La CSN au Saguenay – Lac-Saint-Jean et sur la Côte-Nord exige un moratoire sur le projet Optilab

Les conseils centraux du Saguenay – Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord de la Confédération des syndicats nationaux, la Fédération de la santé et des services sociaux et les syndicats des technicien-nes et professionnel-les de la santé et des services sociaux du Saguenay – Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord ont tenu aujourd’hui une manifestation à l’intersection des routes 138 et 172 afin d’exiger un moratoire sur la fusion des laboratoires médicaux au Québec (projet Optilab), projet qui touchera particulièrement ces régions. En effet, le projet prévoit une centralisation des laboratoires du Saguenay – Lac-Saint-Jean, de la Côte-Nord et même du Nord-du-Québec à Chicoutimi, un territoire qui représente plus de 2300 kilomètres d’un bout à l’autre.

Voir la vidéo à ce sujet.

« Nous bloquons aujourd’hui la route à raison de 10 minutes à l’heure afin de sensibiliser la population et démontrer au gouvernement les difficultés qu’amènent le projet Optilab pour nos régions. Une seule route relie la Côte-Nord à Chicoutimi, où se trouvera le laboratoire serveur. Un accident peut nous isoler complètement et priver la population des services auxquels elle a droit, comme c’est arrivé pendant plus de 8 heures il y a quelques semaines », explique Yvon Payeur, président du Syndicat des technicien-nes et professionnel-les de la santé et des services sociaux de la Côte-Nord – CSN (STPSSSCN-CSN).

La manifestation d’aujourd’hui représente donc la suite du plan d’action annoncé en début d’été par les syndicats affiliés à la CSN. « Nous sommes allés à la rencontre de nos membres durant la période estivale en organisant des BBQ et en faisant de l’affichage dans les établissements. Nous nous retrouvons ici, à la jonction de nos deux régions, pour exiger du gouvernement un moratoire sur le projet Optilab. Après les pétitions et les rencontres politiques, nous avons décidé de passer à un autre niveau, soit la mobilisation de nos membres et de la population », ajoute Nancy Poulin, porte-parole du Syndicat des technicien-nes et professionnel-les de la santé et des services sociaux du Saguenay – Lac-Saint-Jean – CSN (STPSSS02-CSN).

Selon les représentants syndicaux, l’analyse est claire, le projet Optilab est mal ficelé et improvisé. « Nous sommes face, encore une fois, à des décisions idéologiques du gouvernement du Québec. La centralisation des laboratoires est une attaque directe au réseau de la santé et des services sociaux et un pas de plus vers la privatisation et la tarification des services. Par notre campagne « Ma place en santé, j’y tiens », nous voulons dénoncer ces décisions qui ne font que réduire la qualité et l’accessibilité de la population aux services publics », souligne Engelbert Cottenoir, président du Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay – Lac-Saint-Jean – CSN.

Le caractère interrégional de la manifestation vient appuyer l’emphase que veut mettre la CSN sur l’importance de combattre cette nouvelle réforme. « Nous n’accepterons pas que nos régions se vident de leur expertise. Nous sommes ici aujourd’hui, le Saguenay – Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord, afin de dire, d’un même souffle, que le gouvernement ne réussira pas à nous diviser par ce genre de tactique. Nos valeurs et notre solidarité sont fortes à la CSN et nous comptons bien gagner cette nouvelle lutte ensemble ! », conclut Guillaume Tremblay, président du Conseil central de la Côte-Nord – CSN.

À propos de la CSN

La CSN est composée de près de 2000 syndicats et regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec. Elle représente 110 000 membres dans le réseau de la santé et des services sociaux, ce qui en fait la plus grande organisation syndicale dans ce secteur.

Le ministre Pierre Arcand doit stopper l’hémorragie

Des travailleuses et des travailleurs membres du Conseil central Côte-Nord – CSN, la Table des groupes populaires ainsi que des citoyens et des citoyennes de la région occupent la route 172 depuis 8 h ce matin, afin de protester contre les déménagements de plusieurs points de service et centres décisionnels gouvernementaux de la Côte-Nord vers le Saguenay–Lac-St-Jean. Une demande de rencontre avec le ministre responsable de la région, Pierre Arcand, est exigée.

Optilab, la goutte de trop

« La goutte qui a fait déborder le vase, c’est la décision de déménager des laboratoires médicaux, dans la foulée du projet Optilab, de notre région vers le Saguenay, explique le président du Conseil central Côte-Nord – CSN, Guillaume Tremblay. La nouvelle politique de fusionner plusieurs laboratoires se traduira inévitablement par une accessibilité réduite aux services de proximité et des pertes d’emplois qui auront un impact économique négatif sur la région ». Sans compter les risques liés aux transports d’échantillons, qui pourraient être endommagés, les erreurs d’analyse qui pourraient augmenter, et les délais qui seront plus longs.

Une région dévitalisée au profit du Saguenay-Lac-St-Jean

Le projet Optilab vient s’ajouter à d’importantes décisions qui contribuent, petit à petit, à dévitaliser la Côte-Nord. « Depuis un certain temps, nous savons que des postes de directions régionales sont soit abolis, comme c’est le cas au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, soit fusionnés avec ceux du Saguenay–Lac-St-Jean, comme c’est le cas pour le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs et celui de la Culture et des Communications. Existe-t-il d’autres directions régionales de ministères qui sont dans la mire du gouvernement ? » questionne le président du CCCN-CSN.

À cela s’ajoute l’absence de la Côte-Nord sur la liste des régions qui accueilleront les nouvelles « supercliniques » annoncées par le ministre Gaétan Barrette, ainsi que la problématique criante de

la main-d’œuvre indépendante qui travaille sur la Côte-Nord, mais qui retourne dépenser son argent à l’extérieur de la région.

Élu-es interpellés

Devant tant de décisions prises au détriment de notre région de la Côte-Nord, il faut se demander ce que font les maires de nos municipalités afin de stopper l’hémorragie. « Quel est le plan de l’Assemblée des MRC pour contrer ces choix politiques posés par le gouvernement actuel ? Nous les interpellons directement afin qu’ils fassent preuve de leadership et qu’ils se concertent autour de ces constats », affirme Guillaume Tremblay.

Une rencontre avec Pierre Arcand

Mais c’est au ministre Pierre Arcand que nous demandons dans les meilleurs délais, une rencontre sur la situation. Nous souhaitons lui faire part de nos inquiétudes, des attentes que nous avons à son égard, à titre de ministre responsable de la Côte-Nord et membre du Conseil des ministres, mais aussi de notre réelle volonté à se battre pour notre région. Nous sollicitons aussi les groupes sociaux ainsi que la population afin qu’ils se joignent à nous pour rester aux aguets et agissent pour maintenir l’accès aux soins et services auxquels nous sommes en droit de nous attendre.

L’élection fédérale doit permettre un changement de cap

Le Conseil central Côte-Nord (CSN), en coalition avec Action chômage Haute- Côte-Nord ainsi que la Table des groupes populaires, profiteront de la Campagne électorale au fédéral pour dénoncer les modifications faites au programme de l‘assurance-emploi au cours des dernières années qui sont devenues une véritable entreprise de démolition. Ils proposeront des moyens concrets pour que ce programme renoue avec sa fonction première d’accorder une sécurité financière aux travailleuses et aux travailleurs qui ont perdu leur emploi et ils interviendront auprès des formations politiques en lice dans la région pour qu’elles prennent formellement position à cet égard. Nous souhaitons remettre à l’avant-plan les mesures que nous avons conjointement revendiquées au cours des dernières années, soit : · une amélioration importante de l’accessibilité au régime d’assurance-emploi ; · une augmentation notable du taux de prestations ; · une plus longue période de prestations ; · une réelle caisse autonome ; · l’abolition du délai de carence.

Des cotisants exclus

Guillaume Tremblay, président du Conseil central Côte-Nord (CSN), ainsi que madame Line Sirois, coordonnatrice d’Action chômage Haute-Côte-Nord, et Michel Savard, de la Table des groupes populaires, travaillent ensemble sur cette question depuis de nombreuses années et ont toujours dénoncé haut et fort la dernière réforme imposée par le gouvernement Harper en 2012 et 2013, qui a touché de plein fouet les travailleuses et les travailleurs à statut temporaire et ceux de l’industrie saisonnière qui se retrouvent à plus de 60 % dans l’Est du Canada. « C’est une réalité qui nous affecte particulièrement sur la Côte-Nord », souligne Line Sirois. « Cette situation est présente notamment dans les secteurs comme celui de la pêche, de la forêt, de l’industrie touristique et de la construction. Dans les autres secteurs, des travailleurs peuvent être également touchés s’ils n’ont pas un statut d’employé permanent, ce qui est malheureusement de plus en plus fréquent chez beaucoup d’employeurs de la région », dénonce Guillaume Tremblay. Les porte-parole rappellent que « la couverture du programme d’assurance-emploi (le ratio prestataires/chômeurs) demeure excessivement basse, atteignant un plancher historique à 38,4 %. En d’autres mots, ce régime de protection sociale, pour lequel nous cotisons, ne joue plus le rôle qui lui avait été confié » rajoute Michel Savard. D’ailleurs, le gouvernement fédéral ne participe plus depuis plusieurs années à la caisse de l’assurance-emploi.

Une caisse qui fait des surplus Les trois représentants témoignent du fait que la caisse d’assurance-emploi est devenue une véritable vache à lait pour le gouvernement fédéral, dégageant des surplus importants qu’ils s’approprient. « Pour la seule année d’opération 2014-2015, la caisse a dégagé des surplus de 2 milliards de dollars que le gouvernement fédéral s’est approprié afin d’équilibrer son budget », un véritable vol ! Il a aussi rappelé que « de 1996 à 2009, le gouvernement fédéral s’est approprié plus de 57 milliards de dollars à même les cotisations excédentaires des employeurs et des employé-es. En juillet 2010, le gouvernement Harper confirmait qu’il ne rembourserait jamais ces sommes qui, pourtant, appartiennent aux travailleuses et aux travailleurs ». Ramener l’assurance-emploi à sa fonction première : protéger les travailleurs Il ne fait aucun doute que le programme de l’assurance-emploi doit retrouver sa fonction première, soit celle de protéger les travailleuses et les travailleurs en leur assurant une sécurité économique entre deux emplois. Il est d’ailleurs manifeste qu’aucun gouvernement ne peut plaider le manque de fonds pour s’opposer aux modifications demandées. Les trois organisations poursuivront, sans relâche et avec la même détermination, cet objectif de voir bonifier le régime d’assurance-emploi. Des rencontres ont été demandées avec les chefs des partis politiques afin de connaître leurs engagements sur le sujet. « La solution aux problèmes du régime d’assurance-emploi est politique : le législateur doit rétablir un programme qui protège sa population des conséquences économiques du chômage. Nous interpellons les partis politiques pour qu’ils s’engagent à régler les problèmes que nous soulevons », ont conclu les trois porte-parole.

La Côte-Nord attend toujours un projet solide et cohérent

À la suite du dépôt mardi dernier du Plan Nord à l’horizon 2035 par le gouvernement de Philippe Couillard, le Conseil central Côte-Nord-CSN (CCCN-CSN) tient à formuler les mêmes réserves qui avaient été mises de l’avant lors du dévoilement préliminaire de la première mouture de cet imposant projet.

À l’heure où le gouvernement impose diverses mesures d’austérité partout sur le territoire québécois, cette annonce d’investissements publics totalisant près de 2 milliards de dollars laisse plusieurs observateurs perplexes. « Dans les multiples revendications qu’elle porte, la CSN favorise le développement économique des régions dans la mesure où celui-ci respecte les besoins des populations qui seront au cœur des projets avancés. Or, historiquement, la Côte-Nord a souvent été négligée relativement à ce type de projet d’envergure.

Nous demeurons au rang de région ressource où l’extraction demeure la principale activité des entreprises présentes et où les travailleurs proviennent de l’extérieur, soutirant la création de la richesse qui devrait bénéficier collectivement à notre développement local et régional.  Encore une fois, le gouvernement débloque des fonds publics pour sa nouvelle mouture du Plan Nord alors que ses plans d’austérité justifient, selon lui, des ponctions majeures dans les finances publiques qui se traduiront inévitablement par des réductions de services dans la région », de préciser Guillaume Tremblay, président du CCCN.

Présenté à Montréal, le document déposé mardi affiche une facture visuelle digne des grandes firmes de relations publiques. À cet égard, comme dans bien d’autres annonces du gouvernement Couillard, la description du projet occulte des enjeux majeurs liés à ce plan qui expose davantage la forme de celui-ci que le fond. Pour le moment, principalement à cause de la faible valeur des métaux sur les marchés mondiaux, le niveau des investissements du secteur privé demeure totalement inconnu. « Le gouvernement nous propose une vision future du développement économique d’une immense région basée sur une hypothétique hausse de la valeur des ressources minières au même moment où l’économie mondiale navigue dans une mer de fluctuations et d’incertitude constantes.

L’imprévisibilité d’un nombre important de facteurs liés à ce projet constitue son problème central. En ce sens, nous ne sommes pas capables de saisir la cohérence d’une telle annonce dans un contexte de réduction des services publics et de démantèlement des structures de développement régional. Nous revivons encore le même scénario d’improvisation du développement du Plan Nord qui laisse miroiter de la richesse pour tous les Nord-Côtiers au moment même où le gouvernement coupe partout dans les services publics. Or, advenant une reprise réelle des activités minières, notre région pourra-t-elle offrir tous les services nécessaires à la population qui s’installerait chez nous », de demander monsieur Tremblay.

« Un seul exemple bien concret de cette improvisation : l’abolition de la Conférence régionale des élus de la Côte-Nord qui cumulait, année après année, plus de 150 dossiers divers pilotés par des professionnels du développement régional. En abolissant l’entièreté des 25 postes du CRÉ, les politiques d’austérité de ce même gouvernement mettent clairement en péril ces 150 dossiers qui s’intègrent socialement et économiquement dans nos communautés. À la lumière de ce seul exemple, comment Philippe Couillard peut-il sérieusement déclarer que cette nouvelle version du Plan Nord mettra de l’avant un développement durable exemplaire, selon une approche globale, intégrée, cohérente et responsable, de questionner le président du CCCN.

Actuellement, nous comptons environ 7500 emplois dans le secteur public et dans la fonction publique sur la Côte-Nord, des postes qui assurent une stabilité économique qui contrebalance la grande incertitude que laisse planer ce fragile projet dans notre région. Et nous réaffirmons haut et fort au gouvernement qu’il faut absolument consolider cette présence, voire l’augmenter, afin de garantir notre prospérité dans une perspective de développement économique durable qui nous assure une vision à long terme. »

À propos du conseil central

Le Conseil central Côte-Nord – CSN regroupe plus de 50 syndicats représentant plus de 5500 travailleuses et travailleurs.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Oui aux emplois, mais vigilance sur l’impact pour la santé

Le Conseil central de la Côte-Nord (CCCN-CSN), la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN) et la CSN saluent la décision du gouvernement du Québec de donner le feu vert au projet de Mine Arnaud à Sept-Îles. « La promesse d’un millier d’emplois pendant la construction, et quelque 300 emplois de qualité pendant trois décennies d’exploitation de la mine, c’est enfin un baume pour l’économie régionale, qui viendra amoindrir les trop nombreuses pertes d’emplois », admet sans détour Guillaume Tremblay, président du CCCN-CSN.

« Nous souhaitons également nous assurer que les emplois créés profitent aux résidentes et résidents de la région, limitant ainsi le phénomène de la main-d’oeuvre en déplacement ( fly-in fly-out)», ajoute Alain Lampron, président de la FIM-CSN.

En plus, la venue d’une mine de roche phosphatée (apatite), minerai qui sert à produire des fertilisants agricoles, présente l’avantage de diversifier à long terme le développement minier de l’économie de la Côte-Nord, historiquement associé au minerai de fer.

Préoccupations environnementales

Cependant, nous ne pouvons faire fi de la division provoquée par ce projet de mine à ciel ouvert à l’entrée ouest de Sept-Îles, près de secteurs habités. La population de la municipalité et des environs a raison de s’inquiéter des effets sur la santé publique. « Le développement économique ne doit se faire ni au détriment de la santé des travailleuses et travailleurs de la future mine ni des résidentes et résidents de la région », rappelle Pierre Patry, trésorier de la CSN.

En 2014, rappelons qu’une enquête du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) avait conclu que le projet n’était « pas acceptable dans sa forme actuelle ». Est-ce que la dizaine de nouvelles exigences ajoutées par Québec sauront répondre aux craintes fondées du BAPE, des autochtones et des citoyennes et citoyens? Le CCCN-CSN, la FIM-CSN et la CSN seront très vigilants pour s’assurer que développement économique rime avec santé publique et respect de l’environnement.

Ainsi, le CCCN-CSN, la FIM-CSN et la CSN se donnent le temps de bien analyser les détails de l’annonce gouvernementale d’aujourd’hui avant de se dire satisfaits trop rapidement. Les libéraux nous ont trop souvent habitués à des cadeaux empoissonnés au fils des années.

À propos du Conseil central Côte Nord (CCCN-CSN)

Le Conseil central Côte-Nord regroupe plus de 50 syndicats représentant quelque 5500 membres sur un territoire qui s’étend de Tadoussac à Blanc-Sablon en passant par Anticosti et Fermont.

À propos de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN)

La Fédération de l’industrie manufacturière rassemble plus de 30 000 travailleuses et travailleurs réunis au sein de 320 syndicats, partout au Québec.

À propos de la CSN

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Les syndicats du secteur public se mobilisent contre la fin de la prime de rétention

Les syndicats du secteur public de la Côte-Nord se mobilisent contre les offres présentées par le Conseil du trésor aux salariés du secteur public. La volonté du gouvernement de mettre un terme à la prime de rétention de 8 % pour les employés travaillant dans les secteurs de Sept-Îles, Port-Cartier, de Gallix et de Rivière-Pentecôte suscite la grogne non seulement des salariés visés, mais également d’un grand nombre de citoyens de la région.

« C’est tout un message contradictoire que les libéraux nous envoient, estime Guillaume Tremblay, président du Conseil central de la Côte-Nord (CSN). D’un côté, le gouvernement nous indique que la relance économique de la région repose sur le Plan Nord. Mais comment pourrons-nous assurer des services publics aux citoyens de la région si nous ne sommes pas en mesure de retenir les salariés nécessaires? Comment le gouvernement pense-t-il assurer la relance alors que la fin de cette prime de rétention aurait un impact négatif de l’ordre de 10 millions de dollars dans l’économie de la région? »

« En fonction de l’isolement de la région et du coût de la vie particulièrement élevé, cette prime est aujourd’hui toute aussi pertinente que lors de sa création il y a plus de 30 ans : répondre aux problèmes d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre dans les réseaux de la santé, de l’éducation et de la fonction publique dans la région, rappelle Sylvain Sirois, porte parole régional de l’APTS. La région est aux prises avec de graves problèmes de pénurie de main-d’œuvre et figure parmi celles qui ont le plus recours aux agences de placement. Mettre un terme à la prime de rétention ne fera qu’aggraver la situation! À moins que l’objectif ultime du gouvernement Couillard ne soit de fermer les régions? »

Pour Bertrand Méthot, conseiller régional de la FTQ, cette volonté du gouvernement s’ajoute à une série de mauvaises nouvelles économiques pour la région de Sept-Iles. « L’ensemble de la région subit les contrecoups de nombreuses fermetures d’entreprise et la perte de centaines d’emplois. La chute du prix du fer fait particulièrement mal. La fin de la prime de rétention, c’est l’équivalent de la perte de 200 emplois à 50 000$ par année pour l’économie de la région. C’est l’ensemble des commerçants, des entreprises et des citoyens qui en souffrira! »

Plan d’action

Cet après-midi, les représentants des différents syndicats de la région se réuniront afin de faire le point avec les trois négociateurs en chef du Front commun et développer un plan d’action en réponse aux offres du Conseil du trésor. Vers 16 h, ils formeront un comité d’accueil afin d’interpeler Jean D’Amours, ministre délégué aux Transports et à l’Implantation de la stratégie maritime, qui doit prononcer une allocution au Centre des congrès de Sept-Iles lors de la rencontre du Forum économique de la Côte-Nord. Plusieurs représentants du milieu économique de Sept-Îles et Port-Cartier ont déjà annoncé leur appui aux syndicats du Front commun.

Environ 7 500 travailleuses et travailleurs œuvrent dans les services publics sur la Côte-Nord, soit 16 % de la main-d’œuvre de la région. Ils sont présents dans les réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la fonction publique du Québec. Les conventions collectives du secteur public viendront à échéance le 31 mars 2015.

Les libéraux ont fait la vie dure à l’économie de la Côte-Nord

« Les mesures d’austérité du gouvernement libéral de Philippe Couillard nuisent à l’économie et au développement de la Côte-Nord accentuant ainsi la dévitalisation de notre région », déplore le président du Conseil central Côte-Nord (CSN) Guillaume Tremblay.

« Les nombreux projets de loi que les libéraux imposent vont assurément se traduire par des pertes d’emplois directs et par l’abolition de services de proximité pour les Nord-Côtiers », explique M. Tremblay. Ce dernier ajoute qu’avec la fermeture de la Conférence régionale des élus (CRÉ), l’abolition de l’Agence de la santé et des services sociaux et des Centres locaux de développement (CLD) ainsi que la réduction des services offerts par les Carrefours jeunesse-emploi (CJE), ce sont des pouvoirs décisionnels et des outils de concertation et de développement économique primordiaux qui quittent la Côte-Nord.

« Les fermetures des directions régionales des ministères des Forêts, de la Faune et des Parcs, de la Culture et des Communications, de l’Éducation, du Loisir et du Sport et de la Sécurité publique pour les déplacer au Saguenay-Lac-Saint-Jean et l’unité de gestion de l’île d’Anticosti transférée au Bas-Saint-Laurent sont des exemples de pertes importantes pour une région déjà durement touchée par une économie au ralenti », plaide le président du Conseil central Côte-Nord. « Pire encore, l’hémorragie ne s’arrêtera pas là : des rumeurs circulent au sujet d’autres directions régionales. Que va-t-il advenir de la direction régionale d’Emploi-Québec, et de celles des ministères des Affaires municipales, des Transports et de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation », s’interroge M. Tremblay.

Un double discours

Alors que ce gouvernement annonce la relance du Plan Nord et affirme une intention ferme de développer la Côte-Nord et ses richesses naturelles, il devient contradictoire d’ainsi dépouiller la Côte-Nord de ses centres décisionnels et de ses outils de concertation et de développement économique. On lance un drôle de message non seulement à la population du territoire, mais aussi aux futurs résidents, investisseurs et entrepreneurs. Après un tel saccage, qui aura maintenant envie de venir s’établir sur la Côte-Nord?

Le Conseil central Côte-Nord a multiplié les alliances avec les groupes sociaux ainsi qu’avec d’autres organisations syndicales pour informer et mobiliser la collectivité sur ces questions. Rappelons-nous la participation active de la population aux manifestations tenues dans quatre villes de la région tout au long de l’automne 2014 et le grand rassemblement du 29 novembre à Québec. Ajoutons à cela plusieurs rencontres avec nos syndicats et de nombreuses assemblées publiques. AUSTÉRITÉ le mot de 2014, les maux de 2015

L’année 2015 servira de baromètre quant aux impacts négatifs des annonces faites en 2014 par les libéraux. Mais il faudra certainement plus d’une année pour mesurer pleinement l’ampleur des dégâts tant économiques que sociaux.

Déjà en 2015 nous assisterons à une hausse des tarifs qui affecteront le revenu des familles. Le projet de loi 10 dans le domaine de la santé, le chambardement des commissions scolaires, l’augmentation des tarifs des services de garde, la diminution du financement des groupes communautaires, les compressions dans le financement des cégeps vont étouffer encore un peu plus la classe moyenne. Sans compter que d’autres compressions sont à venir dans le dépôt du prochain budget en mars 2015.

Toutes ces décisions sont prises avec un seul objectif, celui du retour à l’équilibre budgétaire pour 2015-2016, un choix idéologique qui va nuire aux intérêts de nos communautés, de la classe moyenne et des plus démunis. Ce gouvernement doit être à l’écoute des besoins de la population et reporter l’atteinte du déficit zéro, mais il doit surtout regarder davantage en direction de la colonne des revenus pour régler le problème du déficit.

En 2015, le Conseil central Côte-Nord va poursuivre la mobilisation autour de la politique d’austérité du gouvernement Couillard. Nous souhaitons établir un large front social pour informer les gens et lutter contre ces mesures qui vont nous appauvrir collectivement et accentuer les inégalités sociales.

Autre dossier chaud pour le Conseil central Côte-Nord, soit le renouvellement des conventions collectives des 500 000 travailleuses et travailleurs de l’État. Le ministre Coiteux ne semble pas vouloir négocier de bonne foi en annonçant dès maintenant un gel des salaires et des embauches ainsi que des reculs dans les conditions de travail. Au nombre de ces reculs visant spécifiquement notre région, mentionnons le retrait annoncé de la prime de rétention de 8 % à Sept-Îles et Port-Cartier. Selon certaines estimations, environ 2 000 personnes bénéficient de cette prime, ce qui représente un manque à gagner de huit millions de dollars pour la région, soit l’équivalent de 160 emplois à 50 000 $ par année.

Campagne électorale fédérale

Le Conseil central Côte-Nord va s’inviter dans la campagne électorale fédérale de 2015 pour faire la lutte aux conservateurs de Stephen Harper. « Que ce soit sur le plan social ou environnemental, ou en matière de travail, et même sur la scène internationale, ce gouvernement a été catastrophique », lance Guillaume Tremblay, président du CCCN. Pensons aux compressions sauvages imposées année après année à notre diffuseur public Radio-Canada, au saccage de l’assurance emploi et au quasi-démantèlement de Poste Canada qui contribuent à la dévitalisation de la Côte-Nord.

Sur le plan environnemental, nous allons continuer notre surveillance des activités d’exploration des hydrocarbures sur l’île d’Anticosti. Et comme d’autres, nous sommes en attente de voir la décision du gouvernement du Québec dans le dossier de Mine Arnaud à Sept-Îles.

Évidemment, le Conseil central Côte-Nord va appuyer tous ses syndicats qui renouvelleront leur convention collective. Nous leur offrirons un soutien sans faille dans leur quotidien, qui se complexifie année après année.

Les militants de Sept-Îles disent non au régime d’austérité du gouvernement Libéral

Pour l’occasion de cette manifestation, plus de 200 militants de la CSN, d’organismes communautaires et d’autres centrales syndicales se sont réunis pour dénoncer les coupures massives annoncées par le gouvernement Couillard. Il s’agissait de la seconde manifestation organisée par le Conseil central Côte-Nord dans le cadre de la campagne « Refusons l’austérité ».

Les militants ont occupé une intersection achalandée de la ville afin de distribuer des tracts pour informer et conscientiser la population des effets pervers que les mesures draconiennes envisagées par le gouvernement auront sur l’ensemble du réseau public québécois que nous avons mis tant d’années à bâtir. Lors de cette manifestation, Guillaume Tremblay, président du Conseil central Côte-Nord, était accompagné du maire de Sept-Îles, Réjean Porlier qui s’est prononcé contre les politiques néo-libérales ainsi que de Lorraine Richard, députée du Parti Québécois de Duplessis.

Voici également une vidéo réalisé par des militants nord-côtiers : http://deceptiondurable.org/2014/11/08/manifestation-contre-lausterite-a-sept-iles/

Manifestation à Baie-Comeau

Le Conseil central Côte-Nord – CSN est fier de la participation de ses syndicats ainsi que d’autres centrales syndicales, des groupes de la société civile sans oublier des citoyens, dans une action posée vendredi dernier, de 11 h à 13 h à Baie-Comeau, dans le cadre de la campagne « refusons l’austérité! ».

Plus de 300 personnes se sont déplacées pour participer et démontrer au gouvernement libéral leur mécontentement sur ses politiques qui vont tous nous appauvrir collectivement. Voici le début d’une série d’activité que nous allons faire partout dans la région pour informer la population sur les effets catastrophiques tant sur le plan des services de proximité que sur le plan économique et social. Nous voulons souligner l’enthousiasme et la détermination des manifestants à informer, mobiliser le reste de la population sur les enjeux qui vont atteindre tous les Nord-Côtiers. Nous sommes déjà à pied d’œuvre pour la prochaine action qui aura lieu le 7 novembre prochain à Sept-Îles de 11 h à 13 h également.

L’austérité libérale dévitalise la Côte-Nord

Des organisations nord-côtières unissent leurs voix pour dénoncer l’impact dévastateur des coupes et des réorganisations libérales sur l’offre de services publics, les programmes sociaux, l’emploi, l’économie et la représentation régionale.

Perte d’emplois et diminution de services

Même si le ministre Barrette veut nous rassurer en nous disant que la fusion des CSSS et l’abolition de l’Agence de la santé et des services sociaux ne créeront pas de perte d’emplois, les compressions budgétaires de plus de 4 M$ dans le secteur de la santé et des services sociaux de la Côte-Nord et les compressions massives imposées aux commissions scolaires vont assurément entraîner des pertes d’emplois dès cette année et le pire reste à venir.

Cela vient s’ajouter à une conjoncture économique déjà très difficile sur la Côte-Nord. Le gel des effectifs prévu dans la fonction publique par le projet de loi 15, additionné au départ à la retraite prévu de plus de 40 % des 3400 travailleuses et travailleurs en santé et services sociaux au cours des cinq prochaines années, viendra très certainement toucher les services de proximité auxquels tous les Nord-Côtiers sont en droit de s’attendre. Pour plusieurs communautés de la Côte-Nord, la perte démographique et la dévitalisation vont s’accentuer.

Perte d’instances régionales

« À force de vouloir centraliser et rapatrier les pouvoirs décisionnels vers Québec, ce gouvernement enlève toute marge de manœuvre régionale pour faire des choix qui reflètent notre réalité territoriale et régionale. Voilà une radiographie de la situation dont le ministre Barrette devrait absolument tenir compte », estime Guillaume Tremblay, président du Conseil central Côte-Nord.

La FTQ s’inquiète également de la perte d’autonomie régionale. « Si tous les projets de loi et les ballons politiques de l’équipe Couillard se concrétisent, on assistera à la fin des agences régionales de la santé et des services sociaux, à l’abolition de certaines commissions scolaires, à la fermeture des directions régionales en éducation, à la fin des conférences régionales des élus et à la réduction majeure des organisations de développement régional », fait valoir Bertrand Méthot, conseiller régional de la FTQ.

« À cela vient s’ajouter le projet de loi 3, véritable attaque directe aux travailleurs municipaux, qui ont négocié de bonne foi leurs conventions collectives. Ces travailleurs et travailleuses contribuent grandement au développement économique de leurs régions », de poursuivre Joanie Fortin, présidente du conseil du travail FTQ Manicouagan.

Le Conseil central Côte-Nord (CSN) et la FTQ ne croient pas le ministre Barrette quand il affirme que sa réforme va donner lieu à une régionalisation la plus poussée jamais vue. « Le ministre Barrette n’a certainement pas la même définition de la régionalisation que nous », réplique madame Gisèle Charrette, vice-présidente FSSS-CSN de la Côte-Nord. En appliquant ce remède de cheval dans des ministères aussi névralgiques que ceux de la santé et de l’éducation, que va-t-il advenir des autres ministères comme celui de l’emploi et de la solidarité sociale, de l’environnement et du développement durable, des richesses naturelles, des affaires municipales… Les programmes qui y sont rattachés vont disparaître et les effets vont se faire sentir pour les citoyens de la Côte-Nord. « Cette grande opération chirurgicale improvisée va tous nous appauvrir collectivement. En pleine campagne électorale, le bon docteur Couillard nous assurait qu’il serait un gouvernement des régions et qu’il écouterait la population. Force est de constater huit mois plus tard qu’il tente toujours de nous endormir. Un anesthésiste n’aurait pas fait mieux », affirme Guillaume Tremblay.

À propos du Conseil central Côte-Nord (CSN) Le Conseil central Côte-Nord (CSN) regroupe plus de 50 syndicats représentant quelque 5500 membres sur un territoire qui s’étend de Tadoussac à Blanc-Sablon en passant par Anticosti, Fermont, Schefferville et Kawawachikamach.

À propos de la FTQ

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses. Sur la Cote-Nord, la FTQ représente quelque 15 000 travailleurs et travailleuses.

Un peu de cohérence, s’il vous plaît!

S’il est souhaitable de favoriser le développement économique du Nord, il faut cesser de faire de la Côte-Nord une zone grise sur le plan des services aux citoyens pendant que le minerai et les travailleurs transitent, emportant avec eux richesses et salaires, au détriment d’un développement local et régional plus que nécessaire. Le gouvernement en place trouve des fonds publics pour son Plan Nord, alors qu’il nous fait un portrait dramatique des finances publiques.

Quel développement intégré?

La nouvelle mouture du Plan Nord libéral, présentée par le premier ministre Couillard au forum Objectif Nord mardi dernier à Montréal, lançait un appel aux entreprises, les invitant à investir dans le développement minier nordique, malgré un marché baissier, avec des millions de dollars de fonds publics annoncés, sans aucun calendrier ni échéancier. Un projet de loi dans le but de créer une société d’État autonome. À cela s’ajoute un investissement de 20 millions de dollars dans la réalisation d’une étude de faisabilité pour la construction d’un lien ferroviaire entre la Côte-Nord et la fosse du Labrador. Cela ressemble à l’improvisation des deux premières moutures du développement du Plan Nord, qui nous faisaient miroiter la richesse pour tous les Nord-Côtiers.

Et pendant ce temps, on fusionne dans les services de santé et services sociaux, on coupe dans les garderies, l’éducation, les directions régionales des ministères, accumulant les pertes d’emplois et les difficultés pour obtenir des services essentiels pour la population. Comment pourra-t-on gérer l’arrivée de nouveaux projets, si la pression déjà trop forte sur les ressources disponibles des villes de la Côte-Nord accroît le déficit des soins de santé, des garderies, des logements, des commerces?

L’expérience des dernières années est une preuve limpide de l’échec à venir : pénurie de logements à Sept-Îles et Port-Cartier, hausse du prix des loyers et des maisons, manque de places en garderie, pénurie de personnel dans les établissements de santé et services sociaux, dans les commerces, dont plusieurs ont dû fermer faute d’employé-es. Sans oublier les jeunes qui quittent l’école sans terminer leur secondaire pour occuper des emplois souvent éphémères. Que leur arrivera-t-il lorsqu’ils devront aller travailler ailleurs? Et la pauvreté augmente dans un tel contexte. Le fly in/fly out devient la norme, il faut accueillir des travailleurs qui vont repartir sans participer à la vie régionale.

Et voilà que le ministre Barrette abolit les Agences de santé et services sociaux, fusionne les CSSS et crée une méga structure, le « Centre intégré de santé et de services sociaux » (CISSS), qui n’équivaut qu’à un chambardement des structures actuelles et qui n’assure en rien de meilleurs services, surtout sur un grand territoire comme celui de la Côte-Nord, où la proximité des services est essentielle. Et d’autres mesures d’austérité sont à venir… Ce gouvernement veut récupérer 3.2 milliards de dollars, dont 2 en santé. Nous sommes convaincus que les services à la population seront touchés.

Où se trouvent les investissements en services dans ce beau programme? Quelles sont les propositions pour un développement intégré, non pas du point de vue de l’entreprise, mais bien de celui des villes, des communautés et des citoyens de la Côte-Nord qui doivent voir leur région se développer de manière durable? Faut-il regarder passer les trains comme d’autres municipalités regardent passer les pétroliers, être prêts à assumer les inconvénients, les conséquences et les risques, sans aucune contrepartie?

Le parti pris de ce gouvernement est clair : favoriser les entreprises, peu importe ce qu’il en coûte. On revient à une vision de l’économie axée sur l’extraction des ressources minières, une stratégie qui rend les régions ressources dépendantes des aléas des marchés, constamment à la traîne sur le plan des services. Au XXIe siècle, il faut au contraire penser à l’avenir, choisir de diversifier l’économie de ces régions, penser en termes de développement durable et d’occupation du territoire. Le Conseil central Côte-Nord- CSN invite le gouvernement à faire preuve de cohérence : les mesures d’austérité ne feront que compliquer une situation déjà difficile, contribuant entre autres à la pénurie de main-d’œuvre, au manque de services et à l’éloignement des investisseurs. Il est temps de faire du Plan Nord un modèle de développement durable.

À propos du conseil central

Le Conseil central Côte-Nord – CSN regroupe plus de 50 syndicats représentant plus de 5 500 travailleuses et travailleurs. Quant à la CSN, elle compte plus de 325 000 travailleuses et travailleurs provenant de tous les secteurs d’activité, tant public que privé.

Menace pour les soins et l’autonomie sur la Côte-Nord

Le Conseil central Côte-Nord – CSN a décidé de ne pas proposer de candidature au ministre de la Santé pour siéger au conseil d’administration de l’Agence de la santé et des services sociaux de la Côte-Nord. Depuis 2008, le président du Conseil central Côte-Nord y était sur le siège réservé aux syndicats. Il est cependant impensable pour le conseil central et la Fédération de la Santé et des Services Sociaux de la Côte-Nord de cautionner une nouvelle vague de compressions budgétaires et de fusions d’établissements, telle qu’annoncée par le gouvernement Couillard.

Avant même que les compressions de plus de 4 M$ ne soient entérinées cet été, le réseau de la santé et des services sociaux nord-côtier faisait déjà face à d’immenses défis, notamment en ce qui concerne le recrutement et la rétention de personnel dans le réseau. Or, voilà qu’une vaste réorganisation serait dans les plans du ministre Barrette qui prévoient notamment de diminuer de moitié le nombre de CSSS au Québec et mettre en place d’éventuelles fusions d’agences régionales. Certaines fonctions à l’agence ont d’ailleurs déjà été assurées par d’autres régions.

« Il est impensable que le réseau nord-côtier soit administré de l’extérieur de la région. Ce serait une perte d’autonomie inacceptable et le premier pas vers une nouvelle perte des services dans notre immense région », affirme Guillaume Tremblay. « La récente fusion des CSSS de Haute-Côte-Nord et de Manicouagan n’a signifié que des compressions et n’a rien amené de positif », ajoute Annie Bégin, présidente du STT du CSSS Haute-Côte-Nord et Manicouagan – CSN.

La Côte-Nord est déjà aux prises avec le pire bilan au Québec en ce qui concerne le recours aux agences de placement, aux heures supplémentaires et à l’assurance salaire. Ceci démontre qu’il faut plus de ressources pour trouver des solutions à ces problèmes de main-d’œuvre et non des compressions. « Le personnel est essoufflé. Les fusions et les compressions ne vont rien régler à ça. Au contraire, nos établissements vont devenir moins attrayants et la pénurie de main-d’œuvre risque de s’aggraver », estime Steve Heppell, président du STT de la santé et des services sociaux de Sept-Îles – CSN. Les récentes compressions au CSSS de Sept-Îles ont d’ailleurs déjà prouvé que les services à la population étaient affectés.

La réalité du territoire, qui compte près de 1 300 kilomètres de côte, risque de rattraper les grandes stratégies élaborées par le ministre à Québec. Il faudra notamment tenir compte de la réalité anglophone et de l’absence de routes dans une partie de la région. Une politique mur à mur partout au Québec n’apportera rien de bon à la Côte-Nord et aux services auxquels la population est en droit de s’attendre.

« Les citoyens et les décideurs de la région devront réagir pour s’assurer de conserver une offre de soins suffisante », conclut Guillaume Tremblay, président du Conseil central, qui ajoute que cette offre de soins est essentielle, notamment au développement économique régional.

À propos du Conseil central Côte-Nord – CSN

Le Conseil central Côte-Nord – CSN regroupe plus de 50 syndicats représentant quelque 5 500 membres sur un territoire qui s’étend de Tadoussac à Blanc-Sablon en passant par Anticosti, Fermont, Schefferville et Kawawachikamach.

Les libéraux veulent-ils démanteler la fonction publique sur la Côte-Nord ?

En janvier dernier, le Conseil central Côte-Nord (CCCN) prévoyait une année fort mouvementée. Six mois plus tard, la situation de l’emploi et la transformation économique que vivent certaines de nos MRC inquiètent beaucoup. Les choix du gouvernement du Québec laissent perplexe quant au développement et à l’épanouissement de la région, et à la capacité des communautés à occuper le territoire nord-côtier adéquatement.

Un gouvernement des régions, vraiment?

La semaine dernière, le gouvernement libéral, qui a dit haut et fort pendant la campagne électorale être un gouvernement de régions, a transféré notre direction régionale de la culture et des communications au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ceci s’ajoute aux déplacements, plus tôt cette année, de la direction régionale de la sécurité publique, de postes clés de l’Agence de santé et des services sociaux de la Côte-Nord et à la fermeture des bureaux régionaux du ministère de l’Éducation. « Nous avons fait des recommandations à la Table régionale de la main-d’œuvre pour assurer la vitalité économique de la Côte-Nord en voulant garder nos travailleurs de la construction chez nous, mais de l’autre côté, en transférant les directions régionales ailleurs, le gouvernement en place lance un drôle de message. C’est tout à fait incohérent! Quelle sera la suite des choses? À quoi devons-nous nous attendre? » questionne M. Tremblay.

L’accès au service : une situation préoccupante

« Le dépôt du dernier budget nous fait craindre le pire. Ça fait 20 ans qu’on nous chante le même discours et, à chaque fois, c’est toujours la même chose. La dette publique et les coupes budgétaires dans les ministères affectent les services à la population » affirme Guillaume Tremblay, président du CCCN. « Bien que les finances publiques soient préoccupantes, un peu d’imagination sur les solutions envisagées serait bienvenu », poursuit-il. Les chiffres annoncés dans le budget de la santé et des services sociaux, le gel des effectifs dans l’ensemble de ces services, la limite de dépenses imposée dans les programmes, sous la barre des coûts du système, ne peuvent que conduire à des diminutions de services et à l’accroissement des charges de travail. Avec un tel tableau, un choc est à prévoir pour les travailleuses et les travailleurs du secteur public qui font face à une pénurie de main-d’œuvre depuis plusieurs années et qui auront à négocier leur convention collective au cours des prochains mois.

Régime de retraite : le droit fondamental à la libre négociation compromis

Les libéraux ont aussi déposé le projet de loi 3 qui, en s’attaquant aux employés municipaux, ce qui ébranle l’ensemble des travailleuses et des travailleurs. Le gouvernement adopte les propositions des maires Labeaume et Coderre. Une loi sauvage qui nous mène à la confrontation. Tout le monde pourrait être touché, car plusieurs employeurs observent ce dossier de très près et voudront s’en servir. Voilà une loi qui vient compromettre le droit fondamental à la libre négociation, ce qui est totalement inacceptable.

Doit-on se lancer dans l’exploitation du pétrole?

Le Conseil central Côte-Nord ne sera pas convaincu que l’exploration et l’exploitation du pétrole de l’île d’Anticosti sont de bonnes choses pour le Québec et pour la région tant que toutes les études attendues n’auront pas démontré que ces projets sont sécuritaires sur le plan environnemental et qu’ils sont effectués dans le respect des communautés. « Le film de Dominique Champagne fait la démonstration très claire, et ce, tant sur les plans environnemental, économique et social, que l’île d’Anticosti, la Côte-Nord et le Québec semblent avoir plus à perdre qu’à gagner dans ce dossier. On doit en même temps se pencher sur notre dépendance au pétrole » mentionne le président du CCCN.

Sauvegarder la présence médiatique régionale

Le CCCN tient à rappeler l’importance majeure que revêt la couverture médiatique du milieu nord-côtier. Sans une présence adéquate des médias, plusieurs enjeux essentiels à porter sur la place publique resteront dans l’oubli.

La transaction entre Transcontinental et Quebecor sur les hebdos régionaux crée un climat d’incertitude pour les travailleurs des journaux locaux. Une concentration de la presse écrite sur la Côte-Nord est-elle à prévoir? Une attention particulière sera portée à ce dossier. Du côté de Radio-Canada, on annonce encore des coupes, voilà 5 ans que ça dure. Comment notre diffuseur public va-t-il pouvoir remplir les mandats qui leur sont dévolus par le CRTC? Sans cette société d’État forte, des centaines d’organismes n’auront plus le loisir d’expliquer leur mission, des artistes n’auront plus la chance d’être entendus, des scientifiques, des historiens n’auront plus la chance de livrer leur analyse à partir d’un regard régional pour éclairer l’ensemble de la population. Radio-Canada doit donc disposer de ressources adéquates pour poursuivre son travail et couvrir efficacement toutes les communautés locales du territoire.

Le Nord se mobilise pour l’accès au gaz naturel

Le CCCN fait partie de la coalition « Plein gaz au Nord » qui réclame que le gaz naturel soit exploité le plus rapidement possible et au meilleur coût possible. Cette coalition est formée des principaux joueurs de l’industrie : les gens d’affaires, les élus, les groupes environnementaux, les syndicats et les institutions. Par son entremise, la Côte-Nord et le Nord-du-Québec s’allient dans ce dossier, qu’ils ont identifié comme prioritaire et essentiel pour l’avenir de ses communautés. « Nous serons vigilants sur la façon dont la région aura accès à cette énergie et surtout sur qui en profitera », rappelle M. Tremblay.

CPE Fermont

La fermeture du CPE Mur-mûr, service indispensable pour les familles de Fermont, est totalement inacceptable et difficile à comprendre. Les travailleuses n’attendent que la réouverture pour entrer au travail.

Quelques bonnes nouvelles

Les travailleurs de l’aluminerie Alcoa ont renouvelé leur convention collective sur une seule base, soit celle salariale. Tout le reste est reconduit jusqu’en 2019. Voilà une bonne nouvelle, qui devrait assurer une stabilité tant souhaitée pour plusieurs années, et qui pourrait apporter des investissements massifs qui seraient les bienvenus dans la Manicouagan.

En ce qui a trait à Ferro Atlantica, le Conseil central Côte-Nord est très heureux de voir cette entreprise s’installer sur la Côte-Nord. Après plusieurs semaines de tergiversations, les quelque 300 emplois s’y rattachant sont porteurs d’espoir pour la région qui vit d’importantes transformations de son économie, notamment dans le secteur manufacturier.

À propos du Conseil central Côte-Nord (CSN): Le Conseil central Côte-Nord (CSN) regroupe plus de 50 syndicats représentant quelque 5 500 membres sur le territoire qui s’étend de Tadoussac à Blanc-Sablon en passant par Anticosti, Fermont, Schefferville, Kawawachikamach, et défend les orientations de la centrale ici en région.

À propos de la CSN : Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2 000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.