Fédération : Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN)
Grève nationale des responsables de service de garde de la CSN
Les responsables de service de garde (RSG) en milieu familial de la CSN tiennent aujourd’hui une demi-journée de grève (de 7 h à 12 h) à l’échelle nationale. Les RSG–CSN souhaitent interpeller le gouvernement et avertir la population de la précarité croissante d’un réseau qui assure quotidiennement des services à près de 92 000 enfants et leur famille.
Le manque de places pourrait s’aggraver
« Partout au Québec, les parents ont raison de s’inquiéter. Il y a un manque criant de places et le peu d’intérêt du gouvernement pour notre travail risque d’aggraver la situation. En l’espace de quelques années, plus de 20 % des RSG ont choisi de quitter la profession faute de conditions attrayantes. Pourtant, ce sont les RSG qui ont contribué à développer l’offre de services de garde au Québec et le gouvernement sait que nous pourrions très vite répondre à la demande. Mais pour y arriver, il doit commencer à reconnaître notre travail à sa juste valeur », affirme Karine Morisseau, porte-parole des RSG–CSN.
Les RSG–CSN sont actuellement en négociation avec le ministère de la Famille pour le renouvellement de leur entente collective. Après bientôt un an de rencontres, les offres proposées par le gouvernement n’ont rien de valorisant et se situent en deçà de ce qui est nécessaire pour assurer la pérennité du réseau de services de garde en milieu familial.
« Je dois saluer le courage de nos RSG, car elles sont en train de faire un travail extraordinaire afin d’alerter la population sur les difficultés que vit le réseau. Il s’agit certes d’une négociation, mais l’enjeu, comme pour beaucoup de nos services publics, dépasse largement la seule question des travailleuses et des travailleurs. Il s’agit ici d’un réseau qui a fait grandir le Québec et qui, aujourd’hui, est mis à mal par un gouvernement qui ne semble pas en mesurer la pleine valeur », estime Jacques Létourneau, président de la CSN.
Le désintérêt du gouvernement ne favorise pas la conciliation famille-travail-études
« Il faut que le message soit clair pour les parents : les RSG de la CSN enclenchent cette grève dans l’objectif d’assurer la survie d’un réseau qui contribue grandement à la conciliation famille-travail-études. Si le gouvernement est inquiet des répercussions de cette grève sur les familles, nous lui signalons qu’il devrait plutôt s’inquiéter des répercussions qu’aura son manque de vision et d’intérêt pour le réseau. Nous sommes convaincus que les parents qui bénéficient des services de garde en milieu familial tiennent à la pérennité du réseau. Cette survie passe par une reconnaissance réelle du travail accompli quotidiennement par les milliers de RSG du Québec », explique Lucie Longchamps, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).
Reconnaître le temps réel de travail
Bien que les RSG ne soient pas rémunérées à l’heure, elles revendiquent une reconnaissance réelle de leur temps de travail. « Nous travaillons 50, 55, 60 heures par semaine, car c’est le temps nécessaire pour offrir un service de qualité qui répond aux besoins des familles. Or, lorsqu’on tient compte du temps réel de travail, notre rémunération se situe sous le salaire minimum. Pour valoriser notre profession, le gouvernement nous propose donc une augmentation qui ne couvre même pas la hausse du coût de la vie ! En somme, il nous demande de nous appauvrir. On ne fait pas la grève pour demander des privilèges, on la fait pour exiger l’équité », ajoute Karine Morisseau.
« Le Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN)) appuie sans réserve les revendications des RSG–CSN. Il est plutôt inquiétant de voir que le manque de vision du gouvernement met en danger un réseau qui permet justement aux familles de concilier le travail et la famille. D’autant plus que le secteur des RSG est composé à 99 % de femmes ! Le gouvernement peut et doit faire mieux, c’est une question de respect et de survie du réseau », commente Dominique Daigneault, présidente du CCMM–CSN.
Avec cette grève, les RSG–CSN espèrent interpeller le gouvernement et lui faire prendre conscience de l’importance de soutenir le réseau de service de garde en milieu familial. « Nous estimons que nous accomplissons un travail bénéfique pour l’ensemble de la société québécoise. Or, pour combien de temps encore pourrons-nous assurer le service ? Des milliers de femmes ont dû abandonner depuis quelques années, et ce, en raison des conditions de travail décourageantes. Le gouvernement doit changer d’attitude, sans quoi il risque d’aggraver la pénurie de places. À moins que cela soit sa volonté », conclut Karine Morisseau.
28 février : grève nationale des responsables de services de garde de la CSN
Les responsables de services de garde (RSG) en milieu familial de la CSN annoncent la tenue d’une grève à l’échelle nationale le 28 février prochain. Cette grève, d’une demi-journée, a été votée au cours des dernières semaines et fait écho à l’inquiétude partagée par les RSG de la CSN quant à la pérennité du réseau de services de garde en milieu familial.
Interpeller le gouvernement, avertir la population
« Ce n’est jamais facile de prendre la décision de tenir une grève. Nous sommes dévouées à nos enfants et aux parents qui nous font confiance, mais là, nous constatons qu’il faut lancer un message fort et unifié quant à l’avenir des services de garde. L’attitude du gouvernement nous fait craindre le pire et les négociations en cours ne présagent rien de positif pour la suite des choses. Ce n’est pas compliqué, on se demande si le gouvernement cherche volontairement à fragiliser le réseau des RSG », explique Karine Morisseau, porte-parole et représentante des RSG de la CSN.
Fragiliser un maillon important des services à la petite enfance
Cette inquiétude se fonde sur un ensemble de constats que souhaitent partager les RSG avec la population. « Nous tiendrons cette grève pour nous assurer que des aspects méconnus de notre réalité soient pris en considération. Par exemple, peu de gens savent que lorsqu’on tient compte de notre nombre d’heures de travail réel, soit 50, voire 55 heures par semaine, notre rémunération équivaut à un taux horaire en dessous du salaire minimum! », ajoute Karine Morisseau.
Le ministère de la Famille répond à cette iniquité en proposant une augmentation de la rémunération de l’ordre de 6,5 % étalée sur 5 ans, soit un taux en deçà de l’inflation. « Pour un gouvernement qui fait de la famille et de l’éducation une priorité, c’est une offre qui ne couvre même pas l’augmentation du coût de la vie. Cette situation a pour conséquence de nous appauvrir et de nous fragiliser, car nous tenons à maintenir le même niveau de qualité dans la prestation de nos services », commente Karine Morisseau.
En effet, le réseau se fragilise à grande vitesse alors que plus de 20 % des RSG ont quitté la profession ces dernières années. « À l’heure actuelle, ce sont près de 92 000 enfants qui sont pris en charge par le réseau. Or, nous sommes inquiètes, puisque les conditions de travail sont de moins en moins attractives, voire reculent, et le message que nous livre le gouvernement ne fait rien pour valoriser la profession et assurer la viabilité des services », estime Lucie Longchamps, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).
Le gouvernement ne peut plus esquiver la question
Les RSG ont contribué à bâtir l’offre de services de garde et contribuent quotidiennement à la prospérité économique du Québec en offrant une option de qualité aux parents, qui en retour, peuvent investir le marché de l’emploi. « Le gouvernement saisit-il bien la contribution sociale et économique des RSG? Le gouvernement reconnaît-il l’importance de ce secteur d’activité composée à 99 % de femmes? Est-ce que le gouvernement, par des offres en deçà de l’inflation ou des projets de maternelles 4 ans représentant plus d’un milliard de dollars, cherche à étouffer un réseau qui a fait grandir le Québec? C’est la question qu’on lui pose. C’est la question que notre grève pose. Accepter les offres actuelles du gouvernement, c’est accepter de voir disparaître notre réseau. Je doute que les parents et la population soient d’accord avec cela », affirme Karine Morisseau.
« Nous sommes heureux d’accueillir les RSG pour cette importante annonce. Nous sommes solidaires de cette lutte, car elle nous touche collectivement et nous invitons le gouvernement à étudier la question avec le sérieux et le respect qu’elle mérite », ajoute Mickaël Lavoie, vice-président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais–CSN (CCSNO–CSN).
28 février : une grève nationale
Le 28 février, les RSG de la CSN n’offriront pas de services de garde entre 7 h et 12 h, et ce, partout au Québec.
Régions et bureaux coordonnateurs (BC) concernés par la grève
Saguenay-Lac Saint-Jean
BC — CPE Les Amis de la culbute
BC — CPE Mini-monde
BC — LE CPE Aeutissatsh
Îles-de-la-Madeleine
BC — CPE Chez Ma tante
Montérégie
BC — CPE Les Amis gators
BC — CPE Mafamigarde
BC — Au pied de l’échelle
BC — Joie de vivre
BC — CPE Vos Tout-Petits
Outaouais
BC — CPE Des Premiers pas
BC — CPE De la Petite-Nation
BC — CPE L’Éveil de la nature
Estrie
BC — CPE Sous les étoiles
Laurentides
BC — CPE Les petits Baluchons
BC — Le rêve de Caillette
Québec
BC — CPE Joli-cœur
BC — CPE Le Kangourou
BC — Beauport
BC — De Sainte-Marie (Petits pommiers)
Bas-Saint-Laurent
BC — CPE L’Aurore boréale
BC — Services de garde l’Enfant joue
Gaspésie
BC — CPE De La Baie
BC — Aux joyeux marmots
Abitibi
BC — LE CPE Des p’tits maringouins
Lanaudière
BC — CPE Aux portes du matin
BC — CPE La chenille
Montréal
BC — La Trottinette carottée
BC — Ahuntsic
BC — Saint-Léonard
BC — CPE La grenouille rose
BC — CPE Montréal-métropolitain
BC —Du Carrefour
BC — CPE Gros bec
BC — CPE de Montréal-Nord
BC — Lieu des petits de St-Michel
BC — Familigarde de LaSalle
BC — CPE Les Maisons Enjouées
Laval
BC — Force vive
La FSSS–CSN présente ses cinq demandes
La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) dévoile ses priorités pour le prochain budget du Québec. Ces cinq demandes visent à mettre fin à la crise dans le réseau de la santé et des services sociaux et à répondre aux besoins des familles et des travailleuses dans les services de garde éducatifs.
Cinq mesures fiscales pour le budget du Québec 2020
Le réseau de la santé et des services sociaux subit une crise inégalée qui trouve sa source dans la réforme Barrette et le manque à gagner des établissements du réseau depuis 2013-2014 qui se chiffre maintenant à 9 milliards de dollars. Le cumul de l’austérité et de la forte hausse de rémunération des médecins a créé une spirale de sous-financement pour le personnel et plusieurs services à la population.
Dans le secteur préhospitalier, les délais de réponse posent problème dans plusieurs régions et des cas sortent régulièrement pour faire état de la surcharge de travail des paramédics. Dans le réseau des services de garde éducatifs, les CPE et les RSG doivent jongler avec la menace des maternelles 4 ans, ce qui pousse plusieurs travailleuses à quitter la profession.

Pour régler ces problèmes criants, la FSSS–CSN demande cinq mesures fiscales :
- Un montant de 500 millions de dollars dédiés à des mesures d’attraction et de rétention du personnel dans le réseau de santé et de services sociaux
- Un financement récurrent de 500 millions de dollars en soins à domicile pour augmenter le personnel des CLSC et répondre aux besoins grandissants de la population
- Un montant de 500 millions de dollars pour renforcer les soins dans l’hébergement de longue durée
- Un montant de 80 millions de dollars pour freiner la surcharge de travail et améliorer les temps de réponse dans les services préhospitaliers d’urgence
- Un montant de 300 millions de dollars pour attirer et retenir le personnel dans le réseau des services de garde éducatifs (CPE et RSG)
« Le gouvernement Legault doit saisir l’ampleur de la crise vécue par le personnel en annonçant des mesures fiscales concrètes et ambitieuses dans le budget 2020. Nos cinq demandes sont des solutions pour améliorer les choses et donner de l’air au personnel surchargé. Le gouvernement ne peut pas tout mettre sur le dos de la pénurie. Il doit agir ! », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.
Des mesures fiscales au cœur des priorités du personnel
Un récent sondage mené par la FSSS–CSN auprès de ses membres a permis de dresser les priorités fiscales des travailleuses et travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux et du réseau des services de garde éducatifs. C’est 1345 membres de la FSSS–CSN qui ont répondu au sondage électronique mené entre le 5 et le 12 février 2020.
- Pour 51 % des répondant-es, la priorité doit être d’investir pour des mesures d’attraction et de rétention du personnel dans le réseau de santé et de services sociaux
- 26 % considèrent qu’il faut freiner la surcharge de travail et améliorer les temps de réponse dans les services préhospitaliers d’urgence
- 26 % pensent qu’il faut investir dans les soins à domicile publics
- 22 % demandent du financement pour attirer et retenir le personnel dans les CPE et les RSG
Montant record amassé par la CSN pour le Camp Vol d’été Leucan–CSN
La 23e campagne de financement de la CSN pour le Camp Vol d’été Leucan–CSN, camp unique pour les enfants atteints de cancer et leur famille, vient de se terminer. Nous sommes très heureux d’annoncer qu’un montant record de 231 457 $ a été amassé collectivement par les membres de la CSN. C’est en 2019 que le cap des 4 millions de dollars a été franchi en montant amassé total depuis le début de cette belle association.
Par solidarité envers les enfants atteints de cancer, les militants et militantes ont organisé différentes actions pour atteindre un tel résultat (campagne du 1 $ par membre, retenues à la source, tournois de golf, ventes de bonbons, organisation d’activités, etc.). Le Camp Vol d’été Leucan-CSN est d’ailleurs la cause officielle de la CSN.
30 personnes membres de toutes les organisations de la CSN s’impliquent bénévolement à la Fondation Camp Vol d’été Leucan-CSN pour mener cette campagne de collecte de fonds. Ils agissent avec cœur et dévouement tout au long de l’année pour voir à la réussite de la campagne. Ils sont : Jean Lacharité (CSN), Gabrielle Pelletier (CSN), Ramatoulaye Diallo (Conseil central du Montréal Métropolitain–CSN), Éric Céré (Conseil central des Laurentides–CSN), Nancy Legendre (Conseil central Bas-Saint-Laurent–CSN), Félix-Antoine Lafleur (Conseil central Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec–CSN), Daniel Lamoureux (Conseil central Bas-Saint-Laurent–CSN), Sylvain Pratte (Conseil central Cœur-du-Québec–CSN), Agathe Tremblay (Conseil central Côte-Nord–CSN), Julie Bolduc (Conseil central Estrie–CSN), Serge St-Pierre (Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN), Alain Chevarie (Conseil central de la Gaspésie et des Île-de-la-Madeleine–CSN), Patricia Rivest (Conseil central Lanaudière–CSN), Louis-André Boulay (Conseil central Montérégie–CSN), Daniel Baril (Conseil central Outaouais–CSN), Louis Hamel (Conseil central Québec-Chaudière-Appalaches–CSN), Monic Perron (Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN), Emmanuelle-Cynthia Foisy (CSN-Construction), Alexandre Giguère (FC–CSN), Jean-Pierre Bourgault (FEESP–CSN), Michel Tétreault (FIM–CSN), Pierre Roger (FNC–CSN), Léandre Lapointe (FNEEQ–CSN), Yvan Duceppe (FP–CSN), Nadine Lambert (FSSS–CSN), François Gagnon (L’OR–CSN), Céline Charbonneau (Marraine), Jean-Claude Gagnier (STT–CSN)
Les familles de Leucan tiennent à remercier tous ceux qui participent de près ou de loin à cette grande campagne provinciale de financement. Soyez assuré que vous faites une réelle différence. Comme on le dirait au camp….
« C’estttttt un M, un E, un R. C’est un C avec un I. Rassembler tou-tes ces let-tres, vous y trouverez, MERCI MERCI MERCI! »
Une réforme conduite à l’aveuglette
Un récent sondage mené par la CSN est éloquent : la réforme improvisée du gouvernement Legault risque fort de manquer sa cible et d’entraîner des dommages collatéraux qui seront difficiles à réparer.
La CAQ a foncé droit devant avec l’implantation de ses maternelles 4 ans. Dans l’empressement, elle a omis d’en mesurer les effets sur le réseau de la petite enfance, de considérer l’offre régionale de services de garde éducatifs et de bien analyser le profil des enfants qui sont privés d’une place dans le réseau. Et les répercussions de ces négligences seront nombreuses.
Un réseau qui tient à un fil
Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, avait affirmé vouloir augmenter le nombre de places en CPE et en milieu familial. Il s’agissait d’une sorte de prix de consolation pour faire avaler l’arrivée de 2600 classes de maternelle 4 ans dans les prochaines années. Or, seulement dans les milieux régis et subventionnés, on constate une baisse d’environ 25 % de la capacité d’accueil depuis trois ans ! Chaque fois qu’une RSG cesse ses activités, c’est six places pour les enfants de zéro à cinq ans qui disparaissent.
Le sondage de la CSN, mené auprès de 2700 responsables en services de garde (RSG) régis et subventionnés et membres du personnel en CPE, illustre bien le défi à venir dont les jeunes parents du Québec risquent de pâtir. Les travailleuses et travailleurs du réseau sont à bout de souffle. Il manque de relève et ce manque risque de s’accentuer dans les prochaines années. En ce sens, le gouvernement doit prendre au sérieux la menace d’une pénurie de personnel qui plane sur le secteur.
La mise sur pied du réseau a été une avancée sociale pour le Québec, particulièrement pour les femmes. À ce titre, la représentante du secteur des CPE à la FSSS–CSN, Louise Labrie, s’inquiète. « Le manque de considération pour ce réseau est en train d’éroder les bases sur lesquelles il reposait, soit le personnel qualifié en nombre suffisant. »
Un climat peu invitant
Le débat sur les maternelles 4 ans risque d’ébranler les CPE et les milieux familiaux régis et subventionnés ; il ne fera rien pour inciter plus de jeunes à s’inscrire au programme collégial conduisant à l’exercice du métier d’éducatrice. Karine Morisseau, représentante du secteur RSG à la FSSS–CSN, y voit une contradiction. « Alors que le gouvernement lui-même convient de la nécessité d’augmenter l’offre, il aura bien du mal à faire en sorte que le réseau puisse continuer à accueillir le nombre d’enfants actuel. Ce n’est guère étonnant quand on voit à quel point il le néglige. »
Et l’offre régionale ?
Le gouvernement Legault doit tenir compte des analyses réalisées par son propre ministère de la Famille, en septembre 2019. Il doit ralentir le développement de classes de maternelle 4 ans et adapter leur déploiement en fonction de chaque réalité régionale.
Les cartes du ministère montrent en effet que plusieurs MRC du Québec connaissent des surplus de places en services de garde éducatifs et que de nombreuses autres MRC sont à l’équilibre. Ouvrir rapidement des maternelles 4 ans à ces endroits ne serait pas un déploiement « cohérent » avec le réseau de la petite enfance. Or, le projet de loi 5 adopté en novembre dernier mise sur cette cohérence avec les services existants. Pour y arriver, il faudra cibler les MRC dans le besoin au lieu de développer des classes de maternelle tous azimuts.
Un sondage inquiétant
23 % des répondantes pensent prendre leur retraite ou quitter la profession d’ici deux ans.
44 % affirment que le débat sur les maternelles 4 ans affecte leur moral.
90 % viennent d’un CPE qui peine à recruter des éducatrices ayant suivi une formation collégiale.
27 % indiquent que des postes sont actuellement vacants dans leur CPE.
72 % des RSG soutiennent que la pénurie de remplaçantes les affecte personnellement.
74 % des RSG constatent que des collègues cessent leurs activités.
La CAQ souhaite-t-elle asphyxier les services publics ?
Le 12 décembre dernier, la CSN a rencontré le Conseil du trésor pour recevoir les offres du gouvernement en vue du renouvellement des conventions collectives du secteur public.
Alors que la CAQ promettait du changement, les propositions déposées indiquent plutôt que le gouvernement Legault choisit de poursuivre sur la même voie que ses prédécesseurs libéraux en refusant de reconnaître la valeur du travail accompli par les travailleuses et les travailleurs en éducation, en santé et services sociaux et dans les organismes gouvernementaux.
Des offres salariales insultantes
Côté salaire, le gouvernement offre à ses propres employé-es de s’appauvrir. En proposant des augmentations sous le taux d’inflation – 1,75 % pour chacune des deux premières années, 1,5 % pour la troisième année et 1 % pour chacune des deux dernières années – le premier ministre Legault renie sa parole de consentir au minimum des augmentations qui couvriraient la hausse du coût de la vie. Pour les membres CSN du secteur public, cette proposition est inacceptable. Éviter de s’appauvrir en travaillant ne devrait même pas être un enjeu de négociation. C’est la base.
Le Conseil du trésor propose aussi de verser un montant forfaitaire de 1000 $ non récurrent aux personnes qui auront atteint le dernier échelon de leur échelle salariale d’ici le 30 mars 2020. Ce montant n’est que de la poudre aux yeux.
Sur le terrain, les offres salariales ont été reçues comme une véritable insulte. Pour bon nombre de travailleuses et de travailleurs des réseaux publics, le salaire actuel ne permet même pas de vivre décemment. Les besoins sont grands et les personnes qui œuvrent au quotidien à prodiguer les meilleurs services possible à la population s’attendent à plus de respect de la part de leur employeur, le gouvernement du Québec.
Négocier sans attendre
Le Conseil du trésor, dans son dépôt des demandes à la table centrale, annonçait la création de trois forums sur ses priorités gouvernementales, soit la santé globale des salarié-es, la réussite éducative et l’accessibilité aux soins pour la clientèle en hébergement de longue durée ou recevant des soins à domicile. La CSN a annoncé en janvier dernier qu’elle ne participera pas à ces forums ; les fédérations du secteur public considèrent que les discussions sur ces enjeux cruciaux doivent se tenir aux tables de négociation, dès maintenant.
Une première séance entre la CSN et le Conseil du trésor s’est tenue le 8 janvier. Les parties ont convenu de se rencontrer régulièrement. Les pourparlers sont donc entamés sur l’ensemble de nos revendications, tant sur le salaire que sur les autres enjeux intersectoriels, soit la retraite, les disparités régionales, les droits parentaux ainsi que les assurances collectives et la protection des lanceurs d’alerte.
Des dépôts sectoriels déconnectés
Les fédérations du secteur public affiliées à la CSN (FEESP, FNEEQ, FP et FSSS) ont aussi reçu, en décembre, les propositions sectorielles des comités patronaux de négociation.
Dans le secteur de la santé et des services sociaux ainsi qu’en éducation, les dépôts patronaux dénotent un flagrant manque de vision. Alors que la négociation devrait servir à améliorer les conditions de travail de toutes et de tous, les patrons des réseaux semblent plutôt vouloir saisir l’occasion pour accroître le pouvoir des cadres et retirer certains droits aux salarié-es. Les dépôts comportent des éléments préoccupants pour celles et ceux qui sont en situation de précarité, particulièrement en éducation : diminution des avantages pour les employé-es à temps partiel, augmentation des délais et ajout de critères pour l’obtention de la permanence, modification des horaires à la petite semaine, etc. Avec de telles mesures, il est difficile de saisir comment les patrons pensent attirer la relève dans les écoles, les cégeps et les établissements de santé et de services sociaux.
Du côté des travailleuses et travailleurs des organismes gouvernementaux syndiqués à la CSN qui prennent part à la négociation du secteur public, seuls les membres du Parc olympique de Montréal ont déjà entamé les discussions avec la partie patronale. Les sept syndicats FEESP et FP de cet organisme ont décidé de se coordonner pour mener la présente ronde de négociation. Une décision fort stratégique compte tenu de la volonté de l’employeur de réécrire entièrement les conventions collectives, notamment en décloisonnant les horaires et en facilitant le recours à la sous-traitance. Les syndicats CSN de l’aide juridique, des traversiers et de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse n’ont quant à eux toujours pas reçu les propositions patronales.
Merci, mais non merci
Absolument rien dans les dépôts du gouvernement, tant à la table centrale qu’aux tables sectorielles, ne permet d’attirer le personnel dans le secteur public et de le retenir. Avec les coffres de l’État québécois qui débordent et une situation de rareté de main-d’œuvre qui entraîne déjà des pénuries majeures dans les réseaux, voire des bris de services, le gouvernement a les moyens et le devoir de faire mieux. C’est par leur mobilisation que les 150 000 travailleuses et travailleurs CSN du secteur public lui feront prendre conscience de l’urgence d’agir.
« Sans nous, les services publics sont HORS SERVICE »
C’est habitée par un réel sentiment d’urgence que la CSN lance aujourd’hui la campagne HORS SERVICE. « Après plusieurs séances de négociation, tant à la table centrale qu’aux tables sectorielles, il est maintenant on ne peut plus clair que le gouvernement de François Legault ne saisit pas l’ampleur de la crise qui sévit dans nos réseaux », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.
Après avoir tenté par tous les moyens, et ce, depuis l’élection de la CAQ, de faire prendre conscience au gouvernement Legault que rien ne va plus dans les réseaux de l’éducation et de la santé et des services sociaux ainsi que dans les organismes gouvernementaux, la CSN choisit maintenant de s’adresser directement aux Québécoises et aux Québécois qui sont plus d’un million et demi à utiliser, chaque jour, les services publics. « Notre message est simple : sans de meilleures conditions de travail, il n’y aura plus de travailleuses et de travailleurs. Et sans les travailleuses et les travailleurs, il n’y a pas de services publics. Nous ne sommes pas alarmistes, nous sommes réalistes », ajoute Mme Senneville. « Il manque de ressources, les charges de travail sont insoutenables, les cas d’épuisement professionnel se multiplient, alors il manque encore plus de ressources… Il faut à tout prix briser ce cercle vicieux. »
De plus, c’est avec une grande inquiétude que la CSN constate que le Conseil du trésor n’envoie pas de signaux positifs aux tables de négociation, comme en témoigne son refus d’hier à maintenir en place jusqu’à la conclusion de nouvelles ententes des primes d’attraction et de rétention ainsi que certains budgets de formation et d’encadrement. « Le gouvernement opte pour des économies de bouts de chandelle sur le dos des travailleuses et travailleurs au lieu de saisir la chance de valoriser le personnel. La CSN ne baissera pas les bras et les discussions se poursuivent afin de les maintenir au-delà du 30 mars. »
Puisque le gouvernement ne reconnait pas la nécessité de donner un sérieux coup de barre dès maintenant pour améliorer les conditions de travail et de pratique et les salaires dans les réseaux, les travailleuses et les travailleurs du secteur public de la CSN considèrent qu’il est aujourd’hui de leur devoir d’informer la population de l’état de la situation sur le terrain. « Les bris de services sont à nos portes. De nombreux secteurs et départements sont constamment en sous-effectifs, ce qui nuit grandement à l’accessibilité et à la qualité des services. »
La CSN rappelle que, depuis plus de deux mois, elle se présente aux tables de négociation avec des solutions concrètes qui répondent aux besoins des travailleuses et des travailleurs des réseaux; des solutions qui permettraient au secteur public de redevenir attractif et ainsi de réduire les problèmes de pénurie de main-d’œuvre qui aggravent actuellement la situation dans les établissements. « Pendant que nous mettons des propositions solides sur la table, le gouvernement, de son côté, ne semble pas vouloir travailler à améliorer les conditions de travail du personnel. De plus, il nous confirme à travers le budget qu’il souhaite appauvrir les travailleuses et les travailleurs du secteur public en offrant des hausses de salaire sous l’inflation. N’est-il pas indécent que le président du Conseil du trésor, millionnaire de surcroît, propose d’appauvrir celles et ceux qui se consacrent au quotidien à offrir des services à la population? »
Avec comme objectif de parler à l’ensemble de la population, la campagne HORS SERVICE se déploiera dans toutes les régions du Québec. Des actions sont prévues dès aujourd’hui dans plusieurs villes.
« Si rien n’est fait pour améliorer les conditions de travail du personnel des réseaux, il n’y aura plus de services publics. N’attendons pas que ça arrive! », conclut Caroline Senneville.
La Coopérative ambulancière de la Mauricie se joint à la CSN
À la suite de la période de changement d’allégeance dans le secteur du préhospitalier, les travailleuses et travailleurs de la Coopérative ambulancière de la Mauricie (CAM) ont choisi de quitter la Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec, affilié à la FTQ, et joindre les rangs de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).
Représentant plus de 3 500 salariés-es du secteur préhospitalier, la CSN est sans contredit le meilleur choix pour les paramédics de la Mauricie. En adhérant à la CSN, ce syndicat, qui compte 170 membres, se donne un meilleur rapport de force en vue de la négociation de leur prochaine convention collective de travail. La CSN salue le choix des travailleuses et travailleurs et est heureuse de les accueillir dans ses rangs.
À propos
Le syndicat est affilié à la FSSS–CSN, principale organisation dans le secteur préhospitalier, qui représente près de 130 000 salariés-es œuvrant dans les secteurs public et privé. Il est affilié au Conseil central du Cœur du Québec, qui représente plus de 17 000 membres en Mauricie et au Centre-du-Québec ainsi qu’à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) qui compte quant à elle plus de 300 000 membres, et ce, tant dans les secteurs public que privé.
Les employé-es de l’hébergement de l’Armée du salut souhaitent que la mission soit maintenue
Les travailleuses et travailleurs des ressources d’hébergement touchés par l’annonce de fermeture de l’Armée du salut souhaitent que tout soit fait pour que la mission soit maintenue. Les besoins en itinérance sont importants à Québec et des solutions doivent être trouvées avec l’ensemble des partenaires pour que les ressources demeurent ouvertes.
L’Armée du salut annonçait récemment la fermeture de deux ressources d’hébergement pour les personnes en situation d’itinérance. Ce sont 80 lits destinés aux hommes et aux femmes en difficulté ou à risque d’itinérance qui risquent de disparaître suite à cette annonce. L’Armée du salut explique la raison de sa décision par des raisons financières.
La trentaine d’employé-es touchés par cette annonce se sont rencontrés en assemblée générale au début de la semaine. Ils encaissent le choc de cette décision. La première préoccupation des travailleuses et travailleurs est de trouver une solution pour continuer de répondre aux besoins en itinérance à Québec.
« Nous ne pouvons nous passer de ces ressources à Québec. Les besoins sont là. Nous appelons l’ensemble des partenaires à s’asseoir pour trouver une solution. Pour le personnel et le syndicat, tout doit être fait pour que les ressources demeurent ouvertes », explique Lucie Langlois, vice-présidente régionale de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).
Un plan gouvernemental qui fait la sourde oreille aux solutions du personnel
Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), la ministre McCann a raté une belle occasion d’écouter les solutions des préposé-es aux bénéficiaires (PAB) et des auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS) avec son plan d’action. Si l’intention gouvernementale d’agir face à la crise est louable, les mesures annoncées ne permettront pas à elles seules de résorber la pénurie de 32 000 préposé-es aux bénéficiaires qu’il sera nécessaire d’embaucher dans les cinq prochaines années.
Un plan gouvernemental sans les principales concernées
La pénurie de PAB et d’ASSS prend une ampleur inégalée et s’accentuera dans le futur, notamment parce que la moyenne d’âge des préposé-es du réseau est élevée (plus de 55 % sont dans la tranche d’âge entre 40 et 64 ans). Malgré les nombreux appels, la ministre dépose un plan sans avoir pris en compte l’avis des préposé-es aux bénéficiaires, des ASSS et de la FSSS-CSN, qui représente la grande majorité de ces travailleuses et travailleurs.
Pour la FSSS-CSN, le plan annoncé manque d’envergure et n’annonce pas de nouvelles mesures concrètes pour mettre fin à la pénurie :
- Le plan illustre la désorganisation du MSSS, alors que plusieurs mesures concernent la collaboration entre différents ministères et organismes publics.
- Aucun ajout de sommes pour faire plus que ce qui a déjà été annoncé par le gouvernement dans les derniers mois et qui n’a pas permis de mettre fin à la pénurie.
- Bien que le plan mentionne que les PAB et les ASSS font partie intégrante des équipes de soins, les mesures ne permettent pas de concrétiser le tout.
- Le MSSS présente comme siens des gains arrachés de hautes luttes par les syndicats dans les récentes négociations locales.
« Le gouvernement est enfin forcé d’agir face à la crise inégalée des préposé-es aux bénéficiaires et des ASSS. Le problème, c’est que la seule chose qu’on ne voit pas dans le plan du MSSS, ce sont les principales concernées. On y trouve plein de belles mesures de gestionnite aiguë, mais pas grand-chose pour améliorer les conditions de travail. Et encore moins pour faire une chose pourtant simple : écouter les PAB et les ASSS », lance Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.
Les solutions des préposé-es aux bénéficiaires et des ASSS
Les sondages dévoilés par la FSSS-CSN dans les derniers mois démontrent l’urgence d’agir pour changer les choses, alors que :
- 74 % des préposé-es aux bénéficiaires et 60 % des ASSS vivent une détresse psychologique élevée ;
- Plus de 40 % des PAB ont fait du temps supplémentaire obligatoire (TSO) au cours des 12 derniers mois ;
- Plus de 90 % des PAB et des ASSS sont constamment pressés par le temps à cause d’une forte charge de travail.
Les nombreux travaux de la FSSS ont permis de donner la parole aux PAB et aux ASSS pour identifier les solutions qui permettraient de freiner leur surcharge de travail et d’attirer et retenir du personnel. Parmi ces solutions, à noter :
- L’embauche de personnel et la réduction de la charge de travail ;
- L’intégration des préposé-es aux bénéficiaires et des ASSS dans les équipes de soins et miser sur des équipes de travail autonomes pour donner les soins ;
- Rehausser des postes à temps partiel et garantir des heures au personnel ;
- Augmenter les salaires des PAB des centres d’hébergement privés à 15 $ de l’heure.
La négociation du secteur public pour mettre fin à la pénurie
La CSN a déposé ses demandes pour la négociation du secteur public qui débute. Il s’agit d’un moment incontournable pour régler la pénurie de préposé-es aux bénéficiaires et d’ASSS. Parmi les demandes de négociation, plus de 30 permettraient de régler la pénurie, notamment :
- Augmenter les salaires pour attirer et retenir le personnel (3 $ l’heure dès la première année de la convention collective, une augmentation de 1 $ l’heure ou de 3 % selon ce qui est le plus avantageux pour la deuxième et la troisième année) ;
- Instaurer de la formation rémunérée en milieu de travail pour permettre à du personnel du réseau ou d’autres personnes de devenir préposés aux bénéficiaires ;
- Investir des sommes pour rémunérer les préposé-es aux bénéficiaires qui forment le nouveau personnel ;
- Instaurer les mécanismes de prévention pour freiner les arrêts de travail.
« La seule manière de régler la pénurie, c’est d’agir dans la négociation. Il y a 85 000 places en CHSLD à développer dans les 15 prochaines années. C’est une tâche immense ! Et on n’arrivera pas à donner les soins nécessaires si on n’améliore pas les conditions de travail et les salaires des préposé-es aux bénéficiaires et des ASSS. Le temps presse ! », de conclure Jeff Begley.
Une sécurité intermittente pour les enfants en CPE au Québec
Dans un jugement du 15 janvier, la Cour du Québec affirme qu’un CPE est coupable d’une infraction pour avoir laissé un groupe d’enfants sans surveillance constante pendant la pause d’une éducatrice. Ce phénomène de non-remplacement des pauses n’est cependant pas propre au CPE de Soulanges, qui est en cause dans ce jugement, mais une pratique courante partout au Québec. La juge Natalie Boisvert écrit : « Une personne raisonnable placée dans les mêmes circonstances prévoit du personnel en quantité suffisante pour remplacer l’éducatrice pendant sa pause. La sécurité des enfants doit primer sur les intérêts économiques des prestataires de services ».
« L’éducatrice qui devait surveiller les enfants dans le local voisin pendant la pause de sa collègue ne pouvait pas exercer une surveillance constante des deux locaux. La configuration des lieux et la nécessité d’intervenir auprès d’un enfant en crise dans son propre groupe l’en empêchaient. On nous place dans une situation impossible », explique Nadia Vallée, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs en petite enfance de la Montérégie. Mme Vallée représente les éducatrices du CPE en cause, dans la région de Soulanges.
Le phénomène de l’« autopause »
Ce phénomène est courant. On le nomme « autopause » dans le milieu des CPE. Il existait depuis longtemps de façon très marginale, mais il s’est peu à peu généralisé depuis les coupes budgétaires imposées par le gouvernement à partir de 2014.
« Pour la sécurité du personnel et des enfants, on ne devrait pas maintenir ces « autopauses ». Nous condamnons cette pratique depuis le début », ajoute Louise Labrie, représentante des CPE à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).
Cette dernière précise que le resserrement budgétaire qui date de la période d’austérité cause également d’autres problèmes pour les enfants. Le ministère de la Famille impose en effet aux CPE de se conformer à un taux de présence annuel de 80 %, seuil en dessous duquel il applique des coupes supplémentaires de subvention. Cette norme étant difficile à rencontrer, les directions tentent de diminuer les coûts en enlevant des heures de travail aux éducatrices. « Les jours où l’on doit retirer des heures aux éducatrices pour se conformer à cette nouvelle exigence, cela impose de changer des enfants de groupe de façon temporaire. C’est loin d’être idéal, surtout pour les enfants qui nécessitent des interventions particulières », préciseLouise Labrie.
« Les choix financiers des budgets précédents ont fait très mal aux CPE. Des directions ont pris des décisions désolantes comme celle de l’« autopause ». Un réinvestissement doit être fait rapidement et nous espérons que le prochain budget saura aider les CPE tout en assurant la sécurité des enfants », affirme Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS-CSN.
Les RSG de la région du Lac-Saint-Jean votent pour la grève
Le Syndicat des responsables en service de garde en milieu familial du Domaine-du-Roy – CSN de la section RSG AUETISSATSH et de la section RSG Les Amis de la culbute, a voté pour la grève à forte majorité.
Par ce geste, les RSG dénoncent les offres inacceptables du gouvernement qui maintient des milliers de femmes en dessous du salaire minimum. De façon démocratique, tous les syndicats de la CSN se prononceront sur cette recommandation en votant d’ici le jeudi 20 février 2020.
La résolution adoptée prévoit que la grève pourra être déclenchée au moment opportun si la négociation nationale ne progresse pas de façon significative. La durée de la grève sera communiquée à l’avance pour s’assurer que les parents pourront prendre des arrangements.
Voici des explications claires sur le revenu des RSG, probablement les travailleuses les moins bien payées par l’État.
« Il n’est pas normal que le gouvernement ne s’assure pas de mieux traiter les 13 000 femmes qui éduquent environ 90 000 enfants, pendant dix heures à chaque jour, sous prétexte que ce sont des travailleuses autonomes et non des salariées. Les normes minimales du travail devraient être un plancher absolu, peu importe le statut des travailleuses », affirme Marilyn Potvin, présidente du syndicat.
Des offres sous l’inflation
Non seulement les offres du Conseil du trésor ne permettent pas de rattraper le salaire minimum, mais elles ne couvrent même pas l’inflation prévisible, avec un maigre 6,5 % de plus sur cinq ans. C’est donc un appauvrissement des RSG qui se prépare si rien ne change !
« Le ministre de la Famille doit s’assurer que les conditions sont en place pour permettre aux RSG de bien vivre et de continuer d’ouvrir leurs portes chaque jour », soutient Guillaume Wilson-Patry, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux.
Depuis trois ans, environ 25 % des RSG ont fermé leurs portes et l’hémorragie risque de s’accélérer si les offres ne leur permettent pas d’obtenir des conditions de travail plus acceptables.
À propos des RSG et de la CSN
Le Syndicat des responsables en service de garde en milieu familial du Domaine-du-Roy – CSN, compte environ 75 travailleuses et est affilié à la FSSS–CSN, la plus importante organisation syndicale dans les services de garde au Québec. Le Conseil central du Saguenay–Lac-Saint-Jean (CSN) regroupe près de 16 600 membres dans la région. Pour sa part, la CSN regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations et treize conseils centraux régionaux.
Victoire du STT de la santé et des services sociaux de l’Outaouais-CSN pour reconnaître le travail du personnel
Plus de 90 postes de préposé-es aux bénéficiaires sont reclassifiés au titre d’emploi d’agent d’intervention en milieu psychiatrique suite aux interventions du STTSSSO—CSN. Cette victoire syndicale permettra d’enfin reconnaître le travail réalisé par ces salarié-es qui donnent des services en santé mentale.
Le syndicat CSN du CISSS de l’Outaouais (STTSSSO—CSN) avait déposé plusieurs griefs entre 2012 et 2017 et revendiquait le titre d’emploi depuis plusieurs décennies dans le but de faire reconnaître les tâches réalisées par plusieurs préposé-es aux bénéficiaires et auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS) qui œuvrent auprès d’usagères et usagers en santé mentale. L’entente intervenue en médiation avec l’employeur permettra à ces salarié-es d’être reclassifiés en date du 2 février 2020 et d’obtenir une rétroactivité s’élevant à plusieurs milliers de dollars pour certains. Cette entente concerne toutes les unités de l’hôpital Pierre-Janet, l’unité de santé mentale de l’hôpital de Hull, deux unités de santé mentale de l’hôpital de Gatineau et deux résidences pour troubles graves de comportement.
« Cette victoire syndicale est le fruit de la détermination des travailleuses et travailleurs qui n’ont pas lâché le morceau et qui ont fini par forcer l’employeur à reconnaître le fait qu’ils agissent à titre d’agents d’intervention en milieu psychiatrique depuis des années. Travailler en santé mentale n’est pas toujours facile, mais cette victoire va permettre d’améliorer notre sort et les services à la population de la région », explique Josée McMillan, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais—CSN.
« Souhaitons que le gouvernement Legault prenne acte de cette victoire et comprenne que ce qui vient de se passer en Outaouais doit arriver partout au Québec. Il faut donner un coup de barre pour attirer et retenir le personnel dans le réseau et pour mettre fin à la crise de surcharge qui dure depuis trop longtemps », de conclure Daniel Roy, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS—CSN)
Entente de principe adoptée à Dessercom
Réunis en assemblée générale ce soir, les membres du Syndicat des employés de Transport médical de la Capitale-Nationale – CSN ont adopté à 97,2 % l’entente de principe intervenue avec leur employeur, Dessercom, mercredi dernier.
« L’entente de principe contient des avancées majeures pour nos membres, notamment au plan salarial », explique Yves Forgues, vice-président du Syndicat des employés de Transport médical de la Capitale-Nationale – CSN. Les chauffeurs-accompagnateurs, qui gagnent actuellement à peine plus que le salaire minimum, verront leur salaire augmenter de 37,9 % à 44,8 % selon le cas d’ici la fin de la convention collective en 2023.
Au terme de la convention collective de cinq ans, le salaire des chauffeurs-accompagnateurs sera comparable avec celui qui est versé aujourd’hui aux brancardiers du secteur public. « Notre objectif était de faire reconnaître notre travail à sa juste valeur, on peut dire qu’on vient de faire un pas de géant dans cette direction », dit Yves Forgues.
« Les chauffeurs-accompagnateurs démontrent une fois de plus toute l’importance de la mobilisation et de la solidarité syndicale », a déclaré Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN), « voilà un groupe qui a eu le courage de s’affirmer et qui obtient gain de cause aujourd’hui. Nous sommes extrêmement fiers d’avoir participé à cette lutte fondamentale pour la reconnaissance et pour le respect. »
Rappelons que les membres du Syndicat des employés de transport médical de la Capitale-Nationale (CSN) avaient adopté un mandat de moyen de pression pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée à 94 % le 13 janvier dernier.
83 % du personnel du réseau de santé et des services de garde considère que le gouvernement n’incarne pas le changement nécessaire
La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) a sondé ses membres pour savoir s’ils considèrent que le gouvernement de la CAQ incarne le changement mis de l’avant lors de la campagne électorale. C’est 83 % des répondant-es qui lancent un message clair au gouvernement : il doit agir au plus vite pour améliorer les choses dans le réseau de la santé et des services sociaux et dans le réseau des services de garde éducatifs.
Les travailleuses et travailleurs envoient un avertissement au gouvernement Legault
La FSSS–CSN a mené un sondage électronique du 13 au 21 janvier auprès de ses membres. C’est 1831 travailleuses et travailleurs qui y ont répondu, dont plusieurs qui ont émis des commentaires. Si plusieurs espèrent toujours voir apparaître les actions gouvernementales qui permettront de réduire leur surcharge de travail, d’autres doutent de plus en plus que cela arrive. Plusieurs commentaires reviennent sur le fait que le gouvernement n’agit pas suffisamment pour améliorer les conditions de travail du personnel. Plusieurs dénoncent aussi ce qu’ils voient comme un manque d’écoute du gouvernement envers le monde terrain.
« Pendant des mois, les travailleuses et travailleurs ont laissé la chance au coureur. Ils ont donné le temps au gouvernement Legault d’arriver et d’agir pour mettre fin à la crise dans le réseau de la santé et des services sociaux et au manque de personnel dans le réseau des services de garde éducatifs. Mais plus d’un an après l’élection de la CAQ, le personnel s’impatiente. Et on ne peut que les comprendre. La crise est loin d’être réglée et nous attendons toujours que le gouvernement entende les solutions proposées par le personnel pour améliorer les choses. Le prochain budget approche, c’est le moment d’utiliser les marges de manœuvre pour les services à la population », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.
Urgence d’agir
Dans les derniers mois, la FSSS–CSN a illustré que la crise perdure pour le personnel. Le réseau de la santé et des services sociaux vit une augmentation fulgurante du nombre d’accidents et de lésions professionnelles chez les employés. Malgré cet état de fait, les plaintes de maintien de l’équité salariale ne reçoivent toujours pas de réponse satisfaisante du gouvernement. Quant aux demandes de négociation, les premiers échanges avec le gouvernement ne sont pas très encourageants, aussi bien sur les questions salariales que sur les conditions de travail.
Dans les CPE et les RSG, les fermetures et le départ de plusieurs éducatrices s’accumulent alors que la menace des maternelles 4 ans continue de planer. Dans le secteur préhospitalier, la surcharge de travail des paramédics fait la manchette et le gouvernement tarde à convertir les horaires de faction et à améliorer la couverture ambulancière pour répondre aux besoins de la population. De plus, il manque de transparence jusqu’à maintenant sur son projet de réorganisation des services préhospitalier.
Les travailleuses et travailleurs encaissent le choc
Les travailleuses et travailleurs ont appris le 28 janvier la fermeture de la Maison mère des Sœurs de Miséricorde. Après des années de loyaux services, le personnel se retrouve devant l’incertitude. Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), ce triste événement doit entraîner une réflexion collective sur l’avenir des institutions religieuses.
La cinquantaine d’employé-es qui donnaient depuis plusieurs années des services aux sœurs ont appris hier leur licenciement collectif. Le 31 mars prochain, l’ensemble des sœurs aura déménagé et le personnel se retrouvera sans travail.
Le cauchemar pour ces employé-es a débuté lorsque l’entreprise propriétaire de l’immeuble où résident les Sœurs de Miséricorde a déclaré faillite en octobre dernier. Dans les semaines précédant la déclaration de faillite, l’entreprise a prélevé plusieurs montants auprès des travailleuses et travailleurs. Elle a conservé ces sommes sans respecter les droits du personnel. C’est le cas notamment de sommes pour les assurances collectives, le régime de retraite et les cotisations syndicales.
« Cela fait des semaines que les travailleuses et travailleurs subissent un grand stress. Et maintenant, ils viennent d’apprendre que leur employeur va fermer ses portes. Ce qui se passe actuellement chez les Sœurs de Miséricorde risque fort bien de se reproduire ailleurs. Les communautés religieuses sont en décroissance et des dizaines d’employé-es leur donnent des services. Il y a des questions à se poser pour agir en amont », lance Lucie Longchamps, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).
Une réflexion collective sur l’avenir des institutions religieuses
Le drame vécu par les travailleuses et travailleurs des Sœurs de Miséricorde ne doit pas rester sous silence. Non seulement les bâtiments des institutions religieuses ont une valeur patrimoniale, mais les besoins de places d’hébergement de soins de longue durée sont en croissance au Québec. Pour la FSSS–CSN, le gouvernement Legault doit se saisir du dossier et intervenir. « En agissant auprès des communautés religieuses, le gouvernement peut à la fois s’assurer que des soins de qualité continuent de leur être donnés par un personnel qualifié et combler une partie du manque de places en CHSLD », de conclure Lucie Longchamps.
Quand l’État paie moins que le salaire minimum à un groupe de femmes
Les responsables des services de garde (RSG) en milieu familial de la CSN entament une tournée de votes de grève pour protester contre les offres inacceptables du gouvernement qui maintiennent des milliers de femmes en dessous du salaire minimum. Les RSG réunies en conseil sectoriel ont voté à l’unanimité pour recommander un mandat de grève qui sera exercé en fonction du plan de mobilisation national. De façon démocratique, ce sont maintenant tous les syndicats qui voteront sur cette recommandation dans les prochaines semaines.
Voici des explications claires sur le revenu des RSG, probablement les travailleuses les moins bien payées par l’État.
« Il n’est pas normal que le gouvernement ne s’assure pas de mieux traiter les 13 000 femmes qui éduquent environ 90 000 enfants chaque jour, sous prétexte que ce sont des travailleuses autonomes et non des salariées. Les normes minimales du travail devraient être un plancher absolu, peu importe le statut des travailleuses », affirme Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec-Chaudières-Appalaches-CSN.
Des offres sous l’inflation
Non seulement les offres pilotées par le Conseil du trésor ne permettent pas de rattraper le salaire minimum, elles ne couvrent même pas l’inflation prévisible avec un maigre 6,5 % de plus sur cinq ans. C’est un appauvrissement ! « Je demande au ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, d’intervenir auprès de son collègue du trésor pour le bien des RSG du Québec et pour s’assurer que les conditions sont en places pour consolider les milieux familiaux régis et subventionnés et pour espérer faire grandir le réseau dans les prochains mois et années », soutient Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS-CSN et RSG depuis 26 ans.
Un effritement du réseau de services de garde éducatif du Québec
Si le gouvernement ne fait rien pour convaincre les RSG de rester en poste, une partie des 90 000 places qu’elles offrent chaque jour pourrait très bien disparaître. « Il était déjà difficile pour les femmes du Québec de trouver une place en service de garde éducatif subventionné, ça risque de devenir un stress encore plus grand pour celles qui terminent leur congé de maternité », affirme Karine Morisseau, représentante des RSG à la FSSS-CSN. « Monsieur Dubé, si votre intention est de traiter les RSG de façon équitable, il est grand temps d’envoyer un signal clair à vos négociateurs à la table des RSG. Sinon, la grève est au rendez-vous », conclut Karine Morisseau. Le retour du tarif unique dans les services de garde subventionnés était une bonne nouvelle pour les parents du Québec, ce pourrait bien devenir un mirage pour une majorité d’entre eux si rien n’est fait pour conserver le personnel en place et attirer la relève.
Le gouvernement doit éviter les fermetures de services de garde
Le gouvernement Legault doit tenir compte des analyses réalisées par son propre ministère de la Famille en septembre 2019 et ralentir l’ouverture de classes de maternelle 4 ans tout en ciblant mieux leur déploiement en fonction de chaque réalité régionale.
Les cartes du ministère montrent en effet que plusieurs MRC du Québec sont en surplus de places de services de garde éducatifs et que de nombreuses autres MRC sont à l’équilibre. Ouvrir rapidement des maternelles 4 ans à ces endroits ne serait pas un déploiement « cohérent » avec le réseau de la petite enfance. Or, cette cohérence est prévue dans la Loi 5 adoptée en novembre dernier.
Ouvrir des classes sans tenir compte de cette réalité va accélérer la fermeture de places, notamment dans les milieux familiaux régis et subventionnés. La CSN constate déjà une baisse constante de ces services ces dernières années et la concurrence des maternelles 4 ans dans les MRC qui disposent déjà d’assez de places ne fera qu’empirer ce phénomène.
« Le premier ministre Legault doit exiger que le développement des maternelles 4 ans se fasse en complémentarité réelle avec le réseau de la petite enfance, notamment dans les quartiers défavorisés qui manquent en général de places en CPE et en milieu familial régi et subventionné », demande Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN. Cette dernière craint par ailleurs un recul de la place des femmes sur le marché du travail si on ne fait pas plus attention au réseau de la petite enfance et si l’on peine à maintenir le nombre total de places pour les enfants de 0 à 5 ans.
Valorisation urgente de la profession
« La négociation pour les travailleuses en CPE débutera sous peu. Si le gouvernement envoie un signal semblable à celui qui a été envoyé aux responsables de services de garde juste avant la période des fêtes, soit des augmentations en bas de l’inflation sans aucune perspective de rattrapage salarial pour atteindre l’équité, ce ne sera rien pour aider le réseau », insiste Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS-CSN, qui ajoute que le problème de pénurie de main-d’œuvre est déjà criant dans le réseau de la petite enfance. La relève n’est d’ailleurs pas au rendez-vous puisque les inscriptions au Cégep pour devenir éducatrice sont en diminution de plus de 40 %.
« Le personnel en CPE ne suffit plus à la tâche. Nous avons besoin d’air et que l’on reconnaisse notre travail effectué auprès de dizaines de milliers de tout-petits du Québec », confirme Louise Labrie, représentante des CPE à la FSSS-CSN. « Le nombre de responsables de services de garde (RSG) en milieu familial régi et subventionné est en déclin constant et il faut maintenant recruter du personnel dans les garderies en milieu familial privé non subventionné pour tenter de colmater les brèches », précise Karine Morisseau, représentante des RSG à la FSSS-CSN. Cette dernière précise que la conversion de garderies privées en milieu familial régi et subventionné est une bonne chose pour les parents, mais cela sera insuffisant pour éviter un effondrement du nombre total de places si rien n’est fait pour valoriser concrètement le travail des 13 000 RSG du Québec qui s’occupe d’environ 90 000 enfants chaque jour.
Des particularités à Montréal
Montréal est un cas à part en ce qui concerne la possibilité d’intégrer rapidement de nouvelles classes de maternelle 4 ans. « Les écoles débordent déjà à Montréal et plusieurs ont encore besoin d’importantes rénovations. L’ajout de classes pour la maternelle 4 ans n’est vraiment pas la priorité », affirme Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain. Le coût très élevé des nouvelles classes à Montréal n’est pas la meilleure utilisation des fonds publics considérant que cela coûte à peu près la moitié moins cher pour une nouvelle place en CPE et encore beaucoup moins en milieu familial.
Vote de grève des chauffeurs-accompagnateurs du service de transport médical et d’accompagnement de la Capitale-Nationale
Réunis en assemblée générale, les membres du Syndicat des employés de transport médical de la Capitale-Nationale (CSN) ont voté à 94 % un mandat de moyen de pression pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée. Les chauffeurs-accompagnateurs du service de transport médical et d’accompagnement de la Capitale-Nationale, à l’emploi de Dessercom, sont soumis à la loi des services essentiels.
L’enjeu au cœur du litige porte sur les salaires des membres du syndicat. Une lettre d’entente, signée en décembre 2017, prévoyait une maigre augmentation de 0,25 $ l’heure au 1er janvier. Or, les salaires des chauffeurs-accompagnateurs sont excessivement bas. Un chauffeur-accompagnateur qui débute aujourd’hui chez Dessercom gagne le salaire minimum, soit 12,50 $ l’heure depuis mai dernier. Entre 18 et 36 mois, il reçoit 13 $ de l’heure. Après trois ans, son salaire est de 13,75 $ l’heure et n’augmente plus.
« Nos membres revendiquent que leur emploi soit reconnu ainsi qu’une bonification majeure du salaire afin de contrer la pénurie de main-d’œuvre qui sévit actuellement », a déclaré Yves Forgues, vice-président du Syndicat des employés de transport médical de la Capitale-Nationale (CSN). Les chauffeurs-accompagnateurs du service de transport médical et d’accompagnement de la Capitale-Nationale inc., chez Dessercom, sont sans contrat de travail depuis le 17 mai 2019. La négociation pour le renouvellement de leur convention collective est en cours depuis déjà onze mois (février 2019). « Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous avons pris un vote de grève aujourd’hui mais il faut faire avancer la négociation et s’il faut aller en grève pour obtenir justice, nous le ferons » a-t-il ajouté.
« Nous faisons appel à la conscience de Dessercom, un OSBL impliqué dans notre communauté, et appelons la direction de l’organisme à revenir à la table de négociation et à offrir un salaire décent à ses chauffeurs-accompagnateurs », a commenté Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN). « Advenant le cas où la direction s’entêterait à ne pas reconnaître le travail de ses employés à sa juste valeur, les membres du syndicat savent qu’ils et elles peuvent compter sur l’appui inconditionnel du conseil central et de toute la CSN », a conclu Mme Gingras.