La CSN estomaquée de la décision du ministre Hamad

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) est estomaquée d’apprendre que le ministre du Travail, Sam Hamad, dissoudra le comité de vigie sur le placement de la main-d’œuvre dans l’industrie de la construction deux mois et demi avant la fin de son mandat. Réagissant à une nouvelle publiée dans le quotidien Le Devoir ce matin, le président de la CSN, Jacques Létourneau, estime que mettre fin prématurément aux travaux de ce comité pour économiser quelques dizaines de milliers de dollars est une aberration.

« Ce comité avait été mis sur pied en 2012 pour notamment s’assurer que le nouveau système de référence des travailleuses et des travailleurs de la construction, sous l’égide de la Commission de la construction du Québec, remplisse les objectifs poursuivis par la loi abolissant le placement syndical, a mentionné Jacques Létourneau. À quelques semaines de son échéance, le 9 décembre, il est ridicule de l’empêcher d’approfondir son analyse du nouveau processus pour faire des économies de bouts de chandelle. »

La CSN-Construction collabore activement au nouveau système qui est beaucoup plus transparent dans le processus d’embauche des travailleuses et des travailleurs. « Ces derniers doivent avoir accès aux emplois sur les chantiers en fonction de leurs compétences et non selon leur affiliation syndicale, comme c’était trop souvent le cas avant l’abolition du placement syndical en 2012 », a précisé le président de la CSN-Construction, Pierre Brassard.

Selon la CSN, le ministre Hamad renie le travail accompli à cet égard par sa collègue Lise Thériault, alors ministre du Travail, qui voulait s’assurer que le nouveau système de référence fonctionne adéquatement. « Il serait insensé qu’en raison de cette décision du ministre, le comité de vigie n’ait d’autre choix que de bâcler son rapport, a mentionné Jacques Létourneau. Nous demandons au ministre Hamad de respecter l’échéance de décembre afin de permettre au comité de bénéficier du temps voulu pour terminer ses travaux. »

Une mesure purement électoraliste aux frais des chômeurs

La Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) dénoncent la diminution du taux de cotisation des petites entreprises à l’assurance-emploi annoncée par le ministre fédéral, Joe Oliver, laquelle sera concrétisée sous la forme d’un crédit d’impôt.

« Le gouvernement prétend que cette mesure vise à créer de l’emploi, or, à partir de 1994, le taux de cotisation par tranche de 100 $ a diminué quatorze fois consécutives, passant de 3,07 $ à 1,73 $, et la création d’emplois n’a pas été au rendez-vous », souligne d’entrée de jeu le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

« Harper et ses conservateurs continuent le saccage de l’assurance-emploi commencé en mars 2012, s’insurge de son côté le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux. Ils diminuent les revenus de la caisse de 550 millions sur deux ans sans même exiger des entreprises qui bénéficieront de ce nouveau crédit d’impôt qu’elles ne créent d’emplois réguliers à temps plein en contrepartie. »

Le président de la CSD, François Vaudreuil, renchérit : « On prend l’argent dans les poches des chômeurs et on dit aux entreprises : faites ce que vous voulez avec cet argent. Les cotisations des chômeurs sont prélevées pour assurer les travailleurs en cas de perte d’emploi. Il ne devrait pas en être autrement. »

Le secrétaire-trésorier de la CSQ, Daniel B. Lafrenière, conclut : « Nous nous opposons fermement à cette manœuvre purement électoraliste, d’autant plus qu’elle se fera sur le dos des chômeurs et qu’elle n’est pas efficace pour créer de l’emploi. Elle n’est qu’une autre preuve flagrante du mépris le plus total de Stephen Harper envers les travailleurs et les chômeurs. »

Des échanges « prévisibles et inquiétants » avec le Conseil du trésor

Au sortir de leur rencontre avec le président du Conseil du trésor, les représentants du Front commun ont qualifié de « prévisibles et inquiétants » les échanges qu’ils ont eus avec Martin Coiteux et les ministres Gaétan Barrette et Yves Bolduc.

« Nous n’avons rien appris de neuf quant à l’orientation économique du gouvernement, affirme Daniel Boyer, président de la FTQ. Nous sommes inquiets quant aux cibles budgétaires, aux politiques d’austérité qu’il entend mettre en place et au refus de se doter des marges de manœuvre nécessaires. Mais nous nous entendons sur une chose : nous avons une obligation mutuelle de convenir de nouvelles conventions collectives pour les 530 000 employés de l’État. De notre côté, nous allons consacrer toutes nos énergies à cela au cours des prochains mois afin que les négociations se déroulent dans un climat constructif et de bonne foi. »

Les représentantes et les représentants du Front commun ont profité de la rencontre pour rappeler à M. Coiteux les problèmes criants que nous vivons dans le secteur public. En raison de la dégradation des conditions de travail et du retard salarial grandissant avec les autres employés québécois, le secteur public connaît de plus en plus de difficulté d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre. En effet, selon la dernière étude de l’Institut de la statistique du Québec publiée en novembre dernier, les salariés du secteur public québécois accusent un retard de 8,3 % de leur rémunération globale par rapport à l’ensemble des autres travailleuses et travailleurs québécois.

« Les employés du secteur public, à 75 % des femmes, font déjà l’impossible dans un contexte de compressions permanentes, souligne Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN. Pourquoi accepte-t-on qu’elles soient moins bien rémunérées que le reste de la population, alors qu’elles œuvrent au quotidien auprès de nos enfants, de nos aînés et des plus démunis de notre société? »

« Bien sûr que nous sommes conscients de la situation budgétaire du Québec, indique Carolle Dubé, porte-parole du SISP. Mais depuis quelques mois, le gouvernement de M. Couillard ne parle que d’une seule colonne du budget : celle des dépenses. Il est grand temps qu’on regarde celle des revenus! Depuis 20 ans, les nombreuses transformations du régime fiscal québécois ont fait en sorte que l’État se prive annuellement de plus de 4 milliards de dollars. Les organisations membres du Front commun entendent faire valoir, lors des travaux de la Commission sur la fiscalité, que le Québec a les moyens de financer des services publics accessibles et de qualité pour la population, et ce, sans hausser les impôts de la classe moyenne et des moins nantis de notre société. Et nous comptons également profiter de nos prochaines négociations pour nous attaquer aux multiples formes de gaspillage dans les services publics, que ce soit l’intrusion grandissante du secteur privé et la hausse importante du nombre de cadres qui minent l’autonomie professionnelle des membres que nous représentons. »

Rappelons qu’en mai dernier, le Front commun a lancé les consultations des assemblées générales en vue des demandes qui seront portées au gouvernement. Alors que les assemblées ont toujours cours, le Front commun entend déposer ses revendications au Conseil du trésor avant la fin de l’année.

À propos

Le Front commun regroupe le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP, formé de la CSQ, du SFPQ et de l’APTS), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Ensemble, ces organisations représentent plus de 400 000 travailleuses et travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la fonction publique du Québec.

Rassemblements de solidarité contre des baisses de salaire déguisées

Afin de démontrer leur solidarité avec certains de leurs collègues qui ont vu leur loyer de caserne, originalement de 15 $ par jour, augmenter de plus de 30 $, les paramédics tiennent plusieurs rassemblements de solidarité. Les membres du syndicat dénoncent la directive qui impose un loyer de 50 $ par jour aux personnes détenant un poste temps plein.

« Cette directive est très problématique pour certains de nos membres actuellement et affectera au détour les personnes qui attendent un poste temps plein dans les prochaines années. Dans les faits, elle vise à exclure les personnes temps plein des logements dans les casernes », a souligné Serge Buttet, le président par intérim du syndicat. Il affirme que la directive a pour conséquence d’imposer aux paramédics la ville et le quartier où ils doivent vivre, car une distance de cinq minutes de la caserne est prévue à leur convention. Les logements dans les casernes leur permettaient un peu plus de liberté. Au surplus, cette directive affectera négativement la rétention de la main d’œuvre en région, selon lui : « Évidemment, à force de diminuer les conditions de travail de manière drastique pour sauver quelques sous, je n’arrive plus vraiment à blâmer les jeunes qui quittent pour des régions où les employeurs sont respectueux de leurs salariés ».

Le syndicat a commencé depuis quelque temps des moyens de visibilité pour faire entendre sa voix auprès de l’employeur qui fait la sourde oreille. Les membres du syndicat avaient entrepris d’afficher des pancartes en carton dans leur fenêtre de chambre pour s’opposer à la directive et l’employeur a rapidement menacé les salariés de représailles disciplinaires s’ils ne retiraient pas leurs affiches. « L’employeur semble vouloir mettre en place un climat de terreur pour empêcher toute remise en question de ses politiques et c’est très inquiétant », affirme Serge Buttet.

Présent lors du rassemblement, le vice-président du Conseil central de l’Abitbi-Témiscamingue-Nord-du-Québec, Giacommo Bouchard, a tenu à signifier l’appui de l’organisation au syndicat. « Il est certain que nous sommes totalement derrière eux. Les conditions d’exercice de leur profession sont directement liées à la qualité des services offerts à la population et en ce sens, Monsieur Vézeau, le propriétaire des Ambulances Abitémis, doit cesser de simplement penser à sa poche et prendre ses responsabilités », affirme-t-il. Donald Rheault, président du conseil central, a tenu pour sa part à rappeler que le conseil central revendique des horaires à l’heure plutôt que de faction pour régler la situation : « Avec des horaires à l’heure, la nécessité de se trouver un deuxième logement ou de déménager sa famille à cinq minutes de la caserne n’est plus nécessaire ».

Il a soutenu également que la CSN réclame que le service d’ambulance soit régi uniformément comme un service public : « En ce moment, les services ambulanciers sont détenus par des compagnies privées dans les régions du Québec. Nous sommes en droit de se demander si l’on assisterait à des situations semblables si le service était public », affirme-t-il.

La CSN dénonce les intentions du gouvernement libéral

Alors que les processus mis en branle par le gouvernement Couillard pour réviser les programmes et la fiscalité débutent à peine, ce dernier songerait à s’attaquer à l’un des plus appréciés des familles québécoises, les services de garde à 7 $, en envisageant de mettre fin à la tarification unique. « Si les informations du quotidien La Presse sont fondées, on peut s’interroger sur le but réel poursuivi par les libéraux. Le processus de consultation en cours serait-elle une démarche hypocrite ?, a questionné le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau. Ce gouvernement n’a certes pas été élu pour ça et nous lui demandons d’abandonner toute idée de moduler les tarifs des services de garde. »

Déjà, le 23 juillet dernier, la vice-présidente de la CSN, Véronique De Sève avait écrit à la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, pour s’opposer à la hausse de tarifs de 7 à 7,30 $ dans les services de garde éducatifs offerts en centres de la petite enfance (CPE), en garderies subventionnées, en milieu familial régi (RSG) et en milieu scolaire. « Nous nous opposons à de telles hausses qui auront un impact négatif sur l’accessibilité aux services de garde », avait-elle mentionné à la ministre. L’imposition de la modulation du tarif en fonction du revenu des ménages modifierait le sens de la contribution parentale en introduisant le concept de l’utilisateur payeur. Or, des services de garde éducatifs de qualité universels et accessibles à tous sont un avantage pour l’ensemble de la société québécoise. Leur financement doit reposer sur le maintien et la bonification d’un système progressif d’imposition sur le revenu.

Des chances de réussite scolaire accrues

En mettant fin à l’universalité du programme de services de garde éducatifs à contribution réduite, on diminuerait d’autant l’accès à un service qui a largement favorisé l’entrée et le maintien des femmes sur le marché du travail et donc favorisé une meilleure équité entre les femmes et les hommes. En outre, de nombreuses recherches ont démontré que la fréquentation d’un service de garde éducatif de qualité améliore le développement global et le bien-être des enfants et accroît leurs chances de réussite scolaire.

Pour tendre vers l’égalité des chances, il faut donc s’assurer que tous les enfants aient l’opportunité de fréquenter ces services. Or, le projet libéral va à l’encontre de cet objectif sociétal. « L’approche du gouvernement Couillard est idéologique, a indiqué Jacques Létourneau. On ne doit pas considérer ce service comme une dépense. ll s’agit plutôt d’un puissant instrument de solidarité qui profite à l’ensemble du Québec, en particulier aux femmes, aux familles et aux enfants. »

Des coupes importantes ont déjà été appliquées au financement des services de garde : gel des barèmes servant à établir les frais de garde et d’éducation, réductions des budgets liés aux mesures d’amélioration de la qualité des services et fin de l’allocation spéciale destinée aux services de garde en milieu défavorisé. « Le seul reproche qui peut être adressé à ce service est le manque de places et, à ce titre, le report annoncé par le gouvernement Couillard des nouvelles places pourtant promises est inadmissible », a mentionné Jacques Létourneau. Cette décision aura un impact sur les familles, notamment en milieu défavorisé où l’offre de services de garde demeure insuffisante.

Pour la CSN, l’intention maintes fois affirmée par le gouvernement Couillard de poursuivre avec les politiques d’austérité sont le prélude à une large mobilisation citoyenne pour maintenir le caractère distinctif du Québec : des services publics et des programmes sociaux accessibles et de qualité partout au Québec.

À propos

La CSN représente plus de 10 000 éducatrices, éducateurs, travailleuses et travailleurs dans les centres de la petite enfance, environ 2000 responsables en service de garde en milieu familial et plus de 4000 dans les services de garde scolaire. Fondée en 1921, elle regroupe quelque 325 000 travailleuses et travailleurs, de tous les secteurs d’activité, dans près de 2000 syndicats partout au Québec.

Journée de grève pour le Syndicat des travailleuses du Centre juridique Saguenay-Lac-Saint-Jean (CSN)

Nous voulons vous informer que les travailleuses du Syndicat des travailleuses du Centre juridique Saguenay – Lac-Saint-Jean (CSN) seront en grève aujourd’hui et qu’elles manifesteront devant le palais de justice de Chicoutimi.

Le litige ne porte aucunement sur le volet salarial, mais plutôt sur des reculs inacceptables que l’employeur tente toujours d’imposer.

Quelques points accrochent au niveau de la négociation.

Premièrement, l’échéance de la convention collective : la convention collective est échue depuis le 31 mars 2010. L’employeur veut augmenter le nombre d’heures de travail et passer ainsi de 32 heures et demie à 35 heures par semaine. Les membres du syndicat ne sont pas contre cette demande, mais veulent avoir l’assurance qu’il n’y aura aucune abolition de poste par la suite.

De plus, l’employeur demande une augmentation de la période de probation de 130 heures à 180 heures.

C’est pourquoi les travailleuses tiennent une journée de grève aujourd’hui afin de dénoncer ces demandes patronales. Elles manifesteront derrière le palais de justice à Chicoutimi (vis-à-vis le boulevard Saguenay), de 10 h 30 à 14 h, lors de la rentrée judiciaire du Barreau du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La présidente du syndicat, Maryse Rioux sera présente afin de répondre aux questions des médias.

Un déni du droit à la syndicalisation, dénonce la CSN

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) dénonce le projet de loi no 8 modifiant le Code du travail à l’égard de certains salariés d’exploitations agricoles, déposé par le gouvernement libéral. À 16 heures, cet après-midi, le secrétaire général de la CSN, Jean Lortie fera part de la position de la centrale syndicale à la Commission de l’économie et du travail, au Salon rouge de l’Assemblée nationale. La CSN joint sa voix à toutes celles qui se sont élevées contre ce projet de loi, dont le Front de défense des non-syndiqué-es.

« C’est avec une immense déception que nous accueillons le projet de loi no 8, qui continue de maintenir les travailleuses et les travailleurs agricoles dans un régime d’exception les privant d’un véritable droit de se syndiquer et de négocier des améliorations à leurs conditions de travail, déclare le porte-parole de la CSN. Le gouvernement libéral aurait pu profiter du 50e anniversaire du Code du travail pour mettre fin à ce système discriminatoire dans lequel sont plongés des travailleurs très vulnérables, pour la plupart des travailleurs migrants temporaires, soumis à un arbitraire patronal qui impose des cadences pénibles et trop souvent dangereuses. »

Ce projet de loi, loin de protéger les travailleurs agricoles, les exclut en réalité de la plupart des protections qu’offre le Code du travail. Qui plus est, il étend impudemment ce régime d’exception bien au-delà de la ferme, en couvrant désormais le producteur de produits agricoles au sens large, ce qui est inacceptable. Il reprend en outre l’exigence d’emploi « ordinaire et continue » qui permet, on le sait, à l’entreprise agricole utilisant des centaines d’employés, mais seulement de façon saisonnière, d’échapper aux obligations du Code du travail.

Simulacre de négociation Pour la CSN, le projet de loi no 8 instaure un simulacre de négociation collective et un processus non conforme au droit international en matière de liberté syndicale. Tout au plus, ces ouvriers agricoles se verraient « autorisés » à faire présenter des « observations » sur leurs conditions d’emploi par leur association… non accréditée ! On peut aisément imaginer ce que deviendrait ce « droit » à la présentation d’observations. L’obligation de l’employeur se limiterait donc à lire ou à écouter les observations de ses employé-es, une démarche qui n’est certes pas de nature à garantir un processus de concessions mutuelles, soit l’essence même d’une négociation.

Avec le projet de loi no 8, les employés agricoles se trouveraient privés notamment du droit à l’accréditation syndicale, des dispositions sur la négociation collective et de celles sur la convention collective, du précompte syndical et du devoir de représentation syndicale, du droit de grève et des dispositions anti-briseurs de grève, du gel des conditions de travail, de l’arbitrage de première convention de même que de l’arbitrage de grief (article 111.27). Bref, on les prive de tout droit véritable à la syndicalisation.

Si le gouvernement veut véritablement aménager aux ouvriers agricoles un droit de négociation, il doit mettre un terme au régime discriminatoire qui persiste depuis 50 ans à leur égard et qui en fait des travailleurs de seconde zone. « Il est inadmissible de fonder la prospérité d’un secteur économique sur l’exploitation de travailleuses et de travailleurs, de plus en plus des migrants, comme main-d’œuvre à rabais, dénonce Jean Lortie. Trop longtemps tolérée, l’exclusion des travailleurs agricoles des lois du travail, en particulier du Code, constitue aujourd’hui un anachronisme honteux. Le législateur doit permettre une véritable syndicalisation de ces travailleurs et l’assortir d’un réel droit de négociation, incluant le droit à des moyens de pression. »

22 organisations de la société civile fondent le Réseau de lutte à l’analphabétisme

En cette Journée internationale de l’alphabétisation, 22 organisations de la société civile s’unissent dans la création du Réseau de lutte à l’analphabétisme. « Ce Réseau composé d’organisations de la société civile souhaite que le Québec se dote d’une stratégie nationale de lutte à l’analphabétisme » ont conjointement fait savoir les porte-parole Ronald Cameron, directeur général de l’ICÉA, et Christian Pelletier, coordonnateur du RGPAQ.

Agir sur plusieurs fronts, de concert avec tous les acteurs concernés

Les discussions qui ont présidé à la création de ce Réseau ont permis d’identifier les multiples causes de l’analphabétisme sur lesquelles il est impératif de travailler. En conséquence, les organisations membres du Réseau affirment aujourd’hui la nécessité d’agir sur plusieurs fronts afin de mener une lutte efficace. Les membres du Réseau soutiennent qu’une stratégie nationale de lutte à l’analphabétisme doit :

tenir compte de la réalité des personnes peu ou pas alphabétisées et de leur famille; s’appuyer sur une vision globale et cohérente du problème de l’analphabétisme, de ses causes et ses conséquences; et assurer la mise en œuvre de mesures qui s’attaqueront à la fois aux causes et aux conséquences de l’analphabétisme.

« Pour les membres du Réseau, il est clair que la stratégie à construire doit interpeller l’ensemble des acteurs gouvernementaux et ceux de la société civile concernés par la lutte à l’analphabétisme. Cette stratégie doit également s’inscrire dans une perspective de justice sociale et de droit à l’éducation et à l’apprentissage tout au long de la vie », ont expliqué les porte-parole, Ronald Cameron et Christian Pelletier.

Le Réseau de lutte à l’analphabétisme

En date du 8 septembre 2014, le Réseau de lutte à l’analphabétisme se compose des 22 organisations suivantes :

Association québécoise des intervenantes et intervenants en formation générale des adultes (AQIFGA) Centrale des syndicats du Québec (CSQ) Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine (CDEACF) Coalition des organismes communautaires pour le développement de la main‐d’œuvre (COCDMO) Collectif pour un Québec sans pauvreté Collège Frontière Confédération des syndicats nationaux (CSN) Fédération autonome de l’enseignement (FAE) Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ‐CSN) Fédération québécoise des organismes communautaires Famille (FQOCF) Fondation pour l’alphabétisation Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICÉA) Literacy Quebec Mouvement québécois des adultes en formation (MQAF) Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ) Relais-Femmes Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI) Table des responsables de l’éducation des adultes et de la formation professionnelle des commissions scolaires du Québec (TRÉAQFP) The Centre for Literacy of Quebec

Le Réseau de lutte à l’analphabétisme invite les personnes et les organisations intéressées à suivre ses travaux et à prendre connaissance de ses actions en consultant son site au : http://lutteanalphabetisme.ca.

Les employé-es en conflit de travail reçoivent l’appui d’autres syndiqués CSN

Les 35 employé-es de la Résidence Memphré hébergeant des personnes âgées, en grève depuis le 1er septembre, ont reçu l’appui des syndiqué-es du Manoir de Sherbrooke, eux-mêmes en conflit avec le propriétaire Eddy Savoie. Ces manifestants ont voulu dénoncer l’extrême lenteur des négociations avec le groupe Cogir et, surtout, l’absence de volonté d’en arriver à un règlement satisfaisant d’une première convention collective.

Bien qu’une première séance de conciliation ait été tenue le 5 septembre, « rien n’indique jusqu’ici que la partie patronale prend vraiment au sérieux les demandes des salarié-es, qui sont largement sous-payés pour le travail qu’ils font auprès des personnes âgées, comparativement à la moyenne des salaires versés dans le secteur de l’hébergement privé, affirme Luc Poirier, le président du syndicat. Pourtant, le directeur des relations de travail chez Cogir, Robert Leroux, a lui-même confirmé dans un journal que les salaires étaient très bas et qu’il fallait redresser la situation. Alors, c’est maintenant qu’il faut améliorer les conditions de travail. Pas demain et surtout pas lors d’une autre ronde de négociation. On connaît trop la chanson! », a-t-il dit.

Des demandes légitimes

Au cœur du litige figure notamment la hausse des salaires, incluant un rattrapage. En effet, les salaires versés dans cette résidence avoisinent le salaire minimum, soit 10,50 $ l’heure. Or, tout ce qu’offre Cogir aujourd’hui, c’est un gel pour la première année et un total de 2,5 % pour les deux années subséquentes. En outre, l’employeur n’offre aucune bonification des congés payés, incluant les vacances. Ce qu’il met sur la table, c’est exactement ce qui est déjà prévu par les normes du travail.

Enfin, les salarié-es réclament la mise en place d’un régime d’assurance collective. « Là encore, l’employeur fait la sourde oreille. Quand on tient compte de l’obligation qui est faite de contracter une assurance, en réalité, cela représente une baisse de salaire que les employé-es sont carrément incapables de se payer. Là aussi, il y a urgence d’agir. Cogir ne peut plus jouer à l’autruche », conclut Luc Poirier.

Un taux de roulement élevé du personnel

De telles conditions de travail n’ont rien pour attirer et garder à l’emploi les salarié-es, constate Denis P. Beaudin, président du Conseil central de l’Estrie (CCSNE-CSN). « On a calculé que le roulement de personnel dans cette résidence était l’un des plus élevés qui soit : pas moins de 150 personnes ont été embauchées au cours des sept dernières années seulement, alors que l’entreprise emploie 35 employé-es! En fin de compte, ce sont les personnes âgées qui paient le prix de l’instabilité du personnel et des services. La situation ne peut plus durer. Cogir doit négocier pour assurer non seulement de bonnes conditions de travail, mais aussi une plus grande stabilité des la main-d’œuvre et des services ».

Pour Danielle Lemire, représentante du secteur des centres d’hébergement privés à la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN : « Il faut que Cogir ouvre les yeux sur les conditions de travail exécrables de ses employé-es. Nous, à la FSSS, allons tout mettre en œuvre pour qu’ils obtiennent une convention collective satisfaisante. C’est une question de dignité! »

À propos du syndicat et de la CSN

Les employé-es de la Résidence Memphré sont membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des CHP de l’Estrie-CSN, qui compte 250 membres répartis dans sept résidences. Il est affilié à la FSSS-CSN, qui regroupe plus de 3000 salarié-es œuvrant dans les centres d’hébergement privés, et plus de 125 000 provenant d’autres secteurs d’activité. Le syndicat est aussi affilié au Conseil central de l’Estrie, qui regroupe 12 000 syndiqué-es dans 110 syndicats. Pour sa part, la Confédération des syndicats nationaux compte 325 000 membres dans tous les secteurs d’activité.

Manifestation contre Eddy Savoie qui a prélevé plus de 70 000 $ sur les salaires des employé-es

Une soixantaine d’employé-es du Manoir de Sherbrooke, membres de la CSN, sont rassemblés devant le Palais de justice ce matin. Ils sont en furie contre Eddy Savoie, propriétaire, qui a accaparé illégalement d’importantes sommes d’argent à même leur salaire, le tout confirmé dans une récente sentence arbitrale. Ils en ont surtout contre le fait qu’il conteste devant la Cour supérieure ce jugement qui l’oblige notamment à les rembourser et à rétablir leurs droits.

Pour l’occasion, un avion survolant la ville traîne une bannière où il est inscrit : Eddy Savoie se moque de nous! « Ce slogan traduit bien l’exaspération et la colère de nos membres », affirme Luc Poirier, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs des CHP de l’Estrie-CSN. « Eddy Savoie s’est arrogé le droit de piger dans leurs salaires, malgré un jugement clair qui lui interdit d’agir ainsi. Aujourd’hui, il a décidé d’en appeler de cette décision. Eh bien, on a des nouvelles pour lui : nous allons mener la bataille jusqu’au bout. C’est une question de dignité et de respect! »

Une situation odieuse et injuste pour les salarié-es

En avril 2012, à peine deux mois après l’entrée en vigueur de l’actuelle convention collective, Eddy Savoie a décidé qu’il ne payait plus sa part de l’assurance portant sur les soins dentaires pour une soixantaine de salarié-es. Il a ainsi refilé illégalement la totalité du coût de la prime d’assurance dentaire à ses employé-es qu’il devait assumer à 50 %. Un geste d’ailleurs condamné par l’arbitre André Ladouceur dans une décision rendue le 20 juin dernier. La valeur de la part assumée par les employé-es oscillent jusqu’ici à près de 40 000 $.

Mais là ne s’arrête pas l’odieux. Eddy Savoie s’est en effet octroyé le droit de récupérer auprès des employé-es sa part du coût de l’assurance dentaire qu’il avait versée à l’assureur, et ce, d’avril 2009 à avril 2012, soit trois années complètes. Les sommes ainsi récupérées équivalent à un peu plus de 30 000 $. Et pour se rembourser, Eddy Savoie a d’abord retenu les montants qu’il devait verser aux fins de la rétroactivité salariale prévue à la convention collective. Puis, il s’est permis de prélever le reste des montants à même la paie de chaque salarié concerné, à raison de 21,78 $ par semaine, et ce, durant 25 semaines consécutives.

Devant cet affront, le syndicat a déposé plusieurs griefs, qui sont à l’origine de la récente sentence arbitrale. L’arbitre Ladouceur leur a en effet donné raison en ordonnant que les droits des salarié-es soient rétablis et en intimant à Eddy Savoie de leur rembourser toutes les sommes prélevées, le tout avec intérêts. C’est cette décision que conteste le propriétaire des Résidences Soleil devant la Cour supérieure, en demandant d’abord un sursis pour ne pas avoir à rembourser ces sommes jusqu’à ce que la Cour entende la cause sur le fond.

« C’est une situation très choquante et inadmissible! », lance Danielle Lemire, représentante du secteur des centres d’hébergement privés à la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN. « Déjà ces travailleuses et ces travailleurs, qui se dévouent corps et âmes pour des gens âgés vulnérables, gagnent des salaires qui sont loin d’être mirobolants. Et là, Eddy Savoie s’en prend à eux et à leur famille en pigeant dans leurs poches, sans même ressentir une petite gêne. On ne laissera pas faire ça. Ces syndiqué-es peuvent compter sur notre solidarité et sur celle de l’ensemble des 130 000 syndiqués membres de la FSSS-CSN. »

Pour Denis P. Beaudin, président du Conseil central de l’Estrie (CCSNE-CSN) : « Ce qui est désolant dans cette histoire, c’est de voir ce propriétaire milliardaire agir comme s’il était un roi, et s’appliquer sa propre justice en contravention complète avec la convention collective qu’il a pourtant lui-même signée. Non seulement la CSN appuie ces salarié-es sur le plan juridique, mais nous, au conseil central, nous allons tout mettre en œuvre pour forcer ce triste individu à respecter ses travailleuses et ses travailleurs. »

À propos du syndicat et de la CSN

Les employé-es du Manoir de Sherbrooke sont membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des CHP de l’Estrie-CSN qui compte 250 membres répartis dans sept résidences. Il est affilié à la FSSS-CSN qui regroupe plus de 3000 salarié-es œuvrant dans les centres d’hébergement privés, et environ130 000 autres provenant d’autres secteurs d’activité. Le syndicat est aussi affilié au Conseil central de l’Estrie qui regroupe 12 000 syndiqué-es dans 110 syndicats. Pour sa part, la Confédération des syndicats nationaux compte 325 000 membres dans tous les secteurs d’activité.

https://vimeo.com/105774567

Le syndicat dénonce des décisions « sans bon sang » de la direction lors de la 41e collecte des Lavallois

Les membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs d’Héma-Québec, Montréal-CSN ont profité de la 41e collecte des Lavallois pour faire connaître aux donneurs les récentes décisions « sans bon sang » de la direction d’Héma-Québec. Ils dénoncent l’abolition des postes d’assistants techniques de collecte et des postes de chauffeurs et les conséquences sur le service aux donneurs, ainsi que les impacts que cela occasionne sur leurs conditions de travail, notamment la précarité dans laquelle les travailleuses et les travailleurs sont à présent placés.

« Officiellement, la direction vous dira qu’il existe le même nombre de travailleurs qu’auparavant. Dans les faits, la direction fait des mises à pied, abolit leurs postes, les rappelle au travail en utilisant la liste de disponibilité et leur fait faire des heures supplémentaires », dénonce Fernando Farinha, président du syndicat des travailleuses et des travailleurs Héma-Québec, Montréal-CSN. « Pourquoi des abolitions de postes quand on fait travailler en heures supplémentaires et qu’on utilise à sa pleine capacité la liste de disponibilité? », s’interroge le représentant des travailleuses et des travailleurs.

Quels sont les réels objectifs de la direction dans cette réorganisation du travail?

À cause de ces abolitions de postes, les travailleuses et les travailleurs sont sur appel et ont à présent des horaires irréguliers, voire « brisés ». « On leur demande de partir de la Rive-Nord pour aller s’occuper des collectes sur la Rive-Sud, impliquant des déplacements parfois de quatre heures par jour, alors que les horaires étaient organisés en fonction du lieu de résidence. La conciliation famille-travail, valeur-phare dans les relations de travail, semble être le moindre souci de la direction» se désole Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal-Métropolitain-CSN.

« Avec les décisions de gestion de l’employeur, les travailleurs qui avaient des horaires stables travaillent maintenant sur appel et doivent accepter les heures de travail sans savoir s’ils seront rappelés le lendemain. Beau manque de respect! », poursuit Dominique Daigneault.

Un temps d’attente pour le don qui augmente et une précarisation qui s’accroît

« À cause de la direction, ces abolitions de postes et cette nouvelle gestion à courte vue des horaires et des déplacements ont une incidence directe sur les donneurs : l’augmentation du temps d’attente pour faire le don. Moins de gens sont appelés à travailler aux collectes et au bout du compte, ce sont les donneurs qui écopent! », s’indigne Luc Bastien, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux-CSN.

« On dévalorise le métier de gens professionnels qui travaillent depuis plusieurs années à offrir un service rapide, exemplaire, efficace et à contribuer à la réputation d’excellence de Héma-Québec. On précarise ces travailleuses et ces travailleurs. C’est honteux! » conclut Luc Bastien.

Convaincu de la cause qu’il défend, le syndicat entend accentuer les pressions auprès de la direction et la sensibilisation du grand public dans les prochaines semaines et mois à venir.

Tous amis de Radio-Canada souligne à nouveau l’apport indispensable du diffuseur public

Lors d’un rassemblement devant l’édifice de CBC/Radio-Canada – Québec visant à célébrer le 50e anniversaire de cette station, le groupe Tous amis de Radio-Canada a de nouveau souligné l’apport indispensable du diffuseur public à la vie de toutes les communautés canadiennes, d’un océan à l’autre. « Il y a cinquante ans, la Société Radio-Canada a ouvert de nombreux postes de radiodiffusion dans plusieurs grandes villes ainsi que dans plusieurs régions moins populeuses, et ce, partout au pays. Ce déploiement avait pour objectif de démocratiser l’accès à l’information et à la culture, tout en offrant des émissions divertissantes à toute la population canadienne. Après cet épisode qui a donné naissance à Radio-Canada – Québec, partout dans le monde, notre diffuseur public est devenu un modèle qui a servi à en développer plusieurs autres à son image, de souligner Pierre Maisonneuve, porte-parole de Tous amis de Radio-Canada. Or, aujourd’hui, à la suite de la plus importante vague de suppressions de postes et de compressions budgétaires, l’incroyable expertise que nous y avions développée et l’avenir de notre diffuseur public sont gravement en péril ».

Rappelons qu’entre 2009 et 2015, plus d’un demi-milliard de dollars auront été retranchés du budget de CBC/Radio-Canada, ce qui se traduit par la suppression de plus de 3600 postes. « Les plus récentes annonces de coupes et de compressions ont poussé le groupe Tous amis de Radio-Canada à exiger un moratoire sur les compressions actuelles tout en revendiquant, dans les plus brefs délais, une commission parlementaire publique sur l’avenir de CBC/Radio-Canada. Nous célébrons donc ce 50e anniversaire en portant très haut et très fort ces deux revendications.

« Après avoir vécu plus de quarante ans de ma vie au service de CBC/Radio-Canada, je ne peux pas me résigner à assister impuissant à la destruction de cette institution collective essentielle. Au printemps dernier, Tous amis de Radio-Canada a procédé au lancement d’un Livre blanc qui pose treize questions fondamentales sur l’avenir de notre société publique. Les moments sombres qu’elle traverse nous démontrent l’urgence et la pertinence de débattre de ces questions sur la place publique. Sans aucun débat et sans mandat, le gouvernement procède actuellement au démantèlement lent, mais certain, d’un des services publics essentiels en démocratie, celui dont le mandat consiste à renseigner, à éclairer et à divertir la population canadienne. J’espère de tout cœur qu’elle saisira l’occasion de prendre part à l’exercice constructif que nous proposons”, de conclure monsieur Maisonneuve.

La campagne Tous amis de Radio-Canada vise à défendre l’intégralité du seul diffuseur public national. Elle est organisée conjointement par le Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC-CSN), la Confédération des syndicats nationaux et la Fédération nationale des communications-CSN.

Le Syndicat des communications de Radio-Canada représente 1600 membres au Québec et à Moncton. Il est affilié à la Fédération nationale des communications-CSN, qui regroupe 7000 membres œuvrant dans les domaines des communications et de la culture.

La CSN solidaire du mouvement des travailleurs de la restauration rapide aux États-Unis

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) tient à manifester sa solidarité à l’endroit des travailleuses et des travailleurs de la restauration rapide qui ont dressé des piquets de grève dans plus de 150 villes américaines, aujourd’hui, pour relever le salaire minimum à 15 $ l’heure. Selon le président de la CSN, Jacques Létourneau : « Les dizaines de milliers d’Américaines et d’Américains qui participent à ce mouvement font preuve d’un grand courage en affrontant les géants de la restauration rapide aujourd’hui. Nous ne pouvons que saluer leur détermination et leur engagement dans cette lutte pour vivre décemment. » Aux États-Unis, l’impact des lois anti-ouvrières, comme le Right to Work, qui visaient notamment à diminuer le nombre de salarié-es couverts par une convention collective, a eu un effet déterminant sur leur revenu et leur qualité de vie.

« Nous savons que le gouvernement Harper et le patronat canadien salivent à l’idée d’importer ici ces législations antisyndicales, a poursuivi le porte-parole syndical. Le Forum social des peuples, qui s’est tenu à Ottawa à la fin août, a démontré la volonté de nombreuses organisations du Québec et du Canada d’unir leurs forces pour contrer les conservateurs à cet égard, mais aussi pour l’ensemble de son œuvre sur les plans social et environnemental. »

Au Québec aussi

« Au Québec, nous réclamons depuis plusieurs années de hausser le salaire minimum pour permettre aux travailleuses et aux travailleurs de vivre décemment, a déclaré Jacques Létourneau. Dans la restauration rapide, mais aussi dans les résidences privées pour personnes âgées, par exemple, des milliers d’hommes et de femmes qui travaillent 40 heures par semaine sont pourtant incapables de faire vivre décemment leurs familles. Nous demandons au gouvernement du Québec d’établir un salaire minimum qui permette de les sortir de la pauvreté. »

La CSN réfute les arguments des patrons, selon qui une hausse substantielle du salaire minimum aurait des conséquences sur le plan de l’emploi. « Au contraire, l’économie s’en trouverait stimulée et toutes les régions en bénéficieraient », soutient le porte-parole syndical. D’ailleurs, le futur PDG de Couche-Tard, Brian Hannasch, s’est dit favorable à une hausse du salaire minimum, déclarant au quotidien Le Devoir qu’« au final, il en résulterait un plus grand pouvoir d’achat chez sa clientèle ».

Lors de son 64e Congrès, qui s’est tenu en mai dernier, la CSN a adopté des recommandations pour améliorer les conditions de travail et de vie de ceux et de celles qui ne peuvent compter sur un syndicat pour améliorer leur sort. On parle ici du relèvement des normes du travail, d’un encadrement des conditions de travail des travailleuses domestiques, d’un accès à la protection sociale, peu importe le statut d’emploi, et d’une amélioration de la réglementation des agences de placement.

Rapport sur l’évasion : il est temps de passer à l’action

Le syndicat des agents de la paix a suivi avec intérêt la conférence de presse de la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Madame Lise Thériault, à la suite du dépôt du rapport d’enquête de Me Marc Bouchard, mandaté par le gouvernement pour faire la lumière sur la spectaculaire évasion à l’établissement de Québec ainsi que sur celle survenue à Saint-Jérôme en 2013.

N’ayant pas pris connaissance du rapport de Me Bouchard dans son intégralité, le syndicat ne peut commenter ce sujet. Toutefois, les propos de la ministre Thériault concernant la sécurité sont partagés par le syndicat et à cet effet, un comité mixte, composé des représentants de l’employeur et du syndicat, a été formé récemment pour discuter de nombreux sujets reliés à la sécurité en milieu carcéral. « L’heure est maintenant venue de passer à l’action et de prendre les moyens nécessaires pour assurer une sécurité adéquate dans nos établissements carcéraux », affirme Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ-CSN).

Les travaux du comité ont débuté cet été et le syndicat est convaincu de pouvoir contribuer de façon significative à l’instauration de mesures de sécurités accrues dans les établissements de détention. Les agents des services correctionnels sont en première ligne quand il s’agit de la sécurité, et donc à même de connaître les problèmes qui y sont reliés. La ministre a d’ailleurs informé le syndicat, par l’intermédiaire du personnel de son cabinet, de son intention d’établir une rencontre prochainement, et ce sujet y sera certainement à l’ordre du jour.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

La fermeture à Shawinigan aurait pu être évitée

Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs du papier de la Mauricie (CSN) dénonce l’attitude de Produits forestiers Résolu (PFR) qui vient d’annoncer la fermeture prochaine de son usine Laurentide située à Shawinigan.

« Si l’usine est désuète, c’est la conséquence directe de la négligence et d’un manque d’investissement chronique de PFR », indique Alain Lampron, président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN). L’usine de Shawinigan utilisait encore des billes de bois pleine longueur plutôt que des copeaux, comme la grande majorité des usines du Québec. Cette ancienne technologie permet d’obtenir une excellente pâte, mais elle est beaucoup plus énergivore que la nouvelle.

PFR n’a pas hésité, depuis plusieurs années, à réclamer l’aide du gouvernement et demandait encore récemment l’accès à du bois pour la pâte à un coût moindre que ce qui est prévu dans le nouveau régime forestier de 2013. L’entreprise s’est également vu refuser le transfert de garanties d’approvisionnement en provenance de la forêt publique d’une région à l’autre. « Malgré son nouveau nom, le style de gestion de PFR n’a pas changé et il fait mal à la Mauricie au complet », lance Paul Lavergne, président du Conseil central Cœur-du-Québec, visiblement excédé des agissements de cette entreprise.

Résolu n’a pas cessé de faire rivaliser les usines l’une contre l’autre pour faire baisser les conditions de travail en menaçant une ou l’autre de fermeture. C’est une attitude inacceptable.

La CSN compte malgré tout entreprendre toutes les démarches possibles pour tenter d’éviter la fermeture « permanente » annoncée pour le 15 octobre prochain.

Nouvelle crise au CHSLD Saint-Lambert-sur-le-Golf

La CSN dénonce vigoureusement une récente décision arbitrale qui permet à Eddy Savoie de continuer à sous-payer ses employé-es du CHSLD en PPP de Saint-Lambert-sur-le-Golf. La décision de l’arbitre, datée du 15 juillet dernier, acceptait l’essentiel des demandes salariales de l’employeur. Les salaires demeurent donc très bas et se situent à quelques dollars l’heure au-dessus du salaire minimum, soit au minimum 30 % de moins que ce que l’on retrouve dans le secteur public pour un travail identique.

«Les profits d’une entreprise ne doivent pas passer avant la qualité de vie des personnes âgées et de celles de ses employés, affirme Jean Lacharité, vice-président de la CSN. L’arbitre déclare, dans sa sentence, que le gouvernement n’aurait sans doute pas eu recours à un PPP pour ce CHSLD s’il n’avait pas compté faire des économies en particulier sur les salaires offerts au privé par rapport à ceux obtenus dans le réseau public! Bref, on utilise le privé pour réduire les conditions de travail du personnel qui assure les soins aux personnes âgées en perte d’autonomie. »

Les dix démissions annoncées au CHSLD de Saint-Lambert pourraient en effet être suivies de plusieurs autres. On risque encore une fois de compromettre la qualité des soins avec un roulement de personnel excessif.

« Contrairement à ce qu’affirme le propriétaire du CHSLD, ces annonces montrent que les conditions et le climat de travail de ce CHSLD privé sont exécrables. Cela est d’autant plus inquiétant que l’Agence de la santé de la Montérégie, dans un rapport d’avril 2014, avait exigé du CHSLD qu’il procède à plusieurs redressements, le premier étant d’assurer la stabilité du personnel de l’établissement. Le taux de roulement du personnel était alors de 100%! Ce n’est pas la sentence arbitrale qui va arranger les choses », de s’inquiéter Guy Laurion

Rappelons que ce CHSLD a fait l’objet de nombreuses plaintes et enquêtes en moins de quatre ans, notamment une enquête du Protecteur du citoyen qui soulignait un important problème de recrutement et de rétention du personnel.

« Ce PPP avec Eddy Savoie, mis en place par le ministre le gouvernement Charest, ne peut clairement pas servir d’exemple pour la suite des choses. Le gouvernement Couillard doit en prendre acte et convertir ce PPP en établissement du réseau», ajoute Jean Lacharité.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Les travailleuses et travailleurs en grève illimitée pour de meilleures conditions de travail

Depuis minuit une minute, les 35 salarié-es de la Résidence Memphré, à Magog, qui héberge une centaine de personnes âgées autonomes et semi-autonomes, sont en grève générale illimitée. Profitant de la fête du Travail, ces syndiqué-es membres de la CSN ont déclenché la grève pour dénoncer l’impasse dans les négociations de leur première convention collective. Les salarié-es entendent respecter les services essentiels aux personnes hébergées.

Luc Poirier, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs des CHP de l’Estrie-CSN, résume ainsi la situation : « Ces salarié-es, syndiqués depuis octobre dernier, ont déclenché la grève parce que l’employeur refuse, notamment, de leur accorder des salaires décents dignes du travail qu’ils effectuent auprès de la clientèle âgée. Or, leurs salaires avoisinent actuellement le salaire minimum, qui sont par ailleurs nettement en bas de la rémunération moyenne versée dans les résidences privées, soit de 12 $ à 15 $ l’heure. »

Les salarié-es réclament un rattrapage salarial pour atteindre la parité avec la rémunération moyenne versée dans les résidences privées syndiquées au Québec. Pour sa part, le groupe Cogir, qui gère la résidence, n’offre rien de moins qu’un gel salarial pour la première année, suivi de deux hausses totalisant 2,5 % pour les deux autres années. En outre, les travailleuses et travailleurs réclament l’ajout de jours fériés et de jours de vacances annuelles, ainsi qu’un régime d’assurance collective qui est inexistant.

Les négociations ont débuté le 28 mars dernier. Jusqu’à maintenant, une vingtaine de séances de négociation ont eu lieu. Celles-ci ont permis de régler la presque totalité des conditions de travail dites non financières. Une demande de médiation a été adressée au ministère du Travail, mais aucune date n’a encore été décidée.

« C’est honteux de voir comment le groupe Cogir traite ses propres employé-es qui méritent plutôt d’être reconnus pour leurs efforts et les services qu’ils rendent quotidiennement aux personnes âgées. Ils peuvent compter sur la solidarité de la Fédération pour mener à un règlement satisfaisant », explique Danielle Lemire, représentante du secteur des centres d’hébergement privés à la FSSS-CSN. Le groupe Cogir est l’un des plus importants joueurs dans le domaine de l’hébergement des personnes âgées autonomes et semi-autonomes, avec quelque 45 établissements et près de 9 000 unités d’habitation répartis au Québec, en Ontario et en Nouvelle-Écosse.

En outre, Cogir détient quelque 15 500 unités résidentielles, des centres commerciaux et divers établissements multivocationnels. Il emploie environ 2 500 personnes. « Nous allons apporter tout l’appui nécessaire pour que ces travailleuses et ces travailleurs puissent se faire entendre auprès de cet employeur et auprès de la population, ajoute Denis Beaudin, président du Conseil central de l’Estrie (CSN). Nous allons les soutenir pleinement jusqu’à ce qu’ils obtiennent gain de cause, soit des améliorations significatives à leurs conditions de travail. »

À propos du syndicat et de la CSN

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des CHP de l’Estrie – CSN compte 250 membres répartis dans sept résidences. Il est affilié à la FSSS-CSN qui regroupe plus de 3 000 salarié-es œuvrant dans les centres d’hébergement privés, totalisant plus de 125 000 provenant de tous les secteurs d’activités. Le syndicat est également affilié au Conseil central de l’Estrie qui regroupe 12 000 syndiqué-es dans 110 syndicats. Pour sa part, la Confédération des syndicats nationaux compte 325 000 membres dans tous les secteurs d’activités.

Les compressions nuiront à la réussite des élèves du Québec

Alors que débute officiellement aujourd’hui la rentrée scolaire 2014, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) tient à dénoncer les mesures d’austérité imposées par le premier ministre Philippe Couillard à l’ensemble des services publics et plus particulièrement au réseau de l’éducation primaire et secondaire, qui aura de nombreuses conséquences, au premier chef sur les conditions de réussite des élèves.

« Le premier ministre Couillard nous dit qu’il faut couper ailleurs que dans les livres. Il a raison. Mais il est tout aussi inacceptable de devoir sabrer sur l’aide aux devoirs, les services d’orthophonistes, les sorties scolaires, les équipements ou les berlingots de lait. C’est pourtant ce que commande le plan de coupes des dépenses publiques de ce gouvernement ! », dénonce Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN et responsable politique du dossier de l’éducation.

Rappelons que le réseau des commissions scolaires et les écoles dont elles sont responsables sont déjà mis à mal par plus de six ans d’austérité et près d’un milliard de dollars de compressions touchant directement tous les services (entretien, transport scolaire, services spécialisés, etc.).

« Comment le gouvernement Couillard entend-il réellement agir, au-delà des belles paroles, sur la question du décrochage, de l’analphabétisme ou de la vétusté des infrastructures scolaires, qui demandent non pas plus de coupes, mais bien plus d’investissements? », s’interroge la leader syndicale. « Dans pareil contexte, si ce gouvernement veut “investir dans la réussite scolaire” comme il l’a prétendu en campagne électorale, il doit inévitablement et dès maintenant mettre davantage de ressources pour combattre le décrochage scolaire et aussi la pauvreté, un déterminant majeur en éducation », martèle en conclusion Véronique De Sève.

La Coalition syndicale très inquiète de la tournure des travaux

Au lendemain de la fin des travaux de la commission parlementaire sur le projet de loi 3, la Coalition syndicale pour la libre négociation dresse un bilan gris foncé. Les représentants de la plupart des cols bleus, cols blancs, policiers, pompiers et chauffeurs d’autobus du Québec craignent que le ministre Moreau adopte à toute vitesse le projet de loi sans modification de fond.

Ils rappellent que leurs témoignages établissent que la situation des régimes de retraite du monde municipal est globalement saine. Ils martèlent que la libre négociation a fait ses preuves pour garder les coûts des régimes de retraite à des niveaux acceptables pour les contribuables. Malgré cela, les représentants des employés municipaux ont l’impression de n’avoir pas été entendus par le ministre des Affaires municipales.

« Nous avons démontré plusieurs choses au ministre Moreau. D’abord, qu’une approche “mur à mur”, globalisante et simpliste ne fonctionne pas. Ensuite, que nos régimes sont bien capitalisés dans l’ensemble et que nous agissons avec vigueur pour redresser les quelques régimes qui sont en difficulté. Enfin, que nos membres acceptent des efforts applicables aux déficits passés à condition qu’on ne déchire pas les contrats signés », a mentionné Marc Ranger, porte-parole de la Coalition.

« Nous nous sommes heurtés à la froideur et à la précipitation d’un ministre dont l’idée semblait déjà faite. Mais nous ne jetons pas l’éponge. Nous allons tout faire pour que le gouvernement Couillard respecte la parole donnée aux retraités et aux employés, entende les maires qui rejettent le “mur à mur” et protège la paix industrielle dans les municipalités », ont conclu Denis Marcoux, président de la FEESP-CSN, Denis Côté, président de la FPMQ, Ronald Martin, président de l’association des pompiers de Montréal et Yves Francoeur, de la Fraternité des policiers de Montréal.

La Coalition regroupe plus de 65 000 cols blancs, cols bleus, pompiers, policiers, professionnels et employés de sociétés de transport. Elle représente la quasi-totalité des employés municipaux syndiqués du Québec. Ses revendications sont expliquées sur le site librenego.com

Elle est composée du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Québec) et de son Conseil provincial du secteur municipal de même que de son Secteur du transport terrestre, de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), de la Fédération indépendante des syndicats autonomes (FISA), de la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec, de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, de l’Association des pompiers de Montréal, du Regroupement des associations de pompiers du Québec ainsi que du Syndicat des pompiers et pompières du Québec – FTQ.