Les députés adoptent une motion à la défense de Radio-Canada

Aujourd’hui, les députés siégeant à l’Assemblée nationale du Québec ont adopté à l’unanimité une importante motion qui se porte à la défense de la Société Radio-Canada/CBC.

Le libellé de cette motion se lit comme suit :

« Que l’Assemblée nationale reconnaisse le rôle essentiel de la Société Radio-Canada en matière d’information, de contenu culturel et de divertissement destinés aux francophones du Québec et aux 2,6 millions de francophones et francophiles hors Québec ;

Que l’Assemblée nationale affirme que les compressions effectuées dans les services en français de la Société Radio-Canada suscitent une grande inquiétude au Québec et à travers le Canada ;

Que l’Assemblée nationale réitère la pertinence d’un diffuseur public francophone fort et l’importance de l’information régionale ;

Que l’Assemblée nationale presse le gouvernement fédéral d’appuyer la Société Radio-Canada dans la réalisation de son mandat et de lui fournir les moyens nécessaires afin qu’elle puisse respecter ses obligations en vertu des lois fédérales ».

« Ce nouvel appui à Radio-Canada/CBC nous arrive à un moment crucial où la population canadienne se mobilise de plus en plus pour défendre notre production et notre diffusion publique. Nous sommes heureux de l’adoption de cette motion qui réitère l’importance de cette institution primordiale pour la francophonie canadienne. À cet égard, depuis le 16 avril dernier, Tous amis de Radio-Canada revendique un moratoire sur les compressions imposées à la SRC/CBC et la création rapide d’une commission parlementaire publique sur son avenir », de souligner Jacques Létourneau, responsable politique de la campagne Tous amis de Radio-Canada.

« Le 16 novembre dernier, à la suite d’un appel lancé par Nicolas Bédard, un citoyen montréalais, nous avons participé à une manifestation qui a rassemblé 25 000 personnes inquiètes de l’avenir de notre service public. Que ce soit à l’égard de la francophonie, de la culture de toutes les communautés canadiennes, de l’accès à une information de qualité, indépendante du pouvoir politique et financier, les inquiétudes sont diverses et nous touchent toutes et tous », de déclarer Pierre Maisonneuve, porte-parole de Tous amis de Radio-Canada.

« Dans le cadre de la campagne Tous amis de Radio-Canada, nous avons également lancé un Livre blanc sur l’avenir de Radio-Canada/CBC. La population doit impérativement se prononcer sur un service qui lui appartient à un moment où celui-ci se fait littéralement démanteler sans son accord par une direction qui a perdu toute légitimité », de préciser Pascale St-Onge, secrétaire générale de la Fédération nationale des communications-CSN.

« La récente mise à mort du costumier, qui constitue un fort symbole de mémoire, a secoué bien des gens, et ce, partout au Canada. Les suppressions de postes de nos collègues devraient attirer autant l’attention que le démantèlement des services de la Société puisqu’au final, ce sont les travailleuses et les travailleurs qui, tous les jours, contribuent à la qualité de tout ce qui est produit et diffusé en ondes », de conclure Isabelle Montpetit, présidente du Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC-CSN).

La campagne Tous amis de Radio-Canada a été lancée afin de défendre l’intégralité de notre seul producteur et diffuseur public national. Elle est organisée par la Confédération des syndicats nationaux, de concert avec la Fédération nationale des communications-CSN et le Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC-CSN).

Le Syndicat des communications de Radio-Canada représente 1600 membres au Québec et à Moncton. Il est affilié à la Fédération nationale des communications-CSN, qui regroupe 7000 membres œuvrant dans les domaines des communications et de la culture.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Des mesures extrêmement préoccupantes, estime le Front commun

Les annonces du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, en matière de réduction des effectifs et de la masse salariale de l’État entraineront une détérioration importante des services publics offerts aux citoyens et risquent de miner la capacité de l’appareil gouvernemental à répondre aux besoins de la population, estiment les porte-parole du Front commun.

« La fonction publique québécoise a été secouée depuis plusieurs années par le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux, souligne Lucie Martineau, porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP). Faut-il rappeler à M. Coiteux les torts irréparables que ces mesures ont causés à de nombreux ministères, notamment au ministère des Transports, qui a vu son expertise en ingénierie être remplacée par le secteur privé, avec les conséquences qu’on connaît? Une réduction de 2 % des effectifs de la fonction publique ne peut qu’aggraver le recul des ministères et des organismes gouvernementaux. Ce n’est pas dans l’intérêt des Québécoises et des Québécois. »

Pour Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN responsable des négociations du secteur public, l’annonce de compressions supplémentaires de 689 millions dès l’exercice budgétaire de 2015-2016 comporte son lot d’interrogations. « M. Coiteux a précisé que la réduction de 2 % des effectifs ne s’applique pas aux réseaux de la santé et de l’éducation, du moins pour le moment. Mais des compressions additionnelles de l’ordre de 689 millions en 2015-2016 épargneront-elles ces réseaux? Nous en doutons fortement. Comment procèdera-t-il? Avec un programme de départs massifs à la retraite comme en 1997, dont le Québec ne s’est toujours pas remis encore aujourd’hui? »

Le président de la FTQ, Daniel Boyer, dénonce l’absence de dialogue de ce gouvernement avec la société civile. « Le Québec est mené par des apprentis sorciers qui se plaisent à mettre des familles à la rue en tirant sur tout ce qui bouge. Nous l’avons dit et nous le répétons : les libéraux vont trop vite en ce qui a trait au retour à l’équilibre budgétaire. En agissant de la sorte, ils mettent en péril l’économie du Québec. Le président du Conseil du trésor risque, par son approche strictement idéologique, de nous entrainer en récession, malgré les mises en garde du FMI et de l’OCDE quant aux dangers réels des mesures d’austérité tous azimuts. Il faut se donner une marge de manœuvre, se donner l’oxygène nécessaire afin de ne pas mettre en péril ce que nous avons construit au fil des ans, soit le Québec moderne. »

Pour les représentants du Front commun, il est illusoire qu’une réduction des effectifs dans l’appareil gouvernemental n’aura pas d’impact sur les services à la population. « M. Coiteux désire “rénover la maison” en sapant les fondations du modèle québécois. La population n’a jamais voté pour ça. Voilà pourquoi nous réitérons notre invitation à prendre la rue par dizaines de milliers, à Québec et à Montréal, samedi prochain pour dénoncer les politiques d’austérité mises de l’avant par le président du Conseil du trésor et ses collègues du Parti libéral », ont conclu les représentants syndicaux.

Lettre à Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux

Monsieur le ministre Gaétan Barrette,

Pour donner suite à votre déclaration lors de la clôture des travaux de la Commission parlementaire étudiant votre réforme du réseau de la santé et des services sociaux – le fameux projet de loi 10 -, selon laquelle vous n’avez rencontré personne vous demandant de reculer, nous, employé-es professionnel-les et techniciens-nes des Agences de la santé et des services sociaux, souhaitons vous rappeler notre position à ce propos. Puisque, de toute évidence, vous ne semblez pas avoir retenu les propositions lors du passage de nos représentants devant la Commission, à laquelle vous nous aviez pourtant conviés, c’est avec plaisir que nous vous offrons ici un petit rappel. Précisons tout de même que l’ensemble de notre analyse se trouve dans le mémoire Le Collectif des syndicats CSN représentants les Agences de la santé et des services sociaux, qui vous a été dûment déposé.

D’entrée de jeu, sachez que nous nous opposons complètement à votre réforme. Ce que vous proposez est précipité, voire peu réfléchi. Outre les quelques lignes directrices de votre projet de loi, la très grande majorité des questions sur l’applicabilité de votre réforme demeure sans réponse.

Soulignons tout d’abord que l’abolition du palier régional de santé n’est pas chose banale; ce palier est synonyme notamment de répartition des ressources, de connaissance territoriale et de participation citoyenne. Les professionnel-les et techniciens-nes qui y œuvrent pensent le réseau, le coordonnent, s’assurent d’une compréhension du territoire sociosanitaire et lui assurent une architecture durable et viable, même à travers les périodes de restrictions budgétaires. La perte de cette coordination régionale aura pour conséquence une perte dans les continuums de soins et dans la mise en place d’un bon nombre de corridors de services. D’autre part, prétendre que l’abolition des Agences de la santé et des services sociaux et la création des nouveaux CISSS engendreront une réduction de la structure bureaucratique est un leurre. Au contraire. Avec la création de CISSS mammouths, c’est à une augmentation de la lourdeur administrative que nous assisterons.

Par ailleurs, nous déplorons le caractère sans précédent de votre réforme qui octroie à un seul homme, vous en l’occurrence, tous les pouvoirs en matière de santé et de services sociaux ainsi que le contrôle de près de la moitié du budget du Québec. Il est de notre perception que cette réforme se fait réellement sur une base électoraliste, opportuniste et individualiste, et qu’elle permettra des économies de bouts de chandelle. En conclusion, sachez que, tout comme vous, M. Barrette, nous voyons la nécessité d’une réforme dans le réseau de la santé et des services sociaux. Cependant, il est impératif que cette réforme propose une décentralisation des pouvoirs et une répartition équitable des budgets en santé, le tout, dans un esprit de collaboration et visant le bien-être du patient. Nous sommes convaincus qu’une réforme de cette ampleur doit s’articuler autour d’une réelle consultation de l’ensemble des acteurs impliqués, de près ou de loin, particulièrement les citoyens qui seront les premiers à bénéficier des impacts de cette réforme ou à en subir les méfaits. M. Barrette, nous vous demandons donc de retirer l’ensemble du PL-10.

Paul-André Aubin, Agence de la Santé et des services sociaux – Outaouais

Étienne Blanchette, Agence de la Santé et des services sociaux – Estrie

Luc Boissonneault, Agence de la Santé et des services sociaux – Saguenay

Kévin Coulombe, Agence de la Santé et des services sociaux – Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine

Jennifer Dahak, Agence de la Santé et des services sociaux – Montréal

Richard Delisle, Agence de la Santé et des services sociaux – Laurentides

Louise Lemire, Agence de la Santé et des services sociaux – Lanaudière

Marcelle Nadeau, Agence de la Santé et des services sociaux – Chaudière-Appalaches Carmen Schaefer,

Agence de la Santé et des services sociaux – Montérégie

Pierre Turgeon, Agence de la Santé et des services sociaux – Laval

Entente entérinée au Métro Sagamie

Réunis en assemblée générale, les travailleuses et les travailleurs du métro Sagamie (Fédération du commerce-CSN) se sont prononcés, le 11 novembre 2014, à l’unanimité en faveur de l’entente de principe intervenue quatre jours plus tôt. Hier, le syndicat et l’employeur ont signé la nouvelle convention collective.

D’une durée de cinq ans, le contrat de travail de ces 40 syndiqué-es, membres du Syndicat des employé-es du Marché Métro Sagamie (CSN) prévoit des augmentations de salaire totalisant 21,3 %.

Les travailleuses et les travailleurs enregistrent également des gains aux chapitres suivants : congés sociaux, régime de retraite, instauration de congés maladie pour les salarié-es à temps partiel et l’instauration de congés reconnaissance.

Le Syndicat des employé-es du Marché Métro Sagamie fait partie de la Négociation coordonnée en alimentation de la Fédération du Commerce de la CSN, qui regroupe autour de 23 syndicats en alimentation avec une plateforme commune de revendications.

Serge Fournier, président de la Fédération du commerce, salue les gains et la détermination de ce syndicat, qui a réussi à obtenir cinq des six demandes communes.

Les syndiqué-es ont obtenu des gains au chapitre des congés reconnaissance. Désormais, un salarié qui a 20 ans d’ancienneté aura droit à une demi-journée de congé par année. Ce congé progressera d’une demi-journée par année jusqu’à un maximum de deux journées et demi, et ce, après 24 ans d’ancienneté.

La convention collective prévoit notamment des congés maladie pour les salarié-es à temps partiel, une première dans la région au niveau des magasins franchisés et peu présents dans les conventions collectives de l’alimentation. Selon les termes de la convention, un syndiqué qui travaille entre 24 et 30 heures en moyenne par semaine pourra bénéficier d’une journée de congé maladie par an et celui qui travaille en moyenne plus de 30 heures aura droit à deux congés.

Finalement, les syndiqué-es verront la cotisation de l’employeur à leur REER collectif passé de 2 % à 3 % et pour les syndiqué-es de 20 ans d’ancienneté la cotisation passera de 3 % à 4 %.

L’employeur et le syndicat n’ont pas eu besoin de recourir à leur droit de lock-out ou de grève pour en arriver à un règlement.

 

Un rapport idéologique qui frapperait durement le Québec, dénonce la CSN

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) a qualifié d’idéologique le rapport préliminaire de la Commission de révision permanente des programmes, présenté ce matin par Lucienne Robillard, et a dit craindre pour des hausses considérables de tarifs et de taxes ainsi qu’une ouverture vers davantage de privatisation, si le gouvernement du Québec décidait de reprendre à son compte les recommandations qui y sont formulées.

« Personne n’est dupe de l’opération de relations publiques qui est en œuvre par le gouvernement de Philippe Couillard, a déclaré le président de la CSN, Jacques Létourneau. Il fait annoncer le pire par la Commission pour ensuite présenter un scénario de coupes moins dramatique, comme il vient de le faire avec la fin de l’universalité des services de garde. Il tentera de mieux paraître, mais au bout du compte, il s’agit de plus de 2,3 milliards de dollars de compressions qui affecteront les dépenses des citoyennes et des citoyens et, au premier chef, des familles et les services qu’ils reçoivent. »

L’objectif: démolir le modèle québécois

La CSN a déjà dénoncé la stratégie gouvernementale qui consistait à enfermer le mandat de la commission dans un objectif de récupération totale de 3,2 milliards. « Il ne s’agit absolument pas d’une opération visant à améliorer les programmes à la population, car ce serait impossible dans un tel contexte d’austérité, a poursuivi Jacques Létourneau. Le but de cet exercice est clair. Il s’agit de démanteler notre État social et de faire en sorte que le Québec devienne une province comme les autres. C’est inacceptable et nous ne le laisserons pas démolir le modèle québécois », d’affirmer Jacques Létourneau.

Diminution de services, privatisations, tarification

Au bout du compte, les propositions de la commission affecteront les budgets des familles et des citoyens tout autant que l’accessibilité et la qualité des services qu’elles reçoivent et vont confirmer la place de plus en plus grande du secteur privé dans la dispensation des services publics. La transformation du principal programme gouvernemental visant à assurer un revenu décent aux agriculteurs en un régime d’assurance particulier affecterait considérablement ces derniers. « Il est évident que les prix des denrées produites au Québec augmenteraient, a mentionné le président de la CSN. Le programme de souveraineté alimentaire, présenté par le gouvernement précédent en mai 2013, serait compromis par de telles mesures et il y a un réel danger à une plus grande ouverture aux produits provenant de l’extérieur. »

Hausse des loyers?

La réduction des transferts aux municipalités est aussi une mesure qui entrainerait nécessairement une diminution des services et une hausse de taxes et de tarifs pour compenser le manque à gagner. « Comment croire que les impôts fonciers et avec eux le coût des loyers pourraient être épargnés avec tant de coupes dans les transferts dédiés aux municipalités ? »

En outre, la commission, en recommandant de « donner les moyens aux villes de contrôler la rémunération de leurs employés », s’attaque à notre régime de relations de travail. La CSN estime qu’on doit laisser libre cours à la négociation collective pour déterminer les conditions de travail dans les municipalités.

Fin de l’universalité

Au regard des services de garde, la centrale syndicale dénonce aussi la fin de l’universalité et l’introduction d’une nouvelle formule de tarification qui s’apparente ni plus ni moins qu’à un impôt pour les familles. « Une fois de plus, on constate le biais idéologique de la commission qui favorise le secteur privé au détriment des CPE et qui souhaite établir une concurrence entre les deux secteurs, a indiqué Jacques Létourneau. On est loin d’une volonté visant à améliorer les services de garde lorsqu’on avance l’idée de hausser le ratio éducatrice/enfants, d’autant plus que la commission recommande de surseoir aux nouvelles places déjà annoncées. »

Les hausses de tarifs, une plus grande ouverture à des services privés et la fin de l’universalité qui découleraient de l’application des recommandations de ce rapport préliminaire font craindre le pire pour la suite de ses annonces concernant les autres missions de l’État, dont la santé, les services sociaux et l’éducation. La CSN estime que le gouvernement doit remiser ce rapport et envisager un large débat public sur les moyens d’assurer un financement adéquat des services publics afin qu’ils répondent aux besoins de la population.

Jacques Létourneau : « La population prend de plus en plus la mesure des effets des politiques d’austérité qui sont annoncées ou appliquées par le gouvernement du Parti libéral. Des manifestations se tiennent chaque semaine partout au Québec. Les manifestations monstres du 29 novembre, à Montréal et à Québec, seront d’autres occasions pour les gens de s’exprimer, car ils n’ont pas d’autres lieux de le faire. Le gouvernement ne pourra en faire abstraction. »

Le prix Pierre-Vadeboncoeur de la CSN décerné à Alain Deneault

C’est l’essayiste Alain Deneault, auteur de Paradis fiscaux, la filière canadienne, paru chez Écosociété, qui est cette année le lauréat du prix Pierre-Vadeboncœur. Ce prix, doté d’une bourse de 5000 $, est remis pour une quatrième année par la CSN, lors du Salon du livre de Montréal, à l’essai considéré par le jury comme le plus intéressant et le plus pertinent parmi ceux soumis par une dizaine de maisons d’édition.

Dans un texte envoyé de Bamako, au Mali, où il se trouve, Alain Deneault s’est dit heureux de recevoir le prix qui porte le nom de Vadeboncœur. « Je voudrais dire à quel point il me touche de voir un de mes travaux associés à ceux de l’essayiste qui parraine cet hommage. Pierre Vadeboncœur n’appréciait pas de manière lénifiante les principes de justice ou d’égalité, mais sous des formes instituées se présentant clairement. » Ce dernier ajoutait que « c’est une très bonne nouvelle que soit ainsi marquée la prise de conscience, que l’on souhaite large, d’un phénomène aussi préoccupant ».

De son côté, la présidente du jury, madame Claudette Carbonneau, a souligné que « l’essai de M. Deneault est le résultat d’une formidable recherche au terme de laquelle les coquins, comme aurait dit Voltaire, sont démasqués. Fruit d’un travail conduit avec la patience d’un moine, l’essai réussit à démonter les mécanismes qui permettent aux biens nantis de se soustraire à leurs responsabilités à l’égard de la société. Pierre Vadeboncoeur, dont la vie a été tout entière consacrée à poursuivre des idéaux de justice et qui a fustigé les profiteurs de verte façon, serait fier aujourd’hui de voir son nom accolé à celui d’Alain Deneault ».

C’est le secrétaire général de la CSN, M. Jean Lortie, qui a remis au représentant de la maison d’édition Écosociété la bourse de 5000 $ qui accompagne le prix Pierre-Vadeboncoeur.

Bernard Émond, Lise Payette, Roger et Jean-François Payette ont reçu ce prix lors des années précédentes.

Distribution massive de tracts devant les métros de Montréal lundi

Plus de 120 personnes prendront d’assaut les stations de métro de Montréal demain, le lundi 24 novembre, entre 6 et 9 heures, afin d’inviter la population à venir marcher le 29 novembre prochain, pour dire NON aux politiques d’austérité du gouvernement de Philippe Couillard.

Les militants et militantes du Collectif Refusons l’austérité, représentant des organismes de la société civile, des associations étudiantes et des organisations syndicales, veulent ainsi sensibiliser le grand public aux enjeux que représente le démantèlement actuel de la société québécoise. De tous horizons, étudiants, parents, travailleurs et chômeurs sont inquiets des effets que les coupes annoncées chaque jour par le gouvernement auront sur l’accessibilité et la qualité des services à la population en santé et services sociaux, en l’éducation, sur l’emploi, sur les familles et sur les plus pauvres de notre société.

Manifestation Refusons l’austérité, le 29 novembre 2014, dès 13 h, simultanément à Québec et à Montréal Plusieurs personnalités publiques ont déjà pris la parole pour expliquer leurs raisons de marcher le 29 novembre prochain. Pour visionner ces vidéos, pour connaître les détails des stations de métro qui seront visitées demain et pour tous les renseignements sur la manifestation du 29 novembre, consultez le www.refusonslausterite.org.

Les premiers ministres de l’Ontario et du Québec inquiets de l’avenir de Radio-Canada

Le groupe Tous amis de Radio-Canada partage entièrement l’inquiétude formulée par les premiers ministres de l’Ontario et du Québec, Kathleen O’Day Wynne et Philippe Couillard ainsi que par la procureure générale et ministre déléguée aux Affaires francophones de l’Ontario, Madeleine Meilleur et le ministre québécois responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Francophonie canadienne, Jean-Marc Fournier.

Hier, les quatre élus ont signé une déclaration dans laquelle ils s’engagent à « travailler conjointement et étroitement en matière de francophonie canadienne, notamment en : […] pressant le gouvernement fédéral d’appuyer la Société Radio-Canada dans la réalisation de son mandat qui consiste à offrir des services de radio et de télévision en français partout au Canada, de manière à refléter les besoins particuliers des francophones ».

« Au nom de Tous amis de Radio-Canada, je suis heureux de constater que nous ne sommes plus les seuls à nous préoccuper de l’avenir de la production et de la diffusion réalisées par la Société Radio-Canada. Dimanche dernier, à la suite d’un appel lancé par un citoyen de Montréal, Nicolas Bédard, 25 000 personnes toutes aussi inquiètes se sont rassemblées pour défendre notre service public. Les préoccupations de la population touchent bien entendu à la francophonie et à la culture de toutes les communautés canadiennes, mais également à l’accès à une information de qualité, indépendante du pouvoir politique et financier », de souligner Pierre Maisonneuve, porte-parole de Tous amis de Radio-Canada.

« Nous allons d’ailleurs rencontrer les ministres Meilleur et Fournier sous peu. Nous souhaitons leur faire part de nos demandes de moratoire sur les compressions imposées par la direction de CBC/Radio-Canada, et la création rapide d’une commission parlementaire publique sur son avenir. La population doit impérativement se prononcer sur l’avenir d’un service qui leur appartient à un moment où celui-ci se fait littéralement démanteler sans leur accord par une direction qui a perdu toute légitimité », de conclure le porte-parole de Tous amis de Radio-Canada.

La campagne Tous amis de Radio-Canada a été lancée afin de défendre l’intégralité de notre seul producteur et diffuseur public national. Elle est organisée par la Confédération des syndicats nationaux, de concert avec la Fédération nationale des communications-CSN et le Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC-CSN). Le Syndicat des communications de Radio-Canada représente 1600 membres au Québec et à Moncton. Il est affilié à la Fédération nationale des communications-CSN, qui regroupe 7000 membres œuvrant dans les domaines des communications et de la culture.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Le gouvernement des promesses brisée (lettre aux médias)

Le 20 novembre, journée mondiale de l’enfance, devait être jour de célébration notamment pour les enfants rencontrés dans le cadre de la tournée des dernières semaines.

Le petit Olivier de Sept-Îles s’est rendu en marchant à sa première journée d’école, bien qu’à son arrivée au CPE, il présentait des défis physiques et moteurs importants.

Gabriel, quant à lui, est accueilli chaque jour en « rock star » à son CPE de Rouyn-Noranda, lui qui vit certaines difficultés liées à l’autisme.

Les parents de Livia-Rose, à Montréal, savent qu’en CPE, elle développera ses habiletés sociales qui faciliteront son entrée à la maternelle et réduiront le risque de décrochage scolaire.

Malheureusement, le 20 novembre 2014 est devenu un jour sombre pour les familles du Québec. En 1997, le Québec se dotait d’une politique familiale favorisant le développement de ses enfants. Par la création des CPE, des centaines de milliers de Québécois de tous les profils socio-économiques, sans égard à leurs défis particuliers, ont eu accès à des services éducatifs de qualité à tarif réduit universel. Le Québec prouvait alors au monde entier qu’il était « fou de ses enfants »*.

En 2014, la politique familiale est attaquée par les libéraux. Alors qu’en campagne électorale Philippe Couillard affirmait qu’une augmentation de 1$ représentait un choc tarifaire pour les contribuables de la classe moyenne; alors que dans son discours d’ouverture, il confiait à sa ministre de la Famille le mandat de « poursuivre le développement des places en service de garde et d’éviter un choc tarifaire aux familles de la classe moyenne en optant pour une indexation des tarifs », il nous dit aujourd’hui qu’une augmentation pouvant atteindre 20$ par jour est une mesure juste et équitable.

Malgré toutes ces promesses, le gouvernement s’attaque de front à l’un des principes fondateurs des réseaux de la santé, de l’éducation et des services de garde : l’universalité. Dr Couillard, les familles ne sont pas dupes, cacher les augmentations de tarifs dans les déclarations de revenus ne réduit pas la portée de cette attaque faite aux familles qui contribuent déjà en fonction de leurs revenus au financement des services de garde. Votre décision leur fait porter le fardeau de l’atteinte du déséquilibre budgétaire.

Le premier ministre s’est fait élire en se présentant comme le défenseur des familles. Dr Couillard, comment pourront-elles vous croire maintenant et pour les années qu’il reste à votre gouvernement majoritaire alors que vous avez manqué à votre parole en taxant la natalité et les parents du Québec?

Le Québec se souviendra que votre gouvernement aura attaqué de plein fouet l’universalité et que c’est sous votre gouverne que le PLQ aura renié son engagement envers les familles. Nous continuerons à nous tenir debout, car nous, nous sommes toujours fous de nos enfants !

Louis Senécal, président-directeur général de l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), Stéphane Bédard, député de Chicoutimi et chef de l’opposition officielle (Parti Québécois), Françoise David, députée de Gouin et porte-parole parlementaire de Québec solidaire, Daniel Boyer, président de la FTQ, Louise Chabot, présidente de la CSQ et Jacques Létourneau, président de la CSN.

Une décision odieuse

C’est avec colère que la CSN a réagit à la décision du gouvernement libéral de faire passer la contribution parentale pour les services de garde de 7,30 $ par jour à 8 $ et même à 20 $ par jour. Pour la centrale, cette annonce est une attaque au filet social québécois, résultat de la politique d’austérité effrénée mise de l’avant par le gouvernement libéral.

Une décision odieuse

Pour Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN et responsable du dossier des services de garde et de l’éducation, l’intention du gouvernement de Philippe Couillard est d’autant plus odieuse que jamais le parti n’a mentionné qu’il reverrait de la sorte le mode de financement des services de garde. « Tout au long de la campagne électorale, le PLQ s’est opposé à la politique du gouvernement précédent d’augmenter les tarifs à 8 $ puis à 9 $ en dénonçant, avec raison, les impacts négatifs du choc tarifaire pour les familles. Comment ce gouvernement peut-il aujourd’hui sérieusement envisager imposer un nouvel impôt aux familles et introduire ainsi le concept de l’utilisateur payeur ? »

Impact sur les enfants, les femmes et les familles

Des services de garde éducatifs de qualité, universels et accessibles à tous sont un avantage pour l’ensemble de la société. Il est clair que l’objectif poursuivi par le gouvernement en haussant les tarifs n’est pas d’investir davantage dans les services de garde éducatifs. Il s’agit plutôt d’une manière de renflouer les coffres de l’État pour ensuite rembourser la dette et réduire les impôts.

« L’augmentation proposée aura un effet négatif important sur le revenu des familles. Un tel choc tarifaire fait également craindre un retour en arrière de la condition féminine. Rappelons que les services de garde à 5 $, puis 7 $, ont favorisé une meilleure équité entre les femmes et les hommes en assurant l’accès et le maintien des femmes sur le marché du travail », explique Véronique De Sève. Les hausses prévues auront aussi un impact négatif sur l’accès aux services. « La fréquentation d’un service de garde éducatif de qualité améliore le développement global des enfants et favorise l’égalité des chances. C’est pourquoi la CSN demande depuis longtemps la gratuité pour les familles à faibles revenus. »

D’autre part, il apparaît évident que la modulation du tarif, même partielle, dans les services de garde en milieu scolaire, entraînera une hausse du nombre d’enfants qui retourneront à la maison la clef au cou. « Ils seront ainsi plus nombreux à passer du temps devant un écran de télé ou d’ordinateur plutôt que de participer à des activités artistiques, sportives et sociales au sein du service de garde de l’école. La CSN réclame d’ailleurs que ces services soient reconnus comme complémentaires à l’école et, qu’à ce titre, ils soient gratuits conformément à la loi. Les services de garde doivent être intégrés au projet éducatif de l’école », précise la vice-présidente.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs.

Les syndicats CSN rectifient le tir

Les syndicats CSN du chantier naval de la Davie tiennent à rectifier le tir quant une prétendue inaction syndicale concernant l’anglicisation des communications entre la direction anglophone et les travailleurs syndiqués de l’usine.

« Il est complètement faux de dire que le syndicat n’a rien fait pour contrecarrer la situation, souligne le président du Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon inc. (CSN), Gaétan Sergerie. Depuis plus d’un an, des actions ont été entreprises pour endiguer le problème. Les membres d’un comité réunissant les quatre syndicats de la compagnie se rencontrent d’ailleurs toutes les semaines à ce sujet », ajoute-t-il.

« Il aurait été intéressant que l’auteur de la plainte s’adresse à son syndicat au sujet de ses appréhensions, ajoute pour sa part le président du Syndicat des employés du corps de sécurité de Davie (CSN), Pierre Fortier. Il aurait constaté que nous avions pris tous les moyens nécessaires en fonction de la situation existante. »

Un plan de francisation dont l’application est progressive a d’ailleurs été mis en place au sein de l’entreprise. « Le gouvernement supervise la mise en œuvre de ce plan, qui est déjà entamée par des actions visibles et concrètes. L’employeur a jusqu’en 2015 pour s’y conformer », souligne le président de la Fédération de l’industrie manufacturière, Alain Lampron.

Rappelons que la CSN défend résolument le droit de travailler en français dans les entreprises au Québec. Elle prône notamment le renforcement des comités de francisation dans les entreprises et l’élargissement du rôle de l’Office québécois de la langue française afin qu’il puisse être plus proactif auprès de toutes les PME.

La CSN déplore encore une fois l’absence de débat public

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN) jugent déplorable que le gouvernement libéral ait l’intention de réduire de moitié le nombre de commissions scolaires au Québec, et ce avant même qu’un débat public ait eu lieu sur la question.

Pour Danielle Beaulieu, présidente du secteur scolaire de la FEESP-CSN, cette réforme sera une perte de temps, d’argent et d’énergie. « Nos membres sont inquiets. Depuis des années, ils subissent les effets des compressions budgétaires à répétition dans les commissions scolaires : coupes de postes, précarité d’emploi, manque d’équipement, délabrement des écoles. Tout cela les affecte grandement et ils s’interrogent quant à leur capacité à répondre, avec des budgets de plus en plus anémiques, aux réels besoins des élèves. Le processus de fusion annoncé n’améliorera pas les choses, au contraire, il créera un climat d’incertitude néfaste dans le réseau scolaire ». La présidente du secteur scolaire de la FEESP-CSN doute que cette restructuration engendrera de réelles économies d’échelle. « Non seulement dans le passé, ce genre de réforme n’a permis pratiquement aucune économie, mais soyons clairs : il n’y a plus de surplus à couper chez le personnel de soutien », prévient Danielle Beaulieu.

Selon la CSN et la FEESP-CSN, il est primordial que soit conservé un palier de gouvernance locale en éducation : « Les commissions scolaires sont essentielles pour assurer notamment une redistribution efficiente des ressources et une équité entre les écoles. Elles assurent une voix aux parents en éducation en plus de contribuer grandement au dynamisme régional », note pour sa part Marjolaine Côté, vice-présidente-trésorière de la FEESP-CSN.

Pour Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN et responsable du dossier de l’éducation, le gouvernement doit tenir rapidement une consultation publique : « Il faut que le ministre Bolduc soit transparent et qu’il dévoile l’ensemble de ses intentions afin que la discussion qui devra inévitablement avoir lieu, soit constructive », conclut madame De Sève.

À propos

La Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN) compte environ 55 000 membres œuvrant dans le domaine des services public et parapublic. Le secteur scolaire représente environ 30 000 employés-es de soutien présents dans 31 commissions scolaires francophones et 2 commissions scolaires anglophones.

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux.

Les pourparlers sont rompus avec le ministère de la Famille

Rien ne va plus dans les négociations salariales entre les représentantes des 2000 responsables de service de garde éducatif en milieu familial, membres de la CSN, et les négociateurs du ministère de la Famille. C’est pourquoi elles ont mis fin abruptement, en matinée, à la 34e séance de négociation en un peu plus d’un an. Ayant récemment obtenu un mandat de moyens de pression à 88 %, incluant le recours à la grève, les représentantes des RSG vont maintenant s’activer à déployer la suite de leur plan de mobilisation dans le but d’accroître la pression et de dénouer cette impasse.

« Nous avons été extrêmement patientes, ces dernières semaines, alors que nous voulions donner toutes les chances à la négociation dans l’espoir de régler avec satisfaction notre deuxième entente collective, a déclaré Lucie Longchamps, membre du comité de négociation des RSG à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN). Or, on fait face à un véritable mur. Depuis le 18 septembre, date à laquelle le ministère nous a présenté ses premières offres ridicules, on n’a pas cessé de tourner en rond. La volonté du ministère nous apparaît maintenant claire : nous appauvrir, tout simplement. Et ça, il n’en est pas question ! »

Rappelons que les matières dites non pécuniaires sont réglées à 99 %. Quant aux offres pécuniaires du ministère, elles se résument à une hausse globale de 1 %, soit un maigre 0,28 $ par enfant pour les deux premières années d’un contrat de travail, soit bien en deçà de l’inflation. Quant aux autres demandes des RSG, elles sont tout simplement ignorées. Ainsi en est-il de la parité salariale avec le titre d’emploi comparateur, soit l’éducatrice oeuvrant en centre de la petite enfance, échelon 1, une demande qui représente un rattrapage équivalant à 5 % sur une base annuelle. Celle-ci a en effet droit à 38 jours de congés payés par année, incluant les vacances et les jours fériés, comparativement à 25 jours pour la RSG.

En outre, les RSG demandent que leur soit versé les mêmes pourcentages que ceux octroyés aux employé-es des secteurs public et parapublic, dont 2% au 1er avril 2014 et 1 % prévu au 31 mars 2015. Elles réclament également une hausse des allocations supplémentaires pour les poupons et les enfants aux prises avec un handicap. Enfin, elles veulent bénéficier des mêmes hausses qui seront consenties lors de la prochaine ronde de négociation des 450 000 salarié-es de l’État.

« J’interpelle directement la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, pour qu’elle débloque les négociations, en donnant les mandats nécessaires à ses négociateurs pour obtenir le règlement de l’entente collective, a affirmé Dany Lacasse, vice-président responsable des secteurs privés à la FSSS-CSN. « À défaut, nos membres ont confié au comité de négociation des RSG un mandat clair et fort pour recourir à tous les moyens de pression appropriés, y compris la grève. Et les RSG n’hésiteront pas à l’utiliser. Cependant, nous demeurons entièrement disponibles pour reprendre les négociations. »

À propos de la FSSS et de la CSN

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte plus de 130 000 membres issus des secteurs privé et public, dont plus de 2000 RSG œuvrant dans la plupart des régions au Québec. Elle représente également plus de 10 000 travailleuses en CPE. Pour sa part, la CSN compte plus de 325 000 membres issus de tous les secteurs d’activité tant privés que publics.

Pour informations : François Forget, Service des communications de la CSN : 514 212-7383 Francois.forget@csn.qc.ca

Le gouvernement mettra à mort notre scierie s’il n’agit pas

Si aucune garantie d’approvisionnement de 100 000 m³ supplémentaires n’est octroyée à l’usine de Tembec Senneterre, l’usine devra faire face à des fermetures annuelles de l’ordre de 11 semaine, ce qui mettra en péril la survie de l’usine. Nous avons aussi besoin de cette garantie d’approvisionnement pour permettre les investissements nécessaires à cette survie. La municipalité de Senneterre, le syndicat des employés de l’usine Tembec et les entrepreneurs forestiers exigent une intervention immédiate du ministre Laurent Lessard afin d’éviter de telles fermetures.

Le gouvernement doit permettre aux entreprises d’accéder à des volumes de bois suffisants pour faire fonctionner leurs usines sur une base soutenue. «Une nouvelle fermeture ou un ralentissement aurait des conséquences dramatiques pour notre communauté, nous avons besoin d’assurer l’avenir de notre milieu », souligne monsieur Jean-Maurice Matte, maire de Senneterre. « Bien que le Forestier en chef confirme qu’il y a beaucoup de volumes de bois disponibles dans les territoires d’approvisionnement historiques pour l’usine de Senneterre, le ministre des Fôrets n’a alloué que 24 000 m3 supplémentaires à Tembec pour les trois prochaines années, alors qu’il faut plutôt confirmer 124 000 m3 supplémentaires annuellement pour garder à l’emploi 200 travailleurs en usine et en forêt», a-t-il ajouté. Les représentants interpellent plus particulièrement le premier ministre, Philippe Couillard, qui a fait de la relance de l’industrie forestière l’une de ses priorités gouvernementales, ainsi que le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard.

Du côté des travailleurs, le manque d’actions concrètes du gouvernement rend la situation très préoccupante non seulement pour eux, mais pour les familles qui vivent de cette industrie. « Nous sommes particulièrement inquiets face aux nombreux enjeux forestiers et des problématiques majeures liées au nouveau régime forestier. Actuellement, ce régime est un désastre », a souligné monsieur Marc Tremblay, entrepreneur forestier.

« Au cours de la dernière crise forestière, nous avons subi une diminution majeure de nos activités qui s’est traduite par la fermeture d’un quart de travail et 50 emplois directs perdus en usine et en forêt. Présentement, l’incertitude se maintient au sein des travailleurs de l’industrie. Il est inadmissible que des travailleurs et leurs familles subissent les contrecoups de l’inaction du ministre des forêts qui connaît très bien la problématique. Nous en appelons à une intervention rapide et décisive du ministre Lessard » précise Alain Caron, président du Syndicat des travailleurs(euses) de Tembec, usine de Senneterre (FIM-CSN) qui représente les 130 travailleurs de l’usine.

« Le conseil central et ses 72 syndicats affiliés sont et seront toujours solidaires des travailleuses et des travailleurs du secteur forestier. Nos richesses naturelles, qui sont exploitées de façon responsable, génèrent des emplois de qualité en région. Ces travailleuses et ces travailleurs contribuent grandement à l’économie de la région et plus précisément, dans le cas qui nous occupe, à celle de la Ville de Senneterre. Au nom du CCATNQ, je demande au député Bourgeois de porter une oreille attentive aux demandes des travailleuses et des travailleurs du secteur de la foresterie », d’ajouter Donald Rheault, président du conseil central.

La Ville de Senneterre veut conserver les emplois dans le secteur de la foresterie et ainsi maintenir un équilibre dans l’économie de la région. Les représentants demandent également un appui et une mobilisation de tous les leaders politiques de la région, puisqu’il s’agit de l’un des secteurs porteurs et générateurs d’emplois.

Si aucune intervention concrète du gouvernement ne se réalise à court terme, les acteurs en présence, concertés pour assurer la survie de l’industrie forestière à Senneterre, verront à mener des actions de mobilisation dès le début de la semaine prochaine.

Au cours des derniers mois, le ministre Lessard a été sensibilisé sur la réalité forestière régionale. Nous lui demandons de passer à l’action !

Les responsables de service de garde éducatif, membres de la CSN, bientôt en grève

Exaspérées par les offres monétaires du ministère de la Famille, jugées inacceptables, les quelque 2000 responsables de service de garde éducatif (RSG) en milieu familial seront en grève bientôt, à moins d’un revirement dans les négociations portant sur les matières d’ordre financier. Voilà l’essentiel du mandat qu’elles viennent de confier à plus de 88 % à leur comité de négociation, lequel pourrait déclencher la grève au moment jugé opportun, si l’impasse persiste dans leurs pourparlers. D’ici là, les RSG membres de la CSN vont poursuivre leurs moyens d’action.

Pour Lucie Longchamps, membre du comité de négociation des RSG de la Fédération de la santé et des services sociaux, affiliée à la CSN, ce résultat obtenu à l’occasion d’une tournée de consultation des assemblées générales des RSG, tenue du 3 au 17 novembre, est très révélateur de leur impatience, mais aussi de leur volonté de conclure une entente satisfaisante. « Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous envisageons de recourir à la grève, déclare Lucie Longchamps. Cela fait maintenant près de six mois que nous avons déposé nos demandes d’ordre monétaire et tout ce que le ministère met sur la table, c’est une hausse globale de 1 % de nos revenus sur deux ans, ce qui aurait pour effet de nous appauvrir inévitablement. Voilà pourquoi nos membres nous ont confié ce mandat de grève que nous exercerons si nécessaire », conclut-elle.

En négociation depuis le 19 octobre 2013 dans le but de renouveler leur seconde entente collective, les RSG membres de la CSN ont déposé leurs demandes d’ordre financier le 13 juin 2014, sans grand résultat jusqu’ici. Elles réclament notamment la parité salariale avec le titre d’emploi comparateur, soit celui d’une éducatrice oeuvrant en centre de la petite enfance, échelon 1. Celle-ci a en effet droit à 38 jours de congés payés par année, incluant les vacances et les jours fériés, comparativement à 25 jours pour la responsable en service de garde en milieu familial. Les RSG demandent donc que leur soit versé l’équivalent un rattrapage de 5 % sur une base annuelle pour atteindre la parité avec leurs consœurs des CPE.

Les RSG demandent également le versement des mêmes pourcentages octroyés aux employé-es des secteurs public et parapublic, notamment 1 % à être versé le 31 mars 2015. Enfin, les RSG veulent pouvoir bénéficier des mêmes hausses qui seront consenties lors de la prochaine ronde de négociation des 450 000 salarié-es de l’État.

Pour Dany Lacasse, vice-président responsable des secteurs privés à la FSSS-CSN, « Le ministère doit prendre acte des résultats des votes de l’ensemble des RSG. Elles ne demandent pas la lune. Elles demandent qu’on leur donne les sommes qui ont déjà été consenties à d’autres groupes, de même que l’équité avec leur comparateur. C’est une question de justice envers des femmes qui en ont été privées pendant trop longtemps. Nous vivons dans une société qui se dit juste, il est temps de leur démontrer ».

À propos de la FSSS et de la CSN

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte plus de 130 000 membres issus des secteurs privé et public, dont plus de 2000 RSG œuvrant dans plusieurs régions au Québec. Elle représente également plus de 10 000 travailleuses en CPE. Pour sa part, la CSN compte plus de 325 000 membres issus de tous les secteurs d’activité tant privés que publics.

Le STT Kronos Canada (CSN) fait un don inhabituel aux syndicats en conflit

En 2013, les 320 membres du Syndicat national des employé(e)s de Kronos Canada (FIM-CSN) ont connu un difficile lock-out de six mois à leur usine de Varennes. Leur lutte a été marquée par des appuis importants de la part d’autres syndicats CSN, ainsi que des syndicats des usines Kronos ailleurs dans le monde.

À la fin du conflit, en novembre 2013, les membres du syndicat ont adopté une mesure visant une cotisation spéciale de 5 $ afin d’appuyer les collègues de travail qui auraient eu un retour au travail plus tard. Toutefois, il restait 28 928 $ dans ce fonds une fois que tous les membres ont été réintégrés. Plutôt que de se rembourser cet argent, les syndiqué-es de Kronos ont choisi de faire un geste de solidarité assez remarquable.

Invités à une assemblée générale du syndicat de Kronos, jeudi dernier, les membres des trois syndicats CSN aux épiceries Loblaw en Abitibi-Témiscamigue et du syndicat des employé-es municipaux de Terrebonne, ont eu toute une surprise en apprenant qu’ils seraient les bénéficiaires du fonds spécial. Le président du syndicat de Kronos, Karl Berthiaume, a annoncé que chacune et chacun des membres de ces quatre syndicats en conflit recevra un montant de 128 $.

Le président du Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue – Nord-du-Québec, Donald Rheault, a remercié le syndicat au nom des trois syndicats de sa région.

« On aimerait vous féliciter pour ce geste de solidarité hors du commun, a-t-il dit. Vous, vous avez connu un conflit. Vous avez connu la solidarité de la CSN et le geste que vous posez aujourd’hui témoigne de notre solidarité. Je pense que, pour les travailleuses et travailleurs de la région, c’est un souffle nouveau. Ils veulent continuer ces conflits-là, continuer à se battre pour avoir des meilleures conditions de travail. Alors, c’est tout à votre honneur, le geste que vous posez aujourd’hui. »

Pour sa part, Micheline Charron, la vice-présidente (Sorel) du Conseil central de la Montérégie, a été très touchée par ce don. «  J’ai vécu votre conflit avec vous, a-t-elle dit aux syndiqué-es de Kronos. Et je suis tellement fière de ce que vous avez fait ce soir. Je pense que c’est une première au Québec, qu’un syndicat qui sort d’un conflit remette une somme pour aider les autres à tenir la minute de plus. Je lève mon chapeau ! »

D’ailleurs, les syndicats Loblaw sont toujours en campagne de 25 $. Dans la même veine, Donald Rheault a conclu ses remarques aux membres du syndicat de Kronos avec un appel à la solidarité de la part d’autres syndicats CSN.

« Vous dites, “donnez aux suivants”, et c’est exactement ce que vous avez fait aujourd’hui. Et je suis convaincu que l’ensemble des syndicats à la CSN fera aussi des gestes de cette sorte de solidarité. »

Des solutions porteuses pour l’avenir

L’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et l’Institut du Nouveau Monde (INM) annoncent aujourd’hui la tenue du deuxième rendez-vous national sur l’avenir du système public de santé et de services sociaux. Cet événement, qui se tiendra le 9 décembre à Québec, permettra de mettre de l’avant des solutions porteuses pour l’avenir du système public.

Un deuxième rendez-vous national plus pertinent que jamais

Pour l’AQESSS, la CSN et l’INM, ce deuxième rendez-vous national est plus pertinent que jamais. Alors que les consultations particulières sur le projet de loi 10 se terminent et que le débat se poursuit, il apparaît qu’une réelle démarche de concertation entre les acteurs du système public est essentielle pour assurer son avenir.

« Nous avons suivi de près les travaux de la commission parlementaire et nous partageons les réserves émises par plusieurs organisations du système public de santé et de services sociaux. Plutôt que de se concentrer sur des réformes administratives qui risquent d’avoir un effet négatif sur le réseau, nous sommes persuadés que la voie la plus prometteuse privilégie l’élaboration de solutions qui visent à régler les problèmes qui préoccupent la population. C’est ce que nous mettons de l’avant, avec la majorité des composantes du système public, pour ce deuxième rendez-vous national », explique Jacques Létourneau, président de la CSN.

Rappelons qu’un premier rendez-vous national en juin dernier a réuni plus de 400 personnes provenant aussi bien d’organisations syndicales que patronales, de fédérations médicales, de groupes communautaires, d’associations d’usagers et d’ordres professionnels. Il a permis d’identifier les défis prioritaires pour le système public de santé et de services sociaux. Or, aucune composante du réseau n’a alors identifié la question de la réforme des structures administratives comme étant l’un de ces défis prioritaires.

Un passage à l’action pour les services à la population et l’avenir du système public

Ce deuxième rendez-vous national soumet à la discussion des solutions porteuses pour l’avenir du système public. Il y sera question de l’action sur les déterminants sociaux de la santé et d’une première ligne renouvelée, de la pertinence des soins favorisée par la gouvernance clinique, de la concertation des acteurs du terrain pour une meilleure prise de décision ainsi que de la cohérence du financement notamment au regard du mode de rémunération médicale et du régime d’assurance-médicaments.

L’ensemble du programme est disponible en ligne

« Notre objectif est de proposer des solutions permettant d’améliorer l’accès, la pertinence et la qualité des services à la population, le tout par une démarche de discussion ouverte entre tous les acteurs. Pour nous, le deuxième rendez-vous national est la preuve que nous devons faire confiance aux composantes du système public pour régler les problèmes d’accès et de qualité des services du système public de santé et de services sociaux », déclare Diane Lavallée, directrice générale de l’AQESSS.

« La poursuite de cette démarche démontre l’ouverture des composantes du système public pour une prise en charge réelle des défis rencontrés. Les échanges qui auront lieu sur l’élaboration de solutions sont un bel exemple de consultation visant des résultats concrets pour l’ensemble de la société », avance Michel Venne, directeur général de l’INM.

À propos de l’AQESSS, de la CSN et de l’INM

• L’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux regroupe 125 membres, soit les 92 centres de santé et de services sociaux (CSSS), les centres hospitaliers universitaires, les centres hospitaliers affiliés, les instituts universitaires et des établissements et CHSLD à vocation unique.

• La CSN est l’organisation syndicale la plus représentative dans le secteur de la santé et des services sociaux. Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec. • L’Institut du Nouveau Monde est une organisation non partisane dont la mission est d’accroître la participation des citoyens à la vie démocratique. L’action de l’INM a pour effet d’encourager la participation citoyenne et de contribuer au développement des compétences civiques, au renforcement du lien social et à la valorisation des institutions démocratiques.

La FNC et l’AJIQ réclament de Groupe TVA qu’il honore les contrats des pigistes signés avec TC Média

La Fédération nationale des communications (FNC-CSN) et l’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) unissent leur voix pour exiger de Groupe TVA qu’il respecte les contrats de base que les pigistes ont signés avec TC Média, si jamais le Bureau de la concurrence lui permettait effectivement d’acquérir 15 magazines appartenant à TC Média.

Après une large mobilisation menée par les journalistes indépendants au printemps 2013, l’AJIQ avait réussi à faire reculer TC Média dans son intention d’imposer à ses pigistes un nouveau contrat qui leur ferait perdre des droits d’auteur et, surtout, leur droit moral (la paternité de leurs œuvres). Les pigistes sortaient enfin gagnants d’une bataille avec un grand groupe de presse. Depuis 2009, Quebecor utilise le contrat le plus abusif du milieu au Québec : cession de certains droits d’auteur, cession du droit moral, utilisation des œuvres à n’importe quelle fin, sur n’importe quelle plateforme, dans n’importe quelle langue, dans n’importe quelle technologie présente et à venir, pour la fin des temps et dans l’univers entier, sans avoir à verser de redevances additionnelles. La FNC et l’AJIQ sont donc très inquiètes de l’acquisition prochaine de 15 magazines de plus dans le giron de Quebecor.

« Déjà que les journalistes indépendants n’ont pas vu leur tarif de base augmenter depuis plus de 25 ans, si la transaction est autorisée par le Bureau de la concurrence, voilà 15 autres magazines qui risquent de violer les droits d’auteur de nos membres s’ils appliquent la politique de leur nouvel acquéreur. Avec toutes ces transactions qui concentrent les médias entre les mains des mêmes propriétaires, ça devient vraiment difficile de trouver des donneurs d’ouvrage qui offrent des conditions de travail décentes pour les pigistes », dénonce Simon Van Vliet, vice-président aux affaires stratégiques et juridiques de l’AJIQ et porte-parole.

« Pourtant, nous sommes de plus en plus de pigistes en information au Québec. Avec toutes les compressions qui affectent les différents médias, beaucoup de salarié-es ont été remplacés par des contractuel-les et c’est toujours plus difficile pour les journalistes indépendants de vivre de la pige. C’est l’avenir du métier qui est en péril et en bout de ligne, le droit du public à la pluralité des voix et à l’information de qualité », ajoute-t-il.

Pour la secrétaire générale de la Fédération nationale des communications, Pascale St-Onge, cela ne fait que confirmer qu’il est urgent que le gouvernement intervienne et qu’il instaure enfin pour les journalistes indépendants une loi similaire à celle sur le Statut de l’artiste, qui permettrait aux pigistes de négocier collectivement des conditions de pratique minimales.

« Cela fait 25 ans qu’on milite aux côtés de l’AJIQ pour qu’elle puisse être reconnue au sens de la loi en tant qu’association pouvant légalement négocier des contrats de base pour leurs membres, observe Pascale St-Onge. En ce moment, tout le pouvoir est du côté des donneurs d’ouvrage et ils abusent vraiment de cette situation. Le monde de l’information évolue à la vitesse grand V sans que personne ne s’en occupe. Combien de transactions, de compressions et de fermetures ça prendra encore avant que le gouvernement s’aperçoive qu’il y a de graves problèmes avec l’industrie médiatique et qu’on ne peut plus fermer les yeux? Présentement, les rois des médias font ce qu’ils veulent et c’est loin d’être dans l’intérêt du public ou des gens qui travaillent pour eux. »

Manifestation historique contre le démantèlement de Radio-Canada/CBC

Jamais dans l’histoire du Québec, ni du Canada, nous avons vu une manifestation d’une telle envergure tenue à la défense de Radio-Canada/CBC. En contrepartie, jamais les craintes de perdre le diffuseur public n’ont été partagées par autant de citoyennes et de citoyens.

Sentant l’urgence d’agir, plus de 25 000 personnes, de partout à travers le Québec et à Moncton, ont répondu à l’appel d’un citoyen et ont tenu des rassemblements populaires contre le démantèlement et pour le maintien des services de la SRC.

Nicolas Bédard, celui qui a eu l’idée d’organiser le rassemblement, a fermé la marche à Montréal en lançant un appel à tous : « Cette manifestation historique ne doit pas rester lettre morte. Certes, nous nous sommes fait entendre. Nous tenons à notre diffuseur public ! Mais notre implication doit se poursuivre. D’autres actions sont prévues. Et surtout, il y aura des élections en 2015 et le diffuseur public doit être un enjeu de ce scrutin. »

Tous amis de Radio-Canada et J’aime Radio-Canada, les deux principales campagnes pour la sauvegarde de Radio-Canada, ont répondu à l’appel citoyen de Nicolas Bédard en appuyant son initiative.

Les porte-parole politiques des campagnes ont applaudi l’initiative citoyenne d’une seule voix en soulignant que la Maison de Radio-Canada est la maison de toute la population et le phare culturel pour les francophones partout au au pays. La SRC a besoin d’un financement accru, stable et prévisible pour réaliser son mandat. Mais avant tout, la SRC a besoin d’un nouveau gouvernement à Ottawa, un gouvernement qui croit à la mission unique de notre diffuseur public.

Des rassemblements pour Radio-Canada se tenaient simultanément à Montréal, Moncton, Québec, Gaspé, Matane, Rimouski, Saguenay, Sept-îles, Sherbrooke et Trois-Rivières.

Les organisations syndicales appellent les gouvernements à suspendre les négociations

La Confédération syndicale internationale (CSI) et les organisations syndicales québécoises, dont la CSN, ont appelé les gouvernements à suspendre les négociations sur l’ « Accord de partenariat transpacifique », critiquant le secret et le biais corporatiste dont est, selon elle, empreint ce processus. Cette semaine, elles ont écrit à cet effet au premier ministre Stephen Harper et diffusé un communiqué de presse.

M. Harper,

Nous déplorons le fait que les négociations sur le Partenariat transpacifique (PTP) se poursuivent bien qu’elles se fondent sur une logique défectueuse et se déroulent dans le plus grand secret.

Nous vous avons déjà prévenu à l’effet que les propositions sur la table ne mèneront pas à une économie mondiale plus stable, égalitaire et sécuritaire et avons demandé que les négociations soient sérieusement réorientées vers ces objectifs. Le mouvement syndical a plaidé à maintes reprises en faveur d’un accord équilibré qui serve les intérêts de toute la population, pas seulement ceux des multinationales. Malgré cela, il nous faut constater qu’aujourd’hui :

1. Le chapitre sur l’environnement, qui a fait l’objet d’une fuite, ne contient aucune disposition visant à assurer l’application des mesures de protection de l’environnement et il ne prend même pas en considération le besoin d’agir pour atténuer les changements climatiques.

2. Le chapitre sur l’investissement adopte une définition très large de l’investissement et permet l’accès des investisseurs à un mécanisme de règlement des différends contre les gouvernements qui les favorise. Les organisations syndicales, de la société civile, les chercheurs universitaires, les experts en droit, des parlementaires au niveau local et national ont tous exigé l’exclusion du mécanisme de règlement des différends investisseurs-État mais ces appels n’ont toujours pas été entendus.

3. La version fuitée du chapitre sur les droits de propriété intellectuelle nous prouve que les gouvernements négocient l’institutionnalisation d’un régime sans précédent de protection des brevets, y compris sur les médicaments. Cela va rendre les médicaments inaccessibles pour des millions de personnes et les autorités publiques, mais va faire grimper les profits des multinationales pharmaceutiques.

4. Selon l’information disponible, les négociateurs du PTP tentent de rabaisser pratiquement tous les marchés publics (nationaux, régionaux, locaux, municipaux) à des soumissions devant obéir à des règles internationales très restrictives. Les organisations syndicales ont depuis toujours affirmé que les gouvernements doivent maintenir leur capacité d’accorder la priorité aux objectifs de politique publique comme la création d’emplois, la protection de l’environnement et des droits humains et du travail quand ils accordent des contrats aux entreprises privées pour pouvoir réaliser leur mission.

5. De façon similaire, les organisations syndicales et de la société civile se sont constamment et vigoureusement opposées à toute tentative de restreindre la capacité des gouvernements de légiférer et de réglementer pour promouvoir et protéger la santé, la sécurité et le bien-être général de leurs citoyen-ne-s. Cependant, le chapitre sur la « cohérence réglementaire » du PTP et celui sur les services et la transparence leur impose de sévères restrictions et intensifie l’influence des entreprises dans le processus et le contenu de la règlementation. Selon l’information disponible, le chapitre sur les services comprend une série de restrictions au pouvoir des gouvernements de réglementer le secteur financier de manière à atteindre plus de stabilité économique et à faire preuve de prudence financière.

6. Étant donnée l’incapacité des chapitres sur le travail négociés jusqu’à maintenant de produire des améliorations significatives pour les travailleurs et les travailleuses, les organisations syndicales des pays participant aux négociations sur le PTP exigent des gouvernements qu’ils adoptent un chapitre sur le travail qui incluent les normes les plus élevées internationalement, doté d’un mécanisme d’application effectif, en plus de plusieurs autres innovations. Nous n’avons aucune indication à l’effet que les propositions syndicales sont correctement prises en compte dans le PTP. Au contraire, certaines propositions constituent des reculs par rapport aux chapitres sur le travail existants dans d’autres traités.

Garder les textes et les mandats de négociation à l’abri d’un examen public n’est pas une pratique acceptable pour un « accord du XXIe siècle » dont on dit qu’il constituera une référence. Pour pouvoir créer des accords équilibré et inclusif, les gouvernements doivent rendre public les documents pertinents qui vont permettre aux parlements et à la société civile d’y apporter leur contribution, de même que d’alerter la population des dangers potentiels à un stade précoce des négociations, en tout cas, bien avant que les accords ne soient conclus.

De plus, nous trouvons préoccupant qu’il n’y ait eu aucune étude indépendante d’impact économique, social et environnemental pour chacun des pays avant ou pendant les négociations. Les quelques évaluations économiques qui ont été faites se sont révélées incomplètes, voire défectueuses sur les plans de leur méthodologie et de leurs hypothèses de base. Ce qui signifie que les négociateurs ne sont pas bien informés des conséquences de l’accord sur les travailleurs, sur les consommateurs, sur les petites et moyennes entreprises, sur l’environnement, sur les budgets nationaux liés à la santé ni sur les systèmes politiques démocratiques, entre autres. C’est pourquoi l’exclusion des parlements, des organisations syndicales et de celles de la société civile d’une participation significative aux négociations est encore plus inacceptable à nos yeux.

Comme toutes les préoccupations syndicales majeures ont été ignorées, les organisations syndicales des pays participant aux négociations sur le PTP demandent à leur gouvernement respectif de suspendre les négociations jusqu’à ce qu’ils obtiennent un mandat clair issu d’un processus transparent. Enfin, nous souhaitons pouvoir vous rencontrer pour discuter de nos préoccupations concernant le Partenariat transpacifique à un moment de votre convenance.

Bien à vous, Sharan Burrow, secrétaire générale, Confédération syndicale internationale (CSI) François Vaudreuil, président, Centrale des syndicats démocratiques (CSD) Jacques Létourneau, président, Confédération des syndicats nationaux (CSN) Daniel Boyer, président, Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)