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Mon laboratoire médical, j’y tiens

Actuellement, chaque établissement ou presque bénéficie des services d’un laboratoire qui permet au personnel soignant d’obtenir rapidement des analyses sanguines ou autres. Ces services, essentiels, sont donc disponibles dans toutes les communautés sur l’ensemble du territoire. Pour des raisons budgétaires, mais sans preuve d’économie à la clé, le gouvernement a décidé de procéder à un regroupement des laboratoires par région.

Le projet Optilab, lancé sous couvert « d’optimisation », fait naître des craintes et ne sera pas sans conséquence pour les patients et les communautés. En effet, la manipulation et le transport d’échantillons sur de grandes distances par des entreprises du secteur privé comportent des risques d’erreurs et soulèvent des enjeux de sécurité. Même au Centre universitaire de santé McGill, établissement flambant neuf et à la fine pointe de la technologie, la centralisation des analyses de laboratoires a été à l’origine de plusieurs erreurs; on signale la perte pure et simple d’échantillons et des retards dans les analyses. Or, la reprise d’échantillons constitue un gaspillage de temps et d’argent important pour le système, sans compter le stress pour les patients. Cela est d’autant plus dommageable que dans certains cas le prélèvement supplémentaire peut s’avérer complexe à réaliser, voire impossible. De nombreux cas ont d’ailleurs défrayé les manchettes.

Une centralisation abusive

Pour certaines régions, les échantillons seraient analysés à plus de 500 kilomètres du lieu de prélèvement. À terme, 98 laboratoires seraient remplacés par une poignée de mégalaboratoires pour tout le Québec. Ces fusions de laboratoires auraient pour conséquence un éloignement des services. À trop vouloir centraliser, on oublie l’importance de maintenir des services de proximité pour les personnes en attente de résultats de tests. À cela s’ajoute les pertes d’emplois et d’expertise qui risquent d’en résulter en région. Une réforme basée sur le principe de l’amélioration des services devrait viser d’abord la consolidation des laboratoires actuels pour mieux cibler ensuite la question des analyses hyper-spécialisées.

Cette centralisation abusive s’organise sans aucune consultation et aucune preuve n’a été faite des économies qu’elle permettrait. On peut se demander en quoi la population en sortira gagnante, particulièrement en région.

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