations prises par la haute direction de la société d’État.

« Tout d’abord, nous déplorons que ces décisions importantes quant à l’avenir de la SAQ soient prises alors que le débat tant réclamé sur sa mission se déroule derrière des portes closes. Nous l’avons dit plus d’une fois : nous ne pouvons pas gérer la vente d’alcool comme celle de tous les autres produits à cause des trop nombreux impacts sociaux et de santé publique qui sont en jeu », souligne le président du SEMB-SAQ–CSN, Martin Lachance.

« Entre autres, après avoir annoncé un recul sur ce projet, la SAQ fait volte-face et décide d’aller de l’avant avec ses Zones SAQ. En octobre dernier, la société d’État avait pourtant renoncé à ces ouvertures en évoquant la détermination de “paramètres acceptablesavec la Direction de santé publique (DSP). Or, malgré nos demandes répétées auprès de la DSP, nous n’avons pas eu de précisions quant à ces “paramètres acceptables” et si ceux-ci existent, nous sommes très inquiets qu’ils ne soient pas connus publiquement », ajoute le président du syndicat.

Aussi, le syndicat se questionne légitimement à savoir si les nombreux bâillons imposés par la CAQ à l’automne dernier n’expliqueraient pas le mutisme actuel de la DSP, lequel a un impact sur la société civile.

La privatisation toujours au menu

« La ligne de mire est claire : ces nouvelles annonces poussent plus que jamais la privatisation lente, mais certaine de la SAQ. En ouvrant 15 nouvelles agences, la SAQ atteindra un total de 475 agences privées au Québec, sans compter les 100 nouvelles mini-agences récemment annoncées. Or, comme nous l’avions déjà souligné, le concept de ces 100 points de vente dans des commerces privés en milieu urbain marque un changement majeur dans l’approche commerciale de la société d’État. Nous sommes d’avis que la décision de vendre de la vodka dans les dépanneurs de Montréal, de Québec et des autres grandes villes du Québec, sans discussion publique préalable et sans se préoccuper de l’effet sur la santé et la sécurité du public, demeure une décision très importante et d’intérêt public », s’inquiète la vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN, Stéphanie Gratton.

La privatisation : un projet perdant-perdant

« La tendance est clairement à une diminution du réseau public au profit du réseau privé et les conséquences sont importantes : moins de service-conseil de qualité, moins d’offre de produits et surtout, moins d’emplois de qualité au Québec, et ce, sans aucune garantie de meilleurs prix ni de service pour la clientèle. Pour nous, le portrait est clair : la haute direction de la SAQ annonce la fermeture de deux succursales rentables qui génèrent plusieurs millions de dollars de profit annuellement et elle présente cette décision tel un “pari”. La société d’État déclare vouloir éviter de perdre des ventes, mais se prive de points de vente rentables pour diminuer à très court terme ses dépenses, ce qui n’est pas une bonne gestion à notre avis », renchérit monsieur Lachance.

Livraisons par UBER : pousser l’insulte à l’injure

Si l’annonce du recours à UBER pour des livraisons visait à détourner l’attention des décisions qui poussent la SAQ toujours plus vers la privatisation, le syndicat considère que cet objectif fut largement atteint.

« C’est littéralement honteux et scandaleux qu’une société d’État du Québec confie la livraison d’alcool à une entreprise étasunienne détenant une réputation plus que douteuse. Alors que nous sommes toujours en guerre commerciale avec les États-Unis et que les produits alcoolisés étasuniens sont encore interdits de vente, retenir les services d’une société qui exploite sa main-d’œuvre et qui contribue à la dégradation des conditions de travail au Québec est totalement inacceptable », s’insurge madame Gratton.

« Nous sommes heureux d’avoir entendu la réponse quasi unanime de la population du Québec contre cette idée plus que toxique pour nos relations avec notre clientèle. Alors que les salarié-es de la SAQ sont qualifiés, que leur expertise est reconnue et que leurs salaires sont à la hauteur du travail accompli chaque jour, la direction de la SAQ préfère retenir les services d’une multinationale étasunienne reconnue pour exploiter son monde, tout en transférant tous les risques à des travailleurs précaires, payés à la course. Pour nous, une société d’État québécoise devrait prioriser les emplois d’ici et la qualité exceptionnelle du service offert à la population que les employé-es de la SAQ garantissent depuis toujours », conclut Martin Lachance.

À propos

Le Syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ–CSN) représente les 5000 employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ, partout au Québec. Il est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), qui compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Forte de 330 000 membres, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) est présente dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.