Santé Québec – Un constat d’échec qui ne surprend personne

Lors de la création de Santé Québec, l’ancien ministre Christian Dubé assurait que la nouvelle agence permettrait de rendre le système de santé plus efficace et d’améliorer l’accessibilité du réseau. Après un peu plus d’un an, les résultats d’un récent sondage Léger rendu public dans La Presse démontrent clairement que le gouvernement et son agence ont échoué sur toute la ligne. Le jugement des Québécoises et des Québécois est sans appel : Santé Québec est un monstre bureaucratique inefficace, centralisateur et inutile.

Affamer les services pour enrichir les cadres et le secteur privé

Ce constat d’échec n’est guère surprenant. Plus des trois quarts des personnes interrogées estiment que les soins offerts par les travailleuses et les travailleurs de la santé et des services sociaux sont de bonne qualité, mais que le réseau fonctionne mal. Pourtant, le gouvernement et les têtes dirigeantes de Santé Québec ont plutôt décidé de sabrer dans les services pour ériger une nouvelle mégastructure, lourde et gourmande.

Depuis sa mise en œuvre, Santé Québec impose systématiquement un régime minceur au personnel et aux services directs à la population, tout en multipliant les postes de cadre et les contrats accordés à des firmes privées à but lucratif.

De façon concrète, cela s’articule en un cercle vicieux particulièrement pervers. D’un côté, on abolit des postes sur le terrain et on coupe dans les services à la population, ce qui encourage la main-d’œuvre et la patientèle à migrer vers le secteur privé. De l’autre, on crée des postes de cadre généreusement rémunérés et on ouvre de plus en plus grand la porte aux cliniques privées, qui peuvent désormais s’enrichir sans vergogne en vendant à fort prix les services qui étaient auparavant accessibles gratuitement dans le réseau public.

La boucle est ainsi bouclée. Le réseau public continue de s’appauvrir à mesure qu’on lui impose des compressions et que le secteur privé le vampirise de son personnel et de son expertise. Il n’est alors plus en mesure de fournir les services dont la population a besoin, laissant ainsi toute la place au privé, qui continue de s’enrichir avec la maladie.

Donner un coup de barre avant de frapper l’iceberg

À la lumière de ce constat d’échec et du verdict populaire sans équivoque, il est évident qu’un changement de cap radical s’impose. Heureusement, en ce moment et pour les prochains mois, le contexte politique québécois est propice aux recalibrages et aux prises de positions courageuses et innovantes.

Par conséquent, nous demandons à toute personne et à tout parti politique aspirant à gouverner le Québec de s’engager à écouter la population et à renverser cette tendance qui menace notre système de santé et de services sociaux.

Les Québécoises et les Québécois veulent d’un gouvernement qui investit dans le personnel soignant plutôt que dans les structures administratives. Elles et ils veulent des soins et des services accessibles et gratuits, plutôt que des bris de services et des entreprises qui s’enrichissent grâce à leur maladie.

Donnons-leur maintenant, avant que notre réseau public ne soit réduit à une coquille vide.

David Bergeron-Cyr, vice-président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) ;
Françoise Ramel, vice-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ);
Luc Beauregard, secrétaire-trésorier de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ);
Sonia Bureau
, présidente par intérim du Conseil provincial des affaires sociales du Syndicat canadien de la fonction publique (CPAS-SCFP) ;
Émilie Charbonneau, première vice-présidente de l’Alliance de personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) ;
Réjean Leclerc, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) ;
Jessica Goldschleger, présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN) ;
Déreck Cyr, président de la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ) ;
Sylvie Nelson, présidente du Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES) ;
et Martin Trudel, troisième vice-président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ)

Consultez le sondage Léger

Santé et services sociaux – Des organisations syndicales sensibilisent les partis de l’opposition lors d’une journée de lobbyisme

Alors que le réseau de la santé et des services sociaux ne cesse de se dégrader et peine à offrir des soins et des services de qualité, les organisations syndicales présentes dans ce même réseau unissent aujourd’hui leurs voix lors d’une journée de lobbyisme. Elles seront présentes dans les murs de l’Assemblée nationale afin de rencontrer les partis de l’opposition pour leur proposer des solutions porteuses pour un réseau public, gratuit et universel.

Quatre grands thèmes à l’ordre du jour

Les organisations syndicales exposeront à certain-e-s élu-e-s des groupes d’opposition leurs pistes de solutions à mettre en place sur quatre thèmes précis : la décentralisation et la valorisation des CLSC, le soutien à domicile, l’assurance médicaments publique universelle et la souveraineté numérique. « Préoccupées par les lois et les orientations politiques ayant des conséquences directes sur les conditions de travail et d’exercice de nos membres de même que sur la dispensation des soins et services à la population, nos organisations entreprennent cette démarche qui se veut constructive. Ça fait près de trois ans que nous travaillons ensemble sur une base régulière. Représentant une multitude de travailleur‑euse‑s du réseau qui sont issu-e-s de domaines variés, nous avons fait le choix d’unir nos forces afin de ramer dans le même sens et porter la voix des membres et, ultimement, celles des patient-e-s », de déclarer Émilie Charbonneau, 1ère vice-présidente de l’APTS, David Bergeron-Cyr, vice-président de la CSN, Luc Beauregard, secrétaire‑trésorier de la CSQ, Déreck Cyr, président de la FSQ-CSQ, Réjean Leclerc, président de la FSSS-CSN, Marie-Michèle Doiron, vice-présidente de la FP-CSN, Françoise Ramel, vice-présidente de la FIQ, Sonia Bureau, présidente par intérim du CPAS-SCFP, Martin Trudel, troisième vice-président du SPGQ et Sylvie Nelson, présidente du SQEES-FTQ.

Changer la recette

Pour les organisations syndicales, un constat d’échec se dégage des réformes successives imposées au réseau de la santé et des services sociaux depuis des dizaines d’années : l’accès aux soins et services pour la population ne s’est jamais amélioré. « Alors que le Québec est plongé dans une instabilité politique et que les élections provinciales se pointent à l’horizon, nous sommes d’avis que le moment était tout désigné pour rappeler aux parlementaires qu’il est grand temps de changer la recette. On ne peut pas penser utiliser, année après année, les mêmes ingrédients et espérer un résultat différent. Écouter les propositions de celles et ceux qui sont au cœur de ce réseau, voilà la seule et unique voie pour espérer réellement renverser la vapeur », de poursuivre les porte-parole.

 

Les organisations syndicales déplorent que ni la voix des citoyen-ne-s ni celles des travailleur‑euse‑s ne sont prises en compte actuellement par le gouvernement. L’offre de soins et de services, les listes d’attente, les problèmes de pénurie de main‑d’œuvre doivent revenir au cœur des priorités. « À cela s’ajoute la centralisation accrue qui éloigne la prise de décisions, l’insuffisance des mécanismes de reddition de compte pour les décideur-eure-s et l’ouverture de plus en plus grande au privé. Profondément attachées au réseau public de la santé et des services sociaux, c’est dans cet état d’esprit que nos organisations réitéreront aujourd’hui aux parlementaires l’importance d’être à l’écoute de solutions qui pourraient grandement améliorer le réseau ».

Des mesures qui fragiliseront encore plus le réseau public

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) et ses fédérations affiliées œuvrant en santé et services sociaux dénoncent le parti pris de la CAQ en faveur du privé dans les services de soutien à domicile, sans aucun égard à l’expertise des équipes du réseau public, notamment celle des auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS).

La politique qui vient d’être dévoilée par la ministre de la Santé et ministre responsable des aîné-es, Sonia Bélanger, ouvre toute grande la porte à la privatisation du soutien à domicile (SAD). Cette politique va ainsi à l’encontre des recommandations de nombreux experts. Dans une récente étude, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) démontre que la privatisation des services et l’imposition de méthodes de gestion propres au secteur privé (gestion centralisée, hiérarchique et autoritaire des services, production d’indicateurs quantitatifs de performance) dans le SAD sont des erreurs et qu’elles sont responsables de la dégradation de l’accès et de la qualité des services, des conditions de travail et de l’équité dans tous les pays où elles ont sévi au cours des dernières décennies.

« Le gouvernement choisit volontairement d’accélérer la déqualification de la profession d’auxiliaires aux services de santé et sociaux du réseau public, déplore le président de la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN, Réjean Leclerc. L’absence de mention des ASSS lors du dévoilement de la politique et dans le document lui-même confirme le mépris de ce gouvernement envers les 7 000 ASSS formées qui sont le cœur du soutien à domicile au Québec. « Le gouvernement préfère sous-traiter des services aux entreprises privées et d’économies sociales en aide à domicile (EÉSAD) et aux entreprises privées de soutien à domicile, dont le personnel ne possède pas la formation requise », ajoute M. Leclerc.

Le gouvernement sous-traite déjà des actes cliniques octroyés par la Loi aux ASSS du réseau, détentrices d’un diplôme d’études professionnelles, à du personnel non qualifié provenant du privé et formé de façon accélérée en moins de 140 heures. Le Commissaire à la santé et au bien-être a d’ailleurs recommandé que les interventions des EÉSAD soient renforcées par des formations et par un accroissement du contrôle de la qualité. Pour l’instant, rien dans la nouvelle politique ne semble prévu pour remédier à ces problèmes.

« Plus il y a d’intervenantes et d’intervenants, plus cela rend les suivis compliqués, et plus on perd de l’expertise sur le terrain, note pour sa part la présidente de la Fédération des professionnèles–CSN, Jessica Goldschleger. Nos équipes le constatent déjà sur le terrain et cette politique met encore plus à risque le continuum de soins et leur coordination. Ultimement, ce sont les usagères et les usagers qui paieront le prix de cette valse entre les prestataires de services privés et les équipes multidisciplinaires des CLSC. Une difficulté qui n’existe pas lorsqu’on priorise les équipes du réseau public. »

D’ailleurs, l’IRIS calcule que le remplacement du modèle québécois actuel de SAD, largement privatisé, par un modèle basé sur une prestation entièrement publique des services et une gestion de proximité permettrait, à terme, de réaliser des économies de plusieurs milliards de dollars à l’échelle du réseau tout entier. Pour la CSN, c’est dans un tel modèle que le rôle des CLSC se trouverait véritablement revalorisé et non en tant que chef d’orchestre de la privatisation.

Ressources au mauvais endroit
« La solution réside dans le renforcement des équipes du secteur public, sans exclure complètement une certaine collaboration avec le personnel des entreprises privées et d’économies sociales en aide à domicile », rappelle Réjean Leclerc. Ces dernières devraient concentrer leur offre dans les services de soutien pour les activités de la vie domestique (AVD). Ces services comprennent, entre autres, l’entretien ménager, la préparation de repas, la lessive, etc. « Malheureusement, le regroupement des EÉSAD trahit une entente historique en s’offrant comme substitut bon marché au personnel du public pour dispenser des soins. La population fera les frais de cette approche au rabais. Nous intensifierons nos actions pour que le Québec continue de construire sa capacité publique de répondre aux besoins de la population.

« Force est d’admettre que le gouvernement a préféré poursuivre la privatisation du soutien à domicile au détriment de la qualité des soins et du bien-être des usagères et des usagers, soutient la présidente de la CSN, Caroline Senneville. La CAQ n’apprend visiblement pas de ses erreurs, elle qui tente de se sevrer du recours aux agences et autres prestataires de services privés dans le reste du réseau, termine Mme Senneville.

À propos de la FSSS–CSN
La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), affiliée à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), est la plus grande organisation syndicale en santé et services sociaux et services de garde éducatifs à l’enfance. Force reconnue du syndicalisme au Québec, elle compte plus de 140 000 membres, dont 80 % sont des femmes, répartis dans plus de 260 syndicats se trouvant sur l’ensemble du Québec.

À propos de la FP–CSN
La Fédération des professionnèles (FP–CSN) représente près de 11 000 professionnèles, techniciennes et techniciens œuvrant dans les secteurs de la santé et des services sociaux, de l’éducation, des organismes gouvernementaux, de l’économie sociale et de l’action communautaire, ainsi que dans le secteur privé.

À propos de la CSN
Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Parc olympique : entente de principe adoptée

Après plus de deux ans sans convention collective, une entente de principe a été entérinée par les 200 membres des syndicats de Parc olympique ce lundi. Ces derniers obtiennent les augmentations salariales du secteur public, soit 17,4 % sur cinq ans, puis de 2 % par année pour les deux dernières années de la convention collective de sept ans. Les salarié-es obtiennent également un mécanisme de protection pour faire face à une éventuelle augmentation de l’indice du coût de la vie. 

«Le Parc olympique, c’est un emblème de Montréal. Avec cette entente, on se donne les moyens de continuer de prendre soin de cette institution», explique Nouhoum Doumbia, président du Syndicat des bureaux-techniques du Parc olympique. 

«Les travailleuses et les travailleurs du Parc olympique ont fait la démonstration que se tenir debout, ça paie. Je leur lève mon chapeau pour leur persistance», félicite Caroline Senneville, présidente de la CSN. 

«Dans les dernières semaines, nous avons enfin senti une réelle volonté de négocier de l’employeur. Ça aurait été bien que ça arrive plus tôt, mais les membres sont satisfaits des gains qu’ils ont faits comme la protection des emplois en cas d’évènements majeurs, l’amélioration de la procédure de règlement des griefs et l’amélioration des mécanismes du comité mixte d’évaluation des emplois », expliquent Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés des services publics (FEESP–CSN) ainsi que Kathrin Peter, vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN). 

Les salarié-es obtiennent également une bonification des vacances et une prime de fidélité. 

« Tenir la minute de plus, ça permet de gagner, mais ça permet de tisser des liens de solidarité entre les travailleuses et les travailleurs. Les syndicats sortent de cette négociation plus forts », conclut Bertrand Guibord, président du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN). 

Les syndiqué-es avaient fait la grève le 31 mars dernier et conservaient un mandat pour quatre autres jours de grève en poche. L’entente de principe a été adoptée par les syndicats des bureaux-techniques, de l’accueil, des métiers et des professionnel-les. Le syndicat du Centre sportif et celui de la Tour de Montréal procéderont au vote dans les prochaines semaines.  

Journée internationale des sages-femmes : les projets de maisons de naissance doivent redémarrer

En cette Journée internationale des sages-femmes, nous célébrons une profession essentielle, fondée sur le respect, l’écoute et la reconnaissance du pouvoir des femmes à enfanter dans la dignité. « Alors que les sages-femmes pourraient rendre plus de services, notamment dans les régions où l’obstétrique conventionnelle est moins accessible, le gouvernement gèle tous les projets en développement partout au Québec, dont les constructions de nouvelles maisons de naissance. Ça empêche notamment Laval, la Côte-Nord ou la Montérégie-Est d’avoir accès à des suivis qui sont des plus appréciés par les femmes et les familles », affirme Jessica Goldschleger, présidente de la FP–CSN.

La profession de sage-femme est reconnue légalement au Québec depuis plus de 25 ans. Pourtant, leur pratique demeure encore méconnue et inégalement accessible. « Pour garantir un accès équitable à ces soins humains, sécuritaires et respectueux, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) doit s’engager à investir de manière significative et durable. On ne doit pas mettre le pied sur le frein. L’accès aux services de sages-femmes ne doit pas être un privilège, mais un droit », mentionne Amaili Jetté, présidente du Regroupement Les sages-femmes du Québec.

Un moment charnière : les États généraux de la pratique sage-femme

La tenue du Sommet, dans le cadre des États généraux de la pratique sage-femme, prévus à l’automne, représente une occasion historique pour repenser collectivement l’avenir de la profession. Ce rendez-vous de réflexion doit permettre au système de santé de mieux bénéficier du regard unique que les sages-femmes posent sur le monde de la périnatalité — un regard profondément enraciné dans la confiance envers les femmes, le respect de la physiologie, la continuité des soins et une relation égalitaire entre la femme ou la personne enceinte et l’équipe de sages-femmes.

La Coalition pour la pratique sage-femme (CPPSF) souhaite que cet exercice mène à des recommandations ambitieuses, sans compromettre l’essence même de la pratique. « Il est primordial que l’approche sage-femme et sa philosophie soient préservées, et que l’on évite toute dérive vers une médicalisation accrue ou une recentralisation hospitalière des suivis », ajoute Marie-Eve Blanchard, coordonnatrice de la Coalition pour la pratique sage-femme.

Pour un accès équitable : un investissement politique et humain

Alors que les besoins en périnatalité évoluent et que les pressions sur le système de santé s’intensifient, la pratique sage-femme offre une réponse humaine et durable, à condition que la spécificité qui la caractérise soit pleinement prise en compte dans nos politiques publiques. Cette spécificité, axée sur une approche globale et féministe de la santé, la protection de la physiologie et la relation de confiance, répond à un besoin exprimé depuis des décennies par les femmes et les familles.

Présence et rencontre au Salon Maternité Paternité Enfants

Pour parler des enjeux actuels, des services offerts par les sages-femmes et des droits entourant la grossesse et l’accouchement, la population est invitée à venir rencontrer des sages-femmes et des membres de la Coalition au Salon Maternité Paternité Enfants (SMPE) à Montréal, les 10 et 11 mai. Dans un nouvel espace convivial intitulé Carrefour des ressources, né d’un partenariat entre Mieux-Naître à Laval et le SMPE, plusieurs organismes seront présents afin d’outiller les parents et leur permettre de faire des choix éclairés et centrés sur leurs réalités.

En ce 5 mai, célébrons et agissons

Célébrons aujourd’hui le travail exceptionnel des sages-femmes du Québec, leur approche respectueuse et leur engagement envers les familles. Et appelons à la mise en place de politiques publiques ambitieuses, inclusives et cohérentes avec la philosophie portée par la pratique sage-femme.

À propos

La Coalition pour la pratique sage-femme (CPSSF) milite pour l’accès aux services de sage-femme et aux maisons de naissance, dans toutes les régions du Québec, au sein du système public de la santé et services sociaux. Composée de 17 groupes, elle travaille pour que les sages-femmes puissent soutenir et protéger l’accouchement physiologique, en reconnaissant que les processus liés à la maternité appartiennent aux individus.

La Coalition pour la pratique sage-femme est actuellement coordonnée par le Regroupement Naissances Respectées (RNR). Les membres de la Coalition sont : l’Association des étudiantes sages-femmes du Québec (AESFQ), l’Association féministe d’éducation de l’action sociale (AFÉAS), l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), l’Association québécoise des doulas (AQD), la Confédération des Organismes Familiaux du Québec (COFAQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN), les Cercles des Fermières du Québec, la Fédération québécoise des organismes communautaires famille (FQOCF), la Fédération des femmes du Québec (FFQ), la Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN), le Mouvement pour l’autonomie dans l’enfantement (MAE), le Regroupement Les Sages-femmes du Québec (RSFQ), le Regroupement Naissances Respectées (RNR), L’R des centres de femmes du Québec, le Réseau québécois d’action pour la santé des femmes (RQASF), le Réseau des Centres de ressources périnatales du Québec (RCRPQ), Serena Québec, l’Institut National de Portage des Enfants (INPE).

Le Regroupement Les sages-femmes du Québec (RFSQ) regroupe près de 280 membres répartis dans une vingtaine d’établissements de santé. Il est affilié à la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

La Fédération des professionnèles (FP–CSN) représente quelque 10 500 professionnèles, techniciennes et techniciens œuvrant dans les secteurs de la santé et des services sociaux, de l’éducation, des organismes gouvernementaux, de l’économie sociale et de l’action communautaire, ainsi que dans le secteur privé.

 

 

 

Les travailleuses et les travailleurs du Parc olympique déclenchent la grève

Quelque 200 travailleuses et travailleurs du Parc olympique ont débrayé ce matin alors que le Centre sportif du Stade ouvrait ses portes après un an de travaux à la suite d’un incendie. Les syndiqué-es sont sans convention collective depuis maintenant deux ans.

Les travailleuses et travailleurs se mobilisent contre des demandes patronales qui auraient pour effet de précariser les horaires de travail et de réduire la quantité d’emplois permanents, au profit d’emplois temporaires.

« On défend un savoir-faire essentiel pour la pérennité du Stade. Avec les difficultés qu’on a connues dans les dernières années, notre employeur n’a pas les moyens de précariser nos emplois », explique Nouhoum Doumbia, président du Syndicat des bureaux-techniques du Parc olympique.

Les travailleuses et les travailleurs demandent également les augmentations salariales octroyées au reste du secteur public et parapublic, soit 17,4 % sur 5 ans.

« Le Stade et le Parc sont des emblèmes de Montréal. Il n’est pas question que les travailleuses et les travailleurs qui leur permettent d’exister vivent dans la précarité », soutient Caroline Senneville, présidente de la CSN.

« Le 31 mars marque le triste anniversaire de deux années sans convention collective pour les travailleuses et les travailleurs du Parc. Il est plus que temps que le Conseil du trésor donne des mandats de négociation à l’employeur et laisse de côté sa rigidité », expliquent Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés des services publics-CSN ainsi que Kathrin Peter, vice-présidente de la Fédération des professionnèles-CSN.

« Depuis le début des assemblées, où les travailleurs et les travailleurs ont voté leur mandat de grève, on remarque une solidarité exceptionnelle entre les différents corps de métier. Cette gang va rester unie jusqu’à la fin de leur lutte pour faire entendre raison à leur employeur », conclut Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain-CSN.

Les syndiqué-es ont en poche quatre autres jours de grève qui pourront être utilisés dans les prochaines semaines si aucune avancée n’est faite à la table de négociations. La grève concerne de nombreux corps de métier, dont le personnel administratif et technique, le personnel de l’entretien du bâtiment et les professionnel-les comme les ingénieur-es.

Les travailleuses et les travailleurs du Parc olympique se dotent d’un mandat de grève

Face à une négociation difficile qui s’éternise depuis maintenant plus de deux ans, près de 200 travailleuses et travailleurs du Parc olympique se sont dotés d’un mandat de grève de cinq jours cette semaine. Le mandat, adopté à la hauteur de 96%, survient à moins de deux semaines de l’ouverture du Centre sportif du stade olympique. 

« Ce n’est pas de gaité de cœur qu’on a adopté notre mandat de grève, mais l’arrogance patronale à la table de négociation nous force à prendre des décisions difficiles. Il faut qu’on arrive à une entente rapidement pour qu’on se concentre ensemble sur le futur du stade », explique Nouhoum Doumbia, président du Syndicat des bureaux-techniques du Parc olympique. 

À l’été 2023, la mobilisation des membres leur avait permis de conclure une entente sur les enjeux non pécuniaires de leur convention collective et la grève avait pu être évitée. L’employeur et le syndicat s’étaient entendus pour reprendre les pourparlers salariaux après la négociation du secteur public. De nombreux organismes parapublics dont le financement provient du Conseil du trésor obtiennent généralement les hausses salariales octroyées au public. 

« Coup de théâtre, quand est venu le temps de reprendre la négociation, l’employeur a fait volte-face et demandé de renégocier une grande partie de l’entente sur laquelle on s’était entendus moins d’un an auparavant. Les syndicats du Parc olympique se sont sentis trahis », ajoute M. Doumbia. 

La direction du Parc olympique et le Conseil du trésor demandent désormais davantage de flexibilité dans la convention collective. Cette flexibilité se traduirait notamment par une précarisation des horaires de travail et une série de reculs dans les conditions de travail, selon les syndicats. 

« La direction du Parc olympique se cache derrière le Conseil du trésor pour dire que ses mains sont liées. Que ça vienne de Sonia LeBel ou du stade, des mandats de négociation doivent être donnés rapidement pour qu’on évite la grève » explique Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés des services publics de la CSN (FEESP–CSN). 

« L’inquiétude des syndicats, c’est que la précarisation des horaires affecte l’équilibre travail-famille. À terme, on risque de perdre une expertise précieuse pour l’entretien de notre stade et de son parc », ajoute Kathrin Peter, vice-présidente de la Fédération des professionnèles de la CSN (FP–CSN). 

« Le Parc olympique est le cœur battant de Montréal, mais pour que sa modernisation se fasse sans heurts, ses travailleuses et travailleurs doivent être traités avec le respect qu’ils méritent », conclu Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain de la CSN (CCMM–CSN). 

Le mandat de grève concerne de nombreux corps de métier, dont le personnel administratif et technique, le personnel de l’entretien du bâtiment et les professionnel-les comme les ingénieur-es. 

GMF : le gouvernement facilite l’exode du personnel vers le secteur privé

La CSN dénonce la décision du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) de permettre aux groupes de médecine familiale (GMF) d’embaucher leurs propres ressources humaines plutôt que de devoir recourir au personnel des CISSS et des CIUSSS.

«Alors qu’on a déjà de la difficulté à recruter et à garder le personnel dans le réseau, le gouvernement vient encore faciliter l’exode de précieuses ressources du public vers le secteur privé», déplore la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

Jusqu’à présent, le personnel infirmier et les professionnel-les étaient des salarié-es du réseaupublic de santé que les CISSS et les CIUSSS attribuaient aux GMF. À la suite de cette décision – annoncée en catimini le 18 décembre dans le bas d’un communiqué du MSSS – les infirmières et les professionnel-les des GMF pourront sortir complètement du réseau public.

«On dirait que ce gouvernement prend plaisir à se tirer dans le pied en ouvrant de plus en plus notre réseau au secteur privé tout en favorisant l’exode du personnel essentiel, s’étonne Réjean Leclerc, président de la Fédération de la santé et des services sociauxCSN. Comment le réseau public est-il censé pouvoir rivaliser avec le secteur privé? Plutôt que d’imposer des compressions budgétaires de 1,5 milliard, la CAQ et Santé Québec doivent réinvestir dans le réseau public pour améliorer les conditions de travail. Le réseau public de santé et de services sociaux doit avoir les moyens d’attirer et de retenir les travailleuses et les travailleurs.»

«On aurait pu se réjouir que le gouvernement se soit au moins rendu compte que les GMF ne remplissent pas leurs promesses en matière d’amélioration de l’accès aux services de première ligne, ironise Jessica Goldschleger, présidente de la Fédération des professionnèles–CSN. Malheureusement, plutôt que de faire le choix courageux et nécessaire de ramener les ressources au sein du réseau public pour améliorer l’accès, il se rallie aux arguments des médecins entrepreneurs et met en place un programme qui viendra exacerber les problèmes d’accessibilité.»

 À propos

Forte de ses 330 000 membres, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) est présente dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

 La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN) compte plus de 145 000 membres dans les secteurs public, parapublic et privé. Plus de 120 000 de ses membres travaillent dans le réseau public de la santé et des services sociaux, partout au Québec, et ce, dans toutes les catégories de personnel. Plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux, la FSSSCSN agit en faveur dune société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

La Fédération des professionnèles (FP–CSN) représente quelque 10500 professionnèles, techniciennes et techniciens œuvrant dans les secteurs de la santé et des services sociaux, de l’éducation, des organismes gouvernementaux, de l’économie sociale et de l’action communautaire, ainsi que dans le secteur privé.

L’Association des acupuncteurs du Québec s’affilie à la Fédération des professionnèles–CSN

Représentant plus du tiers des 1 000 acupuncteurs et acupunctrices du Québec, les 375 membres votants de l’Association des acupuncteurs du Québec (AAQ) ont décidé de passer à l’offensive pour la reconnaissance et la valorisation de leur profession en s’affiliant à la FP–CSN lors d’un référendum s’étant terminé le 25 novembre dernier.

« La pratique de l’acupuncture se heurte actuellement à de nombreux défis, comme le manque d’intégration au sein du réseau de la santé, ainsi que l’obsolescence de la loi sur l’acupuncture, qui ne reflète pas l’ensemble des champs de pratique des acupuncteurs et acupunctrices, explique Martin Donaldson, président de l’AAQ. Grâce à cette affiliation, l’AAQ bénéficiera de l’expertise et des ressources de la FP–CSN pour défendre les intérêts de ses membres et poursuivre ses objectifs. »

La démarche d’affiliation de l’AAQ à la FP–CSN s’est entamée en 2022 et a débouché sur la tenue d’un référendum, où près de 90 % des votes enregistrés étaient en faveur de l’affiliation.

« Nous sommes très heureux que les membres de l’AAQ aient décidé de nous faire confiance pour défendre leurs intérêts, leurs droits et leurs conditions d’exercice, se réjouit Marie-Michèle Doiron, vice-présidente de la FP–CSN. Notre organisation a déjà démontré son savoir-faire dans la représentation de travailleuses et de travailleurs autonomes de domaines non conventionnels, comme les sages-femmes et les archéologues. Nous sommes ravis de mettre maintenant cette expertise au service des membres de l’AAQ. »

« La FP–CSN a démontré sa capacité à négocier avec le gouvernement et à représenter ses membres auprès des organismes gouvernementaux compétents en matière de pratique professionnelle, poursuit M. Donaldson. Nous sommes convaincus que cette affiliation nous permettra d’atteindre des objectifs stratégiques importants. »

En ouvrant ce nouveau chapitre de son histoire, l’AAQ espère, notamment, pouvoir mettre en lumière les compétences des acupunctrices et des acupuncteurs, protéger les outils et les techniques spécifiques à leur pratique, et développer une formation universitaire en acupuncture. Elle espère également faire valoir auprès du gouvernement que l’intégration des acupunctrices et des acupuncteurs au sein du système de santé québécois constituerait un atout considérable dans la poursuite de son objectif d’améliorer l’accessibilité et la qualité des soins.

À propos

Créée en 1972, l’Association des acupuncteurs du Québec (AAQ) a pour mission de promouvoir l’acupuncture et de veiller aux intérêts socio-économiques de ses membres. Elle est l’instigatrice, en collaboration avec la CSN, de la création de l’ordre des acupuncteurs du Québec en 1995.

La rentrée universitaire compromise à Concordia

Au terme de près d’un an de négociations infructueuses, les 600 membres du Syndicat des employé-e-s professionnel-le-s de l’Université Concordia (SEPUC–CSN) seront en grève à la rentrée scolaire, laquelle est prévue le 3 septembre, compromettant ainsi le début de l’année académique de près de 50 000 étudiants.

Pendant l’hiver, le syndicat a entamé un processus de conciliation avec l’université en raison de l’absence de progrès à la table de négociation sur la question du télétravail. Il y a quelques semaines, le syndicat s’est doté d’un mandat de grève de deux semaines dans l’espoir d’en arriver à une entente avec l’Université Concordia. Jusqu’à présent, l’employeur n’a pas bougé sur sa position, refusant même d’aborder le sujet du télétravail lors des réunions de négociation.

Les membres du syndicat occupent une variété de postes essentiels au bon déroulement de la rentrée, notamment ceux de conseiller, d’analyste en enseignement, en finances, en technologies de l’information et en communications, ainsi que de coordonnateur, de psychologue, d’infirmière, etc.

« En ce moment, l’accès au travail hybride est inéquitable au sein de l’université. Nous souhaitons adopter un cadre qui permettrait d’éviter toute forme d’injustice et  aussi garantir  aux employé-es professionnel-les qu’elles et ils pourront effectuer une partie de leur travail à la maison », explique Shoshana Kalfon, présidente du Syndicat des employé-e-s professionnel-le-s de l’Université Concordia (SEPUC–CSN).

« Il faut trouver une solution qui tienne compte des besoins des étudiants, de l’université et des employé-es professionnel-les. De nos jours, le télétravail est la norme pour de nombreux professionnels », explique Kathrin Peter, vice-présidente de la Fédération des professionnèles–CSN (FP–CSN).

« Nous espérons que l’employeur entendra le syndicat haut et fort. Nos membres veulent négocier pour éviter les conséquences négatives sur la population étudiante, mais ils seront prêts à faire la grève s’il le faut », conclut Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain–CSN (CCMM–CSN).

Il est intéressant de noter que dans son plan d’action climatique 2024, l’université indique encourager ses employé-es à travailler à distance afin de réduire son empreinte carbone liée aux déplacements domicile-travail. Le syndicat s’explique plutôt mal comment l’université concilie cette volonté avec sa position à la table de négociation.

À propos de la CSN

Composée de plus de 1 600 syndicats, la CSN représente près de 330 000 travailleuses et travailleurs répartis dans huit fédérations et treize conseils centraux régionaux, principalement au Québec.

La Fédération des professionnèles (FP–CSN) compte quelque 8 000 membres à travers le Québec, œuvrant dans une multitude de secteurs. Le Conseil central du Montréal métropolitain–CSN regroupe tous les membres de la CSN de la grande région de Montréal, de Laval, du Nunavik et d’Eeyou Istchee Baie-James.

Après six ans, une autre rentrée sans que la CAQ soit capable de régler les problèmes en éducation

Malgré le renouvellement récent des conventions collectives avec les syndicats du secteur de l’éducation et d’une partie de l’enseignement supérieur, on constate encore une série de problèmes que le gouvernement de la CAQ est incapable de régler. La violence est en hausse dans les écoles, on manque de personnel à divers niveaux, les infrastructures, de l’école primaire à l’université, sont dans un état lamentable, les cégeps et les universités sont sous-financés et l’intelligence artificielle n’est toujours pas encadrée par des balises claires.

 C’est la première rentrée scolaire avec la nouvelle convention qui prévoit une distribution plus hâtive des postes tant souhaitée par le gouvernement. Les problèmes récurrents du réseau de l’éducation et de l’enseignement supérieur demeurent cependant bien réels. On constate toujours un manque de main-d’œuvre et des situations qui nuisent à l’attraction et à la rétention du personnel persistent.

 Inaction en enseignement supérieur

La CSN accueille favorablement l’annonce de la ministre de l’Enseignement supérieur du Québec, Pascale Déry, sur la formation d’une instance de concertation nationale sur l’intelligence artificielle en enseignement supérieur. Alors que cette technologie se développe de façon expéditive et chaotique, la CSN espère que cette instance sera rapidement constituée et qu’elle sera permanente. La centrale entend y participer et faire part de ses recommandations pour des balises nationales, ayant elle-même développé une expertise en matière d’IA.

La nouvelle politique de financement des universités, déposée en juin dernier, est loin d’avoir fait ses preuves et la CSN s’inquiète des sommes importantes consacrées pour la diplomation dans des secteurs dits « prioritaires ». Le sous-financement de l’ensemble des missions universitaires se perpétue. La course aux primes à la diplomation n’augure rien de bon, ni pour les secteurs prioritaires ni pour ceux qui sont négligés. De plus, les chargé-es de cours de nos établissements universitaires revendiquent le déblocage de fonds pour financer leur contribution à la recherche.

En juin dernier, le ministère a rendu public le rapport du groupe de travail sur les cours défis au collégial. Alors que la ministre Déry avait ce rapport en sa possession depuis un an, la CSN estime qu’il est temps qu’elle s’engage dans la mise en œuvre des recommandations du rapport en collaborant avec l’ensemble de la communauté collégiale.

La CSN compte quelque 80 000 membres dans le secteur de l’éducation, dont 45 000 en enseignement supérieur. Elle représente 85 % des employé-es du milieu collégial.  

 CITATIONS 

 « Le travail est loin d’être terminé avec la signature des nouvelles conventions collectives. Le gouvernement peut et doit poser des gestes dès maintenant pour réussir à régler toute une série de problèmes qui persistent et qui nuisent tant à l’attraction de personnel, à tous les niveaux d’enseignement, qu’à la réussite des élèves, des étudiantes et des étudiants du Québec . Après six ans au pouvoir à répéter que l’éducation constitue une priorité nationale, il serait temps pour le gouvernement Legault d’être cohérent et d’agir enfin de manière conséquente. »

 – Caroline Senneville, présidente de la CSN  

 

« Alors que la CAQ se trouve à mi-mandat, il est grand temps que la ministre Déry passe à l’action face aux nombreux enjeux qui touchent le milieu de l’enseignement supérieur. Elle a déjà en main plusieurs idées, notamment sur les cours défis dans les cégeps. L’état des finances publiques ne saurait constituer une excuse pour abdiquer sa responsabilité de soutenir des réseaux collégial et universitaire à la fois accessibles et humains. Nos membres s’attendent à ce que la ministre défende vraiment ces derniers auprès de ses collègues et du premier ministre. »

Benoit Lacoursière, président de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN)  

 

« Du côté du personnel de soutien, ce qui retient notre attention tant dans le réseau scolaire que dans le réseau collégial, c’est la vétusté des établissements. Dans les documents liés au dernier budget du Québec, le gouvernement note que 56 % des écoles sont en mauvais ou en très mauvais état. Or, on apprend cet été une baisse de 400 millions de dollars dans ce que Québec devait allouer pour rattraper le déficit d’entretien des immeubles. Dans les cégeps, le Vérificateur général du Québec soulève que deux établissements sur trois sont en mauvais état et que les investissements déjà prévus ne suffiront pas à renverser leur dégradation importante. Le gouvernement agit de façon irresponsable en laissant les choses aller. »

– Frédéric Brun, président de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN)  

 

  « La nouvelle politique de financement des universités annoncées en juin ouvre la voie à un système d’enseignement supérieur à deux vitesses où les domaines d’études jugés prioritaires par le gouvernement auront le haut du pavé et certains autres seront négligés. Du côté des cégeps, on constate un manque important de professionnel-les dans tous les secteurs d’activité de nos établissements. À titre d’exemple, le nombre de professionnel-les dans les secteurs des services psychosociaux et de l’adaptation scolaire est insuffisant pour répondre aux demandes de nos étudiantes et de nos étudiants. Ce manque de personnel fragilise nos équipes, qui ne peuvent pas offrir le niveau de service dont notre population étudiante a besoin pour maximiser leurs chances de réussite. »

-Ryan William Moon, vice-président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN)  

 

 À propos  

 Fondée en 1921, la CSN est la première grande centrale syndicale québécoise et elle compte près de 80 000 membres dans le secteur de l’éducation et de l’enseignement supérieur qui sont répartis dans trois fédérations.  

 La FNEEQ–CSN regroupe quelque 37 000 membres en enseignement supérieur, à savoir les professeur-es de 45 cégeps et 12 collèges privés, ainsi que des chargé-es de cours, personnes tutrices et étudiant-es salarié-es dans onze universités québécoises. 

 La FEESP–CSN représente 45 000 employé-es de soutien de la maternelle à l’université.  

 La FP–CSN représente plus de 700 professionnèles du réseau collégial et universitaire et près de 1 500 professeur-es d’université.  

Le financement des universités accaparé par quelques domaines

La CSN salue l’augmentation du financement du réseau de l’Université du Québec. Le financement, qui est davantage axé sur la mission plutôt que sur le nombre d’étudiantes et d’étudiants inscrits, est tout de même un pas dans la bonne direction.

La nouvelle politique de financement des universités annoncée par la ministre Pascale Déry consacre toutefois trop d’argent à des bourses et des primes par diplômé-e dans les domaines jugés prioritaires. Or, selon l’avis de plusieurs universités, ces bourses n’ont pas permis d’attirer de nouvelles inscriptions.

 CITATIONS 

 « Plutôt que de gaspiller des centaines de millions pour tenter de produire plus de diplômé-es dans les domaines prioritaires, le gouvernement devrait mieux financer la mission globale des universités et éviter de couper d’un côté pour investir davantage dans l’autre. L’inflation a frappé l’ensemble des universités, pas juste quelques départements. »

 Caroline Senneville, présidente de la CSN 

Pour consulter la plateforme de la CSN en éducation et en enseignement supérieur : https://bit.ly/3EAf0PY 

 « Le gouvernement Legault est obnubilé par l’industrie et l’assujettissement des universités à ses besoins. Cette vision réductrice et dirigiste de l’enseignement supérieur met en péril l’équilibre des savoirs, la recherche et l’autonomie des établissements, tout en augmentant les inégalités. Les universités nécessitent un meilleur financement global, pour que tout le Québec gagne. »

 – Benoît Lacoursière, président de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) 

 

« En ciblant des domaines prioritaires pour le financement, le gouvernement limite les choix budgétaires que peuvent faire les universités. Nous craignons que le personnel de soutien dans les universités, pourtant essentiel au bon fonctionnement de ces institutions, fasse les frais de ces décisions difficiles. Le gouvernement doit prioriser un financement global des universités. »

 – Frédéric Brun, président par intérim de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) 

 

« Verser des primes aux universités pour chaque personne inscrite ou diplômée dans certains domaines que le gouvernement juge prioritaires incitera les établissements à réduire leurs investissements dans d’autres domaines ou même à diminuer le nombre de programmes offerts. Ça ouvre la voie à un système d’enseignement supérieur à deux vitesses, où l’on déroule le tapis rouge pour les domaines prioritaires alors que la qualité de l’enseignement en souffre dans les autres domaines. »

–  Jessica Goldschleger, présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN) 

 

 À propos 

 

Fondée en 1921, la CSN est la première grande centrale syndicale québécoise et elle compte près de 45 000 membres dans le secteur de l’enseignement supérieur qui sont répartis dans trois fédérations. 

 

La FEESP–CSN représente près de 40 000 employé-es de soutien dans le réseau de l’éducation et de l’enseignement supérieur.

 

La FNEEQ–CSN regroupe quelque 37 000 professeurs, chargé-es de cours ainsi que tutrices et tuteurs, principalement en enseignement supérieur.

 

La FP–CSN représente plus de 700 professionnel-les du réseau collégial et universitaire et près de 1 500 professeur-es d’université. 

 

Télétravail : 600 travailleuses et travailleurs de Concordia se dotent d’un mandat de grève

Après dix mois de négociation difficile, 600 membres du Syndicat des employé-es professionnel-les de l’Université Concordia (SEPUC–CSN) viennent de se doter d’un mandat de grève de deux semaines à déclencher au moment opportun. Bien que le syndicat souhaite éviter la grève, l’éventuel conflit de travail pourrait mettre en péril la rentrée universitaire de l’automne si les discussions n’avancent pas.

Les membres du syndicat occupent une variété de fonctions au sein de l’Université et sont, notamment, conseillères et conseillers académiques ou aux communications, analystes en finances, en informatique et en communication, ainsi que coordonnatrices et coordonnateurs, psychologues, infirmières et infirmiers, etc. Depuis le début de la négociation, l’Université refuse de discuter de l’encadrement du télétravail.

« Concordia applique le télétravail de façon arbitraire. L’encadrement du télétravail devrait être reconnu comme une condition de travail dans notre environnement professionnel », explique Shoshana Kalfon, présidente du SEPUC–CSN.

Incohérence
Dans son plan d’action climatique 2024, l’Université stipule pourtant qu’elle encourage ses employé-es à avoir recours au télétravail pour diminuer leur empreinte carbone liée aux déplacements. Le syndicat ne s’explique pas comment l’employeur peut concilier cette posture avec sa position de négociation.

« Concordia traite le télétravail comme un privilège qu’il peut retirer en tout temps à ses employées et employés, cette attitude n’a pas sa place dans le monde du travail postpandémique », explique Danny Roy, président de la Fédération des professionnèles–CSN (FP–CSN).

« Depuis la pandémie, le télétravail est un enjeu de négociation presque inévitable pour les emplois professionnels. Le mandat de grève est solide et les travailleuses et travailleurs pourront compter sur l’appui solidaire de la CSN jusqu’à la fin des négociations », conclut Chantal Ide, vice-présidente du Conseil central du Montréal métropolitain–CSN (CCMM–CSN).

À propos
Composée de plus de 1 600 syndicats, la CSN défend près de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis dans huit fédérations ainsi que dans treize conseils centraux régionaux, principalement sur le territoire du Québec.

La Fédération des professionnèles (FP–CSN) compte quelque 8 000 membres à travers le Québec et œuvrant dans plusieurs secteurs. Le Conseil central du Montréal métropolitain–CSN rassemble tous les membres de la CSN de la région du Montréal métropolitain, de Laval, du Nunavik et d’Eeyou Istchee Baie-James.

Les services d’aide à l’emploi sont plus indispensables que jamais

Le fait que le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale justifie ce programme par le contexte actuel de plein emploi et de pénurie de main-d’œuvre trahit une analyse plutôt simpliste de la situation et une incompréhension désolante quant à l’importance et à l’étendue des services offerts par ces organismes.

Nous croyons que, plutôt que de les rendre caducs, le contexte actuel tend à magnifier l’importance des services d’aide à l’emploi.

En effet, plutôt que d’utiliser cette situation économique particulière comme un prétexte pour couper encore davantage les vivres à des organismes déjà sous-financés, le gouvernement devrait plutôt réaliser le rôle primordial que ces organisations peuvent jouer pour aider les employeurs à trouver la main-d’œuvre dont ils ont besoin. Ces organismes ont le potentiel d’assurer une meilleure adéquation entre les besoins des employeurs et le développement des compétences des individus sur un territoire donné.

Qui plus est, la croissance fulgurante de l’indice des prix à la consommation (IPC) et la hausse vertigineuse du coût des logements auxquelles nous assistons depuis quelques années sont des facteurs qui doivent aussi être pris en compte lors de l’analyse contextuelle. L’augmentation du coût de la vie qu’engendrent ces deux phénomènes vient en effet exacerber la précarité de la situation des demandeurs d’emploi et renforcer le besoin d’intégrer le plus de personnes possible dans le marché du travail.

Un mode de gestion à revoir

Un regard rapide sur les mécanismes d’évaluation des résultats et de financement des organismes spécialisés en employabilité suffit pour comprendre ce qui fausse l’analyse du Ministère quant à leur utilité.

Le financement sous forme de « forfait » par client ou par acte et la mesure de performance en termes de « nombre de participants » ne tiennent pas compte des besoins croissants des personnes en recherche d’emploi et des employeurs.

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre et de plein emploi, les personnes qui sont toujours sans emploi se présentent souvent avec des problématiques plus complexes, qui demandent une attention soutenue et des services plus pointus.

Les organismes sont donc coincés dans un engrenage où ils sont inévitablement perdants : ils n’atteignent pas leurs nombres « cibles » de participants, donc on coupe leur financement, ce qui rend leurs objectifs encore plus difficilement atteignables.

Ajoutons à cela que plusieurs individus qui désirent obtenir de l’aide se voient refuser l’accès aux services en raison de critères d’admissibilité exagérément restrictifs et complexes qui visent davantage à réduire le financement qu’à s’adapter aux besoins de la clientèle actuelle.

Par exemple, les personnes avec un statut de réfugié et les travailleurs et travailleuses précaires n’ont pas accès à la plupart des services, alors que les organismes, eux, seraient tout à fait disposés à leur en offrir.

Tous ces écueils font en sorte que nous sommes convaincus qu’à l’heure actuelle, la société québécoise ne bénéficie pas du plein potentiel des organismes spécialisés en employabilité. Nous sommes aussi convaincus que pousser ces organismes à fusionner ou à fermer leurs portes n’améliorera en rien la situation.

Nous espérons avoir bientôt la chance de rencontrer la ministre de l’Emploi, Kateri Champagne Jourdain, afin de discuter plus longuement des moyens et des outils à mettre en place pour aider ces organismes à jouer pleinement leur rôle de moteur du développement économique et du développement régional au Québec.

Danny Roy, Président de la Fédération des professionnèles–CSN

 

1. Lisez Aide à l’emploi–Le gouvernement veut moins d’organismes

La CSN et la Fédération des professionnèles solidaires avec les professeur-es de la Faculté de droit de McGill

Alors que l’Association mcgillienne de professeur.e.s de droit (AMPD) poursuit sa grève générale illimitée, la CSN et la Fédération des professionnèles (FP–CSN) lui offrent leur soutien et enjoint l’administration de l’Université McGill à négocier de bonne foi dans le but de s’entendre sur les modalités d’une première convention collective.

« C’est la responsabilité de toute organisation de syndicale de défendre le droit des travailleuses et des travailleurs à se syndiquer et la responsabilité de tout employeur de négocier de bonne foi, explique Caroline Senneville, présidente de la CSN. L’administration de l’université doit accepter la volonté des professeur-es de la Faculté de droit de créer leur syndicat et prendre les moyens de faire progresser les pourparlers à un rythme raisonnable. »

Après avoir combattu l’accréditation syndicale de l’AMPD devant les tribunaux, l’université semble maintenant user de toutes sortes de tactiques pour saboter la négociation. Devant cette attitude antisyndicale, les membres de l’association ont donc décidé de déclencher la première grève de professeur-es de l’histoire de l’Université McGill.

« En tant que fédération regroupant les syndicats de professeur-es et de professionnel-les d’autres établissements universitaires, il est important de démontrer notre solidarité envers les professeur-es de McGill qui mènent une lutte historique, précise Danny Roy, président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN). Nous tenions à ce que les membres de l’AMPD sachent qu’ils ne sont pas seuls. Nous sommes de tout cœur avec eux. »

À propos

La Fédération des professionnèles (FP–CSN) compte quelque 8 000 membres à travers le Québec et œuvrant dans plusieurs secteurs. Elle représente notamment les syndicats des professeur-es de l’Université du Québec à Montréal (SPUQ) et de l’Université du Québec en Outaouais (SPUQO).

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. Elle regroupe quelque 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Geneviève Biron à la tête de Santé Québec : la CSN inquiète

La nomination de Geneviève Biron à titre de PDG de Santé Québec soulève l’inquiétude de la Confédération des syndicats nationaux (CSN). La centrale syndicale et ses organisations affiliées s’inquiètent notamment que le passé entrepreneurial de la nouvelle PDG, qui a œuvré pendant plus de 30 ans dans le secteur privé, vienne teinter sa vision et influencer sa gestion du réseau public de santé et de services sociaux. 

« Mme Biron s’est dite préoccupée des enjeux d’accès à la santé, c’est aussi le cas de la CSN et des milliers de travailleuses et de travailleurs de la santé. Pour nous, les solutions devront passer par le public et c’est pourquoi nous voulons en discuter rapidement avec la nouvelle équipe de Santé Québec », insiste Caroline Senneville, présidente de la CSN.  

Le groupe Biron est une entreprise privée spécialisée dans les services de laboratoire et de génétique et les services d’imagerie médicale. Dans un article paru en 2020, Geneviève Biron estimait notamment que le rôle du privé était complémentaire au réseau public. « Maintenant qu’elle est à la tête de Santé Québec, ce ne sont plus des clients que Mme Biron devra servir, mais bien des citoyennes et des citoyens qui paient son salaire », poursuit Mme Senneville. 

« Il est alarmant de voir que le gouvernement de la CAQ est prêt à confier les rênes de notre réseau public de santé et de services sociaux à une personne issue du secteur privé », s’inquiète Danny Roy, président de la Fédération des professionnèlesCSN. « Il est maintenant clair que le virage déjà amorcé par le gouvernement vers une plus grande présence du privé dans le réseau sera non seulement perpétué, mais accéléré », ajoute-t-il.  

« Incroyable! En nommant une entrepreneure à la tête de Santé Québec, la CAQ confie ouvertement notre réseau public aux loups du privé. En plus, on apprend que certains des proches de Geneviève Biron ont des contrats avec le réseau public et le ministre cautionne cette situation », critique vivement le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Réjean Leclerc. « La CAQ fait l’exact contraire de ce qu’il faut pour régler les problèmes du réseau. Rien ne démontre qu’une telle centralisation – ce sera le plus grand employeur du Canada – peut améliorer le réseau. Gérer le réseau public avec une logique inspirée du privé, du monde des affaires, ne fonctionnera pas. Ce n’est pas en gérant le réseau comme une entreprise, en payant des salaires de PDG du privé, qu’on va l’améliorer », conclut-il. 

Malgré les nombreux défis qui demeurent et les inquiétudes que soulève la nomination de Mme Biron, la CSN poursuivra son travail afin que les préoccupations légitimes des travailleuses et des travailleurs du réseau soient entendues par l’équipe de direction de Santé Québec, et espère qu’elle saura se montrer à l’écoute des solutions mises de l’avant par la confédération pour préserver nos services publics. 

À propos 

La Fédération des professionnèles (FP–CSN) compte quelque 8000 membres répartis partout au Québec et œuvrant dans plusieurs secteurs, notamment en santé et en services sociaux et en développement régional et local. 

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) compte plus de 140000 membres dans les secteurs public et privé, dont plus de 120000 dans le réseau public de la santé et des services sociaux, partout au Québec, et ce, dans toutes les catégories de personnel. La FSSS–CSN est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux ainsi que dans celui des services de garde. La FSSS-CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire. 

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe quelque 330000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec. 

Quatre nouvelles ententes pour le Syndicat national des archéologues du Québec

Réunis en assemblée générale le samedi 10 février dernier, les membres du Syndicat national des archéologues du Québec (SNAQ–CSN) ont adopté les ententes de principe conclues entre le syndicat et quatre importants employeurs dans le secteur de l’archéologie au Québec : Arkéos, Artefactuel, Ethnoscop et Patrimoine Experts.

« Nous avons réussi à faire des gains sur tous nos enjeux prioritaires, affirme Maxime Vaillancourt, président du SNAQ–CSN. Que ce soit en matière de santé et de sécurité au travail, du droit au rappel, de la conciliation vie-travail-famille, de la reconnaissance de la profession ou des considérations pécuniaires, ces ententes viennent corriger plusieurs des conditions archaïques et injustes imposées aux archéologues du Québec pendant trop longtemps. Nous pouvons être fiers d’avoir autant fait progresser la profession en seulement quatre années d’existence du syndicat. »

Adoptées à hauteur de 85 % à 100 %, ces ententes prévoient des conventions collectives d’une durée de trois ans, au cours desquelles le plafond salarial sera majoré de 10 $ l’heure, passant de 28 $ à plus de 38 $/heure, ce qui représente une augmentation de plus de 35 %.

« Nous sommes ravis que la patience et la détermination affichées par les membres du syndicat tout au long de la négociation et du processus de syndicalisation portent finalement leurs fruits, se réjouit Danny Roy, président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN). Ces nouvelles ententes, convenues à l’amiable, balisent clairement la voie à suivre pour l’ensemble du marché. Les employeurs qui sont toujours récalcitrants n’ont d’autre choix que de se rendre à l’évidence : il faut donner un coup de barre pour rehausser et uniformiser les conditions de travail des archéologues. »

Représentant plus de 150 membres œuvrant dans plusieurs régions du Québec au sein de 11 firmes d’archéologie, le SNAQ–CSN est affilié à la Fédération des professionnèles–CSN.

La Fédération des professionnèles (FP–CSN) compte quelque 8 000 membres répartis partout au Québec et œuvrant dans plusieurs secteurs, dont ceux de la santé et des services sociaux et du développement régional et local.

Les avocates et les avocats de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec viennent grossir les rangs de la CSN

Une vingtaine d’avocates et d’avocats de l’aide juridique de l’Abitibi-TémiscamingueNord-du-Québec fait le choix de grossir les rangs de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Ce groupe de travailleuses et de travailleurs de l’aide juridique est le quatrième à rejoindre la CSN au cours des derniers mois. « Avec l’arrivée de ce nouveau groupe, ce sont maintenant sept syndicats d’avocates et d’avocats qui sont affiliés à la Fédération des professionnèles (FP–CSN). C’est un plaisir et un honneur de les accueillir dans notre grande famille », souligne Danny Roy, le président de la FP–CSN.

En avril dernier, les syndicats CSN ont obtenu une entente de principe permettant aux avocates et aux avocats de l’aide juridique de maintenir leur parité salariale avec les procureur-es de la Couronne.

« Nous sommes toujours heureux d’accueillir de nouveaux groupes de travailleuses et de travailleurs dans nos rangs », a commenté Félix-Antoine Lafleur, président du Conseil central de l’Abitibi-TémiscamingueNord-du-Québec (CSN), « les avocates et avocats de l’aide juridique de l’Abitibi-TémiscamingueNord-du-Québec peuvent être assurés qu’ils trouveront à la CSN, toute l’écoute et le soutien dont ils ont besoin pour améliorer leurs conditions de travail. »

« Au nom des 330 000 membres de la CSN et du comité exécutif, je tiens à souhaiter la bienvenue aux avocates et aux avocats de l’aide juridique de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec. Vous faites désormais partie de ce grand mouvement qui nous permet d’améliorer au quotidien le sort des centaines de milliers de travailleuses et travailleurs », a souligné la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

À propos
Le Syndicat des avocates et avocats de l’aide juridique de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec–CSN est affilié à la Fédération des professionnèles (FP–CSN), au Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec (CCATNQ–CSN) ainsi qu’à la Confédération des syndicats nationaux.

La réforme Dubé – TOUT SAUF SANTÉ

Des centaines d’organisations s’unissent pour mettre en lumière les dangers du projet de loi 15 ou réforme Dubé en santé et services sociaux. Composée de syndicats, de groupes communautaires et de diverses organisations de la société civile, cette vaste coalition se mobilise sous le slogan TOUT SAUF SANTÉ.

Réitérant leur appel au dialogue, ces organisations demandent au ministre de la Santé, Christian Dubé, de prendre un pas de recul et de ne pas imposer aux Québécoises et aux Québécois une nouvelle réforme centralisatrice qui soulève bien plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.

« Ça fait des mois que des groupes, associations et experts de tous les horizons mettent en garde le ministre de la Santé et des Services sociaux contre les impacts dévastateurs que risque d’engendrer sa réforme si elle est adoptée dans sa mouture actuelle. À quelques jours de la fin des travaux parlementaires, l’heure est à l’unité. C’est pourquoi nous lançons tous ensemble cette campagne La réforme Dubé : TOUT SAUF SANTÉ, une campagne qui a été conçue pour que tout le monde puisse se l’approprier afin d’exiger du ministre qu’il revoit impérativement son projet de loi et par conséquent, son calendrier d’adoption », ont déclaré Lise Goulet et Nathalie Déziel, respectivement présidente et trésorière de la Coalition Solidarité Santé, qui prenaient la parole au nom de l’ensemble des organisations réunies en point de presse cet après-midi à l’Assemblée nationale.

En plus du dévoilement du slogan, trois travailleuses du réseau de la santé et du milieu communautaire ont lu une déclaration qu’on peut retrouver ici.

Outre cet appel à la mobilisation, notons également qu’une campagne citoyenne de lettres adressées à l’ensemble des député-es de l’Assemblée nationale est en cours afin de demander aux élu-es de faire tout en leur pouvoir pour freiner le projet de loi 15.

Rappelons enfin qu’en octobre dernier, plus de 250 groupes, associations et organisations issus des milieux communautaire, syndical, coopératif et médical ont signé une lettre ouverte pour dénoncer l’absence évidente de consensus autour de la réforme santé du ministre Dubé.

Le Syndicat des professeur-es de l’UQO demande au ministre Drainville de retirer son projet de loi

Alors que l’étude du projet de loi 23 du ministre Drainville se poursuit à l’Assemblée nationale, le syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (SPUQO–CSN), à l’instar de plusieurs autres organisations et syndicats, appelle à son retrait immédiat et demande l’organisation d’une consultation plus large des acteurs universitaires afin de répondre aux problèmes auxquels souhaite répondre le projet de loi sans contrevenir au principe de liberté académique. Cette prise de position fait suite à une résolution adoptée par les membres du SPUQO réunis la semaine en assemblée générale.

« Nos membres sont très préoccupés actuellement par le projet de loi 23 puisque celui-ci, dans sa mouture actuelle, brime non seulement l’autonomie universitaire et la liberté académique des professeur-es, mais vient de surcroît paver la voie à une ingérence ministérielle et gouvernementale dans les programmes de formation universitaire et dans la recherche en éducation. C’est extrêmement inquiétant », déplore le comité exécutif du SPUQO.

Le syndicat dénonce en outre le fait que le projet de loi appelle à un rétrécissement du champ de recherche, à une directivité dans la promotion d’un type de recherche et à une mainmise sur la formation universitaire dans le domaine de l’enseignement.

Rappelons que le PL23 n’a fait l’objet que de consultations très restreintes auprès des instances universitaires et de la communauté professorale, et ce, malgré les impacts considérables du projet de loi pour ces dernières.

À propos
Le SPUQO représente près de 250 professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais, répartis dans douze départements sur deux sites (Gatineau et Saint-Jérôme). Il est affilié à la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

Réforme Drainville : jamais trop tard pour bien faire

Alors que l’étude du projet de loi 23 du ministre Drainville continue aujourd’hui à l’Assemblée nationale, la CSN réitère que, sous sa forme actuelle, il va détériorer une situation déjà précaire à plusieurs égards dans le réseau de l’éducation. En clair, cette énième réforme est vouée à l’échec et rate sa cible.   

 

Au sortir de la pandémie, le Québec s’est retrouvé avec un réseau de l’éducation fragilisé : des élèves accumulant des retards scolaires et ayant de plus en plus de besoins particuliers, des inégalités sociales et scolaires qui s’accentuent, un personnel en nombre insuffisant et à bout de souffle ainsi qu’un accroissement de la détresse psychologique et de la violence. 

 

Par son caractère centralisateur, cette réforme nous apparaît non seulement improductive à bien des égards, mais elle comporte aussi d’importantes attaques contre l’enseignement et les services éducatifs, l’autonomie des enseignantes et des enseignants et le Conseil supérieur de l’éducation. C’est pourquoi nous demandons au ministre d’abandonner son projet de loi, à l’exception de la question de la collecte de données sur le réseau. 

 

CITATIONS 

– KATIA LELIÈVRE, vice-présidente de la CSN 

 

« Le projet de loi 23 ne fait pas le travail. Nous devons travailler ensemble pour faire de l’éducation une vraie priorité nationale. Le ministre Drainville doit prendre plus de mesures concrètes pour venir à bout du manque de personnel. Il faudra continuer à parler aux syndicats pour trouver des solutions pérennes et globales afin d’assurer un meilleur avenir à nos enfants. Pour cela, il faut notamment améliorer de façon notable les conditions de travail et l’organisation du travail pour faire en sorte d’attirer et de retenir le personnel. » 

 

Pour consulter la plateforme de la CSN en éducation et en enseignement supérieur : https ://bit.ly/3EAf0PY 

 

– FRÉDÉRIC BRUN, président par intérim de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) 

 

Il n’y a absolument rien dans le projet de loi 23 qui améliorera les conditions d’apprentissage des élèves. Et ça, les employé-es de soutien le savent parce qu’ils sont les yeux, les oreilles et les bras du réseau scolaire. Ils sont partout, tout le temps. Ils connaissent mieux que quiconque les problèmes actuels et sont en mesure d’identifier des solutions concrètes. Il est encore temps pour le ministre de les consulter réellement avant d’adopter une autre réforme vouée à l’échec. 

 

– CAROLINE QUESNEL, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN). 

 

« Ce n’est pas en concentrant les pouvoirs entre les mains d’un ministre tout-puissant ou en créant un Institut d’excellence en éducation – calqué sur l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS) dont les mantras sont la performance et la rentabilité – que le gouvernement va régler les problèmes des réseaux de l’éducation. L’approche centralisatrice de la CAQ mine dangereusement la recherche, ses retombées et la diversité de ses points de vue. Elle impose également des œillères à la profession enseignante, en démantelant le Conseil supérieur de l’éducation qui offre un regard critique et pertinent, de la maternelle à l’université. »  

 

DANNY ROY, président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN) 

 

« Le projet de loi 23, dans sa mouture actuelle, brime l’autonomie universitaire et la liberté académique des professeur-es, deux conditions pourtant essentielles à l’accomplissement de la mission des établissements d’enseignement supérieur. Pire encore, ce projet de loi vient ouvrir la porte à diverses formes d’ingérence de la part du ministre et du gouvernement au niveau du contenu des programmes universitaires et de la recherche en éducation. Le ministre doit impérativement refaire ses devoirs en consultant et en impliquant concrètement les acteurs du milieu de l’enseignement supérieur. » 

 

À propos 

 

Fondée en 1921, la CSN est la première grande centrale syndicale québécoise et elle compte près de 80 000 membres dans le secteur de l’éducation et de l’enseignement supérieur qui sont répartis dans trois fédérations. 

 

La FEESP–CSN représente près de 40 000 employé-es de soutien dans le réseau de l’éducation et de l’enseignement supérieur.

 

La FNEEQ–CSN regroupe quelque 35 000 professeurs, chargé-es de cours ainsi que tutrices et tuteurs, principalement en enseignement supérieur.

 

La FP–CSN représente plus de 700 professionnel-les du réseau collégial et universitaire et près de 1500 professeur-es d’université. 

Les syndicats de la santé dénoncent un projet centralisateur et favorable au secteur privé

En cette veille de clôture des travaux parlementaires, l’ensemble des organisations syndicales du milieu de la santé et des services sociaux rappelle au gouvernement du Québec que le projet de loi no 15, tel que formulé à l’heure actuelle, ne constitue pas la réforme souhaitée pour le Québec.

Lors d’une activité de mobilisation tenue à l’Assemblée nationale ce matin, les porte-parole des organisations, accompagnés de militantes et de militants, ont déployé une banderole et distribué des tracts aux députés et au personnel politique.

« Par cet événement, nous transmettons ce message au gouvernement du Québec : l’été ne nous fera pas oublier le projet de loi no 15, qui est excessivement centralisateur et beaucoup trop favorable au secteur privé. Ce projet de loi est voué à l’échec si on n’améliore pas substantiellement les conditions de travail sur le terrain. Si le ministre de la Santé veut travailler cet été à améliorer avec nous son projet de loi, nous sommes disponibles. L’ensemble du personnel, quelle que soit sa catégorie d’emploi, mérite que l’on s’attarde à réduire la pression et la pénurie de personnel. C’est une simple question de respect », indiquent les porte-parole de l’APTS, la CSN, la CSQ, la FSQ-CSQ, la FIQ, la FP-CSN, la FSSS-CSN, la FTQ, le SCFP, le SPGQ et le SQEES.

Des principes à rappeler

Les organisations syndicales réitèrent l’affirmation contenue dans leur déclaration de principes, à savoir que toute refondation du réseau doit reposer sur une réaffirmation forte de son caractère public. En outre, elles jugent nécessaire de répondre aux véritables défis de décentralisation, de démocratisation et d’accessibilité aux services publics du système de santé québécois.

Elles réaffirment également la nécessité de garantir l’accessibilité de l’offre de soins et de services dans le réseau public à l’ensemble de la population du Québec. « Le secteur privé accapare le financement et les ressources humaines qui devraient être consacrés au réseau public. La marchandisation de la santé et l’allocation de ressources pour financer et enrichir le secteur privé n’ont pas leur place dans ce projet de loi. De plus, nous observons une accélération inquiétante de la perte de pouvoir démocratique de la population et du personnel dans le réseau depuis 20 ans. La décentralisation et la démocratisation du réseau par la concertation avec les acteurs des milieux s’avèrent incontournables pour prioriser et adapter les soins et les services aux besoins et aux réalités spécifiques. Nous pourrons alors agir en prévention sur les déterminants sociaux qui sont actuellement écartés du projet de loi no 15 », concluent les porte-parole.

 

 

 

Projet de loi 15 – Les syndicats de la santé établissent les bases du dialogue  

À l’aube des consultations parlementaires sur le projet de loi 15 du ministre de la Santé, Christian Dubé, l’ensemble des organisations syndicales du milieu de la santé et des services sociaux unissent leurs voix en rendant public aujourd’hui un énoncé de principes détaillant les bases et les fondements de leur vision pour proposer des améliorations au réseau. Le statu quo n’étant pas une option, les organisations syndicales, fortes de l’expérience de leurs membres sur le terrain, sont prêtes à entamer le dialogue avec le ministre à propos de cette vaste réforme.

« Nous considérons que la refondation du réseau doit reposer sur une réaffirmation forte de son caractère public, et qu’il est nécessaire de répondre aux véritables défis de décentralisation, de démocratisation et d’accessibilité aux services publics du système de santé québécois », peut-on lire notamment dans l’énoncé endossé par l’APTS, la CSN, la CSQ, la FSQ-CSQ, la FIQ, la FP–CSN, la FSSS–CSN, le SCFP, le SPGQ et le SQEES.

Universalité d’accès et gratuité

Parmi les principes fondamentaux défendus par les organisations syndicales, on retrouve l’universalité de l’accès ainsi que la gratuité des soins et services pour l’ensemble de la population, principes qui reposent sur un financement entièrement public, de même que sur une gestion et une prestation publiques. En ce sens, les syndicats misent sur le caractère résolument public du réseau, et souhaitent mettre fin à toute nouvelle intrusion du privé, tout en limitant au maximum le recours qu’on en fait actuellement. « Il n’y a pas de place pour de la marchandisation de la santé ni de ressources pour financer des profits au privé », affirment les organisations.

Décentralisation et démocratisation

La coalition intersyndicale s’inquiète également de la perte de pouvoir démocratique au sein des établissements du réseau de la santé et des services sociaux (RSSS) : « la décentralisation et la démocratisation du réseau par la concertation avec les acteurs des milieux de toutes les régions du Québec sont des facteurs incontournables pour agir afin de mieux prioriser et adapter les soins et services aux besoins et aux réalités spécifiques et ainsi nous permettre d’agir en prévention sur les déterminants sociaux, tels que le revenu et le statut social, qui sont actuellement mis à l’écart ».

Enfin, les organisations syndicales réclament d’une même voix une nette amélioration des conditions de travail pour l’ensemble du personnel du RSSS, facteurs clés de la névralgique attraction/rétention des travailleuses et travailleurs au sein du réseau public.

Pétition

En outre, toujours à l’initiative de la coalition intersyndicale, une pétition parrainée par le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, reprenant l’essentiel de ces revendications, a été publiée hier sur le site de l’Assemblée nationale.

Pour consulter l’énoncé de principes :  https://bit.ly/3KG1iN5
Pour consulter la pétition : https://bit.ly/3mEo5AJ

Une entente de principe adoptée à 76 % par les profs de l’UQO

Aujourd’hui, le 15 mars 2023, en assemblée générale, le Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) a adopté une entente de principe à 76 % pour le renouvellement de leurs conditions de travail. Depuis le mois de juin 2022, c’est 19 rencontres de négociation qui ont été menées pour y arriver. « Je suis satisfait du travail accompli. Nous avons fait des avancées intéressantes sur plusieurs plans », a déclaré Vincent Boutonnet, président du SPUQO–CSN.

Voici les éléments à retenir des principaux gains que les professeures et professeurs ont obtenus :

  • Instauration d’une protection contre les coupes de postes de professeur-es ;
  • Balises clarifiées pour l’enseignement à distance ;
  • Bonification du Fonds de développement professionnel ;
  • Amélioration des dispositions concernant la fonction et les tâches professorales ;
  • Amélioration des conditions en regard de la conciliation travail-famille, notamment pour les congés parentaux et des congés supplémentaires pour raisons familiales ;
  • Amélioration du processus d’octroi de la promotion et de l’évaluation professorale ;
  • Création d’un nouveau Fonds de recherche pour les professeures et professeurs ayantaccompli deux mandats de responsabilités administratives ;
  • Bonification des salaires : une augmentation composée de 10,9 % sur 4 ans, incluant un 6,1 % composé de bonifications salariales pour les deux premières années.

Les membres du comité de négociation, du comité de mobilisation et du comité exécutif du SPUQO–CSN souhaitent remercier l’ensemble des membres pour leur implication et leur soutien tout au long de ce processus de renouvellement de la convention collective (2022-2026).

Les organisations syndicales en santé ne veulent pas rejouer dans le même mauvais film

Les organisations syndicales représentant plus de 200 000 travailleuses et travailleurs en santé et services sociaux réagissent d’une seule voix aux dépôts patronaux sectoriels. Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ), le Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES-FTQ), Fédération de la Santé du Québec (FSQ-CSQ), la Fédération des professionnèles (FP-CSN) et le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), ces dépôts ne reflètent pas l’urgence d’améliorer les conditions de travail du personnel du réseau.

Une réponse patronale floue qui ignore l’urgence d’améliorer les conditions de travail
Alors que les organisations syndicales ont chacune remis leur propre dépôt contenant plusieurs solutions pour améliorer les conditions de travail du personnel, elles ont toutes reçu le même dépôt patronal. Les organisations déplorent que le gouvernement semble vouloir utiliser les mêmes stratégies que lors des dernières rondes de négociations. Alors qu’il prétend vouloir implanter des mesures rapidement dans ses communications publiques, il dépose des offres floues aux tables de négociation. Plutôt que de poursuivre sa fixation de créer des lieux de discussion parallèles risquant de ralentir de façon importante la négociation et la mise en place rapide de solutions essentielles, il doit convenir avec les syndicats de mesures négociées pour aider les travailleuses et les travailleurs du réseau.

« Le gouvernement ne semble toujours pas comprendre que la crise que traverse actuellement le réseau touche de plein fouet l’ensemble du personnel de la santé et des services sociaux, pas seulement quelques titres d’emploi. À trop vouloir agir uniquement là où la situation est particulièrement difficile, on peut oublier que ce sont tous les titres d’emploi qui vivent de la détresse et de la surcharge. Si nous voulons améliorer les services à la population, il faut donner un coup de barre dans les conditions de travail de tout le personnel. Le réseau est complexe, nous devons travailler conjointement à la mise en place de solutions globales, durables et équitables, et ainsi éviter de déplacer ou de créer de nouvelles difficultés. Sinon, on ne fait que prolonger et aggraver la crise », indiquent les représentantes et les représentants de la FSSS-CSN, de l’APTS, du SCFP, du SQEES-FTQ, de la FSQ-CSQ, de la FP-CSN et du SPGQ.

Des dépôts patronaux inquiétants
Les dépôts patronaux sectoriels contiennent plusieurs mesures préoccupantes, particulièrement en ce qui concerne la présence au travail. De négociation en négociation, la partie patronale s’entête sur cet enjeu sans tenir compte des causes structurantes des absences du personnel dans le réseau.

« Si les travailleuses et les travailleurs sont si nombreux à être en absence, c’est parce que le réseau les rend malades. Comment pouvons-nous prendre bien soin de la population si nous sommes au bout du rouleau ? Si le gouvernement veut encore une fois taper sur la tête du personnel épuisé, il nous trouvera sur son chemin », de conclure les représentantes et les représentants syndicaux.

La ministre Pascale Déry ne doit pas marchandiser l’enseignement supérieur

La CSN et ses fédérations ont rencontré aujourd’hui la ministre de l’Enseignement supérieur Pascale Déry pour lui faire part de certaines inquiétudes sur les nouvelles orientations qui semblent se dessiner pour les cégeps et les universités du Québec.

Dans son discours inaugural du 1er décembre, le premier ministre a évoqué l’enseignement supérieur à plusieurs reprises, mais en ajoutant qu’il souhaite « mettre ensemble » la recherche universitaire et les entreprises. Il espère aussi que les étudiantes et étudiants se dirigent vers les « domaines stratégiques ». Dans son discours de victoire électorale, le premier ministre François Legault a déclaré que l’éducation était « la priorité des priorités », mais quelle sera la priorité précise du gouvernement pour l’enseignement supérieur dans les années à venir ? Le financement sera-t-il à la hauteur pour pouvoir embaucher et conserver les profs et le personnel de soutien nécessaire ?

CITATIONS

– CAROLINE SENNEVILLE, présidente de la CSN

« Nous souhaitons vivement que la nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, n’ait pas une vision réductrice et marchande de notre secteur qui s’appuierait de plus en plus sur des formations courtes pour répondre aux besoins du marché et sur la formation à distance pour réduire les coûts. Les étudiantes et étudiants ne sont pas des clients et l’enseignement supérieur n’est pas un simple marché. Notre mission est d’abord et avant tout de transmettre un savoir aux nouvelles générations », a déclaré Caroline Senneville, présidente de la CSN, qui représente plus de 80 000 membres dans le secteur de l’éducation et de l’enseignement supérieur.

– BENOÎT MALENFANT, président de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN)

« Dans les cégeps, ce sont les employé-es de soutien qui procurent aux étudiantes et aux étudiants un milieu de vie qui favorisent les apprentissages. Que ce soit par l’accompagnement pédagogique, par la gestion administrative des affaires étudiantes ou par l’entretien des bâtiments, ils contribuent grandement à la réussite éducative et ils doivent être reconnus à leur juste valeur. Nous demandons à la nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur de poser des gestes concrets pour rendre ces emplois attractifs et pour réussir à freiner l’exil du personnel expérimenté. Mme Déry doit également travailler avec nous pour que cesse la sous-traitance dans nos établissements, puisque celle-ci entraîne une perte d’expertise et participe à l’effritement de nos services publics. »

– CAROLINE QUESNEL, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN)

« Les douze travaux de Pascale Déry devraient commencer par assurer aux universités un financement adéquat, prévisible et équitable dans toutes les régions, sans égard à la “performance”. Au cégep, il s’avère primordial d’encadrer l’enseignement à distance afin qu’il ne concurrence pas la formation en présence. Dans les deux réseaux, la ministre doit s’éloigner de la logique de concurrence malsaine entre les institutions. Les chantiers sont nombreux et nous avons hâte de discuter à nouveau avec elle pour l’avancement de nos dossiers en enseignement supérieur. »  

– DANNY ROY, président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN)

« Dans un contexte généralisé de pénurie de main-d’œuvre, le manque d’effectifs se fait également sentir au sein du réseau universitaire, notamment au niveau des professionnel-les et du corps professoral. Dans le réseau collégial, on constate que près de 40 % des professionnel-les qui y travaillent cumulent moins de deux ans d’ancienneté. Pour faire face à cette crise d’attractivité et de rétention du personnel, la ministre de l’Enseignement supérieur doit miser sur un financement stable qui permettra aux universités de réaliser leur mission fondamentale, en plus de miser sur la nécessaire reconnaissance de l’ensemble des professionnel-les qui contribuent quotidiennement au bien-être psychologique et à la réussite éducative des étudiantes et des étudiants. »

Pour consulter la plateforme de la CSN en éducation et en enseignement supérieur

https ://bit.ly/3EAf0PY

Santé et services sociaux : les solutions résident dans un réseau public fort

La CSN invite le ministre de la Santé, Christian Dubé, celui des Services sociaux, Lionel Carmant, tous deux nouvellement reconduits dans leurs fonctions, et plus largement le gouvernement de la CAQ, à faire preuve d’écoute et d’ouverture à l’égard des travailleuses et des travailleurs, qui proposent de multiples pistes de solutions afin de corriger les lacunes du système de santé et de services sociaux.

 « Après plus de deux ans de pandémie, force est de constater que les services dans la santé et les services sociaux peuvent et doivent être renforcés, explique la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Des années d’austérité budgétaire et de réformes centralisatrices ont laissé notre réseau en bien mauvais état pour faire face à la crise. Certains seront tentés de profiter de cet état de fait pour promouvoir encore plus la privatisation. Bien au contraire, nous sommes d’avis que ce qu’il faut prescrire pour le réseau, c’est la déprivatisation, la décentralisation et la démocratisation. Nous ne ferons pas que le clamer, nous en ferons la démonstration. »

Dès les prochaines semaines, la CSN mettra de l’avant de nouvelles initiatives afin d’insuffler un vent de changement positif dans le réseau. La CSN entend nouer des alliances avec d’autres partenaires qui ont à cœur l’avenir des services publics. Elle continuera à prendre part à toute discussion avec le gouvernement concernant l’avenir du réseau. Rappelons que la CSN et d’autres acteurs du réseau mènent actuellement des discussions avec des représentants du ministère de la Santé et des Services sociaux pour dégager des voies de solution, suivant l’annonce du plan santé par le gouvernement en avril. De plus, la CAQ a récemment annoncé son intention de favoriser l’émergence de mini-hôpitaux complètement privés qui viendraient notamment exacerber l’exode de la main-d’œuvre hors du secteur public.

Vraiment public
Or, contrairement à ce qui est parfois véhiculé, la place occupée par le privé dans nos services de santé et nos services sociaux est déjà beaucoup plus importante qu’ailleurs dans les pays industrialisés. « Évidemment, les tenants de la privatisation nous la présentent comme un ajout se greffant au système existant, mais dans les faits, on constate que le privé coûte globalement plus cher et qu’il est plus inégalitaire et plus complexe à encadrer pour les pouvoirs publics. L’avenir du réseau public concerne l’ensemble des travailleurs et travailleuses de tous les secteurs d’activité et, plus largement, tous les citoyens et citoyennes. Nous devons avoir une voix au chapitre. On ne veut plus de réformes imaginées dans des bureaux feutrés. Les solutions viendront du terrain », de conclure Caroline Senneville.

Un rôle accru pour les CLSC
« Le débat sur la privatisation des services n’a rien de nouveau, poursuit le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Réjean Leclerc. Un vieux dicton dit que la meilleure façon de noyer un chien est de crier qu’il a la rage, mais le réseau public doit vivre, car il n’a pas la rage. Par exemple, 20 ans après leur création, force est de constater que les groupes de médecine familiale (GMF), qui relèvent du privé, ont échoué tant en ce qui a trait à l’accès de la population aux services qu’au désengorgement des urgences. Les CLSC, qui devraient être la porte d’entrée de première ligne, ont plutôt vu une partie de leur personnel être transférée dans les GMF. Au contraire, nous croyons que les CLSC doivent jouer un rôle accru. »

Déterminants sociaux de la santé
« La santé physique et mentale de la population, ça ne se limite pas à ce qui se fait dans les établissements, enchaîne le président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Danny Roy. Il faut avoir une approche globale prenant par exemple en compte les déterminants sociaux de la santé tels que le logement, l’accès à l’éducation et aux services de garde éducatifs, l’amélioration des conditions de travail ou encore les moyens à mettre en place pour assurer à toutes et à tous un niveau de revenu décent. Par ailleurs, bien du travail doit être fait à plusieurs égards, notamment pour assurer une offre adéquate en soutien à domicile, pour renforcer les services à la jeunesse, pour relever les énormes défis auxquels nous faisons face en santé mentale ou encore pour contrer les pénuries de main-d’œuvre. Ce ne sont que quelques-uns des chantiers qui nous attendent. »

L’éducation et l’enseignement supérieur seront-ils vraiment la « priorité des priorités » ?

La CSN accueille avec prudence la nomination de Bernard Drainville au ministère de l’Éducation et de Pascale Déry à l’Enseignement supérieur. Leur tâche sera colossale et devra être accomplie avec, en tête, les premiers mots prononcés par le premier ministre François Legault le soir de sa victoire : « La priorité des priorités, ça doit rester l’éducation. »

Malheureusement, le dernier mandat n’a pas permis d’avancer de manière significative pour régler les problèmes récurrents en éducation et en enseignement supérieur. La pandémie n’a certainement pas aidé, mais les deux ministres qui étaient en place ont aussi leur responsabilité, parce qu’ils n’ont pas été à l’écoute des solutions en provenance de celles et de ceux qui travaillent dans les écoles, dans les cégeps et dans les universités. La CSN estime qu’il faut absolument les consulter pour mettre en place des solutions qui auront une véritable chance de fonctionner.

Dans les dernières semaines, la campagne électorale a fait très peu de place à l’éducation et aucunement à l’enseignement supérieur. Il s’agit d’une autre occasion ratée.

Alors que les employé-es du milieu de l’éducation et les élèves font face à des défis encore jamais vus dans le réseau avant la pandémie, la CSN demande aux deux nouveaux ministres de peser de tout leur poids pour que l’ensemble du réseau de l’éducation, du CPE à l’université, redevienne « la priorité des priorités » et que l’avenir de tous les enfants soit pris au sérieux.

Le ministre Bernard Drainville aura beaucoup à apprendre. Il devra s’occuper des humains qui travaillent dans le réseau de l’éducation s’il veut bien le faire fonctionner. La ministre Pascale Déry devra faire de même, puisque le domaine des communications est bien différent de celui de l’enseignement supérieur.

Consulter la plateforme de la CSN en éducation et en enseignement supérieur

CITATIONS 

–   CAROLINE SENNEVILLE, présidente de la CSN

« La CSN s’inquiète que le gouvernement n’ait bientôt plus la marge de manœuvre nécessaire pour apporter les correctifs urgents qui s’imposent en éducation et en enseignement supérieur. La promesse de baisse d’impôt et le ralentissement économique qui s’amorce pourraient couper l’élan de François Legault si le secteur baisse dans la liste des priorités. Le premier ministre affirme que les enfants sont notre avenir. Pour être cohérent avec ce beau discours, il va falloir réinvestir massivement dans les écoles, les cégeps et les universités. Il va falloir redonner le goût à une nouvelle génération de s’occuper d’éducation. »

– BENOÎT MALENFANT, président de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN)

« Tant et aussi longtemps que les ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur ne reconnaîtront pas concrètement l’apport essentiel du personnel de soutien, les problèmes de fonctionnement des réseaux subsisteront et le cheminement éducatif des élèves ainsi que des étudiantes et étudiants sera mis à mal. Mme Déry et M. Drainville, ne commettez pas les mêmes erreurs que vos prédécesseurs : donnez aux employé-es de soutien la place qui leur revient et considérez leur voix comme nécessaire dans l’élaboration des politiques publiques qui permettront de relever notre système d’éducation, une fois pour toutes. »

– CAROLINE QUESNEL, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN)

« Parce que les étudiantes et les étudiants à besoins particuliers sont en augmentation exponentielle dans nos classes, parce que les profils étudiants sont plus que jamais diversifiés et parce que nos enseignantes et nos enseignants côtoient la détresse étudiante au quotidien de la maternelle à l’université, il y a urgence d’ajouter des ressources. Nous avons, à cet égard, des idées et des pistes de solutions, c’est la raison pour laquelle nous sollicitons une rencontre rapidement avec les deux nouveaux ministres. »  

– DANNY ROY, président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN)

Dans un contexte généralisé de pénurie de main-d’œuvre où la population étudiante doit souvent choisir entre travailler sans formation ou s’endetter, le nouveau gouvernement se doit de revoir le mode de financement des programmes d’enseignement supérieur actuellement tributaire du nombre d’inscriptions et des besoins du marché du travail. C’est pourquoi nous réitérons que ce financement se doit d’être stable, prévisible, équitable entre les différents programmes, et surtout, étatique.

Des gains importants pour les travailleuses et les travailleurs de la CDPDJ

Les travailleuses et les travailleurs de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) étaient réunis en assemblée générale pour adopter l’entente de principe touchant l’unité générale. Ce sont 99 % des membres présents à l’assemblée qui ont voté en faveur de l’entente de principe intervenue avec l’employeur.

Le syndicat a obtenu des gains importants pour améliorer les conditions de travail, dont la gestion autonome de l’horaire de travail, la possibilité de faire des semaines de 35 heures en quatre jours, plusieurs mesures pour contrer la surcharge de travail ainsi que des améliorations pour les congés. Le syndicat a aussi obtenu la parité avec le secteur public pour les augmentations salariales, les montants forfaitaires et la fin de la convention collective. À cela s’ajoute également une augmentation de la participation de l’employeur aux primes d’assurance maladie.

« Il aura fallu nous mobiliser grandement pour parvenir à obtenir une bonne entente. Les gains de cette négociation nous permettent d’atteindre nos objectifs, de moderniser les conditions de travail des personnes salariées de la CDPDJ et de les adapter à la réalité d’aujourd’hui », explique Kathrin Peter, présidente du Syndicat des employé-es de la CDPDJ.

C’est maintenant le temps de régler pour les conseillères et les conseillers juridiques
Si l’unité générale est parvenue à une entente, ce n’est pas le cas pour les conseillères et les conseillers juridiques de la CDPDJ. Plus de deux ans après l’échéance de leur convention collective, le syndicat incite l’employeur et le Conseil du trésor à mettre tous les efforts nécessaires afin de parvenir à un règlement sans délai. Pour les conseillères et les conseillers juridiques, le syndicat demande la parité avec les autres groupes de juristes du secteur public.

La CSN s’inquiète que d’éventuelles baisses d’impôts soient faites sur le dos des jeunes

En pleine rentrée et à la veille du déclenchement officiel de la campagne électorale québécoise, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et ses fédérations du secteur de l’éducation réclament un positionnement immédiat de la part de tous les partis en faveur de l’éducation comme véritable priorité québécoise, au lieu de promesses de baisses d’impôts faites au détriment des services publics en général, et des élèves, étudiantes et étudiants en particulier. Alors que les finances du Québec se portent bien et que les employé-es du monde de l’éducation et les élèves font face à des défis encore jamais vus dans le réseau, la CSN demande aux partis de s’engager à :

  1. Réinvestir massivement dans le réseau à l’aide d’un financement étatique stable et prévisible.
  2. Mettre en place de réelles mesures d’attraction et de rétention pour l’ensemble des professions du réseau, et les financer à la hauteur des besoins.
  3. Reconnaître le personnel de soutien comme une composante essentielle du réseau de l’éducation.
  4. Baisser les ratios éducatrices-élèves et maître-élèves, de la maternelle à l’université, afin de répondre notamment à l’augmentation continue du nombre d’élèves et d’étudiant-es à besoins particuliers.

CITATIONS

« Les élèves, les enseignantes et les enseignants, les professionnel-les et les employé-es de soutien en ont bavé au cours des deux dernières années, mais bien avant aussi. Si l’éducation était perçue comme une valeur fondamentale de la société québécoise, on ne serait pas encore en train de parler de conditions de travail gênantes, de pénuries de personnel, d’écoles vétustes et de classes mal ventilées dans les écoles, les cégeps et les universités. L’éducation ne sera jamais une dépense : c’est un investissement pour l’avenir! Qu’on arrête de promettre des baisses d’impôts sur le dos des jeunes, et qu’on finance à sa juste valeur le réseau, pour le bien-être de ceux et celles qui y étudient et qui y travaillent, avant que ça nuise définitivement à la société québécoise. »

  • CAROLINE SENNEVILLE, présidente de la CSN

 

« Les conditions d’apprentissage de nos jeunes se détériorent. M. Roberge et Mme McCann ont malheureusement poursuivi dans la même ligne que leurs prédécesseurs en refusant de reconnaître le rôle majeur que joue le personnel de soutien en éducation. Aujourd’hui, on voit les conséquences désastreuses de ce manque de considération : il y a présentement plus de 2000 postes d’employé-es de soutien vacants dans les écoles et les cégeps. Quels sont les impacts de cette pénurie? Des ratios qui explosent dans les services de garde, des jeunes qui n’ont pas le suivi dont ils ont besoin en raison du manque de techniciennes en éducation spécialisée, des techniciens en travaux pratiques trop peu nombreux pour préparer adéquatement les laboratoires et les ateliers. Sans parler des effets moins visibles, mais tout aussi importants, de la pénurie de personnel administratif et d’employé-es d’entretien pour s’occuper des bâtisses.

  • BENOÎT MALENFANT, président de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN)

 

« Avec l’augmentation exponentielle des élèves, étudiantes et étudiants à besoins particuliers et la détresse que nous côtoyons quotidiennement dans nos établissements, il est grand temps de mieux financer les réseaux de l’éducation ainsi que de l’enseignement supérieur pour leur donner les moyens de mieux former la relève. Il y a urgence de valoriser la profession enseignante et d’investir afin d’améliorer les conditions de travail et les conditions d’apprentissage. Un véritable coup de barre s’impose d’autant plus que, collectivement, nous avons les moyens de nos ambitions pour les jeunes du Québec. »

  • CAROLINE QUESNEL, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN)

 

« Trop souvent, le financement des programmes d’enseignement supérieur est dépendant des inscriptions étudiantes et des besoins du marché du travail. Or, les établissements d’enseignement supérieur ne forment pas juste les futures travailleuses mais ils forment aussi les citoyennes, les penseurs, les bâtisseurs et bâtisseuses de la société de demain. C’est pourquoi il est essentiel que le prochain gouvernement réinvestisse dans le réseau, et ce, par un financement étatique stable, prévisible et équitable entre les programmes. »

  • DANNY ROY, président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN)

 

À propos

Fondée en 1921, la CSN est la première grande centrale syndicale québécoise. Composée de plus de 1 600 syndicats, elle défend près de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis dans huit fédérations ainsi que dans treize conseils centraux régionaux, principalement sur le territoire du Québec.

La FEESP–CSN représente près de 40 000 employé-es de soutien dans le réseau de l’éducation et de l’enseignement supérieur. La FNEEQ–CSN regroupe quelque 35 000 professeurs, chargé-es de cours et tuteurs-trices, principalement en enseignement supérieur. La FP–CSN représente plus de 2 000 professeur-es et professionnel-les de l’enseignement supérieur.

« Trop peu, trop tard », dénoncent les syndicats du réseau

Bien qu’elles accueillent favorablement l’annonce du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) de payer à taux double les heures supplémentaires effectuées par les travailleuses et les travailleurs, les organisations syndicales se désolent qu’il y ait des conditions à l’application de cette mesure et du laxisme du gouvernement Legault dans ce dossier. Pour elles c’est trop peu, trop tard.

« Nous avons avisé le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, le 9 mai dernier que la situation sur le terrain s’avérait très précaire et qu’il fallait convenir d’un plan pour éviter les bris de services cet été. Nous lui avons tendu la main. En la refusant et en n’agissant pas immédiatement, le gouvernement a laissé la situation se détériorer à tel point que la mesure annoncée hier est nettement insuffisante. Encore une fois, il improvise au lieu de planifier », ont déploré les porte-paroles de l’APTS, de la FIQ, de la FP–CSN, de la FSQ-CSQ, de la FSSS–CSN, du SCFP, du SPGQ et du SQEES-FTQ.

Les organisations syndicales regrettent d’ailleurs que le gouvernement poursuive sa gestion autoritaire et unilatérale en faisant fi des mécanismes prévus dans les conventions collectives afin de mettre en place de nouvelles conditions de travail, adaptées à la situation dans le réseau. Selon elles, le gouvernement aurait eu avantage à agir en concertation avec elles afin de regarder l’ensemble des options et de choisir les meilleures solutions. D’ailleurs l’une des mesures qui avait bien fonctionné cet hiver, l’accumulation d’une demi-journée de congé par quart de travail en temps supplémentaire complet, a été balayée du revers de la main par le MSSS.

« Si nous avions convenu dès le mois de mai, ensemble, d’une série de mesures structurantes, les salarié-es du réseau seraient plus mobilisés et moins fatigués, et le risque de bris de services serait bien moindre que maintenant. Là, on compose avec un gouvernement qui a chanté la moitié de l’été et qui se retrouve fort dépourvu en plein milieu d’une 7e vague de COVID-19 », ont ajouté les porte-paroles syndicaux.

La COVID continue de surcharger le réseau
Lors de la rencontre avec le MSSS, où elles ont été mises devant le fait accompli, les organisations syndicales ont relevé le manque de cohérence du ministère face à cette nouvelle vague et le fait que, malheureusement, ce sont encore les personnes salariées du réseau de la santé et des services sociaux qui en paient le prix.

« Le gouvernement refuse toujours d’accorder des congés supplémentaires aux membres du personnel lorsque ces personnes sont obligées de s’isoler en raison de la COVID-19, parce qu’elles sont positives ou qu’une ou un proche en est atteint. C’est sans compter que certaines retournent au travail même en étant positives à la COVID-19, mettant en danger collègues, patientes et patients. Si le gouvernement veut devenir l’employeur de choix, comme il le clame dans son plan santé [et services sociaux], il serait plus que temps qu’il soutienne adéquatement ses salarié-es et qu’il applique le principe de précaution pour celles et ceux qui tiennent le réseau à bout de bras », ont conclu les porte-paroles syndicaux.

Les employé-es de la CDPDJ en grève pour une troisième journée

Les employé-es de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) sont en grève pour une troisième journée afin de forcer leur employeur et le gouvernement à reconnaître l’importance de leur travail.

La CDPDJ et le Conseil du trésor doivent nous revenir avec des offres
Si la grève des 16 et 17 juin derniers a permis des avancées à la table de négociation concernant l’une des deux unités syndicales regroupant les employé-es de la CDPDJ, du chemin reste à parcourir pour convenir d’une entente de principe pour ces deux unités. Rappelons que ces travailleuses et ces travailleurs sont sans convention collective depuis plus d’un an et réclament la parité avec les augmentations salariales obtenues par les groupes comparables de travailleuses et de travailleurs du secteur public.

« Avec cette troisième journée de grève, les travailleuses et les travailleurs de la CDPDJ montrent à quel point ils sont déterminés à se faire respecter. Leur patience atteint ses limites. Il est temps que la CDPDJ et le Conseil du trésor nous reviennent avec des offres qui répondent à nos demandes légitimes », explique Kathrin Peter, présidente du Syndicat des employé-es de la CDPDJ.

« Pour que la CDPDJ demeure l’institution essentielle de défense des droits et libertés de la population, elle a besoin que ses employé-es soient bien reconnus. Pour cela, elle doit intervenir auprès du Conseil du trésor pour que la négociation aboutisse enfin », de conclure Jessica Goldschleger, vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

Le terme épicène professionnèles vise à représenter tous les membres de la fédération, indépendamment de leur genre.

     

    Il faut stabiliser le personnel qui s’occupe de l’intégration des immigrantes et immigrants au Québec

    Alors que la pénurie de main-d’œuvre va continuer encore longtemps – on estime à 1,4 million le nombre de postes vacants au Québec dans les dix prochaines années – il est crucial de mettre tous les éléments en place pour bien accueillir les personnes immigrantes et faire en sorte que leur intégration au Québec soit un succès. Or, la négociation de la convention collective de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), qui regroupe plus de 160 organismes spécialisés au Québec, achoppe en ce moment, notamment sur la question des salaires. Il faut régler une convention collective qui permettrait de stabiliser ce personnel essentiel. En effet, on y compte un taux de roulement de plus de 70 % en un an !

    Dernière heure

    Peu après cette sortie publique du syndicat, ce dernier a été en mesure de conclure une entente de principe qui sera présentée aux membres dans les prochains jours!

    Près de 100 000 personnes qui immigrent en 2019

    Le TCRI joue notamment un rôle important pour défendre les droits des nouveaux arrivants. Or, la croissance du nombre de personnes immigrantes qui ont un statut temporaire ou qui sont des demandeurs d’asile rend la défense des droits encore plus importante, étant donné le statut plus précaire de ces personnes. Entre 2016 et 2019, les résidents non permanents sont passés de 12 671 à 61 668.

    En 2019, il y a eu 40 565 immigrantes et immigrants permanents, 23 300 personnes du Programme des travailleurs étrangers temporaires, 39 715 personnes dans le Programme de mobilité internationale et 56 550 étudiantes et étudiants internationaux. Selon les données du MIFI, ce sont donc quelque 160 000 nouvelles personnes qui sont arrivées sur le territoire du Québec en 2019.

    « Il n’y a pas moins de personnes immigrantes, il y en a plus, mais leur statut est plus précaire. Il est tout autant important d’en prendre soin. Il faut absolument renforcer nos structures d’accueil et les stabiliser », précise Marie-Claire Rufagari, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la TCRI-CSN.

    La TCRI a récemment mis sur pied un projet pour la lutte contre le racisme en emploi afin d’accompagner ses membres sur la mise en place de stratégies inclusives pour des communautés accueillantes au Québec. Les personnes qui immigrent ont également besoin d’apprendre le français, de trouver un logement, d’inscrire leurs enfants à l’école ou au CPE, de se retrouver dans les différents services publics, etc. Les défis sont importants et l’équipe de la TCRI doit être stabilisée pour soutenir ses organismes membres dans ce travail.

     

    Les employé-es de la CDPDJ manifestent pour que leur négociation débloque

    Les employé-es en grève de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) manifestent à Trois-Rivières pour demander à Sonia Lebel de régler la négociation qui bloque sur les enjeux salariaux.

    En grève pour que le Conseil du trésor règle la négociation
    En grève les 16 et 17 juin, les travailleuses et les travailleurs veulent mettre la pression nécessaire pour que le Conseil du trésor donne les mandats pour débloquer leur négociation. Les employé-es de la CDPDJ des différentes régions du Québec ont convergé vers Trois-Rivières pour que la présidente du Conseil du trésor entende enfin leur demande légitime d’obtenir la parité avec les augmentations salariales obtenues par les groupes comparables de travailleuses et de travailleurs du secteur public.

    « Partout au Québec, les employé-es de la CDPDJ défendent les droits et libertés de la population alors que bien des réalités vécues par les personnes les plus vulnérables de notre société se complexifient. Le gouvernement doit nous donner les moyens de bien remplir notre mission et ça passe par la parité salariale », explique Kathrin Peter, présidente du Syndicat des employé-es de la CDPDJ.

    « La mobilisation des travailleuses et des travailleurs en grève est admirable. Leur détermination est claire et Sonia Lebel doit entendre leur message et passer à l’action ! », Mario Pellerin, vice-président du Conseil central du Cœur-du-Québec (CCCQ-CSN).

    « La CDPDJ n’est pas différente des autres milieux de travail. Elle fait elle aussi face au manque de personnel. Il faut donc agir pour attirer et retenir les employé-es dans ce contexte. Le Conseil du trésor doit s’impliquer et donner les mandats pour régler la négociation », Jessica Goldschleger, vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

    « Le gouvernement pense déjà aux prochaines élections, mais avant d’y arriver, il doit régler les dernières négociations du secteur public et parapublic. Il s’agit d’une question de respect envers ces employé-es qui chaque jour veillent à nos droits et libertés », de conclure Yvan Duceppe, trésorier de la CSN.

      Les employé-es de la CDPDJ lancent une grève de deux jours

      Les employé-es de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) débutent une première grève de deux jours pour forcer le Conseil du trésor à leur donner la parité avec les augmentations salariales obtenues par les groupes comparables de travailleuses et de travailleurs du secteur public.

      Le Conseil du trésor doit entendre raison
      Après des mois de négociation et de mobilisation des employé-es, la négociation avec la CDPDJ et le Conseil du trésor fait du surplace sur la question salariale. Les travailleuses et les travailleurs de la CDPDJ portent une demande légitime d’obtenir la parité avec les augmentations salariales du secteur public, alors que les conseillères et les conseillers juridiques demandent la parité avec les avocats et les notaires de la fonction publique. Ces demandes respectives ont été soumises à la CDPDJ depuis plusieurs semaines. Questionnée quant à ces délais importants, la CDPDJ indique être en attente de recevoir ses mandats du Conseil du trésor.

      Reconnaître l’importance de l’engagement, des compétences et de la mission de la Commission
      Les employé-es à la CDPDJ accomplissant un travail équivalent à celui effectué dans le secteur public, la parité salariale est un incontournable pour parvenir à attirer et retenir de la main-d’œuvre qualifiée. Créer une disparité de traitement envers ces travailleuses et ces travailleurs qui portent la mission de défendre les droits des personnes les plus vulnérables de notre société enverrait un dangereux message quant à l’importance de ces droits.

      « La CDPDJ et le Conseil du trésor doivent maintenant comprendre le message : les employé-es de la CDPDJ se mobilisent pour obtenir la parité avec le secteur public. Notre travail se complexifie de plus en plus et nous mettons chaque jour tous les efforts pour défendre les droits et libertés de la population. Ça nous prend la parité salariale! », lance Kathrin Peter, présidente du Syndicat des employé-es de la CDPDJ.

      « Le Conseil du trésor doit arrêter de tergiverser et reconnaître la parité salariale. Il n’y a aucune raison de laisser perdurer ce conflit de travail. La parité salariale est la moindre des choses pour ces employé-es qui font un travail essentiel de défense des droits des personnes les plus vulnérables de notre société. Les élections approchent à grands pas et le gouvernement doit maintenant s’impliquer dans le dossier pour régler une des dernières négociations en cours dans le secteur public et parapublic », de conclure Danny Roy, président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

      Le terme épicène professionnèles vise à représenter tous les membres de la Fédération, indépendamment de leur genre.

        Les employé-es de la CDPDJ votent un mandat de grève pour faire débloquer la négociation

        Les travailleuses et les travailleurs de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) ont voté à 96 % pour l’unité générale et 95 % pour les conseillères et les conseillers juridiques en faveur d’un mandat de grève de cinq jours pour parvenir à régler leur négociation. Le Conseil du trésor doit maintenant débloquer les fonds pour reconnaître le travail et la valeur de ces travailleuses et de ces travailleurs.

        Le Conseil du trésor doit accorder la parité
        Rappelons que les employé-es de la CDPDJ sont sans convention collective depuis plus d’un an. Malgré la mobilisation des dernières semaines, le Conseil du trésor refuse toujours de délier les cordons de la bourse pour répondre aux revendications salariales légitimes des travailleuses et des travailleurs. C’est pour cette raison que le syndicat est allé de l’avant avec l’obtention d’un mandat de grève. La négociation achoppe particulièrement sur les enjeux salariaux. Depuis le début de la négociation, les travailleuses et les travailleurs de la CDPDJ réclament la parité avec les augmentations salariales obtenues dans le secteur public. Pour les conseillères et les conseillers juridiques, le syndicat demande la parité avec les avocats et les notaires de la fonction publique.

        « Les employé-es de la CDPDJ ont clairement exprimé leur mécontentement. Il est temps que le Conseil du trésor et la CDPDJ reconnaissent notre travail et nos compétences et pour cela, la moindre des choses est d’obtenir la parité avec les employé-es du secteur public », affirme Kathrin Peter, présidente du Syndicat des employé-es de la CDPDJ.

        « Il est encore possible pour le Conseil du trésor d’éviter une grève. Encore faut-il qu’il se mette sérieusement au travail et donne les mandats pour reconnaître la mission essentielle réalisée par les employé-es de la CDPDJ », de conclure Danny Roy, président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

        Le terme épicène professionnèles vise à représenter tous les membres de la fédération, indépendamment de leur genre.

        Il est temps que la négociation débloque à la CDPDJ

        Sans convention depuis plus d’un an, les employé-es de la CDPDJ demandent au Conseil du trésor de débloquer les fonds nécessaires pour continuer de réaliser leur mission de défense des droits et libertés de la personne et des droits de l’enfant.

        Frappée comme plusieurs secteurs par la pénurie de personnel, la CDPDJ doit en faire davantage pour attirer et retenir le personnel. Si les négociations sur les conditions de travail progressent, il en va autrement pour les enjeux salariaux. En effet, le Conseil du trésor tarde toujours à donner les mandats pour que les employé-es de la CDPDJ soient reconnus à leur juste valeur. Pour les employé-es, le syndicat réclame les mêmes augmentations salariales que celles obtenues récemment dans le secteur public. Pour les conseillères et les conseillers juridiques, le syndicat demande la parité avec les avocats et les notaires de la fonction publique.

        « Les employé-es de la CDPDJ font un travail essentiel pour protéger les droits et libertés de la personne et les droits de l’enfant. Pour reconnaître notre engagement et nos compétences, il faut que la CDPDJ fasse ce qu’il faut pour que la négociation se règle rapidement ! », affirme Kathrin Peter, présidente du Syndicat des employé-es de la CDPDJ.

        « Le Conseil du trésor doit se réveiller et donner les mandats pour régler la négociation. Avec leur dernière offre, l’employeur et le Conseil du trésor laissent entendre que les employé-es de la CDPDJ méritent moins que les employé-es du secteur public. C’est inacceptable ! », de conclure Danny Roy, président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

        Retard de paiement sur le maintien de l’équité salariale : qu’est-ce que le gouvernement attend?

        Le gouvernement cumule des retards de paiement inexcusables liés à des ententes de maintien de l’équité salariale touchant des milliers de travailleuses et travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux. Pour la FSSS–CSN, le SQEES-FTQ, le SCFP, l’APTS et la FP–CSN, le ministre Dubé doit mettre fin à l’attente en annonçant la date des paiements. Le gouvernement doit faire le nécessaire pour que ces versements soient faits le plus rapidement possible.

        Des milliers de femmes sont toujours en attente du paiement du maintien de l’équité salariale. Elles ont travaillé depuis 2010 ou 2016 à des salaires en deçà de ce qu’elles auraient dû gagner. Ce sont plusieurs milliers de dollars que chacune de ces travailleuses attend. Une poignée d’établissements annoncent des dates. Mais nous attendons toujours que le gouvernement annonce la date officielle de versement, alors que ces sommes sont dues depuis longtemps et que le gouvernement peine à retenir le personnel dans le réseau. Ces retards n’aident en rien.

        « En pleine sixième vague de COVID-19, la patience des travailleuses et des travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux a atteint ses limites. On leur demande encore de fournir des efforts dans le cadre de la pandémie, mais on n’est pas en mesure de leur verser leur dû. C’est bien beau vouloir refonder le réseau de la santé et des services sociaux, mais le gouvernement doit d’abord respecter ses engagements. Il en va de la confiance du personnel, qui est l’épine dorsale de tout changement dans le réseau. Est-il nécessaire de rappeler que le personnel constitue l’un des quatre piliers du projet de refondation du ministre? Le négliger envoie un très mauvais signal », concluent les porte-paroles syndicaux de la FSSS–CSN, du SQEES-FTQ, du SCFP, de l’APTS et de la FP–CSN.

        Plan santé : pas de refondation sans concertation

        C’est avec un sentiment partagé d’appréhension et d’urgence d’agir que les syndicats du réseau de la santé et des services sociaux (RSSS) ont pris connaissance du Plan pour mettre en œuvre les changements nécessaires en santé, dévoilé aujourd’hui par le ministre Christian Dubé. Malgré les objectifs louables et l’ouverture démontrée par ce dernier, l’APTS, la FIQ et la FIQP, la FP–CSN, la FSQ-CSQ, la FSSS–CSN, le SCFP, le SPGQ et le SQEES-FTQ craignent que ce plan santé, et services sociaux rappelons-le, ne soit qu’un vaste exercice de relations publiques en vue des prochaines élections.

        Pour les organisations syndicales, le plan présenté est très ambitieux, elles comprennent que l’ensemble des mesures soumises ne pourront pas toutes être réalisées à court terme. Plusieurs d’entre elles ont d’ailleurs déjà été l’objet d’annonce ou d’engagement de la part du gouvernement. Les organisations demandent donc au ministre Dubé de prioriser les mesures visant une meilleure organisation du travail afin d’offrir de meilleures conditions d’exercice.

        Pour ce faire, les organisations syndicales invitent le ministre à poser d’ores et déjà un premier geste concret en mettant en place dès maintenant une série de solutions pour attirer et retenir le personnel. Il ne doit pas attendre cinq ans pour agir! Elles souhaitent également des échanges dès maintenant afin de convenir de solutions à mettre en place car il y a urgence d’agir.

        Ainsi, selon elles, le ministre Dubé devra obligatoirement leur faire une place importante dans l’élaboration ainsi que la mise en œuvre des mesures retenues. Les solutions apportées par les travailleuses et travailleurs du RSSS doivent y être réellement prises en compte s’il veut vraiment rebâtir le réseau public et que la population en soit fière. Il en va de même s’il veut atteindre son objectif de faire du RSSS un employeur de choix et favoriser l’attraction et la rétention des salarié-es dans le réseau public.

        D’ailleurs la place accordée au secteur privé inquiète particulièrement les syndicats, qui craignent un effet de vases communicants en défaveur du secteur public. On manque déjà de personnel dans le secteur public, ce sera pire si le privé embauche davantage. Cela aura pour effet d’accentuer la création d’un système à deux vitesses où l’accessibilité à des soins et des services partout sur le territoire est déjà remise en question. Les organisations syndicales réclament un moratoire sur tout nouveau projet de privatisation et invitent plutôt le gouvernement à une discussion en profondeur avec l’ensemble des partenaires du RSSS pour entamer une véritable refonte du réseau.

        « Depuis le début de la pandémie, le gouvernement Legault a soufflé le chaud et le froid lorsqu’il s’agissait d’impliquer les syndicats dans la prise de décisions et la mise en place de mesures pour assurer la prestation des soins et des services, favorisant les arrêtés ministériels plutôt qu’une véritable concertation. Les déclarations du premier ministre Legault sur sa page Facebook semblent encore aller en ce sens. On ne peut pas rebâtir le RSSS à coups de décrets, mais plutôt en établissant une relation de confiance et d’écoute. Cela passe nécessairement par la mise en commun des forces de toutes les actrices et tous les acteurs. Si le ministre Dubé s’engage véritablement dans cette voie, il pourra compter sur notre participation », ont déclaré les représentantes et représentants de l’APTS, la FIQ et la FIQP, la FP–CSN, la FSQ-CSQ, la FSSS–CSN, du SCFP, du SPGQ et du SQEES-FTQ.

        Fin de l’état d’urgence sanitaire : les syndicats craignent que le réseau de la santé s’effondre

        Le gouvernement Legault aime parler de « refonder » le réseau de la santé et des services sociaux, mais il risque plutôt de s’effondrer si on laisse tomber toutes les mesures de soutien qui ont accompagné l’état d’urgence sanitaire depuis maintenant deux ans. Pour la FSSS–CSN, la FSQ-CSQ, la FIQ et la FIQP, le SQEES-FTQ, le SCFP, l’APTS, la FP–CSN et le SPGQ, il est urgent d’implanter des mesures permanentes à la fois pour reconnaître les efforts des travailleuses et travailleurs dans les deux dernières années et pour viser l’attraction et la rétention du personnel dans le futur.

        Le gouvernement met fin à l’urgence sanitaire et donc aux mesures COVID implantées durant la pandémie dans les prochaines semaines. Ces mesures servaient aussi au maintien du réseau. Le gouvernement mettra donc fin à l’arrêté ministériel qui permettait aux employeurs de restreindre les conditions de travail du personnel, mais aussi aux mesures incitatives pour reconnaître les efforts du personnel. En agissant trop vite, les organisations syndicales craignent que le gouvernement accentue une vague de départ dans le réseau et cause une nouvelle multiplication de bris de services à la population.

        « Avant d’aller de l’avant et de mettre fin aux mesures incitatives, le gouvernement doit réfléchir à l’effet que cela aura sur le personnel. Les travailleuses et travailleurs sont à bout de souffle après avoir lutté pendant deux ans contre la pandémie. On a déjà bien du mal à attirer et retenir le personnel dans le réseau, mettre fin rapidement aux mesures incitatives n’aiderait en rien. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement d’engager des discussions avec nous pour une meilleure transition et pour identifier des solutions permanentes pour mieux appuyer le personnel du réseau », indiquent les représentantes et représentants de la FSSS–CSN, de la FSQ-CSQ, de la FIQ et de la FIQP, du SQEES-FTQ, du SCFP, de l’APTS, de la FP–CSN et du SPGQ.

        Les organisations syndicales demandent de plus au gouvernement de revoir à la hausse les allocations kilométriques pour le personnel du réseau qui doit utiliser leur véhicule pour accomplir leur fonction. La hausse récente du prix de l’essence devient une contrainte financière importante pour le personnel visé, dans un contexte de manque de personnel.

        Retards dans les versements de sommes dues au personnel

        La Fédération de la Santé et des services sociaux (FSSS–CSN), la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), le Syndicat canadien de la fonction publique (CPAS-SCFP), le Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES-FTQ), la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ), l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), la Fédération des professionnèles (FP–CSN) et le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) déplorent que le gouvernement n’honore pas sa signature et qu’il repousse encore son échéancier dans le versement des sommes dues à des milliers de travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux.

        Ce sont à 80 % des femmes qui attendent des montants qui représentent 1,28 milliard de dollars à la suite des signatures des conventions collectives et, pour certains titres d’emploi, il faut ajouter 1,15 milliard de dollars pour le règlement de plaintes en équité salariale de 2010 et 2015.

        Une confusion injustifiable
        Devant la forte pression exercée par les syndicats depuis le mois de novembre dernier pour accélérer les paiements, le ministre de la Santé et des Services sociaux, M. Christian Dubé, s’était pourtant engagé à procéder aux paiements pour le 1er mars 2022, échéance qu’il n’a pas tardé à repousser sans même en aviser le personnel du réseau touché ni les organisations syndicales. Vendredi dernier, des représentants du MSSS ont présenté un nouveau calendrier de versements des sommes, incomplet et imprécis, s’échelonnant jusqu’au 23 mars dans certains cas, et que ces versements pourraient se faire par des avances. Les syndicats s’inquiètent que leurs membres puissent recevoir des montants erronés qu’ils devront ensuite rembourser.

        De plus, alors que le ministre Dubé a répété plusieurs fois qu’il assumerait ses responsabilités quant à ces retards, le sous-ministre nous apprenait qu’il n’y aurait pas de versement d’intérêts sur les sommes dues à nos membres. C’est là ajouter l’insulte à l’injure !

        Quant au versement des sommes pour les règlements d’équité salariale, aucune date n’a été avancée, sinon que rien ne sera fait avant le mois d’avril.

        « Nous ne comprenons pas qu’en 2022, au Québec, les femmes doivent encore attendre pour avoir un salaire égal à celui des hommes. Ces plaintes datent de 2010 et 2015. C’est tout simplement inadmissible et révoltant, non seulement pour les femmes auxquelles ces sommes sont dues, mais pour toutes les femmes du Québec », répliquent les porte-paroles des syndicats de la santé et des services sociaux.

        Le ministre Dubé a affirmé être gêné de l’inefficacité des différents systèmes de son ministère et des établissements pour verser les sommes dues à nos membres. Or, il doit être néanmoins tenu responsable des retards dont les échéances étaient connues des mois à l’avance. Il a aussi tardé à transmettre une directive au réseau pour que les paiements soient effectués en priorité. De plus, ses explications concernant la désuétude des systèmes informatiques nous laissent sans voix dans le contexte. On reconnaît que le personnel au gouvernement est au pied d’œuvre pour pallier l’incompétence des fournisseurs externes de gestion de la paye (Médisolution et Logibec) et l’inaction du ministre. Les organisations syndicales considèrent que le gouvernement devrait rapatrier ces services vers la fonction publique, compétente et qualifiée, afin de diminuer la sous-traitance dans le réseau de la santé et des services sociaux et assurer un meilleur suivi.

        Un gouvernement auquel on ne peut faire confiance
        Ces nombreux reports viennent encore miner le moral des troupes sur le terrain et aussi la confiance envers la parole du ministre de la Santé, sinon à l’égard du gouvernement de François Legault.

        « Ce sont des sommes importantes auxquelles ont droit nos membres. Cela fait maintenant deux ans que les travailleuses du réseau de la santé et des services sociaux le portent à bout de bras en ne cessant de faire des sacrifices sur le plan professionnel et personnel. La motivation devient de plus en plus difficile à trouver. Ces retards de paiement viennent démobiliser les travailleuses et les travailleurs. À l’approche du 8 mars, la Journée internationale du droit des femmes, nous demandons au gouvernement de verser à nos membres, en grande majorité des femmes, les sommes négociées dans les contrats de travail et dans les ententes portant sur l’équité salariale », concluent les porte-paroles des syndicats.

        Une première vraie reconnaissance des sages-femmes par le gouvernement

        Pour une des premières fois depuis le début de la pandémie, les sages-femmes du Québec obtiennent une reconnaissance de leur travail en temps de COVID-19. Elles pourront toucher toutes les primes et les incitatifs en place dans le reste du réseau de la santé.

        « C’est un soulagement parce que depuis le début de la crise, les sages-femmes sont appelées à soutenir le réseau de la santé », commente Josyane Giroux, présidente du Regroupement Les Sages-femmes du Québec (RSFQ). Les sages-femmes et responsables des services de sage-femme ont notamment mis en place des solutions concrètes et adaptées aux besoins de la population lors de ruptures de services anticipées ou avérées, en périnatalité et en obstétrique.

        De plus, depuis le début de la crise, elles arrivent à maintenir l’offre de services à leur clientèle, alors qu’il y a plus d’absences qu’à l’habitude parmi les sages-femmes. « Notre 4,5 % des suivis de grossesses au Québec, effectués par les 180 sages-femmes actives, a vraiment son importance et l’on en tient enfin compte. C’est un premier pas vers la reconnaissance », ajoute Josyane Giroux.

        « Les pourparlers avec le ministère et les ministres réalisés par le RSFQ et la Fédération des professionnèles auront aussi tracé la voie pour que l’ensemble des professions de la catégorie 5 bénéficie des incitatifs offerts aux autres catégories d’emploi. Nous pouvons en être fiers », ajoute Danny Roy, président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

        Concrètement, les sages-femmes auront accès à la prime d’assiduité « en escalier » qui permet d’accumuler jusqu’à 1000 $ par mois lorsqu’on travaille à temps plein. Pour les personnes à temps partiel, l’assiduité complète permet maintenant d’obtenir 100 $ par semaine. S’ajoutent à cela les heures payées en double lorsqu’il s’agit d’une journée qui s’ajoute à la semaine normale de travail. Le tout est en place pour 12 semaines à partir de la mi-janvier.

        Encore du chemin à faire
        La profession de sages-femmes n’est cependant pas encore reconnue à sa juste valeur. Il restera du chemin à faire après l’échéance de ces mesures afin de trouver des solutions plus pérennes.

        La négociation pour le renouvellement de l’Entente collective sur les conditions de travail est malheureusement au point mort en ce moment, et ce, depuis des mois. « Notre apport est encore plus important avec l’essoufflement sur le terrain et les difficultés en obstétrique dans plusieurs régions », fait valoir la présidente, qui rappelle que des bris de service en obstétrique ont été observés en Abitibi, en Gaspésie, en Outaouais et dans différents hôpitaux de la grande région de Montréal.

        Santé mentale : les services publics ne résisteront pas à la vague

        La prochaine vague liée à la COVID-19 ne sera probablement pas causée par une mutation du virus, mais par une déferlante de problèmes en santé mentale qui risque fort de faire sauter la digue de notre système public.

        La CSN salue donc la volonté du ministre Lionel Carmant et du gouvernement d’investir 361 M$ de plus en santé mentale et le plus grand apport du communautaire, mais remarque que ce qui limite l’efficacité du réseau demeure intouché, soit d’encarcaner les cliniciens et les usagers dans une approche rigide. Le ministre ne cesse de vendre le Programme québécois pour les troubles mentaux (PQPTM) comme l’unique réponse au meilleur accès aux soins en santé mentale, alors que sur le terrain les professionnels-les rapportent une perte d’autonomie et une multiplication des étapes dans le parcours de soin des patients. Ce chemin de croix en décourage plusieurs et fait baisser artificiellement les listes d’attente.

        Il faut absolument revoir l’organisation pour vraiment améliorer l’accès. « Nous avons besoin d’une refondation de nos services en santé mentale et il faut le faire avant qu’il ne soit trop tard », affirme Jessica Goldschleger, vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), qui rappelle que la mauvaise santé mentale entraîne une perte de 50 G$ par année au Canada ainsi qu’une grande souffrance.

        Consultation des intervenantes et intervenants
        En 2021, la FP–CSN a mené une importante consultation auprès de ses membres qui travaillent en santé mentale. « Nous proposons une approche globale axée sur les besoins de la personne tout au long de son parcours de soins dans le réseau public », insiste Jessica Goldschleger. Il faut, par exemple, éviter qu’une personne attende de longs mois entre le traitement pour la toxicomanie et celui pour l’anxiété. « Les patients ne devraient pas être comme des balles de ping-pong que l’on se renvoie d’une équipe à l’autre », ajoute la vice-présidente.

        La CSN recommande notamment que l’on nomme une personne ou une équipe pivot qui va s’assurer que chaque patient qui consulte en santé mentale puisse être suivi pour l’ensemble de ses problèmes dans un court délai. Quelque 16 recommandations sont par ailleurs sorties de la consultation de 2021 menée par la FP–CSN.

        « Une des clés pour améliorer la situation c’est de miser sur l’interdisciplinarité. Il ne suffit pas d’en parler, il faut donner du temps et des lieux pour le faire. Il faut que tous les acteurs du réseau qui interviennent auprès de cette clientèle puissent travailler en équipe en se partageant l’information et les solutions à mettre en place, et cela bien entendu, en tout respect des enjeux de sécurité et de confidentialité », enchérit le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Réjean Leclerc.

        De plus, la CSN souhaite la mise en place de formations d’appoint pour tous les intervenants et intervenantes de la chaine de services et de soins, permettant à chacun de jouer pleinement son rôle dans ce vaste chantier nécessaire.

        Régler le problème en amont
        Un des meilleurs moyens pour réduire l’ampleur de la détresse psychologique dans la population du Québec serait d’agir en amont sur des facteurs de stress importants comme la pauvreté, le manque de logement abordable ou la violence envers les femmes. « C’est un défi de société que nous avons devant nous, plaide la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Il faut reconstruire notre filet social, car il s’est étiolé. Augmenter le salaire minimum, renforcer les droits des travailleuses et des travailleurs, assurer l’accès au logement ou encore un accès rapide aux différents services de soutien et d’aide sont quelques exemples de leviers dont dispose le gouvernement pour prévenir une dégradation et améliorer les choses. »

        L’intersyndicale en santé et services sociaux salue l’ouverture du gouvernement sur les nouvelles mesures pour le personnel

        En plein cœur de la vague Omicron, l’intersyndicale en santé et services sociaux et le gouvernement ont eu des échanges constructifs dans l’objectif de poser des actions concrètes pour appuyer le personnel. Pour la FSSS–CSN, la FSQ-CSQ, la FIQ et la FIQP, le SQEES-FTQ, le SCFP, l’APTS, la FP–CSN et le SPGQ, la clé pour casser cette vague est de tout faire pour bien protéger le personnel et de déployer rapidement des mesures de reconnaissance pour agir sur l’attraction et la rétention.

        L’ensemble des organisations syndicales représentant le personnel du réseau de la santé et des services sociaux ont échangé avec le gouvernement dans les derniers jours pour proposer des solutions pour aider les travailleuses et travailleurs et regagner leur confiance. Plusieurs mesures annoncées par le gouvernement qui visent certaines catégories d’emploi permettront de soulager de façon appréciable, mais temporaire, la pression qui pèse depuis 22 mois sur le dos du personnel du réseau. L’intersyndicale invite donc le gouvernement à poursuivre les discussions dans le même état d’esprit afin de se sortir de la situation de crise liée à la pandémie et au manque de personnel.

        La clé, c’est de bien protéger le personnel
        Tout au long des échanges, l’intersyndicale a indiqué que l’élément prioritaire pour faire face au variant Omicron est d’appliquer le principe de précaution et d’implanter toutes les mesures nécessaires pour bien protéger les travailleuses et travailleurs, à commencer par l’accès au masque N95 pour l’ensemble du personnel. Si le changement de ton du gouvernement est bienvenu, il doit continuer d’en faire davantage pour prôner des mesures plus fortes, claires et simples à appliquer pour assurer la protection du personnel.

        Des mesures pour attirer et retenir le personnel
        Les mesures annoncées aujourd’hui par le ministre Dubé ont pour objectif d’avoir le personnel nécessaire pour les trois prochains mois. L’intersyndicale a invité le gouvernement à mieux reconnaître les efforts des travailleuses et travailleurs. L’élargissement de la prime de temps complet est une avancée intéressante, bien que l’intersyndicale continue de demander que les primes s’appliquent à l’ensemble du personnel au front de la lutte à la pandémie depuis des mois.

        « Nos échanges avec le gouvernement l’ont convaincu de poser des gestes à très court terme pour freiner la crise. C’est la preuve que c’est en travaillant ensemble et en prenant en compte les solutions du personnel qu’on peut mieux gérer cette pandémie. C’est de cette manière qu’il faut continuer à travailler pour s’attaquer d’urgence aux problèmes de fond du réseau de la santé et des services sociaux », soulignent les leaders de la FSSS–CSN, de la FSQ-CSQ, de la FIQ et de la FIQP, du SQEES-FTQ, du SCFP, de l’APTS, de la FP–CSN et du SPGQ.

        La FP–CSN salue les grandes orientations du rapport, mais estime qu’il manque des précisions importantes

        La Fédération des professionnèles de la CSN (FPCSN), qui représente 1500 professeurs du réseau universitaire, salue les grandes orientations du rapport de la Commission scientifique et technique indépendante sur la reconnaissance de la liberté académique dans le milieu universitaire, mais s’inquiète concernant certaines zones d’ombre qui persistent.

        La FPCSN souligne la nécessité d’un cadre légal ainsi que la création de mécanismes de traitement des litiges dans chacun des établissements. Par ailleurs, elle s’interroge sur l’utilisation par la commission du terme « liberté universitaire » plutôt que celui plus large de liberté académique, qui représente l’ensemble des tâches et fonctions des professeures et professeurs universitaires. En somme, cette liberté doit pouvoir s’appliquer bien au-delà de l’enseignement et de la recherche.

        La fédération estime par ailleurs qu’il était essentiel de réaffirmer l’autonomie des universités, mais s’inquiète quant à la représentativité des futurs comités, dont la composition et les modalités de fonctionnement n’ont pas été définies par la commission. « Il est essentiel que les professeur-es puissent choisir les personnes qui seront déléguées à ces comités, insiste Catherine Lanaris, vice-présidente du secteur universitaire de la FPCSN. Ces comités auront une grande importance dans les mécanismes de mise en œuvre de la liberté académique et nous devons nous assurer que le principe de la prise de décision en collégialité soit réellement appliqué. Chaque groupe d’acteurs de la communauté universitaire doit donc pouvoir nommer la personne la plus compétente et nous souhaitons que cet aspect soit précisé. » La FPCSN souhaite également que ces comités puissent être représentatifs de l’ensemble de la communauté universitaire, incluant les étudiantes et étudiants qui ont, comme l’a souligné la commission, le droit d’apprendre.

        D’autre part, la fédération souhaite que la définition prévue par la loi n’aille pas à l’encontre des définitions de la liberté académique déjà prévues à plusieurs conventions collectives de professeures et professeurs. Il va de soi que la fédération apportera sa contribution aux éventuels travaux d’une commission parlementaire entourant le projet de loi.

        Une première signature de convention collective pour les professionnelles et les techniciennes du réseau de la santé et des services sociaux

         Alors que la crise de la main-d’œuvre fait rage dans le réseau, une première entente visant plus de 6000 professionnel-les, techniciens et techniciennes affiliés à la FP-CSN a été signée avec le gouvernement ce jeudi, permettant ainsi de répondre à certains problèmes criants qui font les manchettes depuis des mois.

        La nouvelle convention collective s’appliquera dès ce dimanche 24 octobre, permettant l’application immédiate d’augmentations salariales et de primes qui favoriseront l’attraction et la rétention des salarié-es, alors que la crise de la main-d’œuvre se traduit notamment par des bris de services et des heures supplémentaires obligatoires pour plusieurs catégories de salarié-es.

        Ces salarié-es, qui œuvrent au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine et au CIUSSS de la Capitale-Nationale, avaient entériné à 92 % l’entente de principe intervenue avec le gouvernement. L’entente signée ce jeudi 21 octobre prévoit, entre autres, de meilleures primes pour le personnel en centre jeunesse, les psychologues, le personnel en psychiatrie, en soins critiques, en CHSLD, la coordination d’équipe, la prise en charge de stagiaires et les quarts de travail de soir. Les membres toucheront aussi à des augmentations salariales pouvant atteindre jusqu’à 7,2 % sur trois ans, accompagnées de montants forfaitaires. Une bonification du budget de la formation pour le développement de la pratique professionnelle est également à souligner parmi les nombreuses améliorations prévues.

        « Il était temps que le personnel puisse finalement bénéficier de ces nouvelles mesures avantageuses, souligne le président de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), Danny Roy. L’entrée en vigueur de cette convention collective nous permet aussi d’amorcer des travaux importants sur la charge de travail, le télétravail et le droit à la déconnexion », ajoute-t-il.

        Cependant, selon M. Roy, la nouvelle convention ne pourra à elle seule régler l’ensemble des problèmes liés à la pénurie de main-d’œuvre dans le réseau. La FP-CSN réclame donc que le gouvernement mette en place un véritable chantier qui aura pour objectif de trouver des solutions pérennes aux problématiques d’attraction et de rétention qui sont vécues par ses membres.

        « Les améliorations que nous apportons dès maintenant permettront une reconnaissance immédiate de la contribution des professionnel-les, des techniciens et des techniciennes du réseau, affirme Danny Roy. C’est un grand pas dans la bonne direction. Cependant, les bris de services, les heures supplémentaires et l’ensemble de l’organisation du travail constituent un vaste chantier qui demandera une consultation des syndicats et des efforts colossaux. La crise est loin de toucher uniquement les infirmières :  les professionnelles et les techniciennes doivent aussi être au cœur de la réflexion du ministre Dubé quant aux changements à venir dans le réseau. »

        Une première fédération de la CSN entérine l’entente de principe

        Les professionnel-les, les techniciennes et les techniciens du réseau de la santé, membres de la Fédération des professionnèles de la CSN (FP–CSN), ont entériné à 92 % l’entente de principe intervenue avec le gouvernement en juin dernier. Cela fait de la FP–CSN la première des quatre fédérations du secteur public de la CSN à avoir entre les mains une nouvelle convention collective qui s’appliquera jusqu’en 2023.

        Les membres des syndicats, qui ont participé en grand nombre, étaient invités à se prononcer par vote secret sur l’entente de principe lors d’assemblées générales qui se sont déroulées tout au long de la semaine du 12 juillet 2021.

        « Nous souhaitions rapidement aller à la rencontre des membres pour présenter cette entente, car nous estimions qu’elle rejoignait les préoccupations soulevées tout au long du processus de négociation, explique Danny Roy, vice-président de la FP–CSN. Les résultats des votes et les commentaires des membres en assemblées générales témoignent bien que nous sommes arrivés à des améliorations considérables autant pour les conditions de travail et de pratique que pour les conditions salariales. Nous sommes fiers du résultat final de cette négociation parce que les gains effectués permettent de corriger des problèmes qui durent depuis plusieurs années dans le réseau » poursuit M. Roy.

        La FP–CSN évalue que cette entente représente un investissement potentiel de près de 20 millions de dollars. Elle permet de réaliser des progrès dans les conditions de travail et de pratique du personnel de la catégorie 4. Ces nouvelles ressources serviront notamment pour aider les équipes qui vivent des problèmes de surcharge de travail, pour intervenir sur les enjeux de santé psychologique, pour faciliter l’accès à certains congés, pour bonifier les primes et pour reconnaître le travail de supervision des stagiaires. Elle permet aussi de faire un premier pas vers la résolution des problématiques vécues en centre jeunesse. Des augmentations salariales pouvant aller jusqu’à 7,2 % sur trois ans, accompagnées de montants forfaitaires, s’appliqueront également.

        « Le chemin pour en arriver à une entente de cette envergure a été long et ardu. Nous devons reconnaître que c’est l’implication soutenue des travailleuses et des travailleurs dès le début de la négociation qui a permis cette réalisation. Bien que l’entente ne réponde pas à toutes les problématiques que nous avions identifiées, elle représente une bonne nouvelle pour nos conditions de travail et pour l’offre de services à la population » conclut Danny Roy.

        Les 160 000 travailleuses et travailleurs du secteur public de la CSN se prononceront sur l’entente de principe

        Au cours des derniers jours, près de 800 délégué-es des syndicats du secteur public de la CSN ont pris connaissance de l’entente de principe globale pour le renouvellement des conventions collectives. La lutte se poursuivant aux tables sectorielles des syndicats des organismes gouvernementaux, l’entente globale vise les travailleuses et les travailleurs de la santé et des services sociaux ainsi que de l’éducation, soit près de 160 000 membres de la CSN.

        Réunis en instances sectorielles de négociation, les délégué-es ont fait l’évaluation que l’entente de principe comporte des gains intéressants tant sur le plan des conditions de travail négociées aux tables sectorielles que sur celui des salaires et des autres matières négociées à la table centrale. Par conséquent, elles et ils s’engagent à la présenter à l’ensemble des membres, en assemblée générale, selon les délais fixés par les fédérations en fonction des réalités des différents secteurs.

        « La mobilisation impressionnante des dernières semaines, avec, notamment, les mouvements de grève, le blocage du Port de Montréal et la vigile de plus de 24 heures devant l’Assemblée nationale, a permis à la CSN de conclure une entente qui répond à plusieurs de nos revendications. Nous avons réussi à atteindre notre objectif de départ, qui était d’améliorer significativement les conditions de travail et de pratique et d’améliorer les salaires de toutes et tous, en accordant une attention particulière à celles et à ceux qui gagnent le moins dans les services publics », affirme Caroline Senneville, présidente de la CSN.

        Mme Senneville rappelle que la CSN a été la première organisation à défendre la nécessité d’améliorer davantage la rémunération des bas salarié-es. « Cet enjeu-là, c’est la CSN qui l’a imposé dans cette négociation. C’était loin d’être une priorité de la CAQ. Nous l’avons forcée à le considérer en mettant cette revendication de l’avant dans notre cahier de consultation au printemps 2019. Notre acharnement à maintenir cette demande donne aujourd’hui le résultat suivant : des augmentations de salaire de 7 % à 10,4 % sur trois ans pour celles et ceux qui gagnent le moins. À la CSN, c’est plus de 75 % de nos membres qui obtiendront ces augmentations, soit parce qu’ils se situent dans les bas rangements (1 à 11) de la structure salariale ou parce qu’ils sont en début de carrière dans les rangements 12 à 28 (excluant les échelles particulières des enseignantes et des enseignants au collégial, qui obtiendront des bonifications particulières). » Pour les échelons supérieurs de ces mêmes rangements 12 à 28, les augmentations seront de 6 % sur trois ans.

        La CSN considère aussi avoir réalisé des gains intéressants pour les ouvriers spécialisés, en réussissant à élargir la prime actuelle à divers titres d’emploi et en réglant plusieurs problèmes d’application. Alors que, jusqu’à maintenant, 70 % des ouvriers bénéficiaient de la prime, les nouvelles mesures feront en sorte que plus de 95 % d’entre eux y auront désormais accès.

        Plusieurs autres avancées se sont également concrétisées en gains réels, notamment la contribution de l’employeur aux assurances collectives qui sera bonifiée et intégrée entièrement aux conventions collectives.

        « Est-ce que cette entente règlera l’ensemble des problèmes des réseaux? La réponse est non, malheureusement. Cependant, les comités de négociation et les délégué-es des syndicats du secteur public de la CSN considèrent que les progrès s’avèrent significatifs et qu’ils serviront de tremplin pour la prochaine négociation, qui approche déjà à grands pas, puisqu’il s’agira d’une convention collective de trois ans. Maintenant, c’est aux 160 000 travailleuses et travailleurs du secteur public de la CSN de se prononcer », conclut la présidente de la CSN.

        Entente de principe globale: la CSN consulte les délégué-es de ses syndicats du secteur public

        À la suite d’importantes avancées réalisées par les équipes de négociation du secteur public de la CSN aux diverses tables sectorielles de la santé et des services sociaux et de l’éducation ainsi qu’à la table centrale, l’organisation syndicale qui représente 160 000 travailleuses et travailleurs des réseaux consultera les délégué-es de ses syndicats au cours des prochains jours sur une entente de principe globale.

        Considérant que ces avancées répondent à plusieurs revendications que porte la CSN depuis le début de la négociation, tant sur le plan des conditions de travail et de pratique que sur celui des salaires et des autres matières intersectorielles, les fédérations du secteur public de la CSN recommanderont aux délégué-es de se prononcer en faveur de cette entente.

        Si les délégué-es jugent l’entente satisfaisante, elle sera présentée aux membres en assemblée générale dans un délai qui sera fixé par les fédérations et ces derniers seront appelés à voter sur leur nouvelle convention collective. Ultimement, ce sont les travailleuses et les travailleurs du secteur public membres de la CSN qui décideront si cette proposition d’entente leur convient.

        Aucun détail de l’entente ne sera divulgué avant qu’elle ne soit présentée aux délégué-es des syndicats lors des instances fédératives du secteur public qui se tiendront dans la prochaine semaine.

        Le gouvernement doit répondre aux recommandations du rapport Laurent dans la négociation

        La Fédération des professionnèles de la CSN (FP-CSN) a dévoilé aujourd’hui une courte vidéo pour illustrer les contradictions qui persistent dans la façon qu’est traité le personnel des centres jeunesse. Le rapport de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse confirme plusieurs problématiques dénoncées depuis de nombreuses années par la fédération. La négociation qui se poursuit dans le secteur public est l’opportunité d’agir sur les conditions de travail et de pratique. La FP-CSN réclame du gouvernement Legault la mise en place de mesures concrètes.

        Le but de la Fédération des professionnèles, en diffusant cette courte vidéo sur les réseaux sociaux, est de révéler l’incohérence par rapport au manque de ressources pour mieux outiller et pour protéger tout le personnel qui œuvre auprès de la jeunesse. L’inspiration est tirée du rapport alors qu’un extrait présente la position d’un policier qui affirmait à une intervenante que « vous autres, c’est quand même drôle parce que vous vous en aller dans des milieux que nous, on y va armés, à deux, trois policiers, puis vous autres, vous arrivez avec vos pads puis vos crayons. »

        « Alors qu’il a devant lui la possibilité de mettre en place des solutions, le gouvernement Legault attend-il un autre drame pour agir, questionne Danny Roy, responsable de la négociation à la FP-CSN? La logique que l’on applique aux différents services d’urgence devrait aussi s’appliquer en intervention jeunesse », ajoute-t-il.

        La FP-CSN, en point de presse devant le centre jeunesse du Mont d’Youville, à Québec, réclame des actions rapides du gouvernement et s’étonne que ce dernier ne soit pas plus actif, alors que la négociation permettrait d’introduire de meilleures pratiques dans l’ensemble du réseau. « Nos membres en ont soupé des projets-pilotes. Maintenant, nous devons aller de l’avant. Ce n’est pas très compliqué ce qu’on demande pour améliorer les choses, explique M. Roy. Il faut offrir un réel soutien aux intervenantes, une prime équivalente à celle qui est offerte en urgence hospitalière et cinq jours de congés pour pouvoir prendre du repos lors des moments difficiles. Il est aussi grand temps que nos intervenantes aient accès à de la co-intervention ».

        Inquiet de voir qu’une commission spéciale était nécessaire pour mettre la lumière sur leurs conditions de travail difficiles, Martin Gaudreault, responsable de secteur au centre jeunesse de Québec pour le Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux Capitale-Nationale (SPTSSS), travaille d’arrache-pied avec ses collègues pour sensibiliser la population et la partie patronale afin que des changements soient apportés.

        « Le rapport fait très bien état des difficultés à garder en poste les intervenantes et les intervenants en raison des conditions de travail qui se dégradent. Ce constat, nous le vivons quotidiennement. Nos collègues sont en épuisement professionnel, les postes vacants prennent plus de temps à être pourvus et les plus jeunes salarié-es qui arrivent se réorientent rapidement et quittent le secteur, dénonce M. Gaudreault. Répondre positivement aux solutions que nous mettons sur la table nous donnerait un nouveau souffle », conclut-il.

        Les prochaines semaines laisseront place à davantage d’actions de mobilisation pour faire débloquer les budgets.

        La plus récente séance de négociation, tenue le mercredi 19 mai, a permis à la FP-CSN de constater, une fois de plus, que les mandats du gouvernement sont donnés au compte-gouttes à leurs négociateurs, et ce, malgré une invitation claire du premier ministre d’en arriver à des ententes au courant du mois de mai. Le manque de volonté et de ressources de la partie patronale n’indique pas un règlement rapide.

        Lien vers la vidéo publiée sur les réseaux sociaux : https://www.facebook.com/fpcsn/

        Les personnes en situation de handicap et les enfants, victimes collatérales de la pandémie

        La Fédération des professionnèles (FP–CSN) met la population et le gouvernement en garde contre les conséquences graves de l’allongement de l’attente pour des soins dans la vie d’enfants et de personnes en situation de handicap. Ces personnes doivent souvent attendre deux fois plus longtemps qu’avant la pandémie pour des services de réadaptation qui sont pourtant essentiels à un retour dans la vie active ou pour un bon départ à l’école. Le succès de leur réadaptation est souvent compromis par cette situation, ce qui cause souvent une grande détresse et une détérioration des cas.

        « Le délestage en raison de la pandémie a allongé les listes d’attente en réadaptation de façon très importante. La désorganisation actuelle ne permet pas de penser que nous pourrons venir à bout du problème dans un temps raisonnable. Il faut créer des postes supplémentaires et prendre des moyens pour que le personnel reste », affirme Danny Roy, vice-président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

        De fait, à l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ) :

        • L’attente pour le programme d’évaluation de la conduite automobile est passée de 3 mois pour la clientèle externe à plus d’un an.
        • L’attente pour le programme de soutien à l’intégration sociale, lequel offre des services aux personnes présentant des incapacités sévères a plus que doublé et est maintenant de plus d’un an.
        • Les programmes de réadaptation au travail et de prise en charge des douleurs chroniques ont été fermés pendant cinq mois et les délais d’attente sont passés de 3-6 mois à 8-12 mois.

        En plus de ces retards, il existe aussi un manque de cohérence entre les services. Cela fait en sorte qu’une personne doit parfois attendre plus longtemps entre deux interventions qui, normalement, se succèdent rapidement l’une après l’autre pour obtenir de bons résultats. Pour beaucoup de personnes, c’est le manque de services qui crée le handicap.

        « Oui, nos membres ont été déplacés de leur travail en réadaptation en raison de la COVID-19. Par contre, plusieurs partent aussi en maladie en raison de la surcharge. Cela affecte la motivation des personnes qui restent en poste. Ils ont l’impression que la réadaptation (c’est-à-dire le retour à la vie sociale de la personne souffrant d’incapacité) n’est plus une mission », souligne Nicole Cliche, présidente du Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux Capitale-Nationale–CSN (SPTSSS–CSN). Cette dernière ajoute que les personnes en attente qui ont les moyens n’ont souvent d’autre choix que de se tourner vers le secteur privé. Les personnes moins bien nanties ou qui ont un cas trop lourd pour le privé n’ont cependant pas le choix d’attendre et perdent leur qualité de vie, en plus des revenus de travail pendant cette période.

        Impact sur les enfants
        Au Centre de réadaptation Marie Enfant du CHU Sainte-Justine, on signale un allongement très sérieux des listes d’attente qui vont retarder le langage et la socialisation de plusieurs enfants, de même que la prise en charge de leurs problèmes moteurs. L’attente se situe maintenant autour de 12 mois pour le bégaiement et de près de 24 mois pour les problèmes de langage.

        « Ces délais vont retarder des diagnostics et les orientations scolaires qui seraient pourtant nécessaires. Les interventions tardives auront donc des impacts à long terme pour plusieurs enfants. La réorganisation des services a été faite, il est maintenant temps d’ajouter des ressources pour pouvoir sortir de la pandémie sans laisser de côté un trop grand nombre d’enfants », estime Jessica Goldschleger, présidente du Syndicat des techniciens-nes et professionnels-les de la santé et des services sociaux du Québec—CSN. Cette dernière ajoute que l’on devrait aussi avoir un plan pour diminuer le nombre des congés de maladie, simplifier le système de prise de rendez-vous et minimiser le délestage causé par la COVID-19 si nous voulons reprendre le dessus dans un délai raisonnable.

        La commission Laurent va dans le sens de recommandations de la CSN

        La Fédération des professionnèles (FP–CSN) salue plusieurs des recommandations du rapport Laurent qui vont dans le sens de ce qu’elle demandait comme la reconnaissance de l’importance de la première ligne, la reconnaissance de la surcharge de travail à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) ainsi qu’en centres jeunesse et l’importance de la prévention et des déterminants sociaux.

        La FP–CSN réaffirme en particulier qu’il est absolument nécessaire de pourvoir tous les postes et de maintenir une stabilité des équipes dans les centres jeunesse. « Sans efforts supplémentaires pour rendre le travail à la DPJ et en centres jeunesse plus vivable, l’ajout de postes ne fonctionnera pas et tout un pan des recommandations de Mme Laurent va tomber à l’eau », insiste Jessica Goldschleger, responsable du secteur de la santé et des services sociaux à la FP–CSN. Pour la fédération, la balle est clairement dans le camp du gouvernement qui doit enfin passer à l’action et réinvestir en première ligne, en incluant le secteur communautaire ainsi que les centres locaux de services communautaires (CLSC), et faire plus de prévention.

        Les recommandations de la commission Laurent sont malheureusement encore très loin de la réalité sur le terrain. À la DPJ et au Centre jeunesse de Québec, par exemple, on compte encore aujourd’hui une trentaine de postes vacants et cent-cinquante postes qui sont présentement affichés. « Nous sommes très loin d’un climat de travail qui permettrait la stabilité des équipes », déplore Nicole Cliche, présidente du Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale (SPTSSS-CSN), qui souligne que la stabilité du personnel fait partie intégrante des recommandations du rapport Laurent.

        Dans une enquête menée auprès de ses membres en 2020, la FP–CSN avait tiré six recommandations essentielles, dont plusieurs sont reprises dans le rapport Laurent, comme la nécessaire bienveillance envers les enfants, une plus grande prise en compte de leurs besoins, le renforcement de la première ligne et la nécessité de diminuer la charge et la complexité du travail des intervenantes et intervenants. La FP–CSN salue particulièrement la plus grande place recommandée pour les intervenants psychosociaux par rapport à une approche plus médicale de la jeunesse qui a pris énormément de place depuis la réforme Barrette.

        Un impact pour plusieurs membres de la FP–CSN
        La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), comme son nom l’indique, joue un rôle essentiel pour la protection des droits de la jeunesse et elle a développé une grande expertise dans le cadre de l’exercice de son mandat. La FP–CSN se questionne sur la recommandation du rapport Laurent qui vise à mettre fin à ce rôle pour le transférer ailleurs.

        Au surplus, plusieurs recommandations du rapport pourraient avoir des contrecoups importants sur de nombreux membres de notre fédération. La FP–CSN demeurera à l’affut de tout développement qui pourrait avoir un impact sur plusieurs travailleuses et travailleurs et procédera à une analyse plus approfondie du rapport dans les prochains jours.

        Ottawa peut et doit empêcher la faillite des universités

        « On ne peut pas traiter l’Université Laurentienne ou tout autre établissement similaire comme une simple compagnie. L’accès au savoir dans toutes les régions du pays ne devrait pas dépendre des mauvaises décisions des administrateurs qui sont en place à un moment donné », insiste Ginette Langlois, présidente de la FP–CSN.

        La Fédération des professionnèles (FP–CSN) demande au gouvernement fédéral de revoir sa Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) afin qu’elle ne puisse pas s’appliquer pour les universités ou autres organismes publics importants.

        « On ne peut pas traiter l’Université Laurentienne ou tout autre établissement similaire comme une simple compagnie. L’accès au savoir dans toutes les régions du pays ne devrait pas dépendre des mauvaises décisions des administrateurs qui sont en place à un moment donné », insiste Ginette Langlois, présidente de la FP–CSN qui représente près de 2000 professionnèles de l’enseignement supérieur au Québec. La FP–CSN demande donc au gouvernement Trudeau de jouer un rôle beaucoup plus actif afin d’assurer le maintien des formations universitaires en français partout au Canada.

        Cette demande de revoir la LACC est par ailleurs soutenue par l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU).

        Dur coup pour les sages-femmes
        « L’abolition par l’Université Laurentienne d’un des deux seuls programmes de formation pour les sages-femmes en français au Canada est un dur coup pour cette profession. Les sages-femmes pourraient jouer un rôle encore plus grand pour assurer les suivis de grossesses et les naissances dans les régions en pénurie d’obstétriciens. On doit assurer un plus grand accès à cette formation et non l’inverse », affirme Ginette Langlois, dont la fédération représente les sages-femmes du Québec.

        Problème récurrent de financement des universités
        « Tout comme en Ontario, les universités du Québec sont dans un étau financier qui les force trop souvent à prendre des décisions qui ne vont pas dans l’intérêt des étudiant-es ou de l’avancement de la recherche publique. Ce qui arrive à l’Université Laurentienne devrait servir de signal d’alarme avant qu’une des régions du Québec perde son université », met en garde Ginette Langlois.

        Notons que l’ACCPU et l’Association des professeures et professeurs de l’Université Laurentienne (APPUL) ont été surprises que l’administration ait fait appel à la protection de la LACC, alors que l’Université Laurentienne avait déclaré un budget équilibré pour la septième année consécutive en 2017, puis de nouveau en 2019. Un autre coup de théâtre est survenu quand l’APPUL a constaté que les subventions de recherche avaient disparu et ces fonds avaient été utilisés pour les opérations quotidiennes.

        La FP–CSN craint que les universités du Québec ne soient pas à l’abri d’un tel tour de passe-passe financier qui permet de cacher les problèmes pendant des années, jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

        Renforcer la démocratie universitaire pour éviter les dérapages

        La FP–CSN, le SPUQ et le SPUQO prennent position dans le débat sur la liberté académique dans les universités et estiment que la solution passe par un renforcement de la démocratie universitaire.

        Demander à l’État d’encadrer ce que doit être la liberté académique, laquelle a été conquise et instituée pour défendre les universités contre les interventions de l’État est une démarche contradictoire, ouvrant potentiellement la porte à une restriction de la liberté académique, telle que protégée par les conventions collectives. 

        La Fédération des professionnèles de la CSN (FP–CSN) estime qu’il faut plutôt renforcer la démocratie interne. Elle devrait par ailleurs toujours être exercée en collégialité, c’est-à-dire en incluant les professeur-es, les chargé-es de cours, les professionnèles, le personnel de soutien et les étudiantes et étudiants.

        Des intervenantes et intervenants forcés de travailler à la DPJ de Québec!

        La FP–CSN et le SPTSSS Capitale-Nationale dénoncent le travail forcé à la DPJ de Québec alors que d’anciens employé-es maintenant ailleurs dans le CIUSSS de la Capitale-Nationale sont forcés de revenir tandis que d’autres ne peuvent pas partir vers le poste qu’ils et elles ont obtenu. C’est près d’une cinquantaine de personnes qui sont dans cette situation qui nuit grandement au recrutement en créant une peur d’être prisonnier de son poste.

        Le Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux Capitale-Nationale–CSN (SPTSSS–CSN) estime que le CIUSSS de la Capitale-Nationale abuse des travailleuses et travailleurs ayant obtenu des postes à l’extérieur de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) en les forçant à y demeurer ou à revenir y travailler.

        « On avait déjà les heures supplémentaires obligatoires qui empêchaient de terminer une journée de travail selon l’horaire prévu. Maintenant, il y a une interdiction de changer de poste qui s’applique à certains membres du personnel de la DPJ. Cette situation, dont la durée est incertaine, crée une grande détresse psychologique pour la quarantaine de personnes concernées », lance Nicole Cliche, présidente du SPTSSS–CSN.

        La présidente ajoute que le CIUSSS de la Capitale-Nationale n’a pas de bonnes raisons de s’appuyer sur l’arrêté ministériel lié à la pandémie pour aller de l’avant avec cette détention de personnel et ces déplacements forcés provenant des autres directions. En effet, il n’y a pas eu d’éclosions de coronavirus au Centre jeunesse de Québec. « Le manque de personnel à la DPJ et au Centre jeunesse de Québec est un problème récurrent qui s’explique par les mauvaises conditions de travail. Cela a causé le départ d’au moins 100 travailleuses et travailleurs du Centre jeunesse de Québec dans la dernière année. C’est une véritable passoire », déplore Ian Boily, représentant du Centre jeunesse de Québec au SPTSSS–CSN. « Il ne suffit pas d’embaucher, il faut garder le personnel en premier. »

        Les listes d’attente
        Le syndicat a été informé que c’est une directive verbale du ministre Lionel Carmant d’éliminer complètement la liste d’attente du Centre jeunesse de Québec qui a amené l’employeur à contourner la convention collective et à étirer la portée d’un arrêté ministériel lié à la COVID-19. La liste d’attente était pourtant passée de 300 cas avant la pandémie, à 90 cas en ce moment, après être descendue sous la barre des 60. Le SPTSSS–CSN estime qu’un objectif d’éliminer complètement la liste d’attente n’est pas réaliste pour l’ensemble du territoire du CIUSSS de la Capitale-Nationale. Celui-ci s’étend de Portneuf à Charlevoix. Les fluctuations constantes de signalements de cas risqueraient de forcer à tout moment le rappel de personnel pour de courtes périodes dès que la liste dépasserait quelques cas. L’état actuel de la liste d’attente à la DPJ de Québec n’est d’ailleurs pas plus mauvais que d’autres établissements au Québec. De son côté, le CIUSSS de la Capitale-Nationale n’a assurément pas pris la meilleure décision pour améliorer la situation.

        Pour maintenir cette liste d’attente au plus bas niveau possible, le syndicat souhaite depuis deux ans s’asseoir avec l’employeur afin de trouver des solutions pour mettre fin à cette hémorragie de personnel qui est la véritable cause du problème. La mise en place d’un mentorat constant, par exemple, rassurerait les nouvelles recrues qui en sont bien souvent à leur première expérience de travail dans le réseau de la santé et des services sociaux.

        Le rapatriement forcé ou le maintien forcé à la DPJ inquiète par ailleurs grandement les personnes qui autrement aurait pu être intéressées de tenter l’expérience du Centre jeunesse de Québec. Le syndicat a même entendu des stagiaires qui s’interrogeaient sur la contrainte future pouvant être associée à une première expérience au Centre jeunesse de Québec! Colmater une brèche à court terme par la contrainte risque fortement d’engendrer une difficulté à long terme pour le recrutement.

        « L’employeur a refusé de nous entendre depuis le début et il entrouvre la porte seulement depuis qu’il risque de se retrouver en arbitrage sur cette question. Nous n’acceptons plus cette approche coercitive qui ne règle aucunement le problème de fond de la rétention du personnel », insiste Nicole Cliche, qui demande de mettre fin immédiatement à cette pratique qui brime la liberté de ses membres.

        Les solutions durables et responsables passent par la négociation.
        « Les solutions mises de l’avant actuellement frisent l’irresponsabilité et mettent en péril les services de protection de la jeunesse. Le ministère de la Santé et des Services sociaux et le CIUSSS de la Capitale-Nationale doivent mettre en place des solutions durables et responsables. La CSN et la Fédération des professionnèles ont d’ailleurs proposé des solutions à long terme devant la Commission Laurent. Il faut notamment diminuer la charge de travail, soutenir les intervenantes et intervenants dans leurs prises de décisions et améliorer leurs conditions de travail. Si le ministre Lionel Carmant a véritablement l’intention de trouver des solutions permanentes aux difficultés d’attraction et de rétention des centres jeunesse, il doit rapidement donner des mandats à son comité patronal de négociation et au Secrétariat du Conseil du trésor. Qu’attend-il pour le faire ? », soutient Danny Roy, vice-président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

        La santé des salarié-es fait encore les frais de l’incohérence du ministre Dubé

        D’une voix commune, les présidentes et présidents des organisations syndicales du réseau de la santé et des services sociaux (APTS, FIQ, FIQP, FSQ-CSQ, FSSS-CSN, FP-CSN, SCFP, SQEES-FTQ) dénoncent haut et fort les directives du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) par lesquelles il refuse toujours l’accès au masque N-95 pour les salarié-es qui travaillent auprès des patient·e·s porteur·euse·s, ou suspecté·e·s de l’être, de la COVID-19, et ce, malgré le fait que l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) ait reconnu, avec des mois de retard sur d’autres organisations sanitaires, que le virus se propageait par aérosol.

        « Sur la place publique, le ministre Christian Dubé n’arrête pas de mentionner ses inquiétudes pour la santé physique et psychologique des personnes salariées du réseau, mais dans la réalité les directives soutenues par son ministère font plutôt grimper leur niveau d’anxiété quant à leur propre sécurité et celle de leurs proches. Le ministre doit faire preuve de cohérence et rappeler à l’ordre le ministère pour qu’il autorise le port du masque N-95 lorsque le personnel est en contact avec des usager·ère·s atteint·e·s de la COVID-19 ou suspecté·e·s de l’être », ont déclaré les chef·fe·s syndicaux·les.

        Dans un avis publié plus tôt cette année, l’INSPQ a reconnu la propagation par aérosol de la COVID-19. Toutefois, faisant fi du principe de précaution et sapant toute mesure de prévention, il recommande le port du masque N-95 seulement lorsqu’une éclosion devient hors de contrôle. Plutôt que de suivre la procédure (algorithme décisionnel) complexe de l’INSPQ, les organisations syndicales proposent que les personnes salariées utilisent leur jugement professionnel pour décider du port du N-95.

        « Comment peut-on promouvoir l’usage d’un équipement de protection uniquement après une éclosion hors de contrôle? Est-ce qu’un pompier attend que le feu soit hors de contrôle pour mettre son appareil respiratoire? Est-ce qu’une soldate part au front sans casque de protection? Et ce n’est pas une question de rareté du N-95, le ministre a indiqué plusieurs fois qu’on n’en manquait plus. Ajoutons que le MSSS vient d’accorder un contrat de gré à gré de 330 millions de dollars pour en assurer l’approvisionnement. Ce que l’on comprend des décisions du ministère, c’est que la santé de nos membres est le cadet de ses soucis. C’est odieux », ont ajouté les représentant·e·s des organisations syndicales.

        Depuis le début de cette crise, le gouvernement fait appel à la collaboration des organisations syndicales pour passer au travers de la pandémie. Cette collaboration semble toutefois unidirectionnelle, car chaque fois que les représentant·e·s syndicaux·les tentent d’obtenir une amélioration des conditions de santé et de sécurité dans lesquelles travaillent leurs membres, ils et elles se voient opposer une fin de non-recevoir.

        « Le ministre Dubé a l’occasion de prouver qu’il a vraiment à cœur la santé et la sécurité des salarié·e·s du réseau. Il doit faire preuve de leadership et respecter le principe de précaution en matière de prévention et de contrôle des infections. L’avis de l’INSPQ ne peut servir d’excuse à son inaction », ont conclu les personnes représentantes syndicales.

        Le patrimoine enfoui complètement oublié

        Le patrimoine culturel enfoui au Québec est une richesse collective incommensurable. Il nous aide à améliorer notre connaissance des peuples autochtones qui habitent notre territoire depuis des millénaires et à comprendre la vie que menaient les premiers colons européens qui y sont débarqués.

        L’archéologie étant essentielle à la découverte et à la conservation de ce patrimoine, nous déplorons que le projet de loi 69 modifiant la Loi sur le patrimoine culturel ne comprenne aucune mesure pour améliorer les conditions qui régissent les travaux archéologiques, et ce, même si les règles encadrant le travail des archéologues découlent en grande partie de cette loi.

        Bien que nous comprenions la nécessité de mieux encadrer la protection du patrimoine bâti et que nous saluions la volonté de la ministre de la Culture et des Communications en ce sens, force est de constater que l’archéologie demeure aujourd’hui le parent pauvre de la protection de biens culturels. Le fait qu’aucun organisme ou regroupement d’archéologues n’ait même été invité à participer aux consultations menées par la commission parlementaire sur ce projet de loi le démontre une fois de plus.

        Pourtant, l’encadrement législatif des travaux archéologiques doit être amélioré. Ceux-ci ne doivent pas être uniquement considérés comme une étape préalable aux nouvelles constructions, mais comme une réelle démarche de recherche scientifique, d’inventaire, de fouilles et d’analyse qui mérite toute l’attention nécessaire à sa réalisation.

        L’accélération des mises en chantier exerce une pression indue sur la protection des biens culturels, d’autant plus qu’en étant enfouis, ces derniers ne sont ni visibles ni identifiés. Il appartient au ministère d’assurer la protection de ce patrimoine plutôt que de se limiter à la protection du patrimoine bâti.

        Il aurait été judicieux de profiter de cette révision de la Loi sur le patrimoine culturel — la première en dix ans — pour aborder plusieurs enjeux touchant à l’environnement de travail des archéologues.

        Nous suggérons, entre autres, de hausser le montant des amendes imposées aux entrepreneurs qui ne respectent pas les règles de conservation du patrimoine ; de calculer le délai maximal pour la remise du rapport archéologique à partir de la fin des fouilles ; et de prévoir un mécanisme pour ajuster les montants et les délais alloués aux travaux archéologiques en fonction des contraintes vécues ou de l’ampleur des découvertes.

        Par ailleurs, l’ajout d’un pouvoir décisionnel à l’échelon des municipalités régionales de comté (MRC) nous inquiète également, puisqu’il n’apporte aucune protection supplémentaire et qu’il risque d’engendrer une forte réduction du territoire protégé.

        Notre patrimoine enfoui est non renouvelable et riche d’une histoire qui dépasse les intérêts économiques à court terme. Nous espérons que le gouvernement saura reconnaître son importance et modifier le projet de loi 69 en conséquence.

        Ginette Langlois
        Présidente
        Fédération des professionnèles–CSN

        Maxime Vaillancourt
        Président
        Syndicat national des archéologues du Québec–CSN

        Cliquez ici pour lire le commentaire envoyé par le SNAQ-CSN la FP-CSN à la commission de la culture et de l’éducation de l’Assemblée nationale.

        Des patientes et patients âgés perdants au change

        Le Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux (SPTSSS) s’inquiète de la décision du CIUSSS de la Capitale-Nationale de modifier l’offre de service du programme Soutien à l’autonomie des personnes âgées (SAPA) à sept jours par semaine et ce, sans ajout de ressources. Cette décision a été prise sans consulter les intervenantes et intervenants offrant ces services. Elle causera la dégradation et le ralentissement des services à une clientèle déjà fragile. De plus, elle alourdira et complexifiera la tâche des physiothérapeutes, des ergothérapeutes et des thérapeutes en réadaptation physique (TRP).

        « C’est de la poudre aux yeux! Offrir un service 7 jours sur 7, cela semble bien à première vue. En réalité, les patientes et patients se retrouvent perdants au change. Ils auront moins de services dans la semaine, et la fin de semaine, ils se retrouveront avec un service incomplet, ce qui risque de nécessiter un 2e suivi en semaine », dénonce la vice-présidente aux relations de travail du SPTSSS, Myra Therrien.

        Les professionnèles du SAPA offrent des services à domicile qui s’inscrivent dans un continuum. Ils proposent des solutions pour aménager la résidence, augmenter la force et l’amplitude articulaire d’une patiente ou patient, améliorer la mobilité pour les personnes en perte d’autonomie. De plus, ils tiennent compte de l’urgence et de la séquence du plan de traitement.

        De nombreux impacts négatifs

        Cette décision du CIUSSS ne tient pas compte de l’interdisciplinarité des professions en réadaptation ni de l’environnement de la pratique pour bien servir la population. Les impacts négatifs sont nombreux :

        • Moins de services la semaine;
        • Déconstruction des équipes régulières;
        • Absence d’équipe interdisciplinaire complète la fin de semaine;
        • Suivi plus difficile dans les résidences pour personnes âgées la fin de semaine en raison d’employé-es temporaires ou moins expérimentés sur les lieux;
        • Bris des fins de semaine pour les personnes âgées, qui reçoivent souvent l’aide et la visite de leurs proches;
        • Augmentation des risques de contamination en période de pandémie si les proches de la patiente ou du patient sont présents au domicile;
        • Fragilisation du soutien professionnel aux salarié-es moins expérimentés;
        • Fermeture la fin de semaine des fournisseurs d’équipements (lits électriques, coussins thérapeutiques, etc.);
        • Absence des autres partenaires externes la fin de semaine (exemple : SAAQ pour la validation des permis de conduire).

        Un changement inexplicable

        Une garde pour les intervenantes et intervenants en réadaptation la fin de semaine a déjà été mise en place depuis mars 2020 et elle enregistre un très faible taux d’utilisation.

        « Bien que les services en réadaptation soient essentiels, les besoins sont rares en urgence. Le réseau de la santé et des services sociaux est déjà fragilisé et n’a pas besoin d’une instabilité et d’une réorganisation supplémentaires. On en a soupé depuis la réforme Barrette et la pandémie. Si le CIUSSS de la Capitale-Nationale veut offrir plus de services, qu’il crée des nouveaux postes! », déclare le vice-président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), dont fait partie le SPTSSS, Danny Roy.

        « Le gouvernement du Québec parle souvent de la politique des aîné-es et de l’importance du soutien à domicile. Malgré ses bonnes intentions, il doit écouter les recommandations de celles et ceux qui se retrouvent sur le terrain avec le vrai monde! », renchérit Nicole Cliche, présidente du SPTSSS.

         

         

         

        À risque égal, c’est prime égale!

        La Fédération des professionnèles (FP–CSN) et le Syndicat des professionnèles, des techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux Capitale-Nationale (SPTSSS) déplorent le manque de considération du gouvernement du Québec envers les membres du personnel professionnel du réseau de la santé et des services sociaux. Alors que ces derniers sont au front depuis le début de la pandémie, le gouvernement refuse de leur accorder toutes les primes disponibles pour assumer ce risque et cet effort supplémentaires.

        « C’est inacceptable que l’on nous demande de prêter main-forte dans les zones rouges, sans nous verser de compensation financière. Nos membres se retrouvent souvent avec la même clientèle infectée que celle des préposé-es aux bénéficiaires ou des infirmières et infirmiers, aux mêmes endroits, et pourtant, nous ne sommes pas indemnisés de la même façon. À risque égal, c’est prime égale! », défend la présidente du SPTSSS, affilié à la FP–CSN, Nicole Cliche.

        D’énormes pertes
        Le SPTSSS estime que cette situation peut toucher plusieurs centaines de ses membres : des éducatrices et des éducateurs, des travailleuses et travailleurs sociaux, des physiothérapeutes, des ergothérapeutes, des orthophonistes, des nutritionnistes et des thérapeutes en réadaptation physique (TRP).

        « Chaque fois que nous effectuons des tâches où nous sommes exposés au coronavirus, le système de codification des tâches n’accorde pas de prime aux professionnèles. Il est temps que le gouvernement comprenne le fonctionnement des zones COVID. Les professionnèles ne sont pas enfermé-es dans une tour d’ivoire : nous sommes en contact direct avec les patientes et les patients ! », renchérit la présidente du STPSSS.

        Les montants qui échappent à ces « anges gardiens » sont 30 $ par jour pour les frais de garde lors d’affectations en soirée dans les CHSLD, 1000 $ par mois en centre hospitalier, ainsi que plusieurs montants forfaitaires déterminés par l’arrêté ministériel de mai dernier.

        « La COVID-19 ne fait pas de distinction entre les personnes technicienne et professionnelle et les autres catégories d’emploi. Alors que nos membres ont contribué durant la première vague, notamment en les délestant de leurs tâches habituelles, leur contribution est d’autant plus importante au cours de cette deuxième vague puisque plusieurs problèmes se sont aggravés dans leur travail au quotidien », soutient le vice-président de la FP–CSN, Danny Roy.

        Appel à la mobilisation
        Afin de reconnaître la contribution du personnel professionnel et de forcer le gouvernement à mettre fin à cette injustice, une pétition intitulée « 1, 2, 3, 4 : peu importe la catégorie, à risque égal, c’est prime égale » circulera sur les réseaux sociaux.

        « Nous demandons à tous, surtout aux employé-es du réseau de la santé et des services sociaux, ainsi que les autres syndicats représentant des professionnèles, de faire preuve de solidarité en signant cette pétition. Nous faisons tous d’énormes sacrifices. Être traité sur le même pied d’égalité demeure la base », affirme le vice-président de la FP–CSN, Danny Roy.

        Le SNAQ–CSN prêt à entamer les négociations !

        Les membres du Syndicat national des archéologues du Québec (SNAQ–CSN) ont approuvé à l’unanimité leur cahier de demandes au terme d’une rencontre de l’assemblée générale ayant eu lieu en fin de semaine.

        « L’exercice démocratique a engendré des débats très respectueux et incroyablement productifs, s’est réjoui le président du SNAQ–CSN, Maxime Vaillancourt. Les propositions des membres nous ont permis de peaufiner notre cahier de demandes. Nous arriverons donc aux tables de négociation avec un document solide et des demandes raisonnables et mûrement réfléchies. »

        Les revendications retenues par les membres visent à établir de nouvelles fondations pour la profession d’archéologue au Québec. Ces demandes sont divisées en cinq enjeux, nommément : la santé et la sécurité au travail, la conciliation vie-travail-famille, le droit au rappel et l’ancienneté, la reconnaissance de la profession et, bien sûr, les considérations financières.

        « Il s’agit d’une première négociation pour ce nouveau syndicat dont le secteur d’activités présente certaines caractéristiques très particulières, explique la présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Ginette Langlois. Les conditions de travail actuelles des archéologues fluctuent énormément d’une firme à l’autre. Dans certains cas, elles ne satisfont même pas au minimum requis par la loi. Les demandes élaborées par les membres du SNAQ–CSN deviendront la norme à respecter au sein de la profession. »

        À la suite de l’adoption de son cahier de demandes, le syndicat invitera sous peu chacun des employeurs où il est accrédité — ou en voie d’être accrédité — à s’asseoir à la table de négociation.

        À propos

        Le Syndicat national des archéologues du Québec (SNAQ–CSN) a été fondé le 1er mars 2020 et représente la presque totalité des archéologues professionnels au Québec. Il s’est donné pour mission d’améliorer les conditions de travail et d’assurer une pratique saine et viable de l’archéologie au Québec, assurant ainsi des fondations solides pour la profession.

        Une victoire importante pour le syndicat des archéologues

        Le Syndicat national des archéologues du Québec (SNAQ–CSN) accueille avec une grande satisfaction la décision du Tribunal administratif du travail qui ordonne à la firme Archéotec de respecter le droit d’association et de mettre fin aux mesures de représailles antisyndicales de l’entreprise.

        La juge administrative, Karine Blouin, s’est ralliée aux arguments de la plaignante, Alexandra LaPerrière, selon lesquels l’employeur avait cessé de faire appel à ses services en raison de son implication dans la création et l’accréditation du syndicat. En conséquence, l’entreprise se voit dans l’obligation de réintégrer Mme LaPerrière dans son emploi « avec tous ses droits et privilèges » et de lui verser une indemnité.

        « C’est une victoire importante, car nous sommes un nouveau syndicat et nos membres doivent avoir l’assurance qu’ils peuvent faire respecter leurs droits et s’impliquer dans le syndicat sans avoir peur d’être punis, explique Maxime Vaillancourt, président du SNAQ–CSN. Cela démontre aussi toute l’importance d’encadrer le droit au rappel alors que nous nous apprêtons à entamer les négociations dans les prochaines semaines. »

        Du côté de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), on espère que cette décision servira de mise en garde à d’autres employeurs qui seraient tentés d’utiliser des tactiques déloyales pour mettre des bâtons dans les roues du syndicat.

        « Nous avons su démontrer que nous faisons preuve de bonne foi lorsque les employeurs se montrent raisonnables. Une plainte similaire a d’ailleurs récemment abouti à un règlement à l’amiable avec un autre employeur, rappelle Ginette Langlois, présidente de la FP–CSN. Par contre, s’il y en avait d’autres qui nourrissaient l’intention de s’opposer au droit des archéologues d’unir leurs forces, ils ont maintenant la preuve que la loi n’est pas de leur côté. »

        À propos

        Le Syndicat national des archéologues du Québec (SNAQ–CSN) a été fondé le 1er mars 2020 et représente la presque totalité des archéologues professionnels au Québec. Il s’est donné pour mission d’améliorer les conditions de travail et d’assurer une pratique saine et viable de l’archéologie au Québec, assurant ainsi des fondations solides pour la profession.

        Circonspection et ouverture

        La Fédération des professionnèles de la CSN (FP‑CSN) salue le courage du gouvernement du Québec de procéder à un remaniement ministériel en pleine crise de la COVID-19. Toutefois, elle émet des réserves quant aux choix des nouveaux et des nouvelles ministres.

        « Ce nouveau portrait du conseil des ministres affecte grandement tous les principaux secteurs de notre fédération. Bien que nous demeurons ouverts à la discussion avec chacune et chacun, nous accueillons les principales venues avec circonspection en raison de leur style de gestion ou de leur parcours », déclare la présidente de la FP-CSN, Ginette Langlois.

        Santé

         La santé a toujours été un ministère majeur et encore plus depuis la COVID-19, et l’arrivée d’un érudit de la finance fait sourciller. La FP-CSN comprend que le gouvernement souhaite mettre l’accent sur une plus grande gestion et imputabilité à la suite de la difficile implantation de plusieurs directives et de nombreuses tragédies dans les CHSLD, mais il ne faut pas oublier l’essentiel.

        « La santé est d’abord et avant tout une histoire humaine autant pour les usagers que pour ceux et celles qui portent le réseau à bout de bras. Il y a urgence d’améliorer les conditions de travail et ainsi favoriser une meilleure rétention et attraction de la main-d’œuvre qui mine notre capacité à donner les meilleurs services à la population. Le dialogue demeure donc ouvert avec le ministre à la négociation du secteur public, mais cette fois-ci, à la table sectorielle et non à la table centrale », soutient le vice-président, secteur santé, Danny Roy. La FP-CSN représente les professionnèles et les techniciens et techniciennes du CIUSSS de la Capitale-Nationale et du CHU Sainte-Justine.

        Éducation

        La FP-CSN a longtemps réclamé la scission du poste de ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Elle ne peut donc que se réjouir de l’ajout d’une nouvelle ministre, d’autant plus que la FP-CSN a été échaudée par son expérience depuis le début de la pandémie. La FP-CSN espère que la recherche sera éventuellement rapatriée sous son ministère et non au ministère de l’Économie et de l’Innovation.

        « Nous saluons la capacité d’écoute reconnue de la nouvelle ministre. Considérant qu’elle ne possède pas de bagages dans le milieu universitaire, ni dans le milieu de la recherche scientifique, nous espérons qu’elle prendra le temps de bien saisir les enjeux complexes, particulièrement en ce qui a trait au financement des universités, à la formation en ligne et au soutien à la recherche. Nous sommes heureux d’entendre du premier ministre que l’éducation est sa priorité et qu’il faut accorder de l’importance à la recherche fondamentale et appliquée », affirme la vice-présidente, secteur universitaire, Louise Briand. La FP‑CSN représente les professeures et professeurs de l’UQAM et de l’UQO, ainsi que les professionnèles de l’Université Concordia.

        Justice et Conseil du trésor

        La Fédération des professionnèles de la CSN représente les avocats de l’aide juridique des régions de Montréal, Lanaudière – Laurentides et Bas-Saint-Laurent – Gaspésie, actuellement en renégociation de leur convention collective, ainsi que les travailleurs et travailleuses de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ).

        Alors que le système de la justice fait face à de colossaux défis de modernité et de surcharge, les solutions ne pourront s’imposer de façon unilatérale : elles devront se faire dans la collégialité et le consensus.

        « Nous souhaitons toujours obtenir la parité avec les juristes de l’État et les procureurs de la couronne, nous estimons que tous les avocats et avocates travaillant pour l’État devraient obtenir la même rémunération, peu importe leur secteur. Nous avions bon espoir d’y parvenir avec la ministre précédente; nous espérons que la porte reste ouverte avec son successeur », avance Ginette Langlois.

        Et enfin, nous saluons l’arrivée d’une femme au sein du trio économique du gouvernement. Nous espérons que son sens du droit et du respect des champs de compétences se poursuivront dans les négociations du secteur public. À sa demande de collaboration de la part des syndicats, elle pourra compter sur la bonne foi de la FP-CSN.

         

        Mieux préparer la 2e vague dans le réseau de la santé et des services sociaux

        Inquiètes des graves lacunes qui perdurent en matière de santé et sécurité au travail, toutes les organisations syndicales du réseau de la santé et des services sociaux du Québec lancent à l’unisson un appel clair au gouvernement : il est impératif de corriger la situation en vue d’une deuxième vague de propagation de la COVID-19. Dans le meilleur scénario, il reste trois mois tout au plus pour les préparatifs. Ces lacunes, marquées avant la pandémie, expliquent en bonne partie le bilan sombre du Québec en fait de contaminations, de décès et d’arrêts de travail.

        Les syndicats précisent que cet automne, le Québec devra absolument éviter un nouvel enchaînement de contaminations et d’arrêts de travail du côté du personnel, déjà gravement fragilisé par les répercussions de la première vague. Alors que le gouvernement garde certains chiffres confidentiels, des données obtenues sur le terrain laissent présager que des situations difficiles persistent dans certains établissements ou certaines régions.

        Revendications
        La première phase de la crise de la COVID-19 a été un échec. En plus d’avoir coûté la vie à six personnes salariées du réseau de la santé et des services sociaux, elle a mis en lumière les lacunes en prévention dans les milieux de travail, comme en témoigne le fait que 5000 travailleuses et travailleurs ont été infecté.e.s. C’est pourquoi les organisations syndicales présentent les demandes suivantes :

        1. Avoir des données fiables sur le nombre de membres du personnel infectés par établissement, par mission, par service, par centre d’activités et par titre d’emploi pour mieux planifier les ressources disponibles.
        2. Avoir l’heure juste sur l’état des stocks d’équipements de protection individuelle (ÉPI) pour assurer un approvisionnement adéquat et le plus haut niveau de protection pour le personnel du réseau.
        3. Avoir des moyens de faire de la prévention sur le terrain pour limiter le nombre d’infections.
        4. Appliquer d’urgence l’intégralité des quatre mécanismes de prévention prévus à la Loi sur la santé et la sécurité du travail, dans l’ensemble des établissements du réseau, à commencer par l’identification d’un représentant à la prévention. Cette mesure devra être suivie par l’instauration de programmes de prévention et de programmes de santé ainsi que la mise sur pied de comités de santé et sécurité.

        Citations

        « La prévention en santé et sécurité au travail est déficiente dans le réseau et la pandémie nous le montre comme jamais. Il faut renverser la vapeur et se donner les moyens de protéger le personnel en vue de la deuxième vague. Et pour ça, il faut que le gouvernement fasse ce qu’il faut pour identifier un représentant à la prévention dans chaque installation. Cette personne doit avoir les pouvoirs nécessaires pour faire fonctionner la prévention au plus vite », explique Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

        « Dès le début de la pandémie, on a pu constater que les recommandations de l’INSPQ étaient guidées par le peu d’équipements de protection individuelle en stock. Le Québec a commencé cette crise mal préparé, mal équipé, avec un réseau de la santé déjà à bout de souffle. Le gouvernement Legault a refusé de nous informer correctement sur les inventaires d’ÉPI disponibles et plusieurs résidences et CHSLD ont souffert d’un approvisionnement insuffisant. Le personnel de la santé a été mis à risque par absence de prévention. On n’acceptera pas ça pour la deuxième vague! », a averti Linda Lapointe, vice-présidente, Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec–FIQ.

        « Après bientôt trois mois de crise, c’est inacceptable qu’on ne parvienne toujours pas à obtenir un portrait clair de la situation. Pour préparer adéquatement le réseau à la deuxième vague, il nous faut une vue d’ensemble pour comprendre ce qui nous attend. Il est urgent d’avoir un rapport statistique clair et précis permettant d’établir combien de personnes salariées ont été infectées », souligne Andrée Poirier, présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

        « La toute première étape, urgente, doit être de nommer des représentants à la prévention dans chacun des milieux de travail, avec tous les pouvoirs prévus dans les règlements de la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Ces personnes impartiales et autonomes auront tous les pouvoirs pour inspecter et prescrire des correctifs sans délai. C’est un moyen très rapide et extrêmement efficace pour nous sortir du chaos actuel », a déclaré Benoit Bouchard, président de la division québécoise du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Québec).

        « Depuis le début de la crise, à travers les établissements, les comités et ressources en matière de santé et sécurité qui existaient déjà ont été réduits au minimum. Ça n’a aucun sens! Il faut maintenant faire machine arrière et multiplier les travaux de prévention. Ce sont des moyens extrêmement utiles en temps normal, alors en temps de pandémie, c’est une question de vie et de mort », selon Sylvie Nelson, présidente du SQEES-FTQ.

        « La première vague de COVID-19 a mis en lumière un nombre considérable de lacunes dans les établissements de santé. La ministre elle-même a reconnu que les exigences croissantes de mobilité imposées depuis la création des mégas structures, le recours à la main-d’œuvre indépendante des agences de placement privées et les nombreux déplacements du personnel d’un établissement à l’autre ont agi comme vecteur de propagation de la COVID-19. En plus du matériel adéquat, la stabilité des équipes de soins doit être prioritaire, non seulement en termes de ratios, mais également en termes d’équipes dédiées permettant de développer et de consolider les expertises requises. Il faut que des actions soient mises de l’avant dès maintenant et rapidement » – Claire Montour, présidente de la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ).

        « Nous sommes conscients qu’il y a une forte demande pour les ÉPI à travers le monde. Toutefois, nous avons l’impression que les directives sanitaires varient en fonction des stocks disponibles et nous doutons grandement de l’efficacité de certains ÉPI fournis au personnel. Il n’est donc pas étonnant de voir autant de travailleurs et travailleuses infectés ou décédés. Nous croyons même que le personnel immunodéprimé ou qui a une maladie chronique en réaffectation est plus en danger qu’il ne le pense », soutient Christian Naud, Responsable du dossier politique de la santé et sécurité au travail à la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

        Les sages-femmes font plus que jamais partie de la solution

        Le Regroupement Les Sages-femmes du Québec (RSFQ) souhaite souligner la Journée internationale de la sage-femme. Cette édition 2020 est d’autant plus significative qu’elle s’inscrit dans l’Année internationale des sages-femmes et du personnel infirmier (2020) et que la Journée mondiale de la santé (7 avril 2020) portait sur la même thématique.

        « C’est une triple reconnaissance internationale qui est forte de sens en ces temps difficiles. Même s’il s’agit de l’un des plus vieux métiers, notre pratique évolue continuellement et s’adapte aux nouveaux défis. Le contexte actuel de la COVID-19 en est un bon exemple. Dès les débuts de la crise, nous avons réfléchi à des solutions qui ont été mises en œuvre », déclare la présidente du RSFQ, Mounia Amine.

        Le Québec compte plus de 250 sages-femmes et le Canada près de 1900. En 2018, plus de 43 000 naissances étaient assistées par des sages-femmes, soit 11,8 % de l’ensemble des naissances au Canada. Le Québec, qui accuse un important retard par rapport à ces provinces comparables, se situe à 4,2 %.

        Le Québec : leader de l’accouchement hors hôpital
        Il est toutefois intéressant de noter qu’ici, plus de 95 % des femmes suivies par les sages-femmes choisissent d’accoucher en dehors des centres hospitaliers. Qui plus est, au Québec, comme partout au Canada et dans le monde, la demande pour le suivi sage-femme, et particulièrement pour la possibilité de mettre son enfant au monde ailleurs qu’à l’hôpital, a explosé.

        La versatilité des sages-femmes à agir dans toutes les sphères du continuum prénatal, pernatal et postnatal, de même que leur capacité à offrir des services à domicile et en maison de naissance, sont des atouts pour le système de santé, d’autant plus que les structures hospitalières sont mises à dure épreuve. La pratique sage-femme fait partie de la solution et permet de désengorger les services en obstétrique dans les hôpitaux.

        Solidarité dans la crise
        En plus d’accueillir un nombre croissant de femmes enceintes en raison de la forte demande, certaines équipes de sages-femmes ont également pris en charge des tâches supplémentaires d’infirmières en suivi postnatal, alors que ces dernières sont appelées en renfort dans les CHSLD. D’autres initiatives similaires sont en élaboration.

        Pourtant, la majorité des équipes manquaient déjà de sages-femmes en raison de la rareté de la main-d’œuvre. L’isolement nécessaire de plusieurs sages-femmes, en raison de la COVID-19, amplifie ce manque de ressources. Les équipes de certaines maisons de naissance ont donc conclu des ententes de collaboration pour prévenir d’éventuels bris de service à la population et éviter de surcharger les hôpitaux affiliés, le cas échéant.

        « Les sages-femmes font tout en leur pouvoir pour que les familles du Québec bénéficient de services de qualité malgré la crise. Les défis organisationnels à relever sont nombreux et les responsables des services de sage-femme coordonnent les changements nécessaires avec rigueur et détermination. La concertation des différentes instances ainsi que la solidarité entre les professionnel-les du réseau sont incontournables pour y arriver », précise Mounia Amine.

        Soutenir la créativité
        Les idées ne manquent pas pour faire face aux besoins en constante évolution, mais la pratique sage-femme se bute régulièrement à des obstacles administratifs.

        En ce 5 mai, le RSFQ appelle le gouvernement à reconnaître la place et l’efficacité des services de sage-femme et à mettre en place des solutions pour que l’opérationnalisation puisse prendre forme sur le terrain. Le gouvernement a toutes les cartes en main pour lever les contraintes auxquelles elles font face et les compenser équitablement.

        « La profession de sage-femme a longtemps été banalisée et marginalisée. La Fédération des professionnèles (FP–CSN) continuera à appuyer les sages-femmes pour qu’elles soient pleinement reconnues et valorisées dans le réseau de la santé et des services sociaux », soutient la présidente de la FP–CSN, Ginette Langlois.

        Plus que jamais, les sages-femmes font partie de la solution, en offrant leur expertise en périnatalité pour l’amélioration de la santé des mères et de leurs bébés.

        Elles font partie de nos anges gardiens !

        Vague de syndicalisation chez les archéologues du Québec

        La CSN est heureuse d’accueillir au sein de son organisation un tout nouveau syndicat issu d’un secteur qui était non syndiqué jusqu’alors : il s’agit d’une première dans le milieu de l’archéologie québécoise. Le Syndicat national des archéologues du Québec (SNAQCSN), qui est affilié à la Fédération des professionnèles (FPCSN),  a tenu dimanche son assemblée générale de fondation et a élu son premier président ainsi que trois membres du comité exécutif de transition.

        « Regrouper plusieurs dizaines de professionnèles qui partagent la même profession, mais qui travaillent chez différents employeurs à travers la province est un défi de taille. N’empêche, l’union fait la force : il faut absolument regrouper ces archéologues pour rehausser collectivement leurs conditions de travail qui ne sont pas à la hauteur de leur expertise ni de leur niveau de qualification présentement », déclare la présidente de la FPCSN, Ginette Langlois.

        Le syndicat, qui vise l’ensemble du milieu québécois, et donc plusieurs employeurs, cherche à améliorer les conditions de travail des archéologues oeuvrant en archéologie contractuelle, secteur de recherche essentiel à la sauvegarde de notre patrimoine.

        Un travail de construction à venir
        À ce jour, le Syndicat national des archéologues du Québec compte cinq unités d’accréditation confirmées et quatre autres sont en processus d’accréditation. D’autres dépôts pourraient suivre. Le syndicat est confiant d’arriver à terme à syndiquer l’ensemble du milieu à l’échelle de la province.

        À l’heure actuelle, les archéologues en milieu privé font face à des conditions de travail souvent difficiles et précaires. Les contextes d’intervention atypiques ne favorisent pas toujours le respect des normes de santé et sécurité au travail. De plus, les salaires trop bas et le manque d’échelle salariale placent un trop grand nombre d’entre eux sous le seuil de faible revenu, malgré plusieurs années d’expérience et une scolarité universitaire. Il en résulte un haut taux d’abandon de la profession par ses membres les plus expérimentés. Par amour pour leur profession trop longtemps dévalorisée, les archéologues du Québec ont pris la décision de s’unir pour améliorer leurs conditions de travail et assurer une pratique saine et viable de leur métier.

        « Nous sommes fières de nous rassembler de part et d’autre de la province pour permettre au milieu de l’archéologie professionnelle de se doter d’outils qui favoriseront son rayonnement, sa valorisation, et sa croissance. L’espoir est d’améliorer les perspectives d’avenir pour tous les archéologues », soutient solidairement le nouvel exécutif du SNAQCSN.

        Le projet de conventions collectives sera élaboré à partir de ce printemps en tenant compte de la réalité de chaque milieu de travail. Un comité de négociation national est déjà élu.

        Le Plan d’action numérique du MEES sur une mauvaise pente

        La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQCSN) et la Fédération des professionnèles (FPCSN) s’inquiètent de la tangente prise par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) dans le cadre de la mise en œuvre de son Plan d’action numérique. Il semble évident que le ministère en sous-estime les implications sur les relations de travail et se méprend sur le rôle des établissements d’enseignement supérieur au Québec.

        Dans son appel de propositions lancé le 4 février auprès des directions des cégeps et des universités, le Ministère souhaite développer des cours en ligne ouverts massivement (CLOM), supposément « pour répondre à des besoins de formation à grande échelle ». Pour les fédérations, cet appel hors cadres et hors conventions collectives brûle les étapes quant à l’objectif et à la population visés, quant à l’implication du milieu et même quant à la pertinence de ces formations.

        Le Ministère a déterminé quatre thématiques pour ces CLOM : la profession enseignante au 21e siècle, l’intelligence artificielle, le développement de la compétence numérique et la formation à distance. « Le choix des thématiques est plutôt étonnant, quant à nous, car il semble très loin des besoins prioritaires de développement des compétences à l’échelle provinciale. En quoi une formation sur l’intelligence artificielle ou sur la profession enseignante au 21e siècle pourrait-elle régler les problèmes actuels de pénurie de main-d’œuvre ? », questionne Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQCSN. « C’est pourtant l’objectif de cette mesure du Plan d’action numérique. Cet appel du Ministère nous semble totalement improvisé. »

        Des litiges à l’horizon
        Bien que les fédérations partagent la nécessité de s’attaquer aux pénuries de main-d’œuvre et aux besoins importants de formation et de développement continus des compétences, elles croient que le projet du MEES suscitera une vive opposition.

        Le Ministère exige que ces cours soient entièrement produits sous forme de ressources éducatives libres afin de rendre leur réutilisation et adaptation possibles. On semble ici oublier que personne n’est au-dessus des lois. Le Ministère ne peut pas rejeter du revers de la main les droits de suite et intellectuels inscrits dans les conventions collectives. L’idée de développer des cours en ligne accessibles à l’ensemble de la population demeure intéressante, mais cela nécessite qu’on le fasse avec précaution, en collaboration avec le milieu et en respectant la liberté académique ainsi que les instances de concertation auxquelles siègent les différentes catégories de personnel.

        « Avec cet appel de propositions, le gouvernement cherche à imposer au milieu de l’enseignement supérieur une approche en tous points conforme aux manières de l’entreprise marchande : appel à la concurrence entre les ordres d’enseignement et entre les établissements, marchandisation de la formation, délais ridiculement courts », déplore Louise Briand, vice-présidente, secteur universitaire à la FPCSN.

        La FNEEQ et la FP demandent au Ministère de mettre fin immédiatement à cet appel de propositions et lui demandent d’inviter tous les acteurs du milieu à participer à une véritable réflexion sur la mise en œuvre du Plan d’action numérique en enseignement supérieur.

        Université du Québec : Un appel de propositions perdant pour tous

        La Fédération des professionnèles (FPCSN) et la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQCSN) dénoncent l’appel de propositions lancé par le siège social de l’Université du Québec (UQ). Cet appel crée un réseau parallèle de l’enseignement et place les ressources enseignantes des universités du réseau en compétition entre elles. C’est pourquoi, les deux fédérations demandent le retrait de cet appel de propositions.

        Intitulé « Offre de formation réseau visant le développement de compétences professionnelles en recherche chez les étudiants de cycles supérieurs », cet appel de propositions demande aux ressources enseignantes de développer des nouvelles formations à distance qui faciliteront l’insertion des étudiants sur le marché du travail.

        Or, malgré ce titre accrocheur, la FNEEQCSN et la FPCSN y voient des failles importantes autant pour le personnel que pour les étudiantes et étudiants. « Le développement de ces formations est une activité professionnelle externe à rémunération fixe qui n’entraîne aucune reconnaissance dans la charge de travail des ressources enseignantes qui devront, de plus, céder une licence d’utilisation non exclusive et non révocable », déplore Louise Briand, vice-présidente, secteur universitaire à la FPCSN. Pour les étudiants, rien ne garantit que ces formations complémentaires seront créditées ou que les crédits seront reconnus.

        Des principes mis à mal
        Les deux fédérations s’interrogent aussi sur le fait que ces formations pourront être modulées en fonction des besoins d’un seul étudiant et que des experts externes du milieu universitaire pourront être mis à contribution; cette approche va à l’encontre des principes de la formation universitaire.

        « Alors qu’aucun syndicat n’a été consulté pour élaborer ces nouvelles formations à distance, comment se fait-il qu’un de ces cours soit déjà offert et que deux autres soient déjà en élaboration? », explique Richard Bousquet, vice-président, regroupement université à la FNEEQCSN. Bien que la direction de l’UQ soutienne que ces activités s’insèrent dans le cadre légal des actuelles conventions collectives, les balises pour encadrer l’enseignement à distance demeurent embryonnaires et diffèrent énormément d’une université à l’autre.

        En tentant de répondre à un besoin spécifique, le siège social de l’UQ ouvre la porte à une offre uniformisée faisant fi de l’autonomie institutionnelle et de la liberté académique.

        Un autre rendez-vous manqué par le Conseil du trésor pour régler les plaintes de maintien de l’équité salariale!

        Les fédérations du secteur public de la CSN dont les membres sont touchés par la question du règlement des plaintes de maintien de l’équité salariale ont pu constater l’entêtement du gouvernement de la CAQ de ne pas régler ce dossier. L’enjeu est pourtant fort simple et devrait aller de soi : rémunérer à sa juste valeur le travail ayant déjà été effectué par des femmes et pour lequel elles ont été moins payées que leurs collègues masculins. La Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), la Fédération des professionnèles (FP-CSN) et la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) déplorent ce manque de vision face à une injustice évidente.

        Le Conseil du trésor offre de bafouer le droit au maintien de l’équité salariale

        En vertu des nouvelles dispositions de la Loi sur l’équité salariale, adoptée en avril 2019, les syndicats étaient en conciliation depuis plusieurs semaines avec le gouvernement du Québec afin de régler des plaintes de maintien de l’équité salariale. Lors de cette conciliation, qui prenait fin aujourd’hui selon les délais prévus à la loi, le Conseil du trésor a voulu marchander les plaintes de maintien, les unes contre les autres, de même que la date d’application pourtant prévue à la Loi sur l’équité salariale, voulant ainsi priver des milliers de femmes d’ajustements salariaux rétroactifs auxquels elles ont droit et exiger le désistement de certaines plaintes.

        « C’est odieux! Plutôt que de montrer l’exemple en matière d’équité salariale, le gouvernement a utilisé tous les détours pour que nos plaintes de maintien ne soient pas traitées avec diligence et éviter de verser la totalité des sommes selon la valeur du travail des femmes à son emploi », affirme Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS-CSN.

        « C’est choquant de constater que le Conseil du trésor n’accepte pas de verser un juste salaire aux femmes et qu’il veut faire des économies sur leur dos », ajoute Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP-CSN.

        Une offre méprisante et discriminatoire pour des milliers de femmes

        En décembre dernier, le président du Conseil du trésor se vantait d’être un négociateur créatif et annonçait qu’il voulait sortir le chéquier pour régler les plaintes de maintien de l’équité salariale. Or, contrairement à ce que pouvait laisser entendre Christian Dubé, il ne s’agissait pas d’une offre généreuse, mais plutôt d’une offre globale méprisante pour plusieurs femmes à son emploi.  Il demande à des milliers de femmes de renoncer à leurs plaintes de maintien de l’équité salariale et à d’autres, pour lesquelles il reconnait l’existence d’une discrimination salariale, de renoncer à des sommes rétroactives de manière à abdiquer aux droits pourtant prévus à la Loi sur l’équité salariale.

        Les enquêtes se poursuivent devant la CNESST

        Voyant que le Conseil du trésor ne démontre aucune volonté de régler les plaintes de maintien et d’éliminer la discrimination salariale, les fédérations du secteur public de la CSN vont demander à la CNESST de poursuivre rapidement les enquêtes et de trancher les plaintes.

        « Dans un contexte où nous ne pouvons en arriver à une entente en conciliation, nos membres peuvent compter sur les fédérations du secteur public de la CSN pour mener cette bataille devant la CNESST.  Rien ne sera ménagé pour la reconnaissance de ce droit fondamental à des milliers de femmes du secteur public », conclut Dany Roy, vice-président de la FP-CSN.

        Un exercice contesté par les fédérations du secteur public de la CSN

        Rappelons qu’en 2010 et 2015, le Conseil du trésor a décidé de procéder seul à un exercice de maintien de l’équité salariale. Pour la très grande majorité des emplois, il était d’avis qu’aucun changement n’avait eu lieu depuis 2001, soit depuis l’exercice de l’équité salariale. Cela a amené les fédérations du secteur public de la CSN à déposer plusieurs plaintes en vertu de la Loi sur l’équité salariale pour des catégories d’emploi dans le réseau de la santé et des services sociaux ainsi que de l’éducation.

        Le gouvernement est le plus grand employeur de main-d’œuvre féminine au Québec. Ce qui ne l’empêche pas, malheureusement, de recourir à tous les moyens pour nier le problème de discrimination salariale et de bafouer le droit fondamental de maintien de l’équité salariale des travailleuses qui offrent des services à la population. Évidemment, la porte reste ouverte et si le Conseil du trésor démontre un réel intérêt de régler cette injustice discriminatoire envers les femmes, les fédérations du secteur public de la CSN seront au rendez-vous.

        Lancement des services de sage-femme à la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles

        Le Regroupement les Sages-Femmes du Québec, conjointement avec la Fédération des professionnèles (FP-CSN) et le Conseil central du Montréal métropolitain, vous invitent à venir souligner l’inauguration des services de sage-femme à la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles.

        « En plus de célébrer les 20 ans de la légalisation de la pratique sage-femme cette année, nous sommes fières de pouvoir offrir les services à un plus grand nombre de femmes, comme ici, à Pointe-Saint-Charles. » a souligné Mounia Amine, présidente du Regroupement Les Sages-femmes du Québec. « Malheureusement, les services de sage-femme sont encore trop peu connus et des problèmes d’accessibilité demeurent. Malgré une demande supérieure à l’offre, à peine 4 % des femmes ont accès à ces services, bien que le Ministère de la santé et des services sociaux se fût fixé une cible de 10 % dans le cadre de sa Politique de périnatalité 2008-2018. Nous souhaitons que d’autres services de sage-femme et maisons de naissance, comme celui-ci, voient le jour dans les prochaines années. » de rajouter Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

        « Nous sommes heureuses de soutenir, encore une fois, les sages-femmes dans le développement des services de sage-femme et des maisons de naissance. La CSN a toujours été à leurs côtés pour les appuyer dans le déploiement de la pratique et nous continuerons de les supporter à l’aube de leur prochaine négociation » a conclu Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal Métropolitain.

         

        Détails

        Portes ouvertes à la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles (sous-sol), 1955 rue du Centre, Montréal, H3K 1J1, le jeudi 28 novembre de 13 h à 16 h, Conférence de presse à 16 h

         

        Les maisons de naissance vous ouvrent leurs portes

        À compter du 21 septembre, les maisons de naissance à travers le Québec ouvriront leurs portes et invitent la population à visiter leurs installations. La Fédération des professionnèles de la CSN et le Regroupement Les Sages-Femmes du Québec (RSFQ) s’associent aux maisons de naissance pour cet événement, qui s’inscrit dans les célébrations des 20 ans de la légalisation de la pratique sage-femme au Québec, et profitent de l’occasion pour faire connaître les services offerts par les sages-femmes, malheureusement encore trop peu connus. Par ailleurs, sept maisons de naissance célèbrent également 25 années depuis leur création dans le cadre des projets-pilotes qui ont ensuite donné naissance à ce service public et gratuit pour les familles québécoises.

        « Ces 20 années ont permis de mettre en place des services dans plusieurs régions, mais nous sommes à un point tournant car beaucoup reste encore à faire pour améliorer l’accessibilité et répondre à la demande croissante des femmes qui souhaitent accoucher avec une sage-femme. », a souligné Mounia Amine, présidente du Regroupement. Le RSFQ rappelle que, malgré une demande supérieure à l’offre, à peine 4% des femmes ont accès à ce service, bien que le Ministère de la santé et des services sociaux se fût fixé une cible de 10% dans le cadre de sa Politique de périnatalité 2008-2018.

        Le Québec accuse un retard sur l’Ontario mais une rencontre, en juillet dernier, avec la ministre de la santé et des services sociaux, Mme McCann, nous donne espoir que le gouvernement s’attaquera aux problèmes qui nuisent à l’accessibilité. « La ministre s’est dite ouverte à ce que son ministère mette en place les mesures nécessaires à un meilleur déploiement des services et qu’ils soient offerts de manière équitable pour toutes, peu importe la région. Nos deux organisations collaborent déjà en ce sens, mais seule une réelle volonté politique nous permettra d’apporter les solutions adéquates. » a rajouté Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles de la CSN.

        Venez célébrer avec nous et rencontrer les sages-femmes de votre région :

        Maison de naissance du Boisé de Blainville, Blainville 21 septembre de 11 h à 15 h
        Maison de naissance Mimosa, Lévis 29 septembre de 13 h à 16 h
        Maison de naissance du Fjord-au-Lac, Chicoutimi 3 octobre de 15 h à 19 h
        Maison de naissance de Richelieu, Richelieu 5 octobre de 10 h à 13 h
        Maison de naissance de l’Estrie, Sherbrooke 6 octobre de 10 h à 12 h
        Maison de naissance Colette-Julien, Mont-Joli 10 octobre de 12 h à 17 h 30
        Maison de naissance du Lac-Saint-Louis, Montréal 13 octobre de 13 h à 16 h
        Maison de naissance Côte-des-Neiges, Montréal 22 octobre de 9 h à 16 h 30
        Service de sage-femme de la Baie-des-Chaleurs, Caplan 22 octobre de 16 h 30 à 19 h 30

        Le Regroupement Les Sages-femmes du Québec répond aux propos de Me Marc Boulanger

        Le Regroupement tient à rectifier certains des propos énoncés par l’avocat Marc Boulanger dans l’article « Mort d’un bébé impliquant une sage-femme » paru dans le Journal de Québec le samedi 17 août. Nous tenons tout d’abord à envoyer toutes nos sympathies à la famille dans cette épreuve difficile. Les circonstances entourant le décès de l’enfant étant encore inconnues, nous ne commenterons point la situation tant que l’enquête suit son cours.

        Nous ne pouvons toutefois passer sous silence la déclaration de Me Boulanger qui remettait en question la compétence et l’existence des sages-femmes. « Les femmes et les familles du Québec ont fait le choix de se doter d’un réseau de professionnelles de la santé pour les accompagner dans la naissance de leur enfant, et ce, depuis l’entrée en vigueur de la Loi sur les sages-femmes en 1999 », a souligné Josyane Giroux, sage-femme et vice-présidente du Regroupement. « Loin de découler d’un agenda politique, notre profession fut légalisée il y a maintenant 20 ans en réponse aux demandes de la population. » a-t-elle ajouté.

        « En remettant en doute la compétence des sages-femmes, Me Boulanger questionne la capacité des femmes et personnes à faire un libre choix sur le suivi de leur maternité », a affirmé Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles – CSN. « Il ne s’agit pas d’une profession marginale : les sages-femmes font partie intégrante de notre réseau de la santé et leurs services sont couverts par la RAMQ. » a soutenu Mme Langlois.

        « Qui plus est, le Québec accuse un important retard dans l’accessibilité de ces services pour l’ensemble des familles québécoises, avec plusieurs régions non desservies. Les sages-femmes assurent 4% des suivis de grossesses et près de 3 000 naissances par année (contre respectivement 17% des suivis et 23 000 naissances en Ontario). » ajoute Mounia Amine, sage-femme et présidente du Regroupement.

        « La profession de sage-femme continue de faire les frais de la méconnaissance populaire dont témoigne Me Boulanger. Alors que la sécurité du suivi avec sage-femme n’est plus à démontrer, de tels propos ne peuvent plus être tolérés. Il est essentiel que notre pratique soit mieux connue du grand public et des professionnels pour que ce choix légitime cesse d’être questionné » s’indigne Mme Amine.

        À propos
        Le Regroupement Les Sages-Femmes du Québec (RSFQ) est l’association professionnelle des 230 sages-femmes du Québec. Les sages-femmes sont des professionnelles de la santé reconnues par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Elles suivent une formation universitaire rigoureuse de plus de quatre années et doivent être membres de leur ordre professionnel pour pratiquer. Elles offrent un suivi de périnatalité du début de la grossesse jusqu’à six semaines après l’accouchement.

        La FP-CSN salue l’intention du ministre Boulet

        La Fédération des professionnèles de la CSN (FP-CSN) salue l’intention du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, de faire reconnaître les maladies psychologiques liées au travail, de façon à ce qu’elles soient reconnues et indemnisées plus facilement. Elle invite également le ministre à aller plus loin.

        « Il est temps que le législateur se penche sur cette problématique du travail qui est trop souvent sous-estimé et même ignoré, estime Danny Roy, vice-président de la FP-CSN. Les problématiques de santé psychologique sont multifactorielles, mais nous savons que les projets d’organisation du travail, qui ont intensifié la charge de travail avec l’appui des employeurs, doivent aussi faire partie de la réflexion. » Depuis des années, les syndicats de la fédération travaillent à faire reconnaître les problématiques de santé psychologique puisqu’elles affectent fortement les professionnels et techniciens œuvrant tant au sein du secteur public que privé.

        En effet, les employeurs devront donc se pencher davantage sur la prévention et surtout ne plus encourager des pratiques qui rendent les milieux de travail toxiques. Les propos du ministre révélés dans Le Soleil sont donc un pas dans la bonne direction, mais il ne faut pas perdre de vue la source du problème. 

        La surcharge de travail et la charge mentale, qui découlent souvent d’une perte d’autonomie professionnelle par une uniformisation du travail, d’une augmentation des tâches administratives, d’une obligation de performance et d’un manque d’effectifs doivent donc devenir une priorité. 

        C’est d’ailleurs ce que compte faire la Fédération des professionnèles lors de la prochaine ronde de négociation du secteur public, en invitant le gouvernement à traiter ces problèmes criants auprès des intervenants professionnels et techniciens du réseau de la santé et des services sociaux.

        Entente de principe pour les avocates et avocats de l’aide juridique

        Hier, le comité de négociation des syndicats représentant l’ensemble des avocates et avocats de l’aide juridique a conclu une entente de principe pour renouveler les conventions collectives.

        Cette entente de principe sera soumise au vote des avocates et avocats, lors d’assemblées générales qui se tiendront du 25 au 28 février. Les représentantes et représentants syndicaux ne feront pas de commentaires sur le contenu de cette entente d’ici la tenue de ces assemblées. Les conventions collectives étaient échues depuis le 31 mars 2015.

        À propos
        La FP-CSN et la FAAJQ représentent la totalité des avocates et avocats travaillant pour la Commission des services juridiques. La FP-CSN regroupe plus de 8000 techniciennes, techniciens et professionnel-les de différents secteurs. Elle est une des huit fédérations professionnelles composant la Confédération des syndicats nationaux (CSN) forte de 300 000 membres.

        Le gouvernement doit s’engager à plus long terme

        La CSN salue l’annonce du ministre Roberge de verser en cours d’année 7,5 millions de dollars à cinq composantes régionales du réseau de l’Université du Québec. La CSN aurait cependant souhaité un engagement à plus long terme pour soutenir l’ensemble des dix établissements de ce réseau public et ainsi assurer l’atteinte des visées de développement social et économique qu’il incarne pour la société québécoise.

        « On remarque une hésitation du ministre Roberge à promettre une majoration du financement du réseau de l’Université du Québec dans le prochain budget. L’éducation est pourtant la priorité du gouvernement », s’inquiète Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN. Cette dernière souligne que le réseau de l’Université du Québec, qui célèbre ses 50 ans, est pourtant une pierre angulaire pour l’accès aux études supérieures dans toutes les régions du Québec.

        Il n’est pas trop tard pour revoir le mode de financement de l’ensemble des universités. « Une de ses faiblesses repose sur le fait que le calcul, presque exclusivement basé sur le nombre d’étudiantes et d’étudiants à temps plein, ne tient pas compte des particularités d’un grand nombre d’entre eux, qui sont inscrits à temps partiel dans les universités du réseau. Il faut donner un coup de barre pour permettre à ces institutions de jouer pleinement leur rôle dans toutes les régions », déclare Caroline Quesnel, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN).

        Par ailleurs, la CSN accueille favorablement la volonté du ministre de vouloir corriger les iniquités que subissent les universités du réseau lorsque comparées aux universités à charte. « Le ministre a annoncé son intention de réexaminer la déréglementation des frais de scolarité introduite par le précédent gouvernement ainsi que le financement particulier de certaines disciplines. Nous espérons que le ministre ajoutera à sa réflexion la question de la concentration des fonds de recherche pour une analyse globale du financement de la mission de l’ensemble des universités québécoises », a soutenu Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

        Les avocats de l’aide juridique boycottent le souper du président et votent la grève

        Les avocates et les avocats de l’aide juridique se réunissent aujourd’hui pour se prononcer sur un mandat de grève de 24 heures à exercer au moment jugé opportun. Une soirée spéciale avait été initialement prévue par l’employeur pour la tenue du traditionnel souper annuel du président de la Commission des services juridiques.

        Les avocates et les avocats de l’aide juridique, représentés par la Fédération des professionnèles (FP–CSN) et la Fédération des avocates et avocats de l’aide juridique du Québec (FAAJQ), ont fait preuve d’une grande patience jusqu’à maintenant : ils n’ont exercé qu’une seule journée de grève en septembre dernier, bien que leur convention collective soit échue depuis le 31 mars 2015. Par ailleurs, un seul enjeu majeur demeure sur la table, soit le maintien de la parité salariale avec les procureurs de la Couronne. Cette parité était pourtant reconnue dans le précédent contrat de travail, de même que dans trois autres ententes précédentes au cours des 35 dernières années.

        « Pour nous, la parité, c’est une question de justice, explique la présidente de la FP–CSN, Ginette Langlois. Il serait inconcevable que l’on refuse aux avocats de la défense les mêmes conditions salariales que celles octroyées aux avocats de la poursuite. Cela minerait la perception du public à l’égard d’une véritable justice ».

        « Refuser de reconnaître le droit à la parité aux avocats de l’aide juridique, c’est dévaloriser le travail de centaines d’avocates et d’avocats salarié-es, dédiés à la représentation des plus démunis de notre société. Cela risquerait par ailleurs de nuire considérablement à la capacité de la Commission des services juridiques à garder à son emploi des avocates et des avocats d’expérience, enchaîne la présidente de la Fédération des avocates et avocats de l’aide juridique du Québec (FAAJQ), Anne Lessard. Ce sont les personnes les plus défavorisées économiquement de notre société qui en feraient les frais, alors que l’aide juridique vise précisément à s’assurer que toutes les citoyennes et les citoyens aient un accès équitable aux services d’ avocats spécialisés œuvrant dans tous les domaine du droit. »

        Les avocates et les avocats de l’aide juridique ont traité pas moins de 100 000 causes au cours de la dernière année. Pour la CSN, le programme de l’aide juridique est un acquis social précieux qu’il importe de renforcer. « La CSN sera toujours là pour défendre l’aide juridique et la parité salariale des avocats avec leurs collègues de la Couronne », poursuit le président de la CSN, Jacques Létourneau. « Plus de trois ans après l’échéance de la convention collective, alors que des ententes sont intervenues sur tous les sujets à l’exception de la parité salariale, le gouvernement n’aura que lui-même à blâmer si un conflit de travail doit éclater. »

        Nouveau ministre de l’Éducation – Il ne faut pas oublier l’enseignement supérieur!

        La Fédération des professionnèles (FP-CSN) salue la nomination de Jean-François Roberge comme ministre de l’Éducation, mais s’inquiète du même souffle du peu de temps qu’il risque de lui rester pour l’enseignement supérieur et la recherche.

        « La recherche est un élément crucial pour l’avenir de la société, de l’environnement et de l’économie du Québec. Il ne faut pas la négliger », affirme Louise Briand, vice-présidente de la FP-CSN, secteur universitaire.

        La FP-CSN s’inquiète également de l’apparence d’une volonté d’intégrer des notions de performance au ministère de l’Éducation comme s’il s’agissait d’un ministère à vocation économique : « La recherche ne peut pas être axée seulement sur les intérêts économiques à court terme des entreprises », insiste Louise Briand, qui plaide pour le maintien d’une recherche fondamentale et d’une formation qui ne soit pas seulement dédiée aux techniques qui ont cours en ce moment dans les différents secteurs de l’économie.

        La FP-CSN se réjouit par ailleurs de l’intérêt déjà démontré par Jean-François Roberge pour la création d’un Conseil national des universités et espère que le conseil verra le jour rapidement pour assurer une meilleure coordination du réseau universitaire.

        Il ne faut pas oublier l’enseignement supérieur!

        La Fédération des professionnèles (FP–CSN) salue la nomination de Jean-François Roberge comme ministre de l’Éducation, mais s’inquiète du même souffle du peu de temps qu’il risque de lui rester pour l’enseignement supérieur et la recherche.

        « La recherche est un élément crucial pour l’avenir de la société, de l’environnement et de l’économie du Québec. Il ne faut pas la négliger », affirme Louise Briand, vice-présidente de la FP–CSN, secteur universitaire.

        La FP–CSN s’inquiète également de l’apparence d’une volonté d’intégrer des notions de performance au ministère de l’Éducation comme s’il s’agissait d’un ministère à vocation économique : « La recherche ne peut pas être axée seulement sur les intérêts économiques à court terme des entreprises », insiste Louise Briand, qui plaide pour le maintien d’une recherche fondamentale et d’une formation qui ne soit pas seulement dédiée aux techniques qui ont cours en ce moment dans les différents secteurs de l’économie.

        La FP–CSN se réjouit par ailleurs de l’intérêt déjà démontré par Jean-François Roberge pour la création d’un Conseil national des universités et espère que le conseil verra le jour rapidement pour assurer une meilleure coordination du réseau universitaire.

        Nouveau syndicat en centre de pédiatrie sociale  

        La CSN annonce la création du premier syndicat en centre de pédiatrie sociale au Québec. Le Québec compte une vingtaine de centres de pédiatrie sociale, une initiative de la Fondation du Dr Julien.

        Fondé le 15 mai dernier, le Syndicat des professionnelles en centre de pédiatrie sociale (SPCPS-CSN) regroupe moins d’une dizaine de spécialistes du Centre de pédiatrie sociale Centre-Sud telles que des travailleuses sociales, psychoéductrices, art-thérapeute, etc.

        « Je suis heureuse de représenter ce nouveau syndicat dont l’accréditation va permettre d’améliorer la situation de ses membres », affirme Josiane Morel, présidente du SPCPS-CSN. Cette dernière sera appuyée par deux autres membres de l’exécutif syndical Valérie Naulet et Julie Archambault.

        La syndicalisation à la CSN

        Le service de syndicalisation de la CSN est actif dans toutes les régions et les secteurs de l’économie au Québec. Il vise notamment l’élimination des injustices, du favoritisme, de la discrimination, des mises à pied ou des congédiement injustifiés, de l’arbitraire de l’employeur, du choix des horaires ou des vacances. Les groupes de travailleuses et de travailleurs qui souhaite se syndiquer peuvent rejoindre la CSN en tout temps et en toute confidentialité au 1-800-947-6177.

        À propos

        Fondée en 1921, la CSN est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs, principalement sur le territoire du Québec.

        Le CIUSSS de la Capitale-Nationale aggrave la pénurie de main-d’oeuvre

        Le réseau de la santé et des services sociaux traverse actuellement une grave pénurie de main-d’œuvre. Face à un phénomène prévisible, et prévu, le manque de vision et une gestion bureaucratique à la petite semaine au Centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale ne font qu’aggraver le problème, comme on a pu le constater récemment dans les résidences du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle de Québec (CRDI).

        Dès l’été 2017, la direction du CIUSSS reconnaissait le manque d’employé-es et affirmait dans les médias que « la situation va de moyennement difficile à très difficile, selon les secteurs[1] », au point de devoir lancer une campagne de recrutement[2] à l’automne. « Nous constatons, un an plus tard, que le CIUSSS n’a pas été prévoyant, qu’il n’a pas mis en place les mesures d’attraction et de rétention nécessaires, bref qu’il n’a pas bien géré la pénurie », déplore François Proulx-Duperré, président par intérim du Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux (CSN), « pire, face au manque de personnel, la direction a mis en place une politique qui a démobilisé les gens et aggravé la situation. »

        Le cas du CRDI

        Cet été, la direction du CIUSSS s’est retrouvée face à un problème grave au CRDI et la réponse ne fut pas à la hauteur. « À cause de la pénurie de personnel, les gestionnaires se sont retrouvés avec de nombreux quarts de travail d’éducateur ou d’éducatrice à découvert, jusqu’à 50 par fin de semaine, dans les résidences, le milieu le plus difficile du CRDI », explique Emmanuelle Lachance, représentante du secteur du CRDI au syndicat, « mais au lieu de s’asseoir avec nous pour trouver une solution, ils sont arrivés avec un plan de contingence dangereux, développé en vase clos, imposé et absolument inacceptable pour le personnel ».

        Au CRDI, il y a environ 500 éducateurs ou éducatrices. De ce nombre, 150 travaillent dans les résidences. La direction du CIUSSS voulait forcer le personnel de semaine des autres secteurs, sans égard à leur formation et à leur ancienneté, à effectuer deux remplacements de fin de semaine par quinzaine pour combler des quarts de travail à découvert. Grace aux interventions du personnel et de la CNESST, la direction a été forcée de faire marche arrière. En lieu et place du plan de contingence prévu, elle a dû appliquer des mesures alternatives.

        Emmanuelle Lachance explique : « nos mesures alternatives étaient relativement simples : d’abord, utiliser au maximum la liste de rappel, ensuite demander s’il y a des volontaires pour les remplacements et les attribuer par ancienneté au lieu de forcer les gens, enfin, payer les gens en temps supplémentaire puisqu’il s’agit bien de ça. » Avec ces mesures souples, le nombre de quarts à découvert durant les quatre pires fins de semaine de l’été est passé de 43, 48, 48 et 50 respectivement à 1, 1, 4 et 7, selon nos informations.

        « Pour nous, ça démontre qu’avec des mesures simples et souples, intéressantes pour nos gens, ça marche et on peut gérer efficacement les crises, il n’est pas nécessaire de faire violence aux gens et de les contraindre, » explique François Proulx-Duperré. Le syndicat milite actuellement pour trouver une solution permanente aux problèmes vécus au CRDI. « Il s’agit d’un secteur difficile et négligé avec un des taux d’absentéisme les plus élevés du CIUSSS, c’est très fragile. Mais c’est possible de renverser la vapeur, nous avons un bon contre-exemple sur le territoire même du CIUSSS, » explique le président par intérim, « il s’agit des résidences de Charlevoix. Là-bas, le syndicat et la direction sont parvenus à une entente locale souple pour offrir des horaires attrayants, fonctionner par compétences et intérêts plutôt que par ancienneté. Doit-on s’étonner qu’ils aient beaucoup moins de problèmes là-bas? » Pour le syndicat, la solution demeure la souplesse et le dialogue, « on arrivera à rien avec une gestion autoritaire basée sur le droit de gérance ».

        Mettre les gens dans le coup

        « Face à des phénomènes comme la pénurie de main-d’œuvre, on ne peut pas juste agir sur le coup, d’urgence en urgence », croit Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN), « il faut prévenir et mettre en place des mesures d’attraction et de rétention du personnel. » La présidente du conseil central rappelle qu’il est toujours plus payant de mettre les gens dans le coup plutôt que de travailler contre eux et les contraindre, « ce sont des choses qu’il faut pouvoir négocier avec les syndicats ».

        Pour le conseil central, l’enjeu ne se situe pas seulement au niveau des conditions de travail. « On parle de services à la population, il faut comprendre que quand on gère dans l’urgence, pour patcher des trous, la population y perd au change, il y a des services qui ne se donnent pas », rappelle Ann Gingras. « Ce qui se passe actuellement est questionnant, des fois on se demande quel est le mandat du CIUSSS : organiser et donner les soins de santé et les services sociaux auxquels la population a droit ou ouvrir la porte au privé ? », conclut la présidente.

        Les avocat-es de l’aide juridique en grève pour la parité salariale

        Les avocat-es du réseau de l’aide juridique de plusieurs régions du Québec ont exercé aujourd’hui une journée de grève afin d’obtenir la parité salariale avec les procureurs de la Couronne. Cette journée de grève coïncide avec la rentrée judiciaire à Montréal. Demain, ce sera au tour des syndicats de Québec et de l’est du Québec à débrayer.

        Une centaine d’avocat-es du réseau de l’aide juridique en provenance de plusieurs régions du Québec se sont donc présentés en matinée au Palais de Justice de Montréal pour souligner l’événement et rappeler la ministre Vallée à ses responsabilités, alors que celle-ci procèdera à une allocution à cette occasion. Les avocat-es de l’aide juridique souhaitent donc en finir avec une négociation qui traîne en longueur depuis trois ans et qui achoppe sur un seul sujet, soit celui de la parité avec les procureurs de la Couronne.

        Photo : Jean-François Coutu

        « Les avocates et les avocats de l’aide juridique ne cèderont pas sur une question aussi importante que celle de la parité. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités dès maintenant et mettre fin à ces négociations pour le bien de tous. De notre côté, la pression sera maintenue aussi longtemps qu’il le faudra », a averti le président de la CSN, Jacques Létourneau.

        Malgré qu’une entente de principe ait été conclue sur les clauses normatives, le Conseil du trésor n’a toujours pas dégagé les mandats permettant de faire progresser la négociation sur les paramètres salariaux. Trois rencontres de négociation ont eu lieu en août sans toutefois que le principe de parité ne soit pas reconnu de la part de la partie patronale.

        Une parité historique

        Notons qu’au moins quatre fois en 35 ans, les avocat-es de l’aide juridique ont obtenu la parité avec les procureurs de la Couronne après l’avoir revendiqué lors de leurs négociations. Pourtant, les négociateurs patronaux refusent toujours de reconduire cette parité historique. La convention des avocat-es du réseau de l’aide juridique est d’ailleurs échue depuis mars 2015.

        « C’est un principe d’équité et c’est la raison pour laquelle nous nous sommes toujours battus pour obtenir cette parité. Nous allons le répéter une fois de plus au gouvernement : vous ne pouvez pas payer davantage l’avocat qui poursuit que celui qui défend », a rappelé Berna Tabet, présidente du Syndicat des avocates et avocats de l’aide juridique de Montréal (CSN). 

        « Les avocates et les avocats de l’aide juridique défendent des personnes vulnérables selon les mêmes règles, la même éthique et au sein du même système judiciaire que les procureurs de la Couronne. Ils plaident devant toutes les instances judiciaires et quasi judiciaires tant en matière criminelle et civile qu’en matière familiale, administrative et d’immigration », a souligné la présidente du conseil central du Montréal métropolitain de la CSN, Dominique Daigneault.

        De son côté, la présidente de la Fédération des professionnèles de la CSN, Ginette Langlois a noté que ce sont les services juridiques aux personnes les plus démunies de la société qui seraient compromis si aucun accord satisfaisant n’intervient rapidement. « Sans la parité, la capacité de l’aide juridique à recruter et à retenir les bons éléments serait mise à mal. Mais nous sommes déterminés à défendre le principe de l’accès à la justice pour tous », a-t-elle souligné.

        Photo : Jean-François Coutu

        Selon Monique Carmel, présidente du Syndicat des avocates et avocats de l’aide juridique Laurentides-Lanaudière (CSN), cette mobilisation est essentielle pour maintenir la pression. « Une grève à l’aide juridique est une chose rare, car ce moyen de pression doit être utilisé qu’en dernier recours. Nous sommes rendus au point où cette décision s’est imposée d’elle-même. Nous n’avons plus le choix de nous mobiliser pour obtenir gain de cause et je suis convaincue que cette journée d’action contribuera à débloquer ce dossier ». 

        De son côté Gilles P. Veilleux, président du syndicat de l’aide juridique de la Rive-Sud estime que la patience des avocat-es a assez duré. « Cela fait trois ans que nous sommes en négociation et ce conflit aurait dû être terminé depuis longtemps. Nous sommes un rouage important du système judiciaire et il est temps que le gouvernement le reconnaisse par des gestes concrets ». Une majorité des dossiers de nature criminelle ou pénale entendus devant les tribunaux impliquent des personnes ayant fait appel aux services des avocat-es de l’aide juridique. Voilà qui démontre bien l’importance de ce service essentiel dans l’administration de la justice au Québec.

        Les avocats de l’aide juridique s’impatientent

        Munis de leur toge, les avocat-es de l’Aide juridique ont manifesté aujourd’hui dans le Vieux-Montréal devant le manque de volonté du gouvernement du Québec à clore leur négociation qui dure depuis trois ans et qui achoppe sur un seul point : la parité salariale avec les procureurs de la Couronne. Mais la négociation est au point mort.

        Regroupés devant le Palais de justice de Montréal, ceux-ci ont démontré leur exaspération devant ce manque de volonté de la part du ministère de la Justice. « Pour conserver la capacité de recrutement et de rétention d’éléments de qualité dans le réseau, nous devons maintenir cette parité, souligne Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles de la CSN (FP-CSN). Cette parité a toujours été maintenue par le passé et il n’y aura pas de règlement cette fois-ci sans cette parité. Il s’agit pour nous d’envoyer le signal que les services d’aide juridique sont importants et qu’on ne doit pas pénaliser les citoyens les plus démunis de la société ».

        Le Conseil du trésor doit corriger le tir immédiatement et dégager les mandats pour faire débloquer la négociation. En effet, pour les avocat-es de l’Aide juridique, il s’agit d’un principe d’équité : le gouvernement ne peut pas payer davantage celui qui poursuit que celui qui défend. La convention des avocat-es de l’Aide juridique est échue depuis mars 2015 et le gouvernement Couillard ne doit pas se soustraire à ses responsabilités avant les élections, alors que la conclusion d’une entente est à portée de main. C’est pourquoi les avocat-es du réseau de l’aide juridique de partout au Québec intensifient leurs actions de mobilisation.

        Le président de la Fédération des avocates et avocats de l’aide juridique du Québec (FAAJQ), Denis Asselin, souligne pour sa part que « la parité avec les procureurs de la Couronne est au centre des enjeux de négociation pour une cinquième fois en 35 ans. Nous n’avons plus tellement envie de rejouer dans le même film. Chaque fois, le gouvernement a étiré les négociations jusqu’au bout, mais chaque fois, les avocates et les avocats ont obtenu gain de cause. Ce sont des personnes déterminées qui luttent pour la justice de façon quotidienne. Elles ne se laisseront pas abattre par les tactiques dilatoires du gouvernement ».

        *Professionnèles est un néologisme visant à féminiser le mot professionnel.

        Le gouvernement crée beaucoup d’incertitude

        Le plan d’action numérique en éducation et en enseignement du gouvernement est à peine dévoilé qu’il soulève déjà plusieurs questions pour la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et ses fédérations membres. Pour la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants (FNEEQ-CSN), la Fédération des profesionnèles (FP-CSN) et la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), le plan de plus de 80 pages apporte bien peu de précisions et contribue surtout à créer un climat d’incertitude pour les travailleuses et les travailleurs du milieu de l’éducation, et ce, quant à chacune des trois orientations.

        « Le plan ne prévoit pas de comité directeur pour la mise en œuvre de ce vaste chantier, soulève Véronique de Sève, vice-présidente de la CSN. C’est le néant quant à l’intégration des partenaires dans l’élaboration de la stratégie, rien ne précise le rôle qu’ils devront jouer, quels objectifs ou axes doivent être développés par qui, dans quel ordre ou à quel moment. Bref, c’est un plan sans acteurs. Pour éviter un développement chaotique, nous réclamons la mise en place d’un comité incluant les représentantes et représentants des organisations syndicales et étudiantes. »

        « D’entrée de jeu, on constate que le gouvernement mise sur la formation de tous les titres d’emploi, explique Sylvie Tremblay, vice-présidente-trésorière de la FEESP. C’est une bonne intention, mais il n’y a aucun détail concernant la mise en place de cette formation. Il n’y aucun calendrier prévu pour ces formations et nous savons déjà que les employé-es du milieu de l’éducation manquent de temps pour accomplir tous les volets de leur tâche. Impossible également de savoir qui donnera ces formations et si du personnel supplémentaire sera embauché pour les donner. Il en va de même pour la mise en place, le soutien technique et l’entretien. Il est important de ne pas recourir à des sous-traitants provenant du privé, et de plutôt privilégier la compétence du personnel du secteur public. »

        « Concernant certains points plus précis du plan, le gouvernement souhaite mettre sur pied un campus virtuel et déployer davantage la formation à distance, remarque Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQ. Il faut faire attention à ce que la formation virtuelle serve réellement à rendre l’éducation plus accessible sur le plan géographique et ne constitue pas une alternative « bon marché » à un enseignement en présentiel. En ce qui a trait au projet de campus virtuel, nous avons plusieurs craintes voulant que cette plateforme contribue à nourrir la concurrence entre les établissements, notamment par la course à la « clientèle » étudiante internationale. Nous craignons aussi une standardisation de la formation en enseignement supérieur. Les initiatives actuelles en formation à distance comportent aussi des écueils quant à la sous-traitance de l’enseignement, comme c’est le cas à la TÉLUQ. Le plan doit interdire ces dérives. »

        « Nous sommes également préoccupés par la question de l’autonomie professionnelle, poursuit Louise Briand, vice-présidente de la FP. Il est impensable de mettre en place une stratégie qui aura des impacts potentiels sur la liberté académique, sur le droit d’auteur et sur la façon d’enseigner sans respecter la latitude qu’ont les professeurs. »

        « Le gouvernement parle à plusieurs reprises du développement des compétences numériques, s’inquiète Véronique de Sève. Or, ces fameuses compétences ne sont jamais clairement définies, ce qui est particulier dans un plan qui touche l’éducation. On souhaite développer des compétences, sans savoir lesquelles. Nous craignons également que le programme mis en place pour le développement de ces compétences se fasse au détriment des autres matières enseignées. Il faut éviter de tomber dans un simple effet de mode qui répond aux impératifs des entreprises sans avoir de vision globale de l’éducation. »

        « Ça fait maintenant quelques mois que le gouvernement délie les cordons de la bourse et annonce de grandes réformes et de grands chantiers. On sent bien que la campagne électorale est lancée officieusement. Voilà pourquoi nous ne lançons pas ces questions qu’au gouvernement, mais à tous les partis politiques. Nous souhaitons avoir l’heure juste et savoir où se situe chacun des partis quant au plan dans son ensemble et par rapport aux multiples questions qu’il soulève », conclut Véronique de Sève.

        Une politique qui ne répond pas aux attentes

        La nouvelle politique de financement des universités déposée aujourd’hui par le gouvernement libéral ne permettra pas de répondre aux attentes. « La ministre responsable de l’enseignement supérieur a fait fi de nombreuses recommandations largement partagées par la communauté universitaire. Rappelons que les travaux ont été effectués dans la plus grande opacité » a déploré d’entrée de jeu, Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN.

        La nouvelle formule de redistribution ne permettra pas de réduire la concurrence entre les établissements pour attirer davantage de clientèles. Le montant des subventions repose encore trop sur le nombre d’étudiants, sans compter l’apport financier que procurera l’effectif des étudiants internationaux. « Le sous-financement du réseau va continuer à accentuer les iniquités du modèle de financement », a précisé Mme De Sève. Une des faiblesses du financement basé sur le nombre d’étudiants équivalent à temps plein est qu’il ne tient pas compte des caractéristiques de l’effectif étudiant. « À cet effet, nous déplorons que les critères n’aient pas été modifiés pour mieux tenir compte des coûts associés aux services offerts aux étudiants à temps partiel, qui sont de plus en plus présents dans les universités ».

        Du côté de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec, on s’oppose notamment à la libéralisation des droits de scolarité et à ce que les étudiantes et les étudiants internationaux permettent le désengagement de l’État dans le financement de l’enseignement supérieur. « Nous nous opposons à la déréglementation des droits de scolarité pour les étudiants internationaux qui sont plus que jamais perçus comme une source de financement additionnel. L’accueil d’étudiants internationaux doit s’inscrire dans une quête d’enrichissement culturel et intellectuel et non dans une vision utilitariste ou de désengagement financier de l’État » a précisé pour sa part Jean Murdock, président de la FNEEQ–CSN.

        Pour sa part, la Fédération des professionnèles note que si certains éléments de la nouvelle politique apparaissent positifs, d’autres inquiètent. « Pour nous, le soutien accru aux établissements de petite taille et la réduction du nombre d’allocations spécifiques semblent intéressants. Toutefois, les mandats stratégiques qui permettront un financement basé sur l’atteinte de cibles convenues entre le gouvernement et les universités soulèvent, chez nous, des craintes. Cela ressemble étrangement à des contrats de performance qui orienteront la réalisation de la mission des universités et le développement des programmes » a conclut Ginette Langlois, présidente de la FP–CSN.

        À propos
        Fondée en 1921, la CSN regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

        La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec–CSN regroupe quelque 35 000 membres dans 46 cégeps, 39 établissements privés et 13 syndicats d’université.

        La Fédération des professionnèles de la CSN compte plus de 8 000 membres, principalement dans les secteurs de la santé, des services sociaux et de l’éducation, notamment des professeurs et des professionnel-les d’université.

        La CSN dénonce une attaque antisyndicale et appuie sans réserve les professeurs de l’UQTR

        La CSN dénonce avec force et conviction la décision insensée de l’administration de l’UQTR d’imposer un lock-out au corps professoral de l’établissement et entend apporter tout son appui et sa solidarité aux professeures et professeurs.  La décision de l’UQTR est d’autant plus condamnable, que les deux parties étaient engagées dans un blitz de négociation.

        Même si la CSN croit qu’il n’y a jamais de bons moments pour s’attaquer aux droits des travailleurs et des travailleuses, elle considère toutefois l’annonce de l’UQTR comme hautement symbolique. « L’employeur a choisi de publiciser son lock-out, en fin de journée hier soir, le 1er mai, Journée internationale des travailleuses et des travailleurs. C’est ajouter l’insulte à l’injure à nos yeux, affirme Jacques Létourneau, président de la CSN. Les professeur-es de l’Université pourront compter sur notre solidarité. »

        À la Fédération des professionèles (FP–CSN), on rappelle qu’en juin 2016, afin d’aider l’UQTR à éponger son déficit, le Syndicat des professeures et professeurs de l’UQTR (SPPUQTR) a accepté de faire d’importantes concessions, dont celles de donner un cours supplémentaire et de réduire le nombre d’embauches. Ginette Langlois, présidente de la FP–CSN, est outrée par l’attitude de l’UQTR envers ses professeurs : « On ne tient aucunement compte des sacrifices que les membres du SPPUQTR ont fait par le passé et, en plein cœur d’un blitz de négociation, l’administration décrète un lock-out, c’est révoltant. »

        Pour la FP–CSN, cette nouvelle est une triste tache pour le réseau UQ qui célèbre son 50e anniversaire cette année. « Le lock-out vient assombrir les commémorations de ce formidable anniversaire. Il y a 50 ans, les Québécois et les Québécoises faisaient le choix solidaire de se doter d’un réseau universitaire accessible et de qualité. C’est triste que l’UQTR ait décidé de le souligner de cette façon, c’est-à-dire en s’attaquant à ses professeures et professeurs » s’indigne Ginette Langlois.

        Paul Lavergne, président du Conseil central du Cœur-du-Québec (CCCQ–CSN), insiste sur le rôle de premier plan que joue l’UQTR dans la région et des conséquences néfastes de cette décision pour l’ensemble de la Mauricie et du Centre-du-Québec. « Pour pallier la mauvaise gestion de l’université, ce sont les professeures et professeurs qui écopent et cela rejaillit négativement sur l’ensemble de la région. Les lock-outés pourront compter sur l’appui des différents syndicats CSN de la région. »

        À propos
        La Fédération des professionnèles (FP) compte près de 8000 membres, dont les professeur-es de l’UQAM et de l’UQO, fait partie de la CSN.

        Les profs acceptent l’entente de principe à 93 %

        Aujourd’hui, en assemblée générale extraordinaire, les membres du Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais–CSN (SPUQO) ont accepté à 93 % par voie de scrutin secret l’entente de principe intervenue vendredi dernier entre le syndicat et l’administration de l’UQO.

        « Pour nous, il s’agit d’une entente satisfaisante que nos membres ont appréciée dans son ensemble. Disons simplement qu’après plus de deux ans et demi de négociations, nous avons réussi à préserver nos acquis, tout en allant chercher des gains appréciables. Entre autres, nous avons obtenu un fonds professionnel de 2000 $ renouvelé à chaque deux ans afin de soutenir les activités de recherche des profs, de souligner Louise Briand, présidente du SPUQO. Nous avons également obtenu l’amélioration des droits parentaux, des dégagements supplémentaires pour activités syndicales et des augmentations salariales respectables, en rupture avec le gel salarial proposé par l’employeur dans sa dernière offre ».

        Les augmentations salariales obtenues chaque 1er mai sont de 2 % en 2015, 1,5 % en 2016, 1,75 % en 2017, 2 % en 2018 et 1,5 % pour chacune des trois prochaines années, soit 2019, 2020 et 2021. Notons que pour les deux dernières années, si la politique salariale gouvernementale (PSG) intègre une augmentation plus élevée que 1,5 %, l’entente prévoit le versement d’un montant forfaitaire qui comblera l’écart entre les deux. 

        « Le syndicat est heureux d’avoir pu obtenir l’équité dans les conditions de travail pour le campus de Saint-Jérôme. Ainsi, toutes les professeures et tous les professeurs qui assument des tâches de direction de modules de 1er cycle ou de programmes aux cycles supérieurs ont désormais droit à des dégagements et à des primes comparables à leurs collègues de Gatineau », de conclure la présidente du syndicat.

        Le SPUQO compte environ 250 membres affiliés à la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

         

         

        Le SPUQO et le SPS-UQO dénoncent l’incohérence de l’employeur

        Le Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais–CSN (SPUQO) et le Syndicat du personnel de soutien de l’UQO-CSQ (SPS-UQO) dénoncent l’incohérence de la politique salariale de l’Université du Québec en Outaouais.

        « La dernière offre salariale de l’employeur prévoit un gel salarial en 2019. La partie patronale justifie cette proposition en la liant à la politique salariale gouvernementale (PSG) qui, selon ses prétentions, aurait été acceptée par tous les groupes d’employé-es de l’UQO. Or, au-delà du 30 avril 2019, une seule convention collective sera en vigueur, soit celle des chargé-es de cours, de souligner Louise Briand, présidente du SPUQO. Il appert clairement que l’administration de notre université utilise la PSG comme bon lui semble, tout en imaginant que son application touche tous ses salarié-es alors qu’il n’en est rien. »

        Dans son Info-négo du 16 février dernier, relativement à la dernière offre déposée au SPUQO, l’employeur précise que l’offre salariale déposée par l’UQO respectait l’esprit de la politique salariale gouvernementale qui a préalablement été acceptée par tous les autres groupes d’employés de l’UQO, soit les employés de soutien, les professionnels, les étudiants salariés et les personnes chargées de cours, et qui est aussi appliquée au personnel-cadre.

        « Nous sentons que l’UQO tente déjà de nous imposer un gel salarial au-delà de l’échéance de notre contrat actuel de travail. En signant notre dernière convention collective, il est clair que nous n’avons jamais accepté un gel de salaire », de préciser Lynda Thibault, présidente du SPS-UQO.

        Des ententes négociées dans le passé ainsi que certaines récemment conclues dans le secteur universitaire en font preuve. À titre d’exemple, l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue a signé deux contrats de travail distincts avec ses professionnels et avec son personnel de soutien qui prévoient des augmentations salariales de 2 % par an au cours des cinq prochaines années. Rappelons également qu’en 2019, le gouvernement du Québec versera des augmentations de salaire importantes aux employé-es du secteur public, dans le cadre de la relativité salariale.

        À propos

        Le SPUQO compte environ 250 membres affiliés à la Fédération des professionnèles (FP–CSN). Le personnel de soutien de l’UQO regroupe 185 salarié-es occupant des postes bureaux, techniques et aides de métier représentés par le SPS-UQO, affilié à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

        Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 1400 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

        La CSQ représente plus de 200 000 membres, dont près de 130 000 dans le secteur public. Elle est l’organisation syndicale la plus importante en éducation et en petite enfance au Québec. La CSQ est également présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, du municipal, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.

         

        Un arbitre impartial doit trancher

        Vendredi dernier, à la demande du Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (SPUQO), le conciliateur a convoqué les parties à une 42e rencontre de négociation, qui a eu lieu aujourd’hui.

        « Le comité de négociation entretenait des espoirs de convenir, enfin, d’une entente de principe : or, nous avons été déçus. Il était toutefois nécessaire de tenir cette rencontre afin de vérifier la teneur des propos du recteur dans son communiqué du 16 février 2018 selon lesquels la demande d’arbitrage et le vote de grève de l’assemblée générale mettaient fin au processus de négociation et de conciliation entre l’UQO et le Syndicat des professeurs, de préciser Louise Briand, présidente du SPUQO. Dit autrement, nous avions le devoir de donner une ultime chance à la partie patronale de reconsidérer notre proposition de règlement du 6 février avant de conclure définitivement qu’une entente sur les clauses restantes était impossible. Bref, la rencontre d’aujourd’hui s’est malheureusement soldée par un échec. »

        Au terme de cette rencontre, le comité de négociation a déposé un projet de lettre d’entente visant à reconnaître la nécessité du recours à un arbitre impartial pour dénouer l’impasse entourant les clauses non réglées. Celui-ci pourra tenir compte des états financiers de l’UQO, de l’équité interne préconisée par l’UQO et de la rémunération des autres professeurs d’université.

        Le SPUQO a par ailleurs lancé une campagne #UnArbitreUQO visant à promouvoir l’arbitrage de différends comme solution à l’impasse actuelle. La campagne obtient un appui massif de la communauté étudiante.

        « Nous proposons également l’entrée en vigueur, dès le 16 mars 2018, des clauses sur lesquelles un accord a déjà été conclu. L’acceptation de la lettre d’entente par la direction de l’UQO entraînerait le dépôt, sans délai, du formulaire de demande d’arbitrage de différends auprès du ministère du Travail. Nous attendons une réponse de la part de la direction d’ici le 2 mars 2018 », de conclure madame Briand.

        Rappelons que les membres du SPUQO sont sans contrat de travail depuis le 1er mai 2015. Le SPUQO compte environ 250 membres affiliés à la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

        Le recteur Harrisson débouté par un arbitre

        Hier, en fin d’après-midi, l’arbitre de grief Robert L. Rivest a rendu sa décision en lien avec un grief déposé par l’Université du Québec en Outaouais qui contestait une résolution adoptée en assemblée générale par le Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais–CSN (SPUQO).

        Cette résolution adoptée par le SPUQO demandait à nos représentantes et à nos représentants à la commission des études (CÉ) ou au conseil d’administration (CA) de défendre les prises de positions adoptées par les professeures et professeurs en assemblée générale. Dans sa décision, l’arbitre rejette le grief patronal et précise que « le processus décisionnel menant à une résolution syndicale fait partie des activités internes de cette association accréditée, qui représente de façon exclusive les professeurs faisant partie de cette unité. L’employeur ne peut s’ingérer ou participer aux activités syndicales. »

        Au-delà du droit du syndicat d’adopter des résolutions, l’arbitre confirme le rôle des représentants dans les instances de l’université et mentionne que « rien n’empêche des administrateurs de suivre des instructions d’un tiers si celles-ci ne vont pas à l’encontre de la personne morale. […] En tentant de convaincre ses collègues du CA ou de la CÉ ou en exprimant sa dissidence pour appuyer la position du groupe dont il est issu, le professeur administrateur ne commet pas un acte de déloyauté envers l’institution universitaire. »

        « Le grief du recteur étant désormais rejeté, il nous faut maintenant régler l’article 3.17 de la convention collective afin de ne plus permettre à l’employeur de choisir lui-même les représentantes et les représentants des professeures et professeurs au sein des instances et comités de l’UQO », de conclure madame Briand, présidente du SPUQO

        Le SPUQO compte environ 250 membres affiliés à la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

         

         

        Les profs rejettent la contre-offre de l’UQO

        Aujourd’hui, en assemblée générale spéciale, les membres du Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais–CSN (SPUQO) ont rejeté à 71 % par voie de scrutin secret la contre-offre de l’administration de l’UQO déposée le 10 février dernier.

        « Nous avons rejeté cette contre-offre de l’administration parce que nous refusons de sacrifier la démocratie syndicale, l’équité de traitement entre les professeures de Saint-Jérôme et de Gatineau, l’insertion professionnelle des nouveaux professeurs, le recours à la justice face aux atteintes par l’administration de l’UQO au Code du travail et le traitement salarial méprisant qui ferait de nous les professeurs les moins bien payés du réseau de l’Université du Québec. Nous considérons cette dernière offre dérisoire, irrespectueuse du travail des professeurs et de la réalité de la communauté universitaire tout entière », de déclarer Louise Briand, présidente du SPUQO.

        Le 7 décembre 2017, l’administration a déposé une offre massivement rejetée par les professeurs lors de leur assemblée générale du 19 décembre 2017. Le 6 février dernier, le SPUQO a présenté une offre de règlement qu’il jugeait tout à fait raisonnable, respectueuse des réalités de l’UQO et des professeurs, comportant d’importantes concessions. Le 10 février, l’administration de l’UQO déposait une contre-offre.

        « Les membres du SPUQO ont également voté à 71 % afin de soumettre leur proposition du 6 février dernier à un arbitre du ministère du Travail. Nous attendons la réponse de l’administration à ce recours impartial et raisonnable. Si toutefois l’administration persistait dans son refus d’agir en toute bonne foi afin d’assurer un règlement satisfaisant pour les professeures et professeurs, les membres du SPUQO intensifieront leurs moyens de pression en conséquence. À cet égard, les membres du SPUQO ont adopté une résolution de grève générale si aucune entente de principe n’est convenue d’ici le 10 mars prochain ou si l’université n’a pas signé le formulaire prescrit par le ministère du Travail afin d’obtenir la nomination d’un arbitre de différend à la même date », de préciser madame Briand.

        « Après trois ans de négociations empreintes de tergiversations, les professeures et professeurs de l’UQO restent mobilisés pour le développement de leur université et assurent les communautés desservies par l’UQO que nous sommes engagés à titre de partenaires du développement régional », de conclure la présidente du syndicat.

        La convention collective des membres du Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais est échue depuis le 1er mai 2015. Les négociations avec l’administration de l’UQO ont débuté le 20 novembre 2015 et se sont déroulées devant un conciliateur du ministère du Travail depuis le 21 décembre 2016.

        Le SPUQO compte environ 250 membres affiliés à la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

        Second débrayage pour les profs de l’UQO

        Ce matin, entre 8 h 30 et 11 h 30, les membres du Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (SPUQO–CSN) débrayeront une seconde fois sur les deux principaux campus de l’UQO.

        « La séance de conciliation du lundi 22 janvier n’a pas permis de surmonter l’impasse dans laquelle les négociations se trouvent depuis le 7 décembre 2017. Notre comité de négociation avait invité le recteur à être présent à cette séance afin de boucler cette négociation qui traîne depuis près de trois ans, mais ce dernier ne s’est tout simplement pas présenté. Conséquemment, nous exercerons à nouveau notre moyen de pression ultime, conformément au mandat de l’assemblée générale du 19 décembre dernier. Plus que jamais, nous sommes déterminés à obtenir un règlement satisfaisant, et ce, dans les meilleurs délais », de préciser Louise Briand, présidente du SPUQO.

        Le syndicat est toujours d’avis que le recteur se traîne les pieds et ne démontre aucune volonté à régler la nouvelle convention collective.

        Après le piquetage devant le pavillon Alexandre-Taché, les membres du SPUQO-CSN ont marché jusqu’au pavillon Lucien-Brault.

        « Le porte-parole de l’UQO aura beau répéter dans les médias que l’offre salariale aux professeures et professeurs doit respecter le cadre financier de l’UQO, il semble que le recteur Denis Harrisson soit plus préoccupé à investir dans le béton et la brique, plutôt que dans l’offre de cours et dans la consolidation des programmes déjà existants. Lors d’une rencontre spéciale du conseil d’administration de l’UQO avant-hier, deux points étaient à l’ordre du jour : les négociations avec les profs et les chargé-es de cours et un nouveau projet de développement immobilier de 47,5 millions $, dont une partie serait financée par le fonds de fonctionnement. Or, le fonds de fonctionnement doit être destiné à l’enseignement et à la recherche. Pour nous, adopter un tel projet en pleine négociation constitue de la pure provocation. Il s’agit d’une manifestation de la plus grande indifférence du recteur à l’égard des membres de la communauté universitaire », de souligner Stéphanie Demers, vice-présidente du SPUQO.

        D’autres débrayages sont prévus et une autre assemblée générale syndicale aura lieu dans la semaine du 12 février 2018.

        Le SPUQO compte environ 250 membres affiliés à la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

        Le recteur refuse l’invitation du SPUQO

        Vendredi soir dernier, ​le comité de négociation du Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (SPUQO) a sollicité la présence du recteur Denis Harrisson à la table de négociation de ce lundi le 22 janvier 2018. Cette invitation, qu’il a refusée, fut lancée considérant que lui seul dispose des pouvoirs requis pour dénouer l’impasse dans laquelle se trouvent actuellement les discussions en vue du renouvellement de la convention collective entre l’UQO et le SPUQO.

        « Nous en étions aujourd’hui à la seconde journée de conciliation sur les deux que nous avions demandées. Nous avons invité le recteur à participer personnellement à cette rencontre puisque lors de la séance du 15 janvier dernier, les représentantes et représentants de la partie patronale n’avaient pas reçu le mandat de répondre à la contre-proposition que nous lui avons présentée. Seul le recteur peut véritablement donner ce mandat, d’où cette invitation que nous lui avons envoyée.  Malheureusement il a refusé notre invitation », de déplorer Louise Briand, présidente du SPUQO.

        La rencontre de conciliation du 22 janvier 2018 s’est donc déroulée sans la présence du recteur. La journée fut un échec total puisque l’employeur revient à l’essentiel de sa position qui fut déjà rejetée par l’assemblée générale à 85 % à scrutin secret.

        Suite à l’échec de la conciliation, le syndicat réitère son appel au recteur. Selon Louise Briand, « le recteur est l’ultime espoir afin que le renouvèlement de la convention collective puisse se faire sans conséquences négatives pour l’UQO, les professeures et professeurs et les étudiants. »

        Des actions et débrayages sont prévus et une autre assemblée générale syndicale aura lieu prochainement. Les membres du SPUQO sont sans contrat de travail depuis le 1er mai 2015.

        Le SPUQO compte environ 250 membres affiliés à la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

        Le recteur Denis Harrisson pousse les profs à la grève

        Ce matin entre 8 h 30 et 9 h 30, les membres du Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (SPUQO) ont exercé leur droit de grève, contredisant ainsi les prétentions du recteur Denis Harrisson. Celui-ci avait annoncé sur le site de l’UQO que l’arrêt de travail d’une heure prévu ce matin pouvait ne pas se concrétiser tellement une entente était envisageable.

        « Lundi dernier, lors de la première de deux séances de conciliation que nous avons demandées, l’équipe patronale n’avait pas le mandat de répondre à la contre-proposition que nous lui avons présentée. De toute évidence, l’employeur n’a pas pris acte du vote de notre assemblée générale tenue le 19 décembre dernier, qui a rejeté la dernière offre patronale, et du second scrutin qui nous donnait la possibilité de déclencher 10 heures de grève au moment jugé opportun », de déclarer Louise Briand, présidente du SPUQO.

        La ligne de piquetage au Campus de Saint-Jérôme

        Le syndicat est d’avis que le recteur n’a pas démontré de volonté à régler la nouvelle convention collective même si les membres du SPUQO sont sans contrat de travail depuis le 1er mai 2015.

        « Au lieu de valoriser le travail académique qui figure au cœur de la mission de l’UQO, le recteur mise sur le développement immobilier. Au cours des six dernières années, ce sont 15,5 millions de dollars du budget destiné à l’enseignement et au soutien à la recherche qui ont servi à financer de la brique et du béton. En pigeant dans le budget de fonctionnement de la sorte, il a préconisé une compression des dépenses vouées à l’enseignement et à la recherche, une réduction de l’offre de cours, une suppression du soutien aux stages et une diminution du soutien au développement des programmes de recherche. Ce manque de vision menace directement les deux objectifs de négociation que nous avons formulés dès l’automne 2015, soit le développement de l’UQO et la consolidation des programmes existants. Visiblement, et contrairement au recteur, nous sommes déterminés à tout mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs », de conclure la présidente du syndicat.

        La prochaine séance de conciliation aura lieu le 22 janvier prochain. D’autres débrayages sont prévus et une autre assemblée générale syndicale aura lieu dans la semaine du 12 février 2018.

        Le SPUQO compte environ 250 membres affiliés à la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

        Les profs de l’UQO déclencheront la grève

        Sans contrat de travail depuis le 1er mai 2015, le Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (SPUQO) déclenchera la grève le 17 janvier prochain si aucune entente satisfaisante n’est obtenue d’ici là.

        « À l’automne 2015, les membres du SPUQO ont adopté un cahier de demandes ciblant deux objectifs fondamentaux : le développement de l’UQO et la consolidation des programmes existants. L’ensemble de nos revendications visent essentiellement à favoriser l’attraction et la rétention des professeures et des professeurs en région et à leur donner les conditions nécessaires pour remplir leur mission d’enseignement, de recherche et de services à la collectivité », de préciser Louise Briand, présidente du SPUQO.

        Rappelons que le 19 décembre 2017, les membres du SPUQO ont adopté à 75 % le tout premier mandat de grève de leur histoire. Celui-ci prévoit une banque de dix heures de grève à déclencher au moment jugé opportun. Une autre assemblée générale est prévue dans la semaine du 12 février 2018.

        « Nos demandes salariales sont justifiées, claires et visent la reconnaissance équitable de la valeur de l’ensemble des tâches que nous accomplissons chaque jour. Nous savons que nos conditions de travail influencent directement l’accessibilité aux études supérieures, les conditions d’étude et la contribution de la recherche universitaire au développement de nos régions. Puisque le travail professoral réalisé à l’UQO vaut autant que celui effectué à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) par exemple, nous voulons simplement obtenir la parité salariale avec les universités équivalentes du réseau de l’Université du Québec. Les citoyens des régions de l’Outaouais et des Basses-Laurentides méritent les mêmes services universitaires que les gens du Saguenay–Lac-Saint-Jean », de souligner madame Briand.

        Le SPUQO compte environ 250 membres affiliés à la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

        Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

         

         

        Les profs de l’UQO adoptent un mandat de grève historique

        Pour la première fois de leur histoire, lors de leur assemblée générale, les membres du Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (SPUQO) ont adopté à 75 %, par voie de scrutin secret, un mandat de grève historique, assorti d’une banque de dix heures à exercer au moment jugé opportun, à compter du 8 janvier 2018.

        « Depuis une trentaine de mois, les professeures et les professeurs tentent de s’entendre avec un employeur qui cultive une forme d’inertie et qui sème une totale incompréhension de ses objectifs. Nous avons tenté de raisonner avec la partie patronale à plusieurs reprises sur l’importance d’offrir des conditions de travail qui sont nécessaires au développement de l’UQO. En ce sens, nous trouvons aberrant que les dernières offres ne contiennent aucune aide à la recherche et que les professeures et professeurs du campus de Saint-Jérôme soient complètement ignorés par la direction », de souligner Louise Briand, présidente du SPUQO.

        « Relativement à nos demandes salariales, notre objectif demeure clair : nous voulons obtenir une rémunération compétitive et comparable à celle qui est actuellement versée dans des universités équivalentes du réseau de l’Université du Québec. Nous aurions pu nous comparer à l’Université d’Ottawa, ce qui aurait été déraisonnable. Or, bien au contraire, nos demandes sont fondées et réalistes et voilà pourquoi nous avons décidé d’exercer notre moyen de pression ultime. Nous comptons donc régler cette négociation dès le mois de janvier, juste avant de revoir nos membres au cours de la semaine du 12 février », de conclure madame Briand.

        Sans contrat de travail depuis le 1er mai 2015, le SPUQO compte environ 250 membres affiliés à la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

        Les sages-femmes manifestent

        Plusieurs dizaines de sages-femmes, accompagnées par des mères et des familles, se sont déplacées des quatre coins du Québec pour aller manifester à l’hôtel Plaza de Montréal où le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, donnait une conférence devant la Chambre de commerce de Montréal. Fait ironique, la conférence de Monsieur Barrette s’intitulait Amélioration et innovation dans le réseau de la santé. Sur le trottoir, les sages-femmes, elles, scandaient ceci : « Depuis 2015, la négo tourne en rond. On est à boutte. »

        La présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Ginette Langlois, est outrée. « Les sages-femmes sont des professionnelles de première ligne dans le réseau de santé au Québec. Un accouchement avec une sage-femme engendre d’immenses bénéfices à tous les points de vue. Elles offrent une approche globale et sont disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Leur accompagnement tout au long de la grossesse, de l’accouchement et du postnatal améliore la santé mère-enfant, notamment par la diminution des interventions évitables. De plus, fait non négligeable, elles permettent à l’État québécois de réaliser des économies substantielles. Pourquoi doivent-elles se battre avec Gaétan Barrette pour avoir une juste reconnaissance ? »

        Des demandes laissées lettre morte
        « Nous avons exprimé des demandes très légitimes au gouvernement pour mieux nous soutenir dans plusieurs aspects de notre travail. Ces demandes concernent notamment l’amélioration du forfait de garde, les frais de déplacement et certaines primes diverses, par exemple celle qui vise à favoriser les services aux populations du Grand Nord. Or, nous n’avons encore discuté d’aucune de ces demandes. Ça n’a pas de sens. Et comme si ce n’était pas assez, il reste fixé à son idée de mener une négociation à coût nul. En d’autres mots, il ne veut pas mettre une cenne dans notre négociation. Notre patience a des limites et celle des femmes et des familles qui font appel à nos services aussi », a souligné Marie-Pier Mainville, l’une des porte-parole du Regroupement Les Sages-femmes du Québec (RSFQ) qui participe à la table de négociation.

        Des surplus de 4,5 milliards et pourtant
        « Le gouvernement trouve toutes les raisons possibles et inimaginables pour retarder une entente avec les sages-femmes, comme il l’a fait avec de nombreux groupes de travailleuses et de travailleurs du secteur public. Pourquoi autant d’obstination? Gaétan Barrette se fait intraitable et refuse aux sages-femmes toute concession sur le plan financier. Faut-il rappeler que les libéraux ont accumulé des surplus gargantuesques de quelque 4,5 milliards, notamment avec leur politique d’austérité? Les sages-femmes font partie de la solution pour améliorer le système de santé et de services sociaux du Québec. Il est temps que le docteur Barrette s’en rende compte », a conclu la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CSN), Dominique Daigneault.

         

        La suppression de 100 postes dénoncée

        Des membres du Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux (SPTSSS-CSN) ont interpellé, ce soir, le conseil d’administration du CIUSSS de la Capitale-Nationale sur les suppressions de plus de 100 équivalents temps complet (ÉTC) annoncées à la fin du mois de septembre. « Quelles mesures le CA a-t-il pris pour s’assurer de conserver l’intégrité des services ? Quelles représentations ont été faites au ministère pour en assurer la qualité ? », demande Danny Roy, président du syndicat.

        Dans les prochaines semaines, le syndicat entend déposer une requête en Accès à l’information pour connaître les détails des coupes. « Actuellement, la direction est très opaque et refuse de communiquer un plan précis, ce sont les équipes locales qui nous informent des coupes au fur et à mesure qu’elles sont annoncées », dénonce Danny Roy. Le syndicat exige d’avoir l’information complète, comme c’est prévu dans la convention collective, et entend poursuivre ses représentations pour faire reculer les autorités sur les suppressions de postes. « Nous, ce que nous défendons, c’est la qualité des services à la population », déclare le syndicaliste.

        Mission menacée
        Selon les informations disponibles, quelque 66 équivalents temps complet (ETC) de professionnèles, de techniciennes et de techniciens seront abolis au CIUSSS de la Capitale-Nationale d’ici le 1er avril 2018. Selon les informations disponibles, on parle autant de psychologues que d’éducateurs spécialisés, d’hygiénistes dentaires que de travailleurs sociaux. Le gouvernement prétend assurer les services à la population et favoriser le maintien à domicile aussi longtemps que possible, or en coupant comme il le fait actuellement, il est difficile d’imaginer y arriver.

        « La situation en organisation communautaire illustre bien les menaces qui pèsent sur la mission globale du CIUSSS », explique Danny Roy. « Selon les données fournies par nos membres, on va supprimer 3 postes d’organisation communautaire sur 30, c’est 10 %. Comment le CIUSSS va-t-il assurer sa responsabilité populationnelle ? Le CIUSSS a la responsabilité de la prise en charge de la santé globale des gens, de soutenir les initiatives de la communauté, or, c’est un travail de longue haleine, qui demande d’établir des liens de confiance, c’est ça que l’on fragilise en supprimant des postes d’organisation communautaire. »

        Santé psychologique
        Les suppressions de postes, camouflées en « mesures d’optimisation », sont justifiées par un déficit apparu durant l’année au CIUSSS de la Capitale-Nationale. « On nous explique que le taux d’assurance salaire a augmenté durant la dernière année, ce qui a creusé un déficit et obligé la direction à faire des coupures. C’est un véritable cercle vicieux, pour pallier au problème financier qui est directement causé par la surcharge de travail. On coupe des postes, ce qui risque d’aggraver le problème », explique François Proulx-Duperré, vice-président à la santé et sécurité au travail. « Qu’est-ce que le CA va faire concrètement pour protéger les travailleuses et les travailleurs et mettre fin à l’hécatombe ? », se demande le syndicaliste qui souligne par ailleurs les problèmes de recrutement et de rétention du CIUSSS.

        Prise de parole collective
        Les représentantes et représentants du syndicat étaient accompagnés par une cinquantaine de personnes professionnelles et techniciennes à l’emploi du CIUSSS. Le SPTSSS a déployé dans la salle du conseil un dazibao composé d’une douzaine de bannières recueillant les doléances et commentaires des syndiqué-es en lien avec les coupures. Plus de 300 personnes ont pris la peine d’écrire un commentaire sur l’une des bannières qui ont circulé dans les milieux de travail durant les dernières semaines. « Le dazibao c’est le moyen qu’on a pris pour que les gens s’expriment sans crainte de représailles, parce que là on ne les écoute plus et on les bâillonne », explique Danny Roy. Les inquiétudes sont largement partagées dans le milieu comme en fait foi une lettre-pétition, enjoignant le ministre Barrette à reculer sur les coupures, signée par plus de 1 000 membres du syndicat.

        À propos du SPTSSS-CSN
        Le SPTSSS-CSN représente les 4 600 professionnel-les, techniciennes et techniciens du réseau de la santé et des services sociaux de la région de la Capitale-Nationale. Il est affilié à la Fédération des professionnèles (CSN), au Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN), qui représente 240 syndicats et plus de 45 000 membres dans tous les secteurs d’activités, et à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) qui représente 300 000 membres tant dans le secteur public que privé.

        Contre les violences sexuelles, l’implication des communautés est essentielle

        La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ), la Fédération des professionnèles (FP) et la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP) reconnaissent que la stratégie d’intervention présentée aujourd’hui par la ministre de l’Enseignement supérieur pour lutter contre les violences sexuelles sur les campus est un pas dans la bonne direction. Pour viser juste, la stratégie gouvernementale doit cependant respecter certaines conditions.

        Selon Caroline Quesnel, présidente par intérim et responsable du comité femmes de la FNEEQ-CSN, les directions d’établissements ne doivent pas imposer une politique concoctée derrière une porte close. Elles doivent agir en concertation avec tous les acteurs du milieu.

        « L’adoption par les établissements d’une politique de prévention des agressions à caractère sexuel doit impliquer l’ensemble de la communauté et les ressources financières doivent être récurrentes et à la hauteur des besoins », précise pour sa part, Louise Briand, vice-présidente du secteur universitaire de la FP. Le cégep de Sept-Îles et l’École de technologie supérieure, par exemple, sont confrontés à des réalités différentes. Pour les trois organisations, il est nécessaire d’en tenir compte.

        Les établissements doivent avoir la possibilité de développer un mécanisme à la fois adapté à leur milieu et suffisamment souple pour faire face aux différentes situations. À cet égard, l’expertise des groupes communautaires est précieuse et doit être mise à contribution tout en étant soutenue financièrement. Il faut rappeler que ces organismes ont subi d’importantes compressions budgétaires au cours des dernières années.

         « Ce n’est qu’à ces conditions, qu’une politique de prévention des agressions enverra un signal fort tant aux victimes qu’aux agresseurs », conclut Sylvie Tremblay, vice-présidente de la FEESP.

        La tournée régionale de consultation de la ministre avait aussi révélé l’importance d’intervenir en amont de l’enseignement supérieur afin de lutter efficacement contre la culture à l’origine des violences sexuelles. La FNEEQ, la FP et la FEESP espèrent que le projet de loi-cadre déposé dans quelques semaines sera cohérent et à la hauteur des défis à relever.

         La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec-CSN regroupe quelque 35 000 membres dans 46 cégeps, 39 établissements privés et 13 syndicats d’université. Elle est l’organisation syndicale la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec.

        La Fédération des professionnèles (FP) représentent plus de 8000 professionnèles, techniciennes et techniciens œuvrant dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des organismes gouvernementaux, des sociétés d’État, de l’éducation, des médecines non conventionnelles, de l’aide juridique, de l’employabilité, du développement régional, des organismes communautaires et des professionnèles autonomes.

         Fondée en 1947 sous le nom de Fédération des employés municipaux, la Fédération des employées et employés de services publics compte plus de 425 syndicats affiliés représentant environ 60 000 membres oeuvrant dans le domaine des services publics et parapublics.

        Ces trois fédérations sont affiliées à la Confédération des syndicats nationaux.

        Attaque frontale contre la présidente du SPUQO

        La présidente du Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (SPUQO), Louise Briand, a été la cible d’une attaque frontale de la part du Comité de gouvernance et de déontologie de l’UQO. Le Comité cherche vraisemblablement à faire taire l’une des principales critiques de la direction de l’UQO.

        En effet, la professeure Briand fait l’objet d’une plainte, anonyme, qui a été logée auprès du Comité de gouvernance et de déontologie du conseil d’administration de l’UQO le 4 mai 2017. Le Comité s’est rencontré le 15 mai 2017 pour analyser la plainte de manière préliminaire et, sans même avoir entendu la professeure Briand, le Comité a conclu que la plainte était recevable et il a accédé à la demande de la personne plaignante de relever provisoirement la professeure Briand de ses fonctions « le temps nécessaire pour examiner la situation et prendre la décision appropriée ». La décision du comité peut aller jusqu’à demander au Conseil des ministres de révoquer son mandat.

        Cela fait craindre le pire pour l’indépendance et la transparence de l’administration de l’université. « Il faut dire que comme comptable et représentante du corps professoral, je questionne les choix budgétaires de la direction de notre université, je confronte certaines orientations qui vont à l’encontre de la mission de notre institution. Cela semble déranger, souligne Louise Briand, membre du conseil d’administration de l’UQO et présidente du SPUQO ».

        Il s’agit donc d’une tactique pour faire taire les voix discordantes au sein de l’UQO, ce qui est dangereux pour l’institution. Conséquemment, le conseil exécutif du SPUQO demande à la ministre David d’intervenir pour rappeler le conseil d’administration de l’UQO à l’ordre.

        La situation illustre un problème qui dépasse cependant les frontières de l’UQO, estime Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles de la CSN, qui représente près de 1400 professeures et professeurs du réseau universitaire. « En effet, la composition actuelle des conseils d’administration, dont la majorité des voix sont accordées à la direction et à des membres externes cooptés par la direction, nuit à la sauvegarde de l’université comme bien public et en tant que fondement important de la société », souligne-t-elle.

        Il est utile de souligner que le conseil d’administration d’une constituante de l’Université du Québec compte seize personnes, soit trois cadres, sept membres externes cooptés par la direction et six membres internes (trois professeures, professeurs, deux étudiants et une personne chargée de cours). Les groupes « soutien » et « professionnel » ne sont pas représentés au conseil d’administration en vertu de la Loi sur l’Université du Québec.

        Les faits
        La professeure Briand a été élue par les professeures et professeurs de l’UQO en 2013 et réélue en 2016, pour siéger au conseil d’administration de l’université. Son mandat vient à échéance en 2020 mais il pourrait être écourté si le Comité de gouvernance et de déontologie décide de demander sa révocation.

        Le Comité est formé de trois personnes. Deux membres du Comité de gouvernance et de déontologie ont voté l’expulsion de Louise Briand de la séance du conseil d’administration du 24 avril 2017. « Il y a lieu de se questionner sur l’impartialité de ces personnes », estime Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles de la CSN.

        Selon la plainte, Louise Briand se serait comportée de « manière irrespectueuse, condescendante et abusive » lors des points traitant du budget de fonctionnement pour l’année universitaire 2017-2018, du plan des effectifs et des critères d’embauche au département des sciences comptables. La professeure Briand aurait mis un membre de la direction « dans l’embarras » en posant des questions et elle aurait créé un « malaise au sein du conseil ».

        « Sommes-nous rendus au point où les membres des conseils d’administration ne servent qu’à avaliser les plans de la direction sans les questionner? », se demande Ginette Langlois. « Cette pratique, qui semble empruntée au secteur privé, n’a pas sa place dans une institution d’enseignement supérieur. Nous avons discuté abondamment de cette situation lors des États généraux sur l’enseignement supérieur qui se sont tenus la semaine dernière. Il semble que le problème soit généralisé dans le réseau universitaire. Cela est très inquiétant. »

        Lors de la séance du conseil d’administration du 24 avril 2017, les membres du conseil d’administration ont voté, à la majorité, pour exclure Louise Briand pour le traitement d’un point touchant aux critères d’embauche au département des sciences comptables, prétextant qu’elle était en situation de « conflit de rôles ». La notion de « conflit de rôles » n’existe pas dans la Loi sur l’Université du Québec, ni dans la réglementation qui en découle. Ce vote d’exclusion de la séance du 24 avril 2017, fondé sur une notion inventée, vise d’abord et avant tout à faire taire une voix dérangeante.

        D’autres racines probables du projet de révocation
        Depuis 2008, la professeure Briand participe aux travaux du Comité sur le financement des universités de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU). En 2013, ce comité a mis au jour une stratégie budgétaire, mise en œuvre par un grand nombre de directions universitaires, qui consiste à utiliser des fonds destinés au fonctionnement pour effectuer des investissements dans les immobilisations (http://bit.ly/2qLvyws). La direction de l’UQO a utilisé cette stratégie et les chiffres sont alarmants : de l’année 2011-2012 à 2015-2016, ce sont plus de 25 millions de dollars du fonds de fonctionnement qui ont été transférés dans la « brique et le béton ».

        Concrètement, les données observées montrent que des acquisitions d’immobilisations sont faites au détriment du soutien à l’enseignement, de l’offre de cours, du développement de nouveaux programmes et de l’appui à la recherche. En somme, les chiffres traduisent un désinvestissement dans les ressources humaines – le personnel de soutien et professionnel, les personnes chargées de cours et les professeures et professeurs -, qui sont requises pour soutenir la mission universitaire et pour assurer la formation, l’encadrement et les services aux étudiantes et étudiants.

        Une campagne de soutien
        La Fédération des professionnèles de la CSN, à laquelle est affilié le SPUQO, lancera aujourd’hui une campagne d’appui visant le maintien de Louise Briand au sein du conseil d’administration de l’UQO, ainsi que la dénonciation des actes d’intimidation auxquels elle fait face par des membres du conseil d’administration. La liberté de parole, la collégialité et la représentation de la communauté universitaire dans les instances sont en péril et elles doivent être défendues.

        La Fédération des professionnèles de la CSN représente plus de 8000 professionnels et techniciens dont près de 1800 professeures, professeurs et professionnel-les dans les universités.

        SOURCE Fédération des professionnèles (FP-CSN)

        Le SPUQO appuie unanimement la plainte de négociation de mauvaise foi déposée par son comité de négociation

        Aujourd’hui, lors de leur assemblée générale annuelle, les membres du Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais ont adopté unanimement une résolution d’appui à leur comité de négociation qui a déposé, le 21 avril dernier, une requête en vertu de l’article 53 du Code du travail demandant au Tribunal administratif du travail (TAT) de statuer sur la mauvaise foi de l’employeur dans le cadre de la négociation actuelle.

        « Depuis 21 mois, nous tentons de nous entendre avec un employeur qui ne fait pas preuve de diligence et qui multiplie les fausses promesses de déposer ses offres globales. De notre avis, celui-ci n’a pas démontré son désir d’en arriver rapidement à une entente en refusant de déposer ses offres globales. Contre toute logique, il nous demande même d’abandonner toutes nos demandes sur les clauses normatives sans nous divulguer celles ayant des incidences monétaires », de déplorer Louise Briand, présidente du SPUQO.

        « Pour la première fois de son histoire, la direction de l’UQO a confié le mandat de négocier à un cabinet d’avocats externe à l’institution. Nous sommes alors en droit de nous demander si la mauvaise foi de l’employeur est liée à la porte-parole patronale, Isabelle Carpentier-Cayen, ou au refus obstiné de Denis Harrisson, recteur de l’UQO, de donner un réel mandat à son comité de négociation pour en arriver à un règlement », de conclure madame Briand.

        Sans contrat de travail depuis le 1er mai 2015, le SPUQO compte environ 250 membres affiliés à la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

        Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

         

         

         

         

        Le SPUQO se réjouit de l’annonce de la ministre Stéphanie Vallée  d’octroyer une subvention pour la création de l’Observatoire du développement de l’Outaouais

        Le Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais se réjouit de l’annonce faite par la ministre de la Justice et responsable de la région de l’Outaouais, madame Stéphanie Vallée, d’octroyer une subvention de 123 200 $ pour soutenir la création de l’Observatoire du développement de l’Outaouais (ODO).

        L’ODO est une initiative de professeurs du département des sciences sociales : il avait fait l’objet le 17 février dernier d’une journée de réflexion qui a réuni plusieurs acteurs de la région. Le vif intérêt qu’il soulève auprès des actrices et des acteurs la communauté de l’Outaouais et l’annonce d’aujourd’hui rappellent le rôle essentiel des professeures et professeurs dans le développement de l’UQO et de sa communauté régionale.

        L’ODO constitue un outil important pour l’évolution de la recherche en développement territorial à l’UQO. Grâce à l’ODO, les municipalités de l’Outaouais pourront désormais compter sur un mécanisme privilégié pour soutenir leur développement social et économique.

        Affilié à la Fédération des professionnèles (FP–CSN), le SPUQO compte environ 250 membres.

        Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

        La direction de l’université fait diversion et joue la carte de l’intimidation

        Le 21 mars dernier, le Syndicat des professeures et professeurs de l’UQO (SPUQO) a tiré la sonnette d’alarme en informant la communauté que la direction de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) cherchait à réduire son offre de cours au trimestre d’automne 2017. En entrevue avec le journaliste Louka Jacques sur les ondes de Radio-Canada Première, le porte-parole de l’UQO, monsieur Gilles Mailloux, a réfuté les affirmations du SPUQO et a affirmé qu’au contraire, il y avait une augmentation de l’offre de cours.

        « Données factuelles à l’appui, le SPUQO constate que les propos de monsieur Mailloux détournent notre attention de l’enjeu mis en lumière par notre syndicat puisque l’offre de cours dont il a fait mention durant cette entrevue touche à l’année universitaire 2016-2017 ainsi qu’aux années antérieures. Or, les pressions récemment exercées sur les responsables de programmes et de modules visent à réduire l’offre de cours  du trimestre d’automne 2017 », de préciser Louise Briand, présidente du SPUQO.

        « Le SPUQO a également appris que l’UQO n’honorera pas ses engagements à l’égard de tous les étudiants et étudiantes qui doivent réaliser leur stage dans le cadre de leur programme, et ce, malgré l’obligation d’offrir des milieux de stage, de fournir l’assistance et l’encadrement nécessaires prévus à la Politique institutionnelle des stages », de poursuivre madame Briand.

        Une communication intimidante

        Enfin, le SPUQO a appris qu’au lieu de reculer sur ses demandes, la direction a plutôt choisi de jouer la carte de l’intimidation en transmettant un courriel aux responsables de programmes intitulé Moyenne d’étudiants par groupe cours : « À titre de professeurs responsables des modules et des programmes, vous avez accès à des informations privilégiées qui vous permettent d’exercer vos fonctions. Ces informations, nous vous le rappelons, sont confidentielles, vous ne pouvez pas en faire usage à des fins autres que celles prévues pour l’exercice de vos fonctions. Le partage de ces dernières constitue une contravention au devoir de loyauté et de discrétion qui s’impose à vous à titre de responsables de programmes et de directeurs et directrices de modules. » Le SPUQO dénonce ce geste d’intimidation et salue le devoir de loyauté que les responsables des programmes affichent à l’égard de l’institution et des étudiantes et étudiants.

        « Le SPUQO exige de la direction qu’elle mette un terme à cette désinformation et aux manœuvres qui minent le climat de travail et d’études », de conclure la présidente du syndicat.

        Le SPUQO s’inquiète de l’offre de cours

        Au cours de la dernière semaine, le Syndicat des professeures et professeurs de l’UQO (SPUQO) a été alerté par des professeures et professeurs qui assument la responsabilité des programmes d’enseignement. Les responsables ont reçu des demandes pressantes de réduire le nombre de cours qui seront offerts au trimestre d’automne 2017, de transformer des cours conçus pour un apprentissage en classe en « supervision individuelle », de revoir la fréquence de l’offre de cours obligatoires et de réduire le nombre de cours optionnels.

        « Ces demandes auront un effet désastreux sur le parcours académique, sur les conditions d’apprentissage et sur la formation. L’expérience étudiante pourtant inscrite au cœur de la planification stratégique adoptée en 2016 par le conseil d’administration de l’UQO tournera au cauchemar étudiant si ces demandes sont mises en œuvre, de dénoncer Louise Briand, présidente du SPUQO. Nous estimons que cette réduction de l’offre incitera des étudiantes et des étudiants à poursuivre leur cheminement ailleurs qu’à l’UQO et réduira davantage les ressources financières disponibles pour celles et ceux qui persisteront. »

        « Les programmes que le corps professoral de l’UQO développe sont excellents. Ils attirent sans difficulté les meilleurs effectifs. Toutefois, depuis quelques années, la population étudiante admise dans nos programmes vit la désillusion : des cours obligatoires pour leur diplomation ne sont offerts qu’aux deux ans; le nombre des cours optionnels inscrits à l’horaire est restreint; des cours conçus pour être donnés en classe sont donnés en supervision individuelle et des cours s’offrent à de grands groupes ce qui, dans les deux cas, freine la possibilité des échanges nécessaires à des enseignements de qualité », poursuit madame Briand.

        En février 2017, le SPUQO a appris que la subvention générale du ministère de l’Enseignement supérieur a été majorée de 7,7 % pour l’année 2016-2017 et que le ministre Leitão avait rencontré « les recteurs le 20 décembre dernier afin de discuter « très franchement » d’un réinvestissement » (La Presse, 10 février 2017). Le SPUQO demande à la direction de faire marche arrière sur ses demandes et de reconnaître l’expertise des professeures et professeurs responsables des programmes dans la confection de l’offre de cours afin d’assurer un enseignement de qualité et une « expérience étudiante » heureuse.

        Affilié à la Fédération des professionnèles (FP–CSN), le SPUQO compte environ 250 membres.

        Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

        La FP–CSN dénonce le Council of Conservative Citizens of Canada (C4)

        La Fédération des professionnèles–CSN dénonce les menaces d’attaques à la bombe artisanale ciblant les communautés universitaires musulmanes de l’Université Concordia et de l’Université McGill revendiquées par le Council of Conservative Citizens of Canada (C4).

        « Peu importe le milieu où ces menaces sont proférées, elles sèment la terreur et elles marquent à jamais les gens qui sont visés. Nous sommes solidaires des étudiantes et des étudiants musulmans et, plus largement, de toute la communauté musulmane qui est de plus en plus la cible d’attaques inacceptables, et ce, depuis déjà trop longtemps, de marteler Louise Briand, vice-présidente, secteur universitaire, FP–CSN. Nous sommes particulièrement outrés par le fait que cette attaque survienne durant une semaine où la communauté musulmane de l’Université Concordia organisait des activités sociales de rapprochement ouvertes à toutes et à tous sur leur campus. Nous demandons aux directions universitaires de soutenir ces initiatives et de développer des activités pour faire connaître la contribution de ces communautés afin de mettre un terme à la stigmatisation et enfin déboulonner les préjugés à leur égard. »

        La FP compte parmi ses membres des personnes occupant un des plus larges éventails de disciplines et professions. Les syndicats qu’elle regroupe représentent plus de 8000 professionnèles, techniciennes et techniciens œuvrant majoritairement dans le secteur de la santé et des services sociaux, mais aussi dans les secteurs des organismes gouvernementaux, des sociétés d’État, de l’éducation, des médecines non conventionnelles, de l’aide juridique, de l’employabilité, du développement régional, des organismes communautaires et des professionnèles autonomes.

        Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

        La FP–CSN dénonce l’attitude de la direction de l’Université de Sherbrooke

        La Fédération des professionnèles–CSN appuie sans réserve le SPPUS, dénonce l’attitude de la direction de l’Université de Sherbrooke et lui rappelle que les professeures et professeurs méritent le respect.

        Conscient que l’Université était aux prises avec des contraintes financières importantes, le SPPUS a accepté au cours des dernières années de ne pas combler tous les postes de professeurs. Dans le cadre de la négociation actuelle, la demande du SPPUS de rétablir le plancher d’emploi a essuyé un refus net de la part de la direction.

        « Le plancher d’emploi dans une université, c’est une condition essentielle pour la réalisation de la mission de l’institution. Les professeures et les professeurs assurent diverses fonctions au sein d’une université : l’enseignement, la recherche et l’administration pédagogique. Lorsque le nombre de postes de professeurs est restreint, cela signifie que les diverses fonctions sont en péril, la recherche en particulier. La grève déclenchée par les professeures et professeurs est, sans contredit, un geste qui vise à protéger la mission de l’université », soutient Louise Briand, vice-présidente, secteur universitaire, FP–CSN.

        Les deux dernières semaines ont été le théâtre de gestes inacceptables de la part de la direction de l’Université : diffusion tendancieuse sur le site web institutionnel des demandes syndicales, reformulation des demandes patronales de manière à masquer les impacts sur la fonction professorale, interdiction d’accès aux campus, mise en demeure et menace de recours à des moyens légaux.

        La FP–CSN signale que la mission même de l’Université est au cœur de la négociation du SPPUS et elle rappelle que ce sont les professeures et professeurs qui en sont les principaux artisans. La FP-CSN demande à la direction de l’Université de Sherbrooke de négocier de bonne foi avec le représentant des professeures et professeurs.

        À propos
        La FP compte parmi ses membres des personnes occupant un des plus larges éventails de disciplines et professions. Les syndicats qu’elle regroupe représentent plus de 8000 professionnèles, techniciennes et techniciens œuvrant majoritairement dans le secteur de la santé et des services sociaux, mais aussi dans les secteurs des organismes gouvernementaux, des sociétés d’État, de l’éducation, des médecines non conventionnelles, de l’aide juridique, de l’employabilité, du développement régional, des organismes communautaires et des professionnèles autonomes.

         

        Les avocats de l’aide juridique appuient les juristes de l’État

        Le regroupement des avocates et des avocats de l’aide juridique du Québec, représenté par la Fédération des professionnèles de la CSN et la Fédération des avocats de l’aide juridique du Québec (FAAJQ) appuie les revendications des juristes de l’État, actuellement en grève, afin d’obtenir la parité avec les avocats agissant comme procureurs aux poursuites criminelles et pénales.

        Les avocates et les avocats de l’aide juridique partagent les principes de justice et d’équité qui animent leurs collègues à l’emploi de l’État québécois concernant leurs conditions de travail et leur rémunération. Par leur formation professionnelle, la fonction sociale qu’ils remplissent et l’importance de maintenir l’équilibre des parties dans une société de droit, les avocats et notaires représentant les pouvoirs publics méritent le même traitement que celui de leurs collègues œuvrant devant les tribunaux criminels.

        D’ailleurs, l’État reconnaît depuis près de trente ans la valeur équivalente des fonctions occupées par les juristes, les procureurs et les avocats de l’aide juridique en accordant aux trois groupes les mêmes conditions de rémunération. Le regroupement des avocats de l’aide juridique du Québec estime que c’est au gouvernement du Québec que revient la responsabilité de maintenir cet équilibre en accordant aux juristes un traitement juste.

        Photo : Thien | Creative Commons BY NC ND 2.0

        Les techniciennes en laboratoire de Sainte-Justine lancent leur offensive de campagne

        Les techniciennes et techniciens en laboratoire de l’Hôpital Sainte-Justine organisent la riposte face à la méga-centralisation des laboratoires à laquelle se prête le ministre Barrette par le projet Optilab, qui affecte directement les services à la population.

        Dans le cadre de la campagne Mon laboratoire médical, j’y tiens, ils procéderont dès le 12 janvier à de l’affichage à l’intérieur de l’établissement. Celui-ci prendra la forme de mosaïques d’employé-es interpellant le public, pancartes à la main, par des questions directes et très légitimes, notamment : Et l’impact sur les patients ? Et mon expertise avec les enfants ? Et les horaires intenables ? Et l’inquiétude des parents ?

        Ce volet de campagne se déploiera également sur les réseaux sociaux. Les employé-es de Sainte-Justine comptent ainsi montrer leur détermination à lutter contre le démantèlement en règle des services de laboratoires médicaux au Québec. On se demande bien quelles répliques le gouvernement pourrait leur donner. Parce que rien ne justifie le projet Optilab!

        Un manque de préparation qui inquiète

        À la suite d’une rencontre avec le ministère de la Santé et des Services sociaux sur l’implantation du projet Optilab, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) se dit inquiète face à l’absence de réponse concernant des éléments majeurs dans le déploiement du controversé projet. Selon la centrale, la question du transport et de la main-d’œuvre constituent des illustrations flagrantes de l’improvisation dans le dossier. « On laisse planer le mystère sur la nature publique ou privée de la gestion du transport des échantillons en évoquant la possibilité que le choix relève des 11 laboratoires serveurs. De plus, le moyen d’assurer la traçabilité des échantillons n’a toujours pas été identifié. Or, une standardisation s’impose pour garantir l’efficience dans les transferts des échantillons et dans la conservation de leur intégrité, partout au Québec. Seul le système public peut l’assurer », plaide d’entrée de jeu le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

        « Tout est très préliminaire concernant le transport des échantillons. À ce stade-ci, le gouvernement est encore en train d’analyser ce qui se fait à Héma Québec! Pourtant, il a mis le pied sur l’accélérateur pour implanter Optilab et multiplier les transferts d’échantillons. Mais le système de transport n’est toujours pas adapté, malgré les grandes distances parcourues! Cela présente un risque pour la santé de la population dont le gouvernement devrait se préoccuper », lance également le vice-président de la CSN.

        « Le ministère affirme que les employé-es sont le volet clé du projet Optilab. Mais on a plutôt l’impression du contraire avec le transfert de personnel et les abolitions de postes annoncées. Ce que dit le gouvernement ne se concrétise pas dans les faits et suscite plusieurs questionnements », souligne la vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), Nancy Corriveau.

        « Le ministre Barrette est en train de créer le chaos, s’inquiète la vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Mélissa Gaouette. Nous le répétons : un moratoire s’impose sur le déploiement du projet dans l’ensemble du territoire, le temps de procéder aux travaux et aux consultations requises. Il faut absolument s’assurer que le projet dans sa forme actuelle soit viable, ce dont on doute fortement. Sa mise en œuvre doit se faire en toute sécurité et en tout respect pour la population et les salariés des laboratoires. »

        Jean Lacharité rappelle finalement que la CSN est la seule organisation à avoir négocié la lettre d’entente numéro 7 établissant un comité paritaire syndical-patronal sur lequel siègent notamment trois technologistes. La centrale est également la seule à s’être dotée d’une structure élargie permettant aux employé-es du terrain de faire entendre leur voix. « À la CSN, nous tenons à ce que les personnes directement concernées par Optilab puissent participer activement aux discussions. Il faut éviter que tout ne soit concentré entre les mains des médecins, comme le souhaite le ministre Barrette », conclut-il.

         

         

        Le SPUQO salue la nomination de Denis Harrisson

        Le Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (SPUQO) salue la nomination de Denis Harrisson, recteur de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), au poste de président de l’Alliance pour la cause de l’enseignement supérieur en Outaouais (ACESO).

        « Dans son communiqué de presse du 15 décembre, monsieur Harrisson précise qu’il compte bien poursuivre le travail avec les membres de l’ACESO et tous [ses] partenaires afin de concrétiser le plan de rattrapage découlant du statut particulier octroyé par le gouvernement, de souligner Louise Briand, présidente du SPUQO. Il ajoute que, pour que notre région se développe à son plein potentiel, il est impératif que l’Outaouais dispose enfin d’une offre de programmes d’enseignement supérieur comparable à celle des autres régions du Québec, et ce, tant au niveau collégial qu’au niveau universitaire. »

        « Nous tenons à souligner notre entier appui à ce sujet au nouveau président de L’ACESO. À cet égard, nous le rencontrons justement à 13 h 30 aujourd’hui et nous sommes vraiment impatients de pouvoir travailler avec lui en ce sens, à titre de partenaire incontournable et privilégié. Puisque les professeurs de l’UQO développent et conçoivent tous les programmes universitaires qui sont offerts dans leur institution, il va de soi que nous sommes à même de pouvoir soutenir ces nobles objectifs que nous partageons depuis toujours », de conclure la présidente du SPUQO.

        L’ACESO a été créée en 2011 par la Table Éducation Outaouais. Sa mission : combler le retard de développement constaté en Outaouais, notamment en ce qui concerne l’offre de programmes d’enseignement supérieur, leur financement et leurs infrastructures. L’ACESO est un mouvement de mobilisation régional endossé par une centaine de partenaires locaux et régionaux, représentant plusieurs dizaines de milliers de personnes des milieux éducatif, économique, politique, social, culturel, sportif, associatif, fédératif et syndical.

        Affilié à la Fédération des professionnèles (FP–CSN), le SPUQO compte environ 250 membres.

        Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

         

        Des syndiqués invitent les militants libéraux à faire bloc contre Barrette

        Des syndiqué-es CSN provenant des régions du Montréal métropolitain, des Laurentides et de Lanaudière ont rendu visite aujourd’hui aux militantes et aux militants libéraux réunis en conseil général à Laval. Les travailleuses et travailleurs leur demandent de faire obstacle au gouvernement Couillard, et plus particulièrement au ministre Barrette, dans leur opération de destruction massive du réseau public de la santé et des services sociaux. Ils ont aussi décoché des flèches à l’endroit du gouvernement libéral au sujet de l’adoption du projet de loi 110 sur la négociation collective des employé-es municipaux.

        « Dans nos trois régions, c’est plus de 40 000 employé-es CSN qui subissent au quotidien les effets de la réforme Barrette et qui sont témoins des impacts négatifs sur les services à la population. On est en train de démanteler complètement les CLSC, des services de proximité qui ont pourtant fait leurs preuves, pour miser plus que jamais sur les GMF et les supercliniques, des entités à but lucratif, sous gestion privée. On retire ainsi des services de première ligne de proximité qui pourtant, devraient demeurer accessibles et universels », a dénoncé la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN), Dominique Daigneault.

        « Nos services de santé et nos services sociaux, ce ne sont pas des business. Nous avons à cœur le bien-être des gens et cela ne peut pas se résumer à des colonnes de chiffres. Avec le démantèlement des CLSC, les coupes dans la prévention et la santé publique, ou le projet Optilab, le gouvernement est en train d’imposer un modèle encore plus centralisé et éloigné de la population. Un modèle qui gravite de plus en plus autour des médecins et qui répond davantage à leurs besoins qu’à ceux des citoyennes et des citoyens. Nous ne voulons pas du modèle de Gaétan Barrette et il est hors de question que nous assistions passivement au saccage du réseau », a poursuivi le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

        Le vice-président de la CSN s’est aussi indigné d’autres attaques frontales du gouvernement Couillard envers l’ensemble des travailleuses et travailleurs québécois depuis son élection. « Ce gouvernement s’en prend aux syndiqué-es du secteur public et municipal pour faire des économies indécentes sur leur dos. Il a nié le droit de négocier des employé-es municipaux avec l’adoption du projet de loi 110 qui ouvre la porte à des lois spéciales pour décréter leurs conditions de travail. Son but était de briser leur rapport de force et de réduire leurs conditions de travail à son profit. On va continuer à le talonner, on lui en passe un papier! », a-t-il lancé.

        « Les travailleuses et des travailleurs des régions du Montréal métropolitain, des Laurentides et de Lanaudière peuvent compter sur la CSN pour défendre le système public de santé et de services sociaux et pour faire reculer le gouvernement sur l’ensemble de son œuvre. Gaétan Barrette et Philippe Couillard vont continuer à nous entendre, on vous le promet! », a conclu Dominique Daigneault.

         

        Le ministre Barrette s’entête à nier les effets des compressions budgétaires

        Pour la Confédération des syndicats nationaux (CSN), l’augmentation des rapports d’incidents et d’accidents au CHU Sainte-Justine est une nouvelle démonstration de l’effet des compressions budgétaires sur les soins donnés à la population. Mais plutôt que de saisir la balle au bond, le ministre Barrette préfère insulter le personnel du réseau de la santé et des services sociaux en niant la réalité.

        Une austérité qui se traduit par une augmentation des erreurs dans la prestation de soins

        Dans un reportage de Radio-Canada, nous apprenions l’augmentation des rapports d’incidents et d’accidents à l’unité des naissances du CHU Sainte-Justine. Face à cette nouvelle démonstration des effets de l’austérité imposée par le gouvernement Couillard, le ministre Barrette a eu pour seul réflexe de rejeter cet énième signal d’alarme. Rappelons que les professionnel-les en soins ont la responsabilité de remplir des rapports d’incidents et d’accidents lorsqu’intervient un problème dans la prestation de soins à la population. Il s’agit d’un devoir professionnel qui permet d’évaluer concrètement la performance de notre réseau.

        « Plutôt que de prendre acte du signal d’alarme lancé par les infirmières de Sainte-Justine, le ministre Barrette préfère nier la réalité. Quand les professionnel-les en soins nous indiquent qu’il y a plus d’erreurs, le rôle du ministre devrait être d’écouter et d’agir, pas d’insulter les infirmières ! En agissant comme il le fait aujourd’hui, il remet en cause le professionnalisme du personnel qui, jour après jour, prend soin de la population », lance Marie-Josée Tremblay, infirmière et vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS­–CSN).

        « C’est l’ensemble du personnel de Sainte-Justine qui est touché par les compressions budgétaires et la réforme Barrette. Les techniciennes et techniciens et les professionnel-les sont de plus en plus épuisés et leur charge de travail ne fait que s’accroître sans cesse. Le ministre Barrette a beau déplorer nos critiques, nous avons le devoir d’alerter la population sur les effets des compressions et nous continuerons de le faire », poursuit Nancy Corriveau, vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

        L’urgence d’agir pour les soins à la population

        En août dernier, la CSN est intervenue publiquement pour dénoncer le manque de personnel dans le département de néonatalogie du CHU Sainte-Justine. C’est maintenant dans l’unité des naissances que des problèmes surviennent aujourd’hui.

        « Visiblement, rien n’a été fait dans les derniers mois pour améliorer les soins aux patientes et patients. Combien de crises comme celle-ci devrons-nous vivre avant que le ministre réponde aux préoccupations légitimes du personnel ? Ce qui se passe à Sainte-Justine, c’est ce qui se passe partout au Québec. Il faut absolument augmenter le personnel pour répondre aux besoins de la population. Il est grand temps de réinvestir massivement dans les soins aux patients avant que les erreurs ne deviennent tragiques », conclut Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

        Entente de principe avec les professeurs de l’UQAM

        Après deux ans de négociations pour le renouvellement de leur convention collective, les membres du Syndicat des professeurs et professeures de l’Université du Québec à Montréal (SPUQ) ont accepté à 90 % l’entente de principe qui leur a été présentée en assemblée générale.

        Cette entente, qui survient après 65 séances de négociation, met fin à un conflit marqué par l’intransigeance et le manque de transparence de l’administration. En avril dernier, le corps professoral avait d’ailleurs exigé la démission du recteur et de deux vice-recteurs.

        De nombreux points d’achoppement entre la direction et le SPUQ avaient fait piétiner les négociations, malgré l’intervention d’une conciliatrice. Le corps professoral souhaitait renforcer le modèle participatif et démocratique de l’UQAM, créer de nouveaux postes de professeurs, soutenir la recherche et obtenir un rattrapage salarial par rapport aux autres universités québécoises, ce que refusait jusqu’à tout récemment l’administration de l’UQAM, qui proposait de nombreux reculs sur ces questions. L’entente permet un rattrapage salarial de 2 % en plus des hausses prévues dans la Politique salariale du gouvernement du Québec (PSG).

        SPUQ entente principe 005 14 octobre 2016-2

        La présidente du SPUQ, Michèle Nevert, explique les termes de l’entente de principe. Photo : Michel Giroux

         

        L’entente permet également d’augmenter le plancher d’emploi de 1155 à 1200 professeurs et de bloquer les nombreux reculs prévus dans le projet patronal. « L’atmosphère ne nous porte pas à crier victoire, a mentionné d’entrée de jeu la présidente du SPUQ, Michèle Nevert. Mais l’impression que nous avons, c’est d’avoir sauvé les meubles. Nous avons fait reculer la direction sur son projet de négociation. »

        Ce déblocage apparaît comme étant inattendu, compte tenu des grandes divergences entre les deux parties. Mais plusieurs événements ayant un impact sur la négociation sont survenus au cours des derniers jours. Notamment, les pressions exercées par le conseil syndical sur l’administration, ainsi que la nécessité de dialogue avec le corps professoral sur la décentralisation de l’UQAM ont permis de faire progresser la situation. La convention sera effective jusqu’en avril 2018.

         

        Les employés des centres jeunesse à bout de souffle

        Partout au Québec, les employé-es des centres jeunesse sont à bout de souffle et plongés dans une détresse importante causée par le travail. C’est notamment ce qui ressort d’une vaste consultation conduite auprès de quelque 2000 répondantes et répondants syndiqués à la CSN à travers le Québec.

        « Les résultats de cette consultation mettent en lumière les impacts du sous-financement dans le réseau des centres jeunesse. L’an dernier encore, celui-ci a épongé 20 millions en compressions qui ont affecté autant la pratique professionnelle que la qualité des services aux enfants et aux familles », souligne d’entrée de jeu le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

        L’enquête présente des constats et des chiffres alarmants. « Nous avons reçu de nombreux commentaires témoignant du découragement extrême des intervenantes et intervenants, qui déclarent ne pas être en mesure d’offrir des services adéquats aux enfants en difficulté et à leur famille en difficulté. C’est pourquoi nous avons décidé d’entreprendre cette consultation qui confirme ce que nous entendions sur le terrain », a affirmé la présidente du syndicat des travailleuses et travailleurs du centre jeunesse de Montréal, (FSSS–CSN) Sylvie Théorêt.

        Photo : Michel Giroux

        Photo : Michel Giroux

        La dure réalité
        Cette enquête nous apprend que seulement 5 % des intervenantes et intervenants estiment être en mesure de répondre adéquatement et en temps utile aux besoins de cette clientèle. Pour 71 % d’entre eux, les multiples formulaires à remplir et la saisie de notes constituent un obstacle majeur à la qualité de leur intervention. « Les compressions qu’on vit depuis de nombreuses années ont eu des répercussions sur tous les employé-es et ont aussi entraîné des coupes de postes au sein du personnel de bureau. Comment voulez-vous que les intervenant-es puissent offrir les services auxquels on s’attend d’eux quand ils sont toujours pris devant leur ordinateur pour pallier, entres autres, le manque de personnel administratif? », enchaîne Sylvie Théorêt.

        « La compilation des notes fait partie intégrante de notre travail, poursuit la vice-présidente du syndicat des employé-es du centre jeunesse de Laval (FSSS–CSN), Julie Hamilton. Or, le processus pour la prise de notes s’est beaucoup alourdi. Nous devons décortiquer chacune de nos interventions en de multiples actes et les expliquer dans les fins détails. Les guides et les formations qui nous sont offerts simplement pour savoir comment prendre ces notes illustrent la complexité de l’exercice », souligne-t-elle en ajoutant : « Par ailleurs, nous sommes prises à devoir accomplir une série de tâches qui ne concernent pas directement les interventions, comme les demandes de cartes d’assurance-maladie, la logistique reliée au transport. Ces tâches grugent une très grande partie de notre temps. »

        En outre, 70 % estiment que leur intervention sert plus à répondre aux cibles statistiques qu’à aider les familles. « Les intervenantes et intervenants ne fournissent pas. Pourtant, les jeunes en difficulté vivent des situations de plus en plus complexes qui combinent des problèmes de santé mentale, de toxicomanie et de violence. Déjà, le rapport du Vérificateur général du Québec 2009-2010 faisait état de la trop grande importance accordée aux tâches administratives, soit une moyenne de 55 % dans les centres jeunesses sondés à l’époque. Six ans plus tard, on constate que non seulement le problème persiste, mais les compressions libérales l’ont empiré », renchérit la vice-présidente de la Santé et des Services sociaux (FSSS–CSN), Mélissa Gaouette.

        Cet alourdissement des tâches crée donc une grande surcharge de travail et de l’épuisement professionnel : 84 % des personnes interrogées affirment effectuer des heures supplémentaires et 31 % soulignent que les difficiles conditions d’exercice de leur pratique les a forcées à prendre un congé de maladie. « On demande aux employé-es de faire toujours plus avec moins et ils sont épuisés. Plusieurs tombent comme des mouches ou bien quittent le réseau. Ceux qui restent ne disposent pas des ressources nécessaires pour bien exécuter leur travail », ajoute la vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Nancy Corriveau.

        2016-10-02_centre-jeunesse-3_CSN

        Photo : Michel Giroux

        « Une situation de crise sévit actuellement dans le réseau des centres jeunesse du Québec. Nous demandons au gouvernement la tenue d’États généraux afin de faire la lumière sur les problèmes dénoncés par celles et ceux qui œuvrent auprès des enfants vulnérables et de leur famille. Nous réclamons aussi un moratoire sur les coupes budgétaires dans les centres jeunesse ainsi qu’un réinvestissement majeur dans le réseau. La disette a assez duré : le gouvernement doit prendre ses responsabilités et réinvestir dans le réseau », conclut Jean Lacharité.

        Les pertes d’emplois, d’expertise et de qualité des services à la population confirmées

        Les inquiétudes de la CSN se confirment : le projet d’implantation d’Optilab aura pour conséquence de nombreuses pertes d’emplois partout au Québec ainsi qu’une diminution dans l’expertise et dans la qualité des services à la population.

        « C’est catastrophique, a laissé tomber le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. Comme on le craignait, le ministre est en train de se prêter à une supercentralisation des prélèvements en créant des laboratoires centraux (serveurs) et en conservant des laboratoires-dépanneurs périphériques qui ne s’occuperont que des cas très urgents. De l’improvisation mur à mur qui aura de graves répercussions sur la vie des gens. »

        Horizon dans les régions
        Les coupes touchent toutes les catégories d’emplois et tournent autour de réductions de 20 % des heures travaillées. Au Saguenay, 44 postes de techniciennes et techniciens seront coupés, pour un réaffichage de 8 postes au laboratoire serveur de Chicoutimi. Au Bas-Saint-Laurent, une diminution de 20 % des heures travaillées a été annoncée sur cinq ans. Dans les Laurentides, dans Lanaudière et à Laval, des coupes de 10 à 15 % ont été annoncées, ce qui fera passer de 540 à 412 postes. Sur la Côte-Nord, on dit qu’il est impossible de dresser le portrait des besoins en matière de ressources humaines. Encore une fois, de l’improvisation pure et simple.

        Photo : Clément Allard

        Photo : Clément Allard

        « La tendance est la même partout au Québec : le gouvernement est en train de se prêter à des coupes de postes, soit par des suppressions de postes occasionnels, des compressions d’heures directes ou encore par de l’attrition. Son plan est d’y parvenir sur une période d’au plus cinq ans. C’est odieux. Il est évident que les services à la population seront affectés », enchaîne la vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux, Mélissa Gaouette.

        « Le gouvernement n’est même pas en mesure de dire combien coûtera son système de mégalaboratoires, comment peut-il prétendre réaliser des économies ? De toute façon, on ne peut pas couper des heures pour tenter de sauver des millions et penser qu’il n’y aura pas d’impacts sur la qualité des services et l’expertise de la main-d’œuvre », enchaîne la vice-présidente de la Fédération des professionnèles, Nancy Corriveau.

        « On a déjà dénoncé à plusieurs reprises les distances considérables qu’auront à parcourir les échantillons prélevés, sans compter le trafic sur les routes, les travaux de construction, les intempéries. Le réseau a déjà été considérablement affaibli et désorganisé par la loi 10. La CSN est la seule à avoir un comité sur la main-d’œuvre en technologie médicale. Nous demandons au gouvernement d’imposer un moratoire sur Optilab, d’appliquer la lettre d’entente et de rencontrer la CSN pour discuter de cette réorganisation », conclut le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

        La CSN réagira aux annonces faites aux syndicats à la grandeur du Québec mercredi

        La CSN réagira demain aux annonces qui seront faites à des représentants syndicaux CSN de CISSS et de CIUSSS qui ont été convoqués un peu partout au Québec par les directions des établissements concernant l’implantation du controversé projet Optilab du ministre Barrette.

        « Nous craignons que cette rencontre ne vise à aller de l’avant avec la fusion des laboratoires médicaux et les transferts importants de personnel vers les mégalaboratoires », souligne Jean Lacharité, vice-président de la CSN et porte-parole de la campagne Ma place en santé.

        « De tels transferts risquent de provoquer de nombreuses pertes d’emplois, une perte d’expertise importante et une diminution de la qualité des services à la population. Le ministre Barrette lui-même écrivait, dans une lettre envoyée aux directeurs d’hôpitaux à la fin de l’année 2015, son scénario de centralisation importante, comme il l’appelait. Il y affirmait que du personnel devra être transféré vers les laboratoires serveurs et identifiait les ressources humaines comme une contrainte. Nous sommes sur le pied d’alerte et extrêmement préoccupés », enchaîne Jean Lacharité.

        La CSN dénonce le projet Optilab sur toutes les tribunes dans le cadre de la campagne Ma place en santé et demande un moratoire sur ce projet. En plus des pertes d’emplois, elle redoute les pertes d’expertise, les risques d’erreurs et les pertes d’échantillons, qui devront parcourir de longues distances.

        Le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, la vice-présidente de la Fédération de la Santé et des Services sociaux (FSSS-CSN), Mélissa Gaouette et la vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), Nancy Corriveau, seront présents sur place pour répondre aux questions des médias.


        Quoi? Réaction de la CSN à la suite des convocations des syndicats par les établissements de santé sur le projet Optilab
        Quand? Mercredi le 28 septembre à 13 h 30
        Où? Centre des congrès de Lévis, salle Carrefour 2, 2e étage
        Qui? Le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, la vice-présidente de la Fédération des professionnèles, Nancy Corriveau et la vice-présidente de la Fédération de la Santé et des Services sociaux, Mélissa Gaouette.

        La CSN invite les parlementaires à mettre la partisannerie de côté

        Les parlementaires auront l’occasion ce soir de se saisir de pétitions importantes notamment celle demandant un moratoire sur les transferts de ressources publiques vers les GMF et celle réclamant le maintien du poste de Commissaire à la santé et au bien-être, deux initiatives soutenues par la Confédération des syndicats nationaux. La CSN invite les députés siégeant à la Commission de la santé et des services sociaux à étudier ces questions avec rigueur et à mettre de côté la partisannerie politique comme ils ont su si bien le faire sur la question des conditions de vie des adultes hébergés en Centre d’hébergement et de soins de longue durée. La CSN avait salué la pertinence de ce rapport de la commission, déposé en juin dernier.

        « Nos préoccupations sur ces deux enjeux sont connues et elles sont partagées par une partie significative de la population, et pas seulement dans les milieux syndicaux, explique le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. Mettre les ressources publiques des CLSC au service des médecins dans les GMF, des groupes qui ont pour vocation de générer des profits, est une décision lourde de sens qui a de nombreuses implications. Cette commission est toute désignée pour poser un regard objectif sur cette nouvelle orientation que veut donner le gouvernement à notre réseau. Quels sont les risques, pour l’accessibilité aux services ou pour l’autonomie professionnelle des intervenants ? Qu’est-ce qui doit être mis en œuvre pour protéger les personnes les plus vulnérables qui ont besoin des services actuellement offerts en CLSC ? ».

        Plusieurs mois après les premiers transferts de ressources vers le privé, la CSN milite toujours pour l’instauration d’un moratoire. Pour la confédération syndicale représentant plus de 120 000 travailleuses et travailleurs du réseau public, les réponses tentées par les établissements et par le gouvernement sont insatisfaisantes.

        Commissaire
        De même, la CSN espère que cette commission saisira l’occasion d’étudier les conséquences de la disparition du poste de Commissaire à la santé et au bien-être. Véritable chien de garde indépendant, le rôle du commissaire est plus important que jamais en cette période de bouleversements majeurs induits par les réformes pilotées par le ministre Gaétan Barrette. « De son propre aveu, le ministre a plus que jamais centralisé tous les pouvoirs entre ses mains. On ne peut pas accepter que, parallèlement, il fasse disparaître le seul organisme indépendant capable d’évaluer globalement le réseau. Dans le passé, les interventions du commissaire ont souvent permis de corriger ou d’améliorer plusieurs volets de nos services sociaux et de santé. Son rôle est essentiel », explique Jean Lacharité.

        Ma place en santé, j’y tiens
        L’instauration d’un moratoire sur les transferts de ressources publiques vers les GMF et le maintien du poste de Commissaire à la santé et au bien-être font partie des revendications portées par la CSN dans le cadre de la campagne Ma place en santé, j’y tiens.

        La CSN exhorte le gouvernement à réinvestir dans les centres jeunesse

        Alors qu’elle passera en commission parlementaire aujourd’hui au sujet du projet de loi 99 modifiant la loi sur la protection de la jeunesse, la CSN entend bien rappeler au gouvernement que les centres jeunesse, sous-financés depuis de nombreuses années, peinent à remplir adéquatement leur mission. « Le gouvernement ratera la cible s’il pense réformer la loi sur la protection de la jeunesse sans tenir compte de la situation de crise qui sévit actuellement dans les centres jeunesse. Il faut qu’il réinvestisse, c’est urgent ! », affirme le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

        En plus d’être largement sous-financé, le réseau des centres jeunesse a épongé, entre 2010 et 2014, des compressions de 50 millions de dollars. « Le personnel des centres jeunesse ne fournit pas. Pendant que le nombre de signalements ne cesse d’augmenter qui combinent des problèmes de santé mentale, de toxicomanie et de violence, les intervenantes et intervenants d’en faire plus avec de moins en moins de ressources », dénonce pour sa part la vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Mélissa Gaouette.

        « Face à la surcharge de travail, plusieurs tombent comme des mouches ou bien quittent le réseau. Ceux qui restent vivent des surcharges de travail importantes en plus de ne pas disposer des ressources nécessaires pour faire le travail. Inutile de dire que la qualité des services aux enfants et aux familles s’en trouve grandement affectée », ajoute la vice-présidente de la Fédération des professionnèles, Nancy Corriveau.

        Dans la foulée des fugues du centre jeunesse de Laval, le vérificateur André Lebon avait lui aussi incité le gouvernement à revoir et à augmenter le financement afin de permettre aux centres jeunesse d’assumer pleinement leur mission. « La meilleure volonté et le dévouement sans bornes des intervenantes et intervenants jeunesse ne seront pas suffisants, à eux seuls, pour répondre aux besoins grandissants et complexes des jeunes en difficulté. Le gouvernement doit assumer ses responsabilités et réinvestir dans les centres jeunesse et, de manière générale, dans le réseau de protection de la jeunesse, et ce, à la hauteur des besoins des enfants et adolescents vulnérables ! », martèle Jean Lacharité.

        La CSN réclame un moratoire sur les coupes budgétaires, ainsi qu’un réinvestissement majeur dans les centres jeunesse. Du même souffle, elle appelle la tenue d’États généraux pour réfléchir à la situation des jeunes en difficulté du Québec ainsi qu’aux services qui leur sont offerts.

        Autres éléments du projet de loi 99
        La CSN convient par ailleurs que certaines dispositions du projet de loi 99 sont intéressantes, notamment la reconnaissance de l’exploitation sexuelle en tant qu’abus. De même, la volonté d’impliquer davantage les communautés autochtones doit être soulignée. La CSN demande cependant au gouvernement d’impliquer directement les communautés autochtones dans l’élaboration des programmes sociaux et économiques qui les concernent. « Elles connaissent mieux que quiconque les besoins qui se manifestent au sein de leurs communautés », conclut Jean Lacharité.

         

        Les employés du CHU expriment leurs inquiétudes

        L’activité de la rentrée du personnel du CHU Sainte-Justine qui se tient aujourd’hui et demain prendra cette année des allures de manifestation. Alors que le projet de modernisation Grandir en santé, dont la construction a débuté en 2012, s’achève, les membres de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS­–CSN) et de la Fédération des professionnèles (FP–CSN) s’inquiètent du manque criant de ressources et des surcharges importantes qu’amènera la réorganisation.

        Un milliard dans le béton et rien pour le personnel qui assure les services
        En 2010, lorsque le gouvernement libéral de l’époque avait présenté le projet d’agrandissement et de modernisation du CHU Sainte-Justine, Jean Charest s’était montré rassurant en affirmant qu’un budget de fonctionnement suffisant serait alloué. Près de six ans plus tard, à quelques mois de l’ouverture officielle des nouvelles installations qui augmenteront la superficie du CHU de 65 %, aucune annonce en ce sens n’a été faite. À l’étude des documents budgétaires déposés en juin dernier, on remarque même une baisse du budget de fonctionnement de 416 656 044 $ en 2015-2016 à 392 836 658 $ pour 2016-2017.

        Plusieurs départements du CHU, très affectés par les compressions, sont déjà en manque de personnel. Au centre de prélèvements, les agentes et les agents administratifs ne suffisent pas à la tâche. La priorité étant accordée aux patients sur place, les personnes qui tentent de joindre le centre par téléphone n’y parviennent souvent pas. « Lorsque des patients attendent 1 h 45 au téléphone sans réussir à avoir la ligne, comment le ministre Barrette peut-il encore dire que les compressions n’affectent pas la qualité des services ? », déclare Gilles Charrois, président du Syndicat national des employé-es du CHU Sainte-Justine – SNE (FSSS–CSN) .

        Avec les mises à pied d’une dizaine de psychologues et de travailleurs sociaux du CHU en décembre, la situation est aussi invivable pour les professionnel-les et les techniciens et techniciennes. « C’était déjà difficile de répondre à la demande avant les mises à pied de l’hiver dernier. Les démarches que nous entreprenons avec les jeunes patients et patientes et leur famille nécessitent du temps, ce que nous n’avons plus », affirme Dominique Pallanca, présidente du Syndicat des techniciens-nes et professionnels-les de la santé et des services sociaux du Québec – STEPSSSQ (FP–CSN).

        Des problèmes de manque de personnel affectent aussi les professionnel-les en soins infirmiers et cardio-respiratoires de Sainte-Justine. Le refus de faire rentrer des employé-es en temps supplémentaire pour effectuer des remplacements, entre autres en néonatalogie, entraîne inévitablement une dégradation de la qualité des soins et un nombre croissant d’incidents.

        Un taux d’absence maladie en nette augmentation

        Les dernières données disponibles sur les employé-es en absence maladie au CHU sont pour le moins préoccupantes. Le ratio d’heures en assurance salaire est passé de 5,67 % en 2011-2012 à 7,23 % en 2014-2015. Pour la présidente du Syndicat des professionnels en soins infirmiers et cardio-respiratoires – SPSIC (FSSS–CSN), Louise Laplante, les chiffres parlent d’eux-mêmes. « Notre catégorie oscille habituellement autour de 140 personnes en assurance salaire. Nous en avons présentement 200. C’est beaucoup trop ! Si ces données ne suffisent pas à alerter le ministre, il y a lieu de se poser de sérieuses questions sur sa capacité à diriger le réseau ».

        Face à la multiplication des problèmes liés au manque de ressources, les employé-es du CHU Sainte-Justine sont épuisés. Ils somment aujourd’hui le ministre Barrette d’investir dans l’humain en octroyant les fonds nécessaires à l’embauche de personnel au centre hospitalier Sainte-Justine avant l’entrée officielle dans les nouveaux bâtiments en décembre.

        Le gouvernement favorise encore le privé plutôt que de consolider le réseau public

        La Confédération des syndicats nationaux (CSN) réagit vivement à l’annonce d’investissement du gouvernement Couillard dans les services à domicile. Encore une fois, le gouvernement profite de l’occasion pour investir des fonds publics et favoriser le privé plutôt que de consolider l’offre de services dans le système public de santé et de services sociaux. La CSN demande plutôt que des investissements majeurs soient faits dans les services à domicile donnés par les établissements du réseau afin que le secteur public soit en mesure de répondre efficacement à la demande grandissante de la population.

        Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, annonçait hier un investissement de 22 millions de dollars dans les services à domicile. Pour la CSN, ces sommes devraient être injectées dans le système public de santé et de services sociaux, afin notamment d’embaucher du personnel pour répondre à la demande croissante de la population. La CSN constate à regret que ces sommes serviront plutôt à développer le secteur privé des services à domicile, représentant ainsi une énième forme de privatisation du règne libéral. La CSN mène actuellement la campagne Ma place en santé, j’y tiens, qui dénonce justement le démantèlement du système public de santé et de services sociaux.

        « Le réseau public mise sur la présence de milliers de travailleuses et travailleurs qui se rendent chaque jour à domicile pour donner des soins de qualité à la population. C’est le cas notamment des auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS), qui sont les yeux et les oreilles du réseau public dans les domiciles. Grâce à la présence des ASSS, le réseau est en mesure d’adapter l’offre de soins selon les besoins réels des patients et des patientes. Comment parviendrons-nous à faire cela avec un morcellement de l’offre de services entre plusieurs entreprises privées? », se demande Guy Laurion, vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

        « Si nous martelons sans cesse l’importance d’investir dans le réseau public pour développer les services à domicile, c’est que c’est de cette manière que l’on peut le mieux s’assurer de la coordination des soins. Actuellement, quand le travail est pris en charge par le public, les équipes multidisciplinaires s’assurent de répondre en temps réel à l’évolution de la situation des patients. Comme professionnels, nous sommes inquiets parce que ce lien est presque inexistant quand les services sont donnés par le privé. La situation d’un patient pourrait ainsi se dégrader sans que nous en soyons informés », explique Nancy Corriveau, vice-présidente de la Fédération des professionèles (FP–CSN).

        « Le jupon dépasse plus que jamais. Ceux et celles qui pensaient que le rôle d’un ministre de la Santé et des Services sociaux était de valoriser et de consolider nos services publics seront déçus. Encore une fois, le gouvernement Couillard utilise des fonds publics pour favoriser le privé. Quand on s’intéresse à la qualité des services qui sont offerts par le privé, il y a de quoi s’inquiéter. Lorsque les services offerts à domicile proviennent de sources aussi diverses, la sécurité des personnes n’est pas assurée. Si le gouvernement a réellement à cœur le sort des personnes en perte d’autonomie, il doit investir dans nos services publics », conclut Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

         

        Les mésententes laissent présager le pire pour la suite

        À la lumière de l’intensification des tensions entre la firme SNC-Lavalin et le CUSM, la CSN revient à la charge et exhorte le gouvernement de rapatrier les contrats de construction et d’entretien du CHUM et du CUSM dans le giron public.

        « Nous l’avons répété encore et encore au cours de la campagne Ma place en santé, et bien avant : les partenariats public-privé sont inefficaces et minent les services à la population. La guérilla judiciaire engagée entre les deux partenaires public et privé dans la saga CUSM et SNC-Lavalin en est une preuve flagrante. Ce conflit interminable est navrant. Ces poursuites siphonnent les ressources du système de santé, ressources qui devraient plutôt être investies dans les services à la population. Pendant que les travaux stagnent et que l’établissement peine à répondre aux besoins des patients, on s’enfonce dans les querelles juridiques », lance Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

        La CSN estime que l’état actuel de la situation est extrêmement inquiétant pour la suite des choses. « L’hôpital est tout neuf et les tensions sont déjà extrêmes. Si rien n’est fait, le contrat du CUSM ne prendra fin qu’en 2044! Combien nous coûtera cette saga des PPP avant que le gouvernement Couillard ne rachète enfin ces contrats », ajoute Guy Laurion, vice-président de la FSSS–CSN.

        Le vice-président de la CSN rappelle que les PPP au CHUM et au CUSM ont déjà engendré des retards et des coûts supplémentaires exorbitants. « Il est urgent que le gouvernement reprenne le contrôle de la situation et retourne au mode conventionnel d’opération qui a fait ses preuves. Les hôpitaux du Québec devraient être le symbole de l’excellence et d’une médecine de pointe : la recherche de profits ainsi que le manque de transparence et de flexibilité nous ont conduits dans une impasse. L’entêtement du gouvernement à maintenir ces PPP est incompréhensible. Combien de fois faudra-t-il le répéter? Nos soins et nos services publics ne passent pas par un affaiblissement de l’État. Il faut en finir avec ces contrats qui ne sont que des gouffres financiers », conclut Jean Lacharité.

        Les travailleurs du réseau de la santé de Thetford Mines lancent un autre message clair au ministre Barrette

        Dans le cadre de la campagne Ma place en santé, j’y tiens, de nombreux travailleurs et travailleuses du réseau de la santé se sont réunis aujourd’hui devant l’hôpital de Thetford Mines pour protester contre le déplacement d’activités des CLSC vers les groupes de médecine de famille (GMF) et le transfert de 11 postes à temps complet vers le mégalaboratoire de Lévis. Ils en ont profité pour distribuer de l’information à la population et pour inciter les gens à signer la pétition Tous unis contre Optilab !

        Un personnel qualifié… et épuisé
        « Le personnel de la région de Thetford n’a plus à démontrer ses qualifications pour effectuer analyses et prélèvements dans les règles de l’art. Il a à cœur d’offrir à la population des services de grande qualité et il est le seul à pouvoir bien s’acquitter de cette importante responsabilité. Or, le gouvernement persiste et signe en transférant 11 postes qui affecteront une vingtaine de personnes, afin de mettre en place une structure beaucoup moins efficace pour les usagers », a d’abord souligné la présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CSSS de la région de Thetford (CSN), Lyna Marois. Celle-ci a par ailleurs profité de l’événement pour le répéter : les compressions budgétaires qui s’abattent année après année sur le réseau sont catastrophiques pour la charge de travail du personnel. « Les arrêts en raison d’épuisement professionnel dépassent des sommets. »

        Des impacts concrets sur le public
        « Tous les patients, y compris ceux qui sont en attente de résultats de tests importants pour leur santé, auront à subir des délais beaucoup plus longs pour l’obtention des résultats. Le transport des échantillons vers Lévis aura par ailleurs comme conséquence le dépassement des délais de conservation des échantillons. L’entêtement du ministre Barrette à aller dans cette voie nous inquiète profondément », ajoute le secrétaire du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches, Yves Fortin.

        « Ici, à l’hôpital de Thetford, nous disposons de toutes les installations requises pour traiter dans les meilleurs délais les échantillons et transmettre le plus rapidement possible les résultats aux médecins. Avant d’être ministre, le docteur Barrette avait émis des réserves face à ce projet, car il redoutait la sécurité du transport et se questionnait sur l’efficacité d’un tel système. Pourquoi ce revirement ? Quelle raison empêche le gouvernement de stopper ce projet injustifié et insensé du ministre de la Santé ? Y a-t-il un pilote dans l’avion? », a lancé la vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Nancy Corriveau.

        « Les effets se feront sentir longtemps trop longtemps, si rien n’est fait pour l’arrêter. Que fera-t-on des personnes qui n’auront plus accès aux services dans leur CLSC et qui se cogneront le nez aux portes des GMF ? On ne peut rester les bras croisés à attendre que le ministre vide les CLSC de leur personnel pour le rediriger, aux frais de la population, vers ces supercliniques privées à but lucratif. Cela réduira l’accès de trop de gens aux soins de santé : nous avons toutes et tous le droit de bénéficier des services pour lesquels nous payons notre juste part », a conclu le président de la CSN, Jacques Létourneau.

        Des économies présumées sur le dos des patients fragilisés

        C’est avec colère et inquiétude que la CSN, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) et la Fédération des professionnèles (FP–CSN) prennent acte de la décision du CIUSSS du Centre-Sud de Montréal de transférer trois des dix programmes du Centre de réadaptation Lucie-Bruneau dans l’Ouest de Montréal.

        Il s’agit pourtant du seul établissement répondant aux besoins des personnes qui souffrent de handicaps physiques ou neurologiques dans l’Est de l’Île. « C’est un bel exemple d’un manque flagrant de sensibilité à l’endroit des patients, pour réaliser des économies de bout de chandelle, seulement à court terme », dénonce Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

        Capture d’écran 2016-06-30 à 14.09.23

        En effet, pour des centaines de patients vulnérables, le transfert des soins dans l’arrondissement Outremont peut signifier près d’une heure additionnelle en transport adapté, plusieurs fois par semaine, alors que, déjà épuisés, ils tentent de se remettre d’accidents de toutes sortes. « Est-ce que certains patients, à bout de souffle, risquent d’abandonner leur traitement thérapeutique ou encore verront leur progrès physiques limités en raison de la fatigue provoquée par le transport interminable ? » questionne Nancy Corriveau, vice-présidente de la FP–CSN. La distance à parcourir, en provoquant stress et douleur, est en effet une barrière importante pour les usagers, comme en témoignent des usagers dans une vidéo produite par la CSN.

        De surcroît, le gouvernement admet que huit lits seront coupés à cause de cette décision administrative. « On veut nous faire croire que les mégastructures du Dr Barrette visent à améliorer les soins. Comment compte-t-il s’y prendre en coupant des lits ? » lance avec dérision, Guy Laurion, vice-président de la FSSS–CSN. La réduction des lits en internat pourrait provoquer une pénurie de lits auprès de la clientèle lors des périodes d’achalandage plus élevées. Ce qui signifie une rupture de soins.

        Abandonner l’Est de Montréal pour rénover dans l’Ouest

        Le déménagement des programmes pour les blessés à la moelle épinière, pour les traumatisés crâniens et pour les blessés orthopédiques graves exigera la rénovation de l’Institut Gingras-Lindsay, situé dans l’arrondissement Outremont. Combien cela va-t-il coûter, alors que ces services surspécialisés sont déjà dispensés dans les locaux et dans un quartier parfaitement adaptés au Centre de réadaptation Lucie-Bruneau ? En effet, une étude de la firme MCE-Conseils révèle que les installations tels la piscine, le gymnase et les équipements de conditionnement physique sont primordiaux pour les traitements des patients dans le cadre des programmes de réadaptation du Centre Lucie-Bruneau. Disposer des mêmes installations à l’Institut Gingras-Lindsay apparaît impossible en raison du manque d’espace et des coûts importants que cela engendrerait.

        Les explications comptables du CIUSS cachent-elles plutôt des motivations politiques ? « Dire que le gouvernement Couillard prétendait favoriser l’accès aux services avec sa loi 10… En vérité, la création de mégahôpitaux et les compressions à répétition qu’il impose au réseau compromettent jour après jour l’accès aux services de proximité, partout au Québec », de conclure Jean Lacharité.

        Une autre lubie centralisatrice du Dr Barrette

        La CSN craint que la réorganisation des laboratoires médicaux en Montérégie entraîne plus d’erreurs et de délais et qu’elle nuise à l’économie de la région. En ce qui a trait à la défense des droits et de la pratique professionnelle des technologistes médicales qui seraient touchées, la CSN veillera au grain, notamment par l’entremise d’un comité patronal–syndical prévu à la convention collective, portant sur les enjeux de main-d’œuvre en technologies médicales.

         Le projet « Optilab » reconfigure la carte des laboratoires médicaux au Québec en centralisant la plupart des analyses dans quelques laboratoires des grandes villes. Ainsi, les huit laboratoires médicaux publics de la Montérégie, dont celui de l’Hôpital Honoré-Mercier, verraient la majeure partie de leurs activités être transférées vers celui de l’Hôpital Charles-Lemoyne, à Longueuil. Le transport des échantillons prélevés à l’hôpital, dans les CLSC, les cliniques, les centres d’hébergement et les pharmacies de Saint-Hyacinthe et des alentours, serait assuré par le secteur privé.

        « Conserver notre laboratoire médical à Honoré-Mercier est vital pour toute la population, explique la présidente du Syndicat des technicien-nes et des professionnel-les du CSSS Richelieu–Yamaska (FSSS–CSN), Lucy Mousseau, à l’occasion d’une manifestation tenue aujourd’hui devant l’hôpital. Ce sont nos patients de la région qui subiront des délais plus longs, ce sont tous les résidents de Saint-Hyacinthe et des environs qui seront perdants si on concentre toute l’expertise à 50 kilomètres d’ici. »

        Craintes                  

        La CSN craint qu’en multipliant les transports et la manutention, on assiste à un nombre accru de pertes et de dégradations des échantillons. Par conséquent, les délais quant au traitement des analyses, à la transmission des résultats, au suivi diagnostique et à l’amorce du traitement d’un patient seront plus longs. En cas de perte ou de détérioration de spécimens, des patients pourraient, par exemple, être obligés de se soumettre à une nouvelle biopsie ou autre intervention nécessitant une chirurgie. Pour les premières années du projet, les systèmes informatiques et de communication entre les intervenants ne seront prêts pour une telle centralisation. Par ailleurs, cette perte de services de proximité pourrait amener des technologistes médicales ainsi que des médecins et des cliniques spécialisées à déménager vers les centres où l’expertise sera concentrée.

        « Pour nous, un laboratoire médical, c’est essentiel pour un centre de santé, ça fait partie intégrante de sa mission, renchérit la vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Mélissa Gaouette. Cette réforme est précipitée et nous pensons que toutes les conséquences n’ont pas été analysées adéquatement. Le CISSS forme un tout : un tel changement dans les laboratoires peut avoir des conséquences importantes sur les autres secteurs ou sur la population » La CSN revendique un moratoire sur le déploiement d’« Optilab » afin de mieux étudier le projet et d’associer les travailleuses et les travailleurs dans la recherche d’une alternative. « On nous dit que ça va permettre des économies mais nous sommes sceptiques car s’il y a plus d’erreurs, il faudra reprendre plus de tests et il y a tous les coûts de transport et de manutention qui doivent être pris en compte, et ce, sans compter l’allongement des périodes d’hospitalisations pour les patients qui en découlera. »

        Coup dur pour l’économie

        La réduction des activités au laboratoire médical de l’Hôpital de Saint-Hyacinthe signifie la perte de bons emplois pour l’agglomération. Seuls les tests jugés urgents continueront d’y être effectués, soit environ 30 % du volume actuel. « Le secteur public a toujours joué un rôle structurant et stabilisateur dans l’économie régionale, rappelle la présidente du Conseil central de la Montérégie CSN, Annette Herbeuval. Avec la fusion des établissements, et maintenant la centralisation des laboratoires, plusieurs emplois disparaîtront ou migreront vers Longueuil. C’est une perte nette pour la région et personne ne peut prétendre que les citoyennes et les citoyens de Saint-Hyacinthe en retireront de meilleurs services, au contraire. »

        Un comité national patronal–syndical

        Les transferts d’activités vers les laboratoires « serveurs », comme celui de Charles-Lemoyne, s’effectueront d’ici le printemps 2017. Il est difficile pour les syndicats d’avoir un portrait précis des changements qui s’opèrent ainsi que des travailleuses qui seront touchées. Il faudra notamment s’assurer que les techniciennes en laboratoire de Saint-Hyacinthe pourront joindre l’équipe de Longueuil et qu’elles pourront recevoir toute la formation nécessaire à l’utilisation des nouveaux appareils. C’est en partie pour pallier ce manque d’information que la CSN a obtenu des représentants patronaux la mise en place d’un comité national paritaire afin d’échanger de l’information et surtout d’aborder différents enjeux posés par « Optilab ».

        Rappelons que la CSN mène campagne actuellement pour la défense du réseau public de santé et de services sociaux sous le thème, Ma place en santé, j’y tiens. Le maintien de laboratoires médicaux dans les communautés fait partie des enjeux de cette campagne.

        Un comité patronal-syndical est mis sur pied

        La Confédération des syndicats nationaux annonce la formation d’un comité provincial sur la main-d’œuvre en technologie médicale, ce qui permettra aux représentants syndicaux et patronaux d’échanger sur l’avenir de ces professions et de formuler des avis au ministère de la Santé et des Services sociaux. Entre autres dossiers qui y seront abordés, notons « Optilab », une vaste réorganisation engagée par le gouvernement visant la centralisation des services en biologie médicale et qui suscite de nombreuses craintes dans le réseau public de santé et de services sociaux.

        Pour la CSN, « Optilab » comporte de multiples enjeux, non seulement pour les travailleuses et les travailleurs des laboratoires et du réseau de la santé et des services sociaux, mais pour toute la population, qu’il s’agisse d’accès à des services de proximité, de sécurité, d’environnement, d’efficacité, de respect des obligations professionnelles et de coûts.

        Le transport des échantillons par des entreprises privées sur de longues distances, fait craindre la perte et la dégradation d’un nombre accru d’échantillons, ainsi que la multiplication d’erreurs de manipulation et une augmentation significative des délais de traitement. Il n’y a pas de système provincial de traçabilité des spécimens et le projet de système d’échange d’informations entre les laboratoires et avec les autres intervenants comme les médecins n’est pas optimal. Des cas d’erreurs ont déjà été mis au jour par Radio-Canada concernant des échantillons de l’Abitibi–Témiscamingue analysés au CUSM, à Montréal.

        De plus, la CSN craint que cela contribue encore davantage à la dévitalisation de nombreuses communautés éloignées car du personnel serait appelé à quitter les régions et la perte de services de laboratoires dans les hôpitaux éloignés compliquera davantage les efforts de recrutement des établissements aux prises avec des pénuries de personnel.

        Bien commun
        Pour le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, la formation de ce comité conventionné est une bonne nouvelle. « Nous utiliserons tous les leviers à notre disposition pour nous assurer que le bien commun sera la seule boussole guidant une réorganisation dans ce secteur absolument vital dans le réseau public de santé et de services sociaux. Je salue l’ouverture du comité patronal national de la santé et des services à discuter de ces enjeux avec les représentants du personnel. Il serait sage de la part du ministre Gaétan Barrette d’accéder à notre demande d’instaurer un moratoire sur le déploiement d’« Optilab » afin que nous ayons le temps d’en étudier sérieusement toutes les conséquences ».

        Ce comité patronal-syndical est une initiative de la CSN. La vice-présidente de la FSSS–CSN, représentante des techniciennes, techniciens et professionnel-les, Mélissa Gaouette, considère que ce comité constituera un forum privilégié pour dégager une vision d’ensemble sur « Optilab » et tous les enjeux visant la main-d’œuvre en technologie médicale. « La raison première de cette lettre d’entente à la convention collective et du comité qui en découle, c’est évidemment de veiller à la défense adéquate des droits du personnel des technologies médicales et au respect de ses obligations professionnelles. Toutefois, en travaillant sur l’emploi, la formation, l’organisation du travail et sur les besoins actuels et futurs en terme de développement des ressources humaines, nous assurons à la population le maintien de services de qualité et accessibles, et leur renforcement ».

        Solidarité
        La vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Nancy Corriveau, souligne qu’un vent d’opposition souffle de plus en plus fort sur « Optilab ». « Le milieu socioéconomique se lève car la perte de tels services de proximité n’aidera en rien à revitaliser les communautés déjà fortement ébranlées par les effets des politiques d’austérité. Nous avons bon espoir qu’en poursuivant la sensibilisation et la mobilisation à tous les paliers dans ce dossier, nous pourrons convaincre le Dr Barrette que le réseau a tout avantage à travailler de concert avec les véritables spécialistes du domaine : celles et ceux qui oeuvrent au quotidien dans nos laboratoires ».

        Ma place en santé, j’y tiens
        « Optilab » compte au nombre des enjeux abordés par la CSN dans le cadre de la campagne Ma place en santé, j’y tiens ! Cette campagne de mobilisation et d’information vise à défendre les services publics de santé et de services sociaux contre la privatisation et l’effritement.

        La demande de moratoire rallie de plus en plus de gens

        La Confédération des syndicats nationaux présente aujourd’hui à l’Assemblée nationale une pétition signée par près de 10 000 personnes en quelques semaines, réclamant un moratoire immédiat sur les transferts de professionnel-les des CLSC vers les Groupes de médecine de famille (GMF), des entités à but lucratif. Pour la CSN, ces transferts mettent à mal les CLSC et nous éloignent de l’objectif que tout le monde devrait partager, soit d’assurer à toute la population un accès universel à des services sociaux de qualité dans leur communauté.

        « De plus en plus de voix s’élèvent contre cette mauvaise idée, indique le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. Ce ne sont plus seulement les travailleuses et les travailleurs qui sont aux premières loges des services à la population qui sont inquiets, mais aussi des ordres professionnel-les, des chercheurs, des groupes communautaires qui travaillent avec des clientèles vulnérables, pour ne nommer que quelques exemples. On voit maintenant des établissements reconnaître publiquement que ces transferts sont précipités et qu’il faut se donner plus de temps pour en évaluer les conséquences négatives pour la population qui a droit aux services comme pour le personnel touché. Il serait sage que le Dr Barrette arrête de banaliser ces inquiétudes légitimes et qu’il ordonne un moratoire immédiat sur ces transferts mal avisés ».

        Ces transferts constituent un drainage de ressources humaines et financières du secteur public vers le secteur privé car le gouvernement paiera non seulement les salaires de professionnel-les à l’emploi des GMF mais en plus il financera l’aménagement de nouveaux locaux dans ces cliniques privées à but lucratif.

        La CSN craint par ailleurs des problèmes d’accès aux services pour la population, en particulier les plus vulnérables qui n’ont pas accès aux GMF. De plus le modèle d’interdisciplinarité des CLSC qui repose sur l’autonomie professionnelle des salarié-es a fait ses preuves. Or dans les GMF, ces professionnel-les seront au service des médecins. Enfin, les travailleuses sociales et autres professionnel-les que le Dr Barrette entend transférer ne seront pas remplacés dans les CLSC, ce qui n’aidera certainement pas les professionnel-les qui demeureront au public à faire face à des listes d’attente qui s’allongent sans cesse.

        Mobilisation
        « Notre mobilisation porte tranquillement ses fruits, se réjouit tout de même la vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Nancy Corriveau. Nous continuerons à tout mettre en œuvre pour garder ce dossier dans l’espace public tant qu’un moratoire complet ne sera pas déclaré. De nouvelles opérations de visibilité et de sensibilisation débutent aujourd’hui même devant le CLSC La source, à Québec, et se transporteront dans toutes les régions du Québec dès la semaine prochaine. Nous participerons aux séances publiques des conseils d’administration des établissements afin d’obtenir des engagements pour qu’aucun nouveau transfert de ressources n’intervienne dans ces conditions ».

        Pour la vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux, Mélissa Gaouette, un moratoire doit servir à étudier des alternatives comme le renforcement des CLSC. « La méthode Barrette, c’est d’imposer une vision du haut vers le bas sans égard aux idées de ceux et de celles qui travaillent sur le terrain. C’est bien dommage parce que des moyens d’améliorer l’accessibilité pour la population, les travailleuses et les travailleurs en connaissent plusieurs. Dans bien des cas, ces solutions permettraient de mieux utiliser les ressources disponibles afin de permettre un réinvestissement là où c’est nécessaire. Quand le ministre de la Santé et des Services sociaux va-t-il comprendre que les meilleurs allié-es dans la défense du droit à la santé pour toutes et tous sont les travailleuses et les travailleurs du réseau qui sont confrontés quotidiennement à la détresse de la population et qui vivent quotidiennement les impacts de ces décisions ? »

        La pratique sage-femme peut faire économiser des millions

        À l’occasion de la Journée internationale de la sage-femme, la Fédération des professionnèles (FP-CSN) et le Regroupement Les Sages-femmes du Québec (RSFQ) ont rendu publics les résultats d’une étude comparative des coûts relatifs à un accouchement avec sages-femmes en maison de naissance et d’un accouchement par des médecins à l’hôpital. Commandée depuis un certain temps, cette étude conduite par la firme MCE Conseils vient réfuter les propos tenus dans un reportage de la radio de Québec FM93 voulant qu’il coûte beaucoup plus cher d’accoucher avec une sage-femme qu’avec un médecin. « En comparant le coût d’un accouchement en milieu hospitalier par des médecins à un accouchement avec sage-femme en maison de naissance ou à domicile, on constate qu’accoucher avec un médecin coûte au minimum 25 % plus cher, souligne la présidente du RSFQ, Claudia Faille. Nous avons enfin la démonstration chiffrée de ce que nous affirmons depuis de nombreuses années! »

        Sachant que l’accouchement est la raison d’hospitalisation la plus fréquente, ces coûts onéreux sont notamment dus aux sommes allouées au fonctionnement général et aux infrastructures des hôpitaux, à la présence des médecins (omnipraticiens, obstétriciens, anesthésistes, pédiatres) et du personnel médical (infirmières et inhalothérapeutes) lors des accouchements et du suivi postnatal, l’accouchement étant la raison d’hospitalisation la plus fréquente. « Comme on pouvait s’y attendre, l’étude démontre aussi que le suivi complet — prénatal, pernatal et postnatal — coûte plus cher avec les médecins compte tenu de leur rémunération. Ceci en dépit du plus grand nombre d’heures d’accompagnement de la sage-femme pour le suivi complet de grossesse, environ 37 heures au total pour l’ensemble des soins et des services », affirme Claudia Faille.

        Des économies substantielles pour le gouvernement
        « Au Canada, 26,3 % des naissances se produisent par césarienne, la chirurgie la plus fréquemment pratiquée. Une intervention de ce genre coûte environ 2 265 $ de plus qu’un accouchement vaginal. L’étude démontre que le système de santé canadien pourrait économiser près de 25 millions de dollars si le taux de césariennes était ramené à un maximum de 15 % des naissances, comme recommandé par l’Organisation mondiale de la santé, ajoute la présidente de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), Ginette Langlois. Les sages-femmes sont essentielles et incontournables pour atteindre cette cible! »

        « L’étude indique aussi que c’est au Québec que le taux de péridurale pour les accouchements est le plus élevé, soit à 71,4 %, comparativement à celui du reste du Canada, qui est de 58,3 %. Cela fait en sorte que le coût est plus élevé pour les accouchements en centre hospitalier, sans mentionner nombre d’interventions pouvant découler de la péridurale, qui contribue à la cascade des interventions. Celle-ci augmente les risques pour les mères et les nouveau-nés ainsi que les coûts », explique pour sa part Claudia Faille.

        L’étude de MCE Conseils démontre finalement que si les sages-femmes étaient responsables de 10 % des grossesses et des accouchements au Québec d’ici 2018, comme le recommande la Politique de périnatalité 2008-2018, l’État québécois pourrait se prévaloir d’économies de l’ordre de 2,9 millions de dollars par an sur la rémunération, sans compter les économies récurrentes en frais hospitaliers, également substantielles. « Ne sommes-nous pas dans un contexte d’austérité, où le gouvernement devrait tout mettre en œuvre pour développer et soutenir cette pratique? » questionne Ginette Langlois.

        Des bénéfices non quantifiables

        « Il faut évidemment souligner que les bénéfices à moyen et long terme d’accoucher avec une sage-femme vont au-delà de ce que cette étude révèle aujourd’hui, précise enfin la vice-présidente du RSFQ, Mounia Amine. Les sages-femmes ont un modèle de soins unique ancré sur la continuité relationnelle et le partenariat avec les femmes et leur famille. Leur disponibilité 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, la préparation à l’accouchement et l’accompagnement tout au long du travail ont des effets bénéfiques indéniables, notamment sur la diminution des interventions médicales non nécessaires. »

        « De toute évidence, les sages-femmes contribuent de façon considérable à la périnatalité et à une allocation des ressources plus efficiente pour d’excellents résultats, une plus grande satisfaction des mères et des familles, et ce, à moindres coûts. Dans cette optique, nous demandons au gouvernement de tout mettre en œuvre pour mieux promouvoir, développer et soutenir la pratique sage-femme! », conclut madame Amine.

        Semaine nationale du laboratoire médical

        Cette semaine est l’occasion de rappeler le travail exemplaire que les techniciens et techniciennes de laboratoire accomplissent jour après jour dans les établissements de santé et de services sociaux. Grâce à leurs expertises et implication, des milliers de patientes et de patients obtiennent les résultats des tests qui permettront aux autres professionnelles de la santé de bien les soigner.

        La CSN est à l’écoute et prend en compte leurs préoccupations pour les faire valoir auprès du gouvernement. Dans le cadre de cette semaine, nous devons lui rappeler l’importance de reconnaître votre contribution indispensable dans notre réseau public.

        Nous sommes particulièrement préoccupés par le projet Optilab, le gouvernement ayant annoncé sa volonté de centraliser les laboratoires médicaux à travers ce projet. Nous croyons qu’une centralisation trop hâtive des laboratoires médicaux mettrait en danger l’expertise développée dans les établissements de santé et aurait un impact négatif sur la qualité des services.

        2016-04_lab_CSN

        Un plan d’action pour contrer la centralisation abusive

        Rappelons que la CSN a mis en place un comité de travail composé de techniciens et techniciennes de laboratoire pour étudier le projet Optilab et ses conséquences en tenant compte de vos préoccupations.
        Le rapport de ce comité permettra de développer des actions pour défendre votre expertise et de nous assurer que la qualité des services à la population sera maintenue

        Pour ce qui est des quelque 5000 techniciennes et techniciens et professionnelles qui travaillent dans les laboratoires, nous redoutons la fusion en mégalaboratoires régionaux de plusieurs services de laboratoires de biologie médicale où sont analysés des spécimens d’origine humaine. Cette centralisation
        risque d’entraîner des délais importants dans l’analyse des spécimens, fait craindre des incidents en lien avec la stabilité ou la perte des spécimens, en plus de transformer de façon significative les conditions de travail du secteur.

        C’est pourquoi, dans les prochaines semaines, nous lancerons un plan d’action pour mieux faire connaître les enjeux entourant le projet Optilab et pour faire valoir nos revendications sur la place publique. Encore une fois, nous assistons à une restructuration des services sans que les professionnel-les impliqués ne soient consultés sur les risques d’un tel projet et sur la redéfinition de l’organisation du travail.

        Nous avons aussi demandé au comité patronal national de lancer les travaux du comité prévu à la convention collective sur la main-d’œuvre en technologie médicale, afin que nous puissions notamment discuter des enjeux entourant les fusions de laboratoires.

        C’est d’abord et avant tout au ministre Barrette que nous devons nous adresser. Nous devons le confronter aux conséquences d’une telle centralisation. Il doit indiquer ses réelles intentions et rendre publiques les données sur lesquelles il se base.

        Nous devons mettre la pression nécessaire à tous les niveaux pour que les préoccupations du personnel des laboratoires soient entendues. C’est bien ce que nous comptons faire dans les prochaines semaines. Il en va de la reconnaissance du travail du personnel du réseau public et de la préservation de services
        publics de qualité.

        La FP-CSN déplore le transfert d’activités des CLSC vers les groupes de médecine de famille

        La Fédération des professionnèles de la CSN (FP-CSN) déplore le transfert annoncé d’une partie des activités des CLSC vers les groupes de médecine de famille (GMF) et doute de l’effet de ces mesures sur l’efficacité dans la prestation de services.

        « En transférant les ressources vers les GMF, les services sociaux se donneront selon une approche uniquement médicale. On change complètement de paradigme dans la façon d’assurer ces services, assure Ginette Langlois, présidente de la FP-CSN. Alors qu’il existe déjà une organisation des services professionnels selon une approche interdisciplinaire qui fonctionne bien, soit les CLSC, il vaut mieux resserrer les liens entre les CLSC et les GMF. Les CLSC assurent déjà le bon service, au bon moment, par le bon professionnel », estime-t-elle.

        Malheureusement, au fil des fusions d’établissements depuis le début des années 2000, le ministère de la Santé et des Services sociaux a délaissé peu à peu le modèle des CLSC pour se diriger vers un modèle plus médicalisé. Ainsi, la prévention est mise de côté pour faire place à une approche axée sur les soins curatifs. À titre d’exemple, les travailleurs sociaux en CLSC mettent l’accent sur la prévention, ce qui permet de limiter par la suite les interventions de type curatif.

        Ce transfert de ressources vers les GMF risque donc de s’accompagner d’une nouvelle façon d’assurer les services. « Nous sommes d’accord sur l’objectif de sortir de l’hospitalo-centrisme, mais cette nouvelle approche demeure tout de même centrée sur l’aspect médical. Or, il est possible et parfois souhaitable d’offrir ces services sans passer par un médecin. Au lieu de rendre le continuum de service plus fluide, il semble qu’on le complexifie inutilement. Pourquoi changer une formule qui a fait ses preuves? », se demande la présidente de la FP-CSN. La nouvelle directive ministérielle risque donc de limiter davantage l’accessibilité des services psychosociaux.

        La Fédération des professionnèles de la CSN compte plus de 8 000 membres, principalement dans les secteurs de la santé, des services sociaux et de l’éducation.

        Des délais de traitement de signalement inacceptables. Faut-il s’étonner des fugues par la suite ?

        Les syndicats des centres jeunesse affiliés à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) et à la Fédération des professionnèles (FP-CSN) dénoncent les délais de traitement de signalement inacceptables dans ces centres et demandent un réinvestissement immédiat de la part du gouvernement ainsi que la fin des restructurations organisationnelles actuelles.

        « Si l’on regarde les moyennes de 2014-2015 recueillies auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux, les délais de traitement ne sont pas conformes aux exigences ministérielles dans aucune région du Québec. En Estrie, par exemple, il faut attendre plus de 57 jours entre le traitement d’un signalement et l’évaluation-orientation (c’est-à-dire, le premier contact entre l’intervenant du centre jeunesse et l’enfant ou la famille), alors que cela ne devrait pas dépasser huit jours. Pouvez-vous imaginer à quel point on peut se sentir abandonner par le système? », dénonce Mélissa Gaouette, vice-présidente à la FSSS-CSN.

        « Si les cas les plus urgents sont traités adéquatement, il est triste de constater que les cas “moins prioritaires”, comme certains cas de négligence, de troubles de comportement, d’abus et de mauvais traitements psychologiques, sont souvent délaissés », explique Nancy Corriveau, vice-présidente à la FP-CSN. Les codes 3 s’aggravent et deviennent souvent des codes 2 ou des codes 1, faute d’avoir reçu des services adéquats.

        Les centres jeunesse ont subi des compressions de 50 millions de dollars entre 2010 et 2014. Alors que les besoins sont criants et que les employé-es sont à bout de souffle, le gouvernement a choisi de prioriser la refonte des structures avec la création des CISSS et des CIUSSS, entrée en vigueur le 1er avril 2015. D’ailleurs, les chiffres d’aujourd’hui n’englobent pas les traitements depuis la mise en place de ces nouvelles structures à vocation médicale. Toutefois, déjà dans le rapport du vérificateur Lebon, déposé le 10 mars dernier à la suite des fugues reliées à l’exploitation sexuelle, on souligne que cette refonte a créé de la turbulence et de la désorganisation des services sur le terrain. Les chiffres de 2015-2016 sont donc attendus avec beaucoup d’intérêt et d’inquiétude.

        « Au cours des derniers mois, l’attention médiatique s’est portée sur les cas de fugue, notamment au Centre jeunesse de Laval. Toutefois, il faudrait regarder tout ce qui cloche bien avant la fugue et il serait hypocrite de ne s’attarder qu’à ces cas », souligne la vice-présidente du Syndicat des employés du Centre jeunesse de Laval, Julie Perron Hamilton.

        « La fugue est une finalité. C’est l’entrée dans le réseau qui est problématique. Et comme le mentionne le rapport Lebon, il est futile de penser réduire les fugues ou mieux accompagner les jeunes filles en cause, s’il y a, en même temps, fuite du financement et des compétences », conclut la présidente du Syndicat des travailleurs et travailleuses du Centre jeunesse de Montréal, Sylvie Théorêt.

        Pourquoi seuls les recteurs accueillent favorablement le budget Leitão?

        Les membres de la Table des partenaires universitaires (TPU), qui exigent un réinvestissement urgent pour soutenir la réalisation des missions universitaires, constatent encore une fois qu’ils ne sont pas entendus. « Lorsque l’on observe les effets délétères des trois derniers budgets du gouvernement du Québec, on constate que le manque de vision du gouvernement semble céder à une volonté de destruction systématique du service public qu’est l’université, et de surcroit avec l’accord des chefs d’établissement », dénonce les représentants de la TPU.
        En effet, alors que tous les membres de la communauté universitaire ont accueilli avec déception le dernier budget Leitão, les chefs d’établissements sont les seuls de la communauté universitaire à s’en réjouir. « De deux choses l’une, soit les recteurs ne comprennent rien aux affaires universitaires, soit ils trouvent leur compte dans la manière dont sont actuellement allouées les ressources aux universités, leur permettant de s’octroyer des salaires et des avantages exorbitants aux dépens du personnel et des étudiants. » En gérant les universités comme des entreprises, les dirigeants ont relégué l’enseignement et la recherche au second plan.

        « Comment en effet saluer le dépôt d’un budget qui pérennise les compressions récurrentes dont sont victimes les universités depuis quatre ans, suscitant la surcharge des personnes qui y travaillent et la détérioration des conditions d’études ? » L’investissement dans le béton et les partenariats forcés avec les entreprises sont plus susceptibles d’enrichir les amis du Parti libéral que d’améliorer la qualité de la vie universitaire.

        La TPU est constituée des organisations suivantes :

        • Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ)
        • Conseil provincial du secteur universitaire (CPSU)
        • Conseil québécois des syndicats universitaire (CQSU)
        • Fédération des associations étudiantes universitaires québécoises en éducation permanente (FAEUQEP)
        • Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche (FPPU)
        • Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN)
        • Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAECUM)
        • Fédération des professionèles (FP-CSN)
        • Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU)
        • La table des syndicats universitaires de la CSQ (TSUCSQ)

        Les membres de la FP-CSN approuvent l’entente de principe

        Les techniciennes, techniciens et professionnel-les du réseau de la santé et des services sociaux membres de la Fédération des professionnèles (FP-CSN) ont approuvé, au terme d’une consultation de l’ensemble des syndicats, l’entente de principe obtenue par le Front commun en décembre dernier ainsi que l’entente intervenue à leur table sectorielle de négociation.

        « C’est par une très grande majorité que nos membres se sont prononcés en faveur de cette entente de principe : plus de 80 % des professionnel-les se sont prononcés en faveur de l’entente de principe du Front commun, tandis que 90 % ont voté pour l’entente de principe à la table sectorielle. La bataille fut difficile, mais la détermination et la mobilisation de nos membres, solidaires avec les autres composantes du Front commun, nous ont non seulement permis de contrer des reculs importants qui auraient pu diminuer concrètement les conditions de travail des professionnel-les, mais également de bonifier sensiblement nos conditions de travail », affirme Ginette Langlois, présidente de la FP-CSN.

        « Dans un contexte de chambardements importants du réseau de la santé et des services sociaux, la partie patronale répétait, comme des mantras, trois principes : flexibilité, mobilité et disponibilité. Il était impératif pour nous de garantir que nos conditions de travail puissent permettre d’assurer les meilleurs services à la population. », ajoute Ginette Langlois. Pour Nancy Corriveau, vice-présidente de la FP et responsable politique de la négociation en santé et services sociaux, l’entente sectorielle permettra de régler certains problèmes essentiels qui touchent les conditions de travail des professionnel-les.

        « Nous avons obtenu des mesures facilitant la conciliation famille-travail, dont la mise sur pied d’un congé de 8 semaines, avec étalement de revenus pour motifs familiaux. De plus, un lieu de discussion paritaire sera crée afin d’aborder la qualité et l’efficience des services offerts dans les établissements de santé et de services sociaux, et ce, notamment en regard des problématiques d’organisation et de charge de travail, de transfert d’expertise, de modifications à la pratique professionnelle et de qualité de vie au travail », explique Nancy Corriveau.

        La présidente de la fédération avise toutefois le gouvernement que les conventions collectives ne seront signées que lorsque les textes seront représentatifs des paramètres négociés par le Front commun. « Notre fédération représente plusieurs groupes dont les conventions collectives contiennent, depuis des années, des clauses de parité salariale avec les salarié-es du secteur public, souligne Ginette Langlois. Jamais le gouvernement, au cours des négociations, n’a énoncé le souhait de modifier la situation. On ne peut pas changer les règles du jeu après avoir convenu d’une entente. Le Conseil du trésor doit respecter les termes de l’entente de principe qu’il a lui-même négocié. »

        À propos
        La Fédération des professionnèles (FP-CSN) compte quelque 8 000 membres qui œuvrent dans plusieurs secteurs, dont ceux de la santé et des services sociaux.

        Le syndicat des professionnel-les du CHU Sainte-Justine dénonce les mises à pied à la veille de Noël

        Une dizaine de psychologues et de travailleurs sociaux du Centre de réadaptation du CHU Sainte-Justine viennent d’apprendre qu’ils seront mis à pied à la veille de Noël. Pour le syndicat qui représente les professionnel-les du CHU Sainte-Justine et du Centre de réadaptation Marie Enfant (CRME), il s’agit d’un geste inhumain qui, non seulement, jette dans l’incertitude dix employé-es durant la période des Fêtes, mais qui risque également de compromettre l’ensemble des services du centre de réadaptation et du centre hospitalier.

        « Il s’agit d’un contrecoup extrêmement malheureux des coupes de 15 millions de dollars imposées par le gouvernement Couillard à notre établissement. Jusqu’à maintenant, les employé-es avaient réussi à encaisser les compressions sans que des postes ne soient coupés. Mais là, c’est un coup de massue qu’on vient de recevoir. Ce sont des gens dévoués auprès des enfants qui font un travail qui leur tient à cœur, un travail extrêmement utile pour la société. Du jour au lendemain, on s’en débarrasse au nom de l’austérité budgétaire. C’est scandaleux! », s’indigne Dominique Pallanca, présidente du syndicat local du CHU Sainte-Justine (STEPSQ, affilié à la FP-CSN), qui représente les professionnel-les et technicien-nes de la santé.

        En effet, les impacts seront directs sur les services cliniques offerts aux enfants et sur les familles qui en souffriront, faute de soutien psychosocial adéquat. Les équipes en place devront pour leur part ramasser les pots cassés après les mises à pied prévues le 21 décembre. « Cette tendance à traiter les services psychosociaux comme des dépenses compressibles est très inquiétante, affirme Ginette Langlois, présidente de la fédération des professionnèles de la CSN (FP-CSN). Avec l’adoption de la loi 10 par le gouvernement Couillard et son programme d’austérité, on voit partout des coupes dans la prévention, la réadaptation et les services psychosociaux. Toutes ces personnes qui travaillent dans l’ombre et qui font pourtant un travail essentiel pour améliorer la qualité de vie de la population ne sont visiblement pas appréciées à leur juste valeur. Il faut arrêter de se mettre la tête dans le sable : ce qu’on coupe aujourd’hui dans la santé et les services sociaux, on devra le payer demain car les conséquences seront nombreuses. »

        Les professionnel-les et technicien-nes membres du syndicats ont signé une lettre demandant à la direction de l’établissement de reculer sur ces mises à pied.

        À Sainte-Justine et au CRME, le Syndicat des technicien-nes et des professionnel-les de la santé et des services sociaux du Québec, affilié à la Fédération des professionnèles de la CSN, représente plus de 1000 membres. La Fédération des professionnèles de la CSN (FP-CSN) compte pour sa part quelque 8000 membres qui oeuvrent dans différents secteurs, dont celui de la santé et des services sociaux.

        Mettre la hache dans l’assurance maladie pour souligner son 45e anniversaire

        Alors que 2015 marque le 45e anniversaire du Régime d’assurance maladie du Québec (RAMQ), le gouvernement actuel continue son entreprise de démolition. Par son projet de loi 20, le ministre Barrette vient de légaliser, contre vents et marées, les frais accessoires pourtant vivement contestés et clairement illégaux en vertu de la législation canadienne, le tout au détriment de l’accessibilité et de l’universalité des soins de santé. Il songerait par ailleurs à revoir à la baisse le panier de soins médicaux couverts par le régime public.

        Lors d’une séance d’interpellation à l’Assemblée nationale pilotée par la députée et porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé et d’accessibilité aux soins, Diane Lamarre, le ministre Barrette a refusé de dévoiler les services qui seront tarifés. « Ce que l’on comprend maintenant, c’est que les frais accessoires seront fixés par voie réglementaire. Et cette brèche majeure au système de santé s’est faite sans débat public, puisque la légalisation des frais accessoires est apparue au projet de loi 20 après les consultations publiques. Le ministre ne semble pas vouloir se plier aux obligations démocratiques », s’offusque Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

        L’instauration de frais pour des services couverts remet en cause l’universalité du régime et ouvre la voie à un régime à deux vitesses décrié par de nombreux groupes. « Cette révision du principe fondateur de l’assurance maladie est profondément révélateur des intentions du ministre, personne n’est dupe. On se dirige vers un système privé d’utilisateur-payeur avec tous les risques sur la santé publique que cela comporte », affirme Jean Lacharité.

        Aujourd’hui, ce glissement se confirme davantage avec les déclarations de M. Barrette au sujet du panier de services. Le ministre a laissé entendre qu’un débat de fond devait s’engager sur les services couverts par le régime actuel. « Voilà donc où nous en sommes, lance Jean Lacharité. L’austérité à géométrie variable que nous imposent les libéraux vise ainsi à démanteler nos services publics, pendant que l’on continue parallèlement de favoriser l’enrichissement des mieux nantis de notre société. »

        À propos de la CSN

        Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

        Le fédéral doit agir dans le dossier des frais accessoires au Québec

        Un regroupement d’organisations qui s’opposent aux frais accessoires en santé salue l’entrée en fonction de la nouvelle ministre fédérale de la Santé, madame Jane Philpott. Sa nomination survient au moment même où son homologue provincial du Québec, M. Gaétan Barrette, s’apprête à faire adopter le projet de loi 20 qui autoriserait la facturation de certains soins de santé, communément appelés frais accessoires, officialisant ainsi une brèche vers un système de santé à deux vitesses.. De tels frais sont pourtant illégaux en vertu de la Loi canadienne sur la santé.

        Alors que sa prédécesseure conservatrice, madame Rona Ambrose, se réfugiait dans un mutisme inquiétant, le regroupement appelle madame Philpott à intervenir rapidement en vue d’assurer le respect de cette loi fédérale qui interdit strictement ces frais en préconisant l’accessibilité et l’universalité des soins de santé.

        Madame Philpott, qui est aussi médecin de famille, s’est portée à la défense de ces principes par le passé. C’est donc avec espoir que les différentes organisations lancent aujourd’hui cet appel à la nouvelle ministre fédérale.

        À propos du regroupement
        Au sein du regroupement d’organismes qui luttent contre les frais accessoires en santé, on compte Médecins québécois pour le régime public (MQRP), la Fédération de la Santé et des services Sociaux-CSN, la Fédération des professionnèles-CSN, la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Coalition solidarité santé, l’Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec (AREQ-CSQ), le Conseil de Protection des maladesle Réseau FADOQ, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles, la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et le Cabinet Grenier Verbauwhede avocats.

        La CSN salue le dépôt du projet de loi qui veut mettre fin aux frais accessoires

        La CSN accueille favorablement le dépôt du projet de loi 491 à l’Assemblée nationale par la députée de Taillon, Madame Diane Lamarre. Ce projet de loi vise à mettre fin aux frais accessoires par la modification de diverses dispositions législatives, en réponse aux amendements déposés par le Ministre Barrette au projet de loi 20, qui légaliseront la tarification de certains services de santé.

        Les frais accessoires, une brèche importante à l’accessibilité aux soins de santé

        En plus de limiter l’accès aux soins de santé, la pratique consistant à charger des frais pour des services assurés est clairement illégale. La Loi sur l’assurance-maladie interdit aux médecins de réclamer toute forme de paiements en rapport avec la dispensation d’un service assuré. Malgré cela, le ministre entend maintenant les légaliser dans le cadre du projet de loi 20. « Il est scandaleux de constater que, loin d’assurer le respect de la loi, le ministre Barrette a plutôt choisi de légaliser des pratiques qui conduisent tout droit à un système de santé à deux vitesses » déclare Jean Lacharité, vice-président de la CSN. Les frais accessoires facturés aux patients servent à défrayer les coûts de gestion des cliniques privées. Pourtant, la Protectrice du Citoyen a mis en lumière tout récemment le dangereux glissement auquel on assiste au Québec, où les contributions monétaires directes sont de plus en plus exigés des usagers. Dans une lettre datant du 5 octobre et adressée au ministre de la Santé et des Services sociaux, la Protectrice du Citoyen affirme que l’éradication des frais accessoires devrait être la première cible du ministre pour endiguer une privatisation toujours plus importante du financement, « car ne rien faire reviendrait à tolérer la perpétuation d’un système de santé et de services sociaux de moins en moins équitable », affirme-t-elle.

        Que va faire le nouveau gouvernement fédéral ?

        Notons que la Loi canadienne sur la santé interdit la facturation de frais pour des soins assurés, en vertu du principe d’accessibilité. « Le nouveau gouvernement fédéral doit assurer le respect de la loi fédérale et rappeler à l’ordre le ministre Barrette », croit Jean Lacharité.

        À propos de la CSN

        Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

        La Fédération des professionnèles (FP-CSN) dénonce les récentes offres patronales sectorielles du secteur de la santé et des services sociaux

        La Fédération des professionnèles (FP-CSN) dénonce vivement qu’après bientôt une année de rencontre, les offres patronales sectorielles du secteur de la santé et des services sociaux ne permettent toujours pas d’améliorer ni les conditions de travail des professionnèles ni l’accessibilité et la qualité de nos services publics. En effet, la FP est amèrement déçue de ne pas avoir encore de réponses concrètes aux propositions des professionnèles.

        La FP considère qu’il faudrait beaucoup d’imagination pour voir dans les récentes offres patronales des ouvertures aux demandes des professionnèles. Pire encore, les demandes patronales qui diminuent les conditions de travail des professionnèles demeurent. Dans un contexte de chambardements importants des structures du Réseau de la santé et des services sociaux, les demandes de la partie patronale trahissent la vision du gouvernement à l’égard des professionnèles et techniciennes et techniciens : des pions interchangeables au gré de l’humeur des ministres et de leurs réformes.

        «Force est de constater que la partie patronale s’entête, de manière idéologique, à réaliser des économies substantielles uniquement sur une base comptable plutôt que d’entendre les solutions des professionnèles et techniciennes et techniciens! D’ailleurs, le gouvernement aurait déjà avoué que dans sa prochaine mise à jour économique, le cap serait maintenu vers les mesures d’austérité qui nuisent concrètement à la qualité et à l’accessibilité des services publics», déplore Ginette Langlois, vice-présidente de la FP.

        La FP est prête à continuer les rencontres avec la partie patronale, pourvu qu’il y ait un espace de discussion réel sur les enjeux et les problèmes essentiels qui touchent les professionnèles et techniciennes et techniciens. Durant les prochains jours, les membres de la FP continueront de se mobiliser afin de bâtir un rapport de force nécessaire à la signature d’une bonne convention collective. La FP est déterminée à améliorer les conditions de travail des professionnèles et des techniciennes et techniciens.

        La CSN dénonce une centralisation motivée par l’obsession de l’austérité

        Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a annoncé sa volonté de centraliser les laboratoires médicaux de la province. La CSN est très inquiète de cette intention du ministre, qui n’a pas pour objectif d’améliorer les services à la population, mais bien de poursuivre sur la voie de l’austérité. Les importantes critiques adressées à l’endroit du nouveau laboratoire du CUSM en PPP démontrent que cette centralisation est loin d’être la panacée.

        Un enjeu majeur de santé…

        Les intentions du ministre ont de quoi inquiéter. La centralisation en onze laboratoires serveurs implique d’importants déplacements des échantillons et une organisation sans faille, or ce n’est pas le cas actuellement. « Les évènements au CUSM, où plusieurs pertes d’échantillons et erreurs dans les dossiers ont été notées récemment, devraient suffire au ministre pour mettre un frein au processus. Or, on nous annonce plutôt que le MSSS va aller de l’avant, tout en lançant un appel d’offres l’année prochaine pour un meilleur système informatisé… mais d’ici là ? Sans compter tous les problèmes que connaît déjà le gouvernement avec les contrats informatiques confiés au privé qui sont un véritable fiasco », s’inquiète Jeff Begley, président de la FSSS-CSN : « les conséquences de telles erreurs pourraient pourtant être fatales. »

        Selon le groupe sectoriel d’expertise sur la manipulation et le transport des spécimens biologiques du MSSS, les échantillons devraient idéalement être traités dans un délai de deux heures. La CSN se demande comment le ministre compte s’y prendre pour respecter cette recommandation si un hôpital de la Côte-Nord doit envoyer ses échantillons à Rimouski ou si un centre hospitalier de l’Abitibi doit envoyer les siens à Montréal.

        La disparition d’une expertise locale…

        L’inquiétude est aussi palpable du côté de la Fédération des professionnèles-CSN pour qui la disparition de l’expertise locale est un enjeu important. « Prenons, par exemple, le cas du CHU Sainte-Justine qui a une clientèle pédiatrique ayant des besoins particuliers par rapport à la clientèle adulte. Les techniciens et professionnels qui y travaillent sont au fait de ces particularismes et ont développé une expertise spécialisée qui disparaîtrait dans un gros laboratoire centralisé », affirme Michel Tremblay, président de la FP-CSN.

        Des milliers d’emplois en jeu…

        Au cœur de l’activité des laboratoires, il y a plus de 5000 salarié-es partout dans la province, dont 2000 seulement à Montréal répartis sur 98 établissements. La CSN est préoccupée par le sort qui attend ces salarié-es. « C’est, une fois de plus, les travailleurs et les travailleuses qui offrent un service exceptionnel dans des conditions parfois très difficiles, qui feront les frais de ces décisions improvisées et sans aucune consultation de la part du ministre. Ce qu’on voit, c’est que cette nouvelle réforme est motivée par l’austérité et non par une volonté d’améliorer les services à la population », s’indigne Jean Lacharité, vice-président de la CSN, « il faut que ça cesse, il va falloir que le ministre comprenne que ce n’est pas un jeu, il a la santé des patients et l’avenir des employé-es entre ses mains. »

        Des délais déraisonnablement courts…

        Pour la centrale syndicale, centraliser les laboratoires médicaux n’est pas une décision qui doit être prise à la légère. Plutôt que de donner le temps d’analyser et d’ouvrir un débat sur le sujet, le ministère semble agir dans l’empressement. Pourtant, c’est Gaétan Barrette lui-même qui, en mars 2014, alors qu’il était président de la Fédération des médecins spécialistes, déclarait : « […] Et on nous dit que dans maximum trois ans ce sera terminé ! N’importe quelle personne saine d’esprit va comprendre que c’est n’importe quoi. » L’Alberta, qui a décidé de se lancer dans un processus similaire, s’est doté d’un échéancier jusqu’en 2030 avec un investissement de 3 milliards de dollars.

        La CSN demande donc au ministre de revoir sa décision et de mettre sur la glace ce processus. « On n’a même pas encore achevé la fusion dans les CISSS et les CIUSSS que déjà le ministre veut lancer le réseau dans une série de nouvelles réformes, ça n’a pas de bon sens », conclut Jean Lacharité.

        À propos de la CSN

        Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

        Les moisissures et l’amiante imposent un déménagement

        Des spécialistes de la prévention des maladies doivent travailler dans un immeuble loué dans le Parc La Fontaine, insalubre, plein de moisissures et d’amiante. Après un an et demi d’exposition continue aux moisissures, des employés ont développé des maladies pulmonaires. Certains ont fait des réclamations à la CSST. Cette situation est d’autant plus difficile à comprendre qu’il existe une solution moins coûteuse à portée de main. Le gouvernement possède en effet un édifice vide, celui qui servait à l’Agence de santé et de services sociaux, qui se trouve à six minutes de marche! Le CIUSSS Centre-Est-de-l’Île-de-Montréal, dont fait maintenant partie la Direction de la santé publique de Montréal, est l’employeur qui loge ce personnel au 1301, rue Sherbrooke est dans le pavillon La Fontaine.

        Propriété de la Ville de Montréal, ce pavillon héberge aussi une garderie qui relève de l’UQAM et des travailleurs de l’arrondissement qui veillent à l’entretien du parc. C’est environ 500 personnes au total. Depuis le verglas de 1998, de nombreuses infiltrations d’eau ont abîmé l’édifice, maintenant contaminé de moisissures. Il a fallu qu’un plafond s’effondre pour qu’on s’intéresse à l’état de santé du personnel et à celui du bâtiment. C’était en janvier 2014. Les moisissures, visibles à plusieurs endroits, et les mauvaises odeurs font croire qu’une inspection approfondie de l’enveloppe du bâtiment alourdirait le constat. Aux prises avec des coupures budgétaires de 30 %, l’administration de la santé publique a décidé de sous-louer un des locaux. Le 22 juin et le 17 juillet arrivaient donc 42 nouveaux employés du CIUSSS. Aussitôt installés, certains d’entre eux ont développé des symptômes, les forçant à changer de local.

        Avec le temps, d’autres risquent de développer, eux aussi, des problèmes de santé. La Ville de Montréal effectuera des travaux majeurs dès cet automne, ce qui entraînera la fermeture de deux ailes du pavillon : amiante et moisissures obligent. Si le passé est garant de l’avenir, il y a lieu de s’inquiéter. En effet, entre 2000 et 2014, des travaux qui auraient dû se faire en « condition amiante » ont été réalisés sans que les règles n’aient été respectées. Une douzaine d’événements documentés révèlent que le personnel de santé publique a été ainsi exposé aux poussières d’amiante, parfois sur plusieurs mois.

        Une solution à moindre coût

        « Pourquoi ne pas relocaliser le personnel maintenant que l’édifice de l’ancienne Agence de santé est vide ? Le gouvernement pourrait mettre fin à un bail coûteux tout en réglant des problèmes de santé », affirme Nancy Corriveau, présidente du Syndicat des technicien-nes et des professionnel-les de la santé et des services sociaux du Québec-STEPSSSQ (FP–CSN). L’ancienne Agence, située rue St-Denis, compte encore aujourd’hui quelque 500 espaces de bureaux équipés. D’importantes économies seraient possibles pour l’employeur, tant avec la fin du bail avec la Ville qu’avec la diminution du nombre d’absences pour maladies professionnelles.

        Conflit d’intérêt

        Le déménagement, bien qu’il soit le meilleur moyen de protéger la santé des travailleurs, ne fait curieusement jamais partie des solutions envisagées par l’employeur ou la CSST. La CSST a plutôt émis de nombreuses dérogations et demandes de correction, mais a également accepté de nombreux délais pour s’y conformer. Les problèmes persistent toujours. « Depuis le début de cette affaire, plutôt que de faire appel à une expertise externe pour évaluer l’impact sur la santé de l’état de ses propres locaux, le directeur de santé publique, Richard Massé, a persisté à se placer dans une situation où il est juge et partie », dénonce Michel Tremblay, président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), dont fait partie le STEPSSSQ. L’absence d’un avis externe neutre qui se prononcerait sur les risques liés à l’immeuble fait en sorte que la CSST utilise encore une approche au cas par cas. La CSN réclamait déjà une action immédiate dans ce dossier en mars 2014. « On ne peut plus laisser moisir la situation, il est grand temps d’agir », ajoute Michel Tremblay.

        À propos

        La Fédération des professionnèles (FP) compte quelque 8 000 membres qui oeuvrent dans plusieurs secteurs, dont celui de la santé et des services sociaux. Le STEPSSSQ (FP-CSN) représente 2 400 techniciens-nes et professionnels-les de la santé et des services sociaux œuvrant dans différentes missions, dont les directions de santé publique.

        Les employé-es veulent que leur travail soit reconnu à sa juste valeur

        Le travail des syndiqué-es du CJE de la Capitale Nationale n’obtient pas la reconnaissance salariale qu’il mérite par l’employeur qui persiste avec des offres d’augmentation salariale anémiques pour les trois prochaines années.

        Les employé-es du CJE ont donc manifesté, le 22 juin, devant leur lieu de travail, pour protester contre ce manque de reconnaissance de l’employeur. « Notre CJE a été choisi pour jouer un rôle pivot dans la nouvelle politique jeunesse du Québec. Le premier ministre Couillard était d’ailleurs sur place la semaine dernière pour faire l’annonce de la politique à venir. Le Syndicat ne comprend donc pas pourquoi cette excellente nouvelle, qui assure un brillant avenir à notre organisme, ne s’accompagne pas d’offres à la hauteur de la valeur du travail accompli chaque jour avec les jeunes que nous aidons », indique Hugo Fleury, président du Syndicat des employé-es du Carrefour jeunesse-emploi (CSN), qui représente une trentaine de membres. De par ce nouveau rôle dans la politique jeunesse, qui s’articulera autour de quatre axes dont l’entrepreneuriat, la persévérance scolaire et la participation citoyenne, le CJE pourra améliorer son financement. L’employeur dispose par ailleurs déjà d’un coussin qui permettrait de financer toute la demande syndicale d’augmentation de 2,2 % par année.« Nous ne comprenons absolument pas pourquoi le blocage persiste à la table de négociation », ajoute le président.

        « Le CJE joue un rôle clé pour les jeunes de la région de Québec. D’ailleurs une place accrue et des responsabilités supplémentaires incombent maintenant au CJE de Québec suite à l’abolition du Forum Jeunesse de région de la Capitale Nationale. Il faut que le gouvernement soit cohérent », insiste Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CSN), qui accompagnait les syndiqué-es du CJE le 22 juin.

        « Les demandes du CJE sont très raisonnables. En fait, il n’y a aucune raison valable pour refuser aux employé-es de CJE un salaire équivalant à ceux qui font un travail similaire dans la fonction publique », ajoute Michel Tremblay, président de la FP-CSN.

        À propos

        La Fédération des professionnèles (FP-CSN) compte quelque 8 000 membres qui oeuvrent dans plusieurs secteurs, dont certains CJE.

        Aller simple assuré à l’urgence

        Les organisations syndicales représentant les psychologues du réseau public de la santé et des services sociaux (l’APTS, la FP–CSN, la FSSS–CSN, le SQEES–FTQ et la CSQ), ainsi que diverses organisations de la société civile, tirent la sonnette d’alarme : l’abolition de la prime de rétention versée aux psychologues aggravera le problème d’accessibilité aux services psychologiques pour la population québécoise. Résultat : des gens vulnérables sont laissés sur le carreau, tandis que d’autres passent carrément par l’urgence pour recevoir des soins. Pour les organisations syndicales, le gouvernement n’a pas mesuré les conséquences de sa décision unilatérale sur l’attente aux urgences, l’alourdissement du fardeau des groupes communautaires, mais surtout sur les personnes les plus vulnérables de notre société.

        Face au manque d’écoute du gouvernement, les psychologues se mobilisent aujourd’hui et demain devant divers établissements partout au Québec afin de sensibiliser la population sur les effets désastreux du retrait de la prime et inciter le gouvernement à changer de cap « Quand on regarde les conditions offertes dans le secteur privé, il est clair que c’est par conviction, par choix personnel, que les psychologues du réseau public y font carrière. Nous aurons un problème majeur si la situation se détériore au point où les jeunes psychologues, comme les plus expérimentés, jugeront les sacrifices trop importants pour travailler le secteur public », ont résumé les porte-parole des organisations syndicales aujourd’hui à l’occasion d’un rassemblement devant l’établissement Notre-Dame du CHUM. Étaient notamment présents : la vice-présidente de l’APTS, Martine Robert, le président de la FSSS–CSN, Jeff Begley, la porte-parole de la FP–CSN et psychologue au CHU Sainte-Justine, Dominique Pallanca, ainsi que le vice-président de la CSQ, Pierre Jobin.

        Rappelons que cette mesure de rétention, retirée le 30 mars dernier, avait pour objectif d’inciter les psychologues à demeurer dans le réseau public. Sans cette mesure, le gouvernement reconnaissait lui-même que les psychologues se tourneraient vers le privé, entraînant du même coup une inévitable baisse de l’accessibilité aux soins psychologiques publics et une importante perte d’expertise dans le réseau. Or, les problèmes d’accès aux services de psychologues sont déjà bien réels. Les conséquences sont majeures tant au niveau de la santé publique que de la gestion. Les personnes qui ne peuvent consulter un psychologue du réseau public au moment où elles en ont besoin peuvent voir leur santé mentale et physique se dégrader, ce qui entraîne toutes sortes de conséquences sociales, dont une augmentation de l’itinérance.

        Unknown-11

        Pour les organisations syndicales, le gouvernement cherche à réaliser des économies sur le dos des plus vulnérables. À long terme toutefois, cela coûtera plus cher, car les personnes qui ne peuvent recevoir les services de psychologues se tourneront vers les urgences des grands centres hospitaliers qui, on le sait, sont déjà surchargées.

        Les groupes communautaires sous pression

        Quelques représentants d’organismes d’aide ont pris la parole aux côtés des représentants syndicaux. Le coordonnateur du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), Pierre Gaudreault, considère que l’accès à des services psychologiques dans le secteur public est essentiel. « Depuis plusieurs années, nous plaidons pour qu’on agisse en amont. La prévention demeure le meilleur moyen afin de venir en aide aux personnes itinérantes. Déjà, l’accueil et les services offerts dans le réseau de la santé et des services sociaux sont déficients et malheureusement souvent mal adaptés aux défis particuliers que représente cette population marginalisée. L’accessibilité aux services publics est névralgique ».

        De son côté, le Réseau alternatif et communautaire des organismes en santé mentale de l’île de Montréal (RACOR) déplore que les politiques d’austérité du gouvernement prennent encore une fois pour cible des personnes parmi les plus vulnérables. « L’austérité, en santé mentale, cela veut dire plus de gens en détresse! On entend moins parler des listes d’attente en santé mentale et pourtant elles sont bien réelles, tout comme leurs conséquences pour les personnes à la recherche d’aide. Le réseau public ne peut miser uniquement sur la médicalisation des problèmes de santé mentale; les services de psychologie doivent faire partie des réponses offertes. Ces coupes entraînent également un alourdissement pour les organismes communautaires qui n’ont pas les ressources nécessaires pour répondre adéquatement aux demandes », explique la directrice générale du réseau, Julie Nicolas.

         

        Des édifices passent avant les jeunes vulnérables

        Le Syndicat des professionnèles, des techniciennes et des techniciens de l’Outaouais (SPTO-FP-CSN) dénonce fermement l’orientation des Centres jeunesse de l’Outaouais qui coupent des services aux jeunes vulnérables pour se donner les moyens de financer de nouveaux bâtiments.

        La direction a notamment supprimé un poste de psychoéducateur et sept postes d’agents en relations humaines responsables de première ligne, et donc en charge de donner suite aux nombreux signalements de jeunes en détresse. « C’est une perte énorme d’expertise à des postes névralgiques pour les jeunes », affirme Martin Leblanc, président du SPTO-FP-CSN, qui rappelle que les Centres jeunesse de l’Outaouais subissent une 3e année de coupes budgétaires pour un total de 2 M$.

        « C’est d’autant plus choquant que l’administration a réussi à mettre 4,1 M$ de côté, alors même qu’elle diminuait la qualité des services », ajoute Martin Leblanc, qui attribue cette double manœuvre à la volonté de la direction de construire de nouveaux bâtiments sans avoir de budgets spécifiques pour le faire. Ces nouveaux locaux amélioreraient les conditions d’hébergement des jeunes, mais le SPTO estime qu’il ne faut pas les financer au détriment des services actuels. « Il est déplorable que le centre jeunesse se prive des professionnels les plus qualifiés dans chacun des secteurs d’intervention pour faire des économies sur le dos des jeunes », insiste Michel Tremblay, président de la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

        L’absence du psychoéducateur, le dernier qui était en poste, fait en sorte que les éducateurs ou les agents d’intervention n’ont plus d’expert à consulter dans les situations de violence entre les jeunes, de jeunes qui se font violence eux-mêmes ou qui s’en prennent au personnel. Cette perte est d’autant plus cruciale que le remplacement, au cours des dernières années, de plusieurs éducateurs par des agents d’intervention est venu diminuer l’expertise terrain dans ce type de situations. Sans surprise, le personnel constate une augmentation significative de la violence dans les centres d’hébergement depuis trois ou quatre ans.

        Équité régionale

        « Il est irresponsable de risquer l’avenir de jeunes de l’Outaouais parce que le gouvernement refuse de consacrer les fonds nécessaires à mettre les centres jeunesse de la région à niveau avec ceux d’autres régions du Québec », affirme Michel Quijada, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CSN).

        À propos

        La Fédération des professionnèles (FP-CSN) compte quelque 8 000 membres qui oeuvrent dans plusieurs secteurs, dont ceux de la santé et services sociaux. Le Syndicat des professionnèles, des techniciennes et des techniciens de l’Outaouais (FP-CSN) SPTO-FP-CSN représente près de 400 membres. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais regroupe plus de 10 000 membres et près de 70 syndicats sur tout le territoire de la région.

        Les femmes de Lanaudière sont les principales victimes

        Les coupes budgétaires, seulement en santé et services sociaux, ont atteint 13,5 M$ en 2014-2015 pour l’ensemble de Lanaudière. Les mauvaises nouvelles ne sont par ailleurs pas terminées puisque le dernier budget Leitao prévoit une augmentation de l’enveloppe du ministère de seulement 1,4 % qui sera accaparé en majorité par la hausse salariale déjà négociée avec les médecins.

        « Les femmes sont les premières visées par ces compressions puisqu’elles occupent la grande majorité des emplois salariés dans le réseau de la santé et des services sociaux et qu’elles subissent aussi les baisses de services comme citoyennes », avance Francine Ranger, présidente du Conseil central de Lanaudière – CSN. La présidente ajoute que Lanaudière faisait déjà partie des trois régions où il manque le plus de ressources en santé et services sociaux au Québec. Si l’on se compare à la dépense de référence, on constate en effet un retard de 4,7 % en dépenses dans les programmes de santé et services sociaux en 2014-2015. Alors qu’il faudrait un rattrapage, le gouvernement compresse encore.

        « Les impacts de coupes budgétaires dans les services de santé et d’éducation peuvent toucher davantage les femmes que les hommes lorsque des services publics ne sont plus offerts. Les rôles sociaux sont encore largement découpés selon les sexes et les femmes sont en effet plus souvent responsables des tâches entourant les soins aux autres dans la sphère privée », fait valoir Flavie Trudel, militante de la CSN dans Lanaudière et enseignante au cégep régional. Cette dernière a recensé plusieurs coupes récentes du gouvernement Couillard qui touchent particulièrement les femmes : abolition de la CRÉ (19 des 22 employés étaient des femmes), hausse des tarifs des CPE qui peut se traduire par la décision de plusieurs femmes (plus bas salaire du couple ou rôle plus rattaché aux enfants) de quitter leur emploi, réduction des effectifs au niveau du Conseil du statut de la femme, coupe dans les commissions scolaires, dans l’aide aux devoirs et dans les programmes des groupes communautaires (dont ceux qui s’occupent des victimes de violence conjugale), etc.

        Coup dur pour la prévention en santé

        Les femmes et toute la population seront également affectées par le démantèlement aveugle de l’instance chargée de la santé et services sociaux. L’abolition de l’Agence régionale de la santé de Lanaudière, combinée à une coupe de 30 % du budget consacré à la santé publique cette année, ne feront rien pour améliorer les mesures de prévention en santé. Or, la prévention est le moyen le moins coûteux de désengorger les urgences et la première ligne de soins.

        « La fin des agences donne lieu à des aberrations dans Lanaudière. Par exemple, on replace une sociologue de formation spécialisée depuis plusieurs années dans la planification régionale des services en santé mentale comme intervenante auprès de jeunes ayant fait des tentatives de suicide. La réforme Barrette vise plus à créer d’immenses structures centralisées qu’à aider les usagers », indique Louise Lemire, présidente de la section locale du Syndicat des technicien-nes et des professionnel-les de la santé et des services sociaux du Québec-STEPSSSQ (FP-CSN), affilié à la Fédération des professionnèles (FP-CSN). Le STEPSSSQ tient d’ailleurs son conseil syndical provincial à Joliette aujourd’hui et demain.

        À propos

        Le Conseil central de Lanaudière – CSN regroupe les syndicats CSN sur le territoire de Lanaudière. Il représente 84 syndicats et plus de 14 000 membres dans tous les secteurs d’activité, dont 8 syndicats dans le transport scolaire (400 membres). La Fédération des professionnèles (FP-CSN) compte quelque 8 000 membres qui oeuvrent dans plusieurs secteurs, dont ceux de la santé et services sociaux et du développement régional et local (CLD, CRÉ, et CDEC). Le STEPSSSQ (FP-CSN) représente 2 400 techniciens-nes et professionnels-les de la santé et des services sociaux œuvrant dans différentes missions : Centre hospitalier universitaire, CSSS, Centres de réadaptation et (ex) Agences de la santé et des services sociaux. Ses membres sont originaires de 12 établissements du réseau répartis dans 6 régions du Québec.

        Les travailleurs des CLD bafoués

        Sous le bâillon, à la dernière minute, le gouvernement libéral a décidé de retirer un droit fondamental aux travailleuses et travailleurs des centres locaux de développement (CLD).

        En effet, la nouvelle loi 28 tente de se débarrasser des conventions collectives de certains CLD. Ces dernières ne pourraient pas être transférées dans les villes ou les MRC qui embaucheront les experts en développement régional en provenance de CLD. Rappelons que l’article 45 du Code du travail stipule pourtant que la convention collective devrait suivre dans le cas où les travailleurs effectuent une mission semblable pour un nouvel employeur.

        Une disposition similaire pour les syndiqués des CRÉ était déjà incluse dans la version initiale du projet de loi. Avec la nouvelle loi, ces conférences régionales des élus (CRÉ) pourront être remplacées par des tables locales de gestion intégrée des ressources du territoire qui seront directement sous la responsabilité du ministre des Affaires municipales. La mission sera probablement similaire, mais avec une plus grande centralisation des décisions.

        « En plus de détruire le modèle québécois de développement local et régional, ce gouvernement ne semble pas tenir en haute estime les droits des travailleurs », affirme Lucie Dufour, secrétaire générale de la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

        À propos

        La Fédération des professionnèles (FP) compte quelque 8 000 membres qui oeuvrent dans plusieurs secteurs, dont celui du développement régional et local (CLD, CRÉ et CDEC).

        Rationnement des services par la statistique

        La Fédération des professionnèles (CSN) craint fortement que la gestion très centralisée introduite par la réforme Barrette s’accompagne d’un rationnement des services offerts à la population en se basant sur les statistiques incomplètes qui sont compilées en ce moment.

        La FP dénonce surtout le fait que les interventions qui ne sont pas réalisées directement avec les patients ne sont pas prises en compte dans les statistiques. À titre d’exemple, il n’est pas financièrement intéressant pour un établissement de santé et de services sociaux de faire des interventions à domicile auprès des proches aidants d’un patient qui souffre de l’Alzheimer. C’est pourtant essentiel ! Le temps consacré par un ergothérapeute à trouver les équipements nécessaires aux besoins d’adaptation d’une personne handicapée n’est pas non plus valorisé dans les statistiques. Même phénomène pour une travailleuse sociale qui cherche de l’hébergement pour une personne en détresse. De par sa nature, le travail technique et professionnel est plus souvent effectué en l’absence du patient par rapport à celui des infirmières ou des médecins. Il est donc considéré comme ayant moins de « valeur ajoutée » par les statistiques exigées par le ministère de la Santé et des Services sociaux. En plus, cette méthode dévalorise certaines parties du travail des techniciens et des professionnels.

        « Si on ne comptabilise pas certains actes de professionnels ou de techniciens et que le financement est basé sur ces chiffres-là, on se dirige vers une importante coupe de services à la population », explique Danny Roy, responsable du dossier de l’organisation du travail à la Fédération des professionnèles (FP-CSN), qui ajoute que ce problème sera bientôt accentué par la création des immenses CISSS de la réforme Barrette, dont les administrateurs seront encore plus loin des réalités du terrain et gèreront surtout avec des statistiques et des quotas.

        « À cause de ces mauvaises données, qui ne reflètent pas la réalité, le financement à l’activité prévu par le ministre Barrette risque d’échapper des pans entiers de services professionnels qui sont mal comptabilisés », ajoute Michel Tremblay, président de la FP-CSN, qui dénonce aussi l’absence de détails sur le financement à l’activité qui est annoncé par le ministre Barrette comme faisant partie des étapes à venir de sa réforme.

        La FP estime que certains établissements de santé et de services sociaux pourraient être tentés d’adapter leurs rapports statistiques de façon à mieux tenir compte de cette réalité vécue sur le terrain et qui n’est malheureusement pas captée par la méthode imposée par le ministère pour la reddition de compte. « Il ne s’agirait pas de gonfler les chiffres, mais de les rendre fidèles au travail réel », conclut Danny Roy.

        À propos

        La Fédération des professionnèles (FP) rassemble plus de 8000 professionnèles, techniciennes et techniciens oeuvrant dans différents secteurs d’activité, dont celui de la santé et des services sociaux.

        L’expertise en développement économique en danger

        Tout comme les autres régions, Montréal se voit imposer par le gouvernement du Québec une coupe majeure dans le soutien à son développement économique. Malgré cette contrainte importante, la métropole du Québec aurait tout intérêt à conserver le maximum d’experts déjà en place, notamment dans les CDEC, qui ont une connaissance approfondie du territoire et de ses entreprises.

        « Plusieurs municipalités, dont Laval, ont choisi de conserver les organisations et les experts en développement qui étaient en place pour appuyer leur développement économique local. Montréal devrait s’en inspirer plutôt que de repartir de zéro. Tout comme dans les régions du Québec, plusieurs quartiers de Montréal ont cruellement besoin de leur organisme de développement économique communautaire », estime Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN et présidente de la Corporation de développement économique communautaire (CDEC) Centre-Sud/ Plateau Mont-Royal.

        Pour le moment, Montréal a annoncé un redécoupage territorial pour réduire de 18 à 6 le nombre d’organisations locales de développement, mais n’a pas encore confirmé quel sera le point d’ancrage de ces organisations à but non lucratif. On ne sait encore rien non plus du nombre d’experts qui pourront œuvrer dans ces points de service pour l’ensemble des arrondissements de Montréal. Si le pacte fiscal est appliqué tel quel, cela signifierait la perte de plus de 50 % de près de 200 spécialistes du développement.

        Ce pacte fiscal est cependant transitoire pour une année et fait passer le financement provincial au développement économique local de Montréal de 13 M$ à 7,5 M$. « La Ville pourrait faire plus pour son développement. En injectant 5 M$, il y aurait facilement moyen de conserver l’expertise», insiste Lucie Dufour, secrétaire générale de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), qui représente six syndicats de CDEC. Dans un an, il serait même possible de revoir le pacte fiscal et de négocier pour récupérer certaines sommes de Québec.

        Ma CDEC, j’y tiens

        Conserver des CDEC en place comme point de service peut se justifier pleinement en se basant sur des critères objectifs d’efficacité des structures, d’atteintes des cibles, de complémentarité des services comme ceux reliés à l’employabilité et d’enracinement dans la communauté. « Si on ne se fie pas à des critères objectifs et qu’on repart à zéro, le développement économique de Montréal et le lien avec les communautés en souffriront pendant des années, et ça, on ne peut pas se le permettre, surtout dans le contexte actuel», estime Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain CSN. Cette dernière insiste aussi sur l’importance de l’approche de développement économique communautaire propre aux CDEC. Cette vision risque d’ailleurs de se perdre dans les nouvelles structures ébauchées par la Ville si aucun lien avec les CDEC n’est conservé. La gouvernance prévue par la Ville pour ses six nouveaux organismes est en effet presque complètement entre les mains du milieu des affaires.

        Les conseils d’administration actuels des CDEC, composés de représentants de divers milieux – d’affaires, communautaire, syndical, institutionnel et de la population – sont représentatifs de leur communauté. C’est cet ancrage local qui permet une participation réelle de la communauté aux orientations, aux actions et aux projets de développement des CDEC, dont certaines existent depuis 30 ans.

        85 % de réussite

        Plusieurs projets montréalais ont bénéficié au fil des années des conseils de leur CDEC pour démarrer ou croître. Le cinéma Beaubien, le Petit Medley, le Plaza St-Hubert, le développement du canal de Lachine, la revitalisation de la rue Notre-Dame Ouest, la Tohu, Ateliers créatifs de Montréal, Crudessence et plusieurs autres ont bénéficié des conseils et du soutien de leur CDEC locale.

        Les entreprises accompagnées ont d’ailleurs un taux de survie après 5 ans de 85 % contre seulement 35 % pour celles qui n’ont pas de soutien. En 2013-2014 seulement, les CDEC de Montréal ont contribué à la création de 498 entreprises et offert un soutien technique à 3388 d’entre elles. Un investissement de 3,7 M$ des CDEC a généré 29 M$ dans le développement de Montréal. Pour cette période, près de 10 000 emplois ont été créés ou maintenus.

        Lors de l’évènement Je vois mtl de l’automne dernier, les CDEC avaient d’ailleurs obtenu des félicitations. Denis Coderre y avait d’ailleurs confirmé son intention de collaborer avec les CDEC et les CLD pour le développement économique local. C’est maintenant le temps d’agir.

        À propos

        Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs.

        La Fédération des professionnèles (FP) compte parmi ses membres des personnes occupant un des plus larges éventails de disciplines et professions. Les syndicats qu’elle regroupe représentent plus de 8000 professionnèles, techniciennes et techniciens oeuvrant dans différents secteurs d’activité, dont les CDEC et les CLD.

        Le développement économique de Montréal est en jeu

        Le maire de Montréal doit décider d’ici la fin du mois du sort des corporations de développement économique et communautaire (CDEC) et des centres locaux de développement (CLD) de la métropole du Québec. On ne sait toujours pas combien d’organismes de développement économique seront conservés ni dans quels arrondissements ils seront situés, encore moins combien d’experts en développement pourront préserver leur emploi.

        « C’est aberrant de voir que le gouvernement libéral s’apprête à désorganiser le soutien au développement économique de tout le Québec sans avoir un plan bien défini et une expertise déjà en place pour prendre le relais efficacement. Ce qui arrive au développement économique montréalais est inacceptable », déplore Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN. Rappelons que le gouvernement du Québec a diminué de plus de 50 % sa contribution aux municipalités en ce qui concerne le développement régional, et que le projet de loi 28 prévoit par ailleurs de faire passer de 18 à 6 le nombre d’organisations qui se consacrent au développement économique sur le territoire montréalais. L’austérité met donc des bâtons dans les roues des entreprises en devenir ou qui planifiaient des projets de croissance.

        « Les coupes de plus de la moitié du budget consacré au développement régional vont empêcher de réaliser autant d’accompagnements et de suivis de projets de PME, qui sont pourtant vitaux pour l’économie des arrondissements de Montréal », insiste Lucie Dufour, secrétaire générale de la Fédération des professionnèles CSN et responsable du dossier du développement régional à la Fédération. Il faut savoir que chaque arrondissement de Montréal possède pour le moment une CDEC ou un CLD, ce qui permet d’assurer un service de proximité aux entrepreneurs, tout en étant à l’écoute des besoins des communautés locales. « On va perdre du temps à se réorganiser plutôt que de développer notre métropole. La CSN demande donc au gouvernement de maintenir le modèle de développement économique local et régional ainsi que les organisations – CLD, CDEC, CRÉ – qui ont fait leurs preuves. C’est dans ce sens qu’elle interviendra à la commission parlementaire sur le projet de loi 28 », ajoute Véronique De Sève.

        « Il serait extrêmement dommage de sacrifier toutes ces années de travail avec une réforme improvisée sur fond d’austérité. La ville de Montréal doit prendre le temps de considérer les meilleures options pour l’avenir de son développement économique », avance Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain.

        Réunis le 22 janvier, les membres des syndicats de CDEC ont adopté des principes pour la reconfiguration des territoires desservis par le développement local et régional : vision de développement économique communautaire, autonomie de gestion, processus démocratique, culture d’innovation et de développement et maintien des expertises. Ils demandent au maire de Montréal, Denis Coderre, de tenir compte de ces principes.

        À propos

        Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

        La Fédération des professionnèles (FP) compte parmi ses membres des personnes occupant un des plus larges éventails de disciplines et de professions. Les syndicats qu’elle regroupe représentent plus de 8000 professionnèles, techniciennes et techniciens œuvrant dans différents secteurs d’activité, dont les CDEC et les CLD.

        La CSN émet certaines réserves

        La Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) et la Fédération des professionnèles (FP-CSN) ont pris connaissance du rapport du chantier sur la politique de financement des universités, coprésidé par Mme Hélène P. Tremblay et M. Pierre Roy, rendu public par le ministre Bolduc le 12 décembre dernier.

        D’entrée de jeu, la vice-présidente de la CSN responsable du dossier de l’éducation, Mme Véronique de Sève, indique que « si nous partageons certains objectifs et principes mis de l’avant dans le rapport, nous déplorons le fait que le mandat du chantier ne lui ait pas permis de faire une évaluation des besoins, du niveau de financement ni de l’ensemble des sources de revenus à privilégier, des questions pourtant au cœur des débats du printemps érable et des discussions entourant le Sommet sur l’enseignement supérieur ».

        En outre, le ministre Bolduc a déjà annoncé la création d’un comité d’experts pour la mise en œuvre de certaines recommandations, et ce, dès 2016-2017, alors que « nous souhaitions la mise en place d’un comité permanent sur la politique de financement dont la composition serait représentative de l’ensemble de la communauté universitaire, nous ne savons pas qui fait partie de ce comité, ni de quelles recommandations il s’agit », regrette la vice-présidente de la CSN.

        De plus, « on peut se questionner sur la stratégie gouvernementale qui a entouré de secret le contenu de ce rapport, qui a séjourné dans le bureau du ministre pendant près de six mois », soutient Mme Marjolaine Côté, vice-présidente-trésorière de la FEESP-CSN.

        La présidente de la FNEEQ, Mme Caroline Senneville, salue le fait que le rapport propose de nouvelles avenues intéressantes quant à la subvention de fonctionnement, dont le statut d’étudiants à temps partiel pour le financement du soutien à l’enseignement et à la recherche. « Ces étudiants constituent aujourd’hui plus de 50 % des étudiants universitaires selon un récent avis du Conseil supérieur de l’éducation », a-t-elle indiqué. Elle s’interroge par ailleurs au sujet de l’année de référence utilisée pour établir la formule de répartition des subventions. « Même si les auteurs recommandent une révision à tous les quatre ans, si l’année de référence en est une où des compressions étaient imposées, cela fausse les données » , assure Mme Senneville. « Nous croyons que les étudiants étrangers ne devraient pas être perçus comme une source de financement lucrative », indique pour sa part le président de la FP-CSN, M. Michel Tremblay. Or, les mesures de tarification proposées par les auteurs du rapport, si elles sont mises en œuvre, risquent de contribuer davantage à la course à ces « clientèles » et d’amplifier les iniquités entre les universités dans les grands centres, notamment les établissements anglophones, et les universités en région. Ainsi, la proposition de moduler les droits des étudiants étrangers en fonction des programmes nous fait également craindre une ouverture en ce sens pour les droits de scolarité des étudiants québécois.

        En ce qui concerne les frais institutionnels obligatoires (FIO), les organisations saluent la volonté de recourir à une nomenclature commune ainsi que le retour aux trois paliers en vue de réduire les écarts entre les établissements. Cependant, elles estiment que l’évolution des FIO doit être indépendante de la hausse des droits de scolarité.

        Enfin, il importe de rappeler que la nouvelle répartition du financement ne doit pas avoir pour effet de réduire le financement d’un établissement.

        La CSN et ses organisations affiliées insistent sur la nécessité que le Québec se dote d’une nouvelle politique des universités et dresse un portrait détaillé des besoins en enseignement universitaire. « L’Université est un service public et le gouvernement doit lui accorder toute l’importance requise », concluent les porte-parole.

        À propos de la CSN, de la FNEEQ-CSN et de la FP-CSN

        La Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

        La Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN) regroupe 425 syndicats affiliés représentant plus de 56 000 syndiqué-es travaillant dans les secteurs public et parapublic.

        La Fédération nationale des enseignants et des enseignantes du Québec (FNEEQ-CSN) regroupe plus de 33 000 membres, dans les cégeps, les établissements privés et les universités. Elle est l’organisation syndicale la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec.

        La Fédération des professionnèles (FP-CSN) représente plus de 8000 professionnèles, techniciennes et techniciens, œuvrant dans différents secteurs d’activité.

        Les sages-femmes poursuivent leur démarche auprès du gouvernement afin de réintégrer les conseils d’administration des CISSS

        L’Ordre des sages-femmes du Québec (OSFQ) et le Regroupement Les Sages-femmes du Québec (RSFQ) entendent aller au bout de leur démarche auprès du gouvernement afin de réintégrer les conseils d’administration des futurs Centres intégrés de santé et services sociaux (CISSS). Après avoir déposé un mémoire devant la Commission de la santé et des services sociaux, demandé à rencontrer le ministre, envoyé des lettres à tous les députés de l’Assemblée nationale, les sages-femmes n’entendent pas baisser les bras.

        «L’exclusion des sages-femmes des conseils d’administration des CISSS a eu l’effet d’une douche froide sur l’ensemble des professionnelles. Nous n’avions pas envisagé un tel désaveu pour la profession, encore moins sous ce gouvernement libéral qui promettait à la population, il y a moins d’un an, plus de maisons de naissance et un meilleur accès aux services de sage-femme », se désole Marie-Ève St-Laurent, présidente de l’Ordre des sages-femmes du Québec.

        Le ministre de la Santé est demeuré intransigeant face à l’amendement proposé par l’opposition en faveur du maintien des conseils des sages-femmes aux conseils d’administration. Il a basé sa décision sur la taille des CA plutôt que sur la qualité de l’expertise professionnelle que les membres desdits conseils peuvent apporter à la prise de décision concernant l’organisation des services dans les établissements.

        Les conseils d’administration sont activement impliqués dans le développement, la priorisation et l’organisation des services offerts à la population desservie. Les sages-femmes peuvent et doivent participer à l’évaluation de ces besoins. Leur expertise unique, notamment en matière de soins à domicile et de continuité d’intervenants et de soins, doit être mise au service de la population par le biais d’une représentation au conseil d’administration.

        « Retirer les sages-femmes des conseils d’administration prive non seulement le réseau de la santé de leur expertise, mais isole encore plus ces professionnelles à l’heure où l’on demande une plus grande collaboration entre tous les intervenants. Cela n’offrira aucun gain direct au réseau de la santé et ne contribuera pas à rendre les services de première ligne plus accessibles pour la population », affirme Mme St-Laurent.

        Par cette exclusion, le conseil professionnel des sages-femmes deviendrait le seul sans représentation au conseil d’administration des CISSS. Même si des consultations ponctuelles du conseil des sages-femmes sont prévues dans la loi, celles-ci ne remplacent d’aucune façon une présence officielle au sein du conseil d’administration. Par conséquent, les sages-femmes se voient exclues d’un lieu de décision et de pouvoir qu’elles occupent légitimement depuis 1999.

        « Comme le prescrit la loi, aucun autre conseil professionnel ne peut remplacer la voix des sages-femmes sur les conseils d’administration. Leur haut niveau de responsabilité de même que leur autonomie professionnelle, deux éléments enchâssés dans la loi depuis la légalisation de la profession, justifient sans équivoque leur présence aux conseils d’administration », explique Claudia Faille, présidente du Regroupement Les sages-femmes du Québec.

        Les sages-femmes reçoivent cette décision comme un message clair envoyé de la part du ministre de la Santé, elles ne font plus partie à part entière du réseau de la santé et elles s’inquiètent pour l’avenir de leur profession. Pourtant, les sages-femmes ne parviennent plus, depuis déjà quelques années, à répondre à la demande des femmes et des familles du Québec.

        Le maintien d’une présence sage-femme au conseil d’administration des CISSS constitue un enjeu considérable pour l’autonomie et la contribution au réseau de la santé de la profession sage-femme. C’est pourquoi les sages-femmes vont poursuivre leur mobilisation et exiger que le ministre de la Santé les maintienne aux conseils d’administration des CISSS.

        « Philippe Couillard lui-même a joué un rôle majeur dans l’avancement de la profession, via, entre autres, la Politique de périnatalité 2008-2018, alors qu’il était ministre de la Santé. Le projet de loi 10 est l’occasion pour ce gouvernement libéral de réitérer l’importance du rôle des sages-femmes au sein du réseau de la santé. La présence des sages-femmes doit être maintenue aux conseils d’administration », conclut Mme Faille.

        Le Mémoire sur le projet de loi no 10 peut être consulté en ligne, sur le site de l’Ordre des sages-femmes du Québec : http://www.osfq.org/wp-content/uploads/2014/12/MEMOIRE-OSFQ-RSFQ-PL10_13nov2014_final-LG.pdf

        À propos de l’Ordre des sages-femmes du Québec

        Fondé en 1999 après l’entrée en vigueur de la Loi sur les sages-femmes du Québec, l’Ordre des sages-femmes du Québec a pour mission d’assurer la protection du public en voyant à l’encadrement, au développement professionnel et au respect des obligations déontologiques et réglementaires des sages-femmes au Québec. Il compte plus de 160 membres qui offrent un suivi de maternité sécuritaire et complet, entièrement gratuit pour les femmes détentrices d’une carte de la Régie de l’assurance maladie du Québec. Seules les membres de l’OSFQ peuvent porter le titre de sage-femme et poser les actes qui sont définis par la loi. L’Ordre des sages-femmes du Québec, tout comme la profession, célèbre cette année son quinzième anniversaire. www.osfq.org

        À propos du Regroupement Les Sages-femmes du Québec

        Le Regroupement Les Sages-femmes du Québec est l’association professionnelle des sages-femmes depuis 1995. Il travaille au développement de la profession et de sa spécificité à l’intérieur du système de santé du Québec. Il défend le libre choix des lieux d’accouchement pour les femmes (domicile, maison de naissance ou centre hospitalier), en conformité avec les normes de pratique de la profession, ainsi que de sa philosophie de pratique. Le RSFQ a pour mission de défendre les intérêts professionnels, économiques et sociaux de ses membres. Le RSFQ est en entente de service avec la Fédération des professionnèles de la CSN depuis 2009.

        Inacceptable et irrespectueux

        L’Ordre des sages-femmes du Québec (OSFQ) et le Regroupement Les Sages-femmes du Québec (RSFQ) dénoncent l’exclusion des sages-femmes des conseils d’administration des futurs Centres intégrés de santé et services sociaux (CISSS).

        « Le gouvernement exclut les sages-femmes des conseils d’administration des CISSS, alors qu’elles siègent aux conseils des CSSS depuis 1999. C’est inacceptable et irrespectueux de sa part. Dans les dernières années, les sages-femmes ont dû se battre pour faire entendre leur point de vue chaque fois qu’une décision était prise ou qu’un comité était formé au sein du Ministère. Dans la plupart des cas, nous avons eu gain de cause, mais cette fois-ci, nous avons été carrément ignorées », déplore Marie-Ève St-Laurent, présidente de l’Ordre des sages-femmes du Québec.

        « Il est quand même ironique de constater que les nouveaux centres de santé et services sociaux que l’on veut inclusifs n’intègrent pas les sages-femmes au conseil d’administration. La pratique sage-femme offre des services de première ligne et il est impératif qu’une sage-femme puisse contribuer à la prise de décision sur l’organisation du travail et la planification de la main d’œuvre », soutient Claudia Faille, présidente du Regroupement Les Sages-femmes du Québec.

        En plus de coordonner les services offerts, les professionnels qui siègent sur les CA possèdent une connaissance inestimable des besoins de la population locale. Tous les conseils professionnels sont représentés sur les CA. Il est aberrant d’exclure les sages-femmes, et leur expertise, du processus décisionnel alors qu’elles offrent des services de proximité qui leur permet un contact direct avec la clientèle desservie.

        L’OSFQ et le RSFQ sont d’accord avec l’objectif du projet de loi qui vise à créer un réseau de soins centrés sur les besoins des patients, dans un souci de fluidité et d’efficience. Les sages-femmes font partie de la solution pour réduire les coûts liés aux interventions obstétricales. En effet, en prenant en charge les suivis des grossesses à bas risque, conjointement avec les médecins de famille, les sages-femmes rendent les médecins spécialistes en obstétriques davantage disponibles pour répondre aux besoins des femmes requérant leur expertise.

        Pour que les sages-femmes du Québec puissent continuer à faire profiter le réseau de la santé de leur expertise, et compte tenu de leur nombre restreint actuellement, il est très important que le Conseil des sages-femmes soit représenté sur les CA des CISSS et qu’une sage-femme soit responsable de la coordination et de la gestion clinico-administrative des services régionaux de sage-femme, sous l’autorité directe du PDG.

        L’Ordre et le Regroupement ont d’ailleurs tenté de faire valoir leur point devant la Commission de la santé et des services sociaux. Les deux organismes ont conjointement déposé un mémoire expliquant l’impact de la réforme telle qu’elle était présentée et proposant des amendements au projet de Loi 10 afin de minimiser l’impact des changements sur les sages-femmes et les femmes.

        Malgré plusieurs tentatives, les sages-femmes n’ont pas été en mesure de défendre leur point de vue devant la Commission. D’abord ignorées, elles ont ensuite reçu une invitation à présenter leur mémoire à deux heures de préavis… alors que trois heures de route les séparaient du lieu de présentation. Elles espéraient alors être inclues dans les 160 amendements présentés par le ministre de la Santé lundi.

        « Nous sommes consternées de voir que les sages-femmes ont été complètement ignorées dans ce dossier. Considérant que, à la suite de la réforme, très peu d’établissements n’auront pas d’équipe sage-femme sur leur territoire et que l’une des responsabilités du CA est d’effectuer des recommandations quant au développement régional sur leur territoire respectif, il est impératif de redonner un siège aux sages-femmes sur les CA », a rappelé Marie-Ève St-Laurent, présidente de l’Ordre des sages-femmes du Québec.

        À propos de l’Ordre des sages-femmes du Québec

        Fondé en 1999 après l’entrée en vigueur de la Loi sur les sages-femmes du Québec, l’Ordre des sages-femmes du Québec a pour mission d’assurer la protection du public en voyant à l’encadrement, au développement professionnel et au respect des obligations déontologiques et réglementaires des sages-femmes au Québec. Il compte plus de 160 membres qui offrent un suivi de maternité sécuritaire et complet, entièrement gratuit pour les femmes détentrices d’une carte de la Régie de l’assurance maladie du Québec. Seules les membres de l’OSFQ peuvent porter le titre de sage-femme et poser les actes qui sont définis par la loi. L’Ordre des sages-femmes du Québec, tout comme la profession, célèbre cette année son quinzième anniversaire. www.osfq.org

        À propos du Regroupement Les Sages-femmes du Québec

        Le Regroupement Les Sages-femmes du Québec est l’association professionnelle des sages-femmes depuis 1995. Il travaille au développement de la profession et de sa spécificité à l’intérieur du système de santé du Québec. Il défend le libre choix des lieux d’accouchement pour les femmes (domicile, maison de naissance ou centre hospitalier), en conformité avec les normes de pratique de la profession, ainsi que de sa philosophie de pratique. Le RSFQ a pour mission de défendre les intérêts professionnels, économiques et sociaux de ses membres. Le RSFQ est en entente de service avec la Fédération des professionnelles de la CSN depuis 2009.

        La Montérégie perdrait beaucoup dans la réforme Barrette

        Ce soir, des travailleuses et des travailleurs ainsi que des citoyennes et des citoyens montérégiens se sont réunis devant l’Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie pour signifier leur refus du projet de loi 10, présenté par le ministre Gaétan Barrette. Celui-ci entend abolir les instances de coordination régionales et centraliser l’ensemble des organismes relevant du ministère de la Santé et des Services sociaux au sein d’une seule structure mammouth pour toute la Montérégie.

        Structure mammouth

        « Si le projet de loi 10 est adopté, nous aurons dorénavant un seul centre de santé pour toute la Montérégie, de Salaberry-de-Valleyfield à Granby. Un mastodonte ingérable au sein duquel 28 000 travailleuses et travailleurs assureront soins et services pour 1,4 million de personnes, de 177 municipalités, couvrant plus de 11 000 kilomètres carrés, explique la présidente du Conseil central de la Montérégie CSN, Annette Herbeuval. Avec la réforme, les citoyennes et les citoyens perdent leur voix au chapitre. Les administrateurs actuels, bénévoles et représentatifs de la communauté, seront remplacés par des gens de l’extérieur, rémunérés et nommés par le ministre. C’est une lourde perte pour la démocratie ».

        « Tous les intervenants en commission parlementaire sur ce projet de loi ont formulé des critiques majeures. La plupart des acteurs le rejettent carrément. La seule voix qui s’est élevée pour l’appuyer est celle de la Fédération des chambres de commerce du Québec. Ce n’est pas nécessairement surprenant, puisque le Dr Barrette n’a consulté absolument personne. Il en va de notre devoir d’alerter toute la population : le gouvernement s’apprête à commettre de graves erreurs », prévient le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Jeff Begley.

        Les inquiétudes que suscite le grand bouleversement souhaité par le Dr Barrette sont nombreuses. De la réforme précédente, du Dr Couillard, retenons une longue période où les énergies furent concentrées au fonctionnement des nouvelles structures, les CSSS. On a vu le nombre de cadres augmenter deux fois plus rapidement que le personnel. Les nouvelles structures n’ont pas permis d’améliorer l’accessibilité aux services. Non seulement ces lacunes risquent-elles de s’aggraver, mais les services à la population ne seront pas améliorés. Le ministre lui-même l’a reconnu, promettant que des améliorations se feront ensuite.

        Disparition des agences

        « Au fond, c’est une recette pour permettre au ministre de concentrer plus de pouvoirs entre ses mains pour imposer plus de compression, plus de privatisation. Abolir d’un trait de crayon les organismes responsables de coordonner les services en région, de voir à la santé publique et à la prévention, ce que font les agences, est un non-sens. Ça va à contrecourant de tout ce qui se fait partout ailleurs dans le monde, où on mise sur le rapprochement des services à la population dans des structures les plus légères possible », ajoute le président de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), Michel Tremblay.

        Quant au vice-président de la FSSS-CSN pour la Montérégie, Steve St-Onge, il craint que les services sociaux de la région sortent grands perdants de la réforme. « Les budgets, l’allocation des ressources seront centralisés dans les mains de quelques décideurs qui n’auront pas nécessairement d’expertise particulière dans le domaine des services sociaux. Par exemple, quelle importance sera accordée aux besoins des Centres jeunesse, surtout les points de service plus éloignés ou des centres de réadaptation dans cette structure mammouth qui gravitera plus que jamais autour des hôpitaux des grands centres. Nous sommes inquiets pour les travailleuses et les travailleurs que nous représentons, mais aussi pour les usagères et les usagers des services. Ils n’auront jamais été aussi éloignés des lieux décisionnels ».

        À propos

        La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) et la Fédération des professionnèles (FP-CSN) représentent environ 115 000 salarié-es du réseau public de santé et de services sociaux de tous les titres d’emploi, dans tous les types d’établissements, partout au Québec. Quant au Conseil central de la Montérégie, il réunit plus de 200 syndicats CSN de tous les secteurs d’activité sur le territoire montérégien.

        Un choix irresponsable et dangereux

        La CSN dénonce avec vigueur les nouvelles coupes imposées aux réseaux universitaire et collégial. Un choix irresponsable et dangereux de la part du gouvernement libéral qui, une fois de plus, s’attaque au modèle québécois avec ses politiques d’austérité effrénées.

        Un choix irresponsable

        Pour la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), la Fédération des professionnèles (FP-CSN) et la CSN, les coupes de 20 millions de dollars dans le réseau collégial, qui s’ajoutent à celles de 109 M$ imposées depuis quatre ans, et de 30 millions pour les universités, somme qui totalise 200 M$ de compressions cette année, auront des conséquences désastreuses pour ces institutions, ceux qui les fréquentent et les salarié-es qui y œuvrent. « Il est complètement irresponsable d’imposer des coupes d’une telle ampleur aux établissements d’enseignement supérieur qui souffrent d’un financement inadéquat, et ce, en plein milieu de l’exercice financier », dénonce Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN et responsable du dossier de l’éducation.

        Une attaque frontale

        Pour la CSN et ses fédérations, s’attaquer de la sorte au réseau collégial ainsi qu’aux universités est un jeu dangereux pour l’avenir du Québec. « L’éducation est la pierre angulaire du développement du peuple québécois. Nous devons la protéger et la renforcer. En agissant de la sorte, le gouvernement de Philippe Couillard fragilise dangereusement notre système d’éducation. C’est le développement de la société qui est menacée, note Véronique De Sève. Ces compressions mettent en péril le soutien à l’apprentissage ainsi que toutes les mesures particulières visant la réussite, la persévérance et la vie socioculturelle et sportive dans les établissements. »

        Le 29 novembre à Montréal et à Québec

        La FNEEQ-CSN, la FEESP-CSN, la FP-CSN et la CSN invitent les Québécoises et les Québécois à prendre la rue massivement le 29 novembre prochain à Montréal et à Québec afin de faire comprendre au gouvernement qu’il joue à un jeu dangereux, pour lequel il n’a jamais été mandaté. « Il est encore temps d’arrêter ce gouvernement avant qu’il saccage tout ! », conclut la vice-présidente de la CSN.

        À propos

        La Confédération des syndicats nationaux (CSN) est une organisation syndicale composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

        La Fédération nationale des enseignants et des enseignantes du Québec (FNEEQ-CSN) regroupe quelque 33 000 membres, dans les cégeps, les établissements privés et les universités. Elle est l’organisation syndicale la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec. La Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN) compte plus de 400 syndicats affiliés représentant environ 55 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. La Fédération des professionnèles (F-CSN) représente plus de 8000 professionnel-les, techniciennes et techniciens, œuvrant dans différents secteurs d’activité.

        Des demandes pour une convention collective humaine et à l’image de ses membres pour la Fédération des professionnèles

        L’intérêt pour la clientèle, la réalisation d’un travail de qualité, les conditions d’exercice, les perspectives de travail et la reconnaissance sont parmi les grandes préoccupations des membres de la Fédération des professionnèles de la CSN (FP-CSN).

        « Malheureusement, on nous sert plutôt un régime draconien d’austérité, entremêlé d’un projet de loi centralisateur, le PL-10, et on relègue au second rang l’aspect humain qui est la force de nos services publics », déplore Ginette Langlois, vice-présidente de la FP-CSN, après avoir déposé les demandes de négociation sectorielle de la fédération.

        Afin de remettre les questions liées aux défis de main-d’œuvre et de mettre de l’avant des solutions pour renforcer les motivations à travailler dans le réseau de la santé et des services sociaux, la FP-CSN propose un projet rassembleur et à l’image de ses membres. « Nous souhaitons notamment que soit créé un comité local d’amélioration continue qui se pencherait sur la qualité des services offerts, le transfert d’expertise, la conciliation famille-travail, la qualité de vie au travail et l’analyse de toutes les dimensions liées aux charges de travail », poursuit Ginette Langlois.

        En plus de ce comité et en cohérence avec les demandes déposées par le Front commun, la semaine dernière, la FP-CSN soumet aujourd’hui des pistes de solutions afin d’améliorer le renouvellement et la stabilité de la main-d’œuvre, de consolider les conditions d’exercice, d’assurer la reconnaissance professionnelle et de se pencher sur tous les aspects de la santé et de la sécurité au travail. « Nos demandes sont bien plus que de simples demandes, ce sont des avenues légitimes, réalistes et réalisables que nous devrions emprunter pour améliorer le quotidien des professionnel-les, des techniciennes et des techniciens du réseau de la santé et des services sociaux », ajoute Ginette Langlois.

        La FP-CSN souhaite ainsi que le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) soit au rendez-vous pour discuter de ces importantes questions, puisqu’il se dit également préoccupé par la rétention et l’attraction des professionnel-les et des techniciens et techniciennes. « Assurer un personnel de qualité et motivé à œuvrer dans le réseau de la santé et des services sociaux, c’est assurer la pérennité de nos services publics », conclut Ginette Langlois.

        À propos

        La Fédération des professionnèles (FP-CSN) représente plus de 8000 professionnel-les, techniciennes et techniciens, œuvrant dans différents secteurs d’activité, dont près de 5000 travaillent dans le réseau de la santé et des services sociaux.

        Les instances régionales dans la moulinette libérale

        La CSN dénonce encore une fois l’improvisation du gouvernement Couillard qui s’apprête à passer la tronçonneuse dans les organisations de développement régional telles que les CLD, les CJE et les CRÉ.

        Après les attaques anticipées ou avérées envers d’autres instances de concertation régionale (agences régionales de la santé, commissions scolaires, directions régionales du ministère de l’Éducation), la CSN craint que tous les efforts de décentralisation du pouvoir de Québec vers les régions ne soient compromis pour de bon.

        Pour l’heure, selon La Presse, ce serait les conférences régionales des élus (CRÉ) qui seraient pratiquement abolies, tandis que les centres locaux de développement (CLD) et les carrefours jeunesse-emploi (CJE) verraient leurs budgets amputés de plusieurs millions de dollars supplémentaires et leur mission « repensée ».

        « On s’apprête encore à opérer une centralisation inouïe des pouvoirs vers Québec sans véritable consultation et en toute improvisation. C’est inacceptable. De plus, il serait particulièrement ironique que des budgets dédiés au développement régional soient sous la coupe du pouvoir central », dénonce la vice-présidente de la CSN Véronique De Sève.

        Quant aux Carrefours jeunesse-emploi, ils ont pour mandat d’accompagner des jeunes dans leur démarche d’insertion économique et sociale. « En les aidant à se trouver un emploi ou à retourner aux études les CJE jouent un rôle social de premier plan auprès de jeunes décrocheurs dont ils assurent la réinsertion. Ce sont donc encore les plus démunis qui feront les frais d’une austérité aveugle », ajoute Lucie Dufour, secrétaire générale de la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

        Notons que lors du discours d’assermentation le ministre de l’Emploi, Francois Blais, a reçu le mandat de tendre la main à ceux qui ont besoin d’aide, particulièrement les jeunes.

        À propos

        La Fédération des professionnèles (FP) représente plus de 8000 professionnèles, techniciennes et techniciens, œuvrant dans différents secteurs d’activité, dont les Agences de la santé et des services sociaux et des organismes de développement régional et d’employabilité.

        Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

        Compressions libérales : l’enseignement supérieur écope à nouveau

        La Confédération des syndicats nationaux (CSN) dénonce avec force les compressions additionnelles imposées aux universités, telles que révélées aujourd’hui dans La Presse. Le réseau universitaire québécois, actuellement sous-financé, se voit imposer des restrictions budgétaires additionnelles et récurrentes par l’administration libérale.

        « De nouvelles compressions s’abattent encore sur le Québec, sous l’égide de Philippe Couillard. Ces compressions s’ajoutent à celles imposées dans les commissions scolaires, les cégeps et dans les programmes sociaux », fustige Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN et responsable politique du dossier de l’éducation. « Quel manque de vision ! Il faut cesser de voir les sommes versées dans l’enseignement comme une dépense : il s’agit d’un investissement essentiel dont les retombées sont multiples ».

        Notons que le Parti libéral prônait, lors du Sommet de l’enseignement supérieur de l’an dernier, qu’il fallait faire « le choix de l’économie du savoir » et qu’un « investissement insuffisant continuerait de creuser le sous-financement [des universités] ».

        « Pour la CSN, l’enseignement universitaire est un bien commun dont l’accessibilité doit être assurée à toutes les personnes qui le désirent et qui en ont les capacités. Pour ce faire, il est impératif de garantir un financement public adéquat de l’enseignement universitaire. Les coupes à répétition ne peuvent que compromettre l’accessibilité, la qualité de l’enseignement de même que la capacité de l’université d’assumer toutes ses missions. Qui plus est, le projet de loi 15 imposant un gel aveugle d’effectifs risque de mettre en péril le réseau des universités du Québec, un joyau de l’enseignement supérieur au Québec », de conclure madame De Sève.

        À propos de la CSN, de la FNEEQ-CSN, de la FP-CSN et de la FEESP-CSN

        La Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.
 Les fédérations affiliées à la CSN qui comptent des membres dans le domaine de l’éducation sont la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), la Fédération des professionnèles (FP-CSN) et la Fédération nationale des enseignants et des enseignantes du Québec (FNEEQ-CSN).

        Une perte d’expertise régionale et un impact direct sur les soins

        Le personnel des agences régionales de santé et de services sociaux affilié-es à la CSN a dénoncé aujourd’hui en conférence de presse les répercussions importantes sur les soins et les services rendus à la population qu’entraînera le projet de loi 10 du ministre Gaétan Barrette. Une perte d’expertise régionale et une concentration majeure des ressources autour des centres hospitaliers sont à prévoir.

        Perte d’expertise locale

        Le projet de loi 10, qui prévoit l’abolition des agences, engendrera l’effritement d’une expertise locale essentielle à la coordination des soins et des services des régions et des sous-régions. « C’est cette expertise, cette connaissance réelle du terrain, qui permet d’organiser les soins et les services en fonction des besoins des populations, explique Michel Tremblay, président de la FP-CSN. Avec la création des nouvelles structures mammouths que seront les CISSS, il sera extrêmement difficile pour le ministère de répondre aussi efficacement aux besoins. » Le ministre voudrait bien faire croire, de façon réductrice, que le travail effectué par le personnel d’agence n’est que bureaucratique et inutile. Mais c’est précisément ce travail administratif qui permet une coordination efficace et adaptée des politiques de santé et de services sociaux. « Ce ne sont pas des structures que nous défendons aujourd’hui, mais bien une expertise qui disparaîtra avec ce projet de loi », précise Michel Tremblay.

        Une approche hospitalocentriste

        Le projet de loi 10 imposera inévitablement une vision hospitalocentriste du réseau. Puisque tous les nouveaux CISSS regrouperont un ou plusieurs centres hospitaliers, une concentration majeure des ressources financières et humaines s’effectuera autour des hôpitaux. « Nous observons déjà ce phénomène dans les CSSS qui regroupent des hôpitaux. La création des CISSS ne viendra qu’accentuer le problème », croit pour sa part Étienne Blanchette de l’agence de l’Estrie et membre de la FSSS-CSN. « Quand c’est l’hôpital qui gobe la plus grande part du budget, ce sont les autres soins et autres services offerts qui en souffrent. À titre d’exemple, il se peut que dans le cadre de mon travail, je juge qu’il est important d’octroyer du financement aux cuisines populaires de la région afin d’aider les familles plus pauvres. Mais si tout l’argent est monopolisé par les hôpitaux, c’est exactement ce genre d’approche régionale qui disparaîtra. »

        De nombreux dossiers négligés

        Déjà aux prises avec des coupes majeures, le personnel d’agence déplore le fait que dans plusieurs régions, de nombreux dossiers ne sont plus pris efficacement en charge, ce que le projet de loi viendra amplifier. « Rappelons que des coupes de 5,1 % ont été imposées aux agences pour 2013-2014 et cela a déjà un impact sur notre travail », note pour sa part Louise Lemire de l’agence de Lanaudière. « Chez nous, plus personne n’est en mesure de s’occuper efficacement, faute de moyens, de prévention du jeu pathologique, de la santé et du bien-être des femmes, etc. Avec le projet de loi 10, d’autres dossiers sont à risque de devenir négligés, tels la dépendance, le maintien à domicile ou les aidants naturels », précise-t-elle. Même chose du côté de Montréal, où les dossiers négligés sont légions. « La déficience intellectuelle et les troubles envahissants du développement sont des dossiers pour lesquels le personnel d’agence ne peut remplir son rôle entièrement. Même chose pour les services spécialisés tels les soins de la vision ou l’endoscopie, explique Jennifer Dahak de l’agence de Montréal. Et il est évident pour nous que le projet de loi 10 viendra aggraver la situation et plombera cette nécessaire organisation régionale des soins et des services à offrir » conclut-elle.

        Pouvoirs accrus du ministre

        Les pouvoirs accrus du ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette inquiètent aussi le personnel d’agence qui y voit la perte d’une autonomie régionale essentielle. « Nous nous inquiétons de la perte des instances démocratiques en santé en raison de la disparition des rôles d’administrateur accessibles à la population civile pour chaque CSSS et à l’agence. Maintenant, le ministre aura la mainmise complète du système de santé en élisant tous les membres du CA des structures mammouths que seront les CISSS », dénonce pour sa part Kevin Coulombe de l’agence de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

        À propos

        La Fédération des professionnèles (FP) représente plus de 8000 professionnèles, techniciennes et techniciens, œuvrant dans différents secteurs d’activité, dont les Agences de la santé et des services sociaux.

        La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte près de 130 000 membres dans les secteurs public et privé. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux.

        L’école publique : richesse collective menacée par l’austérité

        En cette sixième édition de la Semaine pour l’école publique, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) tient à souligner le rôle déterminant de l’école publique, grâce à laquelle plus d’un million d’élèves québécois ont accès à une éducation de qualité. Cependant, celle-ci est plus que jamais menacée par l’idéologie prônée par le gouvernement de Philippe Couillard.

        « Les gestes que nous posons aujourd’hui ont des répercussions importantes pour la suite des choses. Dans cette ère d’austérité imposée par le gouvernement Couillard, l’école publique est fragilisée par l’annonce de multiples compressions, alors qu’elle souffre depuis plusieurs années d’un sous-financement qui affecte directement les services aux élèves de même que les infrastructures dans lesquelles est prodiguée l’éducation », a exprimé d’emblée Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN et responsable du dossier de l’éducation. Les compressions annoncées affecteront de plein fouet les conditions d’apprentissage des élèves ainsi que les conditions de travail du personnel. « On a vu comment les coupes imposées récemment affectent l’aide aux devoirs, l’aide alimentaire, l’achat de livres, le soutien aux élèves en difficultés, etc. C’est un affront de prétendre que les services à la population ne sont pas touchés » dénonce Mme De Sève.

        Qui plus est, le ministre Bolduc laisse planer une incertitude malsaine sur l’avenir du système d’éducation. « Le ministre Bolduc n’est en rien rassurant lorsqu’il affirme que “tout est sur la table”. Il semble maintenant vouloir remettre en cause l’existence même des commissions scolaires », de souligner madame De Sève

        Le système éducatif forme un continuum : dès la petite enfance, les services de garde éducatifs en CPE et en milieu familial permettent de poser les premiers jalons vers la réussite scolaire. Par la suite, les écoles publiques doivent avoir les moyens nécessaires pour répondre aux élèves ayant des besoins spécifiques et permettre la réussite du plus grand nombre, afin de favoriser l’égalité des chances. Il importe également de mettre fin à la sélection des élèves en fonction de leurs résultats scolaires en ce qui concerne les projets éducatifs, et ce, tant dans les écoles privées que dans les écoles publiques.

        « L’école publique est un acquis formidable et elle doit recevoir tout le soutien nécessaire de l’État. Couper dans l’éducation c’est faire des économies aberrantes » conclut Véronique de Sève.

        À propos de la CSN, de la FNEEQ-CSN, de la FEESP-CSN et de la FP-CSN

        La CSN est une organisation syndicale composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec. Elle regroupe trois fédérations du réseau de l’éducation, soit la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN) et la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

        Quand le dialogue promis devient monologue

        La CSN, la Fédération de la Santé et des Services sociaux (FSSS-CSN) ainsi que la Fédération des Professionnèles (FP-CSN) ont appris avec étonnement, ce matin, le dépôt expéditif du projet de loi proposant l’abolition des Agences. La CSN, la FP et la FSSS sont choquées de l’attitude cavalière du gouvernement Couillard, alors qu’il s’était engagé à un dialogue ouvert sur la question.

        Rappelons que les composantes du réseau de la santé et des services sociaux sont actuellement engagées dans une démarche visant à définir des solutions pour assurer la pérennité du réseau. Il est déplorable que le gouvernement propose de façon unilatérale d’en revoir les structures alors que le 2e Rendez-vous national sur l’avenir du système public de santé et de services sociaux, qui aura lieu en décembre, permettra de déterminer des voies d’avenir. « La réforme des structures proposée par le gouvernement est loin d’être une réponse satisfaisante aux défis que rencontre le réseau. Ce que la population souhaite, c’est que l’on améliore les services de santé et non qu’on se lance dans une énième réforme des structures », explique Jean Lacharité, vice-président de la CSN. Force est de constater que le gouvernement a choisi d’imposer sa décision unilatéralement, optant pour un monologue aux dépens du dialogue promis.

        Les trois organisations déplorent d’autre part le fait que le MSSS ait imposé la loi du silence en exigeant la signature de clauses de confidentialités aux PDG d’agences lors d’une rencontre la semaine dernière. Ainsi, les travailleuses et les travailleurs œuvrant dans les Agences n’ont été ni consultés ni informés de ce qui les attendait, jusqu’à ce matin, où ils ont appris leur sort dans les médias.

        À propos

        La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte près de 130 000 membres dans les secteurs public et privé. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux. La FSSS-CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

        La Fédération des professionnèles (FP) représente plus de 8000 professionnèles, techniciennes et techniciens, œuvrant dans différents secteurs d’activité, dont les Agences de la santé et des services sociaux.

        Fondée en 1921, la CSN regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

        La Fédération des professionnèles fait place aux familles !

        La Fédération des professionnèles (FP) lançait, le mercredi 13 novembre dernier, sa deuxième boîte à outil sur la conciliation famille-travail (CFT), lors d’un 5 à 7 tenu à Montréal.

        Émanant du congrès 2009 de la FP, la démarche, ayant pour thème Place aux familles ! est pilotée par Nancy Corriveau, membre du Syndicat des techniciens-nes et professionnels-les de la santé et des services sociaux du Québec (FP–CSN) et responsable du dossier. Elle est appuyée par les membres du comité exécutif de la fédération, dont Ginette Langlois, vice-présidente. « La conciliation famille-travail est une préoccupation de la FP, et ce, depuis de nombreuses années. Nous avons donc choisi d’en faire une priorité et d’outiller adéquatement nos syndicats afin de faire avancer concrètement la question », précise Ginette Langlois. La démarche se décline en trois étapes : la consultation, la négociation et l’évaluation.

        Lancée il y a environ un an, la première boîte à outil avait pour but de susciter la réflexion des syndicats à propos de la CFT. « Dès le départ nous avons choisi d’innover et de ne pas aborder le thème sous l’angle unique du féminisme, ce qui se fait souvent. Nous savions que de plus en plus de pères se sentaient concernés par la question, et il était important pour nous qu’ils s’impliquent », explique Nancy Corriveau. Dans cette première phase de consultation, les syndicats ont été invités à échanger sur les thèmes de valeurs sociales, valeurs collectives et individuelles, solidarité entre générations, et bien d’autres. Cette deuxième boite à outil, lancée hier, vise à orienter les syndicats vers des façons simples et efficaces de faire un portrait de leur milieu, de connaître les besoins de celui-ci et, finalement, d’argumenter efficacement pour négocier avec l’employeur des clauses favorisant la CFT. « La conciliation famille-travail concerne tout le monde, car nous avons tous une famille. Que ce soit pour prendre soin de nos enfants ou de nos parents, les besoins des travailleurs et des travailleuses sont criants. Et pour les syndicats, c’est souvent un immense défi à relever que de s’attaquer à cette problématique. Nos boîtes à outil sont donc là pour leur faciliter la tâche », précise Nancy Corriveau, responsable du dossier.

        Un lancement de la deuxième boîte est prévu à Québec le 21 janvier prochain. La troisième boîte à outil sera dévoilée prochainement. Cette ultime étape permettra d’évaluer l’efficacité de la démarche.

        « Il faut penser en termes de petits pas. Place aux familles ! peut permettre de faire évoluer les mentalités, de briser les stéréotypes, de forger une solidarité intergénérationnelle, bref de faire en sorte que la société fasse une place plus grande aux familles. Il ne reste qu’à nous d’en faire bon usage », conclut Ginette Langlois vice-présidente de la Fédération des professionnèles.