Entente chez Multi Transport Drummond inc. : reprise du service d’autobus

Le conflit de travail qui paralysait le service de transport en commun à Drummondville depuis le 5 décembre a officiellement pris fin mardi soir lorsque les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Multi Transport inc. (CSN) ont voté à 96 % en faveur de l’entente de principe convenue la veille entre la partie patronale et les négociateurs du syndicat.

« Il a fallu que tout le monde mette de l’eau dans son vin, mais nous sommes heureux d’avoir réussi à nous entendre et de pouvoir recommencer à servir nos concitoyens et concitoyennes dès mercredi matin », a déclaré le président du Syndicat, Gilbert Bondu.

Les deux parties sont notamment parvenues à trouver un accord sur la question de la rémunération, qui était l’enjeu le plus contentieux à la table de négociation. L’entente prévoit finalement une augmentation salariale de 12 % étalée sur les cinq ans de la nouvelle convention.

« Les membres avaient été clairs qu’ils souhaitaient être payés 20 $ l’heure, a rappelé le vice-président du Conseil central du Cœur-du-Québec–CSN, Mario Pellerin. Nous sommes satisfaits que les augmentations prévues dans la nouvelle entente leur permettront d’atteindre ce taux. »

Pour le vice-président et trésorier de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), Jean-Pierre Bourgault, la nouvelle entente ramène les conditions des chauffeuses et chauffeurs de Multi Transport inc. à un niveau respectable. « Les travailleuses et travailleurs méritaient une augmentation depuis longtemps, car l’entente précédente négociée par le syndicat indépendant de l’époque n’était vraiment pas satisfaisante, a-t-il expliqué. L’équipe de négociation a réussi à aller chercher des gains significatifs cette fois-ci, surtout grâce à la solidarité inébranlable affichée par nos membres tout au long du processus. »

Visite surprise des grévistes à Vallée-Jonction 

Ce matin, bien avant l’aube, les travailleuses et travailleurs en grève du Syndicat des employé-es d’Olymel Princeville–CSN ont manifesté devant une autre usine d’abattage d’Olymel, celle de Vallée-Jonction.

« Nous avons décidé de rendre visite à nos camarades de la Beauce qui, tout comme nous, sont syndiqués à la CSN, afin de partager quelques moments de solidarité avec elles et eux. Nous avons bien évidemment parlé de notre conflit qui en est à sa septième semaine et du manque de respect constant qu’Olymel affiche envers ses salarié-es, de déclarer Steve Houle, président du syndicat. Dans le cadre de nos négociations respectives, nous avons toujours fait face à cette même attitude insensée de la part d’Olymel, nous qui sommes pourtant à la base même de leur succès mondial. »

En grève générale illimitée depuis le 28 octobre dernier, les grévistes poursuivent leurs moyens de pression dans le but de faire entendre raison à leur employeur, ainsi qu’à la Coopérative fédérée, qui possède Olymel.

Pour garder ses mécaniciens, en 2018, l’employeur leur avait consenti des augmentations de 5,25 $ l’heure. Malgré la pénurie de main-d’œuvre qui touche également les autres travailleurs de son usine, Olymel refuse toujours d’accorder les mêmes augmentations conséquentes à tous ses salarié-es de Princeville.

« L’an prochain, ce sera au tour des travailleuses et des travailleurs de Vallée-Jonction de négocier un nouveau contrat de travail avec Olymel. Avant même que cette négociation ne débute, nous tenons à dire à cet employeur que s’il persiste à mépriser de la sorte celles et ceux qui leur font faire des millions de dollars de profits chaque année, ils vont nous trouver sur leur chemin, de déclarer David Bergeron-Cyr, président de la Fédération du commerce–CSN. Comme nous le faisons actuellement, nous allons déployer tous nos efforts et tous les moyens légitimes pour que les travailleuses et les travailleurs reçoivent leur juste part de ces profits. »

Le Syndicat des travailleurs d’Olymel Vallée-Jonction représente environ 1200 salarié-es alors que le Syndicat des employé-es d’Olymel Princeville–CSN regroupe 350 membres. Les deux syndicats sont affiliés à la Fédération du commerce (FC–CSN) qui compte quelque 28 000 membres regroupés dans plus de 330 syndicats présents dans les secteurs du commerce de détail, de gros et de services divers, de l’agroalimentaire, des finances et du tourisme. Ils sont également affiliés au Conseil central du Cœur-du-Québec–CSN qui regroupe près de 17 000 membres réunis au sein de 130 syndicats de tous les secteurs d’activité.

La CSN–Construction somme le gouvernement et les entrepreneurs d’agir

La CSN–Construction est affligée d’apprendre qu’une signaleuse routière est morte hier après avoir été happée en Montérégie par un véhicule ; elle réclame de toute urgence les mesures de sécurité qui s’imposent pour empêcher de tels drames de se produire.

« La révision de la loi sur la santé et sécurité devait sortir avant les fêtes et se fait encore attendre, se désole le président de la CSN–Construction, Pierre Brassard. Or, les décès de signaleurs au Québec se multiplient de façon indue depuis trop longtemps. En trois mois seulement, trois signaleurs sont morts au travail! Ceux-ci font face à des automobilistes inconscients des dangers de leur conduite, parfois même agressifs. Combien de fois encore allons-nous assister à des tragédies comme celle d’hier avant que des mesures efficaces ne soient prises pour les éviter ? », a-t-il ajouté.

Pour Pierre Brassard, le gouvernement n’a pas d’excuses : il doit voir à ce que la sécurité soit assurée dans tous les secteurs d’activité assujettis et non assujettis à la loi R-20, qui encadre l’industrie de la construction au Québec. Et jusqu’à maintenant, il est loin d’avoir démontré assez d’empressement à ce sujet. « Les travailleuses et travailleurs de la construction et hors construction sont les plus exposés aux décès sur les lieux de travail. Ils sont souvent obligés d’agir dans des conditions exécrables qui mettent leur vie en danger. La société québécoise ne peut plus tolérer cette situation. »

Un cadre plus serré pour les entrepreneurs
La CSN–Construction exige que tous les entrepreneurs au Québec soient soumis à l’obligation de mettre en place des programmes de prévention qui ont du mordant sur les chantiers. « Dès le début de travaux sur un chantier donné, des représentants à la prévention devraient être déployés sur le terrain pour prévenir les risques à la source. Pourquoi, en 2019, faut-il encore se battre à ce sujet ? », s’indigne Pierre Brassard.

L’obligation pour les grands chantiers de prévoir la mise en place d’un programme de prévention avant que les travaux ne débutent est aussi trop souvent négligée, estime le président de la CSN–Construction. « Les plans de prévention sont déployés souvent très tard, ce qui met la vie de nos travailleurs et travailleuses en danger », déplore-t-il.

Le président de la CSN–Construction exhorte le gouvernement et les entrepreneurs à agir, maintenant. « Cette situation a trop duré ; il n’y a aucune raison d’attendre une journée de plus pour y voir. Il faut que quelque chose soit fait maintenant. Pas demain, il faut que ça cesse. »

 

Les employé-es des bibliothèques de l’Université Concordia votent en faveur d’un mandat de grève

Réunis en assemblée générale le 29 novembre dernier, les membres du syndicat des employé-es des bibliothèques de l’Université Concordia (FEESP-CSN) ont donné leur appui à un mandat de grève.

« Depuis le début de l’année, les négociations ont stagné en raison de l’insistance injustifiée de l’employeur pour restreindre drastiquement les possibilités d’avancement pour les nouveaux employés, affirme le président du syndicat, Kent Cluff. Non seulement l’université est-elle complètement fermée au compromis sur cet enjeu, mais elle refuse en plus de discuter de tout autre sujet tant que cette question ne sera pas réglée. C’est ce qui explique que peu de progrès a été accompli malgré 16 réunions de négociations. »

En conséquence de ce manque de progression dans les pourparlers, la prochaine ronde de négociation, qui s’entame le 6 décembre, se fera en présence d’un conciliateur du Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS).

« Nos membres sont de plus en plus frustrés de l’entêtement de l’université, renchérit M. Cluff. Nous espérons que le conciliateur va aider à faire progresser les discussions, mais nos membres sont prêts à passer à la prochaine étape et à faire la grève si l’Université ne démontre pas plus de respect pour le processus de négociation. »

En plus du mandat de grève, le syndicat a également adopté la création d’un fonds de soutien financier pour les travailleuses et les travailleurs qui participeront aux efforts de grève.

Victoire syndicale contre les briseurs de grève

Dans une décision rendue hier, le Tribunal administratif du travail (TAT) donne raison au Syndicat des travailleuses et travailleurs des entreprises Rolland–CSN.

« Nous prétendions que notre employeur avait recours à des briseurs de grève afin de poursuivre ses opérations, et ce, depuis le premier jour où nous avons déclenché la grève, le 22 novembre dernier, puis à la suite du lockout qu’il a décrété le 26 novembre. Le TAT nous donne raison puisque le juge a ordonné à l’employeur de ne plus avoir recours aux services de 23 personnes dont les noms figurent dans sa décision », de souligner Elysa Bergin, présidente du syndicat.

« Cette histoire est cousue de fil blanc. L’employeur tente de nous faire croire qu’il ne savait pas qu’il enfreignait la loi, tout en ayant recours à des méthodes dignes des pires employeurs. Lorsqu’il a refusé de laisser entrer les enquêteurs du Ministère du travail afin de vérifier s’il avait recours à des briseurs de grève – une première au Québec –, il nous cachait clairement la vérité. Nous attendons donc avec impatience le rapport des inspecteurs afin de faire toute la lumière sur cette histoire », de préciser Chantal Maillé, présidente du Conseil central des Laurentides–CSN.

« Depuis le début, nous suivons de très près les comportements de l’employeur et l’évolution de ce conflit. Ses techniques d’intimidation envers un groupe de salarié-es presqu’entièrement constitué de femmes sont démesurées et manquent carrément de classe. Au début du conflit, l’employeur a fait appel au service de police et a demandé l’arrestation des salarié-es en grève sur les lieux de piquetage alors qu’aucun événement ne le justifiait. En pleine situation de pénurie de main-d’œuvre, nous expliquons très mal ces comportements dépassés et ce manque flagrant de vision. Nous sommes fiers de voir que face aux agissements insensés de cet employeur, les travailleuses et les travailleurs demeurent solidaires et debout. Les syndicats de la CSN ont déjà déployé toutes les ressources, tant au niveau de la mobilisation qu’à celui du soutien financier afin de leur permettre d’aller jusqu’au bout », de conclure Kevin Gagnon, vice-président de la FIM–CSN.

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des entreprises Rolland–CSN regroupe environ 30 membres. Le syndicat est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) qui regroupe 320 syndicats comptant plus de 30 000 membres au Québec. Le Conseil central des syndicats nationaux des Laurentides regroupe près de 90 syndicats et plus de 16 000 membres dans tous les secteurs d’activité de la région des Laurentides.

Les travailleuses et travailleurs d’Olymel Princeville sollicitent des appuis

Ce matin, les travailleuses et travailleurs du Syndicat des employé-es d’Olymel Princeville–CSN ont manifesté dans les rues de la municipalité des Bois-Francs. En grève générale illimitée depuis le 28 octobre dernier, ils ont distribué des tracts à la population et ils ont interpellé les élus municipaux afin que ceux-ci interviennent pour que le conflit se règle.

« Les 350 travailleuses et travailleurs d’Olymel Princeville représentent une part importante de la population active de cette ville et des environs. Même en grève, nous contribuons grandement à la vie économique de notre communauté. Ce matin, c’est également à titre de citoyennes et de citoyens que nous interpellons la population et les élus de notre municipalité, de souligner Steve Houle, président du syndicat. Entre autres, les élus municipaux, provinciaux et fédéraux doivent rappeler à la société Olymel qu’elle doit se comporter en bon citoyen corporatif. Il n’y a pas 25 solutions : elle doit s’assoir et déposer des offres qui mettront fin à ce conflit ».

« Pour nous, il est plus qu’évident que le maire et les élus municipaux doivent également jouer leur rôle de représentation envers les citoyennes et les citoyens, ce qui veut dire intervenir auprès de l’employeur afin de mettre un terme au conflit. Depuis le début de celui-ci, le syndicat n’a pas reçu le moindre appel ou visite d’une ou un élu-e de la région sur leur ligne de piquetage, de déplorer Paul Lavergne, président du Conseil central du Cœur-du-Québec–CSN. Leur lutte est légitime et aucun élu ne peut les ignorer ».

Le Syndicat des employé-es d’Olymel Princeville–CSN regroupe 350 membres affiliés à la Fédération du commerce (FC–CSN) qui compte quelque 28 000 membres regroupés dans plus de 330 syndicats présents dans les secteurs du commerce de détail, de gros et de services divers, de l’agroalimentaire, des finances et du tourisme. Ils sont également affiliés au Conseil central du Cœur-du-Québec–CSN qui regroupe près de 17 000 membres réunis au sein de 130 syndicats de tous les secteurs d’activité.

Le gouvernement doit agir rapidement

Afin de donner rapidement suite aux conclusions du Comité de réflexion sur les enjeux de la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur du transport scolaire, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) pressent le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur de mettre en œuvre les deux mesures comprises dans leur rapport final.

« Après seulement trois rencontres, nous avons convenu unanimement des deux mesures concrètes qui peuvent atténuer la problématique de la pénurie de main-d’œuvre dans le domaine du transport scolaire, à savoir une prime d’attraction versée à tous les nouveaux conducteurs et conductrices de véhicules scolaires à la suite de leur premier mois à l’emploi ainsi qu’une seconde prime favorisant la rétention versée mensuellement à tous les conducteurs et conductrices de véhicules scolaires, de souligner Jacques Létourneau, président de la CSN. Nous sommes d’avis que ces mesures renforceront la stabilité du service et la sécurité des élèves ».

Le Comité de réflexion sur les enjeux de la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur du transport scolaire est composé de la CSN, de la FTQ, de la Fédération des transporteurs par autobus, des représentants des commissions scolaires, du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur et du ministère du Travail. Il a été formé expressément pour discuter des enjeux et des solutions liés à la pénurie de main-d’œuvre dans le transport scolaire.

« Nous sommes satisfaits des travaux du comité et nous espérons un retour rapide du gouvernement, le ministre de l’Éducation doit prendre acte des graves problèmes de ce secteur. Les conducteurs et conductrices portent actuellement le service à bout de bras. Les mauvaises conditions de travail, les salaires et les horaires atypiques découragent les travailleurs et travailleuses qui œuvrent dans ce secteur et rendent le recrutement de nouveaux employés très difficile. Le temps est compté, il y a urgence d’agir », conclut le président de la FTQ Daniel Boyer.

Plus de 521 000 écoliers, soit un peu plus de 60 % de tous les élèves du primaire et du secondaire, montent à bord des autobus scolaires tous les jours.

Près du quart du personnel veut quitter les services de garde d’ici deux ans !

Un récent sondage montre que l’ajout des maternelles 4 ans partout au Québec risque d’être la claque de trop qui va déstabiliser un réseau de services de garde éducatifs déjà amoché par des années d’austérité. Diverses réponses à notre sondage montrent également que l’offre de ce service indispensable pourrait chuter dans les prochaines années et créer un grave problème pour les parents du Québec.

Plus de 2700 personnes provenant du secteur des services de garde éducatifs ont répondu à ce sondage interne qui visait à évaluer les problèmes actuels liés au manque de personnel et ceux qui sont à prévoir si rien n’est fait pour stabiliser ce réseau et prouver qu’il demeure, pour le gouvernement, la pierre angulaire des services à la petite enfance.

Voici quelques résultats inquiétants pour la pérennité de ce service incontournable :

  • 23 % disent qu’elles pensent prendre leur retraite ou quitter la profession d’ici deux ans.
  • 44 % affirment que le débat sur les maternelles 4 ans affecte leur moral.
  • 90 % des répondantes affirment que leur CPE éprouve de la difficulté à recruter des éducatrices avec une formation collégiale.
  • 27 % indiquent que des postes sont actuellement vacants dans leur CPE.
  • 72 % des RSG en milieu familial régi et subventionné affirment que la pénurie de remplaçantes les affecte personnellement.
  • 74 % des responsables de garde en milieu familial régi et subventionné constatent des fermetures de collègues dans leur environnement.

« Le personnel des services de garde éducatif est à bout. Il manque de relève et il risque d’en manquer encore plus dans les prochaines années. Le gouvernement doit prendre au sérieux le risque d’une pénurie de personnel dans le secteur », soutient Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN.

« La mise en place du réseau de services de garde pour la petite enfance a été une avancée sociale pour le Québec, particulièrement pour les femmes. Le manque de considération pour ce réseau est cependant en train d’éroder les bases sur lesquelles il reposait, soit le personnel qualifié en nombre suffisant », estime Louise Labrie, représentante du secteur CPE à la FSSS-CSN.

Climat peu invitant
Le débat sur la maternelle 4 ans, qui risque d’ébranler les CPE et les milieux familiaux régis et subventionnés, ne fera rien pour attirer plus de jeunes à s’inscrire dans ce programme. « À force de négliger le réseau de la petite enfance, le gouvernement risque d’avoir bien du mal à maintenir le nombre de places actuel, alors qu’il admet lui-même qu’il faudrait augmenter l’offre », ajoute Karine Morisseau, représentante du secteur RSG à la FSSS-CSN.

Bien que la CSN salue le retour du tarif unique dans les services de garde subventionnés, le ministre de la Famille et le premier ministre doivent prendre d’autres mesures afin de rassurer les parents, le personnel et les futures étudiantes. Il faut consolider les CPE et les responsables des services de garde éducatifs à l’enfance.

Chute des inscriptions dans les cégeps
La baisse significative des inscriptions en Technique d’éducation à l’enfance (TEE) risque de compliquer encore plus le renouvellement des ressources humaines. Au SRAM (région de Montréal), on constate que le nombre d’inscriptions dans ce programme est passé de 1334 en 2012 à seulement 946 en 2019, et ce, malgré que le nombre de cégeps qui offre cette option est passé de 15 à 19. Une baisse de près de 30 % ! Les cégeps des autres régions constatent aussi des diminutions importantes des inscriptions en TEE.

Un important retard de rémunération qui perdure pour le personnel du secteur public

La CSN, qui représente plus de 150 000 travailleuses et travailleurs des réseaux de l’éducation et de la santé et des services sociaux ainsi que des organismes gouvernementaux, est exaspérée de constater que le travail dans le secteur public n’est toujours pas reconnu à sa juste valeur, une situation qui perdure depuis de nombreuses années. La centrale syndicale est très préoccupée par les données du rapport 2019 de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). Les résultats de l’enquête annuelle publiée ce matin révèlent que la rémunération globale des employé-es de l’État – qui inclut le salaire, le régime de retraite et les autres avantages sociaux – accuse un retard de 6,2 % par rapport à l’ensemble des salariés québécois.

« Nous ne sommes malheureusement pas surpris, mais nous sommes inquiets. Avec des conditions de travail qui se sont gravement détériorées au cours des dernières années, les chiffres qui nous sont dévoilés aujourd’hui, à savoir que le retard de rémunération perdure et que celles et ceux qui travaillent dans les services publics ont des salaires de 13,2 % inférieurs aux autres salarié-es du Québec, n’ont rien pour nous rassurer. Si rien n’est fait pour remédier à la situation, la crise dans les réseaux publics continuera de s’aggraver », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

Les données du rapport de l’ISQ confirment qu’un important redressement s’impose pour que les emplois dans les réseaux publics redeviennent attractifs. Dans le contexte actuel de rareté de la main-d’œuvre au Québec, la CSN considère que le retard de rémunération des travailleuses et des travailleurs des services publics est particulièrement préoccupant. « On manque déjà de monde dans tous les secteurs, alors que les besoins de la population augmentent. Ce manque de personnel dans les établissements se traduit plus souvent qu’autrement par une surcharge de travail pour celles et ceux qui sont toujours en poste. Ces travailleuses et ces travailleurs ne suffisent plus à la tâche et, trop souvent, ils en tombent malades, ce qui accentue d’autant plus le manque de personnel. C’est un cercle vicieux qu’il faut absolument briser », ajoute Mme Senneville.

La CSN rappelle qu’elle a déposé, le 30 octobre dernier, ses revendications en vue de la prochaine négociation du secteur public. « Avec le rapport qui nous est livré aujourd’hui, nous constatons que notre évaluation des besoins est juste. Une augmentation de 3 $ l’heure la première année permettrait de donner un premier coup de barre nécessaire afin que le secteur public ne soit plus à la traîne des secteurs d’emploi au Québec. »

Après avoir entendu le premier ministre Legault s’exprimer sur ses éventuelles offres aux employé-es de l’État, la CSN dit maintenant espérer que le gouvernement prenne en considération les dernières données de l’ISQ. « M. Legault a lancé à quelques reprises que les augmentations de salaire de celles et ceux qui se dévouent au quotidien pour offrir les services à la population devraient se limiter à l’inflation. Nous avons la confirmation aujourd’hui que ce n’est pas suffisant. Avec des surplus budgétaires historiques en poche, le gouvernement doit profiter de la négociation 2020 pour revaloriser les emplois du secteur public. C’est seulement de cette façon que nous pourrons nous assurer d’être en mesure d’offrir aux Québécoises et aux Québécois les services auxquels ils ont droit », conclut Caroline Senneville.

Le premier ministre ne peut pas décentraliser les conditions de travail dans les écoles

Questionné ce matin par l’opposition officielle, le premier ministre François Legault a déclaré que le projet de loi 40 permettrait « plus de latitude pour les conditions de travail des employé-es dans les écoles » en raison de la « décentralisation » qui y est prévue.

« On ne peut pas sérieusement penser décentraliser les conditions de travail dans les écoles. Ce serait ingérable et cela créerait des iniquités au sein d’une même région », rétorque Jacques Létourneau, président de la CSN, qui était d’ailleurs directement cité dans la question du chef de l’opposition officielle, Pierre Arcand.

 Dans le reste de sa réponse, François Legault a reproché à M. Arcand de soutenir les syndicats, alors que le gouvernement, lui, « va supporter les enfants ».

« Les demandes syndicales ne sont pas en opposition par rapport aux besoins de la population. Pour bien soutenir les enfants, il faut que le personnel des écoles soit en nombre suffisant et que l’organisation du travail permette de consacrer suffisamment de temps à chaque enfant », fait valoir Jacques Létourneau. Ce dernier précise par ailleurs que les critiques de la CSN envers le projet de loi 40 ne se concentrent pas que sur les conditions de travail du personnel, mais également sur les risques liés aux regroupements de services, sur la centralisation de certains pouvoirs et sur l’accentuation prévisible d’un système scolaire à trois vitesses.

 Une réforme souhaitée
Il ne s’agit pas, pour la CSN, de défendre le statu quo. « La CSN souhaite une réforme du système scolaire, mais pas à la pièce et pas sans avoir consulté tous les acteurs du milieu et les meilleurs experts », soutient le président de la CSN, qui propose une vaste consultation sur le sujet, tout comme une dizaine d’organisations du milieu scolaire.

La CSN se réjouit par ailleurs de l’affirmation du premier ministre qui dit vouloir laisser l’étude du projet de loi suivre son cours en commission parlementaire. « Un tel projet de loi mérite une étude approfondie, car il y a un risque réel qu’on déstabilise le réseau pour des années à venir », conclut Jacques Létourneau. La CSN entend suivre de près l’étude du projet de loi.

Manifestation à la Coopérative fédérée

Ce midi, les travailleuses et travailleurs en grève d’Olymel Princeville ont manifesté à Montréal, devant le siège social de la Coopérative fédérée qui possède Olymel.

« Encore une fois ce midi, nous portons un message clair à la haute direction de la Coopérative fédérée. Depuis 2005, derrière les excédents de la coop, il y a une part de nos salaires qui ont été amputés de 5,40 $ l’heure d’un coup, comme si nous avions les moyens depuis 15 ans, de vivre avec moins d’argent dans nos poches et de financer les excédents d’une entreprise dont la mission, rappelons-le, n’est pas d’engranger des profits, de souligner Steve Houle, président du Syndicat des employé-es d’Olymel Princeville–CSN. Nous vivons des problèmes d’attraction et de rétention de main-d’œuvre à Princeville et l’employeur sait très bien comment les régler rapidement. C’est d’ailleurs ce qu’il a accepté dans d’autres usines alors nous attendons une offre qui corrigera enfin nos salaires ».

« En 2018, la Coop fédérée a enregistré des revenus records de 6,5 milliards de dollars qui, au final, se sont traduits par un excédent avant ristournes et impôts de 210,7 millions de dollars. À hauteur de 3,44 milliards de dollars, les ventes d’Olymel contribuent à plus de la moitié du chiffre d’affaires de la coopérative, ce qui démontre l’importance de cet employeur au Québec, de préciser Jacques Létourneau, président de la CSN. Or, ces dernières semaines, la haute direction d’Olymel ne démontre pas le respect qu’elle devrait avoir envers celles et ceux qui contribuent plus que quiconque, tous les jours, au succès de la Coop fédérée ».

« Avec la récente réouverture du marché chinois au porc canadien, la Coopérative fédérée sait très bien qu’Olymel peut faire des affaires d’or. Le prix du porc est bas et selon les perspectives actuelles, la demande poursuivra la croissance qu’elle connaissait avant la fermeture de marché chinois. En plus des 300 millions qui viennent tout juste d’être placés dans la Coop, ces dernières années, ce sont plus de 500 millions de dollars qui ont été investis dans la modernisation de ses équipements, de ses installations et dans des acquisitions, de rappeler David Bergeron-Cyr, président de la Fédération du commerce–CSN. Or, la Coop fédérée doit également investir dans ce qu’elle a de plus précieux, et je parle bien sûr de ses travailleuses et ses travailleurs qui sont à la base du succès de l’entreprise ».

Photos : Cédric Martin

« La Coopérative fédérée devrait impérativement rappeler Olymel à l’ordre dans cette négociation. Au fil des ans, nous avons connu Olymel dans des négociations difficiles, nous avons vécu des fermetures sauvages et des conflits interminables. Ces actions sont très loin du comportement exemplaire dont se vante la Coop fédérée sur son site web. Derrière des décisions purement comptables, il y a des travailleuses, des travailleurs et leurs familles qui vivent avec les conséquences désastreuses de ces actes. Nous attendons donc des actions concrètes de la haute direction de la Coop afin de corriger cette attitude de mauvais citoyen corporatif », de conclure Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN).

Le Syndicat des employé-es d’Olymel Princeville–CSN regroupe 350 membres affiliés à la Fédération du commerce (FC–CSN), qui compte quelque 28 000 membres regroupés dans plus de 330 syndicats présents dans les secteurs du commerce de détail, de gros et de services divers, de l’agroalimentaire, des finances et du tourisme. Ils sont également affiliés au Conseil central du Cœur du Québec–CSN qui regroupe près de 17 000 membres réunis au sein de 130 syndicats de tous les secteurs d’activité. Le Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN) regroupe plus de 100 000 membres des secteurs public et privé, répartis au sein de près de 400 syndicats à Montréal, à Laval et dans le Grand Nord du Québec.

L’égalité entre les hommes et les femmes ne peut plus attendre!

Sous le signe du rassemblement, plusieurs organisations syndicales et de la société civile ont joint leur voix dans le cadre du lancement d’une pétition en ligne sur le site Web de l’Assemblée nationale du Québec réclamant une révision de la Loi sur l’équité salariale. Parrainée par les députées de Sherbrooke (Christine Labrie) et de Gaspé (Méganne Perry Mélançon), la pétition vise à interpeller le gouvernement du Québec afin qu’il corrige les lacunes qui subsistent toujours en matière d’équité salariale malgré les lois en vigueur et les modifications législatives des dernières années. Parmi les revendications, la pétition réclame notamment de verser rétroactivement tous les ajustements salariaux qui sont dus à la date de l’événement discriminatoire.

« Au Québec, près de 25 ans après l’adoption de la Loi sur l’équité salariale, les femmes font encore l’objet d’une discrimination systémique fondée sur le sexe. Avant la mise en vigueur de la Loi en 1997, l’écart salarial horaire moyen était de 15,8 %. Aujourd’hui, il demeure encore au-dessus de la barre des 10 %. Cette situation est inadmissible. À ce rythme, devra-t-on attendre encore 40 ans avant que l’équité soit enfin devenue réalité? Le gouvernement doit rapidement corriger les inégalités qui subsistent. L’égalité entre les hommes et les femmes ne peut plus attendre! », ont mentionné les partenaires de l’opération.

Une campagne vidéo sur les réseaux sociaux
Le lancement de la pétition fut également l’occasion de dévoiler de courtes capsules vidéo qui abordent de front la question de l’équité salariale. Elles mettent en vedette Marie Turgeon, Sophie Prégent et Louise Richer. Diffusées sur les réseaux sociaux des organisations partenaires prenant part à l’opération, ces capsules invitent les citoyens à signer la pétition afin que le gouvernement du Québec corrige les inégalités salariales qui subsistent.

Les différentes organisations qui participent à la diffusion de la pétition sont les suivantes :

  • Centrale des syndicats du Québec
  • Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec
  • Confédération des syndicats nationaux
  • Centrale des syndicats démocratiques
  • Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux
  • Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec
  • Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec
  • Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec
  • Fédération des femmes du Québec
  • Pour les droits des femmes du Québec
  • Comité jeunes féministes du YWCA
  • Conseil d’intervention et d’action pour les femmes au travail
  • Réseau des tables des femmes
  • Femmes, politique et démocratie
  • Réseau québécois d’action pour la santé des femmes

Les acteurs du réseau public d’éducation demandent au ministre Roberge de surseoir à l’adoption du projet de loi 40

Plus d’une dizaine de groupes d’acteurs du monde de l’éducation ont demandé aujourd’hui au ministre Jean-François Roberge de surseoir à l’adoption du projet de loi no 40 et d’inviter la population du Québec à une large réflexion sur l’avenir de l’école publique.

Citations

« Le projet de loi no 40 propose un modèle de gouvernance qui est complexe, déroutant, compliqué et difficile à mettre en oeuvre. De plus, il limite les droits constitutionnels de la minorité linguistique anglophone de contrôler et gérer notre système scolaire. », Dan Lamoureux, président de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec

« Le projet de loi no 40 et son éventuelle adoption sous bâillon montrent encore une fois le déficit démocratique dans les décisions du gouvernement visant l’éducation. On constate son habitude de prendre des décisions sans consulter la population ni obtenir un consensus social. Nous ne pouvons plus laisser les pouvoirs politiques et administratifs décider seuls de l’avenir de notre société. À nous d’occuper l’espace décisionnel qui nous revient ! », Suzanne-G. Chartrand, porte-parole du collectif Debout pour l’école!

« Le projet de loi no 40 dévalorise la profession enseignante et nie l’expertise des profs. Vous devez le retirer Monsieur le Ministre. », Nathalie Morel, vice-présidente à la vie professionnelle, Fédération autonome de l’enseignement (FAE)

« Le projet de loi no 40 est un mirage. Il y a une perte réelle d’influence des parents et de leur participation dans l’organisation. », Marc Étienne Deslauriers, président du Comité de parents de la CSDM

« Une adoption sous bâillon signifierait une imposition autoritaire de ce rouleau compresseur législatif, organisationnel et anti-démocratique. Le milieu de l’éducation a besoin d’amour, de mobilisation et de large adhésion, pas d’une nouvelle démonstration de force et de chamboulements précipités.» Je protège mon école publique

« Le projet de loi no 40 ouvre la porte à toutes sortes de regroupements de services par des partenariats, notamment avec le secteur privé. Ça risque de désorganiser le secteur scolaire et de créer d’importantes disparités entre les régions. Ce sont des changements majeurs, et cela impose qu’on prenne le temps de bien analyser les conséquences sur la qualité des services de même que sur les emplois, en particulier pour le personnel de soutien scolaire. », Jacques Létourneau, président de la CSN

« Nous croyons que la lutte à la ségrégation scolaire devrait être l’enjeu principal du gouvernement du Québec. Est-ce que l’important projet de loi no 40 est utile à ce combat? Non. Est-ce qu’au contraire, le projet de loi no 40 pourrait amplifier l’iniquité de notre système scolaire? C’est très probable.» Mouvement L’école ensemble

« Tout ce brassage de structures s’apparente à la dernière réforme du réseau de la santé qui est un véritable désastre. Le projet de loi no 40 ne répond à aucune des urgences ni à aucun des besoins réels et criants auxquels le réseau scolaire est actuellement confronté. » Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

« Le projet de loi 40 ne respecte ni la charte canadienne, ni la charte québécoise, ni le principe constitutionnel qu’il ne peut y avoir de taxation sans représentation. », Daniel Turp, Professeur titulaire à la Faculté de droit de l’Université de Montréal

« Ce projet de loi constitue un danger d’inégalités à plusieurs égards et ne répond aucunement aux enjeux actuels en éducation. Plutôt que d’imposer une nouvelle réforme à la pièce et sans vision, le ministre Roberge devrait tendre l’oreille à celles et ceux qui font l’école : le personnel enseignant, le personnel de soutien et le personnel professionnel. », Line Camerlain, première vice-présidente de la CSQ

« Notre système de gouvernance scolaire n’a pas besoin de changements si radicaux, nous demandons le retrait du projet de loi no 40. » Association des administrateurs des écoles anglophones du Québec

« La FQAFÉ est d’avis que c’est trop demandé aux parents que de participer à des comités et à des activités qui concernent directement leurs enfants dans leur école locale, ainsi que de songer à des conseils d’établissement et aux conseils d’administration des centres de services proposés. », Carol Meindl, directrice générale, Quebec federation home & school association

« Aucun brassage de structures n’a apporté les économies et l’efficacité promises. Notre école publique mérite une vraie réflexion, avec tous les partenaires. Rien dans le projet de loi no 40 n’améliore la réussite et la persévérance scolaires. », Alain Fortier, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec.

Pour tous ces enjeux touchant l’équité de notre école publique, la reconnaissance du personnel de l’éducation, la démocratie, les coûts, la représentativité, l’autonomie des régions, nous demandons au ministre de l’Éducation de ne pas déstabiliser le réseau. Prenons le temps de réfléchir ensemble à notre système d’éducation, pour la réussite des élèves.

L’employeur décrète un lockout

Ce matin, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des entreprises Rolland–CSN se sont butés à des bureaux fermés à la suite d’un lockout décrété par leur employeur. Réunis en assemblée générale dans les heures qui ont suivi, le syndicat a voté à 91 % en faveur de la grève générale illimitée.

« Depuis le début de la négociation, l’employeur n’a jamais démontré une véritable intention de négocier des conditions de travail équitables. Une de nos revendications touche à la disparité de traitement dans notre régime de retraite : alors que les plus anciens jouissent d’un régime à prestations déterminées, les plus jeunes bénéficient d’un régime à cotisations déterminées famélique. De plus, l’employeur veut introduire des critères de qualifications qui empêchent les salarié-es d’obtenir des promotions. Historiquement, Rolland s’affichait fièrement comme un employeur de choix mais pour nous, ce temps est carrément révolu », de dénoncer Elysa Bergin, présidente du syndicat.

Les salarié-es sont sans contrat de travail depuis plus de deux ans. Depuis mars 2018, plus d’une vingtaine de rencontres de négociation et de conciliation se sont tenues.

« Le syndicat vit une véritable campagne d’intimidation de la part de l’employeur. Lors du premier jour de grève, le 22 novembre dernier, il a envoyé une mise en demeure interdisant aux grévistes de manifester en face de leur milieu de travail. Fort de la présence de six autopatrouilles de la police, il leur a demandé de procéder à l’arrestation des grévistes alors que ceux-ci ne commettaient aucun acte illégal. Il a même refusé la visite des agents du ministère du Travail afin que ceux-ci puissent vérifier si l’employeur avait recours à des briseurs de grève, ce que nous prétendons », de souligner Chantal Maillé, présidente du Conseil central des Laurentides–CSN

« Il n’y a qu’un mot pour décrire le comportement de cet employeur : épouvantable. En plus d’intimider ses travailleuses et ses travailleurs avec des tactiques moyenâgeuses, celui-ci se comporte en patron-pas-de-classe et impose un lockout à moins d’un mois du temps des fêtes. La Fédération de l’industrie manufacturière sera aux côtés du syndicat jusqu’à l’obtention d’un contrat de travail qui respectera leurs revendications », de conclure Kevin Gagnon, vice-président de la FIM–CSN.

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des entreprises Rolland–CSN regroupe environ 30 membres. Le syndicat est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) qui regroupe 320 syndicats comptant plus de 30 000 membres au Québec. Le Conseil central des syndicats nationaux des Laurentides regroupe près de 90 syndicats et plus de 16 000 membres dans tous les secteurs d’activité de la région des Laurentides.

Le prix Pierre-Vadeboncœur 2019 remis au romancier et essayiste Yvon Rivard

Le jury du prix Pierre-Vadeboncœur a porté son choix sur l’essai Le chemin de l’école, de l’écrivain Yvon Rivard, publié chez Leméac. Le prix a été remis le dimanche 24 novembre dans le cadre du Salon du livre de Montréal en présence de Marie Vadeboncoeur, veuve de l’écrivain.

Photo : Michel Giroux

Des mentions d’honneur ont été adressées à Dominique Payette pour son essai Les brutes et la punaise, publié chez Lux Éditeur, et à Alain Noël pour son essai Utopies provisoires, publié chez Québec Amérique. Le jury, présidé par Claudette Carbonneau, compte aussi Catherine Ladouceur, professeure de littérature au Cégep de Sherbrooke, et l’auteure Anne-Marie Saint-Cerny.

Le prix Pierre-Vadeboncoeur, doté d’une bourse de 5000 $, a été créé en 2011 par la CSN pour souligner la mémoire de ce grand écrivain et syndicaliste, conseiller durant 25 ans à la centrale syndicale québécoise. Il est remis à l’auteur d’un essai qui s’est démarqué sur des questions économiques, sociales ou politiques.

La présidente du jury a souligné la qualité de la langue dans l’œuvre primée, « une langue somptueuse», a-t-elle précisé, une langue mise au service de l’éducation, « qui demeure le socle sur lequel doit se bâtir une nation ».

Madame Carbonneau a félicité Dominique Payette pour s’être attaquée avec courage aux radios-poubelles qui sévissent à Québec. De l’essai d’Alain Noël, elle a dit qu’il était une contribution remarquable au vivre-ensemble dans une société plus juste et équitable.

Des renforts urgents dans les centres jeunesse

La CSN demande au gouvernement d’envoyer rapidement des renforts dans les centres jeunesse pour s’assurer que les enfants sous la responsabilité de la DPJ ne soient pas laissés de côté, comme le constate la Vérificatrice générale (VG), Guylaine Leclerc, dans son dernier rapport.

« Le manque de personnel et la surcharge de travail ne sont pas du tout propices à ce que tous les signalements d’enfants en difficulté soient traités à temps et que les services requis soient mis en place en temps utile », affirme Jean Lacharité, vice-président de la CSN, qui demande à la ministre Danielle McCann de prendre les mesures appropriées dès que possible pour rendre les postes en centres jeunesse plus attractifs. En attirant et en conservant plus de personnel, la CSN est confiante que l’on pourra diminuer la surcharge de travail de celles et ceux qui sont fidèles au poste et qui tiennent les centres jeunesses à bout de bras. D’ailleurs, la VG souligne que l’organisation du travail dans les DPJ doit être améliorée.

La CSN estime également qu’il faut impérativement renforcer la première ligne, dans les CLSC et les organismes communautaires, pour tenter d’aider les parents et les enfants en amont, avant que la situation ne se détériore. On éviterait ainsi des conséquences graves pour les enfants. Là encore, il faut réinvestir et s’attarder à la prévention de la maltraitance.

« Les constats de la Vérificatrice montrent l’ampleur de l’échec de la réforme Barrette qui a noyé les centres jeunesse dans d’immenses CISSS qui s’occupent, avant tout, de questions médicales », ajoute Jean Lacharité, alors que la grande majorité des membres de la CSN dans le secteur des services sociaux font état du fiasco des CISSS dans leur secteur d’activité. La VG affirme d’ailleurs que les établissements ne soutiennent pas suffisamment les DPJ.

La CSN déposera un mémoire à la Commission Laurent pour expliquer les difficultés actuellement vécues par les intervenantes et intervenants, les lacunes dans les services à la jeunesse et proposer des pistes de solution.

La grève chez Tshiuetin est momentanément suspendue pour laisser place à un blitz de négociation

Les travailleuses et travailleurs de Tshiuetin ont voté massivement pour la suspension de la grève déclenchée le 27 septembre dernier. Ils retourneront donc au travail dès le 18 novembre prochain et entreprendront un blitz de négociation jusqu’au 15 décembre afin de tenter de s’entendre.

« Le syndicat se donne quatre semaines pour régler la négociation et trouver un terrain d’entente concernant des points toujours en suspens, notamment certains avantages pécuniaires et le mouvement de personnel », souligne le vice-président et trésorier de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), Jean-Pierre Bourgault.

Points en litige
Rappelons à ce titre que l’employeur demande aux syndicats d’accepter sa proposition de ramener la semaine de travail de 40 à 35 heures pour tous, sans compensation, et de réduire le nombre annuel de voyages pour le train de passagers. En contrepartie, il accorderait une rétroactivité salariale de 2,5 % pour la période du 1er avril 2018 au 31 mars 2019. La portion des augmentations débutant le 1er avril 2019 reste à négocier durant le blitz.

Les salarié-es œuvrant au transport de minerai, pour leur part, auront maintenant un horaire de 10 heures par jour pour une période de 14 jours, soit un total de 140 heures. « Ils ont accepté de diminuer le nombre d’heures payées sur une période de 14 jours, tout en obtenant la possibilité de faire des heures supplémentaires lorsque c’est nécessaire », ajoute Jean-Pierre Bourgault.

Par ailleurs, l’employeur souhaite créer de la flexibilité qui lui permettrait de régler le problème de pénurie dans l’une de ses divisions en allant chercher de la main-d’œuvre dans l’autre. « Les syndiqué-es ne sont pas en désaccord avec le principe, mais veulent, dans un premier temps, que le travail soit offert aux employé-es de la division concernée avant d’être offert à l’autre. Il y a eu de bonnes discussions à ce sujet lors des séances de négociation précédentes et nous sommes persuadés de pouvoir régler cette question dans le blitz de négociation à venir », renchérit le président du Conseil central de la Côte-Nord, Guillaume Tremblay.

« Les employé-es de Tshiuetin entendent mettre tous les efforts nécessaires afin de régler le litige. Les syndicats ont d’ailleurs montré de l’ouverture au sujet des mouvements de main-d’œuvre, mais souhaitent les encadrer pour diminuer le mécontentement des travailleuses et des travailleurs des deux divisions. Quoi qu’il advienne, ceux-ci pourront compter sur la CSN pour les soutenir tant et aussi longtemps qu’ils n’auront pas obtenu gain de cause », concluent les deux porte-paroles.

Les travailleuses et les travailleurs manifestent au siège social d’Olymel

Ce matin, les travailleuses et travailleurs en grève d’Olymel Princeville ont manifesté devant le siège social de leur employeur.

« Ce matin, nous portons un message clair aux hauts dirigeants d’Olymel : depuis 2005, nous vivons avec moins d’argent dans nos poches et c’est l’entreprise que vous dirigez qui encaisse des millions grâce à nous. Cette baisse de 5,40 $ a plombé nos finances familiales et personnelles depuis près de 15 ans et sans cette correction salariale que nous revendiquons, rien ne se règlera, de souligner Steve Houle, président du Syndicat des employé-es d’Olymel Princeville–CSN. De plus, les problèmes d’attraction et de rétention de main-d’œuvre que nous vivons à Princeville peuvent se régler rapidement si l’employeur met l’effort qu’il faut, une logique qu’il a accepté et appliqué ailleurs dans son réseau d’usines. Nous attendons donc une offre à la hauteur de ce que nous n’avons pas gagné durant toutes ces années ».

« Nous appuyons sans réserve les revendications des salarié-es d’Olymel Princeville. Nous l’avons déjà dit : la prospérité actuelle d’Olymel s’est bâtie sur le dos des travailleuses et des travailleurs qui se pointent au travail chaque jour pour faire rouler leur usine. Les bons salaires qui augmentent équitablement à chaque année et qui suivent la hausse générale des prix, ce n’est pas juste pour les hauts dirigeants d’Olymel et de la Coop fédérée qui possède Olymel », de déclarer Alexandre Giguère, vice-président de la Fédération du commerce–CSN.

« Olymel roule sa bosse en Montérégie depuis longtemps. Nous avons vu passer des négociations difficiles, des fermetures sauvages, des conflits interminables et plusieurs décisions d’affaires froides qui ont eu des conséquences désastreuses sur les travailleuses, sur les travailleurs et leurs familles. Pour nous, il serait temps qu’on puisse entrevoir la haute direction d’Olymel autrement qu’au travers des luttes qui ternissent leur image et qui montrent un visage de mauvais citoyen corporatif », de conclure Annette Herbeuval, présidente du Conseil central de la Montérégie (CCM–CSN).

Le Syndicat des employé-es d’Olymel Princeville–CSN regroupe 350 membres affiliés à la Fédération du commerce (FC–CSN) qui compte quelque 28 000 membres regroupés dans plus de 330 syndicats présents dans les secteurs du commerce de détail, de gros et de services divers, de l’agroalimentaire, des finances et du tourisme. Ils sont également affiliés au Conseil central du Cœur du Québec–CSN qui regroupe près de 17 000 membres réunis au sein de 130 syndicats de tous les secteurs d’activité. Le Conseil central de la Montérégie (CCM–CSN) rassemble environ 31 000 membres, issus des secteurs privé et public, sur une base régionale.

Une marge de manœuvre qui doit bénéficier aux employé-es du secteur public

La CSN accueille favorablement les mesures annoncées dans la mise à jour économique d’aujourd’hui, mais estime que celles-ci ne disposent pas de la nécessité de réinvestir dans les services publics et d’accorder une attention particulière aux travailleuses et travailleurs du secteur public.

« Nous saluons la décision d’accélérer le retour au tarif unique en CPE, tel que nous le demandons depuis le début de notre campagne « 4 ans, c’pas grand », souligne d’entrée de jeu le président de la CSN, Jacques Létourneau. Cette décision va inciter les parents à se diriger vers le réseau de services de garde éducatif subventionné et diminuera ainsi l’impact négatif des maternelles 4 ans sur celui-ci. »

La CSN souligne également l’accélération de la mise en place de la bonification de l’allocation familiale, l’amélioration du supplément aux enfants handicapés, le versement d’un crédit d’impôt aux prestataires d’assistance sociale et la baisse des tarifs de stationnement des établissements de santé, toutes des mesures sociales positives pour les Québécoises et les Québécois.

Des surplus faramineux
Cependant, devant la situation plus qu’enviable des finances publiques et la croissance économique plus importante que prévu, la CSN est claire : le gouvernement devra utiliser sa marge de manœuvre pour en faire bénéficier celles et ceux qui portent les réseaux à bout de bras et qui donnent les services à la population.

« Depuis les mesures d’austérité libérales, une crise sans précédent sévit dans les réseaux année après année, ajoute Jacques Létourneau. Il est urgent d’investir pour améliorer la vie de l’ensemble des Québécoises et des Québécois, dont font partie les 500 000 travailleuses et travailleurs des services publics. La surcharge de travail rend la situation insoutenable pour ces personnes. Ça ne peut plus durer. »

Dans le contexte de rareté de main-d’œuvre actuelle, Jacques Létourneau estime qu’il serait irresponsable de se contenter d’accorder à la majorité des hausses salariales indexées à l’inflation. « Dans tous les secteurs, que ce soit dans les écoles et les cégeps, les centres de santé et de services sociaux, les centres administratifs et les organismes gouvernementaux, le gouvernement a du mal à recruter du personnel. Il est crucial de donner un coup de barre afin de s’attaquer au problème d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre. Cela passera par un réinvestissement qui permettra de réduire les surcharges de travail et d’offrir des conditions salariales justes et équitables à tous ceux et celles qui choisissent de prendre soin de la population et de lui donner les services auxquels elle a droit. Le gouvernement Legault a le devoir d’y voir », conclut-il.

Dépôt des demandes sectorielles : un juste rattrapage pour le personnel des traversiers

Le Regroupement des traversiers affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN) a déposé à Québec son cahier de demandes syndicales à son vis-à-vis patronal, la Société des traversiers du Québec.

Une structure salariale à revoir au complet
Les défis sont importants pour le personnel qui travaille aux différentes traverses au Québec. La structure salariale est nettement plus basse que ce que l’on retrouve dans les autres secteurs, public et parapublic, malgré l’importance de leur travail. « Il y a clairement un écart inacceptable et une partie de la solution est dans les mains de la Société des traversiers du Québec. Il va falloir qu’elle réfléchisse à ça très sérieusement, si elle veut réduire l’actuelle pénurie de personnel », de dire Émilie Bourgie-Côté, de la traverse Sorel-Tracy–Saint-Ignace-de-Loyola et représentante syndicale.

Des conditions de travail à améliorer
Parmi les demandes concernant les conditions de travail, il y a notamment la question de la création de nouveaux postes. La Société des traversiers, plutôt que de créer des postes réguliers pouvant accorder une permanence, laisse une bonne part de son personnel dans des statuts temporaires, ce qui occasionne une précarité inutile et nuisible à nos gens. Le Regroupement demande que cette situation cesse.

« Le Regroupement des traversiers FEESP-CSN dépose également plusieurs demandes concernant la santé et la sécurité au travail. Ce sont des endroits qui peuvent être dangereux pour le personnel des différentes traverses. Nous rappelons qu’il est de la responsabilité de l’employeur d’offrir un environnement de travail sécuritaire au personnel. Nous faisons un travail essentiel, mais souvent dans l’ombre, et nous revendiquons des conditions de travail à la hauteur de notre importance », rajoute Mme Bourgie-Côté.

Profil du Regroupement des traversiers de la FEESP-CSN
Le Regroupement des traversiers réunit les syndicats CSN des traverses Sorel-Tracy–Saint-Ignace-de-Loyola, Québec–Lévis et Matane–Baie-Comeau–Godbout. Ces syndicats représentent près de 200 membres qui occupent principalement les emplois de préposé passerelle et quais, caissier, matelot, gardien-matelot, soudeur et électricien. Ils sont affiliés à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN) qui regroupe 425 syndicats représentant environ 60 000 syndiqué-es travaillant dans les secteurs public et parapublic.