L’austérité fait très mal aux services de garde éducatifs

Satisfaite d’avoir participé à la consultation menée par l’Institut du nouveau monde (INM) sur l’éducation à la petite enfance, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) constate que le gouvernement n’a pas changé d’un iota sa position, ni réagi devant le tollé engendré par ses actions régressives en matière de services de garde : « Le constat est d’autant plus alarmant, observe Jacques Létourneau, président de la CSN, qu’il a engrangé des surplus de 5,4 milliards de dollars en 2015-2016, réalisés notamment sur le dos des familles et des travailleuses des services de garde. D’où l’importance de réinvestir massivement pour rétablir un niveau de services adéquat. »

Une facture salée aux parents
En outre, fait valoir la CSN, les parents utilisateurs vont payer plus cher cette année le prix du désengagement de l’État. La facture va en effet couvrir douze mois plutôt que neuf mois en raison de la tarification fixée selon le revenu familial, entrée au cours du mois d’avril 2015. « C’est une attaque inadmissible aux principes d’universalité et d’accessibilité pour tous les enfants que l’on s’est donnés lors de la création du réseau, il y a plus de vingt ans », ajoute Jacques Létourneau.

Pour un réinvestissement massif
La CSN est d’avis que le réseau des services de garde, tant en centre de la petite enfance qu’en milieu familial régi, un joyau envié au Canada et ailleurs dans le monde,  a été l’objet d’un dénigrement systématique et d’attaques sans précédent du gouvernement libéral. À commencer par un encouragement fiscal jamais égalé de plusieurs centaines de millions de dollars versés aux parents qui optent pour les garderies commerciales plutôt que pour le réseau des services de garde déjà bien implanté, ce qui contribue à l’émergence d’un régime à deux vitesses.

En ce sens, la centrale syndicale partage l’idée du rapport de l’INM de « retirer l’offre de crédits d’impôt pour les enfants inscrits dans les milieux de garde non régis ». Ces services de garde n’ont en effet pas à répondre aux mêmes critères que les services régis, et subissent très peu de contrôle, voire aucun.

De plus, le gouvernement a imposé depuis 2014 des coupes de plus de 300 millions de dollars, affectant durement les services aux enfants. Et peu a été fait jusqu’à présent pour renverser la vapeur, souligne la centrale syndicale, hormis une diminution peu significative de la tarification consentie aux parents ayant plus d’un enfant et le saupoudrage de 30 millions non récurrents dans le but de calmer la grogne.

« Le gouvernement doit mettre fin au saccage des services de garde éducatifs et rétablir la situation qui prévalait avant son arrivée au pouvoir en avril 2014, d’ajouter le président de la CSN. Outre un réinvestissement massif, Québec doit poursuivre le développement de places en CPE et en milieu familial, et rétablir sans délai la tarification universelle à contribution réduite. En outre, nous accueillons favorablement la recommandation à l’effet « d’assurer le plus rapidement possible la gratuité pour tous les enfants de 0 à 4 ans.  La CSN propose d’ailleurs d’offrir dès maintenant aux familles à faible revenu la gratuité des services de garde. »

Par ailleurs, la CSN reçoit positivement les recommandations qui visent à valoriser et à favoriser l’accompagnement des responsables en service de garde en milieu familial, notamment par la reconnaissance des acquis et la formation.

Enfin, la centrale accueille favorablement la recommandation relative à un meilleur contrôle de la qualité des services, notamment dans les garderies commerciales. Rappelons que des recherches ont confirmé que la fréquentation d’un service de garde éducatif améliore le développement global de l’enfant et son bien-être si les services sont de qualité. D’autres  études ont démontré que la qualité des services en CPE et en milieu familial régi est supérieure à celle des services offerts dans les garderies commerciales.

Des coupes qui touchent directement les professionnel-les en soins

Une analyse des budgets des établissements du réseau menée par la CSN, démontre que les secteurs où oeuvrent particulièrement les professionnel-les en soins sont touchés de plein fouet par les coupes gouvernementales, résultat direct de ses mesures d’austérité.

139 millions de dollars en 2016-2017

Pour l’année 2016-2017 uniquement, les établissements de santé et de services sociaux projettent de couper plus de 139 M$ dans les centres d’activité où travaillent notamment les infirmières, les infirmières auxiliaires et les inhalothérapeutes.

Ainsi, pour les soins spécialisés aux nouveau-nés, ou néonatalogie, les coupes atteindront près de 4,5 millions de dollars, alors que les soins infirmiers de courte durée aux adultes et aux enfants seront amputés de plus de 52 millions de dollars. Même scénario au bloc opératoire (21 M$), à l’urgence (28 M$) ainsi que dans les soins infirmiers donnés aux personnes en perte d’autonomie (17M$). Finalement, 11 M$ seront coupés dans les soins à domicile et 3 M$ en inhalothérapie.

Soins spécialisés aux nouveau-nés (néonatologie)

– 4 413 816

Soins infirmiers de courte durée aux adultes et aux enfants

-52 019 002

Bloc opératoire

-21 318 390

Urgence

-28 663 725

Soins infirmiers aux personnes en perte d’autonomie

-17 827 398

Soins infirmiers à domicile

-11 862 287

Inhalothérapie

-3 057 666

 Total : 

-139 162 284

Impacts sur les professionnel-les en soins

Pour Marie-Josée Tremblay, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, (FSSS–CSN), ces coupes ont un impact majeur sur les soins rendus à la population, mais aussi sur les professionnel-les en soins du réseau qui, quotidiennement doivent soigner dans des conditions de plus en plus difficiles. « La surcharge de travail et l’épuisement sont devenus le lot des professionnel-les en soins du réseau. Depuis 2011, nous constatons que les conditions se détériorent. Et lorsqu’on voit ce qui nous attend encore cette année, on ne peut que se demander combien de temps le réseau résistera-t-il. Ce dernier est complétement étranglé, et le ministre Gaétan Barrette doit réagir », déclare Mme Tremblay, infirmière au CIUSSS du Saguenay-Lac-St-Jean.

De son côté, Nadine Lambert, secrétaire-générale et trésorière de la FSSS–CSN, déplore que le gouvernement n’arrive même plus à atteindre ses propres objectifs, étant donné l’ampleur des coupes. « Ce que l’analyse de la CSN vient démontrer, c’est que lorsque nous jumelons toutes ces coupes (sous-financement et mesures d’optimisation), nous constatons que des objectifs comme l’amélioration des soins auprès des personnes en perte d’autonomie deviennent tout simplement impossibles à atteindre. Nous ne sommes plus ici dans un contrôle des dépenses, mais bel et bien dans des coupes directes », a dénoncé Nadine Lambert, infirmière au CHU Sainte-Justine.

Le 15 février, lors d’une conférence de presse présentant son analyse, la CSN avait exigé que le gouvernement profite du prochain budget pour rétablir la situation, en réinvestissant de façon massive dans le réseau.

À propos
La Confédération des syndicats nationaux (CSN) est une organisation syndicale composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Les professionnel-les particulièrement touchés par les coupes budgétaires

L’analyse des budgets des établissements du réseau de la santé et des services sociaux, menée par la Confédération des syndicats nationaux (CSN), démontre que les secteurs d’activité dans lesquels travaillent plus particulièrement les techniciennes, techniciens et professionnel-les sont durement touchés par les coupes budgétaires.

Des coupes budgétaires qui nuisent aux professionnels et techniciens
L’analyse menée par la CSN en vient à la conclusion qu’en raison de leur sous-financement les établissements de santé et services sociaux devront retrancher plus de 193 millions de dollars dans le financement de secteurs d’activité où œuvrent des professionnel-les, techniciennes et techniciens, au cours de l’année 2016-2017 seulement. Pour la CSN, ces coupes dans les budgets du personnel qui donne des services à la population au quotidien sont la démonstration de l’impact des mesures d’austérité libérale.

« Nous dénonçons depuis plusieurs années le sous-financement du réseau, les travailleurs nous rapportent plusieurs diminutions ou coupures dans les services publics. Le ministre Barrette a bien beau continuer de prétendre qu’il n’y a pas de coupes budgétaires, ce sont pourtant les budgets des établissements qui démontrent le contraire. Il semble que le ministre soit un adepte des faits alternatifs. La démonstration est pourtant frappante! Et elle permet de mieux comprendre la détresse des professionnel-les et technicien-nes qui témoignent de plus en plus des difficultés à donner les services à la population », explique Mélissa Gaouette, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

« La CSN dénonce ces coupes budgétaires qui nuisent à la prestation des services donnés par les professionnels et les techniciens partout au Québec. Le sous-financement a des conséquences tragiques pour les usagères et usagers. Il est grand temps que le gouvernement cesse son œuvre de saccage de notre réseau public et réinvestisse massivement pour rétablir le financement des établissements. Le prochain budget doit être un rendez-vous à ne pas manquer si on veut sauver notre réseau », poursuit Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

Prévention – santé publique -14 716 076 $
Jeunes – jeunes en difficulté -20 732 712 $
Santé mentale -44 696 318 $
Services de réadaptation (divers) -26 869 169 $
Ergothérapie et physiothérapie à domicile -2 798 512 $
Laboratoires de biologie médicale -23 146 606 $
Services psychosociaux -9 933 379 $
Audiologie et orthophonie -723 500 $
Physiothérapie -3 401 879 $
Ergothérapie -2 495 856 $
Dépendance -1 589 844 $
Déficience intellectuelle et trouble du spectre de l’autisme -21 876 494 $
Déficience physique -817 972 $
Médecine nucléaire et TEP -2 121 988 $
Imagerie médicale -17 738 324 $
 TOTAL -193 658 629 $

Le prochain budget Leitão doit prévoir un réinvestissement dans la formation et l’éducation

Au sortir du Rendez-vous national sur la main-d’œuvre, le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, a invité le gouvernement Couillard à faire preuve d’audace et à profiter du prochain budget pour réinvestir massivement dans la formation, l’éducation et l’enseignement supérieur.

« Depuis hier, les interventions des participants et des participantes ont démontré que de façon générale le système d’éducation fonctionne très bien et qu’il remplit son rôle pour former des travailleuses et des travailleurs, mais aussi des citoyennes et des citoyens, a déclaré Jacques Létourneau. Toutefois, les mesures d’austérité ont fait très mal et un réinvestissement s’impose. Avec les surplus budgétaires qu’il engrange depuis 18 mois, il dispose de toutes les marges de manœuvre pour le faire. »

Ce forum, qui réunissait les centrales syndicales, les associations patronales et les organisations reliées au secteur de l’éducation, de la formation et de l’employabilité, notamment, a permis à la CSN d’intervenir sur toutes les questions qui la préoccupent au regard de l’emploi et de la main-d’œuvre. « Nous avons insisté sur la nécessité d’améliorer les conditions générales de vie au travail pour pourvoir les postes vacants et pour maintenir les travailleuses et les travailleurs à l’emploi. Il est faux de prétendre que l’attraction et la rétention se résument à de la formation », a poursuivi Jacques Létourneau pour qui la formation ne doit pas être asservie aux stricts besoins à court terme des employeurs, comme le souhaitent notamment les associations patronales.

Le porte-parole syndical a rappelé des études de l’OCDE et de l’OIT qui ont établi une corrélation entre l’amélioration des conditions de travail et l’accroissement de la productivité. « En bonifiant les conditions de travail, on agit donc aussi sur l’économie du Québec et sur la rentabilité des entreprises. »

À cet égard, la CSN a bien accueilli l’annonce du premier ministre Couillard d’agir sur les agences de placement de main-d’œuvre et de réviser la Loi sur les normes du travail. En clôture de l’événement, M. Couillard a salué les interventions syndicales sur les agences de placement qui lui ont « rappelé des histoires à faire dresser les cheveux sur la tête », en raison du sort que réservent ces bureaux de main-d’œuvre aux travailleurs immigrants.

« Une révision de la Loi sur les normes du travail doit viser à une bonification des conditions de travail, a expliqué le président de la CSN. Il n’est pas question de reculer et nous pousserons pour faire valoir les revendications de la coalition 5-10-15. Par ailleurs, nous avons très bien démontré la nécessité d’adopter une loi-cadre sur la conciliation famille-travail-études pour établir des conditions uniformes à toutes les entreprises québécoises qui profiteraient à tout le monde. »

Au cours de cet événement, la CSN a aussi plaidé pour que le gouvernement réinvestisse dans les programmes d’employabilité et de francisation, un domaine malmené par l’austérité, et pour qu’il enraye le racisme systémique, notamment en instituant une commission parlementaire, deux conditions pour favoriser une meilleure intégration des immigrantes et des immigrants et pour leur ouvrir le marché du travail. Elle a aussi lancé un appel pour que soit développée une stratégie d’emploi pour les femmes.

À l’ouverture du Rendez-vous national sur la main-d’œuvre, les centrales syndicales québécoises en avaient profité pour lancer une déclaration qui établissait leurs priorités.

Outre Jacques Létourneau, la délégation de la CSN était formée de Jean Lortie, secrétaire général de la CSN, de Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN, d’Yves Fortin, secrétaire général du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN), de Nicole Lefebvre, vice-présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN), de David Bergeron-Cyr, vice-président de la Fédération du commerce (FC–CSN), de Michel Forget, adjoint au comité exécutif de la CSN, et de Julie Audet, conseillère syndicale au Service des relations du travail de la CSN. Le Rendez-vous sur la main-d’œuvre, qui se tenait au Centre des congrès de Québec, s’est terminé vendredi.

Les entreprises doivent se responsabiliser davantage

Au jour 1 de cette rencontre au sommet, où le gouvernement a invité les centrales syndicales, les associations patronales et les organisations reliées au secteur de l’éducation, notamment, la CSN a défendu la nécessité que les entreprises se responsabilisent davantage.

Le président de la CSN, Jacques Létourneau, a indiqué que l’une des conditions pour répondre adéquatement aux enjeux liés à l’emploi et à la disponibilité de main-d’œuvre dépasse la formation et les compétences pour pourvoir les postes vacants. Dans les entreprises, le dialogue est nécessaire pour identifier les besoins touchant à l’organisation du travail, en impliquant davantage les travailleurs et les travailleuses, mais aussi les besoins en formation. En outre, il faut que les employeurs réinvestissent dans leurs entreprises. Jusqu’ici, c’est un échec.

Illustration : Luc Melanson

Le vice-président de la Fédération du commerce (FC–CSN), David Bergeron-Cyr a plaidé pour relever le salaire minimum et favoriser la syndicalisation afin d’améliorer les conditions de travail au Québec. Il a aussi déploré le peu d’action gouvernementale pour favoriser le maintien des entreprises d’ici qui déménagent aux États-Unis, plutôt que d’investir et de les rendre plus performantes.

Plus tôt dans la journée, les présidences des centrales syndicales CSN, CSD, CSQ et FTQ ont rencontré les médias pour expliquer les grandes lignes de la déclaration syndicale lancée pour ce forum.

Outre Jacques Létourneau et David Bergeron-Cyr, la délégation de la CSN est formée de, Jean Lortie, secrétaire général de la CSN, Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN, Yves Fortin, secrétaire général du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN), Nicole Lefebvre, vice-présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN), Michel Forget, adjoint au comité exécutif de la CSN, et Julie Audet, du Service des relations de travail de la CSN. Le Rendez-vous sur la main-d’œuvre, qui se tient au Centre des congrès de Québec, se termine vendredi.

Le syndicat interpelle la haute direction des Hôtels Gouverneur

Ce midi, les membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de l’Hôtel des Gouverneurs Place Dupuis (CSN) (STTHGPD) ont manifesté devant le siège social de leur employeur, à Montréal.

« Depuis le mois de mai dernier qui a marqué le début de notre négociation, nous avons rapidement demandé la conciliation. L’attitude de l’employeur nous indiquait déjà qu’un conflit se dessinait à l’horizon. Très peu d’avancées ont été réalisées depuis tout ce temps. Les pourparlers piétinent et la partie patronale n’a toujours pas les mandats qu’il lui faut pour régler cette négociation. L’employeur est même revenu sur plusieurs engagements relativement à des éléments normatifs sur lesquels nous nous étions entendus, de dénoncer Yvon Therrien, président du STTHGPD. Nous sommes ici aujourd’hui afin d’interpeller la haute direction des Hôtels Gouverneur, qui détient le pouvoir de donner des mandats clairs à la partie patronale pour qu’enfin, nous réglions ce conflit ».

« Plusieurs autres grands hôtels de la métropole ont obtenu des ententes de principe et les éléments de la plateforme de la négociation coordonnée. À l’aube d’une nouvelle saison qu’on prévoit très occupée, il est clair que la haute direction des Hôtels Gouverneur a les moyens d’accorder les mêmes conditions de travail obtenues dans les autres établissements », de déclarer Michel Valiquette, trésorier de la Fédération du commerce–CSN et responsable politique de la négociation coordonnée de l’hôtellerie.

« Depuis le 2 septembre 1981, date de fondation de leur syndicat affilié à la CSN, plusieurs luttes exemplaires ont été menées par les travailleuses et les travailleurs qui vivent actuellement ce conflit. Au nom de la CSN, je tiens à saluer leur courage, leur détermination et surtout, leur solidarité légendaire qui leur a permis d’obtenir les conditions de travail qui sont les leurs », de souligner Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN.

« Les membres du syndicat font face à un employeur odieux qui les a mis en lock-out dix jours avant Noël. Depuis deux mois, elles et ils sont sur le trottoir et quand on les côtoie, on peut constater à quel point leur persévérance et leur combativité demeurent exemplaires. Je leur lève mon chapeau ! Ils peuvent compter sur notre entière solidarité pour mener leur lutte jusqu’à ce qu’ils obtiennent satisfaction », de conclure Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal Métropolitain (CCMM–CSN)

Rappelons que la direction de l’Hôtel des Gouverneurs Place Dupuis a décrété un lock-out le matin du 14 décembre dernier, à la veille du congé des fêtes. La prochaine date de négociation est prévue le 24 février

 

Le gouvernement Couillard doit tenir compte des préoccupations des travailleuses et des travailleurs

À l’ouverture du Rendez-vous national sur la main-d’œuvre, les présidences des centrales syndicales québécoises lancent un message clair au gouvernement Couillard : la qualité de vie au travail doit être au cœur des moyens mis en œuvre dans une stratégie visant à assurer le développement économique du Québec et la prospérité de l’ensemble des Québécoises et Québécois.

Après près de trois années de ce gouvernement consacrées à l’austérité, les centrales syndicales accueillent favorablement l’ouverture au dialogue qui se concrétise par ce rendez-vous. Cependant, elles souhaitent que ce soit aussi l’occasion pour le gouvernement de Philippe Couillard de démontrer qu’il ne penche pas systématiquement du côté des employeurs, qui souhaitent orienter l’éducation selon leurs stricts besoins à très court terme, et qu’il prêtera une oreille attentive aux propositions du mouvement syndical.

Pour assurer un développement économique, les centrales syndicales plaident pour une relance des secteurs manufacturier et industriel, ainsi que pour la création d’emplois de qualité dans un contexte de développement durable. Le gouvernement du Québec doit se mettre en marche pour inciter les entreprises à investir en innovation, en recherche et en développement, et ce afin d’assurer la vitalité de l’économie québécoise. Les centrales rappellent également le rôle majeur des services publics comme moteur de développement économique, particulièrement en région, et soulignent que les problématiques de main-d’œuvre y sont aussi bien présentes, notamment en raison des mesures d’austérité des dernières années.

Le recul de la population en âge de travailler est préoccupant. De même, les impacts possibles des évolutions technologiques et de la lutte aux changements climatiques sur les travailleuses et les travailleurs et leur maintien en emploi doivent être au cœur des discussions. Toutefois, il faut préserver la mission des réseaux de l’éducation et de l’enseignement supérieur, qui doivent former les jeunes et les adultes pour qu’ils puissent s’épanouir afin de participer pleinement à la société. Le gouvernement doit s’assurer d’un financement qui leur permet de préserver leur mission, en maintenant une formation générale et une offre variée de programmes, et de jouer adéquatement leur rôle à cet égard dans toutes les régions du Québec. Restreindre leur mission aux seules préoccupations patronales limiterait profondément les compétences des jeunes et des adultes et leur mobilité dans une économie en constante évolution.

Le gouvernement Couillard doit impérativement considérer la question des conditions de travail et de la qualité de vie au travail des emplois actuellement disponibles. Il est faux de prétendre à une pénurie de main-d’œuvre qui serait liée strictement à un manque de compétences et de qualification des travailleuses et des travailleurs. La qualité des emplois disponibles, le niveau de la rémunération, l’organisation du travail, les carences en santé et en sécurité du travail, notamment sur le plan de la santé mentale, l’existence de disparités de traitement dans la couverture de régimes de retraite dans certains milieux de travail, nuisent très certainement à la nécessité pour certains employeurs de combler les postes dans leurs entreprises.

En outre, l’adoption d’une loi-cadre sur la conciliation famille-travail-études et des services de garde éducatifs adéquats permettraient très certainement à un plus grand nombre de jeunes parents – au premier chef les femmes – de ne pas avoir à faire des choix déchirants pour accéder au marché du travail et de se maintenir en emploi, en plus de permettre de pourvoir les emplois disponibles et ceux qui le deviendront dans un avenir rapproché.

L’absence de règlementations, au Québec, visant les agences de placement, un vivier des pires conditions de travail dans lequel sont confinés des milliers d’ouvriers, dont un nombre considérable d’immigrantes et d’immigrants, constitue aussi un écueil important sur le chemin de la stabilisation des emplois et de la main-d’œuvre.

En ce sens, la bonification de la Loi sur les normes du travail et un salaire minimum qui permette de sortir de la pauvreté doivent aussi être considérés dans les pistes d’action du gouvernement. Il est également important que le Québec se rallie au projet de bonification du régime public de retraite (RRQ), que le reste du Canada a accepté.

Les centrales syndicales déplorent le peu d’espace qui est accordé à ces questions essentielles qui sont pourtant au cœur d’une stratégie visant à répondre à un marché du travail qui évolue rapidement. Dans ce débat qui concerne les emplois disponibles, l’attraction et la rétention de la main-d’œuvre, les employeurs ont une responsabilité à laquelle ils ne peuvent se soustraire. Il en est de même de leur rôle dans le financement des différents programmes qui doivent être déployés.

À cet égard, les entreprises doivent s’engager à financer adéquatement la formation, l’accueil et l’intégration en emploi. Au fil des années, elles n’ont cessé de réclamer une diminution de leurs charges fiscales et il est déplorable que les gouvernements qui se sont succédé aient répondu positivement à leurs demandes, privant ainsi le Québec d’importantes ressources. L’éducation, l’enseignement supérieur, le perfectionnement et la formation continue ne peuvent être financés uniquement par les contribuables. Les entreprises doivent assumer pleinement leurs responsabilités sociales à ces égards.

Le gouvernement doit également agir sur les obstacles qui limitent l’accès à la formation. Pensons notamment à la formation professionnelle uniquement financée à temps plein, à l’enjeu des petites cohortes en région qui ne peuvent démarrer faute de ressources financières adéquates ou aux enveloppes fermées en formation continue. L’accessibilité est un vrai problème.

Nous sommes déterminés à agir en ce sens dans l’intérêt supérieur des Québécoises et des Québécois.

François Vaudreuil, président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD)

Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN)

Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

Daniel Boyer, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

Coupes aveugles chez les techniciens et professionnels de la SAQ

Pour le Syndicat du personnel technique et professionnel de la SAQ (SPTP–SAQ), affilié à la CSN, la nouvelle vague de coupes de postes chez le personnel administratif ne permettra pas à la SAQ d’atteindre ses objectifs d’optimisation. Des membres du syndicat ont dénoncé les abolitions de postes ce midi, à l’occasion d’une manifestation devant le siège de l’entreprise, et ont été rejoints par des travailleuses et des travailleurs des magasins des bureaux et des entrepôts de la SAQ.

Depuis deux ans, la SAQ a coupé plus de 20 % des postes du personnel technique et professionnel. En supposant que la SAQ utilise entièrement la suppression d’une centaine de postes annoncée en janvier pour baisser encore ses prix, cela représenterait, au maximum, une baisse de 4 sous par bouteille vendue. Toutefois, la SAQ se prive par le fait même d’une expertise importante. De plus, ces coupes de postes entraîneront inévitablement une augmentation de la charge de travail de celles et ceux qui demeurent en poste, ainsi que des employé-es en succursale qui doivent pallier cette perte d’effectifs.

Une étude menée l’an dernier par le SPTP–SAQ auprès de ses membres montrait une augmentation importante de la charge de travail et des problèmes de santé psychologiques au travail, découlant en partie des précédentes compressions.

« Ce qu’on constate au quotidien, c’est que, à cause de ces décisions, l’organisation se trouve complètement déstabilisée. Plusieurs projets de développement sont carrément mis en veilleuse car il n’y a plus personne pour y travailler, explique la présidente de SPTP–SAQ, Sandrine Thériault. Ces coupes mettent à mal la capacité de la SAQ de maintenir ses très hauts standards. Nous sommes d’autant plus choqués que nous avions accepté, comme syndicat, de travailler avec la SAQ en entente de partenariat. En établissant des cibles conjointes quant à nos besoins organisationnels, je suis convaincue que nous aurions su dégager des orientations beaucoup plus créatives que de couper aveuglément 100 emplois pour réduire de 4 sous le prix d’une bouteille ! »

« C’est une bonne nouvelle pour personne, que la direction de la SAQ choisisse de se comparer à Couche-Tard ou à Dollarama dans la gestion de son personnel, déplore le président de la CSN, Jacques Létourneau. Pour améliorer son modèle d’affaires, la SAQ aurait avantage à miser sur sa véritables force : ses salarié-es qui ont contribué à bâtir la société d’État ».

 Un affaiblissement de la SAQ
« Laissons de côté un instant tout le discours fataliste et démagogique à l’égard de la SAQ, poursuit le trésorier de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Yvan Duceppe. La réalité, c’est que la SAQ est très performante, et elle continue de s’améliorer. Mais les compressions risquent de nuire grandement à ces progrès. En surchargeant le personnel, en le mettant de côté dans les grandes décisions, c’est le service à la clientèle et la qualité de l’expérience client qui finira par en souffrir. Comment croire que la SAQ en sortira vraiment gagnante ? On prétend vouloir répondre aux critiques contre le monopole public en tentant de l’aligner aux pratiques commerciales du secteur privé mais dans les faits, on l’affaiblit ! ».

 Enfin, la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain, Dominique Daigneault, a réitéré l’appui inébranlable de la CSN à l’égard des salarié-es de la SAQ qui vivent toujours dans l’incertitude. Ils ne voient pas le bout du tunnel de la réorganisation, en cours depuis plusieurs années. « Les dernières coupes sont clairement de trop. Si le résultat est une augmentation de la sous-traitance et une plus grande part de contrats avec des entreprises tierces, les économies espérées par l’employeur pourraient s’évaporer très rapidement. Et, par-dessus tout, l’employeur doit cesser de presser le citron des salarié-es de la SAQ qui ont fait plus que leur part ces dernières années ».

La CSN lance la première phase de son enquête sur les impacts des transferts du personnel des CLSC vers les GMF

Alors que les transferts du personnel des CLSC vers les Groupes de médecine de famille (GMF) battent leur plein, la CSN lance la première phase d’une vaste enquête à l’intention de ses membres afin de documenter les effets de ces transferts sur le personnel concerné ainsi que sur l’accessibilité aux services sociaux pour la population.

« Nous continuons à soutenir les professionnel-les ainsi que le personnel de bureau et de l’administration directement touchés par la situation, comme nous l’avons fait depuis l’annonce initiale des transferts par le ministre Barrette, souligne d’entrée de jeu le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. Il est important pour nous de connaître la réalité sur le terrain de ces travailleuses et travailleurs afin de pouvoir mesurer les répercussions des transferts et d’être en mesure d’agir en conséquence ».

La CSN a dénoncé à de nombreuses reprises la philosophie du ministre Barrette qui fait de plus en plus graviter tout le système de santé et de services sociaux autour des médecins. « Prenons le cas d’une personne qui éprouve des problèmes d’ordre psychosocial, comme des difficultés relationnelles importantes à la maison ou au travail. Si elle a un médecin de famille en GMF, elle devra d’abord le consulter. Le médecin va facturer la RAMQ pour ensuite la référer à un travailleur social du GMF ou du CLSC si son cas est urgent et nécessite un suivi de moyen ou long terme. Cette manière de procéder va augmenter les coûts du système et menacer sa pérennité. C’est complètement irresponsable de la part du gouvernement ».

La CSN craint également que ce drainage des ressources des CLSC vers les GMF entraîne non seulement une surcharge de travail et une pression accrue sur le personnel des CLSC, mais une réduction de l’accès aux services sociaux pour la population, particulièrement pour les personnes vulnérables ainsi que pour celles qui n’ont pas de médecin de famille.

« Notre enquête nous donnera l’heure juste concernant les pressions que fait subir le gouvernement sur les personnes concernées par les transferts. Elle s’inscrit dans une série d’actions menées par la CSN pour protester contre la réforme Barrette du système de santé et de services sociaux. Jamais nous ne laisserons tomber les travailleuses et travailleurs du réseau », conclut Jean Lacharité.

Optilab, ç’a pas d’bon sang!

Le président du Conseil central Côte-Nord (CSN), Guillaume Tremblay, le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier et la députée péquiste de la circonscription de Duplessis, Lorraine Richard, interpellent le gouvernement pour qu’il renonce au projet Optilab sur la Côte-Nord, comme il l’a fait pour le Grand Nord. Pour appuyer leur démarche, ils invitent les citoyennes et citoyens de la région à participer à l’action de visibilité : Optilab, ç’a pas d’bon sang! contre le controversé projet de centralisation des laboratoires médicaux du ministre Barrette.

« Nous signons aujourd’hui ces trois éprouvettes pour nous opposer au transfert de nos prélèvements hors de la région et nous invitons également toute la population à en faire autant. Plus nous serons nombreux à le faire, et plus le message sera clair ! Il faut mettre la pression nécessaire sur le ministre Barrette pour qu’il fasse marche arrière sur l’un des enjeux de santé de l’heure », ont déclaré Guillaume Tremblay, Lorraine Richard et Réjean Porlier. Une signature d’éprouvettes sur tout le territoire est prévue au cours des prochains jours pour amasser le plus d’éprouvettes possible dans la région.

Rappelons que les syndicats du Grand Nord affiliés à la CSN ont obtenu la confirmation à l’effet que les laboratoires médicaux et le personnel de ces laboratoires maintiendront leurs activités dans les établissements du Nunavik et des Terres-Cries-de-la-Baie-James. La CSN, la Régie régionale du Nunavik et le centre régional de la Baie-James sont intervenus à de nombreuses reprises pour dénoncer la volonté du gouvernement de retirer ces services essentiels à la région du Grand Nord. La CSN, le maire de Sept-Îles et le Parti Québécois entendent bien parvenir au même résultat sur la Côte-Nord.

« On apprenait récemment que le gouvernement ne compte pas réaliser d’économies avant la quatrième année d’implantation du projet Optilab. Or, selon les aveux mêmes du ministre Barrette lors d’une rencontre avec le Conseil central Côte-Nord (CSN), il n’y a aucune économie à réaliser dans la région, même après quatre ans, compte tenu de son faible bassin de population et de l’étendue du territoire! Aucune économie, moins de services et moins d’emplois, c’est ça le plan du gouvernement pour notre région. On s’y oppose fermement. Nous refusons aussi de perdre notre autonomie régionale et de dépendre du laboratoire de Chicoutimi, vers lequel seront transférés 80 emplois », a expliqué Guillaume Tremblay.

« À maintes reprises, des incidents ont démontré les risques associés à un tel projet pour la Côte-Nord. Il y a deux semaines à peine, un transporteur d’échantillons a dû rebrousser chemin en raison d’une forte tempête hivernale et n’a jamais pu se rendre à destination. Cela démontre bien la nécessité de garder nos laboratoires médicaux chez nous ! », a poursuivi Lorraine Richard.

« Faire transiter des échantillons de la Côte-Nord vers le Saguenay est complètement insensé. La centralisation tous azimuts proposée par le gouvernement nuit au développement de notre région. Nous interpellons toutes les citoyennes et tous les citoyens pour qu’ils fassent entendre concrètement leur refus du projet Optilab chez nous. Si le gouvernement a reculé pour le Grand Nord, il peut aussi reculer pour la Côte-Nord ! » a conclu Réjean Porlier, le maire de Sept-Îles.

 

 

 

La CSN revendique un soutien d’urgence aux médias écrits

Aujourd’hui, la CSN demande au gouvernement de Philippe Couillard de prévoir un soutien d’urgence aux médias écrits dans son prochain budget. Deux mesures sont avancées à cet égard : un crédit d’impôt sur la masse salariale et l’intégration de la presse écrite aux programmes existants de modernisation technologique.

« Lors du dernier congrès de la CSN, qui s’est tenu en mai 2014 à Québec, nous avions déjà interpellé le gouvernement au moment même où le Bureau de la concurrence du Canada acceptait l’acquisition par Transcontinental de 74 journaux hebdomadaires de Québecor Média, transaction qui a par la suite entraîné une vingtaine de fermetures et plus d’une centaine de pertes d’emplois dans des régions du Québec. Ce déclin de la presse écrite qui se poursuit n’est pas sans conséquence : selon le Bilan 2016 : État de la nouvelle, d’Influence Communication, les régions n’existent tout simplement plus dans l’univers médiatique québécois, de déplorer Jacques Létourneau président de la CSN. Il est inconcevable que 50 % de la population de notre province n’entend presque plus parler d’elle-même, de ce qui se passe dans leur région, de leur vie culturelle et de leur vie communautaire ».

À ce sujet, au début de la présente semaine, la FNC–CSN a fait parvenir aux 125 député-es de l’Assemblée Nationale une correspondance incluant un résumé de 14 recommandations visant à soutenir l’ensemble des médias dans la crise actuelle.

« Les médias écrits ont urgemment besoin de soutien pour faire face aux multiples transformations qu’ils vivent depuis plusieurs années. La Fédération nationale des communications–CSN se penche depuis plus d’un an sur les avenues prometteuses qui s’offrent aux pouvoirs publics afin d’aider la presse écrite à traverser cette crise. L’introduction d’un crédit d’impôt sur la masse salariale de 25 % dans les grands centres et de 35 % dans les régions coûterait annuellement entre 10 et 13 millions de dollars, de souligner Pascale St-Onge, présidente de la FNC–CSN. Afin de soutenir le virage numérique de ces entreprises de presse, nous proposons d’inclure un volet presse écrite dans le Plan culturel numérique du Ministère de la culture ainsi que dans le volet Culture et numérique de la Stratégie numérique du Québec lancée par le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation qui en est responsable. La firme MCE Conseils a évalué que ces deux mesures seraient compensées par le maintien des recettes fiscales dans ce secteur ».

Clément Allard

Nous vous invitons à prendre connaissance de l’étude complète de MCE Conseils commandée par la FNC–CSN et dévoilée en mai 2016. Plusieurs directions de médias écrits revendiquent également un soutien financier gouvernemental pour faire face aux bouleversements actuels.

« Nous assistons à un déclin général des médias, en grande partie à cause de l’instabilité économique créée par la perte des recettes publicitaires qui sont redirigées vers les géants du Web, tels Google et Facebook. Les entreprises qui produisent des contenus au Québec se retrouvent donc à financer les profits de multinationales qui ne contribuent pas à la vitalité de nos médias. En attendant des mesures concrètes pour contrer cette dynamique malsaine, le gouvernement doit garantir le droit du public à l’information et la diversité des voix, qui sont présentement fragilisés par des choix économiques. Voilà pourquoi nous demandons une action immédiate visant à stabiliser et renforcer une des bases incontournables de notre démocratie », de conclure madame St-Onge.

 

Un colloque de la CSN sous le signe de la santé et de la sécurité au travail

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) tient aujourd’hui un colloque sur le cadenassage et autres méthodes de contrôle des énergies, au Best Western Hotel Universel à Drummondville. Initié par la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM), la Fédération du commerce (FC) et la Fédération des employées et employés des services publics (FEESP), l’événement vise à faire le point sur l’état de la réglementation en matière de méthode de contrôle des énergies et ses impacts sur la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs.

Entre 2010 et 2014, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a recensé 4643 accidents de travail, soit une moyenne de 928 événements liés à l’absence ou à l’usage défaillant du cadenassage dans différents secteurs d’activités, tant industriel, commercial, municipal que scolaire. Chaque année, quatre personnes meurent d’un accident du travail faute d’un cadenassage sécuritaire de la machinerie en cas de démarrage accidentel ou volontaire.

Pour Jean Lacharité, vice-président de la CSN : « Il est absolument inconcevable qu’en 2017, des travailleurs et des travailleuses laissent leur santé et même leur vie en raison de l’inefficience des mesures de cadenassage. Les entreprises doivent prendre conscience qu’elles peuvent et doivent agir rapidement pour réduire, voire enrayer le nombre d’accidents du travail. De leur côté, les syndicats et leurs membres doivent être sensibilisés à la nécessité de mettre en place et de respecter les conditions entourant l’usage sécuritaire de la machinerie, peu importe le secteur d’activité. »

Le colloque porte sur la présentation de la réglementation sur le contrôle des différentes énergies, notamment mécanique, électrique, pneumatique, hydraulique, chimique, thermique. À cet effet, les participants pourront discuter avec un conseille-expert en prévention-inspection de la CNESST. La deuxième partie est axée sur la judiciarisation croissante par l’entremise de mesures disciplinaires en lien avec le cadenassage. Enfin, les délégué-es syndiqués présents au colloque vont faire état de l’application de la réglementation dans leur milieu de travail dans une perspective de prévention en santé et sécurité du travail.

Quelque 160 personnes issues notamment des secteurs de l’industrie manufacturière, du commerce, des municipalités et du réseau scolaire participent à cet événement avec le concours du service des relations du travail de la CSN et de la CNESST.

 

La bulle de Pierre-Yves McSween : une vision comptable des CPE

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) veut ici rectifier les faits rapportés dans la chronique de l’économiste Pierre-Yves McSween intitulée « La bulle financière des CPE », diffusée dans La Presse du 8 février. D’entrée de jeu, l’auteur pose la question de la pertinence des CPE strictement en termes comptables et financiers. C’est ignorer le fait que les services éducatifs de qualité offerts en CPE, tout comme en milieu familial régi d’ailleurs, ont un impact positif sur le développement des enfants et sur leur bien-être. L’impact est d’autant plus important pour les enfants de milieux défavorisés.

La CSN a souvent dénoncé et continue de décrier le choix du gouvernement qui, par ses mesures fiscales et tarifaires récurrentes, encourage ouvertement les parents à recourir aux garderies commerciales pour des motifs strictement financiers plutôt qu’au réseau des services de garde régi et subventionné. La qualité des services éducatifs devrait être leur critère le plus important. La plus récente enquête Grandir en qualité a démontré, une fois de plus, que les services offerts en CPE sont de meilleure qualité que ceux offerts en garderies commerciales.

Bien que les CPE ne fassent pas partie du réseau public de l’éducation, nous considérons à la CSN qu’ils ne doivent pas pour autant être considérés comme de simples PME fabriquant des produits de consommation. L’éducation des enfants ne doit donc pas être traitée comme une marchandise. L’impact de services de piètre qualité peut entraîner des effets négatifs à long terme sur le développement d’un enfant. Plusieurs études convergent en ce sens.

Par ailleurs, l’article de Pierre-Yves McSween suggère que les conventions collectives des travailleuses et des travailleurs empêchent des CPE d’optimiser leur gestion des ressources. Or, les conventions collectives respectent en tout point la Loi sur les services de garde éducatifs à l’enfance et son règlement. D’ailleurs, sans ces conventions collectives, les travailleuses seraient maintenues dans des conditions de travail indécentes, ce qui génèrerait dans les CPE un roulement élevé de personnel contraire aux intérêts des enfants, comme c’est le cas dans les garderies commerciales.

Actuellement, plusieurs CPE regroupent les enfants en début et en fin de journée alors qu’ils sont moins nombreux. Par contre, on ne peut pas trimballer les enfants d’un groupe à l’autre tout au long de la journée pour s’assurer du ratio maximal. C’est faire preuve d’une méconnaissance des services éducatifs et des liens d’attachement que de penser ainsi.

Les CPE sont le prolongement des garderies communautaires créées et gérées par les parents et les travailleuses. Ce modèle a fait ses preuves. Y a-t-il  place à amélioration ? Bien sûr ! La formation aux nouveaux administrateurs devrait être largement offerte et promue. Des formations sur les enjeux spécifiques de certains CPE devraient aussi être disponibles. La présence de travailleuses au CA devrait être obligatoire, en raison de leur connaissance fine et complémentaire à celle des parents.

Mais pour bien fonctionner, les CPE ont également besoin d’un financement adéquat. Les CPE font partie d’un programme national de services éducatifs à la petite enfance, mis en place depuis une vingtaine d’années, dont le financement est versé aux prestataires de services et non aux parents. D’ailleurs, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) recommande ce type de financement pour les services de garde. Pourtant, le gouvernement a imposé depuis 2014 des compressions budgétaires de plus de 300 millions de dollars dans le réseau des services de garde en raison de ses politiques d’austérité. Il a en outre mis fin au tarif universel et décrété des hausses récurrentes variant en fonction du revenu familial, forçant les familles à assumer davantage pour les services de garde éducatifs.

Monsieur Pierre-Yves McSween, vous vous inquiétez pour les services de garde en CPE ? Il serait peut-être temps de jeter un coup d’œil sur les impacts des politiques d’austérité du gouvernement.

– Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN

Le gouvernement se prépare sciemment à sacrifier la santé de ses employés

La CSN condamne l’improvisation et la précipitation du ministre Barrette qui fonce tête baissée pour implanter le projet Optilab alors qu’il sait pertinemment que ce projet risque d’avoir des impacts sur la santé du personnel. La centrale exhorte le gouvernement libéral à imposer un moratoire au projet Optilab, une demande soutenue de toutes parts. Il doit reculer comme il l’a fait pour les établissements de santé du Grand Nord.

« Mais que va-t-il falloir au gouvernement pour renoncer à ce projet bâclé ? s’est exclamé le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. Les documents obtenus en vertu de la loi d’accès à l’information et dont TVA faisait état hier nous apprennent que le ministre compte faire ses économies grâce à la réduction d’effectifs et donc sur le dos du personnel. Tout cela est inacceptable. »

Bloquer la privatisation
« Les répercussions d’Optilab sur la santé de la population ont été dénoncées à maintes reprises. Ce projet présente aussi des risques sérieux pour la santé des techniciennes et techniciens en laboratoire qui devront encaisser la surcharge de travail causée par les suppressions de postes. Et le gouvernement le sait. Au final, la population est perdante, les employé-es sont perdants et le gouvernement lui-même dit qu’il sera difficile d’évaluer la performance des laboratoires. À qui servira le projet Optilab ? », poursuit-il.

« On apprend aussi que le ministre aurait mis en place des scénarios d’optimisation au cas où l’efficacité de son projet ne serait pas au rendez-vous, poursuit Jean Lacharité. Le détail concernant ces plans B n’a malheureusement pu être obtenu par la loi d’accès à l’information. S’agit-il de projets de privatisation des laboratoires publics, une fois ceux-ci centralisés ? Si c’est ce que le ministre a en tête, qu’il sache que nous nous opposerons à toute privatisation complète ou partielle des laboratoires médicaux et de tous les services qui y sont associés, comme le transport des échantillons», conclut-il.

 

 

Toujours vivant

L’édition 2017 du concours Chapeau les filles! Excelle Science est lancée! Organisé par le ministère de l’Éducation du Québec, ce concours vise à reconnaître la volonté et le travail des femmes inscrites à un programme de formation professionnelle ou technique conduisant vers un métier traditionnellement masculin. Il encourage les jeunes femmes à poursuivre leurs études dans des disciplines offrant généralement de bonnes conditions salariales et contribue à créer des modèles de réussite féminins dans des secteurs d’emploi majoritairement masculins.

En 2014, la CSN avait dénoncé la suspension en douce du concours par le gouvernement libéral, pour cause d’austérité. L’annonce avait été si mal accueillie au sein de l’opinion publique, que le gouvernement avait dû rétablir à tout le moins le volet national du concours Chapeau les filles! Excelle science.

Pour connaître les modalités du concours, cliquez ici.

La CSN exhorte le gouvernement à rejeter le renouvellement de l’entente

La CSN revient sur les révélations de l’émission Enquête diffusée hier et qualifie de scandaleuses les deux ententes conclues dans le cadre d’un partenariat public-privé entre le CISSS des Laurentides et l’Institut de l’œil des Laurentides lors de la rénovation de l’hôpital de Saint-Jérôme. Elle exhorte le ministre Barrette à annoncer dès aujourd’hui la fin de toute négociation pour renouveler et même étendre une entente qui s’est avérée coûteuse pour le CISSS de Saint-Jérôme.

« Le reportage d’Enquête démontre clairement ce qu’on dénonce depuis des années : les partenariats public-privé sont dangereux pour la qualité des soins à la population et mettent sérieusement en péril les finances publiques. Le ministre Barrette a le devoir, aujourd’hui même, de s’engager à ce qu’aucune entente de la sorte ne soit reconduite pour l’avenir », souligne d’entrée de jeu le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

Selon Enquête, les médecins propriétaires de la clinique auraient facturé plus de 3 millions en frais accessoires et auraient empoché, seulement pour l’année 2011, des profits nets de 4,9 millions de dollars. « Le CISSS se retrouve aujourd’hui placé devant un problème qu’il a lui-même créé en recourant à un partenariat public-privé qui vient appauvrir le réseau public, dénonce pour sa part la présidente du Conseil central des syndicats nationaux des Laurentides (CSN), Chantal Maillé. Le reportage illustre aussi les effets pervers du mode de rémunération à l’acte des médecins, et de leur statut d’entrepreneur. Un débat public s’impose sur cette question. »

« Depuis que le ministre Barrette est au pouvoir, le privé a gagné une place inquiétante dans les soins de santé et de services sociaux qui sont dispensés au Québec, renchérit Jean Lacharité en énumérant quelques exemples comme les groupes de médecine familiale, le projet Optilab ou les soins de santé à domicile. Aujourd’hui, on voit ce à quoi nous conduit la privatisation des services publics de santé et ce n’est pas beau du tout. Pour une énième fois, nous demandons au gouvernement de mettre un terme à la privatisation en douce du système de santé et de services sociaux. Les services doivent être assurés à l’intérieur du réseau public », conclut-il.

À propos
La CSN est composée de près de 2000 syndicats et regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

 

Toutes et tous unis pour mettre fin aux paradis fiscaux 

Les milieux de la santé, de l’éducation, de l’environnement, de la recherche, des affaires, de la coopération internationale, des arts et de la culture, de la lutte à la pauvreté, de la jeunesse, de la défense des droits de la personne et des organisations syndicales, dont la CSN, s’unissent pour demander à nos gouvernements de mettre fin à l’ère des paradis fiscaux. L’impôt est un pilier essentiel de notre société démocratique, mais nous devons changer les règles de ce système fiscal afin de nous assurer que tous paient leur juste part. Pour y arriver, une forte mobilisation de la société civile est nécessaire.

Il y a quelques jours, Oxfam annonçait que 8 hommes possèdent autant que la moitié de la population mondiale. Alors que les inégalités économiques n’ont jamais été aussi grandes, un réseau international de paradis fiscaux permet aux multinationales et aux détenteurs de grandes fortunes de contourner l’impôt et prive ainsi les Trésors publics du financement qui leur est dû.

Au Canada et au Québec, c’est à coup de milliards de dollars que les gouvernements pourraient réinvestir dans les services publics s’ils luttaient efficacement contre les paradis fiscaux. En privant les gouvernements de ressources importantes, les paradis fiscaux nuisent directement à la capacité des États à financer les infrastructures publiques et les services sociaux dont la population a besoin et dont les entreprises profitent elles-mêmes.

C’est pour rallier l’ensemble des acteurs touchés par les paradis fiscaux qu’Oxfam-Québec, en collaboration avec le collectif Échec aux paradis fiscaux, a lancé en avril 2016 la campagne À la recherche des milliards perdus. Dans le cadre de cette campagne, des hommes, des femmes et des jeunes ainsi que des organisations et autres acteurs de la société demandent aux gouvernements fédéral et provincial d’agir pour mettre fin à l’ère des paradis fiscaux.

Les résultats concrets de cette campagne sont :

  1. Une déclaration signée par plus de 100 organisations et personnalités publiques.
  2. Une pétition signée par plus de 24 000 citoyennes et citoyens.
  3. Une consultation citoyenne, menée auprès de 2500 personnes, qui porte sur le coût social des paradis fiscaux.

 Précisément, nous demandons aux gouvernements québécois et canadien de :

  • Faire de la lutte aux paradis fiscaux une priorité absolue et s’attaquer fermement au recours qu’en ont les grandes entreprises et les particuliers fortunés.
  • User de tous les pouvoirs que leur confère leur champ de compétences afin de renforcer les lois et règlements pour que ces pratiques inadmissibles deviennent illégales.
  • Jouer un rôle de chef de file dans le cadre des discussions et des initiatives internationales visant à endiguer le phénomène du recours aux paradis fiscaux.

Nous invitons les organisations, les entreprises et les personnalités qui n’ont pas signé, mais souhaiteraient le faire à communiquer avec nous jusqu’au vendredi 10 février 2017.

« À quelques semaines du dépôt des budgets, plus de cent organisations et personnalités publiques joignent leur voix pour demander à nos gouvernements de rendre illégaux des mécanismes qui sont aujourd’hui parfaitement légaux et qui facilitent le recours aux paradis fiscaux. Les solutions sont à leur portée. Il s’agit d’en faire une priorité ».
Denise Byrnes, directrice générale d’Oxfam-Québec.

Un an après les attentats, les mouvements sociaux sont toujours mobilisés

Un reportage d’Amélie Nguyen, coordonnatrice du Centre international de solidarité ouvrière (CISO)

Loin de s’être affaiblis suite au coup d’État de 2015 ou à l’attentat du 12 janvier 2016, les groupes de la société civile au Burkina Faso demeurent organisés, forts et mobilisés pour favoriser une amélioration des conditions de vie de la population et faire face à la « vie chère » ensemble. Nous les avons rencontrés en décembre 2016 pour faire le point sur l’action du CISO, dont est membre la CSN.

En 2014, malgré les coupures de financement imposées par le gouvernement Harper, le CISO et ses membres décident de financer un projet d’appui aux travailleuses et travailleurs de l’économie informelle au Burkina Faso, d’une durée de deux ans. C’est alors que se consolide une collaboration entre deux intersyndicales : le CISO au Québec et au Burkina, l’Unité d’action syndicale (U.A.S.), deux syndicats autonomes d’enseignants  ainsi que la coordination locale de la Marche mondiale des femmes. Les préoccupations de genre sont au coeur du projet, puisque 74% des travailleuses et travailleurs de l’économie informelle sont des femmes.

L’austérité en cause

L’économie informelle, en marge du contrôle de l’État, est caractérisée par des salaires extrêmement bas, des heures de travail illimitées, une absence de protection sociale (pension de vieillesse, assurance santé, congés de maternité, etc.), de piètres conditions de santé et sécurité au travail et une grande insécurité financière et psychologique. Ce sont souvent les secteurs les plus pauvres et les plus vulnérables de la société qui y sont confinés et dans le cas du Burkina Faso, des travailleuses et travailleurs souvent peu alphabétisé.e.s.

Cette « économie de la débrouille », fruit de la résilience de populations marginalisées par le capitalisme mondialisé, occupe plus de 80% de la main d’œuvre burkinabé. L’austérité si chère à nos gouvernants y est pour quelque chose ; en effet, les mesures d’ajustement structurel imposées dans les années 80 et 90 par les grandes institutions financières internationales (Banque mondiale, Fonds monétaire international) à l’État burkinabé ont gonflé les rangs de l’économie informelle, repoussant des travailleuses et travailleurs qualifié.e.s du secteur public vers la précarité et l’informalité  et affaiblissant du même coup le mouvement syndical burkinabé. Le produit intérieur brut par habitant.e (en dollars constants de 2005) était de 630 $US au Burkina Faso en 2015, l’un des plus faibles au monde ; à titre de comparaison, il était de 50 000$US au Canada.

Un partenariat novateur

En décembre dernier, des membres de l’équipe du CISO se sont rendus au Burkina Faso à l’occasion du démarrage d’un nouveau projet : « Coordination Intersectorielle Burkinabè pour L’Emploi – CIBLE travail décent ».  Ce projet, qui s’échelonnera sur les 3 prochaines années, sera mis en œuvre en collaboration avec une coalition d’organisations de la société civile burkinabé avec l’appui financier du ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec. Il constitue en quelque sorte une seconde phase du « Projet d’appui au secteur de l’économie informelle » entrepris par le CISO en 2014  et vise à faire valoir et reconnaître les revendications des travailleuses et travailleurs de l’économie informelle dans le cadre du dialogue entre le gouvernement et les syndicats, par un appui à leur organisation, ainsi que par des formations sur le travail décent et des formations techniques liées à leur métier.

Si des formations sur les droits de la personne, la santé et la sécurité, la gestion de petites entreprises seront notamment données, l’intérêt du projet est qu’il rassemble les travailleuses et travailleurs afin qu’ils s’organisent ensemble et soient mieux à même de mieux faire valoir leurs revendications au sein des organisations syndicales et leurs droits auprès du gouvernement du Burkina Faso. Le groupe-cible est composé de femmes à  plus de 60% et le projet vise également les jeunes de l’économie informelle.

Le projet a été lancé officiellement à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso par les partenaires du projet et le CISO, en présence des médias et avec la participation active d’un nombre important de travailleuses et travailleurs de l’économie informelle.

Le partenariat novateur entre la Marche mondiale des femmes et les syndicats semble particulièrement porteur. Les croisements entre ces cultures organisationnelles et ces mandats différents engendrent un apprentissage mutuel qui teintera l’action des groupes de femmes et des syndicats au terme des 3 années de collaboration. Nous souhaitons ainsi que la lutte pour l’égalité des genres soit portée par les femmes de l’économie informelle, qui seront des actrices-clé du projet en tant qu’éducatrices et que mobilisatrices dans leur milieu.

Reste à dire que l’Unité d’action syndicale de Bobo-Dioulasso a chaleureusement remercié les syndicats québécois pour leur appui solidaire suite au coup d’État, qu’une mobilisation populaire exemplaire et rapide est parvenue à tuer dans l’œuf, limitant les violences fratricides.

Souhaitons que cette solidarité entre les travailleuses et travailleurs du Québec et du Burkina Faso se poursuive et s’accroisse dans les années à venir, à travers la richesse des échanges et des apprentissages réciproques ; d’un côté ou l’autre de la planète, nos luttes ont beaucoup plus en commun qu’on pourrait le croire.

La CSN invite ses membres et la population à se serrer les coudes

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) est extrêmement choquée par l’attentat islamophobe survenu hier au Centre culturel islamique du Québec à Sainte-Foy, qui a enlevé la vie à six personnes et blessé huit autres. Elle offre toute sa sympathie et sa solidarité aux familles et aux proches des victimes de cette épouvantable tuerie.

La montée des mouvements xénophobes, tant au Québec qu’ailleurs dans le monde, doit être catégoriquement condamnée. « Le Québec se doit d’œuvrer vers une société juste, accueillante et inclusive, ouverte à l’ensemble de sa population, a réagi le président de la CSN, Jacques Létourneau. Les musulmans québécois sont une partie intégrante du tissu social au Québec et nous invitons la population à être solidaire avec eux afin de contrer la violence, la haine et le terrorisme qui frappe aujourd’hui le Québec. Ensemble, nous devons intervenir et dénoncer les gestes et propos racistes dès qu’ils se manifestent. »

La CSN invite ses membres et la population à participer aux vigiles de solidarité qui se tiendront aujourd’hui à l’Église Notre-Dame-de-Foy à Québec , à 18 heures, au métro du Parc, à Montréal, à la même heure, et ailleurs au Québec.