L’autoritarisme de la CAQ nuit à l’Outaouais

Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais–CSN appelle les élu-es de la région à se lever pour défendre l’Outaouais, qui fait lourdement les frais de l’approche de plus en plus autoritaire de la CAQ.

« Combler les besoins en main-d’œuvre est déjà un défi de tous les instants en Outaouais à cause de la concurrence des établissements ontariens à proximité, rappelle le président du conseil central, Alfonso Ibarra Ramirez. Donc, évidemment, l’adoption sous bâillon du projet de loi 2, c’est une tuile supplémentaire. Ça arrive précisément parce que le gouvernement choisit d’imposer des réformes au lieu de miser sur un dialogue qui lui permettrait d’avoir un éclairage complet. Quant à nous, les députés caquistes de l’Outaouais ont le devoir de relever cet angle mort de la réforme engagée par le gouvernement ».

C’est la huitième fois en sept ans de règne, que la CAQ recourt à un bâillon pour court-circuiter toutes critiques à l’égard d’un projet de loi majeur.

« Récapitulons, poursuit Alfonso Ibarra Ramirez. L’Outaouais reçoit chaque année 250 millions de moins en financement public que la moyenne des régions. Cette année, la région a dû couper son budget de 90 millions et contribuer à 6 % de l’effort provincial de compressions budgétaires, alors qu’elle compte moins de 5 % de la population du Québec. Les services dans la région s’effritent au point où l’Outaouais doit verser 107 millions à l’Ontario pour des soins et services à la population. C’est sans compter les patients qui se voient transférer dans d’autres régions du Québec, faute de ressources ici. À quel moment un député de la CAQ va avoir le courage de se lever pour dire qu’il y a un problème critique dans la région ? »

Un changement de cap

Le président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais (STTSSSO–CSN), Alain Smolynecky, prévient qu’en l’absence de solutions, on pourrait bien assister à un effondrement encore plus important des services dans la région. « Quand une personne active dans notre réseau quitte

l’Outaouais pour l’Ontario, elle laisse derrière elle une pression accrue aux urgences, un allongement des listes d’attente, des blocs opératoires ralentis ou fermés et une charge de travail plus lourde pour celles et ceux qui restent.

« C’est tout le personnel déjà épuisé qui va se retrouver en surcharge de travail dans un réseau plus fragmenté que jamais. Et on perd tout espoir d’amélioration. Au final, c’est donc toute la population de l’Outaouais qui en paiera le prix. Pour le bien de la région, nous appelons à un changement de cap immédiat. »

« Les députés de la CAQ doivent se mettre en mode écoute et solution pour répondre aux besoins de la région, plaide Alain Smolynecky. L’ampleur de la crise exige un changement de cap et l’ouverture d’un véritable dialogue social avec l’ensemble des acteurs du milieu. L’Outaouais ne peut plus rester en marge pendant que le gouvernement multiplie les décisions autoritaires, prises à Québec, sans nous, qui affaiblissent nos services et épuisent celles et ceux qui les portent à bout de bras. C’est le temps, tous ensemble, de faire front pour l’Outaouais ! »

À propos

Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CCSNO–CSN) regroupe près de 12 000 travailleuses et travailleurs répartis dans quelque 70 syndicats affiliés, provenant de huit fédérations qui couvrent l’ensemble des secteurs d’activité de la région.

Les vampires de l’information

Au cours des dernières semaines, des journalistes membres de la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN) se sont vu voler leur travail par de nouveaux « journaux » générés par l’intelligence artificielle (IA), qu’on appelle aussi faux médias. Ça soulève beaucoup d’inquiétude chez les syndicats concernés.

« L’exemple du Journal de Sherbrooke est très préoccupant : on y trouvait le nom et la photo à peine modifiée, probablement par l’IA, d’un journaliste de La Tribune Tommy Brochu, qui devenait Tommy Brodeur sur le média généré par l’IA. Un journaliste qui n’existe pas.

« Pire encore, dans l’article également généré par IA, on trouvait des citations recomposées des autres médias qui avaient eux-mêmes mené les entrevues. Or, ça contrevient clairement à l’éthique journalistique, de citer quelqu’un à qui l’on n’a jamais parlé », affirme le président du Syndicat unifié de la presse écrite régionale (SUPER–CSN), Olivier Bossé.

La présidente de la FNCC, Annick Charette, s’interroge également sur les enjeux éthiques : « Ces faux médias ne sont pas soumis à l’obligation professionnelle de la vérification des faits. L’IA n’est pas capable de faire un pas de côté ni de regarder un problème sous tous les angles. Elle n’a pas la dissidence que peut avoir la pensée humaine face à ce qui apparaît comme un consensus. »

« Nos membres sont soumis à un code de déontologie et à des règles d’éthique inscrites dans nos conventions collectives et reconnues par le Conseil de presse du Québec. De nature à ne pas tromper le public, le travail de nos membres se veut conforme aux faits. »

Et les revenus publicitaires

« C’est clairement de l’avenir de l’information dans sa forme actuelle dont il est question. L’information juste qui suit la déontologie de notre profession a besoin d’une source de financement stable et pérenne. Or, ces “ médias ” vont bien évidemment chercher à récolter des revenus tirés des annonceurs qui ont déjà fondu comme neige au soleil à cause des GAFAM, ce qui privera davantage les vrais médias de ces sommes essentielles à leurs activités », ajoute Olivier Bossé.

« Les géants du web ont déjà accaparé 80 % du marché publicitaire. On voit maintenant apparaître ces petits joueurs sans vergogne utiliser le travail de nos membres pour voler des revenus publicitaires à leur employeur », ajoute Annick Charette.

La FNCC ne restera pas là sans broncher, car des solutions existent. Elle souhaite entre autres que les gouvernements ne placent aucune publicité dans ces « journaux » et qu’ils soient identifiés comme n’étant pas des médias d’information. Il faut que les publicitaires sachent où ils mettent leur argent.

La fédération demande également que ces faux médias soient retirés des plateformes de Meta, comme c’est le cas pour les vrais médias. En 2023, Meta a retiré les nouvelles canadiennes de ses plateformes Facebook et Instagram, en réponse au projet de loi C-18 qui demandait aux géants du web de verser une compensation financière aux médias pour l’utilisation de leur contenu.

Rapport de l’ISQ sur la rémunération des salariés – La vigilance est de mise

Le rapport de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) confirme encore une fois que l’écart salarial et de rémunération globale persiste entre les travailleuses et les travailleurs des services publics et les autres salarié-es du Québec.

Sur le plan de la rémunération globale (qui tient compte à la fois des salaires, des avantages sociaux, de la semaine normale de travail et des congés), le retard des travailleuses et des travailleurs des services publics comparativement aux autres salarié-es du Québec est de 3,2 %, alors qu’il était de 2,1 % l’an dernier. Le retard des salaires est quant à lui de 12,1 % comparativement à 11,4 % en 2024.

« Nos luttes des dernières années, dont la dernière négociation du secteur public marquée par une mobilisation historique, ont permis de diminuer l’écart au fil des ans. Nous sommes passés d’un retard de 9,4 % en 2021 à 3,2 % cette année pour la rémunération globale. Sur le plan des salaires, l’écart était de 17,6 % en 2021, alors qu’il est à 12,1 % aujourd’hui. Or, nous constatons un glissement dans la tendance pour 2025. Dans ce contexte, nous serons vigilants », ont expliqué François Enault, premier vice-président de la CSN, Éric Gingras, président de la CSQ, Magali Picard, présidente de la FTQ et Robert Comeau, président de l’APTS.

 

Une conjoncture inquiétante

D’autre part, la CSN, la CSQ, la FTQ et l’APTS ne peuvent que déplorer les récents gestes posés par la CAQ et par le ministre du Travail en matière de relations de travail et d’autonomie syndicale. « Alors que le gouvernement Legault et son ministre du Travail Jean Boulet s’évertuent à mettre des obstacles à l’action syndicale, le rapport de l’ISQ fait ressortir que, pour des emplois comparables, tant le salaire que la rémunération globale des travailleuses et travailleurs syndiqués du secteur privé sont largement supérieurs à ceux des non syndiqués. Une preuve de plus de l’avantage que procure le fait de s’organiser collectivement et d’être membre d’un syndicat », ont renchéri les porte-paroles.

Avec ses projets de loi récents qui attaquent le droit de grève, le droit de contester, en plus de s’ingérer dans les processus démocratiques syndicaux, le gouvernement s’attaque frontalement à la capacité des organisations syndicales d’exercer pleinement leur rôle de contre-pouvoir. « Ces projets de loi visent à affaiblir la capacité des travailleuses et travailleurs des services publics à poursuivre les avancées importantes que leurs luttes ont rendues possibles au fil des dernières années : amélioration des salaires, de la rémunération globale et des conditions de travail et de pratique. En réduisant notre marge de manœuvre collective, le gouvernement cherche à limiter notre capacité d’obtenir des progrès réels pour l’ensemble du personnel des services publics, mais également pour l’ensemble de la population », ont rappelé François Enault, Éric Gingras, Magali Picard et Robert Comeau.

État généraux de la pratique sage-femme : il est temps que les sages-femmes prennent leur place

Le Sommet des État généraux de la pratique sage-femme se tiendra les 29 et 30 novembre à l’UQTR. Cet événement vise à élaborer des recommandations concrètes pour améliorer, entre autres, l’accès à leurs services à travers la province. Pour répondre à ce problème d’accessibilité, les sages-femmes souhaitent vivement que la profession se déploie pleinement en première ligne. Elles veulent continuer d’assurer le suivi de la grossesse, l’accouchement et le suivi de la période postnatale, incluant celle du nouveau-né. Elles veulent aussi rendre plus accessibles les soins d’interruption de grossesse ou lors d’une grossesse arrêtée ainsi que la contraception.

« Le travail des sages-femmes représente une solution logique et économique pour tous les soins en santé sexuelle et reproductive, notamment dans plusieurs régions mal desservies. En plus d’offrir des suivis continus tout au long de la période périnatale, nous pouvons aussi prendre en charge plus de soins qu’avant, comme la prescription de la contraception, la pose de stérilets ou l’interruption de grossesse. Nous voulons prendre toute notre place », affirme la présidente du Regroupement Les sages-femmes du Québec (RSFQ), Amaili Jetté. Cette dernière ajoute que les soins offerts par les sages-femmes répondent à un véritable besoin. La pratique sage-femme est basée sur une approche globale de santé, centrée sur la personne et sa famille, misant sur la continuité relationnelle et la disponibilité 24 h/7 j. Selon les données du RSFQ, chaque sage-femme sur le terrain assiste autour d’une soixantaine de naissances annuellement. Malgré tout, la croissance du nombre de sages-femmes est lente.

« Il serait plus judicieux de bénéficier de l’expertise des sages-femmes en tant que professionnel-les de la première ligne pour répondre aux nombreux besoins de suivis de grossesses et d’accouchements et de soins aux nouveau-nés. Les sages-femmes du Québec proposent des solutions durables aux problèmes du système de santé. Il faut cependant leur en donner les moyens et s’assurer qu’il y ait plus de sages-femmes et qu’elles puissent exercer plus longtemps », ajoute Amaili Jetté.

Un choix économique

« Dans un contexte d’austérité budgétaire, le gouvernement de la CAQ serait avisé d’utiliser les bonnes ressources au bon endroit, tel qu’il le défend dans sa récente réforme. Les sages-femmes pourraient aider à soulager les services hospitaliers en faisant une plus grande partie des suivis de grossesse, si seulement on investissait davantage dans leur profession », ajoute la vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Marie-Michèle Doiron.

Une meilleure promotion et valorisation des services sage-femme

Les sages-femmes pourraient contribuer encore davantage aux besoins de la population québécoise si on augmentait les investissements, autant dans leur profession que dans la poursuite des projets déjà adoptés par le MSSS, notamment ceux des maisons de naissance à Laval et en Montérégie et la mise en place des services réclamés depuis longtemps sur la Côte-Nord et aux Îles-de-la-Madeleine.

Il est essentiel d’accroître la visibilité des soins offerts par les sages-femmes, de valoriser leur expertise et de renforcer leur reconnaissance professionnelle. Une telle démarche permettrait non seulement d’améliorer l’accessibilité à leurs services de façon équitable à travers la province, mais aussi de consolider leur rôle dans la première ligne et la santé publique.

À propos

Le Regroupement Les sages-femmes du Québec (RSFQ) regroupe plus de 300 membres répartis dans une vingtaine d’établissements de santé. Il est affilié à la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

La Fédération des professionnèles (FP–CSN) représente quelque 10 500 professionnèles, techniciennes et techniciens œuvrant notamment dans les secteurs de la santé et des services sociaux.

 

 

 

 

Des gains syndicaux importants au IGA Chicoutimi

Le Syndicat des travailleurs et travailleuses du marché IGA Chicoutimi, affilié à la CSN, est fier d’annoncer des avancées importantes pour ses membres après la signature d’une nouvelle convention collective. En plus d’une augmentation des bonis de Noël et d’un rattrapage salarial substantiel, l’abolition de clauses normatives défavorables aux salarié-es met la table pour un nouveau modèle de rémunération bien plus équitable dans le secteur de l’alimentation.

Le président du syndicat, Roland Bouchard, célèbre un des gains majeurs obtenus : « Le 1er mai, quand le salaire minimum augmentait, le compteur des heures travaillées pour les augmentations salariales était remis à zéro : cette mesure injuste appartient maintenant au passé. Nous avons atteint nos objectifs après seulement deux séances de négociations : c’est bien la preuve que la solidarité, c’est payant ! »

L’autre gain majeur est l’accès à la médiation préarbitrale, « qui devrait favoriser des relations de travail harmonieuses, réduire les griefs et ainsi contribuer à mieux défendre les droits des travailleuses et des travailleurs », ajoute le président de la Fédération du commerce–CSN, Serge Monette. « La convention est également plus équitable pour les temps partiels travaillant à temps plein, qui auront maintenant accès aux congés de maladie ».

La présidente du Conseil central Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN, Manon Tremblay, met en contexte ces gains à l’aube d’une négociation coordonnée : « Dans les dernières années, les géants de l’alimentation ont engrangé des profits records, donc il est normal que les travailleuses et travailleurs exigent un partage plus important des profits. »

À propos

La Fédération du commerce (FC–CSN) regroupe près de 30 000 membres partout au Québec, dans les secteurs du commerce, de gros et de détail, de l’agroalimentaire, de la finance et du tourisme. Le Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN compte dans ses rangs plus de 140 syndicats et 15 000 membres, sur tout le territoire de la grande région et est l’organisme de représentation régional de la Confédération des syndicats nationaux.

Les patrons et le gouvernement sont-ils si transparents ?

Le projet de loi 3 du gouvernement de la CAQ impose aux syndicats plusieurs nouvelles exigences dites de transparence financière, mais il semble bien que nous ayons là deux poids, deux mesures. En effet, si l’on compare ces nouvelles requêtes à celles que le gouvernement exige de lui-même ou encore aux pratiques des grandes entreprises, on remarque plusieurs disparités. 

Rappelons que le projet de loi 3 va imposer une consultation annuelle par vote secret des membres sur la façon d’utiliser une partie des cotisations. Ceci, même si les membres ont déjà approuvé ladite cotisation et les grandes orientations en matière de défense des acquis sociaux ou d’amélioration de ceux-ci.  

Le projet de loi impose aussi la divulgation de certaines dépenses comme les voyages, les repas, l’hébergement, ainsi que toute dépense supérieure à 5000 $.  

Notons que la CSN est l’une des organisation syndicale à publier ses états financiers vérifiés sur son site web. 

Transparence gouvernementale et patronale 

Dans le dernier budget du ministère du Travail, ou dans celui du Conseil exécutif qui relève directement du premier ministre, on peut consulter la hauteur de l’enveloppe globale, de même que le salaire du ministre, mais la ventilation budgétaire, concernant les repas et autres dépenses connexes, n’est pas disponible et ne présente pas les détails granulaires de 5000 $ et plus.  

Même constat pour les chefs d’entreprises ou les lobbies d’intérêt comme le Conseil du patronat du Québec : leurs états financiers ne sont pas ventilés comme il serait désormais exigé pour les organisations syndicales.  

L’allégement du fardeau administratif, sauf pour les syndicats 

Curieusement, la CAQ souhaite alléger le fardeau administratif de plusieurs organisations pour le bien commun et pour l’efficacité globale des organisations du Québec.  

Le projet de loi 103 présenté par Lucie Lecours, ministre déléguée à l’Économie, vise notamment à alléger le fardeau administratif dans les secteurs minier et municipal, le domaine agricole, les dossiers environnementaux et pour le secteur coopératif.  

Le projet de loi 7 vise quant à lui à réduire la bureaucratie. Il parle beaucoup de fusion d’organismes, mais veut aussi : « réduire la fréquence de certains rapports et retirer l’obligation de produire différents documents, notamment des rapports dans le secteur financier ». 

Pourquoi alors adopter une approche carrément opposée visant spécifiquement les syndicats? Bref, le jupon dépasse. 

Le gouvernement avantage les patrons et affaiblit l’État de droit

La CSN réclame le retrait du projet de loi 3 du ministre du Travail. En commission parlementaire, la confédération déplore cette nouvelle attaque du gouvernement Legault aux droits des travailleuses et des travailleurs. Elle invite le gouvernement à se débarrasser de ce projet de loi antisyndical pour plutôt se concentrer sur des mesures permettant d’aider les travailleuses et les travailleurs à faire face à la crise du coût de la vie.

Pour la CSN, chaque nouvelle attaque aux droits des travailleuses et des travailleurs affaiblit la classe moyenne et nuit à une meilleure redistribution de la richesse. Le gouvernement mène une offensive persistante contre les syndiqué-es. Sa loi 14 vient limiter le droit de grève, tout en invitant les patrons à allonger inutilement les négociations. Le projet de loi 3 s’inscrit pour sa part dans une atteinte préoccupante à l’État de droit, comme le dénonçait récemment le Barreau du Québec.

« Pendant que le gouvernement s’acharne sur les travailleuses et les travailleurs, que fait-il pour freiner la hausse de la rémunération des plus riches ? Que fait-il pour réglementer le lobbyisme des grandes entreprises ? Quand va-t-il s’intéresser à la transparence des entreprises privées ? Le gouvernement réclame plus de transparence pour les syndicats alors qu’il est embourbé dans les scandales économiques. La CAQ est mal placée pour donner des leçons », lance la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

« Le gouvernement Legault doit jouer franc jeu. Qu’il arrête de nous faire croire qu’il fait ce projet de loi pour favoriser les salarié-es. En s’attaquant aux organisations syndicales, il s’en prend au meilleur véhicule pour améliorer le sort des travailleuses et des travailleurs. Si son projet de loi avait été en place par le passé, nous n’aurions pas pu nous battre pour gagner l’équité salariale, pour lutter contre Amazon qui bafoue nos lois du travail ou encore pour développer notre filet social, depuis les CPE jusqu’au réseau public de santé et de services sociaux et à notre réseau d’éducation. Le Québec d’aujourd’hui est marqué par l’action syndicale », poursuit le premier vice-président de la CSN, François Enault.

Alourdir inutilement la bureaucratie

Le gouvernement Legault prétend vouloir alléger la bureaucratie. Pourtant, son projet de loi 3 viendrait alourdir le fardeau administratif des organisations syndicales, à tel point que certaines d’entre elles n’auraient d’autre choix que d’augmenter leurs cotisations syndicales pour payer des comptables. L’obligation de vérification comptable qu’il veut imposer aux organisations syndicales, il ne l’exige pas aux entreprises privées. La CSN rappelle d’ailleurs que ses états financiers sont disponibles et que les budgets des syndicats sont déjà adoptés par les membres en assemblée générale.

« N’en déplaise au gouvernement, les syndicats ont des droits prévus aux chartes canadienne et québécoise. Il va sans dire que nous n’attendrons pas pour les défendre et les faire valoir devant les tribunaux, en temps opportun. Et faut-il rappeler que le gouvernement s’attaque ici au droit d’association ainsi qu’à la liberté d’expression ? », a poursuivi Caroline Senneville.

Pour lire le Mémoire de la CSN.

Grand rassemblement le 29 novembre

Des milliers de personnes de partout au Québec sont attendues le samedi 29 novembre à Montréal pour un grand rassemblement afin de dénoncer le bilan désastreux du gouvernement Legault. Ce rassemblement, tenu à la veille de l’entrée en vigueur de la loi 14 limitant le droit de grève, vise aussi à réclamer la fin des attaques aux droits des salarié-es.

« La seule option possible, c’est de mettre le projet de loi 3 aux poubelles. Le gouvernement n’a que quelques mois avant les prochaines élections. La priorité de la population, c’est de voir les élu-es de la CAQ améliorer nos services publics et aider les gens à joindre les deux bouts. Nous avions prédit que la loi 14 allait inciter les employeurs à s’asseoir sur leurs mains plutôt que de négocier. On voit déjà qu’on avait raison. Il n’est pas trop tard pour éviter une nouvelle erreur. Le 29 novembre, nous serons des milliers dans la rue pour exiger un autre Québec », de conclure Caroline Senneville.

Faire front pour le Québec

La CSN mène la campagne Faire front pour le Québec pour inviter la population à se mobiliser face au bilan désastreux du gouvernement Legault. La CSN fait front pour un Québec qui agit pour un meilleur partage de la richesse, pour des services publics qui permettent de s’occuper de la population et pour enclencher la transition juste.

À propos de la CSN

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Contre les attaques aux droits des travailleuses et des travailleurs et l’effritement du tissu social

Les représentantes et représentants des organisations syndicales de l’Outaouais participaient ce matin à un point de presse devant le bureau du ministre de la Culture et de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, pour dénoncer une nouvelle attaque gouvernementale contre les droits des travailleuses et des travailleurs. Les organisations syndicales s’unissent sous le thème Dans la rue pour le Québec qui vise à mobiliser la population contre le bilan désastreux du gouvernement. L’ensemble des organisations syndicales ainsi que le milieu communautaire prendront part à un grand rassemblement qui se tiendra à Montréal, le 29 novembre prochain. Ce sont six autobus qui partiront de Gatineau vers Montréal pour dénoncer la CAQ.

Attaques aux femmes

La CAQ accélère sa marche vers l’austérité, en refusant d’assumer le mot, tout en imposant des lois qui sapent nos droits, menacent notre environnement et démolissent le filet social québécois. Ses coupes, déjà appliquées ou annoncées dans le réseau de la santé, des services sociaux et l’éducation, frappent des secteurs où les femmes sont majoritaires. « Ce sont encore les femmes qui subissent le plus l’impact des mauvaises décisions du gouvernement », affirme la vice-présidente aux dossiers spéciaux Syndicat du soutien scolaire de l’Outaouais (CSQ), Mélanie Déziel-Proulx.

Les femmes ne se laisseront pas faire et prendront la rue le 29 novembre prochain pour dénoncer le gouvernement caquiste. « Les droits des femmes ne se bâillonnent pas et nous ne laisserons pas un gouvernement, dont les mesures sont empreintes de misogynie, nous réduire au silence », poursuit la présidente du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (FIQ), Karine D’Auteuil.

Services à la population

Ce que les gens veulent savoir, c’est quand ils auront accès à un médecin de famille, à une école en bon état et avec le personnel qualifié suffisant, et à une place en service de garde à but non lucratif. Le gouvernement a décidé qu’il va passer à l’histoire comme celui qui s’attaque aux droits des travailleuses et des travailleurs plutôt que comme celui qui améliore le quotidien des Québécois et Québécoises.

« Il est temps pour le gouvernement de cesser de faire des choix budgétaires qui nuisent aux services à la population. Il est plutôt temps de mettre en place un bouclier budgétaire pour protéger les soins et les services publics des compressions, et exiger des investissements à la hauteur des besoins », indique la représentante nationale Outaouais de l’APTS, Stéphanie Léger-Roussel.

« Les travailleuses et les travailleurs sont inquiets pour leur avenir, mais aussi inquiets de ne plus être en mesure d’offrir des services de qualité à la population », de dire le président régional SFPQ en Outaouais, Nicolas Leduc-Lafantaisie.

Attaquer les travailleuses et travailleurs pour masquer l’échec d’un gouvernement périmé 

S’il y a bien quelqu’un qui ne peut pas faire de leçons de transparence et de bonne gestion, c’est le gouvernement de la CAQ. Après les scandales comme SAAQclic et Northvolt, il tente de nous faire croire que ce qui est urgent, c’est de venir jouer dans la gestion des affaires syndicales. « Nous ne tolèrerons pas que le gouvernement s’attaque à notre droit de grève et s’ingère dans nos organisations syndicales. Nous n’avons aucune leçon à recevoir de la CAQ et nous ferons tout ce qui est nécessaire pour bloquer ces reculs historiques ! » affirme le directeur du Conseil régional de la FTQ en Outaouais, David Clément.

« La dérive autoritaire du gouvernement se traduit par un affaiblissement des conditions de travail des travailleuses et des travailleurs. Les services qu’ils offrent dans un réseau qu’ils tiennent à bout de bras sont constamment fragilisés par des décisions imposées sans véritable dialogue », déplore la présidente du Syndicat des enseignants de l’Outaouais (SEO-FAE), Nathalie Gauthier. 

« Pendant que, dans nos quartiers, de plus en plus de familles coupent dans l’essentiel pour arriver au bout du mois, le gouvernement choisit encore de se ranger du côté des grands patrons. Avec son projet de loi 3, il veut s’immiscer dans l’organisation syndicale pour nous empêcher de mieux défendre les conditions de travail de celles et ceux qui font tourner nos écoles, nos hôpitaux, nos industries, nos commerces, bref l’ensemble de la société. Cette ingérence n’a qu’un but : détourner l’attention de son inaction devant l’accès à un médecin (où les solutions ne font qu’empirer le problème), la crise du logement, la privatisation de nos sociétés d’État, la dégradation de nos services publics. Quand un gouvernement en est rendu à s’attaquer à celles et ceux qui défendent la population, c’est qu’il n’a plus rien à offrir. Il faut se mettre debout ! », affirme le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais–CSN, Alfonso Ibarra-Ramirez.

 

Dans la rue pour le Québec

Les organisations syndicales invitent la population à se mobiliser face au bilan désastreux du gouvernement Legault. Elles seront dans la rue pour un Québec qui agit pour un meilleur partage de la richesse, pour des services publics qui permettent de s’occuper de la population et pour enclencher la transition juste.

 

Licenciements anti-syndicaux : la CSN dénonce les prêtres de Saint-Sulpice

Le syndicat dénonce vivement le licenciement de trois travailleurs de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice survenu hier. La quarantaine de salarié-es s’est jointe à la CSN en septembre dernier et signalait alors un climat de peur dans leur milieu de travail. La résidence est concomitante à la basilique Notre-Dame de Montréal.

« On s’est syndiqués pour se faire respecter par notre employeur, alors on reçoit ces mises à pied comme une gifle en plein visage. On entend des rumeurs de licenciement depuis des semaines; imaginez ce que ça a comme impact sur l’ambiance de travail », se désole Ruben Read Rainville, président du syndicat et mécanicien de bâtiment à la résidence sulpicienne. 

« En septembre dernier, le syndicat signalait un climat de peur dans le milieu de travail. L’employeur continue de renforcer ce climat par des menaces constantes de licenciements et un manque de transparence envers le syndicat. De telles tactiques d’intimidation n’ont pas leur place au XXIe siècle », indique la présidente de la CSN, Caroline Senneville. 

« On a affaire à un employeur qui se comporte en seigneur avec ses employé-es. On pourrait croire que l’Église catholique voudrait se passer d’une nouvelle éclaboussure à sa réputation, mais si elle veut se comporter de façon déloyale, nous allons nous tenir debout », ajoute le président du Conseil central du Montréal métropolitain–CSN, Bertrand Guibord.   

« Nous évaluons la possibilité de déposer les plaintes pertinentes, la situation est très inquiétante. Notre objectif est de bâtir des relations de travail cordiales sur le long terme, mais si l’employeur essaie de casser le syndicat, nous réagirons », conclut la secrétaire générale de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN, Linda Tavolaro. 

Fermetures d’Amazon : Oxfam et la CSN déposent une plainte à l’OCDE

En fermant l’ensemble de ses centres de distribution au Québec à la suite de la syndicalisation de l’entrepôt DXT4 à Laval, Amazon a enfreint plusieurs éléments contenus dans les Principes directeurs de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) à l’intention des entreprises multinationales sur la conduite responsable des entreprises. C’est le sens d’une plainte déposée aujourd’hui par Oxfam America, soutenue par Oxfam-Québec et la Confédération des syndicats nationaux (CSN), représentant les employé-es syndiqués d’Amazon à Laval.

« La CSN et Oxfam souhaitent demander un examen de la conformité d’Amazon aux principes directeurs de l’OCDE à la lumière des efforts de répression syndicale de l’entreprise, de son refus de participer à des négociations collectives et des licenciements massifs de travailleurs peu après la création du premier syndicat canadien de l’entreprise », indique la plainte déposée aujourd’hui auprès de l’OCDE.

La plainte rappelle le fil des événements ayant précédé la fermeture, le 22 janvier 2025, des sept entrepôts d’Amazon au Québec. Déjà, en 2024, la multinationale, basée aux États-Unis, avait été condamnée par le Tribunal administratif du travail pour s’être activement opposée à une tentative de syndicalisation à l’établissement YUL2 de Lachine. Une campagne antisyndicale a également été menée à l’entrepôt DXT4 au moment de sa syndicalisation. Par la suite, plutôt que de s’astreindre à son obligation de négocier avec les employé-es syndiqués de DXT4, Amazon a préféré fermer l’ensemble de ses installations québécoises, licenciant ainsi 1 700 employé-es et provoquant la perte de plus de 4500 emplois.

Pour Oxfam et la CSN, de tels agissements contreviennent aux chapitres II, IV et V des Principes directeurs de l’OCDE, notamment en violant le droit à la syndicalisation, le droit à la négociation collective ainsi que le droit de ne pas subir de menaces ou de représailles après avoir exercé de tels droits.

Les plaignants demandent à l’OCDE de faire appliquer ses principes directeurs auprès de la multinationale en exigeant de celle-ci qu’elle s’engage dans un processus de médiation visant, entre autres, la réintégration des 1 700 salarié-es des sept entrepôts, une indemnité d’un an de salaire pour chacun de ceux-ci et une garantie qu’Amazon exercera son devoir de diligence en matière de droits humains, comme prévu au chapitre IV des Principes directeurs de l’OCDE.

Elles ont déclaré :

« Les principes directeurs de l’OCDE ont été mis en place afin que les multinationales puissent être rappelées à l’ordre lorsqu’elles contreviennent aux droits des travailleuses et des travailleurs. C’est exactement le cas d’Amazon, qui a fermé ses entrepôts et licencié 1 700 employé-es pour éviter d’avoir à respecter leur droit à la syndicalisation et à la négociation collective », de déclarer la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

« Les fermetures soudaines d’entrepôts et les licenciements massifs chez Amazon reflètent les préoccupations de longue date que nos collègues d’Oxfam America ont soulevées pendant des années à l’encontre d’Amazon : bas salaires, restriction de la liberté d’expression des travailleurs et pratiques de surveillance préjudiciables. Ces récentes décisions aggravent les inégalités et nuisent aux travailleurs du Québec et d’ailleurs. Une économie canadienne et québécoise forte ne peut exister qu’avec le respect des droits fondamentaux des travailleurs à s’organiser. Cette plainte est une étape nécessaire vers la redevabilité », selon la directrice générale d’Oxfam-Québec, Béatrice Vaugrante.

Oxfam est une organisation mondiale qui combat les inégalités pour mettre un terme à la pauvreté et aux injustices. Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

La Garderie Unik, une syndicalisation qui inspire malgré les embuches

Alors que la Garderie Unik poursuit ses audiences au Tribunal administratif du travail pour le traitement de sa requête en accréditation, une autre garderie de Gatineau vient tout juste de rejoindre les rangs de la CSN.  

«Quand on a vu que les travailleuses de la Garderie Unik se mobilisaient pour se faire respecter par leur employeuse, on a décidé de faire la même chose et de se syndiquer. Nous aussi on veut un syndicat qui nous représente dans les négociations et qui défend nos droits», explique l’éducatrice à la Garderie Imagine et présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs des garderies de l’Outaouais–CSN, Mariéme Basal.  

Si les enjeux rencontrés dans les deux garderies sont différents, les deux groupes de travailleuses remettent en question des droits de gestion abusifs et désirent prendre une plus grande place dans l’organisation de leur travail. 

Des procédures juridiques qui s’éternisent
Les audiences qui ont débuté le 26 septembre dernier et qui opposent les travailleuses de la Garderie Unik à leur gestionnaire, s’éternisent selon la CSN.  

«Ça va bientôt faire six mois que les travailleuses d’Unik ont signifié leur volonté de se syndiquer, mais l’employeuse rend le processus d’accréditation lourd et pénible. Je rappelle à la propriétaire que la syndicalisation est un droit et que ce n’est pas à elle de décider si ses travailleuses peuvent en bénéficier ou pas », explique le président du Conseil central de l’Outaouais–CSN, Alfonso Ibarra Ramirez. 

Le juge administratif devait entendre les témoins de l’employeuse le 22 octobre dernier, mais cette dernière n’a pas été en mesure de procéder. La prochaine audience aura lieu le 10 décembre 2025. Plusieurs plaintes concernant des modifications aux conditions de travail ont par ailleurs été déposées à l’égard de l’employeuse alors que les travailleuses dénoncent un climat de travail toxique et une attitude autoritaire. Le syndicat souligne de nombreuses erreurs de paie et un refus de verser la rétroaction salariale à certaines salariées.  

Une situation potentiellement explosive dans les détentions du Québec

Le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec–CSN tient à faire le point en lien avec les coups de feu survenus samedi dernier aux abords de l’établissement de détention (ED) de Rivière-des-Prairies.

« Nous sommes fortement préoccupés par cet événement majeur et sans précédent qui vient directement affecter la sécurité de nos membres et plus largement, celle du public. L’actuelle hausse des frappes policières au Québec a un impact direct sur la population carcérale, ce qui porte à l’intérieur des murs une instabilité constante liée à la guerre entre gangs criminalisés. Il est clair que la hausse du nombre de criminels de haut niveau à l’intérieur des détentions impose un climat de tensions explosives dans le système carcéral », précise Mathieu Lavoie, président national du syndicat.

« Le travail des agentes et agents de la paix en services correctionnels est aussi important que celui de ceux qui patrouillent dans les rues du Québec. Le SAPSCQ représente le troisième plus gros corps d’agents de la paix de la province et, en ce sens, il doit obtenir la reconnaissance au même titre que celle obtenue par les plus gros corps policiers du Québec. La protection de la sécurité du public est une responsabilité partagée entre les agents de la paix en services correctionnels et les forces policières. Pour cette raison, le gouvernement doit prendre les moyens nécessaires et poser des gestes concrets afin de reconnaitre ce métier essentiel à la protection de la sécurité publique. Dans le contexte actuel où le gouvernement de la CAQ a récemment annoncé des compressions au ministère de la Sécurité publique (MSP) de l’ordre de 40 millions $, nous voyons mal comment nous pourrons continuer à faire face à ces tensions incontrôlables », ajoute monsieur Lavoie.

« Les dirigeantes et dirigeants du MSP doivent agir en leader devant cet événement majeur et potentiellement traumatique en mettant en place les outils nécessaires pour le soutien psychologique adéquat aux membres du syndicat ayant vécu cet incident inégalé », conclut le président.

À propos

Le SAPSCQ–CSN est un syndicat autonome affilié à la Fédération des employées et employés de services publics–CSN de la Confédération des syndicats nationaux depuis 2006. Il représente plus de 2800 agentes et agents de la paix en services correctionnels, répartis dans 17 établissements de détention partout au Québec.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Fonderie Horne : le premier ministre doit sécuriser les emplois

Le Syndicat des travailleurs de la mine Noranda–CSN souhaite vivement que le premier ministre François Legault, qui est aussi responsable de la région au gouvernement, règle enfin la question du permis d’opérer de la Fonderie Horne.

« La rumeur persistante de fermeture est insupportable pour les travailleuses et les travailleurs. On croit qu’il est possible d’assurer l’avenir de l’usine de Rouyn-Noranda tout en garantissant la sécurité de la population et de l’environnement. Le premier ministre a toute l’autorité nécessaire pour faire en sorte que ça aboutisse enfin », affirme la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

« Comment se fait-il qu’on n’ait pas accès au premier ministre Francois Legault, ministre responsable de la région, alors que les rumeurs qui menacent les emplois circulent ? Le droit de produire de la fonderie doit être assuré avec des conditions claires et techniquement atteignables. Les échanges en cours entre le gouvernement et Glencore doivent pouvoir se conclure », ajoute le président du Syndicat, Shawn Smith.

Un cas concret de transition juste

« Faire avancer l’industrie vers une production plus respectueuse de l’environnement et de la santé de la population est primordial. C’est ça la transition juste dans un dossier concret. Il faut absolument le faire avec les travailleuses et avec les travailleurs, pas contre eux. Pour y arriver, monsieur Legault doit cesser de nous éviter et il doit commencer à prendre ses responsabilités », ajoute le président de la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN, Kevin Gagnon.

« Le premier ministre, comme responsable de notre région, est bien placé pour ficeler ce dossier difficile et le régler pour plusieurs années. L’Abitibi-Témiscamingue doit pouvoir tourner cette page et avancer », conclut le président du Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec–CSN, Félix-Antoine Lafleur.

À propos

Le Syndicat des travailleurs de la mine Noranda (STMN–CSN) compte environ 400 membres et est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), laquelle rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis dans plus de 320 syndicats à travers toutes les régions du Québec. La CSN compte 330 000 membres répartis dans 2 000 syndicats, 8 fédérations et 13 conseils centraux, dont le Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec–CSN. La CSN œuvre pour une société solidaire, démocratique, équitable et durable.

 

Les syndicats de l’Estrie accueillent le ministre Jean Boulet

Une coalition formée des organisations syndicales de l’Estrie attendait de pied ferme le ministre du Travail, Jean Boulet, ce jeudi matin au Club de golf de Sherbrooke alors qu’il était l’invité de la Chambre de commerce et de l’industrie de Sherbrooke. L’objectif de cette action : dénoncer le bilan lamentable du gouvernement de la Coalition avenir Québec à l’égard des travailleuses et des travailleurs.

Ensemble, les organisations syndicales de la région ont tenu à rappeler au ministre Boulet que son gouvernement n’a pas obtenu de mandat clair de la population pour procéder à des réformes majeures. On pense notamment au projet de loi 3 qui vient s’ingérer dans la gouvernance des syndicats ou au projet de loi 101 qui risque de nuire aux syndicats ayant moins de ressources, quand vient le temps de défendre les droits d’une travailleuse ou d’un travailleur. Loin de protéger les droits des travailleuses et travailleurs, ces projets de loi visent plutôt à affaiblir les organisations en mesure de les défendre.

« Des milliers de travailleuses et de travailleurs vivent d’une paie à l’autre. Nous assistons à une dégradation sans précédent de nos services publics et du filet social qui protège les plus fragiles de nos concitoyens. Le gouvernement a perdu le contrôle et veut changer de sujet en s’attaquant aux syndicats. Même le Barreau du Québec est sorti de son habituelle réserve, disant craindre l’affaiblissement des mécanismes de contre-pouvoir qui sont essentiels dans une saine démocratie », affirment les membres de la coalition.

Les militantes et militants réunis ce matin sont venus rappeler au ministre Boulet qu’ils ne sont pas dupes et qu’ils continueront de se mobiliser, non seulement contre les attaques du gouvernement à l’endroit des syndicats, mais aussi pour la préservation de nos services publics et des droits des travailleurs.

Dans les coulisses du procès d’Amazon

Le 22 avril 2024, le jour même où Amazon apprend qu’un de ses entrepôts vient de se syndiquer, Jasmin Begagic prend l’avion pour Montréal. En plus de visiter l’entrepôt DXT4 visé par la requête, le président d’Amazon Canada Fulfillment Services (ACFS, l’une des multiples filiales internes d’Amazon) ordonnera trois jours plus tard la « suspension temporaire » du mystérieux entrepôt DYT4, à peine 36 heures après son ouverture.

Ce tout nouveau centre de distribution, sur l’avenue Francis-Hughes à Laval, devait être en mesure de traiter 114 000 paquets par jour. À lui seul, le volume envisagé pour DYT4 rivaliserait avec celui traité conjointement par trois autres entrepôts réservés à la livraison du « dernier mile » propre au modèle Amazon : DXT4 et DXT5, tous deux situés à Laval, et DXT6 à Lachine.

Un véritable « vaisseau amiral », selon les termes utilisés à maintes reprises par Jasmin Begagic lui-même devant la juge Irène Zaïkoff, dans le cadre des audiences du procès d’Amazon qui se tient au Tribunal administratif du travail.

Mais pourquoi donc avoir ordonné la suspension de ce tout nouveau centre de distribution, dont l’ouverture était reportée depuis 2022 ?

Jasmin Begagic prétend que c’est en raison de « sérieuses défaillances » en matière de sécurité : un électricien qui s’électrocute, des planchers non conformes, une signalisation en anglais seulement, entre autres considérations.

Questionné par les avocates de la CSN, Jasmin Begagic a admis en cour que l’établissement DYT4 avait pourtant passé l’évaluation de conformité requise par la procédure interne d’Amazon. Mais il ajoute du même souffle qu’il n’avait pas pu participer à l’audit en question et que, s’il avait été présent, jamais il n’aurait autorisé sa mise en fonction le 24 avril 2024.


La matrice a flanché

Amazon ne pouvait pas savoir que plusieurs des employé-es du « vaisseau amiral », au moment de leur transfert, avaient probablement signé une carte CSN. Certes, M. Begagic reconnaît que plusieurs d’entre eux avaient été recrutés, en raison de sa proximité géographique, à l’entrepôt à DXT4, au moment même où une campagne de syndicalisation y était secrètement menée.

Quand on le questionne sur la façon dont il a appris la nouvelle de la syndicalisation du premier entrepôt d’Amazon au Canada, Jasmin Begagic reconnaît qu’Amazon s’est fait prendre par surprise : la « matrice » utilisée par Amazon pour calculer « l’état de satisfaction des associé-es » n’avait pas activé de voyants rouges alertant l’état-major d’une syndicalisation potentielle des employé-es de DXT4, même si une campagne avait été menée par la CSN dans d’autres entrepôts d’Amazon.

« I think it was a defeat », a laissé tomber Jasmin Begagic au tribunal.

Ce dernier se défend d’être le grand patron d’Amazon au Canada. Président d’Amazon Canada Fulfillment Services, il ne supervise que l’aspect « centres de distribution » des opérations de la multinationale, qui comprend de multiples divisions : Amazon Logistics, Amazon Transport, Real Estate, Construction, Employees Relations, Human Resources, Legal, Finance, etc.

Jasmin Begagic ignore qui a pris la décision de fermer les entrepôts du Québec. Il en a été informé par son supérieur immédiat basé au Tennessee, David Alperson, vice-président Amérique du Nord d’Amazon Logistics.

Il reconnaît néanmoins avoir fait partie du comité de travail qui, à peine six mois après la syndicalisation d’un premier entrepôt au Canada, recommandera de fermer tous les centres de distribution situés au Québec.


Quand tout fermer devient la solution à un problème de volume

C’est sur une base « strictement économique » que cette recommandation a été faite à la direction d’Amazon aux États-Unis, a affirmé sous serment M. Begagic.

La fermeture inopinée du vaisseau amiral lui posait un réel problème : comment allait-il absorber le volume que DYT4 aurait traité alors que DXT4, DXT5 et DXT6 fonctionnaient aux limites de leurs capacités ? D’autant plus que les soldes de la période Prime de juillet arrivaient à grands pas…

Afin de trouver une solution, le comité « Volume Solve » fut mis en place. Selon son témoignage, Jasmin Begagic n’était qu’un joueur autour de la table, participant aux réunions quand cela lui était possible, mais sans en être celui qui les convoquait.

Pendant que le comité évalue ses options, des sous-traitants sont mis à contribution : Purolator, Intelcom et d’autres joueurs assumeront temporairement une partie des opérations.

En fait, elles le faisaient déjà : ces entreprises figuraient parmi les nombreux « tiers » qui s’occupaient d’une part importante de la livraison à domicile des colis d’Amazon, et ce, depuis son implantation au Québec.

On ignore à quel moment le comité « Volume Solve » est devenu le « Project Maple », nouvelle appellation de l’équipe maintenant chargée de trouver une solution à long terme pour les livraisons d’Amazon au Québec.

Ce qu’on sait toutefois, c’est que les travaux de ce comité auraient subitement permis à Amazon de réaliser qu’en fermant ses entrepôts et en transférant toutes ses opérations à des tiers, la multinationale pouvait réaliser des économies de 16,4 millions par année.

À plusieurs reprises depuis le début des audiences du procès d’Amazon, les avocates de la CSN ont demandé à Jasmin Begagic de détailler le suivi qu’il a effectué pour s’enquérir des travaux qui auraient permis de mettre le « vaisseau amiral » à niveau en matière de sécurité. « Quand on laisse sa voiture au garage pour la faire réparer et qu’on n’a pas de nouvelles, on appelle pour s’informer de l’état des réparations, non ? », ont tour à tour demandé la partie demanderesse et la juge Zaïkoff.

De son propre aveu, jamais M. Begagic ne s’est informé ni des travaux en cours ni d’une date où le vaisseau amiral aurait pu être remis en service.

Le 22 janvier 2025, Amazon annonçait la fermeture de tous ses entrepôts situés au Québec, mettant à pied 1700 employé-es et provoquant plus de 4500 pertes d’emplois.

Faire front pour nos services publics

Des militantes et des militants de la CSN participaient ce midi à une action devant le bureau de la députée Amélie Dionne pour réclamer la fin des attaques gouvernementales envers nos services publics. En marge d’une instance de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), cette manifestation appelle la population à faire front pour un autre Québec.

À quelques mois des prochaines élections, le gouvernement Legault traine un lourd bilan marqué par de nombreuses mauvaises décisions. L’austérité touche de plein fouet le réseau de l’éducation et le sous-financement nuit à nos services publics et à celles et ceux qui y travaillent. La CSN, qui mène la campagne Faire front pour le Québec, invite la population à prendre part à un grand rassemblement qui se tiendra à Montréal le 29 novembre prochain.

 « Nous devons faire front pour l’éducation et pour nos services publics. Notre filet social soutient la population dans toutes les régions du Québec. Le bilan du gouvernement est désastreux et les travailleuses et les travailleurs en ont assez de faire les frais du sous-financement. Nous devons faire front pour que le travail des gens dans les services publics soit enfin reconnu à sa juste valeur », explique la vice-présidente de la FEESP–CSN, Stéphanie Gratton.

Attaquer les travailleuses et travailleurs pour masquer l’échec d’un gouvernement périmé

La CSN déplore que le gouvernement Legault crée une diversion en s’attaquant aux droits des travailleuses et des travailleurs plutôt que de répondre aux préoccupations de la population. En déposant le projet de loi 3 sur les affaires syndicales, le gouvernement espère qu’une bonne chicane avec les syndicats lui permet de se relancer. Cette ingérence vise à faire oublier l’inaction gouvernementale sur des priorités comme l’accès aux services publics et la crise du logement. Pour la CSN, ce projet de loi montre à quel point le gouvernement est désespéré. Le Barreau du Québec intervenait récemment pour dénoncer l’érosion de l’État de droit causée par les décisions du gouvernement Legault.

« S’il y a bien quelqu’un qui ne peut pas faire de leçon de transparence et de bonne gestion, c’est ce gouvernement. Après les scandales comme SAAQclic et Northvolt, il tente de nous faire croire que ce qui est urgent, c’est de venir jouer dans la gestion des affaires syndicales. Ce que les gens veulent savoir, c’est quand ils vont avoir accès à un médecin de famille, à une école avec le personnel suffisant et à une place en service de garde à but non lucratif. Le gouvernement a décidé qu’il va passer à l’histoire comme celui qui s’attaque aux droits des travailleuses et des travailleurs plutôt que comme celui qui améliore le quotidien des gens », poursuit le 1er vice-président de la CSN, François Enault.

Le Bas-Saint-Laurent fait front pour l’avenir de nos services publics

Les mauvaises décisions du gouvernement ont un impact majeur sur la vie des citoyennes et des citoyens de la région. Les coupes dans les services publics et les atteintes aux droits des travailleuses et des travailleurs se répercutent directement dans la vie régionale.

« Au Bas-Saint-Laurent, nous sommes des gens fiers, travaillants et profondément attachés à nos services publics. Nous manifestons aujourd’hui parce qu’on en a assez. Assez du mépris, assez des décisions imposées par un gouvernement qui agit sans respect pour celles et ceux qui ont bâti le Québec d’aujourd’hui. Ce gouvernement a choisi la confrontation envers les travailleuses et les travailleurs. Ce qui est certain, c’est que nous allons continuer de faire front », de conclure la présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent–CSN, Liette Ross.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Les résidentes, les résidents et les internes vétérinaires gagnent le respect de l’Université de Montréal

La soixantaine d’internes et de résidentes et résidents de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal ont voté hier soir à 100 % pour l’entente de principe conclue avec l’employeur.

« Il s’agit d’un tournant majeur dans les relations entre les résidentes et résidents et les internes vétérinaires avec la Faculté. Ces étudiantes et étudiants qui travaillent ont gagné le respect de leur employeur », soutient Saleha Hedaraly, vice-présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN). Il s’agit de la première convention collective du Syndicat des résidentes et résidents et internes de la Faculté de médecine vétérinaire, affilié à la CSN. Ce syndicat a été accrédité le 20 juin 2024.

Comme les membres du syndicat poursuivent leurs études pour se spécialiser, ces derniers se sentaient obligés d’accepter les conditions défavorables offertes par l’Université dans l’espoir de réussir leurs études.

 Plusieurs gains importants

La nouvelle convention vient baliser l’horaire ainsi que des périodes de repos entre les quarts et ajouter des congés. Les gardes ne pourront excéder 20 semaines par année pour les internes et 17,3 semaines pour les résidents.

Les salaires seront majorés de 8,3 % à 30 % (selon la catégorie d’emploi) dès le début de la convention collective. L’augmentation prévue est de 2,5 % pour 2026 et de 3,5 % pour 2027.

Le syndicat disposera aussi de moyens et de droits pour jouer son rôle. Les tâches des résidentes et résidents et des internes font maintenant l’objet d’une description officielle.

Un montant de 200 000 $ sera distribué à parts égales entre les membres pour permettre une certaine rétroaction partielle par rapport au travail déjà effectué.

Mobilisation gagnante

« Les membres du syndicat peuvent se féliciter d’avoir effectué un certain rattrapage avec les autres facultés de médecine vétérinaires du Canada. Mais le travail n’est pas fini et il se poursuivra en 2027 », ajoute la vice-présidente de la FNEEQ.

« La mobilisation et la journée de grève auront finalement donné des résultats intéressants et nous sommes fiers des résultats de notre nouveau syndicat », ajoute la présidente par intérim du Conseil central de la Montérégie–CSN, Annick Primeau.

La Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal est la seule faculté à offrir le programme de doctorat pour devenir vétérinaire au Québec. Les internes ont déjà terminé leur doctorat de premier cycle en médecine vétérinaire et sont sur le point de pratiquer leur profession.

À propos

Fondée en 1969, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec–CSN parle au nom de 80 % des chargées et chargés de cours des universités québécoises (11 000 membres) et de près de 85 % des profs de cégep. Elle regroupe quelque 40 000 membres dans 45 cégeps, 49 établissements privés et 12 universités. Elle est l’organisation syndicale la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec et constitue l’une des huit fédérations affiliées à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Dans la région, le Conseil central de la Montérégie–CSN rassemble près de 34 000 syndiqué-es issus des secteurs public et privé, regroupés dans plus de 200 syndicats. Pour sa part, la Confédération des syndicats nationaux compte plus de 330 000 membres présents dans tous les secteurs d’activité.

Fondée en 1921, la CSN est la première grande centrale syndicale québécoise et elle compte près de 80 000 membres dans le secteur de l’éducation et de l’enseignement supérieur qui sont répartis dans trois fédérations.

À quoi servent 14 cents ou le b-a-ba des cotisations syndicales à la CSN

Ces dernières semaines, en raison des mauvaises priorités établies par les ministres de la CAQ, on a beaucoup entendu parler de cotisations syndicales et du fait qu’elles seraient utilisées pour « autres choses que la défense des droits des travailleuses et des travailleurs ». Eh bien, nous avons des petites nouvelles pour le gouvernement : la loi qui régit les syndicats stipule que « les syndicats professionnels ont exclusivement pour objet l’étude, la défense et le développement des intérêts économiques, sociaux et moraux de leurs membres. » Autrement dit, si nous ne nous préoccupions pas des enjeux politiques, on ne serait pas conforme à la loi !

Allant plus loin, le gouvernement a même décidé de déposer un projet de loi pour rendre facultative une partie du montant de la cotisation syndicale. Le problème, c’est qu’il n’a aucune idée de la méthode de calcul utilisée pour fixer une telle cotisation et surtout, comment elle est utilisée concrètement. En tant que trésorier de la CSN, je trouve important d’expliquer tout cela.

Comment établit-on la cotisation syndicale ?

Premièrement, le pourcentage de la cotisation est décidé démocratiquement par les membres lors d’un vote dans une assemblée générale, soit à la constitution du syndicat ou dans une assemblée générale ultérieure. À la CSN, le pourcentage moyen est de 1,8 %.

Si on applique ce 1,8 % sur le salaire annuel moyen des travailleuses et travailleurs affiliés à la CSN, qui est de 48 350 $, cela équivaut à une cotisation syndicale annuelle de 870,30 $. Quand on ramène cela sur une semaine, ça donne 16,74 $.

De cette cotisation, une partie demeure dans la caisse du syndicat local. Cela permet aux représentantes et représentants élus du syndicat de réaliser tous les mandats qui leur sont confiés par les membres en assemblée, tels que l’accueil des membres, l’application des droits prévus à l’entente collective, le règlement de mésententes, la négociation de la convention collective, la prévention et la défense en santé et en sécurité du travail et la gestion des activités du syndicat.

D’autres parties de la cotisation vont à la CSN, au palier régional ainsi qu’au secteur d’emploi, soit à la fédération à laquelle le syndicat est affilié.

Tout cet argent sert à la défense des droits des travailleuses et des travailleurs. Sur le 1,8 %, 0,72 % revient à la CSN. À quoi sert ce 0,72 % ? Encore à défendre les droits. Par exemple, nous avons un service juridique. Ce dernier sert à défendre les travailleuses et travailleurs et peut même aller jusqu’à les représenter au Tribunal administratif du travail. Nous avons aussi un service de santé-sécurité et d’environnement. Ce service accompagne les travailleuses et les travailleurs qui vivent des problématiques en matière de santé et de sécurité, notamment à la défense des accidenté-es.

14 sous pour les campagnes

Si l’on observe le budget triennal de 322 millions $ de la CSN, on constate que la proportion qui sert au financement des campagnes se chiffre à 7,4 millions $. Concrètement, qu’est-ce que ça signifie quand on applique ce montant à la cotisation syndicale moyenne d’un membre ? Du 16,74 $ de tout à l’heure, ça correspond à 14 sous par semaine. 14 sous. Eh oui, vous lisez bien 14 sous. C’est ce montant que le gouvernement veut rendre facultatif. Pour nous museler.

Ce montant cotisé par membre, tout de même minime en proportion de tout le reste, nous permet cependant de faire de grandes choses. Notamment, de mener des luttes pour les travailleuses et les travailleurs, comme celle livrée pour l’équité salariale. Il nous permet aussi de défendre le système de santé vraiment public et de lutter pour l’augmentation du salaire minimum. Ces luttes, nous les menons pour toutes les travailleuses et tous les travailleurs.

Leçon de transparence

On parle aussi du manque de transparence des syndicats quant à leur budget. Les états financiers de la CSN ne sont pas uniquement produits par le trésorier et ensuite rendus publics. Il existe un comité de surveillance, comme dans tous les syndicats d’ailleurs, dont les membres sont élus en assemblée générale, qui s’assurent que tout est bien en règle. Et, en plus de tout ça, tous les trois ans, la firme Deloitte vérifie nos états financiers.

De plus, par souci de transparence, deux fois par année – et une fois approuvée en instance –, nos états financiers sont déposés sur notre site web, pour que tous puissent les consulter.

Peut-on en dire autant des finances du gouvernement de la CAQ ?

La CSN dénonce les abolitions de postes prévus dans la période des fêtes au CISSS de la Montérégie-Est

La CSN dénonce l’austérité au CISSS de la Montérégie-Est alors que l’employeur annonce des abolitions de postes. Pour le Conseil central de la Montérégie et le Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CISSSME-CSN, ces abolitions de postes auront un impact direct sur les services. La CSN appelle la population à faire front contre les mauvaises décisions gouvernementales touchant nos services publics.

Des abolitions de postes lourdes de conséquences

Lors d’une rencontre entre la direction du CISSS de la Montérégie-Est (CISSSME) et le STTCISSSME-CSN la semaine dernière, il a été annoncé que le CISSSME affiche actuellement un déficit de 24 millions de dollars, qui pourrait atteindre 48 millions d’ici la fin de l’année. Face à cette réalité, Santé Québec a contacté la direction de l’établissement pour lui signifier que le CISSSME figure parmi les trois pires états financiers du réseau, et aurait exigé une restructuration afin d’améliorer la situation.

Le CISSSME a donc indiqué qu’il procèderait à des coupes de postes prochainement, sans en spécifier de nombres ou de secteurs. Des abolitions pourraient même être décidées durant la période des fêtes, ce qui est particulièrement déplorable. Plusieurs membres du STTCISSSME vivent déjà des situations financières difficiles et peinent à joindre les deux bouts — une telle annonce en cette période ne ferait qu’aggraver leur précarité. C’est une véritable claque au visage que de faire porter les conséquences des déficits aux travailleuses et travailleurs du réseau, alors qu’ils sont causés par le désinvestissement et le sous-financement du réseau par le gouvernement de la CAQ et ceux qui l’ont précédé.

Cette demande de Santé Québec à la direction du CISSSME et la décision de couper des postes ne peut que mettre encore plus à mal le réseau de la santé et des services sociaux en Montérégie, déjà affaibli par un sous-financement chronique. C’est d’ailleurs toute la Montérégie qui pourrait en souffrir, puisque les services jeunesse (la direction de la protection de la jeunesse) sont tous centralisés au CISSSME, qui couvre donc toute la région.

Faire front contre un gouvernement essoufflé qui attaque nos services publics

Ces coupes se produisent aussi dans un contexte d’essoufflement de la CAQ : après sept ans au pouvoir, le gouvernement caquiste n’est pas parvenu à améliorer l’accès aux soins pour la population, ni à mettre fin à la crise du logement, ni à permettre aux salarié-es d’augmenter leur pouvoir d’achat. Le bilan de sa gestion de nos services publics restera marqué par l’austérité, par des projets inefficaces de centralisation (comme Santé Québec) et par des scandales économiques comme SAAQclic et Northvolt. Ainsi, plutôt que d’agir sur ces enjeux prioritaires pour la population, la CAQ cherche des boucs émissaires et tente de faire diversion, notamment en s’attaquant aux travailleuses et travailleurs et à leurs syndicats.

La dénonciation de ces coupes en Montérégie s’inscrit donc dans la campagne Faire front pour le Québec, lancée récemment par la CSN. Dans les prochaines semaines, la confédération multipliera d’ailleurs les actions pour dénoncer le bilan désastreux du gouvernement et pour réclamer des mesures favorisant les travailleuses et les travailleurs, la préservation de notre État social et la mise en place de mesures pour favoriser la transition juste.

« Des milliers de travailleuses et de travailleurs vivent d’une paie à l’autre. La privatisation et l’austérité frappent nos services publics. L’inaction est ce qui reste en tête quand on pense aux deux mandats de la CAQ pour l’avenir de notre planète. Le gouvernement a perdu le contrôle et veut changer de sujet en s’attaquant aux syndicats. On les voit venir à des milles à la ronde et nous allons faire front dans les prochaines semaines pour le Québec qu’on veut », lance la présidente par intérim du Conseil central de la Montérégie, Annick Primeau.

À propos

Le Conseil central de la Montérégie–CSN représente plus de 31 000 travailleuses et travailleurs réunis au sein de quelque 205 syndicats provenant de toutes les fédérations de la CSN.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Les établissements de détention au bord du gouffre

Alors que leurs négociations avec le gouvernement piétinent, le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec–CSN a interpellé Pascal Bérubé, député de Matane-Matapédia, au sujet des problèmes qui sont le quotidien des agentes et agents en service correctionnel du Québec, et qui perdurent non seulement à Rimouski, mais dans tous les établissements de détention (ED) de la province.

« Au centre de tous ces problèmes, soulignons d’abord la nécessité d’avoir les effectifs nécessaires et suffisants pour assurer la sécurité publique. Même si le ministère de la Sécurité publique (MSP) répète souvent qu’il souhaite être un employeur de choix pour attirer du personnel et le retenir, dans les faits, nous comptons environ 250 postes vacants, plus de 300 agentes et agents en arrêt de travail pour diverses raisons – soit 20 % de nos effectifs –, et une centaine de démissions en moyenne chaque année. Pour arrêter cet exode, le gouvernement doit impérativement offrir des conditions à la hauteur des exigences de notre travail et, pour nous, la négociation actuelle est le moment propice pour y parvenir », souligne le président national du syndicat, Mathieu Lavoie.

« Aussi, malgré des investissements en matériel promis de 36 millions de dollars sur trois ans, sur le terrain, les nouveaux équipements n’arrivent pas assez rapidement. Dans un contexte où le gouvernement de la CAQ a récemment annoncé des compressions au MSP de l’ordre de 40 millions $, on comprend que le MSP tient un double langage. Cette nouvelle tuile nous apparaît totalement à l’opposé des priorités gouvernementales visant la loi et l’ordre. Pire encore, les récentes suppressions de postes affectés à la sécurité des ED compromettent les bases de la sécurité de nos milieux de travail », renchérit le président national.

« Pendant ce temps, nous constatons des hausses des livraisons par drones qui sont directement liées à ces suppressions de poste, des livraisons de drogues, d’armes blanches et d’objets interdits en milieu carcéral. Rappelons que contrer ces livraisons par drone, rôle assujetti à tous les ED, c’est couper à la base le financement du crime organisé et des activités criminelles dans la population, à l’extérieur des murs », conclut monsieur Lavoie.

À propos

Le SAPSCQ–CSN est un syndicat autonome affilié à la Fédération des employées et employés de services publics–CSN de la Confédération des syndicats nationaux depuis 2006. Il représente plus de 2800 agentes et agents de la paix en services correctionnels, répartis dans 17 établissements de détention partout au Québec.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.