Les syndicats de l’Estrie accueillent le ministre Jean Boulet

Une coalition formée des organisations syndicales de l’Estrie attendait de pied ferme le ministre du Travail, Jean Boulet, ce jeudi matin au Club de golf de Sherbrooke alors qu’il était l’invité de la Chambre de commerce et de l’industrie de Sherbrooke. L’objectif de cette action : dénoncer le bilan lamentable du gouvernement de la Coalition avenir Québec à l’égard des travailleuses et des travailleurs.

Ensemble, les organisations syndicales de la région ont tenu à rappeler au ministre Boulet que son gouvernement n’a pas obtenu de mandat clair de la population pour procéder à des réformes majeures. On pense notamment au projet de loi 3 qui vient s’ingérer dans la gouvernance des syndicats ou au projet de loi 101 qui risque de nuire aux syndicats ayant moins de ressources, quand vient le temps de défendre les droits d’une travailleuse ou d’un travailleur. Loin de protéger les droits des travailleuses et travailleurs, ces projets de loi visent plutôt à affaiblir les organisations en mesure de les défendre.

« Des milliers de travailleuses et de travailleurs vivent d’une paie à l’autre. Nous assistons à une dégradation sans précédent de nos services publics et du filet social qui protège les plus fragiles de nos concitoyens. Le gouvernement a perdu le contrôle et veut changer de sujet en s’attaquant aux syndicats. Même le Barreau du Québec est sorti de son habituelle réserve, disant craindre l’affaiblissement des mécanismes de contre-pouvoir qui sont essentiels dans une saine démocratie », affirment les membres de la coalition.

Les militantes et militants réunis ce matin sont venus rappeler au ministre Boulet qu’ils ne sont pas dupes et qu’ils continueront de se mobiliser, non seulement contre les attaques du gouvernement à l’endroit des syndicats, mais aussi pour la préservation de nos services publics et des droits des travailleurs.

Syndicat des travailleuses et travailleurs du Partage Notre-Dame (FSSS–CSN)

À la suite du dépôt de la requête en accréditation, le 15 septembre 2025, le Syndicat des Travailleuses et Travailleurs du Partage Notre-Dame–CSN a été accrédité pour représenter :

« Tous les salariés-es au sens du Code du travail, à l’exception des coordonnateurs, des employés-es de bureau, de la cuisine et de l’entretien ménager »

Les travailleurs ont décidé de joindre les rangs de la CSN afin d’être solidaires devant une directrice qui faisait fi de leurs conditions de travail concernant plusieurs aspects. Congédiements arbitraires et mesures disciplinaires abusives, menaces envers les travailleuses et disparité de traitement qui ont fait en sorte de se mobiliser pour une démarche en syndicalisation.

Cette démarche de syndicalisation leur permettra d’améliorer leurs conditions de travail et de tendre vers un climat de travail plus respectueux.

Ce nouveau syndicat sera affilié à la Fédération de la Santé et des Services Sociaux (FSSS–CSN), au Conseil central des Syndicats nationaux de l’Estrie et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

Nouveau contrat de travail pour les travailleuses et travailleurs de Velan à Granby !

Réunis en assemblée générale ce dimanche, les travailleuses et travailleurs de Velan à Granby ont accepté dans une proportion de 85 % l’entente de principe qui leur a été présentée. L’acceptation de cette entente de principe se veut l’aboutissement d’un processus de négociation entrepris au début de l’été.

« Nous sommes très heureux de la conclusion de cette entente pour les travailleuses et travailleurs de Velan Granby », a indiqué la présidente du Conseil central de l’Estrie, Julie Bolduc. « Non seulement les salariés voient leurs conditions de travail s’améliorer, mais ils ont également démontré une solidarité exemplaire à l’endroit de leur comité de négociation», a-t-elle poursuivi.

En effet, entre autres gains obtenus par le syndicat, on peut mentionner :

  • Une hausse salariale de 4,95% pour la première année, de 3,5 % pour la deuxième année et de 3 % pour la troisième année ;
  • Une bonification plus rapide de 1% du régime de retraite pour les salariés ayant moins d’ancienneté, dès la fin de la période probatoire ;
  • Indemnités de retraite si un préavis est donné par le salarié ;
  • Bonification substantielle de certaines primes : prime de soir, prime de nuit, prime de formation, prime de chef d’équipe, notamment;
  • Montant forfaitaire de 1 500 $ dès la signature et de 1 000 $ au 1ermai 2026 ;
  • Montants accordés par l’employeur lors de la naissance d’un enfant (200 $) et pour favoriser l’activité physique (150 $).

L’objectif du syndicat était d’obtenir des conditions de travail qui permettent d’attirer et de retenir la relève, tout en reconnaissant l’expérience et la loyauté de travailleuses et travailleurs qui ont consacré de nombreuses années au rayonnement de Velan à Granby. L’entente de principe acceptée par les membres du syndicat dans une proportion de 85 % démontre que cet objectif a été atteint.

À propos

Le Syndicat national des employés de Velan Granby–CSN est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN. Cette dernière a pour mission de lutter pour améliorer les conditions de travail et de vie de ses membres et pour développer des emplois de qualité. Elle rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis au sein de quelque 320 syndicats et provenant de toutes les régions du Québec.

Le Syndicat est également appuyé par le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN (CCSNE–CSN).Celui-ci représente 13 000 travailleuses et travailleurs syndiqués, sur tout le territoire de l’Estrie et dans l’ensemble des secteurs d’activité.

Résidence Unique : les travailleuses et travailleurs se dotent d’un mandat de grève

Réuni en assemblée générale extraordinaire, le personnel syndiqué de la résidence Unique, une résidence privée pour personnes âgées (RPA) située sur la rue du Fédéral à Sherbrooke, a voté en d’un mandat de grève pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée, dans une proportion de 91,6 %.

Malgré une convention collective échue depuis 2022 et deux tentatives de conciliation, les négociations sont au point mort et le syndicat est sans nouvelles de l’employeur depuis le mois de mai. « Rappelons que la dernière offre sur la table propose une augmentation salariale de seulement 4 % sur quatre ans. Cela représente environ une augmentation de 0,60 $ de l’heure au bout de quatre ans. Il s’agit d’une proposition insultante pour le personnel, particulièrement après une période de forte inflation et alors qu’une pénurie de main-d’œuvre sévit toujours dans le domaine », mentionne le vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN, François Perron.

Les travailleuses et travailleurs — responsables des soins, de la surveillance, de l’entretien et des repas — gagnent à peine plus que le salaire minimum. Pourtant, ils accomplissent un travail essentiel auprès d’une clientèle vulnérable.

« Bien que ces salariés méritent des conditions de travail à qui reconnaissent l’importance de leur fonction, nous avons le sentiment que cette négociation se trouve dans un cul-de-sac. C’est pourquoi la décision a été prise de se doter d’un mandat de grève. Le Conseil central de l’Estrie–CSN les soutiendra jusqu’à ce qu’ils obtiennent une entente satisfaisante et le respect de l’employeur », affirme sa présidente, Julie Bolduc.

Pour l’instant, aucune date n’a été arrêtée pour amorcer un arrêt de travail. Étant assujetti aux services essentiels, le syndicat devra déterminer le meilleur moment pour déclencher la grève.

La CSN remporte une victoire majeure face à Transport scolaire La Québécoise

Dans un jugement émis le 30 juillet dernier, le Tribunal administratif du travail déclare Transport Scolaire La Québécoise coupable d’avoir mis fin à ses activités dans un geste de représailles antisyndicales. La centrale syndicale ainsi que les travailleuses injustement mises à la porte saluent le jugement.  

Survenus à l’automne dernier, les événements laissaient peu place à l’interprétation, selon le Tribunal. En pleine année scolaire, l’entreprise a soudainement cessé ses opérations, sans égards pour ses trois travailleuses ou pour les élèves qu’elles transportaient quotidiennement. Les chauffeuses de berlines desservaient des jeunes à besoins particuliers du Centre de services scolaire des Hauts-Cantons. Leur salaire était de 16,32 $ de l’heure au moment de l’échéance de leur convention collective. 

« Ce jugement vient confirmer ce que nous avons toujours soutenu : l’employeur a agi de mauvaise foi, refusé de négocier sérieusement, et puni des salariées pour leur implication syndicale. Cette conduite est non seulement inacceptable, mais aussi illégale », réagit Yvan Duceppe, trésorier de la CSN. 

Le Tribunal a notamment souligné le caractère abusif et stratégique de la fermeture du service, concluant qu’il s’agissait d’une manœuvre destinée à faire taire des travailleuses jugées trop revendicatrices. Par ailleurs, l’employeur avait récemment reçu une indexation de 18% des sommes reçues du ministère, par rapport à 2021, ainsi que des sommes de 3100$ par véhicule. 

« Personne n’est au-dessus de la loi, c’est un message clair qui est envoyé par le Tribunal à tous les employeurs aujourd’hui. C’est difficile de croire que certains employeurs préfèrent carrément fermer boutique plutôt que de négocier, mais on sait au moins que la justice est là pour les rappeler à l’ordre » ajoute Josée Dubé, vice-présidente de la FEESP–CSN. 

« Ce que les travailleuses ont vécu est terrible et je salue leur courage.  Il faut du nerf pour se tenir debout face à un employeur qui démontre un tel mépris de la loi et de ses employées. Chapeau! », conclut la présidente du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN, Julie Bolduc. 

Les anciennes salariées devraient recevoir une réparation financière dont le montant sera connu dans les prochaines semaines.  

Fermeture de l’usine Plastube de Granby: le syndicat dénonce la gestion

Le 4 août dernier, l’usine Plastube déclarait faillite, mettant ainsi à la porte une centaine de travailleuses et de travailleurs, dont une soixantaine étaient syndiqués à la CSN et plusieurs étaient des travailleurs immigrants temporaires. Les employé-es du fabricant de tubes cosmétiques ont appris la nouvelle la veille, dimanche soir, à leur grande surprise. 

«Le 18 juillet, notre employeur nous disait que de beaux projets nous attendaient à l’usine. On est partis en vacances l’esprit tranquille et on revient pour se retrouver au chômage. On est tous sous le choc», explique la présidente du syndicat, Geneviève Carter, à l’emploi de Plastube depuis 23 ans. 

Depuis des investissements importants en 2023, Plastube battait de l’aile. La direction générale de l’entreprise de Granby avait par ailleurs changé dans les mois précédents la fermeture. Pour le syndicat, une mauvaise gestion, notamment du cahier de commandes, serait en cause. 

«Le syndicat se préparait à débuter la négociation de sa prochaine convention collective, qui venait à échéance le 31 décembre 2025. C’est pour vous dire à quel point la fermeture prend tout le monde par surprise! C’est odieux de mettre ses employé-es à la porte du jour au lendemain», poursuit le président de la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN, Kevin Gagnon. 

«De notre côté, on est prêts à accompagner les travailleuses et les travailleurs dans cette transition forcée, notamment dans leurs démarches avec l’assurance-emploi et avec les recours juridiques appropriés dans telle circonstance. On sait que ce sont des moments très stressants pour nos membres», ajoute la présidente du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN, Julie Bolduc.

Le personnel de soutien de l’aide juridique vote en faveur de la recommandation du conciliateur

Les membres du Regroupement du personnel de l’aide juridique – qui réunit huit syndicats affiliés à la CSN – ont accepté à 78 % la recommandation du conciliateur hier en assemblée générale. Cette recommandation vient mettre fin à la grève de neuf jours. Les syndicats étaient sans contrat de travail depuis deux ans.

Le Regroupement a réussi à réaliser des avancées significatives et à bloquer les reculs demandés par l’employeur. Avec une même convention collective, les salarié-es ont maintenant toutes et tous le même droit à un horaire variable, au télétravail et à la semaine de quatre jours. Ils obtiennent également une augmentation salariale de 17,4 % sur 5 ans avec une clause d’IPC et les mêmes gains que le secteur public.

« Après deux ans de négociation et neuf jours de grève, nous nous réjouissons de mettre fin ainsi au conflit. La mobilisation et la détermination des membres ont permis d’améliorer nos conditions de travail et forcer l’employeur à retirer ses demandes de recul », affirme la présidente du Regroupement du personnel de soutien de l’aide juridique, Josée Désilets.

« Faire la grève est toujours un choix difficile à prendre, mais c’est ce qui a permis de débloquer la négociation. Au premier jour de la grève, l’employeur s’est réveillé et s’est assis avec le comité de négociation », explique la vice-présidente de la Fédération des employées et employés des services publics–CSN, Stéphanie Gratton.

Le conciliateur a été appelé en renfort au moment de négocier la rémunération. « Les lois québécoises détiennent des outils efficaces pour débloquer les négociations difficiles. Le ministre n’a pas besoin de diminuer notre droit de grève pour régler des conflits. Les travailleurs et travailleuses de l’aide juridique ont une fois de plus démontré l’utilité d’un droit de grève entier », conclut la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

À propos
Le Regroupement des syndicats du personnel de soutien de l’aide juridique rassemble huit syndicats affiliés à la CSN, qui représentent environ 300 travailleuses et travailleurs dans différentes régions du Québec.

La Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics.

Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

« Le Conseil du trésor doit nous entendre »

Des centaines de travailleuses et travailleurs du Regroupement du personnel de soutien de l’aide juridique ont manifesté ce midi devant les bureaux du Conseil du trésor à Québec pour faire débloquer la négociation sur les enjeux de rémunération. Ils entament leur 5e journée de grève.

« Le Conseil du trésor doit nous entendre ce midi. C’est lui qui donne les mandats à la partie patronale. Cette dernière est fermée à nos demandes monétaires. Nous sommes donc venus à Québec pour exprimer nos demandes directement au donneur de mandats », affirme Josée Désilets, présidente du Regroupement du personnel de soutien de l’aide juridique.

« Le Conseil du trésor détient la clé pour mettre fin à cette grève. Il ne manque que quelques éléments financiers à régler. Ils sont ici aujourd’hui parce qu’ils sont déterminés à obtenir de meilleures conditions de travail », explique Jimmy Ducharme, président du secteur des organismes gouvernementaux de la Fédération des employées et employés de services publics – CSN.

«  Le personnel de soutien de l’aide juridique a le droit, au même titre que d’autres organisations du secteur public, d’avoir une clause d’IPC, afin de s’assurer que leur augmentation salariale suive celle du coût de la vie », poursuit Katia Lelièvre, vice-présidente de la CSN.
Les salarié-es réclament, entre autres, une prime pour les formatrices et formateurs et une prime pour l’usage d’une langue seconde. Des demandes sectorielles sont également sur la table afin de répondre aux enjeux de rétention des différentes régions.

« Ces travailleuses et travailleurs sont un pilier de l’aide juridique, un service important pour les plus démunis de notre société. Leur travail dans l’ombre est indispensable et il mérite d’être reconnu avec une rémunération en ce sens », de conclure François Proulx Duperré, secrétaire général du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN).

À propos
Le Regroupement des syndicats du personnel de soutien de l’aide juridique rassemble huit syndicats affiliés à la CSN, qui représentent environ 300 travailleuses et travailleurs dans différentes régions du Québec.

La Fédération des employées et employés de services publics–CSN compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics.

Le Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches–CSN regroupe 240 syndicats représentant plus de 45 000 membres. Son territoire s’étend sur les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Le personnel de l’aide juridique retourne en grève ce matin

Le Regroupement des syndicats du personnel de soutien de l’aide juridique affilié à la CSN a décidé de déclencher la grève une seconde fois pour faire comprendre à l’employeur qu’il tient à ses demandes sectorielles et de rémunération.

« Notre vis-à-vis doit comprendre que dans une négociation, nous sommes deux. Il ne peut pas simplement dire non à nos demandes sectorielles. Ce n’est pas négocier, ça ! Nous lui avons clairement démontré notre volonté de régler, c’est à son tour de nous offrir les améliorations souhaitées à nos conditions de travail », affirme la présidente du Regroupement des syndicats du personnel de soutien de l’aide juridique, Josée Désilets.

Les salarié-es réclament, entre autres, une clause d’IPC dans leur convention collective comme elle a été offerte au secteur public, une prime pour les formatrices et formateurs et une prime pour l’usage d’une langue seconde. Des demandes sectorielles sont également sur la table : stationnement gratuit dans toutes les régions et une prime d’éloignement pour la Côte-Nord.

« L’employeur ne peut continuer ainsi et tenir pour acquis ses employé-es qui souhaitent juste améliorer leur sort. Il doit prendre acte de leurs besoins et y répondre positivement », souligne Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

« Ce retour à la grève ce matin devrait faire comprendre à la partie patronale que les salarié-es sont déterminés comme jamais à obtenir des améliorations à leurs conditions de travail. L’employeur devrait être sensible aux demandes légitimes du personnel qui fait fonctionner l’aide juridique au quotidien », conclut la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

À propos
Le Regroupement des syndicats du personnel de soutien de l’aide juridique rassemble huit syndicats affiliés à la CSN, qui représentent environ 300 travailleurs et travailleurs dans différentes régions du Québec. Il est affilié à la FEESP–CSN, laquelle regroupe 65 000 membres répartis dans 425 syndicats dans les services publics et parapublics.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

2025-2028 : Une économie fragile à l’horizon

L’économie canadienne était en bonne progression avant l’investiture du nouveau président étasunien. À partir de ce moment, l’économiste David Dupuis constate un repli d’activité et une nervosité des acteurs économiques. Alors que la Banque du Canada maintient ses taux directeurs stables, M. Dupuis explique que la fragilité de l’économie dépend beaucoup des tarifs du sud de la frontière. 

Cinq des défis économiques de notre époque : 

  1. L’instabilité engendrée par Donald Trump complique la planification économique. Le niveau d’incertitude est même comparable à celui de la pandémie. Dans ce contexte, il faut trouver une manière de s’ouvrir au commerce avec le reste du monde. 
  2. La pénurie de main-d’œuvre persistante, cachée par un repli conjoncturel. L’économiste explique que les entreprises embauchent moins à cause de ce niveau d’incertitude. Loin de disparaître, la pénurie s’est déplacée et ce sont maintenant les domaines de la santé et de la construction qui sont les plus touchés. À cet égard, notre capacité d’intégrer les immigrantes et les immigrants sur le marché du travail sera essentielle, insiste David Dupuis. 
  3. L’abordabilité des logements. L’accès à la propriété devient un enjeu majeur et les prix de la location ne cessent d’augmenter. Il y a aussi une déconnexion entre la croissance des salaires et la croissance du prix des logements. Alors que l’on aurait besoin d’augmenter l’offre d’habitations, on voit plutôt une baisse importante des mises en chantier.  
  4. Malgré la décote du Québec, les finances publiques du Québec se portent assez bien. Notre dette reflète la meilleure performance du G7. Pour chaque dollar envoyé aux gouvernements canadiens et québécois, 0,18 $ sont payés pour rembourser la dette, ce qui est nettement moins qu’à d’autres moments de l’histoire récente. Malgré tout, les factures seront nombreuses : le vieillissement de la population, la cible de 2 % du PIB dédié à la défense nationale, le déficit d’infrastructure, la transition énergétique et la pénurie de logements risquent de coûter cher. 
  5. En terminant, David Dupuis souligne l’importance d’augmenter la productivité canadienne. Il insiste sur l’importance de la créativité pour y arriver et l’ouverture au changement. Selon lui, cette dernière, en plus d’augmenter la résilience face aux chocs externes sur le commerce, nous permettra aussi de faire face aux défis du futur. 

Manifestation éclair contre le PL89 à Lac-Mégantic

Réunis en congrès à Lac-Mégantic depuis mardi, les délégués du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie ont été manifester contre le projet de loi 89 devant le bureau du député de Mégantic, François Jacques, ce midi. 

«Je débute ce mandat sous le signe de la combativité. Les attaques contre les travailleuses et les travailleurs ne risquent pas de manquer, comme le prouve le PL89. Dans ce contexte, la mobilisation sera plus essentielle que jamais» explique la nouvelle présidente élue, Julie Bolduc. «Les droits syndicaux sont aussi des droits humains», ajoute-t-elle.  

Julie Bolduc succède à Denis Beaudin qui a été président de 2011 à 2025. Mme Bolduc est issue du Syndicat du personnel de soutien de la Commission scolaire des Hauts-Cantons et milite à l’exécutif du Conseil central depuis 2016.  

«Pendant ce mandat, on n’aura pas le choix de déranger et d’être plus présents que jamais sur le terrain pour défendre les intérêts de ceux et celles qui constituent la richesse de l’Estrie, ses travailleurs», ajoute la nouvelle présidente. 

L’exécutif nouvellement élu du Conseil central sera également présent sur place. En plus de Julie Bolduc à la présidence, c’est Fanie Lefebvre qui assurera la vice-présidence, Steve McKay continue au secrétariat général et Samuel Côté est nouvellement élu à la trésorerie. Ils seront disponibles pour des entrevues sur place ou au téléphone.

Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie à travers les époques

Le Conseil central des syndicats nationaux de Sherbrooke, fondé le 22 mars 1925, a initialement pour mission de rassembler les travailleuses et travailleurs afin qu’ils puissent peser collectivement dans les débats sociaux. Son histoire est marquée par des luttes syndicales, des réformes sociales et des engagements politiques forts. 

À la fin des années 1970, alors que le Québec est frappé par le chômage et l’inflation, Janvier Cliche arrive au conseil central en tant que responsable de l’information et devient président en 1984. Il participe alors à la création du forum pour l’emploi et à d’autres initiatives visant à lutter contre la pauvreté et à relancer l’économie. 

Vingt ans plus tard, Jean Lacharité s’investit dans la lutte contre le décrochage scolaire. Il engage un dialogue avec les commissions scolaires et les employeurs, les incitant à alléger la charge des jeunes travailleuses et travailleurs durant les périodes d’examen, par exemple. 

Depuis l’arrivée de la CAQ, Denis Beaudin souligne la difficulté grandissante d’accès aux élu-es. Face à la fermeture des canaux politiques, le conseil central renforce ses liens avec les syndicats locaux : «Si on ne peut pas décider, on va déranger.» 

Au fil du temps, le profil des conseils centraux de la CSN change. À titre d’exemple, le nombre de conseils centraux est passé de 20 à 13. Une restructuration guidée par des contraintes financières et un effort de correspondre aux régions administratives. Le conseil central a aussi pris part à des luttes politiques majeures, comme celle du débat sur l’indépendance du Québec ou aux longues batailles syndicales : le lock-out au Roi du Coq Rôti ou la GGI chez Construction DJL. Ces combats témoignent d’un engagement constant pour la justice sociale, qui se poursuivra assurément pour les 100 années à venir. 

Polarisation et dialogue : Présentation de Martin Desrosiers

Pour Martin Desrosiers, le problème n’est pas qu’on ne se parle plus, mais bien que les dialogues que nous entretenons sont de moins en moins sains. Le problème, c’est donc qu’on se chicane mal. Au banc des accusés, la polarisation affective : entretenir une animosité envers ceux qui ne pensent pas comme nous, au point de couper court au dialogue.  

Pour le philosophe et enseignant, le phénomène repose sur plusieurs symptômes : on prête de mauvaises intentions aux autres, on applique des critères plus durs à l’égard de nos opposants qu’à nous-mêmes, et on exagère les désaccords. On oublie que les divergences peuvent (parfois) être superficielles ou porter sur les moyens plutôt que sur les fins. 

Les espaces de discussion, notamment sur les réseaux sociaux, sont peu propices à l’échange. Les algorithmes nous enferment dans des bulles où nous ne sommes exposés qu’à des opinions similaires aux nôtres. La communication y est souvent désincarnée, ce qui peut encourager l’agressivité chez ceux qui deviennent soudainement très confiants, tout en incitant d’autres à l’autocensure, par crainte d’être jugés ou victimes de violence numérique. C’est souvent le cas pour les femmes, qui doivent payer un prix souvent élevé pour la prise de parole publique. Ces dernières sont d’ailleurs plus souvent sujettes au harcèlement sur les réseaux sociaux. 

Martin Desrosiers termine sa présentation en invitant le public à se questionner sur l’attitude personnelle : suis-je ouvert à la nuance? Suis-je capable de défendre un point de vue que je ne partage pas? Me suis-je trop identifié à mes opinions… au point où je ne peux remettre en question mes opinions sans remettre en question mon identité? Sortir de la polarisation implique un travail d’introspection, de curiosité et d’humilité intellectuelle. Cette empathie ne signifie pas de renoncer à l’action militante, mais plutôt de reconnaître qu’il y a un temps pour militer et un temps pour réfléchir. La polarisation est, après tout, un puissant outil pour passer des messages percutants. 

L’état de santé de nos syndicats, une priorité en matière de syndicalisation

Au cours du dernier mandat, la CSN a gonflé ses rangs en accueillant 15000 nouveaux membres. Cette croissance est supérieure à celle d’autres centrales syndicales et reflète une grande vitalité dans les rangs du maillon fort du syndicalisme.  

Pierre Fortin du Service de la syndicalisation CSN explique que si, règle générale, la santé de nos syndicats se porte très bien, le contexte sociopolitique qui prévaut en Amérique du Nord demeure inquiétant. Les menaces aux droits démocratiques, la crise des médias et la montée de la désinformation, ainsi que les pressions antisyndicales croissantes ont de quoi inquiéter.  

Et pas besoin d’aller au sud de la frontière pour en être témoin : les attaques d’Amazon contre les droits syndicaux, tout comme les attaques du projet de loi 89 du ministre du Travail, qui fragilise notre droit de grève, démontrent que les acquis syndicaux doivent être sans cesse défendus.  

Si la centrale se porte bien, 2500 membres ont malgré tout quitté les rangs de la CSN. Et la majorité de ces pertes sont dues… à des requêtes en révocation, plus nombreuses que des maraudages. « Presque tout le temps, ces requêtes sont pilotées par l’employeur », rappelle l’intervenant. 

Pourquoi ces travailleuses et ces travailleurs font-ils le choix de quitter leur syndicat ? Les délégué-es présents identifient plusieurs facteurs.  

«On a parfois un bon boss, ou des membres qui pensent qu’un syndicat, ça ne sert à rien », résume un congressiste.  

«La solution, c’est la vie syndicale. C’est important de prendre le temps de fraterniser avec les personnes avec qui on milite. On doit connaître les gens avec qui on travaille », conclut Pierre Fortin, qui insiste sur l’importance de collectiviser les enjeux concernant les conditions de travail. 

Lac-Mégantic, un exemple de résilience pour le mouvement syndical

Après le rapport de force examiné hier, l’assemblée s’est penchée sur la résilience en ouverture du jour deux, du congrès du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie. Les deux invitées, Mélissa Généreux et Cindy Stewart étaient aux premières loges pour témoigner de la résilience des habitantes et habitants de Lac-Mégantic en 2013. À l’époque, l’une était directrice de santé publique en Estrie et l’autre, travailleuse sociale dans l’équipe de santé publique. 

Leur présentation débute par un tour d’horizon du concept de résilience, qu’on rencontre à la fois sur les plans individuels, collectifs et organisationnels. Pour les organisations, il s’agit de pouvoir absorber les inévitables chocs et de se transformer pour y faire face, mais aussi d’affronter les enjeux du quotidien et de prendre soin des personnes qui le constituent.  

Les liens à faire avec le mouvement syndical sont nombreux, quand on sait qu’un chaînon n’est jamais aussi fort que son maillon le plus faible. Et les chocs ne manquent pas dans les syndicats : qu’on parle de grief, de conflit de travail ou tout simplement de négociation difficile, les moments où la résilience est nécessaire sont nombreux. 

Camille Derome en sait quelque chose. Présidente du syndicat au Zoo de Granby pendant le lock-out de sept mois, elle a été témoin de l’importante démonstration de résilience des travailleuses et des travailleurs. Pendant la période de questions qui suit la présentation, elle explique qu’un lock-out, c’est un marathon. Pendant cette période, le groupe s’est organisé pour préserver la culture organisationnelle et les liens sociaux qui lui permettraient de tenir sur le long terme. Ce sont les activités à l’apparence anodines qui ont donné aux membres l’endurance nécessaire : les manifestations sous forme de yoga, les cuisines collectives ou les assemblées générales précédées de jeux de société sont autant d’initiatives aux impacts intangibles qui, additionnées, ont permis au groupe d’obtenir gain de cause.  

Comme organisation, la CSN déploie des réseaux d’entraide soutenus par des pairs qui outillent certains membres pour les aider à sortir de l’isolement, lorsqu’ils rencontrent des moments difficiles. De façon plus structurelle, la démocratie interne de la CSN la distingue de plusieurs autres centrales. Sa structure, qui part de la base et qui permet souvent aux membres de «faire du sens» et de s’approprier les décisions, peut avoir des effets positifs sur leur résilience. Ce faisant, on réduit le sentiment d’aliénation que l’on peut ressentir lorsqu’on perçoit une distance ou une déconnexion face à une grande organisation. Avec une perspective de santé publique, les présentatrices font écho à des concepts de démocratie industrielle ou ouvrière.  

ÊTRE UN MAILLON FORT : RENFORCER LE RAPPORT DE FORCE SYNDICAL

On ne doit jamais commettre l’erreur de sous-estimer la partie patronale, explique Christian Cyr. Plus préparés que jamais, ces derniers développent une expertise pour miser sur les faiblesses des organisations syndicales avec lesquels ils négocient. 

Pour tirer son épingle du jeu, les syndicats doivent brosser un portrait complet des éléments qui affectent notre rapport de force. De la situation économique de l’entreprise au cadre législatif en passant par l’historique des relations de travail, la connaissance de notre environnement de négociation est essentielle.  

En soulignant l’importance de l’information, Christian Cyr se souvient d’une négociation avec Sucre Lantic qui avait tenté de mener en bateau le syndicat. C’est en vérifiant l’information auprès d’un autre syndicat que la patrie syndicale avait réussi à démêler le vrai du faux.  

De la même façon, divers obstacles peuvent se dresser entre le syndicat et l’entente de principe souhaitée. Des obstacles financiers, idéologiques, structurels ou encore de l’ordre relationnel, lorsque les relations de travail sont détériorées. 

Ce travail de fond est au cœur des engagements syndicaux pour 2025–2028. Pour rester un maillon fort, chaque syndicat devra se doter des outils nécessaires à une négociation efficace. Car un syndicat bien préparé est un syndicat capable de faire pencher la balance en sa faveur. 

Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie est centenaire

À LA UNE : OUVERTURE DU CONGRÈS 

Le conseil central est centenaire! 

Ce mardi s’ouvrait le 29e Congrès du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN. L’événement marque les 100 ans de l’organisation et autant d’années à appuyer les luttes des travailleuses et des travailleurs de la région. 

Le congrès marque également le dernier du président Denis Beaudin. Après 17 ans au conseil central, dont 14 ans à la présidence, le X d’origine accroche ses patins. «Avoir l’occasion de vous représenter a été pour moi l’honneur d’une vie», explique avec émotion de président sortant. Devant les luttes importantes qui sont à venir dans la défense des intérêts des travailleuses et des travailleurs, il insiste sur l’importance du renouveau, afin d’amener l’énergie nécessaire dans la poursuite de ces combats. 

Également présent à l’occasion de l’ouverture du congrès, le 1er vice-président de la CSN, François Enault profite de l’occasion pour saluer l’engagement et les convictions de Denis Beaudin : «C’est plus qu’un président, c’est un chum!», raconte-t-il avec émotion. Devenus amis en 2009, à l’occasion d’un congrès de la Fédération de la métallurgie à Rouyn-Noranda, François souligne l’apport significatif d’un homme qui a l’Estrie et le travail d’équipe tatoués sur le cœur. 

Une conjoncture inquiétante
Pour que l’union fasse vraiment la force, l’écoute et les discussions constructives sont plus essentielles que jamais. À l’époque où l’intolérance et la polarisation sont plus présentes que jamais, les liens que l’on partage doivent être solides. Pour le président, ce partage est une condition essentielle pour que tous accèdent à la reconnaissance et au respect dans son milieu de travail, tout comme dans la société. Ce congrès est l’occasion de renforcer nos liens et de nous outiller pour faire face aux défis du futur. 

François Enault abonde dans le même sens. Il s’inquiète de l’état du dialogue social avec le gouvernement. Avec l’adoption récente du projet de loi antisyndical numéro 89 qui limite le droit de grève, le gouvernement fait dangereusement pencher le pendule du côté patronal. «Sans le rapport de force que la grève nous procure, on n’aurait jamais fait de tels gains. Le mouvement syndical rehausse les conditions de travail de l’ensemble des Québécoises et des Québécois», explique le vice-président. 

Les exemples régionaux, dont le conflit au Zoo de Granby et des grèves chez les transporteurs scolaires, prouvent l’importance de maintenir un droit de grève sur lequel on peut compter. «On a encore six mois pour se mobiliser avant que le PL 89 ne reçoive la sanction finale, ce qui le rendra officiellement en vigueur», ajoute François Enault. Six mois, c’est pour lui l’occasion d’augmenter le rythme de la mobilisation contre la réforme. 

Congrès : Le Conseil central de l’Estrie fête ses 100 ans

Du 3 au 5 juin prochain, le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie-CSN tiendra son 29e congrès à Lac-Mégantic. Des délégué-es représentant les 13 000 membres CSN de l’Estrie se réunissent pour discuter de l’avenir du syndicalisme dans la région et convenir des orientations du Conseil central pour les trois prochaines années. Quatre thèmes seront au cœur du congrès: le rapport de force, la résilience, la polarisation et le leadership.

2025 marque le centième anniversaire de fondation du Conseil central qui est aux premières loges des luttes pour l’amélioration des conditions de travail et la justice sociale depuis 1925. C’est en s’inspirant de ce riche héritage que le thème du 29e congrès a été choisi: Le maillon fort en Estrie depuis 100 ans! Les congressistes pourront en apprendre davantage sur l’histoire des dernières décennies avec une exposition relatant une partie de l’histoire du CCSNE et lors d’une discussion avec les trois derniers présidents de l’organisation, Janvier Cliche, Jean Lacharité et Denis Beaudin, qui ont présidé l’organisation au cours des 41 dernières années.

Plusieurs invité-es de marque seront à Lac-Mégantic pour échanger avec les délégué-es lors du congrès. La docteure Mélissa Généreux, la travailleuse sociale Cindy Stewart, l’économiste David Dupuis, le philosophe Martin Desrosiers et l’aventurier Gabriel Filippi contribueront par leurs connaissances et leurs expériences aux discussions. François Enault, premier vice-président de la CSN, participera également au congrès.

Changement de présidence
Après 14 ans à titre de président du Conseil central de l’Estrie, Denis Beaudin a décidé de ne pas solliciter un nouveau mandat. « Les 17 années que j’ai passé à l’exécutif de cette organisation comptent parmi les plus beaux moments de ma vie. Je serai éternellement reconnaissant envers les délégué-es qui m’ont fait confiance et qui m’ont permis de les représenter. Ce sera un congrès rempli d’émotion pour moi, mais je quitte avec le sentiment du devoir accompli et fier de la relève en place », explique-t-il.

L’élection du nouveau comité exécutif du Conseil central aura lieu jeudi 5 juin.

8 syndicats du regroupement de l’aide-juridique (FEESP–CSN)

STT de bureau de l’aide juridique de la Côte-Nord–CSN
SE de soutien du C. C. juridique de l’Outaouais–CSN
SE de la Commission des Services juridique–CSN
SE de l’aide juridique de Québec–CSN
SE de soutien de l’Aide juridique de l’Estrie–CSN
S du personnel de soutien du centre communautaire juridique Bas-Saint-Laurent/Gaspésie–CSN
SE du centre communautaire juridique de la Rive-Sud–CSN
S du personnel de soutien de l’aide juridique de la Mauricie Bois-Francs–CSN

Une négociation qui doit s’accélérer

À l’issue d’une tournée provinciale de consultations en assemblée, le secteur préhospitalier de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) constate que les paramédics de tout le Québec ont voté à plus de 99 % en faveur du déclenchement d’une grève générale, au moment opportun.

À l’occasion d’une rencontre de négociation aujourd’hui, à Québec, le comité de négociation des paramédics aura l’occasion d’indiquer à la partie patronale que les paramédics sont maintenant prêts à déclencher la grève si cela s’avère nécessaire. Rappelons que les conventions collectives des 3400 paramédics membres de la CSN sont échues depuis le 31 mars 2023, soit plus de deux ans.

« On demande à la partie patronale de passer en vitesse supérieure, explique le représentant du secteur préhospitalier à la FSSS–CSN », Jean Gagnon. « À l’heure actuelle, on nous a déposé plusieurs principes et très peu d’éléments concrets. Selon les explications que nous avons reçues jusqu’à maintenant, les offres patronales n’aideront en rien à attirer de nouveaux paramédics dans la profession, ni à les retenir ! »

« On nous présente des offres salariales inférieures à ce que le gouvernement a négocié dans les autres secteurs », enchaîne-t-il. « Les employeurs nous demandent d’accepter plein de reculs à nos conditions de travail et ils ne répondent même pas à nos propres priorités, bien que nous les ayons expliquées à plusieurs reprises. Nos vis-à-vis en négociation ne semblent pas avoir les mandats nécessaires pour avancer. Assez, c’est assez ! Si on doit déclencher cette grève parce qu’on a l’impression qu’on n’avance plus à la table, le gouvernement de la CAQ en sera le seul responsable. »

Du côté de la partie syndicale, l’équipe de négociation est entièrement disponible pour s’engager dans une intensification afin de conclure une entente satisfaisante dans les meilleurs délais. « Nous invitons le gouvernement à profiter du fait que plusieurs ententes de principe ont été conclues au cours des derniers jours dans les organismes gouvernementaux pour créer du mouvement à la table de négociation des paramédics », poursuit la vice-présidente de la FSSS–CSN, Lucie Longchamps. « Il n’y a vraiment aucune raison pour le gouvernement de laisser traîner cette négociation ! Il faut mettre les bouchées doubles. Côté syndical, nous sommes prêts ! »

Enjeux
En plus d’une amélioration de leur rémunération pour refléter pleinement leurs responsabilités et compétences, les paramédics revendiquent, entre autres, le respect des horaires de travail, afin de lutter contre l’explosion des heures supplémentaires, et la bonification du régime de retraite, pour tenir compte de la réalité de cette profession exigeante, physiquement et mentalement.

À propos
Le secteur préhospitalier de la FSSS–CSN regroupe du personnel dans tout le Québec notamment près de 3400 paramédics. Ceux-ci travaillent pour la société d’État Urgences-santé, dans le Grand-Montréal, pour une coopérative ou encore pour une entreprise privée, tant dans les grandes villes que dans les secteurs ruraux.

La grève à l’aide juridique est suspendue

À la suite d’une offre de la partie patronale d’un blitz de négociation intensif cette semaine, les huit syndicats du personnel de soutien de l’aide juridique affiliés à la CSN ont accepté de suspendre leur grève.

« Nous avons eu des échanges avec la partie patronale tout l’après-midi vendredi dernier afin de trouver une façon d’accélérer le processus de négociation. Mais qu’on se le dise, si les parties ne parviennent pas à régler quelques enjeux cette semaine, nous sommes toujours prêtes à retourner en grève », a affirmé la présidente du Regroupement du personnel de soutien de l’aide juridique, Josée Désilets.

Rappelons que les membres du regroupement veulent qu’une seule convention soit mise en place pour tous les syndicats, offrant ainsi les mêmes avantages et une méthode d’application uniforme. Ils souhaitent entre autres à ce que les règles concernant le télétravail, le stationnement et l’horaire soient les mêmes pour tous.

À propos
Le Regroupement des syndicats du personnel de soutien de l’aide juridique rassemble huit syndicats affiliés à la CSN, qui représentent environ 300 travailleuses et travailleurs dans différentes régions du Québec. Il est affilié à la FEESP–CSN, laquelle regroupe 65 000 membres répartis dans 425 syndicats dans les services publics et parapublics.

Les employé-es de soutien de l’aide juridique déclenchent la grève

Les huit syndicats affiliés à la CSN du Regroupement des syndicats du personnel de soutien de l’aide juridique déclenchent la grève à 9 h ce matin. Les travailleuses et les travailleurs dénoncent la lenteur de la partie patronale à la table de négociation.

« Ça fait deux ans qu’on négocie et l’employeur refuse toujours d’avancer sur nos demandes. Après les votes de grève, nous avons senti une volonté de négocier de la partie patronale. C’était tout nouveau. On a fixé des séances en comité restreint pour accélérer le processus. Mais, ça n’avance pas assez vite. L’employeur doit comprendre que nous voulons régler maintenant », affirme la présidente du regroupement, Josée Désilets.

Pour une convention collective juste

Les salarié-es souhaitent uniformiser leurs conventions collectives et qu’elles soient appliquées de la même manière dans tous les bureaux. Ils souhaitent normaliser les enjeux suivants : les horaires de travail variables, le télétravail, l’intégration des nouvelles et des nouveaux et la définition des titres d’emploi. En ce moment, ces éléments sont appliqués selon le bon vouloir du directeur local.

Avec cette grève, les syndiqué-es veulent démontrer leur détermination à améliorer leurs conditions de travail.

« Depuis trop longtemps, leurs conditions de travail changent en fonction des régions où ils travaillent. Leur quotidien varie au gré de la volonté du gestionnaire régional. Ils devraient tous évoluer avec les mêmes conditions de travail, peu importe leur port d’attache », déclare Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

Pallier le gel d’embauche

« L’employeur veut mettre en place un bassin de secrétaires pour pallier les absences non remplacées, résultat du gel d’embauche imposé par le gouvernement. Personne ne veut de ce bassin; pas même les avocates et les avocats avec qui les secrétaires travaillent. L’austérité ne doit pas se faire sur le dos du personnel de soutien », croit Caroline Senneville, présidente de la CSN.

 

À propos

Le Regroupement des syndicats du personnel de soutien de l’aide juridique rassemble huit syndicats affiliés à la CSN, qui représentent environ 300 travailleuses et travailleurs dans différentes régions du Québec. Il est affilié à la FEESP–CSN, laquelle regroupe 65 000 membres répartis dans 425 syndicats dans les services publics et parapublics.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Le personnel de soutien de l’Aide juridique adopte un mandat de grève

Les huit syndicats CSN du Regroupement du personnel de soutien de l’Aide juridique se sont dotés d’un mandat de grève de 10 jours avec un appui à 87 %. En négociation depuis deux ans, les travailleuses et les travailleurs en ont assez de la lenteur du processus.

Maintenant que les syndicats ont obtenu un mandat de grève avec une bonne majorité, le comité de négociation syndical s’attend à un changement de ton de la partie patronale lundi à la prochaine séance de négociation. S’il n’y a pas d’avancées significatives de la part de l’employeur, ils sont prêts à déclencher la grève.

Pas d’avancées
En deux ans, il n’y a aucune avancée à la table de négociation. « L’employeur n’a démontré aucune ouverture à nos demandes qui sont pourtant raisonnables. Nous demandons, en gros, que nos conditions de travail soient appliquées équitablement à travers le Québec, et non pas selon le bon vouloir du gestionnaire local. C’est une question de justice. Nous voulons toutes et tous un horaire variable, une politique de télétravail appliquée de la même façon partout, une meilleure intégration des nouveaux salarié-es et la même définition des titres d’emploi partout », déclare Josée Désilets, présidente du regroupement.
Les séances de négociations sont trop peu nombreuses, selon le syndicat. Les travailleuses et les travailleurs se sentent négligés par le Conseil du trésor. Avec ce mandat, ils veulent démontrer leur détermination à améliorer leurs conditions de travail.

Fin de la discrimination
« Parce qu’ils sont des employé-es de bureau, ils n’ont pas les mêmes droits que les avocats. Pourquoi paie-t-on le stationnement des avocats, mais pas celui du personnel de soutien ? Pourquoi donne-t-on une prime d’éloignement aux avocats en région, mais pas au personnel de soutien ? C’est une question de justice et d’équité », croit Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

« À cause du gel d’embauche imposé par le gouvernement du Québec en novembre dernier, l’employeur veut mettre en place un bassin de secrétaires pour pallier les absences non remplacées. Mais personne n’en veut, même pas les avocates et les avocats avec qui elles travaillent. L’austérité ne doit pas se faire sur le dos du personnel de soutien », affirme Caroline Senneville, présidente de la CSN.

Syndicat des travailleuses et travailleurs du commerce | Section Ski Bromont (FC–CSN)

À la suite du dépôt de sa requête en accréditation le 31 juillet dernier, le Syndicat des travailleuses et travailleurs du commerce–CSN a été accrédité pour représenter :

« Tous les salarié-es au sens du Code du travail du département de l’entretien industriel »

Les travailleurs ont choisi de se syndiquer pour se faire respecter, car l’employeur ne respectait pas, dans certains cas, les normes minimales du travail. Leur travail spécialisé mérite d’être reconnu à sa juste valeur. Maintenant, le syndicat est prêt à entamer la négociation pour obtenir des gains substantiels.

Ce nouveau syndicat sera affilié à la Fédération Commerce–CSN, au Conseil central de l’Estrie–CSN et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

Une vaste coalition dénonce l’échec annoncé de la réforme du‬ ‭régime forestier‬ ‭

Une vaste coalition rassemblant‬‭ un large éventail d’acteurs‬‭ de la‬ forêt – groupes environnementaux, organisations syndicales représentant les travailleuses et les travailleurs de‬ la filière forestière québécoise, dont la FIM–CSN, gestionnaires de zecs et de pourvoiries – condamne le‬ projet de loi no 97 déposé par la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Maïté Blanchette Vézina. Les‬ organisations parlent d’une même voix pour dénoncer l’échec annoncé de la réforme du‬ régime forestier si ce projet de loi, longuement attendu, n’est pas revu en profondeur,‬ puisqu’il ne répond ni aux enjeux actuels ni aux défis à venir.‬

Des reculs environnementaux et sociaux‬

‭Les organisations dénoncent d’importants reculs environnementaux et sociaux,‬‭ notamment‬ la concentration du pouvoir décisionnel vers le forestier en chef et les aménagistes‬ forestiers régionaux,‬‭ un zonage qui cède minimalement‬‭ 30 % du territoire forestier public à‬ l’industrie‬, l’abolition des Tables de gestion intégrée‬‭ des ressources et du territoire,‬ l’affaiblissement de la‬‭ définition de l’aménagement‬‭ écosystémique et un flou dans le‬ mécanisme de con‬‭sultation du public et des acteurs‬‭ du milieu.‬La coalition demande à la ministre une réelle modernisation du régime forestier qui assure‬ une foresterie véritablement durable et inclusive au Québec‬‭. Cette réforme doit être‬ impérativement‬‭ couplée à une nouvelle stratégie de‬‭ développement industriel et de transition‬ juste, qui permettront ensemble de diminuer les pressions sur les écosystèmes et les‬ espèces, d’apaiser les conflits avec les autres usagères et usagers de la forêt, de répondre aux menaces‬ tarifaires, d’assurer la pérennité des emplois et d’adapter les forêts à la crise climatique.‬

Absence de véritable dialogue social‬

Les organisations dénoncent aussi un processus opaque ayant mené à la rédaction de ce‬ projet de loi et l’absence d’un véritable dialogue social sur cette importante réforme. Les‬ propositions qui s’y retrouvent n’ont pas fait l’objet d’une consultation de la société civile en‬ bonne et due forme, outre durant des rencontres à huis-clos, liées à des ententes de‬ confidentialité.‬

Sommet sur la forêt le 20 mai prochain : mobilisation pour une vision commune du‬ régime forestier‬

Les organisations estiment que le secteur de la forêt n’a pas besoin d’une réforme‬ polarisante, mais d’un dialogue inclusif pour trouver des solutions durables. C’est pourquoi‬ les organisations syndicales représentant les travailleuses et les travailleurs de la filière forestière québécoise‬ organisent le Sommet sur la forêt, qui se tiendra le 20 mai prochain à Saguenay. Cet‬ événement rassemblera une diversité d’acteurs du milieu forestier désireux de contribuer à‬ l’avancement d’une foresterie durable et équitable, en explorant des alternatives aux enjeux‬‭ actuels et en abordant de manière concrète la question de la transition juste du secteur‬ forestier. Les organisations demandent à la ministre de modifier son projet de loi à la suite‬ des discussions et des propositions qui émaneront de ce sommet.‬

CITATIONS‬

« La réforme proposée ne permettra pas de résoudre la crise économique, sociale et‬ environnementale en forêt. Si le projet de loi 97 n’est pas modifié, cette réforme va attiser la‬ contestation et les tensions sociales, fragiliser davantage les écosystèmes forestiers, rendre‬ nos forêts plus vulnérables aux changements climatiques, nuire à la prévisibilité et précariser‬ les travailleurs, les travailleuses et les communautés qui dépendent d’une forêt en bonne‬ santé »,‬‭ Alice-Anne Simard, directrice générale de‬‭ Nature Québec‬‭.‬

« Dans sa forme actuelle, le projet de loi visant à moderniser le régime forestier est un‬ rendez-vous raté avec la protection du territoire, des écosystèmes et des espèces. C’est le‬ fruit d’un ministère état dans l’état qui impose sa vision industrielle étroite sans véritable‬ égard aux autres missions gouvernementales et autres usagers. Ce nouveau régime‬ contient tous les ingrédients pour nuire à l’acceptabilité sociale, à la pérennité des emplois et‬ à la protection d’une ressource collective chère aux Québécoises et aux Québécois, notre forêt publique »,‬‭ Alain‬ Branchaud, directeur général à la SNAP Québec‬‭.‬

« Face à la crise économique que traverse l’industrie forestière et à la nécessité de‬ préserver les écosystèmes, les travailleurs et travailleuses sont à la recherche de solutions‬ pérennes. Malgré les prétentions de la ministre, ce projet de loi échouera à protéger les‬ emplois tout en attisant les tensions déjà palpables avec de nombreux partenaires du milieu‬ forestier. Les conflits créeront une plus grande imprévisibilité et un environnement d’affaires‬ qui éloignera les investisseurs dont nous avons cruellement besoin. Pour rendre nos emplois‬ durables, nous avons besoin d’un approvisionnement en bois fiable et d’une nouvelle‬ stratégie industrielle pour la filière. Sur ces deux fronts, le projet de loi rate sa cible »,‬‭ Daniel‬ Cloutier, directeur québécois d’Unifor‬‭.‬

« Nous avons participé activement tout au long du processus qui nous laisse profondément‬ déçus du projet de loi visant la réforme du régime forestier. Il doit impérativement faire l’objet‬ de travaux supplémentaires, car il ne répond ni aux attentes ni aux besoins de protection du‬ territoire, de la biodiversité et du développement des activités à plus faible impact‬ environnemental, comme les activités fauniques, récréotouristiques et de villégiature. De‬ surcroît, la vision proposée accentuera les iniquités dans le dialogue social au bénéfice de la‬ productivité ligneuse, tout en mettant en péril la protection de la forêt publique et le‬ développement économique régional durable et moderne »,‬‭ Myriam Bergeron, directrice‬ générale de la Fédération québécoise des gestionnaires de zecs et de la Fédération‬ québécoise pour le saumon atlantique‬‭.‬

« Ça fait des années que le secteur forestier passe d’une insécurité à l’autre, dans l’attente d’une véritable évolution. Les personnes et les communautés qui en vivent ont attendu‬ longtemps, et ce qui est sur la table aujourd’hui reste flou et grandement incomplet.‬ Certaines pistes sont intéressantes, mais leur mise en œuvre soulève encore trop‬ d’inconnus. Ce qu’on a devant nous, ce sont des bases de travaux qui laissent en suspens‬ une foule de questions et d’incertitudes. Ce qu’on souhaite, c’est un régime forestier inclusif,‬‭ capable d’assurer la pérennité des emplois et la vitalité des communautés. Pour y arriver, il‬ faudra sécuriser et impliquer l’ensemble des intervenantes et intervenants, et espérer une écoute réelle lors‬  des études du projet de loi »,‬‭ Luc Vachon, président‬‭ de la Centrale des syndicats‬ démocratiques (CSD)‬‭.‬

‭«Qu’on assure un approvisionnement stable aux entreprises, c’est légitime. Mais le faire‬ sans dialogue réel, sans diversification, sans créer davantage de transformation ici même au‬ Québec, c’est rater une occasion historique. La ministre prétend parler en notre nom, il‬ faudrait qu’elle commence par nous écouter. On ne bâtira pas une foresterie durable en‭ sacrifiant la voix de ceux et celles qui en vivent »,‬‭ Nicolas Lapierre, directeur adjoint,‬ Syndicat des Métallos‬‭.‬

‭« Le gouvernement parle d’aménagement durable, mais oublie des acteurs de première‬ ligne qui aménagent, entretiennent et protègent activement nos forêts publiques depuis des‬ décennies. Nous sommes des passionnés de la forêt, engagés dans nos communautés et‬ avons une vision de développement durable pour nos territoires visités par plus d’un‬ demi-million de Québécoises et de Québécois chaque année. Ce projet de loi nous inquiète par son absence de‬ vision intégrée et de cohérence économique »,‬‭ Dominic‬‭ Dugré, président – directeur‬ général de la Fédération des pourvoiries du Québec.‬

« Pour les travailleuses et les travailleurs, on déplore que le projet‬‭ de loi ne contienne pas de conditions claires‬ pour que les compagnies puissent avoir droit aux volumes de bois de notre forêt publique.‬ Ce bois devrait soutenir le développement des régions, ça devrait être clair, dans la loi, et ne‬ pas dépendre du bon vouloir du ou de la ministre qui sera en place quand un industriel voudra‬ déménager nos jobs. Le projet de loi de la ministre Blanchette Vézina laisse‬ malheureusement 100 % de la planification dans les mains de l’industrie forestière. Dès le‬ rapport Coulombe, qui a suivi le film L’erreur boréale, on savait déjà que c’était une erreur.‬ Ça l’est encore. On s’inquiète aussi de l’aménagement intensif qui est prévu dans le tiers de‬ nos forêts. Ça risque de nous faire perdre la certification environnementale FSC qui est‬ importante pour vendre notre bois, notamment en Europe. Cet aménagement intensif devrait‬ être discuté et planifié, notamment avec celles et ceux qui effectuent le travail et avec les Premières‬ Nations‬»,‬‭ Dominic Tourigny, vice-président de la‬‭ FIM–CSN.‬

À propos‬

Les organisations signataires de ce communiqué comprennent : Nature Québec, Unifor‬ Québec, la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), le Syndicat des Métallos, la‬ Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), la Société pour la nature et les parcs‭ (SNAP Québec), la Fédération québécoise des gestionnaires de zecs, la Fédération des‬ pourvoiries du Québec et la Fédération québécoise pour le saumon atlantique. Ces‬ organisations se rassemblent pour défendre un avenir durable et équitable pour les forêts du‬ Québec, dans le respect des communautés et des écosystèmes.‬

Syndicat des travailleuses d’HPE (FSSS–CSN)

À la suite du dépôt de la requête en accréditation, le 12 février 2025, le Syndicat des Travailleuses d’HPECSN a été accrédité pour représenter :

« Toutes les intervenantes, salariées au sens du Code du travail »

Les travailleuses ont décidé de joindre les rangs de la CSN afin d’être solidaires devant une directrice qui faisait fi de leurs conditions de travail au niveau de plusieurs aspects. Congédiements abusifs, harcèlement psychologique, non-respect de l’ancienneté, menaces envers les travailleuses et disparité de traitement qui ont fait en sorte de les mobiliser pour une démarche en syndicalisation.

Cette démarche de syndicalisation leur permettra d’améliorer leurs conditions de travail et de tendre vers un climat de travail plus respectueux.

Ce nouveau syndicat sera affilié à la Fédération de la Santé et des Services Sociaux, au Conseil central des Syndicats nationaux de l’Estrie et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

Pour que la gratuité, l’accessibilité et l’universalité ne soient pas qu’un poisson d’avril

Si la réforme Dubé est bel et bien engagée, ses promesses semblent avoir été avalées par les flots de cet immense rebrassage de structures. Créature de la CAQ, l’agence de gestion Santé Québec nous montre déjà, après à peine quatre mois, qu’elle est beaucoup plus intéressée à privatiser le réseau public qu’à le décentraliser et en assurer la pérennité. Le cuisinier a beau porter un nouveau chapeau, la recette suivie par l’agence demeure la même : couper dans les budgets des établissements publics pour mieux justifier le détournement des fonds publics vers des soins et services privatisés, avec une marge de profit à la clé.

La Coalition Solidarité Santé (CSS) profite de la période entourant le 1er avril pour alerter les Québécoises et les Québécois à l’urgence d’agir et elle dénonce les fausses promesses faites par le ministre Dubé quant à la réforme en santé et services sociaux. Dans la région, la CSS a fait des visites dans l’ensemble des bureaux des député-es de la région pour dénoncer cette réforme.

« Les décisions de la CAQ en santé et services sociaux n’ont pas amélioré le réseau public, déplorent les porte-paroles de la CSS lors des visites des bureaux des député-es. Force est plutôt de constater une explosion de l’offre de soins et services à but lucratif pendant que le réseau public peine plus que jamais à accomplir sa mission. Après avoir centralisé tous les établissements publics au sein d’une seule entité, Santé Québec, le gouvernement lui donne comme première mission de couper 1,5 milliard $. La réforme Dubé promettait d’améliorer l’accessibilité aux services pour la population : n’était-ce qu’un leurre ? ». Pendant que l’on coupe dans le réseau public, on ouvre les vannes au secteur privé à but lucratif : un non-sens!

« Au coeur de ces services, on trouve des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs dévoués au quotidien qui n’ont aucun mot à dire sur des décisions prises à Québec par une équipe de “top-guns” qui ne connaissent rien à la réalité sur le plancher », enchaîne Véronique Verreault de Solidarité populaire 02 et porte-parole de l’évènement. « Nous pensons que le gouvernement fait fausse route : au contraire, il faut décentraliser la gestion du réseau et fermer la porte à l’expansion du secteur privé ».

« La privatisation du réseau de la santé est la conséquence du désengagement grandissant de l’État envers son filet social. Cela nous fait craindre un délestage supplémentaire vers les organismes communautaires autonomes qui seront encore malheureusement considérés comme de simples prestataires de services, mettant au passage en péril leur autonomie », ajoute Véronique Verreault.

La privatisation et la centralisation accrues du réseau de la santé et des services sociaux pavent la voie à un système de soins inéquitable, coûteux et inefficace, mettant du même coup en péril la gratuité, l’accessibilité et l’universalité des soins et services.

Le SAPSCQ–CSN manifeste au bureau de François Bonnardel

Ce 28 février, les agentes et agents en services correctionnels (ASC) du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ–CSN) ont manifesté devant le bureau de circonscription de François Bonnardel, ministre de la Sécurité publique.

« À notre table de négociation, nous sentons désormais une accélération qui nous mènera éventuellement à un règlement concernant plusieurs enjeux centraux. Toutefois, l’ensemble des clauses à incidences financières est loin d’être réglé. Le ministère de la Sécurité publique répète à qui veut l’entendre qu’il souhaite être un employeur de choix et qu’il veut attirer du personnel et le retenir, mais dans les faits, nous comptons environ 250 postes vacants, plus de 300 agentes et agents en arrêt de travail pour diverses raisons – ce qui représente plus de 20 % de nos effectifs –, et une centaine de démissions en moyenne chaque année. Pour arrêter cet exode, le gouvernement doit impérativement offrir des conditions à la hauteur des exigences de notre travail », explique Mathieu Lavoie, président du SAPSCQ–CSN.

« Le SAPSCQ–CSN souhaite toujours une solution durable aux problèmes récurrents causés par le temps supplémentaire obligatoire (TSO). Il revendique également des ressources et des mesures concrètes pour soutenir véritablement la santé psychologique des ASC. Aussi, il veut la réelle intégration des chefs d’équipe, un gain de notre dernière négociation. Ce sujet s’ajoute aux clauses à incidences financières », souligne Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN.

« La hausse de la violence, des livraisons par drone, de l’intimidation et des agressions impose un climat de travail extrêmement exigeant pour les ASC. Le nombre d’arrêts de travail a atteint un sommet et le soutien psychologique est totalement inadéquat. Ce 1er mars, nous entrons dans le mois qui marquera la seconde année sans contrat de travail. Nous nous attendons donc à davantage de leadership de la part du MSP afin d’en arriver le plus rapidement possible à des solutions durables et à une entente de principe répondant aux enjeux soulevés par le syndicat », conclut Steve McKay, secrétaire général du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN.

À propos

Le SAPSCQ–CSN est un syndicat autonome affilié à la FEESP–CSN et à la CSN depuis 2006. Il représente plus de 2800 agentes et agents de la paix en services correctionnels répartis dans 18 établissements de détention partout au Québec. La FEESP–CSN compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres qui œuvrent dans le domaine des services publics et parapublics.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Le prix Pierre-Vadeboncoeur est remis aux chercheures Julia Posca et Anne Plourde

Le jury du prix Pierre-Vadeboncoeur a décerné le prix de l’édition 2024 à deux chercheures, mesdames Julia Posca et Anne Plourde, qui abordent dans leurs essais des questions qui sont en phase avec les conditions de travail des travailleuses et des travailleurs de même que les risques courus par le régime public en santé.

Créé en 2011 et décerné par la Confédération des syndicats nationaux (CSN), ce prix est doté d’une bourse de 5000 $, une somme que chacune des autrices recevra. La centrale syndicale québécoise a voulu ainsi rendre hommage à Pierre Vadeboncoeur, qui y a milité durant 25 ans et qui est considéré comme l’un des plus importants essayistes québécois. Les lauréates reçoivent leurs prix à l’occasion du Conseil confédéral qui se réunira à Rivière-du-Loup le 4 décembre. C’est la secrétaire générale Nathalie Arguin qui remettra les prix aux lauréates. Le conseil rassemble environ 200 délégué-es des fédérations et des conseils centraux affiliés à la CSN

Ce prix souligne la qualité d’un essai produit par une autrice ou un auteur québécois et édité par une maison d’édition québécoise. Une quinzaine de maisons ont soumis plus d’une cinquantaine d’essais cette année.

Le jury, composé de l’ex-présidente de la CSN Claudette Carbonneau, de Catherine Ladouceur, professeure de littérature française au Cégep de Sherbrooke et de Dahlia Namian, professeure à l’Université d’Ottawa et lauréate de l’édition 2023, a voulu de la sorte récompenser les autrices dont les œuvres se révèleront très utiles pour l’action syndicale et la défense du modèle québécois en santé.

Dans son essai Travailler moins ne suffit pas, madame Julia Posca soulève avec une grande clarté un ensemble de questions touchant le monde du travail : temps supplémentaire, cumul d’emplois, conciliation travail-famille. Elle pose finalement le constat suivant : il ne suffit pas de travailler moins pour retrouver un équilibre de vie. C’est, en quelque sorte, toute l’organisation du travail qui est remise en cause.

De son côté, madame Anne Plourde, dans son essai Santé inc., déconstruit de façon magistrale tous les mythes sur lesquels on construit l’idée que le privé, même à titre complémentaire, serait une option acceptable pour offrir des soins à la population. Il est urgent, à son avis, de déprivatiser le système de santé. La CSN a justement lancé cet automne une vaste campagne de mobilisation sur le thème Pas de profit sur la maladie. Plusieurs milliers de militantes et de militants se sont d’ailleurs réunis à Trois-Rivières pour appuyer ce mouvement.

Ces deux essais ont été publiés chez Écosociété.

Une mention spéciale a été accordée à Ordures ! Journal d’un vidangeur, de Simon Paré-Poupart paru chez Lux éditeur.

Depuis sa création, le prix Pierre-Vadeboncoeur a été décerné à huit essais écrits par des autrices et à sept essais écrits par des auteurs.

La CSN salue le plan de Québec pour un meilleur accès à l’avortement

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) accueille favorablement le plan d’action gouvernemental sur l’accès à l’avortement de la ministre responsable de la Condition féminine, Mme Martine Biron, qui vise à protéger le droit à l’avortement des Québécoises. Ce plan, qui comprend 28 mesures, a officiellement été lancé à 10 h ce matin.

Le Comité de la condition féminine de la CSN a toujours milité, entre autres, pour que les femmes aient le plein contrôle de leur corps. « À cet égard, les militantes de la condition féminine de la centrale syndicale manifestent depuis longtemps pour une plus grande accessibilité à l’avortement et à des méthodes abortives, partout en province. La CSN appuiera certainement les mesures du plan de la ministre Biron qui visent à améliorer et diversifier de tels soins en région », confirme Mme Caroline Senneville, présidente de la CSN.

Les principaux objectifs du plan de Mme Biron, dont l’optimisation de l’accès à l’avortement à l’extérieur de Montréal, la lutte contre la désinformation entourant l’avortement, l’amélioration de l’information au sujet de la contraception et la bonification de la recherche dans le secteur, sont bien entendu encouragés par la CSN et toutes ses constituantes.

Dans le contexte politique actuel des États-Unis, la CSN est rassurée que des mesures concrètes soient mises en place pour éviter que l’accès à l’avortement soit ici menacé. « Le Québec, tout comme le reste du Canada, n’est pas à l’abri de dérapages politiques en matière d’avortement. Nous devons à tout prix protéger ce droit fondamental et inconditionnel des femmes de pouvoir disposer librement de leur corps », conclut Mme Senneville. 

À propos
Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 1600 syndicats et regroupe quelque 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

La CSN se mobilise pour un réseau de la santé public à Sherbrooke

Des dizaines de militantes et de militants de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) se sont rassemblés devant le Centre de réadaptation de l’Estrie, rue King à Sherbrooke. Ces derniers manifestaient contre la privatisation croissante du réseau de la santé, mais également contre les retards de versement en lien avec le non-respect de la nouvelle convention collective. Les retards de paiement touchent également l’équité salariale que plusieurs titres d’emploi attendent depuis maintenant 14 ans.

« Depuis quelques années, la santé est devenue une vraie business. Partout au Québec, des entrepreneurs cherchent le meilleur modèle d’affaires pour s’enrichir grâce à la maladie. Ça ne peut pas durer. Pour la CSN, c’est clair que notre réseau de soins doit être public, accessible et gratuit », explique Katia Lelièvre, vice-présidente de la CSN.

Mardi matin, un nouveau sondage Léger paru dans les médias confirmait les craintes de la CSN : on a de plus en plus recours au privé dans le domaine de la santé tandis que l’accessibilité aux soins décroît. En effet, 43 % des Québécoises et des Québécois affirment s’être privés de soins de santé au cours de la dernière année, faute d’accès.

«On na pas d’autre choix que de faire un constat d’échec face à la stratégie du gouvernement. Actuellement, les gens sont forcés de faire des choix qui n’ont pas de bons sens. On ne peut pas demander au monde de faire des compromis sur leur santé», ajoute Denis Beaudin, président du Conseil central de l’Estrie–CSN.

Témoins de la première heure de cette privatisation, les travailleuses et les travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux doivent aussi faire face au gel d’embauche récemment annoncé par le ministère de la Santé.

« Ça ne va qu’accentuer les problèmes que nous vivons déjà. Pensons entre autres à l’entretien de nos systèmes informatiques ou au service des archives qui seront touchés. Ces travailleuses et travailleurs sont pourtant essentiels au bon fonctionnement du réseau»,explique Jonathan Tétreault, président du syndicat du personnel administratif du CIUSSS de l’Estrie–CHUS, représenté par la CSN.

« Ce gel d’embauche a déjà des impacts sur les travailleuses et les travailleurs, mais aussi sur les patients et patientes.  De plus, le gouvernement fait montre d’un manque de considération incroyable envers les travailleuses en ne respectant pas ses engagements en lien avec le paiement de l’équité salariale et de certaines primes. Les travailleuses sont en colère et de plus en plus pensent à quitter le réseau. C’est encore le privé qui en sortira gagnant, ça ne peut plus durer », ajoute Réjean Leclerc, président de la Fédération de la santé et des services sociauxCSN.

Depuis quelques mois, la CSN sorganise partout à travers le Québec sous le signe de la campagne Pour un réseau vraiment public! Elle lance cet automne une campagne d’affichage publicitaire ayant comme slogan «Pas de profit sur la maladie» qui invite les Québécoises et les Québécois à joindre leurs voix à la lutte pour un réseau vraiment public et à visiter le site vraimentpublic.org.

Manoir Sherbrooke : Rejet de la dernière offre patronale à 98 %

Réunis en assemblée générale, les travailleuses et travailleurs des Résidences Soleil Manoir Sherbrooke ont rejeté dans une proportion de 98 % la dernière offre patronale. En négociation depuis plusieurs mois afin de renouveler leur contrat de travail, les membres du syndicat n’ont pu que constater que cette offre n’était pas à la hauteur de leurs attentes. « Bien que l’employeur reconnaisse le dévouement de ces travailleuses et travailleurs, ainsi que leur apport inestimable au bien-être des résidentes et des résidents, l’offre présentée est loin d’être à la hauteur de ce discours », estime Lucie Longchamps, vice-présidente et responsable des secteurs parapublics et privés à la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN. « L’employeur devra démontrer une véritable ouverture, notamment sur les clauses salariales, s’il espère en arriver bientôt à une entente », poursuit-elle. En effet, même si les parties se sont entendues sur la grande majorité des clauses normatives, des enjeux importants demeurent dans l’offre qui a été présentée cette semaine :

  • Hausses annuelles de salaires inférieures à 3 % après la première année;
  • Offres salariales à l’entrée en poste à peine plus compétitives que le salaire minimum;
  • Salaire minimum qui augmente en moyenne plus rapidement que les hausses de salaire offertes par l’employeur;
  • Disparités importantes dans les augmentations de salaire offertes la première année, selon les postes occupés et les échelles salariales.

« À titre d’exemple, une personne occupant un poste de cuisinier recevrait, à l’entrée en poste, une augmentation de 1,50 $ la première année, alors qu’une cuisinière en poste comptant plus de quinze ans d’expérience, recevrait 0,60 $ d’augmentation à la première année du contrat de travail. Pour une préposée au bénéficiaires, l’augmentation au premier échelon serait de 1,50 $, alors qu’elle serait de 1,39 $ au cinquième échelon. Plusieurs travailleuses et travailleurs comptent de nombreuses années de service aux Résidences Soleil Manoir Sherbrooke. Est-ce ainsi qu’on les remercie ? » demande Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicat nationaux de l’Estrie–CSN. « De plus, alors que le personnel est sans contrat de travail depuis près d’un an, l’employeur refuse de payer l’entièreté de la hausse de salaire qui aurait été accordée si une nouvelle convention collective était en vigueur. Il se contente d’offrir 85 % de rétroactivité. Cela est tout simplement inacceptable alors que ces heures ont été dûment travaillées », ajoute madame Longchamps.

Encore une fois, les travailleuses et travailleurs des Résidences Soleil Manoir Sherbrooke ne peuvent que constater que l’employeur ne semble pas saisir toute l’importance des services qu’ils rendent aux résidentes et aux résidents et à leurs familles. Le roulement de personnel, les lacunes en ce qui concerne la formation, le recours aux agences privées pour combler les postes non comblés et le recours au prêt-à-manger pour combler le manque de personnel en cuisine, illustrent bien les conséquences du refus de l’employeur d’accorder des conditions décentes à ses employé-es. C’est dans ce contexte que les membres du syndicat, réunis en assemblée, ont voulu envoyer un message sans équivoque à la partie patronale.

À propos

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie–CSN – Section Manoir Sherbrooke est appuyé par la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), qui compte plus de 145 000 membres dans les secteurs public, parapublic et privé, partout au Québec. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux. La FSSS–CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

Le Syndicat est également appuyé par le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN (CCSNE). Celui-ci représente 12 500 travailleuses et travailleurs syndiqués, sur tout le territoire de l’Estrie et dans l’ensemble des secteurs d’activité.

Les ASC revendiquent un programme d’aide spécialisé

Lors d’une manifestation qui s’est tenue à Granby le 21 octobre, le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ–CSN) a revendiqué un programme d’aide professionnel spécialisé pour les agents en service correctionnels (ASC).

« En cette Semaine nationale de la santé et de la sécurité du travail, nous sommes ici afin de revendiquer de meilleurs soutien et accompagnement en matière de santé mentale qui sont adaptés à la réalité de notre profession. Dans le cadre de notre travail, nous faisons face à des événements violents qui peuvent causer de graves lésions tant sur les plans physique que psychologique. Le soutien que nous recevons n’est pas adapté à nos besoins précis. Puisque le ministère de la Sécurité publique n’applique pas le principe de prévention dans nos milieux de travail, ça nous oblige à travailler uniquement en réparation. Et en réparation, on nous reçoit comme tout autre fonctionnaire provincial, sans que notre réalité en milieu carcéral ne soit tenue en compte, ce qui n’a pas de sens », explique Mylaine Bolduc Lemieux, vice-présidente du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec–CSN.

« Nous sommes ici afin d’interpeller François Bonnardel, ministre de la Sécurité publique du Québec, sur cet important enjeu qui est justement abordé aujourd’hui même à la table de négociation du SAPSCQ–CSN. En matière de santé et sécurité du travail (SST), la santé mentale touche de plus en plus de gens, et ce, dans tous les milieux de travail. Conséquemment, les syndicats doivent se mobiliser et négocier des mécanismes conformes à leurs besoins avec leur employeur afin de vraiment protéger tout le monde », ajoute Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN.

« La CSN a toujours soutenu ses syndicats pour rappeler aux employeurs l’importance de la SST. Trop souvent, les problèmes vécus par les travailleuses et les travailleurs découlent d’un manque de considération de certains gestionnaires, ce qui est le cas pour les ASC. Nous pressons donc le ministère de la Sécurité publique de tenir compte de la réalité particulière en milieu carcéral et de répondre favorablement aux revendications qui sont portées ici aujourd’hui par le SAPSCQ–CSN », conclut Caroline Senneville, présidente de la Confédération des syndicats nationaux.

À propos

Le SAPSCQ–CSN est un syndicat autonome affilié à la FEESP–CSN et à la CSN depuis 2006. Il représente plus de 2800 agentes et agents de la paix en services correctionnels répartis dans 18 établissements de détention partout au Québec. La FEESP–CSN compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres qui œuvrent dans le domaine des services publics et parapublics.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

 

 

 

Trêve médiatique et reprise sérieuse de la négociation au Zoo de Granby

L’employeur et les syndiqué-es du Zoo de Granby ont convenu d’une trêve médiatique pour les deux prochaines semaines, afin de laisser place à la négociation.

Ainsi, malgré les nombreuses demandes qui ne sont toujours pas réglées, les parties conviennent de mettre tous les efforts nécessaires dans leurs échanges afin de trouver des solutions.

Après une rencontre entre le président du syndicat et le président du conseil d’administration du Zoo de Granby, le 7 octobre dernier, les deux parties conviennent qu’il est dans leur intérêt de tenter de trouver un terrain d’entente dès que possible et de pouvoir ainsi mettre fin au conflit de travail.

Aucune entrevue ne sera accordée de part et d’autre ; seules les dates de négociation seront communiquées, une fois que celles-ci auront été confirmées par le service de conciliation au dossier.

Une cinquième entente adoptée

Les règlements s’enchaînent dans l’hôtellerie, alors qu’une cinquième entente a été adoptée à l’Hôtel Faubourg de Montréal. Ces ententes, qui sont acceptées en moyenne à 93%, comprennent de nombreux gains pour améliorer les salaires et les conditions de travail.Lire la suite →

Le syndicat accepte la dernière offre patronale

Ce mardi 1er octobre en après-midi, le Syndicat des travailleuses et travailleurs du transport scolaire des Autobus des Cantons–CSN a accepté à 76 %, par scrutin secret, l’offre de Sogesco déposée le même jour. Le transport scolaire reprendra dès le 7 octobre prochain.

« Après plus de trois mois de lock-out et de grève, le syndicat a finalement accepté une offre bonifiée de l’employeur. Le taux horaire passera de 25,65 $ à 28,46 $ l’heure à la signature de l’offre, ce qui représente une augmentation de 14,85 %. L’augmentation totale atteint environ 20 % sur la durée de cinq ans du nouveau contrat de travail. Étant donné la nouvelle perte potentielle de circuits, les membres se sont ralliés majoritairement au règlement », déclare Carole Laplante, présidente du secteur transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

« Je salue la détermination des membres du syndicat qui ont mené une lutte exemplaire dans une négociation très difficile, ajoute Josée Dubé, vice-présidente de la FEESP–CSN. Se tenir debout et se battre contre de grandes entreprises, surtout lorsque le gouvernement fait la sourde oreille et fait fi de leurs revendications légitimes, ce n’est jamais facile et je les félicite pour leur vaillant combat. »

À propos

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs du transport scolaire des Autobus des Cantons–CSN rassemble environ 60 membres et est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN). La FEESP–CSN compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 120 syndicats sur une base régionale.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Le Zoo de Granby est une jungle pour ses employé-es

Le Zoo de Granby est une institution qui fait connaître sa ville partout au Québec et même au-delà. Mais la direction actuelle n’est pas à la hauteur de cette bonne réputation et gère le zoo en manquant de respect à ses employé-es, comme si c’était le dernier des fast-food. Il s’agit pourtant d’un OSBL syndiqué !

À titre d’exemple, le directeur général n’a pas daigné se présenter à la dernière séance de négociation du 24 septembre, alors qu’il était pourtant attendu à cette rencontre qui se déroulait en présence du conciliateur du ministère du Travail. Les négociateurs du zoo, qui étaient tout de même sur place, n’ont pas permis à la négociation d’avancer d’un pouce. Nous ne sommes même pas encore rendus au volet salarial après quasiment deux mois de lock-out et 35 séances de négociation depuis février !

 

Manque de respect

Ce dernier événement fait malheureusement partie d’une culture de manque de respect qui est systémique au zoo. Les syndiqué-es mis à la rue par l’employeur depuis le 29 juillet dernier rapportent qu’un cadre traite souvent des employé-es de « pelleteux de marde » ; d’autres patrons menacent les employé-es trop critiques de se faire changer de secteur, alors qu’ils sont attachés aux animaux de leur secteur. Des syndiqué-es ont aussi témoigné du non-respect, par des cadres, des règles de santé et de sécurité auprès des employé-es donnant les soins aux rhinocéros. Des visites surprises, sans s’annoncer, auraient pu les mettre en danger !

De façon plus générale, la période de probation peut s’étirer de telle sorte que certains sont maintenus sur des statuts d’emploi temporaire, pendant parfois plus de cinq ans. La convention collective actuelle maintient la précarité de plusieurs façons, notamment en multipliant les statuts d’emplois distincts où il est plus difficile, voire impossible d’obtenir sa permanence. Le syndicat constate aussi l’emploi excessif de sous-traitants (encore plus pendant le lock-out actuel), qui coûte pourtant cher à l’OSBL. Le zoo n’a d’ailleurs pas fermé ses portes durant ce lock-out, alors que seuls les cadres sont censés travailler.

« Il est totalement inacceptable qu’un OSBL manque autant de respect à ses employé-es. Le zoo devrait bien traiter ses humains », ironise Alexandre Laviolette, président de la Fédération du commerce–CSN. Ce dernier s’exprime au nom des 130 membres du Syndicat national des salarié-es de la Société zoologique de Granby–CSN.

Le directeur du zoo, Paul Gosselin, ne semble d’ailleurs pas craindre de perdre l’expertise de ses employé-es. Il a affirmé récemment à des travailleuses et des travailleurs en lock-out qu’il allait « en retrouver des bons » lorsqu’on lui mentionnait que plusieurs membres mis en lock-out risquent de se trouver des emplois ailleurs si une entente satisfaisante n’intervient pas rapidement à la table de négociation.

 

Bien-être animal

Malgré tout ce qui précède, le syndicat a toujours eu une attitude responsable envers le bien-être animal. Le zoo fait d’ailleurs partie de l’Association of Zoos & Aquariums (AZA), qui fixe des standards en matière de traitement des animaux. Un comité de bien-être animal est en place depuis le début du conflit pour répondre aux questions des cadres remplaçants. Malgré le lock-out, les soins aux éléphants sont toujours assurés par les membres du syndicat. Cette tâche requiert une bonne connaissance des animaux du zoo.

Jusqu’à récemment, le zoo ne fournissait même pas d’espace de stationnement aux employé-es responsables des éléphants. C’est une intervention de la CSN qui a permis de leur obtenir cet espace, par le biais d’une ordonnance du tribunal.

 

À propos

Le Syndicat national des salarié-es de la Société zoologique de Granby–CSN, section maintenance et gardiens, représente environ 130 membres, dont des techniciennes et des techniciens vétérinaires et en soins animaliers, des naturalistes-interprètes, des mécaniciens, des menuisiers ainsi que des membres du personnel administratif du Zoo de Granby.

La Fédération du commerce–CSN compte plus de 325 syndicats affiliés représentant 30 000 membres œuvrant dans le domaine privé. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 120 syndicats sur une base régionale.

 

Une première entente de principe qui trace la voie au Hilton Laval

Après des mois de mobilisation exemplaire des salarié-es, une première entente est adoptée dans la 11e ronde de négociation coordonnée de l’hôtellerie. Rassemblés en assemblée générale le 23 septembre, les salarié-es du Hilton Laval ont voté à 89% en faveur de l’entente de principe intervenue le 20 septembre dernier.Lire la suite →

Grève partielle reportée chez Autobus Coaticook

Réunis en assemblée générale le vendredi 20 septembre au soir dernier, les membres de l’une des deux unités du Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Autobus Coaticook–CSN ont adopté à 75 %, par voie de scrutin secret, l’entente de principe intervenue le jour même avec leur employeur. Pour leur part, les salarié-es de l’unité conduisant des berlines ont rejeté la seconde entente à l’unanimité. Les membres ont toutefois accepté de reporter leur grève générale illimitée du lundi 23 septembre afin de laisser place à l’obtention d’une nouvelle entente.

« Le nouveau contrat de travail qui a été adopté touche seulement les chauffeuses et les chauffeurs qui conduisent les autobus réguliers. D’une durée de cinq ans et rétroactif au 1er juillet 2023, celui-ci prévoit des augmentations salariales d’environ 19 % au total, faisant passer le taux horaire de 26,32 à 31,26 $. D’autres dispositions prévoient une banque de 50 heures de libérations, le paiement de la journée d’accueil en début d’année scolaire et une bonification de 1 % des vacances annuelles après 15 ans de service, lesquelles s’élèvent maintenant à 10 % », explique Josée Dubé, vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN.

« Pour les conductrices et les conducteurs de berlines, la bonification des conditions salariales de l’entente était simplement insuffisante. L’employeur a proposé une bonification du revenu moyen actuel, qui est d’environ 10 200 $, ramenant celui-ci à environ 11 700 $ au premier juillet 2024. La situation actuelle est délicate et il faudra que les parties trouvent une voie de passage le plus tôt possible pour que le service des berlines adapté à des élèves qui ont des besoins particuliers puisse être maintenu », souligne Steeve McKay, secrétaire général du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN.

À propos

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Autobus Coaticook–CSN rassemble environ 30 membres dans deux unités qui sont affiliées à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN). La FEESP–CSN compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 120 syndicats sur une base régionale.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

La mobilisation monte d’un cran dans l’hôtellerie

Plusieurs avancées se font aux tables et la mobilisation s’accentue dans la négociation coordonnée de l’hôtellerie alors que plus de 1000 travailleuses et travailleurs sont en conflit. Pour arriver rapidement à des ententes, les hôteliers doivent en mettre plus sur la table.

Les salarié-es de l’Hôtel PUR de Québec et du Bonaventure de Montréal ont déclenché des grèves générales illimitées, respectivement vendredi et dimanche derniers. Les travailleuses et les travailleurs du Reine Elizabeth ont déclenché une nouvelle grève surprise le 19 septembre. Les salarié-es du Hilton Laval sont en grève les 19 et 20 septembre. De leur côté, les syndiqué-es du Marriott Château Champlain ont été mis en lock-out par leur employeur jusqu’au 1er octobre prochain et se feront entendre d’ici à leur retour au travail.

Loin de s’essouffler, le mouvement de grève prend de l’ampleur dans la 11e ronde de négociation coordonnée de l’hôtellerie CSN, qui regroupe cette année 30 hôtels québécois et plus de 3500 travailleuses et travailleurs. Si plusieurs des demandes communes sont réglées à certaines tables de négociation, le salaire reste l’enjeu central à arracher.

« Le mouvement de grève fait progresser les négociations aux différentes tables. On commence à sentir que le fruit est mûr à certains endroits et c’est pour ça qu’il faut continuer de maintenir la pression sur les hôteliers : pour obtenir des ententes le plus rapidement possible », explique Michel Valiquette, responsable du secteur de l’hôtellerie et trésorier de la Fédération du commerce (FC–CSN).

À propos du secteur de l’hôtellerie de la CSN

La 11e ronde de négociation coordonnée regroupe plus de 3 500 travailleuses et travailleurs issus de 30 syndicats de l’hôtellerie des régions de la Capitale-Nationale, de l’Estrie, du Saguenay–Lac-Saint-Jean et du Grand Montréal. Ces syndicats portent une plateforme de demandes communes qu’ils ont le mandat de négocier avec leurs employeurs respectifs.

Fondée en 1921, la CSN est la première grande centrale syndicale québécoise. Composée de plus de 1 600 syndicats, elle défend près de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis dans huit fédérations ainsi que dans treize conseils centraux régionaux, principalement sur le territoire du Québec. La CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise.

L’antisyndicalisme de Sogesco ne brisera pas le syndicat

Transport scolaire Sogesco utilise à nouveau des manœuvres antisyndicales contrevenant au Code du travail. Pour le syndicat, il est clair que l’entreprise procède de la sorte afin de briser la solidarité de ses membres et de leur imposer un règlement nettement insuffisant. Réunis devant le bureau de circonscription de Geneviève Hébert, députée de Saint-François, des représentantes et représentants de la CSN ont de nouveau interpellé le gouvernement de la CAQ, qui brille par son inaction dans ce conflit.

« Encore une fois et toujours en claire contravention des dispositions du Code du travail, Sogesco négocie sur la place publique, puis contacte directement les membres du syndicat dans le but de semer la confusion et la division. Alors qu’ils sont en grève générale illimitée, l’employeur les rappelle au travail afin de procéder au partage des routes restantes, à la suite de la perte de cinq circuits la semaine dernière, dénonce Josée Dubé, vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN. Sogesco ne semble pas comprendre que ses salarié-es sont plus que jamais déterminés à aller chercher la juste part que l’entreprise se met dans les poches, et ce, depuis l’automne 2022. La dernière offre de l’employeur ferait passer le salaire annuel des chauffeuses et des chauffeurs de 23 000 à 25 500 $, alors qu’il a reçu environ 1 million $ de bonification sur la totalité de ses contrats depuis l’automne 2022, soit environ 17 600 $ par circuit. On le répète : l’argent est là et Sogesco devra offrir de meilleures conditions de travail pour contrer les bris de service qu’elle impose à la population. »

« Nous pensions que Sogesco avait touché le fond, mais nous avons sous-estimé son arrogance et sa condescendance. La façon dont l’entreprise multimillionnaire traite ses salarié-es, les élèves et les parents dépasse l’entendement. Aveuglée par ses profits, elle ne pense pas un seul instant à l’éventuelle fin du conflit, moment où il lui faudra tenter de revenir à une certaine paix industrielle pour mener à bien sa mission, ajoute Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN. L’entreprise est la championne québécoise des bris de service en raison de son refus obstiné d’offrir à son monde une part de l’argent pourtant reçu du gouvernement. Avec une pareille attitude envers les chauffeuses et les chauffeurs, nous sommes certains que ses problèmes d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre vont perdurer, ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour les élèves et les parents de la région sherbrookoise, ni pour les autres régions où Sogesco mène ses affaires. »

Par ailleurs, l’IRIS vient de dévoiler une étude soulignant clairement que le rendement moyen de Sogesco se chiffre à 15,5 % de 2014 à 2023, soit à près du double de ce que la firme Deloitte estime raisonnable. Ce cabinet-conseil, plus près des patrons que des syndicats, juge qu’un rendement moyen de 8 % avant impôt est de mise dans ce secteur sans risque, où le financement public est garanti.

« La CAQ a allongé 130 millions $ aux transporteurs scolaires sans les obliger à remettre une part de cet argent aux personnes qui les enrichissent. Nos taxes et impôts financent à 100 % ce rendement de près du double, alors que la prestation de services de l’employeur est très loin d’être à la hauteur. L’attitude des patrons de Sogesco, qui s’en sont mis plein les poches avec cet argent public, fait aussi de l’entreprise la championne des conflits de travail dans ses négociations. Rien que pour l’année 2023-2024, sur 32 négociations pour autant de syndicats, 30 de ceux-ci se sont dotés d’un mandat de grève et 19 l’ont exercée, provoquant les bris de service que nous connaissons. Alors que nous réglons plus de 95 % de nos négociations sans avoir recours à la grève, ici, près de 60 % des syndicats ont déclenché un arrêt de travail. Ajoutons que près de 50 % de ces jours de grève ont été exercés chez Sogesco. L’attitude honteuse du transporteur doit changer s’il veut garder le peu de crédibilité qu’il lui reste! Le gouvernement doit le rappeler à l’ordre pour que l’argent versé se rende dans les poches des salarié-es », conclut Katia Lelièvre, vice-présidente de la CSN.

À propos

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs du transport scolaire des Autobus des Cantons–CSN rassemble environ 60 membres et est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN). La FEESP–CSN compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 120 syndicats sur une base régionale.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Entente intervenue aux Aliments Ultima (bientôt Lactalis Canada – usine de Granby)

Le samedi, 7 septembre 2024, les membres du Syndicat des travailleurs(euses) d’aliments Ultima inc. (CSN) ont entériné leur nouvelle convention collective à 97 %, après plusieurs mois de négociation.

Le syndicat a réussi à obtenir des gains majeurs, et cela, sans conflit de travail. La mobilisation des membres du syndicat était au rendez-vous et l’employeur a compris qu’il devait entendre nos revendications. La négociation n’a pas été simple, mais les parties ont su se comprendre.

Le syndicat tient à remercier ses membres pour leur appui inconditionnel et leur solidarité. Les gains de cette négociation sont le résultat de la solidarité syndicale. Le syndicat a obtenu des gains financiers importants avec une augmentation moyenne de 20,25 % sur 4 ans. Les primes de nuit passeront de 0,80 $ l’heure à 2,50 $ l’heure et les primes de soir de 0,65 $ à 1,25 $ l’heure. À l’échéance de la convention, le salaire moyen des opérateurs de l’usine sera de 40 $ l’heure.

En plus des augmentations salariales, les salaires des gens de l’entretien et des technologues sont ajustés afin d’être compétitifs. La convention collective sera d’une durée de 4 ans. Malgré les nombreuses demandes de l’employeur, cette entente a été obtenue sans perte d’acquis et elle permettra à l’usine de Granby de rester un leader de la région avec des conditions de travail enviable.

 

À propos

Le Syndicat des travailleurs(euses) d’aliments Ultima inc. (CSN) compte environ 250 membres. Il est affilié à la Confédération des syndicats nationaux, à la Fédération du commerce (FC–CSN), ainsi qu’au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN (CCSNE–CSN) regroupant environ 12 500 membres sur le territoire de l’Estrie.

Sogesco : un employeur qui négocie sous la menace

Après avoir eu recours à des menaces de lock-out en juin dernier, voilà maintenant que Transport scolaire Sogesco utilise les menaces de pertes de circuits envers le Syndicat des travailleuses et travailleurs du transport scolaire des Autobus des Cantons–CSN afin d’imposer un règlement nettement insuffisant à ses membres.

« Pour nous, Sogesco poursuit sa stratégie visant à appauvrir durablement ses salarié-es. Ces menaces ont été formulées dans deux courriels envoyés à chaque salarié-e, en dehors de la table de négociation, ce qui constitue une infraction flagrante au Code du travail. À cet égard, le syndicat déposera, ce jour même, une plainte au Tribunal administratif du travail pour ingérence dans les affaires du syndicat, déclare Carole Laplante, présidente du secteur transport scolaire. Sogesco est la championne québécoise des bris de service et il est clair que ses problèmes d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre à cause des bas salaires offerts vont perdurer avec une pareille attitude ».

À la suite d’une mise en demeure du Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSSRS) liée aux bris de service actuels, Sogesco pourrait perdre des routes scolaires, menaces qui ont été directement envoyées aux salarié-es, par courriels, la semaine dernière.

« Le mépris de Sogesco envers ses salarié-es et envers les élèves et les parents est incroyable et sans limite. L’IRIS vient de dévoiler une étude qui souligne clairement leur rendement moyen de 15,5 % de 2014 à 2023, soit près du double de ce que Deloitte estime raisonnable : le cabinet conseil, loin des luttes syndicales, juge qu’un rendement moyen de 8 % avant impôt est de mise dans ce secteur où le financement public est garanti. Nous finançons donc collectivement ce rendement de près du double, à 100 % par nos taxes, sans aucun risque de leur part, avec les bris de service en prime puisque Sogesco est aussi la championne des conflits de travail dans ses négociations », ajoute Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN.

Rappelons que le 21 juin 2024, dernier jour du calendrier scolaire, à la suite du rejet à 98 % d’offres jugées insuffisantes, Sogesco a lancé la menace d’un lock-out puis l’a déclenché, manœuvre qui a privé l’ensemble de ses salarié-es d’assurance-chômage pour la période estivale.

« Depuis l’automne 2022, Sogesco reçoit environ 25 % de plus sur chaque contrat signé avec le CSSRS, ce qui gonfle considérablement ses revenus. Le gouvernement l’a dit plus d’une fois, une part de cet argent doit aller aux chauffeuses et chauffeurs afin de garantir le service aux élèves et aux parents. Pour leur part, dès 2022, la haute direction de Sogesco a touché des augmentations de 114 907 $, de 114 770 $ et de 66 187 $, ce qui a porté les salaires annuels des deux plus hauts dirigeants à plus d’un demi-million de dollars. Leur attitude est donc d’autant plus méprisante qu’avec cet argent public, Sogesco a grassement enrichit ses dirigeants, tout en offrant des miettes à celle et ceux qui les enrichissent », conclut Josée Dubé, vice-présidente de la FEESP–CSN.

À propos

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs du transport scolaire des Autobus des Cantons–CSN rassemble environ 60 membres et est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics–CSN (FEESP–CSN). La FEESP–CSN compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 120 syndicats sur une base régionale.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Négociations dans l’hôtellerie : la CSN promet un automne chaud

Pour la deuxième fois ce mois-ci, 2 600 travailleuses et travailleurs débraient pour une journée de grève nationale dans les régions de Montréal, Québec et Sherbrooke. Les perturbations surprises affectent la dernière longue fin de semaine de l’été.

« Nous espérions ne pas en venir là, mais la situation l’oblige. Nous sommes témoins d’une tentative patronale de casser le mouvement de mobilisation que les travailleuses et les travailleurs de l’hôtellerie ont bâti depuis quelques mois », explique David Bergeron-Cyr, vice-président de la CSN.

Cette semaine seulement, trois hôtels montréalais ont été mis en lockout, soit l’Hôtel Bonaventure, l’Hôtel Marriott Château Champlain et le Double Tree by Hilton Montréal. La journée de grève fait suite à celle tenue le 8 août dernier par les travailleuses et les travailleurs de l’industrie hôtellerie.

« Plutôt que mettre des efforts à négocier, les employeurs préfèrent fermer des services comme le restaurant de l’hôtel, offrir des gratuités aux clients insatisfaits, bloquer les réservations de chambres et se priver ainsi de revenus substantiels. Ils essaient clairement d’épuiser les travailleurs et la mobilisation ! » ajoute le vice-président.

« La CSN a tout tenté pour arriver à des ententes de principe. Nous avons tenu 46 rencontres de négociation au cours des trois dernières semaines, sans résultat. Les employeurs se lancent la balle et attendent tous qu’un autre fasse une concession. Résultat? La moitié des tables de négociation sont toujours sans offre salariale de l’employeur ! » s’exclame Michel Valiquette, trésorier de la Fédération du commerce–CSN.

« Ces derniers jours, cinq syndicats se sont dotés d’un mandat de grève pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée. Partout, les syndicats sont prêts à poursuivre la mobilisation cet automne, nous venons d’ailleurs de déposer cinq plaintes pour le recours illégal à des briseurs de grève au Fairmont Reine Elizabeth, au Bonaventure et au Marriott Château Champlain » conclut M. Valiquette.

Dans l’industrie hôtelière, la saison estivale fait place à celle des événements d’affaires et des banquets, lesquels génèrent une part importante des revenus annuels.

À propos du secteur de l’hôtellerie de la CSN
La 11e ronde de négociation coordonnée regroupe plus de 3 500 travailleuses et travailleurs, issus de 30 syndicats de l’hôtellerie des régions de la Capitale-Nationale, de l’Estrie, du Saguenay–Lac-Saint-Jean et du Grand Montréal. Ces syndicats portent une plateforme de demandes communes qu’ils ont le mandat de négocier avec leurs employeurs respectifs.

Fondée en 1921, la CSN est la première grande centrale syndicale québécoise. Composée de plus de 1 600 syndicats, elle défend près de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis dans huit fédérations ainsi que dans treize conseils centraux régionaux, principalement sur le territoire du Québec. La CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise.

Transport scolaire : l’inaction du ministre Drainville nuit au service aux parents

Ce mardi 20 août au petit matin, le Syndicat des travailleuses et travailleurs du transport scolaire des Autobus des Cantons–CSN a manifesté devant le Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke afin d’y dénoncer l’inaction de Bernard Drainville, ministre de l’Éducation, dans le domaine du transport scolaire.

« Pour la CSN, l’inaction du ministre Drainville dans le domaine du transport scolaire nuit carrément au service qui doit être garanti aux parents. Les transporteurs comme SOGESCO, qui possède une trentaine d’entreprises, dont les Autobus des Cantons, refusent toujours de déposer des augmentations salariales décentes qui tiennent compte des sommes additionnelles reçues du gouvernement depuis l’automne 2022. Ce faisant, en ce début d’année scolaire, des bris de service aux parents sont à prévoir puisque les bas salaires encore offerts aux chauffeuses et chauffeurs ne favorisent en rien le but visé par le gouvernement : régler une fois pour toutes l’attraction et la rétention de la main-d’œuvre dans le secteur du transport scolaire. Le gouvernement a fait la moitié de la job et il est temps qu’il interviennent pour corriger le tir », dénonce Caroline Senneville, présidente de la CSN.

À l’automne 2022, le gouvernement a bonifié de 15 à 30 % la valeur de chaque route et de chaque contrat que les centres de services scolaires signent avec les transporteurs privés. Aucun budget spécifique dédié aux salaires des chauffeuses et des chauffeurs ne fut toutefois prévu par le gouvernement.

« Chez Autobus des Cantons, la situation est complètement délirante. Alors que les patrons se sont donné des augmentations salariales de près de 30 % de 2022 à 2023, ils n’offrent que des miettes à celles et ceux qui conduisent les enfants à l’école. À la dernière journée de l’année scolaire, voulant imposer un règlement au rabais à ses salarié-es – une offre insultante qui fut refusée –, SOGESCO les a menacés de lock-out pour finalement le déclencher ce 21 juin dernier, les privant ainsi d’assurance-chômage durant l’été. Pour nous, SOGESCO se moque de ses obligations d’offrir le service aux parents et pose des gestes qui appauvrissent durablement ses employé-es, renchérit Josée Dubé, vice-présidente de la FEESP–CSN. Voilà pourquoi le syndicat a déclenché une grève générale illimitée hier matin : il n’est pas question d’un retour au travail sans une entente de principe à la hauteur des attentes des grévistes ».

« Sans l’intervention du gouvernement, les transporteurs font la pluie et le beau temps avec l’argent public, particulièrement lorsqu’ils sont propriétés de grandes entreprises. On sait que le président-directeur général de SOGESCO, Mario Provost, a touché 390 992 $ en 2022 et 505 899 $ en 2023, une augmentation de 114 907 $ en une année, soit 29,4 %. Pour sa part, Dave Girardin, le président exécutif du conseil d’administration, a également touché une hausse salariale de 114 770 $ entre 2022 et 2023 et Louise L’Italien, vice-présidente aux finances, a quant à elle reçu une augmentation à hauteur de 66 187 $. Au regard des dernières offres à ses salarié-es, ces augmentations sont tout simplement inacceptables », conclut Julie Bolduc, trésorière du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN.

Rappelons qu’en février 2023 et une seconde fois le 3 mai dernier, le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, a lui-même déclaré sur la place publique que les chauffeuses et chauffeurs [devaient] avoir leur juste part.

À propos

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs du transport scolaire des Autobus des Cantons–CSN rassemble environ 60 membres et est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics–CSN (FEESP–CSN). La FEESP–CSN compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 120 syndicats sur une base régionale.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Négociation dans l’hôtellerie: le mouvement de grèves surprises s’amplifie

Le mouvement de grèves surprises s’amplifie dans le secteur de l’hôtellerie. Ce matin, les 350 salarié-es de l’hôtel Doubletree à Montréal ont annoncé un débrayage de 5 h 30 à 23 h 30 et les quelque 100 travailleuses et travailleurs de l’Hôtel Faubourg Montréal terminent à 8 h ce matin une grève de 24 h. Les 600 employé-es de l’hôtel Reine Elizabeth étaient aussi en grève hier.

« Ces grèves surprises qui s’enchaînent les unes après les autres démontrent la détermination des travailleuses et des travailleurs à se faire entendre et respecter. Ces démonstrations renouvelées de la mobilisation et de la solidarité des salarié-es de l’hôtellerie envoient un message clair aux employeurs : ils doivent négocier sérieusement », observe Michel Valiquette, responsable du secteur de l’hôtellerie et trésorier de la Fédération du commerce (FC–CSN).

« Ce mouvement de grèves surprises ne cessera pas magiquement. Il est appelé à prendre encore plus d’ampleur si les employeurs ne mettent pas la pédale sur le gaz de la bonne volonté de négocier. Il n’en tient qu’à eux », conclut Chantal Ide, vice-présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN).

 

À propos du secteur de l’hôtellerie de la CSN

La 11e ronde de négociation coordonnée regroupe plus de 3 500 travailleuses et travailleurs, issus de 30 syndicats de l’hôtellerie des régions de la Capitale-Nationale, de l’Estrie, du Saguenay–Lac-Saint-Jean et du Grand Montréal. Ces syndicats portent une plateforme de demandes communes qu’ils ont le mandat de négocier avec leurs employeurs respectifs.

Fondée en 1921, la CSN est la première grande centrale syndicale québécoise. Composée de plus de 1 600 syndicats, elle défend près de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis dans huit fédérations ainsi que dans treize conseils centraux régionaux, principalement sur le territoire du Québec. La CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise.

Une grève nationale pour obtenir la juste part des profits du secteur hôtelier

Plus de 2 600 travailleuses et travailleurs de l’hôtellerie issus d’une vingtaine d’hôtels de Montréal, Québec et Sherbrooke sont en grève aujourd’hui. Cette première journée nationale de grève montre l’ampleur de la détermination des salarié-es à obtenir de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires.

Les travailleuses et les travailleurs revendiquent notamment des augmentations salariales de 36 % sur quatre ans pour combler la perte du pouvoir d’achat liée à l’inflation, une bonification des vacances et des assurances et une protection contre une ingérence éventuelle des employeurs en cas de modification de la législation régissant les pourboires. Si cette grève ne permet pas d’obtenir des avancées rapidement aux tables de négociation, d’autres journées de perturbations sont à prévoir.

« Les hôteliers ne pourront pas faire la sourde oreille éternellement. On voit bien que les journées de grève les déstabilisent. Chaque fois qu’on retourne au travail, c’est le bordel dans les hôtels. S’ils veulent rapidement passer à autre chose, ils savent ce qu’ils ont à faire. Pour que les grèves cessent, ça prend de bons salaires et des avancées aux tables de négociation », explique Michel Valiquette, responsable du secteur de l’hôtellerie et trésorier de la Fédération du commerce (FC–CSN).

« Le secteur hôtelier a connu une relance extrêmement rapide, tout ça grâce aux femmes et aux hommes qui accueillent la clientèle chaque jour. Les travailleuses et les travailleurs de l’hôtellerie savent que s’ils veulent améliorer leur vie au travail, il n’y aura pas de cadeau de la part de leur employeur. C’est pour cette raison qu’ils sont en action tout l’été », de conclure Caroline Senneville, présidente de la CSN.

 

À propos du secteur de l’hôtellerie de la CSN

La 11e ronde de négociation coordonnée regroupe plus de 3 500 travailleuses et travailleurs issus de 30 syndicats de l’hôtellerie des régions de la Capitale-Nationale, de l’Estrie, du Saguenay–Lac-Saint-Jean et du Grand Montréal. Ces syndicats portent une plateforme de demandes communes qu’ils ont le mandat de négocier avec leurs employeurs respectifs.

Fondée en 1921, la CSN est la première grande centrale syndicale québécoise. Composée de plus de 1 600 syndicats, elle défend près de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis dans huit fédérations ainsi que dans treize conseils centraux régionaux, principalement sur le territoire du Québec. La CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise.

Le lock-out n’entache en rien la détermination des salarié-es du Zoo de Granby

Mis en lock-out le 29 juillet, des travailleuses et des travailleurs du Zoo de Granby ont témoigné ce matin de l’importance de leurs revendications pour assurer une meilleure stabilité du personnel et assurer la qualité des soins aux animaux en plus de l’expérience client.

Déterminés, les travailleuses et les travailleurs du Zoo de Granby n’entendent reprendre le travail que lorsqu’ils auront en main une entente satisfaisante pour le renouvellement de la convention collective. Hier, le syndicat a soumis une douzaine de dates à la partie patronale pour mener la négociation au cours des deux prochaines semaines.

Le Syndicat national des salarié-es de la Société Zoologique de Granby–CSN représente notamment ces 130 salarié-es en lock-out, dont des techniciens vétérinaires et en soins animaliers, des naturalistes-interprètes, des mécaniciens, des menuisiers ainsi que des membres du personnel administratif du Zoo de Granby.

Le 30 juillet, quelques travailleuses et travailleurs du zoo ont pris la parole pour expliquer quelques-unes de leurs revendications.

Accès aux postes
Kevin Leclerc est technicien en soins animaliers, formé spécialement pour s’occuper des éléphants. Malgré le conflit de travail, il continue de donner des soins aux éléphants régulièrement – il l’a fait d’ailleurs ce matin même – en vertu d’une entente particulière conclue entre le syndicat et l’employeur. C’est que très peu de personnes ont la formation nécessaire pour intervenir auprès de ces animaux si particuliers.

« Pour moi, l’une des priorités c’est d’accélérer l’accès à des postes pour les salarié-es. On perd beaucoup de personnes qui se trouvent un autre emploi avant d’avoir pu compléter leur période d’essai et ainsi accéder à un poste permanent, parce que les délais sont trop longs. Quand tu es embauché comme employé-e temporaire, tu n’as pas droit à tous les avantages de la convention collective, notamment en ce qui a trait à l’ancienneté et à la procédure de grief. Cela entraîne un roulement de personnel constant. Ça nous prend aussi plus de temps et d’énergie pour transmettre les connaissances nécessaires aux nouveaux, ce qui nous laisse moins de temps pour faire le travail que nous aimons : être avec les animaux et en prendre soin. »

Conciliation famille–travail–études
Brigitte Bélanger est naturaliste-interprète. « Il faut améliorer les horaires de travail ! Quand j’ai commencé ma carrière au zoo, je travaillais une fin de semaine sur quatre. Depuis, nous constatons une augmentation continue des activités, sans que l’équipe soit agrandie. Par conséquent, notre charge de travail n’a cessé d’augmenter. L’employeur veut nous limiter à une seule fin de semaine complète de congé par mois durant tout l’hiver. Présentement, nous travaillons une fin de semaine sur trois. Cette demande de l’employeur aurait un impact important sur notre conciliation travail-famille. »

Reconnaissance
De son côté, Sarah-Claude Flibotte, naturaliste-interprète et technicienne en santé animale, déplore le manque de reconnaissance. « On ne reconnaît pas nos spécialités. La majorité d’entre nous avons un diplôme universitaire ou une formation spécialisée. L’employeur valorise ce profil à l’embauche, mais il ne nous accorde pas la reconnaissance qui devrait venir avec. Je voudrais aussi qu’on ramène plus de civilité dans les relations de travail. On ne se sent pas respectés par l’employeur, surtout quand il multiplie les menaces et les avis disciplinaires. La véritable richesse du Zoo de Granby, c’est nous, les salarié-es ! »

OBNL
Le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie, Denis Beaudin, rappelle que le zoo est un organisme à but non lucratif. « L’attitude de l’employeur est très décevante. Il se comporte comme certains des employeurs les plus méprisants du secteur privé. Non seulement il plonge de nombreuses familles dans la précarité avec ce lock-out, mais hier, il a ordonné que les passes offertes gratuitement aux enfants des salarié-es ne soient plus acceptées. On dirait que, pour la direction du zoo, tous les coups sont permis afin de casser la solidarité des travailleuses et des travailleurs. C’est déplorable. »

 

À propos

Le Syndicat national des salarié-es de la société zoologique de Granby–CSN, section maintenance et gardiens représente environ 130 membres dont des techniciens vétérinaires et soins animaliers, des naturalistes-interprètes, des mécaniciens, des menuisiers ainsi que des membres du personnel administratif du Zoo de Granby.

La FC–CSN compte plus de 325 syndicats affiliés représentant 30 000 membres œuvrant dans le domaine privé. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 120 syndicats sur une base régionale.

Zoo de Granby: les travailleuses et travailleurs votent la grève générale illimitée

Réunis en assemblée générale cet avant-midi, les quelque 130 techniciens vétérinaires et soins animaliers, naturalistes-interprètes, mécaniciens, menuisiers ainsi que du personnel administratif du Zoo de Granby se sont prononcés à 91 % en faveur de la grève générale illimitée, par scrutin secret. Celle-ci sera déclenchée au moment opportun.

Pour le syndicat, il s’agit là d’une réponse sans équivoque aux propos du PDG du zoo, Paul Gosselin. La semaine dernière, celui-ci demandait, par l’entremise des médias, ce que travailleuses et les travailleurs pensent véritablement des offres présentées à leur comité de négociation.

Rappelons que les membres du syndicat ont exercé leur droit de grève pour une première journée, le 9 juillet. Une seconde séquence de sept journées de grève a débuté le 20 juillet. Début juillet, ils avaient voté en faveur d’une banque de 10 journées de grève.

« Les membres ont été déçus du rapport de négociation, explique le vice-président du syndicat, Alexandre Gilbert. Nous espérons toutes et tous retrouver le travail que nous aimons le plus rapidement possible. Mais pas à n’importe quelles conditions ! Pour nous, il est incontournable de régler la négociation maintenant. Nous avons assez attendu. La partie patronale doit se mettre en mode règlement sans plus attendre. »

Ces travailleuses et travailleurs du Zoo de Granby sont notamment responsables de la santé et du bien-être des animaux, du bon déroulement des activités sur le site, des animations de même que, plus globalement, de l’expérience client. Ils visent la modernisation de la convention collective, notamment pour assurer une meilleure stabilité des emplois, pour faciliter la conciliation famille-travail-études et pour favoriser l’attraction et la rétention du personnel.

« L’ingrédient secret du succès au Zoo de Granby, c’est les travailleuses et travailleurs, explique le vice-président de la Fédération du commerce–CSN, Serge Monette. Ce sont eux qui mettent de la magie dans les yeux des visiteurs, jeunes et moins jeunes. C’est dans l’intérêt du zoo de reconnaître l’apport inestimable de ses salarié-es. Nous souhaitons que la partie patronale s’engage enfin dans une véritable négociation ! »

 

OBNL

« Doit-on rappeler que le zoo relève d’un organisme à but non lucratif (OBNL) ? enchaîne le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN, Denis Beaudin. Or, l’employeur se comporte comme certains des pires que l’on connait dans le secteur privé : ultimatums à la table de négo ; embauche d’un cabinet de relations publiques ; recours à trois avocats de deux cabinets différents pour multiplier les embûches légales. Nous sommes convaincus que si la Société Zoologique de Granby mettait autant de ressources et d’énergie à la négo pour trouver des solutions, nous aurions déjà pu conclure une entente satisfaisante ».

 

À propos

Le Syndicat national des salarié-es de la société zoologique de Granby (CSN) section maintenance et gardiens représente environ 130 membres. La FC–CSN compte plus de 325 syndicats affiliés représentant 30 000 membres œuvrant dans le domaine privé. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 120 syndicats sur une base régionale.

Les salarié-es du Zoo de Granby en grève ce 20 juillet

Les travailleuses et les travailleurs du Zoo de Granby sont de nouveau en grève ce matin et ce pour une durée indéterminée. Rappelons que, le 9 juillet, ils ont effectué une première journée de grève et que le syndicat dispose d’un mandat de dix journées de grève à utiliser au moment jugé opportun.

Le Syndicat national des salariés de la Société Zoologique de Granby (CSN) section saisonniers (maintenance et gardiens) représente notamment quelque 130 techniciens vétérinaires et soins animaliers, naturalistes-interprètes, mécaniciens, menuisiers ainsi que du personnel administratif du zoo.

Sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2023, les travailleuses et les travailleurs visent notamment à rendre les emplois plus attractifs et à combattre la précarité d’emploi. Rappelons que le syndicat a présenté une proposition à la partie patronale afin de s’assurer que les moyens de pression n’affecteront pas le bien-être des animaux.

« Ce n’est vraiment pas de gaieté de cœur que nous déclenchons cette seconde séquence de grève, explique le président du syndicat, Jonathan Roy. Cependant, les négociations menées la semaine dernière n’avancent pas assez rapidement pour nos membres, qui ont des attentes importantes et qui tiennent à un règlement satisfaisant dès maintenant. Il y a de nouvelles rencontres de négociation qui se tiendront au courant de la semaine prochaine ; espérons que le zoo entende enfin à quel point nous sommes déterminé-es à obtenir la juste reconnaissance, maintenant. »

Le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN, Denis Beaudin, rappelle que le zoo a tout en main pour mettre fin au conflit. « Cela fait déjà plus de deux semaines que les membres ont voté, par scrutin secret, pour le recours à la grève, parce qu’ils considéraient que la direction ne les prenait pas au sérieux. Au lendemain de la dernière journée de grève, la partie patronale a eu tout le loisir de mettre ce qu’il faut sur la table pour en venir à une entente, notamment au cours du dernier week-end, alors que le comité syndical de négociation était prêt à entrer en blitz. Mais vu les réponses parcellaires de la direction du zoo, les parties sont encore trop éloignées pour vraiment s’engager dans un sprint final ».

À propos
Le Syndicat national des salariés de la société zoologique de Granby (CSN) section maintenance et gardiens représente environ 130 membres. La FC–CSN compte plus de 325 syndicats affiliés représentant 30 000 membres œuvrant dans le domaine privé. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 120 syndicats sur une base régionale.

Les salarié-es du Zoo de Granby, en grève aujourd’hui

Le Syndicat national des salariés de la Société Zoologique de Granby–CSN, section maintenance et gardiens a déclenché la grève ce matin. Il s’agit, entre autres, de quelque 130 techniciens vétérinaires et soins animaliers, naturalistes-interprètes, mécaniciens, menuisiers ainsi que du personnel administratif du zoo.
Rappelons que les membres du syndicat ont voté la semaine dernière une banque de dix journées de grève à utiliser au moment jugé opportun. Les dernières rencontres de négociation n’ayant pas permis un déblocage significatif, le syndicat a donc décidé d’utiliser ce mandat aujourd’hui afin de bien marquer la détermination des travailleuses et des travailleurs à obtenir une bonne convention collective. Leur dernier contrat de travail est échu depuis 31 décembre 2023.
En négociation, les travailleuses et les travailleurs visent notamment à rendre les emplois plus attractifs et à combattre la précarité d’emploi. Rappelons que le syndicat donne l’assurance que les moyens de pression n’affecteront pas le bien-être des animaux.

Banque de 10 jours de grève au Zoo de Granby

Réuni en assemblée générale mardi soir, le Syndicat national des salariés de la Société Zoologique de Granby (CSN) – section maintenance et gardiens, s’est doté d’une banque de 10 journées de grève à utiliser au moment jugé opportun.Lire la suite →

Rejet des dernières offres patronales à 98 % et lock-out chez Autobus des Cantons

Le 20 juin au soir, malgré la menace de lock-out à l’encontre des syndiqué-es, le Syndicat des travailleuses et travailleurs du transport scolaire des Autobus des Cantons–CSN a rejeté à 98 % les dernières offres de Sogesco par voie de scrutin secret. Le syndicat avait reçu la menace d’un lock-out le 18 juin dernier.

« Sogesco poursuit sa stratégie visant à appauvrir durablement ses salarié-es. Voyant que ses dernières offres pitoyables et inacceptables ont été rejetées par le syndicat, l’entreprise déclenche un lock-out le 21 juin, dernière journée de travail. Ce lock-out privera d’assurance-chômage les chauffeuses et les chauffeurs pour tout l’été. On comprend pourquoi Sogesco est la championne des bris de service et il est clair que ses problèmes d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre vont perdurer », déclare Carole Laplante, présidente du secteur transport scolaire.

Rappelons que tous les contrats des transporteurs scolaires ont été majorés de 15 à 30 % à l’automne 2022 et qu’une partie de ces sommes devait servir à augmenter les salaires de celles et ceux qui conduisent les véhicules scolaires.

« Nous dénonçons ce lock-out méprisable et condamnable. En plus de ne pas respecter le préavis de sept jours que le syndicat doit observer, ce lock-out prive les élèves de transport le 21 juin. Sogesco cherche la confrontation en ne redonnant pas les sommes publiques que l’entreprise a pourtant reçues du gouvernement, mettant également en péril le transport scolaire à Sherbrooke. De plus, l’entreprise agit en voyou en privant les salarié-es de leur assurance-chômage, ce qui les maintiendra sans salaire cet été, en plus de garantir un mauvais climat de travail à l’automne », ajoute Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN.

« À deux reprises, en février 2023 et le 3 mai 2024, le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, a lui-même déclaré sur la place publique que les chauffeuses et chauffeurs [devaient] avoir leur juste part, précise Josée Dubé, vice-présidente de la FEESP–CSN. Or, Sogesco ne respecte pas cette logique. Elle garde cet argent pour gonfler ses profits et les salaires de ses dirigeants et elle persiste à vouloir offrir des salaires en deçà de ceux qui sont actuellement offerts sur le marché de l’emploi. C’est la population de Sherbrooke qui en paie encore le prix. Que Sogesco comprenne bien la situation qu’elle a engendrée : en septembre, il n’y aura pas de transport scolaire fonctionnel chez Autobus des Cantons. »

À propos

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs du transport scolaire des Autobus des Cantons–CSN rassemble environ 60 membres et est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics–CSN (FEESP–CSN). La FEESP–CSN compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 120 syndicats sur une base régionale.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

 

Les syndicats de l’Estrie et de La Sapinière adoptent leurs ententes de principe respectives

Ce jeudi 6 juin, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus de l’Estrie–CSN et du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus La Sapinière–CSN ont tous deux voté en faveur de leurs ententes de principe respectives lors d’assemblées générales.

« Aux Autobus de l’Estrie, nos taux horaires vont passer de 25,99 $ à 31,06 $ en 2027. Les membres ont exprimé leur satisfaction liée à ces nouveaux paramètres salariaux à hauteur de 79 % en assemblée générale, ce qui est tout de même un résultat convenable vu le lock-out imposé par l’employeur », souligne Darian Ramirez, président du syndicat.

« Pour notre part, le salaire horaire passera de 26,27 $ à 32,14 $ en 2028. Nos membres ont entériné l’entente de principe à 72 % en assemblée générale, cet après-midi. Les menaces de perte de circuits et le lock-out de l’employeur expliquent ce résultat », déclare Stephen P. Gauley, président du syndicat des Autobus La Sapinière.

« Je salue le courage et la détermination des membres dans un contexte de négociation très difficile. Ce n’est jamais simple ni facile de faire face à un employeur qui agit de la sorte et, vu le contexte, il est clair que les membres sont allés chercher le maximum qu’ils pouvaient », conclut Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN.

À propos

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus La Sapinière–CSN rassemble 30 membres et le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus de l’Estrie–CSN en regroupe 63. Ils sont affiliés à la Fédération des employées et employés de services publics–CSN (FEESP–CSN) qui compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 120 syndicats sur une base régionale.

Estrie : deux syndicats du transport scolaire en lock-out

Ce lundi 3 juin au matin, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus de l’Estrie–CSN et du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus La Sapinière–CSN se sont présentés au travail et ont constaté que Transdev a bel et bien déclenché le lock-out annoncé.

« Aux Autobus de l’Estrie, la dernière offre salariale est toujours loin des objectifs votés par les membres. Le comité de négociation a informé l’employeur que nous allions consulter nos membres et que ce serait eux qui voteraient pour l’acceptation ou le refus de celle-ci. Considérant que notre grève a pris fin vendredi et que nous sommes prêts à retourner au travail ce matin, nous avons tendu la main à l’employeur, en lui demandant de lever son lock-out pour éviter davantage d’inconvénients aux parents et aux élèves, ce qu’il a refusé », souligne Darian Ramirez, président du syndicat.

« Hier matin en assemblée générale, nous avons à nouveau rejeté les dernières offres de Transdev et nous avons rapidement envoyé une hypothèse de règlement afin d’éviter le lock-out, nous aussi. Nous n’avons reçu aucune réponse, même si nous savons que l’employeur a l’argent pour satisfaire favorablement aux demandes. Devant ce cul-de-sac, nous demandons également la conciliation dès aujourd’hui », déclare Stephen P. Gauley, président du syndicat des Autobus La Sapinière.

« Malgré certaines avancées, Transdev refuse de reconnaître pleinement les nouvelles données salariales qui sont en vigueur dans le secteur du transport scolaire. Plusieurs règlements au Québec prouvent enfin la reconnaissance du difficile travail des conductrices et des conducteurs, ajoute Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN (FEESP–CSN). À l’automne 2022, tous les employeurs ont reçu une bonification variant de 15 à 30 % de la valeur de leurs contrats et une part de cet argent doit se rendre dans les poches de celles et ceux qui conduisent les autobus. »

« Depuis le début des négociations, Transdev ne manque pas d’imagination pour tricoter des offres qui se ressemblent toutes, ajoutant et enlevant des sommes qui ne bonifient en rien les conditions de travail et salariales de l’ensemble de ses employé-es. Les chauffeuses et chauffeurs savent très bien compter et tout ce niaisage ne fait que nourrir la colère des deux syndicats qui attendent des offres acceptables, vu tout l’argent que Transdev reçoit du gouvernement depuis l’automne 2022 », conclut Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN.

À propos

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus La Sapinière–CSN rassemble 30 membres et le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus de l’Estrie–CSN en regroupe 63. Ils sont affiliés à la Fédération des employées et employés de services publics–CSN (FEESP–CSN) qui compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 120 syndicats sur une base régionale.

Trudeau, Miller ne reculez pas! Défendez un programme de régularisation digne de ce nom!

Le Premier ministre Justin Trudeau l’a promis. Marc Miller, son ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada, doit défendre un programme complet et inclusif pour la régularisation des personnes sans statut migratoire. Alors que le 17 mai dernier, Justin Trudeau a confirmé qu’un programme sera présenté, la Campagne québécoise pour la régularisation, qui rassemble une quarantaine d’organisations, rappelle, à quelques jours de la fin de la session parlementaire, que le Canada a la responsabilité de protéger toutes les personnes sur son territoire, quel que soit leur statut migratoire et demandent d’adopter, sans plus de délai, un programme de régularisation, complet et inclusif. Monsieur le Premier ministre, ne brisez pas votre promesse. Monsieur Marc Miller, défendez un programme digne de ce nom !

Contre la politique du bouc-émissaire, la société civile québécoise se tient aux côtés des personnes sans statut migratoire

La société civile québécoise ne se reconnaît pas dans les discours toxiques qui alimentent la xénophobie et le racisme de certains partis politiques et élu-es transformant les personnes migrantes et immigrantes en boucs-émissaires. Elle se tient debout aux côtés de ces personnes, quel que soit leur statut.

C’est pourquoi nous réclamons un programme de régularisation complet et inclusif depuis la pandémie et le confinement, qui ont clairement mis en lumière comment la société québécoise et canadienne se reposent sur les personnes migrantes et immigrantes sans statut ou avec un statut temporaire et précaire, qui sont toutes très vulnérables aux abus et violences de toutes sortes.

Un tel programme permettra aux personnes sans papier en butte aux abus, à la peur et à la souffrance d’avoir accès à un travail décent et aux conditions requises pour exercer leurs droits civils, politiques, économiques et sociaux. Ce programme leur ouvrira aussi l’accès aux soins de santé et à l’éducation, tout en leur permettant de contribuer au financement des services publics. Leur régularisation n’exercera en outre aucune pression sur le marché locatif, puisqu’elles vivent déjà ici.

Nous ne laisserons pas nos gouvernements leur faire payer le poids de leur incompétence ou de leur timidité à mettre en œuvre des politiques publiques qui s’attaquent aux inégalités criantes et à l’augmentation de la pauvreté.

Citations

« Ne pas régulariser ces personnes qui ont perdu leur statut le plus souvent à cause des failles des politiques d’immigration, ou trier parmi elles celles qui seront régularisées, ne fera que les enfoncer encore plus profondément dans la peur et les abus. Nous ne pouvons le tolérer. » –Imene, comité des femmes du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants

« La CSN est aux côtés des personnes immigrantes, des précaires et des sans-papiers, depuis de très nombreuses années. Les centrales syndicales québécoises CSD, CSN, CSQ et FTQ sont fières d’avoir réalisé l’unité pour revendiquer des politiques migratoires plus inclusives et plus respectueuses de la dignité des migrantes et des migrants, et aussi plus justes et plus structurantes pour notre société et nos milieux de travail. Le Premier ministre Trudeau a une excellente occasion de montrer que ses bottines suivent ses babines. S’il croit vraiment à une société fondée sur des valeurs humanistes, il doit traduire ces valeurs dans des politiques publiques qui respectent la dignité humaine et qui garantissent l’égalité des droits des familles les plus précaires, comme le réclament toutes les centrales syndicales québécoises. » –Katia Lelièvre, vice-présidente, Confédération des syndicats nationaux (CSN)

« Il est inconcevable que le gouvernement fédéral laisse tomber les personnes sans statut et à statut précaire qui font partie de notre société en contribuant non seulement à notre économie, mais aussi à notre développement social en tant que peuple.  Nous n’avons pas le droit de les abandonner et le gouvernement fédéral a le devoir de régulariser leurs statuts. Comme le souligne le mémoire remis conjointement par la CSD, la CSN, la CSQ et la FTQ au Comité permanent de la citoyenneté et de l’Immigration, il est temps d’intégrer pleinement et dignement les personnes vivant sans statut ou avec un statut temporaire ! » –Marc-Édouard Joubert, le président du Conseil régional FTQ Montréal-Métropolitain.

« M. Trudeau, nous sommes à la croisée des chemins. Il y a inéluctablement un choix à faire : Souhaiteriez-vous maintenir des personnes sans statut ou les expulser au risque qu’elles soient en proie aux abus de toutes sortes, confinées dans une précarité et une vulnérabilité à nul autre pareil ? Ou, a contrario, souhaiteriez-vous agir en harmonie avec les valeurs que vous entendez défendre, en l’occurrence, celles de la défense des droits humains et de la liberté ? M. Trudeau, TOUS les regards sont rivés vers vous ! » –Harrold Babon, organisateur communautaire à la Clinique pour la justice migrante.

« Les discriminations encourues par la non-régularisation des femmes sans statut les maintiennent dans la marginalisation et l’exploitation. Ces femmes, rappelons-le, assurent en grande partie des métiers de soin essentiels à la population. Il est temps d’exiger qu’elles puissent bénéficier des mêmes traitements que l’ensemble de la société québécoise comme les soins de santé, les services de garde, les protections prévues par le droit de la famille et bien d’autres. » –Sylvie St-Amand, présidente, Fédération des femmes du Québec (FFQ)

« Les statuts migratoires précaires et l’absence de statut engendrent de nombreuses violations des droits humains, notamment des droits économiques et sociaux. C’est la responsabilité de l’État de protéger les droits de toute personne sur son territoire. Le gouvernement de Justin Trudeau ne doit pas céder au discours toxique qui a pris le dessus dernièrement: il doit tenir sa promesse envers les personnes sans papiers, mettant en place un programme de régularisation véritablement large et inclusif. » –Marisa Berry Méndez, responsable des campagnes chez Amnistie internationale Canada francophone.

 

À propos

La Campagne québécoise pour la régularisation des personnes sans statut migratoire a été lancée en octobre 2022 (https://www.facebook.com/regulariser.qc/) et réunit actuellement une quarantaine d’organisations communautaires, syndicales et de défense de droit, dont :

  1. Accueil et Intégration Bas-Saint-Laurent
  2. Action Réfugiés Montréal
  3. Amnistie internationale Canada francophone
  4. Association pour les droits des travailleuses.rs de main et de ferme (DTMF)
  5. Au bas de l’échelle
  6. Centrale des syndicats démocratiques (CSD)
  7. Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
  8. Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de l’Est du Bas-Saint-Laurent
  9. Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTTI)
  10. Centre femmes de la Mitis
  11. Centre femmes de Rimouski
  12. Centre international de solidarité ouvrière (CISO)
  13. CLEF Mitis-Neigette
  14. Clinique pour la justice migrante (CJM)
  15. Collectif bienvenue
  16. Collectif pour un Québec sans pauvreté
  17. Comité d’action de Parc-Extension
  18. Comité d’Action des personnes sans statut (CAPSS)
  19. Comité logement Bas-Saint-Laurent (CLBSL)
  20. Confédération des syndicats nationaux (CSN)
  21. Conseil canadien pour les réfugiés (CCR)
  22. Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (CCGIM-CSN)
  23. Conseil central des syndicats nationaux des Laurentides (CCSNL)
  24. Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE-CSN)
  25. Conseil central du Montréal métropolitain-CSN (CCMM-CSN)
  26. Conseil régional FTQ Montréal métropolitain (CRFTQMM)
  27. Fédération des femmes du Québec
  28. Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
  29. Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)
  30. Foyer du Monde
  31. Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)
  32. Illusion Emploi de l’Estrie
  33. La Débrouille
  34. Le Québec c’est nous aussi (LQCNA)
  35. Ligue des droits et libertés (LDL)
  36. Médecins du Monde Canada
  37. Migrante Québec
  38. Mission communautaire de Montréal
  39. PINAY (Organisation des femmes philippines du Québec)
  40. Projet Accompagnement Solidarité Colombie (PASC)
  41. Réseau d’aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Québec (RATTMAQ)
  42. Solidarité populaire Estrie
  43. Table des groupes de femmes de Montréal (TGFM)

Sogesco et Transdev : des employeurs irresponsables ?

En cette courte semaine de quatre jours, pas moins de cinq syndicats affiliés à la Confédération des syndicats nationaux seront en grève dans quatre régions du Québec. Et ces cinq conflits de travail concernent deux employeurs, soit Transport scolaire Sogesco et la multinationale Transdev.

À Drummondville

« Nous sommes en grève générale illimitée depuis le 8 avril dernier et rien ne nous indique que Sogesco entendra raison avant la fin de cette année scolaire, déplore Jean-Guy Picard, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus Voltigeurs–CSN. La semaine dernière, nous avons rejeté à 93 % la dernière offre patronale qui n’était qu’une pâle copie identique des autres offres qu’il nous a déposées. Encore un affront méprisant quant au respect que nous cherchons à obtenir d’un employeur qui se contrefout de nous ».

« Alors que les chauffeuses et chauffeurs se battent pour obtenir des hausses salariales conséquentes aux bonifications de 15 à 30 % que le gouvernement a versées aux transporteurs dès l’automne 2022, Sogesco s’obstine à n’offrir que des miettes à ses salarié-es, renchérit Josée Dubé, présidente du Secteur transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN (FEESP–CSN). Le président-directeur général de Sogesco a touché 390 992 $ en 2022 et 505 899 $ en 2023, soit une augmentation de 114 907 $ en une année, près de 30 %. Avec de l’argent 100 % public, il y a des boss qui agissent de manière que nous jugeons irresponsable et qui s’enrichissent démesurément sur le dos de celles et ceux qui conduisent les autobus scolaires… à qui l’on ne réserve que des miettes. »

À Pointe-aux-Outardes

« En ce 21 mai, le syndicat déclenchera sa sixième séquence de grève, autant de rendez-vous manqués avec leur employeur qui n’a aucune considération pour leur travail. Il faut souligner que Sogesco possède plus d’une trentaine d’entreprises dans le secteur du transport scolaire au Québec. Dans le cadre des négociations actuelles, il agit de la même manière avec tous ses salarié-es : il refuse toujours de remettre une partie des sommes que le gouvernement lui verse depuis l’automne 2022 », souligne Guillaume Tremblay, président du Conseil central de la Côte-Nord–CSN.

À Rivière-du-Loup

« Cette semaine, nous déclenchons une séquence de grève du 22 mai au 18 juin afin d’obtenir notre juste part. À deux reprises, en février 2023 et le 3 mai dernier, le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, a lui-même déclaré sur la place publique que les chauffeuses et chauffeurs [devaient] avoir leur juste part. La CAQ de François Legault n’a pourtant pas prévu de règles budgétaires afin que cet argent se rende dans nos poches. La conséquence pour nous est claire : tous les salarié-es de Sogesco doivent recourir à la grève pour aller chercher leur dû. Avec près de 50 % des bris de services à cause des grèves, Sogesco détient aussi le record des grèves déclenchées, totalisant 45 % des conflits », martèle Martin Plourde, président du ST de la région Grand-Portage–CSN.

En Estrie

« Du 22 au 31 mai, ce sont les Autobus de l’Estrie et de La Sapinière qui seront en grève. C’est toutefois avec Transdev que nous négocions et la dynamique est identique puisque l’employeur refuse aussi de faire descendre dans les poches des salarié-es l’argent qu’il a pourtant reçu du gouvernement. Pire encore, la semaine dernière, ce sont des menaces de lockout que les deux syndicats ont reçues en pleine table de négociation, dénonce Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN. Transdev nous démontre qu’il se fout des parents et de leurs enfants, que les bris de services liés à un lockout, ça ne le dérange pas non plus. Il pousse ses salarié-es dans un cul-de-sac au lieu de négocier et c’est, selon nous, irresponsable envers la population et inacceptable vu l’argent investi par le gouvernement dans leurs entreprises ».

À propos

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus Voltigeurs–CSN rassemble 38 membres ; le Syndicat des chauffeurs scolaires de Pointe-Aux-Outardes–CSN regroupe 17 membres travaillant pour les Autobus de l’Estuaire inc. ; le Syndicat du transport de la région Grand-Portage–CSN regroupe 40 membres ; Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus La Sapinière–CSN rassemble 30 membres et le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus de l’Estrie–CSN en regroupe 63.

Les cinq syndicats sont affiliés à la FEESP–CSN qui compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics.

Le Conseil central du Cœur du Québec–CSN regroupe quelque 19 000 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 130 syndicats sur une base régionale. Le Conseil central de la Côte-Nord–CSN regroupe plus de 50 syndicats et 5500 membres sur tout le territoire de la région.

Le Conseil central du Bas-Saint-Laurent–CSN représente près de 8600 membres répartis dans plus de 97 syndicats dans toutes les MRC de la région – de La Pocatière aux Méchins – et tous les secteurs d’activité confondus, qu’ils soient privés, publics ou parapublics. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 120 syndicats sur une base régionale.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Menaces de lockout de Transdev chez Autobus La Sapinière et de l’Estrie

Cette semaine, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus La Sapinière–CSN et ceux du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus de l’Estrie–CSN se sont fait menacer de lockout, en pleine table de négociation.

« Lors de notre dernière rencontre de négociation ce lundi 13 mai, les représentants de Transdev présents à la table ont carrément menacé les salarié-es de déclencher un lockout à partir du retour au travail prévu le 1er juin, si le syndicat exerçait sa séquence de grève prévue du 22 au 31 mai. Après avoir fait battre à 97 % la dernière proposition de l’employeur mercredi dernier, nous avons transmis par courriel une offre de règlement à l’employeur, conditionnelle à une entente avant le 22 mai. La balle est carrément dans son camp et nous ne plierons pas devant ses menaces », déclare Stephen P. Gauley, président du syndicat.

« Le même scénario s’est produit hier, 16 mai, à la table de négociation du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus de l’Estrie–CSN, dont l’employeur est également Transdev. Devant ces menaces, identiques à celles liées à la grève du 22 au 31 mai, nous avons également déposé une offre de règlement valide jusqu’au 22 mai prochain. L’employeur devra se pencher sur ces deux propositions et une réponse rapide serait de mise, sans quoi il y aura grève dès le 22 mai pour ces deux syndicats », ajoute Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN.

« À l’automne 2022, tous les transporteurs ont reçu de 15 à 30 % de bonification de leurs contrats et une partie doit servir à l’augmentation des salaires. Chez Transdev, comme chez les autres gros propriétaires de transporteurs, la même dynamique prévaut : ils préfèrent augmenter leurs profits au détriment des bonnes conditions de travail des chauffeurs et chauffeuses, précise Josée Dubé, présidente du Secteur transport scolaire de la FEESP–CSN. L’employeur nous démontre qu’il se fout des parents et de leurs enfants, que les bris de services liés à un lockout, ça ne le dérange pas non plus. Il pousse ses salarié-es dans un cul-de-sac au lieu de négocier. C’est inacceptable et nous ne nous laisserons pas intimider ! »

À propos

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus La Sapinière–CSN rassemble 30 membres et le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus de l’Estrie–CSN en regroupe 63. Ils sont affiliés à la Fédération des employées et employés de services publics–CSN (FEESP–CSN) qui compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 120 syndicats sur une base régionale.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ)

Le 4 mai dernier, les membres de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) ont pris la décision de s’affilier à la Fédération national des communications et de la culture, aux conseils centraux et à la Confédération des syndicats nationaux.

Ce nouveau syndicat affilié représente :

« Tous les artistes professionnels oeuvrant dans le domaine de la littérature au Québec. »

En modifiant la loi sur le statut de l’artiste en juin 2022, l’Assemblée nationale a octroyé pour la première fois aux écrivaines et aux écrivains québécois le droit à la négociation collective, un droit constitutionnel dont ils étaient jusqu’alors privés.

En approuvant l’affiliation avec la FNCC–CSN, les écrivaines et les écrivains se dotent d’outils qui vont permettre à l’UNEQ d’amorcer les négociations visant à établir les premières ententes collectives dans le secteur de l’édition.

La route est encore longue, mais cette décision rapproche l’UNEQ de son objectif de mieux encadrer les pratiques de travail des artistes de la littérature et d’améliorer leurs conditions socio-économiques.

Nous leur souhaitons bienvenue à la CSN !

Syndicat des travailleuses et travailleurs des industries manufacturières–CSN | section Barinox

À la suite du dépôt de la requête en accréditation, le 21 février 2024, le Syndicat des travailleuses et travailleurs des industries manufacturières–CSN, section Barinox a été accrédité pour représenter :

« Tous les salariés au sens du Code du travail à l’exception des employé-es de bureau »

Les travailleurs chez Barinox ont décidé de se joindre à la CSN afin d’être solidaires devant un employeur qui faisait fi de leurs conditions de travail à plusieurs égards, notamment par le non-respect des lois et des normes en matière de santé, de sécurité et d’environnement. Les syndiqué-es déploraient aussi un manque flagrant de respect envers le personnel et un climat de menace.

Cette démarche de syndicalisation leur permettra d’améliorer leurs conditions de travail, de tendre vers des conditions semblables à celles des autres syndicats dans le même secteur et d’obtenir le respect qu’ils méritent de leur employeur.

Ce nouveau syndicat sera affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière, au Conseil central des Syndicats nationaux de l’Estrie et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

 

Syndicat des chauffeuses et chauffeurs de matières recyclables d’Environnement Routier NRJ Sherbrooke–CSN

À la suite du dépôt de la requête en accréditation, le 20 octobre 2023, et à la suite de deux audiences au TAT, le Syndicat des chauffeuses et chauffeurs de matières recyclables d’Environnement Routier NRJ Sherbrooke–CSN a été accrédité pour représenter :

« Toutes les chauffeuses et tous les chauffeurs de matières recyclables, salarié-es au sens du Code du travail. »

Les chauffeurs d’environnement Routier NRJ ont décidé de se joindre à la CSN afin d’être solidaire devant un employeur qui faisait fi de leurs conditions de travail à plusieurs égards. Le piètre entretien des camions, le non-respect de l’ancienneté, les menaces envers les travailleurs et la disparité de traitement les ont motivés à se mobiliser pour une démarche en syndicalisation.

Cela leur permettra d’améliorer leurs conditions de travail, de tendre vers des conditions  des autres syndicats dans le même secteur et d’obtenir le respect qu’ils méritent de la part de leur employeur.

Ce nouveau syndicat sera affilié à la Fédération des employées et employés de services publics, au Conseil central des Syndicats nationaux de l’Estrie et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

Entente de principe conclue et acceptée chez Autobus B. Dion

Hier, le 2 mai 2024, une entente de principe est intervenue en fin de journée entre le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus B. Dion–CSN (STTABD–CSN) et l’employeur. Réunis en assemblée générale ce 3 mai, les membres du syndicat ont adopté à 93 %, par voie de scrutin secret, cette même entente. La grève prévue jusqu’au 15 mai est donc levée.

« L’entente de principe a fait passer notre taux horaire à 30,33 $, rétroactif au 1er juillet 2023 et nous serons augmentés à 31,49 $ au 1er juillet de cette année. Ainsi, depuis le réinvestissement du gouvernement en 2022-2023, nous aurons obtenu près de 20 % d’augmentation au total. Notre nouveau contrat de travail de 5 ans prévoit désormais cinq congés de maladie payés et nous toucherons le 10 % d’indemnités de vacances à partir de 15 ans au lieu de 25 ans », déclare Bianka Mailhot, présidente du syndicat.

« Nous saluons la lutte menée par les membres du syndicat qui ont réussi à bonifier considérablement leurs conditions de travail. Nous souhaitons maintenant que les autres employeurs du secteur en Estrie comprennent que les règlements et l’arrêt des moyens de pression, incluant les grèves actuelles, ça passe par la répartition des sommes que le gouvernement leur donne depuis l’automne 2022 », ajoute Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN.

« Les travailleuses et travailleurs de ce syndicat ont lutté afin d’obtenir une bonification tout à fait méritée de leurs conditions de travail. Ces personnes rejoignent ainsi des milliers de salarié-es qui, grâce à leur mobilisation, contribuent à améliorer le niveau de vie de tout un secteur qui a longtemps manqué de reconnaissance. Depuis plus d’un an, la nouvelle norme salariale dans ce secteur est reconnue et tous les employeurs savent que, pour attirer et pour retenir leurs salarié-es, ils doivent s’y conformer », conclut Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP–CSN.

À propos

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus B. Dion–CSN rassemble environ 30 membres et est affilié à la FEESP–CSN, qui compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 120 syndicats sur une base régionale.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

 

 

 

Estrie : cinq syndicats du transport scolaire de nouveau en grève demain

Ce jeudi 2 mai au matin, le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus B. Dion–CSN sera en grève pour 14 jours, du 2 au 15 mai. Pour leur part, le Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Autobus Coaticook–CSN, le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus de l’Estrie–CSN et le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus La Sapinière–CSN déclencheront une grève de deux jours, les 2 et 3 mai. Finalement, le Syndicat des travailleuses et travailleurs du transport scolaire des Autobus des Cantons–CSN sera également en grève les 6 et 7 mai prochains.

« Le 29 mars chez B. Dion, le syndicat a déposé une offre de règlement à l’employeur. L’employeur n’était pas en mesure de faire un retour sur cette offre. Il y aura négociation le 2 mai, lors de la première journée de grève de la séquence de 14 jours consécutifs. Nous nous attendons à ce que l’employeur réponde sérieusement à cette offre, considérant sa capacité de payer », précise Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN.

« Aux Autobus Coaticook, le représentant de l’employeur a peu de disponibilité et vient d’annuler une des deux rencontres prévues en mai. L’employeur tarde à donner des mandats à ses représentants. Il refuse toutes demandes normatives déposées par le syndicat et n’est pas revenu sur les demandes monétaires », souligne monsieur Beaudin.

« Aux Autobus de l’Estrie, l’employeur ne négocie pas sérieusement, aucune offre monétaire sensée n’a été déposée. Il veut allonger l’échelle salariale pour économiser et veut retirer plusieurs clauses de mouvement de main-d’œuvre, permettant aux salarié-es d’obtenir un nombre d’heures adéquat par ancienneté en cours d’année : le syndicat refuse catégoriquement ces reculs », ajoute le président du conseil central.

« Chez La Sapinière, l’employeur prétend faussement être au maximum de sa capacité de payer. Or, nous avons vu les contrats et, à moins de gérer très mal son entreprise, nous savons qu’il a la capacité de bonifier ses offres considérant la valeur de ces contrats et de ce que représente la masse salariale sur ceux-ci », renchérit monsieur Beaudin.

« Aux Autobus des Cantons, l’employeur repousse sans cesse les discussions sur le volet monétaire depuis le début de la négociation. Maintenant, il offre des augmentations ridicules et il demande de couper dans la garantie des 200 jours rémunérés. C’est une attaque frontale envers les conditions de travail des membres alors que l’employeur a reçu une bonification importante de ses revenus, signale Denis Beaudin. En bref, tout ceci manque terriblement de sérieux ».

« Tous ces employeurs qui refusent d’entendre raison devront reconnaître les nouvelles données salariales qui sont en vigueur dans le secteur du transport scolaire. Plusieurs règlements au Québec prouvent enfin la reconnaissance du difficile travail des conductrices et des conducteurs. Tous les employeurs ont reçu une bonification variant de 15 à 30 % de la valeur de leurs contrats et cet argent doit se rendre dans les poches de celles et ceux qui conduisent les autobus. Si ces employeurs veulent régler leurs négociations rapidement, ils savent très bien ce qu’ils ont à faire et le plus tôt sera le mieux », conclut Stéphanie Gratton, présidente par intérim de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN (FEESP–CSN).

En tout, ces grèves touchent 213 circuits, ce qui représente environ 15 000 élèves.

La FEESP–CSN compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 120 syndicats sur une base régionale.

Les employé-es de la SAQ en grève contre la précarité d’emploi

Après plus d’un an de négociation, toujours sans entente sur les aspects normatifs de leur convention, les 5000 employé-es de la SAQ en ont assez et veulent accélérer le rythme de négociation : ils seront en grève aujourd’hui et demain.

La question de la précarité d’emploi est au cœur des discussions. Le syndicat déplore que la SAQ maintienne un bassin de milliers d’employé-es à temps partiel et sur appel plutôt que de consolider l’ensemble des heures travaillées dans des postes permanents donnant notamment accès à l’assurance collective.

« C’est près de 70 % des employé-es de la SAQ qui sont à temps partiel et sur appel, qui ne savent jamais quand, ni combien d’heures, ils pourront travailler à la prochaine séquence de paye », rappelle la présidente du SEMB-SAQ–CSN, Lisa Courtemanche. « Attendre sept années avant d’avoir accès à des assurances, ça n’a aucun bon sens en 2024, encore moins quand tu travailles pour l’État québécois. »

Pour la présidente de la CSN, la SAQ va à contre-courant des meilleures pratiques pour attirer et retenir la main-d’œuvre. « La direction de la SAQ se plaint du fort taux de roulement de ses employé-es, mais on dirait qu’elle fait tout pour les faire fuir. Les employé-es de la SAQ ont le droit d’avoir un horaire stable, prévisible et adéquat », d’affirmer Caroline Senneville.

« La SAQ procure de grands bénéfices financiers à la société québécoise, certes. Mais il y a des limites à les faire sur le dos des travailleuses et des travailleurs », déclare Stéphanie Gratton, présidente par intérim de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

Avenir des emplois

Dans le cadre de la présente négociation, le syndicat des employé-es de la SAQ désire améliorer l’accès du personnel à la formation et augmenter le nombre de conseillers en vin et de coordonnateurs en succursale afin de renforcer le service à la clientèle.

Le personnel souhaiterait également pouvoir préparer en magasin les commandes effectuées sur Internet. À cet effet, le syndicat reproche à la direction de s’entêter à concentrer dans son centre de distribution de Montréal la préparation des commandes pour l’ensemble du Québec ; centralisation responsable des délais de livraison de cinq jours et des résultats décevants des ventes effectuées en ligne.

Par ailleurs, la partie syndicale dénonce le souhait de la direction de chercher à faciliter la fermeture de succursales de la SAQ en région afin de les remplacer par des permis privés d’agence. En plus de constituer un recul des emplois, une telle mesure viendrait miner l’offre à la clientèle en région, estiment les employé-es.

Le Syndicat des employé(e)s de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ–CSN) représente les 5000 employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ, partout au Québec. Il est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), qui compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Forte de 330 000 membres, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) est présente dans l’ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.

Mandat de grève chez Autobus B. Dion et déclenchement de grève dans cinq syndicats de l’Estrie

Réunis en assemblée générale ce 3 avril au soir, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus B. Dion–CSN (STTABD–CSN) ont adopté à 95 %, par voie de scrutin secret, un mandat de moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée, à déclencher au moment jugé opportun. Par ce vote, le syndicat rejoint le mouvement de grève d’une journée qui sera déclenchée le 18 avril prochain.

« Ce n’est jamais de gaieté de cœur que les chauffeuses et chauffeurs décident d’envisager la grève comme moyen de pression ultime. Or, tous les transporteurs du Québec, incluant leur employeur, ont reçu du gouvernement une bonification importante de leurs contrats, dont une partie doit servir à verser de meilleurs salaires. Nous espérons donc que les offres salariales de l’employeur considèreront dorénavant l’argent qu’il a reçu à cette fin. Par ce vote, le syndicat se joint au mouvement des autres syndicats en Estrie qui sont déterminés à aller chercher leur dû et à obtenir un règlement rapide », déclare Josée Dubé, présidente du secteur transport scolaire.

« La nouvelle réalité salariale dans le secteur du transport scolaire ne peut pas être ignorée par les transporteurs. Tous les employeurs doivent bonifier les salaires s’ils désirent attirer et retenir la main-d’œuvre dans le contexte actuel de pénurie, qui laisse chaque matin des routes sans chauffeuses ni chauffeurs. Nous revendiquons cette bonification importante des salaires afin que l’argent versé par le gouvernement se rende dans les poches de celles et ceux qui conduisent les véhicules scolaires », ajoute Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN.

« En février 2023, le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, est lui-même intervenu sur la place publique afin d’appuyer les revendications du secteur du transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN (FEESP–CSN) en soulignant que “les chauffeuses et chauffeurs doivent avoir leur juste part”, précise Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP–CSN. Les salarié-es du syndicat font partie d’un mouvement de travailleuses et de travailleurs qui doivent malheureusement recourir à la grève pour aller chercher cette juste part et nous allons être à leurs côtés jusqu’à ce qu’ils l’obtiennent. »

Grève le 18 avril prochain
Ce 4 avril au matin, cinq avis de grève, dont un pour le STTABD–CSN, ont été envoyés au ministère du Travail. Les quatre autres syndicats suivants ont également envoyé leur avis respectif : le Syndicat des travailleuses et travailleurs du transport scolaire des Autobus des Cantons–CSN, le Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Autobus Coaticook–CSN, le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus de l’Estrie–CSN et le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus La Sapinière–CSN.

À propos

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus B. Dion–CSN rassemble environ 30 membres et est affilié à la FEESP–CSN, qui compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 120 syndicats sur une base régionale.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Mandat de grève chez Autobus Coaticook

Réunis en assemblée générale ce 28 mars au soir, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Autobus Coaticook–CSN ont adopté à 95 %, par voie de scrutin secret, un mandat de moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée, à déclencher au moment jugé opportun.

« La négociation traîne et ce n’est pas à l’avantage des chauffeuses et chauffeurs, bien au contraire. Tous les contrats des transporteurs ont été majorés de 15 à 30 % à l’automne 2022 et une partie des sommes doit servir à augmenter les salaires. Pour le moment, cet argent s’en va directement dans les poches de l’employeur. En refusant de négocier rapidement, celui-ci indique qu’il préfère augmenter ses profits plutôt que d’offrir de meilleurs salaires qui garantissent le service à la population. Par ce vote, le syndicat lui démontre toute sa détermination à aller chercher son dû et à en arriver à un règlement rapide », déclare Josée Dubé, présidente du secteur transport scolaire.

« La nouvelle réalité salariale dans le secteur du transport scolaire ne peut pas être ignorée par les transporteurs. Tous les employeurs doivent bonifier les salaires s’ils désirent attirer et retenir la main-d’œuvre dans le contexte actuel de pénurie, qui laisse chaque matin des routes sans chauffeuses ni chauffeurs. Nous revendiquons cette bonification importante des salaires afin que l’argent versé par le gouvernement se rende dans les poches de celles et de ceux qui conduisent les véhicules scolaires », ajoute Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN.

« En février 2023, le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, est lui-même intervenu sur la place publique afin d’appuyer les revendications du secteur du transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN (FEESP–CSN) en soulignant que “les chauffeuses et chauffeurs doivent avoir leur juste part”, précise Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP–CSN. Les salarié-es du syndicat font partie d’un mouvement de travailleuses et de travailleurs qui doivent malheureusement recourir à la grève pour aller chercher cette juste part et nous allons être à leurs côtés jusqu’à ce qu’ils l’obtiennent. »

À propos

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Autobus Coaticook–CSN rassemble environ 30 membres et est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics–CSN (FEESP–CSN). La FEESP–CSN compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 120 syndicats sur une base régionale.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Les partenaires s’inquiètent pour le marché du travail québécois

Chaque jour, au Québec, de petites et moyennes entreprises se font refuser des services nécessaires à leur croissance, alors que des personnes en emploi ou à la recherche d’un travail voient leur demande pour une formation qualifiante rejetée, malgré un besoin démontré et un niveau de précarité élevé dans plusieurs cas.

À trois semaines du dépôt du budget fédéral, les acteurs du marché du travail québécois joignent leur voix aujourd’hui afin de signaler une situation critique en matière de développement de la main-d’œuvre au Québec.

Un manque à gagner financier

La fin possible des bonifications des ententes de transferts sur le marché du travail (ETMT) en provenance du gouvernement canadien représente un manque à gagner de quelque 140 millions de dollars (M$) pour le Québec en 2024-2025, soit 100,7 M$ pour l’Entente sur le développement du marché du travail (EDMT) et 44,4 M$ pour l’Entente sur le développement de la main-d’œuvre (EDMO). À cela s’ajoutent d’autres coupures de financement, tant du fédéral que du provincial, qui totalisent près de 145 M$ additionnels.

Des impacts réels sur le terrain

Déjà, les entreprises, les travailleuses et travailleurs ainsi que les personnes en recherche d’emploi sont touchées par des contractions importantes dans le financement des services aux entreprises, des mesures de formation et des services publics d’emploi destinés aux individus. À titre d’exemple, le financement des services aux entreprises et des mesures de formation a chuté de près de 50 % entre 2022-2023 et 2023-2024, ce qui occasionne des bris de services dans certaines régions ou encore de longues listes d’attente.

Se préparer pour l’avenir

Le marché du travail a été fortement chamboulé par la pandémie de COVID-19, de même que par de nombreuses transitions démographiques, environnementales et technologiques. En ce sens, il demeure encore très volatil et inégal. De nombreux experts et économistes prévoient également un ralentissement économique pour les prochaines années, ce qui pourrait entraîner plusieurs pertes d’emploi et une hausse du taux de chômage.

Dans ce contexte, il nous apparaît donc primordial de bonifier rapidement les ententes de transferts sur le marché du travail avec Ottawa, afin de maintenir l’offre, la qualité et d’assurer la prévisibilité à long terme des services destinés aux personnes à la recherche d’un emploi, aux travailleuses et travailleurs ainsi qu’aux entreprises québécoises.

Signataires

Nathalie Arguin, secrétaire générale – Confédération des syndicats nationaux (CSN)

Christian Blanchette, recteur – Université du Québec à Trois-Rivières – Représentant du Bureau de coopération interuniversitaire (BCI)

Denis Bolduc, secrétaire général – Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

Karl Blackburn, président et chef de la direction – Conseil du patronat du Québec (CPQ)

Paul Doyon, premier vice-président général – Union des producteurs agricoles (UPA)

Caroline Dupré, présidente-directrice générale – Fédération des centres de services scolaires du Québec (FCSSQ)

Éric Gingras, président – Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

Pierre Graff, président-directeur général – Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ)

Richard Gravel, vice-président – Coalition des organismes communautaires pour le développement de la main-d’œuvre (COCDMO)

Charles Milliard, président-directeur général – Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ)

Véronique Proulx, présidente-directrice générale – Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ)

Martine Roy, vice-présidente – Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec (RCJEQ)

Valérie Roy, directrice générale – AXTRA, Alliance des centres-conseils en emploi

Bernard Tremblay, président-directeur général – Fédération des cégeps

Luc Vachon, président – Centrale des syndicats démocratiques (CSD)

Mandat de grève chez Autobus des Cantons

Réunis en assemblée générale ce 25 mars au soir, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs du transport scolaire des Autobus des Cantons–CSN ont adopté à l’unanimité, par voie de scrutin secret, un mandat de moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée, à déclencher au moment jugé opportun.

« Nous savons que tous les transporteurs du Québec, incluant leur employeur, ont reçu du gouvernement une bonification importante de leurs contrats, dont une partie doit servir à verser de meilleurs salaires. Nous espérons donc que les offres salariales de l’employeur considèreront dorénavant l’argent qu’il a reçu à cette fin. Par ce vote, le syndicat lui démontre toute sa détermination à aller chercher son dû et à arriver à un règlement rapide », déclare Josée Dubé, présidente du secteur transport scolaire.

« La nouvelle réalité salariale dans le secteur du transport scolaire ne peut pas être ignorée par les transporteurs. Tous les employeurs doivent bonifier les salaires s’ils désirent attirer et retenir la main-d’œuvre dans le contexte actuel de pénurie, qui laisse chaque matin des routes sans chauffeuses ni chauffeurs. Nous revendiquons cette bonification importante des salaires afin que l’argent versé par le gouvernement se rende dans les poches de celles et ceux qui conduisent les véhicules scolaires », ajoute Denis P. Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN.

« En février 2023, le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, est lui-même intervenu sur la place publique afin d’appuyer les revendications du secteur du transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN (FEESP–CSN) en soulignant que “les chauffeuses et chauffeurs doivent avoir leur juste part”, précise Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP–CSN. Les salarié-es du syndicat font partie d’un mouvement de travailleuses et de travailleurs qui doivent malheureusement recourir à la grève pour aller chercher cette juste part et nous allons être à leurs côtés jusqu’à ce qu’ils l’obtiennent. »

« Tous les contrats des transporteurs ont été majorés de 15 à 30 % à l’automne 2022 et une partie de ces sommes devait servir à augmenter les salaires de celles et ceux qui conduisent les véhicules scolaires. Ce que les transporteurs nous indiquent en refusant actuellement de verser ces sommes à leurs salarié-es, c’est qu’ils préfèrent augmenter leurs profits plutôt que de garantir ce service à la population, ce qui est totalement inacceptable », conclut Caroline Senneville, présidente de la CSN.

À propos

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs du transport scolaire des Autobus des Cantons–CSN rassemble environ 50 membres et est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics–CSN (FEESP–CSN). La FEESP–CSN compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 120 syndicats sur une base régionale.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Préhospitalier : un nouveau plan d’action incomplet

Le nouveau plan d’action gouvernemental du système préhospitalier d’urgence au Québec contient plusieurs éléments positifs attendus et revendiqués depuis longtemps par la Fédération de la Santé et des Services Sociaux (FSSS–CSN), comme la mise en place de mécanismes pour éliminer les horaires de faction et l’uniformisation des protocoles opérationnels pour l’ensemble des centres de communication santé. Cependant, la plus importante organisation syndicale dans le secteur des soins et des services préhospitaliers d’urgence au Québec se désole du fait que ce plan ne propose rien pour soulager la surcharge de travail qui affecte les paramédics. Bien que les nouvelles mesures puissent faire une différence sur le plan des temps de réponse et être mieux adaptées aux besoins, encore faudrait-il avoir des paramédics sur le terrain pour y remédier. La FSSS–CSN demande donc au gouvernement de repenser son plan afin que soient ajoutées des ambulances et des heures pour les paramédics sur la route.

« Alors que les besoins sont criants dans de nombreuses régions, nous sommes sidérés de voir que ce plan d’action national ne propose de mettre aucun véhicule ambulancier supplémentaire et rien pour faire baisser la pression qui pesse sur les épaules des paramédics », de s’indigner Lucie Longchamp, vice-présidente de la FSSS–CSN responsable des secteurs privés.

« Les rapports des vingt dernières années à ce sujet recommandaient d’ajouter des effectifs sur la route, mais cela n’a pas été fait. On en vit les conséquences aujourd’hui avec des surcharges de travail incroyable pour les paramédics. Si on veut qu’ils demeurent dans la profession, il faut arriver à les décharger en mettant plus de paramédics sur le terrain et améliorer leurs conditions de travail », renchérit Jean Gagnon, représentant du secteur préhospitalier à la FSSS–CSN.

Le manque flagrant d’effectif dans le milieu préhospitalier pourrait également être résolu par une augmentation des capacités d’admission dans le programme de techniques de soins préhospitaliers d’urgence dans les cégeps. Selon les données du SRAM, en 2023 c’est 119 candidatures qui ont été refusées pour 502 étudiantes et étudiants admis à l’échelle de la province. En 2020, pour les 496 admis, presque autant (453) ont été refusés. Aujourd’hui, ils auraient pu être sur la route. « Ce n’est pas normal de refuser annuellement un peu plus d’une centaine de candidats, faute de place pour la formation. Il est grand temps que le ministre de la Santé et que les collèges d’enseignement revoient à la hausse le nombre possible d’étudiantes et étudiants et qu’ils mettent en place des programmes, que ce soit perspectives ou autres. La profession ne pourra se sortir de cette pénurie sans un coup de barre majeur, et pour cela, ça prend des paramédics bien formés et de meilleures conditions de travail », soutient Mme Longchamp.

« Il faut aussi dire que dans certaines régions, des paramédics s’inquiètent de savoir si des ajouts temporaires de véhicules seront maintenus. Dans certains cas, le ministère de la Santé refuse même de leur octroyer des heures de travail. En pleine crise du secteur préhospitalier, cette situation est vraiment surréaliste et, malheureusement, le plan déposé ce matin ne nous propose rien pour les rassurer », précise Jean Gagnon, représentant du secteur préhospitalier à la FSSS-CSN.

Le nouveau plan d’action propose de favoriser l’intervention citoyenne, ce qui est une bonne chose, mais cela n’élimine pas nécessairement le besoin d’ambulance. « Il faut être conscient que, même si les premiers répondants sont sur place, le plus souvent, l’ambulance est tout de même appelée dans ces situations et que les paramédics doivent se déplacer », poursuit Jean Gagnon.

En terminant, la Fédération de la Santé et des Services sociaux propose l’élargissement du rôle des paramédics. Ceux-ci pourraient alors prendre en charge plusieurs cas qui se retrouvent sinon aux urgences.

 

À propos

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte plus de 140 000 membres dans les secteurs public et privés. La FSSS est la plus importante organisation syndicale dans le secteur des soins et des services préhospitaliers d’urgence au Québec. Elle représente plus de 3 600 syndiqué-es parmi lesquels on retrouve des paramédics en soins primaires et en soins avancés, des répondants médicaux d’urgence (RMU), du personnel de bureau ainsi que du personnel de soutien comme les mécaniciens et les préposé-es. La FSSS–CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

Éclipse solaire et protection des élèves – la CSN demande des consignes claires

« C’est une situation extrêmement particulière, qui demande qu’on prenne des décisions concertées et éclairées. » Le secteur soutien scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), qui représente le plus grand nombre d’employé-es de soutien dans le réseau de l’éducation, a interpelé la Fédération des centres de services scolaires afin que celle-ci formule des consignes claires quant au déroulement de la journée du 8 avril, jour de l’éclipse solaire. Selon les informations obtenues par la FEESP–CSN, la fédération ne prévoit toujours pas émettre de recommandation à cet effet.

Au cours de la dernière semaine, plusieurs centres de services scolaires (CSS) du Québec ont annoncé leur décision de suspendre les cours le 8 avril, tout en maintenant ouverts les services de garde. « Il n’y a aucune logique dans cette décision. Les CSS craignent que les enseignantes et les enseignants ne soient pas en mesure de gérer les élèves pendant l’éclipse, mais ils ne sont pas inquiets de les laisser au service de garde, et ce, même si les ratios éducatrices/élèves explosent dans bien des écoles », soutient Annie Charland, présidente du secteur soutien scolaire de la FEESP.

Tout comme l’Association pour l’enseignement de la science et de la technologie au Québec (AESTQ), Annie Charland soutient que ce phénomène rare peut constituer une occasion d’apprentissage intéressante pour les élèves. Mais, elle soutient du même souffle que, pour ce faire, des recommandations doivent être communiquées à tout le personnel scolaire dès maintenant.

« Le manque de cohérence dans les mesures prises par divers centres de services scolaires entraîne beaucoup d’inquiétudes et insécurise tant les élèves que les parents et les travailleuses et les travailleurs du réseau de l’éducation. Ça prend des lignes claires et uniformes pour toutes et tous », conclut la présidente du secteur soutien scolaire de la FEESP–CSN.

À propos

Le secteur soutien scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) est l’organisation la plus représentative du personnel de soutien scolaire au Québec. Il regroupe 37 syndicats représentant plus de 35 000 employés-es de soutien présents dans 31 centres de services scolaires francophones et deux commissions scolaires anglophones.

Assurance médicaments au fédéral : un pas essentiel dans la bonne direction

La CSD, la CSN, la CSQ et la FTQ accueillent favorablement le dépôt d’un projet de loi sur l’assurance médicaments par le gouvernement fédéral, lequel jette les bases d’un éventuel régime public et universel d’assurance médicaments. Plusieurs éléments de ce projet de loi sont encourageants pour la suite des choses, notamment la prise en compte des principes de la Loi canadienne sur la santé (gestion publique, intégralité, universalité, transférabilité et accessibilité), le maintien du financement à long terme de la part du palier fédéral, l’inclusion des contraceptifs et des produits connexes au diabète, ainsi qu’une couverture au premier dollar. Beaucoup de travail reste à faire avant d’arriver à un régime d’assurance médicaments qui répond véritablement aux besoins de la population. Le projet de loi laisse poindre une importante phase de négociations entre Ottawa et les provinces. Les centrales surveillent l’évolution de l’ensemble des travaux et prendront le temps de bien étudier le projet de loi et souhaitent participer aux consultations à son sujet.

« Le régime hybride du Québec, avec un régime public et des régimes privés, n’a pas rempli ses promesses. Selon nous, il ne doit en aucun cas servir de modèle au reste du Canada. C’est un régime coûteux, inefficace et inéquitable. Les Québécois et les Québécoises méritent mieux. Ils ont besoin le plus rapidement possible d’un régime public et universel d’assurance médicaments », rappelle le secrétaire-trésorier de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Luc Beauregard.

« Avec la hausse du coût de la vie, plusieurs Québécois et Québécoises ont de la difficulté à joindre les deux bouts. Chaque année, plus d’une personne sur dix se prive de médicaments d’ordonnance, faute de moyens financiers. Ça n’a aucun sens de tolérer une telle situation. Les médicaments devraient être gratuits parce que personne ne fait le choix d’être malade et de consommer des médicaments », déplore la présidente de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Magali Picard.

Les centrales syndicales croient que le Québec fait actuellement fausse route en demandant un droit de retrait inconditionnel. « Pour nous, il ne serait pas acceptable que le Québec reçoive des fonds fédéraux sans condition dans le but de maintenir un régime dysfonctionnel et inéquitable, explique la présidente de la Confédération des syndicats nationaux, Caroline Senneville. Par contre, le gouvernement fédéral doit se montrer ouvert envers les provinces qui souhaitent bénéficier de transferts en vue de financer des régimes publics universels provinciaux et c’est la voie que devrait tenter le gouvernement du Québec. »

«Il est inconcevable que la santé d’une personne dépende de ses revenus ou fasse l’objet de négociations. Et même si le Québec a son propre régime, son régime discrimine les personnes ayant un moins bon revenu. Un régime réellement public et universel doit consacrer le droit pour toutes et tous à l’accès aisé aux médicaments. Tant au Québec qu’au Canada, il existe un fort consensus pour la mise en place d’un régime public et universel d’assurance médicaments, et le moment est venu d’aller au-delà des chicanes constitutionnelles pour que l’ensemble de la population ait réellement accès à des médicaments abordables», avance le président de la CSD, Luc Vachon.

La FTQ, la CSN, la CSQ et la CSD représentent plus d’un million de travailleuses et de travailleurs. Ensemble, elles mènent la campagne La pièce manquante visant la mise en œuvre d’un régime public et universel d’assurance médicaments.

Réformer l’assurance-emploi, ça presse !

II est grand temps pour le Parti libéral du Canada de tenir sa promesse de 2015, soit celle de réformer l’assurance-emploi. C’est le message que sont venus porter aujourd’hui près de 200 militantes et militants de plusieurs régions du Québec et du Nouveau-Brunswick au bureau du ministre de l’Emploi, Randy Boissonnault, à Gatineau.

« Le gouvernement Trudeau doit cesser de se traîner les pieds dans ce dossier et montrer qu’il soutient véritablement les travailleuses et les travailleurs », lance David Bergeron-Cyr, vice-président de la CSN. Ce dernier précise que les partis politiques, qui affirment se placer derrière les Canadiennes et Canadiens qui travaillent devraient le démontrer concrètement en déposant ou en appuyant une réforme qui leur soit enfin favorable, ce qui n’a pas eu lieu depuis 1971 !

« Seuls 40 % des chômeuses et des chômeurs se qualifient pour des prestations. C’est complètement inacceptable. Il nous faut une assurance qui couvre vraiment celles et ceux qui perdent leur emploi », affirme Alfonso Ibarra Ramirez, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais. Ce dernier rappelle que, faute d’un cumul d’heures suffisant, plusieurs travailleuses et travailleurs dans les industries saisonnières n’ont plus de revenu à la fin de leur période de chômage. C’est ce qu’on appelle le fameux trou noir. « Le temps des projets pilotes est passé, il faut régler ce problème de trou noir une bonne fois pour toutes et avant les prochaines élections », insiste Alfonso Ibarra Ramirez.

« L’accessibilité aux prestations d’assurance-emploi devrait être une normalité, lorsqu’on perd notre emploi, même un emploi saisonnier, mais ce n’est pas le cas. La pandémie l’a bien montré puisque le Canada, contrairement à d’autres pays, a été obligé de créer un nouveau programme (la PCU) pendant ce coup dur », ajoute Guillaume Tremblay, président du Conseil central Côte-Nord–CSN et porte-parole de l’Alliance interprovinciale pour l’assurance-emploi.

La CSN estime par ailleurs que l’assurance-emploi est parfois discriminatoire envers les femmes. On pense notamment à celles qui sont en congé de maternité et ne peuvent pas cumuler l’assurance-emploi et les prestations du congé parental (RQPAP).

Que devrait contenir une réforme acceptable

La CSN et les autres centrales syndicales présentes au Québec demandent au moins quatre changements à l’assurance-emploi :

  1. Régler la question du trou noir en ajoutant 15 semaines de prestations.
  2. Donner une admissibilité au régime après 420 heures ou 12 semaines de travail assurable.
  3. Permettre de cumuler les prestations régulières et des prestations spéciales, comme celles du Régime québécois d’assurance parentale.
  4. Limiter les critères d’exclusion, comme le départ volontaire.

 

À propos
Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 1600 syndicats et regroupe quelque 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

TÉLUQ : les robots conversationnels en voie de remplacer les tuteurs et les tutrices ?

Ce sont des robots conversationnels nourris par l’intelligence artificielle (IA) qui peuvent répondre aux questions des personnes étudiantes de sept cours d’administration, de communication, d’éducation, d’environnement, de finance et d’informatique à l’Université TÉLUQ au trimestre d’hiver 2024. Ce projet pilote, inédit dans le réseau universitaire québécois, a été mis en place en janvier sans consulter le Syndicat des tuteurs et des tutrices de la Télé-université (STTTU–CSN). Pourtant, à terme, il risque d’avoir un impact direct sur la qualité de l’accompagnement des étudiantes et des étudiants et sur les emplois.

« Au nom de l’avancement technologique et sur un ton frôlant le jovialisme, voilà un exemple concret d’une déshumanisation de l’enseignement. La direction de l’établissement est pourtant hésitante à répondre aux demandes répétées du syndicat afin d’aborder ce nouvel enjeu aux impacts collectifs, préférant plutôt discuter avec des individus sur une base personnelle. C’est une stratégie contraire au principe de collégialité qui devrait caractériser le fonctionnement de l’université », déplore Nathalie Ebnoether, présidente du STTTU–CSN.

Les tutrices et les tuteurs accompagnent les personnes qui nécessitent des compléments d’information dans les cours ou qui ont besoin d’une mise en contexte individuelle pour poursuivre leur réflexion et leurs apprentissages. Cet accompagnement humain permet de nouer un lien de confiance, favorisant la réussite. De plus, les tutrices et les tuteurs procèdent à la correction et assurent la rétroaction, tout aussi indispensables et formatrices.

« Aucun robot ne pourra remplacer la relation pédagogique au cœur de la profession enseignante, y compris à la TÉLUQ. Depuis l’accélération effrénée de l’IA en enseignement, notre fédération s’inquiète de la tentation facile pour les établissements d’enseignement de remplacer des humains par des machines pour des raisons évidentes d’économies dans un contexte de sous financement. Est-ce vraiment le genre d’enseignement que l’on souhaite au Québec ? », se questionne Caroline Quesnel, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN).

Attaque contre la profession enseignante

Les délégué·es des syndicats de la FNEEQ–CSN, réunis en conseil fédéral, ont d’ailleurs adopté à l’unanimité une résolution pour dénoncer cette nouvelle attaque à la profession enseignante à la TÉLUQ au début du mois. Pourquoi la TÉLUQ ne consulte-t-elle pas le syndicat ? Pourquoi refuse-t-elle de confirmer noir sur blanc qu’aucun emploi n’est en péril si le projet pilote devenait généralisé et permanent ?

La FNEEQ–CSN, à l’instar de son syndicat affilié STTTU–CSN, s’oppose à toute utilisation de l’IA visant à remplacer l’humain dans des contextes de relation d’aide ou de relation pédagogique. Elle croit que l’ensemble de la société, de manière démocratique, autonome et publique, devrait mener une réflexion éthique et critique sur le recours à l’intelligence artificielle en éducation et en enseignement supérieur. À cet égard, un vrai forum national sur l’IA –indépendant des intérêts commerciaux– devrait rapidement être organisé.

Résolution adoptée par le conseil fédéral de la FNEEQ–CSN

« […] Que le conseil fédéral dénonce la décision de l’Université TÉLUQ de recourir à des robots conversationnels (IA) dans le cadre d’un projet pilote qui vise à procurer une aide pédagogique aux étudiant·es ainsi que le recours accru à l’utilisation de l’automatisation des évaluations.

Que le conseil fédéral dénonce que cette décision ait été prise sans consulter le Syndicat et qu’elle ait le potentiel de menacer la tâche enseignante des tutrices et des tuteurs.

Que le conseil fédéral appuie le Syndicat des tutrices et tuteurs de la TÉLUQ dans ses actions pour la défense de l’intégrité de la tâche enseignante et pour contrer la précarité. »

Consulter les dix recommandations de la FNEEQ–CSN sur l’intelligence artificielle

 

Les syndicats de la FSSS–CSN entérinent l’entente de principe sectorielle

Les travailleuses et les travailleurs représentés par la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), la plus grande organisation syndicale en santé et services sociaux, ont adopté l’entente de principe sectorielle permettant d’améliorer leurs conditions de travail. Les salarié-es des quatre catégories de personnel ont accepté l’entente.

Tout au long de la négociation, les travailleuses et les travailleurs ont fait face à un gouvernement entêté n’ayant que ses solutions à l’esprit et voulant donner encore plus de pouvoir aux gestionnaires. Grâce à la mobilisation exemplaire des travailleuses et des travailleurs, la FSSS–CSN est parvenue à le forcer à accorder des améliorations aux conditions de travail. Au cours des dernières semaines, les travailleuses et les travailleurs ont exprimé dans leurs assemblées générales que plusieurs mesures permettront de faire des avancées intéressantes, notamment sur les primes, le temps supplémentaire, les dispositions pour certaines régions et la nomenclature des titres d’emploi. Néanmoins, plusieurs questions demeurent et illustrent que le gouvernement aurait pu en faire davantage pour aider le personnel surchargé du réseau.

« Avec cette négociation, on a réussi à mettre le pied dans la porte sur plusieurs enjeux majeurs pour les travailleuses et les travailleurs. Nous interviendrons à tous les niveaux pour continuer d’améliorer les conditions de travail du personnel épuisé du réseau. Il est clair que nous ne pourrons pas régler tous les problèmes du réseau en une négociation. Mais après des années à subir des reculs et des attaques, on peut se dire qu’on a repris le chemin des victoires pour celles et ceux qui donnent des services et prennent soin de la population », lance Réjean Leclerc, président de la FSSS–CSN.

Il est encore temps de changer de cap sur la réforme Dubé

Dans les prochains mois, la FSSS–CSN travaillera d’arrache-pied pour s’assurer que les gains obtenus s’implanteront véritablement dans les milieux de travail. Elle suivra également de près les développements de la réforme Dubé. Particulièrement préoccupée par l’ouverture grandissante au privé, elle interviendra à toutes les tribunes pour renforcer et améliorer notre réseau public. Pensons notamment au soutien à domicile, où il est plus que nécessaire de développer le réseau public et de valoriser les professions qui y œuvrent. Ce secteur est névralgique pour nous assurer d’être en mesure de garantir des soins à l’ensemble de la population.

« La réforme Dubé dans sa forme actuelle, c’est plus de ce qui n’a jamais marché et qui ne marchera jamais. Le réseau a tout sauf besoin d’une nouvelle centralisation bureaucratique. Autant la population que les travailleuses et les travailleurs savent ce que ce type de réforme donne. On a besoin de tout le contraire. Si on veut améliorer l’offre de services, ça nous prend un réseau plus décentralisé, démocratique et vraiment public », de conclure Réjean Leclerc.

À propos de la FSSS-CSN

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) compte plus de 140 000 membres partout au Québec dans les secteurs public et privé, dont près de 120 000 dans le réseau public de la santé et des services sociaux, et ce, dans toutes les catégories de personnel. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux ainsi que dans celui des services de garde. La FSSS–CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

La FNCC et la CSN mettent de l’avant cinq mesures pour contrer la crise de l’information

Devant l’ampleur de la crise qui secoue le secteur des médias d’information, les différents paliers de gouvernement doivent sans délai prendre les mesures appropriées afin de préserver l’accès à l’information des citoyennes et des citoyens et de contrer les reculs démocratiques entraînés par les fermetures et les pertes d’emploi au sein des salles de rédaction, estiment la CSN et la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN).

Alors que son programme de crédit d’impôt à la masse salariale de la main-d’œuvre journalistique vient à échéance, Québec doit sans délai annoncer son intention de le reconduire. Compte tenu du fait que les secteurs de la télé et de la radio sont à leur tour lourdement frappés par l’exode des revenus publicitaires, le gouvernement doit, par ailleurs, étendre la portée du programme aux salles de rédaction radio et télé, en fonction des emplois liés à l’information actuellement visés par le programme. Pour le secteur de la presse écrite, le crédit d’impôt doit dorénavant couvrir l’ensemble des emplois nécessaires au fonctionnement de ces médias.

Un fonds réservé pour soutenir l’information

Au cours des 10 dernières années, rappellent les organisations syndicales, les médias d’information québécois ont perdu 75 % de leurs revenus publicitaires. Une perte nette de 800 millions de dollars.

Afin de préserver l’accès à l’information et contrer les risques de reculs démocratiques, le gouvernement Legault doit mettre sur pied un fonds réservé et récurrent pour contrer les réductions d’effectif au sein des salles de rédaction des régions du Québec. À cet effet, la CSN et la FNCC–CSN lui demandent d’instaurer un « infofrais » de 2 % sur les achats d’appareils munis d’un écran (téléphones, tablettes, ordinateurs) ainsi que sur les services Internet et mobiles. En générant des revenus de l’ordre de 200 millions à l’échelle du Québec, cette contribution-redevance établit un mécanisme direct entre le consommateur de contenu d’information et le producteur du contenu en question.

La centrale syndicale demande également à Québec et à Ottawa de se doter d’une réelle politique gouvernementale d’achat publicitaire en appui aux médias d’information. La CSN et la FNCC–CSN demandent expressément aux gouvernements québécois et canadien, ainsi qu’à leurs ministères et organismes publics de cesser de faire affaire avec les géants du numérique qui ne se conforment pas à l’esprit des règles fiscales en vigueur.

Les annonceurs du secteur privé ayant déserté les médias d’information devraient pouvoir bénéficier d’incitatifs pour y revenir. Ainsi, les organisations syndicales demandent que les entreprises puissent déduire de leurs impôts le double de leurs dépenses effectuées auprès de médias d’information locaux. À portée de main des gouvernements du Québec et du Canada, une telle mesure favoriserait la canalisation des budgets publicitaires vers nos médias d’information.

Enfin, les membres des syndicats du secteur de l’information de la FNCC–CSN interpelleront, au cours des prochains mois, les villes du Québec et leurs communautés quant au rôle qu’elles peuvent jouer pour soutenir les médias d’information de leur région.

Toute l’information relative aux demandes de la CSN et de la FNCC–CSN pour contrer la crise du secteur de l’information se retrouve ici : www.csn.qc.ca/information

Déclarations 

« Seuls les gouvernements du Québec et du Canada ont la capacité structurante pour soutenir un secteur qui a perdu les trois quarts de ses revenus. Les enjeux sont immenses : il en va de notre accès à l’information, de nos droits démocratiques et du rayonnement social, économique et culturel de nos communautés. Le Québec a son histoire, sa langue, sa culture : une identité collective qui ne demeure possible qu’en conservant notre capacité à produire de l’information à propos de nos différentes réalités. » – Caroline Senneville, présidente de la CSN

« Les impacts sont terribles présentement, particulièrement en régions : les fermetures et les pertes d’emplois se multiplient, tout comme les vides médiatiques ainsi entraînés. Le crédit d’impôt à la main-d’œuvre journalistique ne peut plus se limiter à la presse écrite. Les récentes annonces à TVA, à Radio-Canada et à Bell Média démontrent que les secteurs de la télé et de la radio sont tout aussi affectés par la perte de revenus publicitaires. Québec et Ottawa doivent élargir leur programme afin de tenir compte de cette réalité. Et il faut s’assurer de mettre en place des mesures qui garantissent le réinvestissement des sommes publiques directement dans la production de l’information. » – Annick Charette, présidente de la FNCC–CSN

« Ce n’est pas seulement nos emplois qu’on veut protéger : on se bat pour défendre le droit du public à l’information. Leur droit d’être informés et de s’exprimer sur les enjeux qui les concernent directement. Or, on le voit partout, à Sherbrooke comme ailleurs au Québec : les salles de rédaction fondent à vue d’œil. On est de moins en moins de journalistes à couvrir les enjeux, que ce soit la vie municipale, la scène culturelle, le secteur des affaires… C’est autant de voix citoyennes qu’on entend moins, parce que nous sommes moins de journalistes pour rapporter ces nouvelles. Pour l’essor et le rayonnement de nos communautés, c’est un grave recul. » –Karine Tremblay, journaliste, vice-présidente de la FNCC–CSN

La FNCC–CSN regroupe 6000 membres dans 80 syndicats œuvrant dans les domaines des communications, du journalisme et de la culture. Elle est l’une des huit fédérations de la CSN qui réunit près de 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec.

Mandat de grève chez Autobus La Sapinière

Réunis en assemblée générale le 6 février, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus La Sapinière–CSN ont adopté à l’unanimité, par voie de scrutin secret, un mandat de moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée à déclencher au moment jugé opportun.

« Comme tous les transporteurs du Québec, notre employeur a reçu une majoration financière importante de ses contrats, dont une partie doit servir à la bonification des salaires. Nous connaissons donc sa capacité de bonifier nos conditions de travail, mais ses offres actuelles ne tiennent aucunement compte de l’argent qu’il a reçu et sont donc très loin de nos demandes. Avec ce mandat en poche, nous souhaitons un règlement rapide et nous travaillons entièrement en ce sens », déclare Stephen P. Gauley, président du syndicat.

« Il y a une nouvelle réalité salariale dans le secteur du transport scolaire et tous les employeurs doivent en tenir compte. Comme tous les autres transporteurs, la nécessité d’attirer et de retenir la main-d’œuvre dans le contexte actuel de pénurie doit se traduire obligatoirement par une bonification importante des salaires offerts. C’est ce que nous revendiquons depuis plus de 25 ans et c’est maintenant que l’argent versé par le gouvernement doit se rendre dans les poches de celles et de ceux qui conduisent les véhicules scolaires », ajoute Denis P. Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN.

« En février 2023, le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, est lui-même intervenu sur la place publique afin d’appuyer les revendications du secteur du transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN en soulignant que les chauffeuses et chauffeurs doivent avoir leur juste part, précise Josée Dubé, présidente de ce secteur. Les salarié-es du syndicat font partie d’un mouvement de travailleuses et de travailleurs qui doivent malheureusement recourir à la grève pour aller chercher cette juste part et nous allons être à leurs côtés jusqu’à ce qu’ils l’obtiennent. »

« Pour assurer l’important service de transport scolaire auquel les parents et leurs enfants ont droit, les employeurs doivent comprendre qu’ils doivent offrir des conditions de travail concurrentielles, à la hauteur du travail exigeant demandé aux chauffeuses et aux chauffeurs. En refusant de verser une part des sommes reçues du gouvernement – pourtant prévues à cette fin –, les transporteurs nous indiquent qu’ils préfèrent augmenter leurs profits plutôt que garantir ce service à la population », conclut Caroline Senneville, présidente de la CSN.

À propos

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus La Sapinière–CSN rassemble 30 membres et est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics–CSN (FEESP–CSN). La FEESP–CSN compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, réunis au sein de 120 syndicats sur une base régionale.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

La CSN réclame une loi-cadre au plus vite, mais pas sans dialogue social

La CSN salue, de manière générale, les recommandations contenues dans le rapport que le Conseil de l’innovation du Québec a rendu public aujourd’hui relativement à l’intelligence artificielle (IA), mais réclame que la société civile – nommément les organisations syndicales et les travailleuses et travailleurs qu’elles représentent – soit au cœur de la démarche menant à l’adoption, dans les meilleurs délais, d’une loi-cadre en matière d’IA et à son application éventuelle dans les milieux de travail.

« Là où nous rejoignons le ministre Fitzgibbon, c’est dans la nécessité, pour le Québec, de se doter d’une gouvernance basée sur la confiance qui va nous permettre de développer l’IA de manière éthique, durable et responsable, tout en limitant la perte d’emplois. Cela dit, l’essentiel se jouera sur le plan de l’application et de la mise en œuvre de la future loi-cadre que le gouvernement souhaite confier à une autorité indépendante. Pour nous, il est clair que la société civile – et les syndicats au premier chef – devra être partie prenante des décisions entourant le déploiement de cette loi, car les travailleuses et les travailleurs sont les premières personnes concernées par cette révolution technologique », a martelé la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

En ce qui concerne la question de l’emploi et du travail, la CSN répondra présente à l’appel d’un chantier visant à moderniser les lois du travail et les politiques sociales. « À l’instar des recommandations du conseil, nous devons nous inspirer des mesures les plus avant-gardistes pour protéger les travailleuses et les travailleurs face aux risques posés par l’IA, telles que la reconnaissance d’un droit à la décision humaine, comme c’est prévu dans le Règlement général sur la protection des données (RGPD) européen », ajoute Mme Senneville.

Quant à l’encadrement de l’utilisation de l’IA dans le secteur public, la CSN appuie la recommandation de renforcer le cadre de gouvernance de l’administration, mais souligne que de nombreuses discussions devront se poursuivre avec les représentantes et les représentants syndicaux. « La venue de l’intelligence artificielle dans des réseaux aussi névralgiques que l’éducation et l’enseignement supérieur pose d’importants problèmes en ce qui a trait aux risques de plagiat et à la détérioration de la relation pédagogique entre les étudiants et le personnel », poursuit Caroline Senneville.

Rappelons que la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ), affiliée à la CSN, avait réclamé d’urgence, au printemps dernier, un moratoire sur le développement des systèmes d’intelligence artificielle afin de permettre un encadrement international, national et local. « Maintenant que le rapport est déposé, il est impératif de légiférer, et ce, pour le bénéfice de l’ensemble de la société », de conclure la présidente.

 

 

Négociations du secteur public – À défaut d’une entente, le Front commun déclenchera la grève générale illimitée en début d’année 2024

Réunies hier dans leurs instances respectives, les délégations de la CSN, de la CSQ, de la FTQ et de l’APTS ont réitéré le mandat de déclencher la grève générale illimitée (GGI), ultime moyen de pression. Elles ont déterminé qu’à défaut d’entente satisfaisante d’ici là pour les 420 000 travailleuses et travailleurs qu’elles représentent la GGI sera exercée rapidement au moment opportun en début d’année 2024.

« Le message envoyé par nos instances pourrait se résumer en deux mots : ouverture et détermination. Après 11 jours de grève, forts de la mobilisation historique de 420 000 travailleuses et travailleurs et avec l’appui de la population à nos revendications, nous sommes ouverts à négocier une entente – favorable autant pour nos membres que pour la population du Québec – mais nous sommes aussi déterminés à obtenir les conditions nécessaires pour maintenir la pression tant qu’il le faudra », font valoir les porte-paroles du Front commun François Enault, premier vice-président de la CSN, Éric Gingras, président de la CSQ, Magali Picard, présidente de la FTQ et Robert Comeau, président de l’APTS.

Une entente possible, si la volonté politique est au rendez-vous

Au lendemain de ces instances, les porte-paroles du Front commun rappellent qu’une entente demeure possible d’ici la fin de l’année mais que pour y parvenir, il est essentiel que le gouvernement accepte de garantir la protection du pouvoir d’achat et d’assurer un enrichissement réel, permettant un rattrapage général des salaires et une amélioration des conditions de travail et d’exercice pour que les réseaux publics puissent faire face à la pénurie de main-d’œuvre qui les frappe de plein fouet. Des ouvertures ont été démontrées par les organisations syndicales, notamment sur la durée de la convention, mais, devant un contexte économique volatile, le gouvernement doit garantir aux 420 000 travailleuses et travailleurs qu’ils et elles ne courront pas le risque de voir leur pouvoir d’achat s’effriter au cours des prochaines années.

À la veille du temps des fêtes, le Front commun continuera de négocier et de mettre les bouchées doubles pour conclure une entente favorable dans les meilleurs délais pour les 420 000 travailleuses et travailleurs ainsi que pour la population. Ces avancées sont possibles, à condition que le gouvernement trouve des solutions pour répondre aux priorités des travailleuses et des travailleurs. Devant l’état actuel des réseaux l’heure n’est pas au statu quo, et encore moins aux attaques. Des mandats pour répondre aux propositions syndicales devront être confiés dès aujourd’hui aux tables sectorielles afin d’arriver à un règlement global.

« La balle est maintenant dans le camp du gouvernement. Nos membres sont mobilisés et déterminés. Nous avons un mandat clair pour avoir recours à la grève générale illimitée afin d’obtenir les conditions de travail nécessaires pour mettre un terme à la pénurie de main-d’œuvre. Nous allons exercer ce mandat si nécessaire et au moment jugé opportun en début d’année. Maintenant, ce que l’on veut d’abord et avant tout, c’est négocier sérieusement », concluent les porte-paroles.

À voir sur Facebook

Statistiques pour mieux comprendre les enjeux de cette négociation
  • Moyenne salariale des employées et employés du secteur public membres du Front commun : 43 916 $ ;
  • retard salarial : 16,6 % ;
  • retard de rémunération globale : 7,4 % ;
  • proportion de femmes parmi les membres du Front commun : 78 %.
À propos du Front commun

Ensemble, la CSN, la CSQ, la FTQ et l’APTS représentent plus de 420 000 travailleuses et travailleurs de l’État québécois dans les secteurs publics, en éducation, en santé et dans les services sociaux ainsi qu’en enseignement supérieur.

Le gouvernement encore coupable de négociations de mauvaise foi et d’entrave aux activités syndicales

Dans une décision tranchante, le Tribunal administratif du travail (TAT) remet à sa place le gouvernement, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé et ses négociateurs, en trouvant ces derniers coupables de négocier de mauvaise foi et d’entrave aux activités syndicales. Le TAT, dans son jugement rendu hier, impose des dommages punitifs exemplaires de l’ordre de 45 000 $ par organisation syndicale, pour un total de 315 000 $.

Les organisations syndicales avaient déposé des plaintes pour donner suite à l’imposition de mesures COVID par directives ministérielles unilatérales venant modifier les conditions de travail entravant ainsi le travail de représentation syndicale.

« Après avoir fait plusieurs déclarations antisyndicales dans les derniers jours, le gouvernement Legault se fait taper sur les doigts en pleine période de négociations. Les organisations syndicales en santé et services sociaux invitent le gouvernement à changer d’attitude et appellent ce dernier à mieux collaborer afin d’offrir de meilleures conditions de travail et salariales aux travailleuses et travailleurs des services publics » lancent d’une seule voix Réjean Leclerc, président de la FSSS–CSN, Jessica Goldschleger, première vice-présidente de la FP–CSN, Josée Fréchette, première vice-présidente de l’APTS, Isabelle Dumaine, présidente de la FSQ-CSQ, Sylvie Nelson, présidente du SQEES-FTQ, Maxime Ste-Marie, président du Conseil provincial des affaires sociales (CPAS-SCFP) et Julie Bouchard, présidente de la FIQ.

En modifiant unilatéralement les conditions de travail du personnel sans négociation avec les organisations syndicales, le gouvernement a, une fois de plus, fait de l’entrave syndicale. Dans sa décision, le TAT déplore un « un irrespect total du processus de négociation collective » et « une attitude délinquante » du ministre de la Santé, de ses négociateurs et de son ministère. En plus des dommages punitifs, le TAT force le MSSS à afficher la décision en ligne, mais surtout à cesser d’entraver les activités syndicales et de négocier de mauvaise foi. Rappelons que le gouvernement n’en est pas à sa première condamnation. Des décisions récentes du TAT ont déjà reconnu ses entraves syndicales et sa négociation de mauvaise foi.

« Qu’est-ce que ça va prendre pour que le gouvernement comprenne que ce n’est pas en agissant seul qu’il va arriver à améliorer les conditions de travail pour le personnel du réseau de la santé et des services sociaux? Le gouvernement n’est pas au-dessus des lois. Non seulement il refuse d’écouter les solutions proposées par le personnel en négociation, mais, maintenant, c’est le tribunal qui lui envoie un message clair et le ramène à l’ordre. Il est grand temps qu’il se montre ouvert aux solutions proposées par les représentants syndicaux qui sont d’ailleurs la voix des membres qu’ils et elles représentent », de conclure les organisations syndicales.

Le personnel de tous les cégeps du Québec doit être entendu!

Les porte-parole des organisations syndicales membres du Front commun représentant la quasi-totalité du personnel enseignant, de soutien et professionnel du réseau collégial public ainsi que des travailleuses et des travailleurs du réseau collégial se rassemblent ce matin devant les bureaux du ministère de l’Enseignement supérieur, à Montréal, afin de rappeler que le gouvernement doit appuyer sur la pédale d’accélération dans les négociations sectorielles les concernant.

Des attaques patronales injustifiées
Alors que les problèmes d’attraction et de rétention du personnel s’accentuent dans les cégeps, il est pour le moins renversant de constater que la partie patronale souhaite imposer des reculs aux tables de négociation du réseau collégial.Alors que des solutions existent, il est urgent que la partie patronale s’engage à réellement négocier. « Nos membres sont déterminés à ne pas s’appauvrir et à obtenir des conditions de travail modernes qui reconnaissent la valeur de leurs compétences professionnelles. De son côté, la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ) demeure tout aussi déterminée dans sa recherche de solutions et encourage la partie patronale à s’engager dans un blitz de négociations d’ici le congé des fêtes pour améliorer l’attractivité des emplois et, donc, la qualité des services professionnels offerts au collégial », affirme Matthieu St-Pierre-Poulin, vice-président de la FPPC-CSQ.« En restreignant l’accès au congé sans solde et au programme de réduction volontaire du temps de travail, le gouvernement s’attaque aux rares avantages qu’il restait de travailler dans le réseau public. Cette négociation ne peut pas être celle des reculs ou du statu quo. Si l’on n’améliore pas les conditions de travail, les départs massifs de professionnelles et de professionnels vers d’autres secteurs vont se poursuivre. Il en va de la survie des cégeps comme service public essentiel », souligne Kathrin Peter, deuxième vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).
Où est la ministre de l’Enseignement supérieur?
Ce matin, les travailleuses et les travailleurs du réseau collégial aimeraient bien mieux être au chaud, dans les cégeps, à offrir des services aux étudiantes et aux étudiants plutôt que d’être encore obligés de faire la grève et de se rassembler devant le ministère de l’Enseignement supérieur!« Mais ce gouvernement ne nous donne pas d’autres choix. Notre négociation n’avance pas, malgré tout ce que les ministres du gouvernement Legault peuvent dire, à l’exception de la ministre responsable du réseau collégial, qu’on ne voit nulle part. À la veille du congé des fêtes, la partie patronale n’a toujours pas de mandats nous permettant d’avancer sur les demandes syndicales prioritaires : les assurances collectives, les congés rémunérés, les primes, les libérations syndicales, le télétravail et, enfin, le travail du personnel de soutien en cas de suspension des cours. Le Conseil du trésor doit donner les mandats nécessaires aux équipes de négociation pour négocier réellement avec nous, au plus vite. Pas demain, pas dans deux jours, maintenant! », enchaîne Riccardo Pavoni, président du Secteur soutien cégeps de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).Encore une fois, le réseau collégial semble être complètement ignoré par le gouvernement Legault dans cette négociation pourtant cruciale pour les services publics.« Le personnel de soutien collégial est complètement invisible présentement. Personne n’est là, au ministère, pour soulever les enjeux de notre réseau. La ministre Déry représente-t-elle vraiment l’enseignement supérieur à l’Assemblée nationale? Pourtant, on vit les mêmes choses que les autres réseaux. Malgré ça, on veut toujours nous imposer des reculs qui vont complètement à l’encontre de l’attraction et de la rétention du personnel. Après un an de discussion, il est plus que temps que la partie patronale ait les mandats en poche pour régler cette négociation. C’est assez! », s’insurge Valérie Fontaine, présidente de la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ).« Le gouvernement n’a pas de stratégies de négociation viables. Ces différents reculs et le refus obstiné depuis un an de parler des solutions syndicales ne peuvent plus durer. Mettons l’épaule à la roue et réglons pour le bien de tous les jeunes, qui méritent un système collégial efficace et florissant », ajoute Éric Gascon, président du Conseil provincial des collèges du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ).

Les enseignantes et les enseignants grandement préoccupés
À l’instar des réseaux scolaire et de la santé, plusieurs enjeux sectoriels se négocient actuellement aux tables de négociation du réseau collégial. En ce qui concerne la profession enseignante, « si les cégeps constituaient un des réseaux “gérés par les syndicats”, comme l’a déclaré le premier ministre, nous n’aurions pas besoin de négocier. La réalité, c’est plutôt que, depuis 2010, le nombre de cadres a explosé, un phénomène rendu tangible par l’augmentation de 22 % de leur poids dans la masse salariale, alors que le poids des profs n’a crû que de 2 %. Afin de rétablir l’équilibre, il est grand temps que le gouvernement attribue de véritables mandats de négociation, car, en ce qui nous concerne, il s’avère clair qu’il n’y aura pas d’entente sans gains sectoriels significatifs », terminent Yves de Repentigny et Youri Blanchet, respectivement vice-président de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) et président de la Fédération de l’enseignement collégial (FEC-CSQ), organisations qui ont joint leurs forces dans le cadre de cette négociation au sein de l’Alliance des syndicats de professeures et professeurs de cégep (ASPPC).
À propos
Regroupés en Front commun, la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ–CSN), la Fédération de l’enseignement collégial (FEC-CSQ), la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ), la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ), la Fédération des professionnèles (FP–CSN) et le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ) représentent la quasi-totalité du personnel des cégeps du Québec.

Les 420 000 travailleuses et travailleurs du Front commun entament une grève de 7 jours

Plus de 2 500 travailleuses et travailleurs du Front commun ont marqué le déclenchement de la plus longue grève du secteur public des 50 dernières années en accueillant les députés en cette dernière journée de la session parlementaire régulière à Québec. C’était aussi l’occasion de rappeler haut et fort leurs revendications et que, même si les fêtes approchent à grands pas, pas question de mettre la pédale douce sur la mobilisation tant que des offres qui répondent à leurs besoins ne seront pas sur la table.

« Si le gouvernement cherche à profiter de la conjoncture actuelle et à nous coincer pour briser notre mouvement, les jours qui viennent lui donneront une idée de ce qui pourrait l’attendre s’il poursuit son entêtement. Notre mouvement ne s’essouffle pas, au contraire. Les dernières semaines ont été galvanisantes, et la population appuie clairement les travailleuses et les travailleurs de nos réseaux. La dernière offre était insuffisante, on continue de négocier et on ne lâche pas! », ont lancé les porte-paroles du Front commun, François Enault, premier vice-président de la CSN, Éric Gingras, président de la CSQ, Magali Picard, présidente de la FTQ, et Robert Comeau, président de l’APTS, en point de presse vendredi matin.

« Personne ne souhaite faire la grève, c’est un moyen, pas une fin en soi. Mais plus encore, personne ne souhaite que nos réseaux continuent de se détériorer de la sorte. La situation est intenable, et, cette fois, tout le monde comprend bien que l’amélioration passe en grande partie par cette négociation. Notre détermination est grande, celle des membres l’est plus encore. Notre monde mérite mieux, le Québec mérite mieux. Et c’est aussi ce que signale la population au gouvernement. C’est le temps de faire le choix politique qui s’impose : des conditions de travail et de pratique qui permettent enfin de revaloriser tout le travail investi par celles et ceux qui éduquent, soutiennent, accompagnent et prennent soin. »

L’objectif du Front commun demeure d’en arriver à un règlement avant les fêtes, et le mandat voté par les membres permettait d’utiliser des séquences de grève selon les besoins de la négociation. C’est donc une ultime séquence de journées de grève qui s’amorce aujourd’hui, et il s’agit aussi du dernier avertissement. Rappelons que le Front commun détient un mandat très fort, adopté à plus de 95 %, de déclencher une grève générale illimitée au moment jugé opportun.

Pour le Front commun, il est clair que le gouvernement porte une importante part de responsabilité face au recours à la grève. Son refus de proposer des offres à la hauteur des besoins urgents des travailleuses et des travailleurs crée le blocage actuel aux tables de négociations.

« C’est quand même fou d’en arriver là après plus d’un an de négociation! Et on est toujours devant les mêmes vieilles stratégies gouvernementales : d’abord, ne pas montrer de véritable volonté de négocier, puis le faire sur la place publique à coup de déclarations vaines, attendre que la mobilisation soit à son comble et que les moyens de pression éclatent pour tout précipiter en quelques semaines. Cette fois, notre monde en a eu assez et ils ne sont pas les seuls! Les solutions existent, et c’est le temps de prendre les enjeux qui secouent nos réseaux à bras le corps. Là, ça suffit! »

Rappelons que le gouvernement a présenté une nouvelle offre au Front commun mercredi après-midi, laquelle a été jugée insuffisante à sa face même. Mais le Front commun rappelle que tout est en place pour faire atterrir la négociation. Les équipes sont entièrement disponibles, et les instances respectives sont même prévues dans la semaine du 18 décembre afin de faire le point sur la négociation. L’objectif demeure un règlement satisfaisant pour l’ensemble des travailleuses et des travailleurs de nos réseaux. Et ce ne sera possible que si les conditions de travail ET le salaire sont à la hauteur de leurs attentes!

Le Front commun représente 420 000 travailleuses et travailleurs des secteurs de la santé et des services sociaux, de l’éducation et des cégeps, qui seront en grève du 8 au 14 décembre inclusivement. Le conflit touche l’ensemble des centres de services scolaires, des cégeps et des établissements de santé et de services sociaux du Québec.

Pas d’entente possible sans une garantie de la protection du pouvoir d’achat et un enrichissement permettant un rattrapage salarial

« Il n’y aura pas d’entente sans la protection du pouvoir d’achat et sans un enrichissement permettant un rattrapage pour nos membres. Nous ne laisserons personne s’appauvrir et ça, le gouvernement de la CAQ doit le comprendre ». C’est en ces termes que les porte-paroles du Front commun ont répondu à l’offre de table centrale déposée hier par le gouvernement.

Pour François Enault, premier vice-président de la CSN, Éric Gingras président de la CSQ, Magali Picard présidente de la FTQ et Robert Comeau, président de l’APTS, le gouvernement a finalement déposé hier – un an après le début des discussions – une première offre salariale qui permettra de négocier de manière plus sérieuse. Toutefois, il semble toujours aussi déconnecté de la réalité vécue par les travailleuses et les travailleurs des services publics, en offrant 12,7% sur cinq ans. « Pas 16,7% comme il l’affirme publiquement, mais bel et bien 12,7%, tel qu’écrit noir sur blanc dans le dépôt ».

Appauvrir les femmes

Rappelons que selon les chiffres du ministère du Travail, les conventions collectives signées en 2022 incluent une augmentation moyenne de 9 % pour la première année. Que propose le gouvernement aux travailleuses et aux travailleurs des réseaux publics pour la première année? Un maigre 4,3 %, alors que l’inflation de 2022 a été de 6,7 %.

« Est-ce que les médecins spécialistes, est-ce que les policiers de la SQ, est-ce que les juges accepteraient de s’appauvrir? La réponse est NON. Comment le gouvernement de la CAQ peut-il sérieusement proposer cela aux femmes des services publics? »

Aucun rattrapage

En plus de l’appauvrissement qui est sur la table, la nouvelle offre ne permet toujours pas un rattrapage. « Les travailleuses et les travailleurs continueront de subir un retard important par rapport aux autres salarié-es du Québec, tant sur les salaires que sur la rémunération globale, même quand on considère le régime de retraite. Il s’agit d’un enjeu primordial si le gouvernement souhaite remettre les services publics sur les rails en attirant et en retenant la main-d’œuvre nécessaire, au lieu de quoi, les travailleuses et les travailleurs actuels seront nombreux à choisir de fuir les réseaux. » Le plus récent rapport de l’Institut de la statistique du Québec indique d’ailleurs que ce retard dans la rémunération globale est de 7,4 % par rapport aux autres salariés du Québec.

La retraite

Rare point positif de cette nouvelle offre : le recul du gouvernement à propos de ses attaques sur le régime de retraite. « Enfin, le gouvernement s’est rendu à l’évidence : les travailleuses et les travailleurs n’avaient pas à être pénalisés par la bonification du Régime des rentes du Québec. En ayant réglé cette question, nous pourrons enfin parler des salaires, des assurances, des ouvriers spécialisés et des disparités régionales, des enjeux importants pour lesquels le statut quo est impensable ».

Statistiques pour mieux comprendre les enjeux de cette négociation

  • Moyenne salariale des employées et employés du secteur public membres du Front commun : 43 916 $ ;
  • Retard salarial : 16,6 % ;
  • Retard de rémunération globale : 7,4 % ;
  • Proportion de femmes parmi les membres du Front commun : 78 %.

Le prix Pierre-Vadeboncoeur remis à Dahlia Namian

Le prix Pierre-Vadeboncoeur, créé par la CSN en 2011, a été remis à la sociologue Dahlia Namian pour son essai La société de provocation, publié chez Lux éditeur. Ce prix est doté d’une bourse de 5000 $ et a été remis à la lauréate par la secrétaire-générale de la CSN, Nathalie Arguin.

L’annonce en a été faite aujourd’hui à l’occasion d’une réunion du conseil confédéral de la centrale qui se tient à Lévis. Pierre Vadeboncoeur, considéré par plusieurs comme l’un des plus importants essayistes québécois, a été conseiller syndical à la CSN de 1950 à 1975.

Cette œuvre, dont le sous-titre est Essai sur l’obscénité des riches, illustre de manière absolument convaincante à quel point l’étalage de la richesse de milliardaires comme Elon Musk, Jeff Bezos ou Bernard Arnault constitue un outrage à l’égard de la multitude qui peine à se nourrir et à se loger. La présidente du jury, Claudette Carbonneau, qui a présidé la CSN de 2002 à 2011, a déclaré en remettant le prix : « Les militantes et les militants vont trouver dans cet essai matière à nourrir leur argumentaire quand il s’agira de faire la démonstration de ces injustices et de ces inégalités qu’il nous faut combattre au quotidien. »

Outre la présidente, le jury était composé des lauréats de l’année dernière, l’auteure Mélikah Abdelmoumen, le journaliste Jean-François Nadeau du Devoir et Catherine Ladouceur, professeure de littérature au Cégep de Sherbrooke et syndiquée à la CSN.

Madame Namian enseigne à l’École de travail social de l’Université d’Ottawa. Ses travaux de recherche portent sur la pauvreté et l’exclusion.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle regroupe plus de 330 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, ainsi que sur une base régionale dans 13 conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la résidence Wales–CSN | CHSLD Foyer Wales

À la suite du dépôt de la requête en accréditation, le 4 août 2023, le Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la résidence Wales – CSN a été accrédité pour représenter :

« Tous les salarié(e)s au sens du Code du travail à l’exclusion des employés-es de bureau et du personnel administratif »

Les travailleuses et travailleurs de cette résidence ont fait la démarche de se syndiquer dans le but de contrer le favoritisme ainsi que le comportement irrespectueux de cet employeur.

Le désir de vouloir avoir leur mot à dire depuis le conventionnement de cet établissement a fait partie de leur décision de faire la démarche de se syndiquer et cela, avec une forte majorité.

Cette démarche de syndicalisation leur permettra d’améliorer leurs conditions de travail, de tendre vers des conditions se rapprochant des autres syndicats dans le même milieu de travail et d’obtenir le respect de leur employeur qu’ils méritent.

Ce nouveau syndicat sera affilié à la Fédération de la santé et services sociaux, au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

Attention : la CAQ met nos ainé-es en danger

Par crainte de rupture de service, le gouvernement de la Coalition Avenir Québec souhaite pérenniser un règlement mis en place dans l’urgence, en pleine pandémie. Alors même que durant cette période nous avons été témoins de situations désastreuses en résidence pour ainés (RPA), ce projet de modification permettrait à toute personne appelée à donner des soins aux usagères et usagers de RPA, mais non membre d’un ordre professionnel, de rester en poste pendant un an, et ce, sans qu’aucune formation ne soit exigée. La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) tire la sonnette d’alarme quant aux dangers d’une telle décision pour nos ainé-es et elle interpelle le gouvernement pour qu’il exige que les travailleuses et travailleurs en RPA reçoivent les formations de base beaucoup plus rapidement.

Avant la pandémie, le personnel de RPA devait, pour être embauché, avoir minimalement suivi la formation de réanimation cardiorespiratoire (RCR) et celle portant sur les Principes pour le déplacement sécuritaire des bénéficiaires (PDSB). Le gouvernement souhaite maintenant accorder un délai d’un an après l’embauche pour ces mêmes formations, pourtant très courtes et essentielles à l’exercice du métier.

Lorsque l’on travaille avec des ainé-es en résidence, il est fondamental de pouvoir intervenir en cas d’urgences cardiovasculaires ou d’étouffement. « La formation (RCR) ne dure qu’une journée, dont la moitié peut être faite en ligne. On comprend qu’il manque de personnel, mais de permettre une année complète sans que cette formation de base soit suivie dépasse l’entendement. Des situations d’horreur sont à prévoir parce que c’est carrément dangereux pour la santé et la sécurité nos ainé-es », s’indigne Lucie Longchamp, vice-présidente de la FSSS–CSN.

Marlène Ross, représentante du secteur des centres d’hébergement privés à la FSSS–CSN, souligne également le fait qu’aujourd’hui, dans les résidences pour aîné-es, on retrouve des personnes en déficience intellectuelle, qui sont en dépassement de soins ou encore qui ont des troubles mentaux. « Il est irresponsable de placer ces gens vulnérables et à risque entre les mains de personnes mal outillées pour composer avec leurs réalités. C’est contraire au principe de précaution et ça met nos ainé-es à risque. »

« De plus, ne pas recevoir la formation pour déplacer correctement les usagers et les usagères laisse présager de nombreux accidents de travail. On veut attirer plus de personnel, mais on ne met pas le cadre pour les garder en place. On comprend le besoin de plus de flexibilité, mais on pense que les travailleuses et les travailleurs devraient être formés à leur arrivée ou dans les semaines suivant leur embauche », de conclure la représentante syndicale du secteur.

Le Front commun sera en grève les 21, 22 et 23 novembre prochains

Alors que 420 000 travailleuses et travailleurs sont en grève partout au Québec depuis minuit, le Front commun annonce ce matin que la prochaine séquence de grève se déroulera du 21 au 23 novembre prochains, à moins de parvenir à une entente d’ici là.

« Nous annonçons aujourd’hui le moment de la deuxième séquence de grève qui se tiendra sur trois journées complètes. Notre message ce matin est clair : nos équipes de négociation sont entièrement disponibles pour les deux prochaines semaines. L’objectif, c’est d’arriver à un règlement qui sera gagnant-gagnant, pour les travailleuses et les travailleurs, ainsi que pour les services à la population. Personne ne souhaite une autre séquence de grève, mais nous serons prêts s’il le faut », ont lancé les porte-paroles du Front commun, François Enault, premier vice-président de la CSN, Éric Gingras, président de la CSQ, Magali Picard, présidente de la FTQ et Robert Comeau, président de l’APTS.

« Cela dit, il faut bien comprendre que ce mouvement est une démonstration de la détermination de nos membres, qui ont voté à 95 % en faveur de la grève et qui sont prêts à aller jusqu’au bout, jusqu’à la grève générale illimitée, si le gouvernement ne comprend pas le message », ont tenu à préciser les porte-paroles.  

Rappelons que le 29 octobre dernier, le Conseil du trésor a déposé une offre contenant une bonification dérisoire de seulement 1,3 %. L’offre salariale, qui est passée de 9 % sur cinq ans à 10,3 % pour la même période, ne réglerait en rien les problèmes causés par l’immense retard que subissent les 420 000 travailleuses et travailleurs regroupés en Front commun. Au contraire, elle les appauvrirait.

« Après que 100 000 personnes soient venues appuyer le Front commun dans les rues le 23 septembre, après un mandat de grève générale illimitée adopté à 95 % après un dépôt insultant dimanche dernier, le gouvernement nous pousse aujourd’hui à exercer la grève. Il récolte ce qu’il a semé, rien de moins. À l’heure actuelle, nous avons élagué nos demandes à l’ensemble des tables sectorielles. Mais une chose est certaine, les attentes des travailleuses et des travailleurs sont grandes. Laisser notre monde s’appauvrir, c’est non négociable ! », ont tonné les porte-paroles. 

Rappelons aussi que le gouvernement a choisi de donner aux parlementaires 30 % d’enrichissement et de rattrapage, auxquels viendront s’additionner d’autres augmentations annuelles, et qu’il a offert 21 % sur cinq ans aux policiers de la Sûreté du Québec, offre qui a été refusée. L’entente salariale à convenir avec le Front commun devra obtenir le même niveau de considération.

Cibles d’immigration : les centrales syndicales décrient l’omission de l’immigration temporaire

Les quatre grandes centrales syndicales dénoncent le manque de considération du gouvernement du Québec envers les travailleuses et les travailleurs migrants temporaires, alors qu’il a décidé de maintenir sa cible d’immigration à 50 000 personnes. Pour la CSD, la CSN, la CSQ et la FTQ, cette décision rend quasiment impossible l’accès à la résidence permanente pour ces gens qui contribuent pleinement à la vitalité économique et sociale du Québec.  

« En maintenant ses cibles, le gouvernement emprisonne dans la précarité la grande majorité des personnes immigrantes temporaires qui habitent et travaillent déjà dans nos milieux, partout au Québec », a décrié la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

Au cœur de l’enjeu, la grande proportion des travailleuses et travailleurs temporaires aux prises avec des permis fermés qui les rendent captifs d’un seul employeur avec, pour conséquence, la crainte de représailles s’ils tentent de faire valoir leurs droits. Rappelons que le rapporteur spécial de l’ONU a dénoncé cette situation qui s’apparente à de l’esclavage moderne. 

« Dans un contexte de recours débridé à la main-d’œuvre temporaire pour combler des besoins permanents, le gouvernement ne pouvait omettre d’inclure cette proportion importante des personnes immigrantes dans ses cibles d’immigration. En les ignorant, il pave la voie à ce que les abus se poursuivent et se généralisent à l’égard des travailleuses et travailleurs étrangers captifs de leur permis de travail fermé », explique Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ. 

Les nombreux obstacles à la résidence permanente contribuent d’ailleurs à la croissance, au sein du marché du travail, d’une population immigrante sans statut, dont plusieurs travailleuses et travailleurs ne détiennent que des permis temporaires. Leur accueil permanent est donc considéré comme un enjeu crucial, tout comme la régularisation de leur statut.

« Nous saluons le désir de mieux soutenir l’accès à la francisation des travailleuses et travailleurs étrangers temporaires et d’encourager les employeurs à prendre leurs responsabilités en la matière. Cependant, nous demandons des moyens pour les inclure et les franciser, et non de nouvelles mesures d’exclusion. L’apprentissage effectif du français ne pourra se faire dans les conditions proposées », explique Mario Beauchemin, vice-président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

Pour les centrales, les travailleuses et les travailleurs migrants ne doivent pas se voir imposer de nouvelles exigences au renouvellement de leur permis de travail, tel qu’un niveau de français, et à l’obtention de la résidence permanente. Ils devraient plutôt avoir un accès réel à la francisation, à de meilleurs salaires et des conditions de travail décentes, à des protections sociales et à une meilleure protection contre l’exploitation et les abus.

« L’immigration est un sujet à la fois crucial pour l’avenir de la société québécoise, et malheureusement polarisé à outrance. La planification et les niveaux d’immigration doivent refléter nos réels besoins et être plus humains. Il nous incombe de développer les capacités d’accueil, incluant la francisation en milieu de travail et la régionalisation de l’immigration, afin d’inclure convenablement toutes les personnes immigrantes », explique Luc Vachon, président de la CSD.

L’immigration temporaire est composée des travailleuses et travailleurs étrangers, des demandeurs d’asile et des étudiantes et étudiants étrangers. Au Canada, cette immigration a augmenté de 68 % en deux ans et représente désormais plus de 470 976 personnes au Québec, selon Statistique Canada. 

Un dépôt insultant, une fois de plus

« Beaucoup de bruit pour rien : une bonification pitoyable de seulement 1,3 % sur une durée de cinq ans. » C’est avec une vive déception, mais peu d’étonnement, que les porte-paroles du Front commun ont pris connaissance du dépôt effectué ce matin par le Conseil du trésor, lequel est reçu comme un affront. Encore une fois, le gouvernement démontre son incapacité à comprendre les difficultés vécues dans les services publics et à réaliser l’urgence de sauver le bateau qui est en train de couler. Il prouve de plus sa déconnexion complète face à la colère des travailleuses et des travailleurs qui, épuisés, portent sur leurs épaules des services publics plus que jamais fragilisés.

« Ce dépôt est une nouvelle claque au visage des 420 000 travailleuses et travailleurs du Front commun. C’est une insulte. C’est trop peu trop tard. Pour nos gens, tendre l’autre joue, c’est terminé », ont tonné d’une seule voix les porte-paroles du Front commun, François Enault, premier vice-président de la CSN, Éric Gingras, président de la CSQ, Magali Picard, présidente de la FTQ, et Robert Comeau, président de l’APTS.

Malgré le fait que 100 000 personnes sont venues appuyer le Front commun dans les rues le 23 septembre, malgré un mandat de grève générale illimitée adopté à 95 % et l’annonce d’une première journée de grève, l’éléphant a encore accouché d’une souris. Le gouvernement continue de vouloir tout décider seul, de tout imposer, habitué à manœuvrer ainsi depuis sa première élection, en 2018.

« Nous ne voyons rien dans ce dépôt qui permettrait de lever la grève. Nous devons nous rendre à l’évidence. La grève est la seule solution pour que le gouvernement comprenne. Puisqu’il le souhaite, on va l’exercer haut et fort le 6 novembre prochain », ont renchéri les porte-paroles. Ces derniers ont aussi précisé qu’ils prendront le temps d’analyser le dépôt en détail et en feront la présentation à leurs instances respectives, mais il ne fait déjà aucun doute qu’il n’est pas à la hauteur des attentes de leurs membres.

Offre salariale

L’offre salariale, qui est passée de 9 % sur cinq ans à 10,3 % pour la même période, ne réglera en rien l’immense retard que subissent les 420 000 travailleuses et travailleurs regroupés en Front commun par rapport aux autres Québécoises et Québécois.

« La nouvelle offre salariale ne réussira pas à nous sortir de l’appauvrissement proposé par le gouvernement. Nous jouons toujours dans le même mauvais film, un film catastrophe. »

Rappelons que le gouvernement a choisi de donner aux parlementaires 30 % d’enrichissement et de rattrapage auxquels viendront s’additionner d’autres augmentations annuelles et qu’il a offert 21 % aux policiers de la Sûreté du Québec. L’entente salariale à convenir avec le Front commun devra le considérer.

« Nous constatons que ces offres substantielles ont été offertes à des emplois à majorité masculine, alors que les services publics, composés à 78 % de femmes, ne se font offrir que des miettes. On est encore devant une discrimination inacceptable envers les femmes. »

Primes

En reconduisant certaines primes jusqu’au renouvellement de la convention collective, la ministre LeBel a posé le seul geste sensé dans le contexte, mais il ne s’agit pas d’un gain, c’était déjà acquis. S’attaquer aux conditions de travail et de pratique des travailleuses et des travailleurs œuvrant dans des secteurs en difficulté, de la part d’un gouvernement qui prétend vouloir être un employeur de choix, aurait été une grave erreur. Cependant, en mettant fin à des mesures administratives prévues dans le cadre de la COVID-19, le gouvernement met le feu aux poudres.

Retraite

Le recul du gouvernement sur une mesure de « détention » qu’il voulait imposer au Régime de retraite du personnel employé du gouvernement et des organismes publics (RREGOP) – soit le fait de faire passer la retraite sans pénalité de 55 à 57 ans pour les personnes ayant 35 ans de service – constitue une bonne nouvelle, certes, mais l’attaque majeure demeure alors que le régime est pourtant en excellente santé financière, dont la réduction des rentes exigées sous prétexte d’une bonification du régime de rentes du Québec (RRQ).

Tables sectorielles

Le règlement de cette négociation passe certes par une entente à la table centrale, mais également aux tables sectorielles. « Malgré tous les signaux envoyés à ces tables, dont l’élagage mené récemment, nos vis-à-vis patronaux répondent qu’ils n’ont aucun mandat pour parler même de leurs propres demandes. Nous sommes rendus à nous questionner sur la volonté et la capacité du gouvernement à convenir d’ententes satisfaisantes prochainement. »

Comme toujours, le Front commun sera disponible pour négocier afin de faire avancer cette négociation rapidement, à la satisfaction de ses membres.

Le Front commun sera en grève le 6 novembre

Le 6 novembre prochain, les 420 000 travailleuses et travailleurs représentés par le Front commun exerceront une première séquence de grève, d’une journée. En éducation, dans la santé et les services sociaux ainsi qu’en enseignement supérieur, partout au Québec et d’une seule voix, ils enverront un premier coup de semonce pour forcer le gouvernement à faire une offre substantielle au Front commun.

C’est par les médias sociaux que le Front commun a appris cette semaine l’intention du gouvernement de déposer une nouvelle offre ce dimanche, 29 octobre. « Nous attendrons de prendre connaissance du dépôt gouvernemental avant de commenter. Mais nous dirons tout de même ceci : pour se sortir du pétrin dans lequel il s’est lui-même placé, le gouvernement n’a qu’une chose à faire : revenir avec une offre substantielle et cesser ses attaques, notamment sur la question de la retraite. Une nouvelle offre insuffisante accompagnée d’une énième opération médiatique serait reçue comme une claque en plein visage par les femmes et les hommes qui font fonctionner les services publics. La hauteur des mandats de grève octroyés par les membres témoigne de la hauteur des attentes dans nos réseaux quant à l’issue de cette négociation », ont déclaré les représentants du Front commun, François Enault, premier vice-président de la CSN, Éric Gingras, président de la CSQ, Magali Picard, présidente de la FTQ, et Robert Comeau, président de l’APTS, en conférence de presse, ce matin, à Montréal.

« Nous avions été clairs sur notre intention d’exercer le mandat et la stratégie de grève votés par les travailleuses et les travailleurs que nous représentons pour arriver à une entente satisfaisante. Au-delà des échanges croisés sur l’élagage aux tables sectorielles, la réalité, c’est que rien ne bouge à la table centrale et sur les questions salariales ».

Depuis de nombreux mois, le Front commun est sur toutes les tribunes pour rappeler au gouvernement que ses offres ne passent pas et que de proposer aux travailleuses et aux travailleurs de maintenir le statu quo constitue la recette parfaite pour mettre le feu aux poudres. Compte tenu de l’état dans lequel se trouvent nos réseaux publics, maintenir une offre salariale insultante, des attaques au régime de retraite et réclamer à tout vent plus de flexibilité relève de l’aberration. Si le gouvernement veut être un employeur de choix, il faut que ça se traduise aux tables de négociation.

« Après un an de négociations, des dizaines de rencontres aux tables, beaucoup d’échanges à travers les médias, des actions de mobilisation et de visibilité partout au Québec, une manifestation monstre qui a rassemblé 100 000 personnes dans les rues de Montréal, et maintenant des mandats à 95 % en faveur d’une grève pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée, il faut croire que le gouvernement attend une première journée de grève pour bouger, si désolant cela soit-il. Mais que ce soit clair : il est responsable de l’annonce que nous faisons aujourd’hui », ont ajouté les leaders syndicaux.

« Nous sommes conscients des impacts considérables qu’une grève engendre sur le quotidien des Québécoises et des Québécois. Mais nous savons que la population n’a plus envie de vivre avec des services publics carencés et continuellement en pénurie de main-d’œuvre. Nous espérons donc sincèrement que ce sera assez pour faire bouger le gouvernement de manière sérieuse et limiter les désagréments. Mais si le message n’était pas entendu, une deuxième séquence pourrait être exercée, laquelle constituerait le plus grand mouvement de grève qu’ait connu le secteur public depuis 50 ans. »

Dans l’éventualité du déclenchement d’une grève le 6 novembre prochain, le Front commun précise que les services essentiels seront assurés.

Touche pas à nos accouchements! Six grands rassemblements citoyens pour sauver la pratique sage-femme

Alors que l’avenir de la pratique sage-femme est actuellement gravement menacé par le projet de loi 15 du ministre de la Santé, Christian Dubé, des centaines de citoyennes et citoyens des quatre coins du Québec, ainsi que des personnalités publiques et politiques de tous les horizons, se mobilisent à Montréal, Québec, Sherbrooke, Gatineau, Gaspé et Carleton-sur-Mer pour envoyer un message clair au ministre jusqu’ici demeuré sourd à leurs requêtes. Celui-ci doit prendre acte des préoccupations et revendications portées par des milliers de femmes et citoyens inquiets et modifier son projet de loi afin de préserver l’autonomie professionnelle des sages-femmes et les droits fondamentaux des femmes du Québec.

La pratique sage-femme en péril
Avec le PL15, les services de sage-femme sont désormais intégrés dans une gouvernance hiérarchique médicale et centralisée qui mine à la fois l’autonomie professionnelle ainsi que la culture organisationnelle de proximité qui ont toujours été les clés du déploiement et de la qualité des services de sage-femme au Québec.

Pour la présidente du Regroupement Les Sages-femmes du Québec, Josyane Giroux, ce sont les fondements mêmes de la pratique sage-femme qui sont attaqués dans le projet loi 15.

« En abolissant les conseils des sages-femmes et les responsables des services de sage-femme, le ministre Dubé vient démanteler les piliers sur lesquels repose la capacité des sages-femmes à soutenir le choix libre et éclairé et l’offre des trois lieux de naissance au sein de notre réseau de la santé, et ce, depuis près de 25 ans. Ce n’est pas en nous accordant le droit d’admettre en milieu hospitalier ou en nous obligeant à joindre le conseil des médecins, dentistes et pharmaciens que le ministre corrige ces lacunes. Ce ne sont pas des « avancées », pour reprendre ses propres mots, mais une transformation radicale qui met en danger notre profession! », a déploré Mme Giroux.

Un affront direct aux droits des femmes
« Ce qui est en train de se dérouler à l’heure actuelle à l’Assemblée nationale dans le cadre de l’étude du projet de loi 15 est extrêmement préoccupant. Non seulement du point de vue de l’avenir de notre réseau public de santé et de services sociaux, mais aussi du point de vue des femmes, qui sont des milliers à s’inquiéter aujourd’hui du sort que leur réserve ce projet de loi en matière de liberté de choix durant leur grossesse et leur accouchement. Car il faut être clair : ce qui est en train de se décider avec le projet de loi 15, c’est essentiellement la fin de la profession de sage-femme telle qu’elle est revendiquée et défendue depuis les années 80. C’est absolument aberrant. Le ministre Dubé doit impérativement rectifier le tir! », a martelé Caroline Senneville, présidente de la CSN. 

« La mise sous-tutelle médicale de la pratique est un affront direct au respect de nos droits et à notre capacité à décider librement de ce que nous souhaitons pour notre corps, notre grossesse, notre accouchement et notre bébé. L’impact des changements qu’engendre ce projet de loi sur les personnes enceintes est considérable. Nous exigeons donc du ministre de la Santé qu’il prenne ses responsabilités et qu’il modifie son projet de loi. Les enjeux sont réels et les impacts potentiels graves. C’est pourquoi il est impératif que le ministre revienne sur ses décisions et amende le projet de loi 15. C’est ce que demandent aujourd’hui des milliers de femmes et de familles de partout au Québec ! », a ajouté Sarah Landry, coordonnatrice de la Coalition pour la pratique sage-femme.

Rappelons qu’à ce jour, près de 12 000 personnes, dont plusieurs personnalités publiques et plus d’une cinquantaine d’organisations de la société civile, ont signé une lettre ouverte dénonçant les impacts du PL15.

En somme, le message est clair : « Monsieur Dubé, ne touchez pas à nos accouchements! », de conclure les porte-paroles.

Les sept syndicats du secteur public affiliés à la CSN envoient un message clair au gouvernement Legault !

Au cours des dernières semaines, les sept syndicats CSN du secteur public en Estrie se sont dotés d’un mandat de grève. Ce sont plus de 6500 personnes syndiquées issues des milieux de la santé, des services sociaux et de l’éducation qui envoient un message on ne peut plus clair au gouvernement Legault : les offres actuellement sur la table des négociations sont inacceptables et méprisantes !

En effet, ce que le gouvernement Legault propose aux travailleuses et travailleurs de l’État, c’est un appauvrissement. Alors que les prévisions gouvernementales prévoient un taux d’inflation de plus de 16 % pour les cinq prochaines années, François Legault et Sonia Lebel offrent un maigre 9 % à celles et ceux qui sont responsables de la santé, de l’éducation et des services à la population. Face à une pénurie de main-d’oeuvre sans précédent, le gouvernement Legault refuse d’améliorer les conditions de travail des milliers de travailleuses et travailleurs de l’État. Il fragilise ainsi les services publics et ouvre la porte au secteur privé. Est-ce vraiment ce que la population désire ? Non ! Des sondages récents le démontrent : la population québécoise veut des services de qualité et elle appuie les revendications des personnes qui travaillent dans le secteur public.

Pour Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN, on est en présence d’une mobilisation historique. « En moyenne, les syndicats CSN en Estrie ont voté en faveur de la grève à plus de 93 %. Les gens sont gonflés à bloc ! En se dotant d’un mandat pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée, les travailleuses et travailleurs disent au gouvernement Legault qu’ils sont prêts à aller jusqu’au bout pour obtenir les conditions de travail qu’ils méritent », indique-t-il.

Les personnes syndiquées à la CSN en Estrie font partie du Front commun qui compte plus de 420 000 travailleuses et travailleurs syndiqués. Selon Denis Beaudin, « la balle est dans le camp de François Legault et Sonia Lebel. Pour éviter les moyens de pression, ils doivent se présenter aux tables avec des offres bonifiées qui sont à la hauteur de la compétence et de l’engagement des travailleuses et des travailleurs du secteur public. »

– Syndicat du personnel administratif du CIUSSS de l’Estrie-CHUS–CSN

– Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke–CSN

– Syndicat du personnel de soutien des Hauts-Cantons–CSN

– Syndicat du personnel de soutien de la Commission scolaire des Sommets–CSN

– Syndicat des enseignantes et des enseignants du Cégep de Granby–CSN

– Syndicat du personnel du Val-des-Cerfs–CSN

– Syndicat du personnel technique, administratif et éducatif du Val-des-Cerfs–CSN

Équité salariale : importante manifestation devant le Conseil du trésor

Excédés d’être victimes de discrimination salariale depuis plus de 12 ans, des centaines d’employé-es de bureau et de l’administration du réseau de la santé et des services sociaux manifestent aujourd’hui devant les locaux du Conseil du trésor. Ce rassemblement s’ajoute aux mobilisations qui ont eu lieu aux quatre coins de la province au cours de la dernière année ainsi qu’au dépôt d’une pétition à l’Assemblée nationale en mai dernier. Malgré cela, le gouvernement tarde toujours à régler les plaintes de maintien de l’équité salariale de 2010 et va même jusqu’à refuser d’en discuter avec les représentantes et représentants syndicaux. Les trois organisations syndicales représentant les membres lésés, soit la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ) et le Syndicat québécois des employées et employés de services (SQEES-FTQ), réclament l’intervention rapide du gouvernement dans ce dossier qui a déjà beaucoup trop traîné.

« L’une des valeurs centrales de la société québécoise est l’égalité entre les hommes et les femmes. En ce sens, nous réclamons que le gouvernement corrige et applique la Loi sur l’équité salariale et qu’il règle les plaintes déposées en 2010. Il est plus que temps d’arrêter de bafouer les droits des femmes et de combler l’écart salarial qui perdure entre les sexes. Ce laisser-aller du gouvernement témoigne d’un mépris que l’on ne peut tolérer. C’est indécent qu’on en soit encore rendu là en 2023 et encore plus de laisser traîner les choses depuis plus de 12 ans. L’équité salariale est un droit, un droit qui doit être protégé par le gouvernement », d’affirmer les porte-paroles de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ) et du Syndicat québécois des employées et employés de services (SQEES-FTQ) présents sur place.

Les travailleuses et travailleurs du secteur bureau et de l’administration sont les derniers à devoir encore attendre un règlement de leurs plaintes de 2010 en vertu de la Loi sur l’équité salariale. On parle ici des agentes administratives, adjointes à la direction et à l’enseignement universitaire, acheteuses, secrétaires médicales et juridiques, ce qui représente près de 30 000 personnes.  Majoritairement des femmes, dont plusieurs sont monoparentales, elles attendent toujours leur dû qui peut s’élever dans certains cas à plusieurs milliers, voire plus d’une dizaine de milliers de dollars. « C’est insensé de retenir le dû de milliers de femmes. Le gouvernement devrait donner l’exemple et assurer l’équité salariale auprès de ses salarié-es. On n’a plus le temps d’attendre, il y a urgence de régler au vu de la pénurie et du roulement de personnel sans précédent que l’on vit actuellement dans le réseau », de poursuivre les porte-paroles des organisations syndicales.

« Un gouvernement vraiment engagé pour l’égalité entre les hommes et les femmes ne laisserait pas des plaintes d’équité salariale traîner pendant plus de 10 ans. C’est gênant que l’État québécois manque autant de respect envers les femmes alors qu’il devrait montrer l’exemple aux autres employeurs. Si la loi actuelle permet que des dizaines de milliers de femmes attendent aussi longtemps pour recevoir un salaire juste, cette loi mérite d’être révisée, et le plus tôt sera le mieux. Je demande à Sonia Lebel de prendre ses responsabilités et de convaincre ses collègues de la CAQ qu’on doit régler ce dossier rapidement. On est en 2023, c’est non seulement une question d’équité, mais de gros bon sens. » de renchérir Christine Labrie, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’administration gouvernementale et pour le Conseil du trésor.

Rappelons que la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) qui traite ces plaintes a rendu un préavis dans ce dossier en mai dernier. La FSSS–CSN, le SCFP-FTQ et le SQEES-FTQ ont à leur tour déposé leur réponse à ce préavis et attendent toujours que ces travailleuses obtiennent une juste reconnaissance salariale. Cependant, à tout moment, le gouvernement peut donner le mandat au Conseil du trésor de régler ces plaintes, ce qu’il a fait dans plusieurs autres dossiers. Après 12 ans d’attente, les travailleuses de ces secteurs en ont plus qu’assez et réclament la reconnaissance des tâches et responsabilités associées à leur travail ainsi que la fin des discriminations salariales dont elles sont victimes.

Mandat de grève pour les travailleuses et travailleurs de Gurit 

Les 24 et 25 août, les 67 membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Gurit–CSN étaient réunis en assemblée générale spéciale afin de se prononcer sur un mandat de grève de 14 jours. C’est avec une écrasante majorité de 98 % que les membres ont entériné ce mandat. 

Les négociations entre le Syndicat et l’employeur, Gurit Americas Inc., durent depuis presque un an déjà. Elles achoppent actuellement sur quelques enjeux, notamment les salaires, et les assurances collectives. 

Pour le président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Gurit–CSN, monsieur Yvon Imbeault, « l’augmentation du rapport de force est motivée par l’attitude de l’employeur à la table de négociation. Nous souhaitons conclure une convention collective satisfaisante, et nous n’hésiterons pas à utiliser notre mandat de grève au besoin ». 

De son côté, monsieur Kevin Gagnon, vice-président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), n’est pas surpris que le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Gurit–CSN ait obtenu un mandat aussi fort. « Les travailleuses et travailleurs de Gurit ont été plus que patients jusqu’à présent. L’employeur doit retourner faire ses devoirs et revenir avec des offres sérieuses, reflétant la réalité économique et l’inflation actuelle ainsi que le contexte de rareté de la main-d’oeuvre ». 

« L’obtention d’un mandat fort envoie un message très clair à l’employeur indiquant que nos membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Gurit–CSN sont déterminés à ne plus s’appauvrir dans le futur. Récemment, dans la région, plusieurs conventions collectives ont été signées avec des augmentations salariales significatives reflétant le contexte économique de 2023 », conclut madame Julie Bolduc, vice-présidente du Conseil central de l’Estrie–CSN. 

À propos
Le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Gurit–CSN est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) qui compte 30 000 membres ainsi qu’au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN qui regroupe environ 12 500 membres sur le territoire de l’Estrie. 

Nouvelle convention collective chez Jouvence

Les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Jouvence (CSN) se sont réunis le 27 juillet en journée afin de voter sur une entente de principe qui était intervenue entre les parties à la table de négociation le 20 juillet dernier. C’est à l’unanimité que les membres se sont positionnés en faveur de leur prochain contrat de travail qui sera d’une durée de près de trois ans.

Un contrat de travail très satisfaisant pour les salarié.es
« Nous sommes très heureux de voir que l’employeur a pris au sérieux les demandes syndicales à la table de négociation. Au fil des ans, sa main-d’oeuvre est devenue de plus en plus qualifiée et il a décidé d’investir dans ses employé.es afin de conserver cette expertise », explique Michel Valiquette, trésorier de la Fédération du commerce – CSN.

La nouvelle convention collective prévoit notamment :

  • bonification importante du salaire avec une clause de protection de l’IPC ;
  • implantation de normes de santé et sécurité ;
  • restriction du recours aux agences de placement en cas de conflit de travail et en temps de pénurie de main-d’oeuvre ;
  • bonification des modalités pour la prise de vacances en période estivale ;
  • protection d’un nombre minimal de poste en cours de convention.

Jouvence n’était pas épargné par les problématiques de recrutement et de rétention de la main-d’oeuvre. Monsieur Pierre Bergeron, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Jouvence (CSN), croit que les nouvelles conditions de travail et les nouveaux salaires seront en mesure de régler une bonne partie de ces problématiques. « Les employé.es de Jouvence sont fiers de travailler ici, nous sommes confiants que le nouveau contrat de travail fera en sorte que les gens restent et que des nouveaux aient envie de venir travailler ici ».

« Je tiens à souligner la mobilisation et la détermination exemplaire des travailleuses et travailleurs qui obtiennent un résultat qui devrait favoriser la pérennité des services de ce centre de villégiature si important de notre région », explique Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie.

À propos
Le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Jouvence compte environ 150 membres. Il est affilié à la Confédération des syndicats nationaux, à la Fédération du commerce (FC), ainsi qu’au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie-CSN (CCSNE-CSN) regroupant environ 12 500 membres sur le territoire de l’Estrie.

C-18 : La FNCC–CSN appelle tous les paliers de gouvernements à suspendre leurs publicités sur Facebook et Instagram

La Fédération de la culture et des communications (FNCC–CSN) salue la décision de Québec ainsi que du gouvernement fédéral soutenu par le Bloc québécois et le Nouveau parti démocratique de suspendre ses investissements publicitaires sur les plateformes Meta (Facebook et Instagram). La présidente de la FNCC, Annick Charette, appelle tous les paliers de gouvernements, municipaux et provinciaux, à faire de même.

« On ne peut pas laisser Meta et Alphabet dicter les lois de ce qu’il est juste ou pas de faire au Canada, il en va de notre démocratie. Chaque ville, chaque province doit se joindre à l’effort dans ce bras de fer pour assurer un juste financement de nos médias et leur survie. La loi leur demande simplement de s’asseoir avec les ayants droit de l’information qu’ils publient pour avoir une entente sur le partage des revenus », explique Annick Charette, présidente de la FNCC–CSN.

La fédération appelle aussi les entreprises de presse et les autres acteurs de la société civile à faire de même. Rappelons que Québecor et Cogeco ont déjà annoncé leur volonté de cesser de faire de la publicité chez Meta.

Depuis quelques semaines, Meta et Google additionnent les mesures de représailles et ont annoncé leur intention de cesser de relayer les nouvelles canadiennes sur leurs plateformes, en plus de notamment mettre fin à son entente de redevance avec la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i).

Le projet de loi C-18, qui devrait entrer en vigueur dans environ six mois, prévoit que les géants du Web concluent des ententes de rétribution avec les médias dont ils publient le contenu. Toujours en pleine crise de l’information, cette loi représente potentiellement une source de revenus nécessaire et équitable pour les professionnel-les qui produisent de l’information de qualité.

À propos

La FNCC–CSN regroupe 6 000 membres dans 80 syndicats œuvrant dans les domaines des communications, du journalisme et de la culture. Elle est l’une des huit fédérations de la CSN qui réunit près de 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec.

Ajout temporaire de trois véhicules ambulanciers 

Le Syndicat des Paramédics de l’Estrie–CSN interpelle le CIUSSS de l’Estrie CHUS à propos de l’ajout récent de trois véhicules ambulanciers temporaire afin de mieux desservir la région du grand Sherbrooke. Ces nouveaux véhicules rentreront en fonction dès cette semaine. Nous demandons que ces véhicules soient ajoutés, et ce, de manière permanente et non seulement l’instant de quelques mois. Encore une fois, ces véhicules sont ajoutés de façon temporaire et seront probablement et malheureusement retirés lors du prochain budget du CIUSSS, ce qui entraînera des conséquences graves sur le service rendu à la population. Nous tenons à souligner qu’avec cet ajout, le CIUSSS reconnait lui-même le manque flagrant de véhicules ambulanciers sur son territoire présentement. 

Depuis le retrait des trois véhicules ambulanciers le 8 octobre dernier, les délais d’intervention ne font qu’exploser. Par le fait même, cette situation occasionne une surcharge de travail pour l’ensemble des paramédics de l’Estrie. Ce qui se traduit par des impacts néfastes sur la santé physique et psychologique de nos membres alors que ceux-ci peinent à répondre aux appels d’urgence. Nous sommes souvent incapables d’avoir une période de repas durant notre quart de travail de 12 heures. Sans compter le fait que nous terminons régulièrement notre quart de travail en heures supplémentaires. Malheureusement, les contrecoups de cette décision affectent désormais le service à la population. Ce qui a pour conséquence parfois de limiter grandement la disponibilité des véhicules ambulanciers sur le territoire en question. Dans ces situations, les zones limitrophes sont alors appelées à intervenir sur le territoire sherbrookois, occasionnant des délais importants en situation d’urgence, en plus de laisser le secteur trop souvent dépourvu de véhicules ambulanciers à distance raisonnable des lieux d’appels. 

Considérant le fait que les urgences de nos hôpitaux sont de plus en plus surchargées, que les délais avant que les patients puissent avoir accès à un lit augmentent sans cesse, que des paramédics et leurs patientes et patients sont trop souvent obligés d’attendre plusieurs heures afin que leur civière soit libérée, nous réitérons notre demande au CIUSSS de l’Estrie CHUS afin qu’il maintienne les trois véhicules ambulanciers ajoutés récemment, et ce, de manière permanente afin de répondre au besoin criant de la population qui augmente sans cesse. 

Universités – Pas de liberté académique sans autonomie financière

Les universités doivent cesser de dépendre des dons privés ou des contributions des entreprises. C’est l’un des messages cruciaux portés par la CSN à l’occasion de la consultation gouvernementale afin de revoir la Politique québécoise de financement des universités. La CSN estime qu’une hausse du financement public des universités et une révision des conditions s’y rattachant sont impératives pour assurer la mission de ces organisations essentielles au bien commun. « Pour la CSN, un financement stable et une réelle autonomie financière sont incontournables si le gouvernement tient véritablement au principe de liberté académique », rappelle Caroline Senneville, présidente de la CSN.

La CSN estime que trop de financement conditionnel est calculé à partir de la population étudiante à temps plein (alors qu’un tiers de la population étudiante est à temps partiel) ou sur des partenariats avec le privé. La fluctuation annuelle des budgets empêche les universités de prévoir et d’engager les meilleures ressources.

La CSN souligne par ailleurs l’iniquité envers les universités francophones au Québec. Les universités anglophones obtiennent 47 % des dons philanthropiques et accueillent 43 % des étudiantes et des étudiants étrangers, alors qu’elles représentent seulement 25 % de la population étudiante au Québec. « Le gouvernement doit en faire plus pour l’ensemble du réseau universitaire en portant une attention particulière aux universités francophones, nommément au réseau de l’Université du Québec qui est essentiel pour l’accès aux études supérieures de plusieurs Québécoises et Québécois, notamment en région », ajoute la présidente de la CSN.

Les universités ne sont pas au service des entreprises

La CSN et ses fédérations s’inquiètent également des attentes formulées par le gouvernement à l’égard des universités pour répondre aux besoins des entreprises.

Selon le gouvernement, la politique vise notamment à « améliorer la contribution des établissements universitaires aux enjeux de main-d’œuvre dans les secteurs stratégiques pour l’économie québécoise » et « à renforcer la capacité des établissements de valoriser, sur le plan économique, la recherche et l’innovation. »

« Les universités ne sont pas des usines à fabriquer des travailleuses et des travailleurs pour combler la pénurie de main-d’œuvre. Détourner les missions fondamentales de ces institutions du savoir en les assujettissant aux besoins du marché du travail ne fait que nous appauvrir collectivement, à long terme », met en garde Christine Gauthier, vice-présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec-CSN et responsable du regroupement université.

L’enseignement supérieur est un service public reposant sur les principes d’accessibilité, d’autonomie et d’indépendance propres à la création et à la transmission du savoir ainsi qu’au développement de l’esprit critique.

Gratuité scolaire

Le Québec doit se doter d’une politique sur les droits de scolarité fondée sur le principe de la gratuité scolaire, et ce, à tous les ordres d’enseignement. Cela diminuerait d’autant la trop grande dépendance financière des universités avec le nombre d’inscrits à temps plein chaque année.

« Alors que de plus en plus d’étudiantes et d’étudiants choisissent de délaisser leurs études pour aller sur le marché du travail, il faut plus que jamais assurer une plus grande accessibilité aux études supérieures, notamment à l’université. Un des leviers les plus puissants pour y parvenir demeure la gratuité scolaire, insiste Danny Roy, président de la Fédération des professionnèles-CSN. Contrairement à certaines idées souvent véhiculées, la gratuité de l’enseignement universitaire n’est ni marginale ni utopique, comme en témoigne son application dans les pays scandinaves. De plus, la gratuité permettrait de répondre aux objectifs que s’est fixés la ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, comme celui d’augmenter le taux de diplomation et surtout, le nombre d’inscriptions qui est en chute libre, notamment dans le réseau UQ. »

Les moyens de nos ambitions

« Avec un financement insuffisant et instable d’une année à l’autre, les universités sont incapables de conserver leur personnel de soutien qui joue pourtant un rôle essentiel. Dans les universités comme dans l’ensemble du réseau de l’enseignement supérieur, les défis de recrutement et de rétention du personnel de soutien sont importants. Afin d’être en mesure de répondre adéquatement à cet enjeu, il faut offrir des conditions de travail et des conditions salariales attractives. Pour y arriver, il faut s’assurer que les universités obtiennent enfin un financement public, stable, prévisible et à la hauteur des besoins », martèle Stéphanie Gratton, présidente par intérim de la Fédération des employées et employés de services publics-CSN.

Des solutions novatrices

Dans son mémoire, la CSN fournit à la ministre de nombreuses solutions pour rajuster le tir, pour soutenir un réinvestissement public et pérenne des universités et pour accroître l’accessibilité aux études.

Le mémoire contient 20 recommandations, dont la fin de la déréglementation des frais pour les personnes étudiantes étrangères, l’ajustement à la hausse du financement global et des sommes reliées à celles qui s’inscrivent à temps partiel ou encore la hausse du financement pour la recherche et la création, notamment pour la recherche en français.

Mémoire disponible sur demande.

À propos

Fondée en 1921, la CSN est la première grande centrale syndicale québécoise. Composée de près de 1 600 syndicats, elle compte près de 80 000 membres dans le secteur de l’éducation et de l’enseignement supérieur qui sont répartis dans trois fédérations.

Entente de principe pour les employé-es des piscines de Cowansville

Après plus d’un an de négociation, les membres du Syndicat des employé-es des piscines et plans d’eau de la ville de Cowansville–CSN ont réussi à obtenir de meilleures conditions de travail. Le 14 juin, les travailleuses et les travailleurs ont adopté à l’unanimité une entente de principe pour le renouvellement de leur convention collective.

L’entente de cinq ans couvre la période du 1er janvier 2022 au 31 décembre 2026. Le nouveau contrat de travail comprend des augmentations salariales de 2,5 % par année. De plus, les salarié-es à l’emploi recevront une rétroactivité sur les heures travaillées depuis le 1er janvier 2022.

Les employé-es se verront également accorder une prime d’engagement, soit un montant forfaitaire de 1,8 % des heures travaillées après la majoration de 2,5 % des échelles de salaire. Pour sa part, la fonction de coordonnatrice des piscines bénéficie d’un rattrapage salarial de 23,11 $ à 25 $ l’heure. « Je tiens à saluer le travail de toute l’équipe au long de la négociation et de la mobilisation ainsi que l’appui de la population à notre cause », affirme Jade Galipeau, présidente du syndicat.

« Cette entente constitue une bonne nouvelle pour ces travailleuses et travailleurs essentiels qui veillent à la sécurité aquatique des citoyennes et des citoyens de Cowansville. Néanmoins, il reste du chemin à parcourir au Québec pour faire reconnaître la réelle valeur et l’importance de ces spécialistes en matière de sécurité aquatique », ajoute Simon Mathieu Malenfant, vice-président trésorier de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN.

« Il faut saluer la persévérance et la solidarité des membres du syndicat. Plus d’un an de négociation, ce n’est pas rien. Par leur mobilisation exemplaire, ils ont réussi à améliorer leurs conditions de travail », souligne Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN.

À propos
Le Syndicat des employé-es des piscines et plans d’eau de la ville de Cowansville–CSN compte une vingtaine de membres. Il est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics, qui compte 65 000 membres dans les secteurs public et parapublic. Il est également affilié au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN, qui regroupe quelque 12 500 membres issus de tous les secteurs d’activité, privés et publics, sur une base régionale ainsi qu’à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) qui représente plus de 330 000 membres.

Semaine québécoise des services de garde éducatifs : reconnaître leur apport fondamental

La Semaine québécoise des services de garde éducatifs à l’enfance se déroulera du 29 mai au 4 juin 2023 sous le thème : « Le départ pour la grande aventure ».

Dès les premiers jours de fréquentation au CPE ou chez une responsable en service de garde éducatif (RSGE), pour le tout-petit ayant la chance d’avoir une place, « La grande aventure débute ». Ce milieu deviendra un peu sa 2e maison et saura mettre en place tout ce qu’il faut pour que chaque jour devienne un jour de fête et que chaque expérience complète son petit sac à dos de vie. En ce sens, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) souligne qu’il reste du chemin à faire afin de reconnaitre à sa juste de valeur l’importance que les milieux éducatifs régis et subventionnés ont sur les premières années de vie des enfants, mais aussi sur leur avenir.

Les premières années, de 0 à 5 ans, fleurissent de moments cruciaux où tout se joue pour les tout-petits. C’est à ce moment qu’ils développent les assises fondamentales qui leur permettront de construire les adultes de demain, épanouis et équilibrés. « Il est plus qu’urgent de reconnaitre à sa juste de valeur l’importance que les milieux éducatifs régis et subventionnés ont dans la vie des enfants et de leurs familles, et ce, pendant la fréquentation, mais aussi des années plus tard. En effet, ils auront un impact dans toutes les sphères du développement de l’enfant, que ce soit en relation sociale, en savoir-être, en habileté verbale, motrice ou autres. Ces compétences et ces acquis sont tellement importants qu’il est impératif d’offrir à tous les acteurs de notre réseau le soutien et les services qui contribueront à ce que cette grande aventure soit l’élément clé du plein développement de nos tout-petits » de déclarer Lucie Longchamps, représentante du secteur de la petite enfance à la FSSS–CSN.

Or, on le voit avec le manque de place en service de garde éducatif, la pénurie de personnel est toujours très présente dans notre réseau. « Nous réitérons le souhait et la nécessité de reconnaitre à sa juste valeur ces professions si l’on veut attirer et surtout maintenir les jeunes recrues dans le métier. Nous souhaitons que notre réseau de service de garde éducatif demeure bien vivant et surtout attrayant pour le bien des générations futures » d’ajouter Chantal Racicot, représentante des RSGE à la FSSS–CSN.

« Trop souvent, les éducatrices nous quittent très rapidement, certaines même pendant leur période de stage, constatant la charge de travail et les conditions auxquelles elles devront faire face pour les vingt ou trente prochaines années. De plus, toutes peuvent malheureusement témoigner du nombre croissant d’enfants qui vivent des difficultés à divers niveaux et qui nécessitent des soins appropriés. Il faudra que le ministère soit plus créatif et agile, afin que des sommes soient mises à disposition pour améliorer le soutien à ces tout-petits, sans oublier les travailleuses pour qui la charge de travail s’est alourdie au fil des années » de poursuivre Stéphanie Vachon, représentante du secteur des CPE à la FSSS–CSN.

Depuis maintenant plusieurs années que le réseau des CPE et des RSGE est bien ancré dans notre société, toutefois, il a été souvent été malmené au fil des ans. Il reste donc énormément de chemin à faire pour en assurer son plein développement tout en y garantissant la qualité et l’amélioration des services, notamment auprès des enfants à besoins de soutien particulier.

Des congressistes unis, la présidente Caroline Senneville réélue

C’est au palais des congrès de Montréal que se termine aujourd’hui le 67e Congrès de la CSN, où près de 2 000 participantes et participants ont pu échanger, débattre, fraterniser et identifier les priorités d’action pour les trois prochaines années. C’est également lors de ce grand rassemblement que les six membres du comité exécutif ont été reconfirmés dans leurs fonctions.

« Je suis fière d’avoir été réélue par un processus démocratique, au sein d’une centrale démocratique.

Je souhaite une CSN unie, qui parle d’une seule voix, et d’une voix forte. Je vois une CSN capable d’affronter vents et marées, une CSN leader au Québec et ailleurs. Qu’on prenne notre place, qu’on continue de changer le monde à notre manière, un jour à la fois », a déclaré Caroline Senneville.

Elle ajoute : « Les défis qui nous attendent sont nombreux, alors que la pénurie de main-d’œuvre nous frappe de plein fouet, que le gouvernement cherche à centraliser les services publics et n’écoute pas les travailleuses et les travailleurs et que le patronat se fait trop souvent tirer l’oreille pour offrir des conditions décentes à ses employé-es. C’est pour toutes ces raisons que le congrès a voté en faveur d’un budget qui nous permet de continuer à être combatifs, comme l’est l’ADN de notre organisation. Nos membres méritent d’obtenir les meilleures conditions de travail possible, et nous leur donnerons les moyens de le faire. »

Les congressistes ont eu de nombreuses occasions de réfléchir et de s’exprimer, que ce soit lors des ateliers de discussion sur la transformation du monde du travail et le développement du rapport de force, en séance plénière ou lors des dîners-causeries. Les personnes qui se sont exprimées se sont montrées très satisfaites de l’ambiance du congrès, de la qualité des préparatifs, des occasions de prise de parole et de l’écoute du comité exécutif.

« On souhaite continuer notre travail en mode inclusif, combatif, ouvert, présent. Nous serons là pour porter la parole des 330 000 membres de la CSN sur toutes les tribunes », conclut la présidente.

 Le comité exécutif de la CSN 2023-2026 :

Caroline Senneville, présidente
Nathalie Arguin, secrétaire générale
Yvan Duceppe, trésorier
François Enault, 1er vice-président
David Bergeron-Cyr, 2e vice-président
Katia Lelièvre, 3e vice-présidente

Là où le mot « nation » prend tout son sens

Ce n’est pas d’hier que la CSN entretient des liens étroits avec les représentantes et les représentants du syndicat basque ELA (Solidarité travailleurs basques). À preuve, le premier contact entre la CSN et Amaia Muñoa, l’actuelle secrétaire générale adjointe du syndicat présente au congrès de la CSN, remonte à 2001, au Sommet des Amériques à Québec. Amaia venait alors tout juste d’être élue trésorière de ELA.

Une amitié tissée serrée
Malgré les images brouillées par les gaz lacrymogènes qui demeurent à l’esprit de bien des gens, les souvenirs que garde Amaia de cet événement demeurent limpides : « Je m’en souviens comme si c’était hier. Bien sûr, il y avait beaucoup d’agitation parmi les manifestantes et les manifestants et les affrontements avec les forces de l’ordre étaient particulièrement musclés. Mais ce qui m’a le plus marquée à l’époque, c’est cet accueil si chaleureux que nous avait réservé la CSN. C’est comme si nos partenaires de ce mouvement s’étaient fait un devoir de nous protéger dans tout le tumulte ambiant. C’est là que j’ai tissé mes premiers liens d’amitié avec le Québec et la CSN ».

Nations sans État et convergence des luttes
Lorsqu’on questionne Amaia et son collègue Unai Oñederra – lui aussi délégué de ELA présent au congrès de la CSN – sur la nature des liens qui unissent les deux organisations syndicales, les deux répondent du tac au tac : « Nous sommes deux grandes organisations syndicales évoluant au sein de nations sans État. Nous avons une histoire et un passé similaires, traversés par plus d’un siècle de luttes pour l’amélioration des conditions de travail de nos membres, mais aussi pour l’émancipation de nos nations respectives. Nous avons beaucoup appris de nos expériences mutuelles et avons encore beaucoup à apprendre de nos défis communs. »

Unai est aussi directeur de la Fondation Manu Robles-Arangiz créée par ELA en 1991 afin de promouvoir et de développer les valeurs du mouvement syndical basque. Pour lui, ces deux luttes, nationale et syndicale, sont indissociables : « La lutte pour l’amélioration des conditions de travail et des conditions de vie de nos compatriotes va de pair avec celle pour l’indépendance du Pays basque. Il s’agit des deux côtés de la même médaille », insiste-t-il.

Syndicalisme de combat
En plus de ces traits de convergence historiques, le style de syndicalisme même que pratique ELA s’apparente à celui de la CSN. « Pour faire face aux enjeux actuels et aux nombreux défis auxquels nous sommes tous collectivement confrontés, ça prend du nerf et de la détermination, explique Amaia. C’est ce que j’ai toujours aimé à la CSN, cette combativité dans le militantisme. On l’a vu encore dans la rétrospective des luttes présentée lors de la journée d’ouverture du congrès. C’est là qu’on voit tous les gains concrets qu’on peut réaliser lorsqu’on se mobilise avec pugnacité. »

Transformation du monde du travail et beaucoup d’émotions

C’est au palais des congrès de Montréal que s’ouvrait ce matin le 67e Congrès de la CSN, où près de 2 000 participantes et participants se sont déplacés. Ce rassemblement permet aux centaines de syndicats présents de se prononcer démocratiquement sur les grands thèmes qui orienteront les actions de la centrale syndicale au cours des trois prochaines années.

Dans son allocution d’ouverture, la présidente de la centrale, Caroline Senneville, a souligné à grands traits les bouleversements profonds qui frappent le monde du travail. « La pandémie a laissé des traces. Nous nous sommes démenés pour que les services soient maintenus, pour que les industries roulent, pour que les biens soient transportés, les personnes logées, les bâtiments construits. Maintenant, nous devons nous adapter au télétravail, à la robotisation, à la numérisation, à l’intelligence artificielle, à la transition verte, aux impacts de la pénurie de main-d’œuvre et à l’inflation, notamment. »

La transformation des emplois – tout comme leur protection – est effectivement l’une des deux grandes orientations qui seront mises au jeu cette semaine. « À la CSN, on souhaite trois choses : tout d’abord, que nos syndicats soient alertés, qu’ils interpellent leur employeur sur ces enjeux et qu’ils soient mis au jeu pour orienter les transformations en cours dans leur milieu. Ensuite, comme centrale, c’est notre rôle d’outiller nos membres. Enfin, nous devons transmettre un message clair aux gouvernements pour qu’ils soutiennent ces transformations : si vous parlez aux patrons, vous devez parler aux syndicats. Toujours. »

Un nombre de conflits et un budget de soutien records

L’ouverture du congrès a également été l’occasion de souligner le nombre record de luttes qui se sont tenues au cours du dernier exercice. Ce sont d’ailleurs plus de 26 millions de dollars qui ont été remis aux grévistes CSN entre 2020 et 2023 en prestations de grève. Du jamais vu. « La CSN est la seule centrale syndicale qui s’est dotée de ce type de fond de grève, afin que nos membres gardent la tête haute… et hors de l’eau. La preuve que nous soutenons concrètement notre monde dans leur lutte pour obtenir des conditions de travail intéressantes ».

Des moments touchants

En conclusion de cette première journée, les ex-politiciennes Françoise David et Véronique Hivon sont venues parler aux participantes et aux participants de leur engagement militant et de la façon dont elles ont su rallier autour d’elles les personnes et les moyens nécessaires pour mener à bien les projets qui leur tenaient à cœur.

Le dernier acte du lundi fut sans doute le moment le plus émouvant et le plus attendu par les congressistes : la projection d’une vidéo retraçant l’ensemble des conflits du dernier mandat. Portées par la voix de la comédienne et dramaturge Évelyne de la Chenelière, les images de travailleuses et de travailleurs en conflit ont su tirer des larmes à de nombreuses personnes sur place.

Les congressistes seront en atelier demain avant-midi sur la question de la transformation des emplois. Les médias sont cordialement invités à y participer. Le congrès de la CSN se poursuit jusqu’au vendredi 19 mai.

Projet de loi 15 – Il faut agir, mais par une véritable décentralisation du réseau, estime la CSN

En commission parlementaire aujourd’hui, la CSN estime que le projet de loi 15 doit être modifié en profondeur, dans le but de véritablement faciliter l’accès au réseau, de laisser tomber le recours au privé et de s’assurer d’une réelle décentralisation qui tienne compte des régions et des acteurs du réseau de la santé et des services sociaux.

Le projet de loi 15 du ministre Christian Dubé a été vendu sur la place publique comme une nécessité étant donné l’état actuel du réseau de la santé et des services sociaux. Les solutions proposées ne sont toutefois pas les plus efficaces pour améliorer à court terme les soins à la population du Québec.

« Ça va mal dans le réseau, il y a un problème d’accès et de manque de main-d’œuvre, il faut agir. Tout le monde le dit et nous aussi le disons. Cependant, le projet de loi actuel ne résout pas le problème d’accès, il risque même de l’empirer », affirme Caroline Senneville, présidente de la CSN, qui sera en commission parlementaire aujourd’hui en compagnie du président de la FSSS–CSN, Réjean Leclerc et de celui de la FP–CSN, Danny Roy.

Le projet de loi 15 mise également sur des mots avec lesquels il est difficile d’être en désaccord : efficacité et décentralisation. Mais au-delà des mots, où sont les mesures qui vont réellement en ce sens et qui règlent les problèmes constatés sur le terrain?

« Le réseau de la santé et des services sociaux, c’est notre filet social. Il est remis en question sans que le ministre Dubé ait fait des consultations préalables à son projet de loi », constate Caroline Senneville.

Le leitmotiv de l’efficacité pourrait par ailleurs mener à des décisions qui manquent d’humanité. « La mission d’efficacité de Santé Québec et la reddition de compte qui l’accompagnera vont se concentrer sur les statistiques de temps d’attente, sur la longueur des listes ou sur le temps consacré à chaque traitement. Cette approche comptable n’aura pas le bien-être de la population et des employé-es du réseau au centre de ses préoccupations », craint la présidente.

Pourquoi le privé?
Le projet de loi mise sur l’apport du privé plutôt que sur la valorisation du réseau public qui a été passablement ébranlé par trois réformes centralisatrices depuis 30 ans. Plus on avance, moins on s’améliore. Or, la solution du privé est loin d’être efficace. La santé ne devrait pas servir à générer du profit aux dépens des contribuables.

Sans attendre l’adoption du projet de loi, le gouvernement prévoit déjà lancer des appels d’offres auprès des cliniques privées d’ici la fin de l’été. « « Le choix du gouvernement de mettre le secteur public et celui à but lucratif sur un pied d’égalité sans tenir compte des différents impacts financiers ou humains n’est pas responsable. Le nombre de personnel disponible étant limité, celui-ci va se déplacer vers le privé, ce qui va aggraver la pénurie dans le secteur public, ce sont des vases communicants. C’est une improvisation dangereuse pour le maintien des soins à la population », déclare Réjean Leclerc, président de la FSSS–CSN.

Où est la décentralisation?
Sur le plan de la décentralisation, le projet de loi 15 ne tient pas plus la route. « Monsieur le Ministre, plutôt que de poursuivre dans la même direction que vos prédécesseurs en pensant obtenir des résultats différents, nous vous invitons à renverser la tendance actuelle en décentralisant véritablement les pouvoirs vers celles et ceux qui offrent les services sur le terrain. C’est là, de notre point de vue, la meilleure façon d’apporter un réel changement de culture et la méthode la plus efficace d’ébranler les colonnes du temple », affirme Danny Roy, président de la FP–CSN.

« Il nous semble que le moment pour déclencher des états généraux sur la santé est plus que jamais de mise », conclut Caroline Senneville.

Pour consultation du mémoire : memoire-pl15_CSN

Comportement sexualisé inapproprié ou discriminatoire : des constats accablants qui nécessitent une réponse urgente

Devant les constats accablants du rapport Mettre fin au harcèlement sexuel dans le cadre du travail : se donner les moyens pour agir, la CSN en appelle à une réforme législative majeure et urgente pour mettre fin à la banalisation des abus et à la souffrance des victimes.

Le portrait brossé par le comité d’expertes indépendantes donne froid dans le dos. On apprend qu’en 2020, au Québec, presque une personne sur deux (49 %) a observé ou subi un comportement sexualisé inapproprié ou discriminatoire en milieu de travail au cours des 12 mois précédant le sondage. De plus, les femmes ont été deux fois plus nombreuses que les hommes à déclarer avoir subi de tels comportements (26 % et 13 % respectivement).

Ces chiffres déjà alarmants ne constituent que la pointe de l’iceberg puisque seule une proportion minime des victimes fait une dénonciation formelle. « Prévenir et contrer la violence et le harcèlement au travail représente une responsabilité collective et le devoir de tout le monde », insiste Caroline Senneville, présidente de la CSN.

La CSN prendra le temps d’analyser en profondeur le rapport et ses 82 recommandations, mais déjà des constats se dessinent. « Il est impératif que ce rapport ne soit pas tabletté. Il faut que la santé psychologique soit traitée au même niveau que la santé physique, souligne Mme Senneville. Pour paraphraser les auteures de ce rapport coup de poing : le harcèlement sexuel produit des effets corrosifs sur le bien-être physique et psychologique des personnes victimes et infléchit indûment le parcours professionnel de celles-ci. »

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) doit aussi offrir plus de soutien. « Il faut de la proactivité de la part de la CNESST et de ses inspectrices et inspecteurs afin que les différents milieux de travail agissent en prévention en obligeant par exemple de la formation sur le sujet. La CSN invite le ministre du Travail, Jean Boulet, à agir rapidement. Le ministre peut compter sur l’entière collaboration de tout le mouvement pour faire changer les choses, une fois pour toutes », conclut la dirigeante.

Agir pour que ça cesse
En tant qu’organisation syndicale soucieuse du bien-être au travail, la CSN a développé la campagne Agis pour que ça cesse dans le but d’accroître les connaissances générales de ses membres. La campagne vise à les outiller et leur permettre de reconnaître les manifestations de harcèlement et de violence au travail et d’intervenir pour y mettre fin. Elle rejoint ainsi les objectifs des recommandations du rapport du comité d’expertes. La campagne peut être consultée ici :

https://www.csn.qc.ca/agir/

Le nouveau Conseil de l’enseignement supérieur perdrait une vision globale indispensable

Depuis 1964, dans la foulée du Rapport Parent, le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) veille au développement de l’éducation au Québec, avec une vision globale et indépendante des enjeux, de la maternelle à l’université. Le projet de loi 23, dévoilé jeudi matin, circonscrit le mandat du nouveau Conseil de l’enseignement supérieur, appelé à le remplacer, uniquement aux questions relatives aux cégeps et aux universités.

« Tantôt critique et tantôt en accord avec les avis fournis aux ministres par le CSE, notre fédération n’a jamais remis en question la pertinence d’un regard étendu et interordres sur les défis rencontrés par l’ensemble de notre profession. Segmenter l’analyse ne ferait qu’encourager une vision en silo, nocive pour l’enseignement de façon générale. C’est insensé », tranche Caroline Quesnel, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN).

Par exemple, comment adopter une stratégie éclairée sur la problématique de la réussite en enseignement supérieur si les analyses ne peuvent porter sur tout le bagage transmis aux personnes étudiantes en amont, c’est-à-dire au primaire et au secondaire ? « Faut-il voir dans cette pièce législative une autre stratégie du gouvernement Legault pour donner plus de pouvoir aux ministres tout en s’assurant de réduire la portée des avis indépendants en provenance du milieu de l’éducation ? », se questionne Caroline Quesnel.

Par ailleurs, la FNEEQ–CSN s’oppose à la création d’un Institut d’excellence en éducation calqué sur l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS) où, malheureusement, la performance et la rentabilité sont les leitmotivs.

Tout en poursuivant son analyse du PL-23, la FNEEQ–CSN veut s’assurer d’être entendue en commission parlementaire afin d’expliquer l’importance de la cohérence en éducation et en enseignement supérieur au moment où le Québec fait face à des défis importants en matière de diplomation et de formation.

Pour consulter le mémoire que la CSN a présenté en 2017 au Groupe de travail sur la création d’un institut national d’excellence en éducation mis sur pied par le gouvernement libéral :

https://bit.ly/3HHZHWh

 

Réforme Drainville : un autre brassage de structure sans consultation, selon la CSN

Selon les premières informations disponibles, la réforme Drainville (projet de loi 23) du réseau de l’éducation vise avant tout à donner plus de pouvoir au ministre et à centraliser plusieurs décisions, ce qui préoccupe la CSN et ses syndicats du milieu de l’éducation.

« Est-ce que cette énième réforme viendra régler les importants problèmes que vivent les élèves et le personnel du réseau de l’éducation ? La réponse est non », lance Caroline Senneville, présidente de la CSN, qui reproche au ministre de l’Éducation de ne pas avoir consulté les employé-es ou plus largement, les parents, avant de ficeler son projet de loi. « Ça sent encore une fois l’improvisation », ajoute la présidente.

Tenir davantage compte des études et obtenir des données probantes en éducation est une bonne idée à la base. On pourrait, par exemple, clarifier le nombre d’écoles vétustes. « Il faut toutefois se méfier de l’uniformisation des directives strictes qui ne font pas toujours consensus dans la communauté scientifique et qui pourraient aussi donner l’impression au personnel du réseau de ne pas avoir de voix au chapitre », ajoute Caroline Senneville, qui craint la démotivation de plusieurs si tout est dicté à partir de Québec, sans consultation et sans discussion préalable.

« Vouloir garder le contrôle à Québec peut sembler rassurant pour les hauts fonctionnaires ou le ministre, mais c’est un mode de gestion dépassé qui ne tient pas compte de l’apport des travailleuses et des travailleurs du réseau, notamment du personnel de soutien. Par ailleurs, toutes les régions ne sont pas identiques et il n’est pas rare que des adaptations soient nécessaires », conclut la présidente.

Le Conseil supérieur de l’éducation a fait ses preuves
Le ministre enlève l’éducation primaire et secondaire au conseil supérieur de l’éducation. « Ce n’est pas une bonne idée de mettre fin aux travaux du Conseil supérieur de l’éducation en matière d’éducation primaire et secondaire. Il existe depuis 1964 et a fait ses preuves avec le primaire et le secondaire », estime Caroline Senneville.

La CSN va étudier le projet de loi en profondeur et commentera plus en détail par la suite.

Le gouvernement veut dévaluer plusieurs titres d’emploi

Bien que les organisations syndicales soient satisfaites de certaines ententes dans le cadre des travaux du comité national des emplois, elles dénoncent la mauvaise foi de la partie patronale dans l’évaluation de plusieurs titres d’emploi créés il y a de cela plusieurs années.  Malgré une pénurie de personnel sans précédent, le gouvernement cherche à déprécier la valeur des titres d’emploi d’infirmière clinicienne spécialisée, d’acheteuse et de sexologue clinicienne/clinicien.

« On le sait, en ce moment, le personnel quitte massivement le réseau, et le gouvernement va malgré tout de l’avant avec des propositions qui visent à diminuer des cotes d’évaluation des infirmières cliniciennes spécialisées, des acheteuses et des sexologues cliniciennes/cliniciens. Là où sa mauvaise foi est flagrante, c’est que dans le cadre des travaux, il a cherché à diminuer l’évaluation qu’il nous avait lui-même déposée en 2015 », de dénoncer les porte-paroles de la FSSS–CSN, de l’APTS, de la FIQ, de la FP–CSN, de la FSQ-CSQ, du SCFP-FTQ, et du SQEES-FTQ.

Rappelons que selon les conventions collectives de ces organisations syndicales, il est prévu que lors de la création d’un nouveau titre d’emploi, ce dernier est inscrit à la nomenclature avec un rangement temporaire jusqu’à ce qu’une entente paritaire intervienne quant à son évaluation. Notons que ces ententes sont des plus importantes, car ce sont les rangements qui déterminent l’échelle salariale des différents titres d’emploi en fonction de leurs responsabilités. S’il n’y a pas d’entente sur l’évaluation, une décision arbitrale doit alors être rendue.

Dans les derniers mois, les titres d’emploi de sexologue, de sexologue clinicienne/clinicien, d’acheteuse, d’adjointe à la direction et d’infirmière clinicienne spécialisée ont été évalués dans le cadre du comité national des emplois. Bien qu’une entente soit survenue quant à l’évaluation des titres d’emploi d’ajointe à la direction et de sexologue, reste à déterminer la façon dont les ajustements salariaux seront portés. Il est maintenant prévu que les titres d’emploi d’acheteuse, de sexologue clinicienne/clinicien et d’infirmière clinicienne spécialisée soient pour leur part référés en arbitrage.

« Nous ne pouvons accepter le fait que c’est encore une fois des emplois que nous reconnaissons comme majoritairement féminins qui écopent. Les travailleuses et les travailleurs du réseau public ont besoin de plus de reconnaissance, pas d’une dévalorisation » de conclure les organisations syndicales.

Service de garde en milieu familial : des pistes pour stopper l’effritement du réseau

Alors que le manque de places en garderie se fait toujours aussi criant et que le réseau actuel s’effrite rapidement, les responsables de service de garde éducatif en milieu familial (RSGE) membres de la CSN, proposent des solutions.

D’un côté, le gouvernement de la CAQ a promis de créer 37 000 nouvelles places subventionnées en garderie d’ici 2024-2025. De l’autre, la province a perdu près de 20 000 places en milieu familial entre 2018 et 2022, selon les données du ministère de la Famille.

Réunies en conseil sectoriel, des représentantes des quelque 3 000 RSGE affiliées à la CSN ont ciblé plusieurs pistes de solution qui permettraient d’endiguer l’exode des RSGE en milieu familial vers d’autres professions.

Les RSGE proposent notamment l’accès à un régime de retraite, l’inclusion de l’emploi comparateur (éducatrice en CPE, échelon 3, non qualifiée) à l’entente collective, une clause de non-appauvrissement de même que des primes pour la reconnaissance de l’expérience et pour les régions éloignées.

De la grande visite
Le 21 avril, les représentantes des RSGE ont déposé leurs demandes à la ministre de la Famille, Suzanne Roy. Il s’agit d’un geste symbolique puisqu’un tel dépôt du cahier de demandes directement au ministre constitue une première pour le secteur.

« Ce gouvernement répète que le développement des enfants lui tient à cœur. Ce développement démarre dès la période 0 à 5 ans. C’est nous, les éducatrices, qui outillons les tout-petits. Il nous faut plus de reconnaissance et du soutien pour que le réseau reste fort », indique Chantal Racicot, représentante du secteur des RSGE à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

« C’est une véritable vocation, mais il y a une limite à s’appauvrir. Actuellement, les responsables pigent à même leurs revenus pour fournir des repas équilibrés. La hausse du panier d’épicerie est l’un des éléments qui met en péril la situation financière de milliers de RSGE. Il faut rapidement établir un mécanisme de protection sans quoi plusieurs devront fermer leurs portes », souligne Lucie Longchamps, vice-présidente à la FSSS–CSN.

« Les RSGE peuvent compter sur le soutien des syndicats de toute la grande région de la Montérégie afin de faire reconnaître, une fois pour toutes, la véritable valeur de leur travail. Ces responsables, majoritairement des femmes, méritent de meilleures conditions », conclut Jean-Philippe Dell’Aniello, premier vice-président du Conseil central de la Montérégie–CSN.

La CSN préoccupée par les exceptions au projet de loi encadrant le travail des enfants

En commission parlementaire aujourd’hui à propos du projet de loi visant à encadrer le travail des enfants, la CSN s’est dite tout à fait en accord avec l’imposition d’un âge minimal de 14 ans pour occuper un emploi. Idem en ce qui concerne l’encadrement du nombre d’heures de travail par semaine ainsi que les moments durant lesquels ces heures peuvent être effectuées. La centrale syndicale s’est toutefois montrée préoccupée par les demandes d’exception formulées par certains groupes, qui pourraient miner le principe même de la loi à venir.

« Nous sommes heureux de voir que le projet de loi reprend l’essentiel des consensus développés au sein du Comité consultatif sur le travail et la main-d’œuvre du gouvernement (CCTM) auquel nous avons participé avec d’autres organisations syndicales et patronales. Son objectif est d’assurer la réussite scolaire et la santé et sécurité de nos enfants, déclare Caroline Senneville, présidente de la CSN. On demande que la porte soit fermée le plus possible aux exceptions. »

Il faut savoir par ailleurs que Québec accuse un grand retard sur le resserrement des normes entourant le travail des enfants, alors que la plupart des autres provinces l’ont déjà encadré de façon plus stricte. « Au Québec, il n’y a à l’heure actuelle qu’un minimum d’encadrement, rien au niveau de l’âge minimal et d’un nombre maximal d’heures de travail, affirme François Enault, 1er vice-président de la CSN. Ce projet de loi doit être adopté rapidement et reposer sur une ligne claire, et non sur des demandes de dérogation. »

Une économie solide ?

Le ministre du Travail aurait tort de donner raison aux lobbys patronaux qui réclament des exceptions. Même en période de rareté de main-d’œuvre. « Oui, il faut trouver des solutions à la pénurie. Mais ce n’est pas en mettant des préados à l’ouvrage qu’on va avoir une économie saine et robuste », ajoute le vice-président. En effet, l’économie d’aujourd’hui, comme celle de demain, ne doit pas compter sur des enfants pour faire fonctionner ses entreprises. Elle doit compter sur des citoyennes et des citoyens qui auront eu la chance de compléter leur formation et leur développement, afin de contribuer à l’évolution économique et sociale du Québec.

« Un jeune de 11, 12 ou 13 ans, sa place est sur les bancs d’école ou sur les terrains de jeux, pas ailleurs. Il aura toute sa vie pour travailler », conclut François Enault.

Pour consulter le mémoire de la CSN : https://www.csn.qc.ca/2023-04-14_memoire_pl19_csn/

Projet de loi 15 – Les syndicats de la santé établissent les bases du dialogue  

À l’aube des consultations parlementaires sur le projet de loi 15 du ministre de la Santé, Christian Dubé, l’ensemble des organisations syndicales du milieu de la santé et des services sociaux unissent leurs voix en rendant public aujourd’hui un énoncé de principes détaillant les bases et les fondements de leur vision pour proposer des améliorations au réseau. Le statu quo n’étant pas une option, les organisations syndicales, fortes de l’expérience de leurs membres sur le terrain, sont prêtes à entamer le dialogue avec le ministre à propos de cette vaste réforme.

« Nous considérons que la refondation du réseau doit reposer sur une réaffirmation forte de son caractère public, et qu’il est nécessaire de répondre aux véritables défis de décentralisation, de démocratisation et d’accessibilité aux services publics du système de santé québécois », peut-on lire notamment dans l’énoncé endossé par l’APTS, la CSN, la CSQ, la FSQ-CSQ, la FIQ, la FP–CSN, la FSSS–CSN, le SCFP, le SPGQ et le SQEES.

Universalité d’accès et gratuité

Parmi les principes fondamentaux défendus par les organisations syndicales, on retrouve l’universalité de l’accès ainsi que la gratuité des soins et services pour l’ensemble de la population, principes qui reposent sur un financement entièrement public, de même que sur une gestion et une prestation publiques. En ce sens, les syndicats misent sur le caractère résolument public du réseau, et souhaitent mettre fin à toute nouvelle intrusion du privé, tout en limitant au maximum le recours qu’on en fait actuellement. « Il n’y a pas de place pour de la marchandisation de la santé ni de ressources pour financer des profits au privé », affirment les organisations.

Décentralisation et démocratisation

La coalition intersyndicale s’inquiète également de la perte de pouvoir démocratique au sein des établissements du réseau de la santé et des services sociaux (RSSS) : « la décentralisation et la démocratisation du réseau par la concertation avec les acteurs des milieux de toutes les régions du Québec sont des facteurs incontournables pour agir afin de mieux prioriser et adapter les soins et services aux besoins et aux réalités spécifiques et ainsi nous permettre d’agir en prévention sur les déterminants sociaux, tels que le revenu et le statut social, qui sont actuellement mis à l’écart ».

Enfin, les organisations syndicales réclament d’une même voix une nette amélioration des conditions de travail pour l’ensemble du personnel du RSSS, facteurs clés de la névralgique attraction/rétention des travailleuses et travailleurs au sein du réseau public.

Pétition

En outre, toujours à l’initiative de la coalition intersyndicale, une pétition parrainée par le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, reprenant l’essentiel de ces revendications, a été publiée hier sur le site de l’Assemblée nationale.

Pour consulter l’énoncé de principes :  https://bit.ly/3KG1iN5
Pour consulter la pétition : https://bit.ly/3mEo5AJ

Une percée majeure pour les travailleuses et les travailleurs en recherche et en enseignement de l’Université Concordia

Les étudiantes et étudiants salariés de Concordia fondent le Syndicat des travailleuses et travailleurs en recherche et enseignement à Concordia (STTREC–CSN), affilié à la CSN.

Ils voulaient un syndicat démocratique et autonome pour maîtriser la négociation de leur convention collective. Un syndicat combatif concernant les enjeux sociaux chers à ses membres. C’est désormais chose faite avec le STTREC–CSN, fort de plusieurs milliers d’étudiantes et d’étudiants salariés de cette université anglophone de Montréal.

Une nouvelle génération engagée
« Le STTREC–CSN incarne une nouvelle génération qui s’engage pour améliorer ses conditions de travail, mais qui voit aussi au-delà avec une réflexion systémique sur les droits de la personne, l’environnement, la politique. Nous accueillons avec fierté ces camarades du monde entier dans notre confédération. Ils sont la preuve que le combat plus que centenaire de la CSN reste contemporain et qu’il perdure. »

Caroline Senneville, présidente de la CSN

« Les étudiantes et étudiants salariés de Concordia sont essentiels au fonctionnement de l’université ; ce nouveau syndicat nous donne la chance de nous battre vraiment pour la paye, les protections et les conditions de travail que nous méritons », explique Ria Mayer, organisatrice de la campagne.

Une onde de choc qui résonnera longtemps

Sa collègue et camarade Alex Angler évoque ce que la CSN représente pour elle : « En un mot : la solidarité. Notre combat de travailleuses et de travailleurs précaires n’est pas unique à Concordia ou au Québec. En nous alliant à d’autres syndicats militants de Concordia ou d’ailleurs, nous pouvons créer un mouvement pour briser le statu quo ». Enfin, Ria Mayer se félicite de l’implication des membres du STTREC–CSN. « Je suis si fière de toutes celles et de tous ceux qui ont joué un rôle, aussi petit soit-il, dans le succès colossal de cette campagne. »

Et elle ajoute avant de conclure : « Chaque carte signée est une onde de choc qui résonnera longtemps dans les couloirs de notre établissement. »

Projet de loi Dubé, un remède pire que le mal

La CSN s’oppose vivement à une plus grande concentration administrative du réseau de la santé et des services sociaux.

Les différentes phases de centralisation n’ont pas prouvé leur efficacité lors de la dernière décennie et n’ont surtout pas réglé la pénurie de main-d’œuvre. La CSN craint que cet immense paquebot que sera l’Agence santé Québec soit très difficile à faire virer de bord lorsque nécessaire. En plus, il sera plus ardu de tenir compte des particularités régionales tellement les grandes décisions seront prises loin du terrain, à Québec. « La CSN demande une plus grande décentralisation et une démocratisation du réseau », déclare la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

Centralisation et privatisation
Le ministre a déclaré vouloir des « top gun » du privé à la tête de l’agence santé. Il prévoit aussi deux hôpitaux privés. « On sent que le gouvernement est dirigé par des gens d’affaires qui croient aux vertus du secteur privé, mais il faut se questionner sur les coûts de cette option auxquels il faudra additionner les profits du privé. La facture sera payée par les contribuables, au bout du compte. Nous craignons par ailleurs une nouvelle saignée du réseau public avec le personnel qui va migrer vers les établissements privés. « La privatisation n’est pas la solution », ajoute Caroline Senneville.

Déresponsabilisation du gouvernement et fragilisation du réseau
Réjean Leclerc, président de la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN, est sans équivoque. « Depuis 2020, on remarque un accroissement de la détresse psychologique dans la population, mais particulièrement chez les travailleuses et les travailleurs du réseau de la santé en raison du stress chronique généré par la pandémie. Le personnel du réseau est dans la pire situation possible pour vivre d’autres bouleversements, surtout d’une si grande importance et imposé d’en haut sans que ne soit pris en compte l’avis des gens sur le terrain. »

« On nous dit que l’Agence Santé Québec veut accroître la performance du réseau, mais elle est conçue comme un centre de contrôle, notamment dans la gestion des ressources humaines. Or, ce dont les travailleuses et les travailleurs ont besoin pour améliorer les services, c’est de plus de soutien et d’autonomie, pas d’être encore plus contrôlés. En plus, cette agence pourra servir d’écran de fumée derrière lequel le gouvernement pourra se cacher quand la situation sera intenable sur le terrain. Sous couvert d’une réforme ambitieuse, on assiste finalement à une réforme qui manque d’ambition », ajoute Réjean Leclerc.

Une fusion de trop
Selon Danny Roy, président de la FP–CSN, « le projet de loi déposé aujourd’hui annonce une fusion sans commune mesure, une centralisation totale. Huit ans après la création des CISSS et des CIUSSS, les grands bouleversements vécus par le personnel et la démobilisation qui a suivi demeurent bien présents. Les fusions de Barrette visaient – comme celles d’aujourd’hui – à améliorer les services à la population, à donner plus d’agilité au réseau et à le rendre plus performant. Le résultat a été précisément l’inverse et la raison est simple : la centralisation n’est pas la solution, mais le problème qui afflige le réseau. En poussant plus loin la centralisation après que Barrette a grièvement blessé le réseau, Dubé a choisi de l’achever. »

À table !
Nous avons devant nous un gouvernement qui continue de vouloir tout décider seul. Plutôt que de discuter des enjeux propres aux conventions collectives à la table de négociation – là où nous sommes et où nous proposons des solutions – il impose implacablement sa vision et ses mesures par une loi.

Étant donné l’ampleur des éléments à analyser dans ce nouveau projet de loi, nous ne sommes toutefois pas encore en mesure de nous positionner sur les nombreux éléments qui y sont soulevés.

Pour connaître les solutions mises de l’avant par la CSN, visitez le https://www.csn.qc.ca/vraiment-public/

La CSN se réjouit du dépôt du projet de loi sur le travail des enfants, développé en collaboration avec les syndicats

La CSN tient à saluer le projet de loi déposé aujourd’hui par le ministre du Travail, M. Jean Boulet, visant à encadrer le travail des enfants. Le travail conjoint du gouvernement et des grandes organisations syndicales et patronales a permis d’en arriver à un consensus clair quant aux balises nécessaires pour assurer le plein développement de nos enfants. Il était temps : de plus en plus d’employeurs embauchent des jeunes de 11, 12 ou 13 ans. Résultat : les accidents de travail sont à la hausse et la motivation scolaire, elle, est en baisse.

Le projet de loi prévoit de façon générale l’interdiction de travailler aux moins de 14 ans et limite à 17 heures par semaine le travail des 14-16 ans, avec un maximum de 10 heures du lundi au vendredi. « À la CSN, nous sommes hautement préoccupés par la situation actuelle. La rareté de main-d’œuvre a mis au grand jour les dérives de certains employeurs qui embauchent des candidates et des candidats de plus en plus jeunes. Il était urgent d’agir et nous sommes fiers d’avoir participé activement aux travaux menant au dépôt de ce projet de loi », déclare Caroline Senneville, présidente de la CSN.

Il existe tout de même une préoccupation : la question des exceptions. « Pourquoi un enfant de 12 ans qui travaille au restaurant ou à la ferme de ses parents ne serait-il pas protégé par la loi alors que les autres enfants le seront ? Les risques pour sa santé et sa sécurité sont les mêmes. Son risque de décrochage également. On ouvre ici une brèche qui sera difficile à refermer. »

Il faut savoir par ailleurs que Québec accuse un grand retard sur le resserrement des normes entourant le travail des enfants, alors que la plupart des autres provinces l’ont déjà effectué. La dernière révision de la loi date d’il y a 25 ans, et le monde du travail a énormément évolué depuis.

« En 2021 seulement, les accidents de travail ont augmenté de 36 % chez les moins de 16 ans. Trop de jeunes travaillent dans des environnements peu sécuritaires pour lesquels ils n’ont ni la maturité ni la compétence nécessaire. Ils travaillent également un grand nombre d’heures, ce qui nuit à leur développement psychologique et social, ainsi qu’à la persévérance scolaire. Aucun emploi ne devrait nuire à leur santé ou à leur développement physique et psychologique ni compromettre leur éducation », ajoute la présidente.

Cette nouvelle législation, développée à la suite de l’avis du Comité consultatif sur le travail et la main-d’œuvre où siègent les principales organisations syndicales et patronales, illustre bien le résultat positif du travail de collaboration entre le gouvernement et les personnes qui sont sur le terrain pour en arriver à des solutions efficaces.

Reste à savoir à quel moment sera mise en œuvre la loi. « Il est impératif que la loi sur l’encadrement du travail des enfants et les règlements qui l’accompagneront entrent en vigueur avant la rentrée scolaire de septembre. Et il est tout aussi important que les organismes responsables d’appliquer les normes qui seront mises en place aient concrètement les moyens de les faire respecter. Sinon, ç’aura été beaucoup de bon travail pour rien », de conclure Mme Senneville.

Le gouvernement Trudeau s’attaque aux mères : début des audiences au Tribunal de la sécurité sociale

Le Mouvement Action-Chômage (MAC) de Montréal, le Conseil d’Intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT), le Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec, avec l’appui de groupes syndicaux et communautaires, tiennent à souligner que c’est aujourd’hui que le Tribunal de la sécurité sociale du Canada entendra l’appel de la Commission de l’assurance-emploi du Canada, qui conteste la décision selon laquelle la Loi sur l’assurance-emploi enfreint la Charte canadienne des droits et libertés. Le mouvement syndical et communautaire suivra attentivement le déroulement de l’audience des six plaignantes qui se sont vues privées de leur assurance-emploi du fait qu’elles ont pris un congé parental.

À la suite d’un recours entrepris par le MAC de Montréal en 2018, le Tribunal de la sécurité sociale avait jugé que les dispositions de la Loi sur l’assurance-emploi limitant le droit des mères à recevoir des prestations d’assurance-emploi lorsqu’elles perdent leur emploi pendant ou à la suite d’un congé de maternité, constitue de la discrimination basée sur le sexe : « parce qu’elles sont des femmes qui ont eu une grossesse, elles ne peuvent pas obtenir les avantages des autres assuré-es ». De plus, « [s]i une femme perd son emploi pendant son congé de maternité et parental, elle n’a plus de protection. Elle doit donc se fier à ses économies ou au revenu de son conjoint. Cela maintient les femmes dans la pauvreté et dans un lien de dépendance. C’est considérer les revenus des femmes comme un salaire d’appoint qui ne mérite pas la même protection. »

S’il est maintenant clair que la Commission d’assurance-emploi entend défendre jusqu’au bout les dispositions sexistes de la Loi sur l’assurance-emploi, nos organisations demandent aujourd’hui au gouvernement d’intervenir et de régler la question par voie législative. La ministre Qualtrough a déclaré à plusieurs reprises vouloir corriger la discrimination envers les femmes dans le régime en assurance-emploi; elle se fait désormais beaucoup plus discrète.

Le gouvernement doit modifier la Loi sur l’assurance-emploi pour que toutes les travailleuses aient droit à une protection en cas de chômage, indépendamment de toute absence au marché du travail liée à la grossesse, à la maternité et aux responsabilités familiales. Tant qu’à légiférer, pourquoi ne pas procéder à la réforme en profondeur du régime d’assurance-emploi promise depuis trois ans?

Appuyé par l’APTS, la CSQ, la CSN, la FIQ, la FTQ, le SPGQ, le MAC Pabok Inc. Gaspésie-Îles-de-la-Madeline, le Comité chômage de l’Est, le MAC Lac-St-Jean, Action populaire Rimouski-Neigette, L.A.S.T.U.S.E. du Saguenay, le MAC Trois-Rivières et le MASSE.

La CSN amasse un montant record pour le Camp Vol d’été Leucan–CSN

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) a fracassé des records en amassant plus de 135 000 $ lors de la première édition de Marche-don Cours-don, une course à relais hivernale au profit de Leucan. Ces sommes sont consacrées à la tenue du Camp Vol d’été Leucan–CSN, le seul camp estival permettant aux enfants atteints de cancer et à leur famille de vivre ensemble des moments de répit.

« La CSN et Leucan, c’est une histoire d’amour, confie Caroline Senneville, présidente de la CSN. Depuis maintenant plus de 25 ans, nos membres s’organisent année après année pour venir en appui aux familles traversant des périodes charnières. La solidarité et la bienveillance sont au cœur de notre mouvement depuis 1921, et c’est toujours touchant de voir nos membres se mobiliser pour la collectivité québécoise. »

Les dons récoltés pendant Marche-don Cours-don permettent au mouvement de financer entièrement la prochaine édition du Camp Vol d’été Leucan–CSN. Somme toute, ce sont près de 400 personnes provenant des quatre coins du Québec qui ont accepté ce défi enneigé en parcourant plus de 3 750 kilomètres, ce qui correspond à un aller-retour entre les bureaux de la CSN à Chandler et à Rouyn.

« C’est incroyable de voir ce que le mouvement CSN peut accomplir quand il décide de relever un défi, commente Lysanne Groulx, directrice, engagement et relations aux donateurs de Leucan. Jamais une activité de financement n’a réussi à atteindre de tels sommets en 25 ans de partenariat. Au nom de Leucan, je lève mon chapeau bien bas aux militantes et aux militants de la CSN pour leur solidarité indéfectible envers les enfants atteints de cancer et leur famille. »

Rencontre avec la ministre Biron – Le Collectif 8 mars reste sur sa faim

En marge de la Journée internationale des droits des femmes le Collectif 8 mars – qui représente près de 800 000 femmes au Québec – a rencontré Martine Biron, la ministre responsable de la Condition féminine, le 16 mars dernier. Cette première rencontre devait être l’occasion de connaître sa vision sur l’importance du mouvement féministe au Québec ainsi que ses priorités pour défendre et faire avancer les droits de toutes les Québécoises.

L’ensemble des représentantes du Collectif sont malheureusement déçues de cette rencontre. « La ministre en charge de défendre les intérêts des Québécoises devant le Conseil des ministres n’a pas de plan d’action concret ni de priorités pour les femmes marginalisées. « Les membres du Collectif se désolent du ton de la ministre, peu propice à des échanges constructifs pour améliorer les conditions de vie de toutes les femmes. Nous restons sur notre faim », se navre Marie-Andrée Gauthier, porte-parole du Collectif 8 mars.

Les participantes ont insisté sur la nécessité de tenir compte des différentes réalités vécues par les femmes et des enjeux distincts auxquels elles peuvent être confrontées. « Cette rencontre a été l’occasion d’expliquer le sens de notre slogan – Résistances féministes. Le thème du 8 mars est basé sur nos diversités, alimenté par nos colères, nourri par notre sororité. Toutes les femmes ont le droit d’être respectées et défendues équitablement », explique Karine Drolet, également porte-parole du Collectif.

L’analyse différenciée selon les sexes dans une perspective intersectionnelle (ADS+)

En raison du rejet gouvernemental de la motion traitant de l’ADS+ proposée par le Collectif 8 mars et les partis d’opposition le 21 février dernier à l’Assemblée nationale, une large part de la rencontre a été consacrée à l’importance de cet outil. Pour le Collectif, l’ADS+ permettrait au gouvernement de prévenir la reproduction ou la création d’inégalités entre les femmes et les hommes dans les actions gouvernementales ainsi que de contrer la discrimination systémique qui peut se produire dans le cadre d’interventions en apparence neutres. C’est également un outil important pour faire obstacle aux discriminations croisées vécues par les femmes marginalisées.

Les services publics et les programmes sociaux

La pandémie a prouvé le caractère essentiel du travail des femmes dans les services publics, notamment dans le réseau de la santé et des services sociaux ainsi que dans celui de l’éducation. Ce sont les femmes, que ce soit à titre de travailleuses dans les services publics et les programmes sociaux ou en tant qu’utilisatrices majoritaires, qui subissent les plus grands impacts du sous-financement chronique de ces secteurs.

À moins d’une semaine du dépôt du budget du Québec, le Collectif réitère qu’il est nécessaire de réinvestir massivement dans les services publics pour répondre aux besoins et aux attentes légitimes de la population. Le gouvernement doit voir l’argent qu’il injecte dans les services publics comme un investissement et non comme une dépense. 

De nombreuses femmes rencontrent d’ailleurs plus d’obstacles dans l’accès aux services publics et aux programmes sociaux, notamment de par leur situation de handicap, leur âge, leur apparence, leur identité de genre, leur religion, leur couleur de peau, leur orientation ou leur statut migratoire.

Les discriminations sur le marché du travail

La participation des femmes au marché du travail contribue à leur autonomie financière ainsi qu’à l’enrichissement de l’ensemble de la société. Malheureusement, les femmes issues de communautés marginalisées y accèdent plus difficilement et plusieurs sont surreprésentées dans les emplois à risque et faiblement rémunérés.

Alors que le gouvernement s’évertue à trouver de nouvelles façons de pallier la pénurie de main-d’œuvre, il a là une occasion à saisir pour mettre fin aux discriminations dont les femmes marginalisées sont victimes sur le marché du travail.

Le droit au logement

De plus, la crise actuelle du logement combine un manque de logements sociaux avec une montée en flèche des loyers et des prix des propriétés alors que le pouvoir d’achat recule en raison de l’inflation et que la pauvreté augmente. Cette crise n’affecte pas toute la population de la même façon. Les femmes, les familles et les personnes racisées y sont particulièrement vulnérables.

Le Collectif 8 mars encourage donc Québec à reconnaître formellement le droit au logement. Il s’agit d’un déterminant social important de la santé globale des individus. Lorsque l’accès au logement constitue un problème, une préoccupation constante s’ajoute à la charge mentale des femmes – déjà très lourde – plutôt que de les aider à se créer un espace où la qualité de vie et la sécurité sont assurées.

Enfin, les membres du Collectif 8 mars souhaitent maintenir des collaborations fructueuses avec les équipes de travail du gouvernement. C’est une étape incontournable pour que tous les enjeux présentés à la ministre puissent être abordés et que les problèmes qui en découlent soient réglés rapidement.

À propos

Le Collectif 8 mars est composé d’organisations syndicales et d’organisations féministes d’action communautaire autonome représentant près de 800 000 femmes, 17 Tables régionales de concertation en condition féminine et plus de 450 groupes de femmes et mixtes.

Personne ne devrait être prisonnier de son employeur

Lettre de Caroline Senneville, présidente de la CSN

L’arrivée massive de personnes immigrantes sur le marché du travail québécois force la prise de conscience de nos besoins de main-d’oeuvre, mais aussi du traitement qui leur est réservé. Bienvenue en 2023 !

Le ministre du Travail Jean Boulet a admis, lors d’une conférence de presse tenue avec la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), qu’il y a une forte augmentation des accidents de travail chez les travailleuses et les travailleurs étrangers temporaires. Ensemble, ils ont annoncé des mesures visant à réduire le nombre d’accidents et à mieux protéger ce personnel qui ne parle pas toujours français et qui ne connaît aucunement la législation québécoise.

Avec l’augmentation exponentielle du nombre d’immigrantes et d’immigrants au statut temporaire dans les dernières années, le gouvernement a annoncé l’ajout de 10 employé-es à « l’escouade prévention » de la CNESST. À moins que cette escouade ne possède une baguette magique, cette mesure n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan.

Vu les milliers d’entreprises qui font appel à cette main-d’oeuvre, cet ajout est nettement insuffisant pour qu’on explique à ces personnes l’ensemble de leurs droits et de leurs recours. D’autant plus qu’elles ne connaissent ni nos lois ni nos institutions et ne maîtrisent pas encore le français. Même si l’escouade est trilingue, les documents explicatifs et les répondantes et les répondants à la CNESST le sont rarement. Il faut aussi avouer que même pour les gens nés au Québec, se dépatouiller avec la CNESST est un défi en soi.

Le ministre prétend aussi qu’il va s’assurer que les entreprises, les agences de placement et les agences de recrutement à l’étranger suivent les règles. Pourtant, plusieurs règles existent, et elles sont allègrement outrepassées par des employeurs qui n’ont aucun scrupule à utiliser des humains comme une marchandise productive.

Les exemples ont frappé l’actualité des derniers mois et ont démontré que même des multinationales lourdement subventionnées à même nos impôts ne se gênent pas pour utiliser les travailleuses et les travailleurs étrangers temporaires d’une façon que des expertes et des experts n’hésitent plus à qualifier d’esclavagisme moderne.

Plutôt que de saupoudrer quelques ressources pour essayer de cerner le problème, la CNESST doit jouer pleinement son rôle, intervenir, et faire appliquer les lois afin qu’elles aient un réel effet dissuasif sur ces employeurs qui nous font honte.

Pensons-y : ces personnes sont recrutées par des entreprises qui les font venir ici. Ces compagnies doivent s’assurer que leurs besoins de base sont comblés et que leurs droits sont respectés. Mais quels sont les recours de ces personnes si elles sont maltraitées ? Il leur est impossible de changer de travail, même pour un autre identique, puisque leur permis n’est valide que pour un seul employeur. La concurrence est inexistante entre les différents « donneurs d’ouvrage », les salarié-es sont captifs et ont souvent très peur. Peur de se faire retourner chez eux, peur de représailles.

La véritable solution passe par des permis ouverts qui permettent aux travailleuses et aux travailleurs de quitter une entreprise pour aller travailler dans une autre.

Il faut aussi que l’offre de cours de francisation soit accessible dans toutes les entreprises et pour toutes les personnes immigrantes, et ce, peu importe leur statut. C’est par le français que passe la prévention des accidents dans les milieux de travail.

Il est honteux qu’en 2023, au Québec, nous traitions des êtres humains comme une sous-classe de citoyennes et de citoyens, alors que nous en avons cruellement besoin et que nous prétendons former une société démocratique.

À cette fin, les gouvernements doivent avoir la volonté et le courage de mettre fin aux contrats de travail fermés et abolir les permis fermés, parce qu’ici, chez nous, personne ne devrait être prisonnier de son employeur.

Projet de loi 10 : Les agences de placement privées doivent cesser de cannibaliser le réseau public

La CSN se présentera aujourd’hui en commission parlementaire pour dénoncer la cannibalisation du réseau public de santé et de services sociaux par les agences de placement privées et le manque de transparence du projet de loi 10, qui est pourtant censé en restreindre l’accès. La centrale syndicale propose des moyens concrets pour mettre fin au recours aux agences. Plusieurs gouvernements, dont celui de la CAQ, ont laissé péricliter le réseau public pour justifier l’arrivée du privé. Ce petit jeu néfaste doit cesser.

« Avec les agences, nous sommes face à un véritable cercle vicieux. Le réseau agit à court terme en recourant aux agences sans s’attaquer aux conditions de travail et ce faisant, il amplifie le problème de pénurie de main-d’œuvre qui est le problème numéro un du réseau public en ce moment », explique Caroline Senneville, présidente de la CSN.

La présidente dénonce également cette injustice : « Les employé-es d’agence de placement de personnel ont bien souvent de meilleurs salaires et de meilleurs horaires que leurs collègues du public. Pour ajouter l’insulte à l’injure, il revient régulièrement au personnel du réseau public de superviser et de former les employé-es d’agences qui ne savent habituellement pas grand-chose de leur nouvel environnement de travail temporaire. »

Le problème des agences touche bien entendu les infirmières, mais aussi d’autres professions. De 2010-2011 à 2020-2021, le nombre d’heures octroyées à des agences a augmenté de 347 % pour les préposé-es aux bénéficiaires, de 601 % pour les préposé-es à l’entretien ménager, de 917 % pour les éducatrices et les éducateurs et de 326 % pour les diététistes. En 2022, c’est 960 M$ qui sont allés aux agences, en hausse de 380 % depuis 2016.

Un projet de loi qui manque de substance
La CSN estime que le gouvernement doit mettre fin à ce régime avec du personnel « à deux vitesses » le plus tôt possible. Le projet de loi 10 n’explique pas quand et comment le gouvernement compte vraiment agir. Il faudrait que le projet de loi prévoie un échéancier contraignant et pas seulement des vœux pieux. « Remettre le contenu du projet de loi à un futur règlement démontre le manque de détermination et de transparence du gouvernement », critique la présidente de la CSN. Il faudrait aussi définir le type d’organismes qui seront touchés par les restrictions dans le recours aux agences privées de placement. La CSN conseille d’exclure complètement les agences de toutes les parties du réseau public et de tous les titres d’emploi, pas seulement les infirmières dans les hôpitaux.

Pour connaître les solutions mises de l’avant par la CSN, visitez le https://www.csn.qc.ca/vraiment-public/

La langue devrait être maîtrisée avant les études supérieures 

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) souligne le paradoxe entre le discours officiel du gouvernement Legault qui se targue d’être un défenseur de la langue française et l’année qui s’est écoulée avant de rendre public le Rapport du comité d’expertes sur la maîtrise du français au collégial. « Pourquoi une telle attente si le français est une priorité pour le gouvernement ? A-t-il choisi de ne pas faire de vagues avant les élections de l’automne dernier ? » se questionne Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQ–CSN.  

Ce rapport risque de choquer les membres de la FNEEQ–CSN qui enseignent la littérature au collégial. « Le rapport insinue qu’après onze années de formation au primaire et au secondaire, il faudrait repartir à zéro. C’est comme si on demandait aux profs de mathématiques d’enseigner les tables de multiplication au cégep. Quand on arrive en enseignement supérieur, il faut que la langue soit maîtrisée en amont, pour que l’on puisse bâtir sur des acquis », souligne Caroline Quesnel.  

Du même souffle, le rapport semble enfoncer des portes ouvertes en recommandant un enseignement explicite du fonctionnement de la langue en relation étroite avec la lecture et l’écriture : cela se fait déjà au quotidien dans le cadre de l’enseignement de l’analyse littéraire. 

Le numérique : obsession du premier ministre 
Le rapport, visiblement rédigé avant l’utilisation accélérée des robots conversationnels, fait écho au plan d’action numérique gouvernemental et à l’amour démesuré du premier ministre Legault pour la technologie comme gage de solution à tous les maux. « Le numérique fait partie de nos vies, mais on ne doit pas se fier qu’aux machines et aux robots pour écrire à notre place. Il faut maîtriser la langue et comprendre comment elle fonctionne. C’est capital », martèle Caroline Quesnel. 

Par ailleurs, la FNEEQ–CSN partage le constat des chercheuses avançant que la valorisation de la langue est une responsabilité partagée et l’affaire de tout le milieu, de tous les enseignantes et enseignants, peu importe la discipline. Le ministère doit fournir des données supplémentaires pour dresser un portrait plus complet et doit consulter les spécialistes de l’enseignement que sont les profs.

La Fédération, qui représente 85 % des profs de cégep, s’intéresse de près au dossier. En décembre dernier, les syndicats membres ont mandaté la fédération pour réfléchir aux moyens de valoriser la langue : le chantier en cours prévoit une consultation des membres qui enseignent en français littérature et langue seconde.  

La CSN dénonce l’austérité postpandémique dans les écoles

La CSN dénonce les compressions budgétaires que doivent effectuer plusieurs centres de services scolaires pour pouvoir payer toutes les factures de frais extraordinaires liés à la pandémie.

Dans ce contexte, il est très difficile de concevoir que le gouvernement Legault puisse accorder des baisses d’impôt tout en réinvestissant suffisamment en santé et en éducation pour assurer à la population des services de qualité. « Il vaut mieux pour le gouvernement de revenir sur sa promesse que de compromettre l’avenir de milliers d’enfants. Ce serait la chose responsable à faire », affirme la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

Comme le rapporte Radio-Canada aujourd’hui, des centres de services scolaires ont diminué leurs services de soutien aux élèves, comme les services en orthopédagogie et en psychologie ou encore ceux qui sont effectués par les techniciennes en éducation spécialisée. Au CSSC, dans la Capitale, c’est près de 1,5 M$ de manque à gagner qui doivent être récupérés dans le budget existant.

« C’est inadmissible de nuire aux enfants les plus vulnérables en provoquant une sorte d’austérité postpandémique. Il faut impérativement augmenter les budgets pour éponger tous les frais imprévus liés à la pandémie et pour permettre non seulement de maintenir, mais d’améliorer les services. La pandémie a eu des effets dévastateurs sur plusieurs élèves, ce n’est vraiment pas le moment de baisser les bras ; j’espère que le ministre Drainville va pouvoir défendre son ministère adéquatement », a déclaré Caroline Senneville, présidente de la CSN. La confédération estime en outre que le déficit scolaire des élèves vulnérables est majeur.

Notons que la facture pandémique est également très lourde dans les secteurs de la santé et des services sociaux ainsi que du transport en commun, pour ne nommer que ceux-là. Ne pas tenir compte de cela équivaut à plonger plusieurs administrations publiques en période d’austérité postpandémique.

Le Front commun revendique de meilleurs salaires pour les femmes dans les services publics

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, une centaine de militantes du Front commun – dont 78 % des membres sont des femmes – se sont réunies devant le Secrétariat du Conseil du trésor afin de lancer un message fort au gouvernement Legault au moment même où les discussions s’amorcent à la table de négociation en ce qui concerne les augmentations de salaire pour les prochaines conventions collectives : « Nous, d’une seule voix, résistons pour de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail! »

Cette prise de parole publique dénonce l’appauvrissement impliqué par l’offre soumise aux femmes et aux hommes qui donnent des services à la population par la présidente du Conseil du trésor et ancienne ministre de la Condition féminine, Sonia LeBel. En effet, alors que le gouvernement prévoit une inflation de 16,6 % sur 5 ans dans sa dernière mise à jour économique, il n’offre que 9 % d’augmentations salariales pour la même période. Quand les salaires du secteur public ne suivent pas, ce sont en grande majorité des femmes qui s’appauvrissent.

« Quand on regarde les conditions dans lesquelles travaillent les femmes pour éduquer, soigner et offrir des services à la population, on doit faire le constat qu’il reste encore beaucoup de chemin à faire pour atteindre une pleine reconnaissance en 2023. Quand on voit un gouvernement leur demander – encore une fois – de se serrer la ceinture alors que l’inflation les frappe de plein fouet, comme tout le monde, il y a de quoi s’insurger. Boucler le budget du Québec et réduire les impôts sur le dos des femmes du Front commun, ça ne passera pas! », dénoncent vivement les porte-parole du Front commun, Magali Picard, présidente de la FTQ, François Enault, premier vice-président de la CSN, Éric Gingras, président de la CSQ, et Robert Comeau, président de l’APTS.

Pour revaloriser les emplois du secteur public, le Front commun réclame un mécanisme permanent de protection contre l’inflation d’une part et, d’autre part, un enrichissement visant un rattrapage salarial général. Ainsi, il revendique 100 $ par semaine pour l’année 2023 ou l’indice des prix à la consommation (IPC) +2 % (selon la formule la plus avantageuse), l’IPC +3 % pour 2024 et, finalement, l’IPC +4 % pour 2025.

Le compte à rebours est commencé

Cette action symbolique du Front commun a lieu alors que les conventions collectives des travailleuses et des travailleurs des services publics viendront à échéance le 31 mars prochain. Pour marquer le coup, le Front commun amorce un compte à rebours sur les réseaux sociaux afin de rappeler à la présidente du Conseil du trésor que l’heure est à la négociation. Un rassemblement de militantes et militants de la CSN, de la CSQ, de la FTQ et de l’APTS se tiendra également le 30 mars prochain, à Québec, afin de faire le point sur la négociation en cours et d’échanger sur la mobilisation à venir pour le renouvellement des conventions collectives du secteur public.

« Le temps file, nos réseaux publics ont besoin d’air. Les membres du Front commun se sont prononcés sur des propositions pour mettre fin à la pénurie de main-d’œuvre en éducation, en enseignement supérieur et dans la santé et les services sociaux. Nous demandons au gouvernement d’être actif aux tables de négociation, de travailler sérieusement et d’être à l’écoute des propositions qui viennent de celles et ceux qui sont les mieux placés pour savoir de quoi nos services ont besoin », concluent les porte-parole syndicaux.

Statistiques pour mieux comprendre les enjeux de cette négociation

  • Moyenne salariale des employées et employés du secteur public membres du Front commun : 43 916 $ ;
  • Retard salarial : -11,9 % ;
  • Retard de rémunération globale : -3,9 % ;
  • Proportion de femmes parmi les membres du Front commun : 78 %.

Pour plus d’information sur la négociation en cours : https://www.frontcommun.org/.

À propos du Front commun

Ensemble, la CSN, la CSQ, la FTQ et l’APTS représentent plus de 420 000 travailleuses et travailleurs de l’État québécois dans les secteurs publics, en éducation, en santé et dans les services sociaux ainsi qu’en enseignement supérieur.

Entente de principe adoptée dans le secteur du transport urbain à Granby 

Réunis en assemblée générale le 5 mars dernier, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs du transport urbain de Granby–CSN ont adopté un nouveau contrat de travail. Ils étaient sans convention collective depuis le 21 octobre 2022. 

Une entente satisfaisante pour les membres ! 

La négociation achoppait principalement sur les clauses à incidence financière, en particulier le salaire. « Nous sommes amplement satisfaits des gains que nous avons faits, notamment en ce qui a trait aux salaires. On parle d’augmentations d’environ 30 % ! De plus, l’employeur devra désormais reconnaitre l’ancienneté lors de l’octroi de poste, ce qui constitue une avancée majeure. » Explique Nancy Bouchard, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du transport urbain de Granby–CSN. 

Une rencontre de négociation a eu lieu le 21 février dernier. Lors de cette séance, le comité de négociation ainsi que l’employeur sont parvenus à une entente de principe. Rappelons que les membres s’étaient dotés d’un mandat de grève de 15 jours à utiliser au moment jugé opportun. 

« Les membres ont été solidaires avec leur comité de négociation et c’est pour cette raison qu’ils ont obtenu des gains remarquables. Nous espérons que les gains obtenus lors de cette négociation facilitent le recrutement et la rétention de la main-d’oeuvre. » Souligne Simon Mathieu Malenfant, vice-président-trésorier de la Fédération des employées et employés de service public–CSN (FEESP–CSN). 

Pour Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de L’Estrie–CSN (CCSNE–CSN), « la solidarité et la détermination exemplaires des travailleuses et travailleurs ont fait la différence dans cette négociation. En plus de faire progresser leurs conditions de travail, ils augmentent considérablement les chances de maintenir un bon fonctionnement au niveau du service à la population. » 

À propos 

Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs du transport urbain de Granby compte environ 15 membres. Il est affilié à la Confédération des syndicats nationaux, à la Fédération des employées et employés de service public (FEESP–CSN), ainsi qu’au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN (CCSNE–CSN) regroupant environ 12 500 membres sur le territoire de l’Estrie. 

Des emplois durables, oui, mais pas sans une transition juste

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) se réjouit du lancement aujourd’hui par le gouvernement fédéral du Programme pour des emplois durables, qui conjugue finalement environnement et emploi, mais se questionne sur l’absence de mesures touchant à la transition juste. En rappel, la transition juste, économique et écologique, consiste à assurer que les travailleuses et les travailleurs œuvrant dans les secteurs touchés par les changements climatiques aient une place à la table pour élaborer des solutions durables quand il est question de leur travail.

Pour la CSN, bien que les objectifs du programme soient tout à fait louables et qu’elle accueille favorablement l’approche tripartite des ministères concernés, la décision d’écarter la transition juste met en péril son succès.

« Ça fait maintenant plus de vingt ans que les syndicats parlent de la transition juste, économique et écologique. Le gouvernement Trudeau ne peut pas faire l’autruche sur ces enjeux, déplore Caroline Senneville, présidente de la CSN. Il sait très bien qu’il est primordial que les travailleuses et les travailleurs aient une place à la table pour décider de l’avenir des secteurs d’activités touchés par les bouleversements climatiques, en plus de leur offrir des formations et des garanties de revenus adéquats pour les aider à faire la transition vers de nouveaux secteurs plus écologiques. »

La confédération applaudit le programme qui vise la création de milliers d’emplois durables dans les prochaines années et qui ouvre la porte à un dialogue constructif entre les gouvernements, les employeurs, et le mouvement syndical. La CSN insiste pour que le gouvernement, dès le lancement du programme, mette en place des mesures qui impliqueront directement le personnel des secteurs visés.

« Le gouvernement Trudeau est doué pour fixer des objectifs ambitieux qui semblent bien beaux sur papier, mais il oublie souvent de nous donner les moyens de les atteindre. Il nous paraît irréaliste de promettre la création d’autant d’emplois durables sans passer par une transition juste des travailleuses et des travailleurs des secteurs qui sont affectés par les changements climatiques, » conclut la présidente.

Un pas dans le bon sens… sans grande audace

L’idéal d’un système VRAIMENT public commande l’affranchissement du réseau public de toute dépendance à l’égard de l’entreprise privée à but lucratif. La première mesure pour redevenir un employeur de choix est d’abolir les agences de personnel et de mettre fin à la concurrence qui prévaut actuellement entre les conditions du secteur public et celles des agences. En outre, il est crucial d’assurer au personnel du réseau public de bonnes conditions de travail et de rémunération pour y ramener les travailleuses et les travailleurs et retenir celles et ceux qui y sont demeurés.

La CSN aurait voulu que le gouvernement fasse preuve de plus d’audace en s’engageant dès maintenant dans un plan visant le rapatriement de l’ensemble des ressources dans le secteur public. Elle invite donc le gouvernement de la CAQ à aller plus loin pour éradiquer complètement les recours aux entreprises de placement de main-d’œuvre en santé et services sociaux.

« Pour mettre fin définitivement aux recours aux agences privées, il lui faudra travailler avec nous, les organisations syndicales, souligne la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Redevenir un employeur de choix, comme réseau public, constitue la pierre angulaire de toute solution à long terme. Pour cela, ce que nous demandons, c’est que le gouvernement soit en mode écoute. Parce que des solutions, le personnel du réseau en a tout plein. Elles sont concrètes et réalistes, mais trop souvent ignorées. »

La CSN réitère la nécessité d’avoir un échéancier indiquant clairement les étapes pour s’affranchir complètement et définitivement de cette dépendance envers l’entreprise privée à but lucratif, parce que l’heure est grave. En définitive, il faudra voir le règlement qui sera adopté par le gouvernement pour savoir si on assiste à un véritable changement de cap.

Un problème généralisé
Le recours à des agences de placement de personnel crée aussi de l’instabilité pour les équipes de travail et nuit à la sécurité et à la qualité des soins et des services. Les agences sont dorénavant partout dans le réseau ! Dans les soins infirmiers, chez les préposé-es aux bénéficiaires, dans les services alimentaires, dans les services sociaux…  Bref, le problème touche plusieurs titres d’emplois et il a également pris beaucoup d’ampleur dans le secteur des centres d’hébergement privés ces dernières années. Là aussi, il faut agir, sinon on ne fait que déplacer le problème.

Pour la CSN, cette situation de dépendance doit alerter toute la population quant aux conséquences réelles de la privatisation en santé et services sociaux, et ce, même quand les frais sont couverts par l’assurance maladie publique. Elle entraîne inévitablement la fuite des ressources et de l’expertise du secteur public vers des entreprises à but lucratif dont l’objectif premier est de réaliser des profits. Des groupes de médecine familiale et centres médicaux spécialisés aux centres d’hébergement privés, aucun exemple de privatisation en santé et services sociaux n’a permis à l’État de payer moins cher que dans le secteur public tout en atteignant les objectifs, notamment en matière d’accessibilité.

Pour connaître les solutions mises en avant par la CSN, visitez le https://www.csn.qc.ca/vraiment-public/

La ministre Pascale Déry devrait présenter ses priorités

La CSN, la centrale syndicale la plus représentative en enseignement supérieur au Québec, estime que Pascale Déry tarde à faire connaître ses priorités, comme l’a fait son collègue Bernard Drainville, alors que les collèges et les universités ont pourtant des besoins criants.

Dans une récente nouvelle de TVA, la ministre Déry a raison de vouloir augmenter le taux de diplomation, mais cela n’arrivera pas par magie. « Il faudra donner aux cégeps et aux universités les moyens nécessaires pour avoir un personnel suffisant, tant pour l’enseignement et l’aide aux étudiantes et aux étudiants en difficulté, que du côté des employé-es de soutien », soutient Caroline Senneville, présidente de la CSN, qui précise que le manque de personnel et la surcharge actuelle de travail ne permettent pas de faire un travail optimal. Les établissements d’enseignement supérieur souffrent d’un sous-financement chronique depuis plusieurs années.

La pandémie a provoqué des retards d’apprentissage et de formation qui se répercutent sur l’enseignement supérieur et il faudra des moyens suffisants pour assurer la réussite éducative du plus grand nombre. On pense notamment à l’apprentissage du français écrit qui cause des difficultés à un nombre grandissant d’étudiantes et d’étudiants. Il faut s’en occuper sérieusement.

La CSN déplore que la ministre semble préoccupée seulement par les besoins actuels du marché. Elle cite les bourses Perspectives qui ciblent certaines professions au détriment des autres. « Ces bourses ne fonctionnent pas et ne garantissent pas une rétention des personnes une fois en emploi », précise Caroline Senneville, qui estime que la vision de la ministre Déry devra dépasser cette approche centrée uniquement sur la photo des pénuries de main-d’œuvre actuelles.

Pour consulter la plateforme de la CSN en éducation et en enseignement supérieur

https ://bit.ly/3EAf0PY

Le rehaussement de l’âge minimal de la retraite totalement inutile, affirme la CSN

C’est aujourd’hui que la Confédération des syndicats nationaux était entendue en commission parlementaire, alors que s’amorçait une importante consultation publique sur le Régime de rentes du Québec (RRQ). Le régime, en très bonne santé financière, est assuré pour au moins les 50 prochaines années, selon le ministère. La CSN s’étonne donc de la proposition de repousser à 62 ou à 65 ans l’âge d’admissibilité aux prestations, mesure phare de l’actuelle proposition gouvernementale. La première grande centrale au Québec est plutôt d’avis que le moment est opportun pour améliorer certaines dispositions du RRQ sans effectuer de réduction de bénéfices.

« Selon le questionnaire de Revenu Québec, la consultation, obligatoire tous les six ans, est nécessaire pour “accroître la sécurité financière des retraité-es”. Du même coup, on propose d’appauvrir celles et ceux qui en ont le plus besoin, alors que près de 3 travailleurs sur 10 n’ont que le RRQ comme revenu à partir de 60 ans. On ne comprend tout simplement pas l’objectif, affirme Caroline Senneville, présidente de la CSN. La très bonne santé financière du régime rend tout à fait superflue et même nuisible une hausse de l’âge d’admissibilité aux prestations du RRQ. Au contraire, la situation actuelle appelle à une bonification du régime pour les personnes qui y ont cotisé toute leur vie. »

Pour la CSN, le report de l’âge d’accès aux prestations se veut une solution bien imparfaite au problème conjoncturel que représente l’actuel défi de la main-d’œuvre au Québec et aura plus d’effets négatifs sur le maintien de la main-d’œuvre expérimentée que de bénéfices. Elle serait encore plus néfaste pour la population moins bien nantie.

« Si on repousse l’âge d’accès, ce sont encore une fois les femmes et les moins nantis qui seront affectés de façon disproportionnée, puisque leur revenu moyen de cotisation au RRQ est significativement moins élevé. Forcer un report du début de la rente de retraite du RRQ conduirait inévitablement de futurs retraité-es à la pauvreté. À la CSN, on défend des valeurs de justice et de solidarité et, justement, le RRQ revêt un caractère social de redistribution pour les personnes à faible revenu. »

La CSN est en faveur d’une modification des règles de calcul de la rente afin d’éviter que les gains reliés au travail de quelqu’un qui demande sa rente après 65 ans réduisent la moyenne des gains utilisés pour le calcul de sa rente. Elle se montre également favorable aux propositions visant à mieux soutenir les travailleuses et travailleurs qui agissent comme proches aidantes et proches aidants et qui doivent s’occuper d’un enfant à charge ou encore d’une personne en invalidité. Finalement la CSN privilégie le mécanisme d’ajustement actuel en cas de déséquilibre du régime de base du RRQ, et ce, autant pour le régime de base que pour le régime supplémentaire du RRQ.

Pour consulter le mémoire de la CSN : https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2023/02/2023-02-02_memoire_rrq_csn.pdf

Le syndicat des travailleuses et travailleurs du transport urbain se dote d’un mandat de grève. 

Réunis en assemblée générale le 5 février dernier, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs du transport urbain de Granby–CSN, qui sont sans contrat de travail depuis le 21 octobre 2022, ont adopté à l’unanimité un mandat leur permettant de déclencher, au moment jugé opportun, une grève de 15 jours. C’est la compagnie Autobus Fleur de Lys inc. qui a été choisie par la ville de Granby, lors d’un appel d’offres, pour offrir les services de transport urbain sur le territoire de la municipalité. 

Des offres salariales inacceptables ! 

La négociation achoppe principalement sur la question du salaire. Selon Nancy Bouchard, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du transport urbain de Granby–CSN, « nos membres se sentent contraints d’effectuer des heures supplémentaires pour maintenir les services à la population, car l’employeur Autobus Fleur de Lys inc. peine à recruter des employé-es. La seule façon de résoudre ce problème, c’est de bonifier les salaires ! Voilà pourquoi le syndicat s’est donné un mandat de grève de 15 jours. L’adoption à 100 % du mandat de grève démontre la détermination de nos membres. » 

Une rencontre de négociation aura lieu le 9 février. L’issue de cette rencontre sera déterminante pour la suite des choses. S’il n’y a pas de progrès à la table de négociation, le syndicat n’hésitera pas à débrayer. « Nous souhaitons de tout coeur que l’employeur dépose des offres qui permettront un déblocage rapide des négociations. Rappelons que ces travailleuses et travailleurs sont parmi les plus bas salariés dans le secteur du transport urbain privé », souligne Simon Mathieu Malenfant, vice-président-trésorier de la Fédération des employées et employés de service public–SN (FEESP–CSN). 

Pour Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de L’Estrie–CSN (CCSNE–CSN), « il est évident que les difficultés actuelles de recrutement et de la rétention mettent en péril les services auxquels la population est habituée. » 

À propos 

Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs du transport urbain de Granby compte environ 15 membres. Il est affilié à la Confédération des syndicats nationaux, à la Fédération des employées et employés de service public (FEESP-CSN), ainsi qu’au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie-CSN (CCSNE-CSN) regroupant environ 12 500 membres sur le territoire de l’Estrie.

La CSN réclame une bonification du régime d’assurance-emploi

Avec ses alliés des autres grandes centrales syndicales et les organismes de défense des chômeurs, la CSN a réclamé jeudi une bonification du régime de l’assurance-emploi que le gouvernement fédéral s’apprête à réformer. Au fil des ans, les gouvernements successifs ont restreint l’accès et diminué la durée et le montant des prestations.

« Il est plus que temps qu’Ottawa redonne aux travailleurs et aux chômeurs les bénéfices de l’assurance-emploi qui leur reviennent », a déclaré la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

« Justin Trudeau doit décider s’il veut ajouter son nom au bas de la liste des premiers ministres qui, tour à tour et depuis 30 ans, se sont emparés des surplus de la caisse ou ont réduit les avantages d’un régime qui appartient pourtant aux travailleuses et travailleurs, et aux employeurs. »

Six travailleurs sur dix n’ont pas droit aux prestations
La CSN participait jeudi à Ottawa au Forum du Commissaire des travailleurs et travailleuses de l’assurance-emploi. La centrale met de l’avant une plate-forme de 15 revendications communes qu’elle partage avec la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Centrale des syndicats démocratiques (CSD).

Depuis plusieurs années, seulement quatre personnes en chômage sur dix obtiennent des prestations, alors que tout le monde cotise. L’accès au régime diffère aussi selon le taux de chômage régional. Enfin, les travailleuses et travailleurs à temps partiel, les employé-es saisonniers et les femmes enceintes sont désavantagés.

Élargir l’accès et augmenter les prestations
Avec ses alliés, la CSN propose un nouveau seuil pour avoir droit aux prestations, soit 420 heures de travail ou après 12 semaines d’un minimum de 14 heures, au choix du prestataire. La durée des prestations devrait s’étaler de 35 semaines à 51 semaines, avec une possibilité de prolongation pour les femmes qui perdent leur emploi pendant ou après leur congé de maternité ou parental.

Les syndicats estiment en outre que le taux des prestations devrait être calculé sur la base des 12 meilleures semaines travaillées. Le taux de remplacement du revenu – qui est actuellement l’un des plus faibles des pays de l’OCDE – devrait être relevé de 55 % à 60 %. Et le maximum du revenu assurable devrait être relevé à son niveau d’antan en tenant compte de l’inflation, soit 82 300 $ au lieu de 56 300 $ (selon les données de 2021).

Les indemnités de départ et les préavis – qui sont une compensation pour la perte définitive d’un emploi – ne devraient pas être considérés dans la détermination de la période de prestations. De plus, les employeurs devraient être tenus d’être plus clairs en déclarant les motifs de cessation d’emploi.

Un régime géré par un organisme tripartite
Selon les quatre grandes centrales, le gouvernement devrait recommencer à contribuer au financement du régime qui gagnerait à être administré par un organisme tripartite. Des « agentes et des agents de liaison » devraient être embauchés pour faciliter le traitement des dossiers. Et le chef principal du nouveau Conseil d’appel devrait être redevable à la Commission de l’assurance-emploi, et non pas à son seul président.

Les prestataires pourraient librement travailler l’équivalent d’une journée par semaine sans pénalité. Un trop payé équivalent à moins d’une semaine de prestations n’aurait pas à être remboursé. Et les gens qui totalisent un revenu de plus de 75 375 $ (en salaire et en prestations) ne seraient pas tenus de remettre une partie de leurs prestations à la fin de l’année fiscale.

Santé et services sociaux : quelles portes la CAQ ouvrira-t-elle ?

Des travailleuses et travailleurs membres de syndicats CSN des secteurs public et privé se sont donné rendez-vous ce matin, rue des Parlementaires, pour sensibiliser les élu-es de l’Assemblée nationale, qui reprennent leurs travaux aujourd’hui aux enjeux majeurs qui se profilent en santé et services sociaux. Pour l’occasion, ils ont déployé une immense bannière symbolisant une porte donnant sur un système plus coûteux et inégalitaire. La CSN invite les député-es et toute la population à la vigilance devant les choix que posera le gouvernement.

« Notre système de santé et de services sociaux est à la croisée des chemins, explique la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Depuis une trentaine d’années, nos gouvernements ont centralisé à outrance le réseau public, ils ont miné son caractère démocratique, ils ont choisi la privatisation plutôt que le renforcement de son caractère public. Pour nous, continuer d’aller dans ce sens ne ferait qu’empirer les problèmes que nous vivons. Au contraire, nous invitons le gouvernement à faire preuve de courage en ouvrant la porte aux idées des travailleuses et des travailleurs qui sont les véritables experts en la matière puisque ce sont eux qui prodiguent les soins et services à la population ».

Pour la CSN, les décisions que prendra le gouvernement auront un impact non seulement pour les salarié-es du réseau public, mais pour l’ensemble de la population, dont bien entendu les travailleuses et les travailleurs de tous les autres secteurs de la société. « Notre réseau public est un acquis précieux pour toutes les travailleuses et les travailleurs qui n’ont pas à se soucier de l’épaisseur de leur portefeuille lorsqu’ils ont besoin de soins et de services, ajoute le vice-président de la CSN, David Bergeron-Cyr, présent lors du rassemblement de ce midi. On aura beau tenter de nous rassurer voulant que l’assurance-maladie universelle demeure, on sait bien que plus on ouvrira grande la porte au secteur privé, qui coûte systématiquement plus cher que le secteur public, plus les pressions seront fortes pour reconsidérer le panier de services offerts dans le secteur public. »

Porte grande ouverte au privé
La CSN redoute notamment la cession annoncée au secteur privé de la gestion des activités dans deux nouveaux hôpitaux. La grande majorité du personnel de ces établissements flambants neufs proviendra forcément du réseau public, qui vit déjà actuellement de sérieux problèmes de main-d’œuvre. D’autres mesures annoncées par le gouvernement, notamment un récent décret consacrant l’ouverture au privé du secteur des soins virtuels, sont fort préoccupantes, car elles favorisent un système à deux vitesses.

Pour un réseau Vraiment public
Les données sont claires, le Canada est un des pays développés où le secteur privé est déjà le plus présent en santé et services sociaux. Il y a un mythe bien implanté au Québec qui voudrait que le recours au secteur privé en santé et services sociaux soit une idée nouvelle. Pourtant les exemples d’inefficacité du secteur privé dans notre système sont légion. Des groupes de médecine familiale (GMF) qui n’ont jamais rempli leurs promesses d’accessibilité, aux agences privées de personnel qui ont pris tant d’ampleur qu’elles constituent désormais un véritable casse-tête financier et organisationnel, en passant par les centres d’hébergement privés qui facturent d’énormes montants mensuels à leurs usagères et usagers tout en offrant à peine plus que le salaire minimum à leur personnel, le privé en santé et services sociaux fait généralement plus partie du problème que de la solution.

Non au statu quo
La CSN ne défend pas le statu quo. Plus importante organisation syndicale du réseau, représentant plus 125 000 travailleuses et travailleurs de toutes les catégories de personnel du réseau public ainsi que des milliers d’autres relevant d’établissements privés de santé et de services sociaux, la CSN souhaite apporter sa contribution dans la recherche de solutions réalistes et concrètes, émanant des travailleuses et travailleurs eux-mêmes. Plusieurs de ces solutions sont identifiées dans le site Web : www.csn.qc.ca/vraiment-public.

Décentraliser, démocratiser, déprivatiser
Pour la CSN, il faut corriger certaines lacunes issues des précédentes réformes. Le système est aujourd’hui beaucoup trop centralisé. Il faut redonner de l’autonomie aux établissements et amener de nouveau la démocratie. De plus, il faut renforcer le secteur public. Les recours au secteur privé ne sont pas une « addition », mais bien une « soustraction », car toutes les ressources dirigées vers le privé proviennent du public.

Les CLSC comme porte d’entrée
Entre autres exemples, la CSN invite les élu-es à considérer les CLSC comme la porte d’entrée de tout le système. Dans toutes les régions, c’est le lieu par excellence pour coordonner l’ensemble des soins et services de première ligne. Les CLSC pourraient être ouverts en tout temps, avec des équipes multidisciplinaires prêtes à traiter tous ces cas qui, faute d’alternative, doivent présentement se tourner vers les urgences des hôpitaux, eux-mêmes déjà surchargés.

Augmentation des frais en RPA : un autre pas vers un système à deux vitesses

La fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) joint sa voix aux détracteurs du projet de règlement qui prévoit de réviser les critères de fixation du loyer dans les résidences privées pour aîné-es (RPA). Ce qui est proposé par la CAQ est l’ajout de frais pour des services qui devraient être assumés par le secteur public via les soins à domicile.

Dans le projet de règlement, on peut lire que ce changement pourrait se traduire par une augmentation des revenus pour les propriétaires de RPA, mais qu’en contrepartie, cette mesure augmenterait les dépenses des résidents. « Ce que propose la CAQ, c’est ni plus ni moins que l’appauvrissement des aîné-es, ce n’est pas acceptable. Cela aura des conséquences sur plusieurs d’entre eux et sur leurs familles qui devront reconsidérer leur choix et trouver d’autres lieux d’hébergement. Les RPA ne devraient avoir que le volet locatif et d’amusement pour les ainé-es qui en ont les moyens, mais la partie soins revient au réseau public et ne devrait pas être une occasion d’affaires » de se prononcer Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS-CSN responsable des secteurs privés.

Le projet de règlement gouvernemental veut permettre des hausses dans le coût des soins de santé offerts aux résidentes et aux résidents. Pour Réjean Leclerc, président de la FSSS–CSN « Le gouvernement se déresponsabilise de devoir donner des services qui devraient être assumés par le secteur public. Ça ouvre la porte à une explosion des coûts, mais là, la facture sera refilée à celles et ceux qui peuvent se le payer. C’est un message clair que nous envoie le gouvernement : il poursuit dans sa logique néolibérale de privatisation en ajoutant une autre pierre sur le chemin d’un système de santé à deux vitesses et tant pis pour ceux qui n’ont pas les moyens. »

La politique canadienne de la santé vise à faciliter un accès satisfaisant aux services de santé, sans obstacle d’ordre financier ou autre. En somme, la santé est un droit et si l’on ne veut pas que le secteur public reste l’enfant pauvre du système, il faudra investir rapidement dans les services de soins à domicile, surtout considérant le vieillissement de la population. C’est ce que martèlent les différentes recommandations à ce sujet et c’est ce qui devrait être mis de l’avant.  C’est la seule manière d’assurer un accès équitable aux soins et aux services à l’ensemble de la population, incluant aux personnes qui vivent en RPA.

L’augmentation des frais en RPA : un autre pas vers un système à deux vitesses

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) joint sa voix aux détracteurs du projet de règlement qui prévoit de réviser les critères de fixation du loyer dans les résidences privées pour aînés (RPA). Ce qui est proposé par la CAQ est l’ajout de frais pour des services qui devraient être assumés par le secteur public via les soins à domicile. 

Dans le projet de règlement, on peut lire que ce changement pourrait se traduire par une augmentation des revenus pour les propriétaires de RPA, mais qu’en contrepartie, cette mesure augmenterait les dépenses des résidentes et des résidents. « Ce que propose la CAQ, c’est ni plus ni moins que l’appauvrissement des aîné-es, ce n’est pas acceptable.  Cela aura des conséquences sur plusieurs d’entre eux et sur leurs familles qui devront reconsidérer leur choix et trouver d’autres lieux d’hébergement. Les RPA ne devraient avoir que le volet locatif et d’amusement pour les ainé-es qui en ont les moyens, mais la partie soins revient au réseau public et ne devrait pas être une occasion d’affaires » de se prononcer Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN, responsable des secteurs privés. 

Le projet de règlement gouvernemental veut permettre des hausses dans le coût des soins de santé offerts aux résidentes et résidents. Pour Réjean Leclerc, président de la FSSS–CSN, « Le gouvernement se déresponsabilise en donnant des services qui devraient être assumés par le secteur public. Ça ouvre la porte à une explosion des coûts, mais là, la facture sera refilée à celles et ceux qui peuvent se le payer. C’est un message clair que nous envoie le gouvernement : il poursuit dans sa logique néolibérale de privatisation en ajoutant une autre pierre sur le chemin d’un système de santé à deux vitesses et tant pis pour ceux qui n’ont pas les moyens ».   

La politique canadienne de la santé vise à faciliter un accès satisfaisant aux services de santé, sans obstacle d’ordre financier ou autre. En somme, la santé est un droit et si l’on ne veut pas que le secteur public reste l’enfant pauvre du système, il faudra investir rapidement dans les services de soins à domicile, surtout considérant le vieillissement de la population. C’est ce que martèlent les différentes recommandations à ce sujet et c’est ce qui devrait être mis de l’avant.  C’est la seule manière d’assurer un accès équitable aux soins et aux services à l’ensemble de la population, incluant aux personnes qui vivent en RPA.

L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec devra faire un examen de conscience et agir avec plus de transparence

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) ajoute sa voix à d’autres groupes pour réclamer plus de transparence de l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ) afin qu’il rende disponible la copie de l’examen d’admission aux établissements d’enseignement en soins infirmiers, comme cela se fait habituellement dans les autres domaines.

À la suite de la publication du rapport d’étape du Commissaire à l’admission aux professions déposé en lien avec la vérification sur l’examen de l’OIIQ du 26 septembre dernier qui s’était soldé par un taux de réussite « historiquement bas », comme le mentionne le document, la FSSS–CSN se réjouit que la lumière soit faite et que l’enquête se poursuive.

Ce n’est un secret pour personne, l’OIIQ est en campagne depuis plusieurs mois pour rendre obligatoire le baccalauréat pour l’ensemble des infirmiers et infirmières. En ce sens, la FSSS–CSN se questionne à savoir si les récents résultats de l’examen de l’OIIQ ne font pas partie d’une stratégie pour parvenir à cet objectif. Nous saluons donc l’initiative du Commissaire et attendons avec impatience les résultats de son enquête, avec l’espoir qu’il apporte des éléments structurants qui permettront que cette situation d’échec historique vécue par les aspirants et aspirantes à la profession d’infirmière et d’infirmier en septembre ne se reproduise plus.

En effet, nous apprenions récemment dans le premier rapport d’étape du Commissaire que le taux de réussite à l’examen de l’OIIQ n’était pas de 51 %, mais bien de 45,4 % en tenant compte de l’ensemble des candidates et candidats qui se sont présentés à l’examen.  « Ce n’est pas normal que plus de la moitié des aspirantes infirmières aient obtenu un échec à leur examen, ça prouve que quelque chose ne fonctionne pas et que des mesures correctives doivent être mises en place pour les prochaines séances d’examen » de déclarer Frédéric Lapierre Justin, représentant du personnel en soins infirmiers et cardiorespiratoires à la FSSS–CSN.

« Ces résultats font-ils partie d’une stratégie de l’ordre ? Il y a lieu de se questionner et de réclamer plus de transparence sur le contenu de cet examen bâti par l’OIIQ lui-même afin de s’assurer de son impartialité » de renchérir le représentant de la FSSS–CSN.

Il n’est pas question ici de niveler vers le bas l’accès à la profession infirmière et infirmier. Cet examen est nécessaire afin d’accéder à la profession. Cependant, la FSSS–CSN croit que davantage de transparence serait de mise de la part de l’OIIQ. Cet examen doit être conçu notamment pour évaluer le jugement clinique de nos futures infirmières et infirmiers et nous devons avoir la certitude que cela ne sert pas à répondre à servir les objectifs de l’OIIQ.

« La formation collégiale en soins infirmiers nous offre la possibilité d’avoir des infirmières et infirmiers très compétents sur le terrain. Le réseau, qui est en crise actuellement, à grandement besoin de personnel en soins infirmiers. Il serait primordial que le contenu de cet examen reflète les réalités vécues dans notre réseau. On ne peut que déplorer que la situation ait eu des effets dommageables sur le parcours professionnel de certaines des personnes candidates et nous espérons qu’on évitera une telle situation à l’avenir » de conclure Frédéric Lapierre Justin.

Soins aux aîné-es : une priorité pour la CSN

Hier, la vice-présidente de la FSSS–CSN, Lucie Longchamps, le vice-président de la CSN, David Bergeron-Cyr et le président de la FP–CSN, Danny Roy, ont rencontré la ministre déléguée à la Santé et aux Aînés, Sonia Bélanger.

La CSN prône de nombreuses améliorations dans les soins et services aux aîné-es, notamment en ce qui a trait au soutien à domicile, secteur où le financement n’a jamais été à la hauteur des besoins, ainsi qu’à l’hébergement et aux soins de longue durée.

Nous avons réitéré l’importance de trouver des solutions au sein du réseau public pour un système de santé et de services sociaux Vraiment public.

8 mars 2023 : Résistances féministes !

Le slogan Résistances féministes met en lumière la nécessité d’agir et de poursuivre les luttes pour une société libre, juste, égalitaire et inclusive.

Le Collectif 8 mars dévoile aujourd’hui le slogan et le visuel de la Journée internationale des droits des femmes 2023 qui se déroulera sur le thème Résistances féministes.

Malgré les nombreuses avancées réalisées par les femmes et les travailleuses depuis des décennies, les inégalités à leur endroit perdurent, notamment chez les femmes marginalisées. Plusieurs luttes doivent encore être menées pour l’amélioration de leurs conditions de vie. La liste des obstacles auxquels les femmes se heurtent au quotidien est malheureusement trop longue :

  • Valorisation de leur travail, entre autres dans les métiers majoritairement féminins
  • Problèmes criants d’accès au réseau des services de garde éducatifs à l’enfance, qui empêchent ainsi les familles et les femmes de pouvoir travailler
  • Violences subies (violence conjugale et violence à caractère sexuel)
  • Cyberharcèlement et cyberintimidation
  • Menaces à l’existence de certains droits
  • Inaccessibilité à des services en matière de justice reproductive (avortement, services d’obstétriques et gynécologie)
  • Etc.

À l’extérieur de nos frontières, les droits des femmes sont bafoués de façon inouïe. En Afghanistan, elles subissent un véritable liberticide organisé par les talibans qui leur interdisent l’accès aux études, au marché du travail, aux espaces publics. En Iran, le régime en place continue de réprimer violemment la révolte populaire initiée par les Iraniennes en septembre dernier. Aux États-Unis, l’avortement est dorénavant interdit à 21 millions de femmes (ou fortement restreint) depuis l’annulation par la Cour suprême américaine de l’arrêt Roe c. Wade, qui en garantissait l’accès partout au pays.

Un thème combatif
Devant l’intolérance, la haine et l’obscurantisme, devant l’exacerbation des violences faites aux femmes, devant les discours dégradants et sexistes, devant les inégalités entre hommes et femmes, nous opposons nos résistances féministes !

Parce que le silence devant toutes les violences et les inégalités persistantes est intolérable, ensemble, levons-nous, prenons la parole et agissons pour un monde solidaire.

Voir et télécharger tous les outils de visibilité du 8 mars 2023

Salaire minimum: trop peu, trop tard, déplore la coalition Minimum 18$

Alors que le gouvernement du Québec annonce une hausse du salaire minimum à 15,25 $ l’heure, la coalition Minimum 18$ se désole du décalage de cette annonce.

« Si elle n’arrivait pas 6 ans en retard et qu’on n’avait pas connu une inflation frisant les 7 % dans la dernière année, l’annonce par le ministre du Travail, Jean Boulet, de l’atteinte du salaire minimum à 15,25 $ l’heure serait une bonne nouvelle. Cependant, dans le contexte actuel, cette augmentation de 1 $ l’heure est perçue comme une forme de mépris de la réalité des travailleuses et travailleurs : le gouvernement de François Legault ne fait qu’appauvrir les plus pauvres », déclarent les porte-parole de la coalition, qui comprend la FTQ, la CSN, la CSQ, la CSD, l’APTS, le SFPQ, le SPGQ, le Collectif pour un Québec sans pauvreté, le Front de défense des non-syndiqué-es (FDNS) et le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants.

Une hausse déconnectée de la réalité

« Alors qu’en décembre dernier, le premier ministre François Legault reconnaissait la difficulté de vivre dignement avec un salaire horaire de 18 $, son gouvernement propose d’augmenter le salaire minimum à 15,25 $ l’heure. Non seulement c’est incohérent, mais c’est indécent! » Les membres de la coalition se demandent comment le gouvernement peut prétendre vouloir lutter contre la pauvreté alors que la paie minimale qu’il fixe n’offre que la misère.

« Alors que l’augmentation actuelle des prix du logement, du transport et de l’épicerie menace plus particulièrement les travailleuses et travailleurs à faible revenu, cette hausse nous apparaît complètement déconnectée de la réalité », ajoutent les membres de la coalition Minimum 18$. « Faut-il rappeler au ministre Boulet que, selon le Bilan-faim du réseau Les Banques alimentaires du Québec, le nombre de personnes ayant eu recours aux services d’aide alimentaire et dont la source principale de revenu est l’emploi a augmenté de 37 % depuis 2019! » Rappelons qu’avant la poussée inflationniste, les analyses de la coalition démontraient que le salaire minimum devait être haussé à 18 $ l’heure afin de permettre à une personne seule travaillant à temps plein de sortir de la pauvreté.

Le comble de l’insulte

Dans un contexte où le salaire moyen au Québec était de 31,41 $ l’heure en décembre 2022 et que Statistique Canada révèle qu’il a augmenté de 6,9 % depuis un an, tout laisse croire que le salaire moyen dépassera les 32 $ en mai 2023. « Nous dénonçons depuis plusieurs années l’aspect limitatif de la politique gouvernementale québécoise de plafonner le salaire minimum à 50 % du salaire moyen. Or, cette année, comble de l’insulte, le gouvernement du Québec fixe le salaire minimum bien en deçà de ce seuil (47 %). Ce dernier aurait dû, selon son propre critère, permettre minimalement 16 $ l’heure », dénoncent les membres de la coalition Minimum 18$.

Aux employeurs d’assumer leurs responsabilités

Dans le contexte actuel d’une pénurie de main-d’œuvre, encore plus criante dans les secteurs de la restauration, de l’hébergement et du commerce, la traditionnelle excuse du risque de perte d’emplois ne peut même plus être agitée. « Alors que plusieurs employeurs décident d’accorder de meilleurs salaires que leurs concurrents afin d’attirer la main-d’œuvre et de la retenir, l’occasion est belle de forcer l’ensemble des employeurs à ajuster leur rémunération pour permettre aux travailleuses et aux travailleurs de vivre décemment », poursuivent les porte-parole de la coalition.

Un salaire suffisant pour sortir de la pauvreté

Rappelons que l’objectif fixé par la coalition de porter le salaire minimum à 18 $ l’heure devrait être révisé bientôt pour tenir compte de la hausse du coût de la vie, particulièrement marquée dans la dernière année. Pour établir leur revendication, les membres de la coalition prennent en considération, sans s’y limiter, différents indicateurs de faible revenu, comme la mesure de faible revenu à 60 % de la médiane des revenus (MFR-60) et le revenu viable établi par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS).

« La promesse du travail à temps plein ne devrait pas être uniquement un plan de survie. La hausse du salaire minimum doit permettre de sortir de la pauvreté, donner la possibilité de faire des choix de consommation, assurer la capacité de faire face aux imprévus et permettre la participation à la vie sociale et culturelle. Pour cela, un salaire minimum à 15,25 $ l’heure est nettement insuffisant. Même à 18 $ l’heure, le salaire minimum permettrait à peine aux travailleuses et aux travailleurs de vivre décemment », rappellent les membres de la coalition Minimum 18$.

À propos

La coalition Minimum 18$, comprend les groupes suivants :

CSN, FTQ, CSQ, CSD, APTS, SFPQ, SPGQ, Collectif pour un Québec sans pauvreté, Front de défense des non-syndiqué-es (FDNS), Centre des travailleurs et travailleuses immigrants.

Le rôle des syndicats plus important que jamais !

C’est ce matin que la présidente de la CSN, Caroline Senneville, faisait connaître aux médias quelques grands dossiers et enjeux qui mobiliseront la centrale syndicale en 2023. Accompagnée d’une travailleuse et de deux travailleurs venus illustrer concrètement ces sujets par leur histoire poignante, la présidente a notamment fait état des situations problématiques liées à l’inflation, aux pénuries de main-d’œuvre, aux enjeux des réseaux publics, au travail des enfants, à l’immigration temporaire et à la transition écologique juste.

Des droits bafoués… et des témoignages éloquents
« Si quelqu’un doutait encore de l’utilité du syndicalisme de nos jours, 2022 nous a clairement montré pourquoi la défense des travailleuses et des travailleurs, que ces personnes soient syndiquées ou non, est plus nécessaire que jamais, a affirmé d’entrée de jeu Mme Senneville. Il est faux de dire que les salaires ont rattrapé l’inflation. Si les salaires étaient si attrayants, on ne se retrouverait pas avec une pénurie de main-d’œuvre si grave. »

La CSN attendra notamment du gouvernement des solutions pour pallier les ruptures de services dans les réseaux de la santé et des service sociaux, de l’éducation et de l’enseignement supérieur. « L’organisation du travail n’a aucun sens, les conditions sont terribles. L’équation est la suivante : surcharge + faible rétention = attractivité quasi nulle, ajoute la présidente. Et les offres salariales du gouvernement au secteur public sont risibles. » Claudine Léveillé, technicienne en éducation spécialisée depuis 25 ans souffrant d’une commotion cérébrale liée au travail, ajoute : « Dans mon milieu, on est rendu à offrir des services qui ne sont pas à la hauteur tout en mettant en péril la santé et la sécurité des gens qui y travaillent. Les ruptures de services et la surcharge sont la cause de mon accident de travail. »

Même son de cloche en ce qui a trait aux droits des travailleurs étrangers temporaires (TET). Steve Houle, président d’un syndicat du milieu de la transformation alimentaire employant un bon nombre de TET, déclare : « Même si la CAQ dit qu’elle veut “en prendre moins, mais en prendre soin…”, on s’aperçoit que dans bien des cas, les soins ne sont pas au rendez-vous. On est témoins de nombreux retards dans le renouvellement des permis de travail ou des visas qui privent les TET de soins de santé ou de la possibilité de sortir du pays. Aussi, les logements fournis sont souvent sur le bord de l’insalubrité et les droits élémentaires des locataires, dont le droit à la vie privée, ne sont pas respectés. On les accompagne comme on peut, mais c’est difficile avec les employeurs. »

Transition juste : où est le capitaine du bateau ?
Le contexte climatique entraînera des conséquences graves sur des milliers de personnes en emploi. Certaines vont perdre leur gagne-pain, d’autres devront se recycler après parfois des décennies dans le même emploi. « La situation exige du gouvernement des mesures rapides de formation et d’accompagnement, parce que les impacts du réchauffement climatique sont déjà là. Qu’on pense aux insectes qui dévastent les forêts et qui nuisent à l’industrie du bois et du tourisme, ou encore aux impacts de la décarbonisation sur le transport, par exemple. »

André Giguère, mécanicien depuis 32 ans à Sherbrooke, enchaîne : « Les gens de ma profession sont loin d’être suffisamment formés pour s’occuper des véhicules électriques. On doit s’adapter et ça presse. Une formation pointue existe, mais les employeurs tardent à l’implanter. Le gouvernement pourrait commencer par assujettir tous les garages pour qu’ils offrent cette formation. »

« Trop de choses manquent de bon sens dans l’organisation du travail : on veut un “virage vert” sans se préoccuper des conséquences sur les emplois ; on tolère le travail des enfants de moins de 14 ans même si les blessures dans ce groupe d’âge sont en très forte hausse ; on recrute des personnes non formées pour travailler en santé et en éducation sans vraiment les accompagner. Ça suffit, l’exploitation, c’est assez le manque de vision cohérente. La CSN va toujours dénoncer ça haut et fort. Et au gouvernement, je dis ceci : on ne trouvera pas de solution pérenne sans écouter celles et ceux qui travaillent sur le terrain et les syndicats qui les représentent. »

Les RMU et les employé-es de bureau toujours sans convention

Près de trois ans après l’échéance des conventions collectives, le 31 mars 2020, les répondantes et répondants médicaux d’urgence (RMU) du Québec et le personnel administratif d’Urgences-santé attendent toujours un signal de la part du Conseil du trésor. « Ils sont les premiers à répondre aux appels d’urgence médicale et malheureusement, ils passent en dernier aux yeux du Conseil du trésor, déplore la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Pourtant, ces travailleuses et travailleurs contribuent à sauver des vies tous les jours et à limiter la dégradation de la qualité de vie. »

Ce midi, des représentantes et représentants de tous les syndicats composant la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) ont tenu un rassemblement en appui aux RMU et au personnel administratif d’Urgences-santé.

Le vice-président de la CSN, David Bergeron-Cyr, était sur place. « Les RMU sont le premier contact avec les citoyennes et les citoyens, qui se trouvent souvent démunis devant une urgence médicale. Ils administrent par téléphone les premiers soins dans des situations cruciales, en attendant les secours. On leur impose régulièrement des heures supplémentaires obligatoires malgré un travail qui exige un très haut niveau de concentration. Il manque de personnel tout le temps, même au sein du personnel administratif, notamment parce que les salaires ne sont pas à la hauteur. Il faut prendre mieux soin de celles et de ceux qui choisissent d’effectuer ce travail indispensable à notre qualité de vie. »

« On ne peut pas accepter que le Conseil du trésor laisse traîner les négociations comme ça, dénonce le président de la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN, Réjean Leclerc. Ça fera bientôt trois ans que les RMU de tout le Québec et le personnel administratif d’Urgences-santé sont sans convention. Qu’est-ce qui cloche au Conseil du trésor ? Pendant ce temps, la situation sur le terrain se détériore. On n’est plus capable de retenir le personnel, plus capable d’attirer la relève. C’est irresponsable. »

« Nous ne baisserons pas les bras, poursuit la présidente du Syndicat des employé-es d’Urgences-santé–CSN, Anick Bélanger. Nos demandes sont réalistes et légitimes. Nous avons récemment présenté à l’employeur une nouvelle proposition globale centrée sur la pleine reconnaissance de la valeur de notre travail, afin de relancer la négociation. Tout est en place pour conclure une entente satisfaisante. »

En ce qui a trait aux salaires, les RMU et le personnel administratif réclament les paramètres salariaux négociés dans le secteur public. Parmi les autres revendications, notons des mesures pour favoriser l’attraction et la rétention du personnel, la réévaluation de certains titres d’emploi et des solutions aux enjeux de santé psychologique.

À propos
Les RMU sont notamment les personnes qui prodiguent les premiers soins par téléphone dans des moments cruciaux, par exemple en donnant les instructions pour amorcer des manœuvres de réanimation en cas d’étouffement ou encore pour préparer un accouchement, en attendant l’arrivée de l’ambulance ou des premiers répondants. Maillon tout aussi essentiel au sein d’Urgences-santé, les employé-es de bureau assurent pour leur part tout le soutien administratif. Ils voient, entre autres, à combler les effectifs des paramédics, des employé-es de soutien et des RMU. Ils œuvrent à l’informatique, à l’entretien général, aux compte-clients et à la facturation ainsi qu’aux services de la paye et des ressources humaines.

 

Les organisations syndicales en santé ne veulent pas rejouer dans le même mauvais film

Les organisations syndicales représentant plus de 200 000 travailleuses et travailleurs en santé et services sociaux réagissent d’une seule voix aux dépôts patronaux sectoriels. Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ), le Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES-FTQ), Fédération de la Santé du Québec (FSQ-CSQ), la Fédération des professionnèles (FP-CSN) et le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), ces dépôts ne reflètent pas l’urgence d’améliorer les conditions de travail du personnel du réseau.

Une réponse patronale floue qui ignore l’urgence d’améliorer les conditions de travail
Alors que les organisations syndicales ont chacune remis leur propre dépôt contenant plusieurs solutions pour améliorer les conditions de travail du personnel, elles ont toutes reçu le même dépôt patronal. Les organisations déplorent que le gouvernement semble vouloir utiliser les mêmes stratégies que lors des dernières rondes de négociations. Alors qu’il prétend vouloir implanter des mesures rapidement dans ses communications publiques, il dépose des offres floues aux tables de négociation. Plutôt que de poursuivre sa fixation de créer des lieux de discussion parallèles risquant de ralentir de façon importante la négociation et la mise en place rapide de solutions essentielles, il doit convenir avec les syndicats de mesures négociées pour aider les travailleuses et les travailleurs du réseau.

« Le gouvernement ne semble toujours pas comprendre que la crise que traverse actuellement le réseau touche de plein fouet l’ensemble du personnel de la santé et des services sociaux, pas seulement quelques titres d’emploi. À trop vouloir agir uniquement là où la situation est particulièrement difficile, on peut oublier que ce sont tous les titres d’emploi qui vivent de la détresse et de la surcharge. Si nous voulons améliorer les services à la population, il faut donner un coup de barre dans les conditions de travail de tout le personnel. Le réseau est complexe, nous devons travailler conjointement à la mise en place de solutions globales, durables et équitables, et ainsi éviter de déplacer ou de créer de nouvelles difficultés. Sinon, on ne fait que prolonger et aggraver la crise », indiquent les représentantes et les représentants de la FSSS-CSN, de l’APTS, du SCFP, du SQEES-FTQ, de la FSQ-CSQ, de la FP-CSN et du SPGQ.

Des dépôts patronaux inquiétants
Les dépôts patronaux sectoriels contiennent plusieurs mesures préoccupantes, particulièrement en ce qui concerne la présence au travail. De négociation en négociation, la partie patronale s’entête sur cet enjeu sans tenir compte des causes structurantes des absences du personnel dans le réseau.

« Si les travailleuses et les travailleurs sont si nombreux à être en absence, c’est parce que le réseau les rend malades. Comment pouvons-nous prendre bien soin de la population si nous sommes au bout du rouleau ? Si le gouvernement veut encore une fois taper sur la tête du personnel épuisé, il nous trouvera sur son chemin », de conclure les représentantes et les représentants syndicaux.

Une occasion ratée d’implanter les solutions du personnel pour un réseau plus humain

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) ressort perplexe de la lecture du dépôt du Comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux (CPNSSS). Alors que le gouvernement prétend vouloir agir rapidement pour implanter des solutions sur le terrain, c’est le contraire qui ressort de ses offres au personnel de la santé et des services sociaux.

Pas grand-chose à se mettre sous la dent
Le dépôt patronal visant les conditions de travail du personnel de la santé et des services sociaux contient plusieurs grands principes sans toutefois mettre de l’avant des mesures concrètes et innovantes pour améliorer l’état déplorable du réseau. Pourtant, la FSSS–CSN propose 27 solutions concrètes pour agir du bord du personnel et ainsi améliorer les services à la population. Le dépôt patronal ne contient que peu de réponses à ces solutions, tout en soulevant plusieurs inquiétudes. En ce qui concerne les forums proposés par le gouvernement, la FSSS–CSN craint que cela ne ralentisse la cadence des négociations. Pour la fédération, ce qui importe pour le personnel du réseau, c’est de négocier rapidement des mesures concrètes et pérennes pour les épauler.

« Qu’est-ce qui se cache derrière les belles paroles du dépôt gouvernemental ? Si le passé est garant de l’avenir, il y a de bonnes raisons de croire qu’on est en train de se faire servir du réchauffé. Pendant ce temps, le personnel du réseau a tellement besoin d’un coup de main. Si le gouvernement reconnaît enfin les problèmes que nous vivons, nous attendons toujours qu’il se montre ouvert à implanter les solutions des travailleuses et des travailleurs », lance Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS–CSN.

Un silence préoccupant sur des solutions concrètes pour améliorer le réseau
Pour la FSSS–CSN, ce qui ressort de ce dépôt, c’est le silence qu’il garde sur plusieurs enjeux majeurs. Par exemple, le dépôt patronal fait référence au Plan santé du ministre Dubé, sans mentionner que ce celui-ci vise à accentuer la place du privé en santé, tandis qu’il faudrait plutôt mettre nos énergies à consolider le réseau public.

« Le gouvernement ne propose rien pour épauler le personnel qui doit accueillir la relève, rien pour reconnaître l’expérience, rien pour implanter des ratios, rien pour accorder plus de vacances au personnel épuisé, rien pour lutter contre la privatisation et pour miser sur l’expertise du réseau. Pas un mot non plus sur des mesures environnementales. Toutes ces propositions innovantes venant de notre large consultation de nos membres sont autant d’occasions à saisir pour remettre le réseau sur ses pieds », de conclure Josée Marcotte.

Une révolution dans l’univers des médias

La Coopérative nationale de l’information indépendante (Cn2i), ses médias membres et les syndicats représentant ses travailleuses et travailleurs viennent de conclure une convention collective qui fait place à l’innovation et qui met de l’avant un mode de gestion unique dans l’univers médiatique. L’entente prévoit notamment l’implantation de la gestion participative et un mode de gestion du temps de travail qui s’appuie sur le sens des responsabilités des membres.

Le contrat de travail d’une durée de deux ans a été négocié sur une période d’un peu plus d’un an. Pour la première fois depuis la création de la CN2i, l’exercice a permis de revoir les conditions de travail de manière approfondie dans les médias du groupe (Le Droit, Le Nouvelliste, Le Quotidien, Le Soleil, La Tribune, La Voix de l’Est, ainsi que le nouveau média pour enfants Les as de l’info).

« Notre entreprise coopérative n’est pas traditionnelle en soi, nous avons voulu conclure une nouvelle convention collective qui ne le soit pas non plus. Depuis le début de notre aventure, il y a maintenant trois ans, nous avons voulu adopter un mode de gestion innovant et notre entente de travail pousse cette approche plus loin, sur plusieurs aspects », déclarent conjointement Stéphane Lavallée, directeur général de la CN2i, et Karine Tremblay, porte-parole du regroupement des sept syndicats des travailleuses et travailleurs de la CN2i-CSN.

« D’emblée, nous avons carrément éliminé le statut de surnuméraire de la convention collective afin de régulariser le statut de toutes les personnes salariées. Nous avons amélioré certaines échelles de salaires, notamment celles des photographes. Aussi, notre nouvelle convention définit la notion d’équipes de travail et remet des responsabilités traditionnellement dévolues au personnel-cadre entre les mains des équipes elles-mêmes, notamment en ce qui touche la gestion des salles de nouvelles, des services de ventes et de production. Il s’agit d’une approche de gestion participative à part entière », ajoute Karine Tremblay.

« Nous avons la conviction, comme organisation, que les relations de travail doivent évoluer en fonction d’une vision modernisée de l’entreprise qui inclut un nouveau partage des responsabilités et, du même coup, une plus grande responsabilisation de chacune et de chacun », commente Stéphane Lavallée.

Ainsi, la gestion en équipe de travail vise à offrir plus de flexibilité pour la prise de congés personnels, plus d’occasions de développement professionnel pour les travailleuses et les travailleurs, plus de souplesse pour le choix du lieu de travail, etc. Puisque la gestion participative entraîne néanmoins de nouvelles façons de faire, les parties se sont entendues sur la création d’un poste d’ombudsman à la gestion participative ; cette personne neutre, qui n’est ni une représentante de l’employeur ni une représentante syndicale, a le mandat d’accompagner les équipes dans cette nouvelle voie et d’agir en tant que médiatrice lorsque la situation le commandera. D’ailleurs, la convention intègre également des mécanismes de déjudiciarisation des relations de travail au profit du dialogue et des modes de résolution d’enjeux novateurs.

Fondée le 11 décembre 2019 pour assurer la relance des médias d’information régionaux du Québec et de l’est ontarien, la CN2i, aussi connue sous le vocable Les coops de l’information, est le plus grand groupe de presse coopératif au Canada.

À propos

Les sept syndicats des travailleuses et travailleurs de la CN2i–CSN regroupent environ 300 membres affiliés à la Fédération nationale des communications et de la culture–CSN (FNCC–CSN). Il s’agit du Syndicat de la rédaction du Soleil–CSN, du Syndicat des travailleurs et des travailleuses de la Coopérative de solidarité Le Droit–CSN, du Syndicat des publicitaires du Saguenay–CSN, du Syndicat des employé-es de La Tribune–CSN, du Syndicat national des employé-es de La Voix de l’Est–CSN, du Syndicat du service de la publicité du Nouvelliste (1982) Inc.–CSN et du Syndicat de l’information du Nouvelliste–CSN.

Appauvrir les travailleuses et les travailleurs des services publics, la pire des solutions

« Les services publics font face à une crise de main-d’œuvre sans précédent, à laquelle s’ajoute une inflation historique. Que fait le gouvernement? Il offre d’appauvrir les femmes, en majorité, et les hommes qui portent sur leurs épaules tout le poids de nos réseaux publics. » C’est en ces termes qu’ont réagi les porte-paroles du Front commun, François Enault, premier vice-président de la CSN, Éric Gingras, président de la CSQ, Daniel Boyer, président de la FTQ, et Robert Comeau, président de l’APTS, après avoir pris connaissance des offres du gouvernement caquiste.

Salaires 
Dans ses offres présentées ce matin aux partenaires du Front commun, le gouvernement propose des augmentations faméliques de 3 % pour la première année et de 1,5 % pour les suivantes, pour un contrat de cinq ans. Qui plus est, il fait fi de l’inflation stratosphérique actuelle en ne présentant aucune mesure permettant une protection du pouvoir d’achat. Quant au montant forfaitaire proposé de 1 000 $, il est insultant pour les femmes et les hommes qui tiennent à bout de bras les services publics puisque ces sommes ne sont versées qu’une seule fois et ne sont pas calculées lorsque vient le temps de comptabiliser les revenus de retraite et les vacances. Il ne s’agit pas d’une solution structurante pour résoudre la pénurie de main-d’œuvre.

L’offre salariale du gouvernement est non seulement inférieure à ce qui va être offert dans le privé, mais va provoquer un appauvrissement des travailleuses et des travailleurs, car les prévisions d’inflation du gouvernement sont largement supérieures à ce qui est sur la table. Alors que le gouvernement prévoit une inflation de 6,8 % en 2022, son offre de 3 % à la première année ne permettra pas aux personnes salariées de se protéger de la hausse du coût de la vie.

« Est-ce que le gouvernement est sérieux quand il affirme que les services publics sont importants? Si oui, pourquoi maintient-il les réseaux en situation d’échec? Pourquoi offre-t-il si peu sachant que les salaires des autres travailleuses et travailleurs vont augmenter davantage? Les deux dernières années de pandémie nous ont pourtant offert un cruel constat de ce qui ne tourne pas rond dans nos services publics. En mettant sur la table des conditions de travail si désavantageuses, c’est la pénurie de main-d’œuvre et tous les problèmes qu’elle engendre qu’il choisit de pérenniser », ont ajouté les porte-paroles du Front commun.

Rappelons que les travailleuses et les travailleurs des services publics accusent un retard de 3,9 % de leur rémunération globale par rapport aux autres travailleuses et travailleurs québécois, un gouffre qui s’élève à 11,9 % en ce qui concerne les salaires. « Devant de tels chiffres, pensez-vous que les gens vont choisir les services publics ou des emplois offrant de meilleures conditions? Ce n’est pas au personnel des services publics de faire encore une fois les frais de la reprise économique ou de la lutte contre l’inflation. Va-t-on demander à nos membres – des femmes, à 78 % – de se serrer la ceinture encore une fois pour favoriser la reprise économique? Si le gouvernement est sérieux dans sa volonté d’apporter des solutions durables pour les services à la population, il devra retourner à la table à dessin et reconsidérer ses offres », ont précisé les porte-paroles.

Le Front commun revendique, d’une part, un mécanisme permanent de protection contre l’inflation et, d’autre part, un enrichissement visant un rattrapage salarial général. Ainsi, pour l’année 2023, il revendique 100 $ par semaine ou l’IPC + 2 % (selon la formule la plus avantageuse), pour 2024, l’IPC + 3 %, et finalement, pour 2025, l’IPC + 4 %.

Retraite et enjeux régionaux
Le gouvernement cible de surcroît la retraite, une des dernières conditions de travail intéressantes pour les travailleuses et les travailleurs de l’État, en obligeant celles et ceux ayant 35 ans de carrière à attendre à 57 ans avant la prise de leur retraite. « Il ne s’agit pas d’une mesure de rétention, mais plutôt de détention. Cela risque de provoquer un exode prématuré des travailleuses et des travailleurs vers la retraite. » Le Front commun juge toutefois intéressante la réponse du gouvernement à nos revendications dans le but de maintenir l’expertise en place de manière volontaire.

Il s’attaque aussi au Régime de retraite des employé-es du gouvernement et des organismes publics (RREGOP), une mesure qui réussit tant bien que mal à retenir les personnes œuvrant depuis plus longtemps dans les réseaux. Il propose ainsi de réduire la rente du RREGOP en invoquant la récente bonification du Régime de rentes du Québec (RRQ). « Ce qu’il donne d’une main, l’employeur veut le reprendre de l’autre en prétextant qu’il est trop généreux. »

Forums patronaux et intersyndicaux
Le gouvernement revient avec des forums parallèles aux tables de négociation alors que les organisations syndicales avaient unanimement rejeté cette formule à la dernière ronde de négociations.

Conditions de travail et de pratique
Finalement, en ce qui concerne les conditions de travail, le Front commun surveillera de près les offres qui seront déposées aux diverses tables sectorielles à partir d’aujourd’hui et d’ici le congé des fêtes. « Il faut que des sommes significatives soient investies pour permettre des améliorations concrètes et durables dans les réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux ainsi qu’en enseignement supérieur. Il serait impensable que le gouvernement choisisse de sabrer les conditions de travail en imposant des reculs. Ce serait complètement incohérent avec les constats généralisés concernant les services publics. Si le gouvernement souhaite redevenir un employeur de choix comme il le prétend, il doit donner le coup de barre nécessaire pour renverser la tendance. C’est l’avenir même des services publics qui en dépend. »

Statistiques pour mieux comprendre les enjeux de cette négociation

  • Moyenne salariale des employées et employés du secteur public membres du Front commun : 43 916 $;
  • Retard salarial : -11,9 %;
  • Retard de rémunération globale : -3,9 %;
  • Pourcentage de femmes parmi les membres du Front commun : 78 %.

Pour bien comprendre la négociation : https://www.frontcommun.org/.

À propos du Front commun
Ensemble, la CSN, la CSQ, la FTQ et l’APTS représentent plus de 420 000 travailleuses et travailleurs de l’État québécois dans les secteurs publics, en éducation, en santé et dans les services sociaux ainsi qu’en enseignement supérieur. Les conventions collectives viendront à échéance le 31 mars 2023.

Les employé-es du Casino de Montréal et de Jeux en ligne tiennent un vote de grève

À la veille des fêtes de fin d’année, les employé-es du Casino de Montréal et de Jeux en ligne, membres de la CSN, tiendront les 20 et 21 décembre prochains un vote de grève pour faire débloquer leur négociation.

Après 24 séances de négociation avec leur employeur, les quatre unités syndicales concernées ne se sont toujours pas entendues avec la Société des casinos sur les moyens d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre, notamment l’injection importante d’argent pour rendre les emplois attrayants et pour que l’employeur retrouve une place de choix dans le marché de l’emploi.

Au Casino de Montréal et à Jeux en ligne, la CSN représente plus de 1 000 salarié-es qui travaillent dans l’unité générale, la restauration, la sécurité et le jeu en ligne (casino virtuel).

Au bout du rouleau
« Depuis 25 ans et 6 négociations, je n’ai jamais vu les gens aussi excédés et au bout du rouleau, a déclaré Riccardo Scopelleti, président du Syndicat des employé-es de la sécurité physique du Casino et Montréal–CSN et porte-parole de l’ensemble des unités. On travaille le soir et la fin de semaine en bas des conditions du marché. On manque de personnel et on est en surcharge de travail depuis mars 2022. »

À la fin du mois dernier, 97 % des syndiqué-es des 4 unités ont voté en faveur de l’exercice de moyens de pression. Malheureusement, l’employeur n’a pas saisi l’occasion pour trouver un terrain d’entente.

La tenue de moyens de pression et l’éventualité d’un débrayage risquent de compliquer la vie aux clients du Casino et de Jeux en ligne, dont plusieurs ont déjà réservé leur accès à l’établissement pour la période de réjouissances des Fêtes, la plus achalandée de l’année.

Le syndicat garde espoir que l’ultime séance de négociations prévue aujourd’hui permettra de trouver une issue à l’impasse actuelle.

À propos
Parmi ses 65 000 membres répartis dans 425 syndicats à travers la province, la Fédération des employées et employés des services publics (FEESP–CSN) représente la très large majorité des syndiqué-es des casinos québécois.

Les RSS le 1er janvier 2023 sur les chantiers : les syndicats sont prêts

Le 1er janvier 2023 est la date prévue d’entrée en vigueur des nouveaux mécanismes de prévention sur les chantiers du Québec à la suite de la réforme de la Loi sur la santé et sécurité du travail (Loi 27). Cette réforme a enfin intégré le représentant ou la représentante en santé et sécurité (RSS) sur tous les chantiers de 10 travailleurs et travailleuses et plus; une demande syndicale depuis plus de 40 ans.

La FTQ, la CSN, la CSD et les cinq syndicats de la construction (FTQ-Construction, Conseil provincial (International), Syndicat québécois de la construction (SQC), CSD Construction et CSN–Construction) ont convié leurs membres, ce mardi 13 décembre, devant les bureaux de la CNESST. Toutes les associations représentant des travailleurs et travailleuses de la construction ont uni leur voix pour affirmer haut et fort que des représentantes et des représentants en santé et sécurité devront être mis en poste sur les chantiers, le 1er janvier, comme prévu.

L’absence de prévention sur les chantiers a coûté la vie à trop de travailleurs et travailleuses et blessé de nombreux autres. Malheureusement, les employeurs font maintenant de l’obstruction à la table de consultation des mécanismes de prévention et tentent par tous les moyens d’arrêter l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation. La CNESST doit continuer de résister à la pression.

Les syndicats de la construction sont donc unis pour dire qu’ils sont prêts. Il est grand temps qu’il y ait des représentants et représentantes en santé et sécurité sur le terrain. Les bons outils doivent être déployés sur nos chantiers de construction et aucun délai ne sera toléré.

CITATIONS :
« Bravo au ministre du Travail et à la CNESST de ne pas céder aux pressions des employeurs voulant retarder le processus de mise en place des représentants et représentantes en santé et sécurité (RSS) sur les chantiers de construction du Québec. Il n’y a absolument aucun argument valable pour obstruer ce processus. Faut-il rappeler aux employeurs qu’il ne s’agit pas d’un dossier de relations de travail, mais bien d’un dossier de santé et de sécurité dont l’objectif est de sauver des vies? Le 1er janvier, on veut des RSS sur nos chantiers, un point c’est tout. » – Daniel Boyer, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

« Si nous avions toujours écouté le patronat, tout ce qui s’est fait et tout ce qui se fait encore en matière de prévention et de réparation en santé et sécurité du travail n’aurait tout simplement pas existé. Les mouvements syndicaux et populaires doivent donc poursuivre leur lutte afin de maintenir cette pression sur les employeurs qui priorisent leurs profits avant la vie des travailleuses et des travailleurs. Nous attendons ces représentantes et ces représentants en santé et en sécurité depuis trop longtemps et il n’est pas question de reporter la mise en application de ces nouvelles mesures essentielles. » – Caroline Senneville, présidente de la CSN.

« La santé et la sécurité au Québec est une affaire qui concerne tout le monde. La Loi 27 a malheureusement concentré la prévention davantage entre les mains des employeurs. Nous sommes réunis aujourd’hui pour revendiquer la pleine place au représentant ou à la représentante en santé et sécurité dans les chantiers, le meilleur mécanisme à la fois pour faire valoir les droits des travailleuses et des travailleurs et pour intervenir auprès des employeurs. Pour la CSD, tout doit entrer en vigueur dès le 1er janvier 2023. La prévention dans l’industrie de la construction n’est pas négociable ! » – Kaven Bissonnette, vice-président de la CSD.

« Il est grand temps que l’industrie de la construction cesse de banaliser les accidents de travail. Les représentantes et les représentants en santé et sécurité vont sauver des vies, prévenir des blessures et faire de la prévention. Il n’y a pas d’excuse patronale qui puisse excuser que l’on retarde l’entrée en vigueur de ces mécanismes de prévention. » – Simon Lévesque, responsable à la santé et sécurité au travail, FTQ-Construction.

« La construction a attendu près de 40 ans avant d’obtenir des mécanismes de prévention. Quarante longues années où il aurait été possible de mettre en place des mécanismes qui auraient pu éviter des accidents et sauver des vies. C’est le temps de démontrer que nous sommes unis et que nous allons travailler ensemble pour intégrer ces mécanismes-là dans nos milieux de travail afin de nous assurer que ceux-ci fonctionnent. » Patrick Bérubé, directeur général, Conseil provincial (International)

« Avec le nombre trop grand d’accidents et de décès dans notre industrie, il n’est plus question d’attendre. On a droit à des milieux de travail sains et sécuritaires, et c’est en janvier que ça commence. Le RSS fait partie de la solution. » – Steve Prescott, coordonnateur en santé et sécurité, Syndicat québécois de la construction (SQC)

« Lors de la fondation de la CSN–Construction en 1924, les questions de santé et de sécurité au travail figuraient déjà au centre des revendications de ceux et celles qui œuvraient dans le domaine de la construction. Nous n’avons jamais abandonné cet objectif moral, cette obligation fondamentalement éthique de protéger la vie et la santé des travailleuses et des travailleurs qui ont bâti le Québec et nous allons toujours nous mobiliser pour les défendre. » -Félix Ferland, vice-président SST de la CSN–Construction.

« Les travailleurs et travailleuses de la construction ont assez souffert des accidents et des maladies professionnelles. Ils en ont assez de la peur de ne pas rentrer chez eux et du strict minimum sur les chantiers. L’industrie de la construction est la plus meurtrière et ça doit cesser! Pour sauver des vies et donner les moyens aux travailleuses et aux travailleurs de défendre leurs droits, il est maintenant temps de déployer les représentantes et représentants en santé et sécurité dans tous les chantiers du Québec. » – Carl Dufour, président de la CSD Construction.

Nos organisations de la construction représentent 215 000 travailleurs et travailleuses.

Où sont les mesures structurantes ?

Alors que le ministre de l’Économie Éric Girard livrait aujourd’hui à Québec sa mise à jour budgétaire, la CSN constate avec inquiétude que les cinq priorités d’action de la CAQ – la santé et l’éducation, l’économie, l’environnement et le français – sont essentiellement absentes de ce qui a été présenté. En effet, il est plutôt question de mesures saupoudrées non structurantes, et on y parle davantage d’équilibre budgétaire que de véritables enjeux sociaux.

Malgré le ralentissement économique prévu en 2023, des surplus budgétaires sont prévus pour les années à venir. Or, les réinvestissements sont carrément absents pour les Québécoises et les Québécois qui peinent à obtenir les biens et les services dont ils ont besoin. « Ça va prendre plus qu’un “bouclier anti-inflation” pour que le monde puisse correctement gagner leur vie et mettre à manger sur la table. Ce qu’il faut, ce sont des salaires décents et des conditions de travail qui favorisent la rétention du personnel. Et des mesures beaucoup plus équitables que la remise de 800 $ à un couple qui fait 200 000 $ par année, contre 600 $ à une mère monoparentale qui fait 30 000 $ », affirme Caroline Senneville, présidente de la CSN.

Les milliards promis à coup de chèques mal ciblés et de maigres baisses d’impôts puisées à même le Fonds des générations pourraient servir à former du personnel qualifié dans les milieux qui en ont le plus besoin, qu’ils soient publics ou privés. Le Québec pourrait aussi s’offrir la gratuité scolaire aux cycles supérieurs et des mesures d’aide pour le secteur privé en vue d’une transition juste. « L’enrichissement oui, mais pas à tout prix. On a besoin de plus que des mesures anti-inflation à courte vue, Monsieur Legault. Le gouvernement devrait se laisser guider par des indicateurs sociaux et environnementaux, pas simplement par des indicateurs économiques. Pensez aux gens : le PIB n’est pas l’indice de mesure du bonheur », ajoute-t-elle.

Encore la population qui paie le prix
En effet, la centrale syndicale en appelle à un réinvestissement massif dans les services publics, alors que les hôpitaux et les écoles sont vétustes, le personnel des réseaux de la santé et de l’éducation est dans un état plus qu’inquiétant, les services se détériorent chaque jour un peu plus et, dans tous les milieux, la pénurie de main-d’œuvre est criante. « Il y a quelques mois à peine, les aîné-es y ont goûté et maintenant, ce sont les plus jeunes qui en paient le prix, alors que les urgences pédiatriques sont à un fil du point de rupture et que nos enfants doivent garder leur manteau en classe, faute de ventilation.

Pire : ce qu’on nous annonce depuis quelque temps, ce sont des investissements au privé en santé, même si on a déjà joué dans ce film-là et qu’on s’y est cassé les dents. D’autres pays l’ont fait avant nous et sont depuis revenus à un système public. Le privé, c’est un mirage. Ce n’est pas en ouvrant deux mini-hôpitaux qu’on va inventer des médecins et des préposé-es : on fait juste déplumer encore plus le réseau. Il faut réinvestir au public, là où tous les services sont accessibles et où les soins sont offerts sans recherche de profits », martèle la présidente.

Économie verte ou transition juste ?
Des milliers de travailleuses et de travailleurs vont voir leur emploi changer ou disparaître à cause des changements climatiques. La CSN craint que peu ne soit fait pour les accompagner, les former et limiter les dégâts causés par les GES. « Après la COP27 et en pleine COP15, encore une fois, on manque une occasion de prévoir un plan structuré et financé pour accompagner les travailleuses et les travailleurs dont l’emploi est en péril à cause des changements environnementaux. On parle d “économie verte », mais c’est malheureusement le mot économie qui prime », conclut Mme Senneville.

Réaction du Front commun au rapport de l’ISQ sur la rémunération des employé-es de l’administration québécoise

L’écart persiste et le rattrapage est nécessaire
Encore cette année et à l’aube des négociations dans le secteur public, le constat de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) est sans appel : l’écart de la rémunération globale (incluant les avantages sociaux) persiste. Au 1er avril 2022, ce retard pour les travailleuses et les travailleurs du secteur public était donc de -3,9 % par rapport aux autres salarié-es du Québec.

« Sur le plan des salaires, année après année, l’écart reste important. Il est de -11,9 % avec l’ensemble des autres salarié-es québécois. Après cela, le gouvernement s’étonne qu’en plein contexte de pénurie de main-d’œuvre, on peine à attirer et à retenir le personnel dans nos réseaux publics, en éducation, en santé et en services sociaux et en enseignement supérieur.

Ce n’est pas pour rien que nous demandons une clause d’indexation à l’inflation pour protéger le pouvoir d’achat des travailleuses et des travailleurs, ainsi que des hausses de salaire à la hauteur des services rendus à la population », déclarent les leaders syndicaux Éric Gingras, président de la CSQ, Caroline Senneville, présidente de la CSN, Robert Comeau, président de l’APTS, et Daniel Boyer, président de la FTQ.

En accordant une attention particulière aux différentes données présentées dans le rapport, on remarque certains écarts notables, entre autres avec les entreprises privées syndiquées qui offrent une rémunération globale de 9,3 % supérieure au secteur public. Les écarts sont aussi importants avec des catégories aux conditions comparables, notamment avec l’administration municipale (-34,6 %), les entreprises publiques (-19,6 %), le secteur universitaire (-15 %) et l’administration fédérale (-11,6 %).

Chez les ouvriers spécialisés (menuisiers, électriciens, plombiers et autres), le retard est encore très important, soit de 30,7 %. Pas étonnant qu’il soit extrêmement difficile pour les établissements de santé et de services sociaux et des réseaux scolaire et collégial de recruter cette main-d’œuvre qualifiée, indispensable à l’entretien de nos installations.

« Au-delà des chiffres présentés par l’ISQ, c’est le constat des enjeux qui minent nos réseaux publics auxquels il faut s’attaquer. Et ça passe par la négociation. Le gouvernement Legault devra bien prendre la mesure des offres salariales qu’il doit déposer aux employé-es de l’État à la fin décembre. Celles-ci devront permettre un véritable enrichissement. Il faut plus que de la bonne volonté, de grandes orientations et une flopée de mercis. Le statu quo n’est pas acceptable », concluent les leaders syndicaux.

Statistiques pour mieux comprendre les enjeux de cette négociation

  • Moyenne salariale des employé-es du secteur public du Front commun : 43 916 $;
  • Retard salarial : -11,9 %;
  • Retard de rémunération globale : -3,9 %;
  • Pourcentage de femmes représentées par le Front commun : 78 %.

Pour bien comprendre la négociation : https://www.frontcommun.org/.

À propos du Front commun

Ensemble, la CSN, la CSQ, la FTQ et l’APTS représentent plus de 420 000 travailleuses et travailleurs de l’État québécois dans les secteurs publics, en éducation, en santé et dans les services sociaux ainsi qu’en enseignement supérieur. Les conventions collectives viendront à échéance le 31 mars 2023.

La FTQ, la CSN et la CSQ demandent une banque de congés d’isolement de 10 jours

« Pour s’assurer que les consignes de la Santé publique puissent être respectées, encore faut-il que les travailleuses et les travailleurs aient les moyens de le faire! », plaident la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

Les trois centrales syndicales ont demandé au ministre de la Santé et des Services sociaux, au ministre du Travail et à la Santé publique d’accorder une banque de congés de maladie COVID-19 de 10 jours à l’ensemble des travailleuses et travailleurs qui ne peuvent basculer en télétravail s’ils sont malades en raison de la nature de l’emploi occupé.

Constatant le nombre insuffisant de congés de maladie des travailleuses et des travailleurs des grands réseaux (santé, éducation et petite enfance, mais aussi plusieurs autres secteurs confrontés à cette réalité), elles craignent que cela ne devienne un frein au respect des consignes pour plusieurs dont la situation n’est pas déjà prévue dans leur contrat de travail, notamment en n’ayant pas la possibilité d’effectuer leur travail à distance.

« Il est vrai que les consignes d’isolement en cas de fièvre et les règles à suivre en cas de symptômes grippaux ont récemment été réduites, mais il n’en demeure pas moins que l’expérience des dernières années devrait nous laisser quelques leçons. La dernière chose que l’on souhaite, c’est que nos milieux de travail deviennent des lieux de propagation parce que les gens n’avaient d’autre choix que d’aller travailler, même malades. Les dernières semaines, et probablement celles à venir, nous rappellent quand même que tout n’est pas terminé et qu’il vaut mieux prévenir. C’est le message qu’on lance au gouvernement avec cette demande. On entend les appels à la prudence du ministre de la Santé et des Services sociaux et de la Santé publique pour prévenir la transmission des différents virus respiratoires actuellement en circulation. Mais pour poser les bons gestes et rester à la maison quand cela s’impose, il faut avoir les conditions pour le faire », font valoir Daniel Boyer, président de la FTQ, François Enault, premier vice-président de la CSN, et Éric Gingras, président de la CSQ.

Or, la circulation active des virus et les épisodes d’isolement ont pour effet d’amputer sérieusement la totalité ou la presque totalité des banques de congés de maladie. Pire, des syndicats ont rapporté que certains de leurs membres avaient évoqué à regret la possibilité d’être contraints de se présenter au travail malgré la présence d’un test positif à la COVID-19, et ce, afin de ne pas être pénalisés. C’est exactement ce que les trois organisations souhaitent éviter à tout prix dans le but de freiner la transmission de la maladie.

Les trois leaders syndicaux invitent donc le gouvernement à passer de la parole aux actes, à l’instar du gouvernement fédéral, qui a octroyé 10 jours de congé de maladie à toutes ses travailleuses et travailleurs par le biais d’une modification du Code canadien du travail pour éviter justement une situation où une travailleuse ou un travailleur doive choisir entre aller travailler malade et risquer de contaminer son environnement ou perdre du salaire. La mesure sera effective le 1er décembre prochain.

« Il est maintenant temps pour le Québec d’emboîter le pas et de l’offrir aux travailleuses et travailleurs sous sa juridiction. Mettons toutes les chances de notre côté pour protéger la population et renforcer notre lutte commune contre la COVID-19 », ont conclu les trois dirigeants.

La FTQ, la CSN, la CSQ représentent plus de 1 140 000 travailleuses et travailleurs partout à travers le Québec, tant dans les secteurs public que privé.

Journée nationale des chargées et chargés de cours : donner la moitié des cours universitaires sans obtenir de reconnaissance

Alors que la nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, amorce son mandat, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) lui rappelle une injustice urgente à corriger : le manque flagrant de reconnaissance de la contribution essentielle des chargées et chargés de cours universitaires. Dans les faits, ces personnes hautement compétentes et spécialistes dans leur domaine donnent environ cinquante pour cent des cours de premier cycle au Québec, bien plus qu’ailleurs au Canada. Puisque « la moitié des cours universitaires, on s’en charge ! », sans le travail des chargées et chargés de cours, c’est l’équivalent d’une université québécoise sur deux qui s’écroulerait.

« Malgré cet apport considérable à la mission des universités, nous sommes constamment menacés par la précarité. Nos contrats sont attribués de trimestre en trimestre et nous sommes continuellement dans l’attente du renouvellement de notre accès et de notre participation aux institutions du savoir, bien que nous soyons extrêmement qualifié-es, dénonce Christine Gauthier, vice-présidente de la FNEEQ–CSN. Il faut l’admettre, le système universitaire actuel renforce les inégalités entre les corps d’emploi et traite les chargées et chargés de cours comme du personnel périphérique. »

Soutenir la reconnaissance et réduire la précarité
Parce que la précarité ne saurait être un mode de vie, nous demandons à la ministre Déry de travailler politiquement pour accroître la reconnaissance et réduire la précarité :

  • En garantissant un financement stable des universités ;
  • En s’assurant qu’elles incluent des chargées et chargés de cours au sein des comités sur la liberté académique qu’elles devront former en vertu de la loi adoptée en juin dernier ;
  • Et en facilitant l’accès des chargées et chargés de cours aux fonds de recherche des organismes subventionnaires québécois afin que la communauté scientifique ne soit plus privée de leur expertise en matière de recherche.

« Les personnes chargées de cours sont au cœur de nos universités. Il est grand temps qu’elles obtiennent la reconnaissance qui leur est due », de conclure Christine Gauthier.

Pour consulter le lien de la campagne annuelle de la Journée nationale des chargées et chargés de cours : LA MOITIÉ DES COURS UNIVERSITAIRES, ON S’EN CHARGE ! https://fneeq.qc.ca/fr/journee-nationale-des-chargees-et-charges-de-cours/

 

Une véritable crise se profile, dans l’ombre

Les répondantes et répondants médicaux d’urgence (RMU) et le personnel de bureau d’Urgences-santé œuvrent dans l’ombre du système préhospitalier québécois tout en étant indispensables. Plus que jamais sous pression, constamment en sous-effectif ou en temps supplémentaire obligatoire (TSO) ces travailleuses et ces travailleurs n’en peuvent plus. Refusant d’attendre qu’un malheur survienne pour agir, ces travailleuses et ces travailleurs entendent prendre les grands moyens pour forcer leur employeur à prendre le problème au sérieux.

En effet, réunis en assemblées générales cette semaine, les RMU de la Capitale nationale, de l’Estrie et ceux d’Urgences-santé à Montréal, de même que le personnel de bureau d’Urgences-santé ont voté, par scrutin secret, en faveur d’un mandat de grève de tâches et de temps, pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée. Parmi les impacts concrets de cette grève, les syndicats entendent forcer le personnel-cadre à participer au maintien des services essentiels.

« Notre travail est émotionnellement exigeant. Avec ces mauvaises conditions de travail viennent des risques accrus de commettre une erreur, d’échapper un appel dans la file d’attente ou de perdre une seconde de concentration. Résultat : les délais de traitement des appels augmentent et les employé-es de bureau croulent sous le travail. Cela a des impacts non seulement sur les employé-es, mais également sur la qualité du service dont la population est en droit de recevoir dénonce la présidente du Syndicat des employé-e-s d’Urgences-santé (CSN), Anick Bélanger. Ça ne devrait pas préoccuper que nous, mais aussi notre employeur et le Conseil du trésor. Et ce n’est pas du tout ce qu’on sent à la table de négociation ! »

« Considérant les conditions de travail difficiles et l’épuisement des RMU, cela accentue les risques de faire une erreur. Chaque seconde de concentration est nécessaire pour effectuer notre métier et ça devient de plus en plus difficile, dénonce la présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Centrale de Coordination santé de la région de Québec (CSN), Marjorie Guay. Ça ne devrait pas nous préoccuper seulement nous mais aussi notre employeur et le Conseil du trésor. Et ce n’est pas du tout ce qu’on sent à la table de négociation ! »

« L’employeur agit comme si la pénurie de main-d’œuvre ça n’existait pas pour nous. C’est un total manque de respect envers nous, dénonce la présidente du Syndicat des RMU de l’Estrie, Josée Marchessault. Maintenant que nos collègues paramédics ont une nouvelle convention collective, il est inadmissible que le Conseil du trésor laisse encore traîner ces négociations. »

Pour les syndicats, un des plus importants problèmes est la rémunération insuffisante, ce qui mine les efforts pour recruter le personnel nécessaire. Dans ses offres, le Conseil du trésor ne tient pas compte des importantes pénuries de main-d’œuvre qui sévissent.

« Nous espérons qu’en venant travailler pendant la grève du personnel, l’employeur et ses cadres prendront conscience de la pression ressentie au quotidien par les RMU et les employé-es de bureau sur le terrain, complètement débordés, explique le représentant du secteur préhospitalier à la FSSS–CSN, Jean Gagnon. »

« Faut-il rappeler que leur rôle est si névralgique que l’État limite fortement leur droit de faire la grève, enchaîne la vice-présidente de la FSSS–CSN, Lucie Longchamps. Le Conseil du trésor profite de ce rapport de force déséquilibré pour laisser traîner les négociations et refuser toute amélioration à la situation, c’est honteux. »

« Ces travailleuses et travailleurs sont sans convention collective depuis le 31 mars 2020, ajoute la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Ils méritent plus de respect. S’ils n’ont plus d’autres options que d’exercer une grève encore plus perturbatrice, le Conseil du trésor n’a que lui-même à blâmer ».

Les RMU sont notamment les personnes qui prodiguent les premiers soins par téléphone dans des moments cruciaux, par exemple en donnant les instructions pour amorcer des manœuvres de réanimation, en cas d’étouffement ou encore pour préparer un accouchement, en attendant l’arrivée de l’ambulance ou des premiers répondants et répondantes. Maillon tout aussi essentiel au sein d’Urgences-santé, les employé-es de bureau assurent pour leur part tout le soutien administratif. Ils voient, entre autres, à combler les effectifs des paramédics, des employé-es de soutien et des RMU. Ils œuvrent à l’informatique, à l’entretien général, aux comptes clients et à la facturation, ainsi qu’aux services des salaires et des ressources humaines.

La Fédération nationale des communications et de la culture–CSN célèbre ses 50 ans

La Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN) célèbre aujourd’hui le cinquantième anniversaire de sa fondation. Ce sont 50 années de présence syndicale dans le secteur des médias, des communications et de la culture qui ont largement contribué à la défense des personnes qui y travaillent et à la reconnaissance du caractère essentiel de leur profession au sein de la société québécoise.

« Depuis 50 ans, la FNCC–CSN s’est portée à l’avant-garde non seulement des conditions de pratique professionnelle de celles et de ceux qui y œuvrent, mais tout autant des luttes pour l’établissement d’une société démocratique où l’accès à l’information et à la culture s’avère crucial », de déclarer Caroline Senneville, présidente de la CSN.

« La FNCC–CSN existe depuis aussi longtemps grâce à la détermination de nombreux syndicats qui ont su traverser les différentes vagues qui se sont abattues sur leur secteur, a tenu à rappeler la présidente de la FNCC–CSN, Annick Charette. D’abord pour la reconnaissance de l’indépendance professionnelle du métier de journaliste, pour le rôle des médias d’information au sein de notre démocratie et pour le respect de conditions de travail décentes pour l’ensemble des personnes qui y gagnent leur vie. »

Quand le gouvernement confisquait les bandes…
C’est à l’initiative de journalistes membres de syndicats CSN que la Fédération nationale des communications, selon son appellation d’origine, fut constituée le 18 novembre 1972, en plein congrès du Parti libéral du Québec. Les fondateurs voulaient ainsi donner une voix aux journalistes syndiqués afin de faire respecter leurs droits de pratique et leurs clauses professionnelles après la confiscation de rubans magnétiques et magnétoscopiques par des organisateurs du parti, alors dirigé par Robert Bourassa, et par son directeur de l’information. La toute nouvelle fédération y avait vu un « geste symptomatique de la volonté du parti au pouvoir de créer un climat d’oppression pour empêcher une discussion saine sur les problèmes auxquels sont confrontés les travailleuses et travailleurs et l’ensemble de la population. »

Provenant du syndicat de Télé-Québec, Annick Charette estime que cette présence syndicale s’avère tout aussi pertinente aujourd’hui. « Encore récemment, rappelle-t-elle, les syndicats du Soleil, du Droit, du Nouvelliste, de la Tribune, du Quotidien et de la Voix de l’Est sont parvenus à sauver de la faillite ces six quotidiens appartenant au groupe Capitales Médias en fondant la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i). Un sauvetage qui s’est avéré d’une importance capitale pour l’accès à l’information au Québec. »

Cette victoire syndicale faisait suite à l’obtention par la fédération, en pleine crise de la presse écrite, du crédit d’impôt sur la masse salariale des salles d’information, tant au fédéral qu’au provincial. Encore aujourd’hui, la FNCC–CSN multiplie les interventions parlementaires pour enjoindre le gouvernement fédéral à baliser et à taxer ces géants du numérique ayant mis en péril les conditions de production et de diffusion de l’information et de la culture au Québec et au Canada.

Du côté de Québec, la FNCC–CSN a également démontré toute sa pertinence en participant activement aux consultations ayant mené à la réforme de la Loi sur le statut de l’artiste en amenant le gouvernement à enfin reconnaître les droits constitutionnels en matière de travail que sont les droits d’association et de négocier collectivement dans le secteur des arts, de la culture et de la littérature. La fédération est actuellement à l’œuvre pour pousser Québec à adopter le même type de législation pour les journalistes indépendants et les pigistes du secteur des médias.

Après avoir documenté, dans une étude menée avec le Service aux collectivités de l’UQAM en mai dernier, les effets désastreux de l’intimidation et du cyberharcèlement dont sont victimes les travailleuses et les travailleurs de l’information, la FNCC–CSN a lancé, cet automne, un vaste chantier de recherche portant sur le harcèlement sexuel dans le secteur de la culture et des communications.

Par le biais d’une équipe de salarié-es et de l’ensemble des services confédéraux de la CSN, la fédération dessert de nombreux syndicats au Québec et au Nouveau-Brunswick en matière de négociation collective et de droits du travail. Elle représente les employé-es de plusieurs musées, tant à Montréal qu’en région, ainsi que les salarié-es de Radio-Canada, de La Presse, du Journal de Montréal, du réseau Cogeco et de plusieurs entreprises de communications privées.

La FNCC–CSN regroupe 6 000 membres issus de 80 syndicats et œuvrant dans les domaines des communications, du journalisme et de la culture. Elle est l’une des 8 fédérations de la CSN qui réunit plus de 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec.

Solidarité avec nos membres dans les magasins de la SAQ

Avec la période des Fêtes qui approche, plusieurs d’entre nous s’apprêtent à faire le plein de bouteilles de vin et d’alcools de tous types. Puisque les membres du Syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ–CSN) entament une lutte pour conserver des emplois, et par conséquent, un bon service-conseil dans les diverses régions du Québec, agissons solidairement et achetons directement dans nos succursales locales.

Pour rappel, la SAQ mise de plus en plus sur le commerce électronique via son site SAQ.com et souhaite ainsi centraliser toutes les préparations de commandes en ligne dans un entrepôt de Montréal. Cette opération nuira grandement à l’offre de produits en région et générera une quantité importante de GES, puisque toutes les livraisons partiront de la métropole. Même les conseils seraient de plus en plus informatisés par le biais de la carte Inspire, et ce, au détriment des personnes conseillères en vin des succursales!

Le SEMB-SAQ–CSN demande donc à chacune et à chacun d’entre nous de se limiter à la consultation du catalogue en ligne et d’appeler sa succursale de proximité pour faire mettre de côté les produits désirés.

Et si certains des produits recherchés ne sont pas disponibles, pourquoi ne pas profiter des conseils avisés des employé-es compétents et passionnés, syndiqués à la CSN, pour faire de belles découvertes !

En toute solidarité,

Katia Lelièvre
3e vice-présidente de la CSN

 

Mobilisations dans cinq villes québécoises pour réclamer un programme de régularisation véritablement inclusif des personnes sans-papiers

Trente organisations communautaires et syndicales se rassemblent, appuyées par de nombreux groupes et individus des milieux académiques, religieux et patronaux, pour réclamer la mise en place d’un programme véritablement inclusif visant la régularisation des personnes sans statut migratoire. Dans le cadre de la « Journée québécoise pour la régularisation des personnes sans statut migratoire », les mobilisations se déroulent à Montréal, à Québec, à Rimouski, à Sherbrooke et à Chicoutimi, où les organisations demandent aux gouvernements du Canada et du Québec de s’engager concrètement dans ce processus, et ce, en collaboration avec la société civile.

Pour un programme véritablement inclusif
Le Ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté Canada (IRCC) soumettra au cours des prochaines semaines un projet de programme de régularisation des personnes sans statut migratoire aux gouvernements provinciaux et au conseil des ministres du gouvernement fédéral. Les organisations impliquées dans cette journée de mobilisation revendiquent ainsi la mise en place d’un programme de régularisation, véritablement inclusif, au Canada et au Québec.

« Au Canada, l’absence ou la précarité d’un statut migratoire plonge des centaines de milliers de personnes dans une situation de vulnérabilité extrême, affectant leur droit à la sécurité, à la santé, au logement, à un niveau de vie suffisant, pour n’en mentionner que quelques-uns. Il s’agit d’une situation entraînant de graves violations des droits humains. Les gouvernements, tant québécois que canadien, ont la responsabilité de protéger et de respecter les droits de ces personnes et doivent mettre en place dès maintenant un programme de régularisation complet, inclusif et accessible, qui accordera la résidence permanente à toutes les personnes sans statut », souligne Mme Laurence Guénette, coordonnatrice de la Ligue des droits et libertés.

Dans le même d’ordre d’idée, Mme Camille Bonenfant, organisatrice communautaire de la Clinique pour la justice migrante, avance que « nous croyons fermement en l’accès à la justice, et cette dernière repose sur la mise en œuvre des droits. Il n’y a pas de façon plus efficace et équitable pour assurer le respect des droits des personnes migrantes marginalisées que de leur donner un statut. La résidence permanente leur permettrait finalement de vivre pleinement dans la dignité ».

Me Stéphanie Valois et Me Guillaume Cliche-Rivard, respectivement présidente et président sortant de l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’Immigration (AQAADI) affirment aussi que « l’AQAADI appuie sans réserve un programme large et généreux visant la régularisation du statut des personnes immigrantes à statut précaire au Canada. En effet, nous avons devant nous une occasion historique de mettre fin à la détresse sans pareille causée par une vie dans la marge, sans statut d’immigration, à la merci de l’instabilité et sans filet social. Nous estimons que la compassion et la dignité humaine devront être au cœur de ce nouveau programme qui permettra du même souffle de pérenniser la contribution économique, culturelle, professionnelle, communautaire et sociale inestimable qu’apportent ces personnes au Canada ».

Mobilisations dans cinq villes québécoises
Selon les organisations œuvrant auprès de ces populations, les personnes à statut précaire ou sans statut sont de plus en plus présentes au Québec, non seulement à Montréal mais aussi dans diverses régions du Québec. Dans ce contexte, des activités sont organisées dans cinq villes québécoises. À Rimouski, un rassemblement s’est déjà tenu le 5 novembre, et deux rassemblements ont lieu le 6 novembre respectivement à Montréal et à Québec. En même date, deux ateliers formatifs portant sur la régularisation des personnes sans statut sont organisés respectivement à Chicoutimi et à Sherbrooke.

« Au cours des dernières années, on constate une croissance des personnes à statut temporaire dans notre région, et certaines d’entre elles ont perdu leur statut à la suite d’un abus de leur employeur. Des gens peuvent devenir ainsi sans statut en raison de la lacune de protection publique, et c’est un phénomène répandu dans des régions québécoises. Ce n’est pas acceptable », affirme M. Florian Freuchet, organisateur communautaire du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants au Bas-Saint-Laurent, pour expliquer la raison de l’organisation de l’événement à Rimouski.

« Les mouvements au Québec sont très souvent à l’avant-plan dans les luttes pour la justice. Encore une fois, c’est notre société ici, notamment les personnes sans papiers, leurs voisines et voisins et collègues, qui sont arrivés à bâtir un mouvement et ont poussé le gouvernement du Canada à entamer ce chemin pour le bien de toutes et tous. Car la régularisation nous avance vers l’idéal où toute personne vive librement et dignement au Canada », soutient Mme Samira Jasmin, membre de Solidarité sans frontières.

Dans ces luttes, des centrales syndicales sont aussi engagées. « Il est important que les travailleuses et les travailleurs du Québec soient présents pour appuyer les personnes migrantes sans statut. Nous nous inquiétons que les personnes sans statut migratoire puissent être exploitées dans des conditions de travail déplorables et qu’elles doivent travailler dans une grande précarité pour survivre. En leur accordant un statut, elles pourront bien plus dignement gagner leur vie et il sera beaucoup plus aisé d’intervenir pour protéger leurs droits. Au nom des centrales syndicales, nous joignons notre voix solidaire à cette mobilisation », souligne M. Luc Vachon, président de la Centrale des syndicats démocratiques.

Les organisations signataires confirment d’ailleurs leur volonté de continuer les luttes pour la régularisation. « Ce week-end, nous, des personnes sans statut et nos allié-es, nous mobilisons à travers le Québec. Mais ce n’est qu’un début de nos mobilisations. Derrière nous, il y a un plus grand nombre de personnes appuyant notre cause, et même plusieurs employeurs et leurs groupes ont exprimé leur appui. Au cours des prochaines semaines et mois, nous continuerons de lutter ensemble pour qu’un programme de régularisation véritablement inclusif soit mis en place au Canada et au Québec », déclare Mme Nina Gonzalez, membre du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants.

À propos
Ces activités sont organisées en collaboration notamment avec

  • Amnistie internationale Canada francophone
  • Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration (AQAADI)
  • Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert (CAPMO)
  • Centrale des syndicats démocratiques (CSD)
  • Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
  • Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTTI)
  • Centre justice et foi (CJF)
  • Clinique pour la justice migrante (CJM)
  • Collectif de lutte et d’action contre le racisme (CLAR)
  • Collectif Églantine
  • Collectif La Camarine
  • Comité d’action de Parc-Extension (CAPE)
  • Comité d’action des personnes sans statut (CAPSS)
  • Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches–CSN (CCQCA–CSN)
  • Conseil central du Montréal métropolitain–CSN (CCMM–CSN)
  • Conseil régional FTQ Montréal métropolitain (CRFTQMM)
  • Confédération des syndicats nationaux (CSN)
  • Debout pour la dignité
  • Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
  • Illusion Emploi de l’Estrie
  • Inter-Elles
  • L’Écho des femmes de la Petite Patrie
  • Le Québec c’est nous aussi
  • Ligue des droits et libertés (LDL)
  • Médecins du Monde Canada
  • Migrante Québec
  • PINAY
  • Réseau d’aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Québec (RATTMAQ)
  • Solidarité sans frontières (SSF)
  • Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI)

Résidences privées pour aîné-es : la FTQ et la CSN revendiqueront un salaire minimum à 18 $ l’heure

La FTQ et la CSN coordonneront leurs négociations dans le secteur des résidences privées pour aîné-es afin d’y établir un salaire minimum à 18 $ l’heure pour l’ensemble du personnel qui y travaille.

Lors d’une conférence de presse tenue à Montréal ce matin, le président de la FTQ, Daniel Boyer, et le premier vice-président de la CSN, François Enault, ont expliqué la nécessité de ce rehaussement salarial en raison de l’état critique de trop nombreux centres d’hébergement privés et des conditions de pauvreté auxquelles y sont soumis les préposé-es aux bénéficiaires, à l’entretien et aux services alimentaires.

« Le gouvernement reconnait lui-même les problèmes criants entraînés par les faibles salaires des centres d’hébergement privés. Voilà pourquoi, en pleine pandémie, il a été forcé de verser une subvention salariale de 4 $ l’heure aux propriétaires de résidences afin de contrer l’exode du personnel, a rappelé Daniel Boyer. La fin progressive de cette aide financière, à compter du 31 décembre prochain, ne fera qu’accentuer les difficultés d’attirer et de retenir le personnel des résidences pour aîné-es, en plus d’aggraver les conséquences désastreuses sur le plan des services aux usagères et aux usagers. »

Pour François Enault, il est complètement indécent que les fortes marges de profit des principaux acteurs de ce secteur se fassent sur le dos des travailleuses et des travailleurs. « Les marges bénéficiaires d’exploitation du secteur de l’hébergement privé au Québec frisent les 14 %, l’un des plus hauts taux au Canada. À eux seuls, les groupes Chartwell, Sélection, Maurice, Savoie et Cogir possèdent 35 % des logements de l’ensemble des résidences pour aîné-es au Québec. On parle d’entreprises dont les actifs respectifs se chiffrent en milliards de dollars et qui ont certainement la capacité financière de payer leurs employé-es convenablement. »

La présidente du Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES–FTQ), Sylvie Nelson, a pour sa part souligné la responsabilité du gouvernement de veiller à la qualité des services qui y sont livrés. « Seulement par l’entremise des crédits d’impôt, les résidences privées pour aîné-es grugent près du tiers du budget total du ministère de la Santé et des Services sociaux alloué aux services à domicile. Des salaires à 14,50 $ l’heure, ça entraîne du manque de personnel et des taux de roulement totalement inacceptables », a-t-elle martelé.

C’est pourquoi la vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Lucie Longchamps, en appelle à l’intervention de la ministre déléguée à la Santé et aux Aînés, Sonia Bélanger. « Il est grand temps que la ministre convie à la même table l’ensemble des intervenants de ce secteur pour trouver des solutions durables à la rémunération du personnel des résidences pour aîné-es. Avec le vieillissement de la population auquel le Québec fait face, on ne peut plus se permettre d’attendre en laissant se dégrader de la sorte les conditions de travail du personnel et les conditions de vie des résidentes et des résidents. »

La FTQ représente 178 résidences privées pour aîné-es, dans toutes les régions du Québec, et plus de 11 000 salarié-es qui sont touchées par les négociations qui s’amorcent dans ce secteur. La CSN est présente dans 90 centres d’hébergement privés partout au Québec et rassemble plus de 3500 membres. Ensemble, la FTQ et la CSN représentent près d’un million de travailleuses et de travailleurs. Les deux centrales syndicales sont membres actifs de la Coalition Minimum 18, qui revendique l’établissement d’un salaire minimum à 18 $ l’heure au Québec.

La CSN salue les mesures d’aide aux moins nantis et attend toujours une réforme de l’assurance-emploi

La CSN souhaite souligner la présence de mesures d’aide ciblées dans l’énoncé économique de la ministre Chrystia Freeland présenté aujourd’hui. Du même coup, la centrale syndicale se doit de dénoncer l’absence de soutien nécessaire à ceux qui perdront leur emploi en cette période de resserrement économique causé par la hausse draconienne des taux d’intérêt.

« La CSN salue toutes les mesures d’aide aux citoyennes et citoyens les plus démunis pour faire face à l’inflation, alors même que cette dernière est nettement plus élevée que ce qui était anticipé dans le dernier budget fédéral. Par exemple, la bonification de l’Allocation canadienne pour les travailleurs, destinée aux salarié-es qui peinent à joindre les deux bouts, est une bonne nouvelle. Les mesures déjà annoncées au cours des dernières semaines pour aider les familles à faible revenu à affronter la hausse du coût de la vie, soit le doublement du crédit d’impôt pour la TPS et, surtout, le supplément de l’Allocation canadienne pour le logement, sont également des mesures qui vont dans le bon sens », affirme Caroline Senneville, présidente de la CSN.

« En revanche, la réforme du programme d’assurance-emploi qu’on attend depuis trop longtemps n’est nulle part en vue, alors que le ralentissement économique actuel et la possible récession à venir accentueront inévitablement les pertes d’emplois. Puisque le gouvernement et la banque centrale provoquent sciemment le recul de la croissance pour casser l’inflation, il ne serait que normal qu’un programme d’assurance-emploi bonifié soit au rendez-vous pour soutenir celles et ceux qui perdront leur emploi. Malheureusement, c’est silence radio sur toute la ligne », déplore la présidente.

« Par ailleurs, il est prometteur de voir que le gouvernement fédéral mise sur un crédit d’impôt pour les technologies propres, une mesure intéressante tant du point de vue environnemental qu’industriel. Il encouragera notamment la création de bons emplois inclusifs, décents et propres pour les personnes qui rêvent de faire partie de la classe moyenne. »

La santé et la sécurité au travail seront de toutes les négociations de la CSN

Au cours des prochaines années, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) mettra de l’avant des revendications en matière de santé et de sécurité au travail dans toutes les négociations de convention collective, qu’elles soient dans le secteur public ou le secteur privé.

Deux des vice-présidents de la CSN, David Bergeron-Cyr et François Enault, en ont fait l’annonce jeudi dans le cadre du 14e colloque Bilan et perspectives qui a réuni cette semaine à Sherbrooke plus de 350 militantes et militants. Cette stratégie vise à obtenir des protections supérieures aux garanties réduites du nouveau régime de santé et de sécurité au travail (SST) imposé par le gouvernement Legault.

Dans son intervention, David Bergeron-Cyr, responsable du dossier SST à la CSN, a indiqué que « la lutte allait se poursuivre ». « Le gouvernement de la CAQ a fait un cadeau de plusieurs milliards de dollars au patronat. Mais on va se retrousser les manches. On va conscientiser nos membres à l’importance de la santé et de la sécurité au travail. Et on ne lâchera pas. La solidarité, c’est la force du mouvement syndical. »

Des conventions qui vont plus loin que la loi
« Les 170 000 travailleuses et travailleurs du secteur public ont déjà déposé cette année des revendications en SST, a expliqué de son côté son collègue François Enault. Et l’ensemble des fédérations du secteur privé se sont entendues pour faire de même au cours des cinq prochaines années. »

« Il faut se protéger quand les gouvernements décident de changer les lois et de nous enlever des droits, a-t-il plaidé. On va demander plus que ce que la loi nous donne. Et ça va se faire aux tables de négociation. On va s’assurer que tout le monde présente des demandes en santé et sécurité au travail. »

La CSN mettra ainsi en œuvre les résolutions adoptées lors de ses dernières instances. Les fédérations seront chargées d’ajuster les clauses aux problèmes vécus sur le terrain par les syndicats locaux et de coordonner les stratégies pour atteindre les objectifs.

Vers un sommet de la société civile
Parmi les clauses envisagées figurent l’établissement et le fonctionnement des comités paritaires, le renforcement des fonctions d’enquête et de prévention des agents ouvriers, le mécanisme de traitement des plaintes, le traitement des conditions dangereuses, les conditions sécuritaires de travail et la procédure à suivre lorsque survient un accident.

David Bergeron-Cyr a aussi estimé que « la CSN est à l’avant-garde du mouvement syndical dans ce dossier ». D’ailleurs, a-t-il annoncé, le prochain colloque Bilan et perspectives coïncidera en 2025 avec un « Sommet sur la santé et la sécurité au travail », un événement organisé par la CSN qui réunira « des membres de la société civile, les autres organisations syndicales et des groupes communautaires ».

Le gouvernement fait fi des solutions publiques à portée de main

Pour la Confédération des syndicats nationaux, les mesures annoncées aujourd’hui par le gouvernement pour répondre à l’engorgement des établissements de santé et de services sociaux n’ont rien de neuf. La CSN appelle à des changements en profondeur pour assurer la pérennité du réseau. Cela passe par des services 100% publics.

« Les annonces faites aujourd’hui ne changent rien aux problèmes de fond concernant la pénurie de main-d’œuvre, le retard du Québec en soutien à domicile, le manque de lits en milieu hospitalier, le manque de places en CHSLD ou le sous-financement de certains services », rappelle la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

« Pour renforcer l’accès à la première ligne et s’assurer que chaque patient voit le bon professionnel, il faut miser sur les CLSC, souligne-t-elle encore. Au fil des ans, les CLSC ont été charcutés dans leur mission. C’est pour cette raison qu’on a ces problèmes-là aujourd’hui. Les Groupes de médecine familiale sont des entreprises privées. Jamais ils ne pourront offrir des équipes multidisciplinaires, partout au Québec, 24 heures sur 24 et 7 jours par semaine. C’est pourtant ce qu’il faut faire pour diminuer la pression dans les établissements. »

La CSN ne croit pas que le gouvernement fait le bon choix en confiant encore davantage de places en hébergement au secteur privé. Au contraire, ces besoins devront convaincre le gouvernement de créer de nouvelles places en CHSLD publics.

Par ailleurs, la CSN déplore que le gouvernement repousse encore l’inévitable virage vers les soins à domicile. L’incapacité du réseau public à offrir les services nécessaires contribue sans aucun doute à l’engorgement du système auquel nous assistons actuellement. De plus, les services en soutien à domicile sont beaucoup moins dispendieux que l’hébergement de longue durée. La CSN croit aussi qu’il faut miser davantage sur la prévention et sur les services sociaux, notamment en ce qui a trait à la santé mentale.

Les protections qu’offre le nouveau régime de SST sont insuffisantes

« Déployés depuis le 6 octobre dernier, les mécanismes intérimaires de participation et de prévention en santé et sécurité du travail (SST) sont malheureusement insatisfaisants », a déclaré mardi la présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Caroline Senneville.

La présidente a fait cette déclaration à la veille de l’ouverture du colloque Bilan et perspectives qui réunit, chaque trois ans, les militantes et militants ainsi que les conseillères et conseillers qui œuvrent en santé et en sécurité du travail. Cette année, l’événement se tient au Centre des congrès de l’hôtel Delta à Sherbrooke les 2 et 3 novembre et rassemble environ 350 personnes.

« Depuis plusieurs années, la CSN et les autres organisations syndicales exigeaient l’arrêt de la discrimination qui existe en matière de prévention, a expliqué Caroline Senneville. Jusqu’à maintenant, les mécanismes de participation et de prévention ne couvraient qu’environ 12 % des travailleuses et des travailleurs, ceux qu’on appelle les groupes prioritaires. »

« On a demandé d’étendre partout ces mécanismes afin de protéger adéquatement tout le monde, qu’importe le secteur professionnel, a-t-elle rappelé. Malheureusement, le gouvernement de la CAQ n’a pas écouté cette demande et nous a donné un régime qui couvre tout le monde, mais d’une manière insuffisante. »

La riposte s’organise
Au cours des cinq prochaines années, la CSN mènera une campagne nationale en santé et sécurité dans le but d’enraciner cet enjeu dans tous les milieux de travail et de le placer au sein des priorités de l’action syndicale. La campagne intitulée Pour vraiment protéger tout le monde dénonce les impacts des nouvelles lois en matière de santé et de sécurité du travail sur les syndiqué-es tout comme sur les non-syndiqué-es.

Selon le vice-président de la CSN responsable du dossier, David Bergeron-Cyr, « la centrale va s’assurer que les organisations patronales qui siègent à la Commission des normes de l’équité de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) ne soient pas tentées d’imposer des reculs aux personnes couvertes par les mécanismes de prévention des groupes prioritaires. »

« Plus que jamais, a-t-il insisté, nous devrons revendiquer l’application uniforme des mêmes protections à toutes et à tous, et ce, peu importe le secteur d’activité dans lequel s’effectue le travail. »

Pour vraiment protéger tout le monde
C’est dans ce contexte que se tient cette année le colloque Bilan et perspectives. Avec l’appui de Jean-Pierre Brun, fondateur de la Chaire en gestion de la santé et de la sécurité au travail de l’Université Laval, les participantes et les participants pourront échanger mercredi et jeudi avec une bonne demi-douzaine de spécialistes.

Le militant et ancien président de la CSN, Marc Laviolette, ainsi que Ana Maria Seifert, ancienne conseillère syndicale et collaboratrice pendant près de 20 au collectif L’invisible qui fait mal, illustreront l’importance de l’implication syndicale dans les luttes en matière de SST. De plus, plusieurs professeures et chercheuses renommées exploreront différentes pistes d’action, dont Geneviève Baril-Gingras (Université Laval), Jessica Riel (UQAM), Estelle Morin (HEC) et Arina Grigorescu (Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale).

La FSSS–CSN invite le ministre Dubé à ne pas rater l’occasion de devenir l’employeur de choix

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) a déposé les revendications identifiées par le personnel du réseau pour améliorer les conditions de travail. La négociation du secteur public qui débute intervient alors que la pression se maintient à un niveau intense sur les travailleuses et les travailleurs du réseau.

La plus grande organisation en santé et services sociaux dépose ses revendications pour améliorer les conditions de travail
Le comité de négociation de la FSSS–CSN a rencontré le comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux (CPNSSS) le 27 octobre dernier pour déposer les revendications de la négociation sectorielle. Ce dépôt est le résultat d’une vaste opération démocratique où les travailleuses et les travailleurs ont décidé des propositions à mettre de l’avant pour cette négociation.

Les revendications de cette négociation portent sur cinq grandes orientations rassembleuses : humaniser les soins et les services, valoriser le personnel et rehausser le sentiment d’appartenance, régler les iniquités et les problèmes de justice, prendre soin des travailleuses et des travailleurs et enfin, miser sur les services publics et la décentralisation.

« Si on veut convaincre le personnel de rester dans le réseau, il faut écouter leurs solutions. Dans le précédent mandat, le gouvernement a plutôt fait le contraire. Il a imposé sa vision à coups d’arrêtés ministériels et ça n’a qu’empiré les choses. Si on veut humaniser les services donnés à la population, il faut mieux prendre soin du personnel. Cette négociation est une occasion à ne pas rater pour y arriver ! », explique Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS–CSN.

« Il est urgent de remettre le réseau sur ses pieds et ce sont les travailleuses et les travailleurs qui répondent aux besoins de la population jour après jour qui sont les mieux placés pour identifier ce qu’il faut faire. Avec cette négociation qui commence, on lance le message qu’il faut agir du bord du personnel de la santé et des services sociaux ! », de conclure Réjean Leclerc, président de la FSSS–CSN.

Les personnes qui font tourner le Québec veulent être entendues

Au Conseil des ministres présenté aujourd’hui, composé de nouveaux visages comme de vétérans et qui aurait dû être paritaire, la CSN exprime la même demande pressante : les besoins des travailleuses et des travailleurs doivent venir en tête de liste, quel que soit le ministère touché. Et la centrale syndicale s’attend à être interpellée pour tout dossier relié au monde du travail.

« En effet, toutes les personnes qui donnent des services, éduquent, soignent, construisent et produisent le nécessaire pour répondre aux besoins de la population, méritent qu’on prenne mieux soin d’elles, surtout en période de pénuries de main-d’œuvre, d’inflation, de crise du logement. Nos services publics, véritable richesse du Québec, font peine à voir. Du côté du secteur privé, les mesures d’aide vers une transition juste tardent à se concrétiser, malgré l’urgence climatique », déplore Caroline Senneville, présidente de la CSN.

« Partout, la reconnaissance du personnel est primordiale, tout comme l’amélioration des conditions de travail. On y pense particulièrement en cette Semaine nationale de la santé et de la sécurité du travail : le nouveau gouvernement Legault doit écouter réellement ce que les travailleuses et les travailleurs du Québec ont à dire », affirme la présidente.

AUTRES CITATIONS DE CAROLINE SENNEVILLE :

 Sur la reconduction de Jean Boulet au ministère du Travail et la nomination de Kateri Champagne Jourdan à l’Emploi
« La CSN souhaite la bienvenue à Mme Champagne Jourdan au Conseil des ministres et voit d’un bon œil la poursuite des travaux en cours avec le ministre Boulet, lui qui nous a habitués à un canal de communication ouvert et fluide. Surtout que les enjeux ne manquent pas : pénurie de main‑d’œuvre, travail des enfants, salaire minimum, pour ne nommer que ceux-là. Ces ministres ont un rôle extrêmement important : ils s’occupent de ce qui fait véritablement tourner le Québec, soit le travail des Québécoises et des Québécois. »

 Sur la reconduction de Sonia LeBel au Trésor
« La reconduction de Sonia LeBel dans un poste névralgique comme au Conseil du trésor est importante, surtout en ce qui a trait aux négociations à venir des 170 000 membres représentés par la CSN dans le secteur public. Souhaitons que Mme LeBel se mette rapidement en mode écoute, et comprenne que nos membres sont en droit d’obtenir des conditions de travail et salariales à la hauteur des services qu’ils rendent à la population. Ce qui avait tardé lors de la négociation avec les travailleuses des CPE. »

Sur la reconduction de Christian Dubé à la Santé
« Le ministre Dubé reconnaît lui-même les énormes enjeux du réseau de la santé et des services sociaux, lui qui s’est engagé à en faire un employeur de choix – ce que nous n’oublierons pas. Espérons qu’il sera à même de mettre en chantier ses engagements afin de rendre le réseau attrayant et sécuritaire, à la fois pour celles et ceux qui y travaillent et pour toutes les personnes qui y sont soignées. Ça doit commencer par un réinvestissement majeur dans le réseau, et la CSN s’attend à continuer à faire partie des réflexions et des travaux qui en découleront. »

Sur les nominations de Bernard Drainville à l’Éducation et Pascale Déry à l’Enseignement supérieur
« En éducation et en enseignement supérieur, les défis sont immenses et prioritaires, à la hauteur de l’importance de ces dossiers pour la société québécoise. M. Drainville et Mme Déry auront beaucoup à apprendre et devront faire bien mieux que leurs prédécesseurs. S’ils veulent bien faire fonctionner le réseau, ils devront s’occuper des êtres humains qui y travaillent. Aussi, la CSN en profite pour saluer la décision de maintenir ces deux ministères séparés et s’attend à être consultée régulièrement par ceux-ci. »

 Sur la reconduction de Benoit Charette à l’Environnement, la Faune et les Parcs 
« La CSN demande à Benoit Charette que la mise en place de mesures de transition juste s’accélère, comme l’a fait le gouvernement fédéral la semaine dernière quand il a annoncé un investissement majeur pour décarboner Rio Tinto à Sorel. L’environnement et l’économie y gagnent, les travailleuses et travailleurs aussi. Des mesures d’aide pour une transition énergétique respectueuse de celles et de ceux qui y œuvrent est requise au plus vite, sinon on manquera le train et il sera trop tard. Et il n’y a pas d’emplois sur une planète morte. »

À propos de l’Énergie, maintenant sous le ministère de l’Économie
« Attention à la concentration de pouvoir : un ministère de l’Énergie à vocation un peu plus économique n’est pas une mauvaise chose en soi. Mais un “virage vert” avec une multitude de projets énergivores, comme souhaité par le gouvernement, serait une erreur pour le Québec, tant que ne sont pas priorisés les objectifs climatiques. »

À noter : réaction CSN plus élaborée à venir sous peu pour les dossiers éducation et santé.

Les employé-es de soutien du réseau collégial unis pour l’amélioration de conditions de travail

C’est de façon concertée que les organisations syndicales représentant les 12 000 employé-es de soutien du réseau collégial, soit la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ) et le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ), déposent aujourd’hui et demain leurs demandes sectorielles aux représentantes et représentants de leur employeur en vue de la prochaine négociation du secteur public.

Elles sont parmi les premières organisations syndicales du Front commun à présenter leurs revendications sectorielles pour l’amélioration des conditions de travail de leurs membres.

« Cette négociation sera majeure pour les services dans le réseau collégial. Les problèmes récurrents d’attraction et de rétention du personnel de soutien des cégeps et la surcharge de travail inhérente à cette situation compliquent le travail partout. Nous avons donc voulu unir nos forces en nous coordonnant sur certaines revendications telles que l’importance d’augmenter la contribution de l’employeur au régime d’assurance maladie, l’importance de convenir de balises entourant le télétravail, l’accès à plus de jours fériés et de jours de vacances, pour ne nommer que celles-ci », observe Riccardo Pavoni, président du Secteur soutien cégeps de la FEESP–CSN.

Ces problèmes ne se présentent pas uniquement lors des rentrées collégiales, où on en entend davantage parler. C’est un enjeu structurel, vécu à l’année longue par le personnel de soutien des cégeps. Valérie Fontaine, présidente de la FPSES-CSQ, soutient que les problèmes de pénurie de main-d’œuvre, de retards salariaux et d’attraction et de rétention du personnel seront au cœur de la négociation. « L’amélioration de nos conditions de travail est nécessaire et urgente pour nos membres, mais également pour notre réseau collégial, qui doit offrir des emplois de soutien de qualité si l’on veut mettre fin au manque de personnel. »

Cette situation fait en sorte qu’inévitablement, la qualité des services offerts aux étudiantes et aux étudiants en pâtit. Pour éviter que la situation ne s’aggrave, la solution est simple : accorder les ressources financières nécessaires à l’amélioration concrète des conditions de travail du personnel de soutien, car travailler dans le secteur public, ce n’est tout simplement plus attractif.

« L’attraction et la rétention du personnel ne sont pas seulement des enjeux patronaux, mais bien des enjeux syndicaux! La charge de travail sur nos membres est de plus en plus importante et on ne peut pas se permettre de perdre davantage de salarié-es. La valorisation du personnel passe par l’amélioration des conditions de travail. Le déploiement de l’ensemble des services postsecondaires en dépend », termine Marie-Claude Arbour du SCFP-FTQ.

Pour plus d’informations :

FEESP-CSN
Eve-Marie Lacasse, 514 809-7940

FPSES-CSQ
Claude Girard, 514 237-4432

SCFP-FTQ
Lisa Djevahirdjian, 514 831-3815

La violence au travail, c’est inacceptable!

Aujourd’hui et demain, à l’Hôtel Gouverneur de Trois-Rivières, le Secteur scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) tient le premier colloque entièrement dédié à la problématique de la violence envers le personnel de soutien dans les écoles primaires et secondaires du Québec, ainsi que dans les centres de formation.

Rappelons que, en septembre dernier, à la suite d’une importante récolte de données auprès des syndicats du secteur scolaire, la FEESP–CSN prenait la parole dans les médias pour dénoncer haut et fort la violence verbale et physique subie par les employé-es de soutien du réseau de l’Éducation Le-personnel-de-soutien-des-ecoles-particulierement-expose-a-la-violence.

« Nous savions que la situation était préoccupante, mais les chiffres obtenus ont révélé toute l’ampleur du problème. Maintenant, il faut agir. Et agir vite. Le premier pas, c’est de cesser de banaliser les gestes violents auxquels sont exposés les travailleuses et les travailleurs et c’est ce que nous faisons avec ces deux journées de réflexions et de discussions », affirme Annie Charland, présidente du Secteur scolaire de la FEESP–CSN.

Des présentations de conseillères scientifiques de l’lnstitut national de santé publique du Québec (INSPQ) et de personnes conseillères syndicales de la CSN, notamment sur les facteurs de risques psychosociaux et la prévention de la violence en milieu de travail, viendront mettre la table pour une discussion large qui permettra aux participantes et aux participants de partager leurs expériences vécues et d’aborder différentes pistes de solution.

« Se faire insulter, humilier, mordre, pousser, frapper, alors qu’on tente simplement d’effectuer son travail, ce n’est pas normal! Nous devons tout faire pour protéger le bien-être et la santé mentale des employé-es de soutien qui accompagnent nos enfants au quotidien dans leur parcours scolaire. La CSN évoque cet enjeu dans ses Orientations en éducation et, aujourd’hui et demain, le Secteur scolaire de la FEESP–CSN poursuit le travail en ce sens », conclut Frédéric Brun, vice-président de la Fédération des employées et employés de services publics.

Entente de principe à l’usine TLD de Sherbrooke

Les travailleuses et travailleurs de l’usine TLD de Sherbrooke ont entériné une nouvelle convention collective, après une grève de neuf jours, lors d’une assemblée générale le 8 octobre 2022. Le nouveau contrat de travail prévoit des augmentations salariales d’un minimum de 20,5 % au cours des quatre prochaines années en fonction de l’IPC (« indice des prix à la consommation ») et selon le titre d’emploi. Les employé.es obtiennent également une journée additionnelle de congé personnel ainsi qu’une sixième semaine de vacances après 20 ans de service. Finalement, le régime de retraite sera bonifié de 1 % pendant la durée de la convention. 93 % des membres du syndicat ont voté en faveur de l’entente.

Sans contrat de travail depuis avril 2022, rappelons que les travailleuses et les travailleurs de l’usine TLD, spécialisée dans la fabrication d’équipement aéroportuaire, avaient entrepris leur débrayage le 19 septembre dernier.

« Sans la solidarité des travailleuses et des travailleurs, il aurait été impossible pour le comité de négociation syndical d’obtenir une entente aussi satisfaisante », affirme M. Jamieson Savard, président du syndicat des travailleuses et des travailleurs de TLD–CSN. M. Savard rappelle que « les premières propositions patronales ne permettaient pas à tous les syndiqué.es d’obtenir un rattrapage salarial. En constatant la détermination de nos membres durant les neuf jours de grève, la partie patronale n’a eu d’autre choix que de bonifier son offre ! »

« Dans un contexte d’inflation et de pénurie de main-d’œuvre, il était temps que l’employeur hausse les salaires et améliore le régime de retraite et les congés personnels », déclare Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie. « Les gains obtenus, notamment la hausse salariale d’au moins 9 % dès la première année, démontrent, selon M. Beaudin, que la solidarité syndicale est toujours le moyen le plus efficace pour les travailleuses et les travailleurs d’améliorer leurs conditions. La CSN-Estrie félicite les syndiqué.es de l’usine TLD pour leur mobilisation exemplaire ! »

Lancement de la négociation en santé et services sociaux : des solutions pour épauler le personnel

Les délégué-es de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) ont rendu visite au bureau du député caquiste Sébastien Schneeberger pour le lancement de la négociation dans le réseau de la santé et des services sociaux. Alors que le personnel du réseau est à bout de souffle, la plus grande organisation syndicale du secteur propose plusieurs solutions pour améliorer la situation.

Le nouveau gouvernement doit changer de ton et se mettre en mode écoute
Dans son précédent mandat, le gouvernement Legault a malheureusement misé sur une gestion autoritaire, minant le moral du personnel du réseau de la santé et des services sociaux. Pour la FSSS–CSN, le gouvernement nouvellement élu doit changer sa stratégie pour parvenir à régler la crise qui sévit dans le réseau. La pandémie et le manque de personnel continuent de faire mal à ses travailleuses et ses travailleurs et il est urgent d’implanter des solutions novatrices.

« Les enjeux de santé et de services sociaux ont été au cœur de la campagne électorale et le nouveau gouvernement doit prendre acte que la population s’attend à ce qu’il prenne soin du personnel du réseau. C’est grâce à leurs efforts qu’on a réussi à faire face à la pandémie. Mais les travailleuses et les travailleurs ne pourront tenir éternellement si on ne les aide pas. Avec ce nouveau mandat qui commence, on espère que le gouvernement laissera derrière lui la gestion autoritaire et qu’il sera ouvert à entendre les solutions que le personnel met de l’avant », lance Réjean Leclerc, président de la FSSS–CSN.

Des revendications syndicales pour améliorer les conditions de travail seront bientôt déposées
Les travailleuses et les travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux membres de la FSSS–CSN ont été consultés en assemblée générale dans les dernières semaines. Rassemblés en instance cette semaine, les délégué-es en sont maintenant à adopter les revendications qui seront dans le dépôt sectoriel. Ces revendications visant à améliorer les conditions de travail seront déposées au gouvernement à la fin du mois d’octobre 2022. Elles portent sur cinq grandes orientations rassembleuses : humaniser les soins et les services, valoriser le personnel et rehausser le sentiment d’appartenance, régler les iniquités et les problèmes de justice, prendre soin des travailleuses et des travailleurs et enfin, miser sur les services publics et la décentralisation.

« Le gouvernement doit prendre le bon bord, celui du personnel de la santé et des services sociaux. Pour ça, il aurait tout avantage à prendre en compte nos revendications pour améliorer les conditions de travail ! C’est ça qu’il nous faut, autant pour attirer la relève que pour convaincre celles et ceux qui œuvrent dans le réseau d’y rester. Mieux prendre soin des travailleuses et des travailleurs du réseau est la clé pour humaniser les soins et les services ! », de conclure Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS–CSN.

Résultats des élections québécoises : le travail ne fait que commencer

Alors que le gouvernement de la CAQ vient d’être porté au pouvoir avec 40 % des votes – un taux modeste si on le compare au nombre de sièges obtenus – la CSN félicite les personnes élues, assure qu’elle collaborera avec le gouvernement, mais insiste sur le fait que le travail ne fait que commencer.

« Le nouveau gouvernement Legault doit écouter réellement ce que les travailleuses et les travailleurs du Québec ont à dire. La plupart des cafouillages du premier mandat de la CAQ ont été le résultat d’une déconnexion entre les décideurs et la réalité quotidienne de la majorité de la population. On ne se contentera pas d’un gouvernement qui veut ‘continuer’. Continuer avec des ruptures de services en santé? Des écoles sans personnel? Des hôpitaux et des écoles vétustes, du personnel soignant, enseignant et de soutien dans un état plus qu’inquiétant? », affirme Caroline Senneville, présidente de la CSN.

Et ce, sans parler des pénuries de main-d’œuvre, tant au public qu’au privé. « Toutes celles et ceux qui donnent des services, éduquent, soignent, construisent, produisent le nécessaire pour répondre aux besoins de la population, méritent qu’on s’occupe enfin d’elles et d’eux. Le gouvernement, à titre de plus grand employeur au Québec, doit donner l’exemple. Il aura l’occasion de le faire avec la négociation du secteur public qui s’amorce dans quelques semaines », croit la présidente.

Santé et services sociaux : pour un réseau public décentralisé à l’écoute de ses travailleurs
La priorité du nouveau gouvernement devrait être de remettre sur pied les réseaux publics qui sont malmenés depuis trop longtemps. Ce qui veut dire réinvestir massivement, mais également résister à l’attrait du privé : la santé, les services sociaux, mais aussi les services de garde éducatifs doivent redevenir 100 % publics, un gage de services de qualité, où les personnes passent avant les profits. « Le réseau de la santé doit être repensé dans sa globalité : décentralisé et réhumanisé. La reconnaissance du personnel est primordiale, tout comme l’amélioration des conditions de travail », ajoute Mme Senneville.

En éducation et enseignement supérieur
Malgré les slogans maintes fois répétés par le gouvernement nouvellement réélu de « faire de l’éducation sa priorité absolue », force est de constater que les enjeux qui touchent à l’enseignement supérieur, notamment son mode de financement, figurent parmi les grands absents de cette campagne électorale. « On a besoin de deux ministres investis, engagés, ouverts au réel dialogue et qui auront à cœur la réussite éducative. On demande aussi des ressources pour améliorer les conditions de travail au profit des étudiantes et des étudiants », affirme Caroline Senneville.

Environnement et transition juste
Sans oublier l’enjeu primordial qui est sur toutes les lèvres : l’environnement. Pour les travailleuses et les travailleurs, il est urgent que le gouvernement mette en place une transition environnementale juste, c’est-à-dire l’accompagnement des entreprises ainsi que de ceux et celles qui y œuvrent qui verront leur emploi changer ou disparaître à cause de la crise climatique. Parce qu’il n’y aura pas d’emplois sur une planète morte », de conclure la présidente.

Baisses d’impôts : le chant des sirènes

Lettre ouverte de Caroline Senneville, présidente de la CSN

Chaque campagne électorale apporte son lot de promesses ; certaines sont structurantes, d’autres plus électoralistes. Malheureusement, comme celle qui s’achève et d’autres avant elle, les campagnes ont un autre point en commun : celui de promettre des baisses d’impôts, sous prétexte que les finances du gouvernement sont en bonne santé. Tel un chant de sirène qui piège celui ou celle qui l’écoute, baisser les impôts est une fausse bonne idée, une illusion d’opulence bien éphémère, alors que le Québec a tant besoin que soient investies des sommes pour une population en meilleure santé, que ce soit du point de vue physique, psychologique, social ou même économique. Alors que le jour du vote approche à grands pas, il est nécessaire, encore une fois, de tirer la sonnette d’alarme.

Si les finances québécoises se portent bien, il en va tout autrement des réseaux comme ceux de la santé et de l’éducation. C’est répété ad nauseam sur toutes les tribunes depuis des années : les hôpitaux et les écoles sont vétustes, le personnel soignant et enseignant est dans un état plus qu’inquiétant, et dans tous les milieux, le personnel manque à l’appel. La pénurie de main-d’œuvre est immense et les services se détériorent chaque jour un peu plus. Cette situation est aussi choquante qu’irresponsable. Avons-nous oublié qu’il y a quelques mois à peine, nous avons eu besoin de l’armée dans nos CHSLD ? Que les gens y mouraient de soif, faute de personnel ?

Après des années à sabrer les services publics, et à quelques jours des élections, on nous promet quelques centaines de dollars dans nos poches alors que mis ensemble, ces montants pourraient servir à former du personnel qualifié dans les milieux qui en ont le plus besoin, qu’ils soient publics ou privés. Nous pourrions aussi nous offrir la gratuité scolaire aux cycles supérieurs, des mesures d’aide pour le milieu culturel et une transition environnementale juste, c’est-à-dire l’accompagnement des entreprises ainsi que des travailleuses et des travailleurs qui verront leur emploi changer ou disparaître à cause de la crise climatique. Et bien sûr, nous pourrions réinvestir massivement dans nos réseaux publics, de la petite enfance à la fin de la vie.

Entendons-nous bien : la CSN n’est absolument pas contre les mesures d’aide, mais encore faut-il que celles-ci visent celles et ceux qui en ont le plus besoin. Quand le tiers des Québécoises et Québécois ne paie pas d’impôts faute de revenus suffisants, celles et ceux qui en bénéficieraient le plus ne profiteront pas de la mesure. C’est le monde à l’envers !

En tant qu’organisation syndicale, nous devons nous mobiliser pour demander des mesures qui tiendront compte des différents enjeux pour les travailleuses et les travailleurs. Ce que nous demandons, c’est de rendre nos services publics plus attractifs, avec des conditions donnant aux personnes qui y œuvrent jour après jour le goût d’y rester, ou le goût de s’y joindre. Il faut prendre soin du monde qui prend soin du monde. Afin que ces personnes puissent continuer à offrir les meilleurs services à une population qui en a tant besoin.

En tant que première grande centrale syndicale centenaire au Canada, nous osons dire qu’il est loufoque d’entendre des promesses de baisses d’impôts au moment où l’on place quatre personnes par chambre en CHSLD, où il faut patienter un minimum de deux ans au public pour voir un psychologue, où la rentrée scolaire est synonyme de manque de profs, d’orthopédagogues, de chauffeurs d’autobus, d’éducatrices, d’adjointes et j’en passe.

Ce dont la grande majorité de la population a besoin en ce moment, c’est de services publics viables et accessibles. Mais aussi de conditions de travail dignes et satisfaisantes et d’une planète dont on se soucie. C’est ce que veulent les personnes en attente d’une chirurgie reportée, et ce que souhaitent les parents qui courent depuis des années après des services professionnels pour leur enfant. Pas de quelques dollars de plus.

Des gains importants pour les travailleuses et les travailleurs de la CDPDJ

Les travailleuses et les travailleurs de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) étaient réunis en assemblée générale pour adopter l’entente de principe touchant l’unité générale. Ce sont 99 % des membres présents à l’assemblée qui ont voté en faveur de l’entente de principe intervenue avec l’employeur.

Le syndicat a obtenu des gains importants pour améliorer les conditions de travail, dont la gestion autonome de l’horaire de travail, la possibilité de faire des semaines de 35 heures en quatre jours, plusieurs mesures pour contrer la surcharge de travail ainsi que des améliorations pour les congés. Le syndicat a aussi obtenu la parité avec le secteur public pour les augmentations salariales, les montants forfaitaires et la fin de la convention collective. À cela s’ajoute également une augmentation de la participation de l’employeur aux primes d’assurance maladie.

« Il aura fallu nous mobiliser grandement pour parvenir à obtenir une bonne entente. Les gains de cette négociation nous permettent d’atteindre nos objectifs, de moderniser les conditions de travail des personnes salariées de la CDPDJ et de les adapter à la réalité d’aujourd’hui », explique Kathrin Peter, présidente du Syndicat des employé-es de la CDPDJ.

C’est maintenant le temps de régler pour les conseillères et les conseillers juridiques
Si l’unité générale est parvenue à une entente, ce n’est pas le cas pour les conseillères et les conseillers juridiques de la CDPDJ. Plus de deux ans après l’échéance de leur convention collective, le syndicat incite l’employeur et le Conseil du trésor à mettre tous les efforts nécessaires afin de parvenir à un règlement sans délai. Pour les conseillères et les conseillers juridiques, le syndicat demande la parité avec les autres groupes de juristes du secteur public.

Le Front commun s’élargit avec l’adhésion de l’APTS

Alors qu’une nouvelle ronde de négociations pour le renouvellement des conventions collectives du secteur public s’amorce, le Front commun est fier d’annoncer que l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) joint ses rangs aux côtés de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Le Front commun représente maintenant plus de 420 000 travailleuses et travailleurs pour négocier d’une seule voix avec le prochain gouvernement.

« L’arrivée de l’APTS au sein du Front commun démontre la vigueur des liens de solidarité qui unissent nos organisations ainsi que notre détermination à obtenir de meilleures conditions salariales et de travail afin d’améliorer le niveau de vie de nos membres et d’assurer à la population québécoise des services publics accessibles et de qualité », annonce Robert Comeau, président de l’APTS.

« Nous sommes fiers de l’adhésion des travailleuses et travailleurs de l’APTS au Front commun. Pour nos organisations, cette nouvelle ronde de négociations sera la première occasion pour le prochain gouvernement du Québec de donner un nouveau souffle à tous nos réseaux publics, gravement mis sous pression par la pénurie de main-d’œuvre et par la pandémie. Des salaires largement bonifiés ainsi que de meilleures conditions de travail et de pratique seront des éléments clés pour attirer la relève et retenir l’expertise des personnes salariées », poursuivent les chefs syndicaux, François Enault, premier vice-président de la CSN et responsable de la négociation du secteur public et parapublic, Éric Gingras, président de la CSQ et Daniel Boyer, président de la FTQ.

Le Front commun dévoilera ses revendications pour relever ces défis au moment de les déposer au Conseil du trésor cet automne. Rappelons que les conventions collectives viendront à échéance le 31 mars 2023.

Petite enfance : le plus gros syndicat du secteur réclame des places de qualité et subventionnées

En vue des élections du 3 octobre prochain, la FSSS–CSN dévoile ses revendications afin de permettre aux parents d’avoir accès à une place de qualité en service de garde.

Pour nos enfants : des places de qualité, une priorité!
Déjà en 2020, la vérificatrice générale soulignait que l’offre de places subventionnées était insuffisante pour répondre aux besoins des familles du Québec. Elle soulignait également que les familles qui ne peuvent en bénéficier payent plus cher pour un service dont la qualité n’est pas nécessairement au rendez-vous (Rapport 2020). Les différentes études et recherches scientifiques sont unanimes et les chiffres parlent d’eux-mêmes : le ministère de la Famille a lui-même indiqué que pour un même financement, la qualité est 30 % supérieure dans les CPE (à but non lucratif) que pour les garderies privées subventionnées (à but lucratif). D’ailleurs, les garderies privées font six fois plus l’objet de plaintes que leur homologue en CPE et en milieu familial. On sait également que les garderies privées non subventionnées (GNS) reçoivent année après année un nombre bien supérieur de plaintes que les CPE et les milieux familiaux, surtout en ce qui concerne le personnel éducateur ainsi que de la sécurité et la santé des enfants (IRIS, 2021).

Sachant que ce facteur de la qualité a des effets à long terme sur le développement des enfants, le choix devient évident. Pour Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS : « Nous souhaitons tous le meilleur pour nos enfants, il est donc impératif de créer de nouvelles places rapidement, mais que chacune d’entre elles soit en CPE ou milieu familial régi et subventionné. Une transition graduelle des services de garde privés vers le subventionné, en format CPE ou RSGE, permettrait d’instaurer un système de qualité vraiment universel. On pourrait ainsi s’assurer que les services répondent aux critères espérés, et ce, autant pour les enfants, les parents, que pour les travailleuses en CPE et RSGE. »

Financer directement les parents : un leurre
À notre avis, l’approche consistant à financer directement les parents pour qu’ils trouvent une place à leur enfant représente une vision à court terme qui ne fait qu’accentuer le problème de manque de place de qualité accessible. « Afin que chaque enfant puisse avoir une place, l’argent ne doit pas être redirigé, mais bien investi dans le réseau afin de développer des places en CPE et d’attirer des RSGE en milieu familial ou en communauté offrant le tarif réduit. L’éducation à la petite enfance doit demeurer la priorité, afin de pérenniser nos services. Tout le monde y gagnerait » de terminer Lucie Longchamps.

Négociations à l’UQAR : les chargé-es de cours veulent une offre salariale

« Après plus d’une quinzaine de séances de négociation en un an, les pourparlers sont très lents et ardus. La partie patronale demeure pratiquement muette sur des enjeux importants comme la formation à distance, la recherche et les bourses de recherche et la retraite, par exemple. Plus important encore, elle refuse de s’avancer sur le salaire qu’elle compte offrir aux chargés de cours malgré le fait qu’elle s’était engagée formellement à le faire. L’inflation fait très mal aux personnes chargées de cours dont beaucoup vivent déjà dans un contexte de précarité d’emploi. L’UQAR doit préciser si elle prend cette situation au sérieux et mettre au grand jour ce qu’elle compte faire pour éviter l’appauvrissement des personnes chargées de cours. Il est aussi plus que temps que le comité de négociation patronale se dote d’un véritable mandat afin d’en arriver à une entente négociée », souligne Hélène Montreuil, présidente du Syndicat des chargés et chargées de cours de l’UQAR (SCCCUQAR–CSN).

Les personnes chargées de cours, qui dispensent 60 % des cours donnés par l’établissement, veulent plus de reconnaissance de la part de l’employeur.

D’autres syndicats universitaires unis dans la lutte
La négociation à l’UQAR est coordonnée avec celles qui se déroulent dans plusieurs autres universités québécoises, où les chargés-es de cours partagent les mêmes préoccupations. « Le SCCCUQAR–CSN n’est pas seul dans son combat. Nous sommes fiers de lui offrir la solidarité et l’appui de tout le regroupement université de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) », précise Christine Gauthier, vice-présidente de la FNEEQ–CSN et responsable du regroupement université.

« Les directions d’universités doivent faire de la reconnaissance des personnes chargées de cours leur priorité. Je me désole que la déconsidération à l’égard de ces personnes clés dans les murs de nos universités soit à l’image du peu d’importance accordée à l’enseignement supérieur en général dans la présente campagne électorale. Pour l’avenir du Québec, les politiciens devraient peut-être commencer par donner l’exemple », ironise Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQ–CSN.

D’ici les fêtes, les parties n’ont réussi qu’à fixer six rencontres de négociation. « Les agendas de l’équipe syndicale sont ouverts afin d’accélérer la cadence et en arriver à une entente rapidement », conclut Hélène Montreuil.

Solidaires de la manifestation devant le pavillon de l’UQAR à Lévis

  • Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université Laval (SSCCCUL)
  • Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université de Montréal (SCCCUM)
  • Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université du Québec à Chicoutimi (SCCCUQAC)
  • Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université du Québec à Rimouski (SCCCUQAR)
  • Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (SCCCUQAT)
  • Syndicat des chargées et chargés de cours à l’Université du Québec en Outaouais (SCCC-UQO)
  • Syndicat des chargé-es de cours de l’éducation aux adultes de l’Université Concordia (SCCEAUC)
  • Syndicat des chargé-es de cours de l’École de technologie supérieure – Service des enseignements généraux (SCCÉTS-SEG)
  • Syndicat des chargé(e)s de cours et instructeur(trices) de McGill (SCCIM)
  • Syndicat des professeures et professeurs enseignants de l’UQAM (SPPEUQAM)
  • Syndicat des tuteurs et des tutrices de la Télé-université (STTTU)

En action pour une transition juste et écologique

Des mobilisations climatiques s’organisent à travers le monde ce vendredi 23 septembre et plusieurs de nos fédérations, conseils centraux et syndicats y participent. Les effets de la crise climatique se font déjà sentir dans plusieurs secteurs d’emploi, et nous avons donc plus que jamais un devoir de nous mobiliser pour une transition énergétique juste et de défendre les principes de notre charte de l’environnement.

Nous vous invitons à vous joindre à la contingence CSN de votre région ou à préparer une action dans votre milieu de travail, ou à contacter votre conseil central pour en apprendre plus sur les activités qui s’organisent dans votre région.

  • Cœur-du-Québec
    13 h, UQTR – Cubes, Trois-Rivières
  • Estrie
    13 h, parc Jacques-Cartier, Sherbrooke
  • Lanaudière
    13 h 30, parc Laurier, L’Assomption
  • Montréal
    13 h, Monument à George-Étienne Cartier (à droite du monument, côté Mont-Royal), Montréal
  • Québec
    11 h 30, dîner devant le 155 boulevard Charest Est, Québec
    13 h, rassemblement au parc des Braves, Québec

Le plus important syndicat du milieu de la santé annonce ses revendications

En vue des élections du 3 octobre prochain, la FSSS–CSN dévoile ses revendications afin de permettre au réseau de la santé et des services sociaux de regagner la confiance de la population et de ses salarié-es. Ces revendications représentent à nos yeux des solutions concrètes à la crise actuelle.

Un système 100 % public
En santé, l’intérêt général de la population doit primer. C’est pourquoi nous croyons que le financement, la gestion ainsi que l’offre de soins et services doivent être à 100 % public, afin de servir le bien commun. D’ailleurs, les CLSC ont levé la main pour dire qu’ils peuvent en faire plus. Nous croyons qu’ils doivent reprendre leur place centrale en première ligne. C’est le meilleur moyen de donner accès à des services de qualité et de proximité. Toute autre option que le public aurait comme conséquence de créer un système à deux vitesses ou encore de faire payer les contribuables pour les profits des entreprises privées.  En effet, les services offerts par le privé coûtent plus cher, car il doit y avoir une marge de profit pour que cela soit rentable. Même si c’est le gouvernement qui paye via la carte soleil, finalement c’est la société qui paye et ce n’est pas ce que nous voulons.

De meilleures conditions
On a vu récemment plusieurs cas de professionnel-les de la santé quitter le public pour le privé où ils avaient de meilleures conditions, cet exode contribuant directement à l’augmentation des listes d’attente au public. Pour la FSSS–CSN, les employé-es du public méritent mieux et nous revendiquons que leurs conditions soient revues. Cela implique naturellement de meilleurs salaires, mais aussi une vision globale de la santé des usagers. Pour Réjean Leclerc, président de la FSSS–CSN « les gens qui travaillent en santé le font avec cœur, mais s’ils doivent travailler comme sur une chaîne de montage, il y a une perte de sens. Les soins doivent impérativement être re-humanisés. Ça passe aussi par la collaboration entre les différents secteurs et la pleine utilisation des compétences de chacun. »

Une plus grande contribution des personnes concernées
Une autre revendication incontournable est celle d’une plus grande contribution de la population et du personnel quant aux décisions de gestion et d’organisation des soins et services. Ce sont eux les mieux placés pour proposer les meilleures solutions, puisque c’est la réalité de leur milieu et qu’ils en vivent les impacts directs. Une décentralisation de l’organisation des soins et services est nécessaire afin de prendre en considération les réalités locales et d’avoir un meilleur accès aux services. Cette manière de faire favoriserait également la prévention et les actions sur les déterminants sociaux de la santé, qui sont beaucoup plus rentables socialement et économiquement que le strict curatif.

Transport scolaire à Sherbrooke : il est minuit moins une

Les 150 conductrices et conducteurs d’autobus scolaires syndiqués à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et travaillant auprès des élèves du Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSSRS) dénoncent l’iniquité du gouvernement envers leur région. L’entente intervenue le 25 août dernier entre le gouvernement, la Fédération des transporteurs par autobus et certains transporteurs scolaires prévoit un montant supplémentaire d’environ 4 000 $ par circuit pour les régions de Montréal, de la Montérégie, de Laval, des Laurentides et de Lanaudière, mais pas pour l’Estrie.

Les quatre transporteurs syndiqués à la CSN ont informé les syndicats que s’ils n’obtiennent pas le même 4 000 $ par circuit dans leurs contrats respectifs avec le CSSRS, ils cesseront leurs services, et ce, dès le 26 septembre. Cette situation ne sera pas sans occasionner la mise à pied des salarié-es pour une période indéterminée.

« Nous appuyons les transporteurs dans leurs actions, car il n’y a aucune raison logique qui justifie cette injustice envers le transport scolaire à Sherbrooke. La valeur des contrats est la même à Sherbrooke que dans les autres régions, qui ont pourtant reçu la bonification de 4 000 $ par circuit. Et comme partout au Québec, les difficultés d’attraction et de rétention des conductrices et des conducteurs d’autobus scolaires sont bien présentes, affirme Josée Dubé, présidente du secteur Transport scolaire de la FEESP–CSN. Sans ces montants, les transporteurs auront plus de difficulté à augmenter les salaires de nos membres pour demeurer concurrentiels sur le marché de l’emploi. Cela risque d’accentuer les bris de services et les retards en raison de la pénurie de conductrices et de conducteurs que nous vivons sur le territoire du CSSRS. Rappelons que notre salaire annuel moyen avoisine actuellement les 20 000 $. »

« Bien entendu, nous sommes de tout cœur avec les familles qui vivront un stress supplémentaire en raison de l’absence de transport scolaire. Toute cette situation aurait pu être évitée si le gouvernement avait prévu des sommes équitables pour l’ensemble des régions. Il est totalement illogique de donner moins aux élèves de Sherbrooke qui auront droit au même transport scolaire fiable et sécuritaire que ceux des autres régions », mentionne Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie—CSN.

« Pour nous, le danger d’accentuer la pénurie de conductrices et de conducteurs à Sherbrooke est bien réel. Chaque journée qui passera sans transport scolaire nous rapprochera du point de non-retour. Celles et ceux qui quitteront leur emploi pour s’en trouver un autre ne reviendront pas. Et comme notre milieu n’est pas attractif, il n’y a pas de relève. Si les mises à pied durent, les dommages pourraient être irréparables », conclut Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP–CSN

À propos   

Le secteur du transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) regroupe 63 syndicats totalisant plus de 3 000 conductrices et conducteurs de véhicules scolaires travaillant dans une dizaine de régions administratives du Québec. La FEESP–CSN compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics.   

Grève à l’usine TLD de Sherbrooke

Sans contrat de travail depuis le premier avril 2022, les travailleuses et travailleurs de l’usine TLD, spécialisée dans la fabrication d’équipement aéroportuaire, se sont réunis en assemblée générale le 18 août dernier et se sont munis d’une banque de 15 jours de grève à utiliser au moment jugé opportun. Le syndicat avait décidé de laisser la chance à l’employeur de bonifier ses offres lors de la dernière journée de négociation qui s’est tenue le 14 septembre dernier. À la suite de l’impasse qui persiste, les membres exerceront donc trois journées de grève à compter de 7 h le lundi 19 septembre devant l’usine, rue Cabana. 

Pas de débouché à la table de négociation 

Un des enjeux principaux de la négociation est bien évidemment le salaire. Malgré ce qui est présentement offert, des iniquités subsistent entre les salariés « Bien que tout le monde subit les mêmes augmentations du coût de la vie, l’employeur continu à nous présenter des offres qui sont inéquitables entre les membres. De plus, beaucoup de personnes avec de l’expertise quittent le navire pour aller travailler ailleurs, explique Jamieson Savard, président du syndicat des travailleuses et travailleurs de TLD-CSN. Certaines personnes ont quitté l’usine pour d’autres entreprises avec un salaire supérieur de 3 $ à 9 $ de l’heure au bas de l’échelle. » 

Le syndicat ne peut concevoir qu’une entreprise d’envergure internationale comme TLD n’offre qu’un régime de retraite ridicule, dans les plus bas du marché. « Le régime qui est actuellement en place ne nous assure que d’une chose à la retraite : la pauvreté ! Nous méritons un peu plus d’égard et de reconnaissance de la part de notre employeur », poursuit M. Savard. 

Nul n’est sans savoir que le coût de la vie a augmenté de manière phénoménale ces derniers temps et qu’à court terme, il continuera sa croissance. Pour le conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE-CSN), il est impératif d’offrir des emplois de qualité dans la région. « La pérennité d’une entreprise en 2022 passe par la rétention de la main-d’oeuvre. Pour ce faire, il faut impérativement être concurrentiel. On ne peut se permettre d’offrir des salaires non compétitifs, un régime de retraite inadéquat ainsi qu’un nombre de congés personnels qui ne permet pas une vie décente », conclut Denis Beaudin, président du CCSNE-CSN. 

TLD fabrique notamment des tracteurs et des convoyeurs à bagages.

Grève générale dans les centres de communication santé

Les répondantes et répondants médicaux d’urgence (RMU) ainsi que le personnel administratif d’Urgences-santé seront en grève à compter de cette nuit, pour une durée indéterminée. Le mouvement de grève touche également les centres de communication santé de la Capitale-nationale et celui de l’Estrie.

Sans convention collective depuis le 31 mars 2020, les RMU sont notamment les personnes qui prodiguent les premiers soins par téléphone dans des moments cruciaux, par exemple en donnant les instructions pour amorcer des manœuvres de réanimation, en cas d’étouffement ou encore pour préparer un accouchement, en attendant l’arrivée de l’ambulance ou des premiers répondants. Maillon tout aussi essentiel au sein d’Urgences-santé, les employé-es de bureau assurent pour leur part tout le soutien administratif. Ils voient, entre autres, à combler les effectifs des paramédics, des employé-es de soutien et des RMU. Ils œuvrent à l’informatique, à l’entretien général, aux compte-clients et à la facturation, ainsi qu’aux services des salaires et des ressources humaines.

Les RMU doivent se conformer aux dispositions concernant les services essentiels dans leurs moyens de pression. Parmi les exemples de moyens acceptés par le Tribunal administratif du travail, notons que le personnel en grève ne remplira plus certains documents ou cessera d’utiliser certains protocoles de communication. De plus, l’employeur devra tenter de combler les quarts de travail en heures supplémentaires en ayant d’abord recours au personnel-cadre avant d’imposer du « temps supplémentaire obligatoire » (le fameux TSO) aux salarié-es.

Les négociations achoppent sur les enjeux à incidence financière, notamment en ce qui concerne les augmentations de salaire ainsi que les mesures pour attirer et pour retenir le personnel dans les centres de communication santé. Rappelons que les syndicats des RMU ont déposé une proposition globale de règlement cohérente avec les paramètres du règlement intervenu dans la négociation de leurs collègues paramédics. Dans tous les centres de communication santé, on peine actuellement à trouver assez de travailleuses et de travailleurs pour offrir les services. Les recours au TSO ne sont plus du tout l’exception.

« Nous sommes vraiment au bout du rouleau, dénonce la présidente du Syndicat des employé-es d’Urgences-santé–CSN, Anick Bélanger. Il faut poser des gestes concrets maintenant afin de rendre l’emploi de RMU plus attrayant, plus intéressant. Malheureusement, il semble que pour le Conseil du trésor, le ministère de la Santé et des Services sociaux et nos employeurs, il faut que nous nous mettions en grève si nous voulons être pris au sérieux. »

« Le Conseil du trésor doit faire preuve de plus de sérieux, dénonce le représentant du secteur préhospitalier de la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN, Jean Gagnon. Maintenant que l’on connaît les paramètres généraux qui seront appliqués pour les paramédics en matière d’augmentation salariale, il n’y a aucune raison de repousser la conclusion d’une entente pour les autres travailleuses et travailleurs du secteur préhospitalier. Les conventions sont échues depuis le 31 mars 2020. Nous avons assez attendu. L’heure du règlement a sonné. »

« Les RMU et le personnel administratif jouent un rôle crucial dans la chaîne des services préhospitaliers d’urgence, poursuit la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Toute la CSN se tient à leurs côtés pour réclamer une juste reconnaissance de leur travail indispensable. Il en va de la qualité des services à la population. »

Les travailleuses et travailleurs attendent des engagements clairs des partis

Alors que la campagne électorale prend son envol, la FTQ, la CSN, la CSQ et la CSD rappelaient aujourd’hui, d’une seule voix, en conférence de presse, que les travailleuses et les travailleurs qu’elles représentent sont préoccupés par la nécessité de réinvestir massivement en santé et en éducation, par des conditions de vie décentes en plein contexte inflationniste, par la lutte aux changements climatiques avec une transition juste et par la mise en place d’une politique industrielle structurante et ambitieuse pour le Québec de demain. Tant les centrales syndicales que les travailleuses et les travailleurs attendent des engagements clairs des partis en ce sens.

« La pandémie aura démontré à quel point les services publics font partie du quotidien des Québécoises et des Québécois, à quel point ils ont été fragilisés et à quel point ils sont un rouage essentiel à une société et à une économie qui fonctionnent. Il faut un réinvestissement en santé et en éducation, c’est criant! Les annonces électorales qui font les manchettes ne sont pas toujours les plus structurantes ni les plus porteuses pour un projet de société, malheureusement. Nous invitons la population à voir plus loin et à exiger plus des différents partis que des promesses mille fois déjà entendues », de lancer les leaders syndicaux.

Dès les premières heures suivant le déclenchement de la campagne, l’inflation se profilait déjà comme une éventuelle « question de l’urne ». Loin d’être surpris, les dirigeants syndicaux soulignent que l’amélioration des conditions de vie et de travail font définitivement partie des préoccupations et des priorités des quelque 1 203 000 travailleuses et travailleurs qu’ils représentent, conjointement, dans l’ensemble du Québec, tant dans les secteurs publics que privés.

Ils insistent d’ailleurs sur l’importance de remettre les travailleuses et les travailleurs au cœur des décisions qui les concernent. « Il faut ouvrir le dialogue, avant, pendant et après les élections. C’est vrai pour les conditions de vie et de travail tout comme pour les grandes orientations politiques, économiques et sociales », d’insister les leaders syndicaux, soulignant que d’intervenir dans le débat public pour mettre de l’avant les préoccupations des travailleuses et des travailleurs fait partie de la mission des centrales syndicales pour défendre le bien public et la justice sociale afin de vivre dans un Québec plus égalitaire.

« L’objectif n’est évidemment pas d’inciter les travailleuses et les travailleurs à voter pour un parti ou un autre, mais plutôt de mettre les projecteurs sur ce que proposent les formations politiques et sur les enjeux sur lesquels nous voulons les voir prendre de réels engagements. Une campagne électorale est un moment stratégique pour mettre de l’avant les préoccupations des personnes que nous représentons. »

Les quatre centrales syndicales invitent donc la population à bien s’informer, à comparer les différents programmes des formations politiques et, surtout, à aller voter le 3 octobre prochain.

La FTQ, la CSN, la CSQ et la CSD représentent plus de 1 203 000 travailleuses et travailleurs partout à travers le Québec, tant dans les secteurs publics que privés.

Santé et services sociaux : De nouvelles plaintes contre un gouvernement récidiviste

Les organisations syndicales représentant le personnel du réseau de la santé et des services sociaux se voient dans l’obligation de déposer de nouvelles plaintes pour dénoncer encore une fois le gouvernement qui a fait entrave aux organisations syndicales. Depuis plusieurs mois, le gouvernement s’entête à agir seul, il contourne les syndicats et refuse de négocier avec ces derniers pour améliorer la situation dans le réseau.

Cette nouvelle série de plaintes déposées en vertu de l’article 12 du Code du travail vise à dénoncer les mesures estivales implantées unilatéralement par le gouvernement dans les dernières semaines. Ces mesures concernent notamment la rémunération du temps supplémentaire à taux double, octroyées seulement à certaines conditions. En mai dernier, les organisations syndicales avaient tendu la main au ministre pour convenir de mesures à mettre en place pour traverser la période estivale, alors que le personnel est surchargé et que le manque d’effectifs frappe le réseau de manière importante et de façon récurrente. Le gouvernement avait alors refusé de discuter avec les organisations syndicales, pour finalement imposer des mesures selon certaines conditions le 21 juillet.

Rappelons que les organisations syndicales ont récemment remporté une importante victoire juridique en contestant l’arrêté ministériel 2021-071 qui prévoyait des primes importantes, assorties d’une série de conditions disqualifiantes pour les professionnelles en soins, alors que des ententes de principes avaient été conclues quelques semaines auparavant avec les organisations syndicales pour le renouvellement des conventions collectives.

Les organisations syndicales réclament que le gouvernement cesse d’entraver les activités syndicales et qu’il négocie dorénavant les mesures à mettre en place pour mettre fin à la crise qui touche le réseau. Les organisations syndicales demandent de plus des dommages punitifs étant donné la récidive du gouvernement.

« Le gouvernement vient de se faire taper sur les doigts. Le tribunal lui a clairement dit qu’il doit arrêter d’entraver les activités syndicales et d’agir de manière autoritaire. C’est pour s’assurer que les choses changent pour le personnel du réseau que ces plaintes ont été déposées. Depuis le début de la pandémie, le gouvernement s’obstine à faire à sa tête. Force est de constater que cette pratique ne fonctionne pas du tout. Il doit maintenant admettre que le temps est venu d’entendre les solutions du personnel », indiquent les représentantes et représentants de la FSSS-CSN, de la FSQ-CSQ, de la FIQ et de la FIQP, du SQEES-FTQ, du SCFP, de l’APTS, de la FP-CSN et du SPGQ.

Les sages-femmes adoptent une entente collective de quatre ans

Les membres du Regroupement Les sages-femmes du Québec ont entériné mercredi l’accord de principe intervenu le mois dernier avec le gouvernement du Québec pour le renouvellement de l’entente collective qui les lie au ministère de la Santé et des Services sociaux.

Réunies en assemblée générale par visioconférence, plus de 92 % des membres ont accepté les termes d’un nouveau contrat de travail de quatre ans qui s’étendra jusqu’au 31 mars 2024. Ces travailleuses autonomes étaient sans contrat depuis le 31 mars 2020.

L’entente, qui a nécessité 19 séances de négociation, confirme l’autonomie des professionnelles, améliore les conditions d’entrée dans la profession, bonifie les conditions générales de pratique, notamment en région, et contribue à consolider les services dispensés aux parents à travers le Québec.

Des conditions nettement plus avantageuses
La nouvelle entente comporte d’importants gains pour les sages-femmes. Une refonte des échelles salariales fait ainsi disparaître les quatre premiers échelons. Pour les recrues, cela représente une augmentation qui varie entre 7 % et 20 %. À la signature du contrat, une nouvelle sage-femme à temps plein débutera avec un salaire annuel de 73 000 $ (au lieu de 60 000 $ actuellement) pour atteindre 103 000 $ après dix ans. Une responsable des services de sage-femme commencera à 83 000 $ et terminera à 114 000 $.

Les sages-femmes doivent souvent être disponibles le jour, le soir et la nuit entre huit et dix jours sur 14. Dans le cadre d’un projet pilote, le gouvernement améliorera la rétribution de cette disponibilité. Une compensation annuelle de 13 000 $ à 16 000 $ leur sera octroyée. C’est une augmentation qui varie de 45 % à 80 % pour la majorité d’entre elles. S’ajoutent aussi des primes de soir, de nuit et de fin de semaine qui varient de 4 % à 15 %. Elles bénéficieront en outre d’une prime de 1 % si elles acceptent de travailler à temps complet.

Des hausses salariales équivalentes à celles du réseau de la santé
Pour chacune des trois premières années du contrat, les sages-femmes obtiennent une augmentation rétroactive de 2 %. Pour la quatrième année du contrat (2023-2024), elles ont l’assurance de recevoir une augmentation équivalente à celle du secteur public. Lorsqu’elles iront travailler dans une des quatre régions où il y a rareté de main-d’œuvre, elles recevront en outre un forfait d’installation variant de 10 000 $ à 25 000 $.

Différents gains permettront aussi de soutenir le développement de la profession, tels que des journées de perfectionnement additionnelles, une prime d’encadrement de stagiaire de 2 % et la possibilité de se prévaloir d’un congé sans rémunération pour études ou enseignement. L’entente prévoit également 20 journées de libérations professionnelles additionnelles et la mise en place de comités paritaires qui se pencheront sur différents enjeux.

Le résultat d’une mobilisation
« Nous sommes fières du travail accompli, a déclaré la présidente du RSFQ, Josyane Giroux. Cette entente est le résultat de la mobilisation des sages-femmes, des femmes et des familles, sans oublier le travail acharné de toute l’équipe du regroupement, de la Fédération des professionnèles (FP–CSN) et de la CSN. »

« Le gouvernement fait des pas considérables dans la voie de la reconnaissance de notre profession et de son importance dans le réseau de la santé du Québec, a-t-elle souligné. Nous espérons qu’elle contribuera à améliorer l’accès au soin en santé reproductive pour les femmes et personnes enceintes du Québec. »

« Depuis la légalisation de leur profession, les sages-femmes ont eu de la difficulté à faire reconnaître leur profession à sa juste valeur et à obtenir des conditions de travail équitables par rapport aux autres professionnel-les du réseau, a commenté Guy Albert Coulombe, trésorier de la FP–CSN. Leurs négociations sont souvent longues et ardues. La fédération est fière de les avoir accompagnées et s’assurera que les prochaines négociations débutent à partir des gains acquis dans la présente entente. »

« Trop peu, trop tard », dénoncent les syndicats du réseau

Bien qu’elles accueillent favorablement l’annonce du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) de payer à taux double les heures supplémentaires effectuées par les travailleuses et les travailleurs, les organisations syndicales se désolent qu’il y ait des conditions à l’application de cette mesure et du laxisme du gouvernement Legault dans ce dossier. Pour elles c’est trop peu, trop tard.

« Nous avons avisé le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, le 9 mai dernier que la situation sur le terrain s’avérait très précaire et qu’il fallait convenir d’un plan pour éviter les bris de services cet été. Nous lui avons tendu la main. En la refusant et en n’agissant pas immédiatement, le gouvernement a laissé la situation se détériorer à tel point que la mesure annoncée hier est nettement insuffisante. Encore une fois, il improvise au lieu de planifier », ont déploré les porte-paroles de l’APTS, de la FIQ, de la FP–CSN, de la FSQ-CSQ, de la FSSS–CSN, du SCFP, du SPGQ et du SQEES-FTQ.

Les organisations syndicales regrettent d’ailleurs que le gouvernement poursuive sa gestion autoritaire et unilatérale en faisant fi des mécanismes prévus dans les conventions collectives afin de mettre en place de nouvelles conditions de travail, adaptées à la situation dans le réseau. Selon elles, le gouvernement aurait eu avantage à agir en concertation avec elles afin de regarder l’ensemble des options et de choisir les meilleures solutions. D’ailleurs l’une des mesures qui avait bien fonctionné cet hiver, l’accumulation d’une demi-journée de congé par quart de travail en temps supplémentaire complet, a été balayée du revers de la main par le MSSS.

« Si nous avions convenu dès le mois de mai, ensemble, d’une série de mesures structurantes, les salarié-es du réseau seraient plus mobilisés et moins fatigués, et le risque de bris de services serait bien moindre que maintenant. Là, on compose avec un gouvernement qui a chanté la moitié de l’été et qui se retrouve fort dépourvu en plein milieu d’une 7e vague de COVID-19 », ont ajouté les porte-paroles syndicaux.

La COVID continue de surcharger le réseau
Lors de la rencontre avec le MSSS, où elles ont été mises devant le fait accompli, les organisations syndicales ont relevé le manque de cohérence du ministère face à cette nouvelle vague et le fait que, malheureusement, ce sont encore les personnes salariées du réseau de la santé et des services sociaux qui en paient le prix.

« Le gouvernement refuse toujours d’accorder des congés supplémentaires aux membres du personnel lorsque ces personnes sont obligées de s’isoler en raison de la COVID-19, parce qu’elles sont positives ou qu’une ou un proche en est atteint. C’est sans compter que certaines retournent au travail même en étant positives à la COVID-19, mettant en danger collègues, patientes et patients. Si le gouvernement veut devenir l’employeur de choix, comme il le clame dans son plan santé [et services sociaux], il serait plus que temps qu’il soutienne adéquatement ses salarié-es et qu’il applique le principe de précaution pour celles et ceux qui tiennent le réseau à bout de bras », ont conclu les porte-paroles syndicaux.

Les sages-femmes concluent une entente de principe

Tard dans la nuit de vendredi dernier, le Regroupement Les Sages-femmes du Québec (RSFQ) a conclu une entente de principe avec les négociateurs gouvernementaux.
Privées de contrat depuis les deux dernières années, les sages-femmes ont dû s’armer de patience pour obtenir le début de véritables négociations avec le ministère de la Santé et des Services sociaux. Tout au long de la pandémie, elles ont ainsi maintenu les services avec courage. Mais depuis quelques mois, plusieurs d’entre elles n’avaient pas renouvelé leur permis d’exercice, faute d’une rémunération satisfaisante et de conditions d’exercice intéressantes. Pour les finissantes universitaires, l’intérêt d’étudier, d’intégrer la profession et d’y rester commençait sérieusement à s’étioler.

Un parcours de longue haleine
Forcées d’attendre pendant une vingtaine de mois, les sages-femmes ont finalement pu commencer à négocier à la suite d’un vote unanime de l’Assemblée nationale du Québec en mars dernier. Leur mobilisation a permis d’obtenir par la suite de nouvelles offres du Conseil du trésor. Au cours des dernières semaines, la voix des parents solidaires de la cause a aussi porté haut et fort, notamment grâce à la Coalition pour la pratique sage-femme, un mouvement soutenu par la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Les pourparlers se sont finalement intensifiés au printemps et les discussions avec le Conseil du trésor ont culminé au cours des mois de juin et juillet, ponctuées – faut-il rappeler – de quelques manifestations hautes en couleur.

Les détails à venir
Les détails de l’entente, qui a été négociée avec le soutien et l’expertise de la Fédération des professionèles–CSN, seront d’abord soumis aux répondantes CRT (comité de relations de travail). Cette instance, qui joue un rôle équivalent à celui d’un conseil syndical, représente chacun des services sages-femmes. Si l’instance le recommande, l’entente sera ensuite présentée à l’assemblée générale du RSFQ, ce qui pourrait avoir lieu d’ici la fin de l’été, précise-t-on.

La solidarité a fait la différence
Dans un communiqué diffusé tôt samedi matin, la présidente du RSFQ, Josyane Giroux, s’est dite « fière du travail accompli » au nom de tous les membres du comité de négociation. « Nous avons hâte de partager ce que nous considérons être de grandes améliorations des conditions de travail des sages-femmes et des responsables des services de sages-femmes, a-t-elle d’abord souligné. « Tout au long du processus, votre soutien, votre mobilisation, vos précieux mots d’encouragement et votre présence ont eu un impact concret sur le cours des choses. Un grand merci pour votre appui et votre confiance. Merci également aux familles d’avoir fait entendre leur voix. »

Les sages-femmes réclament l’équité avant les vacances de la construction

Les négociations entre Québec et le Regroupement Les Sages-Femmes du Québec entrent aujourd’hui, mercredi, dans une phase critique.
Mardi, une trentaine de sages-femmes et de sympathisantes ont manifesté à Québec devant les locaux du ministère du Travail où se déroulaient les négociations avec le Conseil du trésor pour le renouvellement de l’entente-cadre avec le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Les négociations achoppent notamment sur la rémunération des longues heures de garde des sages-femmes, à qui Québec refuse l’équité avec les autres travailleuses et travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux.

« C’est du sexisme ! »
« Les sages-femmes sont des femmes dévouées qui offrent des services à d’autres femmes, a rappelé Mélanie Pelletier, vice-présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN). Or les sages-femmes sont toujours les dernières à obtenir un règlement. »

« Le gouvernement essaye de leur offrir moins que les autres en disant qu’il en a toujours été ainsi, a-t-elle insisté. C’est vraiment du sexisme. Il est temps que le gouvernement reconnaisse la valeur du travail des sages-femmes. »

« La FP–CSN est derrière vous »
« Dans tous les milieux de travail à prédominance masculine, le gouvernement paye une heure pour chaque période de garde de huit heures, a souligné Sébastien Collard, responsable du secteur de la santé et des services sociaux à la Fédération de professionnèles (FP–CSN). Aux sages-femmes, le gouvernement n’offre que la moitié de ce salaire-là. »

« Les sages-femmes font quelque chose d’importance pour les autres femmes, a-t-il insisté. Elles les accompagnent pour qu’elles puissent vivre l’expérience de la maternité. La FP–CSN est là et appuie les sages-femmes. On va faire ce qu’il faut pour qu’elles obtiennent un règlement avant les vacances de la construction. »

Pour assurer une relève
Venue comme d’autres sympathisantes appuyer les revendications des sages-femmes, Roxanne Lorrain, coordonnatrice de la Coalition pour la pratique sage-femme, a rappelé que ces professionnelles « répondent à des besoins spécifiques et essentiels des femmes enceintes et des familles depuis plus de 40 ans ». Or la situation dans certaines régions est désormais « critique ».

« Pour assurer la pérennité des services, le gouvernement doit offrir les moyens d’assurer une relève dans ce modèle de pratique. Les sages-femmes méritent une reconnaissance financière pour leur disponibilité. »

Équité salariale : plusieurs milliers de dollars pour les préposé-es en retraitement des dispositifs médicaux

La FSSS–CSN et la FTQ sont parvenues à obtenir une entente découlant de l’exercice de maintien de l’équité salariale du Conseil du trésor de 2010 et 2015 pour les préposé-es en retraitement des dispositifs médicaux (PRDM). Cette entente intervenue entre la FSSS–CSN, le SCFP-FTQ, le SQEES-FTQ et le Conseil du trésor a été adoptée par les syndicats lors de leurs instances respectives.

« Après des mois de mobilisation et de représentations auprès du Conseil du trésor, cette entente marque une victoire importante pour mettre fin à la discrimination salariale dans le réseau de la santé et des services sociaux », lancent Josée Marcotte, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Maxime Ste-Marie, président du Conseil provincial des affaires sociales du SCFP-FTQ et Sylvie Nelson, présidente du SQEES-FTQ.

Les termes de l’entente
L’entente prévoit le versement de sommes rétroactives qui pourraient atteindre plus de 13 000 $ auxquelles s’ajoute 5 % d’intérêt applicable au moment où les sommes dues devaient être versées. En 2022, les PRDM recevront une augmentation du taux horaire de 1,65 $/heure au maximum de l’échelle.

L’entente représente un ajustement de 3,66 % au 20 mars 2016 et de 3,89 % au 13 mars 2020 (au maximum de l’échelle).

 Il faut maintenant régler les plaintes de maintien de l’équité salariale du personnel de bureau et de l’administration
La FSSS–CSN, le SCFP-FTQ et le SQEES-FTQ poursuivront la mobilisation et leurs représentations pour parvenir à obtenir un règlement des plaintes de maintien de l’équité salariale du personnel de bureau et de l’administration.

« L’entente pour les PRDM montre qu’avec de la mobilisation, nous pouvons parvenir à faire bouger le gouvernement. On ne s’arrêtera pas là! Le gouvernement doit aussi régler les plaintes du personnel de bureau et de l’administration. Ça fait plus de 11 ans que ces travailleuses et travailleurs attendent qu’on reconnaisse enfin la juste valeur de leur travail et leurs efforts pour donner des services de qualité à la population et les modifications dans leur travail », de conclure les représentantes et représentants syndicaux.

Les employé-es de la CDPDJ en grève pour une troisième journée

Les employé-es de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) sont en grève pour une troisième journée afin de forcer leur employeur et le gouvernement à reconnaître l’importance de leur travail.

La CDPDJ et le Conseil du trésor doivent nous revenir avec des offres
Si la grève des 16 et 17 juin derniers a permis des avancées à la table de négociation concernant l’une des deux unités syndicales regroupant les employé-es de la CDPDJ, du chemin reste à parcourir pour convenir d’une entente de principe pour ces deux unités. Rappelons que ces travailleuses et ces travailleurs sont sans convention collective depuis plus d’un an et réclament la parité avec les augmentations salariales obtenues par les groupes comparables de travailleuses et de travailleurs du secteur public.

« Avec cette troisième journée de grève, les travailleuses et les travailleurs de la CDPDJ montrent à quel point ils sont déterminés à se faire respecter. Leur patience atteint ses limites. Il est temps que la CDPDJ et le Conseil du trésor nous reviennent avec des offres qui répondent à nos demandes légitimes », explique Kathrin Peter, présidente du Syndicat des employé-es de la CDPDJ.

« Pour que la CDPDJ demeure l’institution essentielle de défense des droits et libertés de la population, elle a besoin que ses employé-es soient bien reconnus. Pour cela, elle doit intervenir auprès du Conseil du trésor pour que la négociation aboutisse enfin », de conclure Jessica Goldschleger, vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

Le terme épicène professionnèles vise à représenter tous les membres de la fédération, indépendamment de leur genre.

     

    Faut-il attendre qu’il y ait des morts pour que cessent les bris de services?

    Le syndicat du préhospitalier de Montréal et de Laval interpelle le gouvernement Legault quant à la généralisation des bris de services dans le secteur préhospitalier. Ces bris de services sont dramatiques depuis quelques mois et ne vont qu’en s’aggravant, mettant à risque la population. Le ministère de la Santé et des Services sociaux ainsi que le Conseil du trésor doivent s’assurer d’une plus grande attraction du personnel paramédical dans le secteur préhospitalier.

    « Depuis environ un mois, la nuit, les paramédics de Montréal et Laval roulent à environ 50% des effectifs établis. Ça atteint directement le service à la population, parce que ça nous prend beaucoup plus de temps pour répondre aux appels, sans compter le manque de répartiteurs d’urgence » d’expliquer Claude Lamarche, président du syndicat du préhospitalier.

    On nous dit que cette situation s’explique par la pénurie de main d’œuvre, mais cela fait plusieurs années qu’Urgences-santé a de la difficulté à appliquer les conditions de travail négociées. Au final, cela ne fait qu’accentuer la pénurie, car les conditions de travail ne sont pas assez attractives.

    Une solution à court terme est possible, comme c’est présentement le cas dans certaines autres entreprises ambulancières au Québec. Il s’agit de la mise en place de mesures incitatives pour pallier, sur une base volontaire, la pénurie de main d’œuvre. Au lieu de voir notre monde quitter prématurément en raison de la surcharge de travail, ces mesures nous permettraient, à court terme, de travailler à un rythme plus soutenable, de terminer nos quarts de travail plus souvent à l’heure et de bénéficier plus souvent de nos pauses-repas conventionnées.

    « Sans ces mesures incitatives, nous ne voyons pas comment nous passerons à travers l’été qui débute. D’ailleurs, Urgences-santé en 2007 et 2008 avait appliqué avec succès ce type de mesures temporaires » de renchérir Claude Lamarche.

    Au dire même du ministre Dubé, le temps supplémentaire obligatoire (TSO) n’est pas un mode de gestion, mais c’est exactement ce qui se passe chez les paramédics de Montréal-Laval en ce moment.

    « Il n’y a pas de raison pour que les Paramédics de Montréal-Laval ne bénéficient pas de mesures incitatives parce qu’ils ne font pas partie du secteur public du ministère de la Santé et des Services sociaux ou d’une entreprise ambulancière n’appartenant pas à l’État » de terminer Claude Lamarche. Au nom du bien commun, nous demandons l’application de mesures incitatives pour que cessent les bris de services.

      Une autre occasion ratée par le ministre Roberge

      À quand une vraie reconnaissance pour toutes celles qui participent au développement de nos enfants en travaillant au quotidien, plusieurs heures par jour, auprès de ceux-ci? Nous sommes amèrement déçus du manque de considération du ministère de l’Éducation à l’égard des éducatrices et des techniciennes en services de garde en milieu scolaire », affirme Annie Charland, présidente du Secteur scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

      La fédération, qui représente le plus grand nombre d’employé-es de soutien dans les écoles du Québec, réagit ce matin à la publication officielle des modifications au Règlement sur les services de garde en milieu scolaire. Mme Charland rappelle que, dans le cadre des travaux menés par le ministère sur ce règlement, la FEESP–CSN a soumis un mémoire proposant plusieurs pistes d’action pour améliorer les services de garde en milieu scolaire. « Une fois de plus, on demande notre avis et on l’ignore ensuite. Bien que nous ayons réussi à obtenir que seuls les membres du personnel de garde soient pris en compte dans le calcul des ratios, lesdits ratios, eux, restent les mêmes. Ce sont des conditions de travail difficiles et, dans un contexte de pénurie de main d’œuvre, ça rend le recrutement presque impossible. »

      La présidente du secteur scolaire reproche aussi au ministère de déposer son nouveau règlement si tardivement. « Plusieurs des modifications doivent être effectuées pour la rentrée. Ces délais irréalistes démontrent bien à quel point le ministre Roberge est déconnecté de la réalité des services de garde. Avec l’imminence de la période estivale, un très grand nombre de techniciennes et d’éducatrices seront mises à pied d’ici quelques jours; alors, qui travaillera à l’opérationnalisation de ces changements? Est-ce vous, monsieur le ministre? », ajoute Annie Charland.

      Pour Frédéric Brun, 2e vice-président de la FEESP–CSN, il est plus que temps que le gouvernement reconnaisse le rôle primordial que jouent les dizaines de milliers d’éducatrices et de techniciennes en services de garde dans le réseau de l’Éducation. « Au plus fort de la pandémie, le personnel des services de garde en milieu scolaire a sauvé la mise pour bien des familles. Le ministère doit maintenant prendre conscience que c’est comme ça tous les jours. Par leur professionnalisme et leur présence sécurisante et stimulante auprès des enfants, et ce de la première à la dernière minute d’une journée d’école, les éducatrices et les techniciennes en services de garde sont un maillon essentiel au bon fonctionnement du réseau », conclut M. Brun.

      Journée nationale des peuples autochtones

      Célébrée le 21 juin, la Journée nationale des peuples autochtones vise à reconnaître et à honorer le patrimoine, les cultures et les précieuses contributions des Premières Nations, des Inuits et des Métis à la société québécoise et canadienne. La date du 21 juin coïncide avec le solstice d’été. Elle revêt un caractère symbolique important pour de nombreux peuples autochtones.

      La CSN est fière de représenter les travailleuses et travailleurs du Syndicat du Musée de la nation huronne-wendat (CSN). Affilié à la Fédération nationale des communications et de la culture, ce syndicat représente près d’une vingtaine de membres parmi lesquels on compte des allochtones et des autochtones de différentes nations. Avec l’ouverture du Musée huron-wendat en 2008, le rêve de raconter l’histoire de la communauté est enfin devenu une réalité.

      En ce jour le plus long de l’année, la CSN vous encourage à visiter l’établissement, car chaque nouvel apprentissage sur les personnes, les lieux et les expériences des peuples autochtones est un pas en avant sur le chemin de la réconciliation.

      Les employé-es de la CDPDJ manifestent pour que leur négociation débloque

      Les employé-es en grève de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) manifestent à Trois-Rivières pour demander à Sonia Lebel de régler la négociation qui bloque sur les enjeux salariaux.

      En grève pour que le Conseil du trésor règle la négociation
      En grève les 16 et 17 juin, les travailleuses et les travailleurs veulent mettre la pression nécessaire pour que le Conseil du trésor donne les mandats pour débloquer leur négociation. Les employé-es de la CDPDJ des différentes régions du Québec ont convergé vers Trois-Rivières pour que la présidente du Conseil du trésor entende enfin leur demande légitime d’obtenir la parité avec les augmentations salariales obtenues par les groupes comparables de travailleuses et de travailleurs du secteur public.

      « Partout au Québec, les employé-es de la CDPDJ défendent les droits et libertés de la population alors que bien des réalités vécues par les personnes les plus vulnérables de notre société se complexifient. Le gouvernement doit nous donner les moyens de bien remplir notre mission et ça passe par la parité salariale », explique Kathrin Peter, présidente du Syndicat des employé-es de la CDPDJ.

      « La mobilisation des travailleuses et des travailleurs en grève est admirable. Leur détermination est claire et Sonia Lebel doit entendre leur message et passer à l’action ! », Mario Pellerin, vice-président du Conseil central du Cœur-du-Québec (CCCQ-CSN).

      « La CDPDJ n’est pas différente des autres milieux de travail. Elle fait elle aussi face au manque de personnel. Il faut donc agir pour attirer et retenir les employé-es dans ce contexte. Le Conseil du trésor doit s’impliquer et donner les mandats pour régler la négociation », Jessica Goldschleger, vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

      « Le gouvernement pense déjà aux prochaines élections, mais avant d’y arriver, il doit régler les dernières négociations du secteur public et parapublic. Il s’agit d’une question de respect envers ces employé-es qui chaque jour veillent à nos droits et libertés », de conclure Yvan Duceppe, trésorier de la CSN.

        Les paramédics adoptent l’entente de principe

        À l’issue d’une tournée de vote dans les assemblées générales de 41 accréditations syndicales des paramédics québécois, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) annonce la ratification de l’entente de principe conclue le 7 mai 2022 pour renouveler les conventions collectives.

        Selon les statuts de la FSSS–CSN, pour qu’il y ait adoption de l’entente de principe il doit y avoir un vote favorable exprimé par la double majorité des membres et des unités d’accréditations syndicales. Ainsi 66 % des unités syndicales se sont prononcés pour l’entente, de même que 64 % des membres.

        L’entente prévoit une augmentation de salaire totalisant 4,08 $ l’heure au sommet de l’échelle au 1er avril 2022.  De nouvelles primes seront également introduites. En outre, les nouvelles conventions collectives portent certaines bonifications en ce qui a trait notamment à la santé psychologique, à l’ergonomie des véhicules, à la reconnaissance des primes d’exposition ainsi qu’aux vacances. La convention collective viendra à échéance le 31 mars 2023.

        Horaires de faction
        En parallèle, la FSSS–CSN a obtenu la confirmation du gouvernement qu’il a l’intention de convertir les horaires de faction (7/14) dans 18 endroits couverts par des paramédics membres de syndicats CSN. Malheureusement, le gouvernement a choisi de maintenir pour le moment plusieurs autres horaires de faction, notamment au Saguenay–Lac-Saint-Jean, ce qui suscite une énorme déception pour les paramédics. Rappelons qu’en plus d’être un obstacle majeur à la conciliation travail-famille, les horaires de faction entraînent des délais pour se rendre sur les lieux d’interventions ainsi que des bris de services. À cela faut-il ajouter que le manque d’information concernant l’opérationnalisation de ces transformations crée beaucoup d’insécurité et de mécontentement chez les paramédics, notamment dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue-Nord-Du-Québec, de l’Estrie et de la Côte-Nord.

        « Avec ce règlement, nous faisons un pas vers l’avant souligne le représentant du secteur préhospitalier à la FSSS–CSN, Jean Gagnon. Cependant, il nous reste encore beaucoup de chemin à faire pour la pleine reconnaissance de notre profession. Bien sûr, nous aurions aimé tout régler maintenant, mais il faut garder en tête que nous nous retrouverons en négociation dans moins d’un an. Par notre mobilisation au cours des deux dernières années, nous avons forcé un virage dans la discussion. Le gouvernement parle désormais d’élargir le champ de notre profession et de revoir l’organisation des services. De notre côté, nous nous mettons au travail dès maintenant pour continuer de progresser et préparer la prochaine ronde de négociation. »

        Rappelons que pour le secteur préhospitalier de la FSSS–CSN, l’élargissement des services préhospitaliers d’urgences devra impérativement aller de pair avec une consultation constante du secteur dans la mise en œuvre de cette transformation.

        Le secteur préhospitalier FSSS–CSN regroupe plus de 3500 salarié-es du secteur préhospitalier tels que les paramédics, répondantes et répondants médicaux d’urgence, personnel de bureau et employé-es de soutien, partout au Québec.

        Le gouvernement doit prendre ses responsabilités

        Aujourd’hui et demain, dans plusieurs régions du Québec, des conductrices et des conducteurs de véhicules scolaires manifesteront devant les bureaux de leur député-e afin de réclamer du gouvernement caquiste des investissements importants pour sauver le transport des élèves. « L’indexation de 8 % de l’enveloppe globale du transport scolaire proposée par le ministère de l’Éducation est nettement insuffisante puisqu’elle ne couvre même pas les augmentations nécessaires pour assurer un salaire décent aux conductrices et aux conducteurs d’autobus jaunes et de berlines », affirme Josée Dubé, présidente du Secteur transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

        Pour Mme Dubé, la solution est simple : « Ça prend une enveloppe budgétaire dédiée entièrement à nos salaires. Nous exerçons un vrai métier et il est plus que temps que l’on reçoive une rémunération qui reconnaisse nos compétences », affirme Josée Dubé, présidente du Secteur transport scolaire de la FEESP–CSN. Rappelons que le salaire moyen de la profession est actuellement de 20 000 $ par année.

        De nombreux transporteurs scolaires jugent aussi que la proposition du ministère est complètement inadéquate et, par conséquent, refusent de renouveler leurs contrats avec les centres de services scolaires. « Il est minuit moins une. Nous l’avons dit maintes et maintes fois et nous le répétons aujourd’hui : si les augmentations des montants pour le transport scolaire ne sont pas à la hauteur des besoins, il y aura d’importants bris de services à la rentrée et ce sera un vrai casse-tête pour les familles », ajoute Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP–CSN. Le Secteur transport scolaire de la FEESP–CSN évalue qu’il manque actuellement 1500 conductrices et conducteurs pour assurer la couverture de toutes les régions du Québec. « La balle est dans le camp du gouvernement. Il doit maintenant prendre ses responsabilités », conclut Mme Gratton.

        Les employé-es de la CDPDJ lancent une grève de deux jours

        Les employé-es de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) débutent une première grève de deux jours pour forcer le Conseil du trésor à leur donner la parité avec les augmentations salariales obtenues par les groupes comparables de travailleuses et de travailleurs du secteur public.

        Le Conseil du trésor doit entendre raison
        Après des mois de négociation et de mobilisation des employé-es, la négociation avec la CDPDJ et le Conseil du trésor fait du surplace sur la question salariale. Les travailleuses et les travailleurs de la CDPDJ portent une demande légitime d’obtenir la parité avec les augmentations salariales du secteur public, alors que les conseillères et les conseillers juridiques demandent la parité avec les avocats et les notaires de la fonction publique. Ces demandes respectives ont été soumises à la CDPDJ depuis plusieurs semaines. Questionnée quant à ces délais importants, la CDPDJ indique être en attente de recevoir ses mandats du Conseil du trésor.

        Reconnaître l’importance de l’engagement, des compétences et de la mission de la Commission
        Les employé-es à la CDPDJ accomplissant un travail équivalent à celui effectué dans le secteur public, la parité salariale est un incontournable pour parvenir à attirer et retenir de la main-d’œuvre qualifiée. Créer une disparité de traitement envers ces travailleuses et ces travailleurs qui portent la mission de défendre les droits des personnes les plus vulnérables de notre société enverrait un dangereux message quant à l’importance de ces droits.

        « La CDPDJ et le Conseil du trésor doivent maintenant comprendre le message : les employé-es de la CDPDJ se mobilisent pour obtenir la parité avec le secteur public. Notre travail se complexifie de plus en plus et nous mettons chaque jour tous les efforts pour défendre les droits et libertés de la population. Ça nous prend la parité salariale! », lance Kathrin Peter, présidente du Syndicat des employé-es de la CDPDJ.

        « Le Conseil du trésor doit arrêter de tergiverser et reconnaître la parité salariale. Il n’y a aucune raison de laisser perdurer ce conflit de travail. La parité salariale est la moindre des choses pour ces employé-es qui font un travail essentiel de défense des droits des personnes les plus vulnérables de notre société. Les élections approchent à grands pas et le gouvernement doit maintenant s’impliquer dans le dossier pour régler une des dernières négociations en cours dans le secteur public et parapublic », de conclure Danny Roy, président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

        Le terme épicène professionnèles vise à représenter tous les membres de la Fédération, indépendamment de leur genre.

          RMU et personnel de bureau – En grève à compter du 17 juin

          Les répondantes et répondants médicaux d’urgence (RMU) des régions de Québec, Sherbrooke et Montréal ainsi que le personnel de bureau d’Urgences-santé à Montréal exerceront leur mandat de grève à compter du 17 juin, à moins d’un déblocage aux tables de négociation.

          Les impacts de la grève se feront sentir particulièrement aux niveaux administratif et opérationnel. Par exemple, d’ici le 6 septembre, les RMU et les employé-es de bureau cesseront d’effectuer diverses tâches, conformément à la décision du Tribunal administratif du travail du 10 juin sur le maintien des services essentiels. Par ailleurs, le personnel en grève ne remplira plus certains documents ou n’utilisera plus certains protocoles de communication. De plus, l’employeur devra tenter de combler les quarts de travail en heures supplémentaires en ayant d’abord recours au personnel cadre avant d’imposer du « temps supplémentaire obligatoire » aux salarié-es. Dans un contexte de surcharge de travail et de manque de main-d’œuvre, les heures supplémentaires obligatoires ne sont plus une exception, mais bien la norme, particulièrement à Montréal et à Québec.

          Les négociations achoppent sur les enjeux monétaires, notamment les augmentations de salaire ainsi que les mesures pour attirer et retenir du personnel dans les centres de communication santé. Du côté d’Urgence-santé, les deux parties ont demandé la conciliation le 13 juin. Le 25 mai, le syndicat avait déposé une proposition globale de règlement sur la base de l’entente de principe intervenue plus tôt pour les paramédics. L’employeur n’avait pas les mandats du Conseil du trésor pour faire progresser les travaux. Quant à Québec et à Sherbrooke, les pourparlers sont au point mort.

          « Le Conseil du trésor doit faire preuve de plus de sérieux, dénonce le représentant du secteur préhospitalier à la FSSS–CSN, Jean Gagnon. Maintenant que l’on connaît les paramètres généraux d’augmentation salariale qui seront appliqués pour les paramédics, il n’y a aucune raison de repousser la conclusion d’une entente pour les autres travailleuses et travailleurs du secteur préhospitalier. Les conventions sont échues depuis le 31 mars 2020. Nous avons assez attendu. L’heure du règlement a sonné ».

          Les RMU sont les personnes qui prodiguent les premiers soins téléphoniques dans des moments cruciaux, par exemple en donnant les instructions pour amorcer des manœuvres de réanimation, en cas d’étouffement ou d’accouchement, en attendant l’arrivée de l’ambulance ou des premiers répondants.

          Maillon tout aussi essentiel au sein d’Urgences-santé, les employé-es de bureau assurent pour leur part tout le soutien administratif. Ils voient, entre autres, à combler les effectifs des paramédics, des employé-es de soutien et des RMU. Ils œuvrent à l’informatique, à l’entretien général, aux compte-clients et à la facturation, ainsi qu’aux services des salaires et des ressources humaines.

          Les centrales de réponse aux appels médicaux d’urgence sont sous forte pression actuellement. Alors que le nombre d’appels est en croissance, la pénurie de personnel se fait sentir lourdement pour celles et ceux qui sont au poste : on note une explosion des heures supplémentaires obligatoires.

          Les revendications communes aux trois syndicats CSN représentant les RMU ainsi que les employé-es de bureau d’Urgences-santé auront d’ailleurs un impact positif sur l’attraction et la rétention du personnel, notons un relèvement des salaires, une bonification des congés pour tenir compte des enjeux de santé mentale et de conciliation famille-travail ainsi que la formation. Ils sont sans convention collective depuis le 31 mars 2020.

          Le Conseil central de l’Estrie choisit son nouvel exécutif

          Le président sortant, Denis Beaudin, entreprendra ainsi son sixième mandat. Il est originaire du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Gurit.

          La vice-présidente sortante, Julie Bolduc, entamera quant à elle son troisième mandat. Elle est issue du Syndicat du personnel de soutien de la Commission scolaire des Hauts-Cantons.

          Deux autres membres sortants ont choisi de ne pas solliciter une reconduction de leur mandat. Il s’agit de la secrétaire générale Catherine Ladouceur, qui termine son troisième mandat et de la trésorière Mélanie Larochelle, qui a effectué un premier mandat.

          De fait, deux nouvelles recrues font leur entrée au comité exécutif. Il s’agit de Steve McKay, du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke, qui occupera le poste de secrétaire général et d’Éric Doyon, du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Jouvence, qui devient le trésorier du conseil central.

          Trois engagements fermes
          À la clôture du congrès, le nouveau conseil a pris trois engagements fermes.

          D’abord, celui de porter dans toutes ses actions et ses prises de position les valeurs syndicales régionales. Ensuite, celui de nourrir la vie syndicale régionale en offrant des espaces d’action nombreux et diversifiés. Et pour finir, celui de soutenir les syndicats dans la mise en œuvre de leurs actions.

          « Au sortir de la pandémie, on veut des syndicats engagés et en action avec un conseil central qui les appuie », a déclaré le président Denis Beaudin.

          Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie regroupe environ 12 500 membres répartis dans une centaine de syndicats CSN à travers la région.

          La survie du transport des élèves est en jeu

          « L’heure est grave. Nous espérons que le gouvernement en est pleinement conscient », lance Josée Dubé, présidente du Secteur transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) qui réagissait ce matin à la sortie des transporteurs scolaires qui refusent de renouveler leurs contrats avec les centres de services scolaires, jugeant nettement insuffisante l’augmentation du financement proposée par le ministère de l’Éducation. « Nous souhaitons aujourd’hui témoigner notre appui aux transporteurs dans leur lutte pour l’obtention d’un financement adéquat. Les miettes pour le transport scolaire, ça suffit! »

          Selon les dernières informations obtenues, le ministère offre actuellement une indexation d’environ 8 %, alors que les augmentations demandées par les transporteurs varient de 20 à 35 %. « Il est évident que ce qui est sur la table ne fait pas l’affaire. Je tiens à rappeler que nous, les conductrices et les conducteurs de véhicules scolaires, exigeons une augmentation de l’enveloppe totale du transport scolaire de 10 %, et ce, seulement pour les salaires. Ce montant d’environ 70 millions permettrait d’offrir les hausses salariales nécessaires à la survie de la profession. Nous gagnons en moyenne 20 000 $ par année. Ça ne peut plus continuer comme ça », ajoute Mme Dubé.

          La majorité des transporteurs scolaires doivent renouveler leur contrat d’ici la fin du mois d’août. Si le gouvernement refuse de reconnaître les besoins réels de ceux-ci et d’augmenter considérablement les enveloppes budgétaires qui leur sont attribuées, il est fort probable que les véhicules scolaires ne circuleront pas à la rentrée. « La crise dans le transport scolaire pourrait s’aggraver grandement si le ministère ne réajuste pas le tir dans les prochaines semaines », ajoute Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN). Le Secteur transport scolaire de la FEESP–CSN évalue qu’il manque actuellement 1500 conductrices et conducteurs pour assurer la couverture de toutes les régions du Québec. « Si le transport scolaire ne reprend pas à l’automne, des centaines de conductrices et de conducteurs d’autobus et de berlines quitteront le métier. Ça sera catastrophique. Et, au bout du compte, ce sont des dizaines de milliers d’enfants et leurs familles qui en subiront les conséquences », a conclu Mme Gratton.

          Les employé-es de la CDPDJ votent un mandat de grève pour faire débloquer la négociation

          Les travailleuses et les travailleurs de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) ont voté à 96 % pour l’unité générale et 95 % pour les conseillères et les conseillers juridiques en faveur d’un mandat de grève de cinq jours pour parvenir à régler leur négociation. Le Conseil du trésor doit maintenant débloquer les fonds pour reconnaître le travail et la valeur de ces travailleuses et de ces travailleurs.

          Le Conseil du trésor doit accorder la parité
          Rappelons que les employé-es de la CDPDJ sont sans convention collective depuis plus d’un an. Malgré la mobilisation des dernières semaines, le Conseil du trésor refuse toujours de délier les cordons de la bourse pour répondre aux revendications salariales légitimes des travailleuses et des travailleurs. C’est pour cette raison que le syndicat est allé de l’avant avec l’obtention d’un mandat de grève. La négociation achoppe particulièrement sur les enjeux salariaux. Depuis le début de la négociation, les travailleuses et les travailleurs de la CDPDJ réclament la parité avec les augmentations salariales obtenues dans le secteur public. Pour les conseillères et les conseillers juridiques, le syndicat demande la parité avec les avocats et les notaires de la fonction publique.

          « Les employé-es de la CDPDJ ont clairement exprimé leur mécontentement. Il est temps que le Conseil du trésor et la CDPDJ reconnaissent notre travail et nos compétences et pour cela, la moindre des choses est d’obtenir la parité avec les employé-es du secteur public », affirme Kathrin Peter, présidente du Syndicat des employé-es de la CDPDJ.

          « Il est encore possible pour le Conseil du trésor d’éviter une grève. Encore faut-il qu’il se mette sérieusement au travail et donne les mandats pour reconnaître la mission essentielle réalisée par les employé-es de la CDPDJ », de conclure Danny Roy, président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

          Le terme épicène professionnèles vise à représenter tous les membres de la fédération, indépendamment de leur genre.

          Santé et services sociaux : il est inadmissible de perdre son revenu en raison de la COVID-19

          Les organisations syndicales du réseau de la santé et des services sociaux (RSSS) dénoncent vigoureusement la décision du gouvernement du Québec d’obliger les travailleurs et les travailleuses à piger dans leur banque de congés personnels lorsqu’elles et ils sont contraints de s’isoler parce qu’un de leur proche a contracté la COVID-19. Comme la pandémie se poursuit, ces banques se vident rapidement et plusieurs personnes se retrouvent sans revenu! À quelques heures de l’adoption du projet de loi no 28, Loi visant à mettre fin à l’état d’urgence sanitaire et prévoyant le maintien temporaire de certaines mesures nécessaires pour protéger la santé de la population – qui brimera encore les droits des syndiqué·es du réseau – les porte-paroles de l’APTS, de la FIQ, de la FP–CSN, de la FSQ-CSQ, de la FSSS–CSN, du SCFP-FTQ, du SPGQ et du SQEES demandent au gouvernement Legault de revenir sur sa décision.

          « Est-ce que le gouvernement peut arrêter de s’acharner sur ceux et celles qui ont tenu, et qui tiennent encore, le réseau à bout de bras? Est-ce que le gouvernement peut montrer un minimum de reconnaissance envers ceux et celles qui ont dû – et se retrouvent encore à travailler dans des conditions inacceptables et croulent sous la charge de travail?», se demandent les représentantes et les représentants des quelque 270 000 salarié·es, dont plusieurs ont contracté la COVID-19 pendant qu’ils procuraient des services vitaux à la population.

          En effet, selon les règles applicables édictées par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), une personne salariée en contact étroit avec un cas positif à la COVID-19 – mais dont le test est négatif – est obligée de s’isoler. Elle doit alors piger dans ses banques de congés maladie ou personnels pour continuer à recevoir son salaire. C’est la même chose pour une personne positive mais asymptomatique, qui ne répond pas non plus à la définition d’invalidité et se trouve donc exclue d’office des prestations d’assurance salaire ainsi que de la CNESST. Si les banques sont épuisées, la personne tombe en congé sans solde et subit une perte de salaire. Or, même si cela fait plus de cinq mois que les banques ont été renflouées, beaucoup ont déjà dû y recourir pour d’autres urgences, amenuisant d’autant plus leur marge de manœuvre devant l’intransigeance du gouvernement.

          « Après plus de deux ans de lutte contre le virus, au péril de leur santé, il est inadmissible que l’on fasse payer les salarié·es du RSSS qui s’isolent afin de protéger les citoyennes et les citoyens les plus vulnérables de notre société. Le gouvernement doit trouver une voie de passage et nous sommes prêts à nous asseoir avec lui pour l’identifier », ont poursuivi les porte-paroles syndicaux.

          Hausse du prix de l’essence
          Et un nouveau problème vient s’ajouter pour ceux et celles qui ont bravé vents et marées afin d’offrir soins et services à la population. Dernièrement, le gouvernement a refusé d’ajuster à leur valeur réelle les montants compensatoires pour les frais d’utilisation des véhicules personnels dans le cadre du travail, ignorant sciemment la hausse de prix du carburant. Les syndicats ont aussi reçu un « non » catégorique à leur demande de versement d’un montant compensatoire afin de corriger les défaillances de la formule de calcul utilisée par le MSSS.

          « Présentement, la personne salariée doit payer de sa poche pour offrir des soins et des services à domicile ou pour rencontrer des familles suivies par la DPJ. Si le gouvernement peut s’entendre avec les camionneuses et les camionneurs, pourquoi ne le fait-il pas avec les salarié·es du RSSS? Ce qui est bon pour minou est bon pour pitou », ont conclu les porte-paroles.

          Les RMU et employé-es de bureau votent la grève

          Réunis en assemblée générale, hier, les répondantes et répondants médicaux d’urgence (RMU) de l’Estrie, de la Capitale nationale et de Montréal ainsi que le personnel de bureau de Montréal (Urgences-Santé) ont voté massivement en faveur d’un mandat de grève.

          Les RMU prodiguent les premiers soins téléphoniques dans des moments cruciaux, par exemple en donnant les instructions pour amorcer des manœuvres de réanimation, en cas d’étouffement ou d’accouchement, en attendant l’arrivée de l’ambulance ou des premiers répondants.

          Les fins de semaine sont particulièrement pénibles pour les RMU et le personnel de bureau. La surcharge de travail et les heures supplémentaires font partie de leur quotidien.

          De toute évidence, malgré le rôle crucial que jouent les RMU dans le système préhospitalier d’urgence, les conditions de travail en vigueur ne permettent pas d’attirer la relève Leurs conditions de travail se sont vraiment érodées si bien que les centrales ont maintenant de la misère à attirer la relève pour venir travailler comme RMU ou comme employÉe de bureau.

          Négociations

          « Les négociations pour renouveler les conventions collectives doivent permettre d’apporter des solutions pour tout le personnel du secteur préhospitalier enchaîne le représentant du secteur préhospitalier à la FSSS–CSN, Jean Gagnon. Tous les maillons de la chaîne sont importants. Ils ont beau œuvrer dans l’ombre, ils sont indispensables et le Conseil du trésor doit le reconnaître. Nous nous attendons à ce que la partie patronale ait de nouveaux mandats lors de notre prochaine rencontre du 9 juin ».

          Parmi les revendications communes aux trois syndicats CSN représentant les RMU ainsi que les employé-e-s de bureau d’Urgences-Santé, notons un relèvement des salaires, une bonification des congés pour tenir compte des enjeux de santé mentale et de conciliation famille-travail ainsi que la formation. Ils sont sans convention collective depuis le 31 mars 2020.

          Grève
          « Le travail des RMU est tellement essentiel que l’État a choisi de restreindre considérablement leur droit de faire la grève, ajoute la vice-présidente de la FSSS–CSN, Lucie Longchamp. Mais les RMU savent se montrer créatifs. Nous sommes sûrs que les dernières avancées réalisées par la CSN dans la défense du droit constitutionnel d’exercer la grève, y compris dans le secteur préhospitalier, leur permettront d’exercer un meilleur rapport de force pour qu’enfin on nous dépose des chiffres sérieux. » Le mandat de grève prévoit l’exercice de moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée, au moment jugé opportun.

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) représente plus de 200 répondantes et répondants médicaux à Montréal, Québec et Sherbrooke ainsi que plus de 100 employé-e-s de bureau chez Urgences-Santé. Elle compte plus de 120 000 membres dans les secteurs publics et privés, dont plus de 100 000 du réseau public de la santé et des services sociaux, partout au Québec, et ce, dans toutes les catégories de personnel. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS–CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

           

          Avoir le courage d’un réseau de la santé au service du bien commun

          Le bilan des 20 ans du modèle des groupes de médecine familiale publié par l’IRIS nous apprend notamment que malgré un financement conséquent, les GMF ont échoué à améliorer l’accès aux services de première ligne en santé. La FSSS demande au gouvernement Legault et aux médecins d’avoir le courage de remettre le bien commun au centre de leur pratique.

          Petit rappel historique : issue de mobilisations citoyennes, la création des CLSC privilégiait le travail en équipe multidisciplinaire afin d’améliorer la santé globale de l’individu, mais aussi de sa communauté. Or, le modèle CLSC n’a pas pu se développer, notamment à cause du boycottage systématique par les associations de médecins. « Il est temps que cesse cette mainmise des médecins sur notre réseau de la santé!  Les médecins devraient être au service du réseau de la santé et non pas que tout le réseau soit à leur service! » de déclarer Réjean Leclerc, président de la FSSS–CSN.

          Le modèle des GMF ne répond que peu aux besoins de la population : des heures d’ouverture réduites et un accès aux professionnel-les qui doit d’abord passer par un médecin, alors que l’on connait les difficultés persistantes pour avoir un médecin de famille. « Ce n’est pas acceptable que les GMF utilisent des prêts de services de professionnel-les venant du public, afin de servir les intérêts des médecins en premier. On demande au ministre Dubé plus de courage politique afin de favoriser le bien commun en santé. On invite les professionnel-les et les médecins à retourner vers les CLSC afin que soit mise en place une véritable première ligne médicale et psychosociale accessible à la population » de renchérir Réjean Leclerc.

          Redonnons aux Québécois et aux Québécoises ce qu’ils souhaitent : l’accessibilité aux services! Redonnons la fierté à la population de leur système de santé. Redonnons leurs lettres de noblesse aux CLSC en revenant à leur rôle pivot de la première ligne des soins de santé et de services sociaux au Québec avec un financement conséquent. C’est ce que souhaite la population et les travailleuses et travailleurs du réseau de la santé, car c’est l’ensemble de la société qui y gagnerait. La FSSS–CSN appelle les médecins à se joindre à ce modèle au service du bien commun.

          CHSLD : le rapport de la coroner cible plusieurs recommandations proposées par la CSN

          La Confédération des syndicats nationaux demande au gouvernement de donner suite à plusieurs des recommandations soumises par la coroner Géhame Kamel. Convertir les CHSLD privés, reconnaître le principe de précaution, augmenter le soutien à domicile et implanter des ratios font partie des priorités qui devraient être mises en branle rapidement pour éviter de revivre un drame comme celui de la pandémie.

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) avait d’ailleurs témoigné, durant l’enquête publique, sur certains des décès survenus dans des CHSLD durant la pandémie de COVID-19. Elle a expliqué comment la pandémie est devenue une tempête parfaite dans les résidences pour les aîné-es. La FSSS–CSN a ainsi montré à quel point le réseau était affaibli à l’arrivée de la pandémie et à quel point le refus de bien protéger le personnel ainsi que les usagères et usagers a fait mal.

          « Le gouvernement doit dès maintenant aller de l’avant avec les recommandations phares de la coroner. Il doit envoyer le signal selon lequel il va mieux protéger le personnel à l’avenir en reconnaissant le principe de précaution. Faire le virage vers le soutien à domicile est aussi une solution clé pour que ça aille mieux. Pour arriver à améliorer les choses, il va aussi falloir s’attaquer d’urgence aux conditions de travail du personnel du réseau », explique le président de la FSSS–CSN, Réjean Leclerc.

          Plus de la moitié des journalistes est victime de cyberharcèlement, dévoile une étude de la FNCC–CSN

          Plus de la moitié des journalistes, chroniqueuses, chroniqueurs, animatrices et animateurs des médias québécois a été victime de cyberharcèlement au cours des dernières années et les impacts personnels et professionnels occasionnés menacent la capacité des médias d’information à remplir le rôle qui leur revient : voilà les principales conclusions du premier projet de recherche d’envergure au Québec portant sur le phénomène du cyberharcèlement et de l’intimidation en ligne à l’endroit de ces travailleuses et ces travailleurs de l’information rendu public aujourd’hui par la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN).

          « Nous sommes tous interpellés par les résultats de cette étude, autant du côté syndical que du côté des entreprises de presse et du gouvernement, a réagi la présidente de la FNCC–CSN, Annick Charette. Les impacts du phénomène grandissant de l’intimidation en ligne auprès du personnel des médias d’information sont des plus inquiétants : les journalistes affirment vivre une perte de confiance et subir une perte de productivité après de telles agressions. Leur attention en est accaparée au point tel que plusieurs d’entre eux évitent depuis de couvrir certains sujets d’actualité. Quand on constate la faible prévalence de mesures de prévention et de soutien en matière de cyberharcèlement, nous sommes d’avis qu’un ensemble de mesures devient nécessaire pour nous assurer que les travailleuses et travailleurs de l’information puissent effectuer leur travail dans des conditions permettant une totale liberté de presse, condition essentielle à notre démocratie. »

          C’est à l’approche de la Journée mondiale de la liberté de la presse, qui aura lieu le mardi 3 mai prochain, que l’organisation syndicale a dévoilé le rapport de cette étude menée auprès de 264 journalistes, chroniqueurs et animateurs. Les constats posés par les auteurs de l’étude, Stéphane Villeneuve et Jérémie Bisaillon, sont inquiétants :

          • 50,8 % des répondantes et répondants affirment avoir été victimes de cyberintimidation ;
          • 17,8 % affirment avoir reçu des menaces visant leur intégrité physique;
          • 7,2 % ont reçu des menaces de mort;
          • La moitié des victimes de cyberharcèlement considère ces événements comme « inévitables » ;
          • 41,8 % des victimes indiquent devoir vivre avec le stress engendré; 32,8 % en ressentir de la colère ;
          • 23,9 % expriment souffrir d’une perte de confiance;
          • 23,1 % sont affectés par une perte de productivité dans leur travail;
          • Enfin, 13,4 % des victimes de cyberintimidation affirment avoir évité de couvrir certains sujets controversés dans le cadre de leur travail; 8,2 % indiquent même avoir songé à quitter leur emploi.

          Mesures d’encadrement déficientes
          Ce projet de recherche permet de mettre en lumière les graves manquements constatés en matière de prévention du cyberharcèlement au sein des entreprises médiatiques et des mesures de soutien aux victimes apportés par les employeurs. En effet, les résultats de l’étude constatent les faits suivants :

          • 71,4 % des journalistes, chroniqueuses, chroniqueurs, animatrices et animateurs sondés affirment qu’il n’existe, au sein de leur entreprise médiatique, aucune mesure visant à prévenir les actes de cyberharcèlement;
          • 65,2 % des répondantes et répondants indiquent qu’il n’existe pas de mesures visant à soutenir les victimes après un acte de cyberharcèlement;
          • Cependant, précise l’étude, lorsque des mesures sont en place, elles sont considérées comme suffisantes et adéquates par 65,3 % des répondantes et répondants.

          Devant de tels résultats, la FNCC–CSN interpellera au cours des prochaines semaines ses syndicats affiliés, les entreprises de presse ainsi que les principaux représentants gouvernementaux afin de mettre en œuvre les recommandations de ce rapport. Celles-ci incluent notamment l’introduction de protocoles clairs, au sein des médias d’information, de gestion des actes de cyberharcèlement, de la formation auprès des travailleuses et des travailleurs de l’information et de la reconnaissance de ce phénomène par les législations appropriées. À cet effet, la fédération suivra attentivement les travaux portant, à la Chambre des communes, sur l’encadrement légal des propos haineux tenus en ligne.

          Réalisée conjointement par la FNCC–CSN et le Service aux collectivités de l’UQAM, l’étude intitulée Évaluation de l’ampleur du phénomène du cyberharcèlement dans le milieu de l’information : types, conséquences et actions entreprises a été réalisée par les chercheurs Stéphane Villeneuve et Jérémie Bisaillon, respectivement professeur et chargé de cours au Département de didactique de l’UQAM, auprès de 264 journalistes, chroniqueurs et chroniqueuses et animateurs et animatrices des principaux médias du Québec.

          Le projet de loi 35 doit être adopté avant la fin de la session parlementaire, estiment les associations d’artistes

          Les principales associations d’artistes (l’APASQ, l’AQAD, l’ARRQ, la GMMQ, la FNCC–CSN, la SARTEC, TRACE, l’UDA et l’UNEQ) se réjouissent du dépôt ce matin par la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, du projet de loi 35 visant à moderniser les lois sur le statut de l’artiste.

          Les associations d’artistes sont grandement satisfaites de constater que les artistes œuvrant dans les secteurs de la littérature, des arts visuels et des métiers d’arts seront dorénavant considérés comme des artistes à part entière et bénéficieront des protections apportées par la loi, notamment le droit à la négociation collective auquel ils n’ont pas droit actuellement.

          Elles se réjouissent également que le projet de loi introduise des dispositions en matière de harcèlement psychologique et sexuel et qu’il confère de nouveaux pouvoirs au Tribunal administratif du travail, notamment pour encadrer la négociation d’ententes collectives, le recours à la médiation en cas d’impasse et l’arbitrage de griefs visant l’application conforme des ententes négociées, tel qu’elles le souhaitaient.

          Conscientes des courts délais avant la fin de la présente session parlementaire, ces associations d’artistes demandent au gouvernement ainsi qu’aux partis d’opposition de tout faire pour faciliter les travaux entourant ce projet de loi en vue de son adoption, incluant la possibilité de saisir une autre commission parlementaire moins contingentée que celle portant sur la culture et l’éducation. Elles souhaitent pouvoir en discuter rapidement en commission parlementaire afin de faire valoir les importantes avancées que contient le projet de loi 35 en matière de droits du travail des artistes.

          Elles pourront par ailleurs y exprimer certains questionnements, notamment quant à  l’article 68.6 conférant au gouvernement le pouvoir d’imposer, par règlement, des conditions minimales de travail pour l’ensemble un secteur artistique donné, ainsi que l’absence de mécanismes de reddition de comptes assurant le respect de conditions minimales de travail par les producteurs bénéficiaires des subventions de l’État et de ses organismes publics.

          L’ensemble des revendications portées par les associations peut être consulté à l’adresse suivante : www.commetoutlemonde.org

          Représentant plus de 26 000 travailleuses et travailleurs de tous les secteurs confondus à travers le Québec, les neuf associations œuvrant dans le milieu des arts et de la culture sont les suivantes :

          Association des professionnels des arts de la scène du Québec (APASQ) et Association québécoise des autrices et auteurs dramatiques (AQAD)
          Manon Gagnon, 514 214-0124

          Union des artistes (UDA)
          Sylvie Lahaie
          514 288-7150 poste 1227

          Guilde des musiciens et des musiciennes du Québec (GMMQ)
          Kiara Vilchez, 514 842-2866 poste 229

          Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ)
          Stéphanie Brûlé, 514 842-7373 poste 223 

          Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTEC)
          Isabelle Froment, 438 522-5381

          Union des écrivaines et écrivains québécois
          Jean-Sébastien Marsan, 514 859-8540 poste 225

          Les répondantes et répondants médicaux d’urgence (RMU) en moyens de pression

          Sans convention collective depuis le 31 mars 2020, les répondantes et répondants médicaux d’urgence (RMU) et employé-es de bureau des régions de Montréal–Laval, de la Capitale nationale et de l’Estrie, membres de la CSN, entameront des moyens de pression tels que décidés lors d’assemblées générales tenues lundi.

          Les RMU jouent un rôle névralgique au sein des services préhospitaliers d’urgence bien qu’ils œuvrent constamment dans l’ombre. Ce sont ces personnes qui répondent aux appels d’urgence médicale. Elles répondent avec diligence aux appels, font preuve d’empathie et de réconfort. Ce sont elles qui initient les premiers secours dans des moments cruciaux, par exemple en donnant les instructions pour amorcer des manœuvres de réanimation en attendant l’arrivée de l’ambulance ou des premiers répondants, ce que l’on appelle les soins immédiats téléphoniques. Ce sont aussi les RMU qui dirigent les appels vers les équipes de paramédics sur le terrain, qui leur attribuent le bon niveau de priorité et assurent le suivi des appels jusqu’à ce que leur intervention soit complétée.

          Les employé-es de bureaux assurent pour leur part tout le soutien administratif et sont également dans l’ombre. Ils voient, entre autres, au comblement des effectifs des paramédics, employés de soutien et RMU, ils œuvrent à l’informatique, à l’entretien général, aux comptes-clients et à la facturation,  ils s’occupent de la paie et des ressources humaines. Sans eux, la roue ne tourne pas.

          Plusieurs rencontres de négociation ont eu lieu chez Urgences-santé de Montréal et de Laval, mais les offres patronales font l’impasse sur les enjeux que souhaitent aborder les RMU et les employé-es de bureau, notamment en ce qui a trait aux questions à incidence financière. Dans la Capitale nationale et en Estrie, où les services sont assurés par le secteur privé et financés par l’État, les négociateurs syndicaux ont procédé à une sixième relance la semaine dernière auprès de la Corporation des services ambulanciers du Québec (CSAQ) afin de commencer la négociation, mais rien ne bouge.

          Pour le représentant du secteur préhospitalier à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Jean Gagnon, les RMU et les employé-es de bureau ont fait preuve de beaucoup de patience jusqu’à maintenant. « Le gouvernement ne prend pas les travailleuses et les travailleurs au sérieux. Eux aussi ont été fortement sollicités par la crise. Ils sont à bout de souffle. Il y a des problèmes de recrutement et de rétention de la main-d’œuvre importants chez les RMU et le personnel de bureau. Le gouvernement joue avec le feu en laissant traîner ces négociations en longueur ».

          Moyens de pression
          Au cours des prochaines semaines, les trois syndicats exerceront des moyens de pression. De nouvelles assemblées générales seront convoquées dans quelques semaines pour voter la grève, si nécessaire.

          Toujours pas d’entente dans sept CPE de l’Estrie

          La négociation concernant le renouvellement des conventions collectives des travailleuses et des travailleurs des CPE affiliés à la CSN en Estrie est loin d’être terminée, alors que sept établissements n’ont toujours pas d’entente. Des enjeux au niveau local, tels les ratios de vacances, demeurent au cœur du litige. Dans la plupart dans cas, ce sont les employeurs qui sont en demande afin de limiter la prise de vacances.

          Pourtant, lors d’une assemblée générale du Syndicat des travailleuses et des travailleurs des CPE de l’Estrie – CSN (STTCPEE–CSN) qui a eu lieu ce samedi , les salarié·es de 28 CPE ont adopté à l’unanimité une entente de principe intervenue entre les représentantes et représentants du syndicat et ces employeurs au cours de la dernière semaine. Cette entente concerne des sujets qui n’étaient pas abordés lors de la négociation au niveau national. On se rappelle qu’une entente de principe touchant les enjeux salariaux avait été adoptée à 98 % avant la période des fêtes.

          Le STTCPEE–CSN se désole de l’entêtement de certains employeurs à ne pas vouloir conclure la convention collective. « Nous sommes à la fois heureux pour celles et ceux qui ont pu se prononcer sur une entente de principe globale, fermant ainsi un long chapitre de la présente négociation, mais extrêmement déçus de l’attitude de certaines directions qui semblent vouloir profiter de l’épuisement des travailleuses et des travailleurs afin d’imposer leur volonté, se désole Mme Lise Deschênes, présidente du STTCPEE–CSN. Nous espérons pouvoir conclure rapidement ces conventions collectives, car il reste peu de sujets sur la table », conclut-elle.

          Pour le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE–CSN), il est hors de question de laisser tomber. « Nous sommes extrêmement fâchés, martèle Denis Beaudin, président du CCSNE–CSN. Nous allons appuyer les travailleuses et les travailleurs jusqu’à ce que la dernière entente soit votée. Des moyens d’action sont d’ailleurs à prévoir au cours des prochains jours afin de faire avancer ces négociations et nous espérons également que les parents feront entendent raison à ces gestionnaires récalcitrants. »

          Les établissements où la négociation n’est pas encore terminée sont les suivants :

          • CPE L’Enfantillage (Coaticook)
          • CPE Entre amis (Coaticook)
          • CPE Imagémo (Sherbrooke)
          • CPE Jeunestrie (Sherbrooke)
          • CPE Les amis du globe (Sherbrooke)
          • CPE La Pleine Lune (Magog et Eastman)
          • CPE Les Stroumps (Sherbrooke)

          Alliance historique entre la CSN et Nature Québec pour protéger les forêts

          Nature Québec et la Confédération des syndicats nationaux lancent aujourd’hui une alliance pour revendiquer des améliorations à la gestion des forêts québécoises. L’organisation environnementale et la fédération syndicale collaboreront pour proposer des solutions au gouvernement Legault afin de protéger les forêts et les communautés qui dépendent des écosystèmes forestiers en santé.

          La Fédération de l’industrie manufacturière de la CSN (FIM–CSN), qui rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis au sein de 320 syndicats partout au Québec, s’inquiète pour l’avenir des emplois du secteur forestier. « Les décisions du gouvernement appauvrissent les forêts, ce qui risque d’avoir des impacts sur les volumes récoltés, la qualité de la fibre et sur les emplois qui y sont rattachés. Le manque de vision globale du ministère des Forêts pourrait même nous faire perdre nos certifications qui, au bout du compte, nuiraient à la réputation du régime forestier sur le marché international. Nous sommes inquiets pour les travailleurs, les travailleuses et les communautés qui dépendent d’une forêt en bonne santé. L’alliance entre la CSN et Nature Québec sera l’occasion d’offrir des solutions qui permettront de maintenir les emplois tout en protégeant les écosystèmes forestiers », explique Louis Bégin, président de la FIM–CSN.

          Nature Québec, qui a participé activement à la Commission Coulombe sur la gestion de la forêt publique québécoise et à la dernière modernisation du régime forestier, considère que le Québec est prêt pour un changement de paradigme en matière d’exploitation forestière. « La vision des enjeux forestiers du ministère des Forêts est simpliste et dépassée. Le gouvernement doit voir la gestion des forêts d’une manière globale et intégrée, en s’assurant que l’aménagement forestier est réalisé en harmonie avec la protection des espèces menacées comme le caribou, la création d’aires protégées, le récréotourisme, les droits des peuples autochtones, le maintien d’emplois de qualité et les retombées pour les communautés locales. Pendant que le gouvernement Legault s’entête à voir les forêts uniquement comme le bois qui peut y être coupé, c’est tout le monde qui perd au change », affirme Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec.

          La CSN et Nature Québec invitent les organisations environnementales, les groupes citoyens, les communautés autochtones, les syndicats, les scientifiques, les élu-es, les citoyennes et les citoyens à se joindre à cette initiative. « Dans les prochains mois, nous serons très actifs pour proposer des changements concrets à la gestion des forêts qui seront bénéfiques pour l’environnement et les emplois. Nous invitons donc toutes les personnes intéressées par l’avenir des forêts québécoises à se joindre à notre alliance pour que le milieu se fasse enfin entendre », explique Caroline Senneville, présidente de la CSN.

          « Le ministère des Forêts ne respecte pas sa mission première, qui est d’assurer la conservation et la mise en valeur des forêts dans une perspective de gestion durable. Ce ministère a failli à sa tâche, ce qui nous oblige à intervenir pour sauver les forêts et toutes les espèces qui y sont liées, incluant les humains », conclut Mme Simard.

          L’avenir politique sera féministe!

          Le comité condition féminine du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE–CSN) et le comité femmes du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS–CSN) souhaitent souligner la Journée internationale des droits des femmes 2022 en invitant toute la population estrienne à réfléchir à ce que nous réserve l’avenir politique féministe!

          En effet, les dernières années ont été l’occasion pour plusieurs Québécoises de mener des campagnes électorales étonnantes et de remporter des élections aux niveaux municipal, provincial et fédéral. Dans le but d’ouvrir un espace de réflexion sur cette nouvelle réalité, des panélistes estriennes provenant de divers horizons politiques discuteront des défis que représente le fait d’être une femme en politique et des opportunités que cela peut offrir pour les femmes et pour la société.

          « Malgré l’état de droit dans lequel nous évoluons toutes et tous, au Québec, il reste que de nombreux obstacles se dressent encore sur le parcours des femmes qui souhaitent être actives en politique, remarque Catherine Ladouceur, secrétaire générale du CCSNE–CSN. Mais heureusement, cela les empêche de moins en moins d’y prendre leur place! »

          Et l’Estrie n’est pas en reste à cet égard. Le panel a d’ailleurs été pensé afin de présenter une diversité de profils : les panélistes sont nouvellement arrivées en politique ou riches d’une longue expérience; elles proviennent de grandes et moins grandes organisations; elles occupent des postes à différents paliers gouvernementaux; elles s’associent à différentes visions. Mais dans tous les cas, elles vivent une expérience spécifique en politique du fait qu’elles sont des femmes.

          « Pourquoi est-ce plus difficile de recruter des femmes en politique? soulève Julie Dionne, présidente du SPECS–CSN. Les attentes de la population ou de leurs collègues masculins à leur égard sont-elles différentes? Comment contrer la violence dont sont victimes de nombreuses femmes politiques? La parité obligatoire est-elle nécessaire? Voilà quelques-uns des enjeux dont on avait envie de discuter avec les panélistes. Et le public sera aussi invité à poser ses questions! »

          L’événement se veut non partisan, convivial et ouvert à toute la population.

          Femmes et politique en Estrie
          Soirée panel et discussion – mardi 26 avril 2022 – 19 h à 21 h
          Théâtre Granada de Sherbrooke
          Entrée : porter l’épinglette du 8 mars 2022 ou en acheter une sur place (3 $)
          https://www.facebook.com/events/513000727074060

          Réforme de la Loi sur le statut de l’artiste : François Legault doit respecter sa promesse, estiment les Québécoises et les Québécois

          Dans une proportion de 75 %, la population du Québec considère que le premier ministre François Legault doit respecter son engagement à réformer la Loi sur le statut de l’artiste au cours de son premier mandat, indique un sondage Léger mené au cours des dernières semaines à la demande de neuf associations du secteur des arts et de la culture.

          Alors que les résultats de ce sondage témoignent d’un fort appui de la population envers leurs revendications, ces associations – l’APASQ, l’AQAD, l’ARRQ, la GMMQ, la FNCC–CSN, la SARTEC, TRACE, l’UDA et l’UNEQ – demandent au premier ministre et à la ministre de la Culture et des Communications de déposer, avant la fin du mois d’avril, le projet de loi préparé en ce sens afin que les parlementaires puissent avoir le temps de compléter les travaux et procéder à l’adoption de la réforme avant l’ajournement de la session parlementaire et la tenue d’élections générales à l’automne.

          Les artistes : des travailleuses et des travailleurs comme tout le monde
          Pour ces organisations représentant plus de 26 000 artistes, toutes disciplines confondues, les résultats de ce sondage, mené par la firme Léger du 11 au 14 mars dernier auprès de 1009 répondants, démontrent la légitimité de leurs revendications :

          • 83 % des répondants considèrent que les artistes devraient bénéficier des mêmes droits et des mêmes protections que les autres travailleurs québécois;
          • 84 % de la population considère que les artistes devraient avoir droit à des conditions minimales de travail négociées, applicables à tous leurs contrats;
          • 87 % des répondants estiment que les artistes devraient être couverts par la Loi sur la santé et sécurité du travail et être protégés lors d’accidents de travail ou de maladies professionnelles;
          • Enfin, 83 % estiment que les artistes, comme les autres travailleurs, devraient bénéficier des dispositions en matière de harcèlement prévues par les normes du travail.

          Bien qu’une majorité de producteurs établis acceptent de négocier des ententes avec les associations d’artistes reconnues, de nombreuses brèches de la loi actuelle permettent à certains de n’appliquer aucune forme de condition minimale de travail – tout en recevant, de surcroit, des subventions de la part du gouvernement et de ses sociétés publiques. Cette situation doit être corrigée, estime la population du Québec :

          • 84 % des Québécoises et des Québécois affirment que le gouvernement et les sociétés publiques devraient s’assurer que les entreprises culturelles qui reçoivent des subventions respectent des conditions minimales de travail;
          • Dans une même proportion, ils jugent que les producteurs qui ne respectent pas les conditions minimales de travail des artistes ne devraient plus avoir accès au financement public;
          • Seulement 19 % de la population juge acceptable que le revenu médian des artistes soit inférieur à 25 000 $ par année.

          Les organisations à l’origine de ce sondage, dont les résultats complets sont disponibles à l’adresse www.commetoutlemonde.org/fichiers/SondageLeger_LSA.pdf, rappellent que c’est en constatant la précarité et la pauvreté qui prévalaient au sein de la communauté artistique que le Québec lui avait octroyé, en 1987, le droit de négocier des ententes collectives avec les associations de producteurs afin de baliser l’industrie et d’établir des conditions minimales de travail, les artistes n’étant protégés ni par les dispositions des Normes du travail ni par celles du Code du travail du Québec. Après 35 ans d’application, les nombreuses brèches doivent être corrigées, soutiennent-elles, afin que des conditions minimales de travail s’appliquent à tous et à toutes.

          Elles s’entendent également sur la nécessité de mettre un terme aux disparités entre différentes catégories d’artistes soumises à des environnements légaux distincts. Elles demandent ainsi au gouvernement d’octroyer aux écrivaines et aux écrivains, ainsi qu’aux autrices et auteurs dramatiques, le droit, pourtant conféré aux artistes de la scène, du disque et du cinéma, de négocier des ententes collectives dont ils sont aujourd’hui privés.

          Dans le même esprit, les neuf associations demandent au gouvernement d’intégrer au sein de la loi certaines disciplines artistiques qui demeurent exclues de son application : les scénographes, éclairagistes, costumières et costumiers et autres concepteurs et conceptrices des arts de la scène devraient bénéficier du même statut que les autres artistes. Elles rappellent que les dernières modifications apportées à la loi en 2009 n’ont pas intégré ceux-ci, contrairement à leurs collègues œuvrant en cinéma, en publicité et en vidéoclip.

          L’ensemble de ces revendications peut être consulté à l’adresse suivante : www.commetoutlemonde.org

          Représentant plus de 26 000 travailleuses et travailleurs de tous les secteurs confondus à travers le Québec, les neuf associations œuvrant dans le milieu des arts et de la culture sont les suivantes :

          La FEESP–CSN réclame d’urgence une hausse des salaires des conductrices et conducteurs du transport scolaire

          Après des années de revendications infructueuses auprès du ministère de l’Éducation pour tenter de régler le grave problème de pénurie de main-d’œuvre qui continue de sévir dans le transport scolaire partout au Québec, le Secteur transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) a déposé vendredi une pétition, accessible dès maintenant sur le site de l’Assemblée nationale, afin de réclamer d’urgence une hausse significative des salaires des conductrices et conducteurs de véhicules scolaires, autobus comme berlines. Cette pétition est parrainée par la députée de Sherbrooke et porte-parole du deuxième groupe d’opposition en éducation, Christine Labrie.

          Des milliers de trajets annulés
          « Au cours des dernières semaines, la pénurie de conductrices et conducteurs de véhicules scolaires a atteint un sommet inégalé. Uniquement au Centre de services scolaires des Affluents, plus de 2600 parcours ont dû être annulés à ce jour en raison du manque de conducteurs. Au Centre de services scolaires des Samares, la situation est similaire, avec environ 3500 parcours qui ont dû être annulés depuis le début de l’année scolaire. Pour ces deux Centres de services scolaires seulement, cela équivaut à plus de 1500 élèves qui n’ont pas de service chaque jour. C’est absolument inacceptable », a déploré Josée Dubé, présidente du Secteur transport scolaire de la FEESP–CSN et présidente du Syndicat des travailleurs des Autobus Gil-Ber–CSN.

          Cette situation n’est pas propre à la région de Lanaudière; elle touche l’ensemble des régions du Québec. À l’heure actuelle, on estime qu’il manque environ 1200 conductrices et conducteurs pour endiguer la pénurie, ce qui constitue un frein à l’accès à l’éducation, car plusieurs élèves manquent l’école quotidiennement, faute de transport scolaire.

          Un besoin évalué à 90 M$
          « Aujourd’hui, nous mettons en ligne une pétition pour revendiquer une enveloppe dédiée exclusivement à l’amélioration des salaires des conductrices et conducteurs. Il s’agit d’un besoin criant qui est évalué à environ 70 M$ par année, en plus des 20 M$ déjà affectés au Programme d’aide financière pour la rétention des conducteurs d’autobus scolaire (PAFCAS), qui n’a démontré aucun effet sur l’attraction ni la rétention de personnel, puisqu’il ne modifie pas substantiellement les conditions salariales de l’emploi », a déclaré Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP–CSN.

          Accentuation des moyens de pression et appel à la mobilisation
          D’autres actions de mobilisation seront effectuées d’ici la fin mai pour faire pression sur le gouvernement. En ce sens, la sortie des nouvelles règles budgétaires pour le transport scolaire est l’occasion parfaite pour régler le problème. « Il est temps de cesser les demi-mesures et de régler le problème pour de bon, sans quoi le service fiable et sécuritaire du transport scolaire sera en péril. Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge se doit d’agir maintenant ! », a ajouté la présidente du Conseil central de Lanaudière–CSN, Patricia Rivest.

          « Aujourd’hui, j’appelle les conducteurs et conductrices des quatre coins du Québec à se mobiliser, à faire circuler la pétition et à interpeller les élu-es de leurs régions. On invite aussi les parents, premières victimes de la pénurie de conducteurs et conductrices, à se mobiliser en vue d’un refinancement du transport scolaire pour préserver le droit à l’accès à l’éducation de leurs enfants », a conclu Josée Dubé.

          Lien vers la pétition
          https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-9581/index.html

          Adoption du projet de loi 1 : une occasion manquée de faire mieux pour les familles

          Bien qu’elle salue l’effort mis pour améliorer la situation, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN) accueille avec déception l’adoption telle quelle du projet de loi 1. Dans un contexte de manque criant de places subventionnées et de travailleuses, la FSSSCSN pense que le ministre de la Famille aurait dû profiter du changement de loi pour doter le Québec d’un véritable réseau complet de services de garde éducatifs à contribution réduite.

          Pour Lucie Longchamps, vice-présidente des secteurs privés à la FSSSCSN : « La conversion des garderies privées vers le réseau des CPE et des milieux familiaux régis n’est pas assez substantielle. On va rester avec un réseau à deux vitesses encore trop longtemps pour trop de parents et d’enfants. Pourquoi ne pas faire immédiatement ce qui devrait être fait pour un réseau de garde uniforme ? »

          Pour la FSSSCSN, la question des personnes non reconnues en service de garde reste également un enjeu. Pour Chantal Racicot, représentante du secteur des Responsables des Services de garde en milieu familial de la FSSSCSN « Des changements législatifs et des projets de loi ça ne se change pas si souvent, ça aurait été le moment d’en faire plus pour le réseau des services de garde. Ce changement de loi était une occasion en or d’inclure plus rapidement au réseau et surtout de subventionner les responsables de services de garde non reconnues, quatre ans ce sera beaucoup trop long pour des milliers de parents et surtout d’enfants qui sont dans ces services sans réelle surveillance. »

          Rappelons également que la notion du ratio-bâtisse dans les CPE n’a pas été retirée de ce projet de loi. C’est un grand enjeu pour la FSSSCSN à cause de la surréservation qu’elle engendre. Pour Stéphanie Vachon, représentante des CPE, la position du ministre sur la question du ratio-bâtisse est décourageante. « Le ministre vise la flexibilité, mais au quotidien dans les CPE, les éducatrices vivent avec de l’overbooking. Le ratio enfant-éducatrice déborde presque toute la journée, tous les jours! On ne peut pas continuer comme ça! »

          « Le manque criant de places en service de garde, surtout dans les services de qualité à contribution réduite comme les CPE ou en milieu familial subventionné, enferme des milliers de femmes devant le non-choix de devoir rester à la maison. Nous nous attendons encore à ce que le ministre en fasse davantage! », de conclure Lucie Longchamps.

           

          Secteur public : CSN, CSQ, FTQ, FIQ et FIQP conviennent d’un protocole de solidarité

          La CSN, la CSQ, la FTQ, la FIQ et la FIQP ont entériné cette semaine un protocole de non-maraudage en prévision de la période de changement d’allégeance prévue en juillet prochain. Cette entente traduit la volonté des parties signataires au protocole de concentrer leurs efforts autour de la préparation à la prochaine négociation nationale des conventions collectives dans le secteur public, dont les travaux devraient débuter à l’automne.

          Ce protocole de non-maraudage s’appliquera à toutes les organisations syndicales signataires du protocole et leurs affiliés. Celles-ci ont convenu de ne pas solliciter les membres d’une autre organisation et de n’appuyer aucune initiative locale allant en ce sens.

          La pandémie a révélé l’apport indispensable des travailleuses et des travailleurs dans le maintien des services publics, ainsi qu’elle a exacerbé la dégradation de leurs conditions de travail avec l’imposition d’arrêtés ministériels. Cette solidarité syndicale donnera à chacune des organisations les coudées franches pour s’y attaquer.

          Chaque organisation syndicale, en vertu de ses structures démocratiques, prendra les décisions relatives à la prochaine négociation nationale. Les conventions collectives du secteur public viendront à échéance le 31 mars 2023.

          Votre milieu de travail est-il bien protégé ?

          Ce 6 avril marque l’entrée en vigueur du régime intérimaire sur les mécanismes de prévention prévu par la modernisation de la Loi sur la santé et sécurité du travail (LSST). Un dossier qui parait dense et qui interpelle trop peu le public, mais qui a pourtant un impact massif dans la vie au travail des Québécois et des Québécoises.

          Depuis ce 6 avril, en plus de l’obligation de se doter d’un comité en santé et sécurité du travail, tous les milieux de travail ayant au moins 20 personnes salariées, qu’ils soient syndiqués ou non, devront choisir une personne représentante en santé et sécurité. Sélectionnée par les travailleurs et les travailleuses, cette personne aura comme mission de protéger les intérêts des travailleuses et des travailleurs de son établissement afin d’agir en prévention et diminuer les risques de lésions professionnelles. D’ailleurs, les milieux de moins de 20 personnes salariées devront également nommer un agent de liaison en santé et sécurité, un représentant aux pouvoirs plus restreints, mais qui aura sensiblement le même rôle. Cette fonction de chien de garde, auparavant exclusivement réservée à certains secteurs d’activité, est essentielle pour assurer un milieu de travail sain et sécuritaire autant sur le plan physique que psychologique. Les secteurs d’activités prioritaires qui y avaient droit dans l’ancienne mouture de la LSST ont vu chuter drastiquement leur nombre de décès liés aux accidents du travail.

          La généralisation de cette fonction à tous les secteurs d’activités est une revendication que les centrales syndicales portent depuis plus de 40 ans déjà. La personne représentante à la santé et la sécurité peut faire la différence pour que personne n’ait à risquer sa vie au travail. Nous unissons donc nos voix aujourd’hui pour encourager tous les travailleurs et les travailleuses du Québec à se prévaloir de ce nouveau droit pour rendre nos milieux de travail sécuritaire.

          Nous nous sommes exprimées à plusieurs reprises publiquement ainsi qu’auprès de la CNESST et du ministre Jean Boulet pour dire que le projet de loi de la CAQ en santé et sécurité du travail menaçait les droits acquis des groupes prioritaires, imposait des reculs importants pour les femmes et n’allait pas assez loin là où il y avait certains gains. N’oublions pas non plus que le projet de la CAQ comporte d’immenses reculs en matière d’indemnisation. Nous avons présenté plusieurs solutions au ministre, qui a plus souvent préféré mettre en œuvre celles des organisations patronales. Ces pressions nous ont certes permis de faire quelques gains, dont celui du régime intérimaire, mais il faut toutefois le dire, nous sommes encore très loin de ce que nous espérions quand le gouvernement nous faisait miroiter une modernisation de ladite loi. Notamment, il faut s’assurer que le temps prévu pour que les personnes en santé et sécurité soient suffisant pour qu’ils puissent jouer efficacement leur rôle.

          Nous souhaitons cela dit que les milieux de travail saisissent aujourd’hui toute l’importance de ce nouveau poste crucial et assurent sa mise sur pied dès aujourd’hui.

          Chaque année, c’est plus de 100 000 personnes qui sont victimes de lésions professionnelles à la suite d’expositions à des risques dans leurs milieux de travail. En plus des nombreux décès, le dernier rapport de la CNESST à ce sujet dénombrait 173 décès causés par le travail, seulement qu’en 2020. Un seul décès sera toujours inacceptable. Il est donc essentiel que tous les acteurs du milieu de travail, syndiqués ou non, se mettent de la partie. Le régime intérimaire est une occasion pour les employeurs de se mettre en action, d’ouvrir le dialogue et de considérer la voix des travailleurs et travailleuses qui connaissent les risques présents dans leur milieu de travail ainsi que les solutions pérennes pour y remédier.

          Mais la Loi 27 n’est pas entièrement finalisée : au cours des prochains mois, les organisations syndicales seront à l’affût et participeront à un processus d’élaboration de certains règlements à la CNESST afin, entre autres, d’établir des balises règlementaires sur plusieurs aspects – notamment les soins et traitements offerts aux victimes –, et de veiller au déploiement des mécanismes de prévention dans les différents milieux de travail du Québec. Les organisations syndicales profiteront de chaque occasion qui leur est donnée pour que la modernisation du régime en SST soit une occasion de protéger davantage les travailleuses et les travailleurs, et redevenir le chef de file en matière de santé et sécurité au travail.

          Nous avons désormais des outils qui peuvent sauver des vies et protéger l’intégrité de milliers d’autres, il faut s’en prévaloir dès maintenant !

           

          Daniel Boyer, président de la FTQ

          Caroline Senneville, présidente de la CSN

          Éric Gingras, président de la CSQ

          Luc Vachon, président de la CSD

           

           

          La CSN lance sa campagne nationale en santé-sécurité du travail

          Le 6 avril 2022 marque l’entrée en vigueur du régime intérimaire des mécanismes de prévention et de participation de la nouvelle loi 27. La Confédération des syndicats nationaux (CSN) saisit cette occasion pour lancer sa nouvelle campagne nationale en santé-sécurité du travail, qui a pour but d’enraciner cet enjeu crucial dans tous les milieux de travail sans exception et de le placer dans les priorités de notre action syndicale.

          « C’est sous le thème Pour vraiment protéger tout le monde que nous lançons notre nouvelle campagne puisque les contrecoups de la loi 27 que devront encaisser les syndiqué-es et les non-syndiqué-es sont nombreux. La CSN s’assura que les organisations patronales siégeant à la Commission des normes, de l’équité et de la santé et sécurité du travail (CNESST) ne soient pas tentées d’imposer des reculs aux travailleuses et aux travailleurs couverts par les mécanismes de prévention des groupes prioritaires, de souligner Caroline Senneville, présidente de la CSN. Plus que jamais, nous devrons revendiquer que les mêmes protections soient appliquées de façon intégrale à toutes et à tous, et ce, peu importe le secteur d’activité dans lequel s’effectue le travail. »

           « Notre campagne s’étalera sur cinq ans et vise une bonification des lois en SST du fait que nous pouvons encore revendiquer des modifications à la loi 27 durant cette période cruciale. Malgré les reculs imposés, il est important de souligner que la loi comporte de nouvelles obligations pour tous les employeurs. En voici quelques exemples : de nouvelles responsabilités avec l’introduction des comités paritaires dans tous les milieux de travail de 20 salarié-es et plus ; l’identification obligatoire de tous les risques en SST liés à l’emploi, incluant les risques psychosociaux et ; l’introduction des représentants des travailleuses et travailleurs en SST dans tous les milieux de travail, de renchérir David Bergeron-Cyr, vice-président de la CSN et responsable politique de la SST. Il s’agit donc d’une occasion à saisir pour tous les milieux où la SST n’est pas encore à l’ordre du jour. »

          « Depuis leurs fondations, les treize conseils centraux de la CSN au Québec travaillent de très près avec tous les syndicats de leurs régions respectives en matière de SST. Ils offrent les formations, le soutien et l’appui aux blessé-es et aux victimes d’une lésion ou d’un accident de travail devant les instances et les tribunaux. Nous serons donc plus que jamais au front pour constater les failles des nouvelles lois, en plus de faire appliquer les nouvelles règles qui toucheront désormais tous les milieux de travail. Pour nous, il s’agit de faire avancer la cause des travailleuses et des travailleurs, de lutter pour défendre leurs droits », de conclure Chantal Ide, vice-présidente du Conseil Central du Montréal métropolitain–CSN et responsable politique de la SST.

          Retard de paiement sur le maintien de l’équité salariale : qu’est-ce que le gouvernement attend?

          Le gouvernement cumule des retards de paiement inexcusables liés à des ententes de maintien de l’équité salariale touchant des milliers de travailleuses et travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux. Pour la FSSS–CSN, le SQEES-FTQ, le SCFP, l’APTS et la FP–CSN, le ministre Dubé doit mettre fin à l’attente en annonçant la date des paiements. Le gouvernement doit faire le nécessaire pour que ces versements soient faits le plus rapidement possible.

          Des milliers de femmes sont toujours en attente du paiement du maintien de l’équité salariale. Elles ont travaillé depuis 2010 ou 2016 à des salaires en deçà de ce qu’elles auraient dû gagner. Ce sont plusieurs milliers de dollars que chacune de ces travailleuses attend. Une poignée d’établissements annoncent des dates. Mais nous attendons toujours que le gouvernement annonce la date officielle de versement, alors que ces sommes sont dues depuis longtemps et que le gouvernement peine à retenir le personnel dans le réseau. Ces retards n’aident en rien.

          « En pleine sixième vague de COVID-19, la patience des travailleuses et des travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux a atteint ses limites. On leur demande encore de fournir des efforts dans le cadre de la pandémie, mais on n’est pas en mesure de leur verser leur dû. C’est bien beau vouloir refonder le réseau de la santé et des services sociaux, mais le gouvernement doit d’abord respecter ses engagements. Il en va de la confiance du personnel, qui est l’épine dorsale de tout changement dans le réseau. Est-il nécessaire de rappeler que le personnel constitue l’un des quatre piliers du projet de refondation du ministre? Le négliger envoie un très mauvais signal », concluent les porte-paroles syndicaux de la FSSS–CSN, du SQEES-FTQ, du SCFP, de l’APTS et de la FP–CSN.

          C-18 : une excellente nouvelle pour les médias d’information, estime la FNCC–CSN

          La Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN), qui représente la vaste majorité des employé-es des médias d’information francophones au Canada, se réjouit du dépôt du projet de loi C-18 par le ministre du Patrimoine, Pablo Rodriguez, aujourd’hui. Alors que la fédération a multiplié les appels à l’aide au cours des dernières années, quant aux impacts bien réels que représente l’appropriation croissante des revenus publicitaires et des contenus journalistiques par les géants du Web, la FNCC–CSN estime que le projet de loi présenté ce matin propose les meilleurs outils législatifs disponibles pour contraindre les GAFAM à rémunérer correctement les contenus journalistiques qui abreuvent leurs plateformes.

          « Quand un projet de loi répond en grande partie aux objectifs que les syndicats du secteur de l’information s’étaient fixés, il faut le reconnaître et s’en réjouir ! », avance d’emblée la présidente de la FNCC–CSN, Annick Charette. « L’objectif de ce projet de loi était d’imposer un partage plus équitable des revenus publicitaires en forçant les géants du Web à négocier des ententes avec les entreprises journalistiques. En ce sens, sous réserve d’une analyse plus approfondie, nous croyons que les mécanismes contenus dans le projet de loi sauront remplir cet objectif. »

          La FNCC–CSN salue en particulier le fait que le gouvernement ait restreint la durée de la période de négociation (au cours de laquelle les géants du Web auront à s’entendre avec les entreprises) et qu’il ait prévu le recours à un mécanisme d’arbitrage en cas d’échec des négociations.

          « À la CSN, on s’y connaît : négocier sans rapport de force ou sans obligation de résultat, ça donne rarement des résultats positifs. Il est donc important de maintenir cette possibilité de recourir à l’arbitrage, particulièrement dans cet écosystème particulier où le rapport de force entre les médias canadiens et les multinationales du numérique est complètement déséquilibré », souligne Annick Charette.

          Avec l’ensemble des syndicats qu’elle regroupe, la FNCC–CSN entend prendre part activement aux travaux parlementaires entourant l’étude du projet de loi C-18.

          « Les premières victimes de la chute brutale des revenus publicitaires subie par les médias d’information, ce sont les journalistes et l’ensemble des employé-es des entreprises journalistiques que nous représentons, rappelle la présidente de la FNCC–CSN. Ils ont subi les fermetures de journaux, les mises à pied massives et une panoplie de contraintes liées à une diminution des ressources financières. Une fois adoptée, cette loi devra répondre aux préoccupations exprimées depuis plusieurs années par ces travailleuses et ces travailleurs. » La FNCC–CSN aura à cœur de suivre ces ententes et de s’assurer que les nouveaux revenus ainsi générés se répercutent positivement sur le plan des conditions de travail et de pratique professionnelle des travailleurs et des travailleuses de l’information.

          La CSQ, la CSN et la FTQ annoncent la formation d’un front commun

          La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) annoncent la constitution du Front commun en vue des négociations pour le renouvellement des conventions collectives des travailleuses et des travailleurs du secteur public. Les trois centrales soulignent également que cette annonce coïncide avec le 50e anniversaire de la formation du premier front commun de 1972.

          « Il y a de quoi être fiers aujourd’hui! Unir nos voix et joindre nos forces en formant un front commun, une demande qui vient des membres. C’est ce qui est notamment ressorti des consultations menées : les membres ont exprimé leur volonté que l’on travaille en alliance pour envoyer un message clair au gouvernement devant l’ampleur de la tâche à venir », de déclarer Éric Gingras, président de la CSQ, François Enault, premier vice-président de la CSN et responsable de la négociation du secteur public et parapublic, et Daniel Boyer, président de la FTQ.

          « Nous avons à peine terminé une négociation hier que déjà, demain, nous en entamerons une autre, mais le contexte est bien différent, cette fois!, poursuivent les leaders syndicaux. Pour nous, il est clair que les résultats de la dernière négociation, menée dans un contexte extraordinairement difficile, ne sont qu’un tremplin pour celle qui vient. Cette fois, il faut s’attaquer aux problèmes de fond, nos membres ont été très clairs là-dessus. On en parle beaucoup, et depuis longtemps; c’est le temps d’agir concrètement, et des solutions, nous en avons. Et à ce chapitre, nous rappelons au gouvernement que ça passe nécessairement par les négociations! »

          Au nombre des différents défis à relever, notons l’amélioration des conditions de travail et de pratique, l’attraction et la rétention du personnel et l’amélioration des conditions salariales – pour tenir compte notamment de l’inflation qui frappe durement les travailleuses et les travailleurs –, qui feront évidemment partie des éléments soulevés par le Front commun. De façon plus précise, les revendications syndicales du Front commun seront constituées à partir des consultations menées auprès des membres, un processus qui s’enclenchera au cours des prochains mois.

          Ces problèmes, déjà présents avant la pandémie, se sont exacerbés au cours des deux dernières années, tout particulièrement dans le contexte de la crise sanitaire qui a secoué davantage les réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux, de l’enseignement supérieur et des organismes gouvernementaux. Sans compter les enjeux liés à la pénurie de main-d’œuvre qui frappe de plein fouet les réseaux publics, notamment en raison des conditions de travail non concurrentielles et difficiles.

          « C’est un message de solidarité et d’unité qui émane de ce front commun. Au cours des derniers mois, nos trois organisations ont parlé à plusieurs reprises de l’importance du dialogue social afin de trouver, ensemble, des solutions qui amélioreront les conditions de travail et d’exercice d’emplois de celles et de ceux qui œuvrent au quotidien dans les réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux et de l’enseignement supérieur. Nous sommes les porte-parole de celles et ceux qui offrent les services et les soins à la population et nous allons nous assurer qu’on les écoute et qu’on prend en considération leurs besoins. Bref, ces solutions sont urgentes pour donner de l’air à notre monde, qui en a besoin, et pour pérenniser nos réseaux à long terme. On a largement dépassé l’étape des mesures temporaires », lancent les chefs syndicaux, en conclusion.

          Après avoir mené des consultations auprès des membres, le Front commun déposera ses demandes au Conseil du trésor à l’automne prochain. Rappelons également que les conventions collectives viendront déjà à échéance dans un an, soit le 31 mars 2023.

          Profil du Front commun
          Ensemble, la CSQ, la CSN et la FTQ représentent plus de 355 000 travailleuses et travailleurs de l’État québécois dans les secteurs publics, en éducation, en santé et dans les services sociaux ainsi qu’en enseignement supérieur.

          Plan santé : pas de refondation sans concertation

          C’est avec un sentiment partagé d’appréhension et d’urgence d’agir que les syndicats du réseau de la santé et des services sociaux (RSSS) ont pris connaissance du Plan pour mettre en œuvre les changements nécessaires en santé, dévoilé aujourd’hui par le ministre Christian Dubé. Malgré les objectifs louables et l’ouverture démontrée par ce dernier, l’APTS, la FIQ et la FIQP, la FP–CSN, la FSQ-CSQ, la FSSS–CSN, le SCFP, le SPGQ et le SQEES-FTQ craignent que ce plan santé, et services sociaux rappelons-le, ne soit qu’un vaste exercice de relations publiques en vue des prochaines élections.

          Pour les organisations syndicales, le plan présenté est très ambitieux, elles comprennent que l’ensemble des mesures soumises ne pourront pas toutes être réalisées à court terme. Plusieurs d’entre elles ont d’ailleurs déjà été l’objet d’annonce ou d’engagement de la part du gouvernement. Les organisations demandent donc au ministre Dubé de prioriser les mesures visant une meilleure organisation du travail afin d’offrir de meilleures conditions d’exercice.

          Pour ce faire, les organisations syndicales invitent le ministre à poser d’ores et déjà un premier geste concret en mettant en place dès maintenant une série de solutions pour attirer et retenir le personnel. Il ne doit pas attendre cinq ans pour agir! Elles souhaitent également des échanges dès maintenant afin de convenir de solutions à mettre en place car il y a urgence d’agir.

          Ainsi, selon elles, le ministre Dubé devra obligatoirement leur faire une place importante dans l’élaboration ainsi que la mise en œuvre des mesures retenues. Les solutions apportées par les travailleuses et travailleurs du RSSS doivent y être réellement prises en compte s’il veut vraiment rebâtir le réseau public et que la population en soit fière. Il en va de même s’il veut atteindre son objectif de faire du RSSS un employeur de choix et favoriser l’attraction et la rétention des salarié-es dans le réseau public.

          D’ailleurs la place accordée au secteur privé inquiète particulièrement les syndicats, qui craignent un effet de vases communicants en défaveur du secteur public. On manque déjà de personnel dans le secteur public, ce sera pire si le privé embauche davantage. Cela aura pour effet d’accentuer la création d’un système à deux vitesses où l’accessibilité à des soins et des services partout sur le territoire est déjà remise en question. Les organisations syndicales réclament un moratoire sur tout nouveau projet de privatisation et invitent plutôt le gouvernement à une discussion en profondeur avec l’ensemble des partenaires du RSSS pour entamer une véritable refonte du réseau.

          « Depuis le début de la pandémie, le gouvernement Legault a soufflé le chaud et le froid lorsqu’il s’agissait d’impliquer les syndicats dans la prise de décisions et la mise en place de mesures pour assurer la prestation des soins et des services, favorisant les arrêtés ministériels plutôt qu’une véritable concertation. Les déclarations du premier ministre Legault sur sa page Facebook semblent encore aller en ce sens. On ne peut pas rebâtir le RSSS à coups de décrets, mais plutôt en établissant une relation de confiance et d’écoute. Cela passe nécessairement par la mise en commun des forces de toutes les actrices et tous les acteurs. Si le ministre Dubé s’engage véritablement dans cette voie, il pourra compter sur notre participation », ont déclaré les représentantes et représentants de l’APTS, la FIQ et la FIQP, la FP–CSN, la FSQ-CSQ, la FSSS–CSN, du SCFP, du SPGQ et du SQEES-FTQ.

          Budget provincial : un budget électoraliste et des mesures non ciblées

          La Confédération des syndicats nationaux (CSN) déplore que le budget 2022-2023 du gouvernement provincial, présenté aujourd’hui par le ministre Éric Girard, en fasse trop peu pour réparer un Québec et des services publics mis à mal par des années d’austérité et deux ans de pandémie. Qui plus est, le gouvernement fait preuve d’une prudence financière inexplicable alors que la dette est amplement maîtrisée et que la situation financière ne justifie absolument pas une telle prudence.

          Les services publics ont encore mal
          Malgré des annonces positives pour le secteur de l’éducation et de l’enseignement supérieur, la CSN demeure prudente. « On a hâte de connaître les détails pour voir où va aller l’argent. Pour voir si l’on va assister à une véritable relance post-COVID, ou bien si ce seront des mesures saupoudrées. Pour ce qui est de la santé, les montants annoncés sont navrants : ils ne feront que maintenir le niveau actuel du réseau, qui est dans un état lamentable et qui fait face à de graves pénuries de main-d’œuvre », déclare Caroline Senneville, présidente de la CSN.

          « Il va falloir que quelqu’un comprenne, à Québec, que ne pas faire de rattrapage massif en santé, après des années de coupures et des mois de délestage, c’est en quelque sorte maintenir l’austérité. La santé et les services sociaux sont un rouage essentiel de l’économie. Sans réinvestissement important, pas d’attractivité pour les travailleuses et travailleurs. Et ce n’est certainement pas le recours au privé qui va régler les choses : ça va plutôt favoriser l’exode du personnel », selon Mme Senneville.

          Des mesures peu porteuses pour ceux qui en ont besoin
          Pour la centrale syndicale, le montant de 500 $ qui sera remis à plus de 90 % des contribuables est une mesure non ciblée, trop généreuse pour les personnes à hauts revenus, et insuffisante pour ceux qui en ont le plus besoin. Une mesure plus circonscrite contre la hausse du coût de la vie devrait passer entre autres par des hausses de salaires conséquentes pour soutenir efficacement et durablement la population. Et une majoration beaucoup plus importante du salaire minimum, sur lequel le gouvernement pourra prélever taxes et impôts. À propos d’une éventuelle baisse d’impôts, la centrale syndicale est catégorique : cette stratégie profite aux plus nantis tout en nuisant au financement des services donnés à l’ensemble de la population.

          En plus des services publics, la relance économique doit passer par des investissements majeurs dans les infrastructures, la formation et la requalification de la main-d’œuvre et dans les milieux qui sont et seront affectés par la transition écologique.

          Une « réserve » insensée
          « En annonçant vouloir réviser les cibles de réduction de la dette pour les 10 ou 15 prochaines années, le gouvernement détournera des dizaines de milliards de dollars de revenus vers le Fonds des générations et se privera ainsi de réinvestir de façon majeure dans les services publics et le développement économique. Cela laisse croire que les finances sont en mauvais état, ce qui n’est absolument pas le cas. On creuse notre déficit social pour payer une dette qui est largement maîtrisée. Nous, ce qu’on demande, c’est d’investir dans notre présent avant de se priver pour l’avenir », conclut la présidente.

          Médicaments et soins dentaires, une occasion à saisir pour le Canada

          La Confédération des syndicats nationaux (CSN) encourage les partis politiques à Ottawa à s’engager dans la mise en place concrète d’un régime universel d’assurance-médicaments au Canada et de politiques assurant l’accès à des services dentaires pour les Canadiennes et les Canadiens qui en ont le plus besoin. Ces mesures, ainsi qu’un soutien accru du gouvernement fédéral au logement abordable, sont au cœur d’une alliance annoncée plus tôt aujourd’hui entre le Parti libéral du Canada et le Nouveau parti démocratique. Ce dernier s’engage à appuyer le gouvernement à la Chambre des communes pour l’adoption des prochains budgets en échange de l’engagement du gouvernement à travailler activement à la mise en place de ces mesures.

          « Pour nous, il en va de la responsabilité de tous les élu-es de la Chambre des communes de travailler activement à la mise en œuvre de ces politiques, explique la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Nous appelons toutes et tous les députés à mettre l’intérêt collectif au sommet des priorités pour que ces projets deviennent réalité. Il est grand temps que toutes les Canadiennes et tous les Canadiens aient accès aux médicaments dont ils ont besoin. Ce sont aussi de bonnes politiques sur le plan économique, car cela permet de renforcer les services publics partout au pays, notamment au Québec tout en permettant un meilleur contrôle de la croissance des coûts du système, les médicaments en étant une composante importante. »

          La CSN se montrera très vigilante pour s’assurer que les Québécoises et les Québécois bénéficient de ce nouveau régime universel, car le régime québécois actuel d’assurance-médicaments ne correspond plus à nos besoins collectifs, notamment en raison des problèmes d’accessibilité, d’équité et de contrôle des coûts.

          En parallèle, la CSN réitère l’importance pour le gouvernement fédéral d’augmenter le niveau de ses transferts aux provinces en matière de santé et de services sociaux.

          Notons enfin que l’entente d’alliance PLC–NPD prévoit la présentation d’un projet de loi visant à interdire l’emploi de travailleurs de remplacement (briseurs de grève) lors de conflit de travail dans des entreprises sous juridiction fédérale.

          Budget 2022 : insuffisant pour réparer nos réseaux

          En réaction au budget déposé aujourd’hui, la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN (FSSS–CSN) aurait souhaité que le gouvernement en fasse davantage pour aider nos réseaux mal en point après deux ans de pandémie. Pour la FSSS–CSN, il aurait fallu aller chercher les revenus nécessaires pour avoir les moyens de nos ambitions pour réparer nos réseaux.

          « Notre réseau de la santé et des services sociaux subit de plein fouet les impacts de la pandémie. C’est plus que du rattrapage : il faut aussi s’assurer de fournir plus d’investissements qui assureront son attractivité auprès du personnel et l’accessibilité de ces services pour la population. Comme une anomalie dans le système que le gouvernement ne veut pas résoudre, le privé en santé est la brèche qui fait que notre réseau public ne peut pas se rétablir. Notre réseau a besoin d’une refondation en profondeur, basée sur les principes de décentralisation, de démocratisation et d’amélioration des conditions de travail. Une réforme telle que celle-là aura besoin de financement pour se réaliser pleinement et ainsi répondre aux besoins de la population québécoise. C’est un budget qui manque d’ambitions et qui n’en fait pas assez pour régler l’enjeu du manque de personnel », lance Réjean Leclerc, président de la FSSS–CSN.

          Il en va de même pour les services de garde éducatifs à l’enfance, souligne Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN. « On nous a promis 37 000 nouvelles places. Les familles ne peuvent attendre encore 18 mois, voire 2 ans, avant de concrétiser le tout. Pourtant, ce n’est pas faute de les avoir informés de la situation du réseau dès le début de leur mandat. Le recul des droits des femmes pendant la pandémie est un fait qui ajoute à la situation. Si on y additionne le manque de places de qualité et à contribution réduite, cela devient une catastrophe pour de nombreuses jeunes familles et surtout pour les femmes alors contraintes dans beaucoup de cas de demeurer à la maison. Le gouvernement doit en faire plus pour appuyer les travailleuses des services de garde et les familles ! »

          Avec le vieillissement de la population, la FSSS–CSN est également déçue de constater le peu d’investissement supplémentaire pour les soins et les services à domicile. « C’est un investissement avec lequel tout le monde gagnerait, puisqu’il revient moins cher que d’aller en centre d’hébergement. Qui ne souhaite pas vieillir à la maison ? Pourtant, le gouvernement ne met pas en place ce qu’il faut pour rattraper le retard du Québec », de conclure Réjean Leclerc.

          La CSN demande la fin des versements au Fonds des générations

          Alors que Québec prévoit avoir atteint sa propre cible d’endettement au 31 mars de cette année, la CSN réclame la fin du versement annuel au Fonds des générations afin que ces milliards, qui auront finalement eu depuis 2006 un effet limité sur la réduction du ratio dette brute/PIB, soient réinvestis en financement des services publics, dans les programmes sociaux, les infrastructures, la formation des salarié-es et des mesures environnementales.

          « Il faut se rappeler que ces milliards ne sont pas de nouveaux revenus, mais des sommes qui, pour l’essentiel, étaient destinées au financement des services publics avant la création du fonds. Pour la CSN, il est inacceptable que le Québec se prive de marges de manœuvre récurrentes de 4 milliards $ pour rembourser une dette qui est sous contrôle. Surtout dans un contexte de grave sous-financement des services publics, après des années d’austérité et deux ans de pandémie » dénonce Caroline Senneville, présidente de la confédération.

          Les constats émis par de nombreux économistes réputés vont dans le même sens. « Ce qu’ils nous disent, c’est qu’il n’est pas normal que, lors de la première vague, moins de 300 personnes COVID-positives aient suffi à mettre sur pause une économie de 8 millions d’habitants. Pas normal non plus que le Québec soit la province qui a le moins de lits d’hôpitaux par habitant, que nous soyons parmi les provinces qui dépensent le moins par élève ou par étudiant en éducation et en enseignement supérieur, que la bonification du nombre de places dans les services de garde éducatifs en CPE n’aboutisse pas, que les CHSLD et les RPA soient en piteux état, que les pénuries de main-d’œuvre frappent un peu partout. Nous, ce qu’on demande, c’est d’investir dans notre présent avant de se saigner pour l’avenir », ajoute la présidente.

          « Le Fonds des générations, malgré son nom très “marketing”, est en fait constitué de montants extrêmement importants qui vont au remboursement de la dette alors que les finances sont déjà en bon état. Ce détournement budgétaire explique en partie le sous-financement des services publics et des programmes sociaux. Si le gouvernement décide de prolonger la mécanique du fonds et d’y investir chaque année des milliards, il va falloir se poser de sérieuses questions sur ses priorités et son engagement envers ses citoyens », déclare pour sa part Yvan Duceppe, trésorier de la CSN.

          Les projections du gouvernement témoignent des sommes excessives consacrées au remboursement de la dette. « Ce que les économistes nous disent, c’est que la dette est beaucoup moins coûteuse qu’il y a 15 ou 20 ans, en raison des faibles taux d’intérêt, qui devraient rester bas dans un avenir prévisible. Ils disent également qu’il faut maintenant investir de manière importante dans les domaines qui favoriseront le développement économique et social, ajoute le trésorier. En plus de réinvestir massivement dans nos réseaux publics, il faut maintenir des aides aux milieux les plus touchés par la pandémie (les arts et la culture, l’hôtellerie, la restauration, les commerces de détail) et offrir aux travailleuses et aux travailleurs de meilleures formations et requalification de la main-d’œuvre », affirme M. Duceppe.

          « L’humain doit être placé au centre de notre vision économique. Il n’y aura pas de développement digne de ce nom tant que des gens seront incapables d’aller travailler à cause de problèmes d’épuisement ou de santé mentale. Tant que le corps professoral et les parents devront se battre dans un système scolaire malmené et en manque de ressources. Tant que des milliers de gens attendront une chirurgie pour leur cancer ou pour reconstruire leur genou. Tant qu’il n’y aura pas de formation adéquate pour les travailleuses et les travailleurs, de mesures contre la pénurie de main-d’œuvre et de transition juste pour s’adapter aux changements climatiques, conclut Mme Senneville. Il y a urgence de réinvestir maintenant pour un demain plus prospère pour toutes et tous. »

          Unanimes, les députés enjoignent le gouvernement à négocier

          Par un vote unanime, l’Assemblée nationale du Québec a enjoint mercredi le gouvernement caquiste à négocier avec le Regroupement Les sages-femmes du Québec (RSFQ), qui est sans contrat de travail depuis deux ans.

          « Nous espérons que cette motion sera le coup d’envoi de la négociation, s’est réjouie la présidente du RSFQ, Josyane Giroux. Après deux ans sans véritable discussion, il est plus que temps d’obtenir la reconnaissance professionnelle que nous méritons et une véritable équité dans nos conditions de travail. »

          Adoptée « sans débat », la motion a été introduite au Salon bleu par la députée solidaire de Rouyn-Noranda, Émilise Lessard-Therrien. Trois ministres concernés par la négociation ont voté en faveur de son adoption : Christian Dubé (ministre de la Santé et des Services sociaux), Lionel Carmant (ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux), et Sonia Lebel (présidente du Conseil du trésor). Les cinq partis politiques représentés à l’Assemblée et les 101 député-es présents ont appuyé la motion.

          Cette motion appelle à débuter les négociations « sans délai », reconnaît « le travail exceptionnel » de ces professionnelles de la santé et « les avantages connus du suivi sage-femme ».

          Depuis avril 2020, seulement quelques rencontres avaient eu lieu entre le regroupement et les autorités du ministère de la Santé et des Services sociaux. Jusqu’à maintenant, les négociateurs gouvernementaux affirmaient qu’ils n’avaient aucun mandat pour négocier et donc, aucune offre à proposer.

          Plus de 6500 courriels inondent les bureaux ministériels
          Plus tôt en journée mercredi, les sages-femmes ont envoyé plus de 6500 courriels aux membres du Conseil des ministres. « Après deux ans sans négociation, ont-elles écrit, le travail doit commencer ! »

          « Le Conseil des ministres a le pouvoir d’ordonner au Conseil du trésor de déposer une réponse à nos demandes, a rappelé la présidente du RSFQ. Avec la motion unanime de l’Assemblée nationale, le gouvernement n’a plus de faux-fuyant. »

          « Dans le contexte difficile qui sévit présentement en obstétrique, il est totalement inacceptable que la CAQ laisse traîner la négociation, a ajouté le président de la Fédération des professionnèles de la CSN, Danny Roy. Il est grand temps que le gouvernement démontre que les femmes et les familles sont une priorité en donnant des mandats clairs à sa table de négociation. »

          Fin de l’état d’urgence sanitaire : les syndicats dénoncent l’attitude autoritaire du gouvernement

          Visiblement incapable de mesurer les effets dévastateurs des arrêtés ministériels qui pendant des mois ont sapé le moral des milliers de travailleuses et de travailleurs de la santé et des services sociaux, le gouvernement s’engage à nouveau dans cette voie. Pour la FSSS–CSN, la FSQ-CSQ, la FIQ et la FIQP, le SQEES-FTQ, le SCFP, l’APTS, la FP–CSN et le SPGQ, cela représente un déni de démocratie de même qu’un manque de respect de la volonté de leurs membres d’avoir des conditions de travail négociées de bonne foi. Les organisations syndicales feront tout en leur pouvoir pour que ce projet de loi ne soit pas adopté tel quel et prendront les mesures nécessaires pour se faire entendre, comme le prévoient les règles démocratiques.

          Il n’y a plus d’urgence sanitaire, mais jusqu’au 31 décembre prochain, le gouvernement veut garder tous ses pouvoirs pour décréter comme il l’entend les conditions de travail du personnel du réseau de la santé et des services sociaux. Ce faisant, il se garde le droit d’imposer des mesures inéquitables, décrétées unilatéralement, sans consultation avec le personnel du réseau et leurs représentantes.

          Avec le dépôt de son projet de loi sur la fin de l’urgence sanitaire, le gouvernement instrumentalise la crise sanitaire pour modifier unilatéralement des conditions de travail des travailleuses et des travailleurs de la santé et des services sociaux et favoriser la place du privé dans le réseau en prolongeant des contrats. De ce fait, il bafoue les droits syndicaux : le droit d’association et le droit à la négociation collective. Il dénie, de ce fait, les contre-pouvoirs et abuse de son pouvoir exécutif.

          Le projet de loi ne précise pas les mesures que le gouvernement entend maintenir, ce qui ne fait qu’ajouter à la confusion des travailleuses et des travailleurs. Quelle garantie ont elles que les arrêtés ne reprendront pas du service? Que ce projet de loi ne sera pas prolongé après décembre? Dans cette pandémie, le passé semble garant de l’avenir. Encore une fois, le gouvernement ne fait preuve d’aucune transparence ni d’aucune capacité à collaborer avec qui que ce soit.

          « Nous dénonçons fermement le projet de loi 28 qui vise véritablement à retirer le droit du personnel de la santé et des services sociaux de décider de leurs conditions de travail. Ce n’est pas en continuant de décider seul que le gouvernement va rétablir le lien de confiance avec l’ensemble des travailleuses et des travailleurs du réseau, bien au contraire. Encore une fois, le gouvernement jette de l’huile sur le feu et maintient le climat d’incertitude et de méfiance. Pour mettre fin à la crise, le gouvernement doit nous entendre et implanter des mesures permanentes pour reconnaître le personnel et attirer la relève », dénoncent les représentantes et représentants de la FSSS–CSN, de la FSQ-CSQ, de la FIQ et de la FIQP, du SQEES-FTQ, du SCFP, de l’APTS, de la FP–CSN et du SPGQ.

          Restera-t-il des paramédics pour revêtir l’uniforme ?

          Sans convention collective depuis le 31 mars 2020, les paramédics de l’Estrie redoutent que le mépris du gouvernement à leur égard mette en péril la capacité du secteur préhospitalier à relever les importants défis amenés par la pénurie de main-d’œuvre et la transformation du secteur préhospitalier afin de répondre adéquatement aux besoins de la population en matière de services préhospitaliers d’urgence. Alors qu’ils se préparent à déclencher une grève plus perturbatrice, à compter du 16 mars prochain, des paramédics ont installé, hier soir, de vieux uniformes autour du bureau de Geneviève Hébert et à plusieurs autres endroits dans la région. Ils veulent souligner aux élus que porter l’uniforme de paramédic devient de plus en plus lourd pour le personnel qui ne perçoit aucune reconnaissance et aucun respect de la part du gouvernement.

          « À l’occasion de l’actuelle négociation, le gouvernement ne nous traite certainement pas comme des travailleuses et travailleurs prioritaires, déplore le président du Syndicat des paramédics de l’Estrie (CSN), Christian Beaudin. Pourtant, nous sommes parfaitement essentiels pour la population. C’est bien pour cette raison qu’on limite les moyens de pression que nous pouvons exercer. C’est parce que nous sommes irremplaçables qu’on nous impose régulièrement du travail en heures supplémentaires, qu’on ne nous permet pas de terminer notre quart de travail ni de manger aux heures prévues. Dans ce contexte, c’est choquant de voir le gouvernement n’avoir qu’un “non” pour toute réponse à nos besoins, qu’il s’agisse d’assurer de bonnes conditions de travail ou de trouver des solutions pour que les services préhospitaliers soient adéquats, partout au Québec. »

          Les syndicats du préhospitalier réclament notamment un redressement salarial assurant aux paramédics un niveau de salaire équitable par rapport aux montants versés dans les autres services de sécurité publique ou encore dans les urgences des hôpitaux. Un salaire reflétant la valeur réelle de leur emploi. De plus, parmi les demandes syndicales, notons des moyens assurant que le personnel puisse terminer leur quart de travail et manger aux heures prévues ainsi que l’élimination des horaires de faction.

          Les horaires de faction sont des horaires de travail désuets en vertu desquels les paramédics doivent demeurer disponibles 24 h sur 24 durant 7 jours consécutifs pour répondre à des appels d’urgence. Par conséquent, ils n’attendent pas l’appel dans l’ambulance, prêts à partir. On estime que cela peut ajouter jusqu’à 10 minutes au délai des paramédics pour pouvoir se mettre en route en direction du lieu d’intervention, dans les régions couvertes par de tels horaires. Ces minutes supplémentaires peuvent faire une différence importante lorsqu’il s’agit de sauver une vie ou de limiter les complications et préserver la qualité de vie des usagères et des usagers.

          Fin de l’état d’urgence sanitaire : les syndicats craignent que le réseau de la santé s’effondre

          Le gouvernement Legault aime parler de « refonder » le réseau de la santé et des services sociaux, mais il risque plutôt de s’effondrer si on laisse tomber toutes les mesures de soutien qui ont accompagné l’état d’urgence sanitaire depuis maintenant deux ans. Pour la FSSS–CSN, la FSQ-CSQ, la FIQ et la FIQP, le SQEES-FTQ, le SCFP, l’APTS, la FP–CSN et le SPGQ, il est urgent d’implanter des mesures permanentes à la fois pour reconnaître les efforts des travailleuses et travailleurs dans les deux dernières années et pour viser l’attraction et la rétention du personnel dans le futur.

          Le gouvernement met fin à l’urgence sanitaire et donc aux mesures COVID implantées durant la pandémie dans les prochaines semaines. Ces mesures servaient aussi au maintien du réseau. Le gouvernement mettra donc fin à l’arrêté ministériel qui permettait aux employeurs de restreindre les conditions de travail du personnel, mais aussi aux mesures incitatives pour reconnaître les efforts du personnel. En agissant trop vite, les organisations syndicales craignent que le gouvernement accentue une vague de départ dans le réseau et cause une nouvelle multiplication de bris de services à la population.

          « Avant d’aller de l’avant et de mettre fin aux mesures incitatives, le gouvernement doit réfléchir à l’effet que cela aura sur le personnel. Les travailleuses et travailleurs sont à bout de souffle après avoir lutté pendant deux ans contre la pandémie. On a déjà bien du mal à attirer et retenir le personnel dans le réseau, mettre fin rapidement aux mesures incitatives n’aiderait en rien. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement d’engager des discussions avec nous pour une meilleure transition et pour identifier des solutions permanentes pour mieux appuyer le personnel du réseau », indiquent les représentantes et représentants de la FSSS–CSN, de la FSQ-CSQ, de la FIQ et de la FIQP, du SQEES-FTQ, du SCFP, de l’APTS, de la FP–CSN et du SPGQ.

          Les organisations syndicales demandent de plus au gouvernement de revoir à la hausse les allocations kilométriques pour le personnel du réseau qui doit utiliser leur véhicule pour accomplir leur fonction. La hausse récente du prix de l’essence devient une contrainte financière importante pour le personnel visé, dans un contexte de manque de personnel.

          « Maintenir les travailleuses et les travailleurs au salaire minimum dans la pauvreté : quel choix consternant ! » 

          Dans le cadre des consultations portant sur le projet de règlement modifiant le salaire minimum, la coalition Minimum18$ dépose aujourd’hui un avis portant sur le salaire minimum au Québec. Les avantages d’une hausse du salaire minimum à 18 $ l’heure sont trop nombreux pour que le ministre du Travail, Jean Boulet, refuse d’en tenir compte. 

          Les avantages d’un salaire minimum à 18 $ 
          D’entrée de jeu, les membres de la coalition Minimum18$, qui regroupe plusieurs acteurs syndicaux, communautaires et de défense des droits des travailleuses et des travailleurs, rappellent que, selon les principaux indicateurs, il faut au moins 18 $ l’heure au Québec pour qu’une personne travaillant à temps plein puisse espérer sortir de la pauvreté.  

          Selon la porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, Virginie Larivière, « en décidant de hausser le salaire minimum à un maigre 14,25 $ l’heure le 1er mai prochain, le gouvernement a fait un choix consternant : celui de maintenir dans la pauvreté des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs qui gagnent moins de 18 $ l’heure, dont une majorité sont des femmes. Pour une semaine de 35 heures, cela fait à peine 500 $… avant les déductions. Comment les membres du gouvernement croient-ils que tous ces travailleurs et travailleuses peuvent arriver à la fin du mois à payer leur loyer et leur nourriture et à prendre soin de leurs enfants avec un tel revenu? » 

          Par ailleurs, l’avis présenté au ministre Boulet aujourd’hui détaille les nombreux avantages qu’une hausse du salaire minimum à 18 $ pourrait avoir également pour les employeurs dans le contexte actuel du marché de l’emploi. Ceux-ci pourraient épargner sur les coûts engendrés par le roulement de personnel (notamment en matière de formation et d’encadrement), améliorer leur productivité en comptant sur une main-d’œuvre motivée offrant un meilleur rendement et se concentrer sur la qualité de la production plutôt que sur la stabilisation de leur main-d’œuvre.  

          Des arguments macroéconomiques sans fondement 
          L’autre pan de l’avis de Minimum18$ démontre que les arguments macroéconomiques mis de l’avant par le gouvernement pour justifier une approche conservatrice dans la fixation du salaire minimum sont sans fondement. 

          « Pourquoi le gouvernement s’obstine-t-il à plafonner le salaire minimum à 50 % du salaire horaire moyen? Ce ratio est pourtant dépassé par l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique sans que l’on ait constaté la dévastation annoncée. Différentes études ont largement dédramatisé les impacts prévus par l’économiste Pierre Fortin », rappelle le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc. 

          Alors que l’inflation atteint des sommets, certaines voix s’élèvent pour dénoncer l’impact multiplicateur qu’aurait une hausse substantielle du salaire minimum.  

          Mais Denis Bolduc rappelle que « limiter la hausse du salaire minimum n’est pas seulement une mauvaise manière d’aborder le problème; c’est une façon de faire qui pénalise ceux et celles qui sont touchés le plus durement par les variations à la hausse des prix des biens de première nécessité comme l’alimentation et l’habitation. Il ne faut pas oublier que les travailleuses et les travailleurs à bas salaire correspondent à une fraction réduite de la masse salariale globale du Québec : une hausse significative de leur rémunération ne peut, par définition, qu’avoir un impact limité sur les prix. Selon que l’on considère les effets directs seulement ou également les effets indirects d’une hausse à 18 $ sur les coûts des entreprises, les prix varieraient de manière assez limitée avec une hausse se maintenant sous la barre du 1 %. » 

          Lutter contre la pauvreté tout en stimulant l’économie 
          Au final, l’avis de la coalition Minimum18$ tend à démontrer que le contexte de relance économique post-COVID, doublé d’un contexte de rareté et de pénurie de main-d’œuvre, offre une occasion inespérée pour s’attaquer à la pauvreté en augmentant substantiellement le salaire minimum tout en stimulant l’économie. Déjà, rappelle la coalition, de nombreux employeurs du secteur du commerce au détail, de la restauration et du tourisme, qui regroupe une forte part des travailleuses et des travailleurs au salaire minimum, n’ont eu d’autre choix que de hausser leur salaire pour obtenir la main-d’œuvre recherchée. 

          À propos 

          La coalition Minimum18$ revendique la hausse du salaire minimum à 18 $, et ce, le plus rapidement possible. Les organisations qui en font partie : APTS, CSN, CSQ, CSD, FTQ, SFPQ, SPGQ, Collectif pour un Québec sans pauvreté, Front de défense des non-syndiqué-es, Centre des travailleurs et travailleuses immigrants.

          Déclaration intersyndicale de soutien à l’Ukraine

          Alors que la guerre fait rage en Ukraine et que ses habitants se battent courageusement pour défendre leur pays, les centrales syndicales québécoises – la FTQ, la CSN, la CSQ et la CSD – condamnent vivement l’invasion injustifiable de ce pays par la Russie.

          Il s’agit d’une guerre en violation de la souveraineté d’un pays, en violation du droit international et des principes fondateurs de la Charte des Nations unies. Les centrales souhaitent envoyer un message de solidarité et de soutien sans équivoque à leurs camarades travailleuses et travailleurs ukrainiens, ainsi qu’à l’ensemble de la population de ce pays durement affecté depuis trop longtemps par le régime d’un dictateur russe.

          « Nous appelons à la paix et à la diplomatie, ainsi qu’à l’arrêt immédiat de cette agression et au retrait des troupes russes du territoire ukrainien. Parce que des millions de vies sont en jeu, parce que les conséquences de cette guerre entraîneront des répercussions pendant de nombreuses années dans la société ukrainienne, mais également chez la population russe pacifique, et que les invasions et la guerre ne sont pas des moyens acceptables de résolution des conflits dans nos sociétés dites modernes », affirment les présidences des centrales.

          « Comme centrales syndicales, nous sommes extrêmement sensibles au fait que cette agression aura des conséquences humanitaires catastrophiques, mais aussi un impact négatif considérable sur l’économie du pays, ses enfants, ses lieux de travail et ses emplois. Nous appelons à la solidarité syndicale mondiale pour la paix immédiate, et offrons tout notre soutien à l’importante diaspora ukrainienne du Québec, affligée par le sort de son pays d’origine. Camarades ukrainiens, vous n’êtes pas seul-es. La communauté syndicale internationale doit faire entendre sa voix face à cette agression et défendre haut et fort le droit de l’Ukraine de demeurer maître de son avenir », de conclure les centrales syndicales.

          Le gouvernement, à l’heure des choix

          Près de deux ans après l’échéance des conventions collectives dans le secteur préhospitalier, les syndicats CSN attendent toujours une offre du gouvernement susceptible de répondre aux enjeux du secteur. Déterminés, ils  haussent le ton. En se réunissant aujourd’hui pour bloquer les deux entrepôts de la Société des alcools du Québec à Montréal et à Québec, des paramédics de tout le Québec veulent mettre en lumière que ce n’est pas une question de moyens financiers pour le gouvernement mais bien de volonté politique. Cette action d’envergure en annonce d’autres à venir promettent les paramédics.

          Les syndicats du préhospitalier veulent notamment un redressement salarial assurant aux paramédics un niveau de salaire compétitif par rapport aux salaires versés dans les autres services de sécurité publique ou encore dans les urgences des hôpitaux. De son côté, le gouvernement offre des augmentations de seulement 6 % sur trois ans ce qui aurait pour effet d’accroître encore davantage le fossé de rémunération entre les paramédics et tous les autres salarié-es qu’ils côtoient au quotidien. La rémunération non concurrentielle contribue aux difficultés d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre dans le secteur. De plus, parmi les demandes syndicales notons des moyens assurant que le personnel puisse manger et terminer leur quart de travail aux heures prévues ainsi que l’élimination des horaires de travail désuets, les horaires de faction.

          « Maintenant que des ententes ont été conclues dans tout le secteur public, il est inconcevable que le gouvernement ne mette pas plus d’énergie pour régler avec nous qui sommes toujours en négociation avec l’État, explique le président intérimaire du Syndicat du préhospitalier –CSN , Claude Lamarche . Nos revendications vont dans le sens de l’amélioration des services à la population et de la couverture ambulancière dans toutes les régions du Québec. Ce n’est pas normal qu’en 2022 le service soit tenu à bout de bras par des travailleuses et des travailleurs qui doivent faire des heures supplémentaires à la fin de chaque quart, sans avoir eu de pause-repas. »

          Horaires de faction
          « Convertir un horaire de faction en horaire à l’heure commande un investissement de 800 000 dollars, enchaîne le président du Syndicat des paramédics et du préhospitalier de la Montérégie – CSN , Gaétan Dutil. Cela équivaut à la somme engrangée par le gouvernement en dividendes et en taxes en deux heures d’ouverture des succursales de la SAQ. Si nous sommes incapables de régler cette situation, ce n’est pas une question d’argent. C’est que le gouvernement choisit d’investir ailleurs que dans la qualité des services préhospitaliers. Toute la population doit le comprendre ! »

          Les horaires de faction sont des horaires de travail désuets en vertu desquels les paramédics doivent demeurer disponible 24 h sur 24 durant 7 jours consécutifs pour répondre à des appels d’urgence. Par conséquent ils n’attendent pas l’appel dans l’ambulance, prêts à partir mais en général de leur domicile. On estime que cela peut ajouter jusqu’à 10 minutes au délai d’intervention des paramédics dans les régions couvertes par de tels horaire. Ce délai supplémentaire peut faire une différence importante lorsqu’il s’agit de sauver une vie ou de limiter les complications et préserver la qualité de vie des usagères et des usagers.

          Finir à l’heure
          « Manger à l’heure prévue, terminer notre quart de travail sans toujours devoir faire des heures supplémentaires est-ce vraiment trop demander ? poursuit le président du Syndicat du préhospitalier des Laurentides et de Lanaudière – CSN, Patrice Girard. Nous avons droit à une qualité de vie même si par sa nature, notre travail dans les situations d’urgence exige qu’on puisse faire face aux imprévus. Mais ça devient de plus en plus une pratique de gestion d’exiger de nous qu’on travaille au-delà des heures prévues. Un moment donné, cette heure, ces deux heures par jour que nous faisons de plus sur la route, c’est du temps de qualité de moins avec notre famille. Il faut changer ça, les solutions existent ! »

          Un appel au respect
          « Ce qu’on veut, c’est être respectés. Que le gouvernement se donne la peine d’entendre quels sont nos besoins sur le terrain, conclut le président du Syndicat des paramédics de l’Abitibi–Témiscamingue Nord-du-Québec, Harold Lavoie. Au contraire, on nous dit que nous sommes prioritaires, essentiels, mais à chaque occasion, on oublie de le reconnaître concrètement. En négociation aussi. Ce qu’on nous offre est clairement insuffisant. Il faut que le Conseil du trésor, le gouvernement dégage au plus vite les mandats nécessaires  pour qu’on puisse trouver un terrain d’entente. »

          À propos
          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) représente plus de 3600 travailleuses et travailleurs du secteur préhospitalier, paramédics, répondantes et répondants médicaux d’urgence (RMU) et employé-es de soutien, soit la majorité du personnel de ces services.

          Les travaux en prévision de la négociation 2023 débutent

          Rassemblés devant l’Assemblée nationale, des dizaines de travailleuses et de travailleurs des services publics ont marqué le coup d’envoi des travaux entourant leur négociation avec le gouvernement, dont les pourparlers devraient débuter à l’automne. Elles et ils ont été rejoints virtuellement par plusieurs centaines de leurs collègues qui sont réunis aujourd’hui et demain dans le cadre d’instances du secteur public CSN, pour discuter des enjeux entourant le prochain renouvellement de leurs conventions collectives.

          En présence de Barbara Poirier, présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CSN), de Caroline Senneville, présidente de la CSN, ainsi que de François Enault, premier vice-président de la CSN, les délégué-es en ont profité pour dévoiler leur slogan du secteur public CSN pour cette prochaine négociation : Du bon bord.

          Vaste consultation
          Une partie des travaux en prévision du dépôt des demandes syndicales – prévu en octobre 2022 – est déjà entamée; la vaste consultation menée par la CSN du 17 janvier au 6 février a permis de récolter plus de 25 000 réponses de la part des travailleuses et des travailleurs œuvrant en santé et en services sociaux, en éducation et en enseignement supérieur. Les résultats alimenteront la réflexion entourant l’élaboration des demandes d’ordre salarial ainsi qu’en matière de régime de retraite et de disparités régionales, notamment. Des consultations supplémentaires auront lieu au cours des prochains mois afin de préparer les demandes touchant aux conditions de travail et de pratique.

          Instances du secteur public CSN
          Les instances, qui se tiennent en mode virtuel jusqu’au 25 février, regroupent des centaines de membres du personnel des réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux ainsi que des organismes gouvernementaux dont les syndicats sont affiliés à la Fédération des Professionnèles (FP–CSN), à la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN), à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) ainsi qu’à la Fédération des employées et employés des secteurs publics (FEESP–CSN).

          Rappelons qu’avec plus de 170 000 travailleuses et travailleurs issus des réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux et des organismes gouvernementaux, la CSN est la centrale la plus représentative dans le secteur public au Québec.

          Citations
          « C’était primordial pour nous d’écouter nos membres et nous sommes extrêmement satisfaits d’avoir réussi à rejoindre 25 000 répondantes et répondants. Cette participation exceptionnelle, qui se situe au-delà de nos attentes, démontre l’importance qu’ils accordent à leur négociation. Il ne fait aucun doute que nous n’avons pas à être gênés de demander une rémunération et des conditions de travail et de pratique à la hauteur de l’importance des services publics, incluant des hausses de salaire permettant de mieux vivre. Les travailleuses et les travailleurs sont du bon bord, celui des services publics forts, au service des Québécoises et des Québécois » – François Enault, premier vice-président de la CSN.

          « Après deux ans de pandémie, les travailleuses et les travailleurs des services publics sont en droit de s’attendre à une réelle reconnaissance de la part du gouvernement. Après avoir louangé leur dévouement au fil des différentes vagues de la pandémie, ce dernier devra faire la démonstration que la vraie reconnaissance de leur travail, essentielle au bon fonctionnement de notre société, passe par une rémunération et des conditions de travail attrayantes » – Caroline Senneville, présidente de la CSN.

          « Cette pandémie aura permis de démontrer à l’ensemble des Québécoises et des Québécois à quel point le travail du personnel des services publics est crucial. Sans des réseaux solides, ce sont des centaines de milliers de personnes qu’on risque d’échapper, des gens à la santé fragile jusqu’aux étudiantes et étudiants en difficulté, aux élèves aux besoins particuliers, en passant par toutes celles et tous ceux qui ont besoin de soutien et de services. Il faut des travailleuses et des travailleurs en nombre suffisant qui veulent venir y travailler et y rester grâce à des conditions satisfaisantes » – Barbara Poirier, présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CSN).

          La CSN et la FTQ interpellent les députés pour la reconnaissance des PRDM

          Des représentant-es de la CSN et de la FTQ étaient présents ce matin pour interpeller les députés à leur arrivée à l’Assemblée nationale pour réclamer une juste reconnaissance des préposé-es en retraitement des dispositifs médicaux (PRDM). Ils ont invité les députés à porter la voix des PRDM pour que le gouvernement règle enfin leurs plaintes de maintien de l’équité salariale.

          Le rattrapage des chirurgies passe par la reconnaissance des PRDM

          Alors que le gouvernement souhaite rattraper le retard accumulé dans les chirurgies en raison de la pandémie, la CSN et la FTQ rappellent que le rôle des PRDM est central pour y parvenir. Ce sont les PRDM qui ont la responsabilité de stériliser le matériel médical et chirurgical. En refusant de reconnaître leur apport essentiel, le gouvernement ne fait qu’accentuer l’exode du personnel. Dans les derniers mois, plusieurs PRDM ont en effet quitté la profession, alors que le privé prend de plus en plus de place en raison du manque de personnel. Ce recours accru au privé fait craindre pour la qualité du retraitement du matériel.

          Il est déplorable que le gouvernement ne donne toujours pas le mandat de régler les plaintes

          Malgré de nombreuses interventions des deux organisations syndicales, le secrétariat du Conseil du trésor n’a toujours pas de mandat afin de reconnaître l’évolution de cet emploi et l’urgence de régler les plaintes de maintien de l’équité salariale de 2010. Les tâches des PRDM ont pourtant grandement évolué depuis 2001 et se sont complexifiées avec le temps.

          « Le gouvernement a toutes les cartes entre ses mains pour mieux reconnaître les efforts des PRDM. Elles travaillent d’arrache-pied depuis le début de la pandémie et la reprise des chirurgies ne sera pas de tout repos pour elles. Elles sont nombreuses à quitter le réseau en raison du manque de reconnaissance. Madame Lebel doit mettre fin à la discrimination salariale des PRDM », lancent Josée Marcotte, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Maxime Ste-Marie, président du Conseil provincial des affaires sociales du SCFP-FTQ et Sylvie Nelson, présidente du SQEES-FTQ.

          Des attaques inacceptables envers les travailleurs de l’information

          Lettre d’Annick Charette, présidente de la Fédération nationale des communications et de la culture–CSN

          Les débordements dont Ottawa et Québec ont été témoins au cours des derniers jours ont donné lieu à de nombreux gestes d’intimidation et d’agression à l’endroit des travailleuses et des travailleurs des médias qui ont couvert ces événements. Des manifestants les ont suivis, invectivés et ont tenté de s’en prendre à leur intégrité physique et à leur équipement, trouvant tous les stratagèmes, subtils ou violents, pour les empêcher de faire leur travail.

          Si ces menaces à notre démocratie semblent plus sournoises que les appels au renversement d’un gouvernement, elles ne sont en rien inoffensives à l’endroit des photographes, journalistes, caméramans et autres travailleurs de l’information qui en ont été victimes. Trop nombreux sont les membres de la CSN qui ont subi ces attaques, trop graves sont les conséquences provoquées par ces traumatismes pour que nous restions les bras croisés.

          Ces actes de violence et d’intimidation envers le personnel médiatique s’inscrivent dans une mouvance qui tend à discréditer, peu importe la motivation, la valeur du travail journalistique.

          S’y ajoutent aussi, malheureusement, de multiples actes de cyberharcèlement à l’endroit de ces travailleuses et travailleurs. Un phénomène de plus en plus fréquent qui, à force d’être documenté, se révèle de plus en plus inquiétant.

          À la demande de la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN), une étude a été menée par Stéphane Villeneuve, professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM, sur l’ampleur de l’intimidation à l’égard des journalistes sur les plateformes numériques et les médias sociaux. Les données, recueillies auprès de travailleuses et de travailleurs du milieu de l’information, donnent froid dans le dos :

          • La moitié des répondantes et répondants affirme avoir été victimes de cyberintimidation ;
          • Fait troublant : 53,7 % des répondantes et répondants considèrent ces événements comme « inévitables » ;
          • Une personne sur cinq affirme avoir reçu des menaces visant son intégrité physique ;
          • Près de la moitié des personnes interrogées indique avoir à vivre avec le stress engendré et près du tiers vit de la colère ;
          • Le quart d’entre eux exprime vivre une perte de confiance, la même proportion indiquant être affectée par une perte de productivité dans leur travail.

          Les menaces, l’intimidation et la violence constatées sur les médias sociaux à l’endroit de l’ensemble des travailleuses et travailleurs des médias constituent un véritable danger pour notre société. Elles bâillonnent la parole et musèlent la vérité. Pour ces raisons, tant les élu-es que les autorités publiques, les entreprises de presse ou nos organisations syndicales ont une obligation d’assurer les conditions sécuritaires dans lesquelles une presse libre et indépendante peut opérer.

          En sommes-nous vraiment rendus là ?
          Même si nous dénonçons l’absurdité de la situation nous ne pouvons que saluer les entreprises de presse qui offrent dorénavant au personnel affecté à la couverture de certaines manifestations, des formations de « couverture en milieu hostile », autrefois réservées aux correspondants sillonnant l’Irak ou l’Afghanistan. Cependant, ces entreprises ont encore beaucoup de travail à faire afin de mettre en place les mesures nécessaires pour contrer le cyberharcèlement et pour venir en aide à ceux qui en sont victimes.

          Les corps policiers ont l’obligation d’assurer la sécurité de l’ensemble des personnes pouvant se trouver sur les lieux d’une manifestation – incluant bien entendu les médias. Leur vigilance doit être accrue en ce sens, et ce, autant dans la rue que dans leurs réponses aux actes criminels commis sur Internet. Nous nous attendons de leur part au traitement approprié des plaintes qui ont été déposées par nos membres à la suite des événements regrettables des derniers jours.

          Depuis leur avènement, les réseaux sociaux ont toujours pu s’étendre en profitant du vide juridique à leur endroit. Leurs propriétaires, multinationales du numérique, ne sont guère inquiétés par les pouvoirs publics, que ce soit en matière de taxation ou de législations appropriées.

          Faut-il se surprendre de leur laxisme à l’endroit de la désinformation et de la cyberintimidation envers les travailleuses et les travailleurs de l’information et le public en général ? Nos pouvoirs politiques doivent réguler ces entreprises étrangères omniprésentes sur le plan fiscal et législatif, mais également les contraindre à prendre leurs responsabilités dans la défense de l’intégrité des travailleurs de l’information.

          Tant à Québec qu’à Ottawa, l’ensemble des partis politiques doit envoyer un signal clair : la violence et l’intimidation à l’endroit des journalistes et du personnel médiatique sont inacceptables.

          Nous avons une obligation collective d’assurer les conditions propices à leur indépendance et à leur liberté de travail. Dans la rue comme à l’écran, le respect de leur travail et de leur intégrité doit être l’affaire de tous.

          Signataires :

          Annick Charette, présidente de la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC-CSN),
          Michael Nguyen, président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ)
          Pierre Tousignant, Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Radio-Canada (CSN)
          Nathalie Pichette, Syndicat des employé(e)s de NOOVO (CSN)
          Antoine Lacroix, Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal (CSN)
          Andréanne Bédard, Syndicat de la rédaction du journal Le Devoir (CSN)
          Janie Gosselin, Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse (CSN)
          Karine Tremblay, Syndicat des employé.es de La Tribune (CSN)
          Marie-Ève Martel, Syndicat national des employés de La Voix de l’Est (CSN)
          Ian Bussières, Syndicat de la rédaction du Soleil (CSN)
          Annie Lavoie, Syndicat des employé-e-s de bureau du Soleil (CSN)
          Louis-Simon Gauthier, Syndicat de l’information du Nouvelliste (CSN)
          Simon Séguin-Bertrand, Syndicat des travailleurs et des travailleuses de la Coopérative de solidarité Le Droit (CSN)
          Martin Roy, Syndicat des travailleuses et travailleurs de L’Acadie Nouvelle (CSN)
          André Arsenault, Syndicat des employé-e-s de CHAU-TV (CSN)
          Francis Paquin, Syndicat des employés-es de RDS – section salle des nouvelles (CSN)
          Thierry DeNoncourt, Syndicat des travailleuses et travailleurs de la presse écrite en Abitibi-Témiscamingue (CSN)
          Simon Mayer, Syndicat des employé-es de CKVM (CSN)
          Mélanie Labrecque, Syndicat des travailleurs et travailleuses du Journal le Peuple Lotbinière (CSN)
          Vincent Gaudreau, Syndicat des travailleuses et travailleurs du journal le Courrier de Portneuf (CSN)
          Zoé Magalhaes, Syndicat montréalais de l’information et Syndicat de l’information locale (CSN)
          Kate Tremblay, Syndicat des employés de CJPM-TV (CSN)
          Julien Renaud, Syndicat des publicitaires du Saguenay (CSN)
          Serge Tremblay, Syndicat des employé-es de Trium Médias (CSN)
          Gabrielle Brassard-Lecours, Association des journalistes indépendants du Québec (CSN)
          Jacques Parent, Syndicat des employés de CHNC New Carlisle (CSN)
          Mélissa Dion, Syndicat des employé(es) de la Coopérative de la Radio de Granby (CSN)

          Projet de règlement des services de garde en milieu scolaire : un encadrement insuffisant

          En matière d’encadrement des services de garde en milieu scolaire, le projet de règlement déposé aujourd’hui par le ministre de l’Éducation ne va pas assez loin, déplorent les syndicats du secteur scolaire de la Fédération des employé-es de services publics (FEESP–CSN). Les mesures qui y sont contenues ne permettront pas de garantir le respect des ratios éducatrice/élève, encore moins de l’abaisser, ni d’empêcher le détournement des frais admissibles aux parents.

          « Dans un trop grand nombre d’écoles, le ratio une éducatrice pour 20 élèves est régulièrement dépassé. Or, la seule mesure concrète proposée aujourd’hui se limite à interdire d’inclure nos collègues concierges et secrétaires, ou encore le directeur de l’école, du calcul de ce ratio, s’étonne Annie Charland, présidente du secteur scolaire de la FEESP–CSN. Nous demandions un abaissement de ce ratio, nous voulions également des ratios particuliers pour les groupes d’élèves de 4 et 5 ans qui se retrouvent trop souvent dans des groupes de 25 élèves et plus… Malheureusement, rien de concret à cet égard. »

          Depuis plusieurs années, les syndicats du secteur scolaire déplorent que les frais de services de garde admissibles aux parents soient détournés de leur mission première afin pallier le sous-financement des écoles. « Il n’est pas normal que les frais de 8,55 $ par jour chargés aux parents soient utilisés pour financer le matériel scolaire, l’achat d’équipement ou l’entretien des bâtiments, rappelle Annie Charland. Le projet de règlement fait un pas dans la bonne direction en limitant la capacité des conseils d’établissement à faire des surplus, car c’est grâce à ces surplus que d’autres activités de l’école sont ainsi financées. Cependant, le projet de règlement n’empêchera pas cette forme de détournement des cotisations payées par les utilisateurs des services de garde, ce qui nuit grandement au renforcement des services de garde à remplir leur mission première. »

          La représentante syndicale rappelle qu’il y a 15 ans, le Conseil supérieur de l’éducation et le vérificateur général du Québec faisaient déjà la démonstration de plusieurs points défaillants dans la gestion et le développement des services de garde en milieu scolaire. Depuis, les différents gouvernements qui se sont succédé ont laissé aller les choses.

          « La pandémie a montré comment les services de garde en milieu scolaire sont essentiels pour la conciliation travail-famille des parents, mentionne Annie Charland. Aujourd’hui, plus de la moitié des enfants du Québec fréquentent un tel service, une large proportion y passant quatre heures par jour. Malheureusement, le projet de règlement déposé aujourd’hui ne semble pas être accompagné d’une réflexion globale sur le rôle des services de garde en milieu scolaire ni d’une volonté de valoriser l’emploi pour répondre au défi de pénurie de main-d’œuvre que nous vivons présentement. »

          À propos
          Le secteur scolaire de la FEESP–CSN représente plus de 35 000 employé-es de soutien des centres de services et commissions scolaires du Québec.

          Bâtir une économie plus durable, résiliente et solidaire

          Les présidents et la présidente des quatre centrales syndicales, Daniel Boyer (FTQ), Caroline Senneville (CSN), Éric Gingras (CSQ) et Luc Vachon (CSD), rencontrent cet après-midi, à 13 h 30, le ministre des Finances, Éric Girard, dans le cadre des consultations prébudgétaires.

          « Il est clair, pour nous, que la crise sanitaire des deux dernières années illustre la nécessité de changer d’approche en matière de finances publiques. La pandémie a jeté un éclairage cru sur l’héritage de décennies de compressions dans les services publics en révélant leurs failles et l’essoufflement de leur personnel. Le gouvernement doit continuer à intervenir pour consolider une reprise économique durable dans tous les secteurs et répondre, notamment, aux défis de la rareté de main-d’œuvre », soutiennent d’emblée les leaders syndicaux.

          Dans un mémoire conjoint, les centrales présentent, au total, seize recommandations déployées autour de quatre grands axes, soit la gestion de la dette publique et éviter un retour à l’austérité budgétaire; un réinvestissement dans les services publics pour prévenir l’essoufflement total du personnel dans les réseaux; le développement économique postpandémie; et la nécessité de répondre aux besoins des travailleuses et travailleurs, notamment sur les enjeux liés à la rareté de la main-d’œuvre et à la formation.

          « De plus, dans la perspective de privilégier des mesures qui répondent d’abord et avant tout aux besoins de la population québécoise, le gouvernement doit cesser les versements au Fonds des générations et éviter tout retour à l’austérité budgétaire. »

          Elles font aussi valoir que, bien que l’économie dans son ensemble, les revenus de l’État de même que le marché du travail ont retrouvé un dynamisme certain, il est vrai que quelques secteurs, plus touchés par les mesures sanitaires, roulent toujours au ralenti.

          La pandémie aura évidemment entraîné des bouleversements qui s’échelonneront sur plusieurs années, même après un retour à une certaine normalité. Les centrales mettent donc en garde le gouvernement contre une fin abrupte du financement des mesures de soutien et de relance, autant en santé et services sociaux, en éducation, en enseignement supérieur que dans les autres ministères. Dans la même perspective, elles demandent aussi à Québec de déployer des efforts sur les mesures de soutien à long terme afin que les entreprises demeurent viables et en activité pour alimenter la croissance économique à venir.

          « Les Québécoises et les Québécois ont besoin que l’on investisse dans l’avenir. C’est pourquoi le prochain budget doit être un appui ferme à une véritable relance afin de bâtir une économie plus durable, résiliente, solidaire et verte. Et, pour y arriver, l’instauration d’un dialogue social ouvert et constructif sera nécessaire pour que les travailleuses et les travailleurs puissent faire valoir leurs besoins et leurs préoccupations en matière d’emploi, de formation, de protection sociale ou de soutien du revenu », soutiennent Daniel Boyer, Caroline Senneville, Éric Gingras et Luc Vachon, ajoutant que les organisations syndicales connaissent leurs secteurs d’activités et peuvent jouer un rôle de premier plan dans cette relance.

          Retards dans les versements de sommes dues au personnel

          La Fédération de la Santé et des services sociaux (FSSS–CSN), la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), le Syndicat canadien de la fonction publique (CPAS-SCFP), le Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES-FTQ), la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ), l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), la Fédération des professionnèles (FP–CSN) et le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) déplorent que le gouvernement n’honore pas sa signature et qu’il repousse encore son échéancier dans le versement des sommes dues à des milliers de travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux.

          Ce sont à 80 % des femmes qui attendent des montants qui représentent 1,28 milliard de dollars à la suite des signatures des conventions collectives et, pour certains titres d’emploi, il faut ajouter 1,15 milliard de dollars pour le règlement de plaintes en équité salariale de 2010 et 2015.

          Une confusion injustifiable
          Devant la forte pression exercée par les syndicats depuis le mois de novembre dernier pour accélérer les paiements, le ministre de la Santé et des Services sociaux, M. Christian Dubé, s’était pourtant engagé à procéder aux paiements pour le 1er mars 2022, échéance qu’il n’a pas tardé à repousser sans même en aviser le personnel du réseau touché ni les organisations syndicales. Vendredi dernier, des représentants du MSSS ont présenté un nouveau calendrier de versements des sommes, incomplet et imprécis, s’échelonnant jusqu’au 23 mars dans certains cas, et que ces versements pourraient se faire par des avances. Les syndicats s’inquiètent que leurs membres puissent recevoir des montants erronés qu’ils devront ensuite rembourser.

          De plus, alors que le ministre Dubé a répété plusieurs fois qu’il assumerait ses responsabilités quant à ces retards, le sous-ministre nous apprenait qu’il n’y aurait pas de versement d’intérêts sur les sommes dues à nos membres. C’est là ajouter l’insulte à l’injure !

          Quant au versement des sommes pour les règlements d’équité salariale, aucune date n’a été avancée, sinon que rien ne sera fait avant le mois d’avril.

          « Nous ne comprenons pas qu’en 2022, au Québec, les femmes doivent encore attendre pour avoir un salaire égal à celui des hommes. Ces plaintes datent de 2010 et 2015. C’est tout simplement inadmissible et révoltant, non seulement pour les femmes auxquelles ces sommes sont dues, mais pour toutes les femmes du Québec », répliquent les porte-paroles des syndicats de la santé et des services sociaux.

          Le ministre Dubé a affirmé être gêné de l’inefficacité des différents systèmes de son ministère et des établissements pour verser les sommes dues à nos membres. Or, il doit être néanmoins tenu responsable des retards dont les échéances étaient connues des mois à l’avance. Il a aussi tardé à transmettre une directive au réseau pour que les paiements soient effectués en priorité. De plus, ses explications concernant la désuétude des systèmes informatiques nous laissent sans voix dans le contexte. On reconnaît que le personnel au gouvernement est au pied d’œuvre pour pallier l’incompétence des fournisseurs externes de gestion de la paye (Médisolution et Logibec) et l’inaction du ministre. Les organisations syndicales considèrent que le gouvernement devrait rapatrier ces services vers la fonction publique, compétente et qualifiée, afin de diminuer la sous-traitance dans le réseau de la santé et des services sociaux et assurer un meilleur suivi.

          Un gouvernement auquel on ne peut faire confiance
          Ces nombreux reports viennent encore miner le moral des troupes sur le terrain et aussi la confiance envers la parole du ministre de la Santé, sinon à l’égard du gouvernement de François Legault.

          « Ce sont des sommes importantes auxquelles ont droit nos membres. Cela fait maintenant deux ans que les travailleuses du réseau de la santé et des services sociaux le portent à bout de bras en ne cessant de faire des sacrifices sur le plan professionnel et personnel. La motivation devient de plus en plus difficile à trouver. Ces retards de paiement viennent démobiliser les travailleuses et les travailleurs. À l’approche du 8 mars, la Journée internationale du droit des femmes, nous demandons au gouvernement de verser à nos membres, en grande majorité des femmes, les sommes négociées dans les contrats de travail et dans les ententes portant sur l’équité salariale », concluent les porte-paroles des syndicats.

          Dispositions sexistes de la Loi sur l’assurance-emploi

          Kim Bouchard, avocate au Mouvement action-chômage de Montréal, avec l’appui de 12 autres organismes*

          C’est avec consternation que nous avons appris que la Commission de l’assurance-emploi avait reçu ordre d’interjeter appel de la récente décision du Tribunal de la sécurité sociale établissant que les dispositions de la Loi sur l’assurance-emploi qui limitent le droit des mères à recevoir des prestations d’assurance-emploi lorsqu’elles perdent leur travail pendant ou suite à un congé de maternité constituaient de la discrimination basée sur le sexe.

          Les appelantes ont pourtant démontré que la Loi sur l’assurance-emploi entraînait des conséquences réelles sur le bien-être et la sécurité économique des femmes, et le Tribunal leur a donné raison : « [Si] une femme perd son emploi pendant son congé de maternité et parental, elle n’a plus de protection. Elle doit donc se fier à ses économies ou au revenu de son conjoint. Cela maintient les femmes dans la pauvreté et dans un lien de dépendance. C’est considérer les revenus des femmes comme un salaire d’appoint qui ne mérite pas la même protection. […] Parce qu’elles sont des femmes qui ont eu une grossesse, elles ne peuvent pas obtenir les avantages des autres assurés. »

          Pourquoi contester ce jugement alors que dans sa lettre de mandat, le très honorable Justin Trudeau chargeait la ministre responsable de l’assurance-emploi, Carla Qualtrough, de s’« attaquer aux inégalités et aux disparités systémiques profondes qui demeurent présentes dans notre tissu social, notamment au sein de nos institutions fondamentales » ?

          Pourquoi nier les faits, une fois démontrés, alors que la ministre reconnaissait le 1er janvier dernier que le régime actuel crée des iniquités pour les nouvelles mères, déclarant même qu’elle « désire ardemment [s]’y attaquer » ?

          Nous invitons la ministre à profiter de la modernisation du programme d’assurance-emploi en cours afin de l’adapter au 21e siècle. Une solution simple revendiquée par plusieurs organismes communautaires, féministes et syndicaux implique que le gouvernement modifie la Loi sur l’assurance-emploi de manière à ce que toutes les travailleuses aient droit à une protection en cas de chômage, indépendamment de toute absence au marché du travail liée à la grossesse, à la maternité et aux responsabilités familiales. Cette modification mettrait fin aux effets considérés comme discriminatoires et sexistes que subissent les femmes dans ce dossier. En attendant une modification législative, la décence élémentaire eût été de ne pas contester un jugement qui ne fait que confirmer la discrimination à laquelle le gouvernement Trudeau prétend justement vouloir s’attaquer !

          * Cosignataires : Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE), Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec (RTRGFQ), Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT), CSD, CSQ, CSN, FTQ, FIQ, APTS, FAE, SFPQ et SPGQ.

           

          Projet de loi 15 en protection de la jeunesse : Ce ne doit pas être la fin, mais le début

          La Confédération des syndicats nationaux (CSN) appuie globalement le projet de loi 15 modifiant la Loi sur la protection de la jeunesse, lequel sera étudié cette semaine en commission parlementaire.

          Pour la CSN, c’est l’occasion de réitérer la nécessité de décentraliser le système de santé et d’assurer le financement adéquat des services en protection de la jeunesse. Le manque de budget, le délestage, le roulement de personnel et les nombreux postes non comblés dans les centres jeunesse compromettent des programmes destinés aux jeunes vulnérables.  Il faudra également renforcer la première ligne en CLSC pour offrir des services aux familles vulnérables, au moment opportun. On doit donc aller au-delà du projet de loi 15, dans l’intérêt des enfants.

          « La protection de la jeunesse, c’est aussi s’assurer que tous les enfants puissent avoir un toit, manger à leur faim, accéder à des services de garde éducatifs, à la culture et à des services professionnels au moment voulu, et que leurs parents aient un revenu adéquat pour assurer ces frais.. En ce sens, la CSN veut qu’on aille beaucoup plus loin et surtout que l’on agisse de façon préventive », explique la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

          Pas de refondation sans décentralisation

          Caroline Senneville, présidente de la CSN

          Depuis quelques semaines, le gouvernement annonce son intention de procéder à une refondation du réseau de la santé et des services sociaux. La pandémie a démontré hors de tout doute que l’organisation du réseau doit être revue aussi bien pour répondre aux besoins de la population que pour freiner la détresse du personnel.

          En 2017, une coalition réunissant la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) et la Fédération des professionnèles (FP–CSN), représentant les salarié-es de toutes les catégories de personnel, ainsi que l’Alliance des patients pour la santé, l’Association médicale du Québec et l’Association des cadres supérieurs de la santé et des services sociaux, proposait 15 pistes de solutions. La crise de la COVID-19 a montré que ces solutions sont plus pertinentes que jamais pour améliorer et pérenniser le réseau de la santé et des services sociaux.

          Pour une réelle décentralisation
          Décentraliser le système de santé et de services sociaux, c’est beaucoup plus que de saupoudrer quelques postes de cadres par-ci par-là dans les établissements. Il faut revoir l’organisation du réseau et s’attaquer en priorité à la situation des services aux aîné-es et des services de protection de la jeunesse. Les CHSLD et les centres jeunesse se trouvent noyés dans les mégastructures que sont les CISSS et les CIUSSS, au sein desquels les centres hospitaliers sont des poids lourds.

          Décentraliser le réseau, c’est aussi redonner une voix à celles et ceux qui donnent les services comme à celles et ceux qui les reçoivent. La refondation du réseau doit permettre une plus grande participation aux décisions de la part du personnel, en misant sur son expertise et son autonomie professionnelle et celles de la population, notamment au sein des conseils d’administration.

          Redevenir un réseau où il fait bon travailler
          Après deux ans de pandémie, le personnel est à bout de souffle. Il faut mettre fin à la surcharge de travail et au temps supplémentaire obligatoire (TSO). La meilleure manière d’attirer la relève, c’est de donner de meilleures conditions de travail, dès maintenant, en ouvrant le dialogue entre le gouvernement et les organisations syndicales, comme cela a été fait lors de la 5e vague de COVID-19. Il n’y a qu’une cible à viser et c’est de retrouver la fierté de travailler pour attirer les jeunes dans leur choix de carrière.

          Réinvestir pour effacer les ravages de l’austérité
          Le réseau peine toujours à se relever de l’austérité des dernières années. Non seulement ces coupes ont miné son fonctionnement, mais ce manque à gagner n’a jamais été comblé. Une refondation du réseau apparaît irréalisable sans investir les sommes nécessaires pour y parvenir. Pensons seulement aux coupes à la santé publique qui ont rendu impossibles la préparation et l’adaptation de la stratégie nationale lorsque la pandémie a frappé. Elles expliqueraient l’hécatombe vécue dans les CHSLD, selon la commissaire à la santé et au bien-être. De plus, un réinvestissement en santé mentale est absolument crucial.

          Le renforcement du soutien à domicile est non seulement une nécessité pour la qualité de vie des citoyennes et des citoyens, c’est aussi un choix budgétaire tout à fait cohérent. À cet égard, le Québec a un énorme retard à combler par rapport à des États comparables et aux autres provinces. Il doit donc y avoir des sommes dédiées aux soins en santé physique et mentale à domicile.

          Mieux investir là où ça compte n’est pas tant une question de ressources disponibles que de choix politiques. À elles seules, deux mesures comme l’instauration d’une assurance médicaments universelle et une révision du mode de rémunération des médecins permettraient d’octroyer des sommes importantes vers ces priorités structurantes.

          Le gouvernement aura-t-il le courage nécessaire pour procéder à une véritable refondation du réseau, notamment sur ces trois axes prioritaires que nous proposons ? L’heure n’est plus aux belles paroles. Il faut intervenir. Il y a urgence d’agir !

          La CSN salue le lancement de l’appel de projets du programme Ambition-Compétences par le ministre Jean Boulet

          La CSN salue l’annonce ce matin par le ministre du Travail et la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT), dont fait partie la centrale syndicale, d’un budget de 46 millions de dollars pour soutenir le rehaussement des compétences et la requalification dans les entreprises en transformation. Tant au niveau de la transition verte que de la transition technologique, les travailleuses et travailleurs affectés ont un besoin urgent de formation et de requalification pour leur permettre de conserver leur emploi ou de développer leurs compétences.

          Transition verte et juste
          Depuis plusieurs années, la CSN est préoccupée par l’impact des changements climatiques sur les travailleurs et travailleuses et réclame une transition juste, c’est-à-dire la création d’emplois de qualité dans les technologies propres et des mesures permettant de limiter les pertes d’emplois dans les secteurs à risque. « Les changements climatiques engendrent de grands bouleversements en matière d’emploi. Des mesures phares pour favoriser la requalification des travailleuses et des travailleurs sont attendues depuis longtemps », déclare Nathalie Arguin, secrétaire générale de la CSN et représentante de la centrale à la CPMT.

          Un exemple concret ? Les alumineries et la production d’acier, dont la modernisation pour une transition écologique est incontournable. « Les travailleurs reçoivent des formations pointues pour œuvrer dans ces domaines, mais d’intégrer à leur formation des éléments concernant la transition verte aidera grandement les entreprises à passer au niveau supérieur. Le travailleur a un rôle concret à jouer dans la transition de son entreprise, et ça passe par la formation », ajoute Mme Arguin.

          Transition technologique
          Un autre exemple : le secteur des médias, qui est en pleine transformation numérique. Soutenir cette transition, notamment pour les plus petits joueurs souvent régionaux, est nécessaire. Aussi, certains secteurs du monde de la culture, comme les musées par exemple, pourraient développer davantage de diversité dans leur offre et rejoindre un public plus large s’ils avaient la possibilité de se développer numériquement. Idem pour le milieu de l’agroalimentaire, où l’on fait face à de nombreux enjeux en lien avec l’automatisation des procédés de travail.

          « Tout est en place pour que les joueurs concernés dans les secteurs qui en ont le plus besoin présentent des projets permettant le rehaussement des compétences et la requalification des salarié-es, conclut la secrétaire générale. C’est dès maintenant qu’il faut passer à l’action. »

          Projet de loi C-11 : les associations québécoises du milieu culturel saluent la rapidité du gouvernement

          Les principales associations québécoises du milieu des arts et de la culture – l’APASQ, l’AQAD, l’ARRQ, la FNCC–CSN, la GMMQ, la SARTEC, TRACE, l’UDA et l’UNEQ – se réjouissent du dépôt rapide du projet de loi C-11 visant à assujettir les géants du numérique aux règles canadiennes en matière de radiodiffusion.

          Le projet de loi C-11 reprend les éléments clés du projet de loi C-10 qui faisaient consensus, soulignent les organisations : inciter les entreprises de diffusion en ligne à appuyer la production de contenus canadiens tout en assurant la protection du français, lui reconnaissant le statut particulier de langue minoritaire en Amérique du Nord.

          Les organisations sont d’avis que les nouvelles dispositions concernant les médias sociaux pourront faire consensus. Il appartiendra au CRTC d’imposer un cadre réglementaire en matière de mise en valeur et de découvrabilité du contenu. Le projet de loi C-11 prévoit toutefois que les utilisateurs, peu importe leur statut, ne peuvent en aucun cas être considérés comme une entreprise de radiodiffusion. Il reviendra aussi au CRTC de statuer sur la définition de contenu canadien pour l’ensemble des plateformes de diffusion en ligne et s’assurer qu’une place prioritaire est faite aux artistes et artisans d’ici.

          Les associations d’artistes du Québec appellent l’ensemble des partis fédéraux à compléter avec diligence l’analyse du projet de loi en vue de son adoption rapide. Elles souhaitent ainsi que le CRTC puisse développer l’ensemble des outils et des dispositions dont l’organisme réglementaire aura besoin pour assumer son nouveau mandat. À ce titre, elles entendent collaborer activement aux travaux de consultations parlementaires ainsi que celles devant précéder toute instruction au CRTC dans la mise en œuvre de ces outils réglementaires.

          Remettre le réseau de la santé et des services sociaux sur ses pieds

          Lettre de Réjean Leclerc, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN)

          Il ne fait plus de doute pour personne que notre réseau de la santé et des services sociaux est fragile. La pandémie a prouvé ce que les travailleuses et travailleurs savaient depuis longtemps. La question qui se pose maintenant, c’est qu’est-ce qu’on fait?

          Le mirage du privé en santé
          La fragilité de notre réseau fait saliver ceux qui voudraient augmenter la place du privé. On entend déjà certains dire que c’est parce que notre réseau ne laisse pas assez de place au privé et à sa supposée efficacité que nous avons un si mauvais bilan dans cette pandémie. Certains parlent même de notre réseau comme d’un monopole d’État. C’est pourtant plus de 30% des investissements en santé qui proviennent du privé. Méchant monopole… Comment la privatisation peut-elle sérieusement être amenée comme une solution aux problèmes que nous vivons? En quoi cela va aider le personnel à bout et les patients qui attendent pour avoir accès aux services?

          Notre réseau se privatise depuis des années et c’est loin de nous avoir aidés à faire face à la pandémie. Pensons aux agences privées qui ont fait des profits immenses durant cette crise, au manque d’accès aux soins de santé mentale ou encore aux CHSLD privés qui ont un bilan désastreux. C’est autant d’exemples que le privé n’est pas ce qu’il nous faut pour faire mieux. Même chose pour le soutien à domicile, où le privé augmente sans cesse sans que cela mène à une amélioration des services pour la population. Choisir d’accentuer la place du privé en santé comme réponse à la mauvaise gestion de la pandémie serait de redonner le même remède inefficace que nos gouvernements déploient depuis trop longtemps.

          Redonner espoir
          Un des grands problèmes auxquels nous faisons face quand on parle de notre réseau de la santé et des services sociaux, c’est que les gens ont perdu espoir qu’il soit possible de faire mieux. Il faut dire que les réformes centralisatrices et l’austérité des dernières années n’ont pas aidé. Mais il n’est pourtant pas nécessaire de remonter à si loin pour se rappeler d’un temps où on parvenait à répondre aux besoins de la population et où travailler dans le réseau était un honneur. C’était le cas des CLSC par exemple avant que nos gouvernements et les médecins les brisent en morceau pour mieux financer des GMF privés.

          Ce qu’il faut faire, c’est mener le réseau dans la direction opposée à celle préconisée par les gouvernements des dernières années. Jetons par-dessus bord la centralisation qui éloigne le personnel et la population de leurs soins de santé. Faisons confiance à celles et ceux qui donnent les services en leur donnant de bonnes conditions de travail.

          Le privé est un mirage, c’est avec un réseau public décentralisé qui mise sur les compétences de son personnel qu’on parviendra à répondre aux besoins de la population.

          Services préhospitaliers d’urgence : mais à quoi joue le gouvernement ?

          Lettre ouverte de Jean Gagnon, Représentant du secteur préhospitalier

          Le gouvernement a annoncé récemment de nouvelles mesures incitatives temporaires pour le personnel du réseau de la santé et des services sociaux, au cœur de la crise sanitaire. Il offre aussi ces mesures aux salarié-es de certaines entreprises privées avec qui il est lié par contrat. Des centaines de milliers de personnes toucheront ces sommes, mais pas les paramédics ni les autres membres du personnel du secteur préhospitalier.

          Nous avons d’abord pensé que le gouvernement nous avait oubliés lorsqu’il en a fait l’annonce. Après tout, il n’avait pas pensé à nous non plus lorsqu’il avait annoncé les premières primes au tout début de la pandémie. À la suite de nos représentations, le gouvernement avait rapidement admis son erreur. Pas cette fois. Dans une réponse laconique envoyée par courriel cette semaine, les représentants du ministère de la Santé et des Services sociaux nous indiquent que nous ne faisons pas partie du plan.

          Et pourtant… Sur le terrain, nous la sentons bien la pression, la crise. Nous transportons, chaque jour, des patientes et des patients positifs. Plusieurs d’entre nous ont d’ailleurs contracté la maladie. Après deux ans de crise, nous voyons nos collègues épuisés, surchargés. À cela s’ajoute le cynisme de plus en plus grand à l’égard d’un gouvernement qui ne nous respecte pas.

          Le défi d’attirer de nouvelles recrues, de retenir les plus expérimentés dans notre secteur était déjà bien réel avant la pandémie. Les salaires insuffisants font des paramédics les moins bien payés de tous les services d’urgence. Quant aux conditions de travail, elles sont devenues intenables. Les heures supplémentaires sont devenues monnaie courante. Il est impossible  pour plusieurs de prendre leur repas et de finir leur journée à l’heure prévue. En région, des paramédics doivent se tenir disponibles durant sept jours et nuits consécutifs. Sans parler des enjeux de santé mentale inhérents à notre métier où nous sommes exposés continuellement au risque de choc post-traumatique en raison des situations éprouvantes auxquelles nous faisons chaque jour..

          Nous sommes sans convention collective depuis bientôt deux ans et nous attendons toujours des réponses constructives à nos propositions à la table de négociation. Durant tout ce temps, le gouvernement a su trouver un terrain d’entente avec pratiquement tous les secteurs où il est le principal payeur. Mais pas avec nous, les paramédics, les répondantes et répondants médicaux d’urgence, le personnel de soutien. De toute évidence, nous ne sommes pas prioritaires pour ce gouvernement. En cas d’urgence, c’est nous qu’on appelle en premier, mais quand vient le temps de négocier il faudrait qu’on passe en dernier !

          La CAQ nous méprise
          Nous avons beau sauver des vies chaque jour et donner le meilleur de nous-mêmes, le gouvernement nous traite comme des pions. Comme nous avons l’obligation de maintenir les services essentiels, il agit comme s’il n’y avait pas d’urgence à s’entendre avec nous.

          Doit-on s’en étonner ? Après tout, c’est toute l’histoire des services préhospitaliers au Québec qui est en train de se rejouer. Depuis 40 ans, nous avons construit ce secteur par notre action syndicale envers et contre tous. C’est grâce à nous, à nos luttes, que les services se sont professionnalisés au point où l’on déploie maintenant des paramédics de soins avancés et qu’on fait appel à notre expertise plus largement que jamais. Les gouvernements qui se sont succédé n’ont jamais eu le courage de se responsabiliser, d’instaurer des règles claires dans notre secteur où se côtoient une société d’État –, Urgences-santé – des coopératives, des OBNL et des entreprises privées. Ce chaos organisationnel, tous les gouvernements s’en sont servis comme prétexte à leur inaction.

          Nous aurions souhaité que la CAQ se démarque. Nous leur avons tendu la main à de multiples reprises pour tenter de trouver des solutions à long terme. Nous aurions souhaité sincèrement pouvoir démarrer sur de nouvelles bases. Laisser de côté les coups de gueule pour nous concentrer sur l’atteinte des objectifs que nous nous fixons. Mais le message que ce gouvernement nous envoie reste le même. Il n’acceptera de nous entendre que lorsque nous aurons fait mal à son image et que nous aurons suffisamment perturbé la paix sociale !

          J’invite le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, à consulter de nouveau ses plus anciens conseillers au ministère. Il découvrira que nous avons déjà fait la preuve de notre capacité à nous battre et à nous faire entendre, si c’est vraiment la voie que le MSSS et le Conseil du trésor souhaitent que nous prenions.

          Une première vraie reconnaissance des sages-femmes par le gouvernement

          Pour une des premières fois depuis le début de la pandémie, les sages-femmes du Québec obtiennent une reconnaissance de leur travail en temps de COVID-19. Elles pourront toucher toutes les primes et les incitatifs en place dans le reste du réseau de la santé.

          « C’est un soulagement parce que depuis le début de la crise, les sages-femmes sont appelées à soutenir le réseau de la santé », commente Josyane Giroux, présidente du Regroupement Les Sages-femmes du Québec (RSFQ). Les sages-femmes et responsables des services de sage-femme ont notamment mis en place des solutions concrètes et adaptées aux besoins de la population lors de ruptures de services anticipées ou avérées, en périnatalité et en obstétrique.

          De plus, depuis le début de la crise, elles arrivent à maintenir l’offre de services à leur clientèle, alors qu’il y a plus d’absences qu’à l’habitude parmi les sages-femmes. « Notre 4,5 % des suivis de grossesses au Québec, effectués par les 180 sages-femmes actives, a vraiment son importance et l’on en tient enfin compte. C’est un premier pas vers la reconnaissance », ajoute Josyane Giroux.

          « Les pourparlers avec le ministère et les ministres réalisés par le RSFQ et la Fédération des professionnèles auront aussi tracé la voie pour que l’ensemble des professions de la catégorie 5 bénéficie des incitatifs offerts aux autres catégories d’emploi. Nous pouvons en être fiers », ajoute Danny Roy, président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

          Concrètement, les sages-femmes auront accès à la prime d’assiduité « en escalier » qui permet d’accumuler jusqu’à 1000 $ par mois lorsqu’on travaille à temps plein. Pour les personnes à temps partiel, l’assiduité complète permet maintenant d’obtenir 100 $ par semaine. S’ajoutent à cela les heures payées en double lorsqu’il s’agit d’une journée qui s’ajoute à la semaine normale de travail. Le tout est en place pour 12 semaines à partir de la mi-janvier.

          Encore du chemin à faire
          La profession de sages-femmes n’est cependant pas encore reconnue à sa juste valeur. Il restera du chemin à faire après l’échéance de ces mesures afin de trouver des solutions plus pérennes.

          La négociation pour le renouvellement de l’Entente collective sur les conditions de travail est malheureusement au point mort en ce moment, et ce, depuis des mois. « Notre apport est encore plus important avec l’essoufflement sur le terrain et les difficultés en obstétrique dans plusieurs régions », fait valoir la présidente, qui rappelle que des bris de service en obstétrique ont été observés en Abitibi, en Gaspésie, en Outaouais et dans différents hôpitaux de la grande région de Montréal.

          Santé mentale : les services publics ne résisteront pas à la vague

          La prochaine vague liée à la COVID-19 ne sera probablement pas causée par une mutation du virus, mais par une déferlante de problèmes en santé mentale qui risque fort de faire sauter la digue de notre système public.

          La CSN salue donc la volonté du ministre Lionel Carmant et du gouvernement d’investir 361 M$ de plus en santé mentale et le plus grand apport du communautaire, mais remarque que ce qui limite l’efficacité du réseau demeure intouché, soit d’encarcaner les cliniciens et les usagers dans une approche rigide. Le ministre ne cesse de vendre le Programme québécois pour les troubles mentaux (PQPTM) comme l’unique réponse au meilleur accès aux soins en santé mentale, alors que sur le terrain les professionnels-les rapportent une perte d’autonomie et une multiplication des étapes dans le parcours de soin des patients. Ce chemin de croix en décourage plusieurs et fait baisser artificiellement les listes d’attente.

          Il faut absolument revoir l’organisation pour vraiment améliorer l’accès. « Nous avons besoin d’une refondation de nos services en santé mentale et il faut le faire avant qu’il ne soit trop tard », affirme Jessica Goldschleger, vice-présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), qui rappelle que la mauvaise santé mentale entraîne une perte de 50 G$ par année au Canada ainsi qu’une grande souffrance.

          Consultation des intervenantes et intervenants
          En 2021, la FP–CSN a mené une importante consultation auprès de ses membres qui travaillent en santé mentale. « Nous proposons une approche globale axée sur les besoins de la personne tout au long de son parcours de soins dans le réseau public », insiste Jessica Goldschleger. Il faut, par exemple, éviter qu’une personne attende de longs mois entre le traitement pour la toxicomanie et celui pour l’anxiété. « Les patients ne devraient pas être comme des balles de ping-pong que l’on se renvoie d’une équipe à l’autre », ajoute la vice-présidente.

          La CSN recommande notamment que l’on nomme une personne ou une équipe pivot qui va s’assurer que chaque patient qui consulte en santé mentale puisse être suivi pour l’ensemble de ses problèmes dans un court délai. Quelque 16 recommandations sont par ailleurs sorties de la consultation de 2021 menée par la FP–CSN.

          « Une des clés pour améliorer la situation c’est de miser sur l’interdisciplinarité. Il ne suffit pas d’en parler, il faut donner du temps et des lieux pour le faire. Il faut que tous les acteurs du réseau qui interviennent auprès de cette clientèle puissent travailler en équipe en se partageant l’information et les solutions à mettre en place, et cela bien entendu, en tout respect des enjeux de sécurité et de confidentialité », enchérit le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Réjean Leclerc.

          De plus, la CSN souhaite la mise en place de formations d’appoint pour tous les intervenants et intervenantes de la chaine de services et de soins, permettant à chacun de jouer pleinement son rôle dans ce vaste chantier nécessaire.

          Régler le problème en amont
          Un des meilleurs moyens pour réduire l’ampleur de la détresse psychologique dans la population du Québec serait d’agir en amont sur des facteurs de stress importants comme la pauvreté, le manque de logement abordable ou la violence envers les femmes. « C’est un défi de société que nous avons devant nous, plaide la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Il faut reconstruire notre filet social, car il s’est étiolé. Augmenter le salaire minimum, renforcer les droits des travailleuses et des travailleurs, assurer l’accès au logement ou encore un accès rapide aux différents services de soutien et d’aide sont quelques exemples de leviers dont dispose le gouvernement pour prévenir une dégradation et améliorer les choses. »

          Pénurie de main-d’œuvre dans le transport scolaire : le ministre Roberge ne peut faire cavalier seul pour régler la situation

          La semaine dernière, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, annonçait au réseau des Centres de services scolaires le déploiement de la seconde phase du Programme d’aide financière visant la rétention des conductrices et conducteurs d’autobus scolaire (PAFCAS). Le Secteur transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), qui a pourtant largement contribué à la création de ce programme, dénonce les manières de faire du ministre qui, une fois de plus, a choisi d’exclure les principaux concernés, c’est-à-dire les conductrices et conducteurs de véhicules scolaires et leurs représentants syndicaux, du processus de mise en place du programme en annonçant sa poursuite sans donner de détails ni de préavis.

          « C’est tellement frustrant de constater qu’après tous les efforts que nous avons déployés et toutes les recommandations que nous avons formulées au ministère de l’Éducation pour tenter de corriger la pénurie de main-d’œuvre dans le transport scolaire, nous nous retrouvons une fois de plus exclus du processus de mise en œuvre du programme d’aide financière », a déclaré d’entrée de jeu Josée Dubé, présidente du Secteur transport scolaire de la FEESP–CSN et présidente du Syndicat des travailleurs des Autobus Gil-Ber–CSN.

          « Quand on regarde le fiasco qu’a généré le déploiement de la première phase du programme, avec de nombreux ratés qui auraient pu facilement être évités en consultant les principaux acteurs concernés, c’est à se demander si le ministre souhaite réellement s’attaquer au cœur du problème ou s’il souhaite plutôt n’en faire qu’à sa tête en ignorant celles et ceux à qui s’adresse pourtant le fameux programme », poursuit Mme Dubé.

          Respect des engagements
          Rappelons qu’une rencontre avec le Ministère et les différents partenaires concernés avait eu lieu en novembre dernier pour dresser le bilan de la première phase du programme. Lors de cette rencontre, les représentants du Secteur transport scolaire de la FEESP–CSN avaient fait part de plusieurs problématiques en lien avec le déploiement du programme, notamment les enjeux liés à l’assurance-emploi, l’absence de soutien offert aux conducteurs, l’insuffisance du montant de la prime, etc. Le ministère s’était alors engagé à revenir devant ses partenaires avant de lancer la phase II du programme, ce qui n’a pas été fait.

          « À quoi bon convoquer les partenaires à des rencontres pour dresser des bilans et tenter de corriger le tir si, en bout de piste, le ministre ignore les recommandations soulevées par le milieu et n’écoute que lui-même ?, se questionne Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP–CSN. Le ministre Roberge ne pourra pas continuer à agir de la sorte et faire cavalier seul s’il souhaite réellement régler l’enjeu de la pénurie de main d’œuvre qui sévit depuis des mois dans le transport scolaire. La concertation et la collaboration, ce n’est pas à sens unique. Lorsqu’on fait des engagements auprès de ses partenaires, le minimum, c’est de les respecter ! ».

          Notons que le Secteur transport scolaire de la FEESP–CSN entend solliciter incessamment une rencontre auprès du ministère afin de faire le point sur la situation.

          Une importante majoration des salaires s’impose
          Bien que satisfaits de l’élargissement de l’accessibilité du programme d’aide aux conductrices et conducteurs de berlines, les représentants du secteur estiment que la prime, dont le montant est toujours fixé à 2000 $, est loin d’être suffisante pour enrayer la problématique. « Ça fait plusieurs fois qu’on le répète, la prime à elle seule, même bonifiée – ce que nous réclamons depuis plusieurs mois déjà – ne suffira pas à régler le problème. Considérant l’urgence de la situation, ce que nous demandons, c’est une importante majoration des salaires des conductrices et conducteurs, et ce, à la grandeur de la province », conclut Mme Dubé.

          Culture et communications : lutte à la précarité et assainissement des milieux de travail, au cœur de priorités syndicales

          Le 25e Congrès de la Fédération de la culture et des communications (FNCC–CSN) s’est terminé aujourd’hui, au terme de quatre journées de débats et d’ateliers portant sur les principaux enjeux en matière de relations de travail, de financement et d’encadrement législatif du secteur des médias, de l’information et de la culture.

          Les travaux effectués par les congressistes ont permis de mettre au jour de nombreux facteurs contribuant à la précarisation des conditions de travail du secteur de l’information et de la culture : des encadrements législatifs déficients, notamment à l’endroit des travailleurs autonomes et du statut de l’artiste, la déstabilisation des productions culturelles et médiatiques par les géants du Web et les transformations entraînées par le recours intensif au télétravail. La cyberintimidation dans le milieu journalistique et les cultures de gestion contribuant aux environnements de travail malsains ont également retenu l’attention des représentantes et représentants syndicaux.

          Ceux-ci ont par ailleurs salué les nombreux combats menés par les syndicats de la fédération au cours des trois dernières années. L’instauration d’un crédit d’impôt sur la masse salariale des salles de nouvelles devra être maintenue et renforcée. Le sauvetage du Soleil, du Droit, de la Tribune, du Nouvelliste, de la Voix de l’Est et du Quotidien du Saguenay par la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i), mise sur pied par les syndicats de la fédération, aura contribué à freiner l’érosion de l’information dans les régions du Québec.

          « Au cours des dernières années, ce sont les travailleuses et les travailleurs que nous représentons qui ont été les premiers à identifier les menaces à notre environnement journalistique, médiatique et culturel, a rappelé la présidente de la fédération, Annick Charette. Ce sont ces personnes qui ont su faire preuve de courage, d’imagination et d’une très grande solidarité pour stabiliser la situation. Notre action doit se poursuivre afin de protéger nos droits en matière de travail et d’assainir nos milieux de travail, trop souvent soumis à des dynamiques malsaines en matière d’organisation du travail. »

          Nouveau comité exécutif
          Les congressistes ont reporté à la présidence de la fédération Annick Charette, qui en assumait l’intérim depuis l’été dernier. Annick Charette provient du Syndicat général des employé-es de Télé-Québec. Elle sera épaulée de Stéphane-Billy Gousse, issu du Syndicat des employé-es de bureau du Soleil et élu au poste de secrétariat général et trésorerie. Aux postes de vice-présidence ont été élus Karine Tremblay, du Syndicat des employé-es de La Tribune, ainsi que Pierre Tousignant et Josianne Létourneau, tous deux du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Radio-Canada.

          Plus d’une centaine de participantes et de participants ont pris part, en format virtuel depuis mardi, au 25e Congrès de la Fédération nationale des communications et de la culture, affiliée à la CSN.

          Rapport final de la Commissaire à la santé et au bien-être : Il faut passer à l’action !

          Pour la Confédération des syndicats nationaux, le rapport final de la Commissaire à la santé et au bien-être, Joanne Castonguay, remet en perspective de nombreuses lacunes qui existaient déjà dans le réseau avant l’arrivée de la COVID-19. Les solutions sont connues depuis longtemps et en ce sens, la CSN appuie en grande partie les recommandations formulées. La CSN appelle le gouvernement à saisir cette occasion pour instaurer un véritable dialogue avec tous les partenaires, dont les syndicats, pour s’assurer de ne jamais revivre un tel drame.

          Toutefois, la CSN relève plusieurs éléments sur lesquels le rapport n’insiste pas assez et qui doivent être pris en compte pour pouvoir effectuer le virage nécessaire. Par exemple, il faut prendre en considération la question de la santé et de la sécurité au travail. Il faudrait creuser davantage pour comprendre les lacunes observées sur le terrain par les syndicats. Il s’avère notamment que la gestion inadéquate des équipements de protection individuelle a eu un impact significatif. De même, les mauvaises conditions de travail du personnel ont contribué aux problèmes d’attraction, de rétention et à la rareté de la main-d’œuvre. Le sous-financement des services, le rôle croissant du secteur privé et les lacunes quant à la planification de la main-d’œuvre constituent autant de volets qui nécessitent des changements tant au niveau de la santé publique que de la gouvernance du réseau. Pour la CSN, ces éléments ont tous grandement contribué à la catastrophe.

          Enquête publique
          « Une enquête publique sur la gestion de la pandémie demeure nécessaire, estime la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Il faut aller au fond des choses. Ce ne sont pas des coupables qu’on cherche, mais le portrait global afin de pouvoir appliquer des solutions structurantes. Malheureusement, les recommandations formulées dans ce rapport sont parfois timides. Nous les appuyons de façon générale, elles vont dans le bon sens, mais il faut faire beaucoup plus et instaurer des changements en profondeur pour consolider cet acquis précieux qui est mis à mal depuis trop longtemps. »

          Pour la CSN, il faudra nécessairement revoir certaines façons de faire pour éviter une telle hécatombe dans le futur et corriger les lacunes identifiées dans le rapport, notamment la gouvernance défaillante, le leadership insuffisant et le manque d’imputabilité.

          « Nous n’avons pas le droit de ne pas apporter les changements nécessaires dès maintenant, plaide le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Réjean Leclerc. La clé c’est de pouvoir se parler pour vrai, syndicats, établissements, gouvernement et de travailler ensemble. La gestion par arrêtés ministériels, ça a fait mal non seulement aux relations de travail, mais à notre capacité même de trouver des solutions ensemble, pour le bien de toute la population. Il faut absolument renouer avec le dialogue même dans ce climat d’urgence. La FSSS–CSN sera au rendez-vous d’une telle approche ».

          Du côté de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), on relève que, malheureusement, comme le mentionne le rapport, le réseau de la santé et des services sociaux a mis ses employé-es en danger en ne respectant pas complètement le principe de précaution. « Nous demandions pourtant depuis le début de la pandémie d’élargir la distribution du meilleur équipement de protection disponible, comme les masques N95. Une réelle approche de précaution aurait alors rassuré et protégé la santé du personnel qui se trouvait au cœur de la tempête », affirme Danny Roy, président de la Fédération des professionnèles (FP–CSN).

          La Fédération nationale des communications et de la culture lance son congrès

          Une voix, une force, une solidarité : c’est au terme d’un mandat ponctué de nombreuses batailles que la Fédération nationale des communications et de la culture, affiliée à la CSN, ouvre aujourd’hui son 25e Congrès. Plus d’une centaine de participantes et de participants y prendront part, en format virtuel, jusqu’à vendredi.

          En ouverture, la présidente de la fédération, Annick Charette, a rappelé les moments forts des trois dernières années : instauration par Ottawa et Québec, après des années de crise de la presse écrite, d’un crédit d’impôt sur la masse salariale des salles de nouvelles; sauvegarde des six quotidiens de Capitales Médias par la Coopérative nationale de l’information indépendante, créée à l’initiative des syndicats de la FNCC–CSN concernés; pressions politiques pour l’encadrement législatif et fiscal des géants du web et la mise à jour du cadre fédéral en matière de radiodiffusion; et enfin, de nombreuses négociations liées au renouvellement des conventions collectives des 80 syndicats que compte la fédération.

          « Alors que les secteurs du journalisme, des communications et de la culture traversaient des bouleversements majeurs, les syndicats de la FNCC–CSN ont fait preuve d’audace, d’imagination et de persévérance essentielles et nécessaires à la sauvegarde de grands pans de notre écosystème journalistique, médiatique et culturel », a souligné la présidente de la fédération, Annick Charette.

          Elle a par ailleurs rappelé les nombreuses percées effectuées par les militantes et les militants de la fédération sur le plan de la syndicalisation, comme en témoigne la création du Syndicat de l’événementiel et du Syndicat national des salarié-es des musées, et de la défense des droits des travailleuses et travailleurs autonomes.

          Au cours de la semaine, les congressistes aborderont les questions de la cyberintimidation dans le milieu journalistique, de harcèlement et de climat de travail dans le secteur de la culture et des actions syndicales devant être menées face à la croissance des formes de précarité dans le secteur des communications. Des ateliers seront également menés sur les programmes de retraite et d’assurance collective des syndicats membres de la fédération, notamment en lien avec les nouveaux régimes à prestations cibles développées par la CSN et les firmes externes qui lui sont partenaires.

          Les élections aux postes du comité exécutif auront lieu en clôture du congrès, vendredi. Pour l’instant, la présidente sortante, Annick Charette, qui assume l’intérim de la présidence de la fédération depuis le départ en politique fédérale de Pascale St-Onge, est la seule candidate annoncée à la présidence de l’organisation. La période de mise en candidature prend fin ce jeudi à 13 h 15.

          L’horaire détaillé et les documents du 25e Congrès de la FNCC–CSN sont disponibles à l’adresse suivante : https://fncc.csn.qc.ca/congres/. Les journalistes désirant assister à l’une ou l’autre des séances peuvent contacter francois.lecuyer@csn.qc.ca afin d’obtenir les coordonnées virtuelles nécessaires.

          Le syndicat craint pour la sécurité des salarié-es de la SAQ

          Pour le Syndicat des employé(e)s de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ–CSN), les mesures que la SAQ met en place à compter d’aujourd’hui pour répondre à l’obligation du passeport vaccinal sont insuffisantes pour garantir pleinement la sécurité du personnel des succursales.

          Le SEMB-SAQ–CSN réclame notamment la présence d’un gardien de sécurité en tout temps dans les succursales de la SAQ afin d’éviter que des salarié-es se trouvent dans une position inconfortable, voire dangereuse, s’ils doivent eux-mêmes refuser l’accès au magasin à une personne non vaccinée et récalcitrante face à cette nouvelle obligation.

          Le syndicat aurait souhaité que la direction de la SAQ travaille davantage avec les salarié-es pour trouver des solutions afin de répondre adéquatement à cette nouvelle obligation. En l’absence de balises cohérentes fixées par la SAQ, ce sont les salarié-es qui doivent improviser actuellement quant aux moyens à mettre en place dans chaque succursale pour organiser concrètement le contrôle de l’accès aux magasins, et ce, en toute sécurité.

          « Dès l’annonce faite par le gouvernement, nous avons approché la direction de la SAQ avec des propositions, souligne la présidente du syndicat, Lisa Courtemanche. Notre impression c’est que la SAQ a choisi de gérer les risques, de ne réagir que si des situations intenables surviennent. Nous aurions préféré une approche de prévention visant à éliminer les risques autant que possible pour tout le monde. Nous entendons continuer nos démarches auprès de l’employeur pour obtenir un changement de cap. Pour le moment, comme syndicat nous allons nous efforcer d’être présents partout sur le terrain et nous suivrons la situation de près. »

          À propos
          Le Syndicat des employé(e)s de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ–CSN) regroupe quelque 5500 travailleuses et travailleurs de la Société des alcools du Québec, notamment le personnel travaillant dans les succursales et dans les bureaux.

          La FSSS–CSN suivra de près le programme de recrutement dans les services de garde

          Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), continuer d’améliorer les conditions des travailleuses et travailleurs reste le meilleur moyen de recruter la relève dans les services de garde éducatifs à l’enfance. Le ministre de la Famille annonçait aujourd’hui son programme de recrutement ayant pour but d’attirer le personnel pour augmenter le nombre de places dans le réseau.

          La FSSS–CSN est heureuse de constater que le ministère de la Famille prend des moyens d’attirer la relève pour combler le manque de places en service de garde. Le gouvernement doit agir pour attirer l’ensemble du personnel des services de garde et des bureaux coordonnateurs. Elle suivra de près l’application du programme de recrutement et invite le ministre à discuter avec nous de l’application des mesures. La Fédération veut de plus s’assurer que le niveau de formation soit maintenu. Elle rappelle que la création de nouvelles places doit se faire uniquement dans les CPE et les milieux familiaux régis et subventionnés, là où les services aux enfants sont de la meilleure qualité. La FSSS–CSN réclame aussi plus d’actions pour mieux protéger le personnel des services de garde, dont l’accès aux masques N95.

          « Les résultats de la dernière négociation des CPE, où la détermination des travailleuses a entraîné de nombreux gains, sont la meilleure carte de visite pour convaincre des gens de venir travailler dans le réseau des services de garde éducatifs. Il faut continuer de faire mieux, notamment en réglant l’enjeu des ratios d’enfants par éducatrice. C’est la clé pour rendre le réseau plus attrayant », lance Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN.

          8 mars 2022 : L’avenir est féministe

          Le Collectif 8 mars dévoile aujourd’hui le visage de la Journée internationale des droits des femmes 2022 qui se déroulera sur le thème L’avenir est féministe. Pour une deuxième année consécutive, son contenu sera marqué par la crise sanitaire qui a mis au jour les inégalités et les discriminations systémiques vécues par les femmes, que ce soit à titre de travailleuses ou de citoyennes.

          Atteindre un monde plus juste
          Depuis près de deux ans, celles-ci sont touchées de multiples façons par les conséquences de la COVID-19. Qu’on aborde ou non les pertes d’emploi et de revenus, la violence conjugale et les féminicides, l’augmentation du travail invisible, la surexposition au risque de contamination ou les questions de santé mentale et de solitude, il demeure indéniable que les femmes ont subi de plein fouet la crise sanitaire et qu’elles ne sont toujours pas au bout de leur peine.

          À titre d’exemple, bien qu’il y ait eu reprise des activités économiques dans de nombreux secteurs, les femmes accusent encore un retard quant à leur retour au travail. Ainsi, en septembre 2021, elles étaient moins nombreuses en emploi qu’elles ne l’étaient avant la pandémie, alors que chez les hommes, le niveau d’emploi observé au même moment était identique à celui de septembre 2019, soit avant la crise sanitaire.

          Slogan et visuel évocateurs
          Le slogan « L’avenir est féministe » met en lumière la nécessité d’agir pour un monde tissé de liberté, de solidarité, de justice, de paix et d’équité. L’identité visuelle conjugue art graphique et collage pour rompre avec l’atmosphère de morosité et de cynisme politique des dernières années. Elle appelle à converger nos efforts afin de créer une société qui unit nos voix et nos horizons pluriels et qui respecte les droits et la dignité de toutes et de tous.

          Voir et télécharger tous les outils de visibilité du 8 mars 2022

          Les paramédics demandent la conciliation

          Constatant une impasse à la table de négociation, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), représentant le personnel du secteur préhospitalier, dont 3500 paramédics partout au Québec, demande au ministère du Travail de nommer un conciliateur ou une conciliatrice qui aidera les parties à identifier des voies de rapprochement. Sans convention collective depuis le 1er avril 2020, les syndicats CSN détiennent actuellement des mandats de grève renforcée à utiliser au moment opportun.

          « Les représentants du gouvernement ferment la porte à nos propositions sur presque tous les enjeux, dénonce le représentant du secteur préhospitalier de la FSSS–CSN, Jean Gagnon. On ne peut pas accepter le statu quo faisant des paramédics les moins bien payés de l’urgence. Nos salaires ne soutiennent plus aucune comparaison avec ceux versés aux autres acteurs de la sécurité publique ni avec les travailleuses et les travailleurs que nous côtoyons au quotidien dans le réseau de la santé et des services sociaux. Nous avons tous les arguments pour justifier un redressement salarial considérable dans notre secteur. C’est déplorable que le gouvernement ne se donne même pas la peine d’y répondre ».

          Les paramédics FSSS–CSN réclament un reclassement de leur emploi à sa véritable valeur. Les taux de salaire doivent refléter davantage la réalité du marché de l’emploi, tant dans les autres services d’urgence que dans le réseau public de la santé et des services sociaux, pour avoir un impact positif sur l’attraction de nouvelles recrues et la rétention des plus expérimenté-es.

          Les paramédics veulent également s’attaquer aux surcharges de travail du personnel ayant des horaires à l’heure, éliminer les horaires de faction et renforcer la santé et la sécurité au travail, notamment en matière de santé mentale et psychologique.

          Conciliation
          En vertu du Code du travail, le conciliateur n’a pas le pouvoir d’imposer une solution. Il joue un rôle de facilitateur. Il peut par exemple formuler des recommandations aux parties, mais les équipes de négociation sont libres d’y adhérer ou non.

          Transport gratuit pour toute la population
          Les syndicats CSN représentant les paramédics ont le mandat de renforcer la grève qui a cours depuis l’été 2021 au moment jugé opportun. Déjà, plusieurs moyens de pression sont en cours. Par exemple, les transports en ambulance sont entièrement aux frais du gouvernement, peu importe la raison de l’intervention et l’état du patient. Si cela s’avère nécessaire, les paramédics augmenteront encore la pression, en présentant une nouvelle liste plus pointue des services essentiels. « Nous ne déclencherons pas ces nouveaux moyens de pression immédiatement, explique Jean Gagnon. En demandant la conciliation, nous espérons que le gouvernement s’active et mette enfin l’énergie nécessaire à notre négociation pour pouvoir conclure une entente satisfaisante. Du côté syndical, nous serons pleinement disponibles pour conclure cette négociation dans les meilleurs délais. Toutefois, si l’on doit augmenter la pression, nous sommes prêts ».

          Salaire minimum : « une autre occasion ratée », estime la Coalition Minimum 18 $

          En se limitant à une maigre augmentation de 0,75 $ du salaire minimum, le gouvernement Legault rate encore une fois l’occasion de lutter contre la pauvreté, d’appuyer la reprise économique et d’apporter des solutions concrètes aux problèmes de rareté de main-d’œuvre, estiment les membres de la Coalition Minimum 18 $. De plus, cette hausse ne pourra permettre à une personne seule travaillant à temps plein au salaire minimum de se sortir de la pauvreté, préviennent-ils. En raison notamment des augmentations marquées du coût de la vie ces dernières années, le salaire minimum aurait dû être haussé à 18 $ l’heure, font-ils valoir.

          « Alors que l’augmentation actuelle du coût de la vie menace de nombreux travailleurs et travailleuses à faible revenu, cette hausse nous apparait complètement déconnectée de la réalité », ont réagi les porte-paroles de la FTQ, de la CSN, de la CSQ, de la CSD, de l’APTS, du SFPQ, du SPGQ, du Collectif pour un Québec sans pauvreté, du Front de défense des non-syndiqué-es (FDNS) et du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants.

          « Le gouvernement ne réalise pas que le salaire minimum actuel, qu’il soit à 13,50 $ ou 14,25 $, ne permet aucunement aux travailleuses et aux travailleurs qui le gagnent de vivre dignement. Avec une telle hausse, il envoie également un message aux employeurs : il ne faudrait surtout pas donner le coup de barre nécessaire en matière de rémunération pour réussir à attirer cette main-d’œuvre dont ils se plaignent ne pas trouver. Enfin, le gouvernement ne semble pas comprendre à quel point le salaire minimum constitue non seulement un moyen approprié de lutter contre la pauvreté, mais également un levier de relance économique. En ce sens, nous nous serions attendus à un plan clair de la part du gouvernement afin d’atteindre le 18 $ l’heure le plus rapidement possible. »

          La Coalition reproche au gouvernement de persister à vouloir établir le salaire minimum à hauteur de 50 % du salaire horaire moyen. Pour le milieu syndical et communautaire, cette cible ne prend nullement en compte en compte des besoins des individus et ne leur permet pas de vivre autrement que dans la pauvreté. Pour effectuer la mise à jour de leur revendication relative au salaire minimum, les membres de la coalition prennent en considération différentes données, notamment la mesure de faible revenu à 60 % de la médiane des revenus (MFR-60), un indicateur utilisé par l’Union européenne, beaucoup plus englobant que la mesure du panier de consommation (MPC), qui ne tient compte que des besoins de base (à savoir se nourrir, se loger, se vêtir et se déplacer).

          Un changement d’approche qui met à risque le personnel des services de garde

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) s’étonne d’un énième changement d’approche qui vient mettre à risque les travailleuses et travailleurs et les enfants qui fréquentent les CPE et les services de garde en milieu familial. La FSSS–CSN réclame l’accès aux masques N95 pour le personnel des services de garde.

          Le gouvernement annonce aujourd’hui de nouvelles consignes pour la gestion des cas et des contacts, remettant en question les consignes annoncées le 4 janvier dernier. Ces consignes, venant notamment affaiblir les mesures d’isolement en maintenant ouverts des groupes après la découverte d’un cas, ont de quoi inquiéter. Il en va de même de la gestion des cas confirmés à l’aide de tests rapides en lieu et place de tests confirmés par laboratoire. Cette décision, qui accroît considérablement les risques auxquels sera exposé le personnel des services de garde, intervient alors même que tout n’est pas fait pour assurer la protection du personnel et des enfants face à la transmission aérienne du virus. La FSSS–CSN demande l’accès aux tests rapides pour le personnel, que l’ensemble du personnel atteint de la COVID-19 soit automatiquement couvert par la CNESST et une augmentation des journées de la banque Covid pour les responsables de services de garde en milieu familial.

          « Ces incessants changements dans les consignes finissent par perdre tout le monde. Ce qu’il faut actuellement, ce n’est pas d’assouplir les consignes, mais bien de mieux protéger les travailleuses, les enfants et les familles de ceux-ci. Ce que le gouvernement doit faire, c’est rendre disponibles les masques N95 dans les CPE et les milieux familiaux », explique Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN.

          Rencontre d’urgence réclamée avec la CNESST
          La FSSS–CSN interpelle aussi la CNESST afin qu’elle convoque d’urgence les acteurs du réseau des services de garde éducatifs à l’enfance et les experts en santé et sécurité au travail afin que des directives claires et conformes à la Loi sur la santé et la sécurité au travail soient émises sans délai.

          « Il n’y a pas de compromis à faire avec la santé et la sécurité du personnel dans les services de garde. La CNESST a un rôle important à jouer, alors qu’on s’apprête à accroitre les risques dans ces milieux », de conclure Judith Huot, vice-présidente de la FSSS–CSN.

          Reprise des classes : des conditions loin de rassurer la CSN

          Alors que le gouvernement annonce la reprise des activités dans les écoles préscolaires, primaires, secondaires et professionnelles, le changement de paradigme complet dans la gestion de la pandémie en milieu scolaire inquiète le personnel des établissements publics et privés syndiqués à la CSN.

          Ces changements, présentés en catastrophe hier soir aux syndicats, et sans possibilité d’en discuter, impliquent que dorénavant, en dépit des éclosions qui pourraient survenir dans certaines classes, celles-ci devront rester ouvertes. En fonction des lignes directrices émises par le ministère, les centres de services scolaires et les commissions scolaires anglophones devront eux-mêmes développer leur propre plan de contingence. Ceux-ci devront à tout prix éviter les bris de service, malgré le taux d’absentéisme élevé à prévoir.

          « Le personnel de nos écoles s’attend à d’autres formes de mesures de contrôle que le recours aux arrêtés ministériels, déplore la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Or, les cours n’ont même pas repris en présence, la contamination est à un état maximal, et voilà qu’on nous avise qu’on met un stop à la possibilité de fermer des classes qui seront des foyers d’éclosion. On nous exige que la totalité des services de garde soient maintenus, et ce, en dépit du fort taux d’absence à prévoir en raison de la contamination du personnel. »

          Pour la présidente du secteur scolaire de la FEESP–CSN, Annie Charland, le gouvernement doit assurer des conditions sécuritaires au personnel et aux élèves, et ce, dès lundi. « L’accès aux tests PCR offert en priorité au personnel doit être maintenu. L’accès aux masques N95 pour le personnel dans les écoles spécialisées nous a été garanti pour la semaine prochaine, tout comme la disponibilité des tests rapides. D’ailleurs, et j’insiste, les masques N95 devraient être accessibles à tout le personnel des milieux scolaires. Aussi, nous sommes toujours très inquiets par rapport aux problèmes de ventilation, qui ne sont toujours pas réglés après 22 mois de pandémie. Un non-sens. »

          La présidente de la FNEEQ–CSN, qui représente les enseignantes et enseignants des écoles privées du Québec, estime qu’il est inquiétant d’envisager le maintien des classes coûte que coûte. « Bien sûr que nous voulons que nos écoles restent ouvertes le plus possible. Mais nous ne voulons pas qu’elles deviennent des foyers de contamination incontrôlables. Dans cette perspective, envisager qu’il ne sera plus possible de fermer une classe en cas d’éclosion constitue un changement majeur qui nous apparait fort préoccupant », a réagi Caroline Quesnel.

          L’intersyndicale en santé et services sociaux salue l’ouverture du gouvernement sur les nouvelles mesures pour le personnel

          En plein cœur de la vague Omicron, l’intersyndicale en santé et services sociaux et le gouvernement ont eu des échanges constructifs dans l’objectif de poser des actions concrètes pour appuyer le personnel. Pour la FSSS–CSN, la FSQ-CSQ, la FIQ et la FIQP, le SQEES-FTQ, le SCFP, l’APTS, la FP–CSN et le SPGQ, la clé pour casser cette vague est de tout faire pour bien protéger le personnel et de déployer rapidement des mesures de reconnaissance pour agir sur l’attraction et la rétention.

          L’ensemble des organisations syndicales représentant le personnel du réseau de la santé et des services sociaux ont échangé avec le gouvernement dans les derniers jours pour proposer des solutions pour aider les travailleuses et travailleurs et regagner leur confiance. Plusieurs mesures annoncées par le gouvernement qui visent certaines catégories d’emploi permettront de soulager de façon appréciable, mais temporaire, la pression qui pèse depuis 22 mois sur le dos du personnel du réseau. L’intersyndicale invite donc le gouvernement à poursuivre les discussions dans le même état d’esprit afin de se sortir de la situation de crise liée à la pandémie et au manque de personnel.

          La clé, c’est de bien protéger le personnel
          Tout au long des échanges, l’intersyndicale a indiqué que l’élément prioritaire pour faire face au variant Omicron est d’appliquer le principe de précaution et d’implanter toutes les mesures nécessaires pour bien protéger les travailleuses et travailleurs, à commencer par l’accès au masque N95 pour l’ensemble du personnel. Si le changement de ton du gouvernement est bienvenu, il doit continuer d’en faire davantage pour prôner des mesures plus fortes, claires et simples à appliquer pour assurer la protection du personnel.

          Des mesures pour attirer et retenir le personnel
          Les mesures annoncées aujourd’hui par le ministre Dubé ont pour objectif d’avoir le personnel nécessaire pour les trois prochains mois. L’intersyndicale a invité le gouvernement à mieux reconnaître les efforts des travailleuses et travailleurs. L’élargissement de la prime de temps complet est une avancée intéressante, bien que l’intersyndicale continue de demander que les primes s’appliquent à l’ensemble du personnel au front de la lutte à la pandémie depuis des mois.

          « Nos échanges avec le gouvernement l’ont convaincu de poser des gestes à très court terme pour freiner la crise. C’est la preuve que c’est en travaillant ensemble et en prenant en compte les solutions du personnel qu’on peut mieux gérer cette pandémie. C’est de cette manière qu’il faut continuer à travailler pour s’attaquer d’urgence aux problèmes de fond du réseau de la santé et des services sociaux », soulignent les leaders de la FSSS–CSN, de la FSQ-CSQ, de la FIQ et de la FIQP, du SQEES-FTQ, du SCFP, de l’APTS, de la FP–CSN et du SPGQ.

          Bilan et perspectives 2021-2022 – Les travailleuses et travailleurs méritent mieux

          C’est ce matin que la présidente de la CSN, Caroline Senneville présentait aux médias le bilan de la dernière année de la grande centrale. Elle a également abordé les nombreux enjeux à venir au cours de 2022, et en a profité pour proposer des solutions au gouvernement du Québec.

          Une année difficile
          « L’année 2021 n’aura pas été tendre envers les travailleuses et travailleurs, affirme d’entrée de jeu Mme Senneville. Pertes d’emploi et de revenus, surcharge de travail, santé mentale affectée : ce ne sont que quelques-uns des enjeux que vivent nos membres. » Ceci, avec en trame de fond la rareté de la main-d’œuvre, qui accroît le fardeau sur les travailleurs déjà en place. « On n’a pas juste un déficit de travailleurs, on a un surplus de postes avec des mauvaises conditions. »

          Le tout combiné avec un nombre record de conflit de travail. « Présentement, il y a 42 grèves générales illimitées à la CSN et 480 grèves discontinues. Au cours des prochains mois, le quart de nos syndicats manufacturiers seront en négo. Tout comme 25 syndicats de la culture et des communications. Sans compter les écoles et les centres d’hébergement privés, les casinos, des chauffeurs d’autobus et bien d’autres. Nos membres n’ont pas juste un ras-le-bol de leurs mauvaises conditions de travail : ils sont aussi extrêmement motivés à aller chercher ce qui leur revient », affirme François Enault, premier vice-président de la centrale, absent de la conférence de presse.

          Des gains également
          Des dizaines de milieux ont par ailleurs vu leurs conditions de travail s’améliorer grandement grâce à leur syndicat CSN et ce, autant au public qu’au privé. On n’a qu’à penser à la lutte historique des CPE, dont la CSN a été la locomotive.

          L’année 2022 marquera d’ailleurs le début de nouvelles négociations pour ce secteur. « Les syndicats consulteront leurs membres en début d’année en vue de l’élaboration des cahiers de revendications, et le dépôt des demandes s’effectuera l’automne prochain », précise M. Enault.

          Des solutions, mais peu d’écoute
          Au cours de l’année 2022, la CSN continuera sa lutte pour obtenir l’augmentation du salaire minimum à 18 $ l’heure, pour l’obtention de la réforme de l’assurance-emploi promise par le fédéral et travaillera à ce que les salarié-es soient mieux protégés. « Lorsqu’on réécoute nos conférences de presse d’il y 15 ou 20 ans, on constate une chose : ça fait longtemps qu’on sonne l’alarme à propos de l’état des services publics, maintenant en lambeaux », ajoute Caroline Senneville.

          La CSN est aussi extrêmement préoccupée par l’absence d’un plan musclé pour la lutte aux changements climatiques. « On a dépassé le stade où l’on opposait économie et écologie. Quand le réchauffement climatique menace des industries entières, leurs travailleurs et les milieux de vie, ça prend de toute urgence des investissements gouvernementaux pour stopper les impacts négatifs et offrir de la formation aux employés qui devront changer de carrière. C’est ce qu’on appelle la transition juste », renchérit Mme Senneville.

          Dans le contexte actuel, il est étonnant que le dialogue ne soit pas au rendez-vous, alors que le parti au pouvoir gouverne par décret. « La pénurie de main-d’œuvre est l’occasion de changer la façon dont on traite les travailleurs et d’en prendre soin. Pour cela, un dialogue avec le gouvernement de François Legault sera nécessaire, attendu, et reçu très positivement par la centrale », conclut la présidente.

          Ramener du personnel infecté asymptomatique dans le réseau est trop risqué

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN) s’inquiète que le gouvernement veuille aller de l’avant avec le retour au travail du personnel asymptomatique ayant été en contact avec des cas ou étant infecté dans le réseau. Pour parvenir à faire face au variant Omicron, la priorité doit être de tout faire pour bien protéger le personnel.

          Les infections augmentent à un rythme important, ce qui a de quoi préoccuper, d’autant plus en ce qui concerne la hausse des hospitalisations. Mais plutôt que de courir le risque de voir augmenter les infections dans le réseau, la FSSSCSN invite le gouvernement à implanter les mesures qu’elle réclame depuis plusieurs mois. Le dépistage du personnel doit se faire dans les établissements, il faut cesser le déplacement du personnel, stabiliser les équipes, fournir les uniformes et miser sur la ventilation dans les établissements. En ce qui concerne le port des équipements de protection individuelle, ce sont les nombreuses interventions syndicales qui ont mené à un renforcement de la protection respiratoire en milieux de soins de la part de la CNESST.

          La FSSSCSN a d’ailleurs interpellé la CNESST aujourd’hui pour faire part de ses inquiétudes quant au retour au travail du personnel infecté asymptomatique. La FSSSCSN rappelle aussi que les travailleuses et travailleurs infectés font l’objet d’une présomption administrative, leur permettant d’être reconnus par la CNESST plutôt qu’en assurance salaire, en conséquence de quoi les employeurs sont appelés à diriger tout le personnel de la santé étant positif à la COVID-19 vers ce recours.

          « Le réseau n’est pas prêt à faire face aux risques de la décision gouvernementale de ramener du personnel infecté asymptomatique au travail. À l’heure actuelle, on n’est même pas en mesure de tester le personnel dans leur milieu de travail. La gestion déficiente de la pandémie met encore une fois le personnel du réseau en danger et par conséquent les patients qui sont d’autant plus vulnérables. Ce qu’il faut, c’est mettre tout en place pour bien protéger celles et ceux qui prennent soin de la population », explique Réjean Leclerc, président de la FSSSCSN.

          D’autres solutions existent
          Le réseau de la santé et des services sociaux demeure fragile après des mois à lutter contre la pandémie. En décidant d’agir toujours seul par l’imposition d’arrêtés ministériels, le gouvernement rate de nombreuses occasions d’implanter des solutions pour attirer et retenir le personnel du réseau.

          « Le gouvernement doit prendre acte que la gestion par arrêtés, ça ne marche pas. Les travailleuses et travailleurs du réseau sont au front depuis des mois. Elles ont plusieurs solutions à proposer pour que ça aille mieux. Encore faut-il qu’il y ait une oreille attentive du gouvernement », de conclure Réjean Leclerc.

          La CNESST interpellée d’urgence au sujet du variant Omicron

          La FSSSCSN demande à la CNESST d’intervenir d’urgence afin que les travailleuses et travailleurs du secteur de la santé, des services sociaux et des services de garde éducatifs soient en sécurité malgré la montée fulgurante des cas.

          Lors d’une rencontre d’urgence convoquée ce matin par la CNESST, à l’initiative de la CSN, la FSSSCSN a fait valoir qu’il était urgent de mieux protéger le personnel de ces réseaux. Pour ce faire, la CNESST a notamment été invitée à revoir d’urgence ses directives, afin qu’elles soient désormais à l’effet de :

          • Tenir compte de la transmission aérienne de la COVID-19 et de l’incertitude reliée au variant Omicron ;
          • Requérir le port d’un appareil de protection respiratoire de type N-95 ou équivalent afin de protéger tout le personnel contre la transmission aérienne de la COVD-19 ;
          • Retirer immédiatement les travailleuses enceintes des milieux à risque d’exposition à la COVID-19 ;
          • Stabiliser les équipes de travail et éviter le mouvement de personnel.

          La FSSSCSN a aussi fait part de ses vives inquiétudes concernant le rappel au travail de personnes infectées, ainsi que concernant les actuelles difficultés à faire le traçage et le dépistage des cas.

          « Rappeler au travail des personnes infectées à la COVID-19, c’est jouer avec le feu. On a vu ce que cela a donné lors des premières vagues. Cela met non seulement en danger les membres des équipes de travail, mais aussi la population. Il ne faut pas commettre les mêmes erreurs que par le passé », prévient Réjean Leclerc, président de la FSSSCSN.

          La CNESST s’est par ailleurs saisie de ces demandes et inquiétudes, et s’est engagée à revoir les directives applicables à ces milieux de travail. Des travaux allaient d’ailleurs être menés dans les heures suivant la rencontre, et les parties convoquées à la rencontre (MSSS, ASSTSAS, IRSST, CPNSSS, AEPC, syndicats de la santé) ont été invitées à demeurer disponibles au cours des prochaines heures et jours.

          « Le rôle de la CNESST pour assurer la santé et la sécurité du personnel de nos réseaux est primordial. Nous avons senti que la CNESST était à l’écoute. On nous a annoncé des modifications imminentes aux directives, alors même que nous atteignons des records de nombre d’infections. Nous nous attendons donc à du mouvement très rapidement de la part de la CNESST, qui ne doit pas faire de compromis avec la santé du personnel et veiller à l’application du principe de précaution. Cela reste le meilleur moyen de pouvoir maintenir les services à la population », de conclure Réjean Leclerc.

          Resserrement des mesures sanitaires – Réaction de la présidente de la CSN

          La présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Caroline Senneville, avait ce message à transmettre à la suite des annonces du gouvernement de François Legault hier. Ces annonces toucheront durement des dizaines de milliers de membres CSN. « Au lendemain de la conférence de presse du ministre, on ne se fera pas de cachettes : c’est un coup dur pour plusieurs catégories de travailleuses et travailleurs.

          J’ai tout d’abord une pensée particulière pour celles et ceux qui travaillent dans le réseau de la santé : ils vivront un temps des fêtes éprouvant, idem les semaines qui suivront. Nos dizaines de milliers de membres issus du réseau de l’éducation, de la maternelle à l’université, sont eux aussi plongés dans cette morosité et cette incertitude de fin d’année. Il en va de même pour nos travailleuses en CPE.

          Et comment ne pas penser aux travailleuses et travailleurs de l’hôtellerie, de la restauration, du commerce de détail et de la culture qui seront encore une fois frappés de plein fouet alors qu’ils étaient encore loin d’avoir réussi à se relever des vagues précédentes?

          S’il y a une seule chose que j’aimerais que nos syndicats CSN et leurs membres retiennent aujourd’hui, c’est que nous serons là pour exiger les aides gouvernementales nécessaires afin que tout le monde puisse payer son loyer, manger à sa faim et mettre quelques cadeaux sous l’arbre. Parce que je tiens à le dire : encore trop de personnes au travail gagnent moins que ou à peine 15 $ l’heure. Et ce n’est pas avec ce genre de revenu qu’on a un coussin pour les temps durs.

          Nos équipes sont en lien constant avec les autorités pour la suite des choses, et nous serons là pour informer nos membres et répondre à leurs besoins. D’ici là, j’invite tous les membres et salarié-es du mouvement CSN à tenir bon. Des crises, on en a vu d’autres en 100 ans d’histoire. Après le creux de la vague, ça ne pourra que remonter », affirme la présidente.

          La CSN invite tous ces membres à aller chercher leur première, deuxième ou troisième dose de vaccin.

          La Confédération et ses organisations affiliées tiennent à rappeler que la priorité absolue demeure la santé de toutes et tous.

          Message de Caroline Senneville en vidéo : https://vimeo.com/657932585

          Fierté syndicale : un hommage à toutes les personnes LGBT+ qui ont lutté

          C’est avec grande fierté que la CSN a récemment lancé lors de son dernier conseil confédéral une nouvelle publication, intitulée Fierté syndicale. L’ouvrage de Prabha Khosla, retrace l’histoire des luttes menées par les membres de la diversité sexuelle et de genre dans le mouvement syndical, au Québec et au Canada. La CSN a collaboré de près à cette deuxième édition revue et augmentée, particulièrement pour le recensement des luttes syndicales au Québec.

          On y trouve grand nombre de témoignages de personnes militantes à la CSN, dont Jean Lortie, ancien secrétaire général de la confédération et figure marquante du secteur de l’hôtellerie. Lortie nous rappelle que ce sont les personnes militantes de l’hôtellerie affiliées à la CSN qui ont amorcé le mouvement afin d’assurer la reconnaissance des droits des conjoints de même sexe dans les conventions collectives, notamment en matière d’assurances, de régimes de retraite et de congés familiaux et sociaux.

          Fierté syndicale est un incontournable pour les adeptes de l’histoire sociale et syndicale du Québec, mais aussi pour toutes les personnes s’intéressant aux enjeux actuels d’égalité et d’équité dans nos milieux de travail et de militantisme. Vous pouvez consulter le livre sur notre site web.

          La FP–CSN salue les grandes orientations du rapport, mais estime qu’il manque des précisions importantes

          La Fédération des professionnèles de la CSN (FPCSN), qui représente 1500 professeurs du réseau universitaire, salue les grandes orientations du rapport de la Commission scientifique et technique indépendante sur la reconnaissance de la liberté académique dans le milieu universitaire, mais s’inquiète concernant certaines zones d’ombre qui persistent.

          La FPCSN souligne la nécessité d’un cadre légal ainsi que la création de mécanismes de traitement des litiges dans chacun des établissements. Par ailleurs, elle s’interroge sur l’utilisation par la commission du terme « liberté universitaire » plutôt que celui plus large de liberté académique, qui représente l’ensemble des tâches et fonctions des professeures et professeurs universitaires. En somme, cette liberté doit pouvoir s’appliquer bien au-delà de l’enseignement et de la recherche.

          La fédération estime par ailleurs qu’il était essentiel de réaffirmer l’autonomie des universités, mais s’inquiète quant à la représentativité des futurs comités, dont la composition et les modalités de fonctionnement n’ont pas été définies par la commission. « Il est essentiel que les professeur-es puissent choisir les personnes qui seront déléguées à ces comités, insiste Catherine Lanaris, vice-présidente du secteur universitaire de la FPCSN. Ces comités auront une grande importance dans les mécanismes de mise en œuvre de la liberté académique et nous devons nous assurer que le principe de la prise de décision en collégialité soit réellement appliqué. Chaque groupe d’acteurs de la communauté universitaire doit donc pouvoir nommer la personne la plus compétente et nous souhaitons que cet aspect soit précisé. » La FPCSN souhaite également que ces comités puissent être représentatifs de l’ensemble de la communauté universitaire, incluant les étudiantes et étudiants qui ont, comme l’a souligné la commission, le droit d’apprendre.

          D’autre part, la fédération souhaite que la définition prévue par la loi n’aille pas à l’encontre des définitions de la liberté académique déjà prévues à plusieurs conventions collectives de professeures et professeurs. Il va de soi que la fédération apportera sa contribution aux éventuels travaux d’une commission parlementaire entourant le projet de loi.

          Les recommandations doivent rapidement être mises en place par la ministre Danielle McCann

          La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN), qui représente 85 % des chargées et chargés de cours universitaires, accueille avec satisfaction les recommandations de la Commission scientifique et technique indépendante sur la reconnaissance de la liberté académique dans le milieu universitaire.

          « Une loi qui prévoirait que chaque établissement doive se doter d’une politique et d’un comité sur la liberté universitaire est en accord avec nos demandes, à condition que ceux-ci soient établis de façon collégiale, c’est-à-dire en partenariat avec les syndicats et les associations étudiantes », explique Christine Gauthier, vice-présidente de la FNEEQ–CSN et responsable du regroupement université. Un tel comité, établi en collégialité, est un bon outil afin de limiter les réactions précipitées basées sur les mesures disciplinaires par les directions lors d’un litige.

          Rempart contre l’autocensure
          « Les recommandations soumises par la Commission sont un bon rempart contre l’autocensure que plusieurs de nos membres avouent s’imposer pour éviter des plaintes aux conséquences sérieuses, compte tenu de leur statut précaire », se réjouit Christine Gauthier. La FNEEQ–CSN salue aussi l’avis de la Commission voulant que dans un contexte pédagogique, tous les sujets et enjeux de société – même controversés – doivent pouvoir être abordés, enseignés et discutés, dans le respect. C’est la nature même du rôle des universités.

          Protection contre l’invocation abusive du devoir de loyauté
          La FNEEQ–CSN se réjouit aussi de l’intégration au projet de loi recommandé d’une disposition précisant le statut supérieur que devrait avoir la liberté académique sur d’autres obligations juridiques des enseignantes et des enseignants, notamment le devoir de loyauté, lequel a été évoqué de façon abusive par certaines directions d’établissements d’enseignement supérieur au cours des dernières années.

          Un oubli majeur : impasse sur le problème des conditions de travail
          Si certaines recommandations constituent des avancées intéressantes, la FNEEQ–CSN déplore toutefois que les recommandations retenues par la Commission Cloutier ne s’attaquent pas directement au problème structurel qu’est la précarité d’emploi. « Le respect de la liberté académique sera toujours fragile tant qu’on ne s’attardera pas à sécuriser l’emploi des enseignant-es contractuel-les, qui donnent entre 50 et 60 % des cours universitaires » rappelle Christine Gauthier. « Face à l’absence de réelles protections du lien d’emploi, les personnes chargées de cours restent vulnérables quant aux plaintes étudiantes et vont plus difficilement choisir d’aborder des sujets complexes en classe, même si ceux-ci sont jugés importants pour l’avancement de nos savoirs ».

          La FNEEQ–CSN estime que les recommandations sérieuses de la commission Cloutier devraient aussi être élargies à l’ordre d’enseignement collégial, appartenant aussi à l’enseignement supérieur.

          La FNEEQ–CSN demande maintenant à la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, d’agir rapidement afin de déposer un projet de loi et de mettre en place les recommandations de la Commission Cloutier avant le prochain scrutin provincial. La fédération est impatiente de participer aux éventuels travaux d’une commission parlementaire.

          Les syndiqué-es de la CSN du secteur des CPE entérinent l’entente de principe à 93 %

          Dans le cadre de dizaines d’assemblées générales ayant eu lieu entre le 9 et le 11 décembre, les 11 000 travailleuses et travailleurs de CPE syndiqués à la CSN ont adopté à 93 % l’entente de principe survenue mercredi dernier entre le gouvernement et les porte-paroles de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). Cette décision met ainsi un terme à la grève générale illimitée que les membres de la CSN exerçaient depuis le 1er décembre dernier.

          « Ça n’a pas été une négociation facile, mais nous avons réussi à faire plusieurs avancées grâce à la solidarité et à la détermination de nos membres, a affirmé Stéphanie Vachon, représentante du secteur des CPE à la FSSS–CSN. Une négociation implique toujours des compromis et celle-ci ne fait pas exception à la règle, mais nous pouvons être fières de la façon dont nous avons mené cette négociation historique. »

          Parmi les gains réalisés, les représentantes et représentants de la FSSS-CSN ont notamment obtenu un rattrapage salarial de 18 % pour les éducatrices qualifiées et les éducatrices spécialisées, ainsi que des augmentations variant entre 8 % et 12.5 % pour les autres appellations d’emploi, pour lesquelles le gouvernement n’offrait au départ que 6 %. De plus, les membres de la FSSS-CSN obtiendront également une prime de reconnaissance équivalant à 3 % de la rémunération des heures travaillées entre le 1er avril 2020 et le 31 mars 2021.

          La nouvelle convention collective prévoira également l’ajout de trois heures dédiées à la préparation du dossier de l’enfant et de huit heures accordées aux responsables en alimentation pour la gestion de la cuisine. La récupération de deux jours fériés supplémentaires et la création d’un comité dont le mandat est d’identifier les principales difficultés vécues par le personnel éducateur en matière d’intégration des enfants à besoins particuliers figurent également parmi les avancées obtenues par la CSN après le déclenchement de sa grève générale illimitée.

          « Nous espérons que les progrès réalisés grâce à notre combativité vont permettre d’assurer la pérennité du réseau et de convaincre les travailleuses d’y rester, explique Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS-CSN. La question des ratios d’enfants par éducatrice reste toutefois en suspens, mais le ministre Lacombe a affirmé être prêt à travailler avec nous pour trouver une solution à ce problème. Nous continuerons donc à mener ce combat sur un autre terrain en vue d’obtenir satisfaction. »

          Les PRDM rencontrent les députés pour régler les plaintes de maintien de l’équité salariale

          Des préposé-es en retraitement des dispositifs médicaux (PRDM) de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) participent aujourd’hui à une vigile devant l’Assemblée nationale pour que le gouvernement règle enfin leurs plaintes de maintien de l’équité salariale. Elles sont de plus allées à la rencontre des députés à leur arrivée à l’Assemblée nationale pour solliciter leur appui.

          Depuis plusieurs semaines, les PRDM et les syndicats de la FSSS–CSN sont en action pour convaincre le gouvernement Legault de mettre fin à leur discrimination salariale. Elles attendent depuis maintenant plus de 10 ans que leur salaire soit réajusté en lien avec leurs plaintes de maintien de l’équité salariale. Après avoir sollicité l’appui des PDG des établissements du réseau, elles ont discuté avec des députés ce matin. Elles ont de plus demandé une rencontre avec Sonia Lebel, présidente du Conseil du trésor.

          Les PRDM sont plus de 2000 dans le réseau de la santé. Ces travailleuses et travailleurs ont la responsabilité de stériliser le matériel médical et chirurgical. Le rattrapage des chirurgies passe inévitablement par des mesures pour attirer et retenir les PRDM dans le réseau. C’est pourquoi la FSSS–CSN réclame que le gouvernement règle les plaintes de maintien de l’équité salariale.

          « Les PRDM sont tannées d’attendre après le gouvernement et elles sont déterminées à obtenir gain de cause ! Le réseau peine à attirer et retenir le personnel et il est désolant de voir que le gouvernement ne met pas fin à la discrimination salariale qui pénalise des milliers de travailleuses et travailleurs du réseau. C’est pourtant un moyen à sa portée pour mettre fin au manque de personnel », explique Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS–CSN.

           

           

          Les 11 000 syndiqué-es CSN du secteur des CPE se prononceront sur une entente de principe

          Mercredi matin, les porte-paroles de la CSN et de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) ont accepté de soumettre au vote de leurs membres l’entente de principe survenue avec le gouvernement après près de 48 heures de négociations intensives.

          « Nous avons travaillé extrêmement fort pour en arriver là, a affirmé Stéphanie Vachon, représentante du secteur des CPE à la FSSS–CSN. Nous avons le sentiment d’avoir fait tout ce que nous pouvions pour faire avancer les priorités des travailleuses à la table de négociations, mais, au bout du compte, la décision leur revient. C’est pourquoi nous leur donnerons la chance de se prononcer le plus tôt possible. »

          Les syndicats affiliés à la CSN ont donc le mandat d’organiser des assemblées générales le plus rapidement possible afin d’exposer en détail les offres patronales et permettre aux membres de voter sur la question. Les travailleuses de CPE syndiquées à la CSN retourneront au travail dès que l’entente de principe nationale aura été entérinée par les travailleuses.

          Aucun autre détail au sujet de l’entente potentielle ne sera diffusé d’ici à ce que les membres aient pu en prendre connaissance.

          Minimum 18 $ : consensus du mouvement syndical et communautaire autour du salaire minimum

          Un nouveau consensus voit le jour au sein du mouvement syndical et communautaire québécois : le salaire minimum doit être haussé à 18 $ l’heure, et ce, afin d’assurer qu’une personne seule travaillant 35 heures par semaine puisse se sortir de la pauvreté. C’est la raison d’être de la coalition Minimum 18 $, lancée ce matin, qui demande au gouvernement de François Legault de tenir compte des réalités économiques actuelles lors de l’annonce relative à la prochaine hausse du salaire minimum, attendue dans les jours à venir.

          Cette mise à jour devenait nécessaire en fonction de la hausse du coût de la vie des dernières années. Malgré le fait qu’elle a rendu désuète la revendication antérieure de 15 $ l’heure, elle révèle le statut encore plus inapproprié du salaire minimum actuel de 13,50 $, soutiennent les membres de la coalition. Cette dernière regroupe le Collectif pour un Québec sans pauvreté, le Front de défense des non-syndiqué-es, le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants, la FTQ, la CSN, la CSD, l’APTS, le SFPQ et le SPGQ.

          « Il n’y a aucune raison, ni économique et encore moins morale, à ce qu’une personne travaillant à temps plein au Québec soit contrainte de vivre dans la pauvreté », ont fait valoir les représentantes et les représentants de la coalition lors du lancement de leur campagne ce matin. « Il est de la responsabilité de notre gouvernement de veiller à ce que tous les Québécois et toutes les Québécoises puissent, par leur travail, vivre dignement. »

          « La pandémie aura révélé le rôle essentiel du personnel des résidences pour aîné-es, de la chaîne alimentaire et du commerce au détail, ont-ils déclaré. Or, une large proportion de ces personnes, majoritairement des femmes, doivent cumuler des emplois sous-payés, mais demeurent tout de même incapables de joindre les deux bouts pour faire vivre leur famille. En n’intervenant pas directement par l’entremise de la hausse du salaire minimum, le gouvernement cautionne cette marginalisation économique, cette exclusion sociale de centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs, tout comme celle de leurs enfants. »

          La vigueur actuelle de la reprise économique et les problèmes, omniprésents, de pénurie et de rareté de main-d’œuvre favorisent considérablement une telle hausse du salaire minimum, plaident les organisations syndicales et communautaires. Elles soulignent que les secteurs de la restauration et du commerce de détail, bien que ne représentant que 17 % de l’emploi total au Québec, cumulent pourtant à eux seuls 44 000 postes vacants, soit 23 % des emplois qui sont à combler à l’heure actuelle. Or, la moyenne des salaires offerts pour ces postes est de 15,07 $ l’heure, bien en deçà de la moyenne de 21,80 $ pour l’ensemble des postes vacants – et largement inférieure à la moyenne des salaires de l’emploi au Québec, qui se situe à 28,52 $.

          Pour effectuer la mise à jour de leur revendication relative au salaire minimum, les membres de la coalition prennent en considération différentes données, notamment la mesure à faible revenu à 60 % de la médiane des revenus (MFR-60), un indicateur beaucoup plus englobant que la mesure du panier de consommation (MPC), qui ne tient compte que des besoins de base (à savoir se nourrir, se loger, se vêtir et se déplacer). À plus d’une reprise, les organisations membres de la coalition ont soulevé leurs préoccupations auprès du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale quant au côté arbitraire de sa cible, soit un salaire minimum établi à 50 % du salaire moyen.

          D’autres organisations syndicales et communautaires sont appelées à joindre la coalition au cours des prochains jours. C’est le cas de la CSQ, dont les instances démocratiques se prononceront sur le sujet à la mi-décembre.

          Les sages-femmes réclament « une vraie reconnaissance » de leur travail

          Le Regroupement des sages-femmes du Québec (RSFQ) rencontrera ce jeudi à Montréal les représentantes et les représentants du ministère de la Santé et des Services sociaux pour relancer les négociations avec le gouvernement provincial.

          Le regroupement, affilié à la Fédération des professionnèles (FP–CSN), est sans entente de travail avec l’État québécois depuis le 31 mars 2020.

          En juin dernier, le RSFQ a déposé ses demandes salariales qui visent à établir la parité avec d’autres professionnel-les du réseau de la santé. Mais en l’absence de mandat donné par le gouvernement à ses négociateurs, aucune rencontre de discussion n’a eu lieu depuis près de six mois.

          Le regroupement rassemble 230 sages-femmes qui œuvrent dans les 15 maisons de naissance et les sept services de sages-femmes de la province. Le RSFQ tente d’obtenir « une vraie reconnaissance de la profession pour assister plus de naissances » à travers la province.

          Une expertise unique en périnatalité
          « Ces professionnelles apportent une expertise essentielle au réseau de la santé, aux femmes et aux familles du Québec qui désirent une approche plus humaine et globale en périnatalité, affirme Josyane Giroux, présidente du RSFQ. Le gouvernement du Québec doit passer à l’action et s’engager pour que les sages-femmes fassent partie de la solution à la crise en obstétrique qui frappe le Québec. »

          En 2015, le gouvernement avait promis que les sages-femmes assumeraient dès 2019 les suivis de maternité complets de 10 % des Québécoises enceintes. Six ans plus tard, à peine 4,5 % des femmes enceintes ont accès aux services des sages-femmes.

          « Reconnaître le travail des sages-femmes favorise des familles en meilleure santé, des communautés plus productives et un système de santé plus solide », fait valoir Mme Giroux.

          Pour que les Québécoises aient accès aux services
          Outre une nouvelle échelle de rémunération qui reconnaît leur « juste valeur » et qui met fin à la précarité des premières années de pratique, les sages-femmes souhaitent que leur autonomie professionnelle soit respectée et valorisée.

          De plus, elles réclament des mesures d’attraction et de rétention en régions éloignées, où la pénurie de main-d’œuvre est la plus criante, et la création d’une banque de sages-femmes de dépannage encadrée par des conditions de travail décentes.

          2,50 $ pour une journée de garde
          « Les sages-femmes peuvent être appelées à toute heure du jour et de la nuit pour accompagner une naissance ou répondre aux questions de la clientèle », explique Mme Giroux.

          Elles reçoivent environ 2,50 $ pour huit heures de garde. Ailleurs dans le réseau de la santé, les professionnel-les et les salarié-es obtiennent une heure de salaire pour chaque quart de travail en disponibilité.

          À quand l’opération bonnes conditions de travail ?

          Avec son Opération main-d’œuvre, le gouvernement est forcé d’admettre que le manque de personnel est criant en santé, services sociaux et dans les services de garde éducatifs. Mais pour que cette opération soit un succès, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) réclame que le gouvernement cesse d’agir seul et lance des discussions pour améliorer les conditions de travail.

          Le gouvernement est forcé d’agir face à la crise
          L’annonce gouvernementale concerne plusieurs titres d’emploi représentés par la FSSS–CSN. Le gouvernement veut ainsi recruter des infirmières, infirmières auxiliaires, agentes administratives, préposé-es aux bénéficiaires, du personnel en santé mentale, dans la protection de la jeunesse et des éducatrices en service de garde. Le gouvernement met ainsi des moyens pour parvenir à freiner le manque de personnel qui touche bien des titres d’emploi de nos réseaux. Les bourses d’études sont un moyen identifié depuis longtemps par la fédération pour attirer de la relève. Par contre, la FSSS–CSN déplore que le gouvernement en profite pour imposer des conditions irréalistes, en demandant par exemple aux nouvelles infirmières auxiliaires d’offrir une disponibilité à temps complet pendant trois ans. De plus, en ne se concentrant que sur quelques titres d’emploi, le gouvernement laisse dans l’ombre plusieurs autres titres d’emploi pourtant en demande.

          « Enfin le gouvernement met des moyens pour attirer de la relève dans nos réseaux qui en ont bien besoin. Cela fait longtemps qu’on le réclame ! Mais il y a la manière. Pourquoi encore agir seul ? Pourquoi ne pas avoir profité d’une telle opération pour entendre les solutions de celles et ceux qui tiennent nos réseaux à bout de bras depuis le début de la pandémie et leur offrir des possibilités d’avancement de carrière dans le réseau ? Il faut attirer la relève c’est certain, mais il faut aussi s’assurer de reconnaître les efforts de celles et ceux qui sont à l’emploi. Et pour ça, il va falloir finir par s’attaquer aux conditions de travail ! », lance Réjean Leclerc, président de la FSSS–CSN.

          Bien des questions en suspens
          Depuis plusieurs mois, la FSSS–CSN réclame que le gouvernement lance des discussions pour entendre les solutions du personnel. Le fait d’agir seul comme persiste à le faire le gouvernement laisse plusieurs questions en suspens. Qui aura accès aux programmes de formation accélérée et rémunérée ? Qu’arrivera-t-il si une travailleuse quitte son emploi après plusieurs mois ? Devra-t-elle rembourser l’ensemble de la bourse ? Le gouvernement doit se ressaisir et prendre les lieux de discussion existants pour régler les problèmes du réseau avec les organisations syndicales.

          Ce qu’il faut c’est mettre fin à l’opacité et améliorer les conditions de travail

          Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), il faut accentuer l’accès public aux données du réseau. Si le projet de loi du ministre Dubé met le doigt sur un problème, les solutions proposées comportent plusieurs risques. L’accès aux données bien qu’important ne règlera pas le problème le plus urgent du réseau : la crise des conditions de travail et du manque de personnel.

          Le projet de loi sur les renseignements de santé et de services sociaux vise à mieux diffuser les informations importantes à l’intérieur du réseau, ce qui est tout à fait louable. Tout au long de la pandémie, la FSSS–CSN a dénoncé l’opacité entourant l’accès à des données essentielles pour bien protéger le personnel et les patientes et patients. Par exemple, le MSSS a souvent refusé de nous transmettre des données sur les éclosions et sur le personnel ayant contracté la COVID. Cela montre que pour améliorer les choses dans le réseau, il faut rendre les données publiques et miser sur la transparence, ce qui ne semble pas être l’intention du projet de loi. De plus, la FSSS–CSN se questionne sur la sécurité des données et la confidentialité. Autre crainte de la fédération, ce projet de loi ne doit pas favoriser le développement accru du privé en santé.

          « Le ministre Dubé aime les chiffres ça se sait bien. Mais ce n’est pas juste la question des données qui explique la crise qu’on a vécu dans les CHSLD. On savait depuis bien longtemps que les aîné-es vivaient dans des conditions difficiles. C’est bien beau vouloir améliorer la transmission de l’information, mais c’est un peu réducteur de prétendre que c’est la fondation nécessaire pour améliorer notre réseau. Ce que ça prend d’abord et avant tout, c’est une meilleure planification, de bonnes conditions de travail et plus d’autonomie pour les équipes de travail », explique Réjean Leclerc, président de la FSSS–CSN.

          À quand la décentralisation du réseau ?
          Lors du discours du premier ministre Legault débutant la nouvelle session parlementaire, le gouvernement s’engageait à aller vers une décentralisation du réseau de la santé et des services sociaux. C’est ce que réclame la FSSS-CSN depuis des années et la gestion de la pandémie illustre bien qu’il faut aller dans ce sens. C’est pourquoi la FSSS-CSN invite le gouvernement à implanter une réelle décentralisation, qui va bien au-delà de l’ajout des gestionnaires dans les établissements.

          Caroline Senneville devient présidente du conseil d’administration de Fondaction

          C’est avec enthousiasme que les membres du conseil d’administration de Fondaction ont élu Caroline Senneville à titre de présidente, lors d’une réunion extraordinaire du conseil qui s’est tenue mi-novembre. Mme Senneville succède à Jacques Létourneau, qui aura présidé le conseil durant neuf ans.

          « Je suis extrêmement heureuse de prendre la tête du conseil d’administration de Fondaction. Mis en place à l’initiative de la CSN, Fondaction constitue un formidable outil collectif. Il rend l’épargne-retraite accessible et assure à toutes les personnes qui font l’effort d’épargner que leurs économies servent l’intérêt général et contribuent à la transformation positive de la société, pour la rendre plus équitable et plus verte, par des investissements qui ont de l’impact », a déclaré Caroline Senneville à l’occasion de son élection.

          La nouvelle présidente arrive en poste alors que le Fonds a procuré un rendement historique annuel de 22,7 % à ses actionnaires au 31 mai 2021, démontrant qu’il est possible d’avoir des valeurs sociales et écologiques et de renforcer le bas de laine d’épargnants consciencieux et mobilisés.

          Présidente de la CSN depuis juin dernier, Caroline Senneville a auparavant agi à titre de première vice-présidente du comité exécutif de la CSN durant quatre ans. Depuis l’entame de sa carrière d’enseignante au Cégep Limoilou en 1990, elle s’intéresse à la vie syndicale et s’implique activement dans le mouvement. Son militantisme l’amènera à quitter l’enseignement et à occuper des postes de responsabilités au sein de différentes instances de la CSN, notamment en tant que secrétaire générale et trésorière, puis de présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec. Elle est membre du conseil d’administration de la CNESST depuis avril 2019.

          Un conseil d’administration résolument paritaire
          Le conseil d’administration accueille également une nouvelle administratrice, Isabelle Monette, élue en septembre dans le cadre de l’Assemblée générale des actionnaires. Spécialiste des communications et des affaires publiques depuis plus de quinze ans, elle a notamment été membre de l’équipe des communications du cabinet de la première ministre du Québec de 2012 à 2014 et responsable des communications de Fondaction de 2015 à 2019. Elle est aujourd’hui auteure et humoriste.

          Ces deux élections font du conseil d’administration de Fondaction un conseil résolument paritaire qui réunit autour de sa présidente, Caroline Senneville, sept femmes et sept hommes, parmi lesquels la PDG de Fondaction, Geneviève Morin, le vice-président du conseil, Clément Guimond, et, par ordre alphabétique, Kathy Baig, Diane Beaudry, Claude Demers, Yvan Duceppe, Nicole Fontaine, Pierre B. Lafrenière, Isabelle Monette, Marc Picard, Pierrette Poirier, Martine Robert, Michel Tétreault et Michel Tremblay.

          La CSN appelle tous les hôteliers à compléter leurs devoirs

          Alors que les travailleuses et les travailleurs de l’hôtel DoubleTree de Montréal et du Hilton de Québec entrent dans leur quatrième mois de grève, la Fédération du commerce (FC–CSN) est fière d’annoncer la conclusion d’une quatorzième entente dans le secteur de l’hôtellerie. En effet, mardi, les travailleuses et les travailleurs de l’hôtel Best Western Montréal aéroport, situé sur le Chemin de la Côte-de-Liesse à Montréal, ont entériné le contenu de la convention collective 2020-2024.

          « La situation actuelle est complètement anormale, dénonce le président de la FC–CSN, Alexandre Laviolette. Le DoubleTree et le Hilton Québec sont deux hôtels majeurs qui sont dans une relative bonne situation financière au sortir de cette crise. Il n’y a aucune bonne raison pour ces hôtels de refuser à leurs salarié-es les mêmes paramètres qui ont été acceptés dans les autres hôtels. La relance, ça doit passer par tous les salarié-es de l’industrie. »

          Les négociations se poursuivent dans 10 établissements pour obtenir des ententes comparables à celles déjà conclues ailleurs, notamment au Best Western. Elles prévoient des augmentations totalisant environ 8 % sur un contrat de quatre ans, des bonifications aux assurances collectives ainsi que des mesures pour mieux protéger les travailleuses et les travailleurs en ces temps de crise afin de préparer une relance qui profitera à tout le secteur touristique, particulièrement à ceux et celles qui y travaillent et qui sont les véritables créateurs de richesse dans l’industrie.

           

          14 règlements
          Voici les 14 hôtels où des ententes ont été conclues avec le syndicat CSN représentant leurs salarié-es :

           

          Montréal métropolitain Québec–Chaudière-Appalaches Estrie
          • Suites Faubourg St-Laurent

          • Comfort Inn Dorval

          • Comfort Inn Pointe-Claire

          • Fairfield by Marriott

          • Hilton Laval

          • Quality Inn du centre-ville

          • Holiday Inn de Laval

          • Residence Inn

          • Ruby Foo’s

          • Best Western Montréal aéroport

          • Manoir du Lac Delage

          • Delta de Québec

           

          • Quality Sherbrooke

          • Delta Sherbrooke

           

          À propos

          Quelque 24 syndicats représentant 2500 travailleuses et travailleurs des hôtels du Québec mènent leurs négociations de façon coordonnée. Il s’agit de la dixième ronde de négociation coordonnée dans le secteur menée sous l’égide de la Fédération du commerce (FC–CSN). La FC–CSN est une des huit fédérations professionnelles composant la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Fondée il y a 100 ans, en septembre 1921, la CSN regroupe aujourd’hui plus de 320 000 travailleuses et travailleurs dans tous les secteurs d’activités.

          Réforme de la Loi sur la protection de la jeunesse : le ministre Carmant vise juste

          Pour la Confédération des syndicats nationaux (CSN), le projet de loi réformant la Loi sur la protection de la jeunesse, présenté aujourd’hui par le ministre délégué à la Santé et les Services sociaux, Lionel Carmant, constitue un pas dans la bonne direction. La CSN se réjouit d’y retrouver plusieurs de ses recommandations.

          Notamment, la CSN partage les objectifs visant à :

          • Réaffirmer que l’intérêt de l’enfant doit primer dans toutes les décisions qui le concernent ;
          • Permettre la communication de renseignements confidentiels lorsque c’est nécessaire pour protéger l’enfant ;
          • Répondre aux réalités particulières des enfants autochtones et inuits.

          « Pour que cette réforme fonctionne, il faudra continuer le travail au niveau des services, tempère la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Pour nous, il demeure impératif d’assurer un financement adéquat, dédié et stable pour les missions sociales du réseau de la santé et des services sociaux, mis à mal par des années d’austérité et de sous-financement. J’invite le gouvernement à s’engager sans tarder dans des travaux, avec la participation des syndicats, pour mettre en place des solutions à long terme aux problèmes d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre dans ce secteur. Parce que la protection de la jeunesse, c’est avant tout des techniciennes et des professionnelles dévouées et compétentes qui voient leurs conditions de travail et d’exercice se dégrader d’année en année. Ce n’est pas sans conséquence sur les services à la jeunesse. »

          Parmi les solutions envisagées par la CSN, notons l’amélioration des conditions de travail, la diminution des charges de travail, le travail interdisciplinaire, le respect de l’autonomie professionnelle ainsi que la conciliation famille-travail-études.

          Enfin, la CSN souligne que les services de première ligne en prévention doivent permettre d’agir sur les déterminants sociaux de la santé. Pensons aux services éducatifs à l’enfance, à l’éducation, au logement, etc.

          La Fédération des professionnèles (FP–CSN), qui représente des milliers de techniciennes et professionnelles du réseau au Québec, souligne qu’il y a urgence d’agir pour entamer un redressement. « Les listes d’attente ne font qu’augmenter depuis plusieurs années, rappelle sa vice-présidente, Jessica Goldschleger. Par conséquent, les délais d’intervention augmentent également. Finalement, nous nous retrouvons souvent avec des dossiers plus compliqués qui auraient dû être pris en charge beaucoup plus tôt, pour le bien-être de ces enfants. »

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), qui représente toutes les catégories de personnel œuvrant en protection de la jeunesse notamment en territoire autochtone et inuit, salue l’orientation visant à mieux répondre aux besoins particuliers de ces communautés. « Pour nous, il était essentiel que cet enjeu spécifique soit traité », rappelle la représentante des techniciennes et professionnelles du réseau à la FSSS, Roxanne Palardy. « Nous sommes prêts à travailler concrètement avec le ministre pour faire en sorte que ces intentions se concrétisent sur le terrain. » 

          Directeur national
          Enfin, la CSN veut poursuivre la réflexion quant à la création du poste de Directeur national de la protection de la jeunesse. Pour la CSN, il faut s’assurer que la réforme amène globalement une certaine décentralisation et une amélioration des services. Il n’est pas clair que la création de ce nouveau poste y contribue.

          L’État a la responsabilité d’offrir une rémunération plus compétitive

          Pour la CSN, la CSQ et la FTQ, c’est sans surprise que les données dévoilées ce matin par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) confirment l’accroissement de l’écart de la rémunération globale entre les employé-es de l’État et le reste des salarié-es québécois.

          Dans son rapport, l’ISQ révèle que le retard entre la rémunération globale des employé-es de l’État – qui inclut le salaire, le régime de retraite et les autres avantages sociaux – et celle du reste des salarié-es du Québec demeure au-dessus des 9 % (9,2 % en 2020 et 9,4 % en 2021) alors qu’il était de 6,1 % en 2012.

          Salaire
          Le constat est sans appel : ces 10 dernières années, le salaire des employé-es de l’État comparé aux autres salarié-es du Québec n’a cessé de se détériorer, pour passer de 11,2 % (2012) à 17,6 % (2021).

          Or, pour les présidences des trois centrales syndicales, le contexte de pénurie de main-d’œuvre commande des conditions salariales plus compétitives. « Les chiffres sont sans équivoque. Attirer et retenir le personnel, c’est le nerf de la guerre pour les prochaines années, partout, dans tous les secteurs. C’est aussi vrai pour les services publics. En plein contexte de pénurie de main-d’œuvre, le gouvernement a la responsabilité d’offrir à ses employé-es des conditions de travail et salariales attrayantes », de réagir Caroline Senneville (CSN), Éric Gingras (CSQ) et Daniel Boyer (FTQ).

          « Chez les ouvriers spécialisés (menuisiers, peintres, électriciens et autres), l’écart de salaire avec les autres salarié-es québécois est de 36,4 % alors que l’écart chez les professionnel-les est de 14,6 % et de 21,7 % chez les employé-es de bureau. Ça devient gênant; comment Québec peut espérer attirer et retenir son personnel avec de tels salaires alors que dans bien des cas, particulièrement chez les ouvriers spécialisés, le privé offre un salaire bien supérieur à ce qu’offre le secteur public? », ajoutent les leaders syndicaux.

          « Le gouvernement aura beau argumenter que les conclusions actuelles de l’ISQ ne tiennent pas compte des règlements de la dernière négociation du secteur public, il ne fait aucun doute que les retards observés demeureront. Comme les autres salarié-es québécois, on s’inquiète de l’impact de l’inflation, qui, dans plusieurs cas, risque d’être supérieure aux hausses de salaire. L’ISQ prévoit d’ailleurs qu’en 2021, le salaire des travailleuses et travailleurs va croître à un rythme beaucoup plus lent que l’Indice québécois des prix à la consommation (IPC), qui, en 2021, devrait tourner autour des 3,4 %. »

          Pénurie de main-d’œuvre
          En prévision de la prochaine ronde de négociation qui doit s’amorcer dans moins d’un an, les trois centrales syndicales, qui représentent quelque 325 000 travailleuses et travailleurs des services publics québécois, insistent sur le fait que la crise sanitaire a révélé au grand jour – et de façon brutale – la réalité des travailleuses et travailleurs du secteur public.

          « Pour s’attaquer sérieusement à la capacité d’attraction et de rétention des réseaux, il est urgent d’améliorer la rémunération des travailleuses et travailleurs en éducation, en santé et dans la fonction publique en octroyant à ces derniers un rattrapage juste et équitable. Ce sont en grande partie ces travailleuses et ces travailleurs qui ont permis au Québec de traverser cette pandémie. Ne l’oublions pas », ont conclu les leaders syndicaux, qui rappellent aussi que ces emplois sont majoritairement occupés par des femmes.

          Nos organisations (CSN, CSQ, FTQ) représentent plus de 1 125 000 travailleuses et travailleurs dans toutes les régions du Québec, tant dans le secteur public que privé.

          Pénurie de professionnel-les en soins : des modifications qui ratent la cible encore une fois

          Les modifications annoncées par le ministre Dubé à l’arrêté ministériel accordant des primes temporaires aux professionnel-les en soins ne parviendront pas à atteindre l’objectif. Pour la FSSS–CSN, la FSQ-CSQ, la FIQ et la FIQP, le SQEES-FTQ et le SCFP, ces aménagements montrent que le gouvernement n’entend pas le message de mettre fin à la gestion par arrêtés et d’implanter les solutions mises de l’avant par les organisations syndicales qui sont au diapason avec les besoins du réseau. En outre, elles rappellent que jamais elles ne négocieront un arrêté ministériel.

          Pénurie : un enjeu complexe qui exige plus que des mesures temporaires
          Au-delà des primes temporaires, l’intersyndicale invite le gouvernement à porter son regard plus loin pour régler la crise qui sévit dans le réseau et à considérer sérieusement les mesures structurantes demandées par les organisations syndicales depuis des années, dont celles contenues dans la convention collective. En effet, des semaines après son entrée en vigueur, l’arrêté ministériel décrété unilatéralement ne parvient toujours pas à attirer et retenir le personnel en soins infirmiers et cardiorespiratoires alors que les besoins sont criants sur le terrain. C’est la démonstration que le ministre Dubé s’est engagé dans la mauvaise voie.

          Rappelons que l’intersyndicale représentant les professionnel-les en soins avait tendu la main au gouvernement pour lancer des discussions pour adopter des solutions pérennes, valorisantes et reconnaissantes de tout le travail accompli dans le quotidien par le personnel de la santé. Les 15 solutions notamment mises de l’avant visaient à répondre aux nombreux problèmes découlant de l’arrêté ministériel. Malheureusement, les modifications annoncées aujourd’hui, qui privilégient uniquement des mesures temporaires, sont clairement insuffisantes. Par exemple, une infirmière qui aurait un accident de travail durant l’année de l’entente devrait toujours rembourser la prime temporaire contrairement aux lois d’ordre public en vigueur.

          « En refusant notre main tendue, le gouvernement rate une belle occasion de prendre les moyens de répondre aux préoccupations des professionnel-les en soins. Son arrêté ministériel n’arrive pas à régler la situation parce que pour le faire, il faut entendre les solutions des gens qui sont sur le terrain. Avec son annonce d’aujourd’hui, le gouvernement montre qu’il est plus intéressé à tout gérer tout seul qu’à améliorer la situation. Son attitude antisyndicale a de graves conséquences, car elle a pour effet de priver la population de son droit aux soins et aux services essentiels dans le réseau de la santé. Les bris de service sont encore monnaie courante dans le réseau », soulignent les leaders de la FSSS-CSN, de la FSQ-CSQ, de la FIQ et de la FIQP, du SQEES-FTQ et du SCFP.

          Pour parvenir à mettre fin au manque de personnel et à l’épuisement professionnel, les organisations syndicales réitèrent leur disponibilité pour proposer des solutions pérennes.

          Quelques exemples des pistes de solution proposées par les organisations syndicales représentant le personnel des soins infirmiers et cardiorespiratoires :

          Aucune mesure coercitive, disqualifiante et inéquitable pour les membres

          1. Les conditions de travail des professionnelles en soins doivent être convenues avec les agents négociateurs, en tout respect des lois du travail en vigueur afin qu’elles fassent écho sur le terrain.
          2. Toutes mesures doivent respecter les règles de la convention collective en vigueur, notamment la notion de déplacement.
          3. Les personnes salariées à temps partiel qui acceptent de rehausser leur nombre d’heures reçoivent un montant forfaitaire pour chacun des quarts supplémentaires.
          4. Les journées sans solde ne devraient pas être un motif de disqualification pour l’accès à la prime.
          5. Pour les personnes salariées bénéficiant des régimes de la SAAQ, de la CNESST, du RQAP et de l’assurance salaire, s’assurer que les montants forfaitaires soient versés en respect des lois d’ordre public.
          6. En aucun temps, il ne peut y avoir réclamation des sommes déjà versées lors d’un changement d’établissement, sauf en cas de démission du réseau public. Lorsqu’une personne démissionne, le temps travaillé à temps complet ou sur des quarts rehaussés à temps partiel est comptabilisé au prorata de cette période pour les montants déjà versés et dus. Si elle change d’établissement dans le réseau public, l’engagement est automatiquement transféré au nouvel employeur.
          7. Pour les personnes salariées déjà à temps complet et pour celles qui acceptent de rehausser leur poste à temps partiel ou à temps complet, l’employeur s’engage à garantir une stabilité de poste, 1 quart de travail dans un service, ainsi qu’une prévisibilité dans l’octroi des horaires.
          8. Tout quart de travail effectué durant la fin de semaine donne droit aux montants forfaitaires sans disqualification possible.
          9. Toutes les journées rémunérées en vertu de la convention collective sont réputées être des journées de travail pour l’application des différents montants forfaitaires.
          10. Toute période consécutive de 4 semaines de soir ou de nuit donne droit aux montants forfaitaires de 2000 $ sans disqualification possible, mais avec application du prorata (vacances, fériées). Pour la personne salariée à temps partiel qui accepte de rehausser son poste en demeurant temps partiel, elle reçoit le montant forfaitaire au prorata sur ses quarts rehaussés.
          11. Les montants forfaitaires sont accordés à compter de la date de l’engagement de rehaussement à temps complet ou de rehausser son poste à temps partiel en demeurant temps partiel, à toute personne qui accepte, à quelque moment que ce soit, de se porter volontaire.
          12. Toute personne à temps partiel peut demander à être considérée à temps complet pour la période déterminée par l’entente. Elle reprendra son poste à temps partiel détenu au moment de son engagement initial.
          13. La retraitée réembauchée est soumise aux dispositions des conventions collectives. Les parties locales peuvent convenir d’un aménagement d’horaire différent pour la période de l’engagement. Le montant forfaitaire doit être payé au prorata des journées travaillées.
          14. Quant aux mesures annoncées concernant l’ajout de personnel administratif ainsi que les bourses pour la formation d’infirmière auxiliaire, le gouvernement s’engage à déposer le plan de déploiement aux organisations syndicales.
          15. Aucun contrat signé actuellement en vigueur ne peut être opposé à une personne salariée.

          Vote de grève générale illimitée adopté à 97 % en Estrie

          Les travailleuses et les travailleurs des centres de la petite enfance de l’Estrie ont parlé haut et fort : lors de leur assemblée générale tenue le jeudi 25 novembre, plus de 97 % des membres ont mandaté leur syndicat de déclencher une grève générale illimitée au moment jugé opportun si le gouvernement maintenait sa position sur les enjeux de la négociation.

          En plus d’un rattrapage salarial équitable pour tous les titres d’emploi présents dans un CPE, les travailleuses et les travailleurs revendiquent davantage de soutien pour les enfants à besoins particuliers, le respect des ratios d’enfants par éducatrice ainsi que des solutions concrètes pour lutter contre la surcharge de travail.

          « Nos membres (à très forte majorité des femmes) étaient très choquées par les dernières offres patronales. Elles nous ont clairement indiqué qu’elles étaient prêtes à aller jusqu’au bout. La mobilisation et la solidarité exprimées lors de cette assemblée nous rendent particulièrement fières », déclare Lise Deschênes, présidente du STT des CPE de l’Estrie–CSN.

          Ce mandat de grève générale illimité s’inscrit dans la continuité des moyens de pression exercés par les salarié·es qui ont épuisé, jusqu’à maintenant, une banque de dix journées de grèves discontinues.

          Au niveau provincial, Stéphanie Vachon, responsable du secteur des CPE à la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN (FSSS–CSN), a annoncé ce matin en conférence de presse que l’ensemble des régions syndiquées à la CSN ont adopté le même mandat avec un taux moyen de 92 %. Elle a aussi précisé que la grève générale illimitée sera déclenchée ce mercredi 1er décembre si aucune avancée significative n’était faite d’ici là à la table de négociation.

          « Nous constatons que ce gouvernement utilise constamment la même tactique, se désole Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN (CCSNE–CSN). Il pointe du doigt un groupe de travailleuses ou de travailleurs afin de créer sur ce groupe une pression médiatique, au lieu de s’asseoir avec les représentantes et les représentants pour trouver des solutions aux problèmes structurels des services offerts à la population. »

          M. Beaudin tient à réitérer l’appui du CCSNE–CSN dans cette lutte historique que mènent les travailleuses et les travailleurs des CPE de l’Estrie. « Nous allons les soutenir jusqu’au bout. Leur combat touche non seulement leurs conditions de travail, mais aussi la pérennité du réseau de service de garde, qui constitue pourtant un maillon essentiel de la chaine économique québécoise. Ils et elles méritent le respect et la reconnaissance qui leur sont dûs, et nous serons à leurs côtés pour les réclamer », conclut M. Beaudin.

          Les syndiqué-es de la CSN en grève générale illimitée dès le 1er décembre

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) a annoncé vendredi matin en conférence de presse que les syndiqué-es de CPE affiliés à la CSN ont voté à 92 % en faveur d’un mandat de grève générale illimitée et que celui-ci sera mis en œuvre à compter du 1er décembre si les négociations avec le gouvernement ne débloquent pas d’ici là.

          « Avec un tel résultat, le message est clair », affirme Stéphanie Vachon, représentante du secteur des CPE à la FSSS–CSN. « Le gouvernement peut essayer de taper sur la tête des syndicats tant qu’il veut, mais ultimement, ce sont les membres qui décident. En votant aussi massivement pour la grève et donc en acceptant de perdre des journées, voire des semaines de salaires, ces travailleuses déjà sous-payées viennent de dire au gouvernement qu’elles sont solidaires et qu’elles sont prêtes à se battre jusqu’au bout pour avoir une entente équitable pour l’ensemble des salarié-es. »

          La vice-présidente de la FSSS–CSN, Lucie Longchamps, s’explique mal l’entêtement du gouvernement à refuser d’offrir un rattrapage salarial aux autres titres d’emploi – notamment les responsables en alimentation, les adjointes administratives et les conseillères pédagogiques – comme il l’a consenti aux éducatrices et aux éducateurs. La FSSS–CSN estime que ces « autres » salarié-es ne représentent que 15 % de l’ensemble du personnel des CPE. Ce qui fait que leur octroyer les augmentations demandées ne constituerait pas un investissement majeur pour le gouvernement.

          « La proposition gouvernementale porterait à 420 millions la masse salariale annuelle des 11 000 salarié-es syndiquées à la CSN, alors que la proposition syndicale porterait cette même masse salariale à 426 millions, explique Mme Longchamps. Pour un écart aussi négligeable, il est difficile d’interpréter le refus du gouvernement comme étant autre chose que de l’entêtement. Surtout que le gouvernement vient juste d’annoncer cinq milliards de dollars en nouvelles dépenses parce que ses coffres se regarnissent plus vite que prévu. Il semble y avoir de l’argent pour tout le monde, sauf pour les travailleuses des CPE. »

          En plus de la question du rattrapage salarial, d’autres enjeux achoppent à la table de négociation, comme le respect des ratios d’enfants par éducatrice, la rémunération du temps de préparation des dossiers et de la cuisine, ainsi que le nombre de semaines de vacances et de jours fériés.

          Mini-budget du Québec : des investissements pour vivre dignement

          Alors que le Québec vit une reprise économique exceptionnelle, la CSN salue les investissements faits en santé et en éducation notamment, mais également les initiatives pour pallier la pénurie de main-d’œuvre. Elle s’attend maintenant à ce que les annonces faites aujourd’hui soient réalisées de façon structurante et pérenne, et insiste pour rappeler que miser sur une croissance des salaires doit constituer un des éléments-clés du plan de match gouvernemental pour cette année et celles à venir. Parce qu’un plan économique ambitieux doit absolument inclure une amélioration concrète des conditions de vie des Québécois et Québécoises et un salaire minimum à 18 $ l’heure.

          Services publics
          Les choix politiques et économiques des dernières décennies ont eu un impact important sur les services publics. La crise sanitaire a révélé au grand jour – et de façon brutale – les conditions salariales et de travail extrêmement difficiles pour bien des travailleuses et travailleurs.

          « N’oublions pas que le Québec traverse une crise considérable. Qu’on pense aux systèmes de santé constamment au bord de l’asphyxie, à notre réseau de la petite enfance mal-aimé et ses travailleuses mal payées; au milieu de l’éducation sous-financé… Des mesures visant l’attraction et la rétention du personnel devront être permanentes afin de pallier durablement les lacunes rencontrées durant la pandémie, et ce, dans toutes les catégories d’emploi. On a bien hâte de voir comment les montants annoncés vont se traduire sur le terrain », déclare Caroline Senneville, présidente de la CSN.

          « On salue les efforts du gouvernement pour tenter de contrer la pénurie de main-d’œuvre en santé, en services de garde et dans le domaine de l’éducation, notamment avec la mise en place de bourses incitatives versées aux étudiants. Mais on va attendre de voir comment ça va se mettre en branle pour tous les secteurs et tous les titres d’emploi avant de sauter de joie », ajoute Mme Senneville.

          Services de garde
          Malgré les sommes annoncées aujourd’hui, il est déplorable que le gouvernement n’utilise pas le budget promis par le fédéral pour les services de garde alors que les besoins sont criants. « On ne va pas cracher dans la soupe, le 1,2 milliard $ annoncé aujourd’hui est de bon augure. Mais le gouvernement va recevoir 6 milliards $ du Fédéral. Il a donc encore beaucoup de marge de manœuvre. Dans un même ordre d’idées, il aurait été intéressant que la bonification des crédits pour frais de garde aille dans la consolidation du réseau public », précise la présidente.

          Arts et culture
          La CSN se réjouit de constater que le gouvernement souhaite mettre en place des mesures budgétaires pour soutenir le secteur des arts et de la culture. Néanmoins, celles-ci ne doivent pas remplacer la réforme de la Loi sur le statut de l’artiste pour laquelle s’est engagé le gouvernement au cours du présent mandat.

          Transition juste
          La CSN reconnait que les montants annoncés pour contrer la rareté de main-d’œuvre témoignent d’un effort intéressant. Cependant, plusieurs secteurs du domaine privé semblent avoir été oubliés. « La transition économique liée à la crise climatique doit absolument être juste : le gouvernement doit veiller à ce que celle-ci se fasse en créant des emplois de qualité dans les technologies propres et en limitant les pertes d’emplois dans les secteurs à risque. Des mesures phares pour favoriser la requalification des travailleuses et des travailleurs, comme la reconduction du Programme d’aide à la relance par l’augmentation de la formation, et le renouvellement de la Politique québécoise d’éducation des adultes et de formation continue sont essentielles. Un salaire minimum à 18 $ l’heure l’est tout autant », conclut Caroline Senneville

          Le gouvernement n’honore pas sa parole concernant le paiement lié aux nouvelles conventions collectives et au maintien de l’équité salariale

          Alors que les conventions collectives et les ententes en lien avec le règlement de plaintes de maintien de l’équité salariale ont été conclues au cours des derniers mois, le gouvernement tarde à verser les sommes dues à ses travailleuses et ses travailleurs et à procéder aux ajustements salariaux. La CSN et les fédérations du secteur public mettent la pression nécessaire afin que ce dernier honore sa parole.

          Réglées en juin dernier, les dispositions des conventions collectives prévoyant les ajustements salariaux, la rétroactivité ainsi que plusieurs primes et montants divers ne sont pas versés ou ne seront pas versés comme prévu dans la majorité des établissements du réseau de la santé et des services sociaux. Même constat à propos de l’accord sur les plaintes de maintien de l’équité salariale, alors que les ajustements résultant des ententes touchant plusieurs dizaines de milliers de travailleuses et de travailleurs ne sont pas effectués dans les délais convenus.

          Dans ce contexte, la CSN et les fédérations du secteur public concernées sont à évaluer les recours à leur disposition. De plus, les fédérations concernées ont alerté la vice-présidente à l’équité salariale de la CNESST du non-respect des accords intervenus en vertu de la Loi sur l’équité salariale. D’autre part, des discussions sont en cours avec le Conseil du trésor et les comités patronaux afin d’assurer que membres qui pourraient être lésés soient pleinement compensés.

          Citations 
          « Nous faisons les représentations nécessaires afin que nos membres touchent à l’argent qui leur est dû, dans un contexte où les nouvelles dispositions sont connues depuis de nombreux mois. Nous souhaitons rapidement trouver des solutions afin de corriger la situation. » – Jessica Goldschleger, vice-présidente, Fédération des professionnèles (FP-CSN).

          « Avec ces retards inexcusables, le gouvernement rate une belle occasion de reconnaître les travailleuses et les travailleurs au front depuis le début de la pandémie. Après chaque négociation, il y a des montants à verser, il n’y a rien de nouveau. Comment se fait-il que le gouvernement ne soit toujours pas capable, dans certains cas, de donner des indications sur le moment des versements, alors que les accords sont survenus depuis plusieurs mois? C’est une autre preuve que notre réseau issu de la réforme Barrette est devenu ingérable » – Josée Marcotte, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

          Le prix Pierre-Vadeboncœur 2021 remis à Serge Bouchard et Mark Fortier pour Du diesel dans les veines

          Du diesel dans les veines, de Serge Bouchard et Mark Fortier, publié chez Lux éditeur, a fait consensus parmi le jury du prix Pierre-Vadeboncœur. Le prix a été remis par Nathalie Arguin, secrétaire générale de la CSN, le mercredi 24 novembre en présence de Marie Vadeboncœur, conjointe de l’écrivain décédé en 2010.

          Des mentions d’honneur ont été adressées à Ton pays sera mon pays, de Philippe Manevy, publié chez Leméac, et à Anne Panasuk pour AuAssAt, paru chez Edito. Le jury, présidé par Claudette Carbonneau, ex-présidente de la CSN, compte aussi Catherine Ladouceur, secrétaire générale du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie et professeure de littérature au Cégep de Sherbrooke, et Mathieu Bélisle, lauréat de l’an dernier.

          Le prix Pierre-Vadeboncœur, constitué d’une bourse de 5000 $, a été créé en 2011 par la CSN pour souligner la mémoire de ce grand écrivain et syndicaliste, conseiller durant 25 ans à la centrale syndicale québécoise. Il est remis à l’auteur d’un essai qui s’est démarqué sur des questions économiques, sociales ou politiques.

          La présidente du jury a souligné que l’essai primé portait la trace d’une « écriture à la fois incarnée, accessible, évocatrice et poétique ». « Nous avons aussi remarqué l’ambition du propos : la route devient un lieu existentiel, sociologique, philosophique et poétique », poursuit-elle.

          De gauche à droite : Mathieu Bélisle, Mark Fortier, derrière Michel Rioux, Claudette Carbonneau, Marie Vadeboncoeur, derrière Catherine Ladouceur et Nathalie Arguin Photo: Dominic Morissette

          Madame Carbonneau a également félicité Anne Panasuk pour avoir réussi à « nous faire entendre la voix presque encore inaudible des Premières Nations ». De l’essai de Philippe Manevy, elle a dit que « le jury a apprécié la beauté de l’écriture, qui laisse place à la réflexion et à l’émotion ».

          Les syndiqué-es des CPE manifestent pendant que les négociations continuent

          Des milliers de travailleuses et de travailleurs de CPE des quatre coins de la province se sont rassemblés à Montréal et à Québec aujourd’hui pour réaffirmer leur solidarité et exiger une fois de plus que le gouvernement accorde un rattrapage salarial à l’ensemble du personnel des CPE.

          « Quoiqu’en dise Sonia Lebel, nous exigeons un rattrapage salarial pour toutes les travailleuses et travailleurs de CPE depuis le début des négociations, clame Caroline Senneville, présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Pour le gouvernement, il est peut-être normal qu’une travailleuse de CPE gagne 4 $ ou 5 $/h de moins qu’une salariée qui fait un travail similaire dans un hôpital, mais pour nous et pour nos membres, c’est inacceptable. »

          Alors qu’à Montréal, les grévistes étaient rassemblés à quelques coins de rue des bureaux du ministère de la Famille, où les négociations se tenaient, à Québec, le rassemblement avait lieu devant l’Hôtel du Parlement, là où se déroulent les consultations publiques sur la nouvelle politique familiale du gouvernement Legault.

          « Sur papier, le gouvernement semble avoir de grands projets pour les services de garde éducatifs. Il veut créer 37 000 places », rappelle la vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), appelée à commenter le projet de loi no1 en commission, Lucie Longchamps. Il semble toutefois oublier qu’un CPE, ce n’est pas juste des briques et du mortier et ce n’est pas juste des éducatrices non plus. Ça prend des responsables en alimentations, des préposées, des adjointes administratives, des conseillères pédagogiques, et j’en passe. S’il veut les réaliser ses grands projets, il ferait bien de s’en souvenir. »

          Cette journée de manifestations est l’avant-dernière d’un mandat de 10 jours de grève adopté par les syndiqué-es de la CSN au début de l’automne. Demain, jeudi 25 novembre, les syndicats profiteront de la dernière de ces journées de grève pour solliciter un mandat de grève générale illimitée.

          « Nous sommes conscients que ce n’est pas facile pour les parents, mais nous devons continuer de nous battre pour sauver le réseau, se résigne Stéphanie Vachon, représentante du secteur des CPE à la FSSS–CSN. On commence déjà à voir des coupes de services en raison du manque de personnel. Il vaut mieux être fermés quelques jours que fermer pour toujours et ça, les parents semblent le comprendre si je me fie aux nombreux témoignages d’appuis que nous continuons de recevoir chaque jour. »

          La CSN étonnée de l’absence de mesures-clés lors du discours du Trône

          Après le premier discours du Trône du gouvernement, la CSN reçoit positivement certains engagements liés à l’environnement et la culture, et reste sur son appétit quant à ses demandes-clés concernant l’assurance-emploi et le secteur privé.

          Assurance-emploi
          La CSN s’étonne de l’absence totale de ce dossier dans le discours du Trône. « Le gouvernement doit régler, une fois pour toutes, le problème du “trou noir”, cette période où une personne avec un emploi saisonnier épuise ses prestations d’assurance-emploi sans avoir été en mesure de retrouver un emploi. La réforme devra également garantir l’admissibilité des personnes travaillant à temps partiel, tout comme l’accès des travailleuses et des travailleurs autonomes, notamment celles et ceux travaillant dans l’industrie culturelle, grandement affectée par la crise », ajoute Caroline Senneville, présidente de la CSN.

          En plus de n’être accessible qu’à moins de la moitié des travailleuses et des travailleurs avant la COVID, le programme d’assurance-emploi a montré qu’il était totalement inadéquat en situation de crise économique majeure. « Que la réforme règle ces problèmes et qu’elle les règle vite. C’est un engagement des Libéraux qui doit être honoré », insiste la présidente.

          Culture
          Par ailleurs, la CSN se réjouit de constater que le gouvernement entend déposer de nouveau un projet de réforme de la Loi sur la radiodiffusion qui doit assurer le plein épanouissement de la culture québécoise en protégeant mieux le contenu francophone et les acteurs du milieu. La centrale syndicale demande également un projet de loi obligeant les plateformes numériques comme Google et Facebook à rémunérer à sa juste valeur l’industrie des médias traditionnels pour le contenu d’information qui y circule. Ce projet de loi pourrait être déposé dans les 100 jours.

          Rappelant que de nombreuses personnes œuvrant dans le secteur culturel sont sans revenus depuis la fin de la PCRE le mois dernier, Mme Senneville exhorte le gouvernement à mettre en place sans délai les mesures transitoires de supplément de revenus à l’attention des artistes, que les libéraux avaient promises lors de la campagne électorale.

          Urgence climatique
          « Le gouvernement semble accorder une grande importance à l’environnement. Bonne nouvelle, parce qu’il n’y a pas d’emplois sur une planète morte. Les solutions, on les connaît : accélérer les investissements en transport collectif, développer et adopter des énergies propres, instaurer une stratégie de rajustement des prix carbone à la frontière, éliminer les différentes formes de subventions à l’industrie pétrolière et assurer une transition énergétique qui soit juste pour les travailleuses et les travailleurs ainsi que les communautés. On attend avec impatience les mesures concrètes », soutient Madame Senneville.

          Secteur privé
          La CSN a des préoccupations majeures quant au peu d’espace accordé à la question des intérêts économiques du Québec face à la montée du protectionnisme américain pour protéger les intérêts de secteurs stratégiques de l’économie québécoise (acier, aluminium, bois d’œuvre). Les industries québécoises ne doivent pas en subir les répercussions négatives. La centrale syndicale demande également aux partis de s’engager sans délai à intégrer la Davie, le plus grand chantier naval au Canada, au sein de sa Stratégie nationale de construction navale.

          La Protectrice du citoyen confirme la tempête parfaite dans les résidences pour aîné-es

          Le rapport final de la Protectrice du citoyen sur la gestion de la crise due à la COVID-19 dans les CHSLD durant la première vague confirme plusieurs problèmes soulevés par la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

          Des CHSLD à terre avant le début de la pandémie
          Le rapport de la Protectrice du citoyen montre bien à quel point les CHSLD étaient mal préparés pour faire face à une pandémie. Le manque de personnel, les méga-établissements trop centralisés et le manque d’équipements de protection individuelle sont des causes importantes de la crise qu’ont vécu les aîné-es en CHSLD.

          Pour la FSSS–CSN, ce rapport illustre le fait que le réseau de la santé et des services sociaux n’est pas parvenu à protéger les aîné-es les plus vulnérables de notre société et le personnel. La FSSS–CSN salue particulièrement la recommandation visant à élaborer une stratégie nationale de lutte à la pénurie de main-d’œuvre et de promotion des métiers et des professions dans le domaine de la santé et des services sociaux et le développement d’un plan détaillé de renforcement de la capacité des CHSLD à appliquer des mesures de prévention et de contrôle des infections.

          « Juste avant l’arrivée de la COVID-19, le personnel était encore à se relever d’années d’austérité et de la réforme Barrette. Avec cette réforme, on a mis de côté la prévention et on a enlevé encore plus d’autonomie aux équipes de travail. Le résultat, c’est qu’on était déjà à bout de souffle avant que la pandémie nous frappe. En plus, on n’avait plus les outils pour agir en prévention. Plus tôt que tard, il va falloir revoir l’organisation du réseau, réinvestir et améliorer les conditions de travail du personnel si on ne veut pas revivre une telle crise », explique Judith Huot, vice-présidente de la FSSS–CSN.

          Les préposé-es en retraitement des dispositifs médicaux pour un règlement du maintien de l’équité salariale

          Des centaines de préposé-es en retraitement des dispositifs médicaux (PRDM) de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) participent aujourd’hui à une manifestation nationale pour exiger du gouvernement qu’il règle leurs plaintes de maintien de l’équité salariale de 2010.

          Depuis plusieurs semaines, les PRDM de la FSSS–CSN multiplient les actions partout au Québec pour que le gouvernement mette fin à leur discrimination salariale. Ce sont des PRDM de plusieurs régions du Québec qui se sont donnés rendez-vous aujourd’hui à Trois-Rivières pour manifester ensemble et demander à la présidente du Conseil du trésor, Sonia Lebel, d’intervenir pour reconnaître leur travail.

          Ces 2000 travailleuses et travailleurs du réseau de la santé jouent un rôle crucial dans les hôpitaux. Les PRDM ont la responsabilité de stériliser le matériel médical, notamment celui nécessaire pour les chirurgies. Leurs plaintes de maintien de l’équité salariale de 2010 ne sont toujours pas réglées, ce qui nuit à attirer et retenir le personnel dans le réseau.

          « Ça fait plus de 10 ans que les PRDM, comme d’autres travailleuses et travailleurs du réseau, attendent d’être reconnus à leur juste valeur. On souligne ces jours-ci le 25e anniversaire de la Loi sur l’équité salariale. Pourtant, il n’y a rien à fêter pour les PRDM! L’inaction du gouvernement a des conséquences négatives. Elles et ils sont nombreux à vouloir quitter la profession et il est difficile d’attirer la relève. Le gouvernement a tout en main pour régler ça. Qu’il se déniaise enfin et règle les plaintes de maintien de l’équité salariale », explique Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS–CSN.

          Les paramédics visitent les députés de la CAQ

          Des paramédics de l’Estrie se sont rassemblés ce midi devant les bureaux de la députée de la CAQ de la circonscription de Saint-François, Geneviève Hébert. Ceux-ci veulent rappeler qu’ils sont en pleine négociation de leur convention collective et que c’est l’occasion parfaite pour trouver des solutions pour améliorer leurs conditions d’exercice et, par conséquent, les services à la population. Les paramédics d’autres régions tiendront des mobilisations semblables au cours des prochains jours.

          « Notre travail n’est pas reconnu à sa juste valeur, déplore le représentant du secteur préhospitalier à la FSSS–CSN, Jean Gagnon. Les paramédics, nous sommes à la fois des intervenants des services d’urgence et des travailleurs de la santé. Mais quand on se compare à nos collègues des deux secteurs, c’est clair que les salaires ne sont pas au rendez-vous. Le gouvernement doit nécessairement améliorer nos conditions salariales afin de régler définitivement cette iniquité qui persiste depuis beaucoup trop longtemps, et ce, malgré tous les efforts que nous avons déployés dans le passé. »

          Santé–sécurité
          « Pour nous, un autre enjeu majeur est de renforcer la santé et la sécurité dans notre milieu, poursuit Jean Gagnon. La charge de travail est beaucoup trop élevée. Trop souvent, on ne mange pas à l’heure et on ne finit pas à l’heure prévue parce qu’on ne suffit pas à la tâche. Il faut trouver des solutions ! Également, on veut des mesures qui vont permettre aux paramédics de prendre soin d’eux, par exemple qu’ils puissent prendre un congé quand ils sentent qu’ils en ont besoin pour leur santé psychologique. Dans notre secteur, nous sommes constamment exposés à des situations pouvant entraîner des chocs post-traumatiques. Il faut agir ! »

          Les paramédics souhaitent également discuter d’un autre enjeu important pour l’Estrie, soit les horaires de factions. Il s’agit d’horaires de travail désuets qui consistent à être disponible 24 heures sur 24 durant sept jours consécutifs au lieu d’avoir des quarts de travail normaux. De tels horaires existent encore (nommer les secteurs 7/14) et ça occasionne des délais supplémentaires à chaque intervention alors que dans les cas urgents, nous savons tous que chaque seconde compte.

          Une profession sur laquelle miser davantage
          Enfin, les paramédics souhaitent également que les négociations avec Québec permettent de mieux baliser l’élargissement de la profession. « Les paramédics peuvent et veulent faire partie des solutions pour améliorer globalement notre système de santé, ajoute monsieur Gagnon. Nous voyons d’un bon œil l’intention du gouvernement de nous confier de nouvelles missions par exemple dans les urgences. Cependant, cela doit se faire dans l’ordre. Il faut négocier des balises claires et s’assurer que cette contribution supplémentaire des paramédics au réseau n’entraîne pas de conséquences négatives sur les services préhospitaliers que nous offrons actuellement et qui sont déjà sous pression un peu partout. »

          Un enjeu de société
          « Nous interpellons madame Hébert aujourd’hui comme députée du parti au pouvoir, explique le président du Syndicat des paramédics de l’Estrie – CSN, Christian Beaudin. Elle doit nous expliquer pourquoi le gouvernement de la CAQ laisse ainsi traîner ces négociations : notre convention collective est échue depuis plus d’un an et demi ! Elle peut nous aider à améliorer les choses en réclamant avec nous que tout soit mis en œuvre pour nous assurer que les citoyennes et les citoyens de l’Estrie ont accès aux meilleurs services préhospitaliers d’urgence possible. »

          Gouverner par arrêtés dans le réseau de la santé et des services sociaux : ça suffit!

          Devant l’urgence d’agir pour soulager la pression insoutenable qui repose sur les épaules des professionnelles en soins et dans le but d’offrir à la population québécoise un accès à de meilleurs soins et services de santé, la FSSS–CSN, la FSQ-CSQ, la FIQ et la FIQP, le SQEES-FTQ et le SCFP ont déposé une plainte d’entrave au travail syndical au tribunal administratif du travail en vertu de l’article 12 du Code du travail. La démarche vise à stopper le recours abusif et systématique du gouvernement à l’état d’urgence et aux décrets des conditions de travail.

           La stratégie du ministre de la Santé et des Services sociaux de se placer au-dessus des lois du travail et de dicter unilatéralement les conditions de travail des professionnelles en soins n’aura pas eu les effets attractifs ni rétentifs, soutiennent les leaders des cinq organisations syndicales représentant le personnel en soins infirmiers et cardiorespiratoires.

          « Depuis le début, nous avons salué la volonté du gouvernement de mettre sur la table un milliard de dollars supplémentaires pour tenter de renverser les effets de la crise de la pénurie de personnel et des conditions de travail qui sévit dans le réseau de la santé. Nous avons toujours levé la main pour collaborer à trouver des solutions pour continuer à offrir les services essentiels à la population. Devant le refus de ce gouvernement d’avoir des discussions franches avec les représentants des travailleuses et des travailleurs, nous n’avons malheureusement d’autres choix que de nous tourner vers la voie judiciaire. Les syndicats, à titre d’agents négociateurs nommés par la loi, sont incontestablement les mieux placés pour guider le gouvernement dans la mise en place de mesures efficaces. Aujourd’hui, c’est à nos membres et à la population que nous pensons, », soulignent les leaders de la FSSS–CSN, de la FSQ-CSQ, de la FIQ et de la FIQP, du SQEES-FTQ et du SCFP.

          La plainte déposée par les organisations syndicales dénonce le contournement du processus de négociation par le gouvernement. Les syndicats rappellent que l’enjeu de pénurie de personnel dans le réseau de la santé et des services sociaux n’a rien à voir avec l’urgence sanitaire, car la crise des conditions de travail et la pénurie qui en découle existaient bien avant la pandémie. Le recours à un arrêté ministériel dans ce contexte est injustifiable.

          « Faire fi des conventions collectives, du droit du travail et s’entêter à décider unilatéralement sans l’écho du terrain : ça suffit! Pour nous, seule la concertation est un gage de succès, n’en déplaise au ministre », concluent les cinq syndicalistes.

          L’article 12 du Code du travail stipule : « Aucun employeur, ni aucune personne agissant pour un employeur ou une association d’employeurs, ne cherchera d’aucune manière à dominer, entraver ou financer la formation ou les activités d’une association de salariés ».

          Équité salariale : une campagne pour rappeler qu’il reste encore du chemin à parcourir!

          À l’aube du 25e anniversaire de la Loi sur l’équité salariale, la FTQ, la CSN et la CSQ unissent leur voix pour célébrer les avancées des femmes et rappeler qu’il ne faut pas baisser les bras, car il reste encore du chemin à parcourir.

          La Loi sur l’équité salariale (LÉS) a transformé fondamentalement la façon dont le droit à l’équité salariale est protégé au Québec. Or, malgré les amendements à la loi en 2009 et en 2019, des problèmes de fond subsistent et portent encore préjudice aux femmes.

          On poursuit la lutte!
          La LÉS célèbrera donc son 25e anniversaire le 21 novembre prochain, en pleine effervescence autour de la relance économique du Québec. Dans ce contexte, il apparaît donc important pour les trois centrales syndicales de souligner que l’équité salariale est encore, à ce jour, un objectif inachevé et que la loi doit être modifiée afin que les iniquités salariales soient véritablement et durablement réparées.

          En effet, l’expérience terrain nous permet d’affirmer que la loi n’atteint pas son objectif quant à la mise en œuvre et au maintien de l’équité salariale. Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale a pourtant répété à maintes reprises qu’il y aurait une autre occasion pour apporter une réforme plus substantielle à la Loi sur l’équité salariale.

          Les trois organisations profitent donc des 25 ans de la loi pour lui tendre la main afin que cela se fasse rapidement. Les prochaines modifications devront permettre d’atteindre à 100 % l’objectif de la loi : des salaires égaux pour des emplois équivalents.

          La campagne On a fait du chemin
          La FTQ, la CSN et la CSQ s’unissent donc pour déployer une campagne sur les réseaux sociaux qui se déroulera du 15 au 21 novembre. L’objectif de la campagne est de rappeler les avancées faites grâce à cette loi importante qui protège nos droits fondamentaux, mais aussi d’expliquer ce qu’est l’équité salariale, d’illustrer les différentes iniquités qui perdurent et de rappeler que des changements majeurs restent à faire pour permettre à toutes les femmes du Québec d’être rémunérées à la juste valeur de leur travail.

          Pour en savoir plus, visitez onafaitduchemin.com. Sur les réseaux sociaux, surveillez les différentes publications du 15 au 21 novembre 2021 et rejoignez la conversation! #OnAFaitDuChemin

          Nos organisations (CSQ, CSN, FTQ) représentent plus de 1 100 000 travailleurs et travailleuses dans tous les secteurs d’activités tant public que privé.

          Télétravail : les centrales invitent syndicats et employeurs à se doter de balises claires et objectives

          Alors que le retour dans les milieux de travail s’intensifie avec la fin de certaines mesures sanitaires encadrant les espaces de bureaux, la FTQ, la CSN et la CSD dévoilent aujourd’hui des modèles de politique et d’entente visant à baliser le recours au télétravail.

          Imposé par la force des choses dès les premiers jours de la pandémie, le recours au télétravail est bel et bien là pour rester, estiment les centrales syndicales. Afin que ce mode de travail ne devienne source de tension ou d’insatisfaction, des balises concrètes, basées sur des principes partagés par l’ensemble des parties concernées, doivent en régir son attribution.

          Ainsi, les centrales syndicales estiment que le télétravail doit conserver son caractère volontaire. La décision de l’autoriser doit être accordée en fonction de critères objectifs et applicables équitablement à un groupe de personnes salariées partageant les mêmes réalités.

          La volonté des employeurs de superviser les prestations de travail ne doit toutefois pas enfreindre certains principes protégeant la vie privée à laquelle ont droit les travailleuses et les travailleurs, peu importe le lieu où ils exercent leur prestation de travail, soulignent la FTQ, la CSN et la CSD.

          Le modèle de politique de télétravail développé par les centrales syndicales prévoit également des dispositions claires quant aux horaires de travail et leur flexibilité, à la charge des coûts d’équipement entraînés et de l’ensemble des obligations et responsabilités dévolues aux parties. Les enjeux, complexes, reliés à la santé et la sécurité au travail des personnes salariées en mode de télétravail sont également abordés, ainsi que ceux reliés à la protection des données.

          Enfin, les centrales syndicales suggèrent aux parties concernées de consigner des ententes particulières de télétravail explicitant ses modalités et sa période d’application.

          Citations 

          « Les 18 derniers mois auront démontré que nous sommes très loin d’une appréciation unanime du télétravail, tant parmi les salarié-es eux-mêmes qu’auprès des employeurs. Certains y ont pris goût, alors que d’autres s’impatient de retrouver leur bureau. Une chose est sûre, le télétravail ne doit ni être imposé ni attribué aléatoirement au gré des humeurs. Des balises claires et objectives sont nécessaires. » – Caroline Senneville, présidente de la CSN 

          « Ce que nous proposons aux organisations syndicales et patronales avec ce modèle de politique de télétravail, c’est un guide devant permettre à tous et à toutes d’être traités équitablement dans le respect des lois du travail. Peu importe ce qu’on en dit ou ce qu’on en pense, le télétravail est là pour de bon. Il s’agit maintenant de trouver un équilibre gagnant-gagnant pour les travailleurs et travailleuses et pour l’employeur. Ce guide doit permettre, entre autres, de baliser l’encadrement, la supervision, les horaires de travail, ainsi que la protection de la vie privée. Il s’agit d’un outil précieux. » – Daniel Boyer, président de la FTQ

          « Le télétravail va demeurer une réalité dans l’organisation du travail pour plusieurs secteurs d’activité. Certes, si le télétravail apporte son lot d’avantages, il doit tenir compte autant des besoins des travailleurs et travailleuses que des besoins organisationnels. Pour que tous et toutes y trouvent une voie durable et satisfaisante, il est impératif que cela se fasse avec un encadrement qui assure aux travailleuses et aux travailleurs des conditions de travail qui respectent leurs droits. » – Luc Vachon, président de la CSD

          La FSSS–CSN devant la coroner pour dénoncer la tempête parfaite dans les résidences pour aîné-es

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) témoignait cette semaine à l’enquête publique sur les décès dans les résidences pour aîné-es. La FSSS–CSN a fait valoir que l’état déplorable dans lequel le réseau s’est présenté à l’arrivée de la pandémie, jumelé à l’entêtement du Comité sur les infections nosocomiales du Québec de l’INSPQ (CINQ) et du gouvernement à ne pas appliquer adéquatement le principe de précaution, ont mis à risque le personnel et les personnes âgées hébergées.

          Un réseau de la santé et des services sociaux à terre au début de la pandémie
          Pour la FSSS–CSN, trouver des solutions efficaces afin d’agir sur ce qui a causé ces décès dans les résidences pour aîné-es passe par l’examen des causes systémiques de cette crise. À l’arrivée de la pandémie, le réseau était fragilisé, grandement sous-financé et désorganisé. La prévention en santé et sécurité du travail (SST) était le parent pauvre de l’organisation du réseau. Les manquements en matière de planification, malgré ce qu’on avait pourtant appris des crises passées, ont été nombreux. À cela s’ajoute le fait que la détérioration des conditions de travail et le manque de personnel ont entraîné un cercle vicieux de mobilité à outrance du personnel, de recours aux agences privées et d’épuisement professionnel généralisé.

          Un refus de bien protéger le personnel
          Le CINQ et le gouvernement se sont obstinés à ne pas appliquer le principe de précaution dans leurs recommandations, ce qui a contribué à exposer le personnel au virus. En faisant des recommandations du CINQ leurs « règles de l’art », la CNESST et les employeurs ont ainsi abdiqué à jouer pleinement leur rôle en prévention. La FSSS–CSN et ses syndicats ont dû multiplier les interventions à tous les niveaux pour dénoncer les lacunes en prévention et obtenir des correctifs.

          Ce que ça va prendre pour ne plus jamais revivre un tel drame
          La FSSS–CSN a profité de son passage pour expliquer ce qu’il faut changer pour ne plus jamais revivre un drame comme celui de la pandémie de COVID-19. Cela repose sur un réseau décentralisé et géré plus démocratiquement, bien financé et avec une culture de la prévention bien ancrée. Le Québec doit se doter d’un véritable régime public de soins de longue durée, aussi bien en hébergement que dans le soutien à domicile. Il faut aussi une meilleure planification de la main d’œuvre et de meilleures conditions de travail pour le personnel. Enfin, il faut mieux se préparer pour être en mesure de faire face à de telles situations, en se dotant de mécanismes de suivis rigoureux, permettant notamment d’assurer la disponibilité de tout le matériel et de tous les équipements nécessaires.

          « Quand une pandémie survient, il est trop tard si on manque déjà de personnel, de matériel et qu’on est mal préparé. L’absence d’écoute et d’échanges pour entendre nos préoccupations a retardé la mise en place de réelles solutions. Ce sont malheureusement les aîné-es les plus vulnérables de notre société et les travailleuses et travailleurs qui œuvrent auprès d’eux qui ont subi les conséquences de la désorganisation en santé. Il faut beaucoup mieux se préparer, en priorisant dorénavant la prévention, pour ne plus revivre ça », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

          Les syndicats de la santé et des services sociaux estomaqués par le mépris du ministre Dubé

          Les leaders des organisations syndicales représentant le personnel en soins infirmiers et cardiorespiratoires s’expliquent mal les commentaires du ministre Dubé lors de son point de presse. Pour les organisations syndicales, le ministre semble vouloir trouver un coupable pour les difficultés qu’il rencontre dans le recrutement de personnel.

          Visiblement, le ministre Dubé n’a pas pris connaissance des nombreuses solutions1 mises de l’avant par les organisations syndicales au MSSS dans les derniers jours. Rappelons que les organisations syndicales représentant les professionnel-les en soins ont tendu la main au gouvernement récemment pour implanter des solutions pour parvenir à attirer et retenir le personnel dans le réseau. Nous proposons des solutions qui s’appuient sur les demandes de nos membres sur le terrain, sans mesure coercitive, sans mesure disqualifiante et inéquitable.

          Plutôt que de s’engager dans des échanges et discussions permettant de rapidement implanter des mesures qui vont véritablement contribuer au retour des professionnel-les en soins, le gouvernement a refusé de nous faire un retour. Le ministre Dubé laisse entendre que nous n’en avons que pour les libérations syndicales, alors que c’est loin d’être l’aspect principal des solutions apportées lors des récentes rencontres avec le MSSS.

          « Le plan de match gouvernemental pour recruter du personnel n’a pas porté fruit jusqu’à maintenant. Plutôt que de reconnaître ses erreurs et enfin accepter de collaborer avec les acteurs du terrain pour améliorer les choses, le ministre Dubé s’en prend encore une fois aux syndicats. C’est devenu une tactique usée à la corde. Ce qui ne marche pas, c’est la gestion autoritaire par arrêté ministériel. Les résultats ne sont pas au rendez-vous et ce ne sont pas les syndicats qu’il faut blâmer », dénoncent ensemble la FSQ-CSQ, la FIQ, la FSSS-CSN, le SQEES-FTQ et le SCFP.

          1 Annexe : Les pistes de solution proposées par les organisations syndicales représentant le personnel des soins infirmiers et cardiorespiratoires

          Aucune mesure coercitive, disqualifiante et inéquitable pour les membres

          1. Toutes les journées rémunérées en vertu de la convention collective sont réputées être des journées de travail pour l’application des différents montants forfaitaires.
          2. Toutes les absences sans solde ne sont pas considérées comme des journées travaillées donc le prorata s’applique.
          3. Pour les personnes salariées bénéficiant des régimes de la SAAQ, de la CNESST, du RQAP et de l’assurance salaire, s’assurer que les montants forfaitaires soient versés en respect des lois d’ordre public.
          4. En aucun temps, il ne peut y avoir réclamation des sommes déjà versées sauf en cas de démission à moins que la personne salariée ne change d’établissement.
          5. Tout quart de travail effectué durant la fin de semaine donne droit aux montants forfaitaires sans disqualification possible.
          6. Toute période consécutive de 4 semaines de soir ou de nuit donne droit aux montants forfaitaires de 2000 $ sans disqualification possible, mais avec application du prorata (vacances, fériées). Pour la personne salariée à temps partiel qui accepte de rehausser son poste en demeurant temps partiel, elle reçoit le montant forfaitaire au prorata sur ses quarts rehaussés.
          7. Les montants forfaitaires sont accordés à compter de la date de l’engagement de rehaussement à temps complet ou de rehausser son poste à temps partiel en demeurant temps partiel, à toute personne qui accepte, à quelque moment que ce soit, de se porter volontaire.
          8. Toute personne à temps partiel peut demander à être considérée à temps complet pour la période déterminée par l’entente. Elle reprendra son poste à temps partiel détenu au moment de son engagement initial.
          9. Lorsqu’une personne démissionne, le temps travaillé à temps complet ou sur des quarts rehaussés à temps partiel est comptabilisé au prorata de cette période pour les montants déjà versés et dus. Si elle change d’établissement dans le réseau public, l’engagement est transféré au nouvel employeur.
          10. La retraitée réembauchée est soumise aux dispositions des conventions collectives. Les parties locales peuvent convenir d’un aménagement d’horaire différent pour la période de l’engagement. Le montant forfaitaire doit être payé au prorata des journées travaillées.
          11. Toutes mesures doivent respecter les règles de la convention collective en vigueur notamment la notion de déplacement.
          12. Les personnes salariées à temps partiel qui acceptent de rehausser leur nombre d’heures sans rehaussement à temps complet reçoivent un montant forfaitaire pour chacun des quarts supplémentaires.
          13. Pour les personnes salariées déjà à temps complet et pour celles qui acceptent de rehausser leur poste à temps partiel ou à temps complet, l’employeur s’engage à garantir une stabilité de poste, 1 quart de travail dans un service, ainsi qu’une prévisibilité dans l’octroi des horaires.
          14. Quant aux mesures annoncées concernant l’ajout de personnel administratif ainsi que les bourses pour la formation d’infirmière auxiliaire, le gouvernement s’engage à déposer le plan de déploiement aux organisations syndicales.
          15. Aucun contrat signé actuellement en vigueur ne peut être opposé à une personne salariée.

          Les paramédics en conflit accueillent les parlementaires à l’Assemblée nationale

          Près de 200 paramédics se sont réunis ce matin devant l’Assemblée nationale afin d’accueillir les ministres et les député-es à leur arrivée au Parlement. Des dizaines de boîtes jaunes de format géant ont aussi été déposées sur le terrain de la colline Parlementaire.

          « Le gouvernement Legault semble oublier que dans les ambulances, il y a des paramédics qui travaillent d’arrache-pied et qui sauvent des vies tous les jours. Pourtant, leur travail n’est pas reconnu à sa juste valeur depuis trop longtemps. Les boîtes jaunes partout sur le terrain de l’Assemblée nationale sont là pour rappeler aux parlementaires qu’ils ont une responsabilité dans ce conflit de travail », déclare Caroline Senneville, présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

          « Nous appelons au respect, mais personne ne répond au bout de la ligne »
          Présentement en négociation pour le renouvellement de leurs conventions collectives, la CSN presse le gouvernement Legault d’améliorer les conditions de travail et de redresser le salaire des paramédics en urgence. « Il est scandaleux que le secteur soit à une croisée des chemins et que le gouvernement refuse de se pencher sur les problèmes du système préhospitalier. Nous sommes à l’heure des choix : ou bien le gouvernement continue de dédaigner ces enjeux ou bien il décide de développer réellement le secteur en investissant dans ses travailleuses et travailleurs », poursuit la présidente.

          Jean Gagnon, paramédic et représentant du secteur préhospitalier à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), rappelle que les paramédics sont un maillon indispensable de la chaîne de survie. « Nous méritons d’être reconnus et respectés pour ce métier qui est loin d’être fait pour tout le monde, mais nos conditions salariales et de travail ne le reflètent pas. Faut-il rappeler que nous avons le salaire le moins élevé des intervenantes et intervenants de l’urgence ? Que nous pouvons à peine prendre nos pauses repas et finir à l’heure, car il y a trop d’appels et pas assez d’effectifs pour y répondre ? Et que dans certaines régions, on nous demande d’être disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 14, pour répondre aux appels, et ce, en étant payés une heure sur deux ? Avez-vous déjà vu ça ? », demande M. Gagnon.

          Selon Jean Gagnon, il faut donner un sérieux coup de barre avant de frapper le mur vers lequel le secteur préhospitalier se dirige. « Ce coup de barre passe par la nécessaire amélioration de nos conditions salariales et de travail. Les négociations actuelles offrent l’occasion de redresser la situation. Mais les représentants du gouvernement font preuve d’un manque de compréhension de notre réalité quotidienne et minimisent nos demandes. Nous appelons au respect, mais malheureusement, jusqu’à maintenant, personne ne répond au bout de la ligne », termine M. Gagnon.

          Les syndicats de la santé et des services sociaux déplorent le manque de collaboration gouvernementale

          Les leaders des organisations syndicales représentant le personnel en soins infirmiers et cardiorespiratoires déplorent le manque de collaboration pour convenir, ensemble, de solutions pouvant améliorer les conditions de travail et répondre à la crise importante de pénurie de personnel en soins infirmiers et cardiorespiratoires.

          À la suite de rencontres intensives pour ramener les travailleuses et les travailleurs de la santé dans le réseau et implanter le changement de culture tant réclamé par leurs membres, les représentants ministériels ont écouté une partie des propositions syndicales sans juger bon de faire un retour.

          Les organisations syndicales voulaient que ce comité de travail se penche sur des solutions pérennes, valorisantes et reconnaissantes de tout le travail accompli dans le quotidien par le personnel de la santé. Elles proposaient des solutions sans mesure coercitive, disqualifiante et inéquitable pour les membres. Cependant, l’exercice des derniers jours était tronqué et a escamoté notre volonté de trouver de telles solutions.

          Depuis le début de la pandémie, le ministre de la Santé et des Services sociaux a cherché systématiquement à écarter les syndicats des discussions. Il a préféré la coercition, la division et la menace, plutôt que de s’engager dans la voie légitime de la concertation pour atteindre ses objectifs.

          « On a l’impression de faire partie d’une belle stratégie de relations publiques du gouvernement, mais, à la suite de ces rencontres, nous refusons de servir de légitimation aux actions de ce dernier. Encore une fois, nous apprendrons lors d’une conférence de presse les pistes de solutions retenues par le ministre et celles qu’il a rejetées. Pourtant, les organisations syndicales sont d’avis que ces solutions sont à considérer dans une perspective globale et non à la pièce », dénoncent ensemble la FSQ-CSQ, la FIQ, la FSSS–CSN, le SQEES-FTQ et le SCFP.

          Il a été largement démontré que gouverner à coup d’arrêtés ministériels (155 depuis la déclaration d’urgence sanitaire, dont 105 visant des conditions de travail), la méthode du bâton contre des travailleuses et des travailleurs de la santé, cela ne donne pas les résultats escomptés, bien au contraire.

          Par exemple :

          • L’arrêté ministériel 2020-007 a accentué la détresse et l’épuisement des travailleuses et des travailleurs de la santé, de même qu’il a accéléré leur départ vers le privé.
          • Les mesures restrictives et coercitives contenues dans l’arrêté 2021-071 concernant les primes d’attraction et de rétention sont un frein massif au recrutement, alors que le réseau peine à offrir les soins et les services essentiels à la population et que les bris de services se multiplient. Plusieurs des mesures vont aussi carrément à l’encontre du nouveau contrat de travail. Un travail de collaboration dans la mise en place de ces mesures aurait pu faire en sorte d’éviter qu’elles soient reçues assez froidement sur le terrain.

          L’urgence sanitaire utilisée de façon abusive pour se faire du capital politique
          Pour les leaders syndicaux, l’urgence sanitaire n’est plus une excuse pour justifier le gouvernement de continuer à imposer des mesures inéquitables et discriminatoires, et passer outre les conditions prévues au contrat de travail négociées en toute bonne foi.

          « Les syndicats sont les seuls agents négociateurs légitimes pour parler au nom des travailleuses et des travailleurs de la santé. Le gouvernement doit agir en conséquence et discuter avec nous pour en arriver à une entente lorsqu’il est question des conditions de travail de nos membres. Il ne peut pas unilatéralement imposer ses volontés et nous interpeller seulement lorsque ses initiatives autoritaires échouent », expliquent les leaders syndicaux.

          « Le ministre de la Santé est en train de saborder ses propres mesures visant l’attraction et la rétention du personnel. Nos membres sont à bout du manque de respect et de reconnaissance. L’abus de pouvoir et la division ne conduisent jamais au succès. Il est temps que le ministre le réalise », concluent les leaders syndicaux.

          Nouvelle convention collective au Delta de Sherbrooke

          La Fédération du commerce (FC–CSN) annonce la conclusion d’une dixième entente dans le secteur de l’hôtellerie. Mercredi dernier, les travailleuses et les travailleurs du Delta de Sherbrooke ont entériné à l’unanimité le contenu de la convention collective 2020-2024.

          « Les travailleuses et les travailleurs du Delta de Sherbrooke peuvent être fiers de ce qu’ils ont accompli, se réjouit le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie, Denis Beaudin. Nous saluons leur détermination et leur mobilisation exemplaires dans un contexte difficile. Nous continuerons d’appuyer sans relâche tous les salarié-es de l’hôtellerie pour qu’ils obtiennent, eux aussi, un règlement satisfaisant. »

          « Les hôteliers qui n’ont pas encore réglé doivent se poser de sérieuses questions maintenant, souligne le trésorier de la FC–CSN, Michel Valiquette. Il n’y a aucune raison justifiant que les travailleuses et les travailleurs de ces hôtels ne bénéficient pas des mêmes conditions de travail que les autres. La relance de tout le secteur passe par nous, les travailleuses et les travailleurs. Au cours des prochains jours, nous redoublerons d’ardeur pour soutenir tous nos membres qui n’ont pas encore pu conclure le renouvellement de leur convention collective. »

          Les négociations se poursuivent dans 14 autres hôtels pour obtenir des ententes comparables à celles déjà conclues ailleurs, notamment des augmentations totalisant environ 8 % pour un contrat de quatre ans, ainsi que des mesures pour mieux protéger les travailleuses et les travailleurs en ces temps de crise afin de préparer une relance qui profitera à tout le secteur touristique, notamment à ceux et celles qui y travaillent et qui sont les véritables créateurs de richesse dans l’industrie.

          Parmi ces hôtels toujours en négociation, notons que deux conflits de travail ont cours actuellement au Hilton de Québec et au Hilton Double Tree de Montréal. Les salarié-es de ces deux établissements exercent présentement la grève générale illimitée.

           

          10 règlements

          Voici les dix hôtels où des ententes ont été conclues avec le syndicat CSN représentant leurs salarié-es :

          Montréal métropolitain Québec–Chaudière-Appalaches Estrie
          • Suites Faubourg St-Laurent

          • Comfort Inn Dorval

          • Comfort Inn Pointe-Claire

          • Fairfield by Marriott

          • Hilton Laval

          • Quality Inn du centre-ville

          • Manoir du Lac Delage

          • Delta de Québec

           

          • Quality Sherbrooke

          • Delta Sherbrooke

           

          Pour vraiment décentraliser le réseau de la santé et des services sociaux

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) demande au gouvernement d’aller plus loin dans la décentralisation du réseau de la santé et des services sociaux. Uniquement rajouter des gestionnaires ne permettra pas de donner un nouveau souffle au réseau. Grâce à un récent sondage, la Fédération a identifié plusieurs solutions pour mieux organiser le réseau.

          Les travailleuses et travailleurs disent ce qu’ils pensent d’une refonte du réseau
          Dans les dernières semaines, le gouvernement Legault a indiqué son intention d’apporter des changements au réseau de la santé et des services sociaux, notamment pour aller vers une plus grande décentralisation. C’est pour connaître l’opinion de ses membres que la FSSS–CSN a lancé un sondage du 20 au 27 octobre, auquel plus de 3400 salarié-es ont répondu.

          « La décentralisation, ça veut dire quoi ? Pour le ministre Dubé, ça semble s’arrêter à ajouter des cadres. Mais si on veut se donner une chance que ça aille mieux dans le réseau, ça va prendre plus que ça. Ça va prendre une gestion plus humaine des ressources, plus d’autonomie pour les équipes de travail, une participation à la gestion pour le personnel et la population et une approche globale moins médico-hospitalière », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

          La réforme Barrette nous a mal préparés à faire face à la pandémie
          Pour 79 % des répondantes et répondants, le réseau aurait été en meilleure posture pour faire face à la pandémie si la réforme Barrette n’avait pas eu lieu. La centralisation à outrance a enlevé les leviers aux milieux de travail pour bien prendre soin du personnel et de la population et pour agir efficacement en prévention de la santé et sécurité du travail (SST). La FSSS–CSN a sondé ses membres et ils souhaitent une amélioration de la prévention, notamment en mettant en place des comités de SST pour agir en prévention dans les milieux de travail et en ayant un regard externe pour faire le bilan de la prévention dans le réseau.

          Six solutions pour que ça aille mieux
          La FSSS–CSN identifie six solutions prioritaires pour instaurer le changement de cap nécessaire pour répondre à la détresse du personnel et mieux répondre aux besoins de la population.

          • Démocratisation

          Pour 80 % des répondantes et répondants au sondage de la FSSS–CSN, un projet de loi qui viendrait réviser le réseau devrait miser sur la démocratisation, notamment une plus grande participation du personnel et de la population à la gestion.

          • Des équipes de travail plus autonomes

          C’est 83 % des répondantes et répondants qui pensent qu’un projet de loi qui viendrait réviser le réseau devrait miser sur des équipes de travail plus autonomes.

          • Freiner la place du privé

          C’est 85 % des répondantes et répondants qui pensent que le ministre doit profiter de ce projet de loi pour freiner la place du privé et utiliser les ressources et les sommes économisées pour réinvestir dans le réseau public. La FSSS–CSN réclame notamment que le gouvernement intègre dès maintenant le personnel des agences privées dans le réseau, toutes catégories de personnel confondues.

          • Effacer les ravages de l’austérité

          Depuis la réforme Barrette, les gouvernements ont récupéré plus de 11,5 milliards de dollars dans le financement des établissements publics. Il sera impossible de parvenir à remettre le réseau sur pied si ce manque à gagner n’est pas réinvesti, selon la FSSS–CSN.

          • Améliorer de manière permanente les conditions de travail

          Le gouvernement met de plus en plus le doigt sur les bons bobos. Mais il refuse jusqu’à maintenant de prendre les moyens qu’il faut pour attirer et retenir le personnel. Pour cela, il doit améliorer les conditions de travail et mieux reconnaître le personnel de manière permanente et non par des primes temporaires et inéquitables. Pour y arriver, il doit cesser d’agir seul à coups d’arrêtés ministériels et négocier de bonne foi avec les syndicats.

          • Sortir les centres jeunesse et les soins de longue durée des CISSS et CIUSSS

          Les CISSS et CIUSSS ont montré leur incapacité à prendre en charge toutes les missions du réseau. Ils ont particulièrement échoué pour les centres jeunesse et les soins de longue durée (CHSLD et soutien à domicile). C’est pourquoi la FSSS–CSN réclame une réorganisation du réseau permettant de donner une structure autonome à ces missions centrales.

          Domtar : la CSN en deuil

          C’est avec consternation, tristesse et révolte que nous avons appris, cette semaine, le décès de deux travailleurs à l’usine de pâtes et papier Domtar, à Windsor en Estrie, où travaillent près de 750 membres de la CSN. Les deux hommes, salariés d’une firme contractée par Domtar pour mener d’importants travaux de réfection de l’usine, ont péri à la suite de l’effondrement d’une structure d’échafaudage.

          La CSN, ses dirigeantes, ses dirigeants et ses salarié-es tiennent à offrir aux familles et aux proches des victimes leurs plus sincères condoléances et affirmer leur plus grande solidarité envers les travailleuses et les travailleurs de l’usine de Windsor, fortement ébranlés par cette tragique nouvelle.

          « Il est bien sûr trop tôt pour tirer des conclusions. Mais force est d’admettre que c’est en se rendant au travail que Yan Baillargeon, 39 ans, et Hugo Paré, 22 ans, sont décédés, a réagi la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Personne ne devrait perdre la vie en tentant de la gagner. Les enquêtes appropriées devront être menées et leurs conclusions rendues publiques. Il faudra nous assurer que leurs recommandations soient mises en application sans délai. En ce sens, la CSN maintiendra la pression pour rendre tous les milieux de travail sécuritaires, qu’ils soient syndiqués ou non. »

          Trois autres journées de grève pour les 11 000 salarié-es des CPE syndiqués à la CSN

          Après une autre journée de négociation infructueuse mardi, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) annonce que les 11 000 travailleuses et travailleurs de CPE syndiqués à la CSN seront en grève les 2, 3 et 4 novembre prochain.

          « Nous avons le devoir de continuer à mettre de la pression sur le gouvernement, déclare Lucie Longchamps, vice-présidente à la FSSS-CSN. Accepter ce que le gouvernement nous offre et signer une entente à rabais sont les pires choses que nous pourrions faire en ce moment. Ça ferait en sorte que les travailleuses et les travailleurs continueraient d’être surchargées, continueraient d’être sous-payés, et continueraient de quitter leur emploi. »

          Le comité de négociation syndical a notamment profité de cette rencontre avec les porte-paroles patronaux pour présenter sa contre-proposition aux offres faites la semaine dernière sur la place publique par la secrétaire du Conseil du trésor, Sonia Lebel. Les deux parties n’ont eu d’autres choix que de se rendre compte qu’un fossé considérable les sépare toujours.

          « C’est surprenant qu’un gouvernement qui continue de promettre de plus en plus de places dans les services de garde approche cette négociation comme n’importe quelle autre, c’est-à-dire en essayant de faire le moins de concessions possible aux travailleuses et aux travailleurs, se désole Stéphanie Vachon, responsable du secteur des CPE à la FSSS–CSN. Nous devrions plutôt travailler ensemble dans l’objectif commun d’assurer non seulement la pérennité, mais la croissance du réseau des CPE. »

          Les trois journées de grève annoncées seront les quatrième, cinquième et sixième journées d’un mandat de grève de 10 jours adopté à 97 % par les travailleuses et les travailleurs de CPE au début de l’automne.

          PCRE : pour plusieurs, la pandémie est pourtant loin d’être terminée

          Alors que le gouvernement fédéral annonce ne pas prolonger la PCRE, qui prend fin dès ce samedi 23 octobre, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) s’inquiète des « trous » en termes de revenus pour certaines catégories de travailleuses et travailleurs.

          La nouvelle prestation pour travailleurs en confinement est moins accessible que la PCRE puisqu’elle sera offerte uniquement aux travailleurs dont l’interruption de travail est directement imputable à un ordre de confinement imposé par un gouvernement. « On ne sait pas ce que les mois à venir nous réservent. Dans la dernière année et demie, l’aide gouvernementale a été cruciale pour bien du monde. On souhaite que le gouvernement fédéral continue à jouer son rôle essentiel auprès des travailleuses et travailleurs pour éviter les faillites et les drames humains », affirme Caroline Senneville, présidente de la CSN.

          « Le gouvernement de Justin Trudeau doit maintenant s’engager clairement à régler, une fois pour toutes et de toute urgence, le problème du “trou noir”, cette période où une personne au chômage, ayant souvent un emploi saisonnier, a épuisé ses prestations d’assurance-emploi sans avoir été en mesure de retrouver un emploi. Celui-ci affecte un trop grand nombre de travailleuses et de travailleurs, ajoute la présidente. Cette réforme devra également garantir l’admissibilité au programme des personnes travaillant à temps partiel, majoritairement des femmes, tout comme l’accès des travailleuses et des travailleurs. »

          La Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC-CSN) s’inquiète pour sa part du sort réservé aux nombreux artistes qui étaient admissibles à la PCRE, mais qui n’ont pas accès au programme d’assurance-emploi. « Les travailleuses et les travailleurs autonomes sont nombreux dans le secteur des arts et de la culture, l’un des plus frappés par la pandémie, rappelle sa présidente, Annick Charette. Il leur arrive quoi lundi matin? Ces personnes doivent avoir accès à une forme de supplément de revenu : le gouvernement a pris cet engagement de façon très claire en campagne électorale. »

          Une ambulance 100% électrique n’améliorera pas les conditions de travail des paramédics

          Le 18 octobre, une trentaine de paramédics sont allés accueillir le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, qui était très fier de dévoiler à Belœil la première ambulance 100 % électrique.

          Alors que les paramédics sont en négociation depuis mai 2020 et que les offres patronales déposées le 6 octobre dernier sont loin d’être satisfaisantes, lors de son point de presse, le ministre a osé dire ceci : « Les travailleurs de la santé nous sont si précieux, qu’il faut absolument tout faire pour en prendre soin ».

          Monsieur Dubé, ça prend plus que des ambulances 100 % électriques pour « prendre soin » des paramédics, il faut faire plus que des opérations de communication. Il faut déposer des offres qui amélioreront concrètement les conditions de travail et salariales !

          La partie ne fait que commencer, les paramédics travailleront fort dans les coins pour obtenir la reconnaissance qui leur revient. Un appel au respect !

           

          Les PRDM interpellent les PDG des établissements du réseau de la santé

          Les préposé-es en retraitement des dispositifs médicaux (PRDM) de partout au Québec interpellent leur PDG cette semaine pour les inviter à venir les rencontrer pour mieux comprendre le rôle central qu’elles et ils jouent dans les hôpitaux. Les PRDM de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) leur demande d’intervenir auprès du gouvernement pour qu’il règle enfin leur plainte de maintien de l’équité salariale.

          Tout au long de la semaine, les PRDM affilié-es à la FSSS–CSN transmettent des lettres aux PDG des établissements pour les inviter à venir à leur rencontre et à porter leurs revendications auprès du gouvernement. Sans la contribution des 2000 PRDM du Québec, il n’est pas possible de rattraper le retard des chirurgies dues à la pandémie. Pourtant, le gouvernement refuse toujours d’utiliser le meilleur moyen à sa portée pour les convaincre de rester dans le réseau, soit de reconnaître enfin la juste valeur de leur emploi. La FSSS–CSN empresse le gouvernement de régler la plainte de maintien de l’équité salariale de 2010 et de poser rapidement un geste concret de reconnaissance envers ces femmes.

          « Les PRDM maintiennent la pression sur le gouvernement et elles et ils veulent se faire entendre ! On espère que les PDG prendront acte de l’urgence de la situation et qu’ils interviendront eux aussi auprès du gouvernement pour qu’il arrête de se traîner les pieds sur le maintien de l’équité salariale. Parce que sans les PRDM, on n’opère pas ! », indique Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS–CSN.

          Les travailleuses forcent le gouvernement à agir en santé et dans les services de garde

          Le discours d’ouverture de la nouvelle session parlementaire de François Legault prouve que les actions des travailleuses et travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux et du réseau des services de garde éducatifs portent fruit. À un an des élections, la crise de nos réseaux devient une priorité incontournable.

          La crise de nos réseaux comme enjeu préélectoral
          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) constate que le gouvernement place les problèmes du réseau de la santé et des services sociaux et du réseau des services de garde éducatifs à la tête de ses préoccupations. Étant la plus grande organisation syndicale dans ces deux secteurs, la FSSS-CSN ne peut que se féliciter que le gouvernement entend enfin agir.

          La volonté de décentraliser le réseau de la santé et des services sociaux est la voie à suivre, comme le demande la FSSS–CSN depuis plusieurs années. De plus, pour arriver à régler la crise, elle invite le gouvernement à laisser tomber les mesures d’urgence temporaires et à agir en profondeur par des mesures qui touchent l’ensemble du personnel de ces secteurs. Pour la FSSS–CSN, c’est la seule manière de régler l’enjeu du manque de personnel qui touche de nombreux titres d’emploi, aussi bien en santé et services sociaux que dans les services de garde éducatifs. Pour y arriver, le gouvernement doit cesser de contourner les lieux de négociation et travailler en collaboration avec nous.

          « C’est vrai que les choses doivent changer. Mais pour ça, il faut faire autrement et se mettre à l’écoute. Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement s’entête à agir seul et à ne mettre de l’avant que des propositions pour régler les problèmes les plus urgents. Il faut faire plus pour régler la crise de nos réseaux. Pour que les choses changent, il faut enfin répondre aux demandes des travailleuses et travailleurs qui font face à la pandémie depuis plus d’un an et demi », lance Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

          Réaction de la FSSS-CSN aux annonces du discours d’ouverture
          Dans le réseau des services de garde éducatifs, le gouvernement indique son intention depuis plusieurs semaines de compléter le réseau pour répondre au manque de places. La FSSS–CSN appuie cette volonté, tout en rappelant que ces places doivent se créer dans les CPE et les milieux familiaux régis et subventionnés pour offrir la meilleure qualité aux parents. Pour parvenir à créer de nouvelles places, le gouvernement a besoin de personnel. C’est pourquoi la FSSS–CSN lui rappelle l’urgence de régler la négociation des CPE à la satisfaction des travailleuses et travailleurs.

          Dans le réseau de la santé et des services sociaux, l’enjeu du manque de personnel doit être au cœur des actions gouvernementales. Pour la FSSS–CSN, à court terme, le gouvernement devrait intégrer le personnel des agences privées pour permettre au personnel du réseau de souffler. Le gouvernement doit aussi cesser de préconiser les primes temporaires, parce que le personnel réclame une amélioration des conditions de travail et une reconnaissance permanente de leurs efforts pour lutter contre le manque de personnel, comme le révèle un récent sondage de la Fédération. À cela s’ajoute le fait qu’il faut réinvestir pour combler le manque à gagner causé par l’austérité, notamment par un investissement de 2,5 milliards de dollars cette année seulement. Pour la FSSS–CSN, il faut renforcer les services sociaux et les soins de longue durée et accentuer la participation du personnel à l’organisation du travail.

          Plus que jamais, il nous faut revendiquer et agir en SST

          À la suite de l’adoption du projet de loi no 59, devenu la nouvelle loi 27, plus que jamais, tous les milieux de travail devront revendiquer et agir en matière de santé et de sécurité du travail (SST).

          « Même si nous reconnaissons certaines avancées, au lieu de réellement moderniser la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) et la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles (LATMP), le projet de loi no 59 du ministre du Travail, Jean Boulet, nous a imposé des reculs historiques importants avec lesquels nous devons maintenant composer », de dénoncer David Bergeron-Cyr, vice-président de la CSN, responsable politique de la SST.

          « Nous devons donc redoubler de vigilance en agissant dans chaque milieu de travail dès que des enjeux de SST doivent être soulevés. En ce sens, j’incite toutes les travailleuses et tous les travailleurs du Québec à prendre la juste mesure des enjeux de SST dans leur milieu. Ça fait plus de 100 ans que nous luttons pour les travailleuses et les travailleurs et, plus que jamais, il est primordial de poursuivre la défense de notre droit de travailler sans risquer nos vies et notre santé », de conclure monsieur Bergeron-Cyr.

          Du 17 au 23 octobre 2021, lors de la Semaine nationale de la santé et de la sécurité du travail, la CSN réitère l’importance de revendiquer des mécanismes de prévention et d’agir rapidement afin d’éliminer les dangers à la source.

          Des milliers de travailleuses de CPE manifestent à Québec

          Après avoir fait du piquetage devant leurs établissements respectifs jeudi, plus de 6 000 travailleuses et travailleurs de CPE ont convergé vers la Capitale-Nationale vendredi afin de conclure leur deuxième journée de grève consécutive en manifestant devant l’hôtel du Parlement du Québec.

          « C’est plus de la moitié des travailleuses et des travailleurs de CPE syndiqués à la CSN qui se sont déplacés aujourd’hui pour faire entendre leur mécontentement, s’exclame Caroline Senneville, présidente de la CSN. Si le gouvernement pensait que nos membres allaient se satisfaire de son annonce d’hier, il est à même de constater aujourd’hui que ce n’est pas le cas : nous sommes plus soudées et plus déterminées que jamais. »

          La CSN considère que les sommes promises la veille par la secrétaire du Conseil du trésor, Sonia Lebel, et le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, ne changent rien à la négociation en cours, qu’elles sont nettement insuffisantes et qu’il reste encore plusieurs questions à régler avant d’en venir à une entente.

          « On se réjouit de voir que le gouvernement se rend à l’évidence que les éducatrices sont sous-payées, plaisante Stéphanie Vachon, représentante du secteur des CPE à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). S’il pouvait maintenant prendre conscience du fait qu’il y a d’autres travailleuses et travailleurs dans le réseau qui sont tout aussi importants et tout aussi sous-payés, les négociations pourraient peut-être progresser un peu. »

          « Les augmentations octroyées par le gouvernement sont un pas dans la bonne direction, estime Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS-CSN. Par contre, quand Mme Lebel prétend que la CSN ne veut pas négocier, alors que ça fait des mois qu’on attend la réponse du gouvernement sur plusieurs enjeux cruciaux que nous avons soulevés à la table de négociation – comme la surcharge de travail, le respect des ratios du nombre d’enfants par éducatrice et le soutien pour les enfants à besoins particuliers, c’est une distorsion de la réalité et c’est carrément insultant. »

          Négociation coordonnée de l’hôtellerie – Deux nouvelles ententes s’ajoutent

          La Fédération du commerce (FC–CSN) annonce la conclusion de deux nouvelles ententes. Ce jeudi, les travailleuses et les travailleurs du Delta de Québec ont entériné le contenu de la convention collective 2020-2024, dans une proportion de 90 %.

          « Les travailleuses et les travailleurs du Delta de Québec peuvent être fiers de ce qu’ils ont accompli, se réjouit la présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN), Barbara Poirier. Nous saluons leur détermination et leur mobilisation exemplaires dans un contexte difficile, face à un employeur qui portait des demandes de reculs inacceptables. Nous continuerons d’appuyer sans relâche tous les salarié-es de l’hôtellerie pour qu’ils obtiennent, eux aussi, un règlement satisfaisant ».

          De même, les salarié-es du Quality Inn du centre-ville de Montréal ont également conclu une entente, entérinée mercredi. Ces deux règlements portent à neuf le nombre d’hôtels québécois qui ont conclu des ententes sur la base de la plate-forme commune que se sont donnée les syndicats de l’hôtellerie CSN. Le Delta de Québec est le premier hôtel majeur, comptant près de 400 chambres, à conclure une telle entente.

          « Tous les hôteliers qui n’ont pas encore réglé doivent se poser de sérieuses questions maintenant, souligne le trésorier de la, Michel Valiquette. Il n’y a aucune raison justifiant que les travailleuses et les travailleurs de ces hôtels ne bénéficient pas des mêmes conditions de travail que les autres. La relance de tout le secteur passe par nous, les travailleuses et les travailleurs. De notre côté, nous redoublerons d’ardeur pour soutenir tous nos membres qui n’ont pas encore pu conclure le renouvellement de leur convention collective ».

          Les négociations se poursuivent dans 15 autres hôtels pour obtenir des ententes comparables à celles déjà conclues ailleurs, notamment des augmentations totalisant environ 8 % pour un contrat de quatre ans, ainsi que des mesures pour mieux protéger les travailleuses et les travailleurs en ces temps de crise afin de préparer une relance qui profitera à tout le secteur touristique et, notamment, celles et ceux qui y travaillent et qui sont les véritables créateurs de richesse dans l’industrie.

          Parmi ces hôtels toujours en négociation, notons que deux conflits de travail ont cours actuellement au Hilton de Québec et au Hilton Double Tree de Montréal. Les salarié-es de ces deux établissements exercent présentement la grève générale illimitée.

          Neuf règlements
          Voici les neuf hôtels où des ententes ont été conclues avec le syndicat CSN représentant leurs salarié-es.

          Montréal métropolitain Québec–Chaudière-Appalaches Sherbrooke
          • Suites Faubourg St-Laurent
          • Comfort Inn Dorval
          • Comfort Inn Pointe-Claire
          • Fairfield by Marriott
          • Hilton Laval
          • Quality Inn du centre-ville
           

          • Manoir du Lac Delage
          • Delta de Québec

           

          Quality Sherbrooke

          La FEESP–CSN réclame qu’on double la prime annuelle de rétention et d’attraction du personnel

          Presque deux ans jour pour jour après le dépôt du rapport du Comité de réflexion sur les enjeux de la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur du transport scolaire, la problématique pourtant bien connue au ministère de l’Éducation, loin de se résorber, continue de s’aggraver, et ce, malgré les nombreuses propositions formulées par les acteurs du milieu, causant des bris de services au quotidien dans toutes les régions du Québec.

          Pour tenter de corriger cette fâcheuse situation dans les meilleurs délais, la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) réclame aujourd’hui que l’aide financière de rétention et d’attraction destinée aux conductrices et conducteurs de véhicules scolaires passe de 2000 $ à 4000 $, comme déjà demandé en 2019 à la suite d’études de marché. Elle demande en outre que les chauffeurs de berlines puissent aussi être admissibles à cette prime et que des ressources soient mises à la disposition des conductrices et conducteurs, dont la moyenne d’âge oscille autour de 60 ans, pour les accompagner dans le processus de demande en ligne.

          « Ça fait des années qu’on sait que des incitatifs pour attirer et surtout retenir la main-d’œuvre dans le secteur du transport scolaire s’imposent. Déjà, en 2019, on évaluait que l’écart annuel moyen entre le salaire des conductrices et conducteurs d’autobus scolaires et ceux des autres emplois similaires dans le domaine du transport de personnes variait entre 4000 $ et 11 000 $, d’où notre demande de fixer minimalement le montant de la prime à 4000 $. Or, le gouvernement en a décidé autrement en le limitant à 2000 $, engendrant les conséquences que l’on connaît aujourd’hui. Pas surprenant que les employeurs de transport scolaire peinent actuellement à recruter avec un tel retard salarial, sans parler des conditions de travail extrêmement exigeantes du métier qui se sont aggravées avec la pandémie », a affirmé Josée Dubé, présidente du Secteur transport scolaire de la FEESP–CSN et présidente du Syndicat des travailleurs des Autobus Gil-Ber–CSN.

          Une prime peu accessible
          En plus de l’insuffisance évidente du montant de la prime de rétention et d’attraction, celle-ci est loin d’être accessible pour une majorité de conductrices et conducteurs d’autobus, en plus d’exclure les chauffeurs de berlines. « Pour ma part, j’ai dû remplir moi-même plus d’une quinzaine de demandes en ligne sur les quelque 70 membres de mon syndicat, et je sais que je suis loin d’être la seule dans cette situation. Nos membres, qui ont pour la plupart plus de 60 ans, sont généralement très peu familiers avec la navigation en ligne. Certains n’avaient même pas d’adresses courriel ! C’est vous dire si le programme d’aide financière mis en place demeure peu accessible pour eux, poursuit Mme Dubé. Si le ministère de l’Éducation souhaite que la prime se rende à celles et ceux à qui elle est destinée, il se doit de mettre les ressources nécessaires à leur disposition pour les accompagner dans le processus de réclamation. »

          Le transport scolaire : une condition de base d’accessibilité à l’éducation
          Pour la présidente par intérim de la FEESP–CSN, Stéphanie Gratton, un sérieux coup de barre doit impérativement être donné pour corriger la situation et surtout, pour mettre un terme à l’incertitude et l’angoisse constantes que vivent les parents à chaque jour relativement au transport scolaire de leurs enfants. « Presque tous les jours, depuis la rentrée, on voit les reportages à la télé se multiplier, faisant état des nombreux bris de services dans le transport scolaire. Chaque fois, ça impacte des centaines, voire des milliers de familles dans leur planification au quotidien. On comprend les parents d’être en colère. Nous le sommes tout autant face à l’inaction du gouvernement et à son manque de vision », a affirmé Mme Gratton.

          « François Legault, depuis son élection, ne cesse de clamer sur toutes les tribunes que l’éducation demeure sa priorité. S’il est sérieux, il est temps qu’il le démontre, car pour une majorité d’élèves du primaire et du secondaire, l’accessibilité à l’éducation passe d’abord et avant tout par le transport scolaire. C’est une condition de base à respecter pour éviter les casse-têtes à répétition pour les familles du Québec. Après les grands discours, l’heure est maintenant à la cohérence dans l’action, M. Legault », a conclu Mme Gratton.

          Rappelons enfin que certains employeurs ont également contribué à accentuer la pénurie de personnel en priorisant leurs profits au détriment des conditions de travail de leurs employé-es. Il est maintenant temps pour eux de faire aussi leur part pour être plus concurrentiels sur le marché de l’emploi.

          Un sondage de la FSSS–CSN révèle que les primes temporaires ne sont pas la solution pour régler la pénurie

          Alors que le gouvernement a récemment annoncé des mesures pour attirer et retenir des infirmières dans le réseau, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) a mené un sondage pour entendre les solutions identifiées par le personnel. Si le gouvernement préconise les primes temporaires, les travailleuses et travailleurs réclament une amélioration des conditions de travail et une reconnaissance permanente de leurs efforts pour lutter contre le manque de personnel.

          Le gouvernement rate la cible
          Le sondage mené du 1er au 8 octobre a permis de rejoindre 4234 répondantes et répondants membres de la FSSS–CSN, principalement dans le réseau public de la santé et des services sociaux et dans les CPE. Quand on leur demande de quelles manières concrètes il serait possible d’améliorer leur santé physique et psychologique au travail pour mieux lutter contre le manque de personnel, les répondantes et répondants au sondage identifient principalement la reconnaissance de leurs efforts par des mesures financières permanentes (73 %) et la réduction de la charge de travail (63 %). Ils sont bien peu nombreux (24 %) à cibler la reconnaissance de leurs efforts par des primes temporaires, pourtant la voie préconisée par le gouvernement.

          « Ce que les travailleuses et travailleurs disent au gouvernement, c’est que s’il veut vraiment régler le manque de personnel, il doit prendre une autre direction. Elles et ils sont au front depuis plus d’un an et demi face à la pandémie et sont à bout. Il faut d’urgence travailler à réduire la charge de travail et à mieux reconnaître la contribution de l’ensemble du personnel », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

          Des risques psychosociaux à prendre en compte pour mettre fin à l’hémorragie
          La majorité des plus de 4200 répondantes et répondants du sondage de la FSSS–CSN identifie la charge de travail et la reconnaissance au travail comme les deux principaux problèmes minant leur santé psychologique. Parmi les autres risques psychosociaux les plus préoccupants dans le milieu de travail qui augmentent le manque de personnel dans nos réseaux, les répondantes et répondants ciblent le manque d’autonomie décisionnelle, les difficultés de conciliation travail-famille-études et le manque de soutien des supérieurs et collègues.

          Il faut un minimum de 18 $ l’heure pour sortir de la pauvreté

          Des groupes de lutte contre la pauvreté et de défenses des non-syndiqué-es, des centrales syndicales et des syndicats* profitent de la Journée mondiale pour le travail décent pour affirmer que le salaire minimum nécessaire pour permettre aux travailleurs et travailleuses du Québec de sortir de la pauvreté s’établit dorénavant à 18 $ l’heure.

          Depuis 2016, la revendication portée par différents groupes syndicaux et communautaires d’un salaire minimum à 15 $ l’heure a remis cet enjeu sur la place publique en plus de mener à des hausses substantielles du salaire minimum, lequel demeure cependant bien insuffisant. En 2021, il est évident qu’il est impossible de vivre décemment avec le salaire minimum actuel de 13,50 $ l’heure. Même la revendication de 15 $ l’heure n’est plus adéquate en raison de la hausse du coût de la vie, particulièrement en matière de logement et de l’augmentation du coût du panier d’épicerie. C’est pourquoi une mise à jour était nécessaire.

          Le salaire minimum doit permettre aux travailleurs et aux travailleuses qui occupent un emploi à temps plein de sortir de la pauvreté. En se guidant sur différents indicateurs, tels que la mesure à faible revenue (MFR-60), en consultant leurs membres, en réalisant des entrevues et un sondage auprès des personnes à faible salaire, nos organisations en sont arrivées à fixer leur nouvelle revendication en matière de salaire minimum à 18 $ l’heure. Une telle revendication tend d’ailleurs à se rapprocher du revenu viable comme défini par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS). C’est sur la base de ce constat que plusieurs organisations ont déjà adopté dans leurs instances la revendication pour la hausse du salaire minimum à 18 $ l’heure et que d’autres consulteront leurs membres afin de définir les orientations lors de leurs prochaines instances.

          « Mais, au-delà des calculs et des aspects techniques, la lutte pour le salaire minimum reste une affaire de principe. Il est tout simplement inacceptable que le travail soit synonyme de pauvreté. Or, ce qui devrait aller de soi ne fait malheureusement pas consensus. Les regroupements d’employeurs et le gouvernement travaillent fort pour que ça ne se passe pas. Pourtant, dans le contexte économique actuel de pénurie de main-d’œuvre dans les secteurs à bas salaire, il n’y a plus d’excuses pour ne pas se rendre à 18 $. Pour nos organisations, le Québec est trop riche et prospère pour qu’un seul travailleur ou une seule travailleuse vive dans la pauvreté », déclarent les représentants et représentantes des organisations.

          « L’augmentation du salaire minimum est un levier économique en soi qui favorise une société plus égalitaire. Il permet une augmentation du pouvoir d’achat des personnes, majoritairement des femmes, et réduit les écarts de revenus qui se creusent avec les années. C’est dans cet esprit que nos organisations revendiqueront 18 $ l’heure et nous nous mobiliserons pour y arriver! », ajoutent les membres des organisations.

          * Organisations signataires :
          La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
          La Confédération des syndicats nationaux (CSN)
          La Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
          La Centrale des syndicats démocratiques (CSD)
          Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ)
          Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ)
          Front de défense des non-syndiquéEs (FDNS)
          Collectif pour un Québec sans pauvreté

          Manque de personnel dans les résidences privées pour aîné-es

          Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), le manque de personnel dans les résidences privées pour aîné-es (RPA) date de bien avant la question de la vaccination obligatoire. Si les propriétaires des RPA veulent trouver une solution au manque de personnel, ils n’ont qu’à améliorer les conditions de travail et salariales.

          Dans une sortie publique, le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) déplore le fait que la vaccination obligatoire risque d’entraîner des bris de services. Si nous partageons cette préoccupation, nous ne pouvons que déplorer que les propriétaires des RPA laissent entendre qu’ils sont complètement démunis face au manque de personnel. Nous constatons un haut taux de roulement depuis de nombreuses années dans ces résidences, conséquence des mauvaises conditions de travail et salariales du personnel. Et malgré nos nombreux appels pour améliorer la situation, bien des propriétaires font la sourde oreille. En négociation actuellement dans plusieurs RPA, nous exigeons une prolongation de convention avec une augmentation de salaire de 1 $ de l’heure pour passer au travers de la pandémie. Nous recevons une réponse négative à cette demande raisonnable à bien des endroits.

          « Ça fait des années qu’on s’inquiète pour la sécurité des résidentes et des résidents. La pénurie, elle est là depuis longtemps et pour cause : on est tellement mal payé que les gens vont ailleurs dès qu’ils le peuvent. Quand vient le temps d’en demander toujours plus au personnel, on peut compter sur les propriétaires des RPA. Quand vient le temps d’aller quêter de l’argent à l’État, on peut toujours compter sur eux. Mais quand vient le temps de piger dans leurs profits pour bien traiter celles et ceux qui donnent les services aux résident-es, là c’est silence radio », déplore Marlène Ross, représentante des centres d’hébergement privés à la FSSS–CSN.

          Arrêté ministériel : stupeur et consternation chez les paramédics

          C’est avec consternation que les paramédics syndiqués avec la Confédération des syndicats nationaux (CSN) ont pris connaissance de l’arrêté ministériel émis par le ministre de la Santé et des Services sociaux cet après-midi. « Nous ne savions pas du tout que le ministre de la Santé et des Services sociaux souhaitait élargir les actes cliniques pouvant être réalisés par les paramédics dans les centres hospitaliers, encore moins qu’un arrêté ministériel à ce sujet s’en venai! Nous l’avons appris par les médias! », dénonce Jean Gagnon, représentant du secteur préhospitalier à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS—CSN).

          M. Gagnon rappelle que les paramédics ne s’opposent pas à l’élargissement de leur profession. « Au contraire, nous la revendiquons depuis longtemps. Mais cela doit se faire adéquatement et dans les bonnes conditions. Nous sommes présentement en négociation pour le renouvellement de nos conventions collectives. Cet enjeu doit être abordé en urgence car cet arrêté surprise, émis sans concertation préalable avec les principaux concernés, ressemble à une tentative de colmater les brèches qui se multiplient au sein du système de santé en raison de la grave pénurie de main-d’œuvre », continue M. Gagnon.

          Pour Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS—CSN, les paramédics ne peuvent compenser pour la mauvaise gestion du système de santé. « Les solutions à ce vaste problème de gestion et de pénurie ne peuvent être élaborés sur des coins de table. Il faut que les principaux concernés soient consultés, que les discussions se fassent aux bons endroits. Le gouvernement ne peut plus profiter de l’état d’urgence sanitaire pour modifier unilatéralement les conditions de travail des employé-es du secteur de la santé. Pourtant, c’est exactement ce qu’il vient de faire pour les paramédics avec cet arrêté ministériel », commente-t-elle.

          En terminant, M. Gagnon rappelle que dans plusieurs régions du Québec, on constate aussi une pénurie de main-d’œuvre chez les paramédics. « Comment cet arrêté sera appliqué dans ce contexte? Clairement, en ne nous consultant pas, on a mal attaché certains fils! Nous invitons le ministre de la Santé à s’asseoir avec nous pour discuter en connaissance de cause de ces questions », conclut M. Gagnon.

          Une salle en l’honneur de Claudette Carbonneau

          Première femme à occuper la présidence de la CSN, Claudette Carbonneau a eu l’honneur de voir son nom donné à une salle de la Maison Parent-Roback (MPR), à Montréal. Né d’une initiative visant à soutenir financièrement la mission de la MPR, un projet de collaboration avec la CSN a été développé afin de mettre en valeur, via trois tableaux, l’engagement de celle qui a été à la tête de la centrale de 2002 à 2011.

          Plusieurs luttes charnières ont marqué le parcours de la syndicaliste qui s’est échelonné sur plus de trois décennies. Claudette Carbonneau a entre autres lutté pour la mise en place d’un véritable réseau de services de garde éducatifs à l’enfance et pour la reconnaissance du travail de milliers de femmes y œuvrant; pour l’adoption de la Loi sur l’équité salariale en 1996 ainsi que pour un important règlement sur l’équité salariale dans le secteur public en 2006. À l’occasion des 40 ans de la Charte des droits et libertés du Québec, en 2015, un hommage lui a été rendu en raison de son engagement pour de meilleures conditions de vie et de travail pour toutes et tous.

          « Les femmes ont été au cœur de l’action syndicale de Claudette Carbonneau, a insisté l’actuelle présidente de la CSN, Caroline Senneville. Elle s’est battue pour leurs droits et pour qu’elles obtiennent la pleine reconnaissance de la valeur de leur travail. Sa contribution a été majeure pour l’avancement de la cause des femmes », a conclu madame Senneville.

          À propos la Maison Parent-Roback
          Depuis 1997, la Maison Parent-Roback rassemble sous un même toit des organisations féministes qui œuvrent au quotidien à améliorer les conditions de vie des femmes. La CSN vous invite à contribuer financièrement à cette importante mission en faisant un don à la MPR.

          Encore combien de rapports avant qu’on mette fin à la crise en santé et services sociaux ?

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) réagit au dépôt du rapport annuel de la Protectrice du citoyen qui dénonce une fois de plus plusieurs problèmes récurrents dans le réseau. Pour la FSSS–CSN, il est temps de miser sur la décentralisation, la démocratisation et l’autonomie des équipes de travail pour mettre fin à la crise.

          La Protectrice du citoyen cible des problèmes majeurs en déficience, dans les soins à domicile et dans la gestion de la pandémie auprès des personnes âgées. Ces problèmes récurrents sont dénoncés depuis de nombreuses années par la FSSS–CSN. Le rapport montre les lacunes du recours au privé en santé et la difficulté d’un réseau public hypercentralisé à répondre aux besoins de la population. Pour les régler, il est urgent d’agir en profondeur pour relever le réseau public de santé et de services sociaux. Pour cela, il faut mettre un terme au manque à gagner dans le financement du réseau, fermer la porte au privé, décentraliser l’organisation du réseau et viser réellement à revaloriser la contribution de l’ensemble des équipes de travail dans le réseau.

          « Le rapport de la Protectrice du citoyen nous montre une fois de plus tout le travail à faire pour relever notre réseau public. On sent que le gouvernement prend de plus en plus conscience des problèmes, mais il n’en fait pas assez pour freiner la crise. Les solutions, on les connaît, il ne manque que la volonté politique d’écouter les travailleuses et travailleurs », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

          Les préposé-es en retraitement des dispositifs médicaux en colère face au manque de reconnaissance du gouvernement

          Malgré les nombreuses interventions de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), le gouvernement continue de ne pas reconnaître à sa juste valeur le travail des préposé-es en retraitement des dispositifs médicaux (PRDM). Bien qu’elles jouent un rôle clé pour faire face à la pandémie et à la reprise des activités chirurgicales, les PRDM attendent toujours que le gouvernement règle leur plainte de maintien de l’équité salariale.

          Une discrimination salariale inacceptable
          Près de 2000 préposé-es en retraitement des dispositifs médicaux veillent notamment à la stérilisation des équipements pour les interventions chirurgicales et médicales. Avec la pandémie de COVID-19, leur charge de travail a augmenté drastiquement parce qu’elles doivent de plus stériliser des équipements de protection. Au fil des années, leur travail s’est grandement complexifié. C’est grâce à leur contribution si nous pouvons opérer les patientes et les patients de manière efficace et sécuritaire. Pourtant, le gouvernement refuse toujours de régler la plainte de maintien de l’équité salariale déposée en 2010. Dans une rencontre virtuelle tenue le 28 septembre, les PRDM membres de la FSSS–CSN ont exprimé leur déception face au manque de reconnaissance gouvernemental.

          « Ce désaveu du gouvernement mine le moral des troupes et sème la colère chez les préposé-es en retraitement des dispositifs médicaux. Sans leur contribution, aucune chirurgie ne peut se faire dans les hôpitaux. Malgré ça, le gouvernement ne veut rien savoir de les reconnaître comme il se doit », dénonce Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS–CSN.

          Le manque de personnel touche directement les PRDM
          La pénurie de personnel frappe durement ce titre d’emploi, alors que plusieurs PRDM ont quitté le réseau dans les derniers mois. Pour la FSSS-CSN, le gouvernement doit prendre acte que le manque de personnel touche toutes les catégories d’emploi dans le réseau et qu’il est urgent d’agir pour régler la crise du réseau.

          « On ne peut pas attendre plus longtemps ! Les PRDM quittent le navire parce qu’elles sont tannées d’attendre depuis des années. Le gouvernement doit changer de cap maintenant et s’asseoir avec nous pour régler la plainte de maintien de l’équité salariale », de conclure Josée Marcotte.

          Une entente finalement conclue à l’hôtel Quality Sherbrooke

          Les employé-es de l’hôtel Quality Sherbrooke ont obtenu un règlement à la suite d’une séquence de six jours de grève consécutifs. L’entente met fin à un conflit de travail qui dure depuis plusieurs semaines et qui s’inscrit dans le cadre de la 10e ronde de négociation coordonnée de l’hôtellerie.

          Il s’agit d’une septième entente pour la CSN dans le dossier de l’hôtellerie. Elle s’appuie sur les mêmes bases que celles survenues ailleurs au Québec au courant des dernières semaines qui comprend des hausses salariales de 8 % sur 4 ans (1,5 %, 2 %, 2 % et 2,5 %), tout en prévoyant un rattrapage additionnel de 0,25 $ lors de chacune des deux dernières années de la convention collective. Les salarié-es ne subiront aucun recul sur le plan des conditions de travail et toutes les demandes de la plateforme commune de négociation s’y retrouvent, dont des clauses de protection du lien d’emploi.

          Par ailleurs, une amélioration de la charge des préposées aux chambres est à prévoir, ainsi qu’une bonification de la prime de nuit. 

          De l’espoir aux autres tables de négociation
          Le trésorier et responsable du secteur Tourisme de la Fédération du commerce (FC–CSN), Michel Valiquette, souligne le courage des employé-es qui sont demeurés mobilisés et estime que ce règlement est de bon augure pour le secteur alors que près d’une vingtaine de syndicats CSN sont toujours en pourparlers dans le cadre de la négociation coordonnée de l’hôtellerie. « Nous avons démontré que nous tenions à nos demandes et que nous étions déterminés à n’accepter aucun recul. Cela envoie un message aux autres employeurs qui veulent imposer une diminution des conditions de travail et tentent de laisser traîner les négociations pour faire plier les syndiqué-es. Ils doivent savoir que ce n’est pas dans la culture des syndicats CSN de baisser les bras. »

          Rappelons que de leur côté, les syndiqué-es du Delta Sherbrooke sont toujours en négociation et il s’agit du même propriétaire. La FC-CSN estime qu’il n’y a plus de raison d’étirer les pourparlers dans ce dossier.

          Deux autres journées de grève pour les 11 000 salarié-es de CPE

          Après avoir conclu deux autres journées de pourparlers avec les négociateurs gouvernementaux, les représentantes et représentants des 11 000 salarié-es de CPE syndiqués à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) déclarent une grève de deux jours, les 14 et 15 octobre prochains.

          Il s’agira des 2e et 3e journées d’un mandat de grève de 10 jours adopté à 97 % par les travailleuses et les travailleurs de CPE.

          « Malheureusement, on sent qu’il faut vraiment maintenir la pression, explique la représentante du secteur des CPE à la FSSS–CSN, Stéphanie Vachon. La partie patronale doit comprendre qu’elle n’est pas en position d’imposer des reculs dans la convention collective. »

          Nathalie Arguin élue au secrétariat général de la CSN

          Les délégué-es du Conseil confédéral de la CSN, réunis hier en instance virtuelle, ont élu Nathalie Arguin au secrétariat général de la Confédération. Mme Arguin, qui était jusqu’ici présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), succède ainsi à Jean Lortie, qui part à la retraite après 40 ans de militance à la CSN, dont 10 ans à titre de secrétaire général de l’organisation.

          « Je tiens à remercier chaleureusement les délégué-es qui m’ont fait l’honneur de leur confiance en me confiant cette importante responsabilité à l’exécutif de la CSN. C’est à la fois un immense privilège, mais aussi un beau défi que j’entends relever avec enthousiasme, confiance et détermination », a déclaré Nathalie Arguin.

          Cumulant plus de 26 années de militantisme à la CSN, Mme Arguin a contribué à la fondation de son syndicat d’origine en 1995, le Syndicat des employées et employés de la Société des Casinos du Québec, au sein duquel elle a exercé diverses fonctions à titre de membre du comité exécutif. Elle a par la suite siégé comme présidente du Comité de la condition féminine de la FEESP de 2000 à 2009, avant d’être élue secrétaire générale de cette fédération en 2009, fonction qu’elle a occupée jusqu’en 2018. Depuis lors, elle occupe la présidence de la FEESP. Nathalie Arguin siège également sur le conseil d’administration de Bâtirente depuis 2011 et occupe depuis 2015 la vice-présidence de l’organisation.

          « Toutes ces années à militer et à apprendre dans cette fabuleuse école qu’est la CSN m’ont permis d’accumuler un précieux bagage de connaissances et d’expertise que je souhaite aujourd’hui, plus que jamais, mettre au service de l’ensemble des membres et des syndicats affiliés à la CSN, afin d’améliorer les conditions de travail et sociales de la classe ouvrière. C’est là le cœur de mon engagement depuis les tout débuts de mon militantisme à la CSN et c’est ce qui continuera de guider mon action au quotidien comme secrétaire générale de la Confédération », a conclu Mme Arguin.

           

          Le Québec moderne, résultat de luttes syndicales

          Par Jean Lortie, secrétaire général de la CSN

          Le 24 septembre marque le 100e anniversaire de la première centrale québécoise créée, la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Cent années de luttes qui ont marqué le Québec.

          Rappelons-nous qu’au début du siècle dernier, le taux de mortalité infantile dans certains quartiers de Montréal était de 27 %. Avec ses terribles conditions d’hygiène, on comparait alors la métropole à Calcutta, en Inde. Et la ville de Québec? Encore plus horrible : un enfant sur deux mourrait en bas âge… Une catastrophe difficile à imaginer aujourd’hui, alors que nous avons un régime québécois d’assurance maladie, une classe moyenne très présente et des conditions de vie et de travail bien loin du siècle dernier.

          Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi. Il serait bon de se rappeler que le Québec moderne est largement dû aux grandes luttes syndicales menées depuis 1921. Par exemple, avant le régime public d’assurance maladie, réclamé par la CSN et obtenu après 10 ans de lutte, les Québécois mourraient à la maison faute de soins, ou faute de pouvoir se les payer. En témoigne cette anecdote d’un ancien collègue : lorsque sa mère s’était retrouvée à l’hôpital pendant un accouchement difficile, la famille avait dû vendre la maison pour régler la facture. Une décision déchirante qui appartient heureusement au passé.

          Au cours des années 60, la CSN a participé activement à la commission Parent, laquelle a mené à la création des cégeps et des universités. L’objectif de la centrale syndicale : permettre aux fils et aux filles d’ouvriers de se scolariser et d’avoir ainsi accès à de meilleurs emplois et d’améliorer leur sort et celui de leur famille. Difficile d’imaginer que le système scolaire moderne a à peine 60 ans, tant l’accès à l’éducation est tenu pour acquis.

          Depuis un siècle, la CSN a également embrassé la cause des femmes, et a su mener avec succès sa lutte pour obtenir le régime québécois d’assurance parentale, l’équité salariale et la création des CPE. Pour la petite histoire, c’est en 1924 qu’a eu lieu la première grande grève de la CSN. Celle-ci fut menée par des femmes, les allumettières de la compagnie E.B. Eddy, à Hull. Elles ont eu gain de cause et ont marqué un important jalon dans l’histoire syndicale.

          Il faut se souvenir que la CSN et les autres centrales syndicales sont de véritables créatrices de la classe moyenne, avec leur mission de sortir les gens de la pauvreté en leur donnant des emplois décents et des conditions de travail dignes et sécuritaires. Le mouvement syndical est le plus grand répartiteur de richesse au Québec, et celle-ci est redistribuée dans toutes les régions, permettant ainsi de créer d’autre richesse par les achats locaux.

          Le mouvement syndical sera au rendez-vous pour toutes ces luttes à mener. Pour 100 ans encore s’il le faut.

          Le gouvernement reste muet sur la fin du TSO

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) déplore que le plan gouvernemental reste muet sur la fin du temps supplémentaire obligatoire et contient des mesures temporaires qui ne permettront pas de mettre fin à la crise du réseau. La FSSS–CSN réagira au plan gouvernemental à 16 h dans ses bureaux à Montréal.

          Pour la FSSS–CSN, pour être un succès, le plan gouvernemental doit viser une chose : donner un coup de barre dans les conditions de travail du personnel du réseau de la santé et des services sociaux. Au sortir d’une négociation difficile où le gouvernement a fait la sourde oreille aux nombreuses solutions que nous avons mises de l’avant, la FSSS–CSN constate que le gouvernement Legault prend enfin conscience de la crise du manque de personnel dans le réseau. Les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes comme plusieurs autres titres d’emploi quittent le réseau parce que les conditions sont trop difficiles. Elles sont aussi trop nombreuses à tomber au combat parce que peu est fait pour prendre soin de leur santé physique et psychologique. Malgré nos nombreuses demandes, le gouvernement refuse toujours de nous transmettre ses données sur la planification de la main-d’œuvre, ce qui ne permet pas d’agir sur les manques de personnel pour bien des titres d’emploi du réseau.

          « Le gouvernement reste muet sur les moyens pour mettre fin au temps supplémentaire obligatoire pour les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes. C’est pourtant là l’essentiel, au-delà des incitatifs financiers. Ce dont on a besoin, c’est d’améliorer nos conditions de travail. On a besoin de plus que d’un gros plaster pour régler la crise », lance Frédéric Lapierre Justin, représentant des professionnel-les en soins à la FSSS–CSN.

          Implanter les solutions avec le personnel et les syndicats

          C’est pourquoi la FSSS–CSN appelle le gouvernement à aller plus loin et à faire autrement. Si accélérer les mesures incluses dans les nouvelles conventions collectives et implanter de nouveaux incitatifs financiers sont à évaluer, il faudra en faire davantage pour régler la crise. Les mesures doivent permettre de reconnaître de manière permanente le travail des personnes en place qui luttent depuis plus d’un an et demi contre la pandémie. Elles doivent aussi viser à cesser de gérer le réseau à coups d’arrêtés ministériels et de se mettre à l’écoute du personnel et des syndicats. Pour la FSSS–CSN, il faut d’urgence :

          • Mettre fin au temps supplémentaire obligatoire et miser sur la stabilité des postes et des horaires
          • Contrer la surcharge de travail
          • Accentuer les mesures de conciliation travail famille études
          • Fermer la porte aux agences privées en intégrant leur personnel dans le réseau public
          • Agir globalement sur les manques de personnel pour tous les titres d’emploi en demande. La FSSS–CSN est heureuse de constater que le gouvernement accepte enfin d’augmenter le personnel administratif pour venir en support aux équipes de soins
          • Décentraliser l’organisation de la prévention et donner les moyens aux milieux de travail de faire de la prévention pour agir sur la santé physique et psychologique du personnel
          • Organiser le réseau en misant sur la décentralisation, la démocratisation et l’autonomie des équipes de travail

          « Les solutions, les gens sur le terrain les connaissent depuis longtemps. Le problème, c’est qu’on frappe un mur pour les implanter. Aujourd’hui, le gouvernement montre enfin qu’il est prêt à faire des efforts. Pour mettre fin à la crise du réseau, il doit maintenant se mettre à notre écoute », de conclure Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

          Les représentant-es des médias sont invités à assister à la réaction de la FSSS–CSN à 16 h au 1601 avenue de Lorimier, Montréal (salle 3201).

          La FSSS–CSN réclame une rencontre d’urgence sur la crise du réseau

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) demande une rencontre d’urgence avec le ministre de la Santé, Christian Dubé, pour discuter de la pénurie de personnel et du projet de loi 59 sur la santé et sécurité du travail (SST).

          La FSSS–CSN est préoccupée par les conséquences actuelles et à venir des pénuries généralisées de personnel dans le réseau de la santé et des services sociaux. Elle cible plusieurs solutions pour améliorer rapidement la situation, notamment une plus grande transparence gouvernementale sur la planification de la main d’œuvre pour prendre acte de l’ampleur des pénuries et des gestes à poser.

          En parallèle de cette situation, les travaux entourant le projet de loi 59, qui réforme le régime de SST, sont sur le point de se conclure. Ce projet de loi offre des perspectives d’actions concrètes sur l’actuelle crise qui sévit dans le réseau. Pour la FSSS–CSN, le réseau est en crise en raison de l’incapacité d’agir préventivement pour assainir le climat de travail, pour prévenir les absences et les départs du réseau en amont. C’est pourquoi la FSSS–CSN cible 3 éléments incontournables à intégrer au PL59 pour éviter comme le craint le personnel du réseau que le projet de loi ne rate la cible.

          « La situation est urgente. La pénurie de personnel met le réseau sous une tension extrême. À cela s’ajoute le PL59 qui doit absolument intégrer des modifications importantes pour réussir à améliorer la santé physique et psychologique du personnel du réseau, notamment en décentralisant la prévention. Le multi-établissements, dans le réseau, ça ne fonctionnera pas », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

          Première journée de grève commune pour les syndicats de l’hôtellerie

          Environ 2000 salarié-es affiliés à près d’une vingtaine de syndicats CSN effectuent aujourd’hui une première journée de grève simultanée dans le cadre de la négociation coordonnée des syndicats de l’hôtellerie.

          Pour l’occasion, trois grands rassemblements ont lieu à Montréal, Québec et Sherbrooke afin de dénoncer les hôteliers qui étirent inutilement les négociations et enveniment un conflit qui dure depuis plusieurs semaines.

          À Montréal, la présidente de la CSN, Caroline Senneville, a souligné l’attitude méprisante des employeurs et l’absurdité de leur stratégie devant les grévistes présents à la place du Canada. « D’un côté, les hôteliers nous disent qu’ils manquent cruellement de main-d’œuvre, et de l’autre, ils font tout pour faire durer le conflit en présentant des offres insultantes qui s’attaquent au pouvoir d’achat de nos membres. S’ils souhaitaient aggraver la pénurie de personnel, ils ne s’y prendraient pas autrement. Cependant, leur intention est claire : ils souhaitent utiliser la menace d’un long conflit pour forcer les salarié-es à accepter de s’appauvrir en utilisant la pandémie comme prétexte. Ce petit jeu a assez duré ! »

          Pourtant, six syndicats de la Fédération du commerce (FC–CSN) ont déjà obtenu une entente contenant des paramètres quasi identiques, soit des hausses salariales de 8 % sur 4 ans, ainsi que des clauses de protection du lien d’emploi, notamment. Ce modèle peut facilement être reproduit ailleurs selon Michel Valiquette, trésorier et responsable du secteur Tourisme à la FC–CSN.

          « Nos membres sont gonflés à bloc actuellement, a-t-il constaté. Ils savent que d’autres syndicats ont obtenu un règlement, mais que leurs propres employeurs étirent la négociation en proposant une série de reculs inacceptables sur le plan des conditions de travail. Ça constitue un non-sens complet. Nous devrions avoir un règlement dans la majorité des hôtels du Québec à l’heure actuelle, car nos demandes sont raisonnables et ciblées. Elles touchent le maintien de notre pouvoir d’achat et du lien d’emploi. Nous ne cèderons pas là-dessus et les employeurs doivent en prendre acte. Nous poursuivrons la mobilisation aussi longtemps qu’il le faudra. »

          Un conflit qui s’envenime
          Parmi les autres tactiques dilatoires utilisées jusqu’à maintenant par les employeurs, on constate l’usage de briseurs de grève. Le 3 septembre, le Tribunal administratif du travail a d’ailleurs reconnu l’usage de cette tactique illégale par le Delta Québec. Selon les enquêtes menées par la CSN, d’autres hôteliers ont tenté d’utiliser des « scabs » pour remplacer le personnel en grève malgré les dispositions contre les anti-briseurs de grève prévues au Code du travail. Ces tactiques d’une autre époque doivent cesser.

          Face aux blocages constatés aux différentes tables de négociation, une douzaine de syndicats ont en main des mandats de grève pour une banque de 72 heures de grève à utiliser au moment jugé opportun et deux syndicats ont récemment entamé une grève générale illimitée, soit ceux du Double Tree (Montréal) et du Hilton Québec. L’intensification des moyens de pression risque donc de se poursuivre si aucune entente n’est conclue au courant des prochains jours.

          Des actions à Montréal, Québec et Sherbrooke
          À Montréal, les syndiqué-es en grève d’une douzaine d’hôtels se sont regroupés peu avant 10 h pour un rassemblement festif à la Place du Canada et se réuniront ensuite en après-midi près de la Place des Festivals. À Québec, les salarié-es du Hilton et du Delta ont procédé à une marche de solidarité dans les rues de Québec. À Sherbrooke, les travailleuses et les travailleurs de l’hôtel Delta ont organisé un convoi sur la rue King pour rejoindre les salarié-es de l’hôtel Quality afin d’ériger une ligne de piquetage commune devant cet hôtel pour protester face à une négociation qui s’enlise aux deux tables.

          Selon la FSSS–CSN et la FSQ–CSQ, si on veut freiner l’exode des infirmières, il faut améliorer les conditions de travail

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) et la Fédération de la Santé du Québec (FSQ–CSQ) unissent leur voix pour réagir au point de presse du premier ministre Legault sur le manque criant d’infirmières dans le réseau de la santé. Pour les deux organisations syndicales, il faut rapidement revoir à la hausse les conditions de travail du personnel pour régler cette crise, notamment en mettant fin au recours systématique au temps supplémentaire obligatoire.

          La FSSS–CSN et la FSQ–CSQ participaient hier à une rencontre avec le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) portant sur le manque d’infirmières. Les deux organisations ont fait valoir qu’il faut d’abord et avant tout mettre en place de meilleures conditions de travail pour retenir le personnel en place et ainsi cesser l’hémorragie.

          « Les raisons pour lesquelles les infirmières comme bien d’autres travailleuses du réseau quittent le bateau sont connues depuis longtemps. Ce sont les conditions de travail difficiles qui poussent le personnel infirmier et cardiorespiratoire à quitter le réseau. C’est là-dessus que le gouvernement doit se concentrer s’il veut convaincre des gens de venir prêter main-forte au réseau de la santé et des services sociaux », explique Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS–CSN.

          « Le gouvernement a fait la sourde oreille à nos demandes en négociation pour améliorer les conditions de travail des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes et il doit maintenant se résigner à agir pour une meilleure conciliation travail-famille, pour mettre fin au TSO, pour contrer la surcharge de travail et pour agir sur l’instabilité des postes et des horaires », de dire Claire Montour, présidente de la FSQ–CSQ.

          Les deux leaders syndicales déplorent que le gouvernement gère le personnel du réseau à coups d’arrêtés ministériels depuis plus d’un an et demi. « Il coupe sans cesse dans nos conditions de travail et s’étonne ensuite que les gens quittent le réseau », dénoncent-elles.

          En terminant, la FSSS–CSN et la FSQ–CSQ rappellent que leurs représentantes ont rencontré en mai dernier les responsables du Groupe de travail national sur les effectifs infirmiers pour leur présenter l’ensemble des solutions à mettre en œuvre rapidement pour redresser le réseau public de la santé. « Nous soumettons des solutions concrètes depuis des années. Le gouvernement doit cesser de feindre la surprise devant la gravité de la situation puisque nous le prévenons depuis longtemps. L’heure est venue de collaborer réellement avec les organisations syndicales qui représentent les travailleuses et travailleurs qui connaissent la réalité dans les milieux de travail », concluent Josée Marcotte et Claire Montour.

          Caroline Senneville, présidente certes, mais syndicaliste et féministe avant tout

          Élue à la tête de la CSN en juin dernier, Caroline Senneville a un long parcours de syndicaliste et de féministe derrière la cravate. C’est à titre de deuxième femme à la présidence en 100 ans d’histoire de la CSN qu’elle se lance avec enthousiasme dans son mandat. « Être à la tête d’une grande centrale syndicale brise un certain plafond de verre pour les femmes syndicalistes. Et j’en suis très fière », affirme-t-elle d’entrée de jeu.

          Cela fait trente ans que Caroline est active au sein de la CSN. Enseignante en littérature au cégep Limoilou, elle joint rapidement son syndicat local et en assume la présidence pendant quatre ans. Elle intègre par la suite l’exécutif de la FNEEQ, où elle y est active pendant seize ans, dont cinq à la présidence. Pendant ces années, elle représente aussi la FNEEQ au sein du mouvement des femmes. C’est en 2017 qu’elle est élue vice-présidente de la CSN et qu’elle devient responsable du dossier de la condition féminine. Aujourd’hui, ce sont les habits de présidente qu’elle revêt. Et à ce titre, c’est sur le terrain qu’elle souhaite être, aux côtés des travailleuses et des travailleurs.

          « Les patrons et les ministres nous cassent les oreilles avec la pénurie de main-d’œuvre. Mais moi je dis que c’est de pénurie de bonnes conditions de travail et salariale dont il faut parler ! Regardez les conditions de travail des travailleuses et des travailleurs dans l’hôtellerie, les centres d’hébergement privés, les résidences privées pour aîné-es, les CPE, la construction, le commerce de détail, les abattoirs, la restauration, le système préhospitalier, le système de santé, en éducation… Que l’on soit dans le secteur privé ou le secteur public et parapublic, une bonne partie des gens quittent leur emploi en raison des mauvaises conditions de travail. Est-ce que Messieurs Boulet, Legault, Dubé et M. le PDG du Conseil du patronat iraient travailler ne serait-ce qu’une journée dans ces conditions ? Si les patrons et les ministres écoutaient les travailleuses et les travailleurs ainsi que leurs syndicats, ce serait autre chose », déclare-t-elle.

          Pour Caroline Senneville, son rôle de présidente doit servir certes à défendre les membres de la CSN, mais aussi à améliorer les conditions de vie du plus grand nombre de travailleuses et de travailleurs possible, qu’ils soient syndiqués ou non. Elle rappelle que les luttes menées par la CSN pour une réforme de l’assurance-emploi ou pour la hausse du salaire minimum, pour l’élargissement des protections des droits des travailleuses et des travailleurs ou pour l’amélioration des protections sociales touchent TOUS les gens qui travaillent. « C’est en étant le plus possible présent sur le terrain, avec le monde, qu’on peut parler avec eux de l’importance des actions syndicales dans l’amélioration de leurs conditions de travail, certes, mais aussi de vie », continue-t-elle.

          Que souhaite-t-elle accomplir dans le cadre de son nouveau mandat de présidente ? « Je veux que les gens puissent se dire “Elle, elle travaille pour nous”. Et pour ça, je veux travailler à ce que toutes les structures syndicales de la CSN se rapprochent de leurs membres. Il faut mieux les connaitre, mais surtout les écouter et rendre concret pour eux ce qu’est le syndicalisme. Je souhaite aussi que nous nous rapprochions des travailleuses et des travailleurs non syndiqués en continuant nos implications dans diverses luttes sociales qui touchent les droits de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs. De plus, nous développons présentement un plan national de syndicalisation afin de mieux structurer nos efforts. Cela fait partie de travaux importants de la CSN dans le prochain mandat ».

          Et les femmes ? C’est avec un sourire en coin qu’elle répond à cette question : « Les femmes, elles sont partout dans le monde du travail. L’égalité entre les patrons et les travailleurs n’est pas atteinte, l’égalité entre les femmes et les hommes encore moins. Il va de soi que la CSN est une centrale résolument féministe. Et sa présidente encore plus ! », termine-t-elle.

          Les associations du milieu culturel québécois demandent au gouvernement Legault de procéder à la réforme de la Loi sur le statut de l’artiste

          Neuf associations du secteur des arts et de la culture ont demandé ce matin au gouvernement du Québec de déposer dès l’automne le projet de réforme tant attendue de la Loi sur le statut de l’artiste. Pour ces organisations représentant plus de 26 000 artistes, toutes disciplines confondues, il est impératif de pallier les brèches de la loi actuelle qui privent ceux-ci de droits fondamentaux en matière de travail pourtant accessibles à l’ensemble de la population du Québec. Les neuf associations ont présenté ce matin un ensemble de revendications communes qu’elles porteront auprès du gouvernement au cours des prochaines semaines.

          D’entrée de jeu, les organisations ont expliqué la nécessité de cette réforme en rappelant que le secteur des arts et de la culture, comme le reste du Québec, a grandement évolué depuis l’adoption des deux lois sur le statut de l’artiste en 1987, ne serait-ce que sur le plan de la technologie et des plateformes de diffusion. Elles constatent néanmoins que, plus de 30 ans plus tard, les artistes figurent toujours dans une catégorie à part en matière de droit du travail.

          « Il n’est pas normal qu’en 2021, la Loi sur la santé et la sécurité du travail ne s’applique pas automatiquement aux artistes comme au reste des travailleuses et des travailleurs », a souligné la présidente de l’Union des artistes, Sophie Prégent. Ce n’est pas normal qu’en 2021, après tout ce que le Québec a traversé au cours des dernières années, les dispositions législatives à l’égard du harcèlement psychologique et sexuel en milieu de travail ne s’appliquent pas d’emblée aux artistes, et que nos organisations en soient réduites à négocier à la pièce des mesures légales dont bénéficient pourtant tous les salarié-es du Québec.

          Le gouvernement de François Legault a été très clair quant à son intention de procéder à cette réforme au cours d’un premier mandat. Son gouvernement a même réitéré cette promesse au printemps dernier, avec le soutien de l’Assemblée nationale. Pour nos associations d’artistes, compte tenu de l’échéancier électoral de 2022, c’est cet automne que la réforme des lois sur le statut de l’artiste doit être déposée à l’Assemblée nationale.

          Des conditions minimales pour tous les secteurs
          Les organisations ont rappelé que c’est en constatant la précarité et la pauvreté qui prévalaient au sein de la communauté artistique que le Québec lui avait octroyé, en 1987, le droit de négocier des ententes collectives avec les associations de producteurs afin de baliser l’industrie et d’établir des conditions minimales de travail, les artistes n’étant protégés ni par les dispositions des Normes du travail, ni par celles du Code du travail du Québec.

          Or, a souligné le président de la Guilde des musiciennes et des musiciens du Québec (GMMQ), Luc Fortin, bien qu’une majorité de producteurs établis acceptent de négocier ces ententes, de nombreuses brèches de la loi actuelle permettent à certains de n’appliquer aucune forme de condition minimale de travail sur les lieux de production.

          « Dans l’industrie de la musique, c’est moins de 20 % des enregistrements qui sont effectués en respectant les conditions minimales négociées. Les producteurs peuvent étirer des négociations pendant plus de 20 ans, ils peuvent décider de ne pas reconnaître les ententes pourtant adoptées par l’association de producteurs établie dans un secteur particulier… Ces trous dans la loi entraînent une pression vers le bas sur nos conditions de travail — tout comme la possibilité pour les festivals et autres diffuseurs de se dégager de leurs obligations auprès des artistes, qui se retrouvent sans protection. On doit rendre obligatoire, pour tous les lieux de production, l’application des ententes négociées avec les associations de producteurs établies de chaque secteur, ou encore imposer des conditions minimales d’engagement là où il n’y en a pas. Et en fin de compte, ce qui est incontournable, c’est que le gouvernement doit cesser de financer les producteurs qui s’affairent à contourner la loi. Le gouvernement doit rendre toute forme de subvention de l’État conditionnelle à l’application de conditions minimales de travail négociées avec les associations d’artistes. »

          Les écrivains, des artistes à part entière
          Les neuf organisations du milieu culturel s’entendent également sur la nécessité de mettre un terme aux disparités entre différentes catégories d’artistes soumises à des environnements légaux distincts. Elles demandent ainsi au gouvernement d’octroyer aux écrivaines et aux écrivains, ainsi qu’aux autrices et auteurs dramatiques, le droit, pourtant conféré aux artistes de la scène, du disque et du cinéma, de négocier des ententes collectives dont ils sont aujourd’hui privés.

          Pour Suzanne Aubry, présidente de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ), le gouvernement doit saisir l’occasion de réparer cette grave injustice. « Nous sommes des artistes à part entière, partageant la même réalité socio-économique que les scénaristes, les comédiennes et les comédiens, les interprètes, les musiciennes et musiciens. Nous réclamons que le secteur de la littérature — incluant le théâtre — soit intégré à la première Loi sur le statut de l’artiste afin d’instaurer l’obligation de négocier des ententes collectives pour les éditeurs et les diffuseurs et des conditions de travail minimales auxquelles les autres artistes ont droit. Le modèle de négociation individuelle a pleinement démontré ses limites. Il est inacceptable que les écrivains et écrivaines, tout comme les auteurs et autrices de théâtre, continuent d’être laissés à eux-mêmes lorsque vient le temps de négocier les conditions de leurs contrats. »

          Dans le même esprit, les neuf associations demandent au gouvernement d’intégrer au sein de la loi certaines disciplines artistiques qui demeurent exclues de son application : les scénographes, éclairagistes, costumières et costumiers et autres concepteurs et conceptrices des arts de la scène devraient bénéficier du même statut que les autres artistes. Elles rappellent que les dernières modifications apportées à la loi en 2009 n’ont pas intégré ceux-ci, contrairement à leurs collègues œuvrant en cinéma, en publicité et en vidéoclip.

          Débat PLC, Bloc Québécois et NPD sur l’assurance médicaments publique et universelle

          Profitant de la présente campagne électorale fédérale, nos organisations syndicales, Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Confédération des syndicats nationaux (CSN), Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et Centrale des syndicats démocratiques (CSD), organisent un débat sur l’implantation d’un régime public et universel d’assurance médicaments. Le Parti libéral du Canada, le Bloc Québécois et le Nouveau Parti démocratique ont accepté l’invitation.  Malheureusement, le Parti conservateur du Canada a décliné l’invitation. Ce débat est ouvert au public sur la plateforme Zoom le 16 septembre prochain de 19 h à 20 h.

          Pour les travailleurs et travailleuses que nous représentons, et pour l’ensemble de la population québécoise, il est temps d’instaurer un véritable régime d’assurance médicaments public et universel. Trop de personnes défavorisées ne peuvent acheter leurs médicaments faute d’argent. Aussi, selon les études disponibles, un véritable programme public et universel ferait économiser entre 4 et 10 milliards de dollars annuellement aux finances publiques, dont 1 à 4 milliards pour le Québec seulement. Nos militants et militantes souhaitent entendre les engagements à ce sujet de ceux et celles qui aspirent à nous gouverner.

          AIDE-MÉMOIRE
          Quoi :      Débat électoral
          Date :      16 septembre 2021
          Heure :    de 19 h à 20 h
          Où :         Par vidéoconférence sur Zoom : https://us06web.zoom.us/j/86361830734
          Qui :        Ann Gingras (PLC), Gabriel Ste-Marie (Bloc Québécois), Alexandre Boulerice (NPD)

          La FTQ, la CSN, la CSQ et la CSD représentent plus de 1 200 000 travailleuses et travailleurs dans l’ensemble du Québec.

          Un an après l’arrivée des nouveaux PAB, il faut tout faire pour les garder dans le réseau

          L’arrivée de milliers de préposé-es aux bénéficiaires (PAB) en CHSLD a permis de décharger les équipes en place, mais des efforts doivent être faits pour s’assurer de retenir le personnel. C’est le bilan que dresse la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), un an après l’arrivée de la première cohorte.

          Les premiers mois de l’arrivée des nouveaux PAB ont été passablement difficiles dans les CHSLD. Cela est dû aux promesses brisées du gouvernement, alors que les conditions de travail sont plus difficiles que ce qui avait été présenté et que le salaire promis n’était pas au rendez-vous. Certains PAB des cohortes de la formation abrégée laissent entendre qu’ils souhaitent quitter le réseau, maintenant qu’ils ont terminé leur première année. Pour la FSSS–CSN, la meilleure manière de les convaincre de rester est d’offrir de meilleures conditions de travail à l’ensemble du personnel.

          « Cet aide était plus que bienvenue et c’est certain que l’arrivée de près de 10 000 PAB est venue prêter main-forte aux équipes en place. Mais on ne peut pas s’arrêter là. Si plusieurs d’entre eux quittent parce que les conditions de travail sont trop difficiles, toute cette opération aura été un coup d’épée dans l’eau. C’est pourquoi on invite le gouvernement à ouvrir rapidement un canal avec nous pour déployer des moyens d’attraction et de rétention pour plusieurs catégories de personnel », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

          Pour la FSSS–CSN, le gouvernement doit être proactif pour agir face au manque de personnel dans le réseau de la santé et des services sociaux. Si la situation était critique pour les PAB, elle l’est aussi pour plusieurs autres titres d’emploi, dont les secrétaires médicales, les préposé-es à l’entretien ménager, les préposé-es au retraitement des dispositifs médicaux, les auxiliaires aux services de santé et sociaux, ainsi que pour les infirmières et infirmières auxiliaires. Pour qu’une telle opération soit un succès, le gouvernement doit à l’avenir interpeller les organisations syndicales afin d’apprendre des erreurs de la dernière année.

          Sondage de la FSSS–CSN : le personnel craint que le PL59 rate la cible

          Un sondage mené par la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) révèle que le personnel de la santé, des services sociaux et des services de garde éducatifs craint que le projet de loi 59 ne permette pas d’améliorer leur santé au travail.

          Le sondage mené du 31 août au 7 septembre a permis de joindre 2475 répondantes et répondants membres de la FSSS–CSN. Les résultats du sondage démontrent que les travailleuses et travailleurs jugent que le projet de loi 59 visant la modernisation du régime de santé et sécurité du travail (SST), actuellement à l’étude à l’Assemblée nationale, ne fait pas le nécessaire pour agir en prévention. Le personnel note l’urgence de revoir les lois en SST alors que la crise d’épuisement professionnel fait rage dans nos réseaux. C’est en effet 80 % des répondantes et répondants qui considèrent que le gouvernement n’exige pas assez des employeurs pour que le nécessaire soit fait pour assurer leur santé physique et psychologique au travail.

          « Le projet de loi 59 doit en faire plus ! C’est le message clair qu’envoie le personnel de la santé, des services sociaux et des services de garde. Le danger, c’est d’organiser la prévention sur la base des mégaétablissements du réseau. C’est impossible de répondre à la détresse du personnel si l’on ne prend pas les moyens d’agir concrètement dans leur milieu de travail », explique Judith Huot, vice-présidente de la FSSS–CSN.

          « Il n’est pas trop tard pour faire mieux ! Nous interpellons les ministres Dubé et Boulet pour que la réforme du régime de santé et sécurité du travail renforce la prévention dans nos secteurs. Le projet de loi 59 doit permettre d’agir efficacement sur l’absentéisme, les pénuries de personnel et le climat de travail. Mais pour que cette réforme porte ses fruits dans le réseau, des modifications majeures doivent être apportées au projet actuel », poursuit Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

          Des comités de SST pour agir en prévention dans les milieux de travail
          Les travailleuses et travailleurs (62 % des répondantes et répondants) indiquent qu’il n’existe pas de comité de SST permettant d’agir concrètement en prévention dans leur lieu de travail. Ils considèrent massivement (83 % des répondantes et répondants) qu’un tel comité de prévention dans les milieux de travail est nécessaire pour agir efficacement en prévention, par exemple dans le cadre de l’actuelle pandémie.

          Miser sur des représentantes et des représentants en SST dans les milieux de travail
          Le personnel (68 % des répondantes et répondants) n’a pas accès à un représentant des travailleuses et des travailleurs, responsable de la santé et de la sécurité, disponible sur leur lieu de travail. Pourtant, la vaste majorité des répondantes et répondants (82 %) jugent que l’accès à un représentant en SST dans leur milieu de travail est nécessaire pour agir efficacement en prévention, par exemple dans le cadre de l’actuelle pandémie.

          Avoir des moyens pour agir en prévention
          Pour les travailleuses et travailleurs (75 % des répondantes et répondants), l’employeur ne donne pas à leur syndicat suffisamment de moyens pour agir efficacement en prévention. C’est 76 % des répondantes et répondants qui pensent que l’octroi de moyens supplémentaires au syndicat est nécessaire pour renforcer l’efficacité de la prévention.

          La nécessité d’un regard externe pour faire le bilan de la prévention dans le réseau
          C’est 81 % des répondantes et répondants qui considèrent qu’un examen périodique de la qualité de la gestion et de l’organisation de la prévention par l’employeur, ainsi qu’une évaluation de son efficacité, menée de manière indépendante, sont nécessaires pour améliorer l’efficacité de la prévention.

          Réaction au rapport préliminaire de la Commissaire à la santé et au bien-être (CSBE) sur les soins aux aîné-es

          Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), le rapport préliminaire de la Commissaire à la santé et au bien-être (CSBE) sur les soins aux aîné-es illustre les lacunes importantes dans l’organisation des soins aux aîné-es. Plusieurs des recommandations émises par le CSBE vont dans le sens des revendications de la FSSS-CSN dans les dernières années. Si l’analyse de la gestion de la pandémie par le CSBE reste à venir, le rapport préliminaire pointe à raison plusieurs problèmes majeurs dans les soins aux aîné-es :

          • L’offre de soins aux aîné-es est disparate et il y a un manque de cohérence et de coordination
          • Le sous-financement chronique des soins pour les personnes en perte d’autonomie
          • Le manque de valorisation du travail du personnel et la mauvaise gestion qui entraîne des départs nombreux et un recours grandissant aux agences privées et aux heures supplémentaires
          • Le problème chronique de l’absentéisme qui illustre la surcharge et la détresse du personnel
          • Le manque criant d’informations et de données sur le réseau, accentué par la réforme Barrette qui a entraîné la disparition des agences régionales qui avaient auparavant cette responsabilité
          • L’absence de stratégie globale pour l’amélioration des soins

          « Dire que le gouvernement Couillard avait aboli le Commissaire à la santé et au bien-être (CSBE)! Ce rapport préliminaire montre toute la pertinence d’avoir des chiens de garde pour analyser le réseau. Je ne peux que saluer le fait que le CSBE veut aller à la source des problèmes des soins aux aîné-es. Le gouvernement devra avoir l’écoute nécessaire pour entendre ces recommandations. Il ne peut pas prétendre avoir fait ce qu’il avait à faire. Parce que comme le dit si bien le CSBE dans son rapport, une meilleure organisation des soins aux aîné-es nous aurait placés dans une bien meilleure position pour faire face à la pandémie », explique Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

          Leucan : En septembre, soyons généreux envers les enfants malades

          En septembre, le logo de la CSN se parera du ruban doré pour souligner le Mois de la sensibilisation au cancer infantile et les 25 ans de notre partenariat avec le Camp Vol d’été Leucan–CSN.

          Pourquoi ce partenariat nous tient-il toujours autant à cœur après tout ce temps? Parce que malgré les progrès de la science, les cancers pédiatriques sont en légère hausse chaque année et nous croyons qu’il est d’autant plus important d’offrir du soutien et de l’espoir aux enfants malades.

          Saviez-vous que le succès du seul camp au Québec pour les enfants atteints de cancer et leur famille dépend de la générosité de chaque syndiqué-e CSN ? Vous pouvez donc jouer un rôle important, que ce soit par une participation à la campagne du 1 $ par membre, en donnant directement ou en achetant votre couvre-visage en cliquant ici (payable uniquement par chèque).

          Jusqu’à maintenant, plus de 4 millions de dollars ont été amassés par les membres bénévoles de la CSN afin d’offrir à des milliers d’enfants malades une semaine de pur plaisir dans un camp d’été adapté à leurs besoins. Sans compter le soutien de généreux membres qui travaillent chaque année au camp, de façon tout à fait bénévole.

          Ensemble, gardons la tradition bien vivante et donnons généreusement afin que le Camp Vol d’été Leucan soutienne les enfants qui en ont besoin pendant 25 autres belles années !

          Campagne du 1 $
          Votre participation peut donc se faire par le biais de votre syndicat, qui remplit le formulaire de la campagne du 1 $ et le fait parvenir avec le chèque à la Fondation Camp Vol d’été Leucan–CSN. Chaque dollar peut faire une différence pour les enfants malades !

          Vous pouvez également participer à certaines activités de financement de Leucan (majoritairement en mode virtuel) ou même en participant à l’organisation d’activités.

          Merci à tous les membres et tous les syndicats de la CSN !

          Pour plus d’informations, visitez la page Web de la Fondation. Vous avez des questions sur la campagne et sur la façon de vous impliquer ? Contactez :

          • Gabrielle Pelletier, Service d’appui aux mobilisations et à la vie régionale, 514 598-2308 ou par courriel : gabrielle.pelletier@csn.qc.ca
          • Suzie Mailloux, conseillère, campagnes annuelles et dons majeurs à Leucan, au 514 731-3696 ou 1 800 361-9643, poste 1211 ou par courriel : suzie.mailloux@leucan.qc.ca

          Trois incontournables à intégrer au PL59 sur la santé et sécurité du travail

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) attire l’attention sur trois mesures incontournables qui doivent se retrouver dans le projet de modernisation du régime de santé et sécurité du travail (PL59), pour permettre d’agir efficacement sur la détresse du personnel.

          L’étude détaillée du projet de loi 59 visant la modernisation du régime de santé et sécurité du travail se poursuit à l’Assemblée nationale. Il s’agit d’une occasion à ne pas manquer pour faire ce qu’il faut, notamment pour freiner la crise d’épuisement et de surcharge de travail qui sévit dans la santé, les services sociaux et les services de garde éducatifs. Dans sa forme actuelle, le PL59 du ministre Jean Boulet ne contient pas les éléments nécessaires pour veiller à la santé et à la sécurité du personnel. C’est pourquoi la FSSS–CSN l’invite à inclure ces trois incontournables :

          1. Décentraliser l’organisation de la prévention
          2. Donner les moyens aux milieux de travail de faire de la prévention
          3. Surveiller les résultats pour s’assurer qu’on atteint les objectifs

          « Le PL59 prévoit la création d’un comité de prévention par méga-établissement, ce qui est tout à fait insatisfaisant. On n’en finit plus de voir les ratés de la réforme Barrette et ce n’est certainement pas en créant un méga comité loin de la réalité du personnel qu’on va mieux prévenir les risques de maladie au travail. La seule manière d’y arriver, c’est en décentralisant la prévention », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

          « On a toute une côte à remonter dans le réseau pour aider le personnel à ne pas tomber au combat. Mais encore faut-il se donner les moyens de nos ambitions. C’est pour ça qu’il faut donner des moyens, entre autres financiers, pour que la prévention se fasse dans les milieux de travail. Il faut aussi un regard extérieur qui viendra examiner si la prévention est organisée efficacement et si elle fonctionne. Et si on juge que ce n’est pas le cas, l’employeur devra être tenu de corriger la situation », de conclure Judith Huot, vice-présidente de la FSSS–CSN.

          Hôtellerie : un mouvement de grève qui prend de l’ampleur au Québec

          Exaspérés par la lenteur des négociations, les employé-es de l’hôtel Delta Sherbrooke ont déclenché une première grève ce matin dès 7 h, à la suite du débrayage exercé au Delta Québec la veille. Le mouvement de moyens de pression lourds prend de l’ampleur et d’autres débrayages sont à prévoir au cours des prochains jours un peu partout au Québec en raison de pourparlers qui traînent en longueur dans plusieurs hôtels.

          Les employé-es du Delta Québec se sont dotés jeudi d’un mandat de grève pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée (adopté à 98 %). Mercredi, les employé-es de l’hôtel Quality de Sherbrooke ont adopté à l’unanimité un mandat de grève de 72 heures à exercer au moment jugé opportun. Une dizaine de syndicats dispose maintenant d’une telle banque de journées de grève.

          Delta Sherbrooke et Québec sur la sellette
          Le trésorier et responsable du secteur Tourisme de la Fédération du commerce (FC–CSN), Michel Valiquette, a semoncé les dirigeants de l’hôtel Delta à Sherbrooke, qui ne semblent pas prendre au sérieux la détermination de ses employé-es à améliorer leurs conditions de travail. « Nous ne sentons aucune volonté de la part de l’employeur dans ce dossier. Il propose également de nombreux reculs alors que nous avons été très clairs depuis le début : les syndiqué-es n’accepteront pas de reculs sur les conditions de travail. De notre côté, nous sommes prêts à régler. Souhaitons que le Delta démontre la même volonté rapidement. » Michel Valiquette a souligné que les mêmes tactiques sont utilisées au Delta Québec pour étirer la négociation.

          Déjà une première entente prometteuse dans le secteur de l’hôtellerie
          Le représentant de la FC–CSN a également rappelé qu’une première entente a déjà eu lieu ce mercredi avec la centrale syndicale dans le secteur hôtelier (Suites Faubourg St-Laurent) et il souhaite qu’elle puisse inspirer d’autres employeurs comme l’hôtel Delta. Cette entente prévoit notamment des augmentations salariales de 1,5 %, 2 %, 2 % et 2,5 % chaque année, une bonification du régime d’assurance et des clauses de protection du lien d’emploi qui permettent une réintégration des employé-es licenciés depuis le début de la pandémie. Outre les augmentations salariales et le refus des reculs sur les conditions de travail, les enjeux de la négociation à l’hôtel Delta Sherbrooke sont la réduction de la charge de travail pour les préposées aux chambres et le règlement d’un litige au sujet des congés de maladie.

          Le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN, Denis Beaudin, a aussi tenu à rappeler le Delta Sherbrooke à l’ordre alors que d’autres employeurs ont démontré davantage de bonne volonté jusqu’à maintenant. « Ce n’est pas sorcier : nos demandes sont pourtant très raisonnables, mais l’employeur doit aussi comprendre qu’on ne peut attirer et retenir la main-d’œuvre dans un contexte de pénurie d’emplois avec des restes de table. »

          Le gouvernement manque une autre occasion d’entendre les préoccupations du personnel de la santé

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) s’étonne que le gouvernement annonce l’obligation de la vaccination pour le personnel de la santé et des services sociaux sans avoir entendu leurs préoccupations.

          Depuis le début de la campagne de vaccination, la FSSS–CSN a encouragé ses membres à se faire vacciner, ce qu’ils font dans la vaste majorité. Rappelons que c’est plus de 90 % du personnel du réseau qui a reçu au moins une dose. Mais alors que le gouvernement annonçait la semaine dernière en conférence de presse qu’il souhaitait entendre les préoccupations des syndicats représentant le personnel, la FSSS–CSN n’a, encore une fois, pas été consultée. Pour la FSSS–CSN, la vaccination obligatoire pose plusieurs questions qui restent sans réponse pour l’instant, notamment pour ce qui est des femmes enceintes ou des personnes qui ont une raison médicale de ne pas recevoir la vaccination.

          « Nous faisons actuellement ce que le gouvernement ne veut pas faire : entendre les travailleuses et travailleurs du réseau. Dans notre consultation, ce qu’ils nous disent, c’est qu’ils répondent présents en grand nombre pour se faire vacciner et encouragent leurs collègues de se faire vacciner. Mais rendre la vaccination obligatoire, cela divise. Au stade actuel, on reste avec beaucoup de questions face à cette annonce », explique, Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

          La solution pour régler la pénurie de main-d’œuvre dont on ne parle pas : de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires

          « Pay them more ». Traduction libre : Payez-les plus ou payez-les mieux. Voici ce qu’a répondu en juin dernier le président des États-Unis Joe Biden à des gens qui lui demandaient ce qu’il avait à dire à des employeurs qui cherchaient des solutions à la pénurie de main-d’œuvre. Cette réponse a le mérite d’être courte et claire. Mais on ne l’entend pas ici.

          Dans les dernières semaines, Karl Blackburn, président et directeur du Conseil du patronat du Québec (CPQ), présentait dans une lettre ouverte les dix solutions du CPQ pour solutionner la pénurie de main-d’œuvre. Certaines de ces solutions sont intéressantes : celles qui misent sur la formation et sur l’alphabétisation des salarié-es, notamment. Mais une bonne partie de ces solutions sont ce qu’elles sont : des solutions de patrons. Aucune d’entre elles ne parle concrètement d’amélioration des conditions de travail et salariales.

          Comme présidente d’une centrale syndicale qui représente 300 000 travailleuses et travailleurs dans les secteurs privé et public, je pourrais copier les propos de Joe Biden pour répondre aux patrons du Québec : la pénurie de main-d’œuvre est un problème complexe et on doit s’y attaquer de diverses façons. Pour le régler de façon durable, il faut certes investir dans la formation des travailleuses des travailleurs, afin qu’ils soient mieux qualifiés pour les emplois de demain. Mais il faut aussi améliorer les conditions de travail et hausser les salaires.

          La pénurie de main-d’œuvre n’est pas née avec la pandémie. C’était un sujet chaud avant que le coronavirus nous enferme toutes et tous chez nous et fasse perdre des emplois à des milliers de personnes, surtout dans les secteurs à bas salaire. Prenons pour exemple le secteur de l’hôtellerie. En 2019, on constatait déjà une pénurie dans ce secteur et aujourd’hui, on la constate encore. Présentement, les 2500 professionnel-les de l’hôtellerie représentés par la CSN sont justement en négociation pour le renouvellement de leurs conventions collectives. Pourtant, les employeurs refusent d’améliorer les conditions de travail et d’augmenter les salaires pour attirer davantage de candidates et de candidats. Ils « offrent » même des reculs! Rien pour régler la pénurie de main-d’œuvre dans ce secteur.

          On voit une situation similaire dans les CPE : les conditions de travail sont si difficiles et les salaires si bas qu’il manque grandement de travailleuses. Cette pénurie freine la création de places et fait en sorte qu’en ce moment, des parents – surtout des mères – ne peuvent rejoindre le marché du travail. C’est ce qu’on appelle le serpent qui se mord la queue! Dans le cadre des négociations pour le renouvellement des conventions collectives, jusqu’à maintenant ce sont des miettes qui sont mises sur la table par le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe et les associations patronales. À la suite de l’annonce de l’entente Canada-Québec de la semaine dernière et des six milliards de dollars qui y sont rattachés, le gouvernement Legault a promis d’augmenter le salaire des travailleuses en CPE. Qu’il passe de la parole aux actes!

          Hausser les salaires est une chose. Améliorer les conditions dans lesquelles les travailleuses et les travailleurs pratiquent leur métier est aussi primordial. On parle bien peu de la « pénibilité » de certains quarts d’emploi, de la difficile conciliation travail-famille dans une multitude de secteurs, des horaires brisés, de la précarité des postes, des conditions difficiles dans le secteur public, du salaire minimum qui est loin de permettre à quelqu’un d’arriver.

          Autre solution de patrons qui permet de contourner le problème en refusant d’améliorer les conditions d’emploi : récemment, on apprenait qu’une nouvelle entente Canada-Québec permettra aux employeurs québécois de faire passer de 10 % à 20 % le quota de travailleurs étrangers temporaires qu’ils souhaitent embaucher dans des postes à bas salaires. Certains éléments de cette entente sont intéressants, notamment le fait que les travailleurs qualifiés qui attendent ici leur résidence permanente pourront maintenant avoir un permis de travail ouvert transitoire, qui permet de changer d’employeur, ce qui était jusqu’à maintenant impossible. Mais encore une fois, plutôt que d’améliorer concrètement les conditions salariales et de travail, Québec, le patronat et le milieu des affaires cherchent plutôt de nouveaux bassins de « cheap labor ».

          Chers employeurs, désolée de jouer le rôle du caillou dans votre soulier, mais la meilleure stratégie pour attirer et maintenir la main-d’œuvre demeurera toujours l’amélioration de ses conditions de travail. Cela fait des lustres que vous demandez de la souplesse à vos salarié-es, il est maintenant le temps que vous en fassiez preuve vous-mêmes!

          Rentrée dans les établissements d’enseignement supérieur : oui, mais…  

          La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) accueille favorablement la décision du gouvernement Legault de préconiser les cours en présence pour la rentrée automnale en enseignement supérieur. Les enseignantes et les enseignants affilié-es à la FNEEQ ne peuvent que se réjouir d’une telle annonce après avoir vécu durant dix-huit mois de nombreuses et fréquentes adaptations aux différents modes d’enseignement au gré de décisions gouvernementales prises, le plus souvent, à la dernière minute. Néanmoins, en ne portant pas une attention particulière aux enjeux relatifs aux transformations de l’enseignement supérieur, avec, notamment, la promotion des technologies de l’éducation par les gestionnaires des établissements, le gouvernement laisse la porte ouverte au maintien de ces différents modes de prestation des cours après la pandémie.   

           « Des directions d’établissement veulent tirer profit de “l’expérience” de la pandémie pour réduire les coûts et convertir au numérique le travail enseignant. Cela peut sembler louable, mais c’est un positionnement allant à l’encontre des données probantes, qui reconnaissent la valeur inestimable de l’enseignement en présence et ses avantages, notamment sur la santé psychologique des étudiantes et des étudiants », précise Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQ–CSN.  

           La FNEEQ s’inquiète par ailleurs de l’impact du variant Delta sur les plus vulnérables, qu’il s’agisse d’enseignantes et d’enseignants, d’étudiantes et d’étudiants ou d’employé-es de soutien. Comment garantir la sécurité de toutes et de tous si la situation se détériore à nouveau? Nous savons déjà que la qualité de la ventilation dans les cégeps et les universités varie beaucoup d’un établissement à l’autre et d’une salle de classe à l’autre. 

           « Où en sont les analyses du ministère de l’Enseignement supérieur (MES) ? Cela fait pourtant des mois que le gouvernement envisage une rentrée en classe tout en sachant que les études ont clairement prouvé les dangers accrus de la transmission aérienne du coronavirus. Aucune enseignante ni aucun enseignant, aucune étudiante ni aucun étudiant, aucune travailleuse ni aucun travailleur de l’éducation ne doit ni ne devrait se retrouver dans une situation où sa santé et sa sécurité sont compromises. À quelques semaines de la rentrée, il s’avère essentiel que le MES prenne toutes les mesures nécessaires pour assurer la faisabilité et la stabilité d’une session d’automne entièrement en présence », conclut Caroline Quesnel. Pour assurer la réussite de la rentrée de l’automne, il est plus que temps de passer de la parole aux actes. 

          18 syndicats du secteur préhospitalier – FSSS-CSN

          Bas Saint-Laurent (depuis le 26 juillet 2021)

          • Syndicat des paramédics du Bas-St-Laurent – CSN

          Québec-Chaudière-Appalaches (depuis le 20 juillet 2021)

          • Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH) (3 sections)
          • Syndicat des paramédics de Charlevoix FSSS–CSN

          Estrie (depuis le 20 juillet 2021)

          • Syndicat des paramédics de l’Estrie – CSN (1 section)

          Montérégie (depuis le 20 juillet 2021)

          • Syndicat des paramédics et du préhospitalier de la Montérégie–CSN (1 section)

          Cœur-du-Québec (depuis le 20 juillet 2021)

          • Syndicat des paramédics du Cœur de la CAM–CSN

          Laurentides (depuis le 16 juillet 2021)

          • Syndicat des paramédics Laurentides – Lanaudière – CSN

          Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec (depuis le 16 juillet 2021)

          • Syndicat des paramédics de l’Abitibi–Témiscamingue–Nord-du-Québec

          Estrie (depuis le 16 juillet 2021)

          • Syndicat des paramédics de l’Estrie – CSN (5 sections)

          Montérégie (depuis le 16 juillet 2021)

          • Syndicat des paramédics et du préhospitalier de la Montérégie–CSN (1 section)

          Côte-Nord  (depuis le 14 juillet 2021)

          • Syndicat des paramédics de la Moyenne et Basse Côte-Nord – CSN (2 sections)
          • Syndicat des paramédics de la Haute Côte-Nord et de la Manicouagan – CSN

          Laurentides (depuis le 14 juillet 2021)

          • Syndicat du secteur préhospitalier des Laurentides et de Lanaudière – CSN

          Québec-Chaudière-Appalaches (depuis le 14 juillet 2021)

          • Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH) (3 sections)

          Saguenay–Lac-Saint-Jean (depuis le 14 juillet 2021)

          • Syndicat des paramédics Saguenay–Lac-St-Jean-Nord FSSS–CSN (8 sections)

          Montérégie (depuis le 14 juillet 2021)

          • Syndicat des paramédics et du préhospitalier de la Montérégie–CSN (6 sections)

          Cœur-du-Québec (depuis le 14 juillet 2021)

          • Syndicat des paramédics du Cœur du Québec–CSN (2 sections)

          Montréal (depuis le 14 juin 2021)

          • Syndicat du préhospitalier (CSN)

          Une première fédération de la CSN entérine l’entente de principe

          Les professionnel-les, les techniciennes et les techniciens du réseau de la santé, membres de la Fédération des professionnèles de la CSN (FP–CSN), ont entériné à 92 % l’entente de principe intervenue avec le gouvernement en juin dernier. Cela fait de la FP–CSN la première des quatre fédérations du secteur public de la CSN à avoir entre les mains une nouvelle convention collective qui s’appliquera jusqu’en 2023.

          Les membres des syndicats, qui ont participé en grand nombre, étaient invités à se prononcer par vote secret sur l’entente de principe lors d’assemblées générales qui se sont déroulées tout au long de la semaine du 12 juillet 2021.

          « Nous souhaitions rapidement aller à la rencontre des membres pour présenter cette entente, car nous estimions qu’elle rejoignait les préoccupations soulevées tout au long du processus de négociation, explique Danny Roy, vice-président de la FP–CSN. Les résultats des votes et les commentaires des membres en assemblées générales témoignent bien que nous sommes arrivés à des améliorations considérables autant pour les conditions de travail et de pratique que pour les conditions salariales. Nous sommes fiers du résultat final de cette négociation parce que les gains effectués permettent de corriger des problèmes qui durent depuis plusieurs années dans le réseau » poursuit M. Roy.

          La FP–CSN évalue que cette entente représente un investissement potentiel de près de 20 millions de dollars. Elle permet de réaliser des progrès dans les conditions de travail et de pratique du personnel de la catégorie 4. Ces nouvelles ressources serviront notamment pour aider les équipes qui vivent des problèmes de surcharge de travail, pour intervenir sur les enjeux de santé psychologique, pour faciliter l’accès à certains congés, pour bonifier les primes et pour reconnaître le travail de supervision des stagiaires. Elle permet aussi de faire un premier pas vers la résolution des problématiques vécues en centre jeunesse. Des augmentations salariales pouvant aller jusqu’à 7,2 % sur trois ans, accompagnées de montants forfaitaires, s’appliqueront également.

          « Le chemin pour en arriver à une entente de cette envergure a été long et ardu. Nous devons reconnaître que c’est l’implication soutenue des travailleuses et des travailleurs dès le début de la négociation qui a permis cette réalisation. Bien que l’entente ne réponde pas à toutes les problématiques que nous avions identifiées, elle représente une bonne nouvelle pour nos conditions de travail et pour l’offre de services à la population » conclut Danny Roy.

          CPE : le gouvernement offre des miettes pour freiner la pénurie de main-d’oeuvre

          Le comité de négociation du plus grand regroupement du personnel des CPE au Québec ressort très déçu de la rencontre tenue ce matin avec le ministère de la Famille, le Conseil du trésor et les associations patronales, qui ont déposé leurs offres en matière de clauses à incidence monétaire. « Avec ce qui est sur la table, les 11 000 membres de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), qui éduquent et accompagnent nos tout-petits jour après jour, seront encore plus motivés à se doter d’un mandat de grève à exercer dès septembre », croit Stéphanie Vachon, représentante du secteur des CPE à la FSSS–CSN.

          En ce qui a trait aux salaires, le nerf de la guerre pour freiner l’exode dans le milieu, les offres sont nettement insuffisantes. Le gouvernement propose une augmentation allant jusqu’à 12% pour les éducatrices qualifiées uniquement, à la fin d’une convention collective de quatre ans, se terminant en 2024. L’augmentation est de 9% pour les éducatrices non qualifiées. L’offre fond à 6% pour les autres titres d’emploi, tout aussi indispensables pour les enfants et leurs parents. Au terme de la convention, la technique d’éducation à l’enfance demeurera la moins payante de toutes les techniques équivalentes.

          « On appelle le gouvernement à prendre les moyens afin de vraiment juguler l’hémorragie. Les travailleuses quittent et les cégeps peinent à trouver des recrues. La partie patronale est loin de donner le coup de barre souhaité par les familles québécoises et tant promis par le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe. Il y a urgence d’agir pour sauver le réseau », martèle Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN.

          De plus, le gouvernement n’offre rien pour répondre aux enfants à besoins particuliers, qui sont de plus en plus nombreux dans nos CPE, et qui nécessitent plus de services et plus de temps. « Les éducatrices sont laissées à elles-mêmes, sans être consultées, sans ressource, ni moyen.  Rien pour alléger la charge de travail déjà lourde et exigeante! Nos membres sont épuisés, alors que la COVID a aggravé leur état. À quand une véritable reconnaissance de leur détresse et des moyens pour la soulager ? », demande Stéphanie Vachon.

           

          Les principales revendications

          • Une augmentation salariale équitable pour tous les titres d’emploi. Une technicienne en service de garde scolaire, par exemple, gagnait 29,05 $ l’heure au maximum de l’échelle (avant la négociation du secteur public) contre 25,15 $ pour une éducatrice en CPE alors qu’elles ont la même formation collégiale.
          • Des moyens pour donner de meilleurs services aux enfants, dont ceux à besoins particuliers, ainsi que le respect en tout temps des ratios pour la sécurité des tout-petits.
          • Du temps pour la planification du dossier de l’enfant et pour la gestion de la cuisine.

           

          Jusqu’à la mi-septembre, la FSSS–CSN mène une tournée d’assemblées pour consulter ses 11 000 membres et obtenir un mandat de dix jours de grève dans toutes les régions du Québec.

          « Le gouvernement Legault a les moyens de faire des enfants québécois une priorité nationale, à plus forte raison avec la promesse de milliards de dollars à venir du gouvernement fédéral », conclut Lucie Longchamps.

          Vagues de grèves des paramédics – Un appel au respect

          Depuis plusieurs mois, les négociations pour le renouvellement des conventions collectives de tous les syndicats des paramédics affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) stagnent en ce qui concerne les matières salariales.

          « Les paramédics du Syndicat du préhospitalier–CSN, qui travaillent pour Urgences-santé, sont en grève depuis le 14 juin dernier. Dans les prochains jours, tous les autres syndicats des paramédics de la CSN seront aussi en grève, et ce, pour une durée indéterminée », annonce Jean Gagnon, représentant du secteur préhospitalier à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

          Ainsi, les syndicats du secteur privé déclencheront la grève entre le 14 et le 16 juillet et les syndicats du secteur coopératif entre le 20 et le 22 juillet. Ces grèves toucheront les régions de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec, du Bas-Saint-Laurent, du Cœur-du-Québec, de la Côte-Nord, de l’Estrie, des Laurentides, de Lanaudière, de la Montérégie, de Québec et du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

          « Il est impératif que les employeurs, le Conseil du trésor et le ministère de la Santé et des Services sociaux fassent en sorte que nous puissions enfin commencer à négocier ces matières, dans une perspective de règlement », continue M. Gagnon.

          Lucie Longchamp, vice-présidente de la FSSS–CSN responsable des secteurs privés, souligne que ces premières vagues de grèves ne sont que le début. « Il faut forcer les choses à bouger. Cette grève est une première étape. Si les employeurs, le Conseil du trésor et le ministère de la Santé et des Services sociaux continuent de nous manquer de respect en nous ignorant, nous n’aurons d’autre choix que d’intensifier nos grèves tout en respectant les services essentiels », termine-t-elle.

          Concours Chapeau, les filles ! et son volet Excelle Science – Un engagement durable de la CSN

          Depuis 25 ans, Chapeau, les filles ! honore des étudiantes qui optent pour un métier ou une profession à prédominance masculine et depuis plusieurs années, la CSN est heureuse de collaborer en tant que partenaire important à ce concours, ainsi qu’à son volet Excelle Science. Parmi les prix, des bourses de 2000 $ chacune ont été décernées à trois étudiantes qui se sont particulièrement démarquées au cours de leurs études. Les trois bourses étaient remises par la CSN, la Fédération des employées et employés de services publics, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec et la Fédération des professionnèles.

          Zena Antabli, étudiante en mécanique marine à l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec, Elizabeth Boulet, étudiante en techniques de design industriel au Cégep régional de Lanaudière à Terrebonne et Karla Patricia Osorio, étudiante en réalisation d’aménagements paysagers au Centre de formation horticole de Laval ont reçu le prix Communauté culturelle, qui vise à encourager des étudiantes des communautés ethnoculturelles et autochtones.

          « Le prix Communauté culturelle nous tient à cœur parce que les candidates ont dû braver plusieurs obstacles pour s’engager dans les études qu’elles ont choisies, a soutenu Caroline Senneville, présidente de la CSN. Les lauréates du concours Chapeau, les filles ! et Excelle Science sont inspirantes et contribuent à faire changer les mentalités durablement. Je salue leur détermination et leur ténacité ! », a insisté madame Senneville.

          N’oubliez pas de participer à la campagne du 1 $ du Camp Vol d’été Leucan–CSN en 2021

          Il s’agit de la principale campagne de collecte de fonds de la CSN pour le Camp Vol d’été Leucan–CSN.

          Depuis maintenant 25 ans, le Camp Vol d’été Leucan–CSN, le seul camp au Québec pour les enfants atteints de cancer et leur famille, est la cause officielle qu’embrasse la CSN. Et encore cette année, la campagne phare de cette collecte de fonds est la campagne du 1 $ par membre. Le concept est simple : chaque membre d’un syndicat donne 1 $ (don direct des membres ou via la caisse syndicale). Votre syndicat remplit le formulaire de la campagne et le fait parvenir avec le chèque à la Fondation Camp Vol d’été Leucan–CSN.

          Le fonctionnement est facile, demande peu de temps mais permet de faire une différence pour les enfants malades. À cause de la pandémie, le Camp a été annulé en 2020 et 2021, mais la campagne en cours permettra :

          • d’offrir des activités à l’automne aux familles afin de les aider à briser l’isolement (des activités sécuritaires leur permettant de rencontrer d’autres familles qui vivent la même chose)
          • de commencer la collecte de fonds pour le Camp 2022 (car oui, on se le souhaite de tout cœur pour la prochaine année!).

          Visitez la page Web de la Fondation pour obtenir le feuillet explicatif, le formulaire pour l’envoi du chèque ou même, cliquez sur le lien vous permettant de faire le don en ligne.

          Merci à tous les membres et tous les syndicats de la CSN de faire encore une différence auprès des familles dont un enfant est atteint de cancer.

          Les 160 000 travailleuses et travailleurs du secteur public de la CSN se prononceront sur l’entente de principe

          Au cours des derniers jours, près de 800 délégué-es des syndicats du secteur public de la CSN ont pris connaissance de l’entente de principe globale pour le renouvellement des conventions collectives. La lutte se poursuivant aux tables sectorielles des syndicats des organismes gouvernementaux, l’entente globale vise les travailleuses et les travailleurs de la santé et des services sociaux ainsi que de l’éducation, soit près de 160 000 membres de la CSN.

          Réunis en instances sectorielles de négociation, les délégué-es ont fait l’évaluation que l’entente de principe comporte des gains intéressants tant sur le plan des conditions de travail négociées aux tables sectorielles que sur celui des salaires et des autres matières négociées à la table centrale. Par conséquent, elles et ils s’engagent à la présenter à l’ensemble des membres, en assemblée générale, selon les délais fixés par les fédérations en fonction des réalités des différents secteurs.

          « La mobilisation impressionnante des dernières semaines, avec, notamment, les mouvements de grève, le blocage du Port de Montréal et la vigile de plus de 24 heures devant l’Assemblée nationale, a permis à la CSN de conclure une entente qui répond à plusieurs de nos revendications. Nous avons réussi à atteindre notre objectif de départ, qui était d’améliorer significativement les conditions de travail et de pratique et d’améliorer les salaires de toutes et tous, en accordant une attention particulière à celles et à ceux qui gagnent le moins dans les services publics », affirme Caroline Senneville, présidente de la CSN.

          Mme Senneville rappelle que la CSN a été la première organisation à défendre la nécessité d’améliorer davantage la rémunération des bas salarié-es. « Cet enjeu-là, c’est la CSN qui l’a imposé dans cette négociation. C’était loin d’être une priorité de la CAQ. Nous l’avons forcée à le considérer en mettant cette revendication de l’avant dans notre cahier de consultation au printemps 2019. Notre acharnement à maintenir cette demande donne aujourd’hui le résultat suivant : des augmentations de salaire de 7 % à 10,4 % sur trois ans pour celles et ceux qui gagnent le moins. À la CSN, c’est plus de 75 % de nos membres qui obtiendront ces augmentations, soit parce qu’ils se situent dans les bas rangements (1 à 11) de la structure salariale ou parce qu’ils sont en début de carrière dans les rangements 12 à 28 (excluant les échelles particulières des enseignantes et des enseignants au collégial, qui obtiendront des bonifications particulières). » Pour les échelons supérieurs de ces mêmes rangements 12 à 28, les augmentations seront de 6 % sur trois ans.

          La CSN considère aussi avoir réalisé des gains intéressants pour les ouvriers spécialisés, en réussissant à élargir la prime actuelle à divers titres d’emploi et en réglant plusieurs problèmes d’application. Alors que, jusqu’à maintenant, 70 % des ouvriers bénéficiaient de la prime, les nouvelles mesures feront en sorte que plus de 95 % d’entre eux y auront désormais accès.

          Plusieurs autres avancées se sont également concrétisées en gains réels, notamment la contribution de l’employeur aux assurances collectives qui sera bonifiée et intégrée entièrement aux conventions collectives.

          « Est-ce que cette entente règlera l’ensemble des problèmes des réseaux? La réponse est non, malheureusement. Cependant, les comités de négociation et les délégué-es des syndicats du secteur public de la CSN considèrent que les progrès s’avèrent significatifs et qu’ils serviront de tremplin pour la prochaine négociation, qui approche déjà à grands pas, puisqu’il s’agira d’une convention collective de trois ans. Maintenant, c’est aux 160 000 travailleuses et travailleurs du secteur public de la CSN de se prononcer », conclut la présidente de la CSN.

          Entente de principe globale: la CSN consulte les délégué-es de ses syndicats du secteur public

          À la suite d’importantes avancées réalisées par les équipes de négociation du secteur public de la CSN aux diverses tables sectorielles de la santé et des services sociaux et de l’éducation ainsi qu’à la table centrale, l’organisation syndicale qui représente 160 000 travailleuses et travailleurs des réseaux consultera les délégué-es de ses syndicats au cours des prochains jours sur une entente de principe globale.

          Considérant que ces avancées répondent à plusieurs revendications que porte la CSN depuis le début de la négociation, tant sur le plan des conditions de travail et de pratique que sur celui des salaires et des autres matières intersectorielles, les fédérations du secteur public de la CSN recommanderont aux délégué-es de se prononcer en faveur de cette entente.

          Si les délégué-es jugent l’entente satisfaisante, elle sera présentée aux membres en assemblée générale dans un délai qui sera fixé par les fédérations et ces derniers seront appelés à voter sur leur nouvelle convention collective. Ultimement, ce sont les travailleuses et les travailleurs du secteur public membres de la CSN qui décideront si cette proposition d’entente leur convient.

          Aucun détail de l’entente ne sera divulgué avant qu’elle ne soit présentée aux délégué-es des syndicats lors des instances fédératives du secteur public qui se tiendront dans la prochaine semaine.

          Un négociateur chevronné élu à la première vice-présidence de la CSN

          Réunis en instance virtuelle ce matin, les délégué-es du conseil confédéral de la CSN ont élu François Enault comme nouveau premier vice-président au comité exécutif de la centrale. M. Enault succède à Caroline Senneville, qui a été élue présidente jeudi dernier à la suite de l’annonce du départ en politique municipale de Jacques Létourneau.

          « Je remercie chaleureusement les délégué-es qui m’ont fait confiance en votant pour moi aujourd’hui. Je remercie aussi Dominique Daigneault, militante de longue date de notre mouvement qui avait aussi déposé sa candidature. La CSN a toujours mis en commun les forces de tout le monde. C’est donc bien entouré des 300 000 membres de la CSN que je remplirai mes nouvelles fonctions », déclare M. Enault.

          Œuvrant à la CSN depuis plus de 25 ans, M. Enault a occupé des fonctions variées au sein de la centrale syndicale. Ayant fait ses premières armes en tant que stagiaire à la Fédération de la métallurgie — CSN (FIM—CSN) à compter de 1994, il a ensuite été conseiller syndical à la FIM pendant de nombreuses années et président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la CSN pendant six ans. Il devient directeur des services de la FIM en 2008, coordonnateur en 2011 et adjoint au comité exécutif de la CSN en 2014. Depuis 2017, il occupait le poste de coordonnateur du Syndicat des agents correctionnels du Canada (UCCO-SACC–CSN).

          « Afin d’obtenir une société plus juste et égalitaire, il faut négocier de bonnes conventions pour les travailleuses et les travailleurs. Je suis convaincu que si nous voulons que la CSN demeure un acteur de premier plan, nous devons miser sur sa grande force de négociation. Et la négociation, ça me connaît ! Je suis intervenu dans plusieurs négociations difficiles dans le secteur privé ces quinze dernières années et j’ai aussi été négociateur auprès du Conseil du Trésor récemment dans le cadre de mes fonctions de coordonnateur d’UCCO-SACC–CSN. Comme une des responsabilités de la première vice-présidence est la négociation du secteur public, mes aptitudes de négociateur seront bénéfiques au mouvement et à ses membres », continue-t-il.

          Pour le nouveau vice-président, il ne fait aucun doute que la négociation ne s’est jamais limitée aux seules discussions tenues à la table des pourparlers.

          « Nos luttes se sont aussi gagnées dans les milieux de travail, sur le trottoir et sur les lignes de piquetage. Que ce soit en négociant, en se mobilisant ou en faisant pression sur les employeurs de toutes sortes de façons, c’est en mettant à contribution les habiletés de toutes et de tous qu’on peut gagner. Comme premier vice-président, je me ferai un devoir de veiller à cela », termine-t-il.

          Entente de principe adoptée à forte majorité pour les RI-RTF

          Réunis en assemblée dans les derniers jours, les travailleurs et les travailleuses des ressources intermédiaires et de type familial (RI-RTF) affiliés à la FSSS ont adopté l’entente de principe qui améliore significativement leurs conditions de travail. Cette entente avantageuse pour les RI-RTF de la FSSS–CSN comporte des gains importants concernant la formation, les mesures pour contrer le harcèlement psychologique, une bonification de la prime de disponibilité, l’augmentation des frais de remplacement, le transfert de la classification lors que l’usager est transféré vers une autre ressource et de nouvelles modalités qui encadrent le déplacement d’un usager.

          « Après plus d’un an de négociation, nous sommes heureux de constater que le travail et la détermination des membres portent fruit. Cette entente négociée dans un contexte difficile répond à plusieurs des préoccupations que nous avons soulevées à la table de négociation », souligne Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN, responsable des secteurs privés.

          « Le travail n’est pas fini, nous voulons des changements au niveau de la loi et la reconnaissance de la valeur de leur travail, car les RI-RTF sont indispensables dans le réseau. Puisque le dossier de la classification n’est pas négociable dans l’entente collective, nous travaillons déjà à convaincre le ministère qu’il doit reconnaitre l’iniquité de la rétribution des RI-RTF. Le départ de plusieurs RI-RTF est causé par le fait que la rémunération diminue, ce qui est injuste et très décourageant » prévient Renée Desnoyers, représente du secteur des RI-RTF à la FSSS–CSN.

          « Finalement, je profite de cette occasion pour féliciter nos ressources qui prennent soin des usagers avec brio durant la pandémie », ajoute Mme Desnoyers.

          Caroline Senneville élue à la présidence de la CSN

          Les 300 000 membres de la CSN ont désormais une nouvelle présidente : Caroline Senneville. Élue par les délégué-es du conseil confédéral virtuel qui se déroule aujourd’hui et demain, celle qui était vice-présidente de la centrale syndicale depuis quatre ans avait déposé sa candidature à la suite de l’annonce surprise du départ de Jacques Létourneau, qui fait le saut en politique municipale.

          « Merci aux délégué-es qui m’ont accordé leur confiance. Je ressens une grande fierté d’accéder à la présidence de notre mouvement. C’est à la fois un défi exaltant, mais également lourd de responsabilités. Merci aussi à la militante engagée et indispensable Ann Gingras qui avait déposé sa candidature. Je remercie enfin l’inspirant président et ami Jacques Létourneau, qui a su mener nos batailles avec éloquence et efficacité depuis octobre 2012 », déclare la nouvelle présidente.

          Vingt-cinq ans de militantisme au sein de la CSN, dont les dernières en tant que responsable de la négociation du secteur public, ont enraciné profondément en Caroline Senneville, les valeurs fondatrices de la centrale syndicale : une solidarité large et l’amélioration des conditions de travail et de vie. C’est donc avec cet ancrage et ce bagage d’expérience colossale que la nouvelle présidente propulse le mouvement vers l’avenir.

          Proche des militantes et des militants
          À l’écoute et proche du terrain, Caroline Senneville veut visiter les militantes et les militants, comme elle le faisait à l’époque en tant que membre du Syndicat des professeures et professeurs du Cégep de Limoilou et ensuite comme présidente de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ–CSN). « Je crois que partout, et à tous les niveaux, il faut multiplier les prises de contact avec les membres. Sur les lignes de piquetage, dans les activités des syndicats, des fédérations et des conseils centraux », s’engage-t-elle.

          Consciente de la grandeur du défi qu’elle accepte de relever, elle souhaite promouvoir un syndicalisme d’ouverture, inclusif et rassembleur qui rend la CSN plus forte. De plus, elle s’inscrit en faux contre le corporatisme syndical, qui gagne du terrain.

          « Se solidariser, ensemble, peu importe notre revenu, notre emploi ou notre champ de compétence, c’est soulever une lame de fond qui influence les politiques et change concrètement la qualité de vie de tous les membres et de l’ensemble de la société. C’est ça, pour moi, la CSN, de conclure la nouvelle élue. Ensemble, nous saurons relever les défis qui nous attendent. Le travail se poursuit dès maintenant. »

          CPE : à la recherche d’un mandat de grève à exercer dès septembre

          À compter d’aujourd’hui, le plus important regroupement du personnel des CPE au Québec, celui de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), va à la rencontre de ses 11 000 membres pour obtenir un mandat de dix jours de grève, à exercer dès septembre, dans toutes les régions du Québec. La convention collective étant échue depuis le printemps 2020, les négociations tournent au ralenti alors que les problèmes s’aggravent, au détriment de la qualité des services dispensés aux enfants.

          « Épuisées, on semble assister à une opération de relations publiques. D’un côté, le ministre de la Famille dit vouloir multiplier les places, admet publiquement que nous sommes sous-payées et victimes d’une pénurie de main-d’œuvre sans précédent. En réalité, les mandats patronaux et l’argent sont absents à la table de négociation. Il y a urgence que le ministre Mathieu Lacombe mandate son équipe de négociateurs, pour que ce dossier se règle rapidement », explique sans détour Stéphanie Vachon, représentante du secteur des CPE à la FSSS–CSN.

          La grève doit demeurer un dernier recours, afin de limiter les impacts sur les parents, durant une époque aussi anxiogène. « Les parents, qui nous écrivent par milliers, sont reconnaissants de notre dévouement et appuient nos revendications légitimes. On souhaite attirer des recrues formées pour assurer un service de haute qualité, pour le bien des familles québécoises. Essayez de recruter en avouant du même souffle que la technique d’éducation à l’enfance est la moins payante de toutes les techniques », ironise Lucie Longchamps, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

          Un diachylon qui va dévaloriser la profession

          À la demande de la FSSS–CSN, les plus récentes données colligées par l’Association des enseignantes et enseignants de techniques d’éducation à l’enfance révèlent que le programme de formation n’attire plus et que le nombre de diplômées a radicalement chuté depuis 2016.

          En guise de réponse, le gouvernement assouplit les règles. Il crée une catégorie de remplaçantes temporairement qualifiées (RTQ) qui n’ont pas complété leur formation, ce qui maintient indéfiniment le ratio d’éducatrices formées à 1 sur 3.

          « Ce sont des solutions à courte vue. Quel message transmet-on aux personnes qui ont étudié trois ans à la technique ? Nous rentrons dans une spirale de dévalorisation qui va faire plus de mal que de bien », analyse Lucie Longchamps.   

          Nos principales revendications

          • Une augmentation salariale équitable. Une technicienne en service de garde scolaire, par exemple, gagne 29,05 $ l’heure au maximum de l’échelle contre 25,15 $ pour une éducatrice en CPE alors qu’elles ont la même formation collégiale.
          • Des moyens pour donner de meilleurs services aux enfants, dont ceux à besoins particuliers, ainsi que le respect en tout temps des ratios pour la sécurité des tout-petits.
          • Du temps pour la planification du dossier de l’enfant et pour la gestion de la cuisine.

          Alors que le Québec est cité en référence au pays, avec les milliards à venir du fédéral, le gouvernement doit tout faire pour maintenir un système de grande qualité pour les enfants.

          « Nous ne réclamons pas la Lune au gouvernement. Nous voulons seulement assurer la pérennité du réseau des CPE par un juste retour du balancier après avoir fait les frais des coupes budgétaires durant trop d’années », conclut Stéphanie Vachon.

          Une vigile de 24 heures pour les services publics devant l’Assemblée nationale

          À l’aube de la fin des travaux parlementaires à Québec, plusieurs centaines de travailleuses et de travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux, de celui de l’éducation et des organismes gouvernementaux se sont installés ce matin devant l’Assemblée nationale pour une vigile de plus de 24 heures.

          Alors que les travaux se poursuivent intensivement aux tables de négociation, le personnel des services publics affilié à la CSN, sans convention collective depuis plus d’un an, veut envoyer un message clair au premier ministre et à la présidente du Conseil du trésor : malgré la crise qui sévit dans les réseaux depuis trop longtemps, nous sommes toujours là pour la population du Québec, de jour, de soir et de nuit. Le gouvernement doit maintenant être là pour nous. C’est urgent, car, sans nous, le secteur public est hors service.

          Citations

          « Des services publics qui s’écroulent après des décennies de sous-financement; c’est ce qu’est venue mettre en lumière la pandémie. Maintenant, il faut reconstruire. Au cours des derniers jours, il y a eu certains mouvements intéressants aux tables de négociation, notamment quant à la revendication de la CSN d’accorder une attention particulière aux bas salarié-es. Cependant, malgré ces avancées, il manque encore des morceaux importants, particulièrement aux tables sectorielles, là où se négocient les enjeux qui touchent les conditions de travail, pour que l’offre actuelle du gouvernement soit satisfaisante. »

          – Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN

          « Il manquait déjà du personnel dans tous les secteurs des services publics bien avant la crise sanitaire et la situation s’est aggravée au cours de la dernière année. Pour relever les réseaux, il n’y a pas 36 000 solutions : il faut reconnaître à sa juste valeur l’apport des travailleuses et des travailleurs des services publics en améliorant leurs conditions de travail et leurs salaires. Si le gouvernement ne le fait pas, l’exode du personnel se poursuivra et c’est toute la population du Québec qui en subira les conséquences. »

          – Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec – Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN)

          « Pour l’ensemble des secteurs et regroupements que nous représentons à la FEESP–CSN, soit le soutien scolaire et le soutien collégial, les traversiers, l’aide juridique ainsi que le Parc olympique, les négociations demeurent encore incomplètes. Si le gouvernement souhaite toujours régler rapidement, il va devoir passer le message à ses représentants. De plus, les membres de la FEESP sont au cœur des services à la population en éducation et dans les organismes gouvernementaux et ils sont parmi les plus bas salarié-es du secteur public. Leur travail doit être reconnu à sa juste valeur. »

          – Nathalie Arguin, présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN)

          « Nous avons fait un énorme travail afin de prioriser nos revendications. La balle est vraiment dans le camp du gouvernement. Il doit bonifier la rémunération de nos collègues à statut très précaire qui enseignent à la formation continue, tout comme il doit octroyer les moyens dont nous avons besoin pour nous permettre de mieux encadrer les étudiants en situation de handicap (trouble d’apprentissage, TDAH, etc.) et à faible moyenne générale au secondaire. Enfin, il y a de besoins criants dans les programmes de techniques lourdes de la santé, par exemple, soins infirmiers. Nos enseignantes et nos enseignants sont à bout de souffle et un ajout de ressources est essentiel. »

          – Yves de Repentigny, vice-président responsable du regroupement cégep de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN)

           « Alors que les rencontres se poursuivent, les représentants patronaux ont encore de la difficulté à mettre sur la table de véritables engagements pour les professionnel-les et les techniciennes et techniciens de la santé. Pourtant, nous tentons par plusieurs moyens de trouver des solutions pour en arriver à une entente qui comporte des mesures structurantes sur la charge de travail, la santé psychologique et pour les centres jeunesse. L’attraction et la rétention du personnel demeurent des enjeux cruciaux pour une offre de services de qualité auxquels la population est en droit de s’attendre. Il faut nécessairement agir sur la qualité de vie au travail, notamment sur les quarts de soir et de fin de semaine, le télétravail ainsi que sur les congés. »

          – Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN)

           « Des problèmes de pénurie de main-d’œuvre, il y en a dans toutes les catégories de personnel du réseau de la santé et des services sociaux, pas seulement pour un ou deux titres d’emploi. Un changement de cap est nécessaire pour que le réseau soit plus à même d’attirer la relève et pour réparer les conditions de travail du personnel. »

          – Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN)

          Avancées importantes dans les négociations du personnel de soutien scolaire FEESP–CSN

          À la suite de progrès significatifs aux tables de négociations, les syndicats représentant le personnel de soutien scolaire affiliés à la FEESP–CSN annulent les journées de grève prévues les 14, 15 et 16 juin prochains.

          « À la table sectorielle, nous nous sommes entendus sur des éléments importants pour le personnel de soutien scolaire et à la table centrale, les négociations avancent positivement, notamment sur la revendication de la CSN d’accorder une attention particulière aux bas salarié-es. La grève des 14, 15 et 16 juin est donc annulée », mentionne Annie Charland, présidente du secteur scolaire FEESP–CSN.

          « La mobilisation exceptionnelle du secteur scolaire des 26 et 27 mai derniers fait bouger les choses aux tables de négociation. Les discussions se poursuivent intensivement. C’est pourquoi le personnel de soutien scolaire choisit de laisser toute la place à la négociation. Les membres seront consultés lorsque nous aurons en main une entente globale », rajoute Nathalie Arguin, présidente de la FEESP–CSN

          Les 530 travailleuses et travailleurs de Rolls Royce Canada adhèrent à la CSN

          Syndiqués à l’Association Internationale des Machinistes et des Travailleurs de l’Aérospatiale (AIMTA) depuis 66 ans, les employé-es de l’entreprise Rolls Royce Canada située à Lachine ont pris la décision importante de changer d’organisation syndicale et ont opté en ce sens pour la CSN.

          La volonté de pouvoir conduire leurs relations de travail avec l’employeur comme ils l’entendent et de prendre l’ensemble des décisions qui les concernent sans contraintes les a motivés dans leur choix. « Ce qui nous a attirés à la CSN, c’est l’autonomie que cette organisation confère à ces syndicats et le plein pouvoir décisionnel qu’elle leur donne. À compter d’aujourd’hui, nous devenons maîtres de nos actions et de nos décisions et allons mener notre négociation de façon bien différente » a souligné Hrvoje Golek.

          Le président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), Louis Bégin, est prêt à accompagner dans leur négociation ces travailleuses et travailleurs, qui sont sans contrat de travail depuis mars 2020. « Avec la FIM–CSN, les nouveaux syndiqué-es de Rolls Royce auront toute l’autonomie dans la négociation à laquelle ils aspirent tout en pouvant compter sur nous pour les aider à aller chercher ce qu’ils souhaitent et pour dynamiser leur vie syndicale. »

          Le vice-président de la CSN, David Bergeron-Cyr, a lui aussi exprimé son enthousiasme face à l’arrivée des nouveaux membres. « À la CSN, nous misons sur la mobilisation et sur l’importance de bien informer les membres. Nous savons que ces deux volets sont importants pour le syndicat de Rolls Royce et allons le soutenir afin qu’il ait en main tout ce dont il a besoin pour les mettre en œuvre. »

          « Nous sommes heureux et très fiers d’avoir été choisis par les travailleuses et les travailleurs de Rolls Royce Canada pour les représenter, a enchaîné le vice-président de la CSN. Nous sommes impatients de pouvoir déployer le nécessaire afin de répondre à leurs attentes et de leur faire la démonstration qu’ils ne se sont pas trompés en nous accordant leur confiance. »

          Le personnel de soutien scolaire affilié à la FEESP–CSN annonce deux journées de grève en juin

          Les 35 000 membres CSN du personnel de soutien dans les centres de services scolaires francophones et les commissions scolaires anglophones annoncent qu’ils seront en grève à partir de midi le 14 juin jusqu’à midi le 16 juin, partout dans la province.

          « Le gouvernement doit comprendre que notre décision d’annoncer une nouvelle grève est directement liée à notre volonté de régler la pénurie de main-d’œuvre et d’augmenter l’attraction et la rétention du personnel de soutien », souligne Annie Charland, présidente du secteur scolaire FEESP–CSN. « Notre but, c’est d’améliorer les services aux élèves et, pour se faire, nous devons nous assurer d’avoir davantage de personnel de soutien dans les écoles et les centres et ça passe par les salaires! », ajoute-t-elle.

          « Les discussions se poursuivent. Nous sommes toujours en négociation pour en arriver à conclure le meilleur règlement possible pour les travailleuses et les travailleurs des services publics qu’on représente, notamment sur la question salariale qui est un enjeu incontournable, considérant qu’une grande part du personnel de soutien gagne moins de 25 000 $ par année », affirme Nathalie Arguin, présidente de la FEESP–CSN.

          Campagne de vaccination dans les écoles
          Les syndicats du secteur scolaire tiennent à rassurer la population; les journées de grève n’entraveront en rien les opérations de vaccination qui pourraient survenir les 14, 15 et 16 juin dans certaines écoles.

          Entente de principe pour les RI-RTF affiliées à la FSSS–CSN

          Une entente de principe est intervenue le vendredi 28 mai dernier entre la Fédération de la Santé et des services sociaux–CSN et le ministère de la Santé et des Services sociaux dans le cadre du renouvellement des ententes collectives s’appliquant aux Ressources intermédiaires et de type familial (RI-RTF).

          « Après plus d’une année de négociations difficiles, je suis heureuse d’annoncer que cette entente contient de substantielles améliorations des conditions de travail et d’exercice pour nos ressources, de déclarer Renée Desnoyers, représentante du secteur des RI-RTF de la FSSS–CSN. L’entente sera entièrement présentée dans les prochains jours lors d’un conseil sectoriel des RI-RTF pour ensuite être dévoilée dans ses moindres détails dans le cadre des assemblées générales qui voteront sur son contenu ».

          « Nous sommes fières d’avoir obtenu cette entente dans un contexte de négociation complexe où la pandémie ne nous a pas facilité la tâche. Nous sommes d’avis que les avancées que nous avons acquises lors de cette négociation procurent d’importants outils qui faciliteront le travail quotidien des ressources. En ce sens, nous avons bien hâte de la présenter prochainement aux membres », de conclure Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN, responsable des secteurs privés.

          PL-59: 59 heures de vigie devant l’Assemblée nationale pour que le gouvernement protège vraiment tout le monde

          À l’unisson, des militantes et militants en provenance de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) et de l’Union des travailleuses et travailleurs accidentés ou malades (UTTAM), tiennent une vigie de 59 heures devant l’Assemblée nationale de 6 h le lundi 31 mai jusqu’à 17 h le mercredi 2 juin. Ils exigent des bonifications majeures au projet de loi 59 actuellement à l’étude au parlement.

          Tout en respectant les mesures sanitaires, les militants réunis jour et nuit lancent un cri du cœur aux députés qui étudient la réforme en santé-sécurité du travail. Il est inacceptable qu’après des décennies d’attente, le Québec accouche d’un projet de loi aussi décevant qu’incomplet, qui va faire de grands oubliés pour longtemps, si les élus ne corrigent pas le tir maintenant.

          • Comment le gouvernement peut-il justifier auprès de celles et ceux qui font partie des groupes prioritaires – un modèle à suivre en matière de prévention – que désormais ces groupes n’existeront plus ? La santé-sécurité devra être négociée localement. Actuellement, des représentants syndicaux bénéficient du temps nécessaire afin d’assainir leurs milieux de travail et régler des situations dangereuses. Le modèle actuel ne doit pas être aboli. Il doit plutôt être appliqué à tous les secteurs d’activité.
          • Comment le gouvernement peut-il remettre en cause l’importance du paritarisme en matière de santé-sécurité ? Les instances qui discutent de SST doivent être paritaires. Pourquoi les employeurs pourraient-ils obtenir le droit de remplacer ou d’abolir les comités locaux en SST pour créer des comités multiétablissements, sans l’accord préalable de la partie syndicale ?
          • Comment le gouvernement pense-t-il régler les problématiques liées à la santé psychologique au travail s’il n’y a pas une application des mécanismes de prévention rigoureuse dans l’ensemble des milieux de travail du Québec ? Par ailleurs, des balises claires doivent encadrer le télétravail et statuer sur le droit à la déconnexion.

          Mentionnons aussi que ce projet de loi prévoit de nombreux reculs injustifiés aux droits des victimes d’accidents et de maladies du travail en matière d’indemnisation et de réadaptation qui généreront des économies de 4,3 milliards de dollars, sur leur dos, pour les dix prochaines années.

          Le projet du gouvernement s’apparente à un saupoudrage de quelques avancées en prévention, alors que l’essentiel n’est en fait que poudre aux yeux. Pourtant, le droit de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs du Québec, c’est d’œuvrer dans des environnements de travail sains où les dangers sont identifiés et éliminés à la source. En 2021 et pour l’avenir, il faut des représentants syndicaux à la prévention qui disposent de suffisamment de temps pour enquêter et corriger les lacunes dans tous les milieux de travail. C’est non négociable.

          La colère est d’autant plus vive que, depuis des mois, les organisations syndicales et nombre d’organisations de la société confirment que ce projet de loi va laisser le Québec en queue de peloton des États nord-américains en matière de prévention avec, en plus, un risque de judiciarisation accrue. L’engorgement des tribunaux, déjà problématique, ne fera que s’accentuer. Il faut précisément viser l’objectif contraire.

          Si le projet de loi 59 promet des économies aux employeurs du Québec, ce sont les accidentés et les malades du travail qui vont faire les frais de cette réforme. Ce n’est pas avec des demi-mesures en prévention et des reculs pernicieux en réparation et en soutien aux victimes d’accidents ou de maladies du travail que cette réforme fera progresser le Québec. Sans un sérieux coup de barre, le projet de loi 59 ne permettra pas à notre société de briller parmi les meilleures.

          Le personnel de soutien scolaire affilié à la FEESP–CSN est en grève, les écoles sont fermées!

          Les 35 000 membres CSN du personnel de soutien dans les centres de services scolaires francophones et les commissions scolaires anglophones sont en grève aujourd’hui à partir de midi, jusqu’à demain midi, le 27 mai, partout dans la province. Le recours à la grève est lié à l’absence de volonté du gouvernement Legault d’offrir des conditions salariales justes et équitables au personnel de soutien scolaire, ainsi qu’à sa vision obtuse du milieu de l’éducation.

          Le personnel de soutien, essentiel aux conditions d’apprentissage des élèves
          « Nous ne souhaitions pas en arriver là, mais, dans les circonstances, nous n’avons pas le choix de déclencher la grève », mentionne Annie Charland, présidente du secteur scolaire FEESP–CSN. « Lorsqu’il y a une pénurie de personnel de soutien dans les écoles, ce sont les conditions d’apprentissage des élèves qui en souffrent. Le gouvernement Legault doit comprendre qu’il y a une multitude de corps d’emploi qui soutiennent l’ensemble des élèves. La grève du personnel de soutien démontre qu’une école ou un centre de services scolaire ne peut même pas ouvrir ses portes sans nous. Pas de service de garde, pas d’entretien, pas de secrétariat, pas de soutien direct aux élèves. C’est tout ça, l’absence du personnel de soutien », renchérit Mme Charland.

          « Le travail du personnel de soutien scolaire au quotidien est fondamental. Dès le début de la crise sanitaire, il a été au front pour soutenir les travailleuses et les travailleurs essentiels, notamment par la mise en place des services de garde d’urgence. Pourtant, malgré le caractère essentiel de leur apport à la société, la reconnaissance gouvernementale n’est toujours pas au rendez-vous », signale Nathalie Arguin, présidente de la FEESP–CSN. « S’il est vrai que le premier ministre veut faire de l’éducation une priorité, il doit réfléchir l’école en tenant compte de l’ensemble du personnel et non pas seulement en fonction de ses priorités électorales », rajoute Mme Arguin.

          Pour les travailleuses et les travailleurs de soutien scolaire, la question salariale revêt un caractère particulièrement important, puisque la grande majorité d’entre eux gagne moins que le salaire moyen du Québec. Souvent contraint à jongler avec des horaires brisés sur l’ensemble de la journée et, dans la plupart des cas, à temps partiel, une grande part du personnel de soutien gagne moins de 25 000 $ par année.

          Un gouvernement qui fait passer le béton avant les humains
          « Le 2 mai dernier, en voulant justifier ses maigres augmentations salariales de 5 % sur trois ans, M. Legault nous a ramené la même cassette, qui revient à chaque négociation : le Québec n’a pas la capacité de payer davantage pour ses services publics. Deux semaines plus tard, le 17 mai, il annonçait en grande pompe des investissements de 10 milliards pour creuser un tunnel entre Québec et Lévis. C’est la démonstration ultime que la gestion des finances publiques, c’est une question de choix. Et présentement, en refusant de reconnaître les besoins criants des réseaux, le gouvernement choisit de priver les Québécoises et les Québécois des services auxquels ils ont droit », conclut Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

          Le gouvernement Legault a-t-il déjà renoncé aux recommandations du rapport Laurent?

          Quelques semaines après avoir assuré que les recommandations du rapport Laurent seraient mises en application, le gouvernement Legault continue d’agir en contradiction avec les principales recommandations de ce rapport. Avec ce qui s’est passé cette semaine, c’est à se demander pourquoi on a investi autant de temps, d’énergie et d’argent sur cette commission.

          Le gouvernement interdit l’affichage de postes d’intervenantes!
          Tout récemment, on apprenait que le ministère de la Santé et des Services sociaux interdit aux établissements de pourvoir les postes vacants ou d’ouvrir des postes pour plusieurs services de première ligne, on y énumère notamment, les services suivants : « jeunes en difficulté ; dépendances/itinérance ; déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme et déficience physique ; programme de soutien aux organismes communautaires ; services sociaux généraux ainsi que services mère-enfant ».

          Il nous apparait pour le moins paradoxal que d’un côté, on affirme vouloir agir en prévention, en amont des problèmes vécus par les familles, afin d’éviter qu’on se tourne vers les « services d’urgence » des Centres Jeunesse et de l’autre côté, on empêche la création et l’affichage de postes dans les services de prévention ou en réadaptation. Comment instaurer « une société bienveillante envers les enfants et les jeunes » comme le souhaite le rapport Laurent, sans agir et réinvestir massivement à tous les niveaux; que ce soit dans les services de prévention, les services sociaux et les services en santé mentale de première ligne et en réadaptation ?

          Le gouvernement agit ainsi pour empêcher les intervenantes et les intervenants des centres jeunesse de changer de poste. Il tente de freiner l’exode massif des intervenantes. Il est vrai que les conditions de travail actuelles, les surcharges de travail, l’augmentation des charges de cas, la complexité croissante des dossiers, les listes d’attente qui s’allongent et la pression vécue dans les services à la protection de la jeunesse font en sorte que plusieurs songent à quitter ce contexte insoutenable et d’aller travailler ailleurs. C’est parfois la seule façon de survivre et d’éviter les départs en maladie. La solution devrait logiquement passer par l’amélioration des conditions de travail et de pratique en centres jeunesse.

          Finalement, revenons sur ce qui se passe à la table de négociation. En présence du Secrétariat du Conseil du Trésor, nous y négocions les revendications sectorielles de la catégorie des techniciens et professionnels en santé et services sociaux qui sont au cœur de tous les services à la jeunesse.

          À cette table, le gouvernement propose des pistes de solutions mur à mur, sans égard aux réalités vécues dans les milieux inuits et autochtones. Pourtant, un chapitre complet du rapport de la commission Laurent est consacré à cette réalité. À la FSSS–CSN, nous partageons la plupart des constats et des recommandations du rapport Laurent à cet égard. La FSSS–CSN est fière de représenter le personnel œuvrant en santé et services sociaux, notamment dans le Grand Nord. Elle se bat pour instaurer des conditions de travail adaptées aux communautés autochtones et inuit. Un élément majeur ressorti dans ce rapport concerne justement les différences importantes entre le travail d’intervention dans le « sud » et dans le « nord » du territoire. Pour répondre aux enjeux spécifiques des communautés autochtones et inuit, il faut absolument développer des solutions qui tiennent compte de leurs spécificités.

          Or le gouvernement ferme jusqu’à maintenant la porte et nous sommes forcés de constater que les solutions qu’il propose sont insuffisantes, même pour les centres jeunesse. Il est également regrettable de voir que le dossier des centres jeunesse est abordé en vase clos, comme si les difficultés et le sous-financement des autres secteurs n’avaient aucun impact sur la situation déplorable vécue en protection de la jeunesse.

          ***

          Il nous apparait évident que le gouvernement devrait dès maintenant réinvestir massivement et démontrer un réel engagement pour offrir des conditions attrayantes pour les intervenant.es et des mesures permettant de retenir celles et ceux qui sont déjà en place. Malheureusement, actuellement, ce qu’il met sur la table ne répond en rien aux besoins des techniciennes et techniciens et professionnel-les en santé et services sociaux. On peut même qualifier ces offres de méprisantes, tandis que la négociation des conventions collectives traîne depuis plus d’un an et demi. Ce qu’il nous propose principalement, ce sont des reculs : le gouvernement choisit de forcer les intervenantes à travailler plus d’heures. Il souhaite ouvrir 500 postes dans les centres jeunesse, mais qui ira pourvoir ces postes dans les conditions actuelles ?

          Nous, les intervenantes et intervenants, sommes témoins au quotidien du désastre où nous ont menées la réforme Barrette avec ses les politiques d’austérité et les compressions dans les services sociaux. Les services sociaux sont dans l’angle mort du réseau depuis si longtemps qu’aujourd’hui, le statu quo est intenable.

          Pour le véritable bien de tous les jeunes du Québec, il faut que le gouvernement revoie son approche. Déterminées, nous ne baisserons pas les bras. Il y a urgence d’agir, maintenant.

          Le gouvernement doit répondre aux recommandations du rapport Laurent dans la négociation

          La Fédération des professionnèles de la CSN (FP-CSN) a dévoilé aujourd’hui une courte vidéo pour illustrer les contradictions qui persistent dans la façon qu’est traité le personnel des centres jeunesse. Le rapport de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse confirme plusieurs problématiques dénoncées depuis de nombreuses années par la fédération. La négociation qui se poursuit dans le secteur public est l’opportunité d’agir sur les conditions de travail et de pratique. La FP-CSN réclame du gouvernement Legault la mise en place de mesures concrètes.

          Le but de la Fédération des professionnèles, en diffusant cette courte vidéo sur les réseaux sociaux, est de révéler l’incohérence par rapport au manque de ressources pour mieux outiller et pour protéger tout le personnel qui œuvre auprès de la jeunesse. L’inspiration est tirée du rapport alors qu’un extrait présente la position d’un policier qui affirmait à une intervenante que « vous autres, c’est quand même drôle parce que vous vous en aller dans des milieux que nous, on y va armés, à deux, trois policiers, puis vous autres, vous arrivez avec vos pads puis vos crayons. »

          « Alors qu’il a devant lui la possibilité de mettre en place des solutions, le gouvernement Legault attend-il un autre drame pour agir, questionne Danny Roy, responsable de la négociation à la FP-CSN? La logique que l’on applique aux différents services d’urgence devrait aussi s’appliquer en intervention jeunesse », ajoute-t-il.

          La FP-CSN, en point de presse devant le centre jeunesse du Mont d’Youville, à Québec, réclame des actions rapides du gouvernement et s’étonne que ce dernier ne soit pas plus actif, alors que la négociation permettrait d’introduire de meilleures pratiques dans l’ensemble du réseau. « Nos membres en ont soupé des projets-pilotes. Maintenant, nous devons aller de l’avant. Ce n’est pas très compliqué ce qu’on demande pour améliorer les choses, explique M. Roy. Il faut offrir un réel soutien aux intervenantes, une prime équivalente à celle qui est offerte en urgence hospitalière et cinq jours de congés pour pouvoir prendre du repos lors des moments difficiles. Il est aussi grand temps que nos intervenantes aient accès à de la co-intervention ».

          Inquiet de voir qu’une commission spéciale était nécessaire pour mettre la lumière sur leurs conditions de travail difficiles, Martin Gaudreault, responsable de secteur au centre jeunesse de Québec pour le Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux Capitale-Nationale (SPTSSS), travaille d’arrache-pied avec ses collègues pour sensibiliser la population et la partie patronale afin que des changements soient apportés.

          « Le rapport fait très bien état des difficultés à garder en poste les intervenantes et les intervenants en raison des conditions de travail qui se dégradent. Ce constat, nous le vivons quotidiennement. Nos collègues sont en épuisement professionnel, les postes vacants prennent plus de temps à être pourvus et les plus jeunes salarié-es qui arrivent se réorientent rapidement et quittent le secteur, dénonce M. Gaudreault. Répondre positivement aux solutions que nous mettons sur la table nous donnerait un nouveau souffle », conclut-il.

          Les prochaines semaines laisseront place à davantage d’actions de mobilisation pour faire débloquer les budgets.

          La plus récente séance de négociation, tenue le mercredi 19 mai, a permis à la FP-CSN de constater, une fois de plus, que les mandats du gouvernement sont donnés au compte-gouttes à leurs négociateurs, et ce, malgré une invitation claire du premier ministre d’en arriver à des ententes au courant du mois de mai. Le manque de volonté et de ressources de la partie patronale n’indique pas un règlement rapide.

          Lien vers la vidéo publiée sur les réseaux sociaux : https://www.facebook.com/fpcsn/

          Le DEC en soins infirmiers, plus pertinent que jamais 

          En prévision des États généraux de la profession infirmière organisés par l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) et en tant que principale représentante syndicale des enseignantes de Soins infirmiers, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) souhaite réaffirmer la pertinence du diplôme d’études collégiales (DEC) comme condition d’entrée dans la profession infirmière.

          La Fédération est soucieuse que les études permettant d’exercer cette dernière demeurent accessibles tant régionalement que financièrement et personnellement, ce que permet le DEC en Soins infirmiers. Bien que la FNEEQ encourage la poursuite des études au niveau universitaire, la comparaison avec les formations des autres provinces et pays doit, selon elle, cesser : le Québec est le seul endroit à avoir mis sur pied un réseau collégial relevant de l’éducation supérieure. Les programmes offerts dans les cégeps ne constituent donc pas une simple prolongation de l’école secondaire, mais bien un ordre d’enseignement distinct reconnu pour la complexité des compétences et des connaissances qui y sont enseignées.

          Pour la FNEEQ, une valorisation du DEC passe d’abord par la reconnaissance de sa qualité. Le contexte actuel de pandémie a d’ailleurs permis de mettre en lumière le caractère incontournable du réseau collégial dans la formation des infirmières. Si le niveau de préparation des nouvelles diplômées est adéquat, entre autres à cause des compétences acquises, des heures de laboratoire et de stage, et de l’accompagnement dont elles ont bénéficié pendant leurs études, la Fédération est tout de même d’avis qu’une révision en profondeur du programme s’impose afin d’actualiser le champ d’exercice occupé par les infirmières.  

          « Nous pensons qu’une révision du programme doit cependant mettre au jeu les enseignantes de Soins infirmiers des cégeps. La création d’un comité national de programme permettrait d’ailleurs que l’expertise du personnel enseignant soit constamment prise en considération », souligne Yves de Repentigny, vice-président et responsable du regroupement cégep de la FNEEQ-CSN.

          En terminant, la FNEEQ rappelle que le rôle du cégep (ou même de l’université) est de s’assurer que les étudiantes aient les compétences nécessaires lorsqu’elles arrivent dans la profession. Il ne peut se substituer au devoir des employeurs d’intégrer les nouvelles infirmières dans les milieux de travail et de dégager en cours de carrière les heures nécessaires à toute formation complémentaire pertinente. Ainsi, selon la Fédération, l’OIIQ devrait déployer son énergie à valoriser la profession infirmière en s’attaquant au cœur du problème, c’est-à-dire aux conditions d’exercice, que ce soit dans l’organisation du travail et des soins ou par des mesures d’insertion professionnelle.

          Sans nous, les cégeps ferment leurs portes

          Les syndicats représentant le personnel de soutien dans les cégeps entament aujourd’hui trois journées consécutives de grève, partout au Québec. Ils constatent que, malgré les sorties médiatiques du premier ministre qui dit vouloir en arriver rapidement à une entente, les représentants patronaux ne se sont pas engagés dans le mouvement et n’ont toujours pas les mandats nécessaires pour négocier de réelles améliorations, tant sur le plan des conditions de travail que sur celui des salaires.

          Des patrons qui ne sont pas au rendez-vous de la négociation
          « Depuis l’annonce du premier ministre, le 2 mai dernier, les représentants patronaux n’ont donné que très peu de disponibilités. Après quelques séances prometteuses, ils ont quitté la table », mentionne Martine Moreau, présidente du Secteur soutien cégeps FEESP-CSN. Leur attitude n’a finalement pas réellement changé, si on se réfère à ce que nous avons observé dans la dernière année. Pour les satisfaire, nous devrions accepter leurs demandes de reculs, ce qui aurait pour effet d’augmenter la précarité du personnel; c’est donc totalement inacceptable pour nous! Pour réussir à attirer le personnel dans les cégeps, il faut donner de bonnes conditions de travail à celles et ceux qui viennent d’y commencer leur carrière. Ce sont les conditions d’apprentissage des étudiantes et des étudiants qui sont en jeu », ajoute-t-elle.

           Des conditions de travail pour l’avenir du réseau collégial
          « Le gouvernement se magasine des problèmes pour le futur, s’il continue de négliger les membres du personnel de soutien dans les cégeps, car le réseau collégial leur doit son bon fonctionnement. C’est nous qui nous occupons de garder les bâtiments en bon état et qui assurons le soutien à l’enseignement », signale Nathalie Arguin, présidente de la FEESP-CSN. « Nous le disons souvent et depuis longtemps : le gouvernement doit cesser d’avoir les yeux rivés sur seulement deux ou trois titres d’emploi et considérer les réseaux dans leur ensemble. S’il ne le fait pas, les pénuries de personnel dans les cégeps vont augmenter et elles auront inévitablement des impacts sur la qualité de l’enseignement supérieur », renchérit-elle.

           Des services publics portés par l’ensemble des travailleuses et des travailleurs
          « C’est déplorable que le gouvernement refuse toujours d’agir pour relever les services publics. En ramenant encore une fois, et ce, depuis plus d’un an et demi, les mêmes offres insuffisantes d’augmentations salariales de 5 % sur trois ans, il nous fait la démonstration qu’il ne saisit pas l’ampleur de la crise qui sévit dans les réseaux. On le disait déjà en 2019, et, malheureusement, on doit le répéter encore aujourd’hui : il manque de monde partout pour assurer les services à la population. Pour remédier à la situation, il faut améliorer significativement les conditions de travail et les salaires des travailleuses et des travailleurs des services publics. C’est urgent! », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

          Négo bloquée : Les syndicats prêts pour la grève dès le début juin

          Depuis quelques jours, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) représentant 110 000 salarié-es du réseau public, de toutes les catégories de personnel, détient le mandat d’exercer la grève, et ce jusqu’à une durée illimitée, si nécessaire. Face à une négociation bloquée depuis plus d’un an, la FSSS–CSN mène aujourd’hui des coups d’éclat partout au Québec et annonce entreprendre les préparatifs pour une grève qui sera déclenchée au début du mois de juin, si cela s’avère nécessaire

          « J’ai entendu M. Legault dire que sa patience avait des limites. Disons que les travailleuses et des travailleurs du réseau public, après l’année qu’on a vécue, nous sommes encore plus impatients que lui d’améliorer nos conditions de travail. Depuis plus d’un an, on présente nos solutions en négociation aux représentants du gouvernement, on propose des alternatives, mais il les ignore », déplore le président de la FSSS–CSN, Jeff Begley.

          « En plus de ne pas négocier sérieusement, le gouvernement rajoute l’insulte à l’injure en balançant des faussetés en conférence de presse, poursuit-il. Il ne nous offre pas des augmentations de 8 % sur 3 ans, mais bien de 5 %. Il n’offre pas un redressement salarial de 23 % aux préposé-es aux bénéficiaires (PAB) et aux auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS), mais plutôt des primes pour certains PAB, et ce, uniquement en CHSLD. De plus, le gouvernement veut que nous renoncions au maintien de l’équité salariale pour ces catégories d’emploi et aux sommes importantes qui leur sont dues depuis plusieurs années. On est très loin du coup de barre nécessaire dans ce réseau ». Rappelons que la CSN revendique des augmentations de salaire en montant fixe ayant un impact plus marqué pour celles et ceux qui gagnent le moins dans les services publics. La CSN demande une augmentation de 2 $ l’heure, pour 2020 et de 0,75 $ l’heure pour 2021 et 2022.

          Pour la FSSS–CSN, la balle est clairement dans le camp du gouvernement. « Après 68 rencontres de négociation sur les conditions de travail propre au réseau de la santé et des services sociaux, les négociateurs du gouvernement connaissent bien les attentes des travailleuses et des travailleurs. On pourrait faire beaucoup de progrès rapidement à la table de négociation, si le gouvernement le voulait vraiment explique la vice-présidente de la FSSS–CSN, Josée Marcotte. Nous avons proposé des pistes concrètes, notamment pour renforcer la santé et la sécurité au travail, favoriser la conciliation famille-travail-études, diminuer les heures supplémentaires, éliminer les surcharges de travail. Ce sont des priorités pour nos membres. Il va falloir que toutes et tous trouvent leur compte dans une entente. ».

          Vers la grève en santé et services sociaux
          Les syndicats de la FSSS–CSN se préparent à exercer la grève dès le début du mois de juin. Ils pourront exercer un rapport de force inédit dans le secteur de la santé et des services sociaux en vertu d’une récente décision du Tribunal administratif du travail ayant notamment pour effet de mettre le personnel cadre à contribution dans le maintien des services essentiels, en remplaçant des grévistes dans les divers services et unités de soins.

          « Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous en sommes rendus là, mais nous sommes maintenant prêts à recourir à ce moyen ultime si cela s’avère nécessaire. Le gouvernement a encore l’opportunité de s’activer aux tables de négociation afin de conclure une entente et éviter la grève. L’heure n’est plus aux mercis en conférence de presse, mais à une véritable reconnaissance en se donnant la peine de régler des problèmes qui minent notre quotidien et convenir de solutions qui auront un impact positif pour les services à la population ».

          Les conventions collectives du secteur public sont échues depuis le 31 mars 2020.

          Le personnel de soutien scolaire affilié à la FEESP–CSN annonce 2 demi-journées de grève en mai

          Exaspérés par le blocage des négociations, les 35 000 membres CSN du personnel de soutien dans les centres de service scolaire francophones et les commissions scolaires anglophones annoncent qu’ils seront en grève à compter de midi le 26 mai jusqu’à la même heure le 27 mai, et ce, partout dans la province.

          Au cours des dernières semaines, les syndicats du Secteur scolaire affiliés à la FEESP–CSN se sont dotés, en assemblées générales, de mandats de débrayage de cinq jours à exercer au moment jugé opportun.

          Des demandes patronales pour faire reculer nos conditions de travail
          « Ça fait plus d’un an que le personnel de soutien scolaire porte le réseau sur son dos », mentionne Annie Charland, présidente du Secteur scolaire FEESPCSN. « Dès le début de la crise sanitaire, nous avons été au front pour permettre la mise en place des services de garde d’urgence et assurer tout le travail supplémentaire de désinfection et d’entretien. Nous avons redoublé nos efforts pour pallier l’extrême fragilité de notre réseau, causé par des décennies de sous-financement. Or, les comités patronaux de négociation souhaitent tout de même imposer des reculs dans les conditions de travail du personnel de soutien, notamment en augmentant la précarité du personnel et en réduisant les droits des travailleuses et travailleurs. Tout ceci n’augure rien de bon pour les années à venir. Le gouvernement devrait en prendre acte plutôt qu’attendre que la pénurie de personnel fasse des dommages irréversibles », renchérit Mme Charland.

          Toujours ouverts à négocier
          « Lors de son annonce du 2 mai dernier, le premier ministre a annoncé vouloir régler les conventions collectives dans les prochaines semaines. C’est possible de le faire, signale Nathalie Arguin, présidente de la FEESPCSN. Mais le fait est que le personnel est épuisé et que la reconnaissance du gouvernement n’est pas là. Il se contente de quelques priorités ciblées et n’a pas de vue d’ensemble. Pourtant, on va se le dire franchement : sans le personnel de soutien, les élèves ne peuvent recevoir aucun service. Si le gouvernement cesse de regarder l’arbre qui cache la forêt et qu’il prend enfin acte de l’importance du personnel de soutien, je suis certaine que nous pouvons arriver rapidement à un règlement satisfaisant pour nos membres », rajoute-t-elle.

          Des services publics portés par l’ensemble des travailleuses et des travailleurs
          « L’ampleur de la crise actuelle dans les réseaux le démontre comme jamais; pour que la population ait accès à des services de qualité, il faut remédier au plus vite aux graves problèmes d’attraction et de rétention qui sévissent dans tous les secteurs », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

          « Depuis quelques semaines, M. Legault tente de manipuler l’opinion publique à coup de campagne publicitaire. En maquillant les chiffres, il essaie de faire croire à la population que ses offres sont généreuses. Dans les faits, ce que son gouvernement propose actuellement, c’est 5 % sur trois ans. C’est insuffisant pour réussir à freiner l’exode du personnel », conclut Mme Senneville.

          L’APTS, la CSN, la CSQ et la FTQ répondent publiquement à la campagne publicitaire trompeuse du gouvernement Legault

          Représentant près de 400 000 travailleuses et travailleurs œuvrant quotidiennement en santé et services sociaux, en éducation et dans les organismes gouvernementaux, l’APTS, la CSN, la CSQ et la FTQ annoncent le déploiement d’une campagne publicitaire d’envergure interpellant le grand public sur l’insuffisance des offres du gouvernement de François Legault dans la présente négociation des conventions collectives touchant le secteur public.

          Sur le thème « Sans nous, il n’y a plus de services publics », la campagne lancée aujourd’hui par les organisations syndicales dénonce les faussetés colportées par le gouvernement Legault à propos des syndicats et de ses offres, tout en invoquant l’insuffisance de la proposition salariale actuelle de 5 % d’augmentation, échelonnée sur trois ans, pour toutes les travailleuses et tous les travailleurs qui se dévouent au quotidien pour la population du Québec. Les organisations syndicales considèrent que le gouvernement maquille la vérité dans l’objectif de cacher la faiblesse de ses offres à l’endroit du personnel œuvrant dans les services, composé d’une forte majorité de femmes. « Les travailleuses et les travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation et des organismes gouvernementaux sont les piliers des services publics. Le gouvernement n’écoute pas les signaux d’alarme que nous lançons depuis plusieurs années. De toute évidence, le premier ministre François Legault ne prend pas la pleine mesure de la crise qui sévit dans les différents réseaux responsables d’offrir des services à la population, et nous n’avons d’autre choix que de lancer un cri du cœur pour les milliers de femmes et d’hommes qui portent nos établissements sur leurs épaules, chaque jour. Sans nous, tout s’écroule. Notre message au gouvernement est sans équivoque : la vraie reconnaissance de nos emplois passe par un salaire juste et équitable et de meilleures conditions de travail », clament les porte-parole de l’APTS, de la CSN, de la CSQ et de la FTQ.

          Des offres insuffisantes
          Malgré des négociations qui s’étirent depuis plus de 18 mois, l’APTS, la CSN, la CSQ et la FTQ constatent avec exaspération que le gouvernement reste campé sur ses positions de départ, sans donner de marge de manœuvre qui permettrait une véritable négociation. « Alors que la pandémie est venue mettre en lumière l’extrême fragilité des réseaux, monsieur Legault et ses ministres s’entêtent à vouloir imposer leurs seules priorités électorales; des priorités déconnectées de la crise qui sévit dans l’ensemble des secteurs des services publics. Pour défendre ses offres d’augmentation insuffisantes de 5 %, échelonnées sur trois ans, soit les mêmes offres présentées par Québec en décembre 2019, le gouvernement se rabat sur son argument ultime, celui que réitèrent les décideurs lors de chaque négociation : la capacité de payer des Québécoises et Québécois. Pourtant, la vraie question à se poser n’est-elle pas : le Québec a-t-il les moyens de se priver de services publics accessibles et de qualité? Parce que, sans nous, il n’y a plus de services publics », concluent les représentants des organisations syndicales.

          Les publicités seront diffusées à partir du 12 mai sur les ondes radio, télé ainsi que dans les médias imprimés et numériques.

          Pour plus de détails sur la campagne de l’APTS, de la CSN, de la CSQ et de la FTQ : https://sansnouspasde.quebec/.

          15 000 enseignantes et enseignants (FNEEQ–CSN) exigent mieux pour le réseau collégial 

          Alors que le gouvernement Legault continue de multiplier les opérations de communication concernant la négociation du secteur public, les enseignantes et enseignants de cégep des syndicats affiliés à la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQCSN) entament une grève dès ce midi, et ce, jusqu’à jeudi midi. Pour elles et eux, plutôt que de miser sur les relations publiques, ce dernier doit prendre acte des besoins dans le réseau collégial et cesser de gérer les services publics selon ses seules priorités électorales. 

          Des revendications pourtant cohérentes avec les objectifs du gouvernement 
          Les enseignantes et enseignants de cégep dénoncent le manque d’ouverture et le refus d’entendre le bien-fondé de nombreuses demandes, alors que celles-ci permettraient de contribuer à l’atteinte des objectifs en éducation du gouvernement.  

          « Le manque d’écoute et de mouvement de la partie patronale est difficile à comprendre. Nos revendications apportent des solutions à des enjeux bien réels pour le réseau collégial. À titre d’exemple, la formation continue permet de former des éducatrices en CPE, des infirmières et des techniciennes et techniciens du réseau de la santé ou encore des techniciennes et techniciens en ingénierie tout comme plusieurs autres professionnel-les dispensant des services à la population et participant même à la relance économique. Or, enseigner à la formation continue, c’est donner le même cours qu’un enseignant au régulier pour 50 % du salaire. Ce n’est pas attrayant et nous allons avoir de plus en plus de difficulté à attirer des personnes qualifié-es pour assurer ces formations. Il nous semble que c’est une logique que le gouvernement peut comprendre et surtout en fonction de laquelle il peut voir l’importance de débloquer les ressources nécessaires afin de rehausser la rémunération des chargé-es de cours à la formation continue », explique Yves de Repentigny, vice-président responsable du regroupement cégep de la FNEEQ. 

          Une situation similaire touche les programmes de techniques lourdes de la santé, où le manque de ressources alourdit considérablement la tâche et complique l’attraction d’infirmières enseignantes, par exemple, et ce, alors que qu’il s’agit de disciplines en grande demande et en situation de pénurie dans le réseau de la santé. Les enseignantes et enseignants revendiquent que des sommes supplémentaires soient débloquées afin de corriger la situation actuelle. 

          Autre revendication majeure : l’ajout de ressources afin de mieux encadrer les étudiantes et étudiants en situation de handicap et ceux avec faible moyenne générale au secondaire. « Les cohortes qui entreront dans nos collèges sont les élèves de 4e et 5e secondaire de cette année, soit les plus affectés par la pandémie. Les retards s’avéreront importants et les ressources devront être au rendez-vous pour les soutenir; c’est, encore là, un objectif de diplomation post-secondaire cohérent avec les volontés du gouvernement. Bref, nous invitons François Legault à se détacher de ses priorités électorales et à faire preuve de vision pour l’ensemble des enjeux en éducation », ajoute Yves de Repentigny 

          La liberté académique (liberté d’enseignement, liberté de recherche et de création, liberté d’expression) est protégée et reconnue pour les professeur-es et chargé-es de cours à l’université. Or, même si les enseignantes et enseignants du réseau collégial font partie de l’enseignement supérieur, il n’existe rien de tel dans leur convention. C’est une situation qui s’avère problématique et qui mérite d’être corrigée dans le cadre de l’actuelle négociation.

          Cette importante mobilisation a également pour objectif de rappeler au gouvernement qu’il doit redresser la barre en matière de rémunération dans les services publics, où l’on trouve notamment une très forte proportion de travailleuses. Pour y arriver, la CSN revendique un mécanisme de protection du pouvoir d’achat et des augmentations de 2$ de l’heure la première année de la convention ainsi que le montant le plus avantageux entre 0,75 $ de l’heure ou 2,2 % pour les deux années subséquentes. 

          Le secteur public de la CSN a maintenant tous ses mandats de grève 
          « Aujourd’hui, c’est le début d’un vaste mouvement à la CSN, alors que des mandats de grève ont été adoptés dans tous les secteurs que nous représentons dans les services publics. Par ce mouvement, les travailleuses et les travailleurs de la santé et des services sociaux, de l’éducation et des organismes gouvernementaux expriment qu’ils en ont marre d’entendre le premier ministre dire qu’il a été patient, alors que son gouvernement reste campé sur ses positions depuis 2019. Nous voyons très clairement, qu’en ce moment, celui-ci préfère investir l’argent des contribuables dans des campagnes de publicité pour vanter son offre, au lieu de l’investir là où il doit l’être : dans les services à la population », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

          « Aucune stratégie de relations publiques, ni aucune campagne publicitaire ne pourront mettre en veilleuse ce que l’on sait trop bien et que l’on répète depuis le début de la négociation : il est urgent d’améliorer les salaires et les conditions de travail dans les services publics, car il y a des graves problèmes de surcharge, d’attractivité et de rétention de la main d’œuvre. Le gouvernement doit donner un coup de barre, sans quoi nous continuerons d’en payer collectivement le prix », conclut Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal-métropolitain-CSN. 

          Le personnel de soutien des cégeps affilié à la FEESP-CSN annonce 3 journées consécutives de grève en mai

          Exaspérés par le blocage des négociations, les syndicats représentant le personnel de soutien dans les cégeps annoncent qu’ils seront en grève du 19 au 21 mai inclusivement, partout dans la province. Au cours des dernières semaines, les assemblées générales des syndicats du Secteur soutien cégeps affiliés à la FEESP-CSN, représentant près de 6300 membres, se sont dotés de mandats de débrayage de cinq jours à exercer au moment jugé opportun.

          Des demandes patronales pour faire reculer nos conditions de travail
          « Le gouvernement ne le dit pas dans ses conférences de presse, mais la partie patronale nous a déposé des demandes de reculs dans nos conditions de travail. Ainsi, non seulement il nous offre des montants insuffisants en termes de salaire, mais ses demandes feraient en sorte d’augmenter la précarité d’emploi vécue par beaucoup de nos membres », mentionne Martine Moreau, présidente du Secteur soutien cégeps FEESP-CSN. « Depuis des mois, nous nous présentons à la table de négociation et les représentants patronaux ne font que répéter leurs demandes et ne démontrent aucune ouverture aux priorités du personnel de soutien. En ce moment, nous n’assistons pas à un processus de négociation, mais plutôt à une tentative d’imposer unilatéralement des reculs sur les conditions de travail », ajoute-t-elle.

          2-3 semaines pour régler
          « Lors de son annonce du 2 mai dernier, le premier ministre a annoncé vouloir régler les conventions collectives dans les prochaines semaines. Nous nous inscrivons dans cette volonté », signale Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP-CSN. « Toutefois, encore faut-il que le gouvernement adopte une vue d’ensemble quant aux différentes situations et problématiques ayant cours dans les secteurs public et parapublic, notamment dans les cégeps, où la pénurie de personnel se fait déjà sentir dangereusement pour les classes d’emploi de soutien. Il est encore temps d’agir et nous sommes prêts à négocier jour et nuit s’il le faut! »

          Des services publics portés par l’ensemble des travailleuses et des travailleurs
          « M. Legault doit cesser de tout regarder à travers le seul prisme de ses priorités électorales. L’ampleur de la crise actuelle dans les réseaux le démontre comme jamais; pour que la population ait accès à des services de qualité, il faut remédier au plus vite aux graves problèmes d’attraction et de rétention qui sévissent dans tous les secteurs. Et ce n’est pas avec 5 % d’augmentation salariale sur 3 ans et des investissements insuffisants pour les conditions de travail qu’on va y arriver », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN. 

           Notons qu’à ce stade, seulement les membres du Secteur soutien cégeps affiliés à la FEESP-CSN seront en grève. Les autres secteurs et regroupements de la FEESP-CSN sont encore en consultation sur un mandat identique de 5 jours de grève à exercer au moment jugé opportun.

           Profil du Secteur soutien cégeps de la FEESP-CSN
          Le Secteur soutien cégeps regroupe près de 6300 membres (39 accréditations) répartis dans 34 établissements collégiaux et un centre informatique, situés dans onze régions administratives sur les treize que compte le Québec. Il représente notamment les manœuvres, l’ensemble du personnel technique (travaux pratiques, administration, informatique, etc.), les agentes et agents de soutien administratif ainsi que les ouvrières et ouvriers spécialisés. Le Secteur soutien cégeps est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics de la CSN.

          Liste des syndicats concernés

          Syndicat du personnel de soutien du Cégep de Baie-Comeau CSN
          Syndicat des employés de soutien du Cégep de Sept-Îles (CSN)
          Syndicat du personnel de soutien du Cégep de la Gaspésie et des Îles à Gaspé
          Syndicat des employé-e-s du Centre spécialisé en pêches de Grande-Rivière (CSN)
          Syndicat des employés de soutien du Cégep des Îles (CSN)
          Syndicat des employés et employées de soutien du Campus de Carleton-sur-Mer
          Syndicat des employés(es) de soutien du CEGEP de l’Outaouais – CSN
          Association soutien du Collège Héritage (Heritage College Support Staff Association) CSN
          Syndicat du personnel de soutien du Cégep régional de Lanaudière-CSN
          Syndicat du personnel de soutien du Collège Lionel-Groulx
          Syndicat des employés(es) de soutien du Cegep de St-Jérôme
          Syndicat des employés et employées du Cégep du Vieux Montréal (CSN)
          Syndicat des employés du Cégep Rosemont CSN
          Syndicat des employé(e)s de soutien du C.E.G.E.P. de Saint-Laurent
          Syndicat des employés du Cégep Montmorency (CSN)
          Syndicat des employés de soutien du Cégep André Laurendeau (CSN)
          Syndicat des employées et employés du Collège Gérald-Godin – CSN
          Syndicat du personnel de soutien du Cégep de Lévis-Lauzon (CSN)
          Syndicat du personnel de soutien du Cégep de Sainte-Foy
          Syndicat du personnel de soutien du Collège de Limoilou
          Syndicat du personnel de soutien du Cégep Beauce-Appalaches – CSN
          Syndicat du personnel de soutien du Cégep de Rimouski (CSN)
          Syndicat national des employés du Cégep de Rivière-du-Loup
          Syndicat du personnel de soutien du Cégep de Matane (CSN)
          Syndicat du personnel de soutien du Cégep de La Pocatière
          Syndicat des employé(e)s de soutien du Cégep de Jonquière (CSN)
          Syndicat des employées et employés de soutien du Cégep d’Alma
          Syndicat des employés de soutien du Cégep de Saint-Félicien
          Syndicat des employé.es de service du Collège de Chicoutimi
          Syndicat des employé(e)s de soutien du Cégep de Sorel-Tracy (CSN)
          Syndicat des employé(e)s de soutien du Cégep de Saint-Hyacinthe (CSN)
          Syndicat des employés du Cegep St-Jean-sur-Richelieu
          Syndicat des employé(e)s de soutien du Cégep Champlain Campus St-Lambert (CSN)
          Syndicat des employé(e)s de soutien du Cégep de Drummondville (CSN)
          Syndicat des employés du Cégep de Trois-Rivières (CSN)
          Syndicat du personnel de soutien du Collège de Shawinigan

           

          Violence envers les femmes : il est grand temps d’agir

          OPINIONS / Il y a quelques semaines, le gouvernement québécois a annoncé un investissement de 223 millions de dollars pour lutter contre la violence conjugale envers les femmes. Cette annonce est tout à fait louable, car une femme qui vit une telle violence en est une de trop. C’est tout de suite, alors que le mois de mai est désormais le mois de la sensibilisation et de la prévention des agressions à caractère sexuel, que nous devons donner aux victimes un véritable accès aux services et à la justice afin de mieux les accompagner dans ces moments difficiles de leur vie.

          Nous, représentantes syndicales de la CSN qui sommes en contact avec beaucoup de travailleuses, constatons que l’actuelle succession de féminicides et la médiatisation du procès de Gilbert Rozon amènent plusieurs de nos membres à se confier à nous. Ces personnes nous racontent les violences vécues, que ce soit dans le cadre d’une relation intime ou au travail. Celles dont l’emploi n’est pas stable peinent encore plus à faire valoir leurs droits. Quand dénoncer peut rimer avec jeûner, elles y réfléchissent à deux fois avant de passer à l’acte.

          Larguées par le système
          Ces femmes qui nous interpellent nous disent souvent se sentir abandonnées par le système. Elles lui reprochent notamment de les laisser se débrouiller seules avec le cortège d’erreurs qui peut s’ensuivre ou de leur barrer tout simplement la route dans leur quête vers une véritable justice. Devant la difficulté de se faire entendre par cette justice trop imparfaite, plusieurs se tournent vers le tribunal du Web. Malheureusement, cette tribune qu’elles utilisent pour tenter de mettre un baume sur leurs plaies et faire la paix avec leur malheureuse expérience peut les plonger dans des situations périlleuses, comme le vivent actuellement les initiatrices de la page Facebook Dis Son Nom. Ces dénonciations sont toutefois pleines d’enseignement et traduisent une volonté de ces femmes de se libérer de leur boulet. Un vent de changement souffle! Ne fermons pas les yeux quand elles sortent de l’ombre pour dévoiler sur la place publique les préjudices qu’elles subissent. L’heure n’est plus aux études de toutes sortes : le gouvernement a le devoir d’agir et de leur offrir les moyens d’obtenir une vraie justice. Et il doit le faire maintenant.

          Écouter les femmes du terrain
          En avril 2019, un comité formé de spécialistes des questions de violences conjugale et sexuelle a été mandaté pour réfléchir à la question et y apporter des pistes de solution. Dans son rapport final dévoilé en décembre dernier, ledit comité a proposé 190 recommandations toutes plus pertinentes les unes que les autres pour contrer le fléau des violences à l’endroit des femmes. Parmi celles-ci, notons la mise en place d’un tribunal spécialisé en matière d’agressions sexuelles et de violence conjugale qui aurait comme tâche de développer une expertise et une approche particulières concernant ces questions omniprésentes dans notre société. Lors de la mise sur pied d’un groupe de travail visant à évaluer la faisabilité de cette recommandation phare du rapport, le ministre de la Justice Jolin-Barrette n’a pas cru bon d’intégrer à l’exercice les intervenantes de première ligne. Ce faisant, il n’entend que d’une oreille les vœux des autrices du rapport et des groupes de femmes œuvrant sur le terrain. Erreur! On ne bâtit pas une maison en négligeant les fondations et en commençant par le toit: ces groupes sont les mieux placés pour connaître les écueils rencontrés par les victimes de violences. S’en tenir à la recommandation telle que formulée aurait démontré une réelle intention de répondre aux revendications des femmes. Le ministre attache manifestement une grande importance à la lutte qu’il souhaite mener contre les violences faites aux femmes et pour une justice plus humaine et équitable. La reconnaissance de l’apport incontournable de femmes du terrain serait un grand pas dans la mise en action de ce rapport.

          Avec ces 190 recommandations, nous avons en main tous les outils pour que les femmes prises dans les filets de la violence sexuelle ou de la violence conjugale puissent emprunter la voie la mieux adaptée à leur situation. Grâce à une réelle volonté politique du gouvernement, elles pourront enfin bénéficier du grand principe du droit à l’égalité de traitement devant la loi.

          Annick Charette
          Secrétaire générale-trésorière de la Fédération nationale des communications et de la culture–CSN et plaignante dans le procès de Gilbert Rozon

          Caroline Senneville
          Vice-présidente de la CSN

          Katia Lelièvre
          Vice-présidente de la CSN

          Réforme des lois sur le statut de l’artiste: des engagements qui rassurent le secteur culturel

          L’APASQ, l’AQAD, l’ARRQ, la FNCC–CSN, la GMMQ, la SARTEC, TRACE, l’UDA et l’UNEQ saluent l’engagement des parlementaires de l’Assemblée nationale qui ont adopté aujourd’hui à l’unanimité la motion reconnaissant que les artistes ont été durement touchés par la pandémie et que leur travail exceptionnel doit être mieux encadré par une réforme en profondeur des Lois sur le statut de l’artiste.

          Constatant jour après jour, données concrètes à l’appui, que les deux lois actuelles ne parviennent pas à améliorer les conditions socio-économiques des artistes — alors que c’est leur raison d’être — les organisations réclament une révision majeure de ces lois depuis plusieurs décennies et ont déposé au ministère des Communications et de la Culture des mémoires détaillés allant tous dans ce sens, en février dernier.

          La pandémie ayant subitement aggravé une situation déjà extrêmement précaire pour les artistes, créateurs et professionnels de la culture, il y a, plus que jamais, urgence d’agir afin d’assurer la pérennité de notre culture et de permettre à celles et ceux qui lui donnent une âme de gagner leur vie adéquatement. Ainsi, nous sommes rassurés par les déclarations de la ministre Nathalie Roy qui s’est engagée, encore aujourd’hui, à respecter les promesses de son gouvernement de déposer un projet de loi et de régler cet enjeu durant son mandat actuel.

          En cette matière, notre regroupement, qui représente quelque 26 000 membres, réitère sans réserve son entière collaboration afin de mener à bien cette réforme essentielle dès maintenant. Les Lois sur le statut de l’artiste ont été conçues pour les artistes, qui sont les mieux placés pour connaître leurs réalités et leurs besoins.

          Nous sommes impatients de discuter avec la ministre Roy afin d’accélérer les travaux de son ministère, malgré la pandémie, pour aboutir à un dépôt de son projet de loi dès la rentrée de l’Assemblée nationale l’automne prochain, et nous comptons sur l’appui de tous les députés afin qu’une nouvelle loi soit promulguée avant les prochaines élections.

          Le personnel syndiqué des CPE de la FSSS–CSN accentue la pression

          Aux prises avec un problème aggravé de pénurie de main-d’œuvre, les travailleuses et les travailleurs des centres de la petite enfance, représentés par la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), se dotent de mandats forts partout au Québec, pour accentuer les moyens de pression sur le gouvernement Legault.

          «Ce gouvernement promet de créer de nouvelles places, mais sait très bien que cet objectif est inatteignable dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre qualifiée en CPE, exacerbée depuis un an par la pandémie. Une seule solution permettra de retenir ou d’attirer des ressources : de meilleures conditions de travail», explique logiquement Stéphanie Vachon, représentante du secteur des CPE à la FSSS–CSN.

          Or, au détriment des familles québécoises, les demandes patronales qui viennent d’être déposées à la table de négociation nationale s’inscrivent en parfaite contradiction avec la volonté de mettre un terme à la pénurie. «Les demandes formulées visent à presser le citron davantage et ainsi détériorer les conditions de travail de celles et ceux qui éduquent nos tout-petits. Cette stratégie contreproductive risquerait de décourager d’éventuelles recrues et de pousser vers la sortie les personnes épuisées et sous-payées qui tiennent le réseau à bout de bras », ajoute Stéphanie Vachon.

          Ainsi, au cours des prochaines semaines, les parents seront informés de l’escalade des moyens de pression et seront appelés à appuyer les travailleuses et les travailleurs des centres de la petite enfance dans leurs démarches pour bonifier et assurer la pérennité du réseau des CPE.

          Des demandes légitimes pour stopper la pénurie

          Les travailleuses et les travailleurs des centres de la petite enfance demandent, entre autres, une augmentation salariale équitable comparativement à une formation du même niveau dans le réseau de l’éducation. Aussi, elles souhaitent plus de moyens pour donner de meilleurs services aux enfants, dont du temps pour mieux planifier, pour remplir le dossier de l’enfant et pour soutenir les enfants à besoins particuliers. Il faut également faire respecter le ratio éducatrices/enfants en tout temps.

          «Avec le transfert prochain de 6 milliards de dollars du gouvernement fédéral, le gouvernement Legault a plus que jamais les moyens de mieux répondre aux besoins des familles québécoises qui nécessitent plus de places en CPE et de meilleurs services grâce au personnel qualifié», conclut Lucie Longchamps, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

          Réforme de la DPJ : le gouvernement doit agir dès maintenant

          La CSN se réjouit de l’accueil favorable qu’a réservé le gouvernement du Québec au rapport final de la commission Laurent, déposé lundi. « L’heure n’est plus à la réflexion, mais bien à l’action. Il faut agir rapidement pour le bien des enfants du Québec. Il doit y avoir un avant et un après commission Laurent », souligne d’emblée le vice-président de la CSN, David Bergeron-Cyr.

          La CSN salue au passage le travail d’enquête colossal abattu par l’équipe de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse. Plusieurs constats et recommandations détaillés par la commission Laurent sont en parfaite harmonie avec les demandes formulées par la CSN, à la suite d’une enquête menée auprès de ses membres et de ses organisations affiliées.

          Le rapport de la commission insiste notamment sur la nécessité d’agir en amont pour le bien-être des enfants. Parmi les recommandations émises, on y retrouve en outre celles qui visent à favoriser la prévention, à revoir la gouvernance et la structure des services aux jeunes en difficulté, à rehausser et à protéger les budgets dédiés aux services aux jeunes, et à s’attaquer impérativement au problème de surreprésentation des enfants noirs et des enfants autochtones en protection de la jeunesse. Le volumineux rapport énonce également la nécessité d’améliorer l’organisation du travail, de reconnaître la pratique spécialisée en protection de la jeunesse, de revoir la charge de travail des intervenantes et intervenants et d’assurer leur sécurité physique et psychologique.

          Des promesses à tenir

          La CSN va s’assurer que les promesses faites par le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, ne soient pas que des paroles et que le groupe d’action interministériel soit efficace. La qualité et la stabilité des services aux jeunes en difficulté passent impérativement par la qualité des conditions de pratique et de travail des intervenantes et des intervenants du milieu.

          « Les enfants du Québec méritent mieux que le sous-investissement et la désorganisation qui gangrènent notre système, depuis des décennies d’austérité. Les travailleuses et les travailleurs du réseau sont épuisés, mais certainement pas désabusés. Le gouvernement doit leur donner les moyens de mieux protéger nos enfants, comme ils y ont droit », conclut David Bergeron-Cyr.

          La commission Laurent va dans le sens de recommandations de la CSN

          La Fédération des professionnèles (FP–CSN) salue plusieurs des recommandations du rapport Laurent qui vont dans le sens de ce qu’elle demandait comme la reconnaissance de l’importance de la première ligne, la reconnaissance de la surcharge de travail à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) ainsi qu’en centres jeunesse et l’importance de la prévention et des déterminants sociaux.

          La FP–CSN réaffirme en particulier qu’il est absolument nécessaire de pourvoir tous les postes et de maintenir une stabilité des équipes dans les centres jeunesse. « Sans efforts supplémentaires pour rendre le travail à la DPJ et en centres jeunesse plus vivable, l’ajout de postes ne fonctionnera pas et tout un pan des recommandations de Mme Laurent va tomber à l’eau », insiste Jessica Goldschleger, responsable du secteur de la santé et des services sociaux à la FP–CSN. Pour la fédération, la balle est clairement dans le camp du gouvernement qui doit enfin passer à l’action et réinvestir en première ligne, en incluant le secteur communautaire ainsi que les centres locaux de services communautaires (CLSC), et faire plus de prévention.

          Les recommandations de la commission Laurent sont malheureusement encore très loin de la réalité sur le terrain. À la DPJ et au Centre jeunesse de Québec, par exemple, on compte encore aujourd’hui une trentaine de postes vacants et cent-cinquante postes qui sont présentement affichés. « Nous sommes très loin d’un climat de travail qui permettrait la stabilité des équipes », déplore Nicole Cliche, présidente du Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale (SPTSSS-CSN), qui souligne que la stabilité du personnel fait partie intégrante des recommandations du rapport Laurent.

          Dans une enquête menée auprès de ses membres en 2020, la FP–CSN avait tiré six recommandations essentielles, dont plusieurs sont reprises dans le rapport Laurent, comme la nécessaire bienveillance envers les enfants, une plus grande prise en compte de leurs besoins, le renforcement de la première ligne et la nécessité de diminuer la charge et la complexité du travail des intervenantes et intervenants. La FP–CSN salue particulièrement la plus grande place recommandée pour les intervenants psychosociaux par rapport à une approche plus médicale de la jeunesse qui a pris énormément de place depuis la réforme Barrette.

          Un impact pour plusieurs membres de la FP–CSN
          La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), comme son nom l’indique, joue un rôle essentiel pour la protection des droits de la jeunesse et elle a développé une grande expertise dans le cadre de l’exercice de son mandat. La FP–CSN se questionne sur la recommandation du rapport Laurent qui vise à mettre fin à ce rôle pour le transférer ailleurs.

          Au surplus, plusieurs recommandations du rapport pourraient avoir des contrecoups importants sur de nombreux membres de notre fédération. La FP–CSN demeurera à l’affut de tout développement qui pourrait avoir un impact sur plusieurs travailleuses et travailleurs et procédera à une analyse plus approfondie du rapport dans les prochains jours.

          M. Legault, la patience des travailleuses et des travailleurs du secteur public a ses limites

          « M. Legault nous a conviés, encore aujourd’hui, à une autre déplorable opération médiatique aux dépens des travailleuses et des travailleurs des services publics. Depuis plus de 18 mois, nous sommes présents aux tables de négociation et on nous sert encore le même message, la même offre. Notre patience aussi a ses limites. » C’est le constat que fait la CSN au sortir de la rencontre qui s’est tenue cet après-midi, à Montréal, entre les organisations syndicales et le premier ministre du Québec.

          La CSN, qui représente 160 000 travailleuses et travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux, celui de l’éducation et des organismes gouvernementaux, déplore l’entêtement du gouvernement qui refuse toujours de bonifier ses offres pour répondre aux besoins réels des réseaux. « Ce qui est sur la table présentement, on l’a déjà rejeté, deux fois plutôt qu’une. Si M. Legault veut que les choses aillent plus vite, c’est très simple, il suffit que l’argent et les mandats soient au rendez-vous pour améliorer les salaires et les conditions de travail », lance Caroline Senneville, 1re vice-présidente de la CSN.

          L’organisation syndicale affirme que les travailleuses et les travailleurs des réseaux ne sont pas dupes et qu’ils ne se laisseront pas berner par les beaux discours du gouvernement. « Sur les salaires, le premier ministre et la présidente du Conseil du trésor ont beau essayer de maquiller les chiffres, dans les faits, ce sont, encore et toujours depuis décembre 2019, les mêmes augmentations qu’ils proposent. Ce qu’il y a sur la table, ce n’est pas 8 % d’augmentation, mais plutôt des augmentations de salaire de 5 % sur 3 ans et des montants forfaitaires qui sont des mesures éphémères et qui n’améliorent pas les salaires », ajoute Mme Senneville.

          Alors qu’il y a une pénurie de main-d’œuvre et que la rémunération du personnel des services publics accuse un retard de plus de 9 % par rapport à l’ensemble des autres salarié-es du Québec, la vice-présidente de la CSN réitère qu’il faut poursuivre les négociations pour mettre en place des mesures pérennes. « Si on veut réussir à régler les graves problèmes d’attraction et de rétention qui frappent tous les secteurs et qui plombent les services publics, il n’y a pas 36 000 solutions : ça prend de meilleurs salaires pour toutes et tous et des investissements significatifs pour améliorer les conditions de travail. »

          En attendant que le gouvernement montre qu’il est prêt lui aussi à négocier, il est clair pour la CSN que la mobilisation se poursuit. La centrale syndicale consulte actuellement ses membres sur un mandat de grève à exercer au cours des prochaines semaines, si le gouvernement reste campé sur ses positions. « Les mandats de grève s’accumulent, tant en santé et services sociaux qu’en éducation et dans les organismes gouvernementaux; nous en sommes déjà à plus de 100 syndicats dont les membres ont voté pour la grève. Nous avons d’ailleurs annoncé jeudi dernier que les 15 000 enseignantes et enseignants de cégep affiliés à la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) débrayeront du 11 au 13 mai, si le gouvernement continue à faire la sourde oreille », ajoute Mme Senneville.

          La CSN a tenu à conclure avec une mise en garde pour le premier ministre : « un règlement rapide passe par une réelle volonté du gouvernement d’améliorer les services à la population, à défaut de quoi, il y aura d’autres mouvements de grève, dans plusieurs secteurs. Ça ne peut plus continuer comme ça. Nous allons agir pour toutes les Québécoises et tous les Québécois, pour qu’ils aient accès aux services auxquels ils ont droit. »

          Salaire minimum à 15$ l’heure : qu’attend le Québec ?

          Alors que le gouvernement canadien annonce son intention d’établir un salaire minimum fédéral de 15 $ l’heure, le gouvernement du Québec continue de traîner de la patte dans le dossier avec une hausse ridicule de 40 cents du salaire minimum. La campagne 5-10-15 s’explique mal ce refus d’aider les travailleuses et travailleurs à bas salaire à sortir de la pauvreté.

          Rappelons que l’augmentation du salaire minimum à 15 $ l’heure fait partie des mesures annoncées dans le dernier budget du gouvernement canadien pour permettre aux travailleuses et aux travailleurs sous sa juridiction de « gagner leur vie décemment ». Il s’est engagé à déposer un projet de loi en ce sens. Pendant ce temps, au Québec, le salaire minimum passera de 13,10 $ à 13,50 $ l’heure le 1er mai.

          La co-porte-parole de la campagne 5-10-15, Virginie Larivière, ne comprend pas cette différence d’approche. « Le discours du gouvernement du Québec veut que l’emploi soit la voie la plus sûre pour sortir de la pauvreté. Pourtant, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, refuse d’offrir un salaire minimum en conséquence ! Une augmentation de 40 cents du salaire minimum représente tout juste une augmentation de 14 $ par semaine pour une personne qui travaille 35 heures ! C’est nettement insuffisant pour permettre aux gens de sortir de la pauvreté ! »

          Mélanie Gauvin, également porte-parole de la campagne 5-10-15, ajoute : « Ce sont environ 446 000 personnes qui gagnent moins de 15 $ l’heure au Québec. Comme la majorité n’est pas syndiquée, ces travailleuses et travailleurs dépendent du gouvernement pour voir leur situation s’améliorer. Il est plus que temps que le salaire minimum passe à 15 $ l’heure. »

          Voilà maintenant cinq ans que la campagne 5-10-15 porte cette revendication d’un salaire minimum à 15 $ l’heure. Plus que jamais, ce taux horaire représente le seuil minimal à atteindre, un seuil qui aurait dû être franchi il y a longtemps. Pour les membres de la campagne 5-10-15, il est évident que le gouvernement devrait d’ores et déjà s’intéresser à des études comme celle publiée le 28 avril par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), qui fait la démonstration que le salaire minimum devrait dépasser les 15 $ l’heure pour permettre aux travailleuses et travailleurs de sortir de la pauvreté.

          À de nombreuses reprises pendant la crise sanitaire, le gouvernement a chanté les louanges des travailleuses et travailleurs à bas salaire comme les préposé∙e∙s aux bénéficiaires, le personnel d’entretien, les commis d’épicerie, etc. Plusieurs ont pu obtenir des primes temporaires au plus fort de la crise. Mais cela ne saurait remplacer un salaire régulier qui permette de vivre dignement, un salaire d’au moins 15 $ l’heure.

          Quelques données sur le salaire minimum
          En 2019, l’Institut de la statistique du Québec indiquait que 74 % des personnes rémunérées au salaire minimum occupaient un emploi permanent et 58 % étaient des femmes. Selon le gouvernement, 287 000 personnes gagnent 13,50 $ l’heure ou moins.

          À propos de la campagne 5-10-15
          La campagne 5-10-15 mise sur trois grandes revendications : connaître son horaire cinq jours à l’avance, avoir 10 jours de congé payé en cas de maladie ou de responsabilités familiales et un salaire minimum de 15 $ l’heure.

          Les sept organisations membres de la campagne sont : le Front de défense des non-syndiquéEs, le Collectif pour un Québec sans pauvreté, la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

          Ottawa peut et doit empêcher la faillite des universités

          « On ne peut pas traiter l’Université Laurentienne ou tout autre établissement similaire comme une simple compagnie. L’accès au savoir dans toutes les régions du pays ne devrait pas dépendre des mauvaises décisions des administrateurs qui sont en place à un moment donné », insiste Ginette Langlois, présidente de la FP–CSN.

          La Fédération des professionnèles (FP–CSN) demande au gouvernement fédéral de revoir sa Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) afin qu’elle ne puisse pas s’appliquer pour les universités ou autres organismes publics importants.

          « On ne peut pas traiter l’Université Laurentienne ou tout autre établissement similaire comme une simple compagnie. L’accès au savoir dans toutes les régions du pays ne devrait pas dépendre des mauvaises décisions des administrateurs qui sont en place à un moment donné », insiste Ginette Langlois, présidente de la FP–CSN qui représente près de 2000 professionnèles de l’enseignement supérieur au Québec. La FP–CSN demande donc au gouvernement Trudeau de jouer un rôle beaucoup plus actif afin d’assurer le maintien des formations universitaires en français partout au Canada.

          Cette demande de revoir la LACC est par ailleurs soutenue par l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU).

          Dur coup pour les sages-femmes
          « L’abolition par l’Université Laurentienne d’un des deux seuls programmes de formation pour les sages-femmes en français au Canada est un dur coup pour cette profession. Les sages-femmes pourraient jouer un rôle encore plus grand pour assurer les suivis de grossesses et les naissances dans les régions en pénurie d’obstétriciens. On doit assurer un plus grand accès à cette formation et non l’inverse », affirme Ginette Langlois, dont la fédération représente les sages-femmes du Québec.

          Problème récurrent de financement des universités
          « Tout comme en Ontario, les universités du Québec sont dans un étau financier qui les force trop souvent à prendre des décisions qui ne vont pas dans l’intérêt des étudiant-es ou de l’avancement de la recherche publique. Ce qui arrive à l’Université Laurentienne devrait servir de signal d’alarme avant qu’une des régions du Québec perde son université », met en garde Ginette Langlois.

          Notons que l’ACCPU et l’Association des professeures et professeurs de l’Université Laurentienne (APPUL) ont été surprises que l’administration ait fait appel à la protection de la LACC, alors que l’Université Laurentienne avait déclaré un budget équilibré pour la septième année consécutive en 2017, puis de nouveau en 2019. Un autre coup de théâtre est survenu quand l’APPUL a constaté que les subventions de recherche avaient disparu et ces fonds avaient été utilisés pour les opérations quotidiennes.

          La FP–CSN craint que les universités du Québec ne soient pas à l’abri d’un tel tour de passe-passe financier qui permet de cacher les problèmes pendant des années, jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

          Les professeur-es de cégep affilié-es à la FNEEQ–CSN annoncent des journées de grève

          Exaspérés par la stagnation de leur négociation et par l’impasse dans laquelle les entraîne le gouvernement, les syndicats d’enseignantes et enseignants de cégep affiliés à la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) seront en grève partout au Québec du 11 au 13 mai. Rappelons qu’au cours des dernières semaines, les assemblées générales des 45 syndicats de la FNEEQ, qui représentent plus de 15 000 enseignantes et enseignants, se sont dotés de mandats de débrayage de cinq jours à exercer au moment jugé opportun.

          Un gouvernement qui nous pousse à bout
          Après 18 mois de pourparlers et une convention collective échue depuis plus d’un an, l’incertitude a assez duré et les enseignantes et enseignants refusent de continuer à jouer dans un simulacre de négociation.

          L’exaspération est bien là. On sent que le gouvernement joue la carte de l’usure et les pourparlers font du surplace depuis un bon moment. C’est dommage qu’au lieu de favoriser le dialogue et l’écoute, nos vis-à-vis nous poussent dans nos derniers retranchements, alors qu’ils devraient travailler avec nous pour améliorer les conditions d’enseignement et d’apprentissage dans le réseau collégial.  Nous avons des demandes importantes pour lutter contre la précarité, tant au secteur régulier qu’à la formation continue, où les enseignants gagnent, à travail équivalent, la moitié du salaire de l’enseignement régulier. Nous demandons aussi d’avoir suffisamment de ressources dans les techniques lourdes de la santé, ainsi que pour l’encadrement des étudiantes et étudiants en situation de handicap. Ce sont là certains des dossiers que nous souhaitons régler.  Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est que nous sommes arrivés au bout de nos options pour faire progresser les discussions et nous n’hésiterons pas à exercer notre droit de grève si la situation ne débloque pas d’ici là », explique Yves de Repentigny, vice-président responsable du regroupement cégep de la FNEEQ.

          « Aujourd’hui, ce sont nos enseignantes et enseignants de cégep qui dénoncent l’attitude de fermeture du gouvernement, mais les mandats de grève s’accumulent aussi dans les autres syndicats du secteur public de la CSN. Le gouvernement ne peut plus gérer cette négociation selon ses seules priorités électorales ou selon les crises médiatiques. Sur le terrain, il y a des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs, dont une forte proportion de femmes, qui doivent pallier les multiples problèmes d’attraction, de rétention et de surcharge de travail, alors, là, il doit faire le choix de soutenir tous les services publics », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

          La grève touchera 45 cégeps et aura lieu de midi le 11 mai à midi le 13 mai si la partie patronale persiste à rendre les pourparlers inopérants.

          Liste des syndicats concernés :

          Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep de Sept-Îles
          Syndicat des enseignantes et des enseignants de l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec
          Syndicat des enseignantes et des enseignants du Centre d’études collégiales Baie-des-Chaleurs
          Syndicat des Enseignantes et Enseignants du Collège de l’Outaouais
          Heritage Faculty Association
          Syndicat des enseignantes et des enseignants du Cégep Régional de Lanaudière à Joliette (FNEEQ-CSN)
          Syndicat des enseignantes et des enseignants du Cégep régional de Lanaudière à L’Assomption
          Syndicat des enseignantes et enseignants du cégep régional de Lanaudière à Terrebonne
          Syndicat des professeures et des professeurs du Cégep de Saint-Jérôme
          Syndicat des enseignantes et des enseignants du Collège Lionel-Groulx
          Syndicat des professeurs du collège d’enseignement général et professionnel de Saint-Laurent
          ​​Syndicat des enseignantes et enseignants du cégep Montmorency
          Syndicat des professeurs du Collège d’enseignement général et professionnel de Maisonneuve
          Syndicat des professeurs du Collège d’enseignement général et professionnel du Vieux Montréal
          John Abbott College Faculty Association
          Syndicat du personnel enseignant du Collège d’enseignement général et professionnel d’Ahuntsic
          Syndicat des professeurs du Collège Marie-Victorin
          Syndicat des professeurs du Collège Dawson
          Vanier College Teachers Association
          Syndicat des professeurs du Collège d’enseignement général et professionnel de Rosemont
          Syndicat de l’enseignement du Cégep André-Laurendeau (SECAL)
          Syndicat du personnel enseignant du Centre d’études collégiales à Chibougamau – CSN
          Syndicat des enseignantes et des enseignants du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue
          Syndicat des enseignantes et des enseignants du Cégep Limoilou
          Syndicat des professeures et professeurs du Collège d’enseignement général et professionnel de Lévis-Lauzon
          Syndicat des professeur-e-s du Collège François-Xavier-Garneau
          Champlain St-Lawrence College Teachers’ Union
          Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep Beauce-Appalaches (CSN)
          Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep de Thetford
          Syndicat du personnel enseignant du Centre d’études collégiales en Charlevoix
          Syndicat des enseignantes et enseignants des Campus de La Pocatière et de Montmagny
          Syndicat du personnel enseignant du Collège de Chicoutimi (FNEEQ-CSN)
          Syndicat des enseignantes et des enseignants du Cégep de Saint-Félicien
          Syndicat des enseignants du Collège d’Alma (FNEEQ) (CSN)
          Syndicat des professeurs et répartiteurs du Centre québécois de formation aéronautique
          Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Jonquière
          Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke – CSN
          Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep de Granby-Haute-Yamaska
          Syndicat des professeurs du Cégep de Saint-Hyacinthe
          Syndicat des enseignantes et des enseignants du Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu
          Syndicat des professeures et professeurs du collège Édouard-Montpetit (CPPCEM)
          Syndicat des enseignants du Cégep Champlain (St-Lambert) (CSN)
          Syndicat des professeurs du Collège de Valleyfield
          Syndicat des enseignantes et enseignants du Collège Shawinigan
          Syndicat des professeurs du Collège d’enseignement général et professionnel de Trois-Rivières

           

           

          Malgré 173 morts, le gouvernement s’entête à faire reculer le Québec

          En cette Journée internationale de commémoration des travailleuses et des travailleurs morts ou blessés au travail, le Québec pleure les 173 personnes qui ont perdu la vie en 2020 en tentant de la gagner. La province se souvient aussi de tous ceux et celles qui se sont blessés en travaillant. En cette année de pandémie, la CSN exprime également sa solidarité avec les victimes de la COVID-19, virus souvent propagé au travail.

          « Ayons une pensée pour les 40 000 personnes des secteurs de la santé et des services sociaux, et tout le personnel qui participe à l’éducation de nos enfants, bien souvent des femmes, qui ont contracté le virus. N’oublions pas, non plus, les milliers de travailleuses et de travailleurs du secteur privé qui ont souffert de la maladie », rappelle David Bergeron-Cyr, vice-président de la CSN. Pour l’ensemble de ces gens, la CSN encourage ses membres, ses syndicats et ses organisations affiliées à observer une minute de silence à 10 heures, aujourd’hui, dans tous les milieux de travail.

          «C’est quand même ironique qu’au cœur de cette funeste tragédie sanitaire, le gouvernement ne profite pas de l’occasion pour aller plus loin en matière de protection avec sa réforme en santé-sécurité. Le PL-59 fait reculer les droits des travailleuses et des travailleurs en limitant l’indemnisation et en reculant sur des acquis en prévention pour certains secteurs », s’indigne David Bergeron-Cyr.

          En effet, la réforme va compliquer et judiciariser la réadaptation des victimes en échange de trop maigres avancées en prévention. Pire encore, l’abolition des groupes prioritaires prévus par la loi actuelle privera les milieux de travail industriels des mécanismes éprouvés depuis les 40 dernières années.

          « La prévention, c’est non négociable. Ce qu’il faut, pour que le Québec cesse d’être le cancre en matière de santé-sécurité au Canada, est plutôt de ne pas seulement étendre les mécanismes de prévention à l’ensemble des milieux de travail, mais également leur donner tous les outils nécessaires à leur prise en charge. Les travailleuses et les travailleurs ne doivent pas devenir les victimes de la réforme qui semble plutôt vouloir économiser sur leur dos », déplore le vice-président de la centrale.

          Des conséquences pour longtemps  

          Il est minuit moins une pour bonifier le projet de loi 59, toujours à l’étude. À quand, par exemple, une vraie reconnaissance des problèmes d’épuisement au travail ? Quand va-t-on répandre les mécanismes de prévention efficaces, décentralisés avec des moyens encadrés pour les faire fonctionner ? Quand va-t-on admettre que lorsque le travail nous blesse, physiquement et psychologiquement, il faut le reconnaitre, sans tracasseries administratives ?

          « Il aura fallu 40 ans pour accoucher d’une nécessaire réforme en santé-sécurité au travail. Nous sommes en train de rater un rendez-vous historique. Les conséquences du PL-59 risquent de nous affliger collectivement pour longtemps. Cette réforme ne doit pas être un affront à la mémoire des disparu-es dont nous nous souvenons en ce 28 avril », conclut-il.

          Annonce de Jacques Létourneau concernant son départ de la CSN

          Mes camarades,

          Aujourd’hui je vous annonce que je quitte mes fonctions de président de la CSN pour m’impliquer en politique municipale. En effet, l’automne prochain, j’ai l’intention de me présenter comme candidat à la mairie de Longueuil. J’habite cette ville depuis quelques années maintenant et je constate qu’elle est un milieu de vie formidable. Cependant, elle a aussi des besoins immenses et c’est pourquoi j’ai décidé de mettre toutes mes énergies à améliorer la vie de mes concitoyennes et de mes concitoyens.

          Cette décision n’a pas été simple à prendre. Depuis plus de 30 ans maintenant, j’évolue dans le monde syndical et fais tout ce qui est en mon pouvoir pour améliorer les conditions des travailleuses et des travailleurs de la CSN. D’abord, en 1991, comme président du syndicat de l’hôpital Charles-LeMoyne ; puis de 1993 à 2004 en tant que secrétaire général du Conseil central du Montréal métropolitain ; j’ai ensuite fait le saut au comité exécutif de la CSN en tant que responsable des affaires internationales pour ensuite être élu au poste de vice-président de la CSN en 2011 et au poste de président, que j’ai eu le privilège d’occuper de 2012 jusqu’à ce jour.

          Honnêtement, jamais je n’aurais pensé faire le saut en politique municipale. Cela dit, cette implication m’apparaît comme le prolongement naturel de l’action syndicale. À la CSN, on intervient pour améliorer les conditions de vie et de travail de nos membres du secteur public et du secteur privé. On se bat par exemple pour qu’ils aient accès à des réseaux de transport collectifs dignes de ce nom. On agit pour une société plus verte et un environnement mieux protégé, on se démène pour que le développement économique et social leur soit profitable. Si je suis élu à la mairie de Longueuil, j’entends bien poursuivre mon action de ce côté, entre autres domaines.

          J’espère donc vivement avoir la chance de pouvoir me relever les manches pour l’ensemble des travailleuses et des travailleurs de Longueuil. Qu’on parle des employé-es des écoles, des usines, ou du secteur des services. Qu’on parle encore des travailleuses et travailleurs dans les services de garde, dans les hôpitaux, dans les commerces de proximité. Je pense être qualifié pour pouvoir améliorer la vie de toutes les classes de la société de Longueuil, particulièrement les personnes de la classe moyenne et des personnes les plus défavorisées de cette ville. Les enjeux de mixité sociale et du logement me tiennent aussi beaucoup à cœur et j’ai l’intention de les suivre de près.

          C’est donc à compter de la mi-juin que je vais entreprendre cette campagne. D’ici là, tous les syndiqué-es de la CSN peuvent compter sur mon entière disponibilité et ma plus grande détermination à les soutenir comme président. Au-delà de mon mandat qui se termine, sachez que je continuerai toujours à défendre la classe ouvrière et tous les travailleurs de la société en général, quels que soient la fonction que j’occuperai ou le rôle que je jouerai au cours des prochaines années. J’ai réellement apprécié toutes ces années que j’ai passées auprès de vous, chères militantes, chers militants et chers salarié-es, pour notre lutte commune. Je tiens à vous remercier de la confiance que vous m’avez témoignée au cours de mes divers mandats. Dans toutes mes actions, j’ai toujours cherché à respecter les exigences de notre mouvement avec dignité, moralité et loyauté. Ce fut pour moi à la fois un grand honneur et une responsabilité de tous les instants que j’ai assumée au meilleur de mes capacités et de mes connaissances.

          La CSN n’est pas l’histoire d’une seule personne, c’est celle de tout un mouvement. Elle souligne d’ailleurs cette année son 100e anniversaire. La CSN est là pour de bon, car elle a toujours su s’adapter aux nouvelles réalités du monde du travail. Avec la fougue et la ténacité de ses membres, il n’y a nul doute qu’elle saura relever les défis du syndicalisme dans les années à venir.

          La CSN espère que le gouvernement ira plus loin

          La Confédération des syndicats nationaux (CSN) salue la création du programme de formation de courte durée pour les éducatrices en CPE annoncée ce matin par les ministres Lacombe et Boulet. Les organisations soulignent par contre qu’il s’agit d’un geste encore bien insuffisant pour remédier aux graves problématiques vécues dans le réseau des services de garde éducatifs à l’enfance.

          « Lorsqu’un programme comme celui-là est mis en place, c’est que les acteurs d’un milieu reconnaissent qu’il faut agir pour remédier à la pénurie de main d’œuvre. La CSN espère que cette annonce n’est que le premier pas et que d’autres interventions suivront pour permettre au réseau de créer les 51 000 places actuellement manquantes », indique Katia Lelièvre, vice-présidente de la CSN.

          Pour la FSSS–CSN, il faut aussi agir sur les conditions de travail et salariales. « Si on veut attirer et retenir vers la profession, il faut offrir de meilleures conditions. Si on ne le fait pas, on risque de voir les personnes qui suivront cette formation quitter quand elles constateront sur le terrain les exigences de la profession et les conditions offertes en contrepartie », ajoute Lucie Longchamps, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

          Bien que les organisations syndicales conviennent de la gravité des problèmes de recrutement et de rétention de la main-d’œuvre dans le secteur des services de garde éducatifs à l’enfance, elles s’inquiètent d’une potentielle remise en question, à long terme, de la formation de base exigée pour les travailleuses et les travailleurs des services de garde éducatifs à l’enfance. La CSN réitère l’importance du diplôme d’études collégiales comme formation qualifiante pour les éducatrices dans les services de garde éducatifs à l’enfance. Ces mesures doivent donc être temporaires.

          « Après des années de négligence et de sous-financement des services de garde éducatifs à l’enfance, on se voit aujourd’hui contraint d’apporter des solutions dans l’urgence. Les mesures temporaires annoncées aujourd’hui ne pourront jamais se substituer aux véritables solutions aux problèmes de rareté de main-d’œuvre : des augmentations de salaire tangibles et une amélioration concrète des conditions d’exercice de la profession », de conclure les deux porte-paroles.

          Rappelons que le gouvernement Legault a annoncé la semaine dernière qu’il n’investirait pas dans le réseau les six milliards de dollars que le Québec recevra dans la foulée de la création du programme fédéral de services de garde éducatifs à l’enfance, ce que la CSN et la FSSS–CSN ont dénoncé.

          La CSN en faveur de la régularisation des personnes migrantes précaires : appel à l’action

          La CSN invite tout le monde à appuyer la campagne Essentiel.le.s d’Amnistie internationale Canada francophone en signant en grand nombre la pétition de cette campagne.

          Au cours de la dernière année, la pandémie a mis en lumière combien le fonctionnement du Québec dépend largement du travail essentiel de femmes et d’hommes de tous horizons. Parmi toutes ces personnes, celles dont le statut migratoire est précaire ou inexistant forment une réserve de main-d’œuvre particulièrement vulnérable à l’abus et l’exploitation par des agences et des employeurs sans scrupules. La précarité de ces migrantes et migrants s’explique par le fait qu’ils ne détiennent pas la résidence permanente au Canada. Au Québec, le gouvernement s’y oppose par tous les moyens possibles.

          Qu’elles travaillent dans la santé et les services sociaux, les agences de sécurité, l’industrie agroalimentaire, les entrepôts, les chaînes d’alimentation ou encore le nettoyage et l’entretien de bâtiments, ces personnes migrantes sont souvent les piliers d’activités essentielles à la société. Refuser de régulariser leur statut a de graves effets sur leurs conditions de vie et de travail puisque la plupart d’entre elles n’ont pas accès aux soins de santé publics, ni à des prestations de CNESST, de PCU ou d’assurance-emploi. Elles ne peuvent pas faire de grief contre leur employeur quand celui-ci néglige de prendre des mesures de prévention contre la COVID-19 ni ne peuvent facilement changer d’emploi pour trouver quelque chose de plus sécuritaire ailleurs.  

          Cette situation doit cesser. Face à ces inégalités, la seule solution est la régularisation de leur statut migratoire, c’est-à-dire l’attribution d’un statut garantissant durablement leurs droits à la résidence, à l’emploi et aux services publics auxquels ils contribuent par les impôts et le travail essentiel qu’ils fournissent.

          C’est pourquoi la CSN appuie la campagne Essentielle.le.s d’Amnistie internationale Canada francophone et vous invite à signer en grand nombre la pétition de cette campagne.

          La CSN organise aussi, conjointement avec Amnistie internationale, deux webinaires sur ces enjeux :

          4 mai 18 h : Enjeux structurels et de droits humains à l’échelle mondiale et au Québec

          18 mai, 18 h : Personnes migrantes au Québec — Précarité au quotidien et mobilisation

          La CSN est aussi membre de la Coalition pour la régularisation des statuts, qui regroupe une quinzaine d’organismes et qui plaide l’instauration d’un programme de régularisation élargi à tous les travailleurs essentiels.

          La FSSS–CSN demande au gouvernement Legault d’investir l’argent du fédéral pour sauver le réseau

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) invite le ministre de la Famille Mathieu Lacombe ainsi que son gouvernement, à revenir sur leur réaction impulsive concernant l’annonce du gouvernement fédéral sur les services de garde éducatifs à l’enfance. Pour la FSSS–CSN, qui représente 11 000 travailleuses en CPE et 3000 responsables de services de garde en milieu familial (RSG), ne pas investir les sommes octroyées par le fédéral pour sauver ce réseau est une grave erreur.

          Comme annoncé lors du dépôt de son budget, le gouvernement fédéral va octroyer six milliards de dollars en cinq ans au Québec à titre de compensation puisque la province dispose déjà d’un programme universel de services de garde éducatif à l’enfance. La FSSS–CSN dénonce depuis de nombreuses années les graves problèmes vécus dans le réseau. Au-delà des 51 000 places manquantes, les conditions de travail offertes ne permettent plus de recruter ou même de retenir les femmes qui y travaillent, ce qui engendre une grave pénurie de personnel et l’exode des RSG.

          « Nous connaissons l’état de notre réseau des services de garde éducatifs, sans parler de l’état des milliers de femmes qui le tiennent à bout de bras. Cela aurait été une bonne occasion de rétablir les millions de coupes des dix dernières années qui continuent de mettre notre réseau en péril. Ce n’est pas parce que nous avons au Québec un modèle envié partout dans le monde qu’il fallait injecter ces argents ailleurs, bien au contraire, nous aurions dû poursuivre et continuer d’être le fer de lance de ce si beau modèle » indique Lucie Longchamps, vice-présidente responsable des secteurs privés à la FSSS–CSN.

          La fédération demande donc au gouvernement Legault d’agir dès maintenant en utilisant ces sommes pour améliorer les conditions des travailleuses des CPE et des responsables de service de garde en milieu familial et ainsi assurer la pérennité du réseau et le succès de la création de nouvelles places.

          « Le gouvernement doit passer par-dessus son différend avec le fédéral concernant le partage des compétences et mettre le bien-être des enfants, des familles et des personnes qui œuvrent dans le réseau en tête de liste de ses priorités. Il faut profiter de la négociation pour le renouvellement de la convention des CPE pour briser le cercle vicieux qui affecte le réseau », ajoute Mme Longchamps. « On demande par exemple au gouvernement d’enfin régler les travaux sur l’emploi comparateur des RSG pour qu’elles soient finalement rémunérées en fonction de la valeur réelle de leur travail. L’ajout de ces sommes est l’occasion rêvée pour le faire ». 

           

          Le mouvement syndical du Québec n’oublie pas la crise climatique

          À l’occasion du Jour de la Terre, le mouvement syndical québécois lance le Réseau intersyndical pour le climat, qui a pour objectif d’unir nos efforts vers une transition énergétique juste pour les Québécoises et les Québécois. La crise sanitaire dans laquelle nous sommes plongés depuis plus d’un an ne doit pas nous faire perdre de vue l’urgence climatique. Toutes deux sont d’ailleurs liées. Sans surprise, les mêmes phénomènes causent les changements climatiques et augmentent les risques de pandémie. Des scientifiques mandatés par l’ONU en pleine pandémie mondiale nous avertissent d’ailleurs que des crises sanitaires encore plus graves sont à prévoir si la dégradation de la nature se poursuit. Alors que la crise de la COVID-19 devrait avoir une durée limitée, les dérèglements climatiques, eux, vont se poursuivre longtemps encore et risquent de s’aggraver : il n’y aura pas de vaccin contre la crise climatique… Le remède est connu, il faudra toutefois l’appliquer avec autant d’énergie et de diligence que la lutte contre la pandémie pour atténuer les effets de la catastrophe annoncée.

          Pour contrer la menace des changements climatiques à l’échelle mondiale, des transitions vers des économies sobres en carbone doivent s’opérer. Au Québec, nous avons la chance d’être dans une position particulièrement choyée pour réussir rapidement une telle transition énergétique.

          Au-delà du secteur de l’énergie, la crise climatique entraînera des transformations majeures dans l’ensemble de l’économie et dans le monde du travail. Faisons alors en sorte que la transition soit juste pour les travailleuses et travailleurs de même que pour la santé des écosystèmes.

          Partout, nos organisations syndicales veilleront à ce que les transformations dans les milieux de travail n’entraînent pas de précarisation, mais bien une amélioration des conditions de vie des travailleuses et des travailleurs, ainsi que de leurs communautés. Nous visons une transition juste.

          Dans les secteurs où il y a aujourd’hui la plus haute intensité d’émissions de gaz à effet de serre, il faut permettre aux travailleuses et aux travailleurs de participer avec d’autres acteurs de leur communauté à la recherche et à la mise en place de solutions locales concrètes ; la transition deviendra alors préventive et non seulement réactive. Nos modèles de travail seront à repenser pour ouvrir des perspectives de diversification économique pour nos régions. Il faudra évidemment prévoir des programmes de formation pour la requalification des travailleuses et des travailleurs qui verront leur emploi se transformer. Les travailleuses et les travailleurs ne doivent pas être laissés à eux-mêmes en raison de nos choix collectifs de transition. Il en va de notre responsabilité commune.

          Pour rendre l’économie du Québec viable au regard du défi climatique, il faudra de plus favoriser les emplois d’utilité sociale et environnementale, dont les emplois du secteur public. Non seulement ils ont en général une empreinte carbone faible, mais ils ont aussi pour effet de renforcer l’accessibilité et la qualité des services publics permettant ainsi de rendre le Québec plus résilient quant aux crises, tout en favorisant une transition juste. Nous refusons en ce sens toute politique d’austérité et de privatisation des services publics. Pour soutenir une transition énergétique juste, nous revendiquons une politique fiscale plus progressiste qui redistribue mieux les richesses et qui finance adéquatement les services publics en privilégiant des initiatives porteuses pour relever le défi climatique.

          Finalement, qu’importe le secteur d’emploi, les travailleuses et les travailleurs devront être informés des transformations nécessaires à la transition et prendre part activement aux décisions quant à ces changements. Du petit comité dans le milieu de travail jusqu’à celui à l’échelle québécoise et au-delà, les syndicats auront un rôle clé à jouer dans la transition.

          C’est pourquoi nous avons décidé de former une alliance pour unir nos efforts en ce sens : le Réseau intersyndical pour le climat. Forts de cette alliance, nous allons partager nos expériences et déployer des initiatives conjointes pour favoriser une transition écologique juste pour le Québec. Nous souhaitons vivement que l’après-crise sanitaire soit l’occasion de refonder notre économie sur des bases plus justes et plus viables. La portée du plan de relance devrait être fondée sur cet objectif.

          La planète mérite mieux. Les travailleuses et les travailleurs du Québec méritent mieux. Le Québec mérite mieux.

          Andrée Poirier, présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)
          Luc Vachon, président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD)
          Sonia Ethier, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
          Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN)
          Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain — CSN (CCMM-CSN)
          Marc-Édouard Joubert, président du Conseil régional FTQ Montréal métropolitain (CRFTQMM)
          Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE)
          Daniel Boyer, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
          Nancy Bédard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)
          Christian Daigle, président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ)
          Line Lamarre, présidente du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ)

          Un budget intéressant, mais qui ne va pas assez loin

          La CSN voit d’un assez bon œil certaines mesures annoncées aujourd’hui dans le budget fédéral attendu depuis deux ans. Elle estime toutefois que plusieurs de ces mesures ne vont pas assez loin et qu’elles empiètent sur les champs de compétence du Québec.

          « Nous sommes soulagés de constater que le gouvernement entend continuer de soutenir les ménages et les entreprises en prolongeant les programmes d’aide. Le contraire aurait contribué de façon inacceptable à l’accroissement des inégalités au pays. De plus, le contexte de la COVID nous a mis en pleine figure les lacunes du régime d’assurance-emploi, le gouvernement doit réformer ce programme en profondeur », a souligné le président de la CSN, Jacques Létourneau.

          Transferts en santé et dans les services de garde
          La CSN salue par ailleurs les sommes annoncées pour les services de garde à l’enfance qui viendront en aide aux familles du Québec et du Canada. « Cet investissement aidera les femmes à investir le marché du travail et donnera la chance aux ménages en attente d’une place en CPE, notamment aux ménages à faible revenu, de se prévaloir de services de garde de qualité. Cependant, le gouvernement du Québec devra recevoir sa part de ce nouveau transfert fédéral et l’utiliser pour parachever son réseau de services de garde subventionnés. Il faut arrêter d’ajouter des places au compte-gouttes », précise Jacques Létourneau.

          Le président de la CSN souligne en outre que les transferts en santé sont encore bien en deçà du 35 % demandé récemment par le Conseil de la confédération pour permettre aux provinces d’améliorer la performance de leur réseau public. « Les besoins créés par la pandémie et par le vieillissement de la population sont énormes. Le gouvernement fédéral a une grande responsabilité à cet égard, mais avec son annonce d’aujourd’hui, les provinces peineront encore à répondre à la demande au cours des prochaines années. Bien entendu, c’est la population tout entière qui va en écoper. »

          Relance économique
          Le gouvernement aurait dû profiter du budget pour s’attaquer résolument à une autre crise tout aussi inquiétante que la COVID : celle des changements climatiques. « L’annonce d’aujourd’hui concernant les investissements dans les transports collectifs et les nouvelles technologies est une bonne nouvelle en soi, mais l’urgence climatique nécessite des interventions beaucoup plus musclées de la part du gouvernement. En ce sens, l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta qui continue d’être au cœur de la stratégie de développement économique du gouvernement fédéral est un réel problème. »

          Le président de la CSN reproche également au gouvernement de ne pas avoir annoncé officiellement l’intégration du chantier Davie à la Stratégie nationale de construction navale (SNCN). « Avec ses huit sites de production, le chantier Davie est le plus grand au Canada. Or, depuis 2011, il n’a eu droit qu’à des contrats de conversion et d’entretien ponctuels de la part du fédéral. Il est grand temps qu’il reçoive sa part des contrats fédéraux dans le cadre de la SNCN, d’autant plus que les chantiers Irving à Halifax et Seaspan à Vancouver n’arrivent pas à respecter l’échéancier de livraison des navires. »

          Finalement, la CSN regrette que la stratégie de relance économique du gouvernement fasse l’impasse sur des mesures importantes qui auraient eu le mérite de rapporter de nouveaux revenus dans les coffres de l’État. « On ne peut pas s’en remettre uniquement à la croissance économique pour générer de nouveaux revenus. Les multinationales du numérique exercent une concurrence déloyale depuis trop longtemps aux entreprises canadiennes et québécoises. Avec la COVID, leur chiffre d’affaires a explosé. Le gouvernement aurait dû profiter de la situation pour les contraindre enfin à assumer leurs charges fiscales. »

          Jacques Létourneau salue néanmoins la limitation de la possibilité de déduire les options d’achat d’action, mais estime que Justin Trudeau aurait également pu choisir d’aller chercher une source de revenus intéressante en augmentant les impôts des contribuables à haut revenu et en empêchant les entreprises d’échapper à leurs obligations fiscales. « Le FMI lui-même recommande aux pays d’augmenter l’impôt des plus riches. Pourquoi les libéraux refusent-ils d’y voir ? Le gouvernement pourrait aussi trouver une source de revenus non négligeable en mettant fin à la possibilité, pour les entreprises, de rapatrier des dividendes en franchise d’impôt à partir de paradis fiscaux. Il n’a malheureusement pas démontré le courage politique nécessaire pour aller en ce sens. »

           

          La CNESST doit faire respecter la Loi sur la santé et la sécurité du travail

          En réaction à une lettre adressée à la CNESST qui l’enjoint à revenir en arrière sur le port d’une protection de type N95 en zone tiède, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et la FIQP | Secteur privé croient que la CNESST doit respecter le jugement émis par le juge Bouvier le 23 mars dernier.

          Ce jugement exige que la CNESST applique le principe de précaution en s’assurant que le personnel de la santé ait accès à un appareil de protection respiratoire en zones chaudes et tièdes et lors d’une intervention auprès d’un cas suspecté ou confirmé de COVID-19, afin d’être adéquatement protégé contre le risque de transmission aérienne du virus.

          Lors des audiences ayant mené à cette décision, le tribunal a entendu les prétentions des parties et a analysé la preuve scientifique présentée notamment par la FIQ, la FIQP, ainsi que par la CSN. Le juge Bouvier a tranché que dans un contexte d’incertitude scientifique et conformément à la loi, c’est le principe de précaution qui devrait s’appliquer. Le lendemain, la CNESST confirmait qu’elle appliquerait les conclusions de la décision dans les milieux de travail du secteur de la santé.

          « Le juge Bouvier a déjà entendu les arguments mis de l’avant par les experts qui signent cette lettre. Il a néanmoins tranché en faveur d’une meilleure protection pour le personnel de la santé, en application du principe de précaution et de la loi. Il n’y a aucune raison de remettre ce jugement en question, puisqu’il repose sur de solides assises scientifiques, mais aussi légales » préviennent les trois organisations syndicales.

          « Les règles de la santé et sécurité du travail sont prépondérantes sur celles de la santé publique. Le jugement est clair : la LSST est une loi d’ordre public et aucun employeur ne peut s’y soustraire. En présence d’un virus potentiellement mortel, ils doivent tendre vers les plus hauts standards en matière de protection des travailleuses de la santé. Nous sommes confiants que malgré la pression, la CNESST ne reviendra pas sur sa décision. Après plus d’un an à se battre pour une protection adéquate, le débat doit être enfin clos. »

          Les trois organisations demeurent convaincues que la CNESST saura rester concentrée sur sa mission première en santé et sécurité au travail, à savoir appliquer la loi, protéger les travailleuses et les travailleurs et respecter le principe de précaution.

          Un couvre-visage pour appuyer les enfants malades

          2021 marque le 25e anniversaire de partenariat entre la CSN et Leucan. Depuis 25 ans, les membres de la CSN collectent des fonds pour le Camp Vol d’été Leucan–CSN, un camp unique pour les enfants atteints de cancer et leur famille. Malgré l’annulation du Camp en 2021, la CSN reste présente pour les enfants atteints de cancer. Une partie des montants recueillis en 2020 et en 2021 sera mise de côté pour le financement du prochain Camp en 2022 ; le reste financera des activités qui se tiendront en 2021 pour permettre aux familles avec un enfant malade d’y participer pour briser leur isolement.

          Une des façons d’appuyer la cause est de vous procurer le couvre-visage festif spécial de cette 25e campagne de financement. Offert au coût de 12 $ (taxes et transport inclus), plus de 5 $ par masque sera remis à Leucan.

          Quelques détails sur le couvre-visage : composé de deux épaisseurs, fait de 50 % polyester et 50 % coton, ajustable aux oreilles, format de 23 cm x 15 cm, possibilité d’y insérer un filtre et fait au Québec.

          Qui peut s’en procurer un ? Tout le monde ! Que ce soit un individu, un syndicat ou une organisation.

          Pour vous en procurer un ou plusieurs, visitez la page Web de la campagne pour avoir tous les détails et le lien pour passer une commande.

          Merci à tous les membres de la CSN de faire encore une différence auprès des familles dont un enfant est atteint de cancer. La solidarité légendaire des membres de la CSN fait toute une différence.

          Les travailleuses et les travailleurs au cœur de la relance de l’hôtellerie

          La 10e ronde de négociation coordonnée de l’hôtellerie à la Fédération du commerce (FC–CSN) a été lancée officiellement mercredi sous le thème « La relance, ça passe par nous ». Représentant plus de 2 500 professionnel-les de l’hôtellerie actifs dans les régions de la Capitale-Nationale, de la Montérégie, de l’Estrie et du Grand Montréal, les 26 syndicats participants ont adhéré à une plateforme de demandes communes qu’ils ont le mandat de négocier avec leurs employeurs respectifs au cours des prochains mois.

          « La course qui se joue présentement entre les vaccins et les variants nous force bien sûr à demeurer prudents, mais pour la première fois depuis un an, on peut maintenant espérer une certaine reprise de l’activité touristique dans un avenir rapproché, explique le trésorier de la FC–CSN, Michel Valiquette. Nous espérons que les employeurs comprendront que la relance de l’hôtellerie ne pourra se faire sans travailleuses et travailleurs qualifiés. »

          La plateforme commune adoptée par les syndicats participants comprend quatre grandes demandes : une convention collective d’une durée de quatre ans; des améliorations aux régimes d’assurance collective; le maintien des liens d’emploi — et donc des droits de rappel et d’ancienneté — rétroactivement au 13 mars 2020; et des augmentations salariales raisonnables variant entre 2,1 % et 4 % par année.

          En plus de ces demandes et de leurs demandes locales, les syndicats s’engagent à n’accepter aucun recul sur les clauses de nature pécuniaire ou sur les demandes de plateforme des négociations coordonnées antérieures.

          « Après les premiers dépôts des offres patronales, on remarque déjà que certains employeurs irresponsables tentent de profiter de la crise pour sabrer les conditions de travail pour lesquelles les salarié-es se sont chèrement battus dans le passé, dénonce M. Valiquette. Ils devraient se rappeler que l’hôtellerie était aux prises avec un sérieux problème de pénurie de main-d’œuvre avant la pandémie. La crise n’aura fait qu’exacerber cette situation, alors ils feraient mieux de se donner les moyens d’attirer les travailleuses et les travailleurs s’ils veulent pouvoir profiter de la relance de l’industrie. »

          Les cliniques privées profitent de la pandémie pour s’enrichir

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN) réagit à un article paru hier dans Le Devoir dans lequel on apprend que les cliniques privées qui opèrent pour le réseau public ont profité de la pandémie pour se négocier une plus importante marge de profit. On y apprenait également que le nombre de chirurgies réalisées par ce type de clinique a augmenté. Pour la FSSS-CSN, il faut impérativement réintégrer ces services dans le réseau et se doter d’une vision d’avenir pour revaloriser les services publics.

          Pour la FSSSCSN, il faut d’abord s’attaquer au problème d’attraction et de rétention du personnel pour permettre au réseau public de remplir sa mission adéquatement. « Ce n’est pas en déplaçant nos ressources vers le privé que l’on améliore la situation. En utilisant le privé pour pallier le problème bien réel qui existe dans le réseau public, on provoque une perte d’expertise et on perd le contrôle sur la façon dont les services sont donnés », explique Jeff Begley, Président de la FSSSCSN.

          La FSSSCSN a dénoncé le recours à ces contrats avec des entreprises comme Rockland MD depuis le début et demande au gouvernement de régler le problème à la source. « Au CHU Sainte-Justine par exemple, les infrastructures pour opérer existent. Pourquoi se payer collectivement la construction d’un centre hospitalier moderne et ensuite ne pas investir dans le personnel pour le faire fonctionner », se questionne Félix-Olivier Bonneville, président Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du CHU Sainte-Justine–CSN.

          Le 1er mai prochain, sortons de la crise en santé et en sécurité

          Cette année, c’est sous le thème « Sortons de la crise en santé et en sécurité » que nous marcherons lors de la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs, qui se tiendra le samedi 1er maiLors de cette journée, une marche aura lieu à :

          Montréal
          Rendez-vous à 13 h au parc La Fontaine, devant l’obélisque Charles de Gaulle (1560, rue Sherbrooke E.)

          Québec
          Une manifestation se tiendra samedi le 1er mai. Rendez-vous à 13 h à la Gare du Palais (450, rue de la Gare du Palais) afin de revendiquer une amélioration de notre filet de sécurité sociale, une réforme de l’assurance emploi, des amendements majeurs au projet de loi 59, Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail ainsi qu’un rehaussement d’urgence des prestations d’aide sociale. Pour plus d‘informations : https://www.facebook.com/events/722462231763043/

          Outaouais 
          Webinaire « L’apport de Paulo Freire aux luttes actuelles du mouvement social de l’Outaouais ». Jeudi le 29 avril à 17 h. Pour vous inscrire : https://forms.gle/A6GJTEyLoK6SsjYB6

          Cœur du Québec
          Conférence de presse le vendredi 30 avril à midi devant les bureaux du ministre responsable de la région du Centre-du-Québec, M. André Lamontagne, à Drummonville

          Côte-Nord
          Action le vendredi 30 avril à midi devant les bureaux des deux député-es provinciaux de la Côte Nord, Mme Lorraine Richard à Sept-Îles et M. Martin Ouellet, à Baie Comeau

          SaguenayLac-Saint-Jean
          Défilé en voitures samedi le 1er mai à compter de 9 h. Plus de détails suivront.

          Pour la santé et la sécurité de toutes et de tous, c’est au plus vite qu’il faut en sortir. Mais pas n’importe comment.

          Pour s’en sortir pour vrai, ça prend :

          Des services publics forts
          La pandémie a mis en lumière, plus que jamais, l’importance d’avoir accès à des services publics de qualité. Pour sortir de la crise en santé et en sécurité, il faudra un réinvestissement majeur dans les services publics et des mesures importantes pour offrir de meilleures conditions de travail à ceux et celles qui les dispensent. C’est le meilleur moyen de garantir les services publics auxquels la population a droit.

          Un travail qui ne nous rend pas malades
          Pouvoir compter sur des travailleurs et travailleuses en santé est essentiel. Pour sortir de la crise en santé et en sécurité, il faudra que non seulement la santé physique soit mieux protégée, mais la santé mentale également, notamment avec une meilleure reconnaissance des maladies psychologiques. Mieux protéger au quotidien la santé des travailleuses et travailleurs, c’est aussi les accompagner adéquatement lorsqu’ils et elles sont victimes d’un accident du travail ou d’une maladie psychologique et instaurer une réelle culture de prévention.

          Un salaire décent
          Actuellement, des centaines de milliers d’hommes et de femmes peinent à joindre les deux bouts. Pour sortir de la crise en santé et en sécurité, il faudra offrir un salaire décent aux travailleuses et aux travailleurs, qui constitue un levier concret pour permettre de réduire les inégalités et ainsi, favoriser une plus grande justice sociale.

          Pouvoir compter sur des droits renforcés
          Le respect des droits de tout le monde ne peut être malléable et négociable au gré des humeurs politiques. Pour sortir de la crise en santé et en sécurité, le respect des droits de la personne devra être mis de l’avant dans l’élaboration des politiques publiques et dans les choix économiques. Cette crise nous a encore une fois cruellement démontré à quel point les inégalités sont importantes. Que l’on pense au droit au travail, à la protection sociale ou à l’éducation, un meilleur respect de l’ensemble des droits économiques et sociaux est urgent.

          Un réel engagement environnemental
          La relance économique ne doit pas se faire au détriment de l’environnement et de la crise écologique dans laquelle nous sommes plongés. Pour sortir de la crise en santé et en sécurité, il faudra déployer une grande énergie et une réelle volonté de s’attaquer véritablement au réchauffement climatique et prendre le chemin d’une nécessaire transition juste.

          C’est autour de ces revendications que nous marcherons cette année.

          Soyez nombreuses et nombreux à vous joindre à nous!

          Télécharger l’affiche du 1er mai et ses déclinaisons

          Les quatre centrales syndicales s’unissent pour freiner les reculs en santé et sécurité

          À quelques jours de la reprise de l’étude détaillée du projet de loi no 59 sur la modernisation du régime de santé et de sécurité du travail, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), la Centrale des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) unissent leur voix pour dénoncer les reculs prévus dans le projet de loi du ministre Jean Boulet. Lors d’une conférence de presse virtuelle, les quatre chefs syndicaux ont fait le point sur les prochains sujets qui seront débattus en commission et qui auront un impact considérable sur la santé et la sécurité des travailleurs et travailleuses du Québec.

          La liste des maladies professionnelles désuète

          Mardi, dès la reprise des travaux sur l’étude détaillée du projet de loi no 59, les parlementaires trancheront sur la question de la liste des maladies professionnelles qui donne droit à une présomption pour la reconnaissance d’une lésion professionnelle. Or, cette liste de maladies n’a pas été mise à jour depuis 40 ans. Les centrales demandent que cette liste soit mise à jour et qu’elle tienne compte des avancées scientifiques plutôt que de la recherche d’économie des employeurs.

          « Non seulement tout le monde s’entend pour dire que la liste des maladies professionnelles est désuète, mais aussi sur la façon de l’actualiser. En effet, les plus importantes associations patronales et les centrales syndicales du Québec se sont entendues au Comité consultatif du travail et de la main-d’œuvre en 2017 sur une façon adéquate de faire cette mise à jour et d’en assurer l’actualisation par la suite. Or, le ministre Boulet a choisi d’ignorer ce consensus et, en plus, d’ajouter des critères qui empêchent de fait l’accès à la présomption pour certaines maladies, dont la surdité. Les enjeux sont si grands pour les victimes de lésions professionnelles, on doit leur venir en aide et non leur ajouter des obstacles additionnels », dénonce Luc Vachon, président de la CSD.

          La prévention mise à mal

          Plutôt qu’étendre ce qui fonctionne pour les groupes prioritaires à tous les milieux de travail, la nouvelle mouture du projet de loi abolit les minimums prévus au bon fonctionnement des comités de santé et sécurité et retire aux travailleuses et aux travailleurs le droit de regard sur l’adoption du programme de prévention et sur le choix du médecin chargé de la santé au travail. Alors que la Loi sur la santé et la sécurité du travail est une loi d’ordre public, la responsabilité sera envoyée vers la négociation entre les parties avec à la clef, une possible contestation devant les tribunaux de la décision de la CNESST. On risque ainsi de judiciariser davantage la santé et la sécurité.

          « Les travailleuses et les travailleurs du Québec devront maintenant négocier la protection de leur santé et sécurité en même temps que leurs salaires. C’est inacceptable! Ajoutons à cela l’ajout du critère de multiétablissement qui permet à un employeur d’appliquer des mesures de prévention de manière unilatérale dans tous ses établissements, peu importe la diversité et la complexité de leurs enjeux respectifs. L’objectif des mesures de prévention est de répondre aux besoins des travailleuses et des travailleurs et de garder comme priorité leur protection! », ajoute Jacques Letourneau, président de la CSN.

          La santé psychologique : un enjeu incontournable

          Les risques psychosociaux sont un véritable problème dans les milieux de travail du Québec. Alors que les lésions professionnelles d’ordre psychologique ne font qu’augmenter, particulièrement dans les métiers à prédominance féminine, le ministre doit s’assurer que les acteurs des milieux de travail puissent les prévenir et les indemniser.  « Bien que certains termes faisant référence à la santé psychologique soient introduits dans le projet de loi, rien ne permettra réellement d’améliorer la situation si nous n’avons pas les mécanismes de prévention paritaires suffisants et des mesures concrètes facilitant la reconnaissance de ces lésions psychologiques. Notre souhait est que l’importance d’assurer la santé psychologique des travailleuses et des travailleurs se reflète dans le projet de loi et de façon concrète. Il faut que nous ayons collectivement les moyens d’agir », souligne Sonia Ethier, présidente de la CSQ.

          Le secteur de la construction : rien de réglé

          La construction est une industrie dangereuse. En ce qui concerne les décès, elle est chaque année surreprésentée, comptant 20 % des décès alors que l’industrie n’emploie que 5 % de la main-d’œuvre du Québec. Cela fait 40 ans que la Loi sur la santé et la sécurité du travail ne prévoit pas de mécanismes de prévention pour la construction. Le projet de loi no 59 introduit des mécanismes de prévention, mais ne s’assure pas qu’ils puissent être fonctionnels sur le terrain. Les représentants en santé et en sécurité doivent être indépendants des employeurs pour pouvoir intervenir librement et réellement représenter les intérêts des travailleurs et travailleuses à risque. « Le ministre Boulet ne tient pas compte de la précarité de l’emploi et de la facilité pour l’employeur de mettre un terme au lien d’emploi si la personne ose revendiquer plus de prévention. Le mécanisme d’application pour l’élection d’un représentant à la prévention ne tient pas plus compte de la rapidité avec laquelle un chantier de construction évolue. Si le ministre veut vraiment sauver des vies, il doit assurer une indépendance et une stabilité dans les représentants à la prévention dans le secteur de la construction en instaurant une législation qui met sur pieds une représentation syndicale des travailleurs et des travailleuses de ce secteur. Sinon, ce n’est que de la poudre aux yeux », conclut Daniel Boyer, président de la FTQ.

          Les conductrices et conducteurs d’autobus scolaires doivent aussi être vaccinés en priorité

          La Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), qui représente plus de 3000 conductrices et conducteurs de véhicules scolaires provenant d’une dizaine de régions du Québec, exige que ces derniers soient inclus dans la liste des travailleurs essentiels qui recevront prioritairement le vaccin contre la COVID-19 dans les prochaines semaines.

          « Le personnel des écoles fait partie de cette liste. Les conductrices et conducteurs d’autobus et de berlines scolaires doivent être considérés au même niveau de risque que les salarié-es qui donnent des services directs aux élèves dans les écoles. Ils doivent donc être vaccinés en priorité comme eux. C’est un non-sens qu’ils soient exclus de cette catégorie à l’heure actuelle. C’est même insultant », déclare Stephen P. Gauley, président du secteur du transport scolaire de la FEESP–CSN.

          M. Gauley rappelle que les autobus et les berlines scolaires sont des espaces fermés, peu ventilés. Les conductrices et conducteurs côtoient aussi des centaines d’élèves différents chaque jour en raison des multiples circuits qu’ils effectuent matin et soir. « La distanciation sociale dans les autobus est impossible. La plupart des conductrices et conducteurs n’ont pas de plexiglas pour les protéger et ont des contacts à moins de deux mètres pendant plus de quinze minutes avec les élèves en raison du fait que les bancs à moins de deux mètres d’eux ne sont pas condamnés. Ces conditions créent un potentiel de contamination élevé, comme c’est le cas dans les écoles. Québec doit se réveiller et rectifier la situation », continue M. Gauley.

          Jean-Pierre Bourgault, vice-président trésorier de la FEESP–CSN, rappelle que cette exclusion des conductrices et conducteurs d’autobus scolaires de la liste des travailleurs essentiels qui recevront prioritairement le vaccin pourrait aggraver la pénurie de main-d’œuvre qui sévissait déjà dans ce secteur. « Le gouvernement Legault répète constamment que les enfants doivent pouvoir continuer d’aller à l’école. Mais la pénurie de main-d’œuvre qui frappe déjà le secteur compromettra le service de transport scolaire si des conductrices et conducteurs doivent s’absenter en raison d’une contamination, car à beaucoup d’endroits, il n’y a pas de remplaçants », observe-t-il.

          M. Gauley termine en appelant Québec à rectifier le tir sans attendre. « Les conductrices et conducteurs d’autobus scolaires font partie de la grande catégorie du personnel scolaire. Ils doivent être considérés comme travailleurs essentiels pouvant se faire vacciner prioritairement dans les prochaines semaines », conclut-il.

          Le gouvernement refuse d’agir pour relever les services publics; la CSN prépare la grève

          « L’éternel refus du gouvernement Legault d’agir concrètement pour que la crise dans les réseaux se résorbe commence de plus en plus à ressembler à de la négligence et cette négligence, on la connaît. Elle est le lot du secteur public depuis trop longtemps et elle nuit gravement à la capacité des réseaux à rendre les services à la population. Par son inaction, le gouvernement nous pousse à devoir prendre les grands moyens. » C’est le message que lance la CSN alors qu’elle annonce que l’ensemble de ses syndicats du secteur public partira, au cours des cinq prochaines semaines, à la recherche d’un mandat de grève.

          D’ici le 10 mai, plus de 200 syndicats affiliés à la CSN, qui représentent plus de 160 000 membres, tant en éducation qu’en santé et services sociaux et dans les organismes gouvernementaux, se prononceront sur un mandat de grève dont les modalités ont été déterminées par chacune des fédérations, selon les discussions stratégiques qu’elles ont menées avec les militantes et les militants des syndicats. Ainsi, la Fédération des employées et employés de services publics (FEESPCSN), la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQCSN) et la Fédération des professionnèles (FPCSN) consulteront leurs membres sur un mandat de cinq jours de débrayage, tandis que la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN), quant à elle, soumettra au vote un mandat d’une banque d’un nombre de jours illimité de grève.

          La CSN déplore que la contre-offre déposée la semaine dernière par le Conseil du trésor n’ait été qu’un désolant exercice de relations publiques sur le dos des travailleuses et des travailleurs des services publics. « On était pourtant en droit de s’attendre, après plus de 48 séances de négociation à la table centrale, à de nouvelles propositions qui auraient laissé entrevoir une meilleure compréhension de la situation de la part du gouvernement, mais non. Toujours rien qui permette de s’attaquer réellement au grave manque de ressources humaines et financières des réseaux, après des décennies de compressions et de mesures austéritaires », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

          Aux tables sectorielles, les enveloppes sont toujours nettement insuffisantes. Il est pourtant clair pour les fédérations du secteur public CSN que l’amélioration des conditions de travail reste la meilleure façon d’améliorer les services à la population.

          « Les employé-es des services publics que nous représentons, notamment le personnel de soutien dans les centres de services scolaires et dans les cégeps et celui des organismes gouvernementaux, donnent tout ce qu’ils ont pour assurer une prestation de services de qualité à la population du Québec. La pandémie aura révélé, plus que jamais, le caractère essentiel de leur travail. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous partons à la recherche de mandats qui nous permettront d’accentuer la pression sur le gouvernement afin d’améliorer les conditions de travail de ces gens indispensables. Le statu quo a assez duré. Les comités patronaux de négociation doivent réellement travailler avec nous afin d’en arriver à un règlement satisfaisant pour l’ensemble de nos membres. À la FEESPCSN, nous sommes disposés à le faire. » – Nathalie Arguin, présidente de la FEESPCSN

          « Dans la dernière année, les enseignantes et les enseignants du réseau collégial ont su s’adapter pour offrir des conditions d’apprentissage adéquates aux étudiantes et aux étudiants, et ce, malgré les nombreux défis posés par la pandémie. En ce moment, nous nous attendons à de l’ouverture et à un dialogue constructif avec le gouvernement afin d’apporter les solutions nécessaires pour la pérennité du réseau collégial. Pour y arriver, les porte-parole patronaux doivent se présenter aux tables avec des mandats clairs qui nous permettront d’avancer sur des questions telles que la précarité, notamment pour les chargé-es de cours à la formation continue, ou encore sur les enjeux touchant les techniques lourdes de la santé, les coordinations de département ainsi que les étudiantes et les étudiants en situation de handicap (EESH). » – Yves de Repentigny, vice-président de la FNEEQ–CSN

          « C’est aberrant de constater que les représentantes et les représentants patronaux à notre table de négociation n’ont toujours pas de mandat pour discuter sérieusement des enjeux qui nous tiennent à cœur dans le réseau de la santé et des services sociaux et qui nous permettraient de donner des services de qualité. Cette négociation doit permettre la mise en œuvre de solutions pour mettre fin à la surcharge de travail, pour assurer un niveau adéquat de personnel en tout temps, pour retenir l’expertise tout en attirant la relève, pour renforcer la prévention en santé et sécurité du travail ou encore pour favoriser la conciliation famille-travail. L’heure est aux solutions, maintenant! »  – Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS–CSN

           « La nouvelle tentative du gouvernement de régler les négociations du secteur public est une démonstration supplémentaire de son manque flagrant d’écoute et de considérations pour ce que vivent les professionnel-les ainsi que les techniciennes et les techniciens, autant dans le réseau de la santé que dans les organismes gouvernementaux. Des journées entières de discussions consacrées à la mise en œuvre de solutions pour contrer la surcharge de travail ne se reflètent pas du tout dans cette nouvelle offre. De plus, on y trouve trop peu de ressources supplémentaires pour régler les difficultés d’attraction et de rétention du personnel. C’est inacceptable. »  – Danny Roy, vice-président de la FP–CSN

          La CSN réitère que son unique objectif actuellement est d’en arriver à une entente satisfaisante qui, en répondant aux besoins des travailleuses et des travailleurs des services publics, permette de remettre sur pied les réseaux qui s’écroulent. « Si l’inaction du gouvernement perdure, nous allons continuer à défendre les services publics pour tous les Québécois et les Québécoises et nous allons faire ce qu’il faut pour qu’ils s’améliorent réellement au bénéfice de toute la population. Par ailleurs, si cela doit passer par l’utilisation de l’ultime moyen de pression que nous avons à notre disposition, lequel est un droit constitutionnel, nous le ferons : nous exercerons la grève pour les services publics du Québec », conclut Caroline Senneville.

          Catastrophe annoncée : la FSSS publie les résultats d’un sondage sur le moral des travailleurs et des travailleuses de la santé et des services sociaux

          La Fédération de la santé et des services sociaux affiliée à la CSN (FSSS-CSN) dévoile aujourd’hui les résultats d’un sondage mené auprès de ses membres un an après le début de la pandémie. Selon ce sondage, 71% des répondants souffrent d’une détresse psychologique élevée. Ce résultat est près de quatre fois plus élevé que ceux mesurés dans l’Enquête québécoise sur les conditions d’emploi et de santé et de sécurité du travail (EQCOTESST), pour le secteur de la santé et des services sociaux (18,1%). 

          Les résultats du sondage révèlent également que 27% des personnes répondent aux critères d’une détresse psychologique élevée très importante, faisant en sorte qu’il est probable que ces répondants développent une maladie mentale grave. L’indice de détresse psychologique est un indicateur précoce d’atteinte à la santé psychologique qui évalue deux des plus fréquents troubles de santé psychologique, soit l’anxiété et la dépression. 

          Les effets de la pandémie
          Dans une grande enquête menée par la FSSS en 2018, le même outil méthodologique nous indiquait alors que 53.73% de nos membres avaient un niveau de détresse psychologique élevée. « La différence entre les résultats des deux enquêtes nous préoccupe énormément, cela démontre une détérioration marquée de la santé psychologique de nos membres dans la dernière année », souligne Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.  

          54% des répondants ont par ailleurs répondu aller moins bien qu’avant la pandémie. 

          « Il faut donner un coup de barre, c’est urgent. La santé du personnel des réseaux de la santé et des services sociaux et des services de garde éducatifs à l’enfance est en péril, tout comme la santé des réseaux eux-mêmes. Au final, c’est la population qui en paiera le prix si on laisse perdurer cette situation très préoccupante » rappelle Jeff Begley.

          2300 personnes issues des différents secteurs que représente la FSSS ont répondu au sondage, mené en ligne du 10 au 17 mars 2021. 

          Les mêmes offres toujours insuffisantes pour relever les services publics

          « Avec cette contre-proposition salariale qui n’en est pas une, il est clair que nous avons été convié-es à une nouvelle opération de communication du gouvernement Legault; un désolant exercice de relations publiques de la CAQ sur le dos des travailleuses et des travailleurs, alors que ceux-ci se mobilisent partout à travers le Québec pour défendre les services publics. » C’est le message que livre la Confédération des syndicats nationaux (CSN) au sortir de sa rencontre avec le Conseil du trésor ce matin, à Québec.

          La CSN se dit extrêmement déçue par la proposition qui leur a été déposée; une proposition collée sur celle qui avait été rejetée en mai 2020 par l’organisation syndicale qui représente plus de 160 000 travailleuses et travailleurs des services publics. Les paramètres salariaux restent identiques à la dernière offre, soit 1,75 % en 2020, 1,75 % en 2021 et 1,5 % en 2022. Les montants forfaitaires à la première et à la deuxième année sont, quant à eux, légèrement bonifiés. « Des mesures éphémères, ce n’est pas ça qui va attirer et retenir le personnel. On est loin du coup de barre nécessaire », lance Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

          Une autre nouveauté de ce dépôt quant aux paramètres salariaux est la mise en place, pour la durée de la convention collective, d’un mécanisme de protection du pouvoir d’achat qui permet d’ajouter au plus 1 %, si l’inflation dépasse 5 % sur la période de trois ans. « C’est quand même incroyable que le gouvernement veuille nous vendre ce mécanisme comme un gain significatif. On parle ici de garantir aux personnels des réseaux, celles et ceux qui prennent soin de nous au quotidien, qu’ils ne s’appauvriront pas en travaillant pour les Québécoises et les Québécois. Et même là, ce n’est pas une vraie garantie, puisque si l’inflation dépasse 6 % sur trois ans, ce sera l’appauvrissement. Et le gouvernement en ajoute une couche en liant le déclenchement de ce mécanisme à la croissance économique », ajoute Mme Senneville.

          La CSN ayant obtenu, le 15 mars dernier, un mandat clair de planifier la grève des syndicats de tous les secteurs qu’elle représente, tant dans les réseaux de l’éducation et de la santé et des services sociaux que dans les organismes gouvernementaux, elle affirme que la nouvelle tentative du gouvernement de régler au rabais les conventions collectives du secteur public accélérera les démarches déjà entamées en ce sens. « En refusant encore une fois de prendre les moyens nécessaires pour relever les réseaux, le gouvernement Legault met en péril les services à la population. Nous ne pouvons accepter ça. Et s’il faut que nous utilisions l’ultime moyen de pression pour améliorer nos conditions de travail et ainsi défendre les services auxquels les Québécoises et les Québécois ont droit, nous le ferons », conclut Caroline Senneville.

          Le gouvernement entendra-t-il enfin le cri d’alarme lancé par les travailleuses et les travailleurs des services publics?

          Devant le mépris exprimé depuis trop longtemps par le gouvernement Legault, qui refuse toujours de donner le coup de barre nécessaire pour relever les services publics, la colère monte chez le personnel. Il y a un an aujourd’hui, les conventions collectives des 550 000 travailleuses et travailleurs des services à la population venaient à échéance. Le gouvernement disait alors vouloir s’entendre rapidement avec ses employé-es, mais 12 mois plus tard, force est de constater que ces paroles n’étaient que du vent. C’est pourquoi, ce matin, des milliers de travailleuses et de travailleurs, toutes organisations syndicales confondues (CSN, CSQ, FIQ, APTS, FTQ, FAE, SFPQ et SPGQ), manifestent leur ras-le-bol devant l’Assemblée nationale à Québec et devant le bureau du premier ministre à Montréal.

          Tout au long de la journée, malgré leur surcharge de travail constante et leur épuisement, ces centaines de milliers de femmes et d’hommes qui se dévouent sans relâche pour la population feront du bruit partout à travers le Québec afin de sonner l’alarme sur les situations intenables vécues sur le terrain actuellement et dénoncer l’inaction du gouvernement face à ces situations.

          Pour les leaders syndicaux présents à Québec (Jacques Létourneau, CSN; Sonia Ethier, CSQ; Nancy Bédard, FIQ; Andrée Poirier, APTS; Daniel Boyer, FTQ; Sylvain Mallette, FAE; Christian Daigle, SFPQ et Line Lamarre, SPGQ), il est impératif que le gouvernement agisse maintenant.

          « La situation catastrophique dans les réseaux, dans la fonction publique et dans les organisations parapubliques ne date pas d’hier. Ce sont des décennies de réformes centralisatrices, de compressions et d’austérité qui ont démoli les services publics. Il est aujourd’hui on ne peut plus clair que ce n’est pas la voie à suivre. Avant d’utiliser la fameuse cassette du « On n’a plus d’argent, les coffres sont vides », le gouvernement Legault doit se poser la vraie question « A-t-on les moyens de se priver des services publics? » La dernière année est venue nous confirmer, hors de tout doute, que la réponse est non », affirment les leaders syndicaux d’une seule voix.

          Les organisations revendiquent des améliorations immédiates et significatives aux conditions de travail et de pratique et aux salaires du personnel de l’État pour freiner les départs qui se comptent par milliers depuis le début de la pandémie et réussir à recruter de nouvelles personnes pour venir rapidement prêter main-forte.

          « Le gouvernement l’a dit lui-même par la bouche de son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, pour justifier l’augmentation de 127 % accordée au PDG d’Investissement Québec : « Si on veut avoir des outils à la mesure de nos ambitions, il faut rémunérer les gens en conséquence ». Cette affirmation est fort juste et elle doit aussi s’appliquer aux travailleuses et aux travailleurs qui, au quotidien, prennent soin de nous, de nos parents, de nos enfants, de nos proches », notent les porte-parole syndicaux, tout en ajoutant que chaque jour qui passe sans action directe du gouvernement pour ajouter des ressources humaines et financières en santé et services sociaux, en éducation, dans la fonction publique et dans les organismes gouvernementaux aggrave les problèmes d’attraction et de rétention du personnel et entraîne des conséquences importantes sur les services à la population.

          Les travailleuses et les travailleurs veulent maintenant des réponses à leurs questions : après deux ans et demi au pouvoir, qu’attend le gouvernement pour faire ce qu’il faut et investir les sommes nécessaires pour relever les services publics? Quand entend-il donner des mandats à ses représentants aux tables de négociation pour parvenir à des ententes satisfaisantes pour toutes et tous, des ententes à la hauteur des besoins qui changeront le visage des services publics, tant pour celles et ceux qui y travaillent que pour l’ensemble du Québec?

          Si le gouvernement refuse toujours de répondre adéquatement à ces questions, les organisations syndicales déploieront des actions de mobilisation plus musclées sur le terrain au cours des prochaines semaines.

          « Nous ne resterons pas les bras croisés, alors que les services à la population sont en péril. Nous nous mobiliserons pour le bien-être de toutes les Québécoises et de tous les Québécois », de conclure les leaders syndicaux.

          Marlène Paul ou le militantisme syndical pour créer des ponts sur les réalités autochtones

          Innue par son père, Marlène est née il y a soixante-trois ans à Mashteuiatsh, la seule communauté autochtone au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Elle enseigne à l’école secondaire Kassinu Mamu de Pekuakamiulnuatsh Takuhikan, à Mashteuiatsh. Elle a œuvré à syndiquer le personnel enseignant de son école en 2014 et est maintenant présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Mashteuiatsh—CSN.

          « Étant à moitié innue, j’ai les pieds dans deux cultures. Cela a fait en sorte que souvent, pour les Autochtones, je ne suis pas vraiment autochtone. Et pour les Blancs, c’est pareil, je ne suis pas vraiment comme eux, mon nom de famille est associé aux Innus. Cette tension a parfois été difficile, surtout plus jeune », commence Marlène.

          Les pensionnats autochtones, on a l’impression que c’est bien loin, mais Marlène les a connus. La pratique de séparer les enfants autochtones de leur famille en les plaçant dans ces pensionnats a été adoptée par le gouvernement fédéral et le clergé pour « tuer l’indien dans l’enfant ». Ces pensionnats ont existé dans toutes les provinces canadiennes, des années 1880 jusqu’aux années 1990, le dernier ayant fermé ses portes seulement en 1996, en Saskatchewan.

          « Lorsque j’étais enfant, il y avait un pensionnat directement dans la communauté, qui s’appelait Pointe-Bleue à cette époque. À l’âge de seulement six ans, on m’a arrachée à ma famille pour m’y envoyer. J’y suis demeurée quatre ans. Pendant tout ce temps, je n’ai pas revu mes parents, mes frères, mes sœurs. Ce fut… marquant », dit-elle simplement.

          Après le pensionnat, Marlène fréquente l’école secondaire hors de sa communauté. « Lors de la séparation de mes parents, j’ai ensuite quitté Mashteuiatsh. J’ai étudié en génie mécanique, mais n’ai pas trouvé d’emploi. Je suis donc retournée à l’université en enseignement des mathématiques et des sciences. J’ai enseigné dans plusieurs écoles, partout au Québec, dans des communautés autochtones ou non. Je connais donc bien les différents enjeux touchant les Autochtones en éducation », continue-t-elle.

          De retour à Mashteuiatsh depuis plusieurs années, Marlène est d’avis que les perceptions et les préjugés à l’endroit des Autochtones diminuent un peu. « Mais c’est un travail très lent. Ce n’est pas évident d’aller à la rencontre de l’Autre. La méfiance est très présente, de part et d’autre. C’est en créant des espaces d’échange et de dialogue que les barrières pourront tomber, j’en suis persuadée », observe Marlène.

          « Les allochtones ont beaucoup de préjugés envers nous. On leur a rentré dans la tête que nous avons des privilèges, notamment au niveau de la chasse et de la pêche. C’est très tendu, ici, sur ces questions, ainsi que sur la question des terres qui appartiennent à la communauté. Ça crée des conflits entre les gens, on entend des propos racistes de la part de citoyennes et citoyens à la radio… Ce n’est pas facile », poursuit-elle.

          Marlène croit que l’éducation est une clé importante pour faire tomber ces préjugés et ces méconnaissances, qui engendrent du racisme à l’endroit des membres des Premières Nations. « Les Innus de Mashteuiatsh sont de façon générale plus pauvres et plus malades que les gens de la région. Pourquoi ? Entre autres parce que le système colonial canadien nous maintient encore aujourd’hui dans une posture de mineur vis-à-vis Ottawa. Est-ce que les gens savent qu’on ne peut pas se prendre une hypothèque et que nous ne pouvons pas être propriétaires de nos maisons dans les communautés ? Que le gouvernement fédéral est encore notre “tuteur légal ?” Il commence à y avoir un certain éveil sur ces questions et des politiques timides de réconciliation voient le jour, mais il faut voir cela sur le long terme », souligne-t-elle.

          Résolument engagée pour créer des espaces de dialogue partout où elle peut, Marlène a été nommée en 2019 au Conseil supérieur de l’éducation, qui conseille le ou la ministre de l’Éducation. Active au sein de la FNEEQ depuis 2014, elle voit aussi le militantisme syndical comme une occasion de créer des ponts et d’éduquer les gens sur les réalités autochtones. « Il faut parler, parler, parler, pour finir par se comprendre. Il ne faut pas se décourager, ça évolue », termine-t-elle en souriant.

           

           

           

           

          Les négociateurs du gouvernement Legault ne pourront pas empêcher les travailleuses et les travailleurs de la santé et des services sociaux de manifester bruyamment

          Le Tribunal administratif du travail a tranché : le gouvernement Legault ne pourra pas empêcher les travailleuses et les travailleurs de participer massivement à des actions de mobilisation qui se tiendront, partout au Québec, ce mercredi 31 mars. Rappelons que le gouvernement Legault, par l’entremise du Comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux (CPNSSS), a demandé dimanche matin l’intervention du Tribunal administratif du travail (TAT) pour interdire ces moyens de visibilité dans le réseau de la santé et des services sociaux.

          fCette journée d’actions, déployée par l’ensemble des organisations syndicales du secteur public sous le thème « On sonne l’alarme », vise à souligner la situation critique qui prévaut dans les services publics, notamment dans le réseau de la santé et des services sociaux, alors que le personnel est sans convention collective depuis un an.

          Les huit grandes organisations syndicales de la santé et des services sociaux visées par cette demande d’intervention maintiennent les actions prévues, tout en s’assurant que les balises édictées par le TAT seront intégralement respectées.

          « Nous n’avons jamais eu l’intention de perturber les services ni de nuire aux usagères et aux usagers de quelque façon que ce soit, ont réagi les leaders syndicaux. La demande d’intervention de la partie patronale visait à nous faire taire, bien plus qu’à assurer qu’il n’y aurait aucun préjudice à l’égard des personnes dont nous prenons soin chaque jour. En ce sens, le TAT rappelle la partie patronale à l’ordre. Nous accueillons favorablement cette décision du TAT. Et nous avons un message très clair envers le gouvernement :  l’heure est à la négociation véritable avec les syndicats. C’est la seule vraie solution qui permettra de répondre aux besoins des travailleuses et des travailleurs sur le terrain, tout en améliorant nos services publics ».

          Les organisations syndicales en question sont l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS); la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ); la Fédération des professionnèles (FP-CSN); la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN); la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ); le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ); le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ); le Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES-FTQ).

          Les négociateurs du gouvernement Legault tentent de faire taire les travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux

          Huit grandes organisations syndicales de la santé et des services sociaux dénoncent une manœuvre pitoyable du gouvernement Legault visant à faire taire leurs membres qui participeront à des actions de visibilité ce mercredi 31 mars. Cette journée d’actions, déployée par l’ensemble des organisations syndicales du secteur public sous le thème « On sonne l’alarme », vise à souligner la situation critique qui prévaut dans les services publics, notamment dans le réseau de la santé et des services sociaux, alors que le personnel est sans convention collective depuis un an. Le gouvernement Legault, par l’entremise du Comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux (CPNSSS), a demandé dimanche matin l’intervention du Tribunal administratif du travail (TAT) pour interdire ces moyens de visibilité, qui étaient pourtant déjà connus depuis plusieurs semaines. Il brandit un « préjudice ou une possibilité de préjudice à un service auquel le public a droit » ainsi qu’une menace aux « services de santé et services sociaux sécuritaires et continus auxquels a droit la population ».

          Les parties ont été convoquées ce lundi pour une conciliation qui a échoué. L’audition aura lieu demain, mardi.

          « C’est complètement ridicule! Nos membres ont toutes et tous à cœur le bien-être des personnes sous leur responsabilité et la dernière année l’a prouvé hors de tout doute. De présumer qu’ils et elles pourraient mettre en péril les soins offerts est insultant et démontre encore une fois le peu de considération de ce gouvernement pour les travailleuses et les travailleurs du réseau », ont lancé les leaders syndicaux.

          Les organisations syndicales soulignent qu’il n’a jamais été question de perturber les services ni de nuire aux patients et usagers de quelque façon que ce soit. Pour elles, ce recours est une gifle au visage des travailleuses et travailleurs du réseau, qui ont sans cesse prouvé leur professionnalisme et leur attachement à la dignité des patients, avant et pendant la pandémie, et ce, malgré les compressions budgétaires, le manque d’équipement de protection, le manque de personnel, les conditions de travail pénibles, le manque chronique de reconnaissance et le manque de volonté de négocier du gouvernement.

          « Depuis un an, le gouvernement Legault nous prive de vacances, réorganise notre travail sans notre accord, nous relocalise abusivement, suspend les droits de nos conventions collectives unilatéralement. Il nous méprise en nous offrant des augmentations salariales pitoyables. Mais ce n’était pas suffisant. Aujourd’hui, le gouvernement cherche à nous réduire au silence », d’ajouter les dirigeantes et dirigeants.

          « Le gouvernement s’aventure sur une pente glissante en tentant d’empêcher des activités syndicales tout à fait légitimes et protégées par les chartes québécoise et canadienne. Nous trouvons lamentable de s’en prendre aux travailleuses et travailleurs qui sont sans contrat de travail depuis un an et qui veulent sonner l’alarme, alors que le problème, c’est le découragement qui mène aux démissions, c’est la mauvaise gestion de l’attraction-rétention, c’est le manque de reconnaissance et de respect du gouvernement qui dure depuis des années », de conclure les dirigeantes et dirigeants.

          Les organisations syndicales en question sont l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS); la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ); la Fédération des professionnèles (FP-CSN); la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN); la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ); le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ); le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ); le Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES-FTQ).

          Le budget provincial : des promesses séduisantes, un accueil mitigé

          « L’enseignement supérieur a été déclaré comme un service essentiel ainsi qu’une priorité par le gouvernement Legault. On ne peut que se réjouir de l’attention qu’accorde enfin ce gouvernement aux études postsecondaires, mais le détail des investissements montre qu’il y aura finalement peu d’argent accordé aux enseignantes et aux enseignants des réseaux collégial et universitaire », constate Caroline Quesnel, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQCSN). 

          Malgré un déficit prévu de 12,5 G$ en 2021-2022, le ministre des Finances, Éric Girard, injecte 700 M$ de dollars en enseignement supérieur jusqu’en 2026. Nous nous réjouissons qu’une bonne partie de ces sommes vienne en aide aux étudiantes et aux étudiants, qui ont particulièrement souffert des impacts de la pandémie. Nous nous interrogeons toutefois sur les mesures d’encouragement, qui ciblent des domaines particuliers (notamment les technologies de l’information) au détriment des autres. Nous tenons à rappeler que l’enseignement supérieur n’est pas au service des besoins du marché de l’emploi. 

          Par ailleurs, nous constatons que, du primaire à l’université, le gouvernement mise de manière insistante sur le virage numérique, l’intelligence artificielle et le déploiement de solutions informatiques. Nous ne partageons pas cet engouement pour la technologie. L’enseignement en présence doit être maintenu et favorisé dans tous les ordres d’enseignement, et il ne faut surtout pas tirer de conclusions hâtives de la pandémie. Cependant, les décisions concernant l’utilisation des sommes annoncées devront refléter les préoccupations et les besoins exprimés par les enseignantes et les enseignants, qui ont été au premier plan de l’adaptation et de la poursuite des activités d’enseignement durant la dernière année. Nous craignons que de tels investissements ne fassent qu’alimenter la concurrence entre les établissements. 

          Quant au primaire et au secondaire, la Fédération se réjouit des investissements de 170 millions annoncés pour « Soutenir la consolidation des apprentissages en contexte de crise sanitaire », mais signale que la nature de ces investissements devra être précisée en collaboration avec le personnel enseignant. De plus, les 70 M$ octroyés « afin de valoriser la profession enseignante et les carrières en éducation, de soutenir les étudiants en enseignement et leur intégration en emploi ainsi que de mobiliser les personnes qui travaillent au quotidien auprès des élèves du Québec » d’ici 2025-2026 risquent de s’avérer bien insuffisants. 

          La Fédération accueille favorablement le soutien annoncé de 41 M$ d’ici 2025-2026 pour les établissements d’enseignement supérieur en région, mais elle souligne néanmoins que les besoins sont beaucoup plus importants. 

          « L’éducation et l’enseignement supérieur forment les citoyennes et les citoyens qui façonneront la société québécoise. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre et de sortie de crise difficile, il s’avère important de bien les soutenir. Qu’enfin le déficit provincial ne représente plus un frein constitue une bonne nouvelle », souligne Caroline Quesnel. 

          Vigilance et regrets
          Personne ne peut ignorer que l’enseignement en mode non présentiel a accentué les inégalités et a eu un impact important sur la motivation ainsi que le parcours scolaire de milliers d’étudiantes et d’étudiants. La situation a alourdi considérablement la tâche des enseignantes et des enseignants et elle devrait perdurer durant les prochains mois, si ce n’est les prochaines années. L’annonce d’aujourd’hui est ainsi bien accueillie par la Fédération, qui, malgré tout, restera vigilante afin que les sommes injectées soutiennent concrètement le personnel enseignant des cégeps et des universités et répondent enfin aux besoins criants qu’ils expriment depuis plusieurs années. 

          Par ailleurs, la Fédération attend avec impatience la publication du Plan d’action pour la réussite en enseignement supérieur, doté d’un budget de 150 M$ d’ici 2025-2026. Nous mettons toutefois en garde le ministère sur le danger de concevoir la réussite uniquement en fonction de l’atteinte de cibles de diplomation sans tenir compte des impacts de la pandémie sur la persévérance et la motivation étudiantes.   

          La FNEEQ-CSN, qui représente notamment les enseignantes et des enseignants dans 45 établissements collégiaux publics, soit environ 85 % d’entre elles et eux, dénonce, à l’instar de la CSN, qu’aucune somme ne soit prévue afin de régler les négociations du secteur public. Si le gouvernement veut reconnaître la contribution des salarié-es de l’État dans la santé, dans les organismes gouvernementaux de même que dans l’éducation et l’enseignement supérieur, les bons mots ne suffisent pas : les actes doivent suivre la parole.  

          Nous regrettons que le gouvernement ait décidé de maintenir les versements au Fonds des générations et qu’il ne procède pas à la révision majeure de la fiscalité souhaitée par la Coalition Main rouge, dont elle est membre. Ce faisant, l’État se prive encore une fois de ressources importantes pour soutenir les services publics. Aussi, la décision de la CAQ d’uniformiser le taux de taxe scolaire privera l’éducation et l’enseignement supérieur de plus de 3,6 G$ entre 2020 et 2026. Tout porte à croire qu’à la suite des prochaines élections provinciales, le Québec subira une autre cure d’austérité. Les membres de la FNEEQ-CSN seront une fois de plus prêts et prêtes à se battre !

          Alexandre Ladouceur, l’un des témoins derrière les masques

          Le CHSLD Lionel-Émond, situé à Gatineau, figure parmi les premiers centres d’hébergement de l’Outaouais à être aux prises avec une éclosion de COVID-19. De quatre cas confirmés, le nombre de bénéficiaires positifs grimpe à 19 en quelques jours.

          À 29 ans, Alexandre Ladouceur semble rougir au bout de la ligne quand on lui demande si on peut le qualifier de « jeune homme fringant ». Ce préposé aux bénéficiaires admet néanmoins s’entraîner au gym cinq fois par semaine. Croyant que sa bonne santé le prémunirait de symptômes trop graves s’il attrapait la maladie, Alexandre s’était porté volontaire pour aller travailler en zone rouge, à l’aile du 4e étage où les usagers luttant contre la COVID-19 sont isolés. À temps plein, sur le quart de soir.

          « J’ai commencé à avoir peur quand j’ai réalisé à quel point la maladie était aléatoire : des patients bien portants pouvaient mourir en l’espace de trois jours, alors que d’autres, bien plus faibles, étaient positifs, mais ne présentaient presque pas de symptômes », relate-t-il.

          C’est en écoutant le premier ministre expliquer en conférence de presse que les masques de procédure protégeaient non pas la personne qui le porte, mais plutôt celle avec qui elle interagit, qu’Alexandre et ses collègues commencent à se poser des questions… Inquiets de la non-disponibilité des masques N95, certains commencent à apporter leur propre équipement de protection, qui un foulard, qui des lunettes de plongée…

          Alexandre travaillera à temps complet pendant environ trois semaines avant de recevoir la confirmation le 27 avril, à son troisième test, qu’il avait été infecté.

          « J’ai passé 19 jours seul dans mon appartement. J’appelais le 811 au moins une fois par jour, j’étais extrêmement faible, je crachais du sang… C’était rough. Et dur pour l’orgueil, aussi », reconnaît-il.

          Peu de temps après avoir reçu un appel de la Santé publique lui indiquant qu’il était « guéri » (« je crachais encore du sang », fait-il remarquer), une gestionnaire du CHSLD le contacte pour lui proposer un retour au travail… en zone rouge. « Je ne veux pas mourir! », lui répond-il aussitôt. « Ce n’est pas de sa faute, à la pauvre dame, mais elle a reçu toute la frustration que j’avais accumulée. J’avais vraiment l’impression – et je l’ai encore! – d’avoir été trompé. Depuis le début, dans cette histoire, c’est comme si on renvoyait toute la responsabilité aux employé-es : lavez-vous les mains, faites attention, puis tout va bien aller, comme si c’était de notre responsabilité de ne pas tomber malade… »

          Alexandre Ladouceur a été « profondément atteint » par le décès de deux collègues. L’un est décédé des suites de la maladie, l’autre s’est enlevé la vie après que sa mère se soit retrouvée aux soins intensifs après l’avoir lui-même contaminée.

          « C’est d’une tristesse… Les deux étaient tout proches de la retraite, c’est désolant », laisse tomber Alexandre.

          Pas de contamination par aérosols?
          Tout au long de l’année 2020, l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) refusera de reconnaître la possibilité de contamination par aérosols – ces minuscules particules, plus petites que les gouttelettes – qui circulent dans l’air. Pour la santé publique, les masques N95 ne sont pas nécessaires. Pire, une ordonnance du Dr Horacio Arruda, émise en juin 2020, interdira tout usage des N95 dans le réseau à l’exception de cas bien précis, soit les interventions médicales générant des aérosols.

          Malgré les nombreuses plaintes déposées par de nombreux syndicats du réseau de la santé et des services sociaux quant au manque de protection des travailleuses et des travailleurs, la CNESST refusera d’appliquer le principe de précaution, se collant sur les avis de l’INSPQ. Ce sont ces rapports d’intervention de la Commission des normes de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) qui seront contestés, et ce, dès le printemps 2020, devant le Tribunal administratif du travail (TAT).

          Lorsque son délégué syndical, Simon Lacroix, le contacte pour tester son intérêt à venir témoigner devant le TAT afin de contester les avis de la CNESST, Alexandre y voit une occasion en or. « Je n’en veux pas aux gestionnaires avec qui je travaille, ils ont vraiment tout fait avec les moyens que nous avions. Mais les gens qui travaillent en zone rouge, ce sont des gens extrêmement courageux. Il me semble qu’on a une responsabilité de bien les protéger. Je ne sais pas combien ça coûte, un N95, mais la vie d’un travailleur, ça n’a pas de prix, ça je le sais. »

          Dans sa décision, le juge qualifiera le témoignage d’Alexandre de « troublant ».

          « J’ai expliqué au juge que de travailler comme préposé aux bénéficiaires, c’est dynamique : on bouge tout le temps. On voyait bien que la protection n’était pas suffisante. Quand il fait chaud, on sue, la visière glisse, le masque de procédure devient tout mouillé, il glisse aussi, on est proche du patient, on sent sa respiration sur notre visage… essaye de replacer ton masque quand tu es en train de changer une couche! »

          Le juge Philippe Bouvier donnera raison aux prétentions syndicales : le risque de contamination par aérosols est réel, seul un appareil de protection respiratoire (de type N95 ou supérieur) peut en protéger les salarié-es, les employeurs n’ont pas assuré leur protection et la CNESST a failli à son devoir quant à l’application du principe de précaution. Il ordonne aux employeurs visés par la requête de rendre disponibles des masques N95 dès qu’un salarié, peu importe son titre d’emploi, se retrouve en présence d’un patient contaminé ou suspecté de l’être, soit en zone tiède et chaude, en plus d’offrir un test d’ajustement à tous les salarié-es qui doivent en porter.

          C’est en pensant à ses collègues décédés et aux 30 000 travailleuses et travailleurs du réseau de la santé qui ont contracté la maladie qu’Alexandre a savouré la victoire en lisant la décision du juge Bouvier cette semaine. Une victoire qui laisse un goût amer, plus d’un an après le début de la pandémie, admet-il.

          « Ça faisait tellement longtemps que je parlais de tous ces problèmes à mes proches, j’étais content de pouvoir enfin parler à quelqu’un en position d’autorité. Je ne suis pas un spécialiste, ni un médecin, ni un avocat, mais le juge a pris le temps de m’écouter. Attentivement. J’ai juste essayé de lui répondre au meilleur de mes connaissances. »

          Et fort d’une expérience des plus traumatisantes, risquerions-nous d’ajouter.

           La semaine prochaine : blocages politiques, victoire juridique

           

           

          Lancement de la 25e campagne de financement pour le Camp Vol d’été Leucan–CSN

          Le 18 mars avait lieu le lancement de la 25e campagne de financement de la CSN pour le Camp Vol d’été Leucan-CSN. C’est lors du conseil confédéral que David Bergeron-Cyr, 2e vice-président de la CSN et représentant politique de la campagne, ainsi que Pascale Bouchard, directrice générale de Leucan, se sont adressés aux membres de façon virtuelle.

          2021 est une année importante. Elle marque le 25e anniversaire de partenariat entre la CSN et Leucan. Depuis 25 ans, les membres de la CSN collectent des fonds pour le Camp Vol d’été Leucan-CSN, un camp unique pour les enfants atteints de cancer et leur famille. Madame Bouchard a annoncé qu’à nouveau en 2021, ce camp, l’événement le plus attendu des familles année après année, n’aura pas lieu à cause de la pandémie. La sécurité des familles et des bénévoles a été prise en compte ainsi que le risque d’un manque de personnel médical nécessaire à la tenue de l’activité.

          Malgré l’annulation du Camp, la CSN reste présente pour les enfants atteints de cancer comme l’a dit David Bergeron-Cyr. Une partie des montants recueillis en 2020 et en 2021 sera mise de côté pour le financement du prochain Camp en 2022, mais la balance financera des activités permettant aux familles avec un enfant malade de participer à des activités pour briser l’isolement en 2021. La CSN va donc continuer son mandat d’offrir des moments de répit aux familles membres de Leucan.

          La campagne du 1 $ par membre est de retour encore cette année pour tous les syndicats. Aussi, il est possible de participer à la campagne spéciale de financement du 25e en vous procurant votre couvre-visage festif disponible seulement en 2021 au coût de 12 $. Pour tous les détails et formulaires reliés à la campagne de financement, visitez la page Web de la campagne.

          L’équipe de Leucan remercie David Bergeron-Cyr ainsi que tous les membres de la Fondation Camp Vol d’été Leucan-CSN qui s’impliquent et continuent d’organiser, dans la mesure du possible, différentes activités de collecte de fonds. Ils font de cette campagne un succès. Un grand merci à tous ceux qui donnent et s’impliquent, de près comme de loin. La solidarité légendaire des membres de la CSN fait toute une différence.

          Regardez ce témoignage de la famille Toussaint qui démontre les impacts positifs du Camp Vol d’été Leucan-CSN et l’importance de poursuivre les actions pour briser l’isolement des familles actuellement.

          Une aide saluée pour soutenir le secteur culturel pendant la crise

          L’APASQ, l’AQAD, l’ARRQ, la FNCC–CSN, la GMMQ, TRACE, l’UDA et l’UNEQ saluent les efforts pour soutenir la culture, grâce à une enveloppe de 100 millions de dollars d’aide ponctuelle. Bien que temporaire, il s’agit d’un message positif envoyé par le gouvernement du Québec aux artistes, créateurs et professionnels de la culture. Une étude plus approfondie du budget permettra sans doute de mieux comprendre le détail des sommes indispensables annoncées jeudi.

          En effet, il faut placer cette aide dans le contexte dramatique qui afflige le secteur de la culture, sans doute l’un des plus touchés par la pandémie. Rappelons que l’on assiste à une chute inédite du PIB pour les arts et spectacles au Québec. En comparant les périodes de mars à juin 2019 et de mars à juin 2020, nous constatons une baisse de 54 % du PIB sur l’année. Les emplois ont été perdus par dizaines de milliers, plus de 40 % de nos membres songent à quitter le métier et leur état psychologique est alarmant, comme nous l’avons détaillé dans un plaidoyer publié à la mi-mars.

          Depuis maintenant un an, et pour de nombreux mois encore, les artistes, créateurs et professionnels de la culture risquent d’être sans travail et pour plusieurs sans revenu ni filet social. L’été s’annonce difficile, malgré la réouverture graduelle des salles de spectacle. Nous serons donc également attentifs aux orientations des sommes annoncées pour la santé mentale afin que cette aide soit accessible aux travailleuses et travailleurs autonomes de la culture.

          Les huit associations qui regroupent quelque 26 000 membres font désormais de l’amélioration des conditions socioéconomiques des artistes, créateurs et artisans, la pierre angulaire de la relance en culture, car sans eux, celle-ci n’existe pas. Il faut marteler l’importance d’une réforme en profondeur des structures de financement du secteur culturel pour que l’argent « ruisselle » davantage jusqu’aux artistes.

          En ce sens, une révision en profondeur des deux lois sur le statut de l’artiste afin d’améliorer la situation socioéconomique, des conditions de vie et de pratique des artistes, devient urgente.

          Le secteur de la culture doit résister à la crise pour le rayonnement et la pérennité de la culture québécoise, sans quoi, c’est toute notre société qui en sortira perdante.

          Budget : le ministre des Finances entend en partie raison

          La CSN constate que le ministre des Finances du Québec, Éric Girard, a finalement mis le dogmatisme de côté et entendu raison, en partie, quant au report de deux ans du retour à l’équilibre budgétaire. Cette flexibilité, souhaitée par la centrale syndicale, permettra au gouvernement d’éviter les coupes draconiennes dans les principales missions sociales de l’État.

          « On ne peut nier les efforts consentis par le ministre des Finances quant à la croissance des dépenses de programmes, reconnaît le président de la CSN, Jacques Létourneau. Mais il reste tellement de manque à gagner pour rattraper les effets dévastateurs des années d’austérité que nous avons connues, il reste tant de besoins de la population auxquels nos réseaux publics sont incapables de répondre que nous sommes en droit de nous demander si les investissements seront suffisants. D’autant plus que l’on poursuivra les versements au Fonds des générations, même dans un contexte déficitaire. Juste pour l’année qui se termine, c’est une somme de trois milliards, dont nous aurions eu grandement besoin. C’est un non-sens complet que le gouvernement envisage de se priver de ce même montant pour l’année qui s’amorce. »

          Haro en santé et en éducation
          Pour la CSN, la croissance anticipée des dépenses en santé et en services sociaux ne permettra pas de mettre un frein à l’effritement de plusieurs missions fondamentales de l’État. « Lorsqu’on retire toutes les mesures devenues nécessaires strictement en raison de la pandémie, on constate une stagnation, voire une régression de certains budgets, notamment dans les services sociaux. Malheureusement, malgré les histoires d’horreur que nous entendons chaque jour, que ce soit en santé mentale, à la protection de la jeunesse ou encore dans les soins pour les aînés, dans les faits, le budget présenté aujourd’hui laisse entrevoir une réduction du panier de services. Et pas seulement en 2022 », souligne Jacques Létourneau.

          Le gouvernement demeure muet quant au renouvellement des conventions collectives du secteur public, déplore la centrale syndicale. « On le sait et le gouvernement le sait aussi : le principal obstacle à la dispensation des services de santé et d’éducation, c’est le manque criant de main-d’œuvre dans nos réseaux publics, rappelle le président de la CSN. Et tout le monde le reconnaît, la principale raison de ce manque de main-d’œuvre, ce sont les mauvaises conditions de travail du secteur public, tant sur le plan des salaires que de la charge de travail. Or, le budget ne contient aucune indication laissant envisager le nécessaire coup de barre que nous attendions de la part du gouvernement. »

          Des sommes nettement insuffisantes pour les femmes victimes de violence
          La CSN déplore vivement les sommes faméliques réservées aux centres venant en aide aux femmes victimes de violence. « On compte déjà sept féminicides de trop cette année. Faute de moyens, les maisons d’hébergement doivent refuser 75 % des demandes qu’elles reçoivent. Et le ministre des Finances nous annonce aujourd’hui qu’il injectera… moins de cinq millions cette année. Quel est l’objectif du gouvernement, d’abaisser à 71 ou 72 % le nombre de demandes refusées ? »

          La centrale syndicale aurait également souhaité des mesures beaucoup plus costaudes pour favoriser la création de places en services de garde subventionnés. « Il y a plus de 50 000 enfants dont les parents sont en attente d’une place en CPE ou en milieu familial régi, rappelle Jacques Létourneau. Or, c’est moins de vingt millions qui seront alloués à la « stimulation » de la création de nouvelles places. Quand on sait à quel point les femmes ont été les premières victimes de la pandémie, qu’elles ont été deux fois plus nombreuses que les hommes à avoir perdu leur emploi, il faut tout faire pour favoriser leur retour sur le marché du travail, notamment en consolidant nos services de garde. Malheureusement, l’occasion en ce sens est aujourd’hui ratée. »

          La CSN réalise d’importantes avancées pour le droit de grève dans le réseau de la santé et des services sociaux

          Le mardi 23 mars, le Tribunal administratif du travail (TAT) a rendu une décision importante qui modifie considérablement la manière dont les salarié-es pourraient dorénavant exercer la grève dans le réseau de la santé et des services sociaux. La Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui représente près de 110 000 travailleuses et travailleurs de ce réseau, accueille cette décision avec satisfaction, car elle permettra d’augmenter le rapport de force exercé par les salariés, s’ils devaient avoir recours à ce moyen ultime.

          Par sa décision, la juge administrative Nancy St-Laurent concrétise les efforts déployés par la CSN depuis plus de cinq ans pour faire en sorte que les dispositions sur les services essentiels ne limitent pas indûment le droit de grève des salarié-es, un droit protégé par la Charte des droits et libertés de la personne. Selon ces nouveaux critères, une éventuelle grève dans le réseau de la santé permettrait aux salarié-es d’exercer un meilleur rapport de force afin d’améliorer leurs conditions de travail, tout en assurant la santé de la population et la sécurité publique.

          « Pour les travailleuses et les travailleurs, c’est une victoire sans équivoque, se réjouit la vice-présidente de la CSN, Caroline Senneville. On ramène un meilleur équilibre dans les relations de travail du personnel du réseau de la santé et des services sociaux. »

          La décision concerne présentement deux unités d’accréditation du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé et de services sociaux de l’Outaouais – CSN. La CSN ayant déjà déposé les mêmes listes pour la centaine d’autres unités d’accréditation affiliées à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN) et à la Fédération des professionnèles (FPCSN), on peut s’attendre à ce que ces grands principes s’appliquent à tous les membres CSN du réseau.

          Dans la décision de la juge St-Laurent, la CSN relève notamment deux avancées importantes.

          Les cadres contribueront au maintien des services essentiels
          Premièrement, la décision prévoit que le personnel-cadre qui était à l’emploi d’un établissement au début des négociations devra contribuer au maintien des services essentiels. Auparavant, cette responsabilité revenait exclusivement aux membres des syndicats, qui ne pouvaient compter sur le personnel-cadre pour contribuer au maintien des services essentiels.

          Le niveau de services à maintenir en fonction des différentes réalités
          Deuxièmement, le niveau de services à maintenir dans les différentes unités de travail a été établi à la suite d’un examen minutieux des enjeux réels en termes de santé et de sécurité publique. Auparavant, le niveau des services à maintenir était déterminé de façon uniforme par le Code du travail, en fonction de la mission d’un établissement, sans égard aux tâches réellement exercées au quotidien. Dorénavant, tout le personnel pourra exercer un temps de grève accru par rapport aux grèves précédentes. Seuls l’urgence et les soins intensifs verront leurs services maintenus entièrement. Dans toutes les autres unités de travail, les niveaux de services essentiels à maintenir varieront de 40 % à 90 %.

          Enfin, en ce qui a trait à la pandémie actuelle, le TAT rappelle aux employeurs que, bien qu’ils puissent demander aux syndicats de fournir des effectifs supplémentaires pour répondre à la crise, ceci doit le moins possible porter atteinte au droit de grève des salarié-es.

          « Les employeurs savent maintenant que s’ils laissent traîner les négociations en longueur, les salarié-es seront désormais en mesure d’exercer un rapport de force plus important », affirme Danny Roy, vice-président de la FPCSN. « On espère que cela amènera M. Legault à nous offrir plus que des mercis et du mépris et à enfin donner des mandats à ses négociateurs », ajoute Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSSCSN.

          Une lutte de longue haleine
          Cette décision du TAT découle d’une longue lutte menée par la CSN. En effet, en 2015, la CSN présentait un recours pour dénoncer les dispositions en vigueur sur les services essentiels, car elles enfreignaient le droit de grève des salarié-es, tout en maintenant que l’exercice de la grève ne devait jamais mettre en danger la santé et la sécurité de la population. C’est ainsi que le TAT déclarait, en 2017, « constitutionnellement inopérantes » les modalités prévues à l’article 111.10 du Code du travail. Le gouvernement a donc révisé le Code du travail et c’est la première fois que les nouvelles dispositions sont mises en application dans le réseau public de santé et de services sociaux.

          Préparation de la grève
          Cette décision arrive quelques jours après que la CSN ait annoncé que ses syndicats affiliés en santé et services sociaux, en éducation, dans les cégeps de même que dans les organismes gouvernementaux ont obtenu le mandat d’intensifier les moyens de pression et de planifier l’exercice de la grève, si nécessaire.

          Adem Jasarevic : « La lutte contre le racisme est une tâche collective. La CSN fait partie de cette collectivité et moi aussi ».

          Élu au Comité des relations interculturelles de la CSN par les délégué-es réunis lors du dernier conseil confédéral, Adem Jasarevic connaît bien le racisme et cela explique sûrement sa détermination à le combattre, en rassemblant le plus de gens possible autour de cette lutte nécessaire.

          Adem est arrivé au Québec à l’âge de trois ans en tant que réfugié avec ses deux sœurs et ses parents. « En 1992, être musulman en Bosnie-Herzégovine signifiait persécution, violences et mort potentielle. Cette réalité n’est hélas pas complètement disparue aujourd’hui dans cette région du monde pour des gens comme moi. À l’époque, mes parents ont donc choisi de quitter leur maison, leur pays, leur famille, leur travail pour notre sécurité. La haine et la discrimination, j’ai donc connu cela très tôt », commence-t-il sans détour.

          Le choix de quitter son pays pour sauver sa peau est une décision comme on en prend peu dans une vie. Une fois cette décision prise s’entame le chemin semé d’embûches pour trouver un nouveau port d’attache, en espérant qu’il sera accueillant.

          « Avant d’arriver au Québec, nous avons été entassés pendant deux ans dans un camp de réfugiés en Hongrie, en attendant d’obtenir le visa tant espéré pour le Canada. Je ne marchais même pas quand nous sommes arrivés en Hongrie. Et je ne commenterai pas les conditions de vie dans ce camp, mais vous vous doutez bien que c’était loin d’être le luxe », continue le syndicaliste.

          Une fois arrivés au Québec débute une autre étape : celle de se fabriquer une autre vie dans une société qu’on ne connaît à peu près pas, tout en étant encore marqués par les blessures du passé. Mais peut-on vraiment en guérir complètement ?

          « Les premières années, mes parents ont occupé tous les emplois possibles pour nous faire vivre, principalement dans des fermes et dans des usines non syndiquées. Les conditions de travail n’étaient pas roses. Mes parents ne parlaient pas bien la langue, ne comprenaient pas les codes culturels, ne voulaient pas faire de vagues, avaient peur de perdre leur visa. Comme dans le cas de plusieurs autres réfugié-es, des employeurs en ont donc profité. J’ai aussi travaillé dans des fermes avec mes parents, lorsque j’étais adolescent. J’ai donc vu tout cela d’assez près moi aussi. J’ai pu observer comment une bonne partie de ces emplois sont occupés par des gens qui se retrouvent dans des situations d’exploitation et qui gardent le silence par crainte de se faire expulser du pays. Ce scénario fait en sorte que les réfugié-es veulent être des premiers de classe. Mais bien souvent, on n’aime pas les premiers de classe, sans trop savoir pourquoi », poursuit-il.

          Travaillant pour les Industries Lassonde depuis plusieurs années, Adem s’implique syndicalement depuis 2018. Il en est à son deuxième mandat comme vice-président aux griefs dans son syndicat local. Il est aussi délégué régional et membre du comité interculturel du Conseil central de la Montérégie depuis 2019. C’est lui qui a proposé l’adoption d’une proposition voulant qu’une campagne sur le racisme soit intégrée au plan d’action de la CSN lors du dernier congrès.

          « Lutter contre le racisme est une tâche collective. Le contexte politique et social concernant ces questions est houleux et les débats acrimonieux. Des organisations comme la CSN doivent être visionnaires en développant des positions claires et affirmées contre le racisme et en se dotant de moyens conséquents pour faire vivre ces positions, notamment par de l’éducation syndicale. C’est pourquoi j’ai proposé cette campagne. Pour moi, il est primordial que la CSN en fasse une priorité dans les prochaines années et je compte bien mettre l’épaule à la roue. Car comme je le disais, la lutte contre le racisme, c’est une tâche collective, et je fais partie de cette collectivité », termine Adem.

          La FNEEQ dénonce la composition du comité sur la reconnaissance de la liberté académique

          La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) déplore que le comité sur la reconnaissance de la liberté académique mis sur pied par la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, soit composé uniquement de professeur-es d’université et d’une personne représentant le corps étudiant. On n’y trouve aucun membre provenant des chargé-es de cours universitaires ou des professeur-es de cégep, qui sont aussi au cœur de l’enseignement supérieur et qui ont des préoccupations légitimes à l’égard de la liberté académique.

          « Durant les derniers mois, les cas les plus médiatisés ont impliqué exclusivement des personnes chargées de cours. Qu’aucune place sur ce comité ne soit accordée à un représentant de ce groupe est franchement décevant et mal avisé », souligne Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQ–CSN.

          Les enseignantes et enseignants contractuels assument plus de 60 % de l’enseignement au premier cycle, ce qui les place au centre du débat sur la liberté d’enseignement, laquelle est au cœur de la liberté académique. Ces enseignantes et enseignants précaires et vulnérables sont alors laissé-es à eux-mêmes ne sachant pas s’ils pourront compter sur le soutien de leur direction.

          Les enjeux entourant la liberté académique, tout comme ceux de lutte aux discriminations, sont complexes et doivent faire l’objet d’un dialogue entre toutes les parties prenantes. La FNEEQ–CSN entend y prendre part.

          « Pour que le comité puisse réaliser une analyse complète de l’état des lieux et proposer des pistes de solution, l’expertise de tous les personnels enseignants œuvrant dans les collèges et les universités doit être mise à contribution. J’invite la ministre McCann à réviser la composition de ce comité afin de mieux refléter la réalité », conclut Caroline Quesnel.

          Masque N95 : le Tribunal administratif du travail rappelle à l’ordre la CNESST

          La Fédération de la Santé et des services sociaux affiliée à la CSN se réjouit de la décision rendue aujourd’hui par le Tribunal administratif du travail (TAT). Ce dernier donne raison aux organisations syndicales qui demandent aux employeurs du réseau de la santé et à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) de prendre au sérieux la protection des travailleurs et travailleuses.

          À partir de maintenant, les employeurs du réseau de la santé devront fournir à l’ensemble du personnel intervenant en zone tiède ou en zone chaude auprès d’un résident suspecté ou atteint de la COVID-19 un appareil de protection respiratoire de type N95.

          « Il s’agit d’un gain majeur ! Jusqu’à maintenant, les employeurs et la CNESST refusaient d’appliquer le principe de précaution et de fournir les équipements de protection appropriés aux salarié-es », souligne Judith Huot, Vice-Présidente de la FSSS-CSN.

          Dans sa décision, le Tribunal rappelle également l’obligation pour les employeurs de dispenser un test d’ajustement à toutes les personnes devant porter un masque de type N95 et l’obligation de créer des zones chaudes et tièdes avec des équipes dédiées à chacune de ces zones.

          « Le TAT nous donne raison sur l’importance d’appliquer le principe de précaution, depuis le début de la pandémie c’est ce que nous demandons. On ne peut pas prendre de raccourcis quand il s’agit de la santé et de la sécurité des personnes qui œuvrent au front » se réjouit Jeff Begley, Président de la FSSS-CSN

          « Nous espérons maintenant que l’ensemble des employeurs du réseau de la santé prendront acte de la décision et que celle-ci s’appliquera rapidement partout au Québec », ajoute Judith Huot, Vice-Présidente de la FSSS-CSN.

          La CSN occupe les bureaux du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge

          Des militantes et des militants du secteur scolaire FEESP–CSN occupent aujourd’hui les bureaux du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, pour dénoncer les demandes patronales jugées inacceptables ainsi que la lenteur des négociations.

          « Dans les dernières semaines, les membres nous ont donné le mandat d’intensifier les moyens de pression et de planifier la grève », mentionne Annie Charland, présidente du secteur scolaire FEESP–CSN. « Non seulement les assemblées générales ont voté en faveur, mais les membres ont approuvé la proposition à 90 %. Ceux-ci ont appuyé ce mandat parce qu’ils en ont assez de l’attitude intransigeante du gouvernement et du manque de ressources pour effectuer adéquatement leur travail », mentionne-t-elle.

          Pour de réelles négociations
          Pour le secteur scolaire FEESP–CSN, qui représente plus de 35 000 employé-es de soutien dans le réseau de l’éducation au Québec, il est nécessaire que la partie patronale dispose d’un mandat clair pour négocier.

          « Cela fera un an le 31 mars que nos conventions collectives sont échues. Nous avons répondu présents lorsque le gouvernement a voulu intensifier le rythme des négociations, alors que la partie patronale n’avait pas la latitude pour procéder ainsi. Comme signataire de la convention collective, le ministre de l’Éducation ne peut pas se cacher derrière le reste du gouvernement pour justifier son inaction. Il doit prendre position maintenant! » souligne Mme Charland.

          « La situation actuelle ne fait pas de sens pour nous. Le personnel de soutien scolaire est au front depuis le début de la crise sanitaire, notamment par la mise sur pied des services de garde d’urgence, et on ne semble pas prendre leur réalité au sérieux. Nous souhaitons aussi que le gouvernement se rende compte que ce n’est pas en suggérant des reculs dans les conditions de travail que le milieu scolaire, déjà lourdement touché par le manque de personnel, va pouvoir se relever de la crise, souligne Annette Herbeuval, présidente du Conseil central de la Montérégie–CSN.

          Projet de loi 59 sur la réforme de la Loi sur la santé et la sécurité du travail : des amendements qui ne règlent rien et qui ouvrent la porte aux abus

          La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) accueillent avec beaucoup de déception les amendements proposés par le ministre du Travail, Jean Boulet, dans le cadre de l’étude article par article du projet de loi 59. Dès le dépôt du projet de loi, plusieurs lacunes ont été relevées non seulement par nos organisations, mais également par plusieurs représentants de la société civile, médecins en santé publique, juristes et universitaires. Malheureusement, les modifications soumises par le ministre demeurent insuffisantes afin d’assurer adéquatement la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs.

          « Concernant les mesures de réparation à la suite d’une lésion ou d’un accident, les Québécois et Québécoises vont encore être moins bien protégés avec le projet de loi 59. En ajoutant de multiples limitations d’accès à la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles (LATMP), le ministre complexifie et réduit considérablement l’accès aux droits de protection et de réadaptation. C’est inacceptable ! Plus ça va, plus on s’éloigne de l’objectif initial de cette loi. Faut-il rappeler au ministre qu’elle a pour but de protéger les travailleurs et travailleuses ? », dénonce le président de la FTQ, Daniel Boyer.

          « En ce qui concerne la prévention, le nombre minimal de rencontres du comité SST est famélique. On ne sait même plus le nombre de représentants qui doivent y siéger. Plus rien sur le minimum d’heures de libération pour le représentant en prévention. Le ministre nous propose plutôt d’attendre que l’employeur et les travailleurs s’entendent, sinon la commission tranche et les parties peuvent contester les décisions devant les tribunaux. On n’avait pas assez de la judiciarisation des lésions professionnelles, maintenant c’est la judiciarisation de la prévention qui s’ajoute ! Cette façon de faire ne sert personne et aura pour effet de négocier la prévention dans nos relations de travail. La prévention, c’est non négociable ! », ajoute le président de la CSN, Jacques Létourneau.

          « Ça fait 40 ans que nous attendons cette réforme, le ministre n’a pas le droit de manquer la cible. Alors qu’on veut des mécanismes de prévention fonctionnels, les amendements apportés risquent de judiciariser et d’engorger davantage les tribunaux. Le ministre s’était engagé à inclure les risques psychosociaux dans sa réforme, mais aucun ajout en ce sens n’est prévu, et ce, malgré toute l’importance qu’occupe cette problématique dans nos milieux de travail aujourd’hui. Les hommes et les femmes doivent pouvoir revenir auprès de leur famille en toute sécurité après une journée de travail. Le ministre a encore l’occasion d’apporter des correctifs et l’étude détaillée lui donne cette possibilité. Nous l’invitons à agir », déclare la présidente de la CSQ, Sonia Ethier.

          « Nous l’avons dit dès le début, un sérieux coup de barre doit être donné et, malheureusement, rien ou presque dans ce que nous propose le ministre ne nous laisse entrevoir une amélioration du régime de santé et de sécurité du travail. Ce que nous observons en matière de prévention et de réparation soulève de grandes inquiétudes. Ce projet de loi va passer à l’histoire pour les mauvaises raisons s’il n’est pas sérieusement amendé », conclut le président de la CSD, Luc Vachon.

          La culture en péril

          L’APASQ, l’AQAD, l’ARRQ, la FNCC–CSN, la GMMQ, TRACE, l’UDA et l’UNEQ dévoilent aujourd’hui un rapport inquiétant sur l’état des lieux de la culture. Alors que plus de 30 000 personnes ont perdu leur emploi depuis le début de la pandémie dans ce secteur, que la détresse psychologique s’ajoute à la précarité financière et qu’un nombre important songe à abandonner leur carrière, il y a urgence d’agir.

          En effet, en plus de dessiner un portrait sombre de la réalité économique, le regroupement d’associations a sondé plus de 2 000 de leurs membres afin d’en connaître davantage sur leur état de santé psychologique et leurs réflexions par rapport à leur avenir dans leur discipline artistique. Les constats sont criants : nos artistes et créateurs ont bien peu de moyens pour traverser une crise comme celle que l’on vit et leur apport à notre société est insuffisamment valorisé, comme en témoignent leurs conditions de vie.

          Cette démarche concertée inédite, constituant une première au Québec, s’appuie sur une volonté commune de changer les choses en profondeur afin de s’assurer que non seulement nos institutions culturelles soient en santé, mais aussi nos artistes et nos créateurs !

          Dépression majeure et pensées suicidaires

          Les données récoltées lors de ce sondage sont inquiétantes. Plus de 43 % des répondants présentent des symptômes de dépression majeure (tristesse, mélancolie, déprime, perte d’intérêt pour le travail, passe-temps ou autre). De ce nombre, 11,7 % des gens indiquent avoir eu des pensées suicidaires durant la dernière année. Pour 72 % de nos répondants qui vivent de la détresse psychologique, celle-ci est associée entièrement (26 %) ou partiellement (46 %) à la pandémie. Les répondants mentionnent du même souffle un manque de ressources psychologiques professionnelles pour les aider à passer au travers.

          Ces résultats révèlent une réelle crise de santé mentale dans le secteur culturel, causée en partie par les fortes pressions économiques préexistantes à la pandémie, exacerbées par celle-ci et par la précarité du statut d’artiste.

          Exode des artistes et créateurs

          Cette prise de conscience dévastatrice révèle une urgence d’agir afin de soutenir les travailleuses et les travailleurs du milieu qui, dans une proportion de plus de 41 %, ont considéré ou considèrent abandonner leur carrière et leur domaine de création.

          Dans l’industrie de l’information, de la culture et des loisirs, c’est 24 % des emplois qui ont disparu. Actuellement, les pertes d’emplois affectent plus de 30 000 personnes. Le risque d’une perte d’expertise menace le rayonnement de la culture québécoise et son avenir.

          Assombrissant le tableau, force est de constater que les sommes dégagées ne se rendent pas toujours jusqu’aux artistes, créateurs et professionnels du secteur. La situation précaire qui existait avant la pandémie est maintenant devenue insoutenable. Le seuil de faible revenu pour une personne seule au Québec, en 2017, est établi à 24 220 $, montant que les travailleurs autonomes des arts et de la culture n’arrivaient pas à atteindre en 2019 (varie de 14 000 $ à 21 000 $). Depuis 2004, deux fois plus d’artistes, créateurs et professionnels doivent cumuler plus d’un emploi.

          Agir maintenant pour la survie de la culture

          Les associations souhaitent proposer tant aux gouvernements qu’à l’ensemble des parties prenantes de la culture trois chantiers de travail qui incluent des mesures de soutien concrètes visant à assurer la relance et la pérennité du secteur de la culture.

          • Réformer les lois, il y a urgence d’inclure les travailleurs autonomes au régime d’assurance emploi et de procéder à la révision en profondeur des deux lois sur le statut de l’artiste (LSA).
          • Réviser les modèles de financement de la culture Nous soutenons qu’il faut revoir la chaîne de financement et la hauteur de la contribution publique pour s’assurer qu’elle ruissèle jusqu’aux artistes, créateurs et professionnels de la culture et y intégrer les changements dans les habitudes de consommation du contenu culturel notamment au niveau numérique.
          • Injecter des budgets inédits en culture pour assurer la relance des institutions muséales, des salles de spectacle, des théâtres et des festivals. Des sommes doivent être réservées pour des programmes de soutien en santé mentale et d’appui à la création et au renouvellement des expertises.

          Pour consulter le rapport détaillé: https://bit.ly/30FwPbr

          Citations

          « La crise économique et psychologique qui accable le secteur culturel ne peut plus durer. Le portrait présenté par nos membres est choquant et doit servir de son de cloche pour démarrer une action concertée afin de les soutenir. Le succès de la relance du secteur des arts et de la culture dépend largement de ses artistes, créateurs, professionnels et artisans. »

          • Pascale St-Onge, présidente de la FNCC–CSN

          « Si on veut que la culture continue d’être le miroir de la société québécoise, dans toute sa diversité, il faut assurer la mise en œuvre de mesures pérennes de soutien aux conditions de vie des artistes. Les chiffres dévoilés aujourd’hui démontrent qu’il faut plus que de l’argent. Il faut de l’écoute, de la considération et un dialogue continu, car sans artistes, il n’y a pas de culture. »

          • Sophie Prégent, présidente de l’UDA

          « En plus de la mise en pause des salles de spectacles, l’arrêt des activités dans le domaine de l’évènementiel et la fermeture des écoles de musique prive de nombreux musiciens de revenus importants. Les répercussions vont durer encore longtemps pour toute une catégorie de travailleuses et de travailleurs au statut précaire, sans filet de protection sociale. »

          • Luc Fortin, président-directeur général de la GMMQ

          « Le spectacle vivant, c’est annuellement 22 000 représentations payantes, qui accueille 8,75 millions de spectateurs pour des revenus de billetterie de 337 M$. L’impact économique et humain a été énorme en 2020-21, on a besoin rapidement d’un plan de relance des arts vivants de la part du gouvernement. »

          • Viviane Morin, directrice générale de l’APASQ

          « Il est important d’assurer l’accessibilité aux ressources nécessaires et d’offrir une qualité de vie à nos artistes qui font briller le Québec, par leurs talents et leur créativité. Les chiffres du rapport prouvent un réel essoufflement et constituent une menace à la pérennité et à la vitalité du secteur culturel québécois, notamment dans le secteur des arts dramatiques. »

          • Marie-Eve Gagnon, directrice générale de l’AQAD

          « Le Québec ne peut se permettre de perdre ses talents et son expertise. Essentiels au rayonnement de la culture québécoise ici et à l’international, les artistes et les réalisateurs sont des ambassadeurs et des créateurs de notre culture collective. »

          • Mylène Cyr, directrice générale de l’ARRQ

          « La saison des festivals est à nos portes, il faut de toute urgence que les intervenants du milieu des arts vivants travaillent sur un plan avec la Santé publique et le MCCQ. Un leadership est nécessaire. »

          • François Deschamps, co-porte-parole de TRACE

          « Si la pandémie doit avoir un impact positif, cela doit être de nous donner l’occasion de redorer cette industrie et de bonifier les conditions de travail des écrivaines et des écrivains. Il faut saisir cette occasion d’agir pour ne pas retourner en arrière et restaurer l’équité dans le traitement fait aux artistes afin de préserver notre vitalité culturelle. »

          • Suzanne Aubry, présidente de l’UNEQ

          Renforcer la démocratie universitaire pour éviter les dérapages

          La FP–CSN, le SPUQ et le SPUQO prennent position dans le débat sur la liberté académique dans les universités et estiment que la solution passe par un renforcement de la démocratie universitaire.

          Demander à l’État d’encadrer ce que doit être la liberté académique, laquelle a été conquise et instituée pour défendre les universités contre les interventions de l’État est une démarche contradictoire, ouvrant potentiellement la porte à une restriction de la liberté académique, telle que protégée par les conventions collectives. 

          La Fédération des professionnèles de la CSN (FP–CSN) estime qu’il faut plutôt renforcer la démocratie interne. Elle devrait par ailleurs toujours être exercée en collégialité, c’est-à-dire en incluant les professeur-es, les chargé-es de cours, les professionnèles, le personnel de soutien et les étudiantes et étudiants.

          Les services publics s’écroulent. M. Legault, agissez !

          Réunis en assemblées générales au cours des dernières semaines, les travailleuses et les travailleurs des services publics de la région de l’Estrie, membres de la CSN, ont voté massivement en faveur d’un mandat d’augmentation des moyens de pression et de planification de la grève à exercer au moment jugé opportun. « C’est un message on ne peut plus clair qu’envoie aujourd’hui le personnel des réseaux : nous ferons ce qu’il faut pour que le gouvernement prenne ses responsabilités et agisse réellement pour que la crise dans les services publics se résorbe », lance Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE–CSN).

          En négociation avec le Conseil du trésor depuis plus d’un an, les travailleuses et les travailleurs tiennent à rappeler que cette crise qui sévit actuellement dans les réseaux existait bien avant la pandémie : « Ce sont des décennies de négligence gouvernementale qui nous ont menés là où nous sommes présentement. Mais, après plus de deux ans au pouvoir, M. Legault ne peut plus rejeter la faute uniquement sur ses prédécesseurs. Lui qui ne cesse de répéter que les réseaux étaient fragilisés avant la crise de la COVID doit maintenant s’engager à faire partie de la solution, en donnant des mandats à ses porte-paroles aux tables de négociation pour qu’on puisse enfin relever les services publics », ajoute M. Beaudin.

          À la sortie des assemblées générales des syndicats de la région de l’Estrie, le constat des travailleuses et des travailleurs est sans appel : les offres actuelles du gouvernement sont nettement insuffisantes. Pour le président du CCSNE–CSN, il est impératif que M. Legault et ses ministres responsables prennent acte du rejet catégorique de leurs offres : « Presque rien pour améliorer les conditions de travail et environ 5 % d’augmentation de salaire sur trois ans. On ne règlera rien avec si peu. Ça prend un vrai coup de barre si on veut réussir à attirer et à retenir les centaines de milliers d’hommes et de femmes qui tiennent le Québec à bout de bras dans les réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux ainsi que dans les organismes gouvernementaux. »

          C’est dans une moyenne de plus de 90 % que les travailleuses et les travailleurs du secteur public CSN de l’Estrie ont voté en faveur de l’intensification des moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève. Ils interpellent aussi la population du Québec : « C’est pour l’ensemble des Québécoises et des Québécois qu’on se bat. Collectivement, on mérite mieux que ces services publics qui s’écroulent. Délestage massif dans le réseau de la santé et des services sociaux, réussite scolaire en péril pour de nombreux élèves et étudiants… On mérite beaucoup mieux. Le gouvernement doit agir, maintenant ! », conclut Denis Beaudin.

          Sortie de crise

          L’éditorial de Jacques Létourneau, président de la CSN

          Un an de crise. C’est le triste anniversaire que nous soulignons cette semaine. Une pandémie qui aura emporté plus de 10 000 Québécoises et Québécois, qui aura directement affecté des centaines de milliers d’entre eux et dont les mesures sanitaires pour tenter de la contenir auront eu un impact financier et psychologique sur l’ensemble de notre société.

          De multiples réflexions doivent se poursuivre, bien sûr, pour déterminer pourquoi le Québec fut à ce point happé par la crise actuelle, notamment quant à l’organisation de nos réseaux publics et de notre filet social. Mais l’heure n’est plus seulement à la réflexion : il faut se mettre en mode action et apporter les solutions qui s’imposent.

          C’est d’ailleurs le mandat que nous ont confié les syndicats et les travailleuses et travailleurs que nous représentons lors du congrès de la CSN tenu en janvier dernier. C’est ce à quoi le comité exécutif de la CSN et nos équipes de travail s’affaireront au cours des prochaines semaines. Nous profiterons d’ailleurs de la tenue du conseil confédéral la semaine prochaine pour faire le point sur l’état des travaux portant sur les priorités dégagées par les congressistes.

          Sans surprise, les enjeux de santé et de sécurité au travail occuperont une place prépondérante. Il ne faut pas non plus s’étonner qu’après des considérations bien immédiates reliées à la propagation du virus dans nos milieux de travail (accès aux équipements de protection individuelle, mise en place de mesures de protection, adaptation forcée au télétravail, etc.), des enjeux tout aussi importants, tels que l’épuisement professionnel et les problèmes de santé mentale qui en découlent, aient depuis accaparé nos structures militantes.

          Au cours de la tournée précongrès tenue à l’automne, il nous est apparu très clairement que ces difficultés affectent directement les militantes et les militants de nos syndicats locaux : surcharges, difficultés à rejoindre et à mobiliser les membres… Les énergies supplémentaires qui ont dû être dégagées ont entraîné un épuisement réel. Certains comités exécutifs de nos syndicats ont été décimés et peinent à recruter de nouveaux responsables syndicaux. La pandémie a également affecté les personnes salariées de la CSN au même titre que l’ensemble de la population. Celles-ci ont redoublé d’ardeur pour continuer à offrir les mêmes services de qualité auprès de nos syndicats ; je tiens à souligner leur formidable travail et à les en remercier.

          Nous devons apporter des solutions à cette réalité qui menace directement l’efficacité de nos structures militantes. Les syndicats présents au congrès nous ont mandatés pour consolider nos réseaux d’entraide existants, appuyer leur création là où le besoin se fait sentir et les outiller afin qu’ils puissent répondre aux besoins grandissants de leurs membres.

          Bien entendu, notre campagne portant sur la réforme en santé et sécurité du travail menée par le ministre Boulet prendra de l’ampleur au cours des prochaines semaines. Considérant les avancées pour certains secteurs, il a toujours été dans notre intention de bonifier au maximum la réforme. Néanmoins, en fonction des reculs importants pour plusieurs de nos syndicats, la mobilisation est rapidement devenue nécessaire. D’autant plus qu’à la lumière des amendements déposés hier, nous avons constaté que les corrections souhaitées n’apparaissent pas au nouveau projet. Nous sommes encore loin de la coupe aux lèvres, voilà pourquoi notre mobilisation doit s’intensifier.

          Le confinement et les mesures sanitaires auront bien évidemment affecté notre rapport de force. De nombreuses adaptations ont dû être proposées pour maintenir une vie syndicale et soutenir la mobilisation dans nos rangs. Nous avons pu retrouver un certain rythme, mais les défis demeurent nombreux. Lors du dernier congrès, nos syndicats ont clairement exprimé le besoin d’être davantage appuyés pour investir les espaces virtuels et les médias sociaux afin de renforcer la vie syndicale et favoriser leur mobilisation ; nous tâcherons d’y répondre de la meilleure façon.

          Nous l’avons maintes fois répété : la crise aura mis au jour les trous béants de notre filet social, des failles que nous déplorons depuis déjà trop longtemps.

          Le paroxysme aura été atteint en constatant l’hécatombe de notre réseau public de santé et de services sociaux. Toutefois, les problèmes de recrutement de la main-d’œuvre, directement reliés aux faibles salaires et aux mauvaises conditions de travail en général, s’appliquent tout autant aux réseaux de l’éducation et de la petite enfance.

          La mobilisation des membres du secteur public, sans convention depuis bientôt un an, doit être appuyée par l’ensemble de notre mouvement. Les solutions, nous les connaissons et les avons mises de l’avant bien avant la venue de cette pandémie – dont les effets auraient été beaucoup moins dévastateurs si les gouvernements successifs, peu importe leur allégeance politique, avaient pris la peine de les prendre en considération.

          Bien entendu, ces solutions ne pourraient être mises en place sans un réel changement de cap en matière de gestion de nos finances publiques. Malgré nos appels répétés, le gouvernement de François Legault s’entête à s’isoler dans le même carcan financier, basé sur l’équilibre budgétaire et une réduction accélérée de la dette, hérité du gouvernement de Lucien Bouchard il y a 25 ans.

          Le 25 mars, le ministre des Finances annoncera que le prochain budget du Québec enverra des surplus budgétaires de trois milliards au Fonds des générations plutôt que de s’affairer à la consolidation de nos services publics et à la relance économique. Un total non-sens compte tenu des priorités bien plus urgentes pour la population du Québec.

          Pour plusieurs, la question des finances publiques peut ne pas sembler la plus palpitante qui soit, j’en conviens amplement. Pourtant, les sommes consacrées aux différentes missions sociales de l’État ont un impact direct sur les budgets en santé, en éducation, en enseignement supérieur et en petite enfance. Sur les conditions de travail de ceux et celles qui y œuvrent, tout autant que sur l’accessibilité de tous et de toutes à ces services publics qui sont à la base de notre vivre-ensemble. Pour la CSN, s’en désintéresser ne constitue aucunement une option.

          Projet de loi 59 : un sérieux coup de barre est nécessaire

          La santé et la sécurité du travail devraient être une priorité pour toute société moderne. C’est avant tout une question de dignité humaine : personne ne devrait perdre sa vie à la gagner ni y laisser une partie de sa santé physique ou mentale. De la même manière, une victime de lésion professionnelle doit pouvoir facilement accéder aux droits et protections qui lui sont dévolus afin de réparer ces lésions et leurs conséquences, en respect du contrat social d’abandonner son droit de poursuite judiciaire.

          C’est avec impatience que nous attendions le dépôt du projet de loi 59, Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail. Malgré son titre, nous constatons malheureusement que ce projet de loi représente plutôt, à plusieurs égards, un recul qui ne répond pas aux besoins du Québec.

          Pour les travailleurs et travailleuses qui ont malheureusement subi une lésion professionnelle, les impacts du projet de loi seront dévastateurs. Afin d’octroyer des économies à court terme pour les employeurs, des milliers de travailleurs et de travailleuses vont se retrouver injustement traités, sans revenu et sans réadaptation, condamnés à vivre aux frais de la société civile, avec des coûts humains énormes.

          L’introduction de plusieurs critères limitatifs et de nouveaux règlements réduisent la possibilité pour les victimes de faire reconnaître leur lésion professionnelle et de recevoir une réadaptation adéquate. Alors que les tribunaux ont pu maintenir une indépendance envers les positions de la CNESST, le projet de loi 59 vient sabrer cette saine distance, restreindre grandement l’acceptation des réclamations pour maladies professionnelles et limiter les traitements et les médicaments auxquels les victimes devraient avoir droit.

          De plus, le projet de loi prévoit une diminution de la prépondérance de l’opinion du médecin traitant qui est inacceptable. Il est également inconcevable qu’on oblige des victimes à participer à des mesures de réadaptation, dont le retour au travail, sans leur consentement ni celui de leur médecin, et sans aucune possibilité de contester la décision de la CNESST. Il serait beaucoup plus opportun et bénéfique de développer la médecine du travail qui combine l’expertise médicale et la connaissance des contraintes des milieux de travail au Québec si l’on désirait améliorer le sort des travailleurs et travailleuses.

          La science nous enseigne qu’une réelle prévention impliquant l’ensemble des acteurs d’un milieu de travail de manière paritaire diminue de façon draconienne le coût économique en plus de diminuer le nombre de lésions professionnelles. Nous comprenons mal pourquoi le gouvernement s’écarte de ce consensus scientifique. La distinction selon les secteurs d’activité économique et la diminution des mécanismes de prévention prévues dans le projet de loi ne permettront pas la prise en charge de la santé et la sécurité par les milieux de travail, en plus de maintenir la discrimination systémique dont les femmes sont victimes.

          Il est aussi incompréhensible que le projet de loi propose de réduire les exigences en matière de prévention dans les secteurs déjà couverts par la loi actuelle et que l’on écarte l’expertise et la neutralité des médecins de Réseau de la santé publique en santé au travail pour laisser les employeurs désigner leur médecin. L’autonomie des médecins de la santé publique et les mécanismes actuels de prévention font partie du succès dans les milieux déjà couverts : pourquoi diminuer ce qui fonctionne?

          Devant ces constats, nous demandons au gouvernement d’apporter d’importantes modifications au projet de loi 59 afin de garantir une prévention efficace pour tous et toutes de manière égale, d’assurer un accès facilité aux indemnités prévues à la loi actuelle et à la réadaptation ce qui permettra aux victimes de lésions professionnelles d’être traitées dignement et avec justice.

          • À bout de souffle…ça suffit
          • Aide aux Travailleurs Accidentés (ATA)
          • Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)
          • Association des juristes progressistes (AJP)
          • Association des spécialistes en médecine préventive du Québec (ASMPQ)
          • Association des travailleurs et des travailleuses accidentés Joli-Mont
          • Association des travailleuses et travailleurs accidentés de l’Abitibi-Témiscamingue (ATTAAT)
          • Carrefour d’aide aux non-syndiqué-es (CANOS)
          • Centrale des syndicats démocratiques (CSD)
          • Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
          • Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI)
          • Centre international de solidarité ouvrière (CISO)
          • Comité d’appui aux travailleurs et travailleuses de la région des Appalaches
          • Comité des travailleurs et travailleuses accidentés de l’Estrie
          • Confédération des syndicats nationaux (CSN)
          • Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT)
          • Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International)
          • Fédération autonome de l’enseignement (FAE)
          • Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
          • Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)
          • International Association of Heat and Frost Insulators and Allied Workers
          • PINAY
          • Réseau d’aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Québec (RATTMAQ)
          • Réseau des avocates et avocats de l’UTTAM
          • Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ)
          • Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ)
          • Union des travailleuses et travailleurs accidentés ou malades (UTTAM)
          • Marie Laberge, Mélanie Laroche, Yanick Noiseux, Louis Patry, Susan Stock, Guylaine Vallée, (Université de Montréal)
          • Marie-Eve Major (Université de Sherbrooke)
          • Katherine Lippel (Université d’Ottawa)
          • Stéphanie Bernstein, Diane Berthelette, Vanessa Blanchette-Luong, Céline Chatigny, Yolande Cohen, Rachel Cox, Martin Gallié, Dalia Gesualdi-Fecteau, Audrey Gonin, Norman King, Mélanie Lefrançois, Karen Messing, Stéphanie Pache, Johanne Saint-Charles, Angelo Soares, Sid Ahmed Soussi, Hélène Sultan-Taïeb, Nicole Vézina (Université du Québec à Montréal)
          • Marie-Pierre Boucher, Valérie Lederer, Romaine Malenfant, Jessica Riel (Université du Québec en Outaouais)
            Geneviève Baril-Gingras, Chantal Brisson, Maria De Koninck, Pierre Deshaies, Émilie Giguère, Jean-Noël Grenier, Margot Kaszap,
          • Denis Laliberté, Louise St-Arnaud, Michel Vézina, Yv Bonnier-Viger, Simon Viviers (Université Laval)
          • Anne Renée Gravel (Université TÉLUQ)
          • Marie-Eve Beauregard, médecin spécialiste en santé publique
          • Jean-Pierre Bergeron, médecin spécialiste en médecine du travail
          • Luc Bhérer, médecin spécialiste en médecine du travail
          • Fatiha Haouara, médecin spécialiste en médecine préventive et santé publique
          • Marie-Claude Letellier, médecin spécialiste en médecine préventive et santé publique
          • Emily Manthorp, médecin spécialiste en médecine préventive et santé publique
          • Caroline Massicotte, médecin en santé publique et santé au travail
          • Bernard Pouliot, médecin conseil
          • Nabyla Titri, médecin spécialiste en médecine préventive et santé publique
          • Alice Turcot, médecin spécialiste en médecine du travail

          Assurance-emploi : la CSN demande à l’ensemble des partis fédéraux d’appuyer l’extension des programmes d’aide

          Alors que des milliers de travailleuses et de travailleurs n’ont toujours pas retrouvé leur source de revenus, la CSN interpelle l’ensemble des partis politiques siégeant à la Chambre des communes pour que ceux-ci appuient le projet du gouvernement canadien de prolonger la période de couverture des programmes de l’assurance-emploi et des prestations canadiennes d’urgence et de relance économique.

          Pour la CSN, la crise de la COVID-19 a démontré toutes les lacunes des modalités de l’assurance-emploi dénoncées par le mouvement syndical depuis des années. « Nous avons salué la bonification du programme d’assurance-emploi et la mise sur pied, dès les premières semaines de la pandémie, des prestations canadiennes, rappelle le président de la CSN, Jacques Létourneau. Alors que l’économie redémarre tranquillement, de nombreux secteurs en auront pour plusieurs mois avant de retrouver un semblant de normalité, notamment dans les secteurs de la culture et du tourisme. On ne peut pas abandonner ces travailleuses et ces travailleurs, alors que la campagne de vaccination en cours nous permet d’espérer des jours meilleurs dans un avenir proche. »

          Ainsi, la centrale syndicale demande à l’ensemble des partis d’opposition d’appuyer le projet de loi déposé par le gouvernement. « Nous appelons l’ensemble des partis politiques à faire preuve de leur sens des responsabilités. Les travailleuses et les travailleurs n’accepteront pas que les joutes partisanes se fassent à leur détriment. Ce projet de loi doit être adopté, et ce, rapidement », d’ajouter Jacques Létourneau.

          État de choc dans les cégeps, des femmes poussées vers la voie de garage

          À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) rappelle que l’égalité des chances restera hors d’atteinte tant que le gouvernement restera indifférent aux impacts différenciés selon le genre qu’entraînent ses décisions. Dans cette perspective, la fédération dénonce vivement les récentes attaques contre des programmes collégiaux qui qualifient en grande majorité des femmes, et leur donnent accès à des professions intéressantes et recherchées.

          D’abord, il est particulièrement gênant pour le ministère de l’Enseignement supérieur (MES) de penser éliminer le programme de Bureautique, qui qualifie durablement une grande majorité de femmes en leur offrant des perspectives d’avancement en cours de carrière que le diplôme d’études professionnelles (DEP) du secondaire n’offre pas. Alors que les employeurs s’arrachent les finissantes du diplôme d’études collégiales (DEC), trop peu nombreuses pour pourvoir les postes disponibles, le MES abolit le programme, puis propose une voie de sortie beaucoup moins riche en termes de contenu. La fermeture du programme limiterait une vaste majorité de femmes sur le plan professionnel puisque 90 % de l’effectif étudiant est féminin.

          Il est aussi très préoccupant de voir l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) et l’Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec (OPIQ) ― qui représentent une vaste majorité de femmes, revendiquer que l’accès à la profession ne passe plus par des DEC qualifiants du collégial, mais par un diplôme universitaire. La Fédération ne s’oppose pas à la formation universitaire dans ces domaines, mais rappelle qu’elle vise des finalités différentes de celles du DEC et est moins accessible que la formation collégiale, notamment en termes de coûts et de nombre d’établissements qui l’offrent.

          « La pandémie a exacerbé le manque criant d’infirmières et d’inhalothérapeutes dans le réseau. Ce n’est pas en mettant de nouveaux freins à l’entrée dans la profession qu’on attirera plus de candidates et qu’on palliera le manque de personnel qualifié dans la profession », affirme Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQ–CSN.

          Encore en 2021, on déplore que les femmes soient plus touchées par la précarité financière que les hommes et qu’elles assument également une plus grande part du travail invisible, notamment celui qui est lié à l’organisation familiale. Dans ce contexte, il est contraire à toute logique de priver une majorité d’étudiantes et de futures travailleuses de perspectives d’emploi intéressantes et très accessibles grâce au réseau public des cégeps, qui leur offre un enseignement supérieur gratuit dans toutes les régions du Québec.

          Rencontre du Collectif 8 mars avec la ministre Charest : tout simplement décevante

          À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, les membres du Collectif 8 mars, qui représente plus de 700 000 femmes au Québec, ont rencontré la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, afin d’échanger avec elle sur les impacts de la pandémie à l’endroit des femmes. Les représentantes du Collectif se disent globalement déçues de cette rencontre et attendaient un engagement formel de la ministre pour prendre des mesures concrètes afin d’enrayer les discriminations systémiques vécues par les femmes et entre les femmes. Si la ministre a reconnu certains impacts causés par la pandémie, le Collectif se questionne sur la volonté du gouvernement d’écouter les femmes et de poser des actions concrètes au-delà des beaux discours.

          La pandémie a eu des conséquences désastreuses pour les femmes
          Depuis près d’un an, les conséquences de la pandémie de la COVID-19 se sont avérées particulièrement éprouvantes pour les femmes. Leurs conditions de vie et de travail se sont détériorées à vue d’œil, notamment en matière de pertes d’emplois et de revenu, sans compter l’augmentation de la violence envers elles.

          La conciliation famille-travail-études-vie personnelle : un défi en temps de pandémie
          En outre, les femmes ont vu augmenter leur charge de travail invisible ainsi que leur charge mentale. Au pire de la crise sanitaire, elles ont dû endosser plusieurs fonctions, dont celles de télétravailleuses ou de travailleuses essentielles, d’enseignantes privées, d’éducatrices, de proches aidantes et de responsables de la logistique domestique et familiale.

          L’augmentation du salaire minimum est plus que nécessaire
          Le revenu des bas salarié-es, qui ont souvent agi comme ressources essentielles pendant la crise sanitaire, est tout simplement insuffisant. Rappelons que 58 % des travailleuses et des travailleurs touchant le salaire minimum sont des femmes. Augmenter le salaire minimum est une façon de reconnaître la juste valeur du travail, de diminuer l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes, de réduire la pauvreté, et ainsi de tendre vers plus d’égalité.

          Une modernisation du régime de santé qui protège aussi les femmes
          La pandémie de COVID-19 a révélé au grand jour les risques, souvent sous-estimés, auxquels plusieurs femmes sont exposées au travail. Il est impératif que la modernisation du régime de santé et de sécurité du travail protège toutes les travailleuses et qu’elle tienne compte des situations diverses dans lesquelles elles se retrouvent. De plus, il est nécessaire, pour éviter de répéter les erreurs du projet de loi 59, que le gouvernement applique systématiquement l’Analyse différenciée selon les sexes et intersectionnelle (ADS+) dans l’élaboration de tous ses projets de loi.

          Les femmes oubliées dans les mesures du Plan de relance
          Malgré ce portrait accablant, le premier ministre François Legault n’était pas présent à la rencontre du Collectif même si l’invitation lui a été lancée des mois en avance. Les femmes, qui subissent lourdement les impacts de la pandémie, semblent avoir été oubliées dans les mesures prévues au budget pour le plan de relance économique. Un an après le début de la pandémie, force est de constater que nous sommes toujours dans l’attente d’un plan qui prend en considération les impacts sur toutes les femmes, particulièrement sur celles qui vivent à la croisée des oppressions, c’est-à-dire les femmes immigrantes et racisées, les femmes noires, les femmes autochtones, les femmes ayant un handicap et les femmes aînées et les personnes LGBTQ+. Si la ministre Charest a mentionné l’existence d’un plan d’action Covid pour les femmes, il n’y a néanmoins aucune information sur son contenu, les mesures qu’il propose ou encore sa date de publication.

          Autres actions féministes dans le cadre de la journée du 8 mars
          Le Collectif 8 mars invite la population à participer aux événements organisés par FDO (Femmes de diverses origines), soit un webinaire le samedi 6 mars et un rassemblement le dimanche 7 mars à 16 h Place Émilie-Gamelin à Montréal.

          À propos du Collectif 8 mars
          Le Collectif 8 mars est formé de représentantes provenant de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), du Réseau des Tables régionales de groupes des femmes du Québec, de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), de Femmes de Diverses Origines (FDO), de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

          Le syndicat amèrement déçu par Kruger

          L’annonce de ce matin par la société Kruger laisse une déception amère chez les membres du Syndicat des travailleurs et travailleuses des pâtes et du papier de Brompton–CSN (STTPPB).

          « Cette annonce est présentée très positivement de telle manière qu’on ne saisit pas qu’il n’y a pas de retour à l’emploi pour les 270 travailleuses et les travailleurs qui ont perdu leur gagne-pain en avril dernier. Dans les faits, l’employeur laisse planer un rappel hypothétique pour seulement 28 salarié-es qui ont perdu leur emploi, de dénoncer Kevin Lepage, président du STTPPB. Il n’y a donc absolument rien pour la relance de l’usine de papier journal. Ce qu’il faut comprendre, c’est que Kruger a bâti une nouvelle usine juste à côté de l’usine de papier journal qui elle a été fermée en avril 2020. Légalement, il y a donc deux employeurs l’un à côté de l’autre qui relèvent directement de Kruger, une usine où on a licencié presque tous les salarié-es et une autre qui en embauche des nouveaux. Évidemment, si les licencié-es veulent travailler à la nouvelle usine, ils perdent leur ancienneté, leurs avantages sociaux et surtout, ils encaissent une perte salariale. »

          « La moindre des choses pour Kruger, ce serait de favoriser l’embauche des salarié-es qui ont perdu leur emploi en avril 2020 en respectant les conditions de travail qu’ils avaient à l’époque. S’ils ne le font pas, nous sommes en droit de nous demander si la construction planifiée de cette usine n’était pas une stratégie détournée pour se débarrasser d’un syndicat présent chez Kruger depuis 1937 », de déplorer André Miousse, vice-président de la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN.

          Rappelons qu’en juin 2020, le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité du Québec avait financé 50 % du coût de la formation des 180 employé-es à la nouvelle usine en versant une subvention de près de 5 millions de dollars à Kruger.

          « Alors que nous nous attendions à une relance qui aurait touché aux salarié-es qui ont perdu leur emploi depuis bientôt un an, nous avons droit à une annonce qui touche aux emplois de l’usine voisine. On les invite à postuler auprès du même employeur comme s’ils n’avaient jamais travaillé pour lui, comme si leur expertise acquise chez Kruger ne valait rien chez Kruger », de conclure Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN.

           

          Yvan Duceppe, trésorier aux stratégies solidaires

          Yvan Duceppe, nouvellement élu à titre de trésorier lors du 66e Congrès de la CSN tenu en janvier 2021, n’en est pas à ses débuts d’implication syndicale dans la défense de la classe ouvrière. En effet, ce comptable professionnel agréé compte à son actif près d’une trentaine d’années d’expérience à titre de conseiller chez MCE Conseils, un des outils collectifs de la confédération mis au service des syndicats dans le maintien et la création d’emplois ainsi que dans l’élaboration de stratégies de développement durable. Une vingtaine d’années passées à la trésorerie de la Fédération des professionnèles (FP–CSN) s’ajoute au parcours de ce militant hors pair qui comprend très bien le rôle fondamental que joue l’administration et la trésorerie dans le développement d’un syndicalisme combatif et solidaire.

          Une révolution formatrice
          Grandement inspiré par la Révolution tranquille et la montée du Parti Québécois dans les années 70, Yvan Duceppe commence son cheminement de militant au cours de ses études secondaires en s’impliquant dans la circonscription de nul autre que René Lévesque et en s’investissant corps et âme dans le référendum de 1980. « C’était une autre époque. Le Parti Québécois de 1976 était celui de la loi 101 et d’une panoplie de lois visant à améliorer le sort des travailleuses et des travailleurs, » explique-t-il. « Je suis peut-être nostalgique, mais il s’agissait là de moments très formateurs pour ce qui représente le centre de mon implication syndicale : l’écoute, l’entraide, et la solidarité. »

          Après la défaite du camp du oui, Yvan poursuit ses études aux HEC en finances. « J’aime beaucoup les chiffres », nous confie-t-il en souriant. « Lorsque je termine mon bac en 1983, le Québec est en grande récession économique. Je décide donc de prolonger mes études en me plongeant dans la comptabilité publique afin d’obtenir le titre de comptable agréé. »

          Quelques années plus tard, il remarque une annonce dans La Presse pour un poste d’analyste financier chez MCE Conseils tout près de chez lui à Longueuil. Il ne connaît pas l’entreprise, mais comme il admire sa mission, il décide de postuler. Lors de son processus d’embauche, il se retrouve devant Léopold Beaulieu, trésorier de la CSN à l’époque et éventuel fondateur de Fondaction, et comprend l’ampleur des défis qui l’attendent. Il accepte le poste et se lance dans une aventure qui marquera sa vie à jamais.

          Des conseils stratégiques pour sauver des emplois
          Accompagnant surtout les syndicats du secteur privé lors de sa carrière chez MCE Conseils, les dossiers qui l’animent le plus sont ceux où il réussit à « sauver la shop ». Il prend comme exemple le syndicat d’Expro de Salaberry-de-Valleyfield dans les années 90, où l’intervention de la CSN et de MCE Conseils n’a pas seulement aidé à garder les portes de l’usine ouvertes, mais aussi à la moderniser pour la rendre plus sécuritaire pour les personnes qui y travaillent. « Cette bataille qu’on a menée, oui, c’était pour sauver des jobs, mais c’était aussi pour sauver des vies. Puis, par la mise en place d’une coopérative de travailleurs-actionnaires, on souhaitait que les travailleuses et les travailleurs s’approprient des pouvoirs décisionnels sur l’orientation de l’entreprise. »

          Yvan Duceppe (4e à gauche) lors de l’ouverture officielle de la scierie Saint-Michel des Saints en 2017:

          Plus récemment, il y a eu la relance de la scierie Saint-Michel-des-Saints planifiée à la suite de la fermeture de la multinationale Louisiana Pacific et de son usine de panneaux à copeaux orientés (OSB) en 2007. « Quand Louisiana Pacific a fermé ses portes, c’était la mort annoncée de la petite scierie de Saint-Michel-des-Saints qui approvisionnait cette usine désuète. En fait, cela est arrivé en 2014. Le syndicat et la communauté se sont pris en main et se sont dit : « À qui le bois ? À nous le bois ! » Finalement, l’usine a repris ses activités en 2017. Les prévisions initiales de la création d’une cinquantaine d’emplois se sont révélées trop modestes. En fin de compte, c’est le double du nombre d’emplois attendus qui ont été créés. Pour moi, ça vaut toutes mes paies. »

          L’amour du lointain, ou comment conjuguer syndicalisme et environnement
          Tout comme son prédécesseur, le dossier de l’environnement et de la lutte contre la crise climatique se retrouve dans ses responsabilités. Il remarque d’ailleurs certains parallèles entre le travail stratégique qu’il menait pour MCE Conseils et ce qui l’attend dans ce dossier chaud.

          « La transition juste, si tu ne t’en occupes pas, elle va s’occuper de toi. Il faut prendre les devants, outiller notre monde pour voir clair et viser juste afin de nous assurer que la transition soit équitable et ordonnée. Il ne faut pas la subir, mais plutôt la planifier », prévient Yvan. « Les travailleuses et les travailleurs sont les principaux acteurs de cette lutte. Quand je visitais des usines avant de démarrer un mandat de MCE Conseils, je disais que je connaissais bien les chiffres, mais que je devais m’imprégner du fonctionnement de l’usine. Pour y arriver, j’ai toujours estimé que les travailleurs devaient m’accompagner, puisque ce sont eux les spécialistes de l’usine. C’est essentiel de se servir des cerveaux des gens plutôt que de simplement se fier à leurs bras. Il faut avoir l’humilité de savoir qu’on ne peut pas être spécialiste dans tout, et avoir la sagesse de s’entourer des bonnes personnes, celles qui possèdent la connaissance de la réalité de leur travail et de leur usine. »

          Une administration saine, combative et solidaire
          En terminant, bien que l’administration et la trésorerie peuvent parfois paraître secondaires à la mobilisation et à la vie syndicale, Yvan Duceppe nous rappelle leur grande importance au bon fonctionnement du mouvement.

          « Tous les combats syndicaux se font à partir de ressources. Si tu ne gères pas bien les finances qui te sont confiées, tu vas avoir des problèmes », précise le nouveau trésorier. Et la CSN a le devoir d’outiller les syndicats pour que leur gestion administrative soit plus simple. Aider les syndicats à s’occuper de leurs affaires est un de mes objectifs à titre de trésorier de la confédération. Les finances d’un syndicat servent à la solidarité, et ceux et celles qui les gèrent doivent avoir cette sensibilité. Ce n’est pas uniquement une tâche technique. C’est du militantisme que de veiller à ce que les conditions de travail de nos membres soient préservées et améliorées. C’est toute une mission. »

          Les chauffeuses et chauffeurs « REconfinent » à nouveau leurs autobus!

          Les chauffeuses et chauffeurs du transporteur scolaire Autobus des Cantons–CSN ont décidé de passer à une autre étape dans leur revendication afin d’obtenir des barrières physiques dans les autobus de leur employeur. Ces salarié-es se sont regroupés à nouveau au Carrefour de l’Estrie dès 9 h 30 ce matin afin d’interpeller, cette fois-ci, M. Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation, et M. Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, pour qu’ils les appuient dans leur démarche.

          Un employeur qui ne se préoccupe pas de ses employé-es

          Rappelons que le syndicat conteste la décision de l’employeur de ne pas installer des barrières de protection dans les véhicules pour protéger les chauffeuses et les chauffeurs contre la transmission du virus de la COVID-19. Pourtant, les transporteurs scolaires de la région de Sherbrooke et même la Société de transport de la ville de Sherbrooke ont procédé à l’installation de telles barrières dans leurs véhicules.

          Chez Autobus des Cantons, on préfère opter pour les mesures les moins adaptées à la réalité de travail des employé-es en imposant le port du masque de procédure et de lunettes de sécurité. Le syndicat réitère qu’il s’agit du dernier recours proposé par la CNESST lorsque le milieu de travail ne permet pas d’autres options et réclame plus de la part d’employeur.

          « Nous ne comprenons pas l’entêtement de l’employeur. La raison qu’il invoque n’est plus pertinente. Il a toujours allégué que les barrières physiques n’étaient pas homologuées par la SAAQ et Transport Canada, or c’est faux. Nous lui avons prouvé le contraire », martèle M. Mario Paré, président du Syndicat du transport scolaire Autobus des Cantons–CSN. Le syndicat a d’ailleurs démontré à l’employeur que des compagnies québécoises étaient désormais accréditées afin de produire des cloisons de protection pour les autobus. « Nous nous questionnons sur les véritables motifs de l’employeur. Pourquoi cet entêtement? », s’interroge M. Paré.

          Pour Steven Gauley, président du secteur transport scolaire de la FEESP–CSN, le syndicat n’a d’autres choix que de demander l’intervention du gouvernement. « Considérant que les commissions scolaires peuvent donner des directives aux transporteurs scolaires qui les desservent et qu’il s’agit d’un problème lié à la santé et la sécurité au travail, nous avons décidé d’interpeller les deux ministres responsables. Espérons qu’ils se préoccuperont de la santé des chauffeuses et des chauffeurs, mais également de celle des élèves ».

          Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE–CSN), réitère son appui indéfectible envers le syndicat : « Je considère qu’en ces temps de pandémie où toute la population fait d’énormes sacrifices, il faut être un mauvais citoyen corporatif pour refuser de prendre les meilleurs moyens afin de protéger ses employé-es ».

          Une pétition en ligne

          Considérant le manque d’ouverture de la part de l’employeur, les salarié-es ont décidé de faire parvenir une lettre à l’employeur avec copie aux ministres Jean Boulet et Jean-François Roberge, pour tenter d’avoir une intervention de leur part. De plus, le syndicat invitera la population à signer la pétition qu’il mettra en ligne au retour de la relâche scolaire dans le cas où l’employeur n’irait pas dans la direction souhaitée.

          Rendre la culture vivante possible à nouveau

          Le milieu des arts vivants et des arts de la scène a pris acte des avis rendus publics concernant la réouverture des salles de spectacles, des théâtres ainsi que des autres lieux de diffusion. Notre secteur demeure le plus touché par la pandémie en étant fermé au public depuis près d’un an et nous avons appris par l’entremise des médias que l’ouverture des lieux de diffusion était recommandée par la Santé publique depuis novembre. Plus le secteur attend sa réouverture, plus il sera difficile de le relever.

          L’APASQ, l’AQAD, la FNCC–CSN, la GMMQ, TRACE et l’UDA souhaitent maintenant que le gouvernement prenne acte des nombreux sacrifices faits par les artistes, les créateurs et les musiciens, et qu’il agisse pour que ceux-ci puissent retourner à la rencontre de leurs publics. Maintenant qu’il est clair que la Santé publique est favorable à une ouverture des salles, le couvre-feu ne devrait pas être un frein à la production ni à la diffusion artistique. Le milieu a réellement besoin d’un signal clair de la part du gouvernement et nous implorons M. Legault d’exprimer rapidement ses intentions quant à la réouverture des salles de spectacle.

          Le milieu des arts vivant a toujours fait preuve d’une grande créativité et d’innovation depuis le début de la pandémie. Nous sommes d’avis que tout le monde a son rôle à jouer. Aujourd’hui, nous demandons à tous les acteurs du milieu culturel ainsi qu’au gouvernement de faire preuve d’écoute et de flexibilité afin de favoriser une ouverture pérenne de nos lieux culturels, et ce, dans le plus grand respect des mesures sanitaires en vigueur et du bien collectif.

          Citations

          « Nous en appelons à la flexibilité et à la résilience de tous les acteurs de la chaîne culturelle. Pour le gouvernement, cela signifie qu’il ne doit pas être rigide dans l’application des programmes de compensation aux diffuseurs afin de permettre des ouvertures immédiates ou ultérieures adaptées à la réalité de chacune des productions. L’aide financière doit se poursuivre, tant pour les productions qui pourront reprendre rapidement en respectant les contraintes imposées par la Santé publique, que pour celles qui prendront plus de temps à pouvoir retrouver leur public. C’est une approche flexible et multilatérale qui nous permettra de sauver les arts vivants, les lieux de diffusion ainsi que nos artistes et créateurs. »

          • Pascale St-Onge, présidente de la FNCC–CSN

          « Les décideurs publics doivent pouvoir faire preuve d’ouverture à l’égard des solutions qui sont proposées par le milieu, mais pour ce faire, il faudrait que tous les acteurs soient consultés, incluant les artistes, les créateurs et les professionnels qui sont au cœur de notre vie culturelle, afin que les propositions créatives soient mises sur la table. Cela vaut également pour les professionnels de la Santé publique qui mettent en place des protocoles et des scénarios de réouverture : sans fermer le secteur complet, serait-il possible d’ouvrir les lieux de diffusion et de les fermer à la pièce si une éclosion devait survenir, comme c’est le cas dans la plupart des autres milieux de travail ou scolaires ? »

          • Sophie Prégent, présidente de l’UDA

          « La réouverture des salles sera salutaire pour les artistes et les travailleurs culturels sans travail depuis trop longtemps. Nos membres ont à cœur le bien de la population et ils ont le sentiment d’avoir largement contribué à cette lutte collective contre la pandémie, mais les impacts sur nous sont disproportionnés. C’est très difficile pour nous de comprendre que nous sommes toujours à l’arrêt malgré les avis contraires de la Santé publique. Nous souhaitons que le premier ministre applique les recommandations de la Santé publique pour notre secteur. »

          • Luc Fortin, président-directeur général de la GMMQ

          « Nous sommes persuadés que le public est prêt à se mettre de la partie en acceptant d’aller voir des spectacles à des moments différents et variés afin de respecter le couvre-feu. Tout le monde peut contribuer à faire de l’ouverture un succès. Rien n’a démontré que les lieux de diffusion et les salles de spectacles étaient des sources de contamination pendant les 45 jours durant lesquels notre secteur a été ouvert au cours de la dernière année. Les mesures sanitaires ont fait leurs preuves. »

          • Viviane Morin, directrice générale de l’APASQ

          « Le milieu des arts vivants est très diversifié : si certaines productions majeures ne sont pas encore prêtes à se produire, il y a une foule d’autres types de représentations qui pourraient s’adapter et aller à la rencontre du public rapidement. Rien ne nous empêche, collectivement, d’y aller étape par étape. Le gouvernement doit nous aider à reprendre le travail. »

          • Marie-Eve Gagnon, directrice générale de l’AQAD

          « Le public a aussi un réel besoin de renouer avec les arts vivants et de pouvoir quitter sa bulle de temps en temps. Avec le couvre-feu et l’interdiction de rassemblement intérieur, la population devrait être encouragée à fréquenter des lieux publics contrôlés et sécuritaires tels que les lieux de diffusion culturelle. C’est bon pour le moral de tout le monde ! »

          • Shérane Figaro, co-porte-parole de TRACE

          Un livre blanc, vraiment ?

          Éditorial de Jacques Létourneau, président de la CSN

          On apprenait cette semaine que des 15 000 places en CPE annoncées par le ministre de la Famille il y a deux ans, seulement 2300 d’entre elles ont pu être créées. Pendant ce temps, 51 000 familles sont toujours en attente d’une place pour leur enfant.

          Le financement ne serait donc pas la seule raison du problème, comme c’était le cas sous le règne des libéraux. Ceux-ci avaient profité de leurs quinze années au pouvoir pour favoriser le développement des garderies privées, dont le nombre de places a été multiplié par six de 2010 à 2018 au détriment du développement et de la consolidation des services de garde en CPE ou en milieu familial.

          Plusieurs voix se sont fait entendre au cours des derniers jours pour dénoncer la rigidité et la lenteur des procédures d’octroi de subventions au ministère de la Famille. Alors que la construction d’une école s’effectue généralement en 18 mois, il en prend entre 3 et 4 ans pour la construction d’un CPE, un type d’établissement dont l’ampleur et la complexité sont pourtant bien moindres. Pas moins de 17 étapes d’approbation — 17 ! — doivent être traversées.

          Qu’on veuille bien faire les choses, nous en sommes. Mais quand le zèle du ministère de la Famille vient brimer la possibilité pour des milliers de parents de bénéficier de milieux de garde subventionnés, c’est toute notre société qui en souffre.

          Ce sont toutefois les écarts d’accessibilité énormes entre différents milieux que je trouve, personnellement, encore plus aberrants. Comment expliquer que les résidents de Westmount aient accès, toutes proportions gardées, à deux fois plus de places en CPE que ceux de Montréal-Nord ou de Parc-Extension ?

          Les projets de construction de CPE doivent être soumis au gouvernement « par la communauté ». Soit. Mais se pourrait-il qu’une « communauté » comme celle de Westmount, plus que privilégiée sur les plans social et économique, soit plus outillée pour élaborer de tels projets que celles de milieux beaucoup plus défavorisés ?

          Poser la question, c’est y répondre.

          Il est pourtant de la responsabilité du gouvernement de veiller au développement et à la consolidation du réseau des CPE et d’en assurer un accès équitable à l’ensemble des familles du Québec. Plutôt que de multiplier les étapes d’approbation, les gestionnaires du ministère de la Famille devraient soutenir les communautés dans le développement de leurs projets.

          Malheureusement, l’idéologie du « tout-au-privé » du précédent gouvernement semble avoir eu raison du savoir-faire qui existait au ministère de la Famille. Au début des années 2000, qu’on s’en rappelle, c’est entre 8000 et 9000 places en CPE qui étaient créées chaque année.

          Lors de l’annonce de la création des maternelles 4 ans, nous avions avisé le gouvernement de notre opposition à une solution mur-à-mur. Nous souhaitions qu’il privilégie la complémentarité des différents réseaux et qu’il tienne pleinement compte des besoins particuliers de l’ensemble des communautés. Entêté et enorgueilli par cette promesse électorale, il a plutôt fait fi de nos mises en garde, avec les conséquences que l’on connaît : les services de garde en milieu familial ont écopé et des milliers d’entre eux ont fermé depuis.

          Développement, consolidation et complémentarité des réseaux de services de garde subventionnés, voilà les objectifs qui devraient prévaloir au ministère de la Famille. Au quotidien, les communautés ont besoin d’un appui logistique dans l’élaboration de projets répondant à leurs besoins.

          Avant de penser à révolutionner le monde avec un livre blanc, le ministre Mathieu Lacombe doit faire le ménage dans son propre ministère et y ramener l’expertise et le savoir-faire qui y prévalaient lors des premières années de la mise en place du réseau des CPE. En y réduisant la bureaucratie, il permettra aux fonctionnaires qui y œuvrent de consacrer à nouveau leurs énergies à l’appui des communautés — notamment celles qui sont plus vulnérables — dans l’élaboration de leurs projets.

          Le ministre Lacombe devra également convaincre ses collègues des Finances et du Trésor de s’attaquer au problème de pénurie de main-d’œuvre reliés aux maigres salaires et aux mauvaises conditions de travail des éducatrices en petite enfance. S’il n’y voit pas rapidement, c’est le réseau des CPE tout entier, ce joyau tant envié par le reste du Canada, qui s’en trouvera grandement fragilisé. De tous les programmes techniques offerts dans nos cégeps, cette formation demeure parmi les moins « rentables », celles dont le salaire figure parmi les plus bas sur le marché du travail. Déjà, les CPE peinent à recruter, et ce problème est en croissance depuis des années. Au manque de places criant, s’ajoute malheureusement un inquiétant manque de personnel.

          Encore ici, ce n’est pas le livre blanc annoncé par le ministre Lacombe qui viendra régler cette situation plus que préoccupante.

          Se mobiliser pour faire avancer nos revendications

          « Jamais bataille n’est perdue pour celle qui se bat toujours ». Cette courte phrase résonne dans la tête de Katia Lelièvre, vice-présidente nouvellement élue au dernier congrès de la CSN, depuis qu’un ancien collègue la lui a lancée au détour d’une conversation. La citation, un brin philosophique, résume à elle seule l’engagement qui anime la militante depuis la naissance de son fils, il y a 28 ans.

          À cette période de sa vie, Katia doit subvenir aux besoins de son garçon. Elle cogne à la porte de la Maison de la famille de Bois-des-Filion, un organisme communautaire de la banlieue nord de Montréal qui tente d’apaiser l’insécurité alimentaire des plus démunis. En préparant des plats à un dollar dans les casseroles de la cuisine collective mijotent aussi les ingrédients du militantisme dans le cœur de la jeune maman. Elle découvre l’entraide, la camaraderie, la solidarité et l’implication.

          Rapidement, elle se retrouve responsable de la cuisine collective. « Personne ne voulait s’en occuper », rigole Katia, fidèle au franc-parler qui la caractérise. En s’impliquant au sein du conseil d’administration, elle en scrute les états financiers. La comptabilité créative de l’organisme permettait à 1 + 1 d’égaler 3. « J’ai posé plein de questions et tout le monde a démissionné. Je me suis retrouvée seule au CA », se rappelle-t-elle. En collaboration, les mères bénévoles se sont alors mobilisées pour trouver des subventions, des dons et un nouveau local. Menacée de fermeture à l’époque, la cuisine communautaire a toujours pignon sur rue, aujourd’hui.

          Apprendre grâce au SEMB-SAQ–CSN
          Cette première expérience de mobilisation et sa soif de justice lui serviront lorsqu’elle sera embauchée comme caissière-vendeuse à la SAQ, près de chez elle. Dans une lettre publiée dans le journal syndical et expédiée au président de la SAQ, la militante s’insurge contre des avantages conférés aux cadres, avantages pourtant retirés aux membres retraités de la société d’État.

          S’amorce une implication active et formatrice auprès du Syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ–CSN), d’abord localement, puis régionalement et, par la suite, à la vice-présidence avec les responsabilités de la vie syndicale, des communications et de la mobilisation. « Ce sont les tâches que j’ai préférées parmi toutes », admet Katia, qui a aussi adoré présider le syndicat pendant quelques années. « Nous, on est dans 400 lieux de travail différents, aux quatre coins du Québec, avec des réalités diverses. La clé pour établir une cohésion de groupe, briser l’isolement et consolider la solidarité, c’est la communication. Grâce aux médias sociaux et à la vidéo, nous avons pu nous parler et relever le défi. » Elle cite en exemples l’instantanéité des médias sociaux et la force des capsules vidéo comme gages de succès pour mobiliser les membres, lors de la plus récente négociation du SEMB-SAQ–CSN en 2018.

          Un syndicalisme encore plus combatif
          La vice-présidente de la CSN entame son nouveau mandat avec la promesse d’un style de syndicalisme encore plus combatif, ancré dans toutes les régions. Elle voudrait impliquer davantage les membres de partout dans leur prise en charge, pour qu’ils se mobilisent. Ça passe par la communication et la simplification des messages, selon elle, pour que les membres se sentent concernés.

          Celle qui s’occupera également de la vie syndicale à la CSN rappelle qu’il faut se battre également entre les négociations. « Il faut maintenir le feu entre deux négos. Parce que si on le laisse s’éteindre, il faut le repartir avec du petit bois, pis c’est de l’ouvrage ! », image-t-elle.

          L’enseignement à distance post-pandémie : pas si vite, dit la FNEEQ

          À la suite de la publication aujourd’hui d’une lettre adressée à la ministre Danielle McCann et signée par 55 professeur-es de cégep, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), qui représente environ 85 % des gens enseignant dans le réseau collégial public, tient à réitérer la valeur inestimable de l’enseignement en présence et ses avantages incomparables.  

          La dernière année a obligé le personnel enseignant à improviser et à multiplier les efforts pour diminuer sensiblement l’impact de la pandémie sur la réussite ainsi que sur la persévérance des étudiantes et des étudiants. Cela dit, elle n’a pas encore permis de réfléchir collectivement aux balises essentielles à l’intérieur desquelles le développement de l’enseignement à distance doit s’effectuer. La façon de dispenser la formation collégiale, par exemple en présence ou non, ou de manière synchrone ou asynchrone, doit pouvoir se justifier tant sur le plan de la pédagogie que sur celui du développement psychosocial. De plus, la fédération estime qu’il s’avère impératif que la qualité et la richesse des interactions ainsi que le développement de compétences relationnelles et communicationnelles restent des critères d’appréciation aussi importants pour les cours à distance que pour ceux qui sont donnés en mode présentiel. Il importe que tout mode de transmission de la formation vise le développement des personnes sur les plans humain, citoyen et professionnel de même que le développement de leur autonomie et de leur esprit critique.

           « La pandémie a fait en sorte que la formation en mode non présentiel s’impose sans réelle réflexion, préparation ou discussion. En raison de son caractère inédit, cette période ne doit surtout pas servir de modèle pour l’avenir de l’enseignement supérieur », souligne Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQ-CSN. « Nous ne sommes pas encore sortis de la crise sanitaire et il serait prématuré, autant pour le ministère de l’Enseignement supérieur que pour les directions d’établissement, de prendre des décisions à cet égard, notamment en lien avec l’instauration généralisée de l’enseignement comodal. »

           Afin de permettre à toutes les enseignantes et à tous les enseignants de se faire entendre, la fédération demande que les conventions collectives prévoient la consultation des instances concernées (département, comité de programme, etc.) avant toute mise en œuvre d’un enseignement à distance.

          « Nous ignorons encore où nous en serons l’automne prochain et la contribution de toutes les personnes préoccupées par l’avenir de l’enseignement supérieur est la bienvenue. Ce type de discussion doit se faire dans les lieux appropriés, par exemple les assemblées générales », conclut Yves de Repentigny, vice-président et responsable du regroupement cégep de la FNEEQ-CSN.

          Le musée des horreurs

          Éditorial de Jacques Létourneau, président de la CSN

          Des employé-es forcés de travailler malgré la fièvre. Des tâches de désinfection abandonnées pendant plus d’une semaine après que la responsable, malade, ait dû s’isoler. Des mouvements de personnel fréquents entre zones chaudes et froides. Une absence de mesures de prévention et de contrôle des infections. Des équipements en nombre tellement insuffisant qu’on doit se les partager entre collègues.

          La lecture de l’enquête menée par les journalistes de La Presse ce matin donne froid dans le dos. Après avoir épluché les rapports d’intervention de la CNESST dans plus de 230 centres d’hébergement et autres établissements du réseau de la santé et des services sociaux, les journalistes en arrivent à la conclusion que 20 % d’entre eux ont enfreint les règles sanitaires les plus élémentaires.

          À 20 %, le gouvernement ne peut prétendre qu’il ne s’agit que d’exceptions isolées.

          Le gouvernement François Legault aura beau prétexter que nous sommes devant une pandémie à l’ampleur inégalée, un fait indéniable demeure : notre réseau de santé et de services sociaux, qui souffre de sous-financement chronique depuis des années, n’était absolument pas en mesure de répondre au moindre soubresaut.

          Pourtant, l’ensemble des exemples révélés par les journalistes – qui relèveraient de l’anecdote s’ils n’étaient à ce point généralisés – ont pour origine deux causes bien documentées : le manque flagrant de personnel dans le réseau de la santé et des services sociaux, ainsi que l’hypercentralisation de son mode de gestion.

          Deux réalités que les syndicats de la CSN dénoncent depuis des années. Encore faudrait-il que le gouvernement, peu importe sa couleur, prenne la peine de les écouter.

          Depuis plusieurs négociations, les travailleuses et les travailleurs du secteur public martèlent que les faibles salaires et les surcharges de travail constituent le principal frein au recrutement de personnel en éducation et en santé. Quand un gestionnaire doit forcer quelqu’un à faire des heures supplémentaires ou à travailler malgré la présence de symptômes reliés à la COVID, quand on tolère involontairement que la désinfection d’un centre d’hébergement ne soit plus assurée en pleine pandémie, c’est qu’on n’a tout simplement pas les bras nécessaires.

          « Des infirmières, on ne peut pas en inventer ! », se défendait François Legault mardi dernier. On lui accorde. Mais encore faudrait-il être en mesure d’attirer le personnel soignant avec des conditions de travail intéressantes, et de faire de même pour l’ensemble des employé-es du secteur public, frappés, à des degrés divers, par des problèmes de pénurie et de rareté de main-d’œuvre.

          Quant au manque d’équipement de protection individuelle, François Legault persiste et signe : le Québec n’en a jamais manqué, il n’y a que des établissements qui « n’ont pas levé la main » pour signifier la rupture de stock. Tout pourrait s’expliquer par… l’absence d’un patron dans chaque CHSLD.

          À défaut d’être naïfs, les membres de la CSN n’ont pas non plus cette magique poignée dans le dos.

          Depuis 20 ans, le réseau de la santé et des services sociaux a été de deux opérations successives visant à centraliser la gestion et la prise de décision des établissements. D’abord, sous le règne Charest-Couillard, la fusion des CHSLD, des CLSC et des centres hospitaliers au début des années 2000, varlopant au passage les Agences régionales de santé et de services sociaux. Puis, sous celui de Couillard-Barrette, la mise en œuvre de la malheureuse réforme portant le nom de ce dernier. Cette hypercentralisation des pouvoirs s’est également accompagnée d’une vision de plus en plus hospitalo-centriste du réseau, confirmant ainsi l’hégémonie des médecins, tant généralistes que spécialistes.

          Doit-on rappeler au gouvernement la première décision qu’il a prise en mars dernier ? Libérer 6000 lits en centres hospitaliers afin de pouvoir accueillir les éventuels malades de la COVID. Les directions des CIUSSS et des CISSS ont ainsi déplacé des milliers de patientes et de patients soignés dans des hôpitaux… dans des CHSLD où aucune mesure n’avait été prise.

          Dès le printemps dernier, la CSN a exigé une commission d’enquête publique sur les conditions d’hébergement des aîné-es et l’ensemble de la gestion chaotique de la pandémie par le réseau de la santé et des services sociaux. Après avoir – bien brièvement – évoqué la nationalisation des centres d’hébergement privés, le gouvernement de François Legault a préféré confier à la commissaire à la santé et au bien-être, Joanne Castonguay, le soin d’examiner la performance du réseau lors de la première vague.

          Plusieurs ont été déçus de ce mandat édulcoré. Pourtant, la commissaire pourra jouir de presque tous les pouvoirs conférés à une commission d’enquête. Encore faudra-t-il qu’elle les utilise à bon escient. La CSN y veillera.

          Les travailleuses et travailleurs de la santé enfin mieux protégé-es face à la COVID-19

          Comme le réclame la FSSS–CSN depuis le début de la pandémie, les travailleuses et travailleurs de la santé qui travaillent auprès des patients atteints de la COVID-19 pourront utiliser des appareils de protection respiratoire N-95 ou leur équivalent pour se protéger.

          Rappelant que plus de 30 000 travailleuses et travailleurs de la santé ont contracté la COVID-19 et que certains y ont laissé leur vie, la FSSS–CSN se réjouit du fait que la CNESST affirme enfin et sans ambiguïté que les appareils de protection respiratoires constituent des moyens de prévention nécessaires pour réduire les risques d’exposition des travailleurs et travailleuses de la santé œuvrant en zone chaude.

          Cette nouvelle directive vient calmer l’indignation que la récente décision du comité sur les infections nosocomiales (CINQ) de l’INSPQ avait provoquée au sein du personnel du réseau. En effet, tout en indiquant vouloir protéger le personnel de la santé et leur donner accès aux masques N-95, le CINQ recommandait de ne considérer offrir ces respirateurs N-95 que dans les cas d’éclosion non contrôlée et au terme d’une longue démarche bureaucratique, ainsi que d’une série de conditions restreignant considérablement leur accès au moment opportun.

          « Ça fera bientôt un an que la pandémie est en cours. Il est plus que temps que la CNESST intervienne pour s’assurer que le personnel de la santé soit bien protégé. La CNESST doit s’imposer en matière de prévention en santé et de sécurité au travail. C’est son travail, et il était impératif d’intervenir en réponse aux directives du CINQ de l’INSPQ », affirme Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

          La décision de la CNESST est l’aboutissement d’une longue lutte des organisations syndicales et de certains scientifiques et professionnels de la santé qui revendiquent ce droit depuis les débuts de la pandémie. Face à la flambée des cas au sein du personnel, mais aussi de la population, tout a été mis en œuvre pour obtenir ce changement d’orientation. Des recours juridiques ont été entrepris, des représentations constantes ont été faites auprès des organisations en cause, des documents ont été déposés et les médias alertés. Ces recours multiples ont finalement fait entendre la voix de la raison. Mieux vaut tard que jamais, surtout que nous ne sommes pas à l’abri de nouveaux variants.

          « Nous n’avons ménagé aucun effort et nous continuerons de le faire, de telle sorte à s’assurer que le personnel soit bien protégé au travail à l’avenir, mais aussi pour s’assurer qu’une telle situation, où pendant un an on met la santé et la sécurité du personnel à risque, ça ne puisse plus se reproduire », ajoute Judith Huot, première vice-présidente à la FSSS–CSN.

          Cette victoire démontre, une fois de plus que la mobilisation et l’organisation sont les seuls garants de la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs et travailleuses.

          Budget du Québec : se donner tous les moyens

          Alors que la deuxième vague continue de s’abattre sur notre société, il va sans dire que les défis qui attendent le Québec sont gigantesques. Non seulement pour redémarrer l’économie, mais également pour s’assurer que nos institutions publiques, particulièrement nos réseaux de santé et d’éducation, soient en mesure de soutenir nos efforts en matière de relance économique et sociale.

          Devant des défis d’une telle ampleur, il nous apparaît insensé que le Québec ne puisse compter sur l’ensemble des moyens qui sont à sa disposition. C’est en ce sens que nous interpellons aujourd’hui le ministre des Finances du Québec en vue du dépôt du prochain budget.

          Le gouvernement doit rompre avec la stratégie d’austérité budgétaire qu’il poursuit depuis maintenant 25 ans. Il est aberrant que le carcan financier imposé par le retour à l’équilibre budgétaire et les versements au Fonds des générations — deux mesures adoptées dans un tout autre contexte et qui, de surcroît, avaient rempli leurs objectifs avant le début de la pandémie ! — continuent de miner notre capacité à nous sortir de la crise actuelle. Pourtant, au cours des deux dernières décennies, les finances publiques du Québec se sont grandement améliorées : la dette nette est désormais comparable à celles des gouvernements du Canada et de l’Ontario et, contrairement à celui du Québec, aucun de ces gouvernements ne détourne une part de ses revenus courants vers le remboursement de sa dette publique.

          Une vaste majorité d’analystes s’entendent pour dire qu’un retour à l’équilibre budgétaire dès 2025 est irréaliste sans devoir hausser les impôts ou couper dans les dépenses publiques. Une solution souhaitable serait de repousser cette date butoir, comme le gouvernement l’a fait à la suite de la crise économique de 2008 dont l’ampleur était pourtant moins grave que celle d’aujourd’hui.

          En pleine pandémie, il est inconcevable que le gouvernement s’oblige à dégager un surplus de près de 3 milliards de dollars afin de rembourser la dette publique à partir des revenus courants. Cela constitue une politique d’austérité budgétaire. L’état du ratio dette nette/PIB du Québec, inférieur à ceux de l’Ontario et de nombreuses économies de l’OCDE, milite en faveur d’une suspension des versements au Fonds des générations — tout comme la faiblesse actuelle et à venir des taux d’intérêt, et donc du service de la dette.

          On s’en doute, le Québec a des besoins immédiats beaucoup plus importants, y compris pour ces « générations futures » qui, dans l’immédiat, se butent au sous-financement chronique de notre réseau d’éducation.

          Bien que nous soyons entièrement d’accord avec la volonté du gouvernement du Québec de voir le gouvernement fédéral augmenter sa contribution aux coûts du système de santé, force est de constater qu’il fait piètre figure à ce chapitre : il se classe à l’avant-dernier rang des provinces en matière de dépenses en santé, accusant un écart de 333 $ par habitant sous la moyenne canadienne.

          Pour nos organisations, il est urgent d’investir massivement dans le réseau de la santé et des services sociaux ainsi qu’en éducation.

          Faut-il, une fois de plus, faire ici la démonstration des liens directs entre les piètres conditions de travail du secteur public et les graves problèmes de pénurie et de rareté de main-d’œuvre qui ont miné la capacité de nos services de santé et d’éducation — sans parler des services de garde, essentiels au plein emploi et à la croissance économique — à répondre aux impacts de la pandémie ?

          Les conditions de travail des employé-es des services publics ne peuvent plus être la variable servant à accélérer le retour à l’équilibre budgétaire. Avant même de pouvoir envisager un règlement dans le cadre des négociations du secteur public, il revient au ministre des Finances de s’assurer que la croissance des budgets alloués aux dépenses de programmes des principales missions de l’État permette l’amélioration des conditions de travail du secteur public et l’embauche du personnel nécessaire à la prestation de ces services.

          Dans son budget, le ministre des Finances devra prévoir un financement adéquat d’un plan de relance de l’économie. Dès le printemps dernier, nous demandions au gouvernement d’instaurer les bases d’un véritable dialogue social avec la société civile pour discuter des différents moyens appropriés pour appuyer les travailleuses, les travailleurs et les entreprises dans leurs efforts de numérisation, de robotisation, de formation et de transition écologique, pour ne nommer que ceux-là.

          Malheureusement, cet appel ne semble pas avoir été entendu par le premier ministre. Encore moins par son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, dont la quête de « synergies » et de « pôles d’innovation » ne semble pas s’aventurer au-delà des portes closes d’un cercle restreint d’initiés.

          Ce sont les membres que nous représentons, faut-il le rappeler, qui ont subi de plein fouet les impacts de la crise. Dans l’ensemble des démarches pour la relance de l’économie, nous estimons nécessaire d’instaurer ce dialogue social afin que les travailleurs et les travailleuses puissent faire valoir leurs besoins et leurs préoccupations en matière d’emploi, de formation et de transformation de leurs milieux de travail. Les organisations syndicales connaissent leurs secteurs d’activités et, en ce sens, ont un rôle de premier plan à jouer dans cette relance.

          Texte signé par : Jacques Létourneau, président de la CSN, Daniel Boyer, président de la FTQ, Sonia Ethier, présidente de la CSQ, Luc Vachon, président de la CSD

          La santé des salarié-es fait encore les frais de l’incohérence du ministre Dubé

          D’une voix commune, les présidentes et présidents des organisations syndicales du réseau de la santé et des services sociaux (APTS, FIQ, FIQP, FSQ-CSQ, FSSS-CSN, FP-CSN, SCFP, SQEES-FTQ) dénoncent haut et fort les directives du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) par lesquelles il refuse toujours l’accès au masque N-95 pour les salarié-es qui travaillent auprès des patient·e·s porteur·euse·s, ou suspecté·e·s de l’être, de la COVID-19, et ce, malgré le fait que l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) ait reconnu, avec des mois de retard sur d’autres organisations sanitaires, que le virus se propageait par aérosol.

          « Sur la place publique, le ministre Christian Dubé n’arrête pas de mentionner ses inquiétudes pour la santé physique et psychologique des personnes salariées du réseau, mais dans la réalité les directives soutenues par son ministère font plutôt grimper leur niveau d’anxiété quant à leur propre sécurité et celle de leurs proches. Le ministre doit faire preuve de cohérence et rappeler à l’ordre le ministère pour qu’il autorise le port du masque N-95 lorsque le personnel est en contact avec des usager·ère·s atteint·e·s de la COVID-19 ou suspecté·e·s de l’être », ont déclaré les chef·fe·s syndicaux·les.

          Dans un avis publié plus tôt cette année, l’INSPQ a reconnu la propagation par aérosol de la COVID-19. Toutefois, faisant fi du principe de précaution et sapant toute mesure de prévention, il recommande le port du masque N-95 seulement lorsqu’une éclosion devient hors de contrôle. Plutôt que de suivre la procédure (algorithme décisionnel) complexe de l’INSPQ, les organisations syndicales proposent que les personnes salariées utilisent leur jugement professionnel pour décider du port du N-95.

          « Comment peut-on promouvoir l’usage d’un équipement de protection uniquement après une éclosion hors de contrôle? Est-ce qu’un pompier attend que le feu soit hors de contrôle pour mettre son appareil respiratoire? Est-ce qu’une soldate part au front sans casque de protection? Et ce n’est pas une question de rareté du N-95, le ministre a indiqué plusieurs fois qu’on n’en manquait plus. Ajoutons que le MSSS vient d’accorder un contrat de gré à gré de 330 millions de dollars pour en assurer l’approvisionnement. Ce que l’on comprend des décisions du ministère, c’est que la santé de nos membres est le cadet de ses soucis. C’est odieux », ont ajouté les représentant·e·s des organisations syndicales.

          Depuis le début de cette crise, le gouvernement fait appel à la collaboration des organisations syndicales pour passer au travers de la pandémie. Cette collaboration semble toutefois unidirectionnelle, car chaque fois que les représentant·e·s syndicaux·les tentent d’obtenir une amélioration des conditions de santé et de sécurité dans lesquelles travaillent leurs membres, ils et elles se voient opposer une fin de non-recevoir.

          « Le ministre Dubé a l’occasion de prouver qu’il a vraiment à cœur la santé et la sécurité des salarié·e·s du réseau. Il doit faire preuve de leadership et respecter le principe de précaution en matière de prévention et de contrôle des infections. L’avis de l’INSPQ ne peut servir d’excuse à son inaction », ont conclu les personnes représentantes syndicales.

          Les Gaspésiens, otages de Keolis – La réaction du CCGÎM–CSN

          La décision de Keolis qui interrompt ses dessertes en Gaspésie, et ce, à partir du 7 février 2021, est une situation très inquiétante pour la population gaspésienne. Rappelons que cette interruption de services concerne également la plupart des régions du Québec.

          Ce n’est pas la première fois que Keolis diminue ses services en région. Comme dans d’autres secteurs du transport régional, Keolis utilise les menaces et profite de son monopole pour obtenir du financement en échange du maintien d’un service déjà indigne dans notre région. Les Gaspésiens sont les otages de cette entreprise. Malheureusement, les gouvernements se prosternent devant cette compagnie qui, rappelons-le, a obtenu l’exclusivité du service de transport par autobus pour le corridor Montréal-Québec. En contrepartie, elle devait desservir certaines régions éloignées du Québec.

          Le transport régional, une priorité pour le CCGÎM–CSN

          À la vielle du 28e congrès CCGÎM–CSN, soit le 11 juin 2019, le conseil central a tenu la journée thématique sur le transport et le développement économique en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine. Les élus étant inquiets de l’avenir du transport dans la région, cette journée était un complément des orientations prises lors du précédent congrès du CCGÎM–CSN en 2016. Les craintes du conseil central se sont avérées fondées. À la suite du départ d’Air Canada, le principal transporteur aérien de notre région, c’est au tour des autocars d’Orléans.

          «Qu’entend faire le gouvernement pour que les habitants des régions puissent avoir accès à des services de transport efficaces et libres des caprices des compagnies comme Keolis ou Air Canada? L’autobus est essentiel pour plusieurs régions du Québec. C’est un stress supplémentaire à la population puisque pour certains, c’est le seul moyen de transport pour se rendre à des rendez-vous médicaux hors de la région. Ce sont aux élus municipaux ainsi qu’aux MRC de faire pression auprès du gouvernement québécois et auprès de Keolis. Cette pression rétablirait et maintiendrait ce service essentiel pour l’ensemble de la population.», d’affirmer Serge St-Pierre, président du CCGIM–CSN.

          Lors du 28e congrès CCGÎM–CSN, une proposition fut adoptée par les membres, soit de faciliter l’accessibilité des moyens de transport pour le mieux-être de la population qui y demeure.

          «Vivre dans l’incertitude et ne pas pouvoir contrôler régionalement les transports auxquels nous avons droit doivent cesser. Une importance réflexion régionale doit être enclenchée pour arriver à un service de qualité. Keolis devait desservir les régions en échange de l’exclusivité du corridor Montréal-Québec. Keolis a brisé cette entente. Quelle garantie avons-nous que le service revienne à celui avant la pandémie? Un service qui est déjà déficient et insuffisant. Keolis n’a-t-elle pas obtenu de l’aide du gouvernement fédéral en temps de pandémie?», de conclure Serge St-Pierre.

          Projet de loi 59 : ne pas reproduire les erreurs de la réforme Barrette

          La FSSS–CSN a rencontré le cabinet du ministre du Travail aujourd’hui afin d’insister sur la nécessité de modifier substantiellement le projet de loi 59 et que le nouveau régime puisse protéger les travailleuses et les travailleurs du secteur de la santé et des services sociaux et des services de garde éducatifs à l’enfance.

          Complémentaires au mémoire présenté par la CSN et portant spécifiquement sur le volet prévention, les commentaires formulés par la FSSS–CSN et déposés lors de cette rencontre concernaient des problématiques spécifiques à ces deux secteurs.

          La FSSS–CSN a rappelé qu’une importante crise de la santé et de la sécurité au travail a actuellement cours dans le secteur de la santé et des services sociaux qui représente 9,8 % des établissements, mais 18 % des lésions professionnelles au Québec! La situation s’aggrave d’année en année et la COVID n’a évidemment rien fait pour aider la situation. La réforme à venir doit pouvoir mettre un terme à cette crise en permettant d’améliorer rapidement l’efficacité de la prévention.

          La FSSS–CSN a fait valoir que la réforme Barrette a créé des méga-établissements, qui opèrent maintenant sur d’immenses territoires. Cette hypercentralisation a eu pour effet de démanteler les structures de proximité en prévention, alors que l’on sait pourtant que la prévention doit être organisée de telle sorte qu’elle puisse tenir compte des particularités de chaque milieu pour être efficace. Or, la réforme proposée, au lieu de corriger la situation, perpétuerait l’erreur commise avec la réforme Barrette, en donnant aux employeurs la possibilité d’imposer une organisation de la prévention sur un modèle multi établissements. « C’est impossible de faire de la prévention en santé et sécurité au travail (SST) dans une mégastructure comme celle des CISSS et de CIUSSS et sur d’aussi vastes territoires. Il faut absolument prévoir une organisation décentralisée et paritaire pour s’assurer d’agir efficacement en prévention », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

          Un projet de loi qui pénalise les femmes

          Le projet de loi 59 ne tient pas compte des conditions de travail des femmes et des risques particuliers dans les métiers du secteur de la santé, des services sociaux et des services de garde éducatifs à l’enfance. La FSSS constate un biais qui défavorise les femmes dans l’évaluation des niveaux de risque et un affaiblissement des mécanismes de prévention qui sont proposés pour les milieux à prédominance féminine. Rappelons également que le projet de loi 59 va compliquer le retrait préventif des femmes enceintes en faisant en sorte que l’avis du médecin traitant ne soit plus le seul qui soit considéré. De plus, il y a de quoi s’interroger quand on constate qu’au moment même où on s’apprête à déployer les mécanismes de prévention dans les secteurs à prédominance féminine, on réduit les moyens consentis pour faire fonctionner ces mécanismes tout en faisant reculer le paritarisme. « Si le gouvernement Legault voulait un projet de loi féministe, il reste du chemin à faire », insiste Judith Huot, vice-présidente de la FSSS–CSN.

          Des établissements oubliés

          Après 40 ans d’attente d’une réforme en SST, nous aurions espéré que tous les secteurs de la santé et des services sociaux soient encadrés par la Loi sur la santé et sécurité du travail (LSST). Or, des secteurs sont encore exclus comme les ressources de type familial (RI-RTF) et les responsables d’un service de garde en milieu familial (RSG). La FSSS–CSN estime qu’on ne doit pas prétexter que le statut de travailleurs et surtout de travailleuses autonomes empêche de bénéficier des dispositions de la LSST. Ces milieux de travail sont d’ailleurs encadrés par le réseau de la santé ou par des bureaux coordonnateurs qui devraient récupérer des responsabilités en prévention. 

          La CSN appuie la demande des médias d’avoir accès aux hôpitaux et aux CHSLD

          Pour la Confédération des syndicats nationaux, il est inacceptable que les médias se voient refuser systématiquement l’accès aux installations des hôpitaux et des CHSLD. La CSN revendique une plus grande transparence des établissements depuis longtemps. D’ailleurs, elle demande l’introduction d’une clause de convention collective pour protéger les travailleuses et les travailleurs qui dénoncent publiquement des situations inacceptables dont ils sont témoins. Ils ont tellement peu d’écoute des établissements que c’est parfois leur ultime recours pour faire en sorte que l’inacceptable soit corrigé.

          « Pour les travailleuses et les travailleurs du réseau, au premier front de la crise depuis le début, les médias doivent pouvoir témoigner de la réalité telle qu’elle est vécue sur le terrain. Ça peut donner des images difficiles, présenter des faits inconfortables, mais c’est important que les Québécoises et les Québécois puissent voir de leurs yeux comment ça se passe dans leurs services publics. C’est contre-productif d’essayer de cacher la crise, explique la vice-présidente de la CSN, Caroline Senneville.

          Par ailleurs, la CSN souligne que l’accès des journalistes à l’information est une condition essentielle permettant aux médias de jouer leur rôle primordial dans une société libre et démocratique et qu’il en va du droit du public à une information de qualité.

          La CSN dénonce depuis des années la culture d’opacité qui a pris forme dans les services publics. Avec les fusions, les centralisations, il est de plus en plus difficile, même pour les syndicats, d’obtenir les informations nécessaires pour comprendre et analyser les décisions prises par les dirigeantes et les dirigeants.

          La loi de l’omerta est toujours bien présente dans le secteur public. Les salarié-es qui parlent à une ou un journaliste peuvent recevoir de lourdes sanctions. C’est une des raisons pour laquelle la CSN revendique l’introduction d’une clause de convention collective protégeant les lanceurs d’alerte. De son côté, le gouvernement n’y a toujours pas répondu de façon satisfaisante.

          Le gouvernement ne met pas en place les conditions gagnantes

          Au cours des derniers jours, la Fédération de la santé et des services sociaux–CSN (FSSS–CSN) reçoit des échos fort préoccupants des salarié-es de divers établissements quant à la campagne de vaccination en cours dans le réseau. En effet, plusieurs salarié-es souhaitant être vaccinés se voient forcés d’y renoncer à cause des conditions mises en place, notamment les coûts que cela engendrerait pour eux.

          Selon les règles édictées par le gouvernement et les responsables patronaux des établissements, les travailleuses et les travailleurs du réseau peuvent recevoir le vaccin durant leur temps de travail et ne pas perdre de rémunération. Cependant, du même coup, ils offrent la possibilité aux employeurs de mettre en place divers autres scénarios et cela laisse place à des iniquités entre les membres du personnel d’un même établissement et entre les établissements. Par exemple, pour obtenir le vaccin, des personnes doivent, en plus de leur journée de travail, voyager plusieurs heures pour recevoir le vaccin à un point de service éloigné de leur lieu de travail habituel, sans aucune autre compensation, ni en temps, ni en frais de déplacement. Cela met en péril le succès de la campagne de vaccination.

          La FSSS–CSN a interpellé le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, à ce sujet de même que les représentantes et les représentants patronaux. La solution proposée est simple : dédommager pleinement les salarié-es qui doivent recevoir le vaccin, tant en ce qui a trait aux frais de déplacement qu’au temps requis pour recevoir le vaccin. Si l’on veut favoriser et faciliter la vaccination, il est important de mettre en place des conditions équitables pour toutes et tous.

          « À la FSSS–CSN, nous souhaitons que cette campagne de vaccination fonctionne et que les salarié-es y adhèrent largement, si l’on veut se donner les meilleures chances de protéger rapidement les usagères et les usagers, la population et le personnel, explique le président de l’organisation, Jeff Begley. Depuis le début de cette crise, le gouvernement mise sur l’engagement, la passion et le professionnalisme du personnel pour qu’il tienne le fort dans des conditions inacceptables. Il refuse de verser des primes COVID à une écrasante majorité du personnel au front depuis le début de la crise. Il refuse également de rendre disponibles les équipements de protection individuels nécessaires. Il laisse traîner les négociations du secteur public tout en formulant des promesses en conférence de presse qui sont en complet décalage avec ce qu’il offre à la table de négociation. Il ne faut pas s’étonner ici que plusieurs salarié-es calculent que se faire vacciner leur coûterait beaucoup trop cher actuellement. »

          Le CRTC ne doit pas assouplir les conditions imposées à Radio-Canada

          Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Radio-Canada (STTRC) et la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN), qui se présentent aujourd’hui devant le CRTC dans le cadre du renouvellement de la licence de Radio-Canada, demandent à l’organisme réglementaire de ne pas assouplir les conditions de licence de la télévision traditionnelle.

          « Les engagements de Radio-Canada pour la diffusion de contenus en ligne sont pour le moment insuffisants pour justifier toute forme d’assouplissement des exigences sur les autres plateformes », soutient le président du STTRC, Pierre Tousignant. Ce dernier demande également au CRTC d’intervenir pour que les Normes et pratiques journalistiques en place s’appliquent de la même façon sur les plateformes numériques que dans les services déjà réglementés.

          La mission d’information locale, régionale et internationale est primordiale pour Radio-Canada. La fermeture du bureau des Îles-de-la-Madeleine l’année dernière n’est pas une décision rassurante en ce sens. Les signaux ne sont guère plus encourageants pour la couverture des nouvelles internationales d’un point de vue canadien. Les importantes coupes à Radio-Canada international (RCI) indiquent en effet un virage vers une mise en valeur du multiculturalisme canadien plutôt qu’une information internationale destinée à l’ensemble de l’auditoire national.

          « Le CRTC doit imposer un contenu minimal de nouvelles locales aux stations de télévision de même que le maintien d’une présence locale », affirme Pierre Tousignant. La production interne d’émissions devrait par ailleurs être un objectif.

          Avec le projet de loi C-10, une volonté de réglementer l’ensemble des acteurs de la radiodiffusion semble acquise, mais le détail de son application est encore flou. « Le CRTC doit porter une attention particulière au diffuseur public national dans cet important exercice de modernisation. Il faut un financement public stable et établi sur plusieurs années », insiste Annick Charrette, secrétaire générale de la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC).

          À propos
          Le syndicat des travailleuses et des travailleurs de Radio-Canada (STTRC, ancien SCRC) compte plus de 2500 membres au Québec et à Moncton. Il est affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et à la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN).

          Appel à l’action en clôture du congrès de la CSN

          C’est sur une note d’espoir et un appel à l’action que le 66e Congrès de la CSN, auquel ont pris part en mode virtuel 2000 participantes et participants provenant de plus de 400 syndicats, s’est conclu aujourd’hui.

          « En ces temps difficiles, les syndicats de la CSN ont démontré toute leur pertinence pour défendre les droits des travailleuses et des travailleurs », a indiqué Jacques Létourneau, dont le mandat à la présidence de la centrale a été reconduit par les délégué-es pour les trois prochaines années. « Plus que jamais, le travail de nos 300 000 membres s’est avéré crucial pour assurer le maintien des activités essentielles au Québec, mais également pour diminuer l’impact de la pandémie sur l’ensemble de notre société, notamment en matière de santé et de sécurité au travail. »

          Constatant l’épuisement entraîné par la pandémie de nombreux travailleurs et travailleuses, particulièrement ceux et celles œuvrant dans les services publics, le président de la CSN a appelé le premier ministre François Legault à consacrer les prochains mois au nécessaire renforcement de nos services publics. « François Legault doit s’attaquer à l’hécatombe que nous constatons dans le réseau de la santé et en éducation. Il doit recourir à toutes les marges de manœuvre qui sont à sa disposition pour appuyer une relance économique et sociale au bénéfice des travailleuses et des travailleurs. Pour ce faire, il doit mettre un terme à l’austérité budgétaire que constituent les versements au Fonds des générations et un retour trop rapide à l’équilibre budgétaire, et ce, dès le prochain budget du Québec. »

          De meilleurs moyens pour mener les luttes
          Les délégué-es participant à ce congrès ont adopté une résolution visant à bonifier le Fonds de défense professionnelle de la CSN, outil financier unique du milieu syndical québécois en appui aux négociations et aux luttes menées par l’ensemble des syndicats de la centrale. Les prestations lors d’une grève ou d’un lock-out ont été haussées à 300 $ par semaine (un montant pouvant aller jusqu’à 400 $ en fonction de la durée des conflits de travail) et l’admissibilité à celles-ci a de plus été accélérée.

          Les congressistes ont de plus entériné les orientations du prochain mandat de la CSN. À l’image de la crise actuelle, celles-ci prioriseront la santé et la sécurité au travail, la vie syndicale et la mobilisation, les droits du travail et la relance sociale et économique post-covid.

          En plus du renouvellement du mandat de Jacques Létourneau à la présidence, les délégué-es ont réitéré leur confiance en Jean Lortie, secrétaire général, et en Caroline Senneville au poste de première vice-présidente.

          En fonction des départs du trésorier sortant, Pierre Patry, du deuxième vice-président, Jean Lacharité, et de la troisième vice-présidente, Véronique de Sève, trois nouvelles personnes font leur arrivée au comité exécutif de la CSN. Comptable à la firme MCE Conseils, Yvan Duceppe a été élu trésorier de la confédération. Il agissait jusqu’à maintenant à titre de trésorier de la Fédération des professionnèles (FP–CSN). Membre du Syndicat des travailleuses et travailleurs de PJC entrepôt–CSN et président de la Fédération du commerce (FC–CSN), David Bergeron-Cyr a été élu à titre de deuxième vice-président de la CSN. Enfin, la présidente du Syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ–CSN, Katia Lelièvre, a été élue troisième vice-présidente de la centrale syndicale.

          Les congressistes saluent le départ de trois membres du comité exécutif de la CSN

          Le 66e Congrès de la CSN marque le départ de trois membres du comité exécutif qui se sont investis sans ménager leurs efforts pour la défense des droits des travailleuses et des travailleurs. Tous trois ont saisi chacune des occasions qui se sont présentées afin d’œuvrer à l’amélioration des conditions de travail et de vie des membres de la CSN et de promouvoir une société québécoise plus juste et plus égalitaire.

          Jean Lacharité

          Militant de longue date, Jean Lacharité a enseigné durant de nombreuses années au Cégep de Sherbrooke où il est parvenu, en travaillant d’arrache-pied, à rallier son syndicat CSQ à la CSN. Jean a su faire profiter le comité exécutif et le mouvement CSN tout entier de son bagage syndical, acquis en coopération et en solidarité internationales d’abord, puis au Conseil central de l’Estrie, à titre de secrétaire, de 1997 à 2004 et de président, de 2004 à 2011. Arrivé à la vice-présidence de la CSN en 2011, il a toujours mis sa détermination et sa fougue légendaires au service de la base, notamment en santé et sécurité du travail et en syndicalisation. C’est ainsi qu’il s’est fait un devoir de visiter régulièrement les syndiqué-es aux quatre coins du Québec qui luttaient pour de meilleures conditions de travail. Orateur né, tribun déchaîné à ses heures, il savait leur transmettre un souffle mobilisateur pour les aider à tenir la minute de plus. Après toutes ces années d’engagement, on aura sûrement l’occasion de croiser Jean là où on l’attend le plus : sur le chemin de la défense des gens qui se battent pour faire avancer la cause syndicale au Québec. Un grand merci à Jean pour tout le travail qu’il a accompli.

          Véronique De Sève

          Féministe engagée, militante syndicale coriace, Véronique De Sève a toujours fait de l’égalité entre les femmes et les hommes une valeur fondamentale. Tout au long de son parcours, elle s’est battue pour faire avancer leur cause. Elle n’a eu de cesse de les inciter à s’investir dans la sphère publique, notamment dans le milieu syndical. Cette travailleuse acharnée et infatigable a fait ses débuts comme syndicaliste en tant qu’éducatrice au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval et a occupé, de 2003 à 2013, le poste de vice-présidente du Conseil central de Montréal métropolitain–CSN avant d’en être élue secrétaire générale, en 2013. En 2014, elle fait son entrée au comité exécutif de la CSN en tant que vice-présidente, où elle a notamment été responsable du Service d’appui aux mobilisations et à la vie régionale, des dossiers de développement territorial, des dossiers de la pauvreté, de la politique familiale et des droits de la personne ainsi que des comités confédéraux. Véronique s’est toujours attelée avec aplomb à la défense et au soutien des membres qu’elle représentait. On la remercie pour cette énergie débordante qu’elle a déployée au service de la cause syndicale et de la cause des femmes du Québec et on lui souhaite bonne chance dans son nouvel univers chez Fondaction.

          Pierre Patry

          C’est en 1983 que Pierre Patry a amorcé sa carrière d’enseignant au cégep de Saint-Félicien. Épris de justice, il a rapidement occupé des fonctions syndicales pour représenter ses camarades, notamment comme vice-président et président de son syndicat. En 1989, il est élu secrétaire général de la FNEEQ–CSN et en 1997, il en devient le président. En 2004, Pierre Patry est promu à la trésorerie de la CSN. Grand pédagogue, il parvient à défendre ses propositions budgétaires avec rigueur et conviction et à en expliquer brillamment le bien-fondé aux membres dans le but de les faire adopter. Sa logique implacable fait de lui un militant syndical aguerri doué d’une fine capacité d’analyse. Ces atouts lui ont permis de mettre de l’avant des solutions concrètes, toujours dans le but de faire avancer la cause des travailleuses et des travailleurs. Avec Pierre Patry, la gestion des finances de la CSN, l’environnement et le développement durable, les finances publiques et la fiscalité, pour ne nommer que ces dossiers dont il a eu la charge, ont été servis de main de maître. Merci, Pierre, d’avoir utilisé tes compétences pour le rayonnement du syndicalisme et du bien commun et d’en avoir fait un engagement de tous les instants.

          Trois nouvelles personnes au comité exécutif de la CSN

          Réélu par acclamation, Jacques Létourneau était déjà président de la Confédération des syndicats nationaux depuis 2012. « En fonction des défis qui nous attendent, nous devons nous assurer que le Québec ne retourne pas en austérité budgétaire », a-t-il déclaré tout de suite après son élection en promettant un « leadership fort » pour le « renouveau syndical », plus nécessaire que jamais.

          Pour sa part, Jean Lortie est syndiqué à la CSN depuis la fondation de son syndicat à l’Hôtel Gouverneur Place Dupuis Montréal, en 1981, et secrétaire général de la centrale depuis 2011. « Je veux développer une plus grande cohésion pour une plus grande cohérence dans notre action syndicale », a-t-il affirmé après la confirmation de son élection par acclamation.

          Le nouveau trésorier est Yvan Duceppe qui était trésorier de la Fédération des professionnèles (FP–CSN) depuis 2000. Il est comptable de profession et provient de MCE Conseils, où il a conseillé de nombreux syndicats dans leurs négociations et pour préserver des emplois. « Les ressources financières doivent être au service des combats syndicaux », a déclaré Yvan Duceppe au moment de son élection.

          Caroline Senneville a été reconduite à la première vice-présidence qu’elle occupait depuis le congrès de 2017. La vice-présidente a mentionné vouloir être près des membres qui sont la « raison d’être de la CSN ». Caroline Senneville veut également que le premier ministre Legault entende le message de la CSN concernant l’importance de « relever les secteurs publics ».

          David Bergeron-Cyr a pour sa part été élu comme deuxième vice-président de la CSN. Ce dernier quittera donc son poste de président de la Fédération du commerce (FC–CSN) qu’il occupait depuis 2009. « Il nous faut combattre l’apathie et le cynisme ambiants en redonnant du pouvoir aux travailleuses et aux travailleurs », a-t-il affirmé.

          Enfin, Katia Lelièvre a été élue troisième vice-présidente de la confédération. Elle était la présidente du Syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ–CSN. « Nous devons oser, innover, fracasser les barrières en faisant preuve de courage. Je propose de travailler avec toutes les composantes du mouvement afin d’établir des stratégies qui vont ébranler nos employeurs ainsi que les décideurs politiques », a affirmé la nouvelle vice-présidente.

          La CSN exige des modifications en profondeur pour vraiment protéger tout le monde

          Dans un mémoire étoffé, présenté en commission parlementaire cet après-midi, la CSN exige une bonification importante du projet de loi 59 du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet. « Ça fait des dizaines d’années que la CSN demande une nécessaire révision des vieilles lois en santé-sécurité. Au nom de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs québécois, nous n’avons pas le droit de rater ce rendez-vous et de bâcler la réforme », martèle d’emblée Jacques Létourneau, président de la CSN.

          La confédération reconnaît certaines avancées dans le texte déposé par le gouvernement de François Legault. Mais, elle dénonce aussi les importants reculs. « Au lieu d’étendre à tout le monde les succès enregistrés au fil des ans par les groupes prioritaires en matière de prévention — comme dans le secteur de l’industrie lourde —, le gouvernement coupe dans leurs droits. C’est reçu comme une gifle », s’indigne Jacques Létourneau. En effet, dans ces milieux, PL-59 réduira les pouvoirs et le temps alloué aux représentants à la prévention pour procéder aux inspections et aux enquêtes.

          En contrepartie, dans les milieux jugés à risque faible, comme l’éducation ou certains secteurs de la santé — majoritairement féminins — les minutes octroyées à la prévention seront nettement insuffisantes. La détermination des niveaux de risque doit d’être revue. « En ces temps de pandémie, qui au Québec croit sérieusement que celles et ceux qui accompagnent les jeunes dans nos écoles ou qui soignent les patients dans nos hôpitaux sont à risque faible? C’est absurde », selon M. Létourneau.

          L’épuisement professionnel : grand oublié de PL-59

          Si les risques psychosociaux et le stress post-traumatique sont enfin reconnus, le projet de loi ne va pas assez loin en matière de santé psychologique. Rien n’est prévu concernant le « mal du siècle » : l’épuisement professionnel. On sait que cette forme d’épuisement résulte souvent d’une organisation du travail déficiente ou de pratiques de gestion malsaines. Le gouvernement doit adapter sa réforme pour reconnaître cette réalité.

          Accroissement inquiétant des pouvoirs de la CNESST

          La CNESST disposerait d’un pouvoir réglementaire additionnel pour restreindre les soins et les moyens à déployer afin de permettre la réadaptation entière d’une ou d’un accidenté-e du travail. Cette mesure ouvre-t-elle la porte à la réalisation d’économies sur leur dos?

          Aussi, PL-59 apporte des changements qui affectent particulièrement le retrait préventif de la travailleuse enceinte ou qui allaite. Le gouvernement veut-il limiter la portée de cette avancée pour les femmes en restreignant les risques pour lesquels le retrait préventif serait applicable? Il faut rappeler que cette mesure permet de prendre acte des risques du milieu de travail et de s’y attaquer. Ce qui en fait une mesure de SST essentielle et non une mesure sociale, comme le prétendent certains employeurs.

          Mobilisation et campagne publicitaire

          La CSN et ses organisations affiliées partout au Québec réclament une bonification importante du PL-59. « Nos membres se mobilisent pour que le Québec cesse d’être dernier de classe en santé-sécurité au travail. La réforme aura un impact majeur sur la vie des travailleuses et des travailleurs. Le gouvernement serait irresponsable d’en oublier en chemin », conclut Jacques Létourneau.

          La CSN a créé le site SSTvraiment.org afin de vulgariser et d’expliquer comment la réforme du gouvernement doit être bonifiée afin de vraiment protéger tout le monde. Une vaste campagne publicitaire dans chaque région du Québec est également en cours afin de sensibiliser les travailleuses et les travailleurs québécois aux manquements de cette réforme.

          Les finances de la CSN résistent à la crise

          Malgré la crise sans précédent que nous vivons, la CSN a bien tenu le coup financièrement et les délégué-es réunis en congrès ont adopté le budget pour les années 2020-2023, le 20 janvier. Le nouveau budget a même permis d’adopter de nouvelles mesures de solidarité comme l’amélioration des prestations de grève ou de lock-out.

          « On pense que le nombre de membres va remonter, même si ce sera lent pour certains secteurs comme la culture ou le tourisme », explique Pierre Patry, trésorier de la CSN, en entrevue. Au plus fort de la crise, plusieurs milliers de membres ont perdu temporairement leur travail. La relance est cependant amorcée, mais le nombre de membres demeure en deçà de celui de février 2020.

          « C’est conjoncturel, ce n’est pas structurel », indique le trésorier en précisant que le déficit budgétaire sera tout de même « assez important » en raison principalement des effets temporaires de la COVID. La CSN a notamment mis en place une péréquation extraordinaire de 1 M$ pour ses fédérations plus lourdement affectées par la pandémie. Celle-ci s’ajoute à la péréquation habituelle calculée selon les règles établies.

          Rappelons que la cotisation à la CSN, qui représentent 0,72 % de la masse salariale brute, se divise en trois fonds distincts : le Fonds de défense professionnelle (FDP), le budget de fonctionnement (BF) et le Fonds de soutien extraordinaire (FSE). Pour l’ensemble de ces fonds, les revenus anticipés pour 2020-2023 sont de 260 M$.

          Un autre changement majeur va affecter le budget de la CSN : les modifications importantes pour bonifier les prestations de grève et de lock-out du Fonds de défense professionnelle (FDP). Le montant reçu passera de 275 $ à 300 $ par semaine et les grévistes auront droit à une prestation plus rapidement, après trois jours de conflit. Le montant reçu sera également majoré progressivement pour les longs conflits de travail, jusqu’à 400 $ par semaine après six mois. Cette bonification est rendue possible par la « très bonne santé » financière du FDP, qui dispose d’un actif de 74 M$, dont 41,25 M$ sont réservés pour rendre disponibles 150 000 prestations.

          Après plus de 16 ans en poste comme trésorier, Pierre Patry retient la nécessité de prendre du recul avant de prendre des décisions : « Les finances de la CSN sont très fluctuantes selon la conjoncture. Il faut lire les tendances et se placer dans une perspective historique. »

          L’envers du décor d’un congrès virtuel

          Nous sommes le 4 mars 2020. Les responsables des équipes de travail chargés de la préparation du 66e Congrès de la CSN en sont à leur quatrième rencontre avant l’ouverture de cette instance historique qui doit lancer les célébrations du 100e anniversaire de l’organisation. Le début du congrès est alors prévu pour le 25 mai. On sent la fébrilité dans l’air, avec la part de stress que l’organisation d’un tel rassemblement implique. Puis, à peine huit jours plus tard, le gouvernement de François Legault annonce les premières mesures de confinement en lien avec la pandémie de COVID-19 qui allait mener, quelques semaines plus tard, à la mise sur pause du Québec en entier.

          Pour Jean Lortie, secrétaire général de la CSN, c’est la catastrophe : « Tout le temps et les efforts que nous avions investis jusqu’ici pour préparer ce congrès historique venaient de tomber à l’eau, le temps d’une conférence de presse. Réservations de salles, préparation des contenus, impression des documents, communications avec les délégué-es, logistique, technique, etc. : tout venait de s’effondrer en l’espace de quelques minutes à peine. » Pour celui qui en est à l’organisation de son troisième congrès de la CSN, c’est tout un choc. « Personne n’avait vu venir ce coup-là. Il fallait se revirer de bord très rapidement. C’était un véritable saut dans l’inconnu. »

          Peu de temps après cette fameuse annonce du 12 mars 2020, le bureau confédéral confiait un mandat au comité exécutif de la CSN pour reporter le congrès à une date ultérieure, en rejetant l’idée de l’annuler complètement. Toutes les options ont alors été évaluées : tenir un congrès en présentiel à l’automne, opter pour un format exclusivement virtuel, imaginer une formule hybride, etc. Mais au rythme où évoluaient les choses, il était difficile de se faire une idée claire et d’arrêter une décision finale.

          S’adapter constamment
          Naviguant en terrain inconnu au beau milieu d’une crise sanitaire planétaire sans précédent, l’équipe responsable de préparer le congrès devait s’adapter constamment à l’évolution de la situation au Québec. « Il fallait tenir compte des décrets ministériels qui s’accumulaient et qui changeaient de semaine en semaine. C’était un véritable casse-tête, considérant tout ce que nous devions revoir et les impacts financiers et logistiques qu’un tel revirement engendrait », nous confie Marie Claude Hachey, responsable de la logistique du 66e congrès.

          Dans l’espoir d’un retour rapide à la normale, la possibilité de tenir un congrès à l’automne en présence demeurait encore malgré tout sur la table. Mais dès la fin du mois d’août, voyant qu’une deuxième vague de COVID-19 se profilait à l’horizon, le comité exécutif a finalement tranché en faveur de la tenue d’un congrès exclusivement virtuel dans la semaine du 18 janvier 2021. Le bureau confédéral lui a alors donné le mandat d’établir des paramètres de fonctionnement pour l’organisation et la tenue des instances démocratiques de la CSN en mode virtuel.

          Un imposant mémoire préparé par le secrétaire général et son équipe a ensuite été déposé lors d’un bureau confédéral extraordinaire en octobre 2020, expliquant toutes les modalités de la tenue du congrès en mode virtuel : le programme, l’interprétation des statuts et règlements, le mode de délibération, les procédures de vote, etc. « Il ne s’agissait pas de tout changer la marche à suivre, mais bien de l’adapter à la nouvelle réalité », explique Jean Lortie.

          Les défis et les contraintes d’un congrès virtuel
          Il va sans dire, l’organisation d’un premier congrès en format exclusivement virtuel pose des défis considérables, notamment en matière de sécurité et de protection de la vie privée, mais aussi sur le plan de la littératie numérique. « Comme c’était une première en mode virtuel, nous ne savions pas comment allaient réagir nos membres. Vont-ils accepter ce nouveau pacte que nous faisons avec eux par cette nouvelle formule ? » se questionne le secrétaire général.

          Conséquemment, plusieurs tutoriels ont été développés pour aiguiller tant les délégué-es officiels que les salarié-es dans l’utilisation des nouvelles plateformes numériques qui allaient être utilisées pour la tenue du congrès. Mais là encore, il y avait un enjeu d’accessibilité, tant au niveau de la connexion Internet que sur le plan des équipements informatiques. Afin de limiter la consommation de la bande passante pour les participantes et participants au congrès, il a été décidé de circonscrire les plages horaires du congrès à deux blocs de 2 h par jour qui se dérouleraient sur la plateforme Digicast développée par une entreprise 100 % québécoise qui répondait à tous les critères.

          Les défis étaient également nombreux sur le plan des contenus. « Malgré le fait que les thématiques initialement retenues entourant les transformations du travail étaient toujours d’actualité, le contexte de pandémie mondiale nous a vite rattrapés. Avec les impacts importants que cette crise a engendrés dans nos milieux de travail et dans notre quotidien, nous devions revoir nos priorités et retourner sur le terrain pour prendre le pouls de nos membres », explique Josée Lamoureux, responsable du contenu du 66e congrès.

          C’est ainsi qu’une tournée régionale virtuelle a été organisée aux mois d’octobre et novembre auprès de l’ensemble des syndicats de la CSN. Le constat flagrant qui en est ressorti est le suivant : les gens étaient débordés par la gestion des contraintes de la pandémie. Il a donc fallu rapidement ajuster le contenu du congrès en fonction des préoccupations des membres. « Mais le plus grand défi demeurait de réconcilier une forme minimale de débat et de prise de parole avec le format virtuel et la distance physique, ce qui a été fait grâce à l’organisation d’ateliers via la plateforme Zoom », poursuit Josée Lamoureux.

          Enfin, d’un point de vue logistique, là aussi, l’adaptation était de mise. « Par le passé, presque tout passait par le papier : les inscriptions, les invitations, les convocations, les lettres de créance, et j’en passe. Aujourd’hui, tout se fait de façon numérique, par courriel, ce qui impliquait un changement considérable dans nos manières de procéder », ajoute Marie Claude Hachey. Ses deux plus grands défis : l’inscription en ligne, plus spécifiquement l’obtention des adresses courriel uniques des délégué-es pour l’obtention des accès au vote électronique, ainsi que le choix de la plateforme virtuelle pour opérer un congrès avec assemblées délibérantes et un droit de vote distinct, ce que permettait Digicast.

          « Nous avons dû nous adjoindre les services techniques de deux autres compagnies québécoises afin de dynamiser ce congrès virtuel. Luc Bessette, qui pilote la technique avec brio, a réussi à trouver les meilleurs de l’industrie », ajoute Jean Lortie, en référant à Solotech et à Lambert Distributions, qui ont contribué à la mise en scène, à l’éclairage et à tout ce qui touche à la technique dans ce qu’on a appelé « le studio du congrès », et à Mathieu Bessette, intégrateur vidéo et opérateur Watch Out, qui a contribué notamment à la projection d’images et de vidéos sur les murs intérieurs de la CSN.

          En somme, c’est tout un défi qu’ont relevé les équipes responsables de concocter cette toute première édition d’un congrès virtuel. Mais malgré l’excellence du résultat dans les circonstances, toutes et tous s’accordent pour dire que rien ne remplace le contact humain propre au mouvement syndical. « Vous savez, ce sentiment qu’on ressent quand on entre dans une salle bondée, avec plus de 2000 délégué-es… On sent qu’on fait partie de quelque chose de plus grand que nous, qui nous dépasse. Donc c’est certain qu’avec le format virtuel, il y a une part de deuil que l’on vit, mais il faut se dire que c’est pour mieux se retrouver en personne, et ce, le plus tôt possible ! », conclut Jean Lortie.

          En route vers le FDP du centenaire !

          C’est avec grand enthousiasme que Pierre Patry, trésorier de la CSN, a présenté cet après-midi aux quelque 2000 congressistes les conclusions contenues dans le rapport du comité de révision des règles du Fonds de défense professionnelle (FDP) de la CSN, outil phare de solidarité créé il y a bientôt 70 ans.

          Ce comité, mis sur pied à l’issue du 65e congrès de la Confédération, avait pour mandat de renouveler les règles d’application du FDP afin qu’elles tiennent compte des nouvelles réalités du travail et des nouveaux types de conflits existants, en insistant sur des critères comme l’équité ainsi que l’accessibilité au Fonds, et ce, pour l’ensemble des membres de la CSN.

          C’est ainsi qu’après plus de 18 mois de travaux, le comité a déposé son rapport dans lequel sont formulées une vingtaine de recommandations. Quelques-unes d’entre elles concernent des modifications aux statuts et règlements du FDP par le congrès, alors que d’autres portent sur la révision ou l’adoption de nouvelles politiques par le bureau confédéral. D’autres encore concernent l’amélioration de certaines pratiques ou le développement de certains outils.

          Deux recommandations majeures
          De toutes ces recommandations, deux retiennent particulièrement l’attention : d’abord, la volonté de rehausser le montant des prestations de grève ou de lock-out de sorte qu’il passe de 275 $ à 300 $ par semaine d’ici 2023, en plus de bonifier ces prestations en fonction de la durée du conflit. Cette proposition est d’ailleurs intégrée dans les prévisions budgétaires sur lesquelles les délégué-es devront se prononcer demain après-midi lors de la présentation du budget pour l’exercice 2020-2023. La seconde vise à revoir les conditions d’acquisition du droit à une première prestation lorsqu’un conflit est déclenché de manière à en améliorer l’accessibilité.

          Proposition phare adoptée !
          C’est d’ailleurs cette seconde recommandation qui était au cœur de la proposition soumise cet après-midi par le comité précongrès aux délégué-es présents et qui a fait l’objet de nombreux échanges. À l’issue de ces discussions, les congressistes ont adopté à 96,2 % la proposition modifiant l’article 13 des statuts et règlements du FDP portant sur le droit aux prestations et établissant qu’une personne est désormais admissible au versement d’une première prestation hebdomadaire après le troisième jour ouvrable de conflit — plutôt qu’au huitième jour, comme c’était le cas jusqu’à ce jour. La proposition stipule également que le droit à cette prestation n’est plus tributaire d’autres sources de revenus au moment du déclenchement du conflit.

          Un gain majeur pour les travailleuses et les travailleurs
          Pour le trésorier de la CSN, il s’agit là d’un gain majeur qui répond aux nouvelles réalités du travail. « Ce qu’on a constaté au cours des dernières années, c’est qu’il y avait de plus en plus de conflits de travail de courte durée et qu’en raison du délai de carence de sept jours ouvrables qui était alors prévu, plusieurs membres se voyaient privés des prestations de grève ou de lock-out. En donnant maintenant accès à ces prestations dès la première semaine de conflit, on rend notre Fonds de défense professionnelle beaucoup plus accessible, et surtout, mieux adapté à la réalité du travail d’aujourd’hui, ce qui, en soi, constitue une belle victoire pour les travailleuses et les travailleurs que nous représentons », a déclaré Pierre Patry.

          Outre la diminution du délai de carence, le fait de ne plus tenir compte, désormais, des revenus d’autres sources au moment du déclenchement d’un conflit vient également témoigner de la volonté réelle de la CSN de s’adapter aux nouvelles réalités du travail. « Il fut un temps où les gens occupaient souvent le même emploi à temps complet, et ce, durant toute leur vie, alors qu’aujourd’hui, à l’ère de la précarité d’emploi, les personnes qui cumulent deux, parfois trois emplois, sont de plus en plus nombreuses. Cette réalité les restreignait dans l’accessibilité aux prestations de soutien du FDP, ce qui devait être corrigé », a-t-il poursuivi.

          Les délégué-es ont également voté en faveur d’une proposition de renvoyer au conseil confédéral la responsabilité de statuer sur les nouveaux textes des statuts et règlements du FDP, et ce, en conformité avec les orientations adoptées par le 66e Congrès.

          Le témoignage touchant d’un travailleur de Demix Béton Saint-Hubert
          Depuis 1952, les travailleuses et les travailleurs syndiqués à la CSN ont pu bénéficier du soutien du FDP dans leurs luttes pour améliorer leurs conditions de travail. Seulement dans le dernier mandat, ce sont près de 400 syndicats issus de tous les secteurs d’activité qui ont pu se prévaloir de ce soutien, que ce soit sous forme de prestations ou d’allocations de grève, d’achat de publicité, de soutien à la mobilisation ou encore de services juridiques.

          Il s’agit d’un outil indispensable de solidarité, comme en témoigne Martin Fournier, opérateur de bétonnière et membre du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Demix Béton de Saint-Hubert–CSN, qui a vécu à l’automne dernier, avec ses collègues de travail, un lock-out de plus de deux mois. « Honnêtement, une chance que le FDP était là. Les prestations qui nous ont été versées tout au long de notre conflit nous ont été franchement utiles. Si on n’avait pas pu bénéficier de ce montant-là, je ne suis pas certain que les membres auraient pris la décision d’aller en grève contre une compagnie de l’envergure de Demix. Lorsqu’on déclenche une grève, avec un lock-out de l’employeur par-dessus le marché, on ne sait pas combien de temps ça va durer. En ce sens, le soutien financier du FDP nous a réellement permis de nous battre et d’aller jusqu’au bout de nos convictions. C’est vraiment ce qui fait toute la différence et qui témoigne de la solidarité à la CSN », a déclaré M. Fournier.

          À l’aube du centenaire de la CSN
          À la veille du 100e anniversaire de la CSN, ces propositions et les importantes modifications à venir au cours des prochains mois viennent concrétiser le souhait de la CSN d’offrir à ses membres les outils les mieux adaptés à leur réalité en constante évolution. « Nous sommes appelés à continuer l’œuvre des syndicats qui ont mis sur pied le FDP afin qu’il incarne encore longtemps la solidarité́ telle que nous la concevons à la CSN. Et tout comme les militantes et les militants qui nous ont précédés, nous devons prendre grand soin de ce fonds propre à notre mouvement, ce joyau qui, une fois bonifié, deviendra pour les organisations affiliées et les syndiqué-es de la CSN, le FDP du centenaire ! », de conclure Pierre Patry.

          La santé et la sécurité toujours au cœur des préoccupations des membres

          Le thème de la santé et de la sécurité du travail s’est retrouvé une fois de plus au cœur des échanges qu’ont eus les quelque 2000 participantes et participants au congrès de la CSN qui, cet avant-midi, étaient réunis en ateliers virtuels pour discuter des quatre grandes orientations mises au jeu par le comité exécutif de la centrale.

          L’objectif de ces ateliers, qui fait suite à une consultation régionale des syndicats réalisée l’automne dernier, était de dégager des consensus autour des priorités à adopter lors de la mise en œuvre de ces quatre orientations au cours du prochain mandat.

          Secoués par une crise sanitaire sans précédent depuis bientôt un an, les congressistes ont réitéré de façon peu surprenante l’importance capitale de préserver et d’améliorer la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs dans leur quotidien. Parmi les enjeux abordés au cours des ateliers, on retrouve, entre autres, le déploiement des réseaux d’entraide, notamment en lien avec l’augmentation des problèmes de santé mentale et de détresse psychologique, le maintien et le respect des mesures sanitaires dans le contexte actuel de pandémie, la poursuite de l’offensive pour apporter des modifications au projet de loi n59 — qui vise à moderniser le régime québécois de santé et de sécurité du travail — ainsi que la prépondérance des revendications en matière de SST dans la négociation des conventions collectives.

          Plusieurs interventions concernaient l’importance de doter les travailleuses et les travailleurs d’équipements appropriés et ergonomiques, qui favorisent notamment une bonne posture, afin de maintenir la santé et la sécurité des membres dans un contexte de télétravail. Cette nécessité n’est pas toujours facile à mettre en œuvre, compte tenu de la résistance de certains employeurs et du manque de couverture de ces enjeux par bon nombre de conventions collectives.

          Pour une membre du syndicat des professionnel-les de la Capitale-Nationale, il s’agit là, effectivement, d’une nécessité. « Depuis le début de la pandémie, plusieurs membres nous ont fait part de problèmes musculo-squelettiques qu’ils ont développés en raison du télétravail. Ce devrait être une priorité, dans les circonstances actuelles, de tabler rapidement sur des mesures de SST à domicile ». Une autre déléguée, cette fois du syndicat du CIUSS de l’Est de Montréal, abonde dans le même sens : « Il faut que les syndicats puissent participer concrètement et rapidement à l’élaboration de politiques en matière de santé et de sécurité, en balisant notamment les temps de pause et en misant sur l’ergonomie des postes de travail. »

          D’autres, comme un membre du syndicat des travailleuses et des travailleurs de l’Estrimont, ont également insisté sur l’importance de mettre les meilleures ressources à la disposition des membres afin de contrer l’isolement et la détresse psychologique. « L’écoute, c’est ce qu’il y a de plus important. Ensuite, il faut savoir orienter les membres vers les bonnes ressources. Les conseils centraux de la CSN ont déjà les listes de ces ressources. C’est primordial pour développer des réseaux d’entraide efficaces. »

          Même son de cloche d’une représentante du syndicat du CISSS de Lanaudière : « La santé psychologique est devenue un véritable fléau et je ne sens pas que je suis très outillée pour appuyer les membres sur ce plan. Ça nous prendrait plus d’outils, plus de ressources pour les guider. Mon président a pris l’initiative de produire régulièrement des capsules vidéo pour tenter d’atteindre le plus de membres possible et de les tenir informés des derniers développements. Ça aide à baisser le stress. »

          Sans surprise, plusieurs interventions concernant la réforme du projet de loi n59 étaient au cœur des débats de la matinée, comme celle d’un représentant du Conseil central de la Montérégie selon lequel il faudrait insister, dans le projet de loi, pour augmenter le nombre d’inspecteurs à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). « Beaucoup de gens disent, à propos du PL59, que le système coûte trop cher, mais on apprend que les mesures ne sont pas respectées et que les inspecteurs ne peuvent pas faire leur travail. Oui, on veut que les balises soient meilleures et qu’on reconnaisse la santé psychologique, mais il faut aussi améliorer l’application des mesures, ce qui signifie des investissements pour embaucher plus d’inspecteurs à la CNESST. »

          Un autre membre, cette fois du syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ, a également affirmé qu’il y avait un problème d’équité à régler avec la réforme du projet de loi du ministre Boulet. « L’employeur semble toujours magasiner sa réponse entre la Santé publique et la CNESST, selon ce qui va lui coûter le moins cher. Finalement, ce sont les travailleuses et les travailleurs qui écopent. »

          En plus du thème de la santé et de la sécurité du travail, les délégué-es ont pu débattre en ateliers de vie syndicale et de mobilisation, de droits du travail ainsi que de relance post-COVID, qui constituent les trois autres grandes orientations soumises par le comité exécutif de la Confédération.

          Se frotter aux nouvelles réalités du travail

          Plusieurs constats se dégagent depuis les débuts de la COVID-19, mais pour une organisation syndicale comme la nôtre, il est impossible de passer à côté du fait que cette pandémie est venue complètement chambouler le monde du travail, surtout en ce qui a trait au du télétravail. Avant la pandémie, entre 10 % et 15 % de la main-d’œuvre avait recours au travail à domicile, mais avec les mesures de confinement, ce taux aurait bondi à plus de 40 %. Il s’agit ainsi d’un changement d’une ampleur que nous n’avons jamais vue dans l’histoire du travail et qui impose à son tour tout un lot de nouveaux défis pour les travailleuses et les travailleurs de notre mouvement.

          Bien que le travail à domicile vienne avec certains avantages, il peut aussi être synonyme d’isolement, d’augmentation des heures de travail, d’alourdissement des tâches, des troubles musculosquelettiques, de difficulté à séparer le travail de la vie personnelle et d’atteinte au droit à la vie privée.

          À ce titre, le comité de coordination générale de négociation a produit un guide de négociation sur le télétravail. Et à entendre les participantes et participants du
          66e Congrès de la CSN lors des ateliers sur les orientations du mouvement, ce guide risque d’être fort utile pour aider les syndicats à se négocier de bonnes conditions de télétravail.

          Lors de ces échanges, plusieurs militantes et militants ont souligner l’importance de négocier des lettres d’entente pour baliser le télétravail et de lutter contre des politiques unilatérales imposées par les employeurs. Ces politiques ont comme effet de démobiliser les membres et de réduire la représentation syndicale. Il faut effectivement veiller à ce que les travailleuses et travailleurs ne consentent pas à n’importe quoi dans le but d’accepter le télétravail. Un consensus s’est notamment dégagé sur l’importance de bloquer les efforts des employeurs de réduire leurs coûts de fonctionnement en s’appuyant sur les économies engendrées par le télétravail. S’il doit y en avoir, des économies, celles-ci devront servir avant tout à améliorer les salaires et les conditions de travail.

          Le cadre légal
          En accentuant la fragmentation des lieux de travail, le télétravail pose d’importants défis de mobilisation, d’exercice du droit de grève ou de possibilités de syndicalisation.

          Au cours du dernier mandat, plusieurs lois ou programmes touchant le travail ont été modifiés. Mentionnons, entre autres, la Loi sur les normes du travail (2018), la Loi sur l’équité salariale (2019), le Code du travail en lien avec les services essentiels dans les services publics (2019), le Régime québécois d’assurance parentale (2020), la Loi sur les régimes complémentaires de retraite (2020), le Code canadien du travail (2019), etc.

          À chaque occasion, la CSN a fait entendre sa voix. Certains des changements vont dans le sens de nos revendications. Cela dit, trop de personnes restent mal protégées, notamment les travailleuses et les travailleurs autonomes.

          La solidarité : un attrait incontournable pour la syndicalisation
          Les défis du monde du travail exigent la présence d’organisations syndicales fortes. Sans organisation syndicale, il ne reste que les gouvernements ou le rapport de force individuel.

          Il faut reconnaître que les nouvelles réalités du travail et de l’emploi ne facilitent pas la syndicalisation, du moins pas dans sa forme traditionnelle. La diversité des relations d’emploi, la diminution de la taille des entreprises, l’éclatement des collectifs de salarié-es, tant sur le plan du lieu de travail que sur celui des horaires, sont autant de défis avec lesquels il faut composer.

          D’ailleurs, les congressistes ont applaudi les efforts récemment déployés par la Fédération du commerce (FC–CSN) et la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) afin de bâtir un modèle de syndicalisme permettant de regrouper plusieurs salarié-es travaillant pour différents employeurs au sein du même syndicat. Un modèle inspirant qui a même inspiré une déléguée provenant de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine à évoquer la possibilité de l’appliquer aux travailleuses et aux travailleurs des petites municipalités des régions éloignées.

          Pour plusieurs congressistes, la solidarité doit être au cœur de nos efforts de syndicalisation. Plus les membres s’appuient dans leurs luttes respectives, plus les gens verront l’importance d’appartenir à un grand mouvement qui se tient ensemble, toutes régions et tous secteurs confondus. Parce qu’au fond, la solidarité, ce n’est pas que mobilisant, c’est aussi très rassurant. Et les gens ont besoin d’être rassurés ces jours-ci.

          En fin de compte, bien que les obstacles à la syndicalisation soient nombreux, ils ne sont pas insurmontables. Ils doivent nous pousser à redoubler d’efforts et à innover. Les participantes et participants au 66e Congrès de la CSN semblent très prêts à relever le défi.

          Éviter la crise après la crise

          La crise sanitaire entourant la pandémie de COVID-19, qui a pris d’assaut notre monde et bouleversé l’ordre normal des choses, est omniprésente dans les discussions ayant cours à ce 66e Congrès de la CSN, et pour cause. L’ampleur de ses dégâts et les moyens à mettre en place pour y pallier ne pouvaient être pleinement anticipés. Or, si la crise a pris tout le monde par surprise, l’après-crise peut et doit être planifié et préparé.

          Logiquement ciblée comme l’une des quatre grandes thématiques proposées par le comité exécutif pour encadrer les débats au cours du congrès, la relance post-COVID a suscité des échanges passionnés et productifs parmi les quelque 2000 participantes et participants aux ateliers de mardi matin.

          Non à l’austérité
          L’inquiétude était palpable parmi les intervenants. La grande majorité des congressistes craignent de voir nos gouvernements, endettés après avoir mis en place de nombreuses mesures d’urgence nécessaires pour faire face à la crise, effectuer un retour vers des politiques d’austérité afin de renouer avec l’équilibre budgétaire le plus tôt possible. La nécessité de contrer cette tendance et de militer pour un réinvestissement dans les services publics faisait l’unanimité.

          « C’est comme un cercle vicieux, a expliqué une employé-e de soutien du cégep de Drummondville. On coupe dans les services publics, ce qui fait en sorte qu’on presse le citron et les conditions deviennent moins attrayantes. Ce faisant, on a du mal à attirer et à retenir la main-d’œuvre, ce qui fait qu’on manque de personnel, et donc qu’on doit couper encore dans les services. »

          Soulignant les coupes considérables déjà faites avant la crise par le gouvernement du Québec dans le financement des centres et des organismes communautaires, une militante des Laurentides s’inquiétait particulièrement du sort des personnes les plus vulnérables de notre société, notamment les femmes victimes de violence.

          Une autre, œuvrant dans le domaine de la santé et des services sociaux, a pris en exemple la situation du réseau des services de garde, lequel a été déserté par un grand nombre de travailleuses en raison de ses piètres conditions de travail. « Pour que les femmes travaillent, il faut qu’elles aient accès à des services de garde de qualité, a-t-elle expliqué. On va se réveiller demain matin et il va y avoir un manque de places pour les enfants dans les services de garde. Encore une fois, ce seront les femmes qui en paieront le prix. »

          Un chargé de cours de l’Université Laval a, quant à lui, tenu à souligner que le ratio dette/PIB au Québec et au Canada était loin d’être dans un état critique et que les gouvernements ont toute la marge de manœuvre nécessaire pour passer à travers la crise sans avoir à sabrer dans les services ensuite.

          Oui à une transition juste…
          Plusieurs délégué-es participant au dialogue ont également tenu à insister sur la nécessité de saisir l’occasion sans précédent dont bénéficient les gouvernements en ce moment pour opérer une transition juste vers une économie durable. Certains ont proposé de rendre l’accès aux programmes d’aide publique pour les entreprises conditionnel à l’adoption de mesures visant à diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

          « Les enjeux environnementaux devront absolument faire partie d’une relance post-COVID, a tonné un enseignant. C’est primordial et incontournable en 2021. »

          « C’est une occasion en or, s’est exclamé un militant de Joliette. Tant qu’à faire une relance, aussi bien en profiter pour bâtir une économie durable, créer des emplois verts et changer complètement le visage du Québec sur le plan environnemental. »

          … partout !
          Si toutes et tous se sont entendus pour dire qu’un retour au mode présentiel était souhaitable le plus tôt possible, plusieurs ont toutefois manifesté la volonté que certaines des nouvelles méthodes mises en place pendant la crise perdurent après celle-ci.

          Le mode virtuel comporte des avantages que certains congressistes n’ont pas hésité à mentionner. « La pandémie nous a fait accélérer l’utilisation de ces outils et je crois que ça va durer, a souligné une élue d’un conseil central. Plusieurs régions couvrent des territoires qui sont immenses et le recours au mode virtuel a facilité la participation de membres et de syndicats que l’on voyait rarement auparavant. »

          Le caractère inéquitable de ce mode de communication a toutefois été relevé à de maintes reprises au cours des échanges, l’accès à un service Internet à haute vitesse étant souvent très dispendieux, voire carrément inaccessible dans certaines régions plus éloignées. Un grand nombre de participantes et de participants ont donc exprimé le souhait que la CSN fasse pression sur les gouvernements afin que l’ensemble de la population puisse accéder à un service Internet abordable et efficace.

          Une travailleuse de l’aide juridique dans le Bas-St-Laurent a fait un plaidoyer particulièrement éloquent à ce sujet. « C’est aussi une question d’accès à la justice. Les tribunaux nous imposent de travailler avec des plateformes de visioconférence. Il faut qu’on ait les moyens de se faire entendre. Je ne veux plus jamais voir des parents devoir contester le placement de leur enfant en famille d’accueil par téléphone ! », a-t-elle conclu.

          Trouver un équilibre entre le virtuel et le présentiel

          Réussir à maintenir une vie syndicale active représente depuis toujours un défi majeur pour les organisations syndicales. Malheureusement, le contexte particulier de pandémie, avec son lot d’interdictions et de mesures sanitaires, est venu complexifier davantage la réalisation de ce défi. Comment maintenir une mobilisation active de nos membres en ces temps si particuliers ? Les nouvelles technologies sont-elles un frein à notre vie syndicale ou plutôt une occasion à saisir ?

          Pour la plupart des participantes et des participants aux ateliers, les nouvelles technologies (plateformes de réunions virtuelles, réseaux sociaux, etc.) sont une occasion à saisir. Pour certains, il était même temps que la CSN s’ouvre à ces nouvelles façons de faire. « Cela permet une plus grande participation aux instances, notamment pour les pères ou les mères monoparentales qui ne pouvaient se déplacer », explique un travailleur du secteur privé. De plus, nombreux ont dit souhaiter recevoir du soutien de la CSN en matière de nouvelles technologies. « Ça va prendre de la formation pour nous aider à gérer adéquatement ces technologies. On sait que c’est une solution qu’il faut mettre de l’avant, mais on va devoir être appuyés, tant technologiquement qu’en ce qui concerne les stratégies à adopter afin d’éviter que ça dérape. »

          Concilier deux réalités
          Un membre travaillant dans le milieu de la santé explique qu’il faudra éviter toutefois de privilégier un groupe plutôt qu’un autre. « J’ai des jeunes qui sont à l’aise avec la technologie, alors que les plus anciens ne sont pas au même niveau. Je dois m’assurer que tous y trouvent leur compte », relate le représentant syndical. De plus, la question de l’accessibilité aux technologies représente un défi pour plusieurs membres. « Certains n’ont pas d’ordinateur, ou pas d’accès à Internet haute vitesse, ou même à Internet tout court. »

          Pouvoir décrocher
          Même si plusieurs voient d’un bon œil l’utilisation de ces outils, ils sont tout de même conscients des désavantages qu’elle comporte. « On s’est rendu compte que le travail à distance, notamment la gestion des réseaux sociaux, ça épuise. La déconnexion est de plus en plus difficile et cela a un impact sur la santé psychologique. Notre comité exécutif s’est penché sur la question, et il est primordial de s’en occuper. La CSN devra aussi outiller les syndicats là-dessus », note pour sa part une présidente de syndicat.

          Vie syndicale sur le terrain
          Pour certains, même s’il est dorénavant impossible de faire fi des technologies nouvelles, la présence sur le terrain demeure primordiale. « Il ne faudrait pas négliger le travail terrain auprès des membres des syndicats, car la technologie ne pourra jamais remplacer le contact humain. » Il faudrait pouvoir trouver une solution hybride. Un équilibre entre le présentiel et le virtuel.

          D’autres ont témoigné par contre de la difficulté à maintenir une vie syndicale active sur le terrain, car l’accessibilité aux budgets de mobilisation demeure difficile. « Il faudrait tenter d’assouplir les règles pour obtenir plus aisément de l’aide financière afin d’aller voir notre monde. C’est particulièrement difficile sur de grands territoires », note un représentant syndical du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

          Finalement, certains ont souligné l’importance de publiciser ce qui se passe dans la grande CSN. « La vie syndicale, la compréhension du rôle des syndicats et l’importance de l’implication de nos membres sont des enjeux quotidiens. Il faut qu’on puisse savoir quelles sont les luttes en cours, quels sont les conflits, mais aussi les réussites. C’est comme ça qu’on va développer un sentiment d’appartenance et faire la démonstration que la mobilisation, c’est payant. »

          Entraide et solidarité au cœur du mouvement, aujourd’hui comme hier

          Le président de la CSN a commencé son discours d’ouverture du congrès en recensant l’ensemble des difficultés que la crise sanitaire — et économique — a engendrées pour les syndicats affiliés, les militantes et les militants, les membres et les personnes les plus vulnérables de notre société. Il a ensuite expliqué comment la pandémie a mis au grand jour les failles de notre système, notamment le sous-financement des milieux de vie de nos aîné-es, la surcentralisation de notre système de santé et la rareté de la main-d’œuvre dans le secteur public.

          Selon M. Létourneau, cette situation sans précédent nous permet toutefois de constater une fois de plus toute la pertinence et l’importance du mouvement syndical, quoi qu’en disent ses détracteurs. Qu’il s’agisse de sécuriser les milieux de travail, d’accompagner les membres vers les mesures d’urgence mises en place par les gouvernements, ou d’interpeller les décideurs sur des problèmes criants à corriger, il était visiblement fier du travail accompli par l’ensemble du mouvement.

          « Depuis bientôt un an, il n’y a pas eu une seule journée où je n’ai pas été aux premières loges de la combativité, du courage et de la résilience démontrés par les syndicats de la CSN dans les pires moments de l’histoire contemporaine du Québec, a-t-il affirmé. Au cours des derniers mois, c’est vous qui avez fait la meilleure démonstration de ce que ça veut dire, être ensemble pour chacun, et il n’y a pas meilleure démonstration des valeurs d’entraide et de solidarité qui animaient nos semblables au début du 20e siècle, au moment de la fondation de la CSN. »

          Regard sur le travail accompli
          Celui qui est président de la CSN depuis 2012 a par la suite passé en revue le travail effectué depuis le dernier congrès par la CSN, ses organisations affiliées ainsi que ses membres pour faire avancer les droits des travailleuses et des travailleurs et les causes politiques qui leur sont chères : transition énergétique juste, réforme du mode de scrutin, droits des autochtones, lutte contre le racisme systémique, équité salariale, réforme de l’assurance-emploi, salaire minimum à 15 $ l’heure, etc. Tout y est passé, y compris la lutte contre le harcèlement sexuel.

          Le moment le plus touchant de l’allocution est d’ailleurs survenu lorsque M. Létourneau a tenu à souligner le courage d’Annick Charrette, militante de la CSN, « qui nous a révélé la plus belle victoire dans la plus cruelle des défaites. Un exercice fort intime et difficile pour toi, mais combien libérateur pour nombre de femmes et d’opprimé-es, souvent seuls dans leur silence. Je ne peux, Annick, que t’en remercier personnellement. »

          Introspection nécessaire
          S’il est évident que la pandémie entraîne de nombreux obstacles à la conduite de la majorité des activités syndicales, il n’en reste pas moins que certaines nouvelles façons de faire vont certainement perdurer au-delà de la crise, selon Jacques Létourneau.

          « Vous avez été nombreux à nous signaler que la COVID-19 a eu raison des résistances que nous avions par rapport au mode virtuel comme mode de fonctionnement démocratique. Vous avez également été nombreux à nous indiquer que malgré les embûches, un retour en arrière ne sera plus possible. Que de nouveaux visages et de nouvelles voix se font entendre dans nos assemblées », a-t-il dit aux quelque 2000 participantes et participants avant de préciser que les syndicats doivent être appuyés et outillés afin de pouvoir maintenir une vie syndicale saine, même en temps de crise.

          Ce sont d’ailleurs ces contraintes inhérentes à l’organisation d’une instance en mode virtuel qui a poussé le comité précongrès à effectuer un exercice de priorisation et à concentrer les propositions qui seront débattues autour de quatre grands thèmes, soit la santé et la sécurité des membres et des équipes syndicales, la vie syndicale et la mobilisation, les droits du travail et la relance post-covid.

          Des défis pour le Québec
          Par la suite, le président a tenu à esquisser le tableau des moments charnières qui surviendront au cours des prochains mois pour la CSN et pour tout le mouvement syndical ainsi que pour l’ensemble du Québec.

          Il a d’abord formulé le vœu que le gouvernement du Québec propose un plan de relance en bonne et due forme et qu’il cesse « de nous présenter une série de micromesures éparpillées. » Puis, désignant le prochain budget provincial comme un autre moment déterminant, il a invité le gouvernement caquiste à se débarrasser de la « politique d’austérité permanente » qui règne depuis 25 ans et qui « constitue un frein important à notre relance économique et sociale. »

          La réforme des lois en matière de santé et de sécurité au travail et la négociation du secteur public ont également été énumérées au chapitre des moments importants pour la CSN.

          Irrité par l’attitude de François Legault qui modifie « unilatéralement les conditions de travail [des] membres » et qui « alimente la division », Jacques Létourneau a d’ailleurs conclu en indiquant au premier ministre la marche à suivre pour améliorer les services publics.

          « François Legault doit comprendre qu’il n’y a pas douze mille chemins à prendre pour régler les problèmes d’attraction et de rétention de cette main-d’œuvre qui fait cruellement défaut aujourd’hui dans nos services publics : améliorer de façon importante les conditions salariales, particulièrement pour les bas salarié-es ; réduire les charges de travail et améliorer les conditions dans lesquelles nous exerçons nos professions. Et ça, c’est aux tables de négociation que ça doit se passer. Pas au détour d’une conférence de presse. »

          Le 66e Congrès de la CSN est lancé !

          Le 66e Congrès de la CSN, qui réunit jusqu’à jeudi 2000 participantes et participants provenant de plus de 400 syndicats, a été lancé ce matin en mode virtuel. Ce 66e Congrès, qui devait avoir lieu à Québec en mai dernier, marque d’une façon bien particulière le 100e anniversaire de la première centrale syndicale québécoise, fondée en 1921.

          Les délégué-es réunis auront la semaine pour se pencher sur les orientations du prochain mandat de la CSN, pour se prononcer sur une proposition visant à bonifier son Fonds de défense professionnelle et pour procéder à l’élection des membres du comité exécutif de la centrale, dont le résultat sera connu jeudi.

          Le président de la CSN, Jacques Létourneau, a ouvert le congrès en rendant hommage au travail remarquable des militantes et des militants syndicaux depuis le début de la pandémie. « Rarement, dans notre histoire, les syndicats de la CSN auront été aussi proches des valeurs d’entraide et de solidarité qui ont marqué l’ensemble des combats que nous avons menés depuis maintenant 100 ans », a-t-il déclaré.

          Soulignant « l’extrême pression entraînée par l’hécatombe de nos services publics » sur les salarié-es de l’État, le président de la CSN a rappelé au gouvernement Legault que « toute relance économique et sociale doit pouvoir s’appuyer sur la consolidation de nos services publics. La crise du personnel du réseau de la santé, qui amplifie le délestage actuel, démontre à quel point il est nécessaire d’améliorer les conditions de travail dans le secteur public. Pour ce faire, le gouvernement doit se libérer du dogme des versements au Fonds des générations et d’un retour trop rapide à l’équilibre budgétaire en vue du prochain budget du Québec. »

          Au cœur des orientations soumises aux congressistes figurent la santé et la sécurité au travail, la vie syndicale et la mobilisation, les droits du travail et la relance économique et sociale post-covid. Les délégué-es devront également adopter une proposition budgétaire pour l’exercice du prochain mandat de la CSN. Le 66e Congrès prendra fin jeudi avec l’installation des dirigeantes et dirigeants du comité exécutif de la CSN.

          Santé et sécurité au travail, secteur public et relance économique au cœur des priorités syndicales

          Alors que les impacts de la pandémie continuent à frapper de nombreux milieux de travail, la CSN cible trois chantiers majeurs pour 2021, une année qui marque le centième anniversaire de la fondation de la centrale syndicale : la santé et la sécurité au travail, les négociations du secteur public et la relance économique et sociale du Québec.

          C’est la semaine prochaine que commenceront les travaux parlementaires entourant le projet de loi 59 visant à réformer les lois en matière de santé et de sécurité au travail. Pour la CSN, les reculs que subiraient certains secteurs portent malheureusement ombrage aux avancées dont pourraient bénéficier d’autres milieux de travail.

          « Les mesures particulières dont bénéficiaient les secteurs prioritaires, notamment l’industrie lourde, ont démontré toute leur utilité au cours des trente dernières années, notamment au vu de la baisse importante d’accidents et de décès au travail, rappelle le président de la CSN, Jacques Létourneau. Il est inconcevable que le gouvernement puisse préconiser un retour en arrière, notamment en voulant réduire le temps alloué aux représentantes et aux représentants à la prévention pour qu’ils puissent faire leur travail. »

          Pour le président de la CSN, le projet de loi doit être bonifié afin que soient reconnus les problèmes de santé mentale, notamment en matière d’épuisement professionnel. Les niveaux de risque associé aux différents secteurs d’emploi doivent également être revus. « Le réseau de la santé et des services sociaux est le secteur d’où provient le plus grand nombre de réclamations à la CNESST. C’était vrai avant la pandémie, ce l’est encore plus aujourd’hui. Que le gouvernement puisse considérer ce secteur comme étant à faible risque relève d’un raisonnement qui nous sidère, mais nous croyons que ces incohérences pourront être corrigées en commission parlementaire », déclare Jacques Létourneau.

          Le président de la CSN demande par ailleurs au gouvernement et aux employeurs de renforcer les mesures de prévention afin de sécuriser les milieux de travail qui demeurent opérationnels malgré les mesures de confinement mises en place depuis les Fêtes.

          Urgence d’agir pour les services publics
          La CSN déplore que le premier ministre François Legault, après en avoir appelé à un règlement rapide des négociations du secteur public en avril dernier, ait modifié unilatéralement les conditions de travail du secteur public. À cette fin, il a multiplié les arrêtés ministériels pour ensuite se désintéresser complètement du renouvellement des conventions collectives des travailleuses et des travailleurs œuvrant dans les réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et des organismes gouvernementaux.

          « On va se le dire clairement : c’est le point mort aux tables de négociation, signale le président de la CSN. À ce sujet, la pandémie ne peut tout excuser, surtout pas la lenteur du gouvernement à octroyer les mandats nécessaires à ses équipes de négociation pour régler des conventions collectives échues depuis bientôt un an. Si la pandémie a bien démontré une chose, après tant d’années de compressions et de sous-financement de nos services publics, c’est bien l’urgence d’améliorer les conditions de travail des employé-es de l’État et d’augmenter les salaires, particulièrement pour les bas salarié-es. La situation dans le réseau de la santé est tout à fait déplorable. Mais on sait très bien que le délestage actuel ne serait pas aussi catastrophique si nos services publics n’étaient pas aux prises avec les problèmes criants de rareté de main-d’œuvre, principalement occasionnés par des décennies de négligence gouvernementale. »

          L’ensemble des syndicats du secteur public de la CSN, qui représentent plus de 160 000 salarié-es de l’État, se réuniront les 28 et 29 janvier prochains avant de consulter ceux-ci sur une amplification des moyens de pression incluant le recours possible à la grève.

          Relance économique et sociale
          Enfin, le président de la CSN réitère, une fois de plus, son appel au premier ministre à mettre en place les mécanismes de dialogue social visant à poser collectivement les bases de la relance sociale et économique du Québec.

          « Le premier ministre annonce depuis des mois un plan de relance pour le Québec. Pour l’instant, nous n’avons eu droit qu’à une série de mesures d’urgence, mais rien de structurant pour l’économie et l’emploi », souligne Jacques Létourneau.

          Le salaire minimum, qui ne sera haussé qu’à 13,50 $ l’heure en mai prochain, demeure un véritable frein pour l’économie du Québec tout en gardant des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs du Québec dans la pauvreté. «L’une des choses que la pandémie a bien mises en relief, c’est à quel point nos vies dépendent de travailleuses et de travailleurs essentiels qui vivent dans des conditions totalement déplorables. Le salaire minimum doit être haussé à 15 $ l’heure. Comme société, nous partageons collectivement cette obligation », de déclarer M. Létourneau.

          En vue du prochain budget du Québec, la CSN demande au gouvernement de revoir sa stratégie budgétaire, adoptée il y a plus de vingt ans. « Le Québec doit suspendre ses versements au Fonds des générations et abandonner cette stratégie de gestion de la dette. L’ensemble des revenus du gouvernement doit pouvoir être consacré aux budgets de nos services publics, notamment en santé et en éducation, en fonction des problèmes ahurissants auxquels nous faisons face actuellement. »

          Un 66e congrès en mode virtuel la semaine prochaine
          Reporté en raison de la pandémie alors qu’il devait se dérouler au printemps dernier, le 66e Congrès de la CSN aura lieu du 18 au 21 janvier en mode totalement virtuel. Environ 2000 participantes et participants y sont attendus. Les délégué-es se pencheront sur les orientations du prochain mandat de la centrale syndicale et procéderont à l’élection des membres du comité exécutif de la CSN, dont le résultat sera connu jeudi prochain.

          Les femmes veulent être écoutées… et entendues

          Le Collectif 8 mars dévoile aujourd’hui le slogan et le visuel de la Journée internationale des droits des femmes 2021 qui se déroulera sur le thème Écoutons les femmes. Cette édition sera bien évidemment marquée par la crise du coronavirus qui se poursuit et qui vient intensifier les diverses formes de discriminations commises à leur endroit.

          En effet, depuis près d’un an, les conditions de vie et de travail des femmes se détériorent à vue d’œil, et ces dernières en paient un lourd tribut : plus grandes pertes d’emploi et de revenus, escalade de la gravité de la violence conjugale, augmentation du travail invisible (charge mentale, soins aux enfants, aux aîné-es et aux personnes vulnérables, travaux domestiques, etc.), surexposition au risque de contamination, etc.

          Comme les femmes composent la majeure partie du personnel de la santé et des services sociaux, du réseau de l’éducation, des services de garde éducatifs à l’enfance ainsi que du secteur du commerce de détail, elles ont été et sont encore sur la ligne de front. Les conséquences de la pandémie se sont donc avérées particulièrement éprouvantes pour elles. Nombreuses ont été les organisations — et au nombre de celles-ci la CSN — à exiger que le gouvernement mette enfin en pratique l’analyse différenciée selon les sexes en tenant compte des impacts de son projet de relance économique sur les femmes.

          Le slogan Écoutons les femmes vise à mettre en lumière la nécessité d’agir pour une égalité durable : les femmes veulent des mesures concrètes et structurantes pour combattre la pauvreté et la violence qu’elles subissent.

          Écoutons les femmes pour une société plus verte, plus juste et plus inclusive !

          Voir et télécharger tous les outils de visibilité du 8 mars 2021

          Des milliers de travailleurs mettent leur santé à risque, pendant que les employeurs regardent ailleurs et encaissent les profits.

          « Comment les employeurs peuvent-ils ne pas reconnaître que leurs travailleuses et travailleurs mettent leur santé à risque et continuer à leur refuser des primes COVID-19 pourtant largement justifiées? »

           Pour le président de la Fédération du commerce (FC–CSN), David Bergeron-Cyr, les propriétaires de commerces jugés essentiels doivent agir. Alors qu’encore une fois les employé-es de ces industries seront au front au cours des prochaines semaines pour fournir aux Québécois ce dont ils ont besoin, les employeurs s’obstinent à faire la sourde oreille. « Le scénario est exactement le même qu’au printemps; le danger est le même, le nombre de cas est en explosion, le confinement est pratiquement total. Même les profits sont encore au rendez-vous. Pourtant, un seul joueur est absent : la prime. C’est rire du monde », déplore Bergeron-Cyr. 

           

          Trois demandes pourtant simples

          La Fédération du commerce, qui représente des milliers de travailleurs essentiels dans la transformation alimentaire, les entrepôts, les magasins d’alimentation, pharmacies et quincailleries, formule trois demandes simples. « Nous revendiquons le retour des primes COVID-19 telles que versées au printemps dernier. Nous réclamons le maintien et le renforcement, là où c’est nécessaire, des mesures de protections sanitaires et finalement, nous exigeons que les travailleurs qui doivent s’isoler en attendant les résultats de tests soient rémunérés », explique le président de la fédération.

          Tous les employeurs, qu’ils soient dans les grands centres ou dans les régions, dans la transformation des viandes ou dans les commerces de détail, doivent cesser de jouer à l’autruche. « Nous rappelons qu’un décès est survenu cet automne à l’usine Olymel de Vallée-Jonction. Qu’est-ce que ça leur prend de plus comme preuve que c’est dangereux? », conclut David Bergeron-Cyr.

           

           

          Fermeture du programme Techniques de bureautique : des femmes et des entreprises pénalisées.

          La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) est choquée de voir que le ministère de l’Enseignement supérieur (MES) envisage toujours d’abolir le programme Techniques de bureautique dans les cégeps du Québec, et ce, après avoir dit montrer de l’ouverture à une réévaluation de la situation. Avec un taux de placement des finissantes et finissants qui frôle les 100 %, aucun argument probant ne soutient une décision aussi radicale alors que les employeurs s’arrachent les diplômé-es compte tenu du niveau de compétence élevé qui les distingue.

          La FNEEQ trouve particulièrement inquiétant de voir que le MES songe à la fermeture d’un programme dont la pertinence demeure, sans même avoir cherché à le mettre à jour depuis 1999. Heureusement, les enseignantes et les enseignants n’ont pas attendu le ministère pour adapter le contenu des cours afin que les connaissances soient toujours en harmonie avec les besoins des milieux de travail. En effet, les personnes détentrices d’un diplôme d’études collégiales (DEC) en Bureautique accomplissent des tâches administratives qui touchent tant la gestion que la communication ou la technologie et qui requièrent une grande autonomie de même qu’un jugement critique et éthique bien développé.

          D’ailleurs, en février 2018, le Palmarès des carrières plaçait pourtant le poste de « secrétaire de direction », au troisième rang de son Top 3 des professions les plus prometteuses pour les diplômé-es du collégial. « Nous sommes particulièrement préoccupé-es par une fermeture qui limiterait une vaste majorité de femmes sur le plan professionnel puisque 90 % de l’effectif étudiant est féminin. Les candidates potentielles n’auraient d’autre choix que de se tourner vers le diplôme d’études professionnelles (DEP) du secondaire, qui les limiterait tant sur le plan de l’avancement professionnel que sur celui du salaire », précise Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQ–CSN.

          « Les enseignantes et les enseignants font valoir depuis plusieurs années la nécessaire mise à jour du titre du programme et de ses voies de spécialisation pour les rendre plus attrayants et plus représentatifs des perspectives de carrière qu’offre véritablement le programme : pourquoi le MES n’envisage-t-il pas cette solution d’une simplicité frappante? Abandonner une mauvaise idée ne constitue jamais un aveu de faiblesse », affirme Yves de Repentigny, vice-président responsable du regroupement cégep de la FNEEQ–CSN.

          La Fédération a réuni, les 15 et 16 octobre derniers, des professeur-es de Techniques de bureautique des 15 syndicats affiliés dont le collège qui offre le programme pour dégager des pistes de solutions afin d’en assurer l’avenir. Unanimement, celles-ci et ceux-ci lancent un appel au ministère afin qu’il s’engage plutôt sur la voie logique d’une révision en profondeur de la formation. Toutes et tous se disent prêts à y participer en grand nombre.

           

           

          Pas juste un mal de dos

          Impossible d’oublier le vendredi 13 mars 2020. Le cauchemar appelé COVID venait chambouler notre société et forcer, notamment, la fermeture de nos établissements d’enseignement.

          Habitués de bouger en classe, combien d’enseignantes et d’enseignants se sont aménagé un bureau de fortune sur la table de cuisine, étant désormais vissés devant leur écran pour une période indéterminée ? Et sont apparus ou se sont aggravés, notamment, les maux de dos, les migraines et les sécheresses oculaires.

          Carol-Anne Gauthier, enseignante au collège Champlain dans la région de Québec, en témoigne. « Malgré mes connaissances de base en ergonomie et mon portable surélevé, après quelques semaines, mon dos commençait à faire mal. Au printemps, je me suis acheté une chaise et un second écran qui m’ont coûté 700 $. »

          Outre le fait qu’elle a pigé dans son porte-feuilles, ce qui lui a fait bien plus mal, c’est la surcharge de travail qui prend des proportions démesurées au fur et à mesure que les mois passent. La fatigue s’installe. La fatigue plombe le moral.

          « Mes collègues et moi, on doit travailler en double depuis l’enseignement en ligne. » N’importe quel pédagogue sait qu’il faut repenser les cours, les évaluations et les stratégies d’enseignement, pour communiquer via une plateforme de communication web, souvent instable. Ça représente un travail colossal d’adaptation, sans temps additionnel de préparation.

          C’est sans compter les nouveaux cégépiens désemparés, qui confient leur propre détresse à l’adulte dans l’écran : le prof de psycho, de maths ou de français. « C’est un sentiment d’impuissance. Il y a une “souffrance éthique” chez les enseignants. On nous suggère d’abaisser les attentes. Mais, on veut bien faire notre travail. C’est comme dire à un médecin que ce n’est pas grave si les patients tombent malades parce qu’on n’a pas le temps de faire les tests médicaux. »

          Carol-Anne Gauthier constate que certains de ses collègues sont brûlés et désespérés. L’un a même pris sa retraite plus tôt que prévu. Un autre renonce à vingt pour cent de son salaire pour s’assurer d’une tâche allégée, plus humaine.

          Hélas, les pistes de solutions se transmettent moins rapidement que la pandémie. Mais, certains profs ont tout de même décidé de se fixer des limites, de prendre les courriels à des heures plus régulières et ils décompressent durant des 5 à 7… virtuels.

          Le défi d’aider au téléphone plutôt qu’en personne
          Tout comme Carol-Anne Gauthier, depuis la pandémie, Jacques Moquin, intervenant au Projet suivi communautaire, s’interroge sur la qualité de son travail. Il aide des usagers aux prises avec de graves problèmes de santé mentale à gagner de l’autonomie. Ses collègues et lui vivent de l’anxiété depuis que la majorité des accompagnements se réalisent au téléphone plutôt qu’en personne, les usagers ayant rarement accès aux outils de communications web. « Au téléphone, il y a plein d’information qu’on n’a pas, l’hygiène de l’usager et l’état physique de son logement, par exemple. Là, on a beau demander et tenter de décoder les infos, on n’est jamais certain. Est-ce qu’on aide comme on devrait ? Est-ce que notre service est suffisant ? »

          Heureusement, l’employeur, Jacques Moquin et ses collègues ont formé une cellule de crise pour s’adapter au changement. Les réunions d’équipe, bien structurées, aident à prendre soin de chacun et à ventiler, même si ce n’est pas optimal.

          Et puis, les membres de l’équipe apprennent à prendre des pauses. « Moi, j’ai deux chiens qui jappent parfois quand je suis au téléphone, mentionne M. Moquin. Mais, je suis content de les avoir pour aller marcher entre deux appels. Il faut prendre un peu de temps pour se construire un horaire plus sain. »

          Donner du temps au temps pour réduire le stress, détendre le corps et l’esprit, c’est plus facile à dire qu’à faire, relativise Carol-Anne Gauthier. « Quand t’es stressée, que t’es surchargée, tu as tendance à t’asseoir tout croche, tu te lèves moins souvent. T’as mal dans le dos, t’as mal partout et tu dors mal. Puis là, t’es moins bonne le lendemain. Il faut briser cette spirale ».

          CHSLD : un rapport accablant

          Le rapport de la Protectrice du citoyen sur la crise liée à la COVID-19 dans les CHSLD confirme, une fois de plus, de nombreuses préoccupations partagées par la CSN depuis le début de la pandémie, voire bien avant pour certaines d’entre elles. Malgré leur « immense dévouement » souligné par Marie Rinfret, les travailleuses et les travailleurs de ces établissements n’ont pas reçu le soutien nécessaire de la part du gouvernement du Québec, estime la CSN.

          La CSN partage amplement la vision de la Protectrice du citoyen pour qui « la pénurie de personnel dans les CHSLD a été au cœur des ratés pour assurer la qualité des soins », tout comme le recours à des moyens incitatifs et financiers préconisés par cette dernière.

          « Les équipes de travail fonctionnaient déjà au maximum de leur capacité, souligne le président de la CSN, Jacques Létourneau. Quand le recours aux heures supplémentaires obligatoires devient une norme de gestion, c’est qu’il y avait déjà un problème. La suite est malheureusement connue : du personnel épuisé, des milliers de salarié-es infectés et un accroissement de la mobilité des équipes de zones chaudes à zones froides, contribuant ainsi aux éclosions. »

          Pour le président de la CSN, le gouvernement doit saisir l’occasion du renouvellement des conventions collectives du secteur public pour apporter dès maintenant des réponses concrètes aux priorités d’action ciblées par Marie Rinfret. « Le premier ministre a beau prétendre qu’il aurait dû améliorer les conditions salariales du personnel dès son arrivée au pouvoir, on attend toujours des réponses concrètes aux tables de négociations. Tout le monde s’entend : c’est avec de meilleurs salaires et une amélioration des conditions de travail que le réseau de la santé et des services sociaux parviendra à recruter le personnel nécessaire. »

          Par ailleurs, rappelant qu’en date du 14 juin, 13 581 salarié-es avaient été atteints du virus, dont onze en sont décédés, la Protectrice du citoyen souligne à juste titre la distribution insuffisante, tardive et inégale des équipements de protection qui aurait pu amplifier les éclosions. « Encore aujourd’hui, le gouvernement refuse d’appliquer le plus élémentaire des principes de précaution en s’opposant à la distribution de masques N95 pour de larges pans du personnel des CHSLD. En ignorant les appels d’experts, le gouvernement met la santé et la sécurité de tous les intervenants et les bénéficiaires à risque », déplore fortement Jacques Létourneau.

          Pour la CSN, la lecture de ce rapport soulève à nouveau les nombreux problèmes entraînés par la vision hospitalo-centriste qui prévaut depuis des années au sein du réseau de la santé et des services sociaux ainsi que les effets désastreux de la centralisation des pouvoirs entraînés par la réforme Barrette. Le gouvernement, estime la CSN, devra se pencher sur ces questions lors de la mise en œuvre des recommandations de la Protectrice du citoyen, estime la CSN.

          Les chauffeuses et chauffeurs « confinent » leurs autobus !

          Fâché-es du peu de considération que l’employeur a pour eux, les chauffeuses et chauffeurs du transporteur scolaire Autobus des Cantons, qui dessert la région de Sherbrooke, ont décidé de dénoncer leur situation en « confinant » les autobus scolaires de leur employeur. Ces salarié-es qui réclament des mesures sanitaires beaucoup plus adéquates se sont regroupés au Carrefour de l’Estrie à 9 h 30 ce matin afin de lancer un message clair à la direction. Ils invitent d’ailleurs la population à venir les appuyer.

          Des mesures sanitaires déficientes

          Le Syndicat des travailleuses et travailleurs du transport scolaire des Autobus des Cantons–CSN conteste la décision de l’employeur de ne pas installer des barrières de protection dans les véhicules pour protéger les chauffeuses et chauffeurs. Pourtant, tous les autres transporteurs de la région de l’Estrie qui ont des syndicats affiliés à la CSN comprennent les enjeux de santé et sécurité de leurs employé-es et ont procédé à l’installation de barrières en vinyle à faible coût. Chez Autobus des Cantons, on préfère opter pour les mesures les moins adaptées à la réalité de travail des employé-es en imposant le port du masque et de lunettes de sécurité.

          « Nous avons des enjeux liés à la vision des conducteurs. De la buée se forme dans les lunettes de sécurité avec le port du masque, ce qui rend la conduite moins sécuritaire. Cette mesure devrait être la dernière option privilégiée par l’employeur, car il s’agit du dernier recours proposé par la CNESST lorsque le milieu de travail ne permet pas d’autres options », clame Mario Paré, président du syndicat.

          « De plus, les conductrices et conducteurs peuvent être en contact avec plus de 100 élèves par jour en raison du fait qu’ils font des transferts, explique M. Paré. Beaucoup de contacts sont à moins de deux mètres pendant des périodes de plus de 15 minutes. Les élèves assis sur les bancs avant sont souvent des élèves du primaire qui n’ont pas l’obligation de porter le couvre-visage. Nos membres reçoivent donc continuellement les gouttelettes des plus petits sur leurs vêtements. Considérant la durée de vie de la COVID-19, ils prêtent donc flanc à la contamination » s’inquiète M. Paré.

          « La majorité d’entre eux ayant plus de 60 ans, on comprendra que leur stress de développer des complications est grand. Surtout, n’oublions pas qu’avec la forte pénurie de main-d’œuvre présente dans notre secteur, un chauffeur d’autobus malade, c’est souvent un trajet annulé faute de remplaçant. Les ruptures de service sont donc à prévoir ! », prévient Stephen Gauley, du secteur transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP).

          D’autres actions à venir

          Considérant le manque d’ouverture de la part de l’employeur, les salarié-es ont décidé de se regrouper afin d’aller chercher l’appui de la population dans leur revendication pour un milieu de travail sécuritaire. Ils passeront une partie de la journée dans le stationnement du Carrefour de l’Estrie et invitent la population à venir les appuyer. D’autres actions sont à prévoir dans le cas d’une impasse.

          Oui à la réforme de la Charte de la langue française

          Le ministre Jolin-Barrette a annoncé à plusieurs reprises l’arrivée imminente d’un plan d’action costaud pour réformer la Charte de la langue française. « Enfin », oserions-nous dire ! La CSD, la CSN, la CSQ et la FTQ appuient cette volonté. Nous partageons aussi la volonté du gouvernement québécois, confirmée par une motion unanime de l’Assemblée nationale, d’étendre la Charte aux entreprises sous juridiction fédérale. Il nous apparaît incompréhensible que des milliers d’employées et employés québécois n’aient pas les mêmes droits que les autres parce qu’ils et elles travaillent, entre autres, dans les banques, les télécommunications ou le transport. En ce sens, nous demandons au gouvernement fédéral de faire sa part pour assurer la pérennité du français au Québec.

          Mais ne soyons pas dupes, cette réforme, bien que nécessaire, ne parviendra pas à elle seule à transformer la tendance actuelle à l’anglicisation des milieux de travail, et ce, particulièrement dans le Grand Montréal. Différentes enquêtes et analyses montrent clairement le déclin du français au Québec. Un des principaux indicateurs est l’omniprésence des exigences en anglais sur les postes d’emploi. Si ces exigences sont justifiées pour certains emplois qui demandent d’œuvrer à l’international ou avec la communauté anglophone du Québec, d’autres relèvent essentiellement d’un parti pris patronal pour le bilinguisme. Cette nouvelle coutume a non seulement un effet sur le paysage linguistique du Québec, mais est aussi discriminatoire pour les milliers de Québécois et Québécoises francophones, quelles que soient leurs origines, qui ne maîtrisent pas parfaitement, et qui n’ont pas à la maîtriser parfaitement, la langue de Shakespeare.

          En outre, le gouvernement du Québec tarde toujours à appliquer les dispositions de protection et de promotion de la langue dans les PME québécoises. Pour nous, il faudrait dès maintenant systématiser des analyses linguistiques portant sur la francisation des entreprises, incluant la main-d’œuvre, et ce, dans toutes les entreprises du Québec, peu importe leur taille. De plus, les agences de placement devraient elles aussi être assujetties aux obligations de la Charte.

          L’État québécois, à titre d’employeur, doit donner l’exemple. Malheureusement, plusieurs de nos membres se plaignent de la bilinguisation de leur milieu de travail. Le réseau de la santé est un exemple patent. Si, pour des raisons évidentes, un minimum d’accès aux services en anglais doit être garanti, est-ce dire que tous ceux et celles qui y œuvrent doivent être bilingues ? Il serait d’ailleurs assez aisé d’instaurer des comités de francisation dans les différents organismes publics pour en faire des gardiens du droit de travailler et d’être servis en français.

          Si la saga du « Bonjour-Hi » a animé les esprits il y a peu, il demeure important de rappeler que la langue de commerce est aussi la langue de travail pour plusieurs personnes. Les employeurs doivent assumer une responsabilité quant à l’offre de services en français et à la francisation de leurs employés et employées.

          D’ailleurs, la francisation du monde du travail doit nécessairement passer par la francisation des travailleuses et des travailleurs. À l’heure actuelle, les programmes de francisation des entreprises s’appliquent principalement au secteur des technologies et au chapitre des équipements de travail, alors qu’elles devraient aussi viser la francisation de la main-d’œuvre.

          À ce propos, l’offre de francisation en entreprise demeure un enjeu primordial. Celle-ci permet aux travailleurs et aux travailleuses de concilier le besoin d’un emploi avec celui de l’apprentissage de la langue commune. Plusieurs syndicats ont d’ailleurs mené à bien des projets en ce sens. Il demeure impératif que ces initiatives soient facilitées par l’État et par les employeurs.

          Défendre la langue française au Québec, c’est vouloir défendre une langue commune, un espace de partage, un trait d’union. La solidarité fleurit dans l’échange et le partage des réalités. Les centrales syndicales du Québec ont toujours milité pour défendre non seulement le droit de travailler en français, mais aussi le développement d’une culture commune forte et solidaire.

          Comme toujours, les centrales syndicales que nous représentons seront actives dans ce grand chantier de valorisation du français. Pour nous, vivre au Québec signifie vivre et travailler en français !

          Luc Vachon, Jacques Létourneau, Sonia Ethier et Denis Bolduc
          Respectivement président de la CSD; président de la CSN; présidente de la CSQ; secrétaire général de la FTQ

          Le gouvernement doit soutenir le personnel des CPE

          Pour la CSN, les travailleuses des CPE doivent pouvoir accéder à des absences payées lorsqu’elles sont en attente du résultat d’un test COVID. C’est loin d’être toujours le cas en ce moment et c’est pourquoi des manifestations se tiennent partout au Québec aujourd’hui.

          Depuis le début de la crise, elles doivent piger dans leur banque personnelle de congés de maladie ou dans leurs journées de vacances lors de périodes d’isolement imposées par la Santé publique ou par l’employeur, lorsqu’il y a des symptômes, ou encore lorsqu’elles sont en attente du résultat d’un test COVID. Dans un sondage mené par la CSN auquel 5200 membres de CPE ont répondu en novembre dernier, près de 25 % des éducatrices avaient déjà été testées pour la COVID et près de 80 % de ces dernières ont utilisé leur banque personnelle ou ont dû prendre un congé sans solde durant l’attente du résultat.

          Il y a donc un risque qu’une travailleuse choisisse de taire des symptômes bénins afin d’éviter les conséquences financières pour sa famille. Selon une étude de la Direction de la santé publique de Montréal sur les cas de COVID survenus du 26 août au 30 septembre, la présence de personnes symptomatiques dans les services de garde éducatifs était le deuxième plus important facteur de transmission.

          « Il est inadmissible que le ministère de la Famille ne finance pas de congés rémunérés pour l’isolement préventif, car celui-ci sert à diminuer le risque de transmission dans les CPE », affirme Jacques Létourneau, président de la CSN.

          « On prend un risque inutile en forçant des travailleuses à faire un choix déchirant lorsqu’elles n’ont plus de jours dans leur banque de congés de maladie ou dans leurs journées de vacances. Il n’est pas normal que le personnel des CPE doive en payer le prix pour le bien collectif », affirme Stéphanie Vachon, nouvelle responsable du secteur des CPE à la FSSS–CSN. Cette dernière rappelle que les membres du personnel du réseau de l’éducation peuvent compter sur le maintien de leur rémunération en cas d’isolement préventif lié à la COVID. « Le personnel des CPE est injustement traité », affirme Stéphanie Vachon.

          On sait qu’il y a plusieurs cas de COVID dans les CPE du Québec. Contrairement aux écoles, il n’y a cependant pas de compilation officielle des cas dans les CPE, ce qui contribue à l’inquiétude du personnel. Un sondage de l’INSPQ montre d’ailleurs que les répondants dans les écoles primaires et les services de garde éducatifs sont plus anxieux et inquiets par rapport au coronavirus que la population en général.

          Personnel épuisé et manque d’écoute
          Alors que le personnel des CPE est déjà épuisé, la récente annonce de l’interdiction des réunions de famille pour les Fêtes a eu l’effet d’une nouvelle douche froide. Le gouvernement aurait pu prévoir la fin du service habituel en même temps que la fermeture hâtive des écoles. « Que ce soit au sujet des congés en raison de la COVID ou concernant d’autres aspects, l’imposition de décisions sans consultation contribue à miner le moral des travailleuses des CPE. Le ministre Lacombe doit absolument reprendre les rencontres courantes avec ses partenaires qui ont pris fin en août dernier », insiste Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN.

          « Le gouvernement doit donner un coup de barre pour rassurer le personnel des CPE du Québec et envoyer un signal fort afin d’éviter que plus de travailleuses ne quittent nos CPE », conclut Lucie Longchamps.

          Les mentalités ont la couenne dure

          Billet de Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN

          Été 2020. Une autre vague de dénonciation d’agressions sexuelles secoue le Québec. Bien que les mouvements #MeToo et #AgressionNonDénoncée aient créé un certain élan pour faire bouger la classe politique en faveur des victimes, je peux affirmer une chose : il y a encore loin de la coupe aux lèvres pour venir à bout des comportements inacceptables qui sont légion dans bien des milieux de travail au Québec.

          Depuis quelques années, on observe des changements législatifs qui découlent de l’action féministe contre les actes de violence sexuelle. En décembre 2017, le gouvernement libéral adopte une loi pour contrer ces violences dans les établissements d’enseignement supérieur. En 2018, la notion de harcèlement sexuel est nommément inscrite dans la Loi sur les normes du travail. En juin dernier, un projet de loi modifiant le Code civil est adopté pour mettre fin au délai de prescription qui limitait à 30 ans la possibilité de poursuivre au civil un présumé agresseur. Par ailleurs, le Comité d’experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale se prépare à déposer ses recommandations. Celles-ci devraient inclure la création d’un tribunal spécialisé afin d’aider les victimes à toutes les étapes du processus judiciaire.

          Les dinosaures ont-ils encore de l’avenir ?
          Les choses avancent, certes, mais les mentalités ont la couenne dure. Prenons le cas de la médecine, qui a longtemps été le boysclub le plus huppé du monde du travail. Même si les femmes ont investi la profession, cette culture semble y avoir imprégné sa marque. Récemment, une travailleuse syndiquée d’un hôpital réputé me racontait l’histoire qu’elle a vécue avec une personnalité connue du public. À l’époque, l’individu est médecin dans l’hôpital où elle travaille. Sa réputation de harceleur n’est plus à faire, mais personne n’ose le dénoncer en raison, notamment, de son aura de médecin et du processus de plaintes particulier lorsqu’il s’agit d’un membre du corps médical dans un établissement public. Notre disciple d’Esculape profite d’un colloque à l’extérieur de la ville pour inviter la jeune femme à souper, lui offrir à boire jusqu’à plus soif, insister pour aller prendre un dernier verre, la tirer de force sur une piste de danse pour la tripoter et se frotter contre elle, malgré les refus répétés de cette dernière. En dépit de ses réflexes affaiblis par l’alcool, elle réussit à s’esquiver. Quoi qu’il en soit, elle ne souhaite pas dénoncer l’homme intouchable parce que « quand tu te mets un médecin à dos dans ton milieu de travail, ta vie peut être de la marde. »

          Dans les établissements du réseau public de la santé, la Loi sur les services de santé et les services sociaux prévoit l’examen des plaintes contre un médecin par un médecin « examinateur », lequel est désigné par le conseil d’administration de l’établissement sur recommandation du conseil des médecins, dentistes et pharmaciens. Le processus d’enquête sur la plainte et, s’il y a lieu, de la révision de la décision se déroule sous l’étroite supervision du corps médical à toutes les étapes, quelle que soit la nature de la plainte.

          Il convient par ailleurs de souligner que des hommes peuvent aussi être victimes d’agressions et d’inconduites sexuelles au travail. Un employé administratif d’une organisation à but non lucratif m’a raconté avoir subi les assauts homophobes d’un de ses collègues qui lui a brusquement pris la tête pour la plaquer sur son entrejambe. Ce geste dégradant, empreint d’une grande violence, est à tous points de vue condamnable.

          Stoppons le cortège des agressions de toutes sortes
          À l’approche du 6 décembre, la Coordination du Québec pour la Marche mondiale des femmes dont la CSN est membre revendique l’élimination des violences faites aux femmes, notamment la violence sexuelle. Et comme les formes de violence et de harcèlement au travail sont d’une grande diversité et qu’elles concernent aussi les hommes, la CSN veille à ce que les employeurs respectent leur obligation légale d’assurer aux employé-es des milieux de travail sains et sécuritaires. Nous avons aussi, individuellement et collectivement, un rôle à jouer pour enrayer ce fléau, entre autres lorsque nous sommes témoins de telles situations. C’est pour cette raison que la CSN a décidé d’apporter sa contribution en lançant sa toute nouvelle campagne agispourquecacesse.com. Car personne ne devrait avoir à tolérer de la violence ou du harcèlement dans son milieu de travail. Car ensemble, nous devons agir pour que ça cesse, une bonne fois pour toutes.

          Votre syndicat participe-t-il à la campagne du 1 $ du Camp Vol d’été Leucan?

          Ce camp est unique pour les enfants atteints de cancer, leurs frère et sœurs ainsi que leurs parents. Les deux séjours estivaux d’une semaine au Centre de plein air Le Saisonnier au Lac-Beauport comblent un grand besoin de ressourcement et de répit. Chaque été, c’est 100 familles qui y participeront, entourés par plus de 125 bénévoles, dont certains membres de la CSN.

          En 2020, vu la situation de la pandémie reliée à la Covid-19, le Camp a hélas dû être annulé pour suivre les recommandations de la santé publique. La sécurité des familles membres et des bénévoles étaient la priorité de Leucan. Maintenant, nous continuons à nous croiser les doigts pour qu’en 2021, ce camp ait lieu. Et pour se faire, la générosité des membres de la CSN est encore sollicitée.

          D’ici le congé des fêtes, il est possible d’embrasser la cause officielle de la CSN et de participez à cette campagne simple et sécuritaire pour le prochain camp. Vérifiez avec votre syndicat s’il a rempli le formulaire. Vous pouvez aussi effectuer votre don en ligne.

          La solidarité légendaire des membres de la CSN fait toute une différence pour ses familles. VOUS pouvez faire une différence! Merci d’être présents.

          Édition 2020 de C’est Noël pour tout le monde

          La période des fêtes arrive à grands pas et, comme chaque année, la CSN fait appel à la solidarité de nos membres afin que ces réjouissances offrent à toutes et à tous de bons moments et de chaleureux souvenirs. C’est pourquoi nous vous invitons à participer à la campagne des paniers de Noël.

          Grâce aux contributions, nos camarades privés de revenus en raison d’une grève, d’un lock-out ou d’un congédiement pour activité syndicale pourront aussi prendre part aux festivités et célébrer avec leurs proches. Grâce à vous, nous pourrons dire : C’EST NOËL POUR TOUT LE MONDE!

          La CSN occupe les bureaux du comité patronal de négociation des centres de services scolaires francophones

          Des militantes et des militants du Secteur scolaire FEESP–CSN occupent aujourd’hui les bureaux du comité patronal de négociation des centres de services scolaires francophones. Ils dénoncent la lenteur des négociations et le manque d’intérêt du gouvernement face aux problèmes concrets que le personnel de soutien scolaire vit au quotidien.

          « Cela fait plus d’un an que nous avons déposé nos demandes syndicales et depuis ce temps, le gouvernement répète qu’il veut en arriver à une entente rapide », mentionne Annie Charland, présidente du Secteur scolaire FEESP–CSN. « Or, le comité de négociation patronal n’a pas de mandats réels pour faire avancer la négociation, alors que de notre côté, nous sommes prêts à mettre en place des solutions immédiates pour répondre aux enjeux préoccupants que nous vivons sur le terrain! »

          Des propositions patronales qui ne règlent rien
          Pour le Secteur scolaire FEESP–CSN, qui représente plus de 30 000 employé-es de soutien dans le réseau de l’éducation au Québec, il est clair que, non seulement les patrons n’ont pas de mandats, mais sur le fond, leurs objectifs de négociations ne permettent pas de rendre le réseau attractif, bien au contraire.

          « Les propositions patronales qui sont sur la table actuellement vont engendrer une augmentation de la précarité du personnel, et ce, dans un réseau en pleine pénurie de personnel. Nos demandes visent notamment à réduire la surcharge de travail en donnant plus de temps au personnel pour planifier les activités offertes aux élèves et prévoir des ratios élèves/personnel plus acceptables et sécuritaires. Nous voulons avoir les moyens d’offrir quotidiennement des services de qualité », souligne Mme Charland.

          Personnel de soutien scolaire : Présents depuis le début de la crise
          « Depuis le début de la crise sanitaire, le personnel de soutien est sur la ligne de front. Nous avons été sollicités dès les premiers jours pour les services de garde d’urgence et, depuis la réouverture des classes, nous sommes à pied d’œuvre pour participer à la réussite éducative des élèves du Québec tout en réduisant au maximum les risques d’éclosion. Le gouvernement doit nous écouter et prendre au sérieux le personnel de soutien. Si c’était le cas, nous n’aurions pas subi l’improvisation des dernières semaines concernant les congés de Noël », souligne Stéphanie Gratton, vice-présidente responsable de la négociation du secteur public de la FEESP–CSN.

           

           

          On s’en va dans le mur, selon la vaste majorité du personnel du réseau de la santé

          La vaste majorité du personnel du réseau de la santé et des services sociaux considère que les offres gouvernementales de la négociation ne permettront pas d’améliorer la situation. C’est ce qui ressort d’un sondage mené par la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

          Des offres gouvernementales qui ne règlent pas la crise

          Le sondage électronique a été mené du 17 au 24 novembre 2020 et a permis de recueillir les réponses de 2350 répondantes et répondants. C’est 96 % des répondants au sondage de la FSSS–CSN qui considèrent que les offres gouvernementales pour la négociation du secteur public ne vont pas permettre d’attirer et de retenir le personnel dans le réseau. Pour les répondants, les offres gouvernementales sont loin d’améliorer les choses, principalement :

          • Parce que l’offre salariale est insuffisante;
          • Parce que l’offre gouvernementale ne permet pas d’améliorer la situation pour l’ensemble des titres d’emploi du réseau;
          • Parce que l’offre gouvernementale ne permet pas de réduire la charge de travail du personnel.

          Par son attitude dans la négociation, le gouvernement Legault ne prend pas en compte l’ampleur de l’épuisement et de la surcharge de travail du personnel selon 95 % des répondants.

          Les solutions du personnel sont ignorées par le gouvernement

          Pourtant, des solutions existent et le personnel en identifie plusieurs qui sont portées par la FSSS–CSN à la table de négociation. Pour le personnel, pour parvenir à améliorer la situation dans le réseau, il faut notamment :

          • Avoir de meilleurs salaires;
          • Rendre les emplois plus attrayants pour la relève et plus intéressants pour les expérimentés, en reconnaissant mieux les responsabilités et les compétences et en améliorant les compensations pour inconvénients;
          • Diminuer la charge de travail;
          • Avoir une plus grande stabilité des postes.

          « Les travailleuses et travailleurs qui sont au front depuis le début de la pandémie sont insatisfaits de l’attitude du gouvernement dans la négociation. Ils le disent clairement dans ce sondage. Pour sortir notre réseau de la crise, ça va prendre un changement à la table de négociation et ça presse! », lance Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

          La parole au personnel

          • « L’offre gouvernementale ne règle pas les problèmes structurels du réseau : gestion intransigeante, travail en silo, charge de travail, absence totale de reconnaissance, absence de suivis dans la prestation de soins auprès des patientes et des patients, climat de travail malsain. »
          • « Le manque d’écoute criant envers la détresse des salarié-es et l’attitude de je-m’en-foutisme du gouvernement envers nous font mal à notre besoin de reconnaissance. »
          • « Il est temps que le gouvernement reconnaisse l’importance de nos emplois et que l’on soit payé à notre juste valeur. On ne se le cachera pas, le salaire est la première forme d’attraction dans le système de la santé. Il est temps de rééquilibrer les budgets, et que les professions occupées majoritairement par les femmes soient reconnues. »
          • « Il faut redorer les emplois du réseau de la santé en valorisant tous les titres d’emploi. Le salaire n’est pas tout. Il faut considérer et prendre soin des employé-es afin de les mobiliser et les garder motivés. Il y a une grande iniquité actuellement dans le réseau avec la pandémie et toutes les primes offertes. »

           

           

           

           

          Sans queue ni tête : le personnel de soutien démuni devant l’incohérence du ministre Roberge

          La possibilité évoquée par le gouvernement à la mi-novembre de garder les services de garde en milieu scolaire ouverts pendant le prolongement du congé des Fêtes a causé un véritable branle-bas de combat chez les syndicats du personnel de soutien. En plus de la volonté de François Legault exprimée peu de temps avant d’ajouter trois journées pédagogiques au calendrier scolaire, son intention de maintenir ouverts les services de garde scolaires pendant le prolongement des vacances a eu l’effet d’une claque au visage pour les travailleuses et les travailleurs. Si le gouvernement est revenu sur sa décision de prolonger le congé des Fêtes, le personnel de soutien et les éducatrices en service de garde ne décolèrent pas face au manque de considération du ministre de l’Éducation Jean-François Roberge.

          Samuel Fortin, président du syndicat du soutien scolaire Bellimont–CSN, ne mâche pas ses mots à l’endroit du ministre. « C’est du gros n’importe quoi. C’est géré au jour le jour, sans consultation. On fait partie de la solution, mais là, on est épuisés et exaspérés par ces décisions sans queue ni tête qui nous sont imposées ». Au printemps dernier, l’ensemble du personnel des services de garde s’était démené pour la mise en place des services de garde d’urgence. « Même si on a prouvé à maintes reprises le caractère essentiel de notre travail, on se bute à un manque de reconnaissance du personnel de soutien, sans compter qu’on évite soigneusement de nous impliquer dans la prise des décisions. Cela cause énormément de frustration », ajoute M. Fortin qui, avec ses collègues, a rendu visite à deux députées de la CAQ et au conseil d’administration de son centre de services.

          De son côté, le Syndicat du personnel de soutien des Hautes-Rivières–CSN a décidé de prendre les choses en main, comme l’explique celle qui en est secrétaire, Mireille Gauvin. « On fait tout ce qu’on peut pour se faire entendre, parce ce qui se passe en ce moment, ça n’a pas d’allure. » Les membres du syndicat sont d’ailleurs allés manifester spontanément devant les bureaux de circonscription du ministre Roberge. Pour Mireille Gauvin, il y a une incompréhension totale de l’ensemble du travail effectué par les éducatrices. « Organiser une journée pédagogique, ça ne se fait pas en claquant des doigts. En plus de devoir respecter les bulles-classes au sein même des groupes, on doit composer avec le manque de locaux et une pénurie de personnel. »

          Départs précipités à la retraite, réorientations de carrière, congés de maladie… d’une même voix, la représentante et le représentant syndical soulignent l’hémorragie de personnel que subit actuellement le secteur. « Les gens sont déchirés. D’un côté, ils ont à cœur leur emploi et la mission éducative des enfants, et de l’autre, ils sont au bout du rouleau, parce qu’en plus de la précarité du métier, le sentiment d’injustice et de non-reconnaissance les mine au quotidien », renchérit Mirelle Gauvin.

          Si les derniers mois ont démontré la capacité d’adaptation, de résilience et de mobilisation du personnel de soutien dans les écoles, le ministre Roberge aura de sérieux comptes à rendre à la sortie de la crise sanitaire.

          Un retard de rémunération indécent, alors que les services publics sont à bout de souffle

          Actuellement en négociation pour le renouvellement des conventions collectives de plus de 160 000 travailleuses et travailleurs du secteur public, la CSN estime que le rapport de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) démontre, encore une fois et sans ambiguïté, l’urgence de donner un sérieux coup de barre en matière de rémunération.

          « Nous sommes en plein cœur de la négociation et les chiffres révélés par l’enquête annuelle de l’ISQ illustrent amplement la détérioration des conditions salariales dans le secteur public. Il est clair que ce rapport vient appuyer le bien-fondé de nos demandes et il est temps que le gouvernement entende raison et assume ses responsabilités », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

          En effet, l’enquête menée par l’ISQ souligne que la rémunération globale des employé-es de l’État (ce qui inclut le salaire, le régime de retraite et les avantages sociaux) affiche un retard alarmant de 9,2 % par rapport à l’ensemble des salarié-es québécois; un retard qui s’est amplifié, puisqu’il était de 6,2 % l’année dernière. Du point de vue strictement salarial, le retard est encore plus manifeste, alors que les employés de l’État gagnent 16,5 % de moins que les autres salariés du Québec.

          « C’est tout simplement indécent. Nos services publics étaient déjà en crise avant la pandémie et ils sont actuellement portés à bout de bras par des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs. En ce moment, l’élastique est tendu au maximum et les problèmes de surcharge de travail et de pénurie de main-d’œuvre continuent de fragiliser les services à la population, sans compter l’impact considérable pour les hommes et surtout pour les femmes qui y travaillent, puisqu’elles occupent plus de 75 % des emplois du secteur public », ajoute Caroline Senneville.

          En négociation depuis plus d’un an, la CSN estime que l’heure est venue pour le gouvernement Legault de prendre acte de la situation et d’agir en conséquence. Actuellement, les augmentations salariales proposées par le gouvernement sont de 1,75 % en 2020 et en 2021 puis de 1,5 % en 2022.

          « C’est une proposition tout simplement déconnectée de la réalité, car comme le démontre le rapport de l’ISQ, les salaires des syndiqué-es ne faisant pas partie du secteur public ont augmenté en moyenne de 2,6 % en 2020. L’offre sur la table ne ferait qu’accentuer l’écart entre les travailleuses et les travailleurs des services publics par rapport aux autres salariés du Québec. Le gouvernement ne peut plus ignorer ce que nous lui soulignons depuis plus d’un an, soit l’urgence d’agir et de soutenir nos services publics en donnant un sérieux coup de barre en matière de rémunération », explique la vice-présidente de la CSN.

          La CSN a déposé cet automne une contre-proposition qui revendique une augmentation de 2 $ l’heure pour l’année 2020 et le plus avantageux entre 0,75 $ l’heure ou 2,2 % pour les deux années subséquentes. « Actuellement, les salaires d’un bon nombre de travailleuses et de travailleurs des services publics ne leur permettent pas de vivre décemment. Notre revendication en montants fixes vient directement répondre à cet enjeu, puisque ses impacts sont plus importants pour celles et ceux qui gagnent le moins. Notre demande répond aux besoins réels du personnel des réseaux », conclut Caroline Senneville.

          Examens virtuels au cégep

          La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) s’inquiète que le ministère de l’Enseignement supérieur (MES) envisage d’obliger les cégeps à basculer en mode complètement virtuel à partir du 17 décembre, comme c’est déjà le cas pour le primaire et le secondaire. La fédération estime qu’une telle décision porterait préjudice à l’équité entre les étudiantes et les étudiants quant à l’évaluation des compétences.

          « On sait à quel point il est facile de recourir au plagiat et à la fraude à distance. L’exemple éloquent de l’application “PhotoMath”, qui permet d’avoir la solution à un problème de calcul différentiel ou intégral à l’aide d’une simple photo prise avec le cellulaire, suffit à lui seul à montrer tous les dangers liés à un passage à des examens en mode non présentiel seulement », précise Yves de Repentigny, vice-président responsable du regroupement cégep de la FNEEQ–CSN.

          Beaucoup d’enseignantes et d’enseignants comptent sur les examens en présence pour véritablement jauger les apprentissages réalisés. En modifiant les plans à si brève échéance, on viendrait les en empêcher tout en ne leur laissant pas suffisamment de temps pour arriver avec des solutions de rechange qui permettront d’atteindre adéquatement cet objectif.

          Pour Yves de Repentigny, le MES risque de mettre le feu aux poudres dans les collèges puisque cela viendrait obliger des enseignantes et des enseignants déjà surmenés et pas très éloignés du point de rupture tant physique que psychologique à chambarder à la dernière minute les évaluations qu’elles et ils avaient préparées.

          Ajoutons que, compte tenu du nombre d’étudiantes et d’étudiants qui occupent un emploi dans des commerces et qui vont probablement beaucoup travailler durant la période des Fêtes, le basculement en mode virtuel à 100 % risque de ne pas avoir l’effet préventif escompté puisque, contrairement aux jeunes du primaire et du secondaire, ces personnes ne se retrouveront pas en situation d’isolement relatif.

          La sortie de crise, c’est d’améliorer les conditions du personnel.

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) lance une vaste campagne publicitaire radio pour exiger que le gouvernement appuie et protège le personnel de la santé, des services sociaux et des services de garde éducatifs.

          Urgence d’agir pour sortir nos réseaux de la crise
          Cette campagne publicitaire diffusée partout au Québec envoie un message fort au gouvernement Legault : le personnel tombe au combat dans la lutte à la pandémie et il y a urgence d’agir pour améliorer leurs conditions de travail et salariales. Les négociations en cours dans le secteur public, des CPE et du préhospitalier sont des occasions à saisir pour reconnaître l’apport essentiel de ce personnel au front depuis le début de la pandémie.
          La FSSS–CSN dénonce de plus la protection insuffisante du personnel. La transmission aérienne du virus est reconnue, mais le Québec refuse d’ajuster à la hausse les mesures de protection, notamment en rendant disponibles les masques N95. Non seulement le gouvernement n’améliore pas les niveaux de protection, mais il a tendance à tenter de mettre la faute des récentes éclosions sur les employé-es.

          « Si le gouvernement continue à refuser d’améliorer le sort du personnel, on s’en va droit dans le mur ! En santé, services sociaux et dans les services de garde éducatifs, la pandémie aggrave l’état de santé psychologique du personnel. On ne tiendra pas le coup encore longtemps ! La sortie de crise, elle passe par un coup de barre pour le personnel. Il y a urgence d’agir ! », lance Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

          Vingtième édition de la Journée nationale des chargées et chargés de cours

          La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQCSN) est fière de souligner aujourd’hui la 20e édition de la Journée nationale des chargées et chargés de cours. Celle-ci s’inscrit dans une vaste campagne qui vise à faire connaître la grande diversité des profils des personnes chargées de cours et leur apport inestimable à la formation des étudiantes et des étudiants. Cette année, la crise sanitaire qui bouleverse nos vies et le monde de l’enseignement a plutôt mis en exergue la précarité de leur travail, pourtant inestimable pour la société québécoise. Cette réalité est toutefois méconnue et mérite qu’on la fasse connaître.

          Sous l’appellation de chargé-e de cours, on trouve de nombreux titres d’emplois, notamment les tutrices et tuteurs en formation à distance, les professeur-es enseignants, les superviseur-es de stage, les chargé-es d’enseignement, les chargé-es de formation pratique et les chargé-es de clinique. Toutes et tous contribuent à leur façon à la qualité de l’enseignement offert dans les universités. Plusieurs font aussi de la recherche et de la création.

          Les conditions de travail de ces personnes se sont particulièrement détériorées au cours des derniers mois. L’adaptation des cours en mode non présentiel et l’augmentation de la taille des groupes-cours qui s’en est suivie ont occasionné un important alourdissement du travail sans nécessairement que les universités accordent des ressources supplémentaires. À contrario, certaines enseignantes et certains enseignants ont obtenu moins de groupes-cours, voyant ainsi leur charge de travail diminuer de façon importante.

          « Ces enseignantes et ces enseignants contractuels assument plus de 60 % de l’enseignement au premier cycle et une part de plus en plus grande de ce dernier aux cycles supérieurs. Sur ce plan, nous pouvons prétendre que leur expertise et leur passion servent de rempart pour préserver la qualité de l’enseignement universitaire malgré le peu de reconnaissance obtenue jusqu’ici des directions des universités. Il est temps de rectifier le tir », souligne Richard Bousquet, vice-président et responsable du regroupement université de la Fédération.

          La FNCC–CSN, l’UDA et la GMMQ impatientes d’apporter des solutions pour améliorer le sort des artistes

          Depuis plus d’une décennie, le milieu culturel réclame la révision des deux lois sur le statut de l’artiste. La Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN), l’Union des artistes (UDA) et la Guilde des musiciens et des musiciennes du Québec (GMMQ) applaudissent la reprise des travaux en vue de procéder à la révision de ces lois.

          « Il est urgent de réviser en profondeur les lois sur le statut de l’artiste. Actuellement, elles échouent dans leur objectif principal d’améliorer la situation socio-économique, les conditions de vie et de pratique des artistes, des créateurs et des professionnels du milieu culturel québécois » exprime Luc Fortin, président de la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ).

          L’échec de ces lois dans leur forme actuelle est particulièrement criant depuis le début de la pandémie. « Nos membres se retrouvent sans aucune protection ni aucun filet social et avec très peu de recours pour faire honorer leurs contrats. La crise les a donc plongés dans une précarité extrême. La majorité a survécu grâce à la Prestation canadienne d’urgence (PCU) et maintenant à la Prestation canadienne de relance économique (PCRE). Pour la fédération, qui représente l’Association des professionnels des arts de la scène du Québec (APASQ) et l’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ), entre autres, il est donc plus que temps de procéder à cette révision pour améliorer le sort de nos membres qui sont travailleurs autonomes », rappelle Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN).

          Comme il n’y a pas de culture sans artistes, créateurs et professionnels, c’est avec enthousiasme que nous partagerons des solutions concrètes dans nos mémoires déposés à la ministre de la Culture et des Communications. « Nos membres, qui sont l’essence même de la création culturelle et artistique, doivent être placés au centre des préoccupations dans le cadre de cette révision des lois. C’est l’occasion parfaite d’agir pour améliorer de façon durable et concrète les conditions de vie des artistes, élément phare de la Politique culturelle québécoise », soutient Sophie Prégent, présidente de l’Union des Artistes (UDA).

          Le gouvernement choisit enfin la voie de la raison

          En réaction à l’annonce du gouvernement concernant le congé des fêtes pour les écoles québécoises, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) se disent soulagées et joignent leurs voix pour saluer la décision qu’elles qualifient de responsable.

          Les trois organisations syndicales considèrent qu’une décision du gouvernement obligeant les services de garde scolaires à ouvrir leurs portes à 100 % aurait été une consécration de l’incohérence dans les mesures sanitaires. Dans le contexte où le Québec ne connaît aucun relâchement dans sa lutte contre la COVID-19 et que plusieurs régions sont encore en zone rouge, le personnel des services de garde scolaires pourra aussi, comme tout le monde, limiter son exposition aux risques de contamination à l’aube de la période des fêtes. Si le gouvernement avait fermé les écoles à moitié, le personnel des services de garde scolaires aurait été traité, une fois de plus, comme des travailleurs de seconde zone puisque les risques de contamination auraient été maximisés alors que le concept de bulle-classe et la distanciation physique sont impossibles à appliquer. Dès lors, la raison principale invoquée par le gouvernement visant à limiter la propagation du virus pour Noël apparaissait comme un faux prétexte au regard des centrales.

          Étant donné que les services de garde d’urgence qui seront mis sur pied pour le congé des fêtes s’effectueront sur une base volontaire des éducateurs et éducatrices, les organisations syndicales demandent au gouvernement de garantir des incitatifs financiers pour le personnel afin d’assurer le succès de l’opération.

          Un gouvernement qui fait cavalier seul dans la pandémie
          Malgré cette décision en faveur du personnel des services de garde scolaires, la CSQ, la CSN et la FTQ dénoncent qu’une fois de plus, elles sont encore obligées d’éteindre la panique générée par les ballons d’essai lancés par le gouvernement depuis plusieurs jours. Elles confirment ne pas avoir été parties prenantes de la réflexion entourant la démarche, à la seule exception de rencontres tenues sur le tard, hier. Les syndicats réitèrent qu’il aurait été préférable que toutes les parties prenantes puissent être associées à la décision afin de minimiser les impacts et, surtout, de garantir le succès de l’opération, qui touche des millions de personnes. Les organisations continuent à tendre la main pour l’avenir.

          Citations
          « La décision du gouvernement est responsable et constitue un soulagement pour le personnel des services de garde scolaires. Pour eux, c’était loin de passer comme une lettre du père Noël à la poste. Le gouvernement a peut-être fini par entendre raison sur l’importance de la cohérence dans les mesures sanitaires, mais il faut déplorer le manque d’écoute devant le processus unilatéral qui s’est déroulé depuis quelques jours. Dans le futur, le gouvernement gagnerait à associer le plus d’organisations possible à ses réflexions pour éviter un autre psychodrame. » – Sonia Ethier, présidente de la CSQ

          « Le gouvernement avait plusieurs facteurs à prendre en considération. Nous sommes satisfaits que le premier ministre ait entendu nos arguments quant à l’incohérence des scénarios jusqu’ici envisagés. On ne pouvait régler la question en renvoyant tout simplement le fardeau sur le personnel des services de garde, déjà grandement sollicité par la crise mais si peu considéré par le gouvernement. C’est une décision mitoyenne qui nous semble beaucoup plus responsable en matière de santé publique. » –Jacques Létourneau, président de la CSN 

          « On comprend que le gouvernement a finalement entendu les inquiétudes que nous lui avons exprimées lors de rencontres précédentes. Si nous avions été consultés avant les ballons d’essai lancés dans les médias, on aurait pu éviter toutes les spéculations qui ont insécurisé la population et le personnel du réseau. Le gouvernement doit retenir la leçon et consulter davantage les travailleurs et travailleuses qui œuvrent auprès de la population. » – Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ

          Un urgent besoin de cohérence pour les écoles et les services de garde scolaires!

          En réaction au scénario hypothétique de prolongement du congé des fêtes pour les écoles québécoises, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), au terme d’une rencontre avec le cabinet du ministre de l’Éducation, ont réclamé de toute urgence de la cohérence dans le déploiement des mesures sanitaires visant à protéger la population.

          Les centrales syndicales appellent le gouvernement à faire preuve de bon sens dans la mise en place des mesures sanitaires. Elles mentionnent que, si l’objectif du gouvernement est de limiter la propagation du virus avant et après Noël, fermer les écoles à moitié serait une grave erreur puisque les groupes de services de garde scolaires n’ont jamais été en mesure de respecter la distanciation physique ni le concept de bulle-classe. Dans ce contexte, où la priorité du gouvernement est de limiter la propagation du coronavirus pour la période des fêtes, les centrales jugent donc que le maintien des services de garde scolaires serait inacceptable puisqu’il viendrait directement nuire au respect du concept de bulle-classe et de la règle visant la réduction des contacts sociaux.

          D’une même voix, les centrales déplorent aussi l’absence totale de sensibilité du gouvernement quant à la réalité quotidienne vécue sur le terrain par les milliers d’éducatrices et d’éducateurs en services de garde solaires. Après l’introduction de trois journées pédagogiques, qui ont mené à une augmentation directe de la charge de travail des services de garde scolaires, la CSQ, la CSN et la FTQ regrettent que ces derniers doivent continuer de se démener pour être considérés dans les processus décisionnels. Elles se désolent qu’une fois de plus, le gouvernement se soit avancé publiquement avec des ballons d’essai qui condamnent le personnel et les parents à l’incertitude, et ce, à l’aube des fêtes. Les organisations syndicales réitèrent au gouvernement l’importance de prendre le temps de faire les choses correctement. Cela aurait dû, d’abord, débuter avec une validation préalable auprès des acteurs concernés, à savoir les travailleuses et les travailleurs de l’éducation.

          Citations
          « Le personnel de soutien en a plus qu’assez du manque de considération de la part du ministre de l’Éducation. On invite le gouvernement à ne pas se mettre la tête dans le sable : fermer les écoles tout en maintenant ouverts les services de garde serait aussi efficace qu’un produit homéopathique. Il ne faut pas avoir fréquenté une salle de classe souvent dans sa vie pour penser que l’ouverture des services de garde ne viendrait pas compromettre les efforts de la Santé publique. » – Sonia Éthier, présidente de la CSQ

          « Depuis le début de la crise, le gouvernement pense qu’on peut régler tous les problèmes en les renvoyant dans la cour des services de garde. Ça relève malheureusement de la pensée magique. Les services de garde ne sont pas des lieux de quarantaine. Les scénarios envisagés par le gouvernement n’ont rien de cohérent. » – Jacques Létourneau, président de la CSN

          « Le personnel des services de garde est déjà épuisé et au bout du rouleau. Le gouvernement doit d’abord prioriser la santé, la sécurité des enfants, de leur famille et du personnel de l’éducation. La décision de prolonger le congé des fêtes tout en maintenant les services de garde serait irresponsable et incohérente. » – Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ

          La CSN lance une grande campagne de sensibilisation à la violence et au harcèlement au travail

          Toujours préoccupée par les phénomènes de violence et de harcèlement au travail ainsi que par leurs conséquences sur la santé et le climat de travail, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) est fière de lancer sa toute nouvelle campagne nationale de sensibilisation intitulée « Agis pour que ça cesse. »

          « La responsabilité de créer un milieu de travail sain et sécuritaire incombe aux employeurs et la CSN veille à ce que ceux-ci respectent leur obligation à cet égard, rappelle Jean Lacharité, vice-président de la CSN et responsable de la santé et la sécurité du travail. Par contre, nous considérons aussi que prévenir et contrer la violence et le harcèlement au travail est une responsabilité collective et le devoir de toutes et tous. »

          Partant du principe que nous pouvons toutes et tous contribuer à mettre fin à la violence et au harcèlement au travail, cette nouvelle campagne a pour objectif de sensibiliser et d’éduquer le public afin d’inciter les témoins, les complices, les victimes, et même les agresseurs à agir pour que ça cesse.

          « Tout le monde doit comprendre que ne rien faire devant des situations de harcèlement ou de violence contribue à faire en sorte qu’elles perdurent, explique Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN et responsable de la condition féminine. Il est donc important pour nous d’outiller nos syndicats et leurs membres afin qu’ils puissent reconnaître les différentes formes de violence et de harcèlement et qu’ils sachent comment intervenir. »

          Afin d’atteindre ces objectifs, une grande variété d’outils ont été conçus et sont accessibles dès maintenant au agispourquecacesse.com, notamment, une brochure explicative et des vidéos traitant du harcèlement psychologique et du harcèlement sexuel au travail. Plusieurs autres outils seront également ajoutés dans les prochaines semaines.

          PEV : un plan qui manque de cibles, de contraintes et d’ambition

          « C’est un plan que nous aurions bien reçu… il y a 20 ans. » C’est ainsi que le président de la CSN, Jacques Létourneau, réagissait au Plan pour une économie verte présenté par le ministre Benoit Charette aujourd’hui.

          Pour la CSN, le plan présenté ne reflète pas les consultations menées par le gouvernement auprès des groupes de travail justement formés en vue de son développement. L’urgence climatique impose au Québec un plan complet et intégré qui inclut des mécanismes de suivi et de reddition de comptes pour chacun des investissements. Ces mécanismes manquent au projet du ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

          « Il est bien d’avoir des mesures incitatives. Mais l’absence de contraintes et de cibles concrètes pour plusieurs secteurs fragilise grandement notre capacité à respecter les recommandations du GIEC et les nombreux engagements du Québec à cet égard », de déplorer le président de la CSN. « L’urgence climatique commande beaucoup plus que le saupoudrage de quelques incitatifs, sans contraintes réelles pour forcer le changement. Malgré les affirmations du premier ministre aujourd’hui, nous considérons que la stratégie du gouvernement ne répond pas aux demandes des jeunes qui l’implorent de les écouter et de gouverner pour les générations futures. »

          La CSN partage par ailleurs certains des objectifs en matière d’électrification des transports. Il était plus qu’urgent de forcer la conversion du parc automobile aux véhicules électriques et hybrides rechargeables. Pourtant, les moyens proposés ne permettront pas de révolutionner notre façon de nous déplacer ni de réduire notre dépendance à la voiture, et ce, en dépit de certains investissements à venir — et annoncés à de multiples reprises — en matière de transport collectif. « À ce sujet, la disproportion entre les sommes prévues au PQI pour les infrastructures routières et les investissements prévus par le gouvernement pour l’électrification des transports parle d’elle-même », de souligner Jacques Létourneau.

          C’est toutefois sur le plan de la décarbonisation des entreprises que se situe la plus grande déception, estime la centrale syndicale.

          « Le parc industriel est à lui seul responsable du tiers des émissions de GES du Québec, rappelle M. Létourneau. Pourtant, aucune cible n’est déterminée par le gouvernement pour ce secteur. Celui-ci ne propose que des sommes incitatives offertes aux entreprises — et on ne parle ici que de 168 M$ par année. »

          Enfin, la CSN est d’avis que les organisations syndicales doivent être parties prenantes de ce changement. Ces transformations doivent être menées dans une perspective de transition énergétique juste, seule avenue permettant de trouver des solutions lorsque les transformations liées à la transition ont des impacts sur les travailleuses et les travailleurs dont les emplois dépendent d’industries à haute émission de GES.

          Manifestations en appui aux travailleuses et aux travailleurs des services publics

          Partout à travers le Québec, des milliers de personnes participent aujourd’hui à des manifestations organisées par la CSN en appui au personnel du réseau de la santé et des services sociaux, de celui de l’éducation ainsi que des organismes gouvernementaux présentement en négociation pour le renouvellement de leurs conventions collectives. Les travailleuses et les travailleurs du secteur public, qui assurent les services à la population dans des conditions devenues extrêmement difficiles, réclament du gouvernement qu’il reconnaisse enfin l’ampleur de la crise qui sévit et qu’il donne un réel coup de barre en investissant significativement dans les réseaux publics.

          À Montréal, plusieurs centaines de personnes ont marché dans les rues du centre-ville en scandant des messages à l’attention du premier ministre et de la présidente du Conseil du trésor : « Legault, LeBel, n’attendez pas la prochaine crise », « Urgence d’agir, services publics à rebâtir », « Des services plus humains, pour le Québec de demain ».

          Pour Jacques Létourneau, président de la CSN, l’appui de la population aux revendications du personnel des réseaux témoigne de la nécessité pour le gouvernement actuel de faire les choix qui s’imposent et de mettre les ressources nécessaires pour répondre aux besoins des travailleuses et des travailleurs sur le terrain. « Nos services publics s’écroulent depuis trop longtemps. Aujourd’hui, on voit l’étendue des dégâts et c’est toute la population qui en souffre ».

          Létourneau souligne que la raison principale invoquée par le gouvernement pour justifier les mesures de confinement actuelles, c’est justement la capacité affaiblie de réponse du système de santé, grandement hypothéqué par les compressions et les mesures d’austérité des dernières décennies. « M. Legault l’a dit à maintes reprises : nous sommes arrivés dans cette crise avec des réseaux fragilisés et c’est pourquoi il a dû, au cours des derniers mois, prendre des décisions qui, à leur tour, ébranlent l’ensemble du Québec. Pensons aux bris de service en santé et services sociaux qui se multiplient, avec des interventions chirurgicales annulées et des suivis qui tardent. Pensons au réseau de l’éducation, dont les ressources humaines et financières sont étirées au maximum depuis des mois, et qui montre des signes de plus en plus inquiétants d’épuisement généralisé. Pensons aussi à toutes les activités commerciales mises en suspens et les impacts que cela entraîne sur notre économie. »

          La CSN, qui représente plus de 150 000 travailleuses et travailleurs dans les services publics, réitère qu’elle propose depuis fort longtemps de nombreuses solutions et que celles-ci ont été déposées aux diverses tables de négociation depuis plus d’un an. « Pour que la situation s’améliore, il faut impérativement régler une fois pour toutes les problèmes de pénuries de main-d’œuvre. Et pour y arriver, ça prendra plus que des mercis en conférence de presse. Il faut améliorer les conditions de travail et de pratique en s’attaquant sérieusement à la surcharge de travail qui est devenue insoutenable. Et ça prend aussi de meilleurs salaires, des augmentations significatives, particulièrement pour celles et ceux qui gagnent le moins », ajoute Jacques Létourneau.

          « Au cours des prochaines semaines, les travailleuses et les travailleurs des services publics, mobilisé-es et solidaires, entendent utiliser tous les moyens à leur disposition pour faire comprendre au gouvernement qu’il y a urgence d’agir. Le personnel des réseaux et l’ensemble de la population du Québec méritent mieux. M. Legault doit faire mieux », conclut le président de la CSN.

          Faire plus pour sortir de la crise en santé

          La mise à jour économique du gouvernement Legault ne va pas chercher les marges nécessaires pour mettre fin à la crise en santé, services sociaux et dans les services de garde éducatifs. La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) préconise une réforme de la fiscalité audacieuse pour parvenir à améliorer nos services publics.

          Une relance économique qui laisse peu de place aux services publics et aux travailleurs.
          La mise à jour économique a pour objectif de revenir à l’équilibre budgétaire dans cinq ans, le tout sans aller chercher de nouveaux revenus. Pourtant, la pandémie montre à quel point nos services publics ont fait les frais des politiques d’austérité des dernières décennies. Le manque de personnel, les enjeux de santé mentale, la qualité des soins aux aîné-es sont autant d’enjeux qui nécessitent des investissements majeurs pour parvenir à répondre aux besoins de la population.

          C’est pourquoi la FSSS–CSN souhaite que la relance économique mise davantage sur nos services publics. Le gouvernement compte sur une augmentation des transferts fédéraux en santé pour financer les mesures qu’il a annoncées dernièrement dans le réseau. Cette augmentation, bien que souhaitable, est loin d’être à portée de main et n’empêche en rien le gouvernement d’augmenter ses propres revenus.

          « Si on ne veut pas aller chercher de nouveaux revenus tout en gardant le cap sur la réduction de la dette et un retour rapide à l’équilibre budgétaire, on peut craindre une nouvelle forme d’austérité. Le gouvernement doit sortir de son étau idéologique et prendre les moyens qui s’imposent pour sortir nos réseaux de la crise actuelle », explique Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

          Des solutions fiscales pour renforcer le filet social
          Selon la FSSS–CSN, la population du Québec a suffisamment souffert du désinvestissement dans les services publics, les programmes sociaux et l’action communautaire autonome.

          En vue du prochain budget, qui déterminera en grande partie notre capacité collective à traverser cette crise, et les autres qui pourraient subvenir, la FSSS–CSN demande au gouvernement Legault d’adopter, dès le prochain budget, les solutions fiscales qui lui permettront de procéder aux investissements nécessaires pour renforcer le filet social.

          L’organisation, qui est membre de la Coalition Main rouge, invite donc tous ses membres et la population à signer la pétition qu’elle lance aujourd’hui.

          Le personnel enseignant, le grand oublié de la mise à jour économique

          La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) accueille avec des sentiments partagés l’annonce du ministre des Finances, Éric Girard, qui, dans le cadre de la mise à jour économique du gouvernement, injecte 25 millions de dollars pour faciliter l’accès au réseau collégial et la diplomation. Une portion indéterminée, mais nettement insuffisante de cette somme est destinée à l’embauche ponctuelle de personnel enseignant et au soutien psychologique des profs de Cégep. Aucun investissement n’est cependant prévu pour soutenir les personnes chargées de cours universitaires, qui sont des enseignantes et des enseignants à statut précaire et dont les conditions de travail se sont particulièrement détériorées au cours des derniers mois. Ces fonds apparaissent terriblement dérisoires vu la crise dans laquelle a été plongé le monde de l’éducation et de l’enseignement supérieur depuis le début de la pandémie.

          La FNEEQ–CSN réclame depuis plusieurs mois des ressources supplémentaires dédiées exclusivement aux ressources enseignantes de manière à alléger la tâche durant cette période inédite. Un récent sondage a d’ailleurs mis en relief tout le drame qui se joue actuellement derrière les écrans des enseignantes et des enseignants. Les attentes étaient grandes; la déception l’est tout autant.

          Pour la fédération, le gouvernement envoie un mauvais signal aux enseignantes et aux enseignants, qui espéraient mieux respirer la session prochaine. Les sommes annoncées pour les Cégeps sont destinées à une longue liste de « mécanismes compensatoires » qui incluent le tutorat par les pairs, le soutien scolaire, l’achat de services et de matériel. L’exercice risque fort de se solder par un saupoudrage inefficace des ressources
          .
          « Afin de maintenir la mobilisation et l’engagement du personnel enseignant dans le contexte de la pandémie, le gouvernement doit investir des sommes substantielles pour faire une réelle différence dans leur travail. Nous martelons depuis des mois que les conditions d’apprentissage sont étroitement liées aux conditions d’enseignement. Le message ne semble pas avoir été bien compris. L’impact sur la persévérance et la réussite éducative pourrait se faire sentir sur des années », déplore Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQ–CSN.

          Un filet social à renforcer
          Selon la FNEEQ–CSN, la population du Québec a suffisamment souffert du désinvestissement dans les services publics, l’éducation, l’enseignement supérieur, les programmes sociaux et l’action communautaire autonome.

          En vue du prochain budget, qui déterminera en grande partie notre capacité collective à traverser cette crise et les autres qui pourraient survenir, la fédération demande au gouvernement Legault d’adopter, dès le prochain budget, les solutions fiscales qui lui permettront de procéder aux investissements nécessaires pour renforcer le filet social.

          La FNEEQ–CSN, qui est membre de la Coalition Main rouge, invite donc les membres de tous ses syndicats et la population à signer la pétition qu’elle lance aujourd’hui.

          Pour qu’enfin cessent les rumeurs

          Réunis en assemblée générale ce jeudi soir à Sherbrooke, les membres du Syndicat des travailleurs et travailleuses des pâtes et du papier de Brompton – CSN (STTPPB) ont décidé qu’elles et ils en avaient assez des rumeurs qui circulent à l’égard de leur usine.

          « Depuis quelque temps, plusieurs rumeurs circulent au sujet d’une relance éventuelle de notre usine. Des modifications sont apportées aux bâtiments et aux équipements de l’usine, des sous-traitants sont engagés afin de réaliser des travaux d’envergure dès le mois de janvier, des équipements nous sont acheminés et des ingénieurs s’affairent à transformer notre milieu de travail, de préciser Kevin Lepage, vice-président du STTPPB. Informellement, il est de plus en plus question d’une relance, mais nous qui faisons pourtant partie des premières personnes concernées, nous demeurons dans l’obscurité totale de ce projet ».

          Depuis l’arrêt définitif de la production de papier journal par leur employeur, les travailleurs et les travailleuses de l’usine Kruger de Bromptonville sont sans emplois depuis plus de sept mois. Pour ces hommes et ces femmes, cette période de mise à pied leur impose des incertitudes, une insécurité et des inquiétudes face à leur avenir et à celui de leur communauté. Plusieurs d’entre elles et d’entre eux attendent depuis longtemps et avec impatience une éventuelle relance de leur usine.

          « Exaspérés, nous avons donc décidé d’écrire directement à monsieur Joseph Kruger, président du conseil et chef de la direction de Kruger, afin de lui demander des éclaircissements sur ces rumeurs qui persistent. Tous les membres de notre syndicat vont donc lui faire parvenir une lettre lui demandant de nous préciser, dès que possible, ce qui adviendra des emplois à notre usine. Nous interpellons également le gouvernement de François Legault et nous lui demandons également des éclaircissements rapides en lien avec ces rumeurs », de conclure monsieur Lepage.

          Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des pâtes et du papier de Brompton–CSN rassemble environ 150 membres affiliés à la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN, au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN et à la CSN.

          Mise à jour économique : la CSN profondément déçue

          En maintenant ses versements au Fonds des générations à hauteur de 2,7 milliards cette année et en conservant un horizon de cinq ans pour le retour à l’équilibre budgétaire, le gouvernement du Québec pave la voie à des mesures d’austérité budgétaire, s’inquiète la CSN. Pour la centrale syndicale, le ministre des Finances prive le Québec des moyens et des ressources qui s’imposent pour relancer son économie.

          « Un consensus commence à se dégager au Québec : le gouvernement doit revoir sa stratégie budgétaire, souligne le président de la CSN, Jacques Létourneau. Le ministre des Finances aurait pu envoyer un message clair en indiquant d’emblée que le retour à l’équilibre budgétaire en 2025 ne figure pas dans les plans du gouvernement. Il avait l’occasion de suspendre les versements au Fonds des générations pour consacrer ces sommes aux besoins immédiats de la population du Québec et assurer une reprise économique vigoureuse. Malheureusement, c’est une occasion ratée. »

          « C’est à des années d’austérité que le gouvernement de la CAQ nous prépare », prévient le président de la CSN. Malgré les sommes prévues pour la formation et la requalification de la main-d’œuvre, la centrale syndicale demeure déçue de la timidité des mesures de relance annoncées aujourd’hui.

          Les objectifs fixés il y a 25 ans en matière de gestion du poids de la dette avaient été atteints avant la pandémie, rappelle Jacques Létourneau. « Si le Québec a été en mesure d’abaisser le ratio dette/PIB sous la barre du 45 %, c’est beaucoup plus en raison de sa croissance économique que des versements au Fonds des générations. Or, en maintenant intégralement ces versements, le Québec se prive des ressources financières permettant de renforcer la relance économique. Il se prive aussi des ressources permettant d’améliorer les conditions de travail du secteur public et d’embaucher le personnel nécessaire. C’est un non-sens absolu. »

          La CSN rassure toutefois le gouvernement de son appui quant à la nécessité de rehausser les transferts fédéraux en santé dont le niveau actuel prive le Québec d’importantes ressources.

          Des travailleuses et des travailleurs des services publics, membres de la CSN, occupent les bureaux du Conseil du trésor

          Des employé-es du réseau de la santé et des services sociaux, de celui de l’éducation et des organismes gouvernementaux occupent ce matin les bureaux montréalais du Conseil du trésor. Alors que le gouvernement a convié les différents secteurs des fédérations du secteur public de la CSN à un blitz de négociation ce week-end, force est de constater que les vis-à-vis patronaux n’ont toujours pas en main les marges financières pour mettre en place les solutions nécessaires. « Nous sommes ici aujourd’hui pour dire à la présidente du Conseil du trésor que, pour rebâtir les services publics qui vivent une crise sans précédent, les ressources doivent être au rendez-vous. La volonté de négocier que vous avez exprimée au cours des derniers jours ne doit pas être une simple façade; elle doit se traduire par des investissements importants », affirme Jacques Létourneau, président de la CSN.

          Les militantes et les militants qui déploient cette action depuis 9 h 45 ce matin, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des bureaux du Conseil du trésor, se font aujourd’hui les porte-parole de toutes celles et de tous ceux qui soutiennent la population au cœur de cette crise; une crise qui, par ailleurs, existait déjà dans les réseaux publics bien avant la pandémie. « Pour qu’il n’y ait plus de pénurie de personnel dans nos réseaux, il faudra plus que des mercis en point de presse. Il doit y avoir de meilleures conditions de travail et de pratique et, pour y arriver, il faut s’attaquer sérieusement à la surcharge de travail qui est devenue insoutenable. Et ça prend aussi de meilleurs salaires, des augmentations significatives, particulièrement pour celles et ceux qui gagnent le moins », ajoute Jacques Létourneau.

          Pour le président de la CSN, il est impératif que le gouvernement actuel fasse les choix qui s’imposent et donne un réel coup de barre pour relever les réseaux. « Nos services publics s’écroulent depuis trop longtemps. Aujourd’hui, on voit l’étendue des dégâts et c’est toute la population qui en souffre ». Il souligne que la raison principale invoquée par le gouvernement pour justifier les mesures de confinement actuelles, c’est justement la capacité affaiblie de réponse du système de santé, grandement hypothéqué par les compressions et les mesures d’austérité des dernières décennies. « M. Legault l’a dit à maintes reprises : nous sommes arrivés dans cette crise avec des réseaux fragilisés et c’est pourquoi il a dû, au cours des derniers mois, prendre des décisions qui, à leur tour, ébranlent l’ensemble du Québec. Je pense notamment aux bris de service en santé et services sociaux qui se multiplient, avec des interventions chirurgicales annulées ainsi que des suivis qui tardent. Je pense au réseau de l’éducation, dont les ressources humaines et financières sont étirées au maximum depuis des mois et qui montre des signes de plus en plus inquiétants d’épuisement généralisé. Je pense aussi à toutes les activités commerciales mises en suspens et les impacts que cela entraîne sur notre économie. »

          Il est maintenant on ne peut plus clair pour la CSN que la situation du Québec serait tout autre avec des services publics solides, soutenus adéquatement par l’État. « Personne ne veut repasser à travers ce qu’on vit aujourd’hui. Le gouvernement doit agir dans le meilleur intérêt de la population en répondant aux besoins des travailleuses et des travailleurs des réseaux afin qu’elles et ils puissent soigner, instruire et accompagner décemment les Québécoises et les Québécois au quotidien », conclut Jacques Létourneau.

          Un pas dans la bonne direction

          Voilà une trentaine d’années que le système réglementaire et l’écosystème de financement de la production et de diffusion du secteur de la culture et des médias au Canada n’ont pas été revus en profondeur. En ce sens, il faut saluer le projet de loi C-10 déposé aujourd’hui par le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault.

          « Pour nous, il s’agit d’un signe clair que le gouvernement comprend maintenant l’urgence de moderniser le cadre réglementaire et de l’adapter aux nouveaux modes de diffusion et de consommation de la culture et des médias, se réjouit d’emblée, Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN). Que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) dispose de pouvoirs pour réglementer les pratiques et la contribution des géants du web et qu’il puisse exiger que le contenu canadien soit mis en vitrine devrait lui donner plus de mordant. Mais il faudra aller beaucoup plus loin ».

          En effet, la concurrence accrue des nouveaux joueurs étrangers jusqu’à maintenant non soumis à des obligations de contribution financière ou à des obligations de contenu canadien provoque un déséquilibre grandissant. Les GAFAM, Netflix, Disney et Spotify, pour ne nommer que ceux-là, encaissent les revenus publicitaires collectés au Canada et les pompent directement à l’étranger bien souvent aux États-Unis sans payer ni taxes ni impôt chez nous ni même encourager sérieusement la production au Canada, faite par des artisans, créateurs et travailleurs d’ici.

          « Cette concurrence mondiale mine notre souveraineté culturelle et érode notre capacité à produire du contenu exprimant la diversité culturelle et médiatique propre à notre société. Nous n’avons pas le luxe du temps », s’alarme Pascale St-Onge. Des preuves tangibles? La contribution au Fonds des médias canadien par les entreprises de radiodiffusion encadrées par la loi actuelle a chuté de 26% depuis 2015. Aussi, 22 000 emplois ont été supprimés au pays dans le secteur de la presse écrite entre 2014 et 2019.

          Urgence d’agir

          Compte tenu de l’urgence d’agir, la pandémie ayant accentué le déséquilibre entre les joueurs de l’audiovisuel, les travaux pour faire adopter le projet de loi présenté aujourd’hui doivent être menés à bien rapidement afin que le CRTC puisse agir. D’ailleurs, une fois investi de ses nouveaux pouvoirs, le CRTC devra être prêt à procéder rapidement à une réforme en profondeur de sa réglementation pour restaurer l’équité.

          La FNCC–CSN, qui va analyser le projet de loi article par article dans les prochains jours, promet de participer activement aux travaux du Parlement. Surtout, nous continuerons d’exercer notre influence pour obtenir une réforme beaucoup plus en profondeur afin d’assurer la survie de notre écosystème culturel et médiatique en péril.

           

          Ce sont les travailleuses et les travailleurs des services publics qui nous sortiront de la crise; le gouvernement doit les écouter

          Après 40 séances de négociation à la table centrale ainsi qu’un nombre important de rencontres aux tables de négociation sectorielles et alors qu’une crise sans précédent affecte les services publics, la CSN dénonce l’immobilisme du Conseil du trésor et interpelle aujourd’hui le chef du gouvernement. « M. Legault, qu’attendez-vous pour aller écouter celles et ceux qui affrontent cette tempête? Allons-y ensemble, dès maintenant. » C’est le message que lance ce matin Jacques Létourneau, président de la CSN, au premier ministre du Québec. Il ajoute que les travailleuses et les travailleurs des réseaux sont les mieux placés pour évaluer les changements nécessaires qui doivent être apportés pour améliorer les services à la population, puisqu’ils vivent les problèmes au quotidien dans leur travail, et ce, depuis bien avant la pandémie.

          M. Létourneau lance cet appel alors que, depuis plusieurs semaines, les personnels des établissements de santé et de services sociaux, des établissements scolaires, des collèges et des organismes gouvernementaux tentent de se faire entendre en multipliant les interventions publiques dans différentes régions du Québec. Ce matin, une action était d’ailleurs menée en plein cœur du centre-ville de Trois-Rivières. « Les travailleuses et les travailleurs ne veulent plus de ces pansements qui ne sont là que pour stopper l’hémorragie. Ils veulent des mesures durables qui permettent d’améliorer réellement leurs conditions de travail et, par conséquent, les services à la population. Pouvoir faire leur travail plus humainement, c’est ce qu’ils demandent. »

          La CSN, qui revendique un réel coup de barre dans les services publics, tant sur le plan des conditions de travail et de pratique que sur celui du salaire, constate qu’à toutes les tables de négociation, c’est la même rengaine : les porte-parole du gouvernement n’ont pas de mandat, donc, aucune solution concrète n’est proposée pour régler les graves problèmes de pénurie de main-d’œuvre qui sévissent actuellement dans l’ensemble des réseaux publics.

          Malgré les rencontres du premier ministre avec les PDG des CISSS et des CIUSSS et les discussions entre la présidente du Conseil du trésor et les comités patronaux de négociation en éducation et en santé et services sociaux, la situation s’aggrave et les bris de services se multiplient. « Les gestionnaires parlent de réorganisations temporaires… Mais dans les faits, quand on est forcé de fermer l’urgence de Gatineau, quand on ferme un service d’obstétrique pendant 10 jours à Ville-Marie ou quand on entend parler d’une direction d’école qui aurait pris en charge un groupe dans un service de garde scolaire, il s’agit de ruptures de services. Et il y en avait déjà avant l’arrivée de la COVID-19 », ajoute M. Létourneau.

          Pour la CSN, il est impératif que le gouvernement donne des mandats aux personnes qui le représentent pour que la négociation progresse et que de vraies solutions puissent être mises en place dès maintenant. « Est-ce que M. Legault comprend vraiment ce qui se passe sur le terrain? Quand on entend certaines de ses déclarations en conférence de presse, qui ne reflètent pas du tout la réalité, on se pose la question. Avec la négociation, le gouvernement a l’occasion d’agir immédiatement pour que les Québécoises et les Québécois aient accès aux services auxquels ils ont droit. Il doit le faire », conclut Jacques Létourneau.

          Les ZOOMbies sortent des cégeps

          Cette année, la pandémie a fait naître une catégorie de créatures encore jamais observées au Québec : les ZOOMbies ! Ce matin, en effet, des centaines de profs de cégep de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) sortent de leurs écrans et des nombreuses plateformes virtuelles d’enseignement qui les ont transformés en ZOOMbies pour grogner leur désarroi devant les bureaux du ministère de l’Enseignement supérieur (MES) à Montréal et à Québec ainsi que dans des cégeps de toutes les régions de la province. Aucun maquillage n’est cependant nécessaire tant leurs yeux sont cernés et leur dos est voûté par la surcharge de travail. Les ZOOMbies manifestent en appui aux porte-parole de la FNEEQ-CSN, qui revendiquent au même moment des ressources supplémentaires au MES.

          Depuis le début de la crise sanitaire, la tâche enseignante est fortement alourdie par l’adaptation importante des cours, tant en présence qu’en modes hybride ou non présentiel, ainsi que par les besoins extraordinaires des étudiantes et des étudiants en termes d’encadrement. Transformés symboliquement en ZOOMbies, les profs lancent un cri du cœur et projettent l’image de ce qui les attend si elles et ils n’obtiennent pas de ressources enseignantes substantielles pour alléger le fardeau vécu cet automne.

          À peine quelques semaines après le début de la session, la situation s’avérait déjà alarmante selon un sondage qui a démontré que la détresse psychologique touchait plus de la moitié des enseignantes et des enseignants. Les ressources supplémentaires accordées jusqu’ici par le gouvernement ont eu peu d’impact sur la tâche enseignante puisqu’elles ont été utilisées par les directions d’établissement pour combler d’autres besoins. « Nous espérons obtenir une enveloppe financière importante et dédiée exclusivement à l’allégement de la tâche enseignante durant la pandémie. La capacité à bien encadrer celles et ceux qui suivent nos cours est cruciale pour assurer la persévérance et la réussite éducative de toutes les populations étudiantes : les conditions d’apprentissage et les conditions d’enseignement vont de pair », précise Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQ-CSN.

          « Toutes les communautés sont actuellement mobilisées pour atténuer les impacts de la crise. Les enseignantes et les enseignants ne font pas exception et se trouvent aux premières loges pour former les citoyennes et les citoyens de demain au bénéfice de toute la société québécoise. Voulons-nous vraiment les abandonner ? Espérons que nous saurons redonner rapidement un visage plus humain à leur profession », conclut Yves de Repentigny, vice-président responsable du regroupement cégep de la FNEEQ-CSN.

          PL65 : la CSN suggère des mesures pour améliorer la consigne et la collecte sélective

          Pour que l’élargissement de la consigne permette de réelles améliorations en matière de récupération de matériaux et de collecte sélective, des renforcements doivent être apportés au projet de loi 65, préconise la CSN dans le cadre des travaux portant sur la Loi modifiant principalement la Loi sur la qualité de l’environnement en matière de consigne et de collecte sélective.

          La CSN salue la volonté du gouvernement de moderniser la consigne et de l’élargir aux bouteilles de vin et de spiritueux. Afin de réduire les déplacements de la clientèle, la centrale demande à ce que la gestion des contenants consignés soit prise en charge, autant que possible, dans les succursales de la SAQ.

          Alors que le projet de loi intègre le concept de la responsabilité des entreprises productrices, celle-ci doit viser à réduire à la source les matières produites, et ce, dès leur conception. En plus de s’assurer que les coûts supplémentaires ne seront pas refilés aux consommateurs, le gouvernement doit veiller à instaurer des mécanismes fiables et reconnus pour le recyclage des contenants, des emballages et des imprimés.

          Consciente que bon nombre de modalités seront intégrées aux règlements qui permettront la mise en œuvre du projet de loi à l’étude, la CSN demeure malgré tout préoccupée par la croissance des contenants à remplissage unique au détriment des contenants à remplissage multiple comme la bouteille brune utilisée par les brasseurs de bière. Afin de promouvoir cette option plus écologique, la CSN propose de rehausser le montant de la consigne des contenants à usage unique.

          L’organisation syndicale s’inquiète par ailleurs de constater que le gouvernement a permis l’arrêt d’une entente datant de 1984 et limitant le nombre de contenants à remplissage unique dans la commercialisation de la bière. Ce seuil maximal, fixé à 37,5 % du volume des ventes de chaque adhérent, permettait justement de favoriser le remplissage multiple.

          Enfin, bien que le projet de loi 65 n’aborde aucunement la question cruciale des conditions de travail des gens qui œuvrent dans les centres de tri, notamment en matière de santé et de sécurité au travail, la CSN demande au gouvernement de s’attaquer rapidement aux problèmes fréquents qui y sont rencontrés.

          Régimes de retraite à prestations cibles : un outil d’épargne additionnel pour les travailleuses et les travailleurs

          Présente en commission parlementaire aujourd’hui, la CSN a accueilli favorablement le projet de loi visant principalement à permettre l’établissement de régimes de retraite à prestations cibles.

          « Il est clair pour nous que les régimes de retraite à prestations déterminées demeurent le meilleur véhicule d’épargne pour les travailleuses et les travailleurs, a souligné la vice-présidente de la CSN, Caroline Senneville. Mais malheureusement, ils ne sont pas accessibles à tous. En ce sens, les membres que nous représentons doivent avoir différentes possibilités qui répondent à la réalité de leur milieu de travail. »

          Le président du Syndicat national des employés de l’aluminium de Baie-Comeau (CSN), Michel Desbiens, demande à ce que la mise en œuvre de la loi se fasse rapidement. « Cette loi permettra enfin aux syndicats affiliés à la CSN qui, comme nous, ont négocié de tels régimes de retraite au cours des derniers mois, de mettre en application leurs ententes. »

          En rendant possible le partage des risques économiques et de ceux liés à la longévité, les régimes à prestations cibles constituent un outil supplémentaire intéressant, estime la CSN. Ils favorisent une mise en commun de plusieurs groupes de travailleuses et de travailleurs tout en respectant l’équité entre les différentes générations de cotisants au régime. Les mécanismes de financement et d’ajustement des prestations définis dans le projet de loi permettent d’établir un régime qui vise la sécurité et la stabilité des prestations. En ce sens, la CSN croit que ce projet de loi crée de nouvelles opportunités quant à la mise en place des régimes collectifs dans les milieux de travail, là où les régimes actuels ne sont pas adéquats.

          La CSN a profité de son passage en commission pour rappeler aux parlementaires qu’un grand nombre de travailleuses et de travailleurs n’ont pas accès à un régime de retraite adéquat et que des iniquités importantes perdurent en matière de revenus accessibles à la retraite, notamment envers les femmes et les travailleurs autonomes. Pour la centrale syndicale, les travaux permettant une meilleure retraite pour toutes et pour tous sont loin d’être terminés.

          Équité salariale : la CSN déplore la multiplication des recours juridiques du gouvernement

          La CSN déplore la multiplication des recours juridiques utilisés par le gouvernement du Québec qui a pour effet de retarder, encore une fois, l’application d’une décision de la Cour suprême concernant certaines dispositions de la Loi sur l’équité salariale discriminatoires envers les femmes. La Procureure générale s’adresse aujourd’hui à la Cour d’appel pour demander, une nouvelle fois, le rejet de la contestation logée par la CSN et d’autres organisations syndicales.

          « Le cirque ne peut plus durer, tranche la vice-présidente de la CSN, Caroline Senneville. Nous sommes devant un gouvernement qui, malgré la clarté de la décision de la Cour suprême, a d’abord tenté d’adopter des modifications à la loi qui contredisent cette décision, tout comme le droit de centaines de milliers de travailleuses d’obtenir une rémunération équivalente à celle de leurs collègues qui occupent des emplois majoritairement masculins. Ce même gouvernement tente aujourd’hui de perpétuer ces discriminations en multipliant les recours juridiques. Près de 20 ans après l’adoption de la Loi sur l’équité salariale, on ne s’attendrait pas à autant de résistance de la part du gouvernement, qui demeure le plus gros employeur du Québec ! »

          Rappelons qu’en mai 2018, la Cour suprême avait invalidé certains articles de la Loi sur l’équité salariale et forcé le gouvernement du Québec à la modifier. Le plus haut tribunal du pays avait tranché : les correctifs salariaux doivent être rétroactifs au moment où une discrimination est apparue plutôt qu’au moment où l’évaluation du maintien de l’équité est effectuée, laquelle constitue un exercice obligatoire tous les cinq ans

          Pour se conformer à cette décision, le gouvernement avait adopté en juin 2019 le projet de loi 10. La CSN avait toutefois contesté certaines dispositions de cette loi en Cour supérieure. Cette contestation portait notamment sur les dispositions créant une mesure d’exception pour les plaintes déjà déposées ou amorcées avant l’adoption des modifications législatives et sur le mode de correction salariale préconisé (en montant forfaitaire plutôt que par l’application aux taux et aux échelles de salaire).

          La Procureure générale du Québec avait alors contesté le bien-fondé de cette requête, arguant qu’il revenait à chaque travailleuse s’estimant lésée de contester les nouvelles dispositions législatives… devant le Tribunal administratif du travail. La Cour supérieure avait promptement refusé la requête en rejet du gouvernement.

          PL59 : la réforme devra prioriser la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs

          La CSN salue la détermination du ministre du Travail, Jean Boulet, à mener à terme une réelle réforme en matière de santé et de sécurité au travail. En ce sens, le projet de loi 59, qui vise principalement à réformer, pour une première fois en quarante ans, la Loi sur la santé et la sécurité du travail et la Loi sur les accidents de travail et les maladies professionnelles constitue un pas important.

          La CSN déplorait depuis fort longtemps le fait que les mécanismes de prévention prévus à la loi ne sont pas accessibles pour la totalité des milieux de travail. Le projet de loi déposé par le ministre semble corriger la situation. La centrale syndicale est néanmoins préoccupée par les pouvoirs consentis aux comités de santé et de sécurité prévus par la loi.

          « Que les mécanismes de prévention s’appliquent à tous constitue certainement une réelle avancée pour les travailleuses et les travailleurs, souligne le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. Mais il ne faudrait surtout pas diluer ces mécanismes en leur retirant toute forme de contrainte envers les employeurs. Pour nous, il n’a jamais été question de niveler par le bas ! » Dans cette optique, la CSN estime que la décision du ministre de considérer le réseau de la santé et des services sociaux comme constituant un secteur à risque « faible » semble pour le moins incohérente, compte tenu du nombre de réclamations très élevé des salarié-es de ce secteur auprès de la CNESST – sans parler des risques accrus entraînés par l’actuelle pandémie.

          La confédération salue par ailleurs l’inclusion des travailleuses et travailleurs domestiques ainsi que des stagiaires en milieu d’emploi, qui seront dorénavant couverts par la loi, de même que les nouvelles modalités applicables au secteur de la construction. La CSN est également satisfaite de voir que les employeurs devront dorénavant prendre les mesures nécessaires pour protéger les travailleurs exposés à des situations de violence conjugale ou familiale

          Le maintien des dispositions concernant le retrait préventif de la travailleuse enceinte, que certains employeurs auraient préféré voir extraites du cadre législatif en matière de santé et de sécurité du travail, constitue également un point positif du projet de loi.

          La CSN félicite la décision du ministre d’inclure l’évaluation des risques psychosociaux dans le programme de prévention et de reconnaître, enfin, le syndrome de stress post-traumatique au sein de la liste des maladies professionnelles présumées. La centrale syndicale est toutefois d’avis que cette liste ne peut se résumer à une seule maladie d’ordre psychologique.

          Enfin, la CSN voudra étudier plus en profondeur les impacts de la permission offerte aux employeurs de ne convenir que d’un seul programme de prévention pour l’ensemble de ses établissements dont les opérations sont similaires. Pour l’organisation syndicale, malgré une certaine logique apparente, une telle centralisation des efforts en matière de santé et de sécurité au travail pourrait contenir le risque de déposséder les travailleuses et les travailleurs d’un regard direct sur les risques et les dangers inhérents à leur propre milieu de travail.

          Compte tenu de l’ampleur du projet de loi et des amendements législatifs qu’il entraîne, la CSN s’attellera, au cours des prochaines semaines, à une analyse approfondie des nombreux amendements législatifs. La centrale syndicale exprimera ses observations supplémentaires dans le cadre de la commission parlementaire qui aura lieu et à laquelle elle entend bien sûr participer.

          Les 3 000 RSG–CSN acceptent sans enthousiasme l’entente de principe recommandée par le médiateur

          Après la tenue de six assemblées régionales virtuelles la semaine dernière, les 3 000 responsables de service de garde en milieu familial de la CSN (RSG–CSN) ont accepté dans une proportion de 86 % l’entente de principe recommandée par le médiateur Nicolas Dionne. « Ce taux d’acceptation ne doit pas cacher le grand mécontentement des femmes qui choisissent d’accueillir chez elles des milliers d’enfants québécois, de les éduquer et d’en prendre soin », nuance d’entrée de jeu Karine Morisseau, représentante du secteur des RSG à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

          En effet, les travailleuses comprennent que le contexte actuel de pandémie, dont personne n’aurait pu prédire l’ampleur, a complètement chamboulé la négociation. Des parents angoissés à juste titre, des RSG obligés d’appliquer les mesures sanitaires strictes et des restrictions importantes en matière de rassemblement ont sans doute compliqué les pourparlers avec le ministère de la Famille.

          « Le contexte sanitaire qui afflige l’ensemble des RSG en milieu familial leur ajoute un stress important. Cependant, il faut d’ores et déjà préparer la suite du combat pour la pérennité du métier de RSG en milieu familial. Nous serons au rendez-vous », prévient Jeff Begley, président de la FSSS–CSN. Tout indique malheureusement que cette entente recommandée par le médiateur ne freinera aucunement l’exode massif des RSG vers d’autres professions.  

          Par ailleurs, le comité chargé de l’analyse du revenu annuel inéquitable des RSG en milieu familial doit reprendre ses travaux au plus tard le 1er janvier prochain. « Les trois représentants nommés par la FSSS–CSN veilleront à ce que le gouvernement soit de bonne foi afin d’en arriver à des recommandations communes à la fin du mois de septembre prochain », rappelle Lucie Longchamp, vice-présidente de la FSSS–CSN, qui demeure convaincue qu’il est inacceptable de travailler 55 heures par semaine pour moins de 30 000 $ par année.

          L’entente de quatre ans recommandée par le médiateur prévoit tout de même une augmentation de 11,8 % en matière de rémunération et un allégement de la lourdeur des tâches administratives exigées aux RSG en milieu familial.

          COVID-19 : le gouvernement doit dépoussiérer d’urgence les lois en matière de santé et sécurité au travail

          Deux vagues de pandémie de COVID-19 qui frappent : jamais nos milieux de travail n’auront été aussi fortement soumis aux multiples défis que représente la santé-sécurité au travail (SST). Nos 300 000 membres doivent adapter leur quotidien et placer la SST au centre de leurs préoccupations. Or, il s’agit d’une responsabilité partagée.

          « Je veux inciter les travailleuses et les travailleurs du Québec à se protéger, mais aussi à être très vigilants face aux employeurs pour que ceux-ci fournissent les équipements de protection individuelle adéquats. Il est primordial de défendre le droit de travailler sans risquer sa vie ou celle de nos proches », martèle Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

          Le Québec en queue de peloton

          Pour accroître la protection des travailleuses et des travailleurs, le gouvernement Legault doit agir de toute urgence. « Je demande au ministre du Travail, Jean Boulet, de déposer au plus vite les projets de loi qu’il devait présenter en 2019 afin de moderniser la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) et la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles (LATMP). Ces deux lois doivent être dépoussiérées sans délai », exhorte Jean Lacharité.

          En effet, si le Québec agissait en réel précurseur dans les années 80 en matière de SST, nous traînons désormais en queue de peloton. Aujourd’hui, 75 % des travailleuses et travailleurs ne sont pas protégés par les mécanismes de prévention législatifs. Aussi, alors que le monde du travail change à la vitesse grand V, la liste des maladies professionnelles reconnues n’a été ni revue ni mise à jour depuis son adoption en 1985. Par exemple, les maladies à caractère psychologique n’y figurent même pas.

          Du 18 au 24 octobre, lors de la Semaine nationale de la santé et de la sécurité du travail (semaineSST.org), la CSN réitère l’importance d’adopter des mesures préventives visant l’élimination des dangers à la source. En ce sens, la réforme des lois est un allié incontournable.

           

          Marche mondiale des femmes 2020 : résistons pour vivre, marchons pour transformer !

          La Marche mondiale des femmes 2020, qui marque cette année sa cinquième action internationale, se déroule dans un contexte inédit, bien sûr, en raison de la crise sanitaire. Plus que jamais, en raison de la pandémie, les inégalités vécues par les femmes au Québec et ailleurs dans le monde sont exacerbées. Les féministes de la CSN joignent leur voix à celles de milliers de femmes qui doivent aujourd’hui combattre ces inégalités et se mobiliser pour l’obtention de meilleures conditions de vie et de travail.

          Depuis les débuts de la Marche mondiale des femmes (MMF), la CSN n’a jamais manqué de participer à l’organisation de ses actions et d’y prendre part. Afin de témoigner de sa constante solidarité, le slogan « Quand les inégalités envers les femmes reculent, la société avance » est depuis aujourd’hui affiché sur la devanture extérieure du siège social de la CSN, au 1601, avenue De Lorimier, à Montréal. S’ajoute à ce slogan fort la mise en exergue sur les tableaux électroniques en vitrine de l’ensemble des revendications québécoises de la MMF qui portent sur la pauvreté, les violences faites aux femmes, la justice climatique, les difficultés vécues par les femmes migrantes, immigrantes et racisées ainsi que celles que connaissent les femmes autochtones.

          Des femmes qui luttent
          C’est dans la foulée de la marche Du Pain et des roses, en 1995 au Québec, que le mouvement des femmes organise en l’an 2000 une première action internationale qui se tient dans plus de 160 pays. Au Québec, l’organisation des actions est assumée par la Coordination du Québec pour la Marche mondiale des femmes (CQMMF), un regroupement féministe qui a pour mission de contribuer à éliminer les causes de la pauvreté des femmes et de la violence qu’elles vivent. La CSN est membre de la CQMFF. Pour en savoir plus sur cette organisation et ses revendications, visitez cqmmf.org.

          Des besoins urgents pour le personnel de la santé et des services sociaux

          Les travailleuses et les travailleurs de la santé ne pourront pallier les lacunes du système encore très longtemps, prévient la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). Elle presse le gouvernement d’agir sans attendre pour appliquer les solutions nécessaires pour éviter une autre catastrophe.

          « Cela fait des mois que nous le disons. Il aurait fallu profiter de la période estivale pour terminer les négociations des conventions collectives et bien se préparer à une seconde vague, explique le président de la FSSS–CSN, Jeff Begley. Le gouvernement n’a rien voulu entendre. Malgré son échec à mettre en place les mesures nécessaires pour protéger le personnel du réseau et contenir la propagation lors de la première vague, il continue dans son approche unilatérale, top-down. Il faut absolument changer de cap, car sinon, je le crains, l’exode des travailleuses et des travailleurs se poursuivra et on va s’en aller dans le mur; ça fera encore plus mal que la première fois ».

          Des mesures spécifiques à la crise
          Au printemps dernier, la FSSS–CSN s’est acharnée à tenter de conclure une entente avec les représentantes et les représentants patronaux sur différentes mesures nécessaires pour protéger non seulement les travailleuses et les travailleurs, mais également toute la population, notamment celles et ceux qui sont soignés et hébergés dans les établissements. Le gouvernement avait refusé cette main tendue. Il a mis en place unilatéralement des protections qui se sont avérées insuffisantes. Finalement, le personnel du réseau compte pour pas moins du quart des infections à la COVID-19 au Québec, une proportion plus élevée qu’ailleurs au Canada. En outre, les gestionnaires maintiennent, encore aujourd’hui, des mouvements de personnel à l’intérieur et entre les établissements et ils continuent de faire appel aux agences de placement, ce qui constitue un vecteur important de propagation de la contagion.

          « Les gestionnaires nous proposent de nous « efforcer » de respecter les consignes émises par la Santé publique, poursuit Jeff Begley. C’est clairement insuffisant. Le réseau se doit, au contraire, de montrer la voie, de se distinguer comme un employeur modèle face à la pandémie. Et ce n’est vraiment pas le cas! »

          La FSSS–CSN réclame notamment :

          • De meilleurs canaux de communication entre le MSSS, le CPNSSS, la FSSS-CSN et les syndicats locaux
          • Des mesures en santé et sécurité du travail (isolement, équipements de protection, déplacement, soutien psychologique, etc.)
          • L’encadrement de l’utilisation du personnel d’agences
          • Des mesures favorisant la conciliation famille-travail
          • Des adaptations dans l’organisation du travail
          • Des compensations justes pour le personnel au front

          Personnel demande la reconnaissance
          Au printemps dernier, le gouvernement a choisi d’instaurer un cocktail de différentes primes visant à reconnaître le travail du personnel au front. Ces primes génèrent encore beaucoup d’insatisfaction, parce que leur application est injuste aux yeux du personnel. Ces primes sont restreintes à certains titres d’emploi précis, dans certaines zones désignées. Comment expliquer, par exemple, que les brancardiers en soient exclus, eux qui transportent des patients infectés? Il en va de même pour le personnel qui manipule les instruments médicaux ou le matériel souillés à la COVID ou le personnel des laboratoires dont la contribution à la lutte est clairement indispensable? Pourquoi le travail du personnel administratif n’est-il pas davantage reconnu, alors que ces travailleuses ont été nombreuses à contracter la COVID-19? Ce ne sont là que quelques exemples de titres d’emploi à qui le gouvernement envoie le message qu’ils ne sont pas importants.

          Par conséquent, les gens quittent le réseau en masse, ce qui annonce des difficultés de main-d’œuvre encore plus aiguës. Seulement au CIUSSS de l’Est-de-l’île-de-Montréal, plus de 1800 personnes ont démissionné depuis le début de l’année. L’établissement se retrouve notamment avec 250 agentes administratives, 85 préposé-es à l’entretien et 120 préposé-es aux services alimentaires en moins depuis le début de l’année. Bien que leur travail dans nos établissements soit rarement mis sous la lumière, il demeure que leur rôle est primordial. Cela entraîne une surcharge de travail pour tous les autres salarié-es, cela non sans impact sur les services auxquels la population est en droit de s’attendre. « Il faut agir de toute urgence, sinon, c’est un mur qui nous attend, prévient Jeff Begley ».

          Des négociations qui traînent en longueur
          Une bonne marque de reconnaissance pour tout le personnel serait bien entendu de conclure le renouvellement des conventions collectives, échues depuis le 31 mars 2020. Or, le gouvernement refuse jusqu’à maintenant toutes les solutions apportées par la partie syndicale pour attirer la relève et retenir et stabiliser le personnel dans tous les titres d’emploi. Les problèmes de main-d’œuvre des établissements ne se limitent pas seulement au PAB ou au personnel soignant. Ils touchent de nombreux titres d’emploi des établissements, du personnel administratif aux ouvriers spécialisés, qui gagnent parfois beaucoup moins que ce qu’ils gagneraient dans le secteur privé. En l’absence de solutions, les établissements doivent demander à du personnel aux soins de remplir plus de paperasse ou encore faire appel à des entreprises sous-traitantes, qui chargent le prix fort pour entretenir les installations ou assurer l’hygiène et la salubrité des milieux de soins.

          Le gouvernement ne veut même pas discuter avec les syndicats en matière de santé et sécurité, alors que le réseau est un des milieux de travail où on compte le plus d’accidents de travail et de maladies professionnelles, et ce, même avant la crise. Le gouvernement ne veut parler que de ses propres demandes de recul, par exemple, revoir l’application des dispositions sur le paiement des heures supplémentaires et l’aménagement de la semaine de travail, pour économiser des sommes et montrer un portrait trompeur sur le recours réel aux heures supplémentaires dans le réseau.

          « Chaque jour, le trio santé de la CAQ nous répète que le réseau est très fragile, qu’il est au bord de la rupture, rappelle la vice-présidente de la FSSS–CSN, Josée Marcotte. C’est vrai. C’est précisément parce que, depuis des décennies, les gouvernements qui se sont succédé n’ont pas voulu aborder de front ces enjeux avec les syndicats en négociation. L’heure n’est certainement pas à rogner encore davantage dans les conditions de travail du personnel, au contraire! Un changement de cap s’impose! Le gouvernement doit prendre au sérieux le cri du cœur des salarié-es. Si le gouvernement n’entend pas ce message maintenant, nous serons prêts à augmenter la pression, car il y a urgence de rebâtir nos services de santé et sociaux! »

          Faire mieux pour affronter la deuxième vague dans les résidences privées pour aîné-es

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN) réclame que le gouvernement prenne les mesures nécessaires pour retenir le personnel des résidences privées pour aîné-es et des institutions religieuses alors que la deuxième vague s’annonce difficile.

          La restriction de la prime accordée par le gouvernement dans ces résidences touche plusieurs préposé-es aux bénéficiaires (PAB) et s’ajoute aux nombreux défis pour attirer et retenir le personnel. Depuis août dernier, le gouvernement a établi un maximum salarial de 21,27 $ de l’heure pour l’application de la prime COVID dans ces résidences. Ce n’est ainsi plus tous les PAB qui ont maintenant accès à la prime de 4 $ de l’heure. Dans les derniers mois, de nombreux PAB ont quitté les résidences privées et les institutions religieuses, notamment pour prendre part à la formation abrégée dans le secteur public. Cela ne fait qu’accentuer le manque de personnel criant dans ces résidences pourtant au premier front de la lutte à la pandémie.

          « Il faut dès maintenant régler ce problème. Bien des gens qui travaillent dans les résidences privées pour aîné-es ont quitté dans les derniers mois et on se retrouve avec encore moins de monde sur le plancher pour faire face à la deuxième vague. Nous avons déjà des éclosions dans nos résidences, il faut tout faire pour arrêter ça », explique Gilles Gagné, représentant des centres d’hébergement privés à la FSSSCSN.

          À cela s’ajoute le fait que les travailleuses et travailleurs sont mal équipés. De plus en plus d’études indiquent que le virus peut se transmettre par aérosol. Les équipements de protection individuelle disponibles ne protègent pas contre ce mode de transmission. La FSSSCSN réclame un rehaussement des mesures de protection pour mieux protéger le personnel.

          Régimes de retraite à prestations cibles : la CSN salue le dépôt du projet de loi 68

          La CSN accueille favorablement le dépôt du projet de loi 68 du ministre des Finances, Éric Girard, qui rendra désormais possible la mise sur pied de régimes de retraite à prestations cibles. Ce projet de loi pourra enfin permettre aux syndicats affiliés à la CSN qui ont négocié de tels régimes de retraite auprès de leur employeur au cours des derniers mois de mettre en application leurs ententes.

          « Nous sommes conscients que les régimes de retraite à prestations cibles ne sont pas la solution à tous les problèmes que nous vivons avec l’ensemble des régimes de retraite », indique d’emblée la vice-présidente de la CSN, Caroline Senneville. « Mais il s’agit néanmoins d’une possibilité supplémentaire pour épargner et atteindre un revenu adéquat à la retraite. »

          En permettant de partager non seulement les risques économiques, mais aussi les risques liés à la longévité, les régimes à prestations cibles sont des outils plus performants que les régimes d’accumulation de capital tels que les REER collectifs et les régimes à cotisations déterminées, estime la centrale syndicale pour qui les régimes à prestations déterminées demeurent tout de même la meilleure des options. « Le dépôt de ce projet de loi ne signifie aucunement que nous ne continuerons pas à nous battre pour préserver nos régimes de retraite à prestations déterminées ni à chercher toutes les solutions nécessaires pour en assurer la pérennité », souligne Caroline Senneville.

          La récente bonification du Régime des rentes du Québec constitue un pas dans la bonne direction, rappelle la vice-présidente de la CSN. « Mais cette bonification n’est pas suffisante. Des régimes collectifs de retraite sont toujours nécessaires. En ce sens, le projet de loi déposé ce matin permettra de réunir plusieurs groupes d’employé-es au sein d’un même régime et de favoriser ainsi l’accès à de bons régimes de retraite pour un plus grand nombre de travailleuses et de travailleurs. »

          Au cours des prochains jours, la CSN étudiera en détail les modalités du projet de loi afin de s’assurer que les mécanismes en matière de transparence, d’équité et de sécurité des prestations sont adéquats.

          Fondée en 1921, la CSN regroupe 300 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec.

          Une plateforme bien accueillie par la FEESP-CSN, mais avec des bémols

          Le secteur scolaire de la Fédération des employé-es et employés de services publics (FEESP–CSN), qui représente plus de 30 000 membres du personnel de soutien scolaire à travers le Québec, souligne l’initiative du gouvernement de créer une nouvelle plateforme de recrutement, mais avec certaines réserves.

          « Nous dénonçons les conditions dans lesquelles les employé-es doivent travailler depuis des mois. Cette nouvelle aide sera la bienvenue afin de soulager celles et ceux qui sont à pied d’œuvre depuis le tout début de la pandémie pour s’assurer que nos écoles demeurent des milieux sécuritaires », de souligner Annie Charland, présidente du secteur scolaire FEESP–CSN.« Cependant, un bon nombre de travailleurs et de travailleuses déjà à l’emploi sont à temps partiel, comme des surveillants et des surveillantes et le personnel en services de garde. Avant de procéder à de nouvelles embauches, nous espérons que ces personnes pourront compléter leur horaire et bénéficier d’un temps complet », ajoute Mme Charland.

          La FEESP-CSN émet également des doutes quant au montant de 25 millions annoncé la semaine dernière par le ministère. « Les derniers mois ont démontré le caractère essentiel du travail effectué par les employés-es de soutien. Il faudra également profiter de la négociation en cours pour améliorer les conditions de travail du personnel de soutien afin de contrer les difficultés d’attraction et de rétention qui étaient déjà présentes avant la pandémie », de conclure Nathalie Arguin, présidente de la FEESP–CSN.

          À propos

          Le secteur scolaire de la Fédération des employé-es et employés de services publics (FEESP–CSN) regroupe 37 syndicats affiliés à la FEESP–CSN et représente environ 30 000 employés-es de soutien présents dans 31 centres de services scolaires francophones et deux commissions scolaires anglophones. Il représente notamment les classes d’emplois suivantes : les techniciennes en service de garde, les éducatrices en service de garde, les préposé-es aux élèves handicapés et les techniciennes en éducation spécialisée, les concierges et les ouvriers.

          Journée mondiale des enseignants : ne laissez personne de côté !

          Célébrée annuellement le 5 octobre depuis 1994, la Journée mondiale des enseignant(e)s a en 2020 pour thème « Enseignants : leaders en temps de crise et façonneurs d’avenir ». La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQCSN) fait entièrement sien le thème retenu cette année par l’Internationale de l’Éducation et l’UNESCO, et souligne le leadership inestimable dont font preuve les enseignantes et les enseignants durant cette période trouble et éprouvante. La crise a révélé que les enseignantes et les enseignants sont des intervenants de première ligne.

          La pandémie de COVID-19 pose de nouveaux défis aux systèmes éducatifs, déjà soumis à de fortes contraintes. Compromettant trop souvent leur propre santé, les enseignantes et enseignants de tous les niveaux d’enseignement font preuve chaque jour de détermination, de professionnalisme et de créativité afin de permettre à chaque élève, chaque étudiante ou chaque étudiant de poursuivre son apprentissage. L’alourdissement important du travail que cela implique pourrait cependant être atténué par l’ajout de ressources supplémentaires ou la diminution de la taille des groupes-cours.

          « Les enseignantes et les enseignants doivent être en mesure d’encadrer adéquatement les élèves, les étudiantes et les étudiants, particulièrement les plus vulnérables, mais il faut aussi leur donner des conditions de travail convenables. Personne ne doit être laissé de côté et cela inclut le personnel enseignant », souligne Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQCSN, organisation qui représente près de 35 000 enseignantes et enseignants, de la maternelle à l’université et provenant de toutes les régions du Québec.

          Rappelons que le choix du 5 octobre pour souligner la Journée mondiale des enseignantes et des enseignants est lié à la recommandation de l’UNESCO et de l’Organisation internationale du travail relative à la condition des enseignantes et des enseignants, signée à la même date en 1966. La Recommandation concernant la condition du personnel enseignant de l’enseignement supérieur, adoptée en 1997, complète la Recommandation de 1966 pour y adjoindre le personnel de recherche et d’enseignement de l’enseignement supérieur.

          L’UDA, la FNCC-CSN et la GMMQ saluent le plan d’aide d’urgence du gouvernement du Québec

          L’UDA, la FNCC–CSN et la GMMQ accueillent favorablement le plan d’aide dévoilé vendredi par la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy. « La ministre a bien saisi la détresse qui afflige les artistes, les créateurs, les professionnels et les artisans du milieu culturel, durement touchés depuis les fermetures et les annulations provoquées par les contraintes sanitaires des six derniers mois. Elle est consciente de l’urgence d’agir maintenant, partout où les événements culturels sont, une fois de plus, subitement stoppés », souligne, d’entrée de jeu, Sophie Prégent, présidente de l’Union des artistes (UDA).

          Le plan gouvernemental de 50 millions de dollars additionnels devrait permettre d’aider les institutions culturelles comme les musées, les salles de spectacles et les théâtres à faire face aux fortes pertes encourues à la billetterie. Il faut maintenant s’assurer que les mesures de soutien se rendent jusqu’à ceux qui font la culture, c’est-à-dire les artistes, les créateurs et les professionnels. « Le fait que la ministre exige une reddition de comptes avant que l’aide ne soit versée aux institutions répond à l’une de nos demandes maintes fois répétées », applaudit Luc Fortin de la Guilde des musiciens et des musiciennes du Québec (GMMQ).

          « À court terme, ces mesures vont apporter un répit. Cependant, le secteur culturel demeurera fortement fragilisé, d’autant plus que la perspective d’une pleine reprise des activités est encore inconnue. Outre ces mesures ponctuelles, la relance du secteur culturel devra se faire par des mesures globales et pérennes et nous entendons continuer à collaborer étroitement avec le gouvernement afin de mener les importants chantiers qui s’annoncent. Il ne faut pas attendre une éventuelle fin de pandémie pour mettre en place les fondations d’une relance solide répondant aux enjeux de la culture. Ce que nos membres souhaitent, c’est avant tout de travailler et de pouvoir retourner à la rencontre de leur public », plaide Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN).

          Entente de principe entre le ministère de la Famille et la FSSS–CSN faisant suite à la recommandation du médiateur

          Après un blitz de rencontres avec le ministère de la Famille, en présence du médiateur Nicolas Dionne, le comité syndical de négociation est convaincu d’être allé au bout du processus de discussion. « Le contexte sanitaire qui afflige l’ensemble des RSG en milieu familial nous ajoute un stress important ainsi qu’aux parents. Ce contexte difficile nous pousse à adhérer à la recommandation faite par le médiateur », nuance d’emblée Karine Morisseau, représentante du secteur des RSG à la FSSS–CSN.

          L’entente recommandée par le médiateur sera expliquée au cours des prochains jours à l’ensemble de nos 3000 membres via des assemblées virtuelles d’échanges démocratiques. Le comité de négociation syndical prendra tout le temps nécessaire pour détailler l’ensemble des mesures, avant d’inviter les membres à voter.

          « Indépendamment des clauses à incidences financières, nous sommes rassurées de voir que le comité mis en place par la FSSSCSN en 2015 pour analyser la rémunération inéquitable des RSG en milieu familial poursuivra ses travaux avec le ministère de la Famille en présence d’un médiateur du Tribunal administratif du travail, selon un échéancier précis jusqu’en septembre 2021 », ajoute Karine Morisseau.

          En attendant le résultat du vote des 3000 RSG en milieu familial de la FSSSCSN, nous suspendons tous nos moyens de pression.

          Pourquoi autant pénaliser la culture ?

          Depuis six mois, le Québec a été placé sur pause et tourne au ralenti. Les Québécoises et Québécois écopent de la situation et doivent s’adapter. « Nous traversons collectivement une crise sanitaire sans précédent et nous en sommes conscients. Cependant, parmi celles et ceux qui souffrent particulièrement, on compte les artistes, créateurs, professionnels et artisans du milieu culturel. Depuis le début de la pandémie, ils ont l’impression que le sort s’acharne sur eux, » soutient Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN).

          En mars dernier, le secteur culturel a été parmi les premiers à devoir interrompre ses activités. Tout s’est arrêté brutalement, dont les prestations théâtrales, les tournages de télévision et de cinéma, les représentations dans les salles de spectacles, les expositions dans les musées, etc. Ce secteur a aussi été parmi les derniers à reprendre ses activités, et encore, pas au maximum de sa capacité. Avec cette deuxième vague de COVID-19, il est à nouveau frappé de plein fouet.

          Dans l’intervalle, la grande majorité des artistes, créateurs et professionnels que nous représentons n’ont eu d’autre choix que de réclamer la Prestation canadienne d’urgence (PCU), leurs contrats ayant été annulés en cascade. Aujourd’hui, l’échéance de la PCU et la fermeture annoncée des salles de spectacles et des musées ajoutent à la précarité.

          « Nous sommes déchirés entre scepticisme et désespoir. L’inquiétude est vive. Pourquoi fermer les institutions culturelles en zone rouge alors que la Santé publique n’a pas divulgué d’indicateurs clairs comme quoi ces lieux de diffusion culturelle sont des centres d’éclosion et de propagation du virus ? », se questionne Luc Fortin, président de la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ). L’incompréhension est partagée au sein du milieu culturel et il ne faudrait pas que cette nouvelle pause se prolonge plus longuement, sans motif et données valables.

           Aide directe pour les artistes et les créateurs

          Le gouvernement a raison de soutenir financièrement les institutions du milieu culturel, durement touchées par l’arrêt total de leurs activités. Mais il doit aussi s’assurer que l’aide profite également aux créateurs et aux artistes et qu’elle se rende jusqu’à eux.

          « La culture, c’est avant tout celles et ceux qui la font. Il n’y a pas de salles de spectacles, pas de théâtre, pas d’arts vivants sans artistes, interprètes, musiciens, créateurs, professionnels et artisans. La précarité qui nous afflige est en train d’assommer la force vive de la culture, c’est-à-dire les artistes et les créateurs », s’inquiète Sophie Prégent, présidente de l’Union des Artistes (UDA).

          Les personnes qui œuvrent dans le milieu des arts, de la culture et de l’événementiel sont déjà, pour la plupart, sans filet social. Elles espéraient que le pire soit derrière elles, pensaient pouvoir se relever et aller de l’avant. Mardi soir, c’est un véritable choc qu’elles ont reçu en entendant les mesures du gouvernement.

          Ensemble, les artistes, créateurs, professionnels et artisans du milieu culturel sont porteurs de mots, d’émotions… mais aussi de solutions. Nous nous tenons prêts à discuter avec le gouvernement du Québec afin de trouver des réponses à la détresse qui afflige notre secteur.

           

          Pas d’engagement à long terme : un manque de respect pour le personnel des services publics

          – La CSN a finalement reçu la confirmation du Conseil du trésor que les primes d’attraction et de rétention ne seront pas coupées le 30 septembre 2020 (primes et montants versés aux psychologues, aux ouvriers spécialisés, aux salarié-es œuvrant auprès de personnes présentant des troubles graves de comportement ou aux salarié-es travaillant dans un CHSLD ou dans un établissement du Grand Nord). Ces primes, qui étaient intégrées aux conventions collectives, prenaient fin initialement le 30 mars dernier, mais, à la suite de représentations faites par la CSN auprès du Conseil du trésor au mois de mars, le gouvernement avait accepté de les prolonger jusqu’au 30 septembre. Il en va autrement des budgets d’encadrement et de développement de la pratique professionnelle qui n’ont pas été renouvelés au 1er avril 2020.

          La CSN déplore que le Conseil du trésor refuse toujours de s’engager formellement à reconduire et à améliorer les primes dans les prochaines conventions collectives et dénonce que le prolongement temporaire du versement de ces primes se fasse, une fois de plus, comme au printemps, à la dernière minute. « Nous ne comprenons pas l’attitude du gouvernement. C’est aberrant que nous ayons eu à le convaincre de ne pas couper ces primes. Au cours des dernières semaines, nous lui avons répété à maintes reprises que, s’il décidait de réduire substantiellement la rémunération de dizaines de milliers de travailleuses et de travailleurs du secteur public, ce serait un profond manque de respect envers le personnel qui travaille sans relâche pour assurer les services à la population, particulièrement en cette période de pandémie », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

          Depuis plusieurs semaines, les travailleuses et les travailleurs de l’État membres de la CSN mènent des actions dans diverses régions du Québec pour souligner la nécessité de ne pas appauvrir le personnel alors que les pénuries de main-d’œuvre touchent maintenant l’ensemble du secteur public. La CSN demande aujourd’hui au Conseil du trésor de retirer une fois pour toutes cette épée de Damoclès qui leur pend au-dessus de la tête en s’engageant à reconduire les primes ainsi qu’à renouveler les budgets d’encadrement et de développement de la pratique professionnelle dans les prochaines conventions collectives. La CSN veut aussi que l’application de la prime aux ouvriers spécialisés soit améliorée et que cette prime soit élargie à d’autres titres d’emploi.

          « Cela dit, ça ne peut pas s’arrêter là; les besoins sont immenses et urgents, tout le Québec en est témoin. Il est plus que temps que le gouvernement travaille avec nous à améliorer significativement les conditions de travail et les salaires de celles et ceux qui prennent soin de nous, que ce soit dans le réseau de la santé et des services sociaux ou dans celui de l’éducation, ainsi que dans les organismes gouvernementaux », conclut Caroline Senneville.

          Demande de médiation : les négociations doivent avancer pour le bien des services publics et de la population du Québec

          Près d’un an après le début du processus de négociation et alors que les conventions collectives du secteur public sont échues depuis le 31 mars 2020, l’ensemble des fédérations du secteur public de la CSN demande au ministre du Travail, Jean Boulet, de nommer des médiateurs aux tables de négociation sectorielle de la FEESPCSN, de la FPCSN et de la FSSSCSN, la FNEEQCSN ayant pour sa part fait sa demande en juillet dernier. Avec l’amorce d’une deuxième vague de la COVID-19, la CSN estime qu’il est plus que temps de mettre en place des solutions pérennes pour rebâtir les services publics.

          « Les pénuries de main-d’œuvre se multiplient. Il manque de monde pour assurer les services à la population. Si on veut régler ce problème une fois pour toutes, il faut améliorer les conditions de travail du personnel des réseaux publics. Le statu quo des conventions collectives n’est pas une option », lance Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

          Dans le secteur de la santé et des services sociaux, la situation est critique. Le gouvernement Legault répète sans cesse depuis quelques mois que le réseau était déjà mal en point bien avant la pandémie. Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), il est impératif de mettre en place des solutions qui répondent aux besoins réels du personnel sur le terrain et aux problèmes majeurs de recrutement de main-d’œuvre qui touchent toutes les catégories de personnel. « Nous avons mis sur la table un grand nombre de propositions concrètes pour améliorer le quotidien dans nos établissements, mais nos vis-à-vis patronaux n’ont toujours pas de mandat pour discuter de sujets importants pour nous, comme la santé et la sécurité au travail, et agir concrètement dès maintenant. C’est inconcevable, considérant que nous atteignons des taux inégalés d’absences, car le personnel est constamment en surcharge, épuisé et au bout du rouleau », souligne Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS–CSN.

          La Fédération des professionnèles (FPCSN) signale que les paroles lancées cette semaine par le ministre Dubé, selon lesquelles tout le réseau de la santé et des services sociaux se trouve actuellement dans un état de fragilité extrême, doivent s’accompagner de gestes concrets pour remédier à la situation. « Bien que nous dressions des constats communs sur certaines problématiques, nous avons de la difficulté à nous entendre avec la partie patronale sur les moyens qui pourraient remédier notamment à la surcharge de travail, aux heures supplémentaires ainsi qu’à la conciliation travail et vie personnelle, affirme le vice-président de la FPCSN, Danny Roy. Nous devons innover pour répondre à la hauteur de la crise que nous traversons. Les ressources proposées actuellement à la table de négociation sont toujours insuffisantes. »

          Dans les réseaux de l’éducation et de l’enseignement supérieur aussi, la pandémie est venue révéler des failles qui doivent être colmatées pour que la population étudiante du Québec ait accès à des services de qualité. Pour la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQCSN), il est grand temps que le gouvernement Legault envoie un signal clair et sans ambiguïté quant au réseau collégial. « Nous sommes des milliers de professeur-es à avoir tout mis en œuvre de manière à contribuer à une rentrée de qualité pour les étudiantes et les étudiants, et ce, malgré le contexte difficile et la surcharge de travail incroyable que celui-ci génère. La négociation en cours doit donc paver la voie à un réinvestissement significatif dans notre réseau et s’attaquer, entre autres choses, aux enjeux de précarité vécus par plusieurs d’entre nous. Je pense notamment à celles et ceux qui donnent des cours à la formation continue. Les cégeps ont besoin de soutien et nous sommes là pour proposer des solutions », ajoute Yves de Repentigny, vice-président de la FNEEQCSN.

          Même son de cloche quant aux problèmes de précarité pour le personnel de soutien scolaire et dans les cégeps de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESPCSN).

          « Détenir un poste de moins de 20 heures par semaine, devoir cumuler deux emplois, ne pas être remplacé en cas d’absence et être surchargé à son retour, c’est le lot du personnel de soutien en éducation depuis trop longtemps. L’élastique est tendu au maximum et il n’y a plus de marge de manœuvre pour réagir à des imprévus, encore moins à une crise de l’ampleur d’une pandémie. Des solutions doivent être rapidement mises en place et cela passe par la négociation », renchérit Nathalie Arguin, présidente de la FEESPCSN. Du côté du personnel de l’aide juridique, des traversiers et du Parc Olympique, la négociation avance à pas de tortue. « Le gouvernement doit donner un message clair à ces organismes gouvernementaux concernant le rythme des négociations et la hauteur des demandes patronales. »

          Mieux protéger le personnel des CHSLD pour éviter une autre histoire d’horreur

          Le rapport d’enquête sur l’éclosion de COVID-19 au CHSLD Sainte-Dorothée illustre l’ampleur des erreurs de gestion qui ont été commises durant la première vague de la pandémie. Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN), ce rapport doit mener le gouvernement à apporter les changements pour assurer la protection du personnel et des usagères et usagers.

          Le rapport d’enquête cerne plusieurs problèmes dénoncés par le syndicat CSN du CISSS de Laval dans les derniers mois : manque de personnel, manque d’équipements de protection individuelle, mesures de protection et de prévention insuffisantes, déplacement du personnel et dépistage tardif du personnel et des usagers.

          « En lisant ce rapport, on constate à quel point les travailleuses et travailleurs du CHSLD Sainte-Dorothée ont été laissés à eux-mêmes pour faire face à une des pires éclosions au Québec. Il faut absolument apprendre de nos erreurs et faire mieux pour la deuxième vague, notamment en misant sur la stabilité du personnel et le dépistage », explique Marjolaine Aubé, présidente du syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSS de Laval—CSN.

          Aller au bout de la logique du rapport
          Le rapport d’enquête a le mérite de mettre en lumière les difficultés de gestion dans le réseau de la santé et des services sociaux, notamment en notant les nombreux paliers hiérarchiques qui freinent la prise de décision. Pour la FSSS–CSN, cela montre l’échec des méga-établissements issus de la réforme Barrette et l’urgence de revoir l’organisation du réseau pour miser sur la décentralisation, la démocratisation et l’autonomie des équipes.

          Le gouvernement doit aussi annoncer un rehaussement des mesures de protection du personnel. Il a non seulement manqué d’équipements, mais le personnel est surtout mal équipé pour faire face au virus dans les CHSLD. Cela rappelle l’importance de réformer rapidement notre régime de santé et sécurité au travail pour donner tous les moyens au réseau d’agir en prévention. La crise dans les CHSLD montre finalement la nécessité de combler le manque à gagner dans le financement du réseau depuis l’austérité libérale dès la prochaine mise à jour budgétaire.

          « La pandémie a montré la faiblesse de notre réseau hyper-centralisé. Ce n’est pas en rajoutant une autre couche de cadres qu’on va tout régler par magie. Ce qu’il faut, c’est avoir le courage de décentraliser le réseau et là-dessus, le gouvernement est muet. Pour enfin régler l’enjeu du manque de personnel, il y a un chemin qui saute aux yeux et c’est d’améliorer les conditions de travail et les salaires dès maintenant. Le rapport fait une passe sur la palette au gouvernement en l’invitant à nous mettre dans le coup pour améliorer les choses. Espérons qu’il comprendra le message », de conclure Jeff Begley, président de la FSSSCSN.

          À la veille d’une rencontre de médiation, les RSG en milieu familial augmentent la pression

          Partout au Québec, les RSG en milieu familial membres de la CSN se mobilisent pour une grève de 24 heures, le jeudi 24 septembre. Cet ultime moyen de pression vise à envoyer un message clair au ministère de la Famille avec lequel nous avons amorcé un processus de médiation, à la fin août, à notre demande.

          « Travailler dur une cinquantaine d’heures par semaine pour une paie de 35 heures, équivalant à 27 000 $ par année, c’est inacceptable, s’indigne Karine Morisseau, représentante du secteur des RSG de la FSSS–CSN. Ces conditions de travail dérisoires conduisent directement nos éducatrices à déserter la profession. Plusieurs centaines d’entre elles ont déjà cessé leurs activités. C’est à se demander si la stratégie gouvernementale, ce n’est pas de sous-payer nos éducatrices pour tuer le réseau des services de garde en milieu familial. Pourtant, ce réseau répond aux besoins des parents. »

          Par ailleurs, compte tenu de la situation sanitaire qui se détériore au Québec, il serait irresponsable de rassembler les RSG en un seul lieu le 24 septembre, comme il était prévu à l’origine. Le mouvement de grève est donc localisé dans chacune des régions du Québec. N’empêche, « le contexte de pandémie ne freine pas l’ardeur de ces femmes qui se dévouent pour préparer les enfants québécois en prévision de l’école. Ces éducatrices jouent un rôle essentiel et méritent la pleine reconnaissance du gouvernement Legault », précise Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

          « Enfin, rappelons que si nous avons choisi de tenir une seule journée de grève générale partout au Québec, c’est en pensant aux parents qui nous font confiance et qui sont solidaires de notre combat légitime. Les témoignages d’appui des mères et des pères forcés de trouver un plan B nous font chaud au cœur et nous rappellent pourquoi nous aimons éduquer leurs enfants », soutient en conclusion Karine Morisseau, elle-même RSG.

          Les faits à propos des 3000 RSG de la CSN

          • Les RSG travaillent plus de 50 heures par semaine et ne sont payées que pour 35 heures ;
          • 27 000 $, c’est le revenu annuel moyen d’une RSG (une fois les dépenses couvertes) ;
          • Les RSG demandent une rémunération équivalente à une éducatrice en CPE, non formée, au premier échelon ;
          • Le ministère veut appauvrir les RSG avec des offres sous le taux d’inflation (7,67 % en quatre ans) ;
          • Les RSG désertent massivement la profession. Il est estimé que 12 000 places pour les enfants ont disparu depuis le début de la pandémie ;
          • Les RSG sont en négociation depuis mars 2019. Elles ont demandé et obtenu du ministère du Travail la nomination d’un médiateur, en août dernier ;
          • Les 25 et 28 septembre 2020, les RSG poursuivront leurs rencontres de médiation.

          Discours du trône : les partis politiques doivent mettre de l’avant les mesures souhaitées par les travailleuses et les travailleurs

          À la suite du discours du trône prononcé aujourd’hui, la CSN accueille favorablement l’annonce de plusieurs mesures souhaitées par le milieu syndical pour venir en aide aux travailleuses et aux travailleurs québécois et canadiens. En ce sens, la centrale syndicale invite les partis politiques représentés au Parlement du Canada à tout mettre en œuvre pour que ces mesures voient le jour rapidement.

          « Tous les observateurs s’entendent pour dire que certains secteurs économiques seront affectés encore longtemps par la pandémie, souligne le président de la CSN, Jacques Létourneau. Ce sont les travailleuses et les travailleurs qui en sont les premières victimes. »

          La centrale syndicale se réjouit particulièrement de la réforme annoncée en matière d’assurance-emploi. « La crise a malheureusement fait la démonstration, une fois de plus, que les modalités actuelles du régime d’assurance-emploi abandonnent un trop grand nombre de travailleuses et de travailleurs, notamment celles et ceux qui occupent des emplois à temps partiel, saisonniers ou atypiques. Il est urgent que l’ensemble des partis politiques collaborent afin que l’assurance-emploi puisse remplir son rôle, et ce, particulièrement en temps de crise », indique Jacques Létourneau.

          La CSN accueille favorablement la mise en place d’un régime universel et public d’assurance médicaments. Elle rappelle que le modèle hybride en place au Québec n’est pas une voie à privilégier par le gouvernement fédéral compte tenu des problèmes d’accessibilité et la hausse fulgurante des coûts entraînés par le régime québécois.

          PL66 : une vision toujours aussi étroite de la relance

          La CSN accueille favorablement l’octroi à l’Autorité des marchés publics, tel que le prévoit le projet de loi 66, de pouvoirs de contrôle et de surveillance à l’endroit des travaux d’infrastructures privilégiés par le gouvernement. Toutefois, la centrale syndicale demeure largement déçue de la vision toujours aussi étroite de la relance économique mise de l’avant par le gouvernement de François Legault.

          « On dirait que le gouvernement n’a tiré que la moitié des leçons de l’échec de son projet de loi 61 en juin dernier, affirme le président de la CSN, Jacques Létourneau. Nous saluons le fait que les pouvoirs extraordinaires qui auraient été utilisés à la seule discrétion des ministres soient dorénavant assumés par un organisme de contrôle neutre, apolitique et bien établi. Toutefois, il est navrant de constater que le gouvernement entend toujours escamoter les études d’impact environnemental. Avec une vision aussi réductrice de la relance économique, le jeu n’en vaut certainement pas la chandelle. »

          Depuis le dépôt du projet de loi 61, la CSN souligne que le gouvernement a une idée beaucoup plus précise des nombreux secteurs économiques touchés par la crise, que ce soit dans les secteurs du tourisme, du commerce de détail ou du transport ainsi que des populations plus affectées sur le plan de l’emploi, notamment les femmes et les communautés vulnérables.

          « Comme l’ancienne mouture, le projet de loi 66 se concentre exclusivement sur la construction d’infrastructures, un secteur grandement masculin, oubliant ainsi les travailleuses et les travailleurs d’autres types d’industrie qui auraient tout autant besoin du soutien de l’État. Rien sur l’achat local, rien sur la formation professionnelle. Sommes-nous devant un projet structurant pour l’ensemble des défis auxquels nous faisons face ? Bien sûr que non. »

          Sur le plan environnemental, la CSN s’inquiète que les balises dont le Québec s’est doté au fil des années ne soient appliquées dans leur intégralité que dans certains cas, comme les milieux humides, les espèces menacées ou les sites d’enfouissement. « Il s’agit d’un recul inacceptable sur le plan environnemental, déplore Jacques Létourneau. Il s’agit d’une vision réductrice des impératifs environnementaux. Par ailleurs, on s’étonne encore que le gouvernement n’intègre nullement les nécessaires solutions pour régler la crise climatique. »

          La CSN prendra le temps d’analyser en détail les différentes modalités du projet de loi 66 déposé par la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, ce matin à l’Assemblée nationale. L’organisation syndicale rappelle que l’ensemble de ses recommandations en lien avec la relance en temps de pandémie se trouve dans la plateforme de développement économique qu’elle a développée avec les autres centrales syndicales du Québec.

          La réforme de l’assurance-emploi, plus nécessaire que jamais

          Au cours des derniers mois, des millions de personnes à travers le pays se sont butées aux nombreuses lacunes du régime d’assurance-emploi, un filet social dont les mailles ont été grandement agrandies par les réformes successives des 30 dernières années. Une part importante de ces travailleuses et travailleurs vivaient une période de chômage pour la première fois. N’eût été la mise en place rapide de la Prestation canadienne d’urgence (PCU), cette première expérience aurait été des plus brutales.

          L’impossibilité pour des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs de se qualifier à l’assurance-emploi, alors qu’ils venaient d’être mis à pied par des employeurs contraints au confinement, révèle toute l’incohérence de l’actuel régime d’assurance-emploi. La nécessité même de mettre sur pied la PCU pour répondre aux besoins en contexte de pandémie témoigne à elle seule de la trop grande rigidité des critères d’admissibilité et de la couverture déficiente du régime d’assurance-emploi.

          Le mouvement syndical québécois exige depuis longtemps de la part du gouvernement fédéral une réforme de l’assurance-emploi, et si la nécessité d’instaurer la PCU illustre à quel point il est nécessaire de revoir de fond en comble le système de l’assurance-emploi, nos revendications conservent toute leur pertinence. Bien sûr, les mesures de transition entre la PCU et l’assurance-emploi annoncées à la fin août par le gouvernement Trudeau sont intéressantes, surtout celles qui permettent de se qualifier aux prestations avec 120 heures travaillées, mais elles auront une durée limitée. Ce à quoi il faut penser à partir de maintenant, c’est à une réforme en profondeur du régime.

          Il est urgent de ramener le plancher d’admissibilité de 700 à 420 d’heures travaillées. Les travailleuses et aux travailleurs devraient également pouvoir se qualifier après 12 semaines travaillées, afin de nous rapprocher des critères d’admissibilité qui avaient cours avant la réforme Axworthy de 1993.

          Le gouvernement doit également mettre un terme à la norme variable d’admissibilité qui fait en sorte que plus le chômage régional est bas, plus le nombre d’heures d’emploi assurable requis est grand. Si, sur papier, le principe semble logique, les travailleuses et les travailleurs sont toutefois pénalisés en raison des distorsions occasionnées par les pôles urbains de leur région respective. Nous proposons plutôt une norme de 420 heures ou 12 semaines travaillées, selon ce qui est le plus favorable au prestataire. Cette formule hybride éviterait de pénaliser outre mesure les travailleurs à temps partiel, ceux-ci ayant été particulièrement happés non seulement par la crise, mais aussi par la rigidité des critères d’admissibilité actuels du régime. La norme hybride doit de plus s’appliquer à l’ensemble des régions du pays.

          Le gouvernement doit également augmenter le montant des prestations reçues en période de chômage. Pour nos organisations, le taux de remplacement du salaire devrait correspondre à au moins 60 % du maximum de la rémunération assurable (plutôt que 55 %), comme c’était le cas jusqu’en 1993.

          La question du travail atypique — comme les travailleurs et travailleuses autonomes ou saisonniers — devra aussi être soulevée. Exclus de l’assurance-emploi, les travailleurs et les travailleuses atypiques n’ont pu traverser la crise que par l’entremise de la PCU. Trouver une façon de les intégrer au régime d’assurance-emploi demandera à l’ensemble des intervenants de faire preuve d’imagination et de créativité, nous en convenons. Nous sommes toutefois convaincus que la société canadienne ne peut tolérer plus longtemps que ces personnes n’aient pas droit aux mêmes protections que les autres salarié-es, et ce, strictement en raison de leur statut d’emploi.

          De nombreux ajustements additionnels demeurent en outre nécessaires pour améliorer la capacité de la caisse d’assurance-emploi, financée à part presque égale par les employeurs et les salarié-es, à remplir sa mission première : venir en aide aux travailleuses et aux travailleurs ayant perdu leur emploi pour des raisons dont ils n’ont, malheureusement, aucun contrôle.

          Le premier ministre Justin Trudeau amorcera sous peu la nouvelle session parlementaire avec un discours du Trône devant établir les priorités de son gouvernement pour les mois à venir. Il doit saisir l’occasion pour annoncer la vaste réforme de l’assurance-emploi demandée par les organisations syndicales et les groupes de chômeurs et chômeuses depuis trop longtemps — et ce, d’un océan à l’autre.

          La FSSS–CSN réclame une voie rapide pour le dépistage dans les services de garde éducatifs

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN) s’étonne que le gouvernement Legault n’ait toujours pas convenu d’une voie rapide de dépistage pour les travailleuses et les enfants du réseau des services de garde éducatifs à l’enfance.

          Pour faire face à la deuxième vague de la pandémie, la FSSSCSN réclame une procédure accélérée de test et un corridor de service dédié pour les CPE et les services de garde en milieu familial. Cet accès privilégié au dépistage, pourtant prévu au Plan d’action prévu en cas de deuxième vague, se fait toujours attendre. Ce secteur critique doit être mieux protégé, sans quoi des éducatrices seront en isolement pour une période plus longue que nécessaire, alors que l’on constate déjà une pénurie de personnel. Pour maintenir l’offre de services de garde aux parents, il faut pouvoir compter sur le maximum possible de personnel.

          Cela est d’autant plus important alors que certains employeurs du réseau ou bureaux coordonnateurs s’entêtent encore à ne pas maintenir la rémunération du personnel en isolement. Ce sont donc actuellement les travailleuses des services de garde qui doivent payer le prix de cette situation. La FSSSCSN demande d’ailleurs depuis plusieurs semaines un engagement gouvernemental pour maintenir la rémunération des travailleuses et travailleurs en isolement, comme cela se fait dans plusieurs secteurs.

          « Les travailleuses et travailleurs des CPE et les RSG sont au front depuis le début de la pandémie. Elles sont à risque et doivent pouvoir se faire dépister rapidement. C’est un moyen efficace d’éviter des éclosions dans les services de garde éducatifs », explique Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSSCSN.

          À propos de la FSSS-CSN 

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN) compte plus de 110 000 membres dans les secteurs publics et privés. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSSCSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

          RQAP : un projet de loi prometteur

          La CSN accueille favorablement certaines avancées contenues dans le projet de loi 51 venant modifier le Régime québécois d’assurance parentale. La bonification du revenu qui peut être cumulé, la prolongation de la période pour se prévaloir des congés et les semaines additionnelles accordées au père sont autant de mesures réclamées par la centrale syndicale. Néanmoins, pour assurer l’équité envers les mères biologiques, la CSN demande à ce que celles-ci ne soient plus tenues de mettre un terme à leur retrait préventif quatre semaines avant la date prévue d’accouchement.

          « Le retrait préventif n’est pas un “congé”, rappelle la vice-présidente de la CSN, Caroline Senneville. Il s’agit d’une mesure de prévention pour protéger la travailleuse et son enfant à naître des risques reliés à son travail. Nous ne voyons pas pourquoi les travailleuses enceintes qui sont en retrait préventif devraient commencer à gruger des semaines de congé parental avant la date de l’accouchement, contrairement aux mères adoptives. »

          La vice-présente de la CSN a indiqué, en commission parlementaire aujourd’hui, que puisque les mères biologiques sont souvent obligées de prendre des semaines de congé sans leur enfant (arrêt anticipé du travail dû à la grossesse, complications lors de l’accouchement ou concernant l’état de santé de l’enfant, etc.), la durée du temps passé en présence de l’enfant est rarement de 55 semaines. Dans les amendements proposés par le ministre, le gouvernement introduit des semaines additionnelles qui accordent aux parents adoptants le droit d’être avec leur enfant pour une période de 55 semaines. Nous demandons au gouvernement de trouver des solutions pour assurer l’équité avec les parents biologiques, notamment par le retrait de la disposition qui oblige les mères biologiques à débuter leurs prestations quatre semaines avant la date prévue de leur accouchement lorsque ces dernières sont en retrait préventif.

          Par ailleurs, la CSN est en accord avec la mesure volontaire contenue dans le projet de loi qui consiste à octroyer quatre semaines additionnelles au père si chacun des parents utilise au moins 10 semaines de ce congé. Cette mesure encourage la présence des pères en favorisant le partage du congé parental.

          La CSN accueille favorablement le prolongement des périodes pour se prévaloir des différents congés et la bonification du montant qu’il sera possible de cumuler. Cela permettra aux parents qui le souhaitent de reprendre progressivement le travail au cours des dernières semaines de leur congé. Par ailleurs, l’utilisation de cette mesure devra rester volontaire et les employeurs ne devront pas faire pression sur les parents pour qu’ils retournent plus rapidement au travail.

          En pleine pénurie de personnel, appauvrir les travailleuses et les travailleurs serait catastrophique

          « Nous ne laisserons pas ce gouvernement plumer les services publics », ont clamé des travailleuses et des travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux ainsi que de l’éducation membres de la CSN lors d’une action d’éclat qui s’est déroulée à Québec ce matin. Des sacs de plumes ont été soufflés tout d’abord à l’intérieur des bureaux du Conseil du trésor, puis devant l’édifice, afin d’illustrer le plumage en règle que le gouvernement s’apprête à faire subir à des dizaines de milliers de personnes œuvrant dans les services publics en mettant fin, le 30 septembre prochain, à plusieurs primes d’attraction et de rétention.

          Ces primes, qui étaient intégrées aux conventions collectives, prenaient fin le 30 mars dernier. À la suite de représentations faites par la CSN auprès du Conseil du trésor au mois de mars, le gouvernement avait accepté de les maintenir jusqu’au 30 septembre. Maintenant, il semble bien décidé à les abolir à la fin du mois. « En pleine pandémie et avec toutes les difficultés qu’on a à attirer et à retenir le personnel dans les services publics, ça n’a aucun sens d’appauvrir des dizaines de milliers de travailleuses et de travailleurs », lance Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

          Celles et ceux qui se verront privés d’une partie de leur revenu sont des ouvriers spécialisés, des psychologues, des salarié-es œuvrant auprès de personnes présentant des troubles graves de comportement ainsi que des salarié-es travaillant dans un CHSLD ou dans un établissement du Grand Nord. Pour certaines de ces personnes, comme les psychologues, la perte de revenu pourrait s’élever à 7000 $ par année. Pour d’autres travailleurs, comme les ouvriers visés par la prime, la décision du gouvernement les privera de 10 % de leur revenu, ce qui pourrait signifier jusqu’à 5000 $ de moins par année. « Quand on sait que les ouvriers spécialisés du secteur public gagnent déjà jusqu’à 32 % de moins que ceux qui travaillent dans les autres secteurs, on se demande bien qui va encore vouloir occuper ces emplois dans nos réseaux », ajoute Caroline Senneville.

          La CSN revendique que les primes en question soient reconduites dans les nouvelles conventions collectives et que la prime des ouvriers spécialisés soit élargie à d’autres titres d’emploi, notamment les mécaniciens d’entretien (millwrights), les ébénistes et les soudeurs, qui sont tous des titres d’emploi pour lesquels la CSN a identifié des problèmes de recrutement.

          « Le Conseil du trésor doit bien mesurer les conséquences que pourraient avoir ces économies de bout de chandelle sur le dos du personnel. En appauvrissant les travailleuses et les travailleurs, c’est un bien mauvais message que le gouvernement envoie dans les réseaux et, ultimement, ce sont les services à la population qui perdront des plumes », conclut Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CCQCA–CSN).

          Loi 15 sur les régimes de retraite : jugement très décevant pour les employé-es du secteur municipal

          La Cour supérieure vient de rendre une décision qui confirme plusieurs dispositions de la loi 15 qui a permis de sabrer les droits acquis des travailleuses et des travailleurs du secteur municipal pour leur retraite. Seul point positif de la présente décision, les retraité-es n’auront pas à concéder de droits pour financer les déficits des caisses de retraite municipales. C’est tout le contraire qui attend celles et ceux qui sont encore actifs.

          Rappelons que la loi 15, votée en 2014, a eu des conséquences dramatiques pour certains employé-es municipaux qui ont parfois perdu jusqu’à 40 % de leur rente de retraite en étant forcés de céder des droits sur le passé. Après la loi 15, plusieurs syndiqué-es ont été forcés de payer 50 % des déficits de leur régime de retraite, même si les conventions collectives convenaient d’un autre arrangement plus favorable envers les travailleuses et travailleurs. À la CSN, c’est quelque 8000 membres qui sont touchés par cette décision. Au Québec, on parle de plusieurs dizaines de milliers d’employé-es des municipalités ou des sociétés de transport en commun.

          La CSN dénonce l’attaque que ce jugement du 9 juillet porte aux droits des associations et à leur capacité de négocier. Le juge Benoit Moulin confirme plusieurs effets néfastes de la loi 15. Selon la centrale syndicale, cette orientation est contraire à des arrêts passés de la Cour suprême. Cette loi permet en effet de revenir sur des droits déjà négociés et impose des limites pour la négociation du financement des régimes de retraite dans le futur. Selon la jurisprudence, revenir de façon substantielle sur les droits passés n’est pas constitutionnel. C’est une entrave sérieuse au droit d’association.

          La CSN analysera rigoureusement ce jugement du 9 juillet 2020 afin de décider si elle le porte en appel.

          Formation abrégée des préposé-es en CHSLD : une opération improvisée menant à une vague de déception

          Les employeurs du réseau ne sont pas en mesure de promettre des postes à temps plein aux futurs préposé-es qui débutent leur formation cette semaine. Et ces étudiant-es apprennent que le salaire promis est loin d’être garanti, alors qu’il inclut des primes temporaires. La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN) a eu cette confirmation aux tables de discussions avec des représentants du gouvernement. Cela vient jeter une douche froide sur l’opération improvisée du gouvernement.

          Dès l’annonce de la formation abrégée des préposé-es, le premier ministre Legault a répété à de nombreuses reprises que les travailleuses et travailleurs auront accès à des postes à temps plein et à un salaire de 26 $ de l’heure. 10 000 personnes ont répondu à l’appel sur cette base et apprennent maintenant qu’on ne leur a pas tout dit. Pour la FSSSCSN, il aurait été possible d’éviter cette vague de déception en se mettant à l’écoute dès le départ des préposé-es aux bénéficiaires et de notre organisation syndicale qui représente la très grande majorité des préposé-es aux bénéficiaires.

          Pas de temps plein automatique
          Dans les récents échanges avec la partie patronale, la FSSSCSN a eu la confirmation que les futurs préposé-es n’auront pas automatiquement accès à des postes à temps plein. Ils devront néanmoins garder une disponibilité pour du temps plein durant une année, sans savoir à l’avance s’ils pourront effectivement travailler à temps plein. Cela était à prévoir. Depuis des années, nous intervenons auprès des employeurs pour rehausser des postes à temps plein. Nous avons même obtenu un engagement de leur part dans le cadre de la dernière convention collective. Ils ont tellement tardé qu’il y a encore trop peu de postes à temps plein.

          « Si on crée des postes à temps plein, il y a de bonnes raisons de penser que bien des gens actuellement à l’emploi seront preneurs. On ne pouvait donc pas promettre aux nouveaux que ce serait le cas pour eux. Je ne serais pas surpris que le premier ministre fasse comme depuis le début de la crise et tente de nous mettre la faute sur le dos. Mais s’il avait été à l’écoute, c’est le genre de problèmes qu’on aurait pu éviter. Nous avons besoin de la relève, mais il faut leur donner l’heure juste », explique Jeff Begley, président de la FSSSCSN.

          Des fausses promesses sur le salaire
          Le salaire promis par le gouvernement dans cette opération inclut des primes temporaires et conditionnelles. C’est donc dire que bien des futurs préposé-es n’auront pas accès à un salaire de 26 $ de l’heure, par exemple si la personne travaille dans un CHSLD où il n’y a pas de cas de COVID. Pendant ce temps, le gouvernement tarde toujours à régler la question de la rémunération des préposé-es aux bénéficiaires, des ASSS et de l’ensemble du personnel en respect de la Loi sur l’équité salariale.

          « Cette opération ne fait que créer de la déception, aussi bien chez les futurs préposé-es que chez les gens qui sont à l’emploi. Non seulement celles et ceux qui sont dans le réseau n’ont pas eu accès à cette formation, mais en plus rien n’est prévu pour aider le personnel à orienter les nouveaux. On court après le trouble. Mais il y a moyen de corriger le tir rapidement. Pour y arriver, le gouvernement doit s’asseoir avec nous afin de trouver des solutions durables qui vont assurer que cette démarche donne des résultats positifs sans effets secondaires nocifs », de conclure Jeff Begley.

          Des projections urbaines pour réclamer des investissements dans les services publics

          Ce soir, dès la tombée du jour, les travailleuses et les travailleurs du secteur public de la CSN utiliseront des projections urbaines dans le centre-ville de Montréal pour envoyer un message clair au gouvernement de la CAQ, en vue de l’énoncé économique qui sera déposé demain : Le Québec doit faire mieux et investir massivement dans les services publics.

          « La crise actuelle met en lumière les dégâts causés par des années de compressions et de mesures d’austérité. Dans bien des secteurs, la situation était déjà critique avant la pandémie; et ça ne va pas en s’améliorant. Ça prend des investissements importants pour mettre en place des mesures structurantes, pas de simples pansements », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

          Pour la CSN, ces investissements dans les services publics doivent permettre d’améliorer à la fois les salaires et les conditions de travail. L’organisation syndicale rappelle qu’en novembre dernier, l’Institut de la Statistique du Québec confirmait à nouveau que le personnel des services publics était moins bien rémunéré que le reste des salariés québécois. « Il faut briser cette spirale qui tire tout le secteur public vers le bas : des salaires insuffisants qui n’attirent plus, des pénuries de personnel qui se multiplient, des surcharges de travail qui entraînent des maladies professionnelles, de nouvelles pénuries qui s’ajoutent… Ça ne peut plus continuer comme ça ».

          Les travailleuses et les travailleurs du secteur public de la CSN sont conscients que le Québec doit faire des choix. Ils demandent aujourd’hui à la CAQ de choisir le bien-être de la population.

          « La négligence des derniers gouvernements envers les besoins criants des réseaux publics a rendu l’attraction et la rétention du personnel extrêmement difficiles. Le gouvernement de la CAQ a maintenant le devoir de réparer ce qui a été brisé pour que la population du Québec puisse bénéficier des services auxquels elle a droit », conclut Caroline Senneville.

          Repenser et relancer le Québec

          La fin abrupte du projet de loi 61 aura eu le mérite de démontrer deux choses. D’un côté, bien que nous ayons accueilli positivement la volonté du gouvernement d’investir massivement pour relancer l’économie, la reprise économique du Québec ne peut se limiter aux seuls travaux d’infrastructure. Une telle approche exclut les femmes de la relance, tout comme des pans entiers de l’économie. De l’autre, elle ne peut s’effectuer sans une véritable concertation de l’ensemble des acteurs socioéconomiques et sans réflexion sur la nature de tels projets — encore moins en saccageant les règles élémentaires en matière de contrôle démocratique et environnemental.

          C’est dans cet esprit que nos organisations syndicales ont développé une série de propositions [consulter la plateforme des centrales syndicales sur l’économie du Québec] basées sur le renforcement de la résilience de notre économie nationale qui pourront, nous le croyons, alimenter la réflexion quant au développement socioéconomique qui devrait prévaloir au Québec.

          La crise de la COVID-19 aura mis en évidence plusieurs défaillances au sein de notre économie. Les nombreux problèmes d’approvisionnement de certains produits de base, constatés dans plusieurs économies mondiales, reposent en bonne partie sur la lente délocalisation de la production et sur des chaînes d’approvisionnement qui reposent sur de longs circuits de production répartis sur différents territoires. Il est possible de faire mieux.

          Pour une réindustrialisation du Québec
          Pour nous assurer que la reprise économique pourra bénéficier au plus grand nombre et diminuer les impacts potentiels de crises similaires dans le futur, nous croyons qu’il est nécessaire de réduire notre dépendance envers la production hors de notre territoire en stimulant une réindustrialisation du Québec afin de renforcer la résilience de son économie. Consommer local, c’est bien. Produire au Québec, c’est mieux ! Il tombe sous le sens que la chaîne de production agroalimentaire, qui a sérieusement été testée lors de la pandémie, tout comme la chaîne pharmaceutique et celle d’équipements médicaux, pour ne nommer qu’elles, se doivent d’être activement soutenues.

          En ce sens, l’État québécois ne peut se contenter du rôle de donneur d’ouvrage ou de facilitateur des initiatives du secteur privé. Il doit favoriser la restructuration, la diversification et le dynamisme technologique du tissu industriel. Le gouvernement doit adopter une politique industrielle plus interventionniste et assumer un rôle central dans la coordination et la planification stratégique de la relance. Pour ce faire, il doit agir par l’entremise de ses politiques économiques, notamment par ses politiques budgétaires et fiscales, d’emploi et de main-d’œuvre, commerciales, scientifiques et d’innovation, etc.

          De telles politiques économiques se doivent d’être structurantes : elles doivent viser à consolider et à diversifier le tissu productif en soutenant le renforcement des filières industrielles existantes, l’expansion d’activités connexes à ces filières et la création de nouveaux pôles de développement.

          Le gouvernement a multiplié les mesures d’urgence à l’intention des entreprises pour traverser la crise. Cela allait de soi. Il est essentiel que le soutien aux entreprises se poursuive encore plusieurs mois et qu’une attention particulière soit apportée aux PME : souvent fortement ancrées dans leur communauté, elles font tourner l’économie locale et ont un impact structurant sur le tissu industriel des régions.

          Aucune injection de capitaux par l’État ne doit être un chèque en blanc. Chaque dollar investi doit revenir, d’une forme ou d’une autre, à la communauté. L’aide financière devra être accordée en contrepartie de résultats en matière de création d’emplois et d’investissements sur le territoire. Il nous apparaît évident que ce soutien étatique ne doit pas être octroyé aux entreprises pratiquant l’évasion fiscale ni leur permettre de procéder à des rachats d’actions ou à des bonifications de la rémunération de leurs dirigeants. Des contreparties environnementales nous apparaissent également incontournables : le Québec peut exiger des plans de décarbonisation des entreprises ciblées par ses programmes.

          Pour déployer une telle stratégie structurante de reprise économique, le gouvernement peut compter sur un grand nombre d’instruments stratégiques. Les espaces de concertation déjà en place doivent être mobilisés pour développer les politiques d’emploi et de main-d’œuvre sectorielles appropriées. Le ministère de l’Économie et de l’Innovation, Investissement Québec et la Caisse de dépôt et placement du Québec se doivent d’appuyer le secteur manufacturier, source majeure d’innovation et de gains de productivité. Le Québec dispose également d’un écosystème financier solide et diversifié formé par le Capital régional et coopératif Desjardins, le Fonds de solidarité de la FTQ et le Fondaction de la CSN, entre autres. Ces instruments de financement constituent des leviers essentiels d’une stratégie cohérente de développement économique et de création d’emplois.

          Alors que le gouvernement incite la population à mettre du Québec dans son panier bleu, nous croyons qu’il devrait lui-même prêcher par l’exemple. Le gouvernement doit considérer une utilisation plus étendue de l’effet de levier qu’est l’approvisionnement public afin de maximiser les occasions d’investissement et la création d’emplois au Québec. Un cadre législatif « Achetons Québec », semblable au Buy America Act, doit contraindre les entreprises publiques, minimalement, à s’approvisionner au Québec et à ainsi accroître la capacité de fabrication québécoise — qu’on pense aux produits pharmaceutiques, aux équipements médicaux et aux autres biens essentiels consommés par le réseau de la santé et des services sociaux, par exemple. Cela dit, au-delà des accords commerciaux, le gouvernement a la responsabilité d’examiner ce qui peut être fait chez nous en matière de préférence nationale.

          Mobiliser les ressources budgétaires du Québec
          L’ampleur des moyens à mettre en oeuvre pour garantir le succès de la reprise économique post-COVID démontre à elle seule que la relance ne peut se faire sur le pilote automatique. En ce sens, il serait plus que malhabile de restreindre cette relance à la seule accélération de projets d’infrastructure existants sans une nécessaire réflexion quant aux choix de société à privilégier.

          Le Québec doit également s’assurer de pouvoir mobiliser les ressources financières nécessaires au redémarrage de l’économie et au soutien à des créneaux d’innovation riches en valeur ajoutée et en création d’emplois. En ce sens, bien que difficile, la situation nous apparaît moins dramatique qu’il n’y paraît.

          Le ministre des Finances, Éric Girard, devrait confirmer aujourd’hui, lors de sa mise à jour économique, que le déficit anticipé du Québec s’élèvera à 15 milliards de dollars. Nous saluons son intention, déjà exprimée, d’utiliser la réserve de stabilisation dont bénéficie actuellement le gouvernement. Héritée des larges surplus budgétaires successifs engendrés par l’État québécois, celle-ci s’élève à 13,9 milliards de dollars. Le recours à la réserve de stabilisation permettra de financer sinon la totalité, du moins une bonne partie du déficit attendu pour l’année en cours.

          Mais le ministre des Finances peut aller plus loin : il doit suspendre le versement prévu des 2,7 milliards de dollars au Fonds des générations. Ces sommes doivent être réorientées vers les besoins immédiats.

          Consacrer près de trois milliards de dollars au Fonds des générations n’a aucune utilité à court terme, à moins que la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui gère ce fonds, ne s’en serve pour investir dans des entreprises québécoises afin de soutenir la relance économique. Malheureusement, nous n’avons aucune indication en ce sens.

          Alors qu’une sévère récession engendrée par la crise sanitaire plombe l’économie québécoise, le gouvernement doit cesser de mettre en œuvre cette politique d’austérité qu’est le remboursement de la dette. La politique monétaire étant inopérante en raison de la faiblesse des taux directeurs, la politique budgétaire et fiscale du gouvernement doit faire le maximum pour soutenir et relancer l’économie.

          Il faut noter ici que l’obsession du remboursement de la dette publique, partagée par de nombreux gouvernements successifs, n’est pas étrangère au fait que le Québec se classe au dernier rang des provinces en matière de dépenses en santé par habitant et en queue de peloton pour ce qui est de l’éducation et de l’enseignement supérieur. À la lumière de l’hécatombe constatée dans nos CHSLD, il serait pour le moins approprié de se garder une petite gêne lorsque vient le temps de célébrer notre capacité à atteindre l’équilibre budgétaire année après année.

          En raison de la réduction significative de son taux d’endettement au cours des dernières années, le Québec dispose sans contredit de la marge de manœuvre nécessaire pour traverser la crise et financer la relance économique. Il serait irresponsable, collectivement, d’agir autrement, d’autant plus que la crise aura révélé les graves lacunes de nos services publics et de notre filet de sécurité sociale, particulièrement au sein du réseau de la santé et des services sociaux.

          De manière générale, il faudra investir davantage dans les services publics, notamment en santé, en augmentant les effectifs dans les résidences pour aîné-es, en améliorant la rémunération des personnes qui y travaillent et en développant au maximum les services de soins à domicile pour les gens en perte d’autonomie. Les réseaux de l’éducation et de l’enseignement supérieur devront également être mis à contribution afin de soutenir les efforts de requalification de la main-d’œuvre de certains secteurs plus sévèrement affectés par la pandémie.

          Pour un véritable dialogue social
          La lutte sanitaire démontre, jour après jour depuis le début de la crise, que les Québecoises et les Québécois ont une formidable aptitude à travailler ensemble. Il faut s’en inspirer, car un immense effort de mobilisation sera nécessaire pour redonner à l’économie du Québec tout l’élan dont elle a besoin.

          Les réflexions qui concernent l’avenir du Québec ne peuvent se faire en vase clos sans entraîner un important déficit démocratique. Espérons que le gouvernement saura tirer les leçons qui s’imposent de la courte vie du projet de loi 61 et qu’il mettra en branle une table nationale de concertation ainsi que des structures régionales et locales, comme le revendiquent les organisations de la société civile.

          Nous avons aujourd’hui l’occasion d’effectuer un virage en matière de stratégie développement économique : celle-ci doit être réfléchie, planifiée et gérée de manière socialement responsable dès maintenant, et ce, avec tous les partenaires de la société québécoise, dans le cadre d’un dialogue ouvert et constructif. Les acteurs socioéconomiques sont des alliés qui permettront de mieux concilier des objectifs de soutien à la vitalité économique des entreprises avec ceux de justice sociale pour les citoyennes et les citoyens. Ce n’est qu’en procédant ainsi que nous pourrons bâtir une économie résiliente et durable.

          4 solutions pour réparer les services pour les personnes en perte d’autonomie

          Alors que la crise de la COVID-19 met en lumière la défaillance des services donnés aux personnes en perte d’autonomie, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) propose 4 solutions pour mieux prendre soin des aîné-es et des personnes handicapées.

          Les nombreux cas d’infection et de décès dans les CHSLD illustrent l’urgence d’implanter des solutions pour réparer les services pour les personnes en perte d’autonomie. Si le gouvernement Legault reconnaît maintenant l’ampleur des problèmes du secteur, ces propositions alambiquées imposées sans consultation risquent de passer à côté de l’essentiel. « Les problèmes que nous vivons avec cette crise sont la conséquence d’années de mauvaises décisions politiques. Et cela prendra plusieurs solutions ambitieuses pour réussir à réparer ce que nos gouvernements ont brisé. Mais heureusement, ces solutions existent, pour peu qu’on veuille écouter celles et ceux qui sont sur le terrain chaque jour », lance Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

          1. Effacer les traces de l’austérité libérale

          Les effets des compressions budgétaires se font dramatiquement sentir ces derniers mois. Ne pas investir les montants nécessaires pour prendre soin de la population a mené à des centaines d’abolitions de postes et des coupes de services. Depuis la réforme Barrette, les gouvernements ont récupéré plus de 10 milliards de dollars dans les établissements publics. Ce manque à gagner cumulatif des établissements publics depuis 2013-2014 doit être effacé.

          « La première chose que nous devons faire, c’est d’adopter un plan de sortie de l’austérité en remettant l’argent qui a été économisé sur le dos du personnel et des patient-es. On ne pourra pas réparer les services aux personnes en perte d’autonomie en essayant encore de faire le tout à coût nul. On doit se donner les moyens de nos ambitions ! », poursuit Jeff Begley.

          1. Améliorer les conditions de travail et les salaires de l’ensemble du personnel

          La difficulté du réseau à faire face au coronavirus montre qu’il faut améliorer les conditions de travail et salariales du personnel surchargé. Une telle crise devrait convaincre tout le monde qu’on ne peut plus continuer de considérer le personnel du réseau comme une dépense. Pourtant, le gouvernement s’entête à proposer des mesures qui auront pour effet d’accentuer la désorganisation du réseau. Agir seulement pour les préposé-es en CHSLD ne fera qu’aggraver le manque de personnel pour d’autres titres d’emploi essentiels du réseau et du secteur privé, comme les ASSS, le personnel de l’entretien ménager et les préposé-es aux bénéficiaires des hôpitaux. Les disponibilités en tout temps exigées pour la formation accélérée de ces préposé-es sont exactement ce qui a marqué l’échec de l’ouverture des postes dans le réseau dans les derniers mois.

          « Bien des gens ont appris avec désarroi à quel point les conditions sont difficiles dans le réseau. Ça fait pourtant des années qu’on s’époumone à proposer des solutions pour améliorer les choses et convaincre les gens de venir travailler dans le réseau. Et pourtant, on continue à ne pas nous écouter et à proposer des choses qui ne marchent pas. Ce n’est pas en demandant aux futurs préposé-es d’être disponibles jour, soir, nuit et fin de semaine qu’on va attirer les gens. Ce ne sont pas des robots ! », explique Jeff Begley.

          1. Réintégrer le privé dans le secteur public 

          En refusant d’investir les montants nécessaires, les gouvernements ont forcé le développement du privé en santé. Le cas du CHSLD Herron montre bien l’erreur monumentale qui a été faite. À cela s’ajoute le fait que les gouvernements ont fermé les yeux sur les conditions de vie des usagères et usagers et de celles et ceux qui leur donnent les services, alors pourtant que des places au privé sont sous la responsabilité des établissements publics. La FSSS-CSN demande un espace de travail avec le MSSS pour identifier des solutions permanentes pour le personnel des centres d’hébergement privés. La FSSS-CSN propose aussi de réintégrer dans le secteur public les services qui sont donnés par le privé, aussi bien en hébergement qu’en soutien à domicile.

          « Il est temps de faire le bilan d’années de privatisation de la santé. Faire des profits sur la santé des gens, ça ne nous a menés nulle part. La meilleure manière de s’assurer de la qualité et de la continuité des soins, c’est par une offre intégrée dans le public. Le Québec réalise aujourd’hui à quel point les travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés et du soutien à domicile sont mal payés et mal traités. Intégrons ces personnes dans notre réseau public », indique Jeff Begley.

          1. Réorganiser notre réseau en misant sur la décentralisation, la démocratisation et l’autonomie des équipes

          Mais intégrer ces secteurs dans le réseau public actuellement ne serait pas suffisant. C’est pourquoi la FSSS-CSN appelle le gouvernement à mener une réorganisation du réseau misant sur la décentralisation, la démocratisation et l’autonomie des équipes de travail. Cette réorganisation doit être menée en misant sur la participation de toutes les composantes du réseau.

          « Il faut revenir à un réseau qui soigne les gens dans la communauté. Pour ça, il faut faire le constat de l’échec de la réforme Barrette et revenir à un réseau à visage humain », de conclure Jeff Begley.

          Trente-deux organisations unissent leur voix contre la nouvelle mouture du Programme de l’expérience québécoise

          Plus d’une trentaine de groupes étudiants, syndicaux et communautaires expriment d’une seule voix leur opposition au projet de règlement modifiant le Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

          Les demandes
          Selon ces organisations, la nouvelle mouture proposée par le projet de règlement va à l’encontre tant des intérêts des Québécoises et Québécois que des intérêts des candidates et candidats à l’immigration. Les revendications suivantes sont particulièrement mises de l’avant par ces groupes.

          1. Annuler le prolongement des années d’expérience de travail requises pour que les candidates et candidats, étudiantes et étudiants ou travailleuses et travailleurs puissent être admis dans le PEQ: Ce prolongement enfermera plus longtemps un grand nombre de personnes dans un état précaire et vulnérable.
          2. Annuler l’exclusion des travailleuses et travailleurs occupant des emplois peu ou non qualifiés (catégories C et D selon la classification nationale des professions) : Le PEQ devrait être ouvert à toutes les personnes ayant accumulé de l’expérience au Québec, sans discrimination fondée sur le niveau de qualification professionnelle.
          3. Annuler l’allongement du délai de traitement de la demande : Le PEQ devrait demeurer une voie rapide pour les personnes qui se trouvent déjà au Québec.
          4. Annuler l’introduction d’exigences linguistiques pour les conjointes et conjoints de la demandeuse principale ou du demandeur principal : Assurer que des conditions favorables (conditions de travail convenables et accès égal aux services sociaux) permettant d’améliorer efficacement la compétence linguistique soient mises en place par le gouvernement du Québec, notamment dans les milieux de travail, et que chaque demandeuse ou demandeur, ainsi que sa conjointe ou son conjoint, reçoivent une formation de francisation de qualité leur permettant d’atteindre une compétence fonctionnelle dans un délai raisonnable.
          5. Rehausser le seuil d’immigration en accélérant le traitement des demandes, particulièrement pour les demandes faites au Québec : Considérant la présence des personnes migrantes et en demande d’asile au Québec, la pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs et le déclin démographique du Québec, il faut rehausser le seuil d’immigration et accélérer le processus en tenant compte des effets de la crise sanitaire.
          6. Consulter les organisations syndicales, étudiantes et communautaires au service des personnes immigrantes sur tout projet pilote, en incluant celui visant 550 postes par année réservés aux préposé-es aux bénéficiaires et 550 postes par année réservés à l’industrie de l’intelligence artificielle et des technologies de l’information.

          CITATIONS
          Les positions seront présentées par quatre porte-parole représentant les milieux étudiants, syndicaux et communautaires.

          « Le PEQ ne doit pas être modifié sans d’abord qu’on ait procédé à son évaluation. Il n’y a absolument aucune urgence à adopter ce règlement. La crise sanitaire actuelle ne justifie en rien une telle précipitation, au contraire. Considérant les besoins du marché du travail, le PEQ doit être maintenu et doit rendre admissibles au Certificat de sélection du Québec (CSQ) tous les immigrants détenant un permis de travail ou d’études, quel que soit leur domaine d’emploi ou d’études et quelle que soit la catégorie d’emploi occupée. Le PEQ devrait même être élargi à toutes les demandeuses et à tous les demandeurs d’asile travaillant dans les secteurs essentiels de l’économie, tels que la santé et l’agroalimentaire. »

          – Véronique De Sève, vice-présidente, Confédération des syndicats nationaux (CSN)

          « L’absence de la clause de droit acquis fait de la réforme du PEQ une trahison pour la communauté étudiante internationale qui souhaite faire du Québec son chez-soi. Cela détruit les projets de vie de milliers de personnes qui désirent s’installer au Québec, et c’est inadmissible. »

          – Noémie Veilleux, présidente, Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ)

          « La TCRI s’inquiète des conséquences de la nouvelle réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) présentée le 28 mai 2020. En effet, nous sommes très préoccupées par la tendance du gouvernement à favoriser l’immigration temporaire tout en réduisant les chances d’accéder à la résidence permanente. Ces mesures précarisent des milliers de travailleurs temporaires, des étudiants internationaux et leur famille, dans un contexte où la pandémie de COVID-19 les rend déjà plus vulnérables. »

          – Yann Hairaud, coprésident, Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI)

          « Le ministre lui-même avait dit que c’était injuste et irrespectueux de changer les règles quand le processus a déjà débuté. Je n’ai peut-être pas encore déposé de dossier, mais ce processus a commencé le jour où j’ai mis les pieds au Québec. »

          – Loïka Beauvil, étudiante internationale à l’Université de Montréal

          Groupes organisateurs et d’appui

          Organisateurs

          • Campagne « Le Québec, c’est nous aussi »
          • Centrale des syndicats démocratiques (CSD)
          • Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
          • Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI)
          • Confédération des syndicats nationaux (CSN)
          • Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
          • Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ)
          • Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI)
          • Union étudiante du Québec (UEQ)

          Appuis

          • Afrique au Féminin
          • Association des travailleurs et travailleuses migrants du Québec (ATTMQ)
          • Association des travailleurs et travailleuses temporaires des agences de placement (ATTAP)
          • Association des travailleurs grecs du Québec
          • Association pour la Défense des Droits du Personnel Domestique de Maison et de Ferme (ADDPD)
          • Au bas de l’échelle
          • Centre international de documentation et d’information haïtienne, caribéenne et afro-canadienne (CIDIHCA)
          • Clef pour l’intégration au travail des immigrants (CITIM)
          • Comité d’action de Parc-Extension (CAPE)
          • Concertation haïtienne pour les migrant.es (CHPM)
          • Conseil central du Montréal métropolitain–CSN (CCMM-CSN)
          • Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT)
          • Conseil régional FTQ Montréal métropolitain (CRFTQMM)
          • Fédération du Commerce (FC–CSN)
          • Femmes du monde à Côte-des-Neiges
          • Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)
          • Groupe d’études et de recherches axées sur la communication internationale et interculturelle (GERACII)
          • Groupe interuniversitaire et interdisciplinaire de recherche sur l’emploi, la pauvreté et la protection sociale (GIREPS)
          • Illusion-Emploi de l’Estrie
          • Mouvement Action-Chômage (MAC) de Montréal
          • Organisation des femmes philippines du Québec (PINAY)
          • Réseau d’aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Québec (RATTMAQ)
          • Secteur Vivre ensemble/Centre justice et foi

          La compassion des épiciers n’aura pas duré longtemps !

          La Fédération du commerce (FC–CSN) dénonce la décision hâtive et injustifiée des grandes bannières alimentaires de couper les primes « COVID-19 » versées aux employé-es. « Alors que nos membres travaillent sans relâche depuis la mi-mars dans des conditions difficiles, voire dangereuses, les épiciers décident de mettre fin à la seule compensation qui leur était versée, et ce, même si la crise sanitaire n’est pas terminée », déplore le président de la FC–CSN, David Bergeron-Cyr.

          Incohérence
          Jugés essentiels par le gouvernement, les travailleuses et les travailleurs des grandes bannières — incluant les employé-es des entrepôts — ont dû se battre au début de la crise afin que des mesures de protection soient mises en place. « Au début, il n’y avait rien pour les protéger. Pas de masques, pas de gants, pas de plexiglas de protection et pas de prime. Aujourd’hui, le matériel n’est pas près de disparaitre, mais les employé-es ne peuvent plus toucher leur prime. Il y a quelque chose de complètement incohérent là-dedans, déplore Bergeron-Cyr. Pour nous, cette décision est hâtive et injustifiée. »

          La FC–CSN dénonce aussi le choix de certaines bannières de transformer la prime en bonus. « Cette solution n’a pour objectif que d’économiser sur le dos des employé-es. On est déçu de constater que la reconnaissance et la compassion des patrons auront été de courte durée. »

          Deuxième vague
          Quotidiennement, le gouvernement et les autorités de Santé publique rappellent aux Québécoises et aux Québécois que la pandémie n’est pas terminée et que la menace d’une deuxième vague de contagion plane toujours. « Devant ces constats, les bannières doivent continuer à verser cette prime d’autant qu’elles ont connu, grâce à cette pandémie, des hausses de revenus de l’ordre de centaines de millions de dollars. Lorsque la situation se sera véritablement stabilisée et qu’un vaccin sera disponible, le retrait de la prime pourra être envisagé. »

          Le secteur forestier doit faire partie de la relance verte d’Ottawa

          La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) exhorte de nouveau le gouvernement du Québec, mais aussi celui du Canada, à appuyer la relance et la diversification de l’industrie forestière. La COVID-19 accélère malheureusement le déclin de certains produits forestiers comme le papier de circulaire. Maxi vient justement d’annoncer la fin de sa publicité papier en invoquant à tort des raisons environnementales. La relance verte et durable que le gouvernement du Canada planifie peut et doit passer par la forêt.

          Le gouvernement Trudeau a récemment parlé d’une « relance verte » pour l’après COVID-19 et a mandaté trois ministres pour ce dossier. Le ministre fédéral de l’Innovation cherche de son côté de « grandes idées » pour mettre sur pied une « relance industrielle canadienne globale ». Ottawa a aussi nommé Monique Leroux à la tête du Conseil sur la stratégie industrielle. Cette dernière a notamment déclaré : « Tant qu’à réinvestir et à relancer, faisons-le de façon durable ». Or, le bois est une ressource renouvelable et durable qui permet de stocker du carbone.

          « L’industrie forestière du pays doit faire partie de cette relance verte et nous souhaitons vivement qu’Ottawa inclue le secteur forestier dans ses plans », affirme Louis Bégin, président de la FIM–CSN. La mise en place de nouvelles filières écologiques basées sur la fibre forestière est non seulement un moyen de diminuer les gaz à effet de serre, mais aussi de fournir de bons emplois en région tout en trouvant une nouvelle vocation à des usines en déclin. Les régions ont besoin de ces emplois.

          Le rôle du Québec ne se limite pas à baisser le coût de la fibre

          Québec doit aussi jouer un rôle dans la relance de son industrie forestière et ne pas se contenter d’agir en spectateur face à la planification qu’Ottawa prépare.

          La simple baisse du coût de la fibre en provenance de la forêt publique, qui est souhaitée par l’industrie forestière, ne pourra pas suffire si les débouchés ne sont plus au rendez-vous pour certains produits comme le papier journal ou de circulaire. Rappelons que la fermeture partielle ou totale de papetières nuit aux scieries qui n’ont alors plus de débouché pour leurs copeaux.

          « Le ministre de la Forêt, Pierre Dufour, ainsi que son gouvernement doivent sortir de leur mutisme et dire clairement s’ils vont jouer un rôle actif pour s’assurer que cette filière continue de fournir des emplois en région. Il n’y a pas de raison de rester les bras croisés et de regarder certaines usines mourir à petit feu comme nous le faisons depuis plus de 10 ans. La forêt pourrait fournir au moins 20 % plus d’emplois dans les régions où elle se trouve si l’on misait sur de nouvelles filières d’avenir. Pour sortir de la crise actuelle, nous devons favoriser une réelle relance de l’industrie forestière et redonner aux régions les moyens de leurs ambitions afin de faire fructifier leur richesse naturelle », conclut Louis Bégin.

          Rappelons que l’économie de 152 municipalités au Québec dépend du secteur forestier.

          Mieux préparer la 2e vague dans le réseau de la santé et des services sociaux

          Inquiètes des graves lacunes qui perdurent en matière de santé et sécurité au travail, toutes les organisations syndicales du réseau de la santé et des services sociaux du Québec lancent à l’unisson un appel clair au gouvernement : il est impératif de corriger la situation en vue d’une deuxième vague de propagation de la COVID-19. Dans le meilleur scénario, il reste trois mois tout au plus pour les préparatifs. Ces lacunes, marquées avant la pandémie, expliquent en bonne partie le bilan sombre du Québec en fait de contaminations, de décès et d’arrêts de travail.

          Les syndicats précisent que cet automne, le Québec devra absolument éviter un nouvel enchaînement de contaminations et d’arrêts de travail du côté du personnel, déjà gravement fragilisé par les répercussions de la première vague. Alors que le gouvernement garde certains chiffres confidentiels, des données obtenues sur le terrain laissent présager que des situations difficiles persistent dans certains établissements ou certaines régions.

          Revendications
          La première phase de la crise de la COVID-19 a été un échec. En plus d’avoir coûté la vie à six personnes salariées du réseau de la santé et des services sociaux, elle a mis en lumière les lacunes en prévention dans les milieux de travail, comme en témoigne le fait que 5000 travailleuses et travailleurs ont été infecté.e.s. C’est pourquoi les organisations syndicales présentent les demandes suivantes :

          1. Avoir des données fiables sur le nombre de membres du personnel infectés par établissement, par mission, par service, par centre d’activités et par titre d’emploi pour mieux planifier les ressources disponibles.
          2. Avoir l’heure juste sur l’état des stocks d’équipements de protection individuelle (ÉPI) pour assurer un approvisionnement adéquat et le plus haut niveau de protection pour le personnel du réseau.
          3. Avoir des moyens de faire de la prévention sur le terrain pour limiter le nombre d’infections.
          4. Appliquer d’urgence l’intégralité des quatre mécanismes de prévention prévus à la Loi sur la santé et la sécurité du travail, dans l’ensemble des établissements du réseau, à commencer par l’identification d’un représentant à la prévention. Cette mesure devra être suivie par l’instauration de programmes de prévention et de programmes de santé ainsi que la mise sur pied de comités de santé et sécurité.

          Citations

          « La prévention en santé et sécurité au travail est déficiente dans le réseau et la pandémie nous le montre comme jamais. Il faut renverser la vapeur et se donner les moyens de protéger le personnel en vue de la deuxième vague. Et pour ça, il faut que le gouvernement fasse ce qu’il faut pour identifier un représentant à la prévention dans chaque installation. Cette personne doit avoir les pouvoirs nécessaires pour faire fonctionner la prévention au plus vite », explique Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

          « Dès le début de la pandémie, on a pu constater que les recommandations de l’INSPQ étaient guidées par le peu d’équipements de protection individuelle en stock. Le Québec a commencé cette crise mal préparé, mal équipé, avec un réseau de la santé déjà à bout de souffle. Le gouvernement Legault a refusé de nous informer correctement sur les inventaires d’ÉPI disponibles et plusieurs résidences et CHSLD ont souffert d’un approvisionnement insuffisant. Le personnel de la santé a été mis à risque par absence de prévention. On n’acceptera pas ça pour la deuxième vague! », a averti Linda Lapointe, vice-présidente, Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec–FIQ.

          « Après bientôt trois mois de crise, c’est inacceptable qu’on ne parvienne toujours pas à obtenir un portrait clair de la situation. Pour préparer adéquatement le réseau à la deuxième vague, il nous faut une vue d’ensemble pour comprendre ce qui nous attend. Il est urgent d’avoir un rapport statistique clair et précis permettant d’établir combien de personnes salariées ont été infectées », souligne Andrée Poirier, présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

          « La toute première étape, urgente, doit être de nommer des représentants à la prévention dans chacun des milieux de travail, avec tous les pouvoirs prévus dans les règlements de la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Ces personnes impartiales et autonomes auront tous les pouvoirs pour inspecter et prescrire des correctifs sans délai. C’est un moyen très rapide et extrêmement efficace pour nous sortir du chaos actuel », a déclaré Benoit Bouchard, président de la division québécoise du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Québec).

          « Depuis le début de la crise, à travers les établissements, les comités et ressources en matière de santé et sécurité qui existaient déjà ont été réduits au minimum. Ça n’a aucun sens! Il faut maintenant faire machine arrière et multiplier les travaux de prévention. Ce sont des moyens extrêmement utiles en temps normal, alors en temps de pandémie, c’est une question de vie et de mort », selon Sylvie Nelson, présidente du SQEES-FTQ.

          « La première vague de COVID-19 a mis en lumière un nombre considérable de lacunes dans les établissements de santé. La ministre elle-même a reconnu que les exigences croissantes de mobilité imposées depuis la création des mégas structures, le recours à la main-d’œuvre indépendante des agences de placement privées et les nombreux déplacements du personnel d’un établissement à l’autre ont agi comme vecteur de propagation de la COVID-19. En plus du matériel adéquat, la stabilité des équipes de soins doit être prioritaire, non seulement en termes de ratios, mais également en termes d’équipes dédiées permettant de développer et de consolider les expertises requises. Il faut que des actions soient mises de l’avant dès maintenant et rapidement » – Claire Montour, présidente de la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ).

          « Nous sommes conscients qu’il y a une forte demande pour les ÉPI à travers le monde. Toutefois, nous avons l’impression que les directives sanitaires varient en fonction des stocks disponibles et nous doutons grandement de l’efficacité de certains ÉPI fournis au personnel. Il n’est donc pas étonnant de voir autant de travailleurs et travailleuses infectés ou décédés. Nous croyons même que le personnel immunodéprimé ou qui a une maladie chronique en réaffectation est plus en danger qu’il ne le pense », soutient Christian Naud, Responsable du dossier politique de la santé et sécurité au travail à la Fédération des professionnèles (FP-CSN).

          PL61 : la relance ne peut se faire sur le pilote automatique ni de façon autocratique, plaide la CSN

          Paraissant en commission parlementaire sur le projet de loi 61 aujourd’hui, la CSN a défendu l’objectif du gouvernement de soutenir la relance économique et la création d’emplois en intensifiant le déploiement de projets d’infrastructure. Toutefois, s’inquiète la centrale syndicale, le gouvernement ne peut faire l’économie d’une réflexion impliquant la société civile quant aux orientations à donner à la reprise, encore moins en déréglementant tous azimuts les mécanismes de contrôle politiques, civiques et environnementaux dont le Québec s’est doté pour baliser de tels projets d’infrastructure.

          En ce sens, le projet de loi 61 portant sur la relance de l’économie du Québec doit être profondément revu avant son adoption, estime la CSN.

          « Oui, le gouvernement doit investir massivement pour relancer l’économie. Maintenant, ce n’est pas parce que nous sommes d’accord sur le principe que nous allons cautionner la façon de faire rétrograde qui est envisagée par le gouvernement », a plaidé le président de la CSN, Jacques Létourneau.

          « Nous sommes devant un curieux paradoxe, a soulevé le porte-parole syndical. D’un côté, le gouvernement désire à ce point relancer l’économie qu’il trouve approprié de suspendre toute forme de contrôle parlementaire, de minimiser les obligations de reddition de compte et de saccager les règles en matière d’environnement et d’octroi de contrats publics. De l’autre, il reprend intégralement ses engagements électoraux, sans aucune forme de consultation de la population, ni même un semblant de réflexion quant aux mesures qui pourraient être les plus appropriées pour faire face aux nombreux défis économiques et sociaux engendrés par la crise. Alors que nous avons une occasion en or de mettre de l’avant un développement économique axé sur une nécessaire transition énergétique, le gouvernement se met en mode « business as usual ». Pour le dialogue social pourtant demandé par la quasi-totalité de la société civile, on repassera ! »

          À cet égard, le président de la CSN se désole de constater que les projets de construction et de rénovation bénéficieront principalement aux travailleurs masculins. « Les femmes ont été les plus touchées par la crise, note Jacques Létourneau. Les pertes d’emploi ont été catastrophiques pour les personnes qui occupent des postes précaires et à temps partiel, parmi lesquelles les femmes sont nettement surreprésentées. Le projet de loi sur la relance n’apporte pas non plus de réponse pour les travailleuses et les travailleurs des secteurs culturel et touristique, durement affectés par la crise. »

          La CSN s’inquiète grandement du manque flagrant de contrôle parlementaire prévu par le projet de loi, notamment par la promulgation d’un état d’urgence sanitaire quasi permanent. « Dans un état de droit, le recours à un décret sanitaire doit servir à répondre à des impératifs de santé de la population. Pas à enfreindre l’obligation de rendre des comptes aux parlementaires et à la population ni à outrepasser les règles environnementales. En ce sens, le projet de loi 61 fait sérieusement reculer le Québec, dont le destin ne peut être dicté à coups de décrets ministériels. Il y a lieu de s’inquiéter d’une telle volonté de bafouer nos institutions démocratiques », de conclure le président de la CSN.

          Les profs de cégep préoccupés par la rentrée de l’automne 2020

          Les enseignantes et les enseignants des cégeps affiliés à la FNEEQ-CSN préparent la rentrée de l’automne 2020 avec comme préoccupations principales la réussite et la persévérance scolaire des étudiantes et des étudiants ainsi que l’accueil de celles et ceux qui arriveront du secondaire. « La session d’hiver a pu se terminer sans trop de heurts grâce à la rigueur et au travail important d’adaptation que le personnel enseignant a su faire dans l’urgence, malgré des contraintes importantes », explique Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQ–CSN.

          Cependant, le personnel enseignant a constaté que le glissement vers le mode virtuel a un effet délétère sur la motivation de plusieurs étudiantes et étudiants. « L’encadrement pédagogique et la relation maître-élève jouent un rôle fondamental dans la persévérance scolaire. Malheureusement, la communication à distance a des limites : elle rend beaucoup plus difficile l’encadrement, ce qui n’est pas sans conséquence pour les étudiants et étudiants, en particulier pour ceux qui vivent des difficultés particulières », affirme Yves de Repentigny, vice-président responsable du regroupement cégep de la FNEEQ–CSN.

          C’est dans cette optique que les délégué-es des cégeps de la FNEEQ-CSN demandent que, pour les cours de la session d’automne, l’enseignement en présence soit privilégié par rapport au mode virtuel afin d’établir une relation pédagogique significative et stable. Cela, bien sûr, sans perdre de vue la santé et la sécurité dans la mesure où les recommandations de la santé publique le permettraient. On pourrait par exemple utiliser pour des groupes plus grands des salles de cinéma, des centres communautaires, des églises ou d’autres installations assez vastes pour assurer la distanciation physique. Il s’avérerait même possible de donner des cours dehors par beau temps !

          Il faut veiller en particulier à offrir les laboratoires et les stages en présence puisqu’ils sont incontournables pour le développement de savoir-être et de savoir-faire impossibles à développer de façon virtuelle. « Si l’éducation est réellement une priorité, le gouvernement doit nous octroyer les moyens et les ressources pour assurer des conditions d’enseignement et d’apprentissage optimales, car nous formons, pandémie ou non, le Québec de demain », conclut Yves de Repentigny.

           

          Formation pour devenir préposé-e en CHSLD : un plan gouvernemental sans les principales concernées

          La FSSS–CSN, qui représente 75 % des préposé-es aux bénéficiaires du secteur public, réagit à l’annonce gouvernementale de la formation pour devenir préposé aux bénéficiaires (PAB).

          Former rapidement, mais former bien
          Lors de sa conférence de presse, le premier ministre a indiqué qu’il recevrait probablement des critiques concernant sa proposition sur les PAB de la part des syndicats. Comment peut-il savoir ? La FSSS–CSN n’a pas été consultée pour la mise en place de cette formation. Si les besoins sont grands dans le secteur depuis plusieurs années, il faut s’assurer que cette formation permettra aux futurs préposé-es aux bénéficiaires de bien intégrer le réseau de la santé. La volonté gouvernementale d’attirer du personnel est louable, mais comme elle est implantée de manière unilatérale, la FSSS craint que les résultats ne soient pas au rendez-vous.

          « Tant mieux si le gouvernement se réveille et agit pour augmenter le personnel dans les CHSLD. Ça fait des années qu’on intervient pour ça ! Mais la manière d’y parvenir pose bien des problèmes. Imposer du haut vers le bas sans consulter personne, c’est ce qu’on fait dans le réseau depuis longtemps. Si ça marchait, on serait au courant ! Depuis l’annonce de la formation, nous recevons bien des commentaires de nos membres qu’il aurait été intéressant de prendre en considération. Mais pour ça il faut écouter les principales concernées et encore une fois le gouvernement passe à côté de ça », lance Jeff Begley, président de la FSSS–CSN.

          Encore une fois, le gouvernement veut régler la situation sans mettre dans le coup les principaux concernés. Il l’a fait il y a quelques mois avec le dépôt de son plan pour l’attraction et la rétention des PAB et des ASSS, déposé sans aucune consultation. Les éléments de ce plan n’avaient d’ailleurs pas permis de régler la pénurie dans ce secteur. Pourtant, la FSSS–CSN a indiqué à plusieurs reprises sa disponibilité pour proposer des solutions pour améliorer la situation avec les PAB. La vaste étude menée par la FSSS sur la réalité des PAB avait permis de recueillir plusieurs propositions. L’invitation de la FSSS est restée lettre morte.

          Le gouvernement a réitéré son intention d’augmenter davantage la rémunération des préposé-es aux bénéficiaires en CHSLD. « Le gouvernement sème les graines de la prochaine crise dans le réseau. En s’attardant uniquement aux CHSLD alors que c’est l’ensemble du réseau qui vit une crise inégalée dans les dernières années, nous ne faisons que déplacer le problème. Si le gouvernement s’entête, on va se retrouver bien vite avec une pénurie aggravée dans les hôpitaux, dans les soins à domicile et dans les plusieurs secteurs du réseau et des centres d’hébergement privés », explique Jeff Begley.

          La FSSS–CSN s’adresse à la Santé publique pour rehausser les mesures de protection

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) s’adresse à la Santé publique pour qu’elle annonce un rehaussement des mesures de protection du personnel du réseau alors que nous devons nous préparer à affronter la deuxième vague du coronavirus.

          Appliquer le principe de précaution pour protéger le personnel
          Cette semaine, la FSSS–CSN a transmis une lettre au Comité sur les infections nosocomiales du Québec (CINQ) de la santé publique, au directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, et à la CNESST, comme le révèle ce matin un article de La Presse. L’objectif de cette démarche est de demander à la santé publique de revoir sa position sur la protection du personnel du réseau, alors que plus de 5000 travailleuses et travailleurs ont été infectés. Depuis le début de la pandémie, la FSSS–CSN réclame un rehaussement des mesures de protection, particulièrement dans les CHSLD, les soins à domicile et les résidences privées pour aîné-es, là où se trouve le plus grand nombre de cas de personnel et d’usagers infectés. Pour la FSSS–CSN, il faut notamment rendre disponible le masque N95 dans ces secteurs névralgiques.

          Il n’y a actuellement pas de consensus scientifique sur le mode de transmission du virus. S’il est avéré que le virus se transmet par gouttelettes, plusieurs experts avancent que le virus se transmet aussi par aérosol. En l’absence de consensus, la FSSS–CSN demande à la santé publique d’appliquer le principe de précaution pour assurer la sécurité des travailleuses et travailleurs au front. Pour ce qui est de la CNESST, la FSSS–CSN demande que ses équipes d’inspection-prévention soient appelées sans tarder à appliquer le principe de précaution.

          « Il faut se préparer dès maintenant pour la deuxième vague. La protection du personnel dans la première vague, on l’a complètement échappée. La santé publique doit appliquer le principe de précaution et augmenter la protection des travailleuses et travailleurs », lance Judith Huot, vice-présidente de la FSSS–CSN.

          « Le premier ministre a beau déplorer chaque jour qu’il manque du monde sur le plancher, mais pour l’instant on ne fait pas tout pour les protéger. Les travailleuses et travailleurs sont au front depuis plus de deux mois et voient sans arrêt de leurs collègues tomber au combat. Il faut replacer au plus vite ! », explique Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

          Agents de prévention en milieu de travail : la CSN demande que les syndicats soient aussi consultés

          La CSN se réjouit de l’annonce du ministère du Travail qui redéploiera 1000 agents de prévention issus de la fonction publique pour faire la promotion des mesures de santé et de sécurité en lien avec le déconfinement graduel des entreprises. Toutefois, la centrale syndicale demande à ce que les syndicats soient également consultés dans l’évaluation des mesures de prévention mises en place pour chacun des milieux de travail.

          Comme l’a indiqué le ministère du Travail ce matin, en collaboration avec la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), des équipes de prévention composées de personnel de différents ministères et organismes publics seront également responsables d’évaluer les mesures mises en place dans différents milieux de travail. Ceux-ci pourront communiquer avec les employeurs, mais aucune forme de consultation auprès des travailleuses et des travailleurs n’est actuellement prévue.

          « Toute la Loi sur la santé et la sécurité du travail repose sur le paritarisme, rappelle le vice-président de la CSN, Jean Lacharité. Ces agents de prévention sont appelés à être les yeux et les oreilles de la CNESST. Il tombe sous le sens que ceux-ci doivent être habilités à consulter l’ensemble des parties pour établir un portrait approprié de la situation dans chaque entreprise. Il en va de la santé et de la sécurité des travailleuses et des travailleurs. Si on veut prendre tous les moyens pour réduire la propagation du virus, il faut s’assurer que les milieux de travail s’ajustent correctement. En ce sens, la participation des syndicats est primordiale. »

          La centrale syndicale demeure très préoccupée par le manque d’inspecteurs et d’inspectrices en prévention au sein de la CNESST. « Déjà, avant la crise, nous étions inquiets des conséquences du manque de ressources pour inspecter les milieux de travail et apporter les correctifs appropriés. La situation ne s’est pas améliorée avec la crise de la COVID-19. Redéployer 1000 fonctionnaires pour faire la promotion de la prévention, c’est un bon pas en avant. Mais on doit s’assurer que les travailleuses et les travailleurs sont partie prenante de l’évaluation des mesures mises en place. C’est ce que nous demandons à la CNESST et au ministre du Travail Jean Boulet », mentionne Jean Lacharité.

          Faut qu’on se parle

          Depuis le début de la pandémie, on mesure chaque jour l’ampleur de la crise économique à laquelle devra faire face le Québec dans les prochaines années. Plusieurs croient, une fois la pandémie maîtrisée, que le monde reprendra son cours normal. Nous ne sommes pas d’accord avec cette lecture. En plus des victimes de la pandémie, il y aura de nombreuses fermetures d’entreprises, une augmentation importante du chômage, des pans entiers de l’économie à reconstruire, des déficits budgétaires considérables. Malgré le caractère tragique de la crise, nous sommes de celles et de ceux qui y voient l’occasion d’effectuer un virage en matière de stratégie de développement économique. Toutefois, cette stratégie doit être réfléchie, planifiée et mise en œuvre dès maintenant avec tous les partenaires de la société québécoise. Voilà pourquoi nous demandons au gouvernement de François Legault de mettre rapidement en place les balises permettant un véritable dialogue social avec l’ensemble des acteurs concernés.

          Nous n’avons certainement pas toutes les réponses, mais nous connaissons quelques questions qui méritent d’être posées. Nous avons également des propositions à mettre de l’avant. Bref, nous voulons être partie prenante de cette relance.

          D’emblée, il nous apparaît tristement évident que des milliers de travailleuses et de travailleurs ne retrouveront pas l’emploi qu’ils détenaient il y a maintenant deux mois. D’autres, que ce soit en culture ou dans le secteur touristique, ne le reverront pas de sitôt. Le Québec devra, collectivement, traverser une importante réorganisation de son marché du travail.

          La pandémie a révélé le rôle incontournable des services publics et des programmes sociaux. Cependant, cette dernière a aussi révélé à quel point les années d’austérité ont affaibli les réseaux de la santé, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la petite enfance. De façon plus particulière, le regard lucide que pose chaque jour le premier ministre sur le sort réservé aux aîné-es confirme nos revendications des dernières années et l’urgence de revoir collectivement l’état de l’ensemble du réseau de la santé. Des réinvestissements sont toujours nécessaires, au premier chef pour consolider le réseau de la santé sur le plan des acquisitions, de l’organisation du travail, des conditions de travail, des façons de s’occuper des personnes âgées et vulnérables et des immobilisations.

          Nous saluons la décision du gouvernement de contribuer activement à la reprise économique en accélérant de nombreux projets d’infrastructures, notamment en matière de transport collectif. Toutefois, cette décision, seule, n’est pas garante du succès de la relance. De nombreux secteurs auront des besoins particuliers. Des choix importants seront à faire pour soutenir la création d’emplois dans des milieux innovateurs et la nécessaire transition écologique de l’économie.

          Ces choix collectifs devront être accompagnés de mesures concrètes qui permettront de soutenir nombre de travailleuses et de travailleurs dans l’acquisition de connaissances en période de transformation du marché de l’emploi. On ne s’invente pas technicien en bâtiment ou électricien du jour au lendemain. Que ce soit en matière de formation continue ou de développement professionnel, l’adéquation du marché du travail ne peut être abandonnée aux seules lois du marché. L’État québécois aura un rôle à jouer à cet égard, particulièrement par l’entremise de son réseau public d’éducation et d’enseignement supérieur — sans sous-estimer le rôle crucial que le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale ainsi que le ministère de l’Économie et de l’Innovation auront à jouer.

          Ce qui nous amène à réfléchir aux défis que le gouvernement du Québec aura à relever au cours des prochaines années en matière de finances publiques. Jusqu’à maintenant, il annonce qu’il n’est pas dans son intention de résorber le déficit qui résultera des mesures d’aide aux personnes et de soutien aux entreprises par de subséquentes mesures d’austérité. Par ailleurs, nous devrons soupeser la pertinence de maintenir les transferts au Fonds des générations. Les objectifs de réduction de la dette prévus pour 2026 étant déjà atteints, la crise actuelle nous force notamment à revoir ce choix.

          Les mesures temporaires d’appui aux travailleuses et aux travailleurs affectés par la crise, jusqu’ici largement assumées par le gouvernement fédéral, ne seront pas éternelles. Il y aura plusieurs laissés-pour-compte et nous devrons réfléchir à la façon de bonifier le filet de sécurité sociale.

          Le gouvernement dévoilera en partie les stratégies qu’il mettra de l’avant lors de sa mise à jour économique prévue pour juin prochain. Malheureusement, rien ne nous indique qu’une véritable consultation des partenaires socioéconomiques du gouvernement québécois ne l’aura précédée.

          Le premier ministre du Québec doit indiquer rapidement de quelle façon il entend poser les fondements d’un réel dialogue social avec les acteurs socioéconomiques pour s’assurer d’une véritable adhésion du plus grand nombre de Québécoises et de Québécois.

          Faut qu’on se parle. De notre avenir à toutes et à tous.

          Daniel Boyer, président de la FTQ
          Jacques Létourneau, président de la CSN
          Sonia Ethier, présidente de la CSQ
          Luc Vachon, président de la CSD

          RSG : la réouverture qui change tout

          Qu’est-ce qui a changé ? Après une semaine de réouverture des services de garde en milieu familial (à l’extérieur de la Communauté métropolitaine de Montréal), on pose la question à des responsables de service de garde (RSG) et la réponse est sans ambages : tout !

          Comment s’opère la distanciation dans un milieu de vie où la proximité fait partie de l’ADN même du service de garde ? Comment exprimer de la douceur et de la chaleur envers les enfants tout en portant une visière, un masque et des gants ?

          Une chose est certaine, il s’écrit, dans des milliers de milieux familiaux partout au Québec, une histoire faite de petits et de grands gestes qui n’ont qu’un seul objectif : un retour bienveillant pour les enfants.

          « Une chose que j’ai vite comprise, c’est que nous devions préparer les enfants… et les parents ! », souligne d’entrée de jeu Marylin Potvin, RSG au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

          « Quelques jours avant la réouverture, j’ai contacté les parents et je leur ai expliqué les changements apportés au milieu de garde ainsi que les protocoles à respecter de part et d’autre. Mais le plus important pour moi, c’était de parler aux enfants avant la rentrée. On a fait cela par appels vidéo et j’ai pu leur montrer l’équipement, la visière, les gants et les sensibiliser afin qu’ils ne soient pas trop déstabilisés le lundi matin. »

          Même son de cloche pour Mélanie Dion, RSG de la même région. « Ce qui fait la beauté de nos milieux de garde, c’est justement tout l’aspect familial ! C’est un vrai défi de conserver ce caractère avec l’équipement de protection individuelle, les mesures de distanciation, les limitations multiples pour respecter les consignes. Il faut faire preuve d’imagination et je me suis assurée de préparer mon milieu afin de rendre plus fluides certaines nouvelles réalités. Il faut travailler en amont avec les parents, car c’est ensemble que nous pouvons espérer faciliter l’adaptation des enfants », ajoute-t-elle.

          Les deux RSG font état d’une sensibilité accrue par rapport aux besoins des enfants, dans un contexte où les milieux et les règles qu’ils connaissent sont passablement chamboulés. « Dès la première journée, j’ai fait un atelier avec les enfants afin de leur apprendre à décoder les émotions de quelqu’un qui porte un masque. J’ai enfilé le mien et nous avons joué à deviner si j’exprimais de la joie, de la tristesse, un questionnement et tout plein d’autres expressions faciales qui nous permettent de communiquer ensemble au quotidien. En apparence banal, cet exercice leur permet de participer et d’intégrer la nouvelle réalité », mentionne Marylin Potvin.

          « Il faut tout adapter, même notre posture physique, s’exclame Mélanie Dion. Je m’assois moins par terre pour éviter que les enfants se rapprochent trop, je privilégie les chaises, par exemple. Ça change une dynamique, mais c’est une raison de plus pour développer d’autres trucs afin de montrer aux enfants que nous sommes tout autant
          là. »

          Les deux femmes sont unanimes : les enfants sont très résilients. En écoutant ces RSG nous confier leurs observations, nous aurions aussi le goût d’ajouter qu’il s’agit d’une résilience nourrie par leur propre bienveillance à l’égard des tout-petits.

          Des personnes en renfort qui seront mieux payées que le personnel en place

          En raison d’une pénurie de personnel, des renforts dans les CPE seront nécessaires dans plusieurs établissements, mais il faut éviter de créer une injustice entre ces personnes et les travailleuses qui ont maintenu les services de garde d’urgence depuis le début de la crise. Dans certains cas, des étudiantes gagneront plus que du personnel déjà en place.

          « Nous réclamons une prime en lien avec la crise actuelle depuis la fin mars. Non seulement nous n’avons encore aucune nouvelle, mais les nouvelles directives vont créer une injustice envers celles qui prennent soin des enfants des anges gardiens depuis le début de la pandémie. Le ministre Lacombe a affirmé à plus d’une reprise combien il a à cœur son réseau. Il doit intervenir avec plus de fougue et de détermination auprès du Conseil du trésor pour qu’enfin, cette demande aboutisse dans les poches des travailleuses. Rendre les emplois en CPE plus attractifs était et demeure une nécessité, mais ça ne doit pas se faire au prix d’injustices », soutient Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN, qui représente plus de 10 000 travailleuses en CPE partout au Québec. « Pour attirer plus de candidates, on bonifie le salaire des étudiantes, mais on ne fait rien pour aider à retenir celles qui sont déjà dans le réseau », ajoute Lucie Longchamps.

          L’arrêté ministériel du 9 mai ouvre la porte à de nouvelles travailleuses qui seront considérées comme qualifiées même si elles n’ont pas terminé leurs études dans un secteur lié à l’éducation. Par cette mesure exceptionnelle, elles gagneront cependant plus qu’une partie du personnel non diplômé en place depuis longtemps, ou autant que des éducatrices qui ont terminé leur formation collégiale. L’échelle salariale des éducatrices qui ne sont pas diplômées commence en effet à 16,75 $ l’heure.

          Par ailleurs, le ratio d’éducatrices qualifiées passe de deux sur trois à un sur trois, de façon temporaire. La porte est donc ouverte pour engager plus d’éducatrices non qualifiées. Avec l’arrêté, celles-ci pourront désormais provenir des camps de jour.

          Précédent dangereux
          « Il est très important qu’on ne perde pas de vue le rôle éducatif du réseau des CPE, qui est une fierté pour le Québec. La baisse du ratio d’éducatrices formées et la baisse des exigences de formation doivent absolument être temporaires et ne pas se prolonger lorsque l’urgence sanitaire sera terminée », insiste Louise Labrie, représentante des CPE à la FSSS–CSN. Cette dernière déplore par ailleurs que bon nombre d’éducatrices d’expérience qui ne peuvent prendre le risque de travailler en ce moment en raison d’une santé vulnérable soient dirigées par les employeurs et le ministère de la Famille vers la Prestation canadienne d’urgence (PCU), qui pourrait être un cul-de-sac pour plusieurs d’entre elles.

          Les ressources de type familial laissées à elles-mêmes

          Le confinement et les mesures de protection imposées par la Santé publique durant la pandémie de COVID-19 représentent leur lot de défis pour n’importe quelle famille. Alors songez un peu à ce que cela peut impliquer pour les familles qui accueillent chez elles des personnes présentant un handicap physique ou intellectuel.

          « Imaginez un petit comportement agaçant de votre conjoint. Imaginez maintenant 100 fois pire, 24 heures sur 24, multiplié par 6 », illustre Valérie Charest. Elle et son conjoint, Frédéric, partagent leur résidence du Bas-Saint-Laurent avec leurs trois enfants et six pensionnaires qui sont aux prises avec des déficiences intellectuelles sévères, des troubles du spectre de l’autisme, des troubles obsessifs compulsifs ou d’autres troubles du comportement.

          « Depuis la mi-mars, il n’y a que mon conjoint qui sort. Avant, certains usagers allaient voir leur famille toutes les deux semaines, d’autres allaient à l’école aux adultes ou au centre d’activités de jour. C’est sûr que leurs activités leur manquent. Mes enfants ne retourneront pas à l’école ce printemps pour ne pas risquer de contaminer tout le monde. Maintenant, tout le monde est ici tout le temps. »

          Même si elle se considère comme chanceuse et avoue que posséder une grande maison et une grande cour aide à alléger le confinement, Valérie admet que le défi reste imposant.

          « C’est toute la gestion du quotidien qui est compliquée, explique-t-elle. C’est vraiment difficile de mettre en place des mesures d’hygiène et de distanciation. J’ai des usagers qui ont des troubles sensoriels et qui ne veulent pas mettre les mains sous l’eau ; d’autres qui ont des troubles de comportement et qui n’écoutent pas les directives dès que j’ai le dos tourné. »

          Étant donné ces circonstances difficiles, on pourrait s’attendre à ce que Valérie accueille le déconfinement entamé dans la plupart des régions du Québec avec un certain soulagement. Malheureusement, le manque de clarté des communications gouvernementales semble plutôt engendrer de la confusion et du scepticisme.

          « Au début de la crise, le gouvernement nous a dit que si on avait un cas de COVID, il faudrait que les usagers restent dans leur chambre pendant 14 jours. Je ne suis même pas capable de les faire rester dans leur chambre pendant 24 heures quand ils ont la gastro ! s’exclame-t-elle. Depuis que le déconfinement a été annoncé, on n’a jamais eu de nouvelles du gouvernement à savoir si on avait le droit d’envoyer les enfants à l’école ou non. On n’a pas eu de signal pour nous dire qu’on pouvait sortir, donc le déconfinement, ça ne change rien dans ma vie en ce moment. »

          Construction : prendre tous les moyens pour éloigner le virus

          Ça y est. Les travaux ont repris sur les chantiers de construction au Québec. Et les travailleurs sont contents.

          « Les gens sont heureux de reprendre la vie normale et de recommencer à toucher leur salaire, souligne le manœuvre spécialisé et représentant de la CSN–Construction à Québec, Alexandre Mailhot. Bien sûr, il y a plusieurs mesures de protection à respecter, mais ils savent que c’est important et que s’ils ne suivent pas les consignes, les chantiers pourraient fermer à nouveau. Et ils ne veulent pas ça. »

          Alexandre est à pied d’œuvre sur les chantiers, comme tous les autres représentants et directeurs d’associations de métiers et d’occupations de la CSN–Construction, pour s’assurer que les mesures d’hygiène sont en place. « Les associations syndicales et patronales ont produit des recommandations pour les chantiers, de concert avec la CNEESST, et ces recommandations doivent être respectées par les entrepreneurs. On veille à ça », souligne pour sa part le président de la CSN–Construction, Pierre Brassard.

          Les recommandations ne doivent pas être prises à la légère, sans quoi tout le monde va être pénalisé. « Dans plusieurs métiers de la construction, c’est le cas pour les plombiers, les manœuvres et les charpentiers, par exemple, les gens sont appelés à travailler à deux. Ils doivent avoir accès à des lunettes, à des masques et à des gants pour se protéger mutuellement », explique le président de la fédération qui ajoute : « Dans une tour à habitation, ils peuvent se retrouver 150, 175 voire 200 travailleurs en même temps. Il n’y a pas de chance à prendre. On veut s’assurer que tout le monde est à l’aise dans son environnement de travail pour éviter des éclosions de COVID et permettre au monde de travailler. »

          Mieux en temps de COVID
          Alexandre Mailhot fait même remarquer qu’à certains endroits, les installations sont plus adéquates en période de crise qu’à l’ordinaire. « La semaine dernière, on a dû intervenir parce qu’il manquait une toilette sur un chantier. Le lundi matin, elle était là. »

          Rappelons qu’à partir de 25 travailleurs sur un chantier, les entrepreneurs ont l’obligation d’installer une toilette à chasse. Il faut aussi qu’il y ait assez de toilettes à chasse pour le nombre de personnes sur le chantier en question. « Habituellement, ces obligations sont loin d’être respectées partout. Mais en ce moment, ils ont déjà tellement de retards qu’ils ne veulent pas risquer de faire en sorte que les travaux arrêtent. Ils prennent donc tous les moyens pour éloigner le virus », renchérit Mailhot.

          Un entrepreneur rencontré récemment, raconte le représentant syndical, a pris la peine d’apporter un gros cruchon et du savon dans un quartier résidentiel où il n’y avait aucune eau courante et où chaque maison fonctionnait avec un puits artésien. « En temps normal, il n’aurait jamais fait ça. Dans le résidentiel léger, parfois, il n’y a même pas de toilettes. Bien entendu, on condamne ces manquements à la CSN–Construction. Mais si les entrepreneurs sont capables d’être exemplaires et de fournir l’essentiel sur le plan sanitaire en temps de COVID, ils vont être capables de l’être après la COVID. On va surveiller ça de très près », conclut-il.

          Le secteur scolaire de la FEESP–CSN réitère ses inquiétudes

          En cette journée de réouverture des écoles à l’échelle du Québec, excluant la communauté du Montréal métropolitain, le secteur scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) tient à réitérer ses inquiétudes concernant les impacts sur le personnel de soutien scolaire.

          « Le personnel de soutien a passé les dernières semaines à préparer les écoles pour la réouverture en tenant en compte des règles de distanciation sociale. Si en théorie ces règles sont applicables, nous sommes anxieux de voir comment elles s’appliqueront lorsque les élèves seront de retour dans les écoles », de souligner Annie Charland, présidente du secteur scolaire de la FEESP–CSN.

          « Même si nous avons eu la confirmation du ministère de l’Éducation que du matériel de désinfection et de l’équipement de protection individuel seront fournis dans toutes les écoles, il n’en demeure pas moins que nous avons des inquiétudes sur les quantités fournies et la disponibilité réelle dans les écoles. On ne voudrait pas se retrouver dans une situation de manque de matériel dès la réouverture ! », ajoute Mme Charland.

          Le secteur scolaire de la FEESP–CSN tient également à rappeler aux employeurs d’être conciliants avec les employé-es ayant des craintes pour la santé de leurs proches. Rappelons à cet effet qu’aucune règle d’exemption n’a été mise en place pour le personnel dont les proches sont plus vulnérables à la COVID-19.

          Journalistes : la rigueur au temps de la colère

          Leur travail aura permis de mettre en lumière la troublante réalité derrière les portes closes du CHSLD Herron. Il nous permet d’obtenir quotidiennement des réponses aux questions que nous nous posons durant cette crise sans précédent. En temps de confinement et de mesures exceptionnelles, l’accès à l’information rigoureusement validée est une nécessité. Une nécessité à laquelle répond le travail des journalistes et des équipes de production médiatique.

          Or, la crise de la COVID-19 semble avoir exacerbé une appréciation inverse de leur travail, puisque la cyberintimidation envers les journalistes atteint des sommets depuis quelques semaines. « Nous constatons que depuis le début du confinement, les messages et commentaires que nous recevons sont plus violents. Nous avons vraiment remarqué une amplification d’un problème qui était pourtant déjà bien présent », explique Marie-Ève Martel, journaliste et présidente du syndicat de La Voix de l’Est.

          Menaces de mort, commentaires dénigrants sur l’apparence physique, insultes de tous genres sont ainsi devenus le lot des boîtes courriels, des messageries Facebook et de la section commentaires de plusieurs journalistes. La journaliste de Granby s’inquiète d’ailleurs de la perception que les gens ont des médias d’information.

          « Le caractère des commentaires que nous recevons traduit un soupçon envers les médias. On nous accuse de manipuler les gens, on nous associe à des théories du complot. C’est comme si les gens n’étaient plus en mesure de distinguer une source d’information légitime d’une lubie lancée par quelqu’un quelque part sur le Web », explique-t-elle.

          Selon la journaliste, la situation est d’autant plus inquiétante que nous faisons face, collectivement, à une croissance de la désinformation. Les plateformes de partage telles que Facebook, Twitter ou Reddit, sont des chambres d’amplification donnant audience et portée à des propos et articles non fondés sur la vérification des faits. Les médias d’information subissent ainsi la comparaison avec tous ces contenus et motivent certains lecteurs et commentateurs à accuser les journalistes de ne pas faire leur travail, d’être complaisants ou, tout simplement, de ne pas dire la vérité. Paradoxale époque, alors que depuis le début de la crise, ils sont au front et veillent à produire l’information nécessaire à notre compréhension collective des enjeux liés à la COVID-19.

          « Un collègue d’un autre média s’est fait accuser d’être incapable de penser par lui-même. Son erreur, selon le commentateur : avoir cité des spécialistes dans l’article en question. Des exemples comme ceux-là, nous en avons quotidiennement, c’est la triste réalité », se désole Marie-Ève Martel.

          Rareté de main-d’œuvre en santé et services sociaux : un problème structurel qu’il faut régler

          Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN), l’annonce d’une prime temporaire à une partie du personnel du réseau révèle à quel point le sous-financement des services a mis à mal notre système public de la santé et des services sociaux. La FSSSCSN invite le gouvernement à concentrer les énergies à la recherche de solutions durables et permanentes.

          « Cela fait des années que nous nous battons pour améliorer les salaires ainsi que les conditions de travail et de pratique dans le réseau, explique le président de la FSSS–CSN, Jeff Begley. C’est clair qu’avec des salaires beaucoup trop bas, les établissements ont de la misère à attirer et à retenir du personnel. Si l’actuelle pandémie révèle ces difficultés au grand jour, ce serait une grave erreur de penser qu’elles disparaîtront avec le coronavirus ; c’était le cas bien avant l’état d’urgence. Par ailleurs, il faudra aussi s’attaquer aux conditions de travail, tant en termes de charge de travail que de prévention en santé et sécurité du travail. Or, nous sommes aux tables de négociation actuellement. C’est le temps de trouver des solutions durables, mais on nous offre actuellement des miettes pour les salaires et très peu de perspectives quant à l’amélioration des conditions de travail de l’ensemble du personnel. »

          Une prime imprécise
          Ne disposant que des informations données par le premier ministre François Legault en point de presse aujourd’hui, la FSSS–CSN n’est pas en mesure à ce moment-ci d’analyser adéquatement toutes les implications de cette annonce. Il semble qu’elle ne visera qu’une partie des travailleuses et travailleurs à risque de contracter la COVID-19 dans le réseau public. De plus, une partie de la prime ne s’appliquera que pour la région métropolitaine.

          En ce qui concerne les centres d’hébergement privés et les ressources intermédiaires et de type familial (RI-RTF), la FSSS–CSN fera les suivis avec les employeurs pour s’assurer que le personnel ait accès à cette prime. La FSSS–CSN déplore de plus que la prime laisse plusieurs secteurs dans l’oubli : le secteur préhospitalier, les services de garde éducatifs, les institutions religieuses et les organismes communautaires.

          Personnel à temps plein
          La FSSS–CSN travaille depuis longtemps à la recherche de solutions pour favoriser l’occupation de poste à temps plein dans le réseau public. Cependant, une partie de la solution se trouve dans les établissements qui refusent souvent de créer des postes intéressants à temps plein. Si elle partage l’objectif du gouvernement, la FSSS–CSN prévient qu’on risque ainsi de déplacer le problème vers d’autres services qui connaissent aussi des difficultés de main-d’œuvre où le personnel n’est pas visé par la prime.

          Rehausser les mesures de protection
          Pour parvenir à attirer et retenir le personnel durant la pandémie, il faut certainement des solutions du côté salarial, mais il faut aussi s’intéresser aux équipements de protection individuelle. Depuis des semaines, la FSSS–CSN demande au gouvernement de rehausser les mesures de protection dans les CHSLD, les soins à domicile et les résidences privées pour aîné-es.

          « À voir la quantité de travailleuses et travailleurs infectés, c’est certain que les mesures de protection sont insuffisantes. Bien des gens viendraient donner un coup de main, mais veulent être protégés pour le faire. Non seulement l’accès aux équipements est à géométrie variable, mais le gouvernement refuse toujours de rehausser les mesures de protection. Il faut agir rapidement là-dessus ! », poursuitJeff Begley.

          Pour des solutions durables
          « Nous attendons depuis une dizaine de jours la réponse du gouvernement à une réponse fort simple : quelle est son évaluation actuelle de la valeur de l’emploi d’une préposée aux bénéficiaires ou d’une auxiliaire aux services de santé et sociaux, poursuit Jeff Begley. Nous avons joué cartes sur table : nous considérons que ces travailleuses devraient recevoir un salaire de 25,27 $ au sommet de leur échelle salariale. Qu’en pense le gouvernement ? Ces dossiers d’équité salariale traînent depuis 2010 et 2015. Si les gouvernements n’avaient pas balayé ce dossier sous le tapis ; s’ils avaient accepté de négocier des augmentations de salaire réalistes dans le passé plutôt que nous imposer des mesures d’austérité, on peut penser que nous serions en bien meilleure posture aujourd’hui pour faire face à la pandémie ».

          La CSN déplore le manque de protection des travailleurs vulnérables et la confusion du gouvernement à cet égard

          La CSN déplore vivement la confusion généralisée à l’égard des travailleuses et des travailleurs de 60 ans et plus ainsi que des personnes vulnérables dans un contexte de déconfinement, qui semble de plus en plus improvisé. La centrale syndicale exige du gouvernement des consignes claires à l’endroit des employeurs, notamment dans le secteur public, afin que tout soit mis en œuvre pour protéger leur santé et leur sécurité.

          « Lundi, François Legault indiquait que toute personne âgée de 60 ans et plus devait demeurer confinée. Hier, la vice-première ministre déclarait que celles-ci sont aptes à retourner au travail. Rien pour rassurer les travailleuses et les travailleurs », dénonce Jacques Létourneau. Le président de la CSN rappelle que les directives du ministère de l’Éducation en date de vendredi dernier étaient claires à cet égard, avant qu’elles ne soient changées du tout au tout mercredi matin.

          « Malgré les appels à la flexibilité et à l’ouverture lancés par le premier ministre, la confusion règne au sein des établissements de santé, d’éducation et de services de garde, constate Jacques Létourneau. Qu’il s’agisse d’une travailleuse enceinte ou d’une personne immunosupprimée ou à la santé fragile en raison de son âge, c’est une bataille de tous les instants pour exiger d’être retiré du milieu de travail. La confusion qui règne au sein du Conseil des ministres n’aide en rien cette situation. »

          « Nous ne voulons pas prêter de mauvaises intentions au gouvernement, de poursuivre M. Létourneau. Mais devant la confusion des messages et les changements de cap du gouvernement, on se demande si le déconfinement des écoles et des services de garde n’est pas d’abord au service d’une relance économique précipitée, et ce, au détriment de la santé et de la sécurité de la population. »

          La CSN exige ainsi du gouvernement qu’il transmette une consigne claire aux employeurs du secteur public et également à ceux du secteur privé. Toute personne craignant pour sa santé ou sa sécurité devrait pouvoir être exclue de son milieu de travail. Pour la CSN, le libre arbitre des employeurs locaux, qui a clairement démontré ses limites et ses contradictions, doit cesser.

          Transport scolaire : les conductrices et les conducteurs ne sont toujours pas rassurés

          Malgré certaines mesures qui seront mises en place par les transporteurs scolaires, les conducteurs et les conductrices continuent à avoir des craintes, notamment celles et ceux qui ont atteint l’âge de 70 ans. La CSN demande que toutes les mesures de protection nécessaires soient prises, y compris des barrières physiques, pour rassurer le personnel.

          « Certains de nos membres vont refuser de conduire les véhicules scolaires lundi parce que les mesures de prévention auront été instaurées de façon minimale par un trop grand nombre d’employeurs », affirme Nathalie Arguin, présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

          La CSN rappelle qu’une proportion importante de ses membres dans le secteur du transport scolaire ont 60 ans et plus. En 2015, 14 % des conducteurs et conductrices avaient déjà 65 ans et 48 % étaient âgés de plus de 60 ans.

          Il n’y a pas de directives claires sur le sort de ceux et celles qui souhaitent ne pas retourner au travail parce qu’ils ont 70 ans et plus, qu’ils sont atteints de maladies chroniques, qu’ils sont immunosupprimés ou qu’ils habitent avec un proche dont la santé est vulnérable. « Est-ce que ces travailleuses et ces travailleurs seront rémunérés et est-ce qu’ils vont conserver leur lien d’emploi ? On ne peut pas se fier seulement à la bonne volonté de l’ensemble des transporteurs », estime Stephen P. Gauley.

          Même si la vice-première ministre affirme que les personnes de 60 à 70 ans peuvent retourner au travail, ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas prendre tous les moyens nécessaires, comme l’installation de barrières, pour protéger la santé de ces travailleuses et de ces travailleurs qui sont plus à risque en raison de leur âge. Plusieurs conducteurs et conductrices sont très inquiets en raison des changements soudains dans les décisions du gouvernement.

          Les barrières physiques sont permises et payées
          Contrairement à ce que disent certaines entreprises du secteur du transport scolaire, il est possible d’installer une barrière physique transparente en lexan ou en vinyle pour protéger les conducteurs et conductrices. La SAAQ et le ministère des Transports ont autorisé ce type d’équipement. Un guide de la SAAQ a été produit sur le sujet. Des transporteurs comme Transdev ont d’ailleurs installé de telles barrières.

          « Ce serait très rassurant psychologiquement d’installer ces barrières, surtout pour les conducteurs plus âgés. Si c’est pertinent dans les épiceries, ça devrait aussi l’être dans les véhicules scolaires qui sont des endroits beaucoup plus restreints », insiste Stephen P. Gauley, président du secteur du transport scolaire de la FEESP–CSN. Les barrières physiques sont par ailleurs financées par le ministère de l’Éducation et il n’y a donc pas de coût supplémentaire pour les transporteurs.

          Les abattoirs du Québec tiennent encore le coup

          Contrairement à ce qui se passe chez nos voisins du sud où l’on craint une rupture d’approvisionnement en viande, les abattoirs du Québec continuent de tourner malgré un personnel réduit.

          « La situation est stabilisée, des protections sont en place. On a empêché que la situation ne devienne comme celle des États-Unis », indique David Bergeron Cyr, président de la Fédération du commerce (FC–CSN). Celui-ci admet toutefois qu’il est primordial de demeurer vigilant, notamment quand on constate la fermeture d’un important abattoir de bœuf en Alberta qui a forcé la chaîne de restaurants McDonald à importer du bœuf pour son marché canadien. Ça ne va pas dans le sens de l’achat local souhaité…

          « Il a fallu du temps pour convaincre notre employeur de mettre des mesures en place », explique Martin Maurice, président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs d’Olymel Vallée-Jonction–CSN, le plus important abattoir de porcs au Québec. Selon lui, 99 % des mesures de protection qui étaient nécessaires sont maintenant mises en place dans l’abattoir : deux agents de sécurité s’assurent du respect de la distanciation sur chaque quart de travail ; une surveillance se fait à l’entrée au travail pour savoir si les gens ont des symptômes qui s’apparentent à ceux de la COVID-19, et la prise de température se fait sur une base volontaire ; des cubicules de plexiglas ont été installés partout où c’était possible ; six roulottes ont été ajoutées pour permettre la prise de repas de façon plus distancée ; une désinfection constante est en cours ; une nouvelle procédure pour récupérer les outils désinfectés a été établie ; l’horaire est changé pour éviter que les employé-es de quarts de travail différents ne se croisent ; des visières et des lunettes ont été rendues disponibles pour tous les postes de travail qui ne peuvent pas être distancés correctement. À compter du 4 mai, tout le monde portera des masques.

          Optimisme relatif malgré les cas de COVID
          « Je demande quand même à l’employeur de se montrer plus sévère », affirme de son côté Sylvain Ménard, président du Syndicat des travailleurs et travailleuses d’abattoir de volaille de Saint-Jean-Baptiste–CSN. Ce dernier constate lui aussi que plusieurs mesures ont été mises en place par l’employeur, mais que certains employé-es continuent de venir travailler à quatre par voiture ou relèvent fréquemment leur visière. Le nombre de cas de COVID à l’usine de Saint-Jean-Baptiste est passé de deux à huit cette semaine. Il manque près de 40 personnes sur 400 à l’usine en raison des retraits de 48 heures, du manque de personnes pour garder les enfants et des cas de COVID comme tels. La cadence de l’usine est d’ailleurs en baisse de plus de 10 %.

          Sur les 19 personnes ayant contracté la COVID à l’abattoir de Vallée-Jonction, six sont revenues guéries. Une rencontre à 9 h 30 chaque jour entre le syndicat et l’employeur permet de corriger le tir lorsque c’est nécessaire. « On sait qu’on va avoir d’autres cas, mais on veut les minimiser le plus possible », précise Martin Maurice, qui souhaiterait plus de souplesse de l’employeur, notamment en ce qui a trait à la rémunération de ceux qui doivent attendre trois jours à la maison avant d’obtenir le résultat d’un test qu’ils ont dû subir après avoir été en contact avec une personne contaminée. Les périodes d’isolement ou les craintes de certains font en sorte qu’il manque environ
          140 employé-es sur les 1200 habituellement au travail.

          Malgré la situation relativement sous contrôle dans plusieurs abattoirs, le rythme de travail n’est pas exactement le même qu’à l’habitude en raison des absents et de la volonté de ne pas mélanger les quarts de travail. Quelque 100 000 porcs prêts pour l’abattage sont d’ailleurs en attente au Québec. Il faut dire aussi qu’une autre usine d’Olymel a été fermée pendant plusieurs jours, car une centaine de cas de COVID-19 parmi les employé-es a été déclarée. Elle est maintenant rouverte.

           Pendant ce temps au sud de la frontière
          Aux États-Unis, plusieurs importants abattoirs ont été obligés de fermer leurs portes à cause de trop nombreux cas de COVID-19. Les représentants de l’industrie ont même payé une pleine page de publicité dans les journaux américains pour faire une mise en garde claire sur la rupture possible d’approvisionnement en viande. C’est un maillon de la filière agroalimentaire qui tombe et qui menace cet approvisionnement. Le président Trump est lui-même intervenu pour tenter de maintenir les abattoirs ouverts le plus possible. Le Québec évite cette situation pour le moment.

          Services de garde en milieu familial : une réouverture dès le 11 mai serait irresponsable

          Les responsables de service de garde (RSG) en milieu familial de la CSN demandent au ministère de la Famille de reporter l’ouverture de tous les milieux familiaux au 19 mai afin de s’assurer que tout l’équipement de protection soit livré à temps et qu’il puisse apporter des réponses aux nombreuses inquiétudes exprimées par le réseau.

          La santé et sécurité d’abord

          Les RSG–CSN estiment que les conditions ne sont pas réunies pour assurer une réouverture sécuritaire des milieux familiaux. Au premier rang des préoccupations, la disponibilité du matériel de protection. « En tant que responsables de service de garde, nous avons la responsabilité d’assurer la sécurité de nos milieux, pour nous-mêmes, nos propres familles et aussi pour les familles qui nous confient leurs enfants. Les parents doivent pouvoir être rassurés sur cet aspect-là, mais à l’heure actuelle, c’est plutôt difficile, car il y a trop d’incertitudes et de questions sans réponse. On va être au front, les parents vont être au front, mais pour cela, nous aurons besoin que certaines conditions soient réunies. C’est pourquoi nous demandons de prolonger les services de garde d’urgence et de procéder à la réouverture de tous les milieux le 19 mai. Nous devons être certaines que le matériel de protection sera disponible partout au Québec et que les RSG auront eu des réponses à leurs questions », estime Karine Morisseau, porte-parole des RSG affiliées à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

          Insécurité financière

          Ce délai supplémentaire permettrait aussi au ministère de préciser un bon nombre de questions qui plongent l’ensemble du réseau dans la confusion. Par exemple, alors que les RSG devront respecter un ratio maximal de 50 % de fréquentation de leur service, leur rémunération sera-t-elle amputée en conséquence ? Si une RSG contracte la COVID-19 dans l’exercice de ses fonctions, sa subvention sera-t-elle maintenue ? Dans un milieu qui connaît un exode et des fermetures massives, l’insécurité financière vient de s’accroître avec ces questions qui demeurent sans réponses de la part du ministère de la Famille.

          « Le réseau est déjà marqué par une pénurie de places et l’incertitude qui plane ne fait rien pour freiner cette tendance. À l’heure actuelle, on demande à une responsable de service de garde d’ouvrir sa maison, d’exposer sa famille, de se mettre à risque, et cela sans avoir la certitude qu’elle aura du matériel de protection à temps et sans savoir si son revenu sera maintenu. Nous sommes d’accord avec le gouvernement lorsqu’il affirme qu’il n’existe pas de guide de réouverture en temps de pandémie, et c’est précisément pour ça qu’on l’invite à revoir ses échéanciers. On doit faire les choses correctement et faire preuve de cohésion avec tous les partenaires, ce qui n’est pas le cas sur le terrain actuellement », ajoute Lucie Longchamps, vice-présidente responsable du secteur privé de la FSSS–CSN.

          Une prime Covid-19

          « La réouverture en temps de Covid-19 va avoir des impacts énormes sur les exigences en matière d’aménagement, d’organisation des lieux, de désinfection, bref, cela va ajouter une surcharge de travail considérable. Sachant cela, nous avons déposé une demande de prime Covid-19 pour laquelle nous attendons toujours une réponse. Il faut que le ministère de la Famille démontre qu’il soutient les RSG et qu’il comprend l’ampleur de ce qui leur est demandé », conclut Karine Morisseau.

          Le personnel des institutions religieuses doit être reconnu

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), qui représente des centaines de travailleuses et travailleurs qui donnent des services aux communautés religieuses, demande que leurs efforts soient reconnus.

          Les oubliées de la COVID-19
          Ces travailleuses qui donnent des soins et services dans les institutions religieuses se sont vu refuser l’accès aux primes accordées par le gouvernement pour la période de la pandémie. Elles offrent pourtant des services essentiels à des religieuses dont la plupart sont très âgées et donc très à risque face au coronavirus. Ce secteur, comme l’ensemble des établissements de santé, était frappé par la pénurie de personnel bien avant le début de la pandémie. 

          « Comme on les a oubliés et qu’elles n’ont pas accès à aucune prime du gouvernement, on remarque encore plus de problèmes de manque de personnel dans certaines institutions religieuses. Il faut tout faire pour éviter des éclosions dans ces milieux », explique Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS–CSN.

          Une prime pour les travailleuses et travailleurs des institutions religieuses
          Les travailleuses et travailleurs des institutions religieuses sont au front depuis le début de la crise. Il y a des éclosions à certains endroits et des efforts supplémentaires doivent être faits pour freiner la pandémie. La FSSSCSN demande au gouvernement d’accorder une prime à ce personnel, tout en s’assurant qu’elles et ils aient accès aux équipements de protection individuelle en nombre suffisant. 

          « Ce sont tous les anges gardiens qui doivent être reconnus ! Les travailleuses et travailleurs des institutions religieuses font tout ce qu’elles peuvent dans cette période difficile. Elles ont besoin d’une prime et que les moyens soient pris pour assurer leur protection », de conclure Lucie Longchamps.

          À l’occasion du 1er mai, les dirigeants des centrales syndicales rencontrent le premier ministre

          C’est dans un contexte de crise de la COVID-19 et d’appréhensions reliées au plan de déconfinement annoncé cette semaine que les dirigeants des centrales syndicales ont tenu virtuellement, aujourd’hui, leur rencontre avec le premier ministre du Québec, François Legault, et avec le ministre du Travail, Jean Boulet, à l’occasion de la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs.

          Pour le président de la FTQ, Daniel Boyer, la nécessaire relance économique du Québec doit plus que jamais s’appuyer sur les principes de la transition juste à l’endroit des travailleuses, des travailleurs et des communautés. Un immense effort de mobilisation est nécessaire pour redonner à l’économie du Québec l’élan dont elle est capable. Pour cela, il faut s’inspirer de l’élan de solidarité des dernières semaines. « Les politiques fiscales et budgétaires devront continuer à soutenir les ménages, les entreprises et l’économie. Clairement, l’austérité ne doit pas être au programme de cette relance. La crise que nous traversons actuellement nous offre l’occasion d’effectuer un virage à
          180 degrés et d’adopter une stratégie en matière de développement économique. Cette stratégie doit être réfléchie, planifiée et mise en œuvre dès maintenant par tous les partenaires de la société québécoise et avec une réelle préoccupation pour les changements climatiques. Cette crise nous donne l’occasion de revoir nos modèles de production et de consommation pour se donner une société plus juste, plus durable, plus verte et plus autonome », déclare le président de la FTQ Daniel Boyer.

          Du côté de la CSN, son président, Jacques Létourneau, a exhorté le premier ministre à tout mettre en œuvre pour assurer la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs, et ce, dans tous les milieux de travail. « Nous avons réitéré cette exigence cruciale au bon déroulement du plan de déconfinement. Alors que nous apprenions cette semaine le décès de deux travailleuses du réseau de la santé, nous réitérons qu’il est de la responsabilité du gouvernement de fournir l’équipement de protection adéquat dans tous les réseaux publics, particulièrement en santé, en éducation et dans les services de garde. Le gouvernement doit également s’assurer, par l’entremise du renforcement des actions de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST), que les mesures adéquates soient mises en place par tous les employeurs du Québec. Ceux-ci doivent à tout prix privilégier le dialogue avec les syndicats pour s’assurer de l’efficacité des mesures de protection afin de prévenir la contamination en milieu de travail », de déclarer Jacques Létourneau.

          La présidente de la CSQ, Sonia Ethier, a insisté sur le caractère essentiel des services publics qui a été mis en lumière par la crise du coronavirus. Elle a lancé un vibrant plaidoyer mettant en garde le premier ministre Legault en lui enjoignant de ne pas replonger le Québec dans l’austérité. « On sait que la pandémie aura des répercussions majeures sur les finances publiques, mais on a aussi vu les ravages du sous-investissement chronique des dernières années. L’investissement dans les services publics est toujours une bonne façon de relancer l’économie. Cela permettrait de faire d’une pierre deux coups : régler des problèmes sociaux et relancer l’économie ! », a lancé la présidente. Par ailleurs, Sonia Ethier a interpellé le premier ministre sur la conciliation travail-famille-études qui prendra plus de place que jamais dans les prochains mois. « La flexibilité offerte par les employeurs à leurs employé-es sera cruciale. Le télétravail génère un lot de stress important avec les enfants à la maison. Le gouvernement devra donc s’assurer de protéger les parents et instaurer des mesures favorisant cette nécessaire conciliation famille-travail-études pour les travailleuses et les travailleurs », a exprimé la présidente de la centrale.

          Pour Luc Vachon, président de la CSD, il est important de tenir un dialogue social pour revoir l’avenir du travail. « S’il y a quelque chose que la crise de la Covid-19 nous a démontré, c’est que lorsque l’on assoit tout le monde autour de la table, on trouve rapidement des solutions efficaces, explique-t-il. Après la crise, nous allons devoir continuer à parler de santé et sécurité au travail, de transformations dans l’organisation du travail et de reprise économique. En ce sens, le dépôt du projet de loi sur la réforme de la santé et sécurité au travail va devenir urgent. Il faut que l’ensemble des acteurs concernés continuent d’être présents autour de la table pour réfléchir à l’avenir du travail, et que les syndicats soient perçus et reconnus comme des partenaires faisant partie de la solution. »

          Salaire minimum à 15 $ l’heure : un impératif socioéconomique essentiel

          À l’occasion de la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs qui marque également, au Québec, l’entrée en vigueur du nouveau taux horaire minimum à 13,10 $, les organisations membres de la campagne 5-10-15 interpellent à nouveau le gouvernement pour lui rappeler la nécessité d’augmenter ce taux à 15 $ l’heure. Le contexte de pandémie actuel démontre plus que jamais l’importance d’une rémunération adéquate pour les bas salarié-es dont la contribution essentielle, tout particulièrement en temps de crise, a été mise en lumière.

          « La pandémie a révélé à quel point les travailleuses et les travailleurs au bas de l’échelle jouent un rôle primordial dans la société. Qu’il s’agisse des employé-es dans les épiceries, du personnel d’entretien ou des préposé-es aux bénéficiaires, pour ne nommer que ceux-là, nous remarquons que bon nombre de services essentiels sont assurés par des personnes à faible revenu, affirme Virginie Larivière, co-porte-parole de la campagne 5-10-15 et porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté. Il est inacceptable que ces personnes n’arrivent pas à sortir de la pauvreté avec le salaire minimum actuel, même en travaillant à temps plein. Il est clair que ce ne sont pas des primes circonstancielles qui vont régler le problème à long terme. En ce sens, le gouvernement a le devoir impératif de corriger le tir. »

          Au moment où s’amorce un débat public sur la relance économique, il faudra également tenir compte du fait qu’une hausse de la rémunération des ménages à faible revenu contribuerait activement à stimuler l’économie du Québec grâce, notamment, à un pouvoir d’achat bonifié. En 2018, une étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) a démontré qu’un salaire minimum à 15 $ l’heure aurait des retombées économiques au Québec se situant entre 2,2 et 3,4 milliards $ par année, sans compter les retombées indirectes et induites. Toujours selon cette étude, les retombées positives, expliquées par une hausse de la rémunération, seraient de neuf à onze fois plus importantes que les retombées négatives liées à d’éventuelles pertes d’emploi.

          « Cela démontre tout l’impact qu’aurait une augmentation notable du salaire minimum sur l’économie du Québec et sur le quotidien des quelque 620 000 personnes qui travaillent sous les 15 $ l’heure, ajoute Mélanie Gauvin, co-porte-parole de la campagne 5-10-15 et coordonnatrice du Front de défense des non-syndiquéEs. De plus, si l’on souhaite favoriser et soutenir l’achat local, comme le recommande le premier ministre Legault, encore faut-il qu’il y ait suffisamment de consommateurs pouvant assurer une telle demande. En ce sens, l’augmentation du salaire minimum à 15 $ l’heure aurait pour effet d’accroître le revenu disponible des personnes à bas salaire et donc d’augmenter la consommation des biens et services auprès d’entreprises québécoises. »

          « En cette période de crise exceptionnelle qui démontre plus que jamais la contribution indispensable des personnes à bas salaire, le gouvernement doit, une fois pour toutes, corriger cette situation déplorable et faire en sorte que salaire minimum ne rime plus jamais avec pauvreté », de conclure les deux porte-parole.

          À propos de la campagne 5-10-15
          La campagne 5-10-15 mise sur trois grandes revendications : connaître son horaire cinq jours à l’avance, avoir dix jours de congés payés en cas de maladie ou pour responsabilités familiales et un salaire minimum de 15 $ l’heure.

          Les sept organisations membres de la campagne sont : le Collectif pour un Québec sans pauvreté, le Front de défense des non-syndiquéEs (FDNS), la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

          http://www.cinqdixquinze.org/

          Journée internationale des travailleuses et des travailleurs : solidaires plus que jamais !

          À l’occasion de la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs, la Coalition du 1er mai met en lumière le travail de millions de femmes et d’hommes sous la thématique « Solidaires plus que jamais ! ».

          Dans le contexte de crise du coronavirus qui a forcé l’annulation de la traditionnelle marche du 1er mai, la Coalition annonce que des activités de mobilisation se tiendront plutôt cette année par des moyens virtuels avec la tenue d’un webinaire et des actions de visibilité sur les médias sociaux.

          En ce jour international des travailleuses et des travailleurs, la Coalition souhaitait reconnaître le travail exceptionnel des travailleuses et des travailleurs qui offrent des services essentiels à la population, tout en restant solidaire de celles et de ceux qui ont perdu leur emploi ou qui continuent de travailler à distance en respectant les directives de santé publique. Plus spécifiquement, la Coalition insiste sur le fait qu’il est plus que temps de faire attention à la santé physique et mentale des travailleuses et des travailleurs. La crise qui secoue le monde entier rappelle ainsi l’importance d’entretenir la solidarité et de garantir à chacune et à chacun un filet social mettant de l’avant l’humain avant le profit.

          Webinaire
          Dans le but d’interpeller la population quant aux enjeux touchant le monde du travail malgré le confinement, la Coalition du 1er mai annonce la tenue d’un webinaire qui abordera les stratégies de mobilisation en lien avec la santé et la sécurité du travail. Cette discussion en ligne, qui se déroulera aujourd’hui de 12 h 15 à 13 h, sera diffusée en direct sur la page Facebook du 1er mai.

          Le webinaire sera animé par Chantal Ide, vice-présidente du Conseil central du Montréal métropolitain–CSN. Les personnes suivantes y prendront la parole :

          • Félix Lapan, organisateur communautaire à l’Union des travailleuses et travailleurs accidentés ou malades (UTTAM)
          • Jacques Parenteau, secrétaire général de l’Association des professeurs de Ligneryet président du comité en santé et sécurité du travail de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
          • Sophie Leclair, ancienne présidente du Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du CHU Sainte-Justine (SPSIC–CSN), représentante de la
            catégorie 1 à la FSSS–CSN
          • Roxane Larouche, responsable des communications au Bureau québécois des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) affiliés à la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

          Présence sur les médias sociaux
          Pour souligner la journée du 1er mai, la Coalition invite également les travailleuses et les travailleurs à se prendre en photo avec le visuel du 1er mai en y inscrivant le nom d’une personne ou d’un métier afin de souligner leur solidarité. Ces photos seront relayées sur la page Facebook du 1er mai.

          Rappel historique
          La Journée internationale des travailleuses et des travailleurs est née à la suite d’un mouvement de grève lancé à Chicago le 1er mai 1886 par 300 000 travailleurs qui voulaient obtenir la journée de travail de huit heures. Une répression policière sanglante est alors survenue : des militantes et des militants syndicaux furent arrêtés et condamnés à mort. Quatre d’entre eux ont été pendus. Six ans plus tard, ils furent innocentés.

          À propos de la Coalition du 1er mai
          Les groupes organisateurs sont, par ordre alphabétique :

          • Organisations et centrales syndicales

          APTS, CSD, CSN, CSQ, FAE, FIQ, FTQ, SFPQ et SPGQ

          • Organismes communautaires

          Au bas de l’échelle, Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI) et Union des travailleuses et travailleurs accidentés ou malades (UTTAM)

          https://www.facebook.com/1ermai

          Les travailleuses et les travailleurs des arts, de la culture et de l’événementiel se donnent une voix

          Un nouveau chapitre commence à s’écrire alors que l’Association des travailleuses et travailleurs regroupés des arts, de la culture et de l’événementiel (TRACE) voit le jour, avec l’appui de la CSN et de la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN). La création de l’association marque ainsi un moment charnière pour les milliers d’artisans de tous ces secteurs qui se dotent aujourd’hui d’un véhicule commun et d’une voix pour promouvoir leurs enjeux et développer ensemble les outils pertinents à la pratique de leurs métiers.

          Une initiative par et pour le milieu
          TRACE est d’abord et avant tout l’initiative de celles et de ceux qui contribuent au rayonnement des arts, de la culture et de l’événementiel à travers des métiers très variés. « La crise de la Covid-19 a mis en suspens une immense part de nos activités, peu importe le secteur. Cela a mis en relief la précarité à laquelle font face les travailleuses et travailleurs de ces milieux, notamment avec l’absence de mécanismes de soutien. Pour nous, le temps était donc venu de passer à l’action. Nous avons décidé de nous regrouper et de nous donner une voix pour changer les choses », commente François Deschamps, l’un des instigateurs du projet.

          Pour Virginie Ouellet, elle aussi instigatrice du projet TRACE, la création de cette association est une étape majeure. « Ce qu’on fait aujourd’hui, c’est lancer un appel à l’ensemble des travailleuses et des travailleurs autonomes, des salarié-es, des contractuel-les et des pigistes de ces milieux, car nous devons unir nos efforts afin de développer collectivement les outils et les services qui nous permettront de continuer à pratiquer les métiers qui nous passionnent », explique-t-elle.

          Des objectifs concrets
          L’action de TRACE se décline donc en deux objectifs principaux. D’une part, avec le soutien de la FNCC–CSN, l’association travaillera à développer une plateforme de propositions destinée aux gouvernements. « Nous allons d’abord travailler avec les membres de TRACE pour développer une série de recommandations politiques et législatives que nous irons ensuite présenter aux autorités. Nous réaffirmons qu’au-delà des mesures temporaires actuellement en vigueur, les gouvernements doivent adopter des mesures durables en élargissant le filet social, car être travailleuse ou travailleur autonome ne doit plus rimer avec précarité. On pense qu’il est grand temps pour les gouvernements de reconnaître leur apport à nos sociétés par des dispositions concrètes de soutien », affirme Pascale St-Onge, présidente de la FNCC–CSN.

          D’autre part, TRACE souhaite développer différents services pour soutenir au quotidien les milliers de personnes qui travaillent dans les arts, la culture et l’événementiel. « Nous avons devant nous une belle occasion, soit celle d’explorer ensemble la création d’outils collectifs qui peuvent vraiment améliorer notre quotidien. On souhaite évaluer différentes idées, telles que l’accès à des assurances collectives, la création d’un fonds de retraite, l’accès à des avis juridiques sur nos droits et pour le respect de nos contrats, l’accès à des formations, etc. Bref, la liste est longue et emballante, mais pour y arriver, nous devons d’abord nous unir autour d’une même initiative. On souhaite explorer tous ces aspects avec nos futurs membres, car ce sera la force du nombre qui fera changer les choses. En ce moment, le message que nous lançons est simple : adhérez à TRACE, puisque nous sommes les mieux placés pour améliorer les conditions de pratique de nos métiers », ajoute Virginie Ouellet.

          TRACE n’est pas un syndicat, mais bien une association qui s’adresse l’ensemble des travailleuses et des travailleurs autonomes, des salarié-es, des contractuel-les et des pigistes qui évoluent dans les milieux des arts, de la culture et de l’événementiel. Pour en apprendre plus et pour devenir membre : www.trace-asso.ca

          Déconfinement des entreprises : la santé et la sécurité doivent être la priorité

          Alors que le gouvernement dévoile son plan de relance graduelle des entreprises, la CSN demeure grandement préoccupée par l’accès à des mesures de protection pour les travailleuses et les travailleurs. À cet effet, la centrale syndicale demande au gouvernement d’émettre des directives très claires à l’endroit des employeurs.

          « Alors qu’on parle aujourd’hui de déconfinement, on tend à oublier que plusieurs milieux de travail ont maintenu leurs activités depuis le début de la crise, affirme le président de la CSN, Jacques Létourneau. Or, il a fallu se battre à de nombreux endroits afin de s’assurer que la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs soient correctement protégées. Si le gouvernement pense que le renforcement des mesures de santé et de sécurité au travail se fera comme par magie, il se trompe totalement. Des directives très claires doivent être envoyées sans délai aux employeurs afin que les équipements de protection individuels soient accessibles pour les employé-es et que des mesures soient prises en matière de distanciation sociale. »

          En cette journée de commémoration des morts et accidenté-es au travail, c’est avec consternation que les membres de la CSN ont appris ce matin le décès de Stéphanie Tessier, cette préposée aux bénéficiaires du CHSLD Lucien G. Rolland qui est décédée de la COVID-19. Cette mort tragique vient tristement rappeler la nécessité de renforcer les mesures de santé et de sécurité au travail, et ce, dans l’ensemble des milieux de travail.

          La CSN souligne que, tant dans le secteur privé que dans les secteurs public et parapublic, de nombreux problèmes de santé et de sécurité au travail sont survenus en lien avec la propagation de la COVID-19. Ce fut le cas, notamment, dans certains réseaux de transport en commun, dans la chaîne agroalimentaire, dans le commerce au détail et dans certaines sociétés publiques comme la SAQ, sans parler du réseau de la santé et des services sociaux, où des centaines de travailleuses et de travailleurs ont été contaminés.

          « Nous appelons les employeurs à faire preuve d’ouverture et à favoriser le dialogue avec les syndicats. De nombreux ajustements peuvent être apportés en matière d’horaires, d’organisation du travail et de mise en place de mesures qui diminuent les risques de propagation. Dans les milieux de travail où cette collaboration fut préconisée, nous avons constaté de très bons résultats », affirme le président de la CSN.

          La santé-sécurité au travail doit devenir une priorité nationale : 190 décès en 2019

          La CSN souligne la Journée internationale de commémoration des travailleuses et des travailleurs morts ou blessés au travail en invitant les gouvernements à faire de la santé-sécurité au travail une priorité nationale, particulièrement dans le contexte de pandémie liée à la COVID-19.

          Des chiffres alarmants pour l’année 2019
          La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a dévoilé les statistiques pour l’année 2019 : cette année encore, un nombre effarant de Québécoises et de Québécois ont péri au travail, soit un total de 190. De ce nombre, on compte 57 décès à la suite d’un accident et 133 à la suite d’une maladie professionnelle.

          « Année après année, nous appréhendons ce triste bilan, car il illustre à quel point il y a urgence d’agir pour améliorer la protection des travailleuses et des travailleurs, quel que soit le secteur d’activités. Nous ne cesserons pas d’interpeller les gouvernements tant et aussi longtemps que les dispositions législatives et les mesures appropriées ne seront pas adoptées », affirme Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

          Des réformes urgentes
          La CSN milite depuis des années afin de revoir l’application de la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Rappelons que les mécanismes de prévention prévus dans cette loi ne s’appliquent qu’à environ un cinquième des travailleuses et des travailleurs du Québec. « Les mécanismes de protection peuvent faire la différence, mais la loi actuelle n’oblige qu’à les appliquer à deux groupes prioritaires définis selon les secteurs économiques des années 70. Un non-sens pur et simple ! Nous espérons que la révision législative qui sera proposée par l’actuel gouvernement viendra corriger cet important retard, car avec chaque année qui passe, ce sont les travailleuses et les travailleurs qui en font les frais », ajoute Jean Lacharité.

          Dans cet ordre d’idées, il est également essentiel de préserver les dispositions de la Loi sur les accidents de travail et les maladies professionnelles. « Il importe que cette loi demeure entière afin de permettre aux travailleuses et aux travailleurs de toucher les indemnisations auxquelles ils ont droit. Pour y arriver, il est nécessaire de déjudiciariser le système, car actuellement, une tendance lourde est en train de s’installer selon laquelle certains travaillent fort pour se dégager de leurs responsabilités en matière d’indemnisation. C’est plutôt inquiétant », souligne aussi Jean Lacharité.

          Selon le vice-président de la CSN, le contexte actuel doit favoriser une prise de conscience générale quant à l’importance de la santé et de la sécurité dans les milieux de travail. « Tout ce que nous traversons collectivement en ce moment illustre la pertinence d’adopter une législation assurant des mécanismes de protection à l’ensemble des milieux de travail. Aujourd’hui plus que jamais, cela doit devenir une priorité nationale, et c’est ce message que nous souhaitons envoyer aux autorités. Nous sommes disposés à travailler de pair afin d’atteindre cet objectif, mais il revient au gouvernement de proposer une réforme à la hauteur des défis », conclut Jean Lacharité. 

          Respect des directives de la Santé publique
          Enfin, la crise actuelle exige que tous les milieux de travail respectent les directives de la Santé publique et appliquent les mesures de prévention visant à protéger les travailleuses et les travailleurs.

          Réouverture des écoles : La CSN réclame des règles de protection claires

          À la suite de l’annonce du gouvernement quant à la réouverture graduelle des écoles, la CSN invite celui-ci à mettre en place des mesures claires pour l’ensemble des travailleuses et des travailleurs du milieu scolaire, tant sur le plan du transport des élèves que sur celui du soutien scolaire.

          « Le gouvernement doit s’assurer que les travailleurs et les travailleuses qui seront au front de la réouverture des écoles soient protégés. Il est impératif qu’il mette en place des procédures claires pour assurer leur santé et leur sécurité et qu’il rende disponible tout le matériel de protection nécessaire », affirme Jacques Létourneau, président de la CSN.

          La CSN réclame une procédure de dépistage claire tant pour les enfants que pour les travailleuses et les travailleurs. Elle demande également des mesures supplémentaires pour protéger les plus vulnérables, notamment le personnel à risque en raison de l’âge ou de conditions préexistantes. La CSN souhaite notamment éviter que la proportion importante de conductrices et de conducteurs de véhicules scolaires de 60 ans et plus ne soit exposée au coronavirus, tout en évitant des mises à pied. « Nous sommes soulagés d’entendre que des barrières physiques seront installées dans les véhicules scolaires, mais il faudra s’assurer que tous les moyens possibles seront pris pour protéger la santé et la sécurité des membres », a ajouté Nathalie Arguin, présidente de la FEESP–CSN.

          Face à l’impossibilité, dans la pratique, de respecter une distance de deux mètres, le personnel de soutien scolaire émet également ses inquiétudes sur le fonctionnement à l’intérieur des écoles, notamment en ce qui concerne les déplacements entre les classes et les services de garde, les accès aux espaces communs et la désinfection des locaux.

          « Le nombre maximum de 15 élèves par classe a été annoncé par le gouvernement, mais il demeure qu’une panoplie d’éléments ayant un impact direct sur le personnel de soutien scolaire devront être évalués », souligne aussi Nathalie Arguin. « La reprise ne doit pas se faire au prix de la santé du personnel. Les éventuelles recommandations de l’Institut national de la santé publique du Québec devront être respectées par les employeurs », a-t-elle conclu.

          Des actions requises pour soutenir celles qui seront au front de l’immunisation collective

          Les travailleuses en CPE et les responsables en service de garde (RSG) en milieu familial régi et subventionné comprennent qu’il est nécessaire que le Québec soit déconfiné graduellement, mais elles ont besoin d’un appui clair et net du gouvernement pour que cette stratégie collective soit un succès.

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) demande donc un plan de déconfinement incluant une série de mesures pour s’assurer d’un bon déroulement de la période de réouverture graduelle des CPE et des RSG. Il faut notamment penser à une procédure claire pour assurer un dépistage autant des travailleuses et travailleurs que des enfants, afin d’exclure ceux qui ont des symptômes qu’on peut attribuer à la COVID-19.

          « Les travailleuses et travailleurs doivent se sentir soutenus et ne pas devoir jouer à la police », insiste Louise Labrie, représentante des CPE à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

          « La proximité nécessaire au travail avec de jeunes enfants met très à risque les RSG et leur famille. Ces travailleuses sont des adultes de tous âges, avec des situations personnelles et familiales très variées ainsi que des conditions médicales tout aussi variées. Le gouvernement doit être prudent et clair dans ses recommandations. Nous souhaitons des réponses à nos questions avant la réouverture », affirme Karine Morisseau, représentante des RSG à la FSSS-CSN.

          Des règles claires
          Il faudra aussi des règles claires pour protéger les travailleuses et travailleurs vulnérables du point de vue de la santé et s’assurer qu’ils et elles sont indemnisés lorsque c’est nécessaire. Le maintien de petits ratios éducatrice/enfants dans les CPE et une augmentation très graduelle est nécessaire car la pénurie de personnel qui prévalait avant la crise est toujours présente, sinon pire. Le remplacement du personnel malade deviendra un très grand enjeu pour continuer à assurer les services. Les CPE devront trouver du personnel pour faire la désinfection car les éducatrices ne pourront pas s’occuper des enfants à temps plein et avoir en plus la responsabilité de désinfecter les locaux et les jouets. Elles peuvent le faire actuellement parce qu’il y a peu d’enfants. Les situations où le port de masque et de gants est requis devront être définies et le matériel devra être disponible et fourni par les employeurs. La COVID-19 devrait également devenir une maladie à déclaration obligatoire afin de mieux protéger les personnes à risque.

          Dans les services de garde en milieu familial, il faut des mesures d’ajustement pour assurer le succès du déconfinement graduel dans une résidence privée où les activités de garde sont intimement liées à la vie familiale de la RSG.

          Avec une stratégie d’immunisation collective qui s’amorce, il y aura inévitablement des cas de COVID-19 parmi le personnel des CPE et les RSG. C’est le prix à payer afin de permettre aux autres travailleuses et travailleurs de reprendre progressivement leurs occupations. « Nous devons assouplir les règles pour ces travailleuses et ne pas exiger de preuve que la COVID-19 a été contractée au travail avant d’obtenir l’indemnisation de la CNESST », affirme Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS-CSN. Cette dernière précise que les travailleuses en attente du résultat d’un test devraient également pouvoir se retirer des CPE sans conséquences financières. « La grande majorité d’entre nous veut bien prendre un risque pour le bien collectif, mais avec l’appui du gouvernement », résume Lucie Longchamps.

          Journée internationale des travailleuses et des travailleurs : Solidaires plus que jamais !

          Cette année, pour souligner la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs, la Coalition du 1er mai vous propose de participer à une campagne participative d’affichage sur les réseaux sociaux qui aura pour thème Solidaires plus que jamais !

          Pour participer à la campagne, il suffit d’écrire un message personnalisé sur le visuel du 1er mai et publier une photo de vous et de votre affiche sur la page Facebook de la Coalition du 1er mai.

          Matériel visuel

          Si vous avez une imprimante
          Inscrivez le nom d’une personne, d’un groupe de travailleuses et de travailleurs ou d’un métier sur le visuel du 1er mai dans l’espace prévu à cette fin et publiez une photo de vous et de votre affiche sur la page Facebook du 1er mai et sur votre page personnelle !

          Si vous n’avez pas d’imprimante
          Inscrivez le nom d’une personne, d’un groupe de travailleuses et de travailleurs ou d’un métier sur le visuel du 1er mai. Ensuite, il faut convertir votre fichier PDF en format JPEG pour pouvoir partager en image votre affiche sur la page Facebook de la Coalition du 1er mai et sur votre page personnelle.

          • Si vous avez Adobe Acrobat, vous pouvez sauvegarder votre fichier PDF directement en format JPEG en choisissant « JPEG » après avoir cliqué sur « Enregistrer sous ».
          • Si vous n’avez pas Adobe Acrobat, vous pouvez convertir votre fichier PDF en JPEG via ce site Web : https://pdf2jpg.net/

          Filtre (décor) de photo de profil Facebook disponible le 1er mai
          En plus de cette campagne, un filtre (décor) de photo de profil Facebook aux couleurs du visuel du 1er mai sera également disponible ce vendredi, 1er mai. Nous vous encourageons à l’adopter massivement pour souligner cette journée et afficher votre solidarité envers les travailleuses et travailleurs du Québec.

          Webinaire vendredi 1er mai – 12h à 13h15
          En plus de la campagne participative, un webinaire qui abordera les stratégies de mobilisation en lien avec la santé et la sécurité du travail aura lieu vendredi le 1er mai de 12h à 13h15. Cette discussion en ligne sera diffusée en direct sur la page Facebook du 1er mai. Pour tous les détails concernant le webinaire : https://www.facebook.com/events/540939989907620/

          Outils de visibilité pour les réseaux sociaux

          PDF modifiable avec espace pour écrire votre message personnalisé

          Facebook

          Instagram

          Affiche couleur

          Affiche noir et blanc

          Renforçons le réseau universitaire québécois

          La présente est une version écourtée de la lettre envoyée au ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur par les membres de la Table des partenaires universitaires (TPU).

          Jamais encore n’avons-nous autant eu collectivement besoin de la science! Pour faire face à la pandémie actuelle, partout on se tourne vers les scientifiques. Pour affronter et vaincre cette crise, pour en tirer les indispensables leçons, la pandémie révèle le besoin pour la société québécoise et le gouvernement québécois de s’appuyer sur des citoyens et citoyennes dotés d’une solide formation et sur des recherches et études de pointe menées dans des établissements universitaires.

          Il y aura au Québec, comme dans le reste du monde, un avant et un après COVID-19. Des leçons devront être tirées pour le secteur de la santé et des services sociaux, pour le milieu de l’éducation, pour les entreprises privées, etc. Le réseau universitaire ne doit pas échapper à l’examen. La crise est en effet une occasion de renforcer le réseau universitaire, c’est-à-dire de réviser son financement, de pallier l’absence de coordination entre les diverses composantes et de réaffirmer les fondements de la gestion des établissements.

          Un financement public adéquat, prévisible et équitable
          La crise constitue le bon moment pour le gouvernement d’assurer un financement à long terme de l’enseignement et de la recherche.

          La combinaison d’un paramètre inadéquat du financement actuel de l’enseignement, soit l’étudiant en équivalence au temps plein (EETP), et de la déréglementation des droits de scolarité des étudiants et étudiantes internationaux qui ne seront vraisemblablement plus au rendez-vous cet automne pousse les directions des établissements à effectuer une gestion à courte vue qui est préjudiciable à leur mission d’enseignement et de formation.

          Le financement de l’enseignement universitaire doit être révisé afin de freiner la concurrence et le gaspillage de fonds publics auquel elle a donné lieu (« branding » des établissements, mise en marché, déploiement de campus satellites dans des régions déjà desservies, etc.) Les universités ne doivent pas dépendre non plus des fonds accordés par les entreprises et les philanthropes.

          Le financement doit aussi tenir compte des besoins et des conditions de la population étudiante (première génération, temps partiel, parents-étudiants, population autochtone, en situation de handicap, stress, incertitude financière, etc.) Il doit soutenir la nécessité de maintenir des infrastructures et de l’expertise dans toutes les régions du Québec. C’est pourquoi la gratuité scolaire et le soutien aux études sont essentiels.

          De plus, la précarité sous toutes ses formes et dans les divers corps d’emplois doit faire l’objet d’une sérieuse remise en question. Les conditions de travail du personnel se sont terriblement dégradées au fil des années et le taux de précarité des personnes chargées de cours, des professionnel-les et des personnels de soutien est effarant. Il faut mettre fin aux attaques à la sécurité d’emploi. Le recours à la sous-traitance dans tous les secteurs est une tendance qu’il faut pourfendre.

          Un rehaussement substantiel du financement public (canadien et québécois) de la recherche universitaire est incontournable ainsi qu’un accès équitable de tous les acteurs qui font de la recherche, soit les professeur-es, les professionnel-les de recherche, les personnes chargées de cours, de même que les étudiant-es à ces ressources. Au cours des dernières années, les compressions dans les budgets de recherche, jumelées à une volonté de soutenir des projets répondant à des priorités gouvernementales ou des entreprises, ont porté atteinte à la recherche libre et à l’indépendance intellectuelle et scientifique.

          Bref, l’État québécois doit assurer un financement adéquat, stable, prévisible et équitable de la mission des universités.

          La coordination, la collaboration et la gestion
          L’élaboration d’une loi-cadre et la création d’un conseil des universités amélioreraient la cohésion au sein du réseau et la collaboration entre les établissements. La crise que nous vivons aujourd’hui exprime plus que jamais ce besoin. Non seulement ces deux dispositifs auraient pu freiner la concurrence que se livrent les directions des établissements depuis plusieurs années – et le gaspillage de fonds publics qui l’accompagne, mais ils auraient aussi pu empêcher des prises de décision locales, modifiant la mission universitaire de façon irréfléchie, auxquelles nous assistons actuellement dans certains établissements. Le conseil des universités doit toutefois être composé d’une majorité de membres issus des différents groupes appartenant à la communauté universitaire et ne pas conduire à l’implantation de mécanismes d’assurance qualité ni à une standardisation des contenus pédagogiques et de la recherche.

          Enfin, nous croyons que la création d’un ministère entièrement dédié à l’enseignement supérieur, à la recherche et à l’innovation contribuerait à accroitre la collaboration des universités entre elles.

          Les crises sont propices à la transformation des rapports de pouvoir au sein des organisations. La crise actuelle ne fait pas exception à la règle. Elle a été une nouvelle occasion d’éroder la gestion collégiale qui est pourtant au cœur du fonctionnement des universités depuis leur création. Il nous faut revenir à des modes de gestion qui favorisent la collégialité et la représentation de tous les groupes de la communauté au sein des instances : cadres, professeur-es, personnes chargées de cours, professionnel-les, personnels de soutien, ainsi que les étudiant-es. Il faut de plus assurer que les décisions relatives à l’enseignement et à la recherche soient entièrement dévolues au personnel universitaire par l’intermédiaire d’instances au sein desquelles les membres de la communauté universitaire sont nettement majoritaires.

          Nous savons que la pandémie que nous vivons actuellement ne sera pas la dernière crise que le Québec devra affronter. D’autres crises s’annoncent déjà et menacent la santé publique, l’agriculture, l’aménagement du territoire, l’économie, la cohésion et la solidarité sociale. Ces crises exigeront elles aussi des décisions difficiles de la part des responsables politiques. Pour nous préparer à les affronter, la société québécoise aura à nouveau besoin des savoirs construits par une multitude de disciplines. Des savoirs libres et engagés pour affronter et résoudre les problèmes auxquels sociétés, communautés et individus doivent faire face. Pour que les universités soient à la hauteur des nouveaux défis qui se présenteront, et capables de satisfaire les attentes de la société québécoise à leur égard, il faut renforcer le réseau universitaire.

          Signataires, membres de la Table des partenaires universitaires :
          Caroline Quesnel, présidente, Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec-CSN
          Louise Briand, vice-présidente, secteur universitaire, Fédération des professionnèles – CSN
          Jean Portugais, président, Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU)
          Bernard Gaucher, président, Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche
          Carole Neill, présidente, Conseil provincial du secteur universitaire du SCFP-Québec.
          Philippe Lebel, président, Union étudiante du Québec
          Andréanne St-Gelais, présidente de la Fédération des associations étudiantes universitaires québécoises en éducation permanente

          Les travailleurs oubliés des centres funéraires méritent aussi une prime de risque

          Alors que le gouvernement a déjà consenti à mettre en place des primes pour les travailleuses et travailleurs de la santé, les paramédics et les préposé-es aux bénéficiaires, les personnes qui s’occupent des défunts et de leur famille sont malheureusement délaissées. Parce que la nature des opérations les expose considérablement à un risque de contagion – plusieurs études démontrent que le virus survit après le décès d’un individu – la FC–CSN exige une prime de risque de 3 $ l’heure pour tous les employé-es des centres funéraires. La FC–CSN exige aussi que des visières et des masques N95 en quantité suffisante soient mis à leur disposition.

          Des craintes bien réelles
          Malgré les mesures de protection fournies par les employeurs, la peur est omniprésente chez les travailleurs qui ont à manipuler les corps. Les craintes sont d’autant plus grandes qu’on sait que les personnes qui décèdent n’ont pas nécessairement été toutes testées pour la COVID-19. Cette situation représente une menace silencieuse de contamination pour les travailleurs chargés du transport des personnes décédées, pour les opérateurs de four crématoire et pour ceux qui ont à pratiquer des actes de thanatopraxie. « Si le diagnostic de COVID n’a pas été déclaré par le médecin qui a constaté le décès, il n’y a aucun moyen de savoir si le défunt était infecté et s’il représente un important risque de contamination. C’est dans ce contexte inquiétant que des centaines de travailleurs entrent au boulot chaque jour. Ces gens mettent leur santé en danger dans le but de rendre un service dont la société ne peut se passer », précise David Bergeron-Cyr, président de la FC–CSN.

          Le personnel administratif ainsi que le personnel de soutien aux familles doivent aussi être considérés et reconnus pour leur apport aux services offerts. Ces derniers demeurent en contact avec la clientèle et travaillent aussi dans des conditions stressantes liées à la pandémie. L’organisation du travail est chamboulée par l’application des nouvelles règles de distanciation sociale.

          Retenir le personnel
          « L’industrie funéraire est un milieu de travail difficile et hautement émotif. Pour plusieurs, il peut sembler moins attrayant. Mais il ne faudrait pas non plus en arriver à manquer d’employé-es dans ce secteur essentiel en temps de pandémie, faute d’avoir reconnu à juste titre leur contribution. Les difficultés de recrutement étaient déjà présentes dans plusieurs régions », relate David Bergeron-Cyr.

          L’ensemble de la société compte sur des services professionnels et surtout essentiels à la santé publique. Il est plus que justifié d’accorder une prime de 3 $ l’heure à ces travailleuses et travailleurs oubliés.

          Le personnel de soutien scolaire doit être consulté

          Devant le dépôt éventuel de scénarios concernant la réouverture des écoles du Québec, le secteur scolaire de la Fédération des employées et employés des services publics de la CSN (FEESP-CSN) tient à rappeler au gouvernement du Québec que tout le personnel de soutien des commissions scolaires doit être consulté pour préparer la réouverture des écoles.

          À la suite de l’annonce du premier ministre du Québec, le 22 avril, le secteur scolaire FEESP-CSN s’est réservé toute réaction afin d’attendre que la position de rouvrir les écoles se confirme, ce qui a été fait ce midi.

          « Nous interpellons le gouvernement afin que celui-ci consulte le personnel de soutien scolaire, dont la collaboration sera nécessaire pour une éventuelle réouverture des écoles. Nos membres ont une expertise réelle concernant l’administration scolaire, l’entretien, l’adaptation scolaire et les services de garde », souligne Nathalie Arguin, présidente de la FEESP-CSN.

          Le secteur scolaire comprend que la réouverture des écoles doit se faire un jour ou l’autre. Bien qu’une grande partie du personnel de soutien ait assuré la continuité des services tout au long de la crise, notamment dans les services de garde d’urgence et les services administratifs, un retour graduel des élèves soulève des inquiétudes. Que l’on parle des défis liés au respect des règles de la santé publique ou de la pertinence de prévoir des ratios dans les services de garde, les classes et les aires communes, les directives devront être claires.

          Il y aura nécessité de prévoir des mesures d’hygiène et de désinfection précises ainsi que du personnel d’entretien ménager suffisant pour les mettre en application. « Rappelons-nous qu’afin de pallier à la pénurie de matériel dans le réseau de la santé et des services sociaux, Québec a récupéré les équipements de protection individuels et le gel désinfectant d’une bonne partie de nos établissements. Il est donc impératif que le gouvernement s’assure d’approvisionner également le réseau de l’éducation pour la sécurité du personnel et des élèves » rajoute Annie Charland, présidente du secteur scolaire FEESP-CSN.

          Les services de garde d’urgence toujours en attente d’une reconnaissance du gouvernement

          Plus d’un mois après le début de la crise du coronavirus au Québec, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) interpellent le gouvernement du Québec pour une meilleure reconnaissance du personnel de soutien scolaire et en petite enfance qui assure le maintien des services de garde d’urgence.

          Alors que le gouvernement a instauré plusieurs primes pour le personnel déployé contre le virus, force est de constater qu’une part importante de personnes mobilisées au maintien des services essentiels ont été oubliées. Les centrales syndicales dénoncent que les services de garde d’urgence, qui réunissent des milliers de travailleuses et de travailleurs œuvrant dans les établissements scolaires, en CPE ou en milieu familial, ne fassent encore l’objet d’aucune forme de compensation financière pour l’exercice de leurs fonctions d’urgence. En effet, ces milliers de personnes sont, sur ordre du gouvernement, obligées d’être au poste et ne font actuellement l’objet d’aucune compensation financière supplémentaire. Chaque jour, ces personnes assument les responsabilités de leur emploi dans l’inquiétude et l’angoisse de contracter le dangereux virus et de contaminer par le fait même leurs proches ou leur famille. On rapporte également plusieurs cas confirmés de COVID-19 dans les services de garde d’urgence.

          Depuis le début de cette crise sans précédent, le gouvernement Legault souligne à grands traits l’importance d’une mobilisation constante de celles et ceux qui assurent le maintien des services essentiels. Plusieurs compagnies privées (notamment des épiceries) ont d’ailleurs mis en place, dès les premiers instants de la crise, des primes salariales pour reconnaître l’implication de leur personnel. Les centrales syndicales croient également qu’il est impératif d’envoyer un message positif de reconnaissance à l’endroit de milliers de personnes qui mettent à risque leur santé pour notre bien à toutes et à tous. La FTQ, la CSN et la CSQ interpellent donc aujourd’hui le gouvernement du Québec afin de corriger ces injustices et ainsi reconnaître l’engagement du personnel au travers de cette crise. Aux yeux des représentants des centrales syndicales, il apparaît plus qu’essentiel que le gouvernement Legault envoie un message positif en accordant à ces milliers de travailleuses et de travailleurs une prime qui leur revient de plein droit pour l’exercice de leurs fonctions en situation d’urgence.

          Citations
          « Le gouvernement doit reconnaître l’apport du personnel des services de garde d’urgence à la lutte contre la COVID-19. Il est donc important d’agir sans tarder, elles et ils prennent soin des enfants des travailleuses et travailleurs qui sont sur la ligne de front. Leur travail est essentiel et contribue à faire en sorte que des femmes et des hommes puissent être au travail en sachant que leurs enfants sont entre bonnes mains. » – Daniel Boyer, président de la FTQ

          « Que ce soit dans les écoles, dans les CPE ou en milieu familial, des milliers de femmes, en grande majorité, sont au front contre la COVID-19 en permettant au personnel du réseau de la santé et des services sociaux de remplir leur rôle essentiel. La moindre des reconnaissances de la part du gouvernement serait de leur accorder la même compensation financière pour l’ensemble des risques qu’elles prennent au quotidien en se rendant au travail » – Jacques Létourneau, président de la CSN

          « Le gouvernement a justifié l’octroi de ces compensations financières par les risques inhérents aux fonctions du personnel de la santé, particulièrement pour celles et ceux en contact direct avec les patients infectés. Doit-on rappeler qu’on rapporte déjà plusieurs cas de COVID-19 dans les services de garde d’urgence? Plus que de la reconnaissance, c’est une question d’équité et de dignité. » – Sonia Ethier, présidente de la CSQ

          Réglons la discrimination salariale envers les préposé-es aux bénéficiaires

          Lettre ouverte de Jacques Létourneau, président de la CSN

          Les responsabilités qui incombent au titulaire du poste de premier ministre du Québec sont lourdes. Néanmoins, personne au Québec ne tient François Legault personnellement responsable de notre désengagement collectif des trente dernières années envers nos aîné-es.

          Il est certes louable de sa part de vouloir assumer une partie du blâme au regard de la crise qui sévit actuellement dans les CHSLD. Mais lorsque cet acte de contrition ne sert de prétexte qu’à mieux renvoyer la balle aux organisations syndicales, on me permettra de réagir.

          Ainsi, selon le premier ministre, la responsabilité des problèmes de recrutement des préposé-es aux bénéficiaires incomberait aux syndicats en raison de leurs refus de consentir à des augmentations salariales particulières pour ce titre d’emploi. Quand vous voulez tuer votre chien, vous dites qu’il a la rage.

          J’aimerais rappeler au premier ministre que nous avons demandé, dès 2009, des mesures spécifiques pour répondre aux besoins de main-d’œuvre dans les CHSLD, et ce, même si les problèmes d’attraction et de rétention touchaient déjà l’ensemble de nos services publics. Une enveloppe budgétaire a finalement été consentie par le gouvernement lors des négociations de 2015 : une « prime CHSLD » d’environ 450 $ par année par employé-e. Une somme nettement insuffisante, j’en conviens avec M. Legault.

          C’est aussi en 2015, lors de l’exercice obligatoire du maintien de l’équité salariale, que nous avons déposé une plainte, comme prévu à la Loi sur l’équité salariale, visant à corriger la discrimination salariale envers les préposé-es aux bénéficiaires. Cette plainte était similaire à celle qui avait été déposée en 2010 à l’endroit des auxiliaires de santé et de services sociaux, responsables des soins à domicile pour les aîné-es. Environ 80 % de ces salarié-es sont des femmes. L’évaluation des tâches et des fonctions de ces titres d’emploi ne correspond plus à la réalité. Ceux-ci doivent être repositionnés dans la structure salariale du secteur public et se voir attribuer les corrections salariales adéquates.

          La question peut paraître complexe pour le commun des mortels, mais il s’agit pour nous de la façon appropriée pour rehausser spécifiquement le salaire des préposé-es aux bénéficiaires.

          Or, depuis cinq ans, le gouvernement n’a rien fait pour donner suite à cette demande. Un gouvernement dirigé par M. Legault depuis bientôt deux ans.

          Le premier ministre clame haut et fort que depuis son accession au pouvoir, il s’acharne à vouloir octroyer des augmentations particulières aux préposé-es. C’est ainsi que son gouvernement a proposé, au cours de l’actuelle négociation du secteur public, de créer un « forum de discussion » pour aborder la question. Loin de refuser l’objectif recherché, les organisations syndicales lui ont simplement répondu qu’on avait assez jasé de la question ; le moment était venu de trouver les solutions appropriées à l’endroit tout désigné : celui de la table de négociation.

          M. Legault répète que les organisations syndicales sont allergiques aux augmentations différenciées. J’aimerais lui rappeler que nous avons convenu, lors de la dernière négociation, de revoir l’ensemble de la structure salariale du secteur public et d’ainsi remanier plus de 135 échelles salariales. Les augmentations différenciées entraînées par ces travaux de relativité salariale se comptent par centaines.

          Nous avons également démontré, au cours des dernières années, notre préoccupation à l’endroit des problèmes d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre pour certains titres d’emploi. Nous avons ainsi négocié, à notre demande, des primes particulières pour les ouvriers spécialisés, pour le personnel intervenant auprès d’usagers qui présentent des troubles graves de comportement, pour les psychologues du réseau de la santé et des services sociaux, et bien d’autres. Les équipes de négociation du Conseil du trésor pourront le confirmer au premier ministre.

          Depuis plus de dix ans, nous réclamons des mesures particulières pour augmenter le salaire des préposé-es aux bénéficiaires. Aucun gouvernement, y compris celui de M. Legault, n’a voulu répondre à nos demandes de façon adéquate.

          Enfin, le premier ministre déclarait vendredi dernier que, si c’était à refaire, il imposerait des augmentations particulières pour les préposé-es aux bénéficiaires sans l’accord des organisations syndicales. Or, rien ne l’a empêché, par la voie d’un arrêté ministériel, de décréter des « primes COVID-19 » de 8 % à certains, de 4 % à d’autres et de 0 % à plusieurs. Il a fallu se battre pour que les paramédics obtiennent pareil traitement. Pourquoi le premier ministre n’en a-t-il pas profité pour augmenter plus significativement le salaire des préposé-es ? Pourquoi n’a-t-il pas donné le mandat à ses équipes de négociation de régler nos plaintes pour discrimination salariale à leur endroit ? Lui seul le sait.

          Mais s’il y a une chose sur laquelle je suis entièrement d’accord avec le premier ministre, c’est la nécessité de revoir l’ensemble des conditions d’hébergement de nos aîné-es. Une fois la crise derrière nous, une commission publique, similaire à la commission portant sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, sera plus que nécessaire. M. Legault pourra compter sur notre pleine collaboration en ce sens.

          Télétravail : gare au téléphone cellulaire

          Bien des gens n’ont plus de ligne téléphonique fixe à la maison. Pour mener leur réunion en contexte de télétravail, plusieurs personnes utilisent donc fréquemment leur cellulaire. Et quand il faut communiquer rapidement avec ses collègues, le texto est si pratique… Mais attention : le téléphone mobile ne respecte aucun principe ergonomique. Des précautions s’imposent.

          L’utilisation du cellulaire pour communiquer est conviviale, rapide et accessible. Toutefois, texter entraîne inévitablement une flexion prononcée du cou pouvant rapidement causer des douleurs. De plus, une contraction des muscles pectoraux est nécessaire pour maintenir le cellulaire devant soi ; cette contraction peut provoquer des douleurs aux membres supérieurs et à la région pectorale. Le lettrage étant plus petit, il y a également un effort plus soutenu des muscles oculaires pour la lecture, favorisant des symptômes de fatigue visuelle précoces.

          « Il faut restreindre la durée de ses échanges écrits au cellulaire afin de réduire la fatigue visuelle et les douleurs musculosquelettiques, souligne l’ergonome de la CSN, Patricia Richard. L’idéal est de privilégier les courriels à l’ordinateur, et de le faire à un poste qui sera ajusté pour respecter les critères d’ergonomie, contrairement aux textos. »

          Communiquer par téléphone peut s’avérer moins contraignant… si on ne le coince pas entre son oreille et son épaule pendant qu’on travaille à l’ordinateur ! Utiliser des écouteurs ou le mode sans fil lorsque la conversation est plus longue ou lorsqu’on doit consulter son ordinateur au cours de la conversation s’avère une autre façon d’éviter le torticolis. 

          Le cellulaire est un outil de travail pour des interventions de courte durée. Ne l’oubliez pas !

          Ménagez vos yeux !
          Plusieurs moyens existent pour diminuer la fatigue visuelle en période de télétravail, en voici quelques-uns.

              • Placez votre ordinateur de façon à réduire les éblouissements provenant des fenêtres ou des éclairages artificiels.
              • Ajustez la luminosité et les contrastes de vos écrans selon l’éclairage ambiant. Lorsque le portable est alimenté par sa pile, la luminosité de l’écran est plus faible, ce qui peut être plus exigeant pour le travail visuel.
              • Grossissez les caractères au besoin pour un meilleur confort visuel.
              • Prenez des pauses visuelles régulièrement en regardant au loin afin d’éviter les symptômes de fatigues : yeux qui piquent, sécheresse oculaire, douleur autour des yeux, maux de tête, etc.

          Report du 66e Congrès de la CSN

          Bonjour,

          Comme vous le savez, la pandémie de COVID-19 amène son lot d’interdictions qui tiendront jusqu’à nouvel ordre.

          Par conséquent, la session du 66e Congrès de la CSN, qui devait avoir lieu du 25 au 29 mai 2020, est annulée et reportée dans la semaine du 18 janvier 2021. Certes, ce n’est pas le dénouement que nous avions souhaité pour ce grand moment de notre vie démocratique à la veille du centenaire de la CSN. Toutefois, devant l’évolution de la situation et de l’ensemble de ses impacts, la décision s’impose d’elle-même.

          Nous savons que la situation évolue et que les règles risquent de changer d’ici là. Tout en sachant très bien que nous ne sommes pas à l’abri d’une deuxième vague de contamination, nous vous aviserons le plus rapidement possible de tout changement éventuel.

          Et n’oubliez pas que nous sommes là pour traverser cette crise avec vous.

          Solidairement,

          Le comité exécutif de la CSN

          La FSSS–CSN rappelle qu’elle réclame depuis longtemps une augmentation de la rémunération des PAB et des ASSS

          Encore une fois aujourd’hui, le premier ministre François Legault a répété que si les salaires des préposé-es aux bénéficiaires n’ont pas encore été augmentés, malgré un engagement électoral en ce sens, c’était en grande partie à cause d’un prétendu refus des syndicats d’en parler. Représentant plus de 30 000 préposé-es aux bénéficiaires, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) tient à rappeler que s’il n’en tenait qu’aux syndicats de la CSN, il y a longtemps que ce serait réglé.

          D’ailleurs, le 15 avril, le président de la FSSS–CSN, Jeff Begley, a adressé une lettre au premier ministre dans laquelle il explique comment les parties auraient pu arriver rapidement à un règlement dans ce dossier et qu’elles le pourraient encore si le gouvernement a vraiment la volonté d’y parvenir, et ce, au bénéfice de tous les préposé-es aux bénéficiaires (PAB) et de tous les auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS).

          « J’ai peine à croire ce que j’ai entendu ce midi, s’étonne Jeff Begley. Cela fait des années que nous sonnons l’alarme quant aux conditions intenables dans le réseau de la santé et des services sociaux. Pour ce qui est des préposé-es aux bénéficiaires ainsi que des auxiliaires aux services de santé et sociaux, nous avons déposé des plaintes en maintien de l’équité salariale pour les ASSS, pour l’exercice 2010, celui de 2015 pour les PAB, et nous attendons toujours un signal du gouvernement Legault afin de les régler dans les meilleurs délais. Quant à nous, ces travailleuses et ces travailleurs devraient déjà avoir un salaire d’environ 25 $ l’heure, au sommet de l’échelle. »

          Une juste reconnaissance pour tous
          Pour la FSSS–CSN, la pleine reconnaissance du travail des PAB et des ASSS ne doit pas être mise en opposition avec la nécessité d’offrir à toutes les travailleuses et tous les travailleurs au front une prime de reconnaissance à taux unique. Rappelons que la FSSS–CSN et les trois autres fédérations CSN du secteur public réclament une prime COVID-19 de 3 $ l’heure pour tout le personnel et de 4 $ pour celles et ceux qui donnent plus de disponibilité, et ce, pour toute la durée de la crise. Cette revendication s’inscrit dans le cadre d’une suspension des négociations du secteur public pour une période de 18 mois, assortie de conditions spéciales pour cette période, notamment la protection du pouvoir d’achat des salarié-es.

          Le gouvernement doit entendre les syndicats

          La Fédération des employées et employés de services publics de la CSN (FEESP-CSN) considère que le gouvernement sème la confusion dans les mesures annoncées dernièrement, par rapport au transfert du personnel de soutien scolaire et collégial vers les établissements de santé et services sociaux, et ce, à quelques semaines de la possible réouverture des écoles.

          La FEESP-CSN indique qu’une consultation plus large et efficace des organisations syndicales pourrait aplanir à l’avance plusieurs problèmes d’application de ces mesures.

          « Il est essentiel que les règles soient claires partout au Québec et que ce transfert se fasse sur des bases volontaires. Nous avons plusieurs membres qui ont déjà proposé leurs services au travers des moyens mis en place (jecontribue.ca) et nous croyons que cette manière de faire est plus porteuse pour la suite des choses », souligne Nathalie Arguin, présidente de la FEESP-CSN.

          Réouverture des écoles

          « Nous nous inquiétons aussi des modalités de la réouverture des écoles si une partie du personnel de soutien scolaire est transférée dans le milieu de la santé. Par exemple, nous avons des préposé-es aux élèves handicapés qui sont actuellement appelés pour aller en renfort dans les établissements de santé et qui retourneraient travailler dans les écoles avec des enfants ayant une maladie chronique », ajoute-t-elle.

          La réouverture suggère aussi une reprise du transport scolaire pour les écoles et, à ce titre, il faudra s’assurer que le personnel qui conduit les autobus ait des conditions de travail sécuritaires, considérant que les conducteurs et conductrices sont souvent âgés et que la distanciation sociale dans un autobus scolaire représente un défi de taille.

           

          L’éducation à l’enfance, enseignée à distance

          Élisabeth Vézina est enseignante au collégial en éducation à l’enfance. La majorité du temps, elle travaille à la formation continue. Comme des milliers de profs de cégep, elle conjugue depuis le 13 mars dernier l’enseignement à distance, la vie familiale, la précarité d’emploi, et bien entendu, tout le stress lié à la COVID-19.

          Pour Élisabeth Vézina, la fermeture des établissements arrivait à un moment critique dans le calendrier scolaire de la formation continue. Ces étudiantes, qui font des sessions accélérées de 11 semaines, se trouvaient en plein blitz de fin de trimestre. Une nouvelle session devait aussi commencer le 13 avril.

          « Au départ, c’était très stressant, surtout de ne pas savoir si j’allais pouvoir terminer ma session avec mes étudiantes ou non. Une fois qu’on a su que l’enseignement allait se poursuivre, il a fallu tout revoir, tout repenser. Ça change tous mes contenus. On ne peut pas être en direct avec nos étudiantes comme on l’était. On ne peut pas vraiment avoir d’interactions avec elles. »

          En quelques semaines, elle a dû ajuster toutes ses manières de faire. En confinement, il n’est pas possible pour les étudiantes et les étudiants d’avoir accès à toutes les ressources nécessaires pour les laboratoires et les exercices pratiques. « Ce n’est pas tout le monde qui a des enfants. Donc certaines se filment avec leur père ou leur conjoint et font comme s’ils étaient des enfants afin que je puisse évaluer leurs compétences. »

          Comme pour des milliers de travailleuses et de travailleurs du Québec, la réalité d’Élisabeth a changé du tout au tout depuis le début de la crise. « Je n’ai pas beaucoup de notions d’enseignement en ligne. Il y a plein de choses que je voudrais améliorer pour que ce soit plus facile pour moi et les étudiantes. J’ai un enfant à la maison. Je dois aussi faire mon horaire en fonction de ses siestes. »

          Le fait « de ne pas savoir »
          Cette situation constitue une source de stress autant pour elle que pour les étudiantes. La communication constante reste un moyen de rassurer tout le monde. Dès le moment où son cégep a commencé à communiquer sur une base régulière avec eux, cela a rassuré beaucoup de personnes. Même si la direction n’avait pas toujours quelque chose de nouveau à ajouter. « Ça a aidé à calmer les esprits », affirme-t-elle.

          Comme tous les Québécois et Québécoises, Élisabeth ressent un stress sur les plans personnel et collectif. « On ressent le stress de toute la société comme individu, un stress constant, latent, qui est toujours là. De ne pas savoir, on a de la difficulté à vivre avec ça », conclut-elle.

          La formation continue au collégial, c’est quoi ?
          La formation continue est une dimension méconnue de l’enseignement au collégial. Cet hiver, la FNEEQ–CSN a mis sur pied une campagne de sensibilisation sur les conditions de travail de ce personnel enseignant. La fédération mentionne que le taux de précarité de ces enseignantes et de ces enseignants est de 100 %, que leur salaire est souvent de 50 % inférieurs au salaire d’un poste comparable à l’enseignement régulier et qu’ils ne reçoivent aucune rémunération pour l’encadrement.

          Les hauts et les bas des services de garde d’urgence

          La mise en place des services de garde d’urgence au Québec a nécessité de nombreux ajustements tant pour les enfants que pour les travailleuses. Ces dernières s’inquiètent par ailleurs du retour des enfants qui se fera au fur et à mesure que les parents retourneront au travail.

          « Il faut s’occuper d’enfants qu’on ne connaît pas », souligne Caroline Fortin, du CPE Croque Lune de Dolbeau, au Lac-Saint-Jean. Cette dernière explique que son établissement reçoit cinq enfants dont les parents travaillent dans le secteur de la santé, mais aucun ne vient habituellement à ce CPE. Certains tout-petits trouvaient difficile, surtout au début, de devoir se séparer de leur parent dans la voiture et de se retrouver dans un endroit inconnu. Tous ne mangeaient pas avec appétit au début.

          « Les éducatrices étaient stressées, surtout la première semaine. Les enfants sont de vrais caméléons et ils vont très bien », affirme de son côté Chantale Bélanger, du CPE La Bottine Filante de Montréal. Cette installation reçoit près du maximum permis compte tenu du double ratio actuel de 30 % de la capacité de l’établissement et des 50 % du nombre d’enfants habituel par éducatrice. Les groupes sont stables depuis le début pour éviter la désorientation. « Les parents sont reconnaissants, je pense », ajoute Chantale.

          « Des parents se sont essayés au début pour avoir accès au service », se souvient Caroline Fortin, qui n’a pas aimé cette période où il a fallu jouer à la police.

          Personnes vulnérables et protection
          Divers problèmes se sont réglés au fil des semaines. « L’employeur veut que les filles plus vulnérables qui ont des problèmes de santé rentrent quand même au travail. C’est plate de devoir se battre pour ça », explique Chantale Bélanger, qui précise que ces travailleuses sont affectées à la désinfection en minimisant les contacts avec les enfants. Il faut en effet désinfecter tout et partout dans le CPE et plus d’une fois par jour, y compris un certain nombre de jouets choisis pour faciliter la désinfection. Il a manqué de lingettes désinfectantes pendant quelques jours après que les stocks – qui dataient de la période H1N1 – ont été épuisés. Les débarbouillettes lavables continuent d’être utilisées après un lavage à l’eau chaude et à l’eau de javel. Des gants sont toujours disponibles. « Notre directrice adjointe était proche de nous », constate par ailleurs Chantale.

          Garder le contact malgré la distance
          Les éducatrices des deux CPE ont gardé un contact à distance avec les enfants de leur groupe habituel qui sont à la maison en communiquant par vidéo ou par téléphone. Une distribution de chocolats de Pâques sur les galeries des maisons a même été organisée par Caroline Fortin, qui s’était déguisée en lapin pour l’occasion. « Des enfants sont fâchés de ne pas pouvoir venir. Ils s’ennuient de leurs amis. On leur dit que c’est la faute du gros virus », conclut Chantale Bélanger.

          Une nouvelle préoccupation se profile dans les CPE ces derniers jours : comment allons-nous revenir à la normale sans bousculer les enfants ? Plusieurs questions demeurent en suspens. Est-ce que les écoles ouvriront avant les services de garde pour faire de la place pour les 5 à 12 ans qui sont en service de garde d’urgence ? Qu’est-ce qui arrivera avec les enfants d’âge scolaire si les camps de jour n’ouvrent pas ? « On se demande comment on va faire pour la distanciation sociale. Ce sera de plus petits groupes, mais qui va pouvoir revenir en premier », résume Caroline.

          La FNEEQ–CSN appelle le MEES à faire preuve de transparence

          La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQCSN) s’inquiète de la confusion dans laquelle le milieu des cégeps est plongé alors que le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur a exigé, en catimini, la production de listes téléphoniques des enseignantes et des enseignants, de même que des étudiantes et des étudiants des 2e et 3e année, d’une demi-douzaine de programmes techniques dans le but de combler les besoins du réseau de la santé et des services sociaux.

          « Précisons d’abord que plusieurs enseignant-es travaillent déjà pour le réseau de la santé et des services sociaux. Depuis plus de deux semaines, les enseignantes et les enseignants mettent tous leurs efforts afin de terminer, dans des conditions particulièrement difficiles, la formation des étudiantes et des étudiants et parmi ceux-ci, toutes celles et ceux qui seront appelés à garnir les rangs du réseau de la santé dans quelques semaines. En ce sens, le message lancé aujourd’hui par le MEES nous semble contradictoire alors que l’Enseignement supérieur fait partie de la liste des services essentiels depuis le 22 mars, » précise Caroline Quesnel présidente de la FNEEQCSN.

          La FNEEQCSN estime que dans une telle période de crise, la transparence et le dialogue doivent être au cœur des décisions cruciales pour la santé et la sécurité des Québécoises et des Québécois. Les enseignantes et les enseignants sont prêts à collaborer, mais encore doivent-ils être impliqués dans l’élaboration et la mise en œuvre des solutions. Dans les cégeps, les départements sont au cœur de l’organisation du travail et toute la société gagnerait à ce que ces derniers soient impliqués.

          Pour la FNEEQ-CSN, le redéploiement des enseignantes et des enseignants dans le réseau de la santé doit d’abord être fait sur une base volontaire.  Le cas échéant, il est impératif de prévoir des formations et des orientations dans les milieux où elles et ils seront transférés. Finalement, il importe que le Gouvernement assure la santé et la sécurité de nos membres en fournissant les équipements de protection individuels nécessaires.

          SQDC : La santé du public et du personnel à risque

          Les deux syndicats représentant les employé-es des succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC), le SCFP–5454 et le SEE-SQDC–CSN, dénoncent le refus de la SQDC de maintenir le salaire des syndiqué-es qui présentent des symptômes de la COVID-19 ou qui doivent se mettre en isolement. Ils reprochent ainsi à la direction de la SQDC de ne pas se conformer à l’ensemble des directives du Conseil du trésor en lien avec la crise sanitaire. En tant que société d’État qui a comme mission la protection de la santé publique, la SQDC devrait être un employeur exemplaire, estiment-ils.

          À moins de recevoir un diagnostic positif à la COVID-19, les employé-es se voient donc contraints d’épuiser leur banque de journées de maladie de l’année en cours et de l’année à venir, ce qui va à l’encontre de la convention collective. La directive crée beaucoup d’inquiétude chez les employé-es; elle est aussi clairement injuste, soulignent les deux syndicats, car elle n’est pas en vigueur dans d’autres sociétés d’État.

          « Ces salarié-es travaillent au service du public dans des circonstances exceptionnelles. On interpelle directement le premier ministre, François Legault, pour que les directives gouvernementales soient respectées et que la situation se règle rapidement », explique David Clément, président du SCFP–5454.

          « On ne veut pas que les employé-es se sentent forcés de se présenter au travail par peur d’amputer leurs congés de maladie de l’année prochaine ! » s’exclame la présidente du SEE-SQDC–CSN, Stéphanie Martel Gill. « En ne renvoyant pas automatiquement les gens à la maison, notre employeur se déleste de ses responsabilités. Ce traitement est injuste par rapport aux mesures prises par d’autres sociétés d’État, notamment par la SAQ, et frustre les travailleuses et les travailleurs dans les succursales.

          Les deux organisations syndicales croient fermement que la prévention de la propagation du virus doit primer en ce moment, notamment dans les milieux où la distanciation physique entre salarié-es est difficile, voire impossible.

          « Avec l’achalandage et la proximité des salarié-es en succursale, il m’apparaît irresponsable de voir l’employeur refuser de maintenir le salaire des personnes qui se croient atteintes de la COVID-19, durant l’attente de leurs résultats. De plus, le refus de l’employeur de maintenir le salaire normal des personnes qui ne sont pas malades, mais qui doivent s’isoler pendant 14 jours, est tout simplement contraire aux directives gouvernementales », ont rappelé les deux présidents syndicaux.

          Tant le SEE-SQDC–CSN que le SCFP–5454 espèrent faire entendre raison à la SQDC afin de permettre aux employé-es qui présentent des symptômes, qui sont malades ou qui doivent s’isoler en vertu des directives de la Santé publique, de rester à la maison avec rémunération.

          La CSN demande au gouvernement de passer de la parole aux actes

          Après avoir entendu le premier ministre en conférence de presse hier reconnaître l’ampleur du défi pour attirer des jeunes, mais aussi des moins jeunes à devenir préposé-es aux bénéficiaires (PAB), la CSN tient à réitérer sa volonté de discuter avec le gouvernement, et ce, dans les plus brefs délais, des pénuries de personnel dans les services publics et des enjeux plus spécifiques concernant les PAB.

          « Nous l’avons dit sur toutes les tribunes depuis plusieurs années, il y a urgence d’agir pour reconnaître pleinement le travail des préposé-es aux bénéficiaires et des auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS) et la juste valeur de ces emplois en vertu de la Loi sur l’équité salariale. Il faut éliminer la discrimination salariale et valoriser ces métiers, tant par une augmentation significative des salaires que par une amélioration des conditions de travail, si on veut réussir à attirer et à retenir les PAB et les ASSS dans le réseau public », affirme Jeff Begley, président de la FSSSCSN.

          La CSN rappelle qu’en juin 2019, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN) organisait un important forum national d’échanges et de réflexions portant sur la profession des PAB. En marge de ce forum, la FSSSCSN déplorait déjà l’augmentation catastrophique de la détresse psychologique chez les préposé-es aux bénéficiaires.

          Alors que la CSN a déposé, le 30 octobre dernier, des demandes claires pour permettre de répondre spécifiquement aux enjeux d’attraction et de rétention des PAB, elle déplore le fait que le gouvernement n’ait rien mis sur la table avant l’arrivée de la crise. « Le premier ministre a beau répéter que les pénuries de PAB sont sa priorité, entre le 30 octobre 2019 et le début de l’urgence sanitaire, il n’a déposé aucune proposition concrète aux tables de négociation pour répondre à la situation intenable vécue par l’ensemble des PAB et des ASSS », ajoute M. Begley.

          Après des années de compressions budgétaires et d’austérité, la CSN tient à souligner que c’est l’ensemble du secteur public qui connaît des problèmes d’attraction et de rétention. « Non monsieur Legault, ce ne sont pas les syndicats qui causent les pénuries de main-d’œuvre dans les services à la population; ce sont les mauvaises conditions de travail et les salaires insuffisants. Ce que nous vivons là, ce manque de personnel, ce n’est pas une surprise pour personne. Ça fait des années que nous alertons le gouvernement sur cet enjeu bien précis et sur les conséquences graves de ne pas mettre en place des solutions durables. Les PAB et les ASSS en sont un exemple criant et, malheureusement, ils ne sont que la pointe de l’iceberg », explique Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

          La CSN espère que la crise actuelle incitera le gouvernement à écouter davantage les principaux acteurs des réseaux. « La pandémie nous confirme que des changements importants doivent se faire pour assurer l’accessibilité et la qualité de nos services publics. Travaillons à faire tout le nécessaire pour passer à travers la crise », conclut Caroline Senneville.

          CHSLD : Ce que ça prend, c’est un rehaussement des mesures de protection

          Alors que la pandémie frappe de plein fouet les CHSLD, le gouvernement tenait une conférence de presse où peu de nouvelles mesures ont été annoncées. Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), l’urgence est de rehausser les mesures de protection du personnel.

          Le gouvernement forcé de répondre à plusieurs demandes de la FSSS-CSN
          Les pressions menées par la FSSS-CSN et ses syndicats forcent le gouvernement à répondre à plusieurs de ses demandes pour aider le personnel. C’est le cas de l’augmentation du personnel dans les CHSLD, de l’intensification du dépistage, de la fin du transfert d’usagers et de l’accès aux équipements de protection individuelle. Ces mesures, si elles sont appliquées immédiatement, permettront d’améliorer la situation et seront les bienvenus sur le terrain.

          Une annonce qui a tardé
          L’annonce gouvernementale confirme le fossé important entre le discours public du gouvernement et ce qui est fait sur le terrain par les employeurs du réseau. « Si la mise en place d’une équipe de spécialistes peut permettre de s’assurer que les directives gouvernementales se répercutent enfin sur le terrain, tant mieux. Il y a urgence d’agir dès maintenant ! », lance Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

          « Pour que les beaux jours reviennent, il va falloir tout faire pour assurer la protection du personnel. Les problèmes sont connus dans les CHSLD et les solutions le sont aussi. Cela fait des jours qu’on demande de rehausser les mesures de protection. Encore ce matin, avant cette annonce, le personnel des CHSLD n’avait pas accès aux masques N95. Il faut donner accès immédiatement aux équipements appropriés ! », explique Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

          Hier, l’INSPQ a mis en ligne un avis sur les mesures pour les CHSLD qui recommande des mesures nettement insuffisantes. Il est non seulement primordial que tous les membres du personnel portent des masques de procédure, mais il faut aussi que le personnel étant en présence d’une personne sous investigation ou d’un cas confirmé porte systématiquement des masques N95, ce qui les protège contre une contamination par voie aérienne.

          5 solutions d’urgence pour rétablir la situation dans les CHSLD
          Pour parvenir à améliorer davantage la situation dans les CHSLD, la FSSS-CSN propose cinq mesures à mettre en place de manière urgente :

          1. Rehausser immédiatement les mesures de protection dans les CHSLD, les soins à domicile et les centres d’hébergement privés au même niveau que dans les soins aigus. Nous savons que les décès liés à la COVID ont principalement lieu dans les CHSLD, à domicile et dans les résidences privées pour aîné-es, d’où l’urgence de rehausser les mesures de protection dans ces trois secteurs. À l’heure actuelle, non seulement il manque d’équipements de protection individuelle dans les CHSLD, mais les équipements disponibles ne sont pas à la hauteur de la gravité de la situation.
          2. Se mettre à l’écoute des travailleuses et travailleurs qui œuvrent dans les CHSLD, les soins à domicile et les résidences privées pour aîné-es. De plus, les représentants patronaux doivent être plus à l’écoute aux tables de discussion pour offrir de meilleures conditions pour aider ceux et celles qui sont au front.
          3. Appliquer des mesures pour protéger les populations vulnérables en protégeant le personnel. Par exemple, l’employeur doit fournir les uniformes et procéder à leur entretien. Il faut suspendre les frais de stationnement pour l’ensemble des personnes salariées et mettre en place des alternatives de transport sécuritaire vers les milieux de travail.
          4. Transmettre les données des travailleuses et travailleurs de la santé infectées, ventilés par mission et titre d’emploi.
          5. Revoir les primes offertes au personnel. Les primes de 4 % et 8 % sont non seulement insuffisantes, mais elles sont aussi inéquitables et génèrent bien des préoccupations chez les anges gardiens. La CSN continue de demander une prime d’au moins 3 $ l’heure pour l’ensemble du personnel du réseau et 4 $ pour ceux et celles qui offrent une plus grande disponibilité.

          La CSN dénonce l’effondrement du financement des transporteurs scolaires

          Les transporteurs scolaires privés ont décidé de mettre à pied leurs conductrices et conducteurs d’autobus, en date du 6 avril. Ces entreprises sont maintenant payées à 50 % par les commissions scolaires et ne peuvent plus payer leurs employé-es, puisque tous les contrats parascolaires sont également au point mort. Notons que les conducteurs directement à l’emploi des centres de services scolaires (commissions scolaires) continuent d’être payés jusqu’à la fin de l’année.

          Cette décision du gouvernement risque fort d’aggraver la pénurie de main-d’œuvre. Sans accès à un revenu stable, plusieurs conductrices et conducteurs qui ont l’âge de la retraite vont décider de la prendre et ne reviendront pas à l’automne. Chez certains employeurs, près de la moitié des conductrices et conducteurs ont l’âge requis pour prendre leur retraite. Quelque 520 000 enfants et leurs parents doivent pouvoir compter sur un service complet dès que l’école va reprendre.

          « C’est très important de maintenir le lien d’emploi des conductrices et des conducteurs d’autobus scolaire. Nous étions déjà en pénurie de main-d’œuvre avant la crise de la COVID-19. Si rien n’est fait, plusieurs de nos membres n’auront pas le choix de partir à la retraite ou de se trouver un nouvel emploi », soutient Nathalie Arguin, présidente de la Fédération des employées et des employés de services publics (FEESP–CSN).

          Plusieurs conductrices et conducteurs n’auront pas assez d’heures travaillées pour se requalifier à l’assurance-emploi l’année prochaine. Il s’agit d’une partie considérable de leur revenu annuel parce qu’ils travaillent seulement 40 semaines par année. « Plusieurs de nos membres se qualifient normalement avec justesse à l’assurance-emploi, en raison du faible nombre d’heures de travail hebdomadaire. Si la décision actuelle est maintenue, il est certain qu’ils seront sans revenu lors de la mise à pied habituelle du temps des Fêtes et de la période estivale. Cela aura un gros impact sur la décision qu’ils prendront de poursuivre la pratique de ce métier ou non », précise Stephen P. Gauley, président du secteur du transport scolaire à la FEESP–CSN. Ce dernier s’inquiète aussi du délai encore inconnu avant la reprise du service de transport scolaire en raison de la nécessaire distanciation sociale. Dans un autobus, il est très difficile de conserver un espace suffisant entre les enfants. Les conductrices et les conducteurs, particulièrement ceux de 60 ans et plus, seront également à risque puisque la distanciation de deux mètres n’est pas possible quand les enfants montent dans le véhicule.

           « Dans tous les scénarios possibles, nous souhaitons que les transporteurs fassent tous les efforts nécessaires pour maintenir leurs conductrices et conducteurs à l’emploi en utilisant les programmes disponibles pour aider les entreprises pendant la crise. Il faut éviter les mises à pied, car sans conducteurs lors de la rentrée scolaire, ils ne pourront s’acquitter des obligations de leur contrat avec les commissions scolaires », réitère Jean-Pierre Bourgault, vice-président de la FEESP–CSN.

          Le personnel de soutien scolaire interpelle le gouvernement pour une reconnaissance de son apport aux services de garde d’urgence

          Le secteur scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN interpelle le gouvernement du Québec face aux difficultés vécues par le personnel de soutien scolaire; il demande une reconnaissance à la hauteur du travail essentiel effectué par les travailleuses et les travailleurs des services de garde qui sont mis en place durant la crise de la COVID-19. « Depuis le début de la crise, nous entendons de la part de nos membres le stress qu’ils vivent au quotidien. En plus de devoir composer avec une toute nouvelle réalité de travail et des nouveaux enfants, dont certains avec des besoins particuliers, les travailleuses et les travailleurs vivent quotidiennement avec la peur d’être contaminés », souligne Nathalie Arguin, présidente de la FEESP–CSN.

          Depuis l’établissement de ces services de garde d’urgence, le personnel de soutien dans les commissions scolaires dessert une nouvelle clientèle, et ce, dans des conditions difficiles. « Nous savons que des parents travaillant dans des milieux particulièrement à risque, notamment en santé et services sociaux, viennent porter leurs enfants au service de garde d’urgence. Nous sommes un service essentiel et nous méritons la même reconnaissance que le reste du réseau », ajoute Annie Charland, présidente du secteur scolaire de la FEESP–CSN.

          La FEESP–CSN invite le gouvernement à se pencher sur les mesures salariales et normatives mises en place dans d’autres milieux du secteur public et lui demande de reconnaître de la même manière l’apport essentiel du personnel de soutien en milieu scolaire.

          Paramédics : soigner sans propager

          Sur le qui-vive en temps normal, les paramédics le sont encore plus ces jours-ci. Ce n’est pas tant une augmentation du nombre d’appels auxquels ils doivent répondre qui les rend à l’affût, mais plutôt d’importantes modifications aux protocoles d’intervention qu’ils doivent suivre méticuleusement. Et, surtout, cette crainte toute nouvelle : celle de devenir eux-mêmes… des vecteurs de propagation.

          « On a peur d’être contaminés, c’est sûr. Mais les paramédics ont surtout peur de contaminer leurs enfants. Certains vivent en couple et ont pris la décision d’envoyer les enfants chez les grands-parents. Ils trouvent ça extrêmement difficile d’être séparés de leurs enfants », explique Nora Gagnon, paramédic dans la région de Montréal.

          Alors que la population est invitée à rester à domicile, les paramédics n’ont d’autre choix que de pénétrer dans les demeures des personnes faisant appel à eux.

          « Au début de la crise, certaines personnes ne nous disaient pas tout. “Pas de toux, pas de fièvre, pas de retour de voyage”… Puis, oups, quand on arrivait à l’hôpital avec eux, les symptômes commençaient à sortir ! Peut-être que les gens avaient peur qu’on ne fasse pas notre travail, mais il faut comprendre qu’on doit prendre les précautions appropriées ! »

          « Il faut se protéger, mais il faut également éviter d’être nous-mêmes des vecteurs de contamination, poursuit Nora. En ce moment, peu importe la raison de l’appel, les gens auprès de qui nous intervenons sont considérés comme potentiellement infectés. On prend les précautions de base : masque souple, visière, gants. Si la personne tousse, a de la fièvre ou a été en contact avec la COVID, on met le kit au complet : masque réutilisable à cartouche ou N95, lunettes, double-gants, jaquette… On travaille toujours en équipe de deux, alors le premier paramédic va s’approcher de la personne, alors que le deuxième va lui passer les équipements d’intervention. »

          Bien entendu, toutes ces précautions viennent accroître le temps consacré à chaque intervention.

          « Ce qui est long, c’est tout le nettoyage supplémentaire. Il faut décontaminer tout notre équipement, tout laver, tout nettoyer… On est habitués à fonctionner comme des machines, il faut se calmer un peu ! », rigole Nora au bout de la ligne, avec un brin d’autodérision.

          Les changements de protocole apportent eux aussi leur source de stress. « On est “drillés” comme des machines, on a été formés avec des séquences de gestes qu’on reproduit automatiquement… Quand il faut intégrer de nouvelles procédures, la charge mentale devient plus grande. »

          Par chance, un vent de solidarité parmi la population réconforte Nora. « Sur la route, il y a beaucoup de gens qui nous soutiennent. On nous envoie des thumbs up. Des commerces nous offrent le café, des rabais sur la bouffe, on nous apporte des pizzas… Vraiment, c’est le fun de voir ça. »

          Militer sur quatre fronts

          Cumuler l’enseignement à distance, le travail d’infirmière, la vie syndicale et la vie familiale en pleine crise de COVID-19 est la réalité quotidienne de Natacha Chénier, enseignante au Cégep de Joliette.

          Même virtuellement, trouver un moment pour la « rencontrer » afin de rédiger ce papier n’a pas été facile. Natacha explique : « Je fais un quart de nuit à l’hôpital aux soins intensifs. À mon retour de travail cette nuit, je devrai participer à une assemblée générale syndicale virtuelle avec l’équipe de l’exécutif visant à répondre aux nombreuses questions des enseignants; je dois aussi finir de monter mon cours en ligne pour lundi. » Natacha fêtait également les dix ans de l’un de ses enfants cette même semaine, à travers une série de réunions syndicales. Une autre illustration qui montre bien à quel point le travail à la maison est loin d’être une aventure paisible.

          « On n’est qu’au début, on tient le coup tout le monde »
          La pandémie vient évidemment bouleverser tous nos milieux de vie. Celui de Natacha l’a été d’autant plus qu’elle porte plusieurs chapeaux. Elle le précise d’emblée et à maintes reprises durant cet entretien : « Le constat que je fais, c’est qu’il y a un énorme travail d’équipe. Vous mettez ma situation en lumière, mais je veux souligner la contribution des autres : les collègues de travail, l’exécutif syndical, mon conjoint et les collègues à l’hôpital. »

          « Après mes journées, je vais travailler les nuits à l’hôpital. On ne peut pas faire autrement que d’aller aider le milieu. On est appelé à prêter main-forte. »
          Et parlant d’hôpital, elle aimerait, si elle le pouvait, y amener des gens pour qu’ils voient ce qui s’y passe. « La réalité, on l’a dans la face. Tout a changé. Il y a des cloisons partout, des systèmes de pression négative partout. D’habitude, aux soins intensifs, tous les patients ont une histoire et un combat qui leur sont propres. Là, ils sont tous pris avec le même mal, avec la même symptomatologie, c’est vraiment particulier. »

          Sans oublier le fait qu’il existe d’autres patients dont l’état critique tient tout autant à cœur le personnel médical. L’unité des soins intensifs est réservée aux cas de COVID-19 présumés ou confirmés. Les autres patients qui ont besoin de soins critiques sont relocalisés ailleurs dans l’hôpital afin de favoriser des soins sécuritaires.

          Comme prof, elle mentionne qu’enseigner en ligne est un défi dont les apparences sont trompeuses. Se mettant à la place de certains de ses collègues, elle estime, par exemple, qu’il n’est pas évident de donner des cours de théâtre sur Zoom. Même chose pour les cours qui visent à développer des compétences techniques ; c’est un énorme défi.

          Elle sent aussi énormément de stress et d’anxiété de la part de ses étudiantes. Plusieurs d’entre elles devront compléter sous peu leur examen pour rejoindre l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ). « Plusieurs sont parents, préposées aux bénéficiaires, infirmières auxiliaires ; elles sont débordées, elles ont les deux mains dedans. Tu ne peux pas vraiment t’absenter et être fatiguée en ce moment. Alors, ajouter des cours au-dessus de tout cela… »

          Les profs ont aussi dû s’approprier en un très court délai des méthodes pédagogiques qui sont compliquées à mettre en place, même en l’absence de crise sanitaire.

          Il n’est pas question de lâcher
          L’espoir se crée par la solidarité. C’est pour cette raison que Natacha Chénier a suggéré, lors de sa dernière assemblée syndicale, que tout le monde ouvre sa caméra en même temps. « Il s’est passé quelque chose de super beau. On était en assemblée générale avec 130 personnes. Tout le monde a ouvert sa caméra en même temps et on a vu qu’on était tous dans le même bateau. La COVID-19, c’est de voir des enfants sur nos genoux, entendre crier Maman j’ai faim ! »

          Même si elle nous rappelle que nous ne sommes qu’au début de la crise, elle croit que c’est avec l’entraide et la solidarité que nous passerons au travers.

          « Bravo à tous ceux et celles qui prennent la relève. L’entraide qu’on vit à l’hôpital, au comité exécutif syndical, les conjoints et les conjointes à la maison, avec les collègues profs qui prennent tous la relève, ça n’a pas de prix. Malgré tout, il se passe quelque chose d’humainement intéressant là-dedans : l’entraide et le support des gens qui nous entourent prend tout son sens ! »

          Services de garde d’urgence en milieu familial : s’adapter pour aider

          Au lendemain des premières annonces du gouvernement concernant les mesures de confinement, les parents de partout au Québec ont vite dû s’organiser, notamment ceux qui œuvrent dans les secteurs essentiels. Dans ce contexte difficile, plusieurs responsables d’un service de garde (RSG) ont décidé de demeurer ouvertes afin d’offrir un peu de stabilité à ces parents et à leurs tout-petits.

          Selon Hélène Côté, RSG de la région de Portneuf qui accueille actuellement un enfant, « les parents ont été très soulagés de pouvoir le maintenir dans son milieu habituel. Ces parents nous aident collectivement par la nature de leur travail et je suis fière de pouvoir les aider. Pour notre sécurité, nous avons convenu d’un protocole de désinfection ainsi que d’un protocole d’arrivée et de départ qui nous permet de respecter les consignes sanitaires. Ça se passe très bien, on collabore et tout le monde y gagne ».

          Pour les RSG offrant un service de garde d’urgence, l’essentiel, c’est de convenir de mesures permettant à toutes et à tous d’assurer un maximum de sécurité. « J’ai choisi de maintenir mon service ouvert, car si je me mets dans la peau de ces parents, moi aussi j’aimerais que mes enfants puissent être dans un milieu qu’ils connaissent et où ils sont à l’aise », explique Vanessa Savard, RSG de Beauport. « Pour que cela fonctionne, nous nous sommes mis d’accord sur les mesures à respecter. Par exemple, j’accueille les enfants dans l’entrée, les parents ne rentrent pas. Comme la mère travaille en milieu hospitalier, nous avons aussi convenu qu’elle changerait de vêtements avant de se présenter chez moi. En cette période difficile, on fait notre part », ajoute Vanessa Savard.

          Femmes au front !

          Nous sommes en guerre contre un ennemi invisible. Depuis que le gouvernement a déclaré l’état d’urgence sanitaire, l’ensemble du réseau de la santé et des services sociaux (RSSS) est sur le pied de guerre. On rappelle nos vétéranes et on conscrit les troupes en suspendant certains de leurs droits afin de pouvoir les déplacer aux endroits névralgiques d’un bout à l’autre d’une région, peu importe sa grandeur.

          Contrairement aux guerres conventionnelles — économiques, politiques et/ou idéologiques —, celle-ci est menée en grande majorité par les femmes. De tout temps, les femmes sont allées au front lorsque des crises sanitaires ont frappé la population. Au Québec, les emplois dans les services publics sont occupés aux deux tiers par des femmes, et sur les quelque 275 000 salarié·e·s du RSSS, plus de 80 % sont des femmes. Ce sont elles les principales combattantes dans la guerre contre la COVID-19.

          Mais notre armée ne se bat pas à armes égales. Depuis des années, le travail de l’ensemble des personnes salariées du réseau et l’importance du système public de santé et de services sociaux ne sont pas reconnus à leur juste valeur. Les coupes budgétaires, la diminution de l’offre de services en période d’austérité et les nombreuses réformes, la dernière en particulier, ont complètement désorganisé et fragilisé le RSSS, entraînant une surcharge de travail insoutenable pour plusieurs d’entre elles. Le terrain était miné avant même le début de l’urgence sanitaire. Le nombre de personnes salariées dans le réseau qui ont recours à l’assurance salaire ou qui reçoivent des prestations d’invalidité de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a explosé au cours des dernières années.Avant la bataille, notre armée était déjà épuisée.

          Pire encore, on envoie cette armée au front sans avoir suffisamment de matériel sanitaire et de protection. Combien de personnes, en très grande majorité des femmes, seront infectées par la COVID-19 avant que l’on ait mis en place les mesures de santé et de sécurité nécessaires? À la peur de contracter le virus s’ajoute celle de contaminer leurs proches et les personnes auxquelles elles prodiguent des services. Résultat : plutôt que de mettre toute notre énergie à les soutenir et à les protéger, nous devons négocier les mesures essentielles pour assurer leur sécurité.

          Cette armée est sous-valorisée, sous-payée. Au Québec, le salaire des femmes et du personnel du secteur public, qui procurent des soins et des services de santé essentiels dans cette crise, accusait un retard de 6,25 % en 2019 comparé à celui des autres salarié·e·s, ce qui inclut le salaire, le régime de retraite et les autres avantages sociaux.

          Cette pandémie met en lumière la valeur de notre système public de santé et de services sociaux et de celles qui en constituent sa force. Il faut arrêter de tenir pour acquis le dévouement de ces femmes qui, malgré les dangers et le manque d’équipement, se présentent chaque jour à leur poste, au front. Nous avons des troupes d’élite, traitons-les comme elles le méritent.

          Signataires
          Andrée Poirier, présidente, Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)
          Caroline Senneville, vice-présidente, Confédération des syndicats nationaux (CSN)
          Sonia Éthier, présidente, Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
          Nancy Bédard, présidente, Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)
          Sylvie Nelson, vice-présidente, Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

           

          La FTQ et la CSN pressent Québec d’intervenir auprès des municipalités

          La FTQ et la CSN pressent le gouvernement de François Legault d’assouplir l’obligation imposée aux municipalités en matière d’équilibre budgétaire. Québec doit également intervenir auprès de celles-ci afin qu’elles évitent les mises à pied et continuent à verser les salaires de leurs employé-es. Pour les centrales syndicales, les municipalités du Québec doivent adopter une approche similaire à celle du gouvernement en gardant tous leurs effectifs, et ce, afin de ne pas aggraver les impacts sanitaires et économiques actuels.

          Plusieurs municipalités ont déjà mis en place des mesures visant le redéploiement de leurs effectifs pour contrer les effets de la crise en privilégiant le télétravail, la réaffectation du personnel et le renforcement des services de proximité aux citoyens, font valoir la FTQ et la CSN. À l’autre opposé du spectre, certaines d’entre elles ont effectué un nombre important de mises à pied, invoquant l’obligation qu’elles ont de présenter un budget équilibré. Contrairement à d’autres paliers de gouvernement, la crise actuelle n’a pas eu d’effets catastrophiques sur les finances des municipalités, plaident les centrales syndicales.

          « Le gouvernement doit envoyer aux municipalités un message sans équivoque afin qu’elles maintiennent un maximum de services de proximité aux citoyennes et aux citoyens, martèle le président de la FTQ, Daniel Boyer. Nous sommes en période de crise, nous vivons une situation exceptionnelle : le gouvernement doit offrir plus de flexibilité aux villes en les soutenant financièrement et en assouplissant, le cas échéant, l’obligation qu’ont les municipalités de présenter un budget équilibré. »

          « Les syndicats du secteur municipal ont fait preuve de beaucoup de souplesse pour trouver des aménagements visant à tenir compte de la situation, fait remarquer le président de la CSN, Jacques Létourneau. On aimerait bien présumer de la bonne foi des villes, mais malheureusement, certaines d’entre elles ont décidé de procéder à des mises à pied massives sans autre formalité. Pourtant, les salaires des employé-es ont déjà été budgétés et les taxes municipales continueront d’être payées. »

          « Nous demandons au gouvernement d’interpeller les municipalités afin qu’elles continuent de rémunérer leurs employés, comme il le fait lui-même de manière responsable à l’égard de tous les employé-es des services publics. Ces services sont indispensables pour soutenir la population en ces temps de crise », rappelle Marc Ranger, directeur québécois du Syndicat canadien de la fonction publique au Québec (SCFP–FTQ).

          « Les municipalités doivent agir comme des gouvernements de proximité, particulièrement en situation de crise. Ce n’est certainement pas le moment de faire des coupes dans les services. Avec la période d’inondation qui s’en vient, on a besoin de tout notre monde », rappelle pour sa part le secrétaire général de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESPCSN), André Lajoie.

          Québec doit intervenir pour autoriser les personnes accompagnantes

          Le 3 avril dernier, l’Hôpital général juif de Montréal a émis une nouvelle directive stipulant qu’aucun partenaire ni autre accompagnant-e ne serait autorisé en salle d’accouchement laissant ainsi les femmes et les personnes enceintes seules pour accoucher. Nous souhaitons interpeller le gouvernement du Québec et lui demander de prendre une position claire contre cette mesure.

          Nous comprenons que de telles directives soient motivées par la nécessité de protéger toute personne déambulant à l’hôpital, mais surtout le personnel soignant sur la ligne de front face à la COVID-19. Néanmoins, les groupes que nous représentons ont tous été interpellés par des femmes en détresse, de même que par des professionnel-les en désaccord profond avec cette mesure, certain-es allant jusqu’à envisager des démissions en bloc. Nous sonnons donc l’alarme : cette directive va trop loin. Elle ne sert ni la population ni les professionnel-es de la santé.

          Protéger la santé de la personne qui accouche et de son nouveau-né passe par la prévention des complications, laquelle est intrinsèquement liée à la préservation des processus physiologiques. Les études le démontrent et toutes les instances de santé sont unanimes : la présence d’une personne significative est une condition essentielle au bon déroulement d’un accouchement.

          De sérieux risques
          D’autre part, nous sommes alarmés qu’un nombre croissant de femmes et de personnes qui accouchent envisagent in-extremis la possibilité d’accoucher chez elles sans assistance et de faire appel aux services ambulanciers lorsque la naissance sera imminente. Non seulement ce choix de dernière minute comporte de sérieux risques pour la sécurité des accouchements, mais il menace également d’engorger les services ambulanciers déjà sous tension. Il est évident qu’advenant l’adoption d’une telle directive par d’autres établissements de santé, ce mouvement serait amplifié.

          Ceci étant dit, nous comprenons la crainte des professionnel-les de s’exposer à la COVID-19, en particulier lorsque des personnes mentent sur leur état de santé. Il nous paraît essentiel de continuer à enjoindre la population à suivre les directives tout en priorisant l’octroi d’équipement de protection pour les professionnel-les plutôt que d’opter pour des mesures aussi controversées et punitives. Soulignons que les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la Société des obstétriciens-gynécologue du Canada (SOGC) stipulent que même les personnes diagnostiquées COVID-19 positif devraient être accompagnées durant leur accouchement.

          Des situations contraignantes similaires ont eu lieu en France et dans la ville de New York. Les autorités gouvernementales ont dû se rétracter après avoir imposé de telles mesures en constatant les conséquences gravissimes d’une telle directive sur la santé mère-enfant. Nous croyons qu’il est possible de concilier protection du personnel de la santé et du public d’un côté et respect des droits fondamentaux des femmes et des personnes qui accouchent de l’autre. Le gouvernement du Québec doit rétablir la présence d’une personne accompagnante lors d’accouchement.

          Signataires
          Regroupement Les Sages-femmes du Québec
          Groupe MAMAN Mouvement pour l’autonomie dans la maternité et l’accouchement naturel
          Regroupement Naissance Respectée
          Association québécoise des accompagnantes à la naissance
          Confédération des syndicats nationaux
          Fédération des professionnèles (FP–CSN)
          Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN)
          Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN)
          Association canadienne des sages-femmes
          Association québécoise des infirmières et infirmiers

          Une prime insuffisante et inéquitable

          « Pour le gouvernement, les travailleuses et les travailleurs du secteur public au front contre la COVID-19 n’ont pas toutes et tous la même valeur. C’est inacceptable. Ces femmes et ces hommes qui luttent pour nous méritent mieux », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

          Après un premier arrêté ministériel en éducation, le 18 mars, qui venait suspendre certains droits des travailleuses et des travailleurs et un second le 21 mars, qui venait faire la même chose dans le secteur de la santé et des services sociaux, c’est à nouveau par une décision unilatérale que le gouvernement est venu fixer les modalités entourant la prime COVID-19, un geste fortement décrié par la CSN. « Les discussions avec le Conseil du trésor sur la prime COVID-19 étaient loin d’être terminées. Nous déplorons le manque d’écoute du gouvernement envers celles et ceux qu’il ne cesse d’appeler ses anges gardiens », ajoute Caroline Senneville.

          Toutefois, au-delà de la façon de faire, la prime en elle-même est loin de satisfaire la CSN. Comme cela est libellé dans l’arrêté ministériel déposé hier, le Conseil du trésor choisit d’offrir à certains salariés du réseau de la santé et des services sociaux une prime de 8 %, et à d’autres, une prime de 4 %, alors que tous les salarié-es sont sous pression de façon continuelle durant cette crise. « La prime est nettement insuffisante; elle ignore complètement bon nombre de travailleuses et de travailleurs au front eux aussi, notamment le personnel des services de garde d’urgence et des services à domicile. »

          Pour la CSN, il est clair que les iniquités qu’entraîne une prime exprimée en pourcentage sont injustifiables. « Que ce soit dans un établissement de santé, un centre de laboratoire, un domicile privé, un CHSLD ou une école, le danger est bien réel pour tout le monde et le travail de l’ensemble du personnel au front doit être reconnu et valorisé. Une prime en pourcentage, qui se traduit forcément par des montants plus bas pour les salaires les moins élevés, envoie le message aux travailleuses et aux travailleurs que de mettre sa vie en danger ne mérite pas la même reconnaissance pour toutes et tous », poursuit Caroline Senneville.

          À l’instar de ce que le gouvernement a mis en place pour le secteur privé (prime de 4 $ l’heure en montant fixe et montant fixe de 100 $ par semaine), la CSN demande à nouveau au gouvernement d’établir la prime spéciale sous forme d’un montant fixe. Rappelons que la centrale syndicale a demandé, le 23 mars dernier, une série de mesures à mettre en place immédiatement pour passer à travers la crise, dont une prime de 3 $ à 4 $ l’heure pour le personnel du secteur public appelé à contribuer aux efforts des mesures d’urgence de lutte contre la COVID-19.

          Depuis le début de la crise, la CSN se bat pour que la contribution de TOUS les anges gardiens soit reconnue à sa juste valeur et elle poursuivra les discussions en ce sens dans les prochains jours. « Dans le contexte actuel, le gouvernement doit faire mieux », conclut Caroline Senneville.

          Des primes insultantes pour le secteur préhospitalier de la CSN

          Les paramédics, répondantes et répondants médicaux d’urgence (RMU), et le personnel de soutien de la CSN réagissent avec vigueur à l’arrêté ministériel concernant le secteur préhospitalier et dénoncent les primes qu’ils jugent non seulement insuffisantes, mais insultantes.

          « À nos yeux, il ne fait aucun sens que les primes accordées à notre secteur soient de 4 % tandis que le reste des corps de métiers qui sont en première ligne ont des primes de l’ordre de 8 % », s’est s’exclamé Jean Gagnon, paramédic et responsable du secteur préhospitalier de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). « Face à l’ampleur de la crise sanitaire dans laquelle nous nous trouvons, la reconnaissance de celles et de ceux qui sont confrontés quotidiennement à la pandémie est une nécessité. Une offre aussi basse, c’est un manque de respect envers notre travail et un affront considérant les risques qu’on prend au quotidien! » ajoute le représentant syndical.

          Pour Lucie Longchamps, vice-présidente des secteurs privés de la FSSS–CSN, il est inconcevable que les primes accordées dans le secteur soient inférieures à celles de la première  ligne, quand on sait que l’élément sur lequel le gouvernement s’est basé pour les fixer est la fréquence des contacts. « Lorsqu’on voit que les paramédics portent directement secours et assistance à des personnes porteuses de la COVID-19, on ne comprend pas que le ministère choisit de leur donner des primes inférieures à celles qu’il a accordées au reste du réseau. Les conditions dans lesquelles les paramédics travaillent actuellement ont un impact sur leur santé et sur celle de leur famille, au même titre que les travailleuses et les travailleurs dans les établissements. »

          Les syndicats du secteur préhospitalier dénoncent également le fait que les répartiteurs et répondants médicaux d’urgence ne soient pas considérés dans l’octroi des primes accordées aux travailleuses et aux travailleurs de la santé et des services sociaux alors qu’ils fournissent des services essentiels et nécessaires en ces temps de pandémie.

          Le gouvernement tarde à agir pour assurer la protection du personnel

          Au courant de la semaine, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN) a ciblé 5 problèmes prioritaires à régler d’urgence pour assurer la protection du personnel. Le gouvernement Legault tarde toujours à envoyer des directives claires pour la santé et sécurité du personnel. La FSSSCSN continue de demander la mise en place de mesures immédiates pour appuyer le personnel, tant dans le public que dans le privé.

          Les 5 problèmes identifiés par la FSSS-CSN :

          1. Le manque d’équipements de protection individuelle
          2. La protection du personnel dans les milieux de soins de longue durée (CHSLD et CHP)
          3. Le non-respect des règles d’isolement à domicile
          4. La perte de traitement du personnel en isolement
          5. Le dépistage du personnel

          En plus de compromettre la santé et la sécurité du personnel, ces manquements entrainent des risques accrus pour la santé publique. « Chaque jour, des dizaines de travailleuses et travailleurs du réseau entrent en contact avec nous. Elles sont au front et elles sont inquiètes. On intervient sans cesse pour régler les préoccupations, mais force est de constater que le gouvernement ne fait pas tout le nécessaire pour assurer la protection du personnel. On remarque une distance importante entre le discours public du premier ministre et la réalité sur le terrain. Il faut agir vite pour éviter une éclosion de l’intérieur du réseau ! », lance Jeff Begley, président de la FSSSCSN.

          Il faut peser sur le gaz pour avoir plus d’équipements !
          Plusieurs travailleuses et travailleurs du réseau s’inquiètent du manque d’équipement de protection individuelle. Pour la FSSSCSN, les gouvernements doivent rapidement prendre les moyens d’augmenter la quantité des équipements de protection individuelle. Plus la transmission communautaire s’accentuera, plus il sera important de s’assurer d’avoir les équipements pour veiller à la protection du personnel et de la population.

          Pour répondre aux préoccupations du personnel, la FSSSCSN propose :

          • Que le gouvernement transmette au personnel un échéancier du déploiement des équipements par secteur.

          Stabiliser les équipes pour freiner la pandémie dans les CHSLD et les CHP
          Dans les derniers jours, plusieurs éclosions sont apparues dans des CHSLD et des centres d’hébergement privés (CHP). La FSSSCSN a remarqué certaines lacunes qui mettent à risque le personnel et les résident-es : mesures de protection insuffisantes (équipements et procédures), lenteur des communications, personnel déplacé dans plusieurs centres et sur plusieurs étages et difficulté à obtenir les équipements rapidement.

          Pour régler ces problèmes, la FSSSCSN propose :

          • De stabiliser les équipes par CHSLD et CHP.
          • Former des équipes de volontaires dédiées aux zones de contamination.
          • Rehausser les mesures de protection applicables aux milieux d’hébergement de longue durée aux prises avec des cas de COVID au même niveau que pour les milieux de soins aigus.

          « Les milieux de soins de longue durée prennent en charge des cas COVID de plus en plus lourds. Dans certains cas, on doit dédier des unités entières à ces cas. Il faut appliquer à ces milieux les mêmes mesures de protection qu’en centre hospitalier, où seraient normalement les cas COVID », souligne Judith Huot, vice-présidente de la FSSSCSN.

          Une directive insensée : ramener du monde sur le plancher avant la fin des périodes d’isolement
          « Si vous revenez de l’étranger et que vous sortez de votre isolement avant la fin des 14 jours, vous pouvez vous retrouver avec une amende salée. Mais si vous travaillez dans le réseau de la santé auprès des personnes les plus vulnérables et les plus susceptibles de décéder si elles sont infectées, votre employeur peut décider de vous ramener au travail. C’est une aberration totale », lance Jeff Begley, président de la FSSSCSN.

          • Le personnel du réseau en isolement doit l’être pour toute la durée d’isolement recommandée par l’INSPQ

          Maintenir le traitement pour le personnel en isolement
          Certains employeurs mettent des travailleuses et travailleurs en isolement, selon les directives de l’INSPQ, sans les rémunérer. Le docteur Horacio Arruda a pourtant rappelé cette semaine que le personnel en isolement doit être rémunéré. Il faut maintenant que le gouvernement fasse le travail pour faire comprendre le message aux employeurs récalcitrants.

          • Le personnel en isolement doit être rémunéré.

          Tester le personnel en contact avec des cas de COVID-19
          Sur la question des tests, le gouvernement indique que la priorité est pour les patient-es et le personnel. Le gouvernement indique qu’il maintient sa décision que les tests sont seulement pour le personnel présentant un symptôme. Cela pose problème puisqu’une travailleuse ayant été en contact avec une personne infectée peut l’être elle-même et être asymptomatique. C’est pourquoi il faut tester davantage le personnel du réseau.

          Pour régler ce problème, la FSSSCSN propose :

          • Que l’on teste en priorité le personnel en contact avec des cas de COVID-19, qu’ils soient symptomatiques ou non.

          Prime COVID-19 : réaction de la CSN

          À la suite des revendications répétées de la CSN, le Conseil du trésor a modifié sa proposition pour la prime COVID-19.

          Alors qu’il nous disait ce matin même (2 avril) que la prime COVID-19 qu’il envisageait ne s’appliquerait qu’à une partie du personnel de la santé et des services sociaux, il nous informe maintenant, et ce par un point de presse, qu’il propose une première prime de 8 % pour les travailleurs et les travailleuses qu’il considère de « première ligne », soit tous les professionnels de la santé œuvrant directement auprès de la clientèle, que ce soit aux urgences, aux soins intensifs, dans les centres de confinement, les cliniques de dépistage, ou les CHSLD. Il met aussi sur la table une autre prime de 4 % pour tout le reste du personnel du réseau public de la santé et des services sociaux. Ces primes seraient rétroactives au 13 mars et en vigueur jusqu’au 1er mai, et pourraient être renouvelées. Pour la CSN, il est clair que ces primes sont toujours nettement insuffisantes quant à leur hauteur et à leur application limitée à certains secteurs ou réseau.

          Au moment d’écrire ces lignes, nous ne pouvons affirmer avec certitude quels titres d’emploi constituent la « première ligne » aux yeux du gouvernement. Le gouvernement a précisé que cette mesure serait incluse à un arrêté ministériel à paraître prochainement. Nous vous tiendrons informé-es de tout développement.

          Soulignons que ces primes présentées aujourd’hui par le gouvernement n’ont pas fait l’objet d’une entente à aucune table de négociation. Il en va de même des mesures particulières à la COVID-19, pour assurer la santé et la sécurité du personnel.

          La sécurité des travailleuses et travailleurs de la transformation de la viande sacrifiée pour maintenir la production

          À la lumière des nombreux cas de COVID-19 qui ont récemment été déclarés dans différentes usines de transformation de la viande au Québec, la Fédération du commerce (FC–CSN) déplore le peu d’efforts mis de l’avant par les employeurs pour éviter la propagation et exige davantage de mesures pour protéger les travailleuses et les travailleurs.

          « Une telle multiplication des cas de COVID-19 démontre clairement que les employeurs n’ont pas mis en place des mesures de protection suffisantes, affirme le président de la FC–CSN, David Bergeron-Cyr. Ils doivent absolument démontrer qu’ils prennent la situation au sérieux. En ce moment, tout ce qui semble compter pour eux, c’est de maintenir la cadence de production. »

          La FC–CSN, qui représente plus de 4 000 salarié-es dans le secteur de la transformation de la viande, exige donc que les mesures suivantes soient instaurées immédiatement dans l’ensemble des usines du secteur :

          • Questionner les travailleuses et les travailleurs à leur entrée à l’usine afin de savoir s’ils ont des symptômes ou s’ils reviennent de voyage. 
          • Désinfecter complètement les aires de travail.
          • Faire respecter une distanciation de deux mètres entre chaque employé-e sur la ligne de production et installer des barrières physiques (ex : plexiglass) lorsque ces mesures de distanciation entre les travailleuses et les travailleurs sont totalement impossibles.
          • Organiser les changements de quarts de travail afin d’éviter le croisement de travailleuses et de travailleurs des différents quarts.
          • Implanter des mesures afin d’éviter tout regroupement (par exemple : attroupements au « punch », trop grande proximité lors des repas, etc.).
          • S’assurer de disposer de matériel de protection en quantité suffisante.

          « À l’heure actuelle, la majorité des usines ne respectent même pas les directives émises par les autorités de la santé publique, puisque les employé-es travaillent régulièrement à moins de deux mètres les uns des autres sur les lignes de production, et ce, sans être séparés par des plexiglass ou toutes autres barrières physiques », renchérit M. Bergeron-Cyr.

          La Fédération du commerce (FC–CSN) compte quelque 28 000 membres regroupés dans plus de 330 syndicats présents dans les secteurs du commerce de détail, de gros et de services divers, de l’agroalimentaire, des finances et du tourisme.

          État de la situation – 1er avril 2020

          Situation critique dans le réseau de la santé
          La situation devient particulièrement préoccupante dans le réseau de la santé et des services sociaux. L’approvisionnement en matériel de protection est source de profondes inquiétudes parmi le personnel du réseau.

          Alors que François Legault évoquait hier que certains équipements pourraient être en rupture de stock d’ici « trois à sept jours », le premier ministre Trudeau avouait aujourd’hui que, « dans cette situation, on ne peut rien garantir », même s’il indiquait qu’il allait « absolument » utiliser les réserves fédérales pour renflouer les réserves du Québec d’ici la fin de la semaine.

          Par ailleurs, de nombreux syndicats CSN de la santé dénoncent le fait que certains salariés sont rappelés au travail à peine sept jours après avoir été en contact avec une personne infectée par la COVID-19 – une situation cautionnée aujourd’hui par la ministre de la Santé, Danielle McCann, lors du point de presse quotidien du gouvernement québécois.

          Jacques Létourneau abordera ces enjeux en compagnie de Denis Lévesque ce soir, autour de 21 h 30 sur LCN, deux heures plus tard sur TVA.

          Ottawa clarifie les modalités du programme de subvention salariale
          Le ministre des Finances du Canada, Bill Morneau, a clarifié aujourd’hui les paramètres du programme de subvention salariale annoncé vendredi dernier par Justin Trudeau.

          Ottawa comblera 75 % du salaire des employé-es, jusqu’à un maximum admissible de 58 700 $, soit 847 $ par semaine. Cette subvention, octroyée aux entreprises afin d’éviter qu’elles procèdent à des mises à pied, devra toutefois être entièrement accordée aux travailleuses et aux travailleurs – les compagnies fautives pouvant être lourdement sanctionnées, a averti Morneau. Cette mesure coûtera à elle seule 71 milliards à l’État canadien.

          Les personnes ayant perdu leur emploi ou n’ayant plus de revenu ne pourront pas cumuler cette subvention salariale avec la Prestation canadienne d’urgence (PCU) de 2000 $ par mois, a indiqué Justin Trudeau, mais ils pourront bénéficier de cette dernière en attendant de toucher la subvention salariale.

          Pour y être admissible, une entreprise devra avoir perdu au moins 30 pour cent de son revenu par rapport à la même période l’année dernière. La baisse devra être calculée pour chaque mois par rapport au même mois l’an dernier pour mars, avril ou mai.

          Un portail en ligne développé par l’Agence du revenu du Canada sera dévoilé dans « trois à six semaines » afin que les entreprises puissent acheminer leur demande au gouvernement, qui les invite à combler l’écart salarial entraîné et à rembaucher les personnes ayant pu être mises à pied au cours des dernières semaines. L’aide sera rétroactive au 15 mars.

          Bilan au Québec
          4611 cas confirmés (+449)
          33 décès (+2)
          307 personnes hospitalisées (+21)
          82 personnes aux soins intensifs (stable).

          Musée des beaux-arts de Sherbrooke : La fin de l’arbitraire dans les relations de travail

          Au terme d’une négociation qui aura duré près d’un an, les salarié-es du Musée des beaux-arts de Sherbrooke (MBAS) ont entériné leur toute première convention collective, une étape majeure dans l’amélioration des conditions et des relations de travail. 

          « C’est un grand moment pour nous, car cette convention collective met fin à la gestion arbitraire et mise sur l’équité et la reconnaissance de notre travail. Nous sommes très fiers du chemin parcouru depuis que nous avons choisi de nous unir et de nous syndiquer à l’automne 2018 », explique Sarah Boucher, membre du comité de négociation du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Musée des beaux-arts de Sherbrooke (STTMBAS–CSN). 

          « Nous signons cette convention en sachant que les deux parties en sont satisfaites. Nous avons obtenu des gains importants, mais nous devrons aller en chercher davantage lors de la prochaine convention. D’ici là, la convention nous motive à nous mobiliser afin d’avoir un musée en santé, et ce, malgré le télétravail qui nous distance », ajoute le président du syndicat, Renaud Doucet.  

          Des avancées notables
          La convention collective permet donc de définir une structure salariale et tient compte de l’ancienneté, assurant ainsi une plus grande équité entre les différentes catégories d’emplois au musée. Elle prévoit également des définitions de chacun des postes concernés.

          D’autre part, les employé-es ont obtenu des gains considérables, tels que le droit à quatre semaines de vacances après un an de service et l’ajout de congés fériés et de maladie.  

          Enfin, la convention permet la mise en place de mesures assurant une meilleure transparence entre l’administration et les employé-es, et ce, dans une volonté d’améliorer la collaboration entre les parties. 

          « Cette convention collective démontre toute l’utilité de nos organisations. Avec notre appui, les travailleuses et les travailleurs du musée ont été en mesure de mettre fin à une culture de gestion arbitraire et se sont donné les moyens d’améliorer le climat de travail. C’est une belle victoire pour eux ! » estime Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN). 

          Message aux syndicats du secteur public : Un gouvernement déconnecté qui veut couper les ailes des anges gardiens

          Rappelons que le 23 mars, la CSN a présenté sa réponse au Conseil du trésor : une suspension de la négociation compensée par plusieurs mesures à mettre en place immédiatement, dont certaines de nature financière, permettant de mettre la négociation de côté pour une période allant jusqu’à 18 mois, afin de pouvoir se consacrer entièrement à la lutte contre la COVID-19, au bénéfice de toute la population.

          Au cours de la dernière semaine, nous avons eu plusieurs échanges avec le Conseil du trésor et les représentants patronaux des différents réseaux, mais force est de constater que très peu d’avancées ont été réalisées. En résumé, le gouvernement propose essentiellement d’accepter sa proposition initiale du 12 décembre dernier, que toutes les organisations syndicales avaient jugée inacceptable. Aujourd’hui, en pleine crise, il nous demande d’accepter un statu quo sur les conditions de travail pour les trois prochaines années et il tient à boucler cet important exercice d’ici le 31 mars, alors qu’une telle opération s’étend généralement sur des mois, voire plus encore. Ces « offres » qui étaient déjà déconnectées des réalités vécues et des besoins dans les réseaux publics en décembre dernier le sont encore plus maintenant. Il s’agit d’un grand manque de respect pour les travailleuses et les travailleurs du secteur public qui ont présentement plus que jamais besoin d’être soutenus.

          Quel est le véritable intérêt du gouvernement à vouloir conclure en quelques jours des ententes qui maintiendront à peu de choses près les mêmes conditions de travail inadéquates pour l’ensemble des salarié-es bien au-delà de la crise sanitaire ? Voudrait-il ainsi passer le cap des prochaines élections sans se retrouver à négocier avec ses travailleuses et ses travailleurs juste avant celles-ci ? La crise sanitaire ne doit pas servir à occulter les problèmes réels de conditions de travail.

          Une chose est certaine, l’entêtement du gouvernement à vouloir renouveler en vitesse l’ensemble des conventions collectives nuit aux discussions essentielles qui devraient se tenir maintenant afin de mettre en place des mesures d’urgence pour le personnel au front contre la COVID-19. On apprenait ce matin qu’on recense déjà, au Québec, 46 cas de COVID-19 chez le personnel du réseau de la santé et des services sociaux. Le gouvernement doit agir maintenant; il en va de la sécurité et de la santé, tant physique que psychologique, de centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs des services publics. L’heure est grave, il faut consacrer toutes nos énergies à trouver des solutions à la crise et, par conséquent, suspendre la négociation.

          Alors que dans le secteur privé de nombreux employeurs d’entreprises jugées essentielles en ces temps de crise valorisent leurs travailleuses et leurs travailleurs en offrant des majorations salariales significatives, le gouvernement, jusqu’à présent, semble plutôt d’avis que ses anges gardiens ne méritent pas tous une reconnaissance de leur contribution. Ce refus de souligner concrètement l’apport crucial de toutes celles et de tous ceux qui, pour les semaines et les mois à venir, maintiendront les services à la population, permettant ainsi de sauver des vies et de sortir le Québec de la crise, est inacceptable.

          Dans ce contexte, les fédérations CSN maintiennent que les conventions collectives du secteur public ne doivent pas se négocier à la va-vite, sur un coin de table. Les besoins sont trop importants ; ils l’étaient avant la crise et le seront encore plus au sortir de la lutte contre la COVID-19. Aller de l’avant avec la proposition actuelle du gouvernement n’est pas la voie à suivre.

          Nous le disons depuis longtemps déjà : les services publics sont les piliers de notre société. Sans vous toutes et vous tous, aujourd’hui, le Québec ne tiendrait plus debout. La population entière le réalise actuellement et le gouvernement doit aussi le reconnaître par des gestes concrets. C’est par ce message que nous avons terminé la rencontre d’hier avec le Conseil du trésor.

          La CSN poursuivra activement les discussions avec le gouvernement au cours des prochains jours. Nous continuerons de vous tenir informés.

          Solidarité !

          Le gouvernement Trudeau élargit les paramètres du programme de subvention salariale

          Le premier ministre Justin Trudeau a élargi, ce matin, les critères d’admissibilité de son programme de subvention salariale. Désormais, toute entreprise encaissant une perte de 30 % de ses revenus en raison de la crise du coronavirus pourra recevoir un financement couvrant jusqu’à 75 % du salaire de ses employés (pour un maximum salarial admissible de 58 700 $). Cette mesure, rétroactive au 15 mars, permettra aux entreprises de maintenir le lien d’emploi avec ses salarié-es. Le gouvernement les invite par ailleurs à réembaucher les employé-es qu’elles auraient pu mettre à pied au cours des derniers jours et à combler les 25 % restants. Rappelons que vendredi dernier, cette subvention n’était destinée qu’aux PME – la CSN avait alors demandé à ce qu’elle puisse être accessible à toute entreprise, peu importe sa taille.

          Nouvelles CSN

          Multi-Marques : mettre la main à la pâte
          « Au début, les gars riaient sur le plancher en parlant des scènes de folie entourant le papier de toilette », lâche Stéphane Caissy, vice-président du syndicat de Multi-Marques. « Mais le lendemain, quand on a vu que c’était les tablettes de pain qui étaient vides dans les épiceries… »

          « Quand quelqu’un appelle, c’est qu’il a besoin d’aide »
          Marjorie Guay est répondante médicale d’urgence (RMU). Le centre d’appels où elle travaille dessert les régions de Québec, de Charlevoix, du Saguenay–Lac-St-Jean et d’une partie du Nord-du-Québec.

          Télétravail et équilibre : ça se peut !
          En cette période de crise sanitaire qui amène bien des gens à faire du télétravail, il est bon de se donner certains trucs et astuces pour parvenir à bien structurer son travail, à délimiter clairement les différents moments de la journée et à préserver sa santé. L’ergonome de la CSN, Patricia Richard, nous rappelle quelques points importants à ce sujet.

          Bilan au Québec
          3430 cas confirmés
          25 décès
          235 personnes hospitalisées
          78 personnes aux soins intensifs

          Télétravail et équilibre : ça se peut !

          En cette période de crise sanitaire qui amène bien des gens à faire du télétravail, il est bon de se donner certains trucs et astuces pour parvenir à bien structurer son travail, à délimiter clairement les différents moments de la journée et à préserver sa santé. L’ergonome de la CSN, Patricia Richard, nous rappelle quelques points importants à ce sujet.

          Ça peut paraître évident, mais il est bon de le rappeler : quand on fait du télétravail, il faut circonscrire un espace strictement dédié à cette activité, estime-t-elle. Il peut s’agir d’une pièce entière ou d’une partie de cette pièce ; l’important est que l’endroit en question ne serve qu’au travail et que cette frontière soit respectée par les gens avec qui l’on vit. D’ailleurs, il est important d’établir avec les membres de sa famille les règles de base et de déterminer les interruptions qui sont appropriées, et celles qui ne le sont pas. Cela peut paraître poussé, mais l’utilisation d’affichettes Ne pas déranger, Au téléphone, Cogner avant d’entrer, peuvent être aidantes : ces règles permettent de rester concentré et facilite l’avancement du travail.

          Découper sa journée
          On sait également que le télétravail peut donner lieu à un changement de routine et à une variation d’horaire, mais Patricia Richard met en garde les travailleuses et les travailleurs à ce sujet : « Lorsqu’on travaille à domicile, il est bon de commencer et de terminer à la même heure chaque jour et d’avoir un rituel de début et de fin de journée. Comme il n’y a pas de pause entre le moment où l’on se lève et celui où l’on arrive au travail, certains télétravailleurs trouvent utile de quitter la maison et de marcher autour de l’immeuble avant d’entamer leur journée. Ils peuvent d’ailleurs la terminer de la même façon ! » Quoi qu’il en soit, rappelle encore l’ergonome, il faut savoir faire preuve de souplesse et prendre des pauses plus souvent.

          À la maison, mais pas seuls
          Pour Patricia Richard, il est essentiel, comme on le fait lorsqu’on se rend au bureau, d’établir un horaire et de s’en tenir à celui-ci. « Il peut être utile de dresser une liste des tâches “à faire” et de cocher, à la fin de la journée, celles qui ont été accomplies. Bien sûr, l’idée est de ne pas se mettre trop de pression, considérant la conciliation travail-famille. » De plus, les travailleuses et travailleurs autonomes et autres habitué-es du télétravail le disent souvent, l’une des difficultés avec le travail à domicile est le manque de liens sociaux. Il est donc tout à fait à propos de maintenir un contact avec les collègues du bureau. Ce contact peut se faire par Skype ou par conférence téléphonique, en établissant une sorte de routine avec eux. Celle-ci permet de sortir de l’isolement et de parler des réalités de ses dossiers ainsi que des difficultés rencontrées. Une bonne façon de garder l’équilibre!

          « Quand quelqu’un appelle, c’est qu’il a besoin d’aide »

          Marjorie Guay est répondante médicale d’urgence (RMU). Le centre d’appels où elle travaille dessert les régions de Québec, de Charlevoix, du Saguenay–Lac-St-Jean et d’une partie du nord du Québec.

          « On avait travaillé en amont, tout était prévu, notamment les plans de contingence. Ça a bien été, les relations avec l’employeur sont bonnes », explique-t-elle peu après la fin de son quart de travail.

          Assiste-t-on à une augmentation du nombre d’appels en raison de la crise? « Au début, c’était plutôt le contraire, on a vu une diminution du nombre d’appels, surtout la nuit et en début de journée. On ne sait pas à quoi c’est lié. Peut-être que les gens ont peur d’aller à l’hôpital. » La normale a toutefois rapidement repris le dessus.

          Lorsque quelqu’un compose le 911, un premier triage, le « primaire », est effectué. S’il s’agit d’un problème médical, l’appel est aussitôt transféré à un répondant médical d’urgence. En temps normal, au centre de Québec, leur nombre s’élève à sept le jour et le soir, puis à cinq la nuit.

          « Depuis la mise en place du protocole 36 lié à la pandémie, on doit poser plus de questions, précise-t-elle. On passe à travers tous les symptômes possibles, ça alourdit notre travail. C’est pourquoi on ajoute du personnel dès cette nuit. Alors que le temps moyen d’un appel tourne autour de trois minutes, on ajoute maintenant une minute et demie, voire deux minutes de plus. » Cette procédure permet de mieux cerner le problème médical de la personne à l’origine de l’appel. Les paramédics affectés peuvent suivre en temps réel les réponses de l’usager depuis leur véhicule, ce qui leur permet de prendre les mesures de protection nécessaires en cas de COVID-19.

          Bien entendu, des mesures particulières ont été prises pour protéger les RMU eux-mêmes. « On est en pénurie de personnel, on ne peut pas se permettre de tomber malade. On travaille en milieu fermé, alors tout doit être désinfecté régulièrement. »

          Constate-t-elle un changement dans l’attitude des gens qui appellent, une certaine détresse ? Pas vraiment. « À partir du moment où tu appelles le 911, c’est que tu as besoin d’aide… »

          État de la situation, 27 mars 2020

          Subvention salariale : un maximum d’entreprises doivent y avoir accès, plaide la CSN
          « Le gouvernement Trudeau se rend enfin à l’évidence : le meilleur moyen pour s’assurer que les travailleuses et les travailleurs ne manquent pas de liquidités au cours des prochains jours, c’est de faire en sorte que les entreprises puissent continuer à payer leurs employé-es », a déclaré aujourd’hui le président de la CSN, Jacques Létourneau.

          Nouvelles CSN

          Descendre sous terre, à deux par cage
          À la mine Seleine, aux Îles-de-la-Madeleine, on produit du sel pour le déglaçage des routes. « À la sécherie, c’est maximum six personnes à la fois pour garder nos distances. Dans les cages pour descendre, on pouvait auparavant être 15 personnes en même temps. La semaine dernière, c’était quatre : chacun dans son coin. Maintenant, ce n’est jamais plus que deux par cage. »

          Caméraman en temps de crise
          Rien ne court plus vite qu’une nouvelle… dans une salle de nouvelles. L’information selon laquelle une personne travaillant au Centre de l’information (CDI) de Radio-Canada a été infectée par la COVID-19 a évidemment circulé rapidement.

          Un premier cas de COVID-19 dans un pénitencier fédéral
          La nouvelle redoutée est tombée le 25 mars dernier : un premier cas de Covid-19 a été confirmé dans un pénitencier fédéral. L’agent correctionnel de l’établissement Port-Cartier, pénitencier à sécurité maximale, a immédiatement été placé en quarantaine.

          Un comité pandémie en mode solutions chez Jean Coutu
          Pour répondre aux multiples ajustements nécessaires en temps de COVID-19, une équipe pandémie rencontre les représentants de l’employeur tous les jours pour trouver des façons d’appliquer les mesures de sécurité.

          L’importance d’une bonne ergonomie
          Pour éviter la propagation de la COVID-19, bien des organisations et des entreprises québécoises se sont mises au télétravail. Ergonome à la CSN, Patricia Richard rappelle aux travailleuses et aux travailleurs peu habitués au travail à domicile les principes à respecter pour aménager leur poste à la maison.

          Bilan au Québec
          18 décès
          2021 cas confirmés
          141 personnes hospitalisées
          50 personnes aux soins intensifs

          Caméraman en temps de crise

          Rien ne court plus vite qu’une nouvelle… dans une salle de nouvelles. L’information selon laquelle une personne travaillant au Centre de l’information (CDI) de Radio-Canada a été infectée par la COVID-19 a évidemment circulé rapidement.

          Caméraman pour la société publique, Adrien* a été avisé par son employeur avant que la nouvelle ne soit rendue publique. Il a effectivement travaillé avec la personne contaminée il y quelques jours à peine. Il se retrouve aujourd’hui en isolement et se porte bien.

          Bien entendu, différentes mesures avaient été mises en place pour réduire les risques de propagation. « Toutes les procédures reliées à la numérisation des disques avaient été revues », explique Adrien, une étape essentielle afin que les images puissent être déposées sur les serveurs informatiques et être ainsi accessibles aux différentes équipes.

          « On devait échanger les disques avec le médiaman, il y avait beaucoup de manipulation. Maintenant, chaque caméraman fait ça dans un petit espace aménagé dans le garage, où les camions sont nettoyés et désinfectés par des gens habillés avec des scaphandriers. On nettoie constamment la souris et le clavier avec des lingettes. Nos caméras, nos micros, tout notre équipement doivent aussi être nettoyés. »

          Les accès au CDI, où les bulletins d’information de Radio-Canada et de RDI sont produits, ont été fortement restreints. « Les caméramans ne rentrent même plus dans le Centre de l’information. On joint les journalistes par téléphone, il faut s’adapter. Les monteurs travaillent en ghost, ils peuvent accéder aux serveurs à partir de leur domicile. »

          Les préoccupations à prendre en cette période de pandémie viennent changer substantiellement le travail des journalistes et des cameramans sur le terrain. « Les micros-cravates, c’est terminé. On prend de longues perches pour les entrevues, qu’on fait à l’extérieur le plus souvent possible. On le constate, l’anxiété des gens augmente. Pour réaliser nos reportages, ça va être de plus en plus difficile de se faire recevoir par les gens chez eux, surtout quand le nombre de malades va augmenter de façon exponentielle. »

          Malgré tout, Adrien compte les jours avant de pouvoir reprendre du service. Sur le terrain, armé de sa caméra.

          * Pour des raisons de confidentialité, nous avons tenu à préserver son anonymat. Depuis cette entrevue, un deuxième cas de COVID-19 à Radio-Canada a été confirmé.

          L’importance d’une bonne ergonomie

          Du jour au lendemain, pour éviter la propagation de la COVID-19, bien des organisations et des entreprises québécoises se sont mises au télétravail. Dans ce premier d’une série d’articles sur le sujet, l’ergonome de la CSN, Patricia Richard, rappelle aux travailleuses et aux travailleurs peu habitués au travail à domicile les principes à respecter pour aménager leur poste à la maison.

          Plusieurs personnes disposent déjà d’un endroit dédié au travail à la maison, mais encore faut-il qu’elles trouvent les postures les plus favorables afin de réduire la fatigue et d’éviter le développement de douleurs musculaires, souligne Patricia Richard.

          Voici les principes à respecter pour aménager votre poste de travail existant :

          • Gardez vos épaules relâchées près du corps ; elles ne pas doivent pas être rehaussées par la hauteur de la surface de travail. Dans ce cas, rehaussez la hauteur de votre fauteuil.
          • Gardez les poignets et les coudes à la même hauteur. Si vos coudes ne sont pas égaux à vos poignets, ajustez la hauteur de votre chaise pour obtenir un angle droit au niveau des poignets.
          • Si vous avez des appuis-bras, ajustez-les pour pouvoir déposer les coudes et les avant-bras sans écart ou élévation des épaules. Si cela est impossible, ou si vous n’avez pas d’appui-bras, déposez vos avant-bras directement sur la table.
          • Le cou ne doit pas être trop fléchi vers l’avant, ajustez la hauteur de l’écran afin de conserver la tête droite. La ligne de regard doit être vis-à-vis le haut de votre écran.
          • Si vous portez des verres à foyer progressif ou à double foyer, la trajectoire de votre regard à l’écran doit être à la même hauteur que votre foyer. Ainsi, votre écran sera plus bas.
          • Si vous ne touchez pas au sol avec vos pieds, placez un repose-pied afin de déposer les pieds sur une surface solide. Un repose-pied de fortune peut très bien faire l’affaire (boîte, poubelle, valise, etc.).

          Travailler sur un ordinateur portable, une autre histoire
          Il est difficile de suivre les principes d’ergonomie cités précédemment lorsqu’on travaille avec un ordinateur portable. « Si on veut placer le clavier à une hauteur convenable pour les poignets, la tête doit être penchée pour consulter l’écran. Si on veut positionner l’écran à une hauteur permettant une posture droite du cou, les poignets, les bras et le dos se retrouvent dans une posture très inconfortable. Des douleurs apparaissent alors après peu de temps », explique Patricia Richard.

          Il faut donc aménager son environnement de travail pour adopter des postures plus favorables, sans quoi c’est la douleur quasi assurée. On peut, par exemple, relier son portable à un écran externe ou encore utiliser un clavier et une souris externes et rehausser son écran. Si vous n’avez d’autre choix que de travailler sur la table de la cuisine, pensez à élever la hauteur de votre chaise avec des coussins. Vous pouvez aussi utiliser un coussin au niveau de votre dos pour plus de confort ainsi qu’un livre, un plat, ou un autre objet pour surélever votre écran.

          Varier, ça fait du bien
          Quand on bosse à la maison, il peut être intéressant de modifier nos positions de travail, tout respectant, bien sûr, les principes d’ergonomie. Vous avez un comptoir haut ? Pourquoi ne pas en profiter pour travailler en position debout à l’occasion ? Vous pouvez aussi travailler dans le salon de temps à autre ! L’utilisation d’un coussin ou d’un plateau-repas peut être utile pour déposer votre portable afin d’obtenir une posture confortable pour les bras. Pensez à ajuster l’angle et la distance de votre écran afin d’optimiser la posture du cou.

          Quoi qu’il en soit, n’oubliez pas de prendre régulièrement des pauses. Après 30 à 60 minutes de travail sur un ordinateur portable, prenez quelques minutes de repos actifs. Levez-vous, étirez-vous et faites quelques exercices.

          Bon télétravail !

          Subvention salariale : un maximum d’entreprises doivent y avoir accès, plaident la CSN et la FTQ

          La CSN et la FTQ se réjouissent de la décision du gouvernement fédéral d’accorder une subvention aux salaires des PME afin que celles-ci puissent maintenir la rémunération de leurs employé-es ainsi que leur lien d’emploi pendant la crise du coronavirus. Les centrales syndicales demandent toutefois que l’accès à cette subvention soit élargi à l’ensemble des entreprises canadiennes et que des mécanismes soient mis en place pour s’assurer que la totalité de ces subventions soient reçues par les travailleuses et les travailleurs.

          « Le gouvernement Trudeau se rend enfin à l’évidence : le meilleur moyen pour s’assurer que les travailleuses et les travailleurs ne manquent pas de liquidités au cours des prochains jours, c’est de faire en sorte que les entreprises puissent continuer à payer leurs employé-es, se réjouit le président de la CSN, Jacques Létourneau. Quand on constate les délais beaucoup trop longs à l’assurance-emploi et ceux qui se profilent pour la Prestation canadienne d’urgence, le gouvernement fédéral se devait d’ajuster le tir. C’est une très bonne nouvelle. »

          Pour le président de la FTQ, Daniel Boyer, des mécanismes très rigides doivent être mis en place pour s’assurer que ces subventions soient entièrement consacrées à la rémunération des employé-es. « Il n’est pas question pour nous que cet argent se retrouve dans les poches des actionnaires, souligne-t-il. La subvention des salaires est un mécanisme qui permet aux salarié-es de continuer à recevoir leur revenu tout en maintenant leur lien d’emploi. Ça sécurise tout le monde et ça va nous permettre de mieux redémarrer l’économie une fois que cette crise sera passée. »

          Les porte-parole syndicaux demandent maintenant à Ottawa d’élargir les modalités d’accès à cette subvention. « Par souci d’équité, on ne comprend pas pourquoi certains travailleurs devraient se tourner vers l’assurance-emploi alors que d’autres auraient droit à 75 % de leur revenu, et ce, selon le seul critère de la taille de l’entreprise pour laquelle ils travaillent. Restreindre cette aide aux seules PME ne nous apparaît pas judicieux, compte tenu de l’ampleur de la crise et du nombre phénoménal de mises à pied à travers le pays », ont-ils indiqué.

          Ensemble, la FTQ et la CSN représentent près d’un million de travailleuses et de travailleurs du Québec, dans tous les secteurs d’activités.

          Les banques alimentaires… en attendant Ottawa

          Les banques alimentaires… en attendant Ottawa
          Alors que les voix s’élèvent à l’endroit des longs délais envisagés avant que les prestations canadiennes d’urgence ne soient reçues – autour du 16 avril, de l’aveu même de Justin Trudeau –, le premier ministre du Québec a tenté de calmer le jeu aujourd’hui en assurant que son gouvernement allait prendre les dispositions nécessaires… pour renflouer les banques alimentaires. Cette mesure vous apparaît-elle suffisante ? Jacques Létourneau en discutera en compagnie de Denis Lévesque ce soir. Autour de 21 h 35 sur LCN, en reprise vers 23 h 35 à TVA.

          La FEESP–CSN invite certaines municipalités à se montrer conciliantes
          La Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) invite certaines municipalités à se montrer conciliantes avec leur personnel en ces temps difficiles. Considérant la situation exceptionnelle à laquelle nous sommes toutes et tous confrontés, la FEESP–CSN demande donc aux municipalités qui ne l’ont pas encore fait de mettre en place des mesures tout aussi exceptionnelles pour leurs employé-es.

          Nouvelles CSN

          Des rouleaux en Cascades
          Les images ont fait le tour du Québec : des magasins pris d’assaut, des gens inquiets, affolés, obnubilés par l’angoisse suprême. La peur de manquer de papier-cul. « Ça va toujours rester un mystère pour moi », lâche au bout du fil Robert Deshaies, président du syndicat de l’usine Cascades à Candiac, qui fournit la chaîne Costco en papier hygiénique.

          Centres d’hébergement privés : la santé et la sécurité avant tout
          Au premier rang des préoccupations du secteur des centres d’hébergement privés : la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs. « Nous n’avons pas attendu que le gouvernement émette des recommandations », explique le représentant de ce secteur, Gilles Gagné.

          La confusion règne chez IKEA
          IKEA Canada a fait volte-face cette semaine, après s’être fait critiquer pour sa décision d’obliger ses employé-es à rentrer au travail même s’ils craignaient de contracter la COVID-19.

          Services de garde d’urgence : des éducatrices qui se portent volontaires
          Les éducatrices qui travaillent dans les services de garde d’urgence en milieu scolaire le font en majorité sur une base volontaire et sans aucun avantage financier. « On est vraiment fiers de notre monde », affirme Annie Charland, présidente du secteur scolaire de la FEESP–CSN.

          Bilan au Québec
          1629 cas confirmés (+290)
          8 décès (+2)
          106 personnes hospitalisées (+28)
          43 personnes aux soins intensifs (+8)

          Des rouleaux en Cascades

          La peur de manquer de papier-cul.

          Employé de l’entreprise depuis 33 ans, Robert Deshaies demeure confiné à domicile depuis son retour de vacances le 13 mars dernier. Lorsqu’on lui demande si l’usine a augmenté sa cadence depuis le début de la pandémie, M. Deshaies nous répond franchement. « Je ne vois pas comment on pourrait augmenter la production, nos trois lignes de production fonctionnent 24 heures sur 24, 365 jours par année! »

          En plus de Costco, l’entreprise distribue ses produits (papier de toilette et essuie-tout) dans la plupart des grandes surfaces du Québec.

          Malgré son isolement forcé, Robert Deshaies assure le suivi des nombreux enjeux entraînés par la pandémie, notamment en matière de prévention pour les 180 mécaniciens, électromécaniciens et autres opérateurs de machine.

          « C’est sûr qu’il y en a qui ont peur, d’autres qui trouvent que l’employeur n’en fait pas assez. Mais oui, il y a des mesures qui ont été prises. On s’ajuste de jour en jour, pour ne pas dire d’heure en heure. On va manger un département à la fois pour avoir plus d’espace. Au lieu de quatre chaises, il n’en reste plus qu’une par table. Les portes restent ouvertes en tout temps pour éviter que les gens ne touchent aux poignées. Il y a du Purell partout, nos postes de travail ont tous des produits désinfectants et on garde nos distances de deux mètres dans les salles de contrôle. »

          Des mesures particulières ont également dû être prises pour éviter la propagation du virus… autour du punch.

          « Toutes les cartes de temps ont été retirées du mur, souligne le président du syndicat. Le boss a demandé aux superviseurs de noter les horaires de travail du monde. On reçoit nos relevés par courriel, ça fonctionne bien. »

          Par ailleurs, plusieurs travailleurs ont dû revoir leurs plans de vacances, ne pouvant se rendre à la destination envisagée. « On se retrouve bizarrement avec beaucoup de monde disponible. Le boss est flexible, les gens qui ont peur ou qui doivent s’occuper de leurs enfants peuvent rester à la maison… Mais ils ne sont pas payés. »

          Services de garde d’urgence : des éducatrices qui se portent volontaires

          Les éducatrices qui travaillent dans les services de garde d’urgence en milieu scolaire le font en majorité sur une base volontaire et sans aucun avantage financier. « On est vraiment fiers de notre monde », affirme Annie Charland, présidente du secteur scolaire de la FEESP–CSN.

          De façon générale, une rotation s’effectue entre les employé-es et chaque personne accomplit son nombre d’heures habituel. À certains endroits, il y avait même plus de volontaires que nécessaire et il a fallu désigner les personnes en fonction de l’ancienneté.

          Annie Charland souligne cependant qu’en raison de directives du ministère de l’Éducation qui manquent de clarté, certains services de garde scolaires d’urgence (une minorité) ont toutefois forcé le personnel qui travaillait déjà dans un service choisi par le gouvernement à se présenter. Il faut savoir que beaucoup moins de la moitié des services de garde scolaires sont ouverts en ce moment. Il s’agit souvent de ceux qui sont près des hôpitaux.

          Primes demandées
          Dans le cadre de la négociation du secteur public, la FEESP–CSN demande que l’effort des employé-es des services de garde scolaires soit reconnu et qu’une prime soit prévue.

          Cette prime est d’autant plus justifiée que certaines éducatrices, dont le salaire fluctue entre 20,98 $ et 24,02 $ l’heure, gagnent en deçà de la prestation canadienne d’urgence, qui s’élève à 2000 $ par mois. La majorité d’entre elles travaillent en effet moins de 26 heures par semaine et certaines effectuent aussi peu que 15 ou 20 heures.

          Centres d’hébergement privés : la santé et la sécurité avant tout

          L’ampleur de la crise de la COVID-19 a plongé l’ensemble du Québec dans une dynamique où toutes et tous doivent s’adapter rapidement. En quelques jours, le quotidien de chacun s’est complètement transformé et les milieux de travail ont été confrontés à la nécessité d’agir rapidement en tenant compte des multiples facteurs de risque liés à la pandémie.

          Le secteur des centres d’hébergement privés (CHP) de la FSSS–CSN n’a pas tardé à s’organiser et a été très proactif dès le début de la crise. Au premier rang des préoccupations, la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs. « Nous n’avons pas attendu que le gouvernement émette des recommandations, car dès le départ, nous avons interpellé les différents propriétaires de résidences à propos d’une série d’enjeux. Nous les avons invités à établir un canal de collaboration efficace avec nos représentants syndicaux », explique le représentant du secteur des CHP, Gilles Gagné.

          L’objectif de l’opération : s’assurer que la situation soit prise au sérieux afin de ne pas compromettre la sécurité de celles et de ceux qui s’occupent des aîné-es.

          L’intervention aura notamment permis d’accroître le nombre d’employe-és dans différents secteurs comme en salle à manger, et ce, afin de pouvoir assurer les services requis à la suite de l’ajout de plages horaires pour les repas. Le nombre d’employé-es a également augmenté dans les cuisines, notamment à la réception des commandes et des livraisons.

          Les employeurs ont aussi été sollicités afin de faire en sorte que les produits désinfectants respectent les normes en matière de santé et de sécurité au travail. Enfin, des discussions sont en cours pour permettre aux employé-es de laisser leurs uniformes sur le lieu de travail pour qu’ils y soient lavés, lorsque les installations le permettent.

          La FEESP–CSN invite certaines municipalités à se montrer conciliantes

          La Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) invite certaines municipalités à se montrer conciliantes avec leur personnel en ces temps difficiles. Considérant la situation exceptionnelle à laquelle nous sommes toutes et tous confrontés, la FEESP–CSN demande donc aux municipalités qui ne l’ont pas encore fait de mettre sur pied des mesures tout aussi exceptionnelles pour leurs employé-es. Ces mesures devraient leur permettre de conserver leur rémunération et ainsi d’éviter des mises à pied, à l’instar des mesures prises par le gouvernement et de plusieurs autres municipalités du Québec.

          « Ces employeurs du secteur public ont une responsabilité sociale et économique importante et doivent donner l’exemple », a mentionné Denis Savard, président du secteur municipal de la FEESP–CSN. « Les revenus de ces employeurs ne subiront pas les impacts de la présente crise de la même façon que ceux d’une entreprise privée. Ils ont donc les moyens de trouver des solutions qui seront gagnantes pour l’économie et les services qu’ils donnent à la population », a-t-il ajouté.

          « Un trop grand nombre de mises à pied pourrait avoir des conséquences néfastes sur l’économie québécoise. N’oublions pas que les prestations d’assurance-emploi équivalent à seulement 55 % du salaire, ce qui pourrait causer une baisse importante de la consommation en ces temps où il est crucial de supporter nos PME et nos entreprises québécoises », s’est pour sa part exclamé André Lajoie, secrétaire général de la FEESP–CSN.

           

          État de la situation – 25 mars 2020

          Aide d’urgence du fédéral : des préoccupations demeurent
          Critiqué en raison de différentes failles dans ses programmes d’allocations de soins et de soutien d’urgence, le gouvernement Trudeau a cru bon de corriger le tir : les allocations en question seront remplacées par une prestation canadienne d’urgence, accessible à compter du 6 avril prochain pour les travailleuses et les travailleurs touchés par la crise. Néanmoins, de nombreuses préoccupations demeurent. Jacques Létourneau en discutait aujourd’hui au micro de Bernard Drainville. Écoutez l’entrevue.

          Tout faire pour protéger le personnel en santé et services sociaux et dans les services de garde

          Alors que la transmission communautaire de la COVID-19 se confirme, la FSSS–CSN demande que tout soit fait pour protéger le personnel qui œuvre en santé et services sociaux et dans les services de garde éducatifs.

          Version anglaise de notre foire aux questions
          Notre foire aux questions est maintenant disponible en anglais. N’hésitez pas à la partager largement auprès de vos membres anglophones.

          Nouvelles CSN

          Secteur industriel : certaines usines pourront continuer leur production
          Après la frousse qu’a provoquée l’annonce du gouvernement du 23 mars, certaines usines d’importance pourront continuer à fonctionner sur une base limitée, notamment dans le secteur de la métallurgie.

          Des primes pour les employé-es de la chaîne alimentaire
          Alors que nombre de travailleuses et travailleurs œuvrant dans les services jugés essentiels doivent rentrer au boulot, plusieurs syndicats de la CSN sont parvenus à négocier des bonifications salariales pour leurs membres. Lire la nouvelle.

          Primes et protections additionnelles dans les quincailleries
          Les travailleuses et les travailleurs des quincailleries Rona et Réno-Dépôt ont accueilli avec un certain soulagement l’annonce de Lowe’s Canada, qui s’engage à leur verser une prime salariale et à mettre en œuvre de nouvelles mesures de sécurité pour les protéger contre la COVID-19.

          Bilan au Québec
          7 décès (+3)
          1339 cas confirmés (+326)
          78 personnes hospitalisées (+11)
          35 personnes aux soins intensifs (+4)
          3000 personnes en attente de résultats

          Tout faire pour protéger le personnel en santé et services sociaux et dans les services de garde

          Alors que la transmission communautaire de la COVID-19 se confirme, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) demande que tout soit fait pour protéger le personnel qui œuvre en santé et services sociaux et dans les services de garde éducatifs.

          « Les travailleuses et travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux sont au front pour nous aider à traverser cette crise. Elles doivent rapidement sentir que les mesures de prévention sont déployées. Même chose pour celles qui œuvrent dans les services de garde et qui donnent tout un coup de main au personnel des services essentiels. Leur santé et sécurité doit être une priorité si on veut réussir à faire face à la COVID-19 », explique Jeff Begley, président de la FSSSCSN.

          Les employeurs doivent respecter les directives de la santé publique
          Des employeurs ne mettent actuellement pas tout en œuvre pour appliquer les directives de la santé publique, lesquelles doivent par ailleurs être renforcées, vu la multiplication des cas et la montée de la transmission communautaire. Ces décisions mettent à risque le personnel et la population. Un manque de communication est un des problèmes les plus mentionnés dans les établissements. Un autre problème est au niveau des fit test. Ceux-ci doivent être faits dans les règles de l’art pour bien protéger le personnel. La FSSSCSN demande de plus qu’on s’assure d’avoir des tests et des équipements en nombre suffisant pour le personnel du réseau pour toute la durée de la crise.

          Pour parvenir à bien informer le personnel et à rapidement ajuster le tir au besoin, nous invitons les employeurs à mettre les syndicats locaux de la FSSSCSN dans le coup pour agir en prévention.

          Protéger le personnel à risque
          Plusieurs travailleuses et travailleurs se questionnent sur les mesures de protection pour faire face à la COVID-19. La situation est particulièrement préoccupante pour les personnes à risque. « Dans les derniers jours, nous avons fait des interventions à plusieurs niveaux, aussi bien auprès du gouvernement que de la CNESST et de la santé publique. Il faut protéger les travailleuses et travailleurs ayant des maladies chroniques, étant immunosupprimées ou ayant 70 ans et plus. Ces personnes doivent être placées en isolement du travail, sans perte de traitement. La priorité doit être de protéger ces personnes pour assurer aussi bien leur sécurité que celle de l’ensemble de la population et actuellement, on joue avec la vie de ces gens », explique Judith Huot, vice-présidente de la FSSSCSN.

          Des mesures pour les travailleuses enceintes
          La FSSSCSN est aussi préoccupée pour les travailleuses enceintes. Les femmes enceintes devraient immédiatement être retirées du travail.

          Une obligation de diligence raisonnable
          La FSSSCSN rappelle aux employeurs, tant dans les services de garde que dans le réseau de la santé et des services sociaux, que ce soit dans les établissements publics ou privés, qu’ils doivent faire preuve de diligence raisonnable en prenant toutes les précautions requises pour prévenir les accidents et protéger la santé et la sécurité des travail­leurs. « Un établissement de santé en période de pandémie, ce n’est pas un environnement sécuritaire pour une femme enceinte ni pour une personne à risque », conclut Jeff Begley.

          État de la situation, 24 mars 2020

          Le président de la CSN, Jacques Létourneau, s’adresse à l’ensemble des membres pour les assurer du soutien de toute la centrale en cette période de crise sans précédent.

          Foire aux questions
          La foire aux questions de la CSN est régulièrement mise à jour. Nouveautés récentes : les notions de force majeure et de harcèlement en période de coronavirus. Si vous ne trouvez pas réponse à votre interrogation, vous pouvez également nous écrire à coronavirus@csn.qc.ca.

          Bilan au Québec

          • 1013 cas (+385)
          • 67 personnes hospitalisées (+22)
          • 31 personnes soins intensifs (+11)
          • 4 décès
          • 2500 personnes en attente de résultats
          • 12 200 résultats négatifs

          Les travailleuses et les travailleurs essentiels de la chaîne alimentaire ne devront pas être oubliés

          Au lendemain de la décision gouvernementale d’ordonner la fermeture de toutes les entreprises et les commerces jugés non essentiels, la Fédération du commerce (FC–CSN) exige que les travailleuses et les travailleurs de la chaîne alimentaire ne soient pas oubliés. Ceux-ci devront bénéficier rapidement de trois avantages importants, soit l’accès à un service de garde gratuit, des mesures de santé et de sécurité encadrées par la CNESST et, finalement, une compensation financière offerte à tous.

          Accès à un service de garde
          Alors que la majorité des Québécoises et des Québécois sont invités à demeurer à la maison, les employé-es du secteur de l’alimentation – de la production à la distribution – doivent se rendre travailler. Or, ils ne bénéficient pas d’un accès à un service de garde comme les autres travailleuses et travailleurs des services essentiels, comme ceux des secteurs de la santé et de la sécurité publique. « Le gouvernement devra rapidement remédier à cette situation afin de leur permettre de se maintenir à l’emploi », insiste David Bergeron-Cyr, président de la FC–CSN qui représente des milliers de travailleurs de la chaîne alimentaire.

          Des mesures de santé et de sécurité encadrées par la CNESST
          De plus, afin d’assurer la santé de ces femmes et de ces hommes, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) devra s’assurer que des mesures en la matière soient appliquées de manière responsable et diligente dans les entreprises demeurées ouvertes. « Les mesures de santé et de sécurité dans tous les commerces et les entreprises de la chaîne alimentaire doivent être imposées par la CNESST, et ce, de façon urgente. En ce moment, les disparités sont immenses d’une entreprise à l’autre et cela met à risque nos travailleuses et nos travailleurs », soutient David Bergeron-Cyr.

          Pour la FC–CSN, la CNESST doit s’assurer que tous les employeurs :

          • Permettent aux employé-es de respecter les mesures de distanciation de deux mètres ;
          • Mettent à la disposition tout matériel nécessaire à la désinfection des mains et des appareils utilisés fréquemment ;
          • S’assurent du nettoyage adéquat des surfaces de travail ;
          • Mettent en place des dispositions afin d’éviter les rassemblements dans les aires de repos et les cafétérias ;
          • Testent les travailleuses et les travailleurs dans certaines entreprises.

          Compensation financière
          Finalement, les travailleuses et les travailleurs de l’industrie devront se voir offrir une compensation financière afin de les maintenir à l’emploi, malgré les circonstances accablantes que l’on connaît. « Certains employeurs ont déjà annoncé des primes et d’autres compensations financières offertes à leurs employé-es afin de les retenir. Mais il faut s’assurer que toutes et tous puissent bénéficier de telles mesures, sinon ils ne resteront pas. Le gouvernement doit voir dès maintenant à ce qu’une telle formule soit mise en place », conclut David Bergeron-Cyr.

          Fermeture des bureaux et maintien des services de la CSN

          Compte tenu des nouvelles directives de la santé publique, les bureaux de la CSN seront fermés à compter de 18 h aujourd’hui, et ce, jusqu’au 13 avril prochain.

          Au cours des prochaines semaines, toutes les équipes de travail de la CSN seront mobilisées pour assurer, de la meilleure façon possible, le maintien des services auprès des syndicats et de leurs membres au cours de cette période de turbulence. Des renvois téléphoniques ont été prévus afin que vous puissiez joindre nos différents services et organisations affiliées.

          Nous vous invitons à consulter régulièrement le site Internet de la CSN pour toute mise à jour des dispositions prises par la CSN pour faire face à la situation actuelle.

          Le Québec « sur pause » jusqu’au 13 avril
          Après avoir annoncé hier le prolongement de la fermeture des écoles et des services de garde jusqu’au 1er mai, le premier ministre François Legault ordonne aujourd’hui « de fermer toutes les entreprises et tous les commerces, sauf pour les services essentiels, jusqu’au 13 avril ».

          Une liste de ces services jugés essentiels peut être consultée sur le site du gouvernement du Québec.

          Cette liste sera mise à jour prochainement. Elle inclut notamment tous les acteurs de la chaîne alimentaire, le secteur des transports, les pharmacies, les stations-service ainsi que les pompiers, les policiers et tout le réseau de la santé. Les télécommunications et les médias pourront également poursuivre leurs activités, tout comme les entreprises qui sont en mesure de fonctionner par télétravail.

          De son côté, Ottawa a annoncé aujourd’hui une aide de 5 milliards de dollars pour les agriculteurs et de 192 millions pour le développement de vaccins. Une nouvelle campagne publicitaire nationale a aussi été lancée.

          Ville de Montréal
          Une première clinique sans rendez-vous de dépistage de la COVID-19 a ouvert ce matin au centre-ville de Montréal. La clinique, qui offre des services aux personnes qui se présentent en auto et à pied, est installée sous de grandes tentes plantées sur la place des Festivals.

          Bilan au Québec
          628 cas (+409, incluant cas confirmés et probables)
          45 hospitalisations (+21)
          20 soins intensifs (+7)
          4 décès
          1900 sous investigation
          11 200 résultats négatifs

          Nouvelle méthodologie
          À noter que Québec a modifié aujourd’hui sa façon de comptabiliser les cas de personnes infectées par le coronavirus. En effet, le gouvernement inclut désormais « les cas probables » dans le total du nombre de personnes infectées afin de « mieux refléter la réalité ». Une partie de la hausse de lundi résulte de ce changement méthodologique.

          Foire aux questions
          Pour toutes vos questions en lien avec le coronavirus, consultez la foire aux questions de la CSN qui est régulièrement mise à jour. Si vous ne trouvez pas réponse à votre interrogation, vous pouvez également nous écrire à coronavirus@csn.qc.ca.

          Guide autosoins du MSSS
          Le Guide autosoins a pour but d’aider chaque personne à prendre les décisions les meilleures possibles pour sa santé et celle de ses proches durant la pandémie de COVID-19. Il permet plus spécifiquement de s’informer sur les moyens de se protéger de la COVID-19, de prendre soin de soi ou de donner les soins de base à son entourage et de savoir où et quand consulter si l’on a besoin de soins. Ce document a été mis à jour en date du 23 mars 2020.

          Programmes d’aide gouvernementale
          Pour connaître les détails des programmes d’aide gouvernementale et leurs modalités d’application, visitez la section Programmes d’aide financière du gouvernement de notre foire aux questions.

          Il faut miser sur le dialogue pour aider les anges gardiens

          Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN), l’arrêté ministériel qui revoit les conditions de travail du personnel du réseau comporte le risque de mettre trop de pouvoirs entre les mains des employeurs, au moment où les anges gardiens ont besoin de notre support comme jamais.

          « Plutôt que d’envoyer le signal que les parties locales doivent respecter les directives de la santé publique et qu’elles doivent se mettre au travail conjointement pour faire face à la crise, le gouvernement se donne les moyens de complètement chambouler les conditions de travail. Nous comprenons que le gouvernement doit se donner des moyens pour faire face à la crise, mais il doit s’en servir exceptionnellement et pas comme une façon de gérer le réseau. Nous savons déjà que lorsque des mesures exceptionnelles comme le temps supplémentaire obligatoire deviennent un mode de gestion, ça pose un sérieux problème pour le personnel », explique Jeff Begley, président de la FSSSCSN.

          L’arrête ministériel est tellement large et donne tellement de pouvoirs aux directions que cela pourrait mener à des dérives, s’inquiète la FSSSCSN. C’est le cas notamment pour le déplacement du personnel, les horaires et les quarts de travail, le retour au travail accéléré de personnes en maladie et le recours au privé.

          Cela est d’autant plus préoccupant que les directives de la santé publique sont actuellement appliquées à géométrie variable selon les établissements, au moment où tout devrait être fait pour protéger le personnel et la population. « Le personnel du réseau souhaite que tout soit fait pour limiter les risques de contamination et déployer les mesures de prévention et de protection. La situation actuelle engendre un stress important chez des travailleuses et travailleurs et il n’est pas nécessaire d’en rajouter en restreignant les conditions de travail », poursuit Jeff Begley.

          « Depuis le début de cette crise, nous nous sommes mis au travail pour aider le réseau à traverser la pandémie. Dans les derniers jours, nous avons interpellé le ministère pour faire valoir nos préoccupations. Il faut éviter à tout prix une dérive autoritaire dans le réseau. Nous faisons un appel au dialogue dans les établissements. Les directions doivent éviter d’appliquer cet arrêté mur à mur. Les syndicats locaux sont bien placés pour soumettre des solutions pour améliorer les choses face à cette crise et nous devons être mis dans le coup », de conclure Jeff Begley.

          Message aux employeurs : « Ce n’est pas le temps de niaiser avec les mesures de prévention ! »

          Alors que la propagation du coronavirus s’amplifie, le président de la CSN demande au gouvernement de François Legault de s’assurer du renforcement de l’application des règles en matière de santé et de sécurité au travail par l’ensemble des employeurs au Québec.

          Secteur public : la CSN demande la suspension des négociations
          « La situation actuelle est inédite. Le Québec n’a jamais traversé une crise d’une telle ampleur et cela nous impose d’agir en conséquence. Le temps n’est pas à une entreprise d’envergure comme l’est la négociation du secteur public. Signer des ententes pour les trois, quatre, cinq prochaines années, pour des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs, alors que nous vivons une crise de santé publique sans précédent, nous semble impossible et inapproprié. »

          Lire la déclaration complète de Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN

          Message de Jacques Létourneau aux syndicats de la CSN
          Tant sur le plan économique que du point de vue sanitaire, le Québec traverse une crise sans précédent qui a des impacts bien réels sur les travailleuses et les travailleurs. Le président de la CSN, Jacques Létourneau, tient à informer les syndicats affiliés des mesures mises en place pour soutenir leur travail en période de pandémie du coronavirus.

           

          Foire aux questions
          Mise en ligne mardi soir, la foire aux questions de la CSN sur le coronavirus est régulièrement mise à jour. Si vous ne trouvez pas réponse à votre interrogation, vous pouvez également nous écrire à coronavirus@csn.qc.ca.

          Appui au milieu culturel
          Les préoccupations du milieu culturel sont nombreuses. La Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN) désire recueillir un maximum d’information sur les problématiques rencontrées par les travailleuses et les travailleurs autonomes ou atypiques du milieu culturel.

          Point de presse de François Legault
          Le premier ministre et la Direction de la santé publique confirment que les mesures en place ralentissent la propagation. En matière d’économie, le gouvernement va accélérer les projets d’infrastructures pour appuyer le secteur de la construction (260 000 emplois).

          Point de presse de Justin Trudeau
          Le gouvernement fédéral dit avoir conclu une entente avec les États-Unis afin de renvoyer les demandeurs d’asile qui franchissent illégalement la frontière pour entrer au Canada.

          Bilan au Québec
          139 cas + 18 cas par rapport à hier 23 h 59
          1 décès
          1 personne rétablie
          2400 personnes sous investigation
          7700 résultats négatifs

          Message aux syndicats du secteur public : Soutenir les anges gardiens, tous les anges gardiens, un devoir collectif

          La CSN demande le renforcement des règles en matière de santé et de sécurité au travail
          La situation actuelle est inédite. Le Québec n’a jamais traversé une crise d’une telle ampleur et cela nous impose d’agir en conséquence. Le temps n’est pas à une entreprise d’envergure comme l’est la négociation du secteur public. Signer des ententes pour les trois, quatre, cinq prochaines années, pour des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs, alors que nous vivons une crise de santé publique sans précédent, nous semble impossible et inapproprié. Les travailleuses et les travailleurs sur le terrain doivent pouvoir mettre toutes leurs énergies à aider les Québécoises et les Québécois à passer à travers cette crise.

          Pour toutes ces raisons, nous voulons affirmer une fois de plus notre volonté de collaborer avec le gouvernement dans les plus brefs délais pour faire en sorte que les anges gardiens, tous les anges gardiens, tant le personnel en santé et services sociaux que dans les services de garde, soient soutenus par des mesures immédiats, fortes et concrètes, qui porteront tant sur la rémunération que sur les conditions de travail.

          Dans ce contexte, nous demandons au Conseil du trésor de suspendre les négociations des conventions collectives du secteur public pour une période de 18 mois, en convenant de mesures particulières liées aux impacts de la pandémie pour les travailleuses et les travailleurs.

          Caroline Senneville
          Vice-présidente de la CSN

          La CSN demande le renforcement des règles en matière de santé et de sécurité au travail

          Alors que la propagation du coronavirus s’amplifie, la CSN demande au gouvernement de François Legault de s’assurer du renforcement de l’application des règles en matière de santé et de sécurité au travail par l’ensemble des employeurs au Québec. La CSN considère que des gestes en ce sens deviennent urgents, d’abord pour garantir la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs, mais également pour diminuer l’ampleur du ralentissement économique auquel le Québec est confronté.

          « Ce n’est pas le temps de niaiser avec les mesures de prévention en matière de santé et de sécurité au travail! », lance d’emblée le président de la CSN, Jacques Létourneau. « Chaque jour, le premier ministre lance un appel particulier pour contenir la crise. Nous estimons qu’il est plus que temps qu’il envoie une consigne très, très claire aux employeurs du Québec : les mesures de prévention en milieu de travail doivent être renforcées afin de contenir la propagation du virus. La CNESST doit intervenir dans les milieux de travail où des correctifs doivent être apportés. Il est de la responsabilité du gouvernement de s’en assurer. »

          Depuis une semaine, la CSN reçoit de multiples témoignages de travailleuses et de travailleurs inquiets d’être contaminés au travail. La CSN salue la diligence des employeurs qui ont renforcé les mesures de salubrité et favorisé au maximum la possibilité de faire du télétravail, mais déplore que plusieurs d’entre eux négligent la situation, et ce, tant dans les secteurs public et privé que dans le secteur parapublic.

          Le président de la CSN demande également à la population de tout mettre en œuvre afin de préserver la santé des salarié-es qui travaillent avec la clientèle. « Dans les épiceries, les restaurants et les commerces de vente au détail, nos membres sont directement exposés aux vecteurs de propagation du virus. Svp, faites en sorte de ne pas les contaminer : gardez vos distances, évitez la monnaie papier et respectez les consignes d’isolement », exhorte Jacques Létourneau.

          Coronavirus : état de la situation – 19 mars 2020

          Message de Jacques Létourneau aux syndicats de la CSN
          Tant sur le plan économique que du point de vue sanitaire, le Québec traverse une crise sans précédent qui a des impacts bien réels sur les travailleuses et les travailleurs. Le président de la CSN, Jacques Létourneau, tient à informer les syndicats affiliés des mesures mises en place pour soutenir leur travail en période de pandémie du coronavirus.

           

          Foire aux questions
          Mise en ligne hier soir, la foire aux questions de la CSN sur le coronavirus est régulièrement mise à jour. Si vous ne trouvez pas réponse à votre interrogation, vous pouvez également nous écrire à coronavirus@csn.qc.ca.

          Points de presse de François Legault
          En conférence de presse en début d’après-midi, le premier ministre a annoncé une nouvelle consigne : limitez à l’essentiel les déplacements entre les différentes régions du Québec. En fin de journée, François Legault a également dévoilé un programme de 2,5 milliards pour aider les entreprises et soutenir l’économie.

          Bilan au Québec
          121 cas
          1 décès

          Bilan au Canada
          801 cas
          10 décès

          Bilan dans le monde
          240 848 cas
          9954 décès

          COVID-19 : État de la situation — 18 mars 2020

          En fonction de l’évolution très rapide de la situation, la CSN tient à informer ses membres des derniers développements entourant la pandémie du coronavirus. Toute question reliée aux problèmes rencontrés dans vos milieux de travail peut nous être acheminée à l’adresse coronavirus@csn.qc.ca.

          Bilan au Québec

          • 94 cas
          • 1 décès

          Foire aux questions
          La pandémie du coronavirus suscite de nombreuses questions, concrètes et complexes, en matière de relations de travail. Afin d’appuyer le travail de ses syndicats et de répondre aux préoccupations des travailleuses et des travailleurs, la CSN met à leur disposition cette foire aux questions.

          Programmes d’aide gouvernementale
          Après le gouvernement du Québec hier, c’était au tour d’Ottawa d’annoncer aujourd’hui différentes mesures d’appui financier à l’intention des travailleuses et des travailleurs affectés par la pandémie du coronavirus. Pour connaître les détails de ces programmes et leurs modalités d’application, visitez cette section de notre foire aux questions.

          Message aux syndicats du secteur public
          Le Comité de coordination des secteurs public et parapublic (CCSPP–CSN) a tenu à aviser les syndicats du secteur public des derniers développements au sujet des discussions tenues avec le gouvernement depuis dimanche. Lire la nouvelle.

          Déclaration de revenus
          Après Québec, le gouvernement fédéral reporte à son tour la date limite pour transmettre sa déclaration de revenus pour l’année 2019. Cette date limite est maintenant fixée au 1er juin et le paiement des soldes dus est reporté au 31 août.

          COVID-19 : État de la situation – 17 mars 2020

          La situation entourant la pandémie du coronavirus évolue très rapidement. La CSN tient à informer son personnel, ses syndicats et ses membres de l’évolution de la situation. Toute question reliée aux problèmes rencontrés dans vos milieux de travail peut nous être acheminée à l’adresse coronavirus@csn.qc.ca.

          Au Québec :
          – 74 cas
          – 3500 personnes en investigation ; 3700 personnes ont reçu un résultat négatif.

          Au Canada :
          – 472 cas
          – 5 morts

          Dans le monde :
          – 190 535 cas
          – 7519 morts

          Billets médicaux
          Les propos du premier ministre François Legault à l’attention des employeurs sont des plus clairs : « SVP, c’est pas le temps de demander des billets du médecin. Les médecins ont d’autres choses à faire que de signer des billets », a-t-il déclaré en point de presse aujourd’hui. Espérons que les employeurs auront compris.

          Services de garde pour les services essentiels
          Tous les services de garde à la petite enfance (CPE et RSG) sont ouverts afin d’offrir des services aux parents requis pour les services essentiels, et seulement pour eux. Pour les services de garde en milieu scolaire, les services d’urgence sont déployés autour des lieux névralgiques que sont les hôpitaux, les CHSLD et les CLSC.

          Pour connaître la liste des travailleuses et des travailleurs admissibles ainsi que les modalités de fonctionnement de ces services, consultez cette nouvelle.

          Programme d’appui temporaire aux travailleurs
          Le gouvernement du Québec a annoncé hier la mise sur pied du Programme d’appui temporaire aux travailleurs (PATT). Le programme est destiné à offrir une aide financière pour répondre aux besoins des travailleuses et des travailleurs qui, en raison d’un isolement pour contrer la propagation du virus COVID-19, ne peuvent gagner en totalité leur revenu de travail et qui ne sont pas admissibles à un autre programme d’aide financière. Les prestations seront de 573 $ par semaine pour une période de 14 jours d’isolement. Si son état de santé le justifie, la période de couverture de la personne admissible peut être prolongée jusqu’à un maximum de 28 jours.

          En savoir plus.

          Déclaration de revenus
          Le gouvernement a annoncé aujourd’hui que les Québécoises et les Québécois auront jusqu’au 1er juin pour produire leur déclaration de revenus.

          Assemblée nationale
          Les travaux de l’Assemblée nationale sont suspendus jusqu’au 21 avril prochain.

          Frontières
          Les frontières canadiennes seront fermées ce soir à minuit :
          – Pour les touristes et les autres visiteurs étrangers ;
          – Seuls les équipages d’avions, les diplomates, les membres de la famille immédiate de citoyennes et de citoyens canadiens (qui ne seraient pas eux-mêmes citoyens) ainsi que les citoyennes et les citoyens américains seront exemptés de cette mesure ;
          – Le gouvernement canadien met sur pied un programme de crédit d’urgence pouvant aller jusqu’à 5000 $ disponible pour aider à rapatrier les Canadiennes et les Canadiens à l’étranger et/ou pour subvenir aux besoins jusqu’au rapatriement ;
          – Les gens sont invités à téléphoner au 613 996-8885 ou à écrire à sos@international.gc.ca ;
          – Le gouvernement du Canada a annoncé que 10 milliards $ ont été débloqués pour permettre un soutien à l’emploi et pour aider les entreprises à contrer l’impact de la pandémie ;
          – Le gouvernement fédéral annoncera demain, en conférence de presse, son plan économique pour faire face à la pandémie. Des mesures importantes suivront. 

          Rappel des consignes

          Il est primordial de :
          – se laver les mains ;
          – d’éternuer dans ses coudes ;
          – d’éviter le plus possible les rassemblements ;
          – de respecter les consignes de distanciation sociale ;
          – de rester chez vous autant que possible ;
          – de s’occuper de ses proches et des personnes vulnérables.

          Toute l’information sur les dispositions prises par la CSN en lien avec le coronavirus :

          Portail de la CSN
          Facebook de la CSN
          – Abonnez-vous à l’infolettre de la CSN
          – Pour toute question : coronavirus@csn.qc.ca

          Pour toute information concernant le coronavirus, veuillez consulter les sites gouvernementaux suivants :

          Portail du gouvernement du Québec
          Portail du gouvernement du Canada

          Si vous présentez des symptômes, n’hésitez pas à appeler le 1 877 644-4545.

          Services de garde pour les salarié-es des services essentiels

          Tous les services de garde à la petite enfance (CPE et RSG) sont ouverts afin d’offrir des services aux parents requis pour les services essentiels, et seulement pour eux. Pour les services de garde en milieu scolaire, les services d’urgence sont déployés autour des lieux névralgiques que sont les hôpitaux, les CHSLD et les CLSC.

          Ces services de garde sont offerts aux personnes suivantes :

          • Toutes les personnes travaillant dans le réseau de la santé et des services sociaux (centres hospitaliers, CHSLD, centres jeunesse, centres de réadaptation), y compris les personnes travaillant dans les cabinets privés de professionnel-les, les pharmacies communautaires, les ressources intermédiaires et de type familial et les résidences privées pour aînés
          • Pharmaciens
          • Employé-es des services préhospitaliers d’urgence (ambulanciers et répartiteurs)
          • Employé-es du 811 et du 911
          • Personnes offrant des services à domicile aux personnes âgées et qui sont à l’emploi des entreprises d’économie sociale en aide à domicile (EESAD)
          • Policiers
          • Pompiers et pompiers volontaires
          • Agents de services correctionnels et constables spéciaux
          • Personnel appelé à assurer le service de garde d’urgence
          • Personnel de l’approvisionnement et de la distribution des médicaments et des biens pharmaceutiques
          • Personnel de l’inspection des aliments
          • Personnel des services à domicile pour les aîné-es (allocation directe / chèque emploi-service)
          • Éboueurs / Collecte des déchets
          • Personnel des services sanitaires
          • Personnel des usines de traitement des eaux
          • Personnel des services aériens gouvernementaux
          • Personnel du ministère de la Sécurité publique (sécurité civile et coroners)
          • Personnel des centres de prévention du suicide
          • Personnel du centre de communication avec la clientèle du MTESS • Héma-Québec
          • Personnel de Transplant-Québec
          • Personnel de la Croix-Rouge
          • Personnel de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) • Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ)

          Les procédures d’inscription seront communiquées aux parents occupant un emploi essentiel directement par l’entremise de leur employeur. Toute l’information sera également rendue publique sur le site www.québec.ca.

          Les services de garde d’urgence sont offerts gratuitement du 16 au 27 mars 2020 inclusivement, et ce, du lundi au vendredi. Les services de garde éducatifs en CPE et RSG sont accessibles aux enfants de cinq ans et moins. Les services de garde du réseau scolaire sont accessibles aux enfants qui fréquentent la maternelle ou le primaire dans un établissement scolaire (public ou privé).

          Les travailleuses et les travailleurs requis pour les services essentiels qui ont un ou des enfants fréquentant déjà un service de garde peuvent continuer de faire affaire avec leur service de garde habituel. S’ils ne sont pas déjà desservis par le réseau des services de garde et qu’ils en ont besoin, ils doivent écrire à descrp@mfa.gouv.qc.ca ou composer le 1 855 336-8568. Idéalement, les parents s’inscrivent à l’avance, en utilisant le formulaire en ligne. Si un problème devait survenir, les parents pourront également s’inscrire sur place, à l’aide d’un formulaire papier.

          Les membres du personnel des services de garde qui ont des enfants de 12 ans et moins peuvent emmener leurs enfants au travail.

          Le gardiennage d’entraide est aussi encouragé. Cependant, il faut éviter de recréer un modèle de garde familial contenant un grand nombre d’enfants.

          Les subventions sont maintenues pour les CPE et les RSG. Les services sont totalement gratuits.

          Les membres du personnel prévus à l’horaire doivent se présenter au travail, à moins d’un motif valable compromettant leur propre santé ou l’un de leurs proches, incluant la quarantaine. Selon le nombre d’enfants reçus, les employé-es pourraient être affectés à d’autres tâches reliées à leur titre d’emploi.

          COVID-19 : document de référence de la CSN en matière de relations de travail et de santé et sécurité au travail

          Afin de répondre aux multiples questions soulevées par la pandémie du coronavirus, le Service juridique de la CSN et le Service de santé-sécurité-environnement ont élaboré un document de référence à l’attention de l’ensemble de nos syndicats affiliés (mise à jour le 20 mars à 8h). Une version anglaise de ce document est également disponible

          En fonction de l’évolution rapide des directives du gouvernement et de la Direction de la santé publique du Québec, ce document sera régulièrement mis à jour. La version actuelle a été produite en date du 20 mars 2020, à 8 h du matin. Des copies seront acheminées par la poste en version papier à l’ensemble de nos syndicats dans les meilleurs délais. Veuillez noter qu’une version anglaise sera aussi disponible dès mardi après-midi.

          Pour toute question, nous recommandons fortement à l’ensemble des membres de la CSN de communiquer avec leurs représentantes et représentants syndicaux locaux.

          Que ce soit pour les directives en matière de mise en quarantaine ou pour d’autres enjeux soulevés par la pandémie, nous constatons que les différents employeurs ont une compréhension très variable des consignes gouvernementales. Voilà pourquoi il est hautement conseillé aux travailleuses et aux travailleurs d’aviser leur employeur et leur syndicat de toute condition particulière.

          Toute question en matière de relations de travail et de santé et sécurité du travail peut également nous être acheminée à l’adresse coronavirus@csn.qc.ca en nous indiquant votre titre d’emploi, le nom de votre syndicat ou de votre employeur ainsi qu’une façon de communiquer avec vous. Nous tâcherons d’y répondre dans les meilleurs délais. Nos équipes de conseillères et de conseillers syndicaux contacteront votre syndicat local à cet effet. Tous nos documents d’appui et nos bulletins d’information seront disponibles sur www.csn.qc.ca/coronavirus.

          Pour toute information concernant le coronavirus, veuillez consulter les sites gouvernementaux suivants :

          Portail du gouvernement du Québec

          Portail du gouvernement du Canada

          Si vous présentez des symptômes du coronavirus, n’hésitez pas à appeler le 1 877 644-4545.

          Bulletin spécial de la CSN sur le coronavirus

          La situation de la pandémie du coronavirus évolue excessivement rapidement. La CSN tient à aviser son personnel, ses syndicats affiliés et l’ensemble de ses membres qu’elle suit la situation de très près.

          À cet effet, une équipe a été mise sur pied et se rencontre chaque jour pour faire le point. Nous sommes en contact avec les représentantes et les représentants du gouvernement et des différents organismes auxquels nous siégeons, et ce, afin d’assurer la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs que nous représentons et de contribuer, au meilleur de nos capacités, au bien-être de l’ensemble de la population.

          Toute question peut nous être acheminée par courriel à l’adresse suivante : coronavirus@csn.qc.ca. Nous tenterons d’y répondre dans les meilleurs délais.

          Nous entendons bien sûr participer à la recherche de solutions pour diminuer, autant que possible, les impacts des arrêts de travail et des mises en quarantaines qui pourraient affecter les travailleuses et les travailleurs. À ce sujet, la CSN salue la décision du gouvernement du Québec, lequel a annoncé aujourd’hui qu’il continuera à payer les employé-es de l’État qui seront mis en quarantaine à la suite d’un séjour à l’étranger.

          Nous en sommes à finaliser un document juridique portant sur la santé et la sécurité au travail en période de pandémie. Il sera disponible sous peu sur le site Internet de la CSN.

          Nous incitons les employeurs à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs.

          Nous invitons l’ensemble de la population à se conformer aux dispositions prises par les différents organismes gouvernementaux, notamment en ce qui a trait à l’annulation de tout rassemblement de plus de 250 personnes.

          Pour plus d’informations :  www.quebec.ca/coronavirus 

          Enfin, la CSN tient à saluer l’immense travail accompli par le personnel des services publics du Québec et du Canada, particulièrement dans le réseau de la santé et des services sociaux.

          La CSN réclame une réforme législative en profondeur de la Loi sur la santé et la sécurité du travail

          Des membres de la CSN ont manifesté aujourd’hui devant les bureaux du ministère du Travail pour réclamer une réforme en profondeur des lois en matière de santé et de sécurité du travail. Après avoir été maintes fois annoncé, le dépôt du projet de loi visant à réformer la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) et la Loi sur les accidents de travail et les maladies professionnelles (LATMP) semble imminent.

          « Les lois en matière de santé et de sécurité du travail n’ont pas fait l’objet de modifications en profondeur depuis leur adoption il y a une quarantaine d’années, rappelle le président de la CSN, Jacques Létourneau. Le monde du travail s’est transformé, les connaissances scientifiques ont évolué, mais nos législations ont fait du surplace, au détriment des travailleuses et des travailleurs victimes de lésions professionnelles. On est passé de la position de chef de file à celle, peu enviable, de dernier de classe. Cette situation doit cesser! »

          Au nombre de ses revendications, la CSN exige l’élargissement à tous les milieux de travail de l’ensemble des mécanismes de prévention, auxquels seuls certains secteurs économiques sont actuellement assujettis. La centrale syndicale demande également une mise à jour complète des maladies professionnelles présumées par la loi.

          « Alors que les problèmes de santé mentale occasionnés par le travail ne cessent d’augmenter, il est ahurissant de constater qu’aucune forme de maladie psychologique n’est reconnue par la loi », déplore Jacques Létourneau.

          Dans le cadre d’une éventuelle réforme des lois en matière de santé et de sécurité du travail, la CSN demande également le maintien intégral du programme de maternité sans danger, une révision en profondeur du mode de financement du régime d’indemnisation de la CNESST ainsi que des mesures concrètes visant à déjudiciariser ce dernier.

          « Il n’est pas normal qu’un travailleur ou une travailleuse victime d’une lésion professionnelle doive se battre pendant des mois pour obtenir réparation, souligne la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN), Dominique Daigneault. Il n’est pas plus normal que les employeurs multiplient le nombre de contestations afin de réduire leur facture à la CNESST. Tout ce cirque doit cesser. »

          Budget : « hormis l’environnement, rien de structurant »

          La CSN salue la prise de conscience du gouvernement du Québec de l’importance d’allouer des ressources financières importantes à la décarbonisation de l’économie du Québec. La centrale syndicale estime toutefois qu’hormis l’environnement, que le budget prévoit trop peu de mesures structurantes visant l’amélioration des conditions de vie et de travail des Québécoises et des Québécois, malgré l’excellente posture économique du Québec et l’ampleur des surplus budgétaires. 

          « Si on fait abstraction des mesures consacrées à la lutte aux changements climatiques, force est de constater que nous sommes devant le budget du statu quo », déplore le président de la CSN, Jacques Létourneau. Certes, les sommes prévues au Plan québécois des infrastructures en matière de transport collectif sont intéressantes, mais il est désolant de constater que les nouveaux investissements ne verront le jour qu’en 2022-2023. »

          La CSN attend impatiemment les détails du Plan pour une économie verte que devrait déposer prochainement le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. « Nos attentes sont claires, souligne le président de la CSN. D’une part, ce programme devra prévoir explicitement des mesures pour accompagner les travailleuses et les travailleurs afin qu’ils ne fassent pas les frais de cette nécessaire transition énergétique. D’autre part, les projets de transport collectif prévus par le gouvernement devront favoriser les emplois au Québec. Il est inconcevable pour nous de répéter les erreurs commises dans les dossiers du REM et des trains de VIA Rail pour l’axe Québec-Windsor. »

          Secteur public
          Malgré le fait que les surplus du Québec atteignent des sommets, le présent budget du gouvernement ne répond en rien aux demandes des travailleuses et des travailleurs du secteur public dans le cadre du renouvellement de leurs conventions collectives.

          « Ce n’est pas des farces, le budget vient confirmer, intégralement, les offres dérisoires du président du Conseil du trésor déposées en décembre dernier. La croissance des dépenses en santé et en éducation pour l’année à venir parviendra tout juste à contenir la hausse des coûts de système, sans parler du ralentissement déjà prévu par le ministre des Finances pour les années subséquentes. Aucune mesure particulière n’est envisagée pour améliorer les conditions de travail des salariés du secteur public. Force est de constater que le sérieux coup de barre que nous réclamons dans le cadre des présentes négociations a été complètement ignoré par le gouvernement.

          Main-d’œuvre
          Alors que les problèmes de pénurie et de rareté de main-d’œuvre touchent l’ensemble des secteurs économiques, le président de la CSN se désole du peu de ressources allouées en cette matière.

          « Nous nous attendions à des mesures concrètes en matière de formation professionnelle qualifiante permettant aux travailleuses et aux travailleurs d’acquérir de nouvelles expertises, reconnait Jacques Létourneau. Devant la crise que nous vivons, le gouvernement ne peut se rabattre uniquement sur l’intégration des immigrants ou le retour sur le marché du travail des retraités. »

          Des choix s’imposent

          Lettre signée par Jacques Létourneau, président de la CSN, Daniel Boyer, président de la FTQ,
          et Sonia Ethier, présidente de la CSQ 

          Le premier ministre en conviendra avec nous : rares ont été les occasions, dans l’histoire du Québec, où l’ampleur des surplus budgétaires à notre disposition nous a permis d’édicter de véritables choix de société. Avec des revenus anticipés – de l’ordre de six milliards de dollars pour les huit premiers mois de l’année en cours avant le versement au Fonds des générations – qui dépassent largement les dépenses de l’État, notre gouvernement se retrouve actuellement en excellente posture pour poser les assises du Québec que nous souhaitons collectivement.

          C’est dans cette situation économique plus qu’enviable que le ministre des Finances déposera, le 10 mars prochain, son deuxième budget.

          Certains nous rétorqueront à coup sûr que le Québec a des obligations en matière de remboursement de la dette publique. Les versements au Fonds des générations ont pourtant permis d’atteindre la cible fixée de 45 % pour le ratio dette/PIB au cours du présent exercice budgétaire, soit six ans avant ce qui était prévu. Le gouvernement est donc passablement en avance dans l’atteinte de ses objectifs de remboursement de la dette. Considérant qu’il dégage des surplus considérables même après le versement au Fonds des générations, nous estimons que cette situation mérite de faire l’objet d’un véritable débat public.

          Car nombreux sont les programmes du gouvernement, particulièrement en santé, en services sociaux et en éducation, qui peinent à se relever des années d’austérité imposées par le précédent gouvernement. Nous avions salué, lors du dernier budget, la décision du ministre Girard de rompre avec les années passées en prévoyant une croissance des dépenses supérieure à la hausse des coûts de système. Nous avions néanmoins émis d’importantes réserves à l’égard des prévisions de dépenses pour les cinq années à venir, lesquelles sont nettement en deçà de la croissance des coûts de système et nous font craindre un retour à l’austérité permanente.

          Quand on prend conscience du manque criant de ressources en éducation, en petite enfance et en enseignement supérieur, des insuffisances constatées jour après jour par la Commission Laurent ou des interminables listes d’attente dans nos centres de santé, la population du Québec est en droit d’escompter un réel réinvestissement dans nos services publics.

          Pour une transition juste
          Nous saurons le 10 mars prochain si le gouvernement Legault prend au sérieux la menace des changements climatiques et notre engagement à réduire de 37,5 %, d’ici 2030, nos émissions de gaz à effet de serre. Cet objectif ne sera pas atteint en se croisant les bras – ni les doigts d’ailleurs. Il requiert des gestes bien concrets de la part du gouvernement ainsi que les ressources budgétaires nécessaires. Le prochain budget doit faire une large place aux projets de transport collectif. Il doit soutenir les efforts attendus de nombreux secteurs industriels dans la réduction de leur empreinte écologique. Et, surtout, il doit s’assurer, notamment par l’entremise de soutien en matière de formation continue, que les travailleuses et les travailleurs ne feront pas les frais de cette nécessaire lutte aux changements climatiques.

          La transition énergétique n’est pas le seul facteur qui bouleverse nos milieux de travail. Les changements technologiques entraînés par la numérisation et la robotisation de nos processus de production apportent leur lot de transformations de nos emplois. Le gouvernement doit s’assurer que les travailleuses et les travailleurs ne seront pas laissés pour compte en renforçant l’accès aux programmes d’éducation et de formation qualifiante. Les problèmes de rareté de main-d’œuvre rencontrés dans toutes les régions du Québec amplifient cette nécessité.

          Enfin, le prochain budget du Québec doit pouvoir répondre aux aspirations de ceux et de celles qui sont au cœur de l’ensemble des missions de l’État. Les compressions budgétaires des années passées ont gravement alourdi leur charge de travail. Les conditions salariales bien peu compétitives rendent extrêmement difficile la capacité de chacun de nos établissements publics à attirer et à retenir la main-d’œuvre. Chaque jour, nos enfants, nos aînés et l’ensemble des citoyennes et des citoyens subissent les contrecoups du manque criant de personnel dans les écoles et les centres de santé et de services sociaux. Le gouvernement peut s’entêter à faire la sourde oreille : seul un sérieux coup de barre dans les conditions de travail et les conditions d’exercice des salarié-es du secteur public rendra ce dernier attrayant pour les travailleuses et les travailleurs. Espérons que le budget d’Éric Girard saura rompre avec les vœux de pauvreté de son collègue du Trésor.

          Le budget doit être à la hauteur des besoins pour éliminer les violences faites aux femmes

          Les reportages et les émissions sur les violences faites aux femmes abondent ces jours-ci et mettent en relief le grave problème qui se pose. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes et à deux jours du budget, la CSN demande au gouvernement un plan d’action concret et du financement pour contrer les violences envers les femmes.

          La CSN a récemment été saisie de l’histoire bouleversante d’une femme qui, en ce moment même, doit se cacher de son conjoint qui a proféré des menaces de mort envers elle et sa fille. L’histoire a été reprise dans certains quotidiens et illustre toute la tragédie que subissent de trop nombreuses femmes.

          « Les maisons d’hébergement ont encaissé de plein fouet les compressions des politiques d’austérité et leur pouvoir d’action est de plus en plus limité. Elles débordent et peinent à offrir tous les services pour lesquels elles sont sollicitées. En 2018-2019, c’est 14 997 demandes d’hébergement qui ont dû être refusées. Cette situation est absolument inacceptable », souligne la vice-présidente de la CSN, Véronique De Sève.

          Au Québec, 10 féminicides en moyenne se produisent chaque année. Depuis trois mois, sept Québécoises ont connu un tel sort. On ne peut plus attendre : il faut des mesures structurantes et l’injection de sommes importantes pour que les choses changent. « À quelques jours du dépôt du budget, le gouvernement ne peut faire la sourde oreille. Il a le devoir d’entendre le cri à l’aide des femmes et de protéger leur vie et leur sécurité », conclut Véronique De Sève.

          Combien de féminicides avant d’agir ?

          Lettre signée par les responsables politiques de la condition féminine de la CSN provenant de toutes les régions du Québec et de tous les secteurs d’activité

          À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, il est pour nous important de rapporter une histoire révoltante dont a été saisie l’une des signataires de la présente lettre. Cette histoire raconte le récit d’une Québécoise qui vit, en ce moment même, un vrai calvaire.

          Depuis deux longues années, Annie (nom fictif) subit du harcèlement de la part de son ex-conjoint, le père de son enfant. Deux ans à sentir une toile d’araignée se tisser autour d’elle. Vandalisme sur sa voiture. Présence de l’ex qui filme le CPE fréquenté par sa fille. Le 17 janvier dernier, elle reçoit un appel de la Direction de la protection de la jeunesse l’exhortant à se rendre immédiatement à ses bureaux, avec sa fille. Inquiète, la maman s’exécute sur-le-champ. La DPJ a mis la main sur l’enregistrement d’un appel que l’homme a fait à Info-Santé dans lequel il indique vouloir tuer la petite et la mère à un moment grandement médiatisé. Il affirme qu’il ne se suicidera pas, car il souhaite devenir, en prison, le porte-parole de tous ces hommes qui se disent bafoués par leur conjointe. Annie doit porter plainte à la police pour assurer sa protection et celle de sa fille. Or, le lieutenant lui dit qu’il n’y a pas matière à plainte et que monsieur, en demandant de l’aide au 811, a prouvé qu’il essaie de s’en sortir. On imagine le profond abîme dans lequel elle se retrouve devant une situation aussi surréaliste.

          Alors que son ex n’a jamais été arrêté, Annie, qui doit se cacher, ne peut plus travailler de crainte qu’il ne s’en prenne à sa fille. Terrorisée, pénalisée de tous côtés, elle recourt à l’assurance-emploi, qui lui procure un maigre 55 % de son salaire pour subsister. En plus, l’IVAC refuse de l’indemniser, car elle n’a pas officiellement vécu d’épisodes de violence physique.

          Manque d’argent
          Les maisons d’hébergement ont encaissé les contrecoups de l’austérité et leur pouvoir d’action est de plus en plus limité. Ces maisons débordent, et de ce fait, les refus de femmes et d’enfants dans le besoin s’accumulent pour manque de places (en 2018‑2019, les maisons ont refusé 14 997 demandes d’hébergement), les intervenantes sont à bout de souffle et le manque de ressources rend l’embauche difficile. Nombre de ces maisons n’ont plus les moyens d’agir sur les causes de la violence, que ce soit par la défense de droits, la sensibilisation dans les écoles ou la représentation politique. Pourtant, l’espoir réside en grande partie dans l’éducation des adultes de demain et dans un financement à la hauteur des besoins.

          Illustration : Émilie Tremblay

          Les moyens qui s’offrent à Annie pour échapper à sa situation s’amenuisent. Celle-ci peut se lancer dans un labyrinthe bureaucratique en déposant une plainte en déontologie policière ou médiatiser son expérience traumatisante. Mais à quel prix ?

          Elle est devant la quadrature du cercle. Le système a prévenu Annie que son ex-conjoint voulait les tuer, elle et sa fille, mais ce même système ne peut les protéger et les laisse dans une situation intenable. Au Québec, 10 féminicides en moyenne se produisent chaque année. En date du 25 février, six Québécoises avaient connu un tel sort depuis trois mois. C’est horrible et scandaleux. Le gouvernement de la CAQ doit s’ouvrir les yeux et voir la réalité en face. Les femmes crient à l’aide, le réseau des maisons d’hébergement crie à l’aide. Celui-ci estime à 50 millions de dollars l’argent nécessaire pour pouvoir assurer la sécurité des femmes et des enfants.

          À quelques jours du dépôt du budget, le gouvernement ne peut faire la sourde oreille. Il a le devoir de les entendre et de protéger leur vie et leur sécurité. Monsieur Legault, l’inaction est condamnable. Les femmes du Québec ont droit à une vie sans peur ni violence. Une violence qui leur est trop souvent fatale.

          Un 8 mars en action !

          C’est sur le thème Féministes de toutes nos forces que le Collectif 8 mars souligne la Journée internationale des droits des femmes. Depuis plusieurs semaines, le Collectif 8 mars a lancé un appel à la mobilisation en donnant la parole aux femmes. Parmi les divers moyens mis en œuvre, il invite la communauté à s’engager par une campagne de partage de photos sur les réseaux sociaux et par l’envoi de cartes postales destinées à la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest.

          Le visuel de cette année représente des femmes, main dans la main, en geste de victoire symbolisant l’union des combats féministes. « Ce visuel se rapporte à la notion de partage, à une libération qui peut s’accomplir seulement de façon plurielle et collective. L’affiche célèbre, de manière festive et à travers une palette de couleurs vives, l’aspect international et intersectionnel des luttes en cette année de Marche mondiale des femmes », souligne la porte-parole du Collectif et vice-présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Marlihan Lopez.

          En appui à la Marche mondiale des femmes
          Le Collectif 8 mars a choisi d’appuyer les féministes du monde entier au sein de la Marche mondiale des femmes dans leurs actions qui se dérouleront du 8 mars au 17 octobre 2020. Au Québec, le rassemblement de la Marche mondiale des femmes aura lieu le 17 octobre prochain dans la ville de Terrebonne. « Les Québécoises et les Québécois sont invités à marcher en appui aux revendications qui se déclinent sous cinq grands thèmes : pauvreté, violence, justice climatique, femmes immigrantes, migrantes et racisées, et femmes autochtones. Ce sont des enjeux fondamentaux qui méritent une forte mobilisation! », ajoute Marlihan Lopez.

          En marche avec Femmes de diverses origines (FDO)
          Le Collectif 8 mars lance également une invitation à participer à la manifestation organisée par Femmes de diverses origines (FDO), qui se tiendra le 8 mars à 13 h au Square Cabot, à Montréal, station de métro Atwater.

          À propos du Collectif 8 mars
          Le Collectif 8 mars représente 700 000 femmes au Québec provenant de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), de Femmes de Diverses Origines (FDO), de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

          Téléchargez le visuel du 8 mars.

          Visitez la page Facebook de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes.

           

           

          28 février : grève nationale des responsables de services de garde de la CSN

          Les responsables de services de garde (RSG) en milieu familial de la CSN annoncent la tenue d’une grève à l’échelle nationale le 28 février prochain. Cette grève, d’une demi-journée, a été votée au cours des dernières semaines et fait écho à l’inquiétude partagée par les RSG de la CSN quant à la pérennité du réseau de services de garde en milieu familial.

          Interpeller le gouvernement, avertir la population
          « Ce n’est jamais facile de prendre la décision de tenir une grève. Nous sommes dévouées à nos enfants et aux parents qui nous font confiance, mais là, nous constatons qu’il faut lancer un message fort et unifié quant à l’avenir des services de garde. L’attitude du gouvernement nous fait craindre le pire et les négociations en cours ne présagent rien de positif pour la suite des choses. Ce n’est pas compliqué, on se demande si le gouvernement cherche volontairement à fragiliser le réseau des RSG », explique Karine Morisseau, porte-parole et représentante des RSG de la CSN.

          Fragiliser un maillon important des services à la petite enfance
          Cette inquiétude se fonde sur un ensemble de constats que souhaitent partager les RSG avec la population. « Nous tiendrons cette grève pour nous assurer que des aspects méconnus de notre réalité soient pris en considération. Par exemple, peu de gens savent que lorsqu’on tient compte de notre nombre d’heures de travail réel, soit 50, voire 55 heures par semaine, notre rémunération équivaut à un taux horaire en dessous du salaire minimum! », ajoute Karine Morisseau.

          Le ministère de la Famille répond à cette iniquité en proposant une augmentation de la rémunération de l’ordre de 6,5 % étalée sur 5 ans, soit un taux en deçà de l’inflation. « Pour un gouvernement qui fait de la famille et de l’éducation une priorité, c’est une offre qui ne couvre  même pas l’augmentation du coût de la vie. Cette situation a pour conséquence de nous appauvrir et de nous fragiliser, car nous tenons à maintenir le même niveau de qualité dans la prestation de nos services », commente Karine Morisseau.

          En effet, le réseau se fragilise à grande vitesse alors que plus de 20 % des RSG ont quitté la profession ces dernières années. « À l’heure actuelle, ce sont près de 92 000 enfants qui sont pris en charge par le réseau. Or, nous sommes inquiètes, puisque les conditions de travail sont de moins en moins attractives, voire reculent, et le message que nous livre le gouvernement ne fait rien pour valoriser la profession et assurer la viabilité des services », estime Lucie Longchamps, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

          Le gouvernement ne peut plus esquiver la question
          Les RSG ont contribué à bâtir l’offre de services de garde et contribuent quotidiennement à la prospérité économique du Québec en offrant une option de qualité aux parents, qui en retour, peuvent investir le marché de l’emploi. « Le gouvernement saisit-il bien la contribution sociale et économique des RSG? Le gouvernement reconnaît-il l’importance de ce secteur d’activité composée à 99 % de femmes? Est-ce que le gouvernement, par des offres en deçà de l’inflation ou des projets de maternelles 4 ans représentant plus d’un milliard de dollars, cherche à étouffer un réseau qui a fait grandir le Québec? C’est la question qu’on lui pose. C’est la question que notre grève pose. Accepter les offres actuelles du gouvernement, c’est accepter de voir disparaître notre réseau. Je doute que les parents et la population soient d’accord avec cela », affirme Karine Morisseau.

          « Nous sommes heureux d’accueillir les RSG pour cette importante annonce. Nous sommes solidaires de cette lutte, car elle nous touche collectivement et nous invitons le gouvernement à étudier la question avec le sérieux et le respect qu’elle mérite », ajoute Mickaël Lavoie, vice-président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais–CSN (CCSNO–CSN).

          28 février : une grève nationale
          Le 28 février, les RSG de la CSN n’offriront pas de services de garde entre 7 h et 12 h, et ce, partout au Québec.

          Régions et bureaux coordonnateurs (BC) concernés par la grève

          Saguenay-Lac Saint-Jean
          BC — CPE Les Amis de la culbute
          BC — CPE Mini-monde
          BC — LE CPE Aeutissatsh

          Îles-de-la-Madeleine
          BC — CPE Chez Ma tante

          Montérégie
          BC — CPE Les Amis gators
          BC — CPE Mafamigarde
          BC — Au pied de l’échelle
          BC — Joie de vivre
          BC — CPE Vos Tout-Petits

          Outaouais
          BC — CPE Des Premiers pas
          BC — CPE De la Petite-Nation
          BC — CPE L’Éveil de la nature

          Estrie
          BC — CPE Sous les étoiles

          Laurentides
          BC — CPE Les petits Baluchons
          BC — Le rêve de Caillette 

          Québec
          BC — CPE Joli-cœur
          BC — CPE Le Kangourou
          BC — Beauport
          BC — De Sainte-Marie (Petits pommiers)

          Bas-Saint-Laurent
          BC — CPE L’Aurore boréale
          BC — Services de garde l’Enfant joue

          Gaspésie
          BC — CPE De La Baie
          BC — Aux joyeux marmots 

          Abitibi
          BC — LE CPE Des p’tits maringouins 

          Lanaudière
          BC — CPE Aux portes du matin
          BC — CPE La chenille 

          Montréal
          BC — La Trottinette carottée
          BC — Ahuntsic
          BC — Saint-Léonard
          BC — CPE La grenouille rose
          BC — CPE Montréal-métropolitain
          BC —Du Carrefour
          BC — CPE Gros bec
          BC — CPE de Montréal-Nord
          BC — Lieu des petits de St-Michel
          BC — Familigarde de LaSalle
          BC — CPE Les Maisons Enjouées

          Laval
          BC — Force vive

           

          Montant record amassé par la CSN pour le Camp Vol d’été Leucan–CSN

          La 23e campagne de financement de la CSN pour le Camp Vol d’été Leucan–CSN, camp unique pour les enfants atteints de cancer et leur famille, vient de se terminer. Nous sommes très heureux d’annoncer qu’un montant record de 231 457 $ a été amassé collectivement par les membres de la CSN. C’est en 2019 que le cap des 4 millions de dollars a été franchi en montant amassé total depuis le début de cette belle association.

          Par solidarité envers les enfants atteints de cancer, les militants et militantes ont organisé différentes actions pour atteindre un tel résultat (campagne du 1 $ par membre, retenues à la source, tournois de golf, ventes de bonbons,  organisation d’activités, etc.). Le Camp Vol d’été Leucan-CSN est d’ailleurs la cause officielle de la CSN.

          30 personnes membres de toutes les organisations de la CSN s’impliquent bénévolement à la Fondation Camp Vol d’été Leucan-CSN pour mener cette campagne de collecte de fonds. Ils agissent avec cœur et dévouement tout au long de l’année pour voir à la réussite de la campagne. Ils sont : Jean Lacharité (CSN), Gabrielle Pelletier (CSN), Ramatoulaye Diallo (Conseil central du Montréal Métropolitain–CSN), Éric Céré (Conseil central des Laurentides–CSN), Nancy Legendre (Conseil central Bas-Saint-Laurent–CSN), Félix-Antoine Lafleur (Conseil central Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec–CSN), Daniel Lamoureux (Conseil central Bas-Saint-Laurent–CSN), Sylvain Pratte (Conseil central Cœur-du-Québec–CSN), Agathe Tremblay (Conseil central Côte-Nord–CSN), Julie Bolduc (Conseil central Estrie–CSN), Serge St-Pierre (Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine–CSN), Alain Chevarie (Conseil central de la Gaspésie et des Île-de-la-Madeleine–CSN), Patricia Rivest (Conseil central Lanaudière–CSN), Louis-André Boulay (Conseil central Montérégie–CSN), Daniel Baril (Conseil central Outaouais–CSN), Louis Hamel (Conseil central Québec-Chaudière-Appalaches–CSN), Monic Perron (Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean–CSN), Emmanuelle-Cynthia Foisy (CSN-Construction), Alexandre Giguère (FC–CSN), Jean-Pierre Bourgault (FEESP–CSN), Michel Tétreault (FIM–CSN), Pierre Roger (FNC–CSN), Léandre Lapointe (FNEEQ–CSN), Yvan Duceppe (FP–CSN), Nadine Lambert (FSSS–CSN), François Gagnon (L’OR–CSN), Céline Charbonneau (Marraine), Jean-Claude Gagnier (STT–CSN)

          Les familles de Leucan tiennent à remercier tous ceux qui participent de près ou de loin à cette grande campagne provinciale de financement. Soyez assuré que vous faites une réelle différence. Comme on le dirait au camp….

          « C’estttttt un M, un E, un R. C’est un C avec un I.  Rassembler tou-tes ces let-tres, vous y trouverez, MERCI MERCI MERCI! »

          Une réforme législative plus que nécessaire

          Le dépôt du projet de réforme des lois en santé et sécurité du travail a enfin été annoncé pour mars prochain. Une lueur d’espoir pour les milliers de personnes qui, depuis trop longtemps, subissent les conséquences de leur vétusté.

          Le Québec faisait figure de proue en 1979 avec l’adoption de la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST). Quarante et un ans plus tard, il se retrouve en queue de peloton en cette matière. La LSST n’a jamais été actualisée, pas plus que la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles (LATMP) adoptée en 1985. « On est nettement en arrière des autres régimes quand on se compare à ce qui se fait ailleurs, notamment dans le reste du Canada », admettait d’ailleurs le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale responsable de la réforme, Jean Boulet, dans une entrevue accordée au Soleil en janvier 2019.

          Un rattrapage qui urge
          À l’heure actuelle, c’est plus de 75 % des travailleuses et des travailleurs du Québec qui ne sont pas couverts par la loi, une aberration, selon Jean Lacharité, vice-président de la CSN. « C’est incroyable qu’en 2020, au Québec, trois travailleuses ou travailleurs sur quatre ne soient pas protégés ou n’aient accès à aucun mécanisme de prévention prévu par la loi. Nous demandons depuis des années que ces mécanismes soient étendus à l’ensemble des milieux de travail. Il faut rattraper le temps perdu ! »

          C’est d’ailleurs ce que recommande une étude de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) parue en janvier 2020. On y apprend que les groupes jugés « non prioritaires » par la loi sont en proportion aussi touchés, sinon plus, que les groupes prioritaires. L’étude confirme ainsi la nécessité d’étendre les processus de prévention à tous les secteurs professionnels, indistinctement de leur niveau de « priorité ».

          Le réseau de la santé comme priorité
          Ce besoin est d’autant plus criant pour le réseau public de la santé et des services sociaux, qui détient le triste record du plus grand nombre de réclamations auprès de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) en matière d’accidents de travail et de lésions professionnelles. Pourtant, ce secteur est toujours considéré comme « non prioritaire » aux yeux de la loi, ce qui crée d’importantes lacunes sur le plan de la prévention dans les différents établissements.

          Jessica Goldschleger, présidente du Syndicat des technicien-nes et professionnel-les de la santé et des services sociaux du Québec (STEPSQ–CSN) du CHU Sainte-Justine, souligne que cette absence d’investissements en prévention est l’une des principales causes de blessure physique chez les membres de son syndicat, notamment les technologistes médicaux en laboratoire qui se heurtent à de sérieux problèmes d’ergonomie des espaces de travail.

          « Des personnes doivent s’asseoir sur des bottins téléphoniques à longueur de journée pour être à la bonne hauteur ou doivent travailler constamment de côté, faute de place pour allonger leurs jambes sous les comptoirs. À la longue, des troubles musculosquelettiques se développent et les gens doivent être mis en arrêt de travail. Si nous pouvions bénéficier d’un représentant en prévention à temps plein et de budgets appréciables dédiés entièrement à la question, comme la LSST le prévoit pour les secteurs prioritaires, on pourrait éviter de nombreuses blessures comme celles-là. »

          Pour Guy Mousseau, vice-président en santé, sécurité et défense du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSS–CSN de Lanaudière, le constat est le même : « Ça fait 26 ans que je m’occupe des dossiers de santé et de sécurité au travail et, pour moi, la preuve est établie depuis fort longtemps : plus les employeurs investissent en prévention, plus les cas de lésions professionnelles diminuent. C’est une corrélation directe, soutient-il. En ce moment, le secteur de la santé est réactif plutôt que proactif. Il faut que ça change ! »

          Surcharge de travail et détresse psychologique
          Les conséquences du caractère désuet des lois ne s’arrêtent pas là. Le nombre grandissant de personnes qui doivent demander un arrêt de travail pour des lésions professionnelles entraîne nécessairement une pénurie de main-d’œuvre ; et celui-ci pèse lourd sur les épaules des personnes qui demeurent en poste.

          Le Comité national intersyndical de prévention en santé et sécurité, qui regroupe sept syndicats du milieu de la santé et des services sociaux, rapportait récemment qu’entre 2014 et 2018, le nombre d’heures d’absence liées à des cas de santé et de sécurité au travail avait augmenté de 34 % pour l’ensemble des établissements publics du Québec.

          Par conséquent, la charge de travail augmente considérablement pour les personnes qui demeurent à pied d’œuvre et les cas d’épuisement professionnel et de détresse psychologique causés par l’anxiété au travail s’accumulent. « On n’en peut plus ! », s’exclame Jessica Goldschleger. « Avec les heures supplémentaires obligatoires et la pénurie de personnel, la pression est trop forte. Les gens finissent par flancher », se désole-t-elle.

          Contestation et arbitrage médical
          Le hic, c’est que la LATMP ne reconnaît aucune maladie à caractère psychologique. Une personne qui souhaite recevoir un tel diagnostic et être indemnisée par la CNESST doit faire la démonstration que cette « lésion » psychologique est bel et bien liée à l’exercice de son travail. Le fardeau de la preuve repose donc entièrement sur les épaules des travailleuses et des travailleurs.

          Qui plus est, même si le dossier du salarié-e est bien étoffé, l’employeur contestera le diagnostic du médecin traitant par un médecin qu’il désigne lui-même. Il cherchera de la sorte à réduire le montant de sa cotisation en tant qu’employeur au fonds d’indemnisation de la CNESST, lequel est établi en fonction du nombre de réclamations qu’il génère. Ainsi, la quasi-totalité des diagnostics de lésions ou de maladies professionnelles est contestée, ce qui déclenche la procédure d’arbitrage devant le Bureau d’évaluation médicale (BEM) du ministère du Travail.

          Santé mentale et vie privée
          Cette situation n’est pas sans conséquences sur les personnes concernées qui, en plus d’affronter la lourdeur administrative de toutes ces démarches, doivent subir un « procès public » sur leur vie personnelle et leur santé mentale. Car l’employeur veut démontrer que la maladie à caractère psychologique de son employé-e n’est pas liée à l’exercice de son travail et s’affairera à constituer parallèlement un dossier sur celui-ci en enquêtant sur sa vie, son passé et ses antécédents.

          Certains employeurs vont même jusqu’à épier les profils Facebook des gens en arrêt de travail. C’est assez préoccupant, confie Jessica Goldschleger. Alors plutôt que de s’embarquer dans de longues procédures pénibles et souvent humiliantes au cours desquelles des événements douloureux de leur vie privée seront ressassés, plusieurs décident dans bien des cas d’abandonner leur recours contre l’employeur. »

          Retour au travail prématuré
          C’est ainsi que bon nombre d’employé-es se voient contraints de retourner au travail de manière prématurée sans pour autant être rétablis. « Ce qu’on remarque de plus en plus, ce sont des gens encore malades qui reprennent le boulot et qui font du présentéisme jusqu’à une éventuelle rechute. Plusieurs personnes, même, démissionnent parce qu’elles ne se sont jamais remises de leur maladie », constate Jean-Renaud Caron.

          « Si la LATMP était revue et les diagnostics à caractère psy­chologique reconnus par la CNESST, plusieurs cas seraient indemnisés de façon adéquate ; cela pousserait l’employeur à trouver d’autres solutions plutôt que d’exiger prématurément le retour au travail des salarié-es », ajoute-t-il.

          Les attentes envers le ministre Boulet et sa réforme législative sont donc très élevées, et pour cause. Après plus de quarante ans d’inaction, il est grand temps de remédier à la situation, et ce, pour la santé du Québec et celle de ses millions de travailleuses et de travailleurs.


          Les quatre revendications de la CSN Pour la réforme des lois en santé et sécurité

          1. Étendre les mécanismes de prévention à l’ensemble des milieux de travail, et non plus seulement à certains groupes prioritaires.
          2. Maintenir le programme de maternité sans danger afin d’assurer un milieu de travail sécuritaire pour la femme enceinte et son enfant qui est à naître ou allaité.
          3. Faciliter l’admission des lésions professionnelles, notamment des maladies à caractère psychologique.
          4. Déjudiciariser le régime d’indemnisation en procédant, entre autres, à la révision du système de financement et l’abolition du Bureau d’évaluation médicale.

          Les choses n’en resteront pas là

          Les salarié-es de l’usine de pâtes et papiers de Kruger à Brompton sont prêts pour la lutte. S’ils obtiennent gain de cause dans l’arbitrage qui les oppose à l’employeur, ils entameront sans attendre la négociation de leur convention collective. Et ils comptent bien récupérer leur dû.

          Les employé-es sont en colère, car l’employeur ne respecte pas l’entente intervenue entre les deux parties en 2017. Pour comprendre pourquoi était intervenue cette entente, il faut se reporter il y a 10 ans. Le président de Kruger, Joseph Kruger fils, s’était lui-même rendu à l’usine de Brompton pendant la négociation de la convention collective. Devant une foule de salarié-es ébahis, il a retourné ses poches, vides, pour illustrer la situation financière difficile dans laquelle se trouvait l’entreprise.

          Voulant protéger leur gagne-pain et aider à maintenir l’entreprise et l’usine à flot, les travailleuses et travailleurs avaient alors accepté d’importantes concessions. C’est ainsi qu’ils ont encaissé une diminution de salaire de 10 %. Transportons-nous maintenant sept ans plus tard, en avril 2017. La société Kruger a survécu et l’usine de Brompton aussi. D’autres défis se dressent toutefois sur leur chemin. La crise des médias continue de s’aggraver et la demande pour le papier journal, qui est alors le seul produit fabriqué à l’usine de Brompton, est en forte baisse. Qui plus est, les États-Unis imposent des tarifs importants sur les papiers d’impression en provenance du Canada, prétendant que les sociétés canadiennes font du dumping.

          Kruger juge qu’il est temps de diversifier sa production. L’entreprise décide d’investir afin d’équiper l’usine de Brompton des dispositifs nécessaires pour la production de papier d’emballage alimentaire. Faisant encore planer les perspectives d’avenir incertaines de l’établissement, la papetière sollicite, une fois de plus, la collaboration des salarié-es. Afin de prévoir ses dépenses à long terme et d’avoir les coudées franches pour pouvoir procéder aux investissements qui s’imposent, l’employeur demande aux employé-es de renoncer, deux ans d’avance, à négocier une nouvelle convention collective.

          Le syndicat s’est donc à nouveau retrouvé coincé entre son désir d’obtenir les meilleures conditions possible pour ses membres et sa volonté de participer à la pérennité de l’organisation. « Les travailleuses et travailleurs ont de nouveau accepté d’apporter leur contribution durant cette importante phase de transformation », explique le président du syndicat et opérateur de bobineuse-coupeuse depuis 20 ans, Sébastien Carrier Provencher. Une entente visant à prolonger de six ans la convention collective alors en vigueur, sans droit de grève et de lock-out a ainsi été conclue. Selon ses propres termes, l’entente était conditionnelle à « la réalisation du projet de diversification de 53 millions de dollars […] » en réalisant « la séparation des systèmes de cassé et d’eau blanche des deux machines » ainsi que « l’installation d’une tour de blanchiment, d’un système de raffinage de la pâte Kraft et d’une presse encolleuse sur la machine 2 ». L’entente stipulait également que le projet devait être réalisé avant le 31 mai 2019, soit la date d’échéance de la convention collective.

          Une « collaboration » à sens unique
          Où en est-on aujourd’hui, plus de six mois après l’expiration de la convention collective et de la date butoir pour l’achèvement du projet de diversification ? La tour de blanchiment n’est pas installée et elle ne le sera vraisemblablement jamais, selon le président du syndicat. L’entreprise a finalement opté pour un papier d’emballage brun, que l’usine produit depuis novembre dernier.

          « Au lieu d’installer un système de raffinage, ils font passer la pâte Kraft dans les vieux raffineurs, souligne M. Carrier Provencher. Ils ne se sont pas non plus occupés de l’installation d’une presse encolleuse et n’ont pas l’air partis pour s’en occuper un jour. »

          L’employeur affirme de son côté avoir rempli ses obligations en investissant 53 millions de dollars dans l’usine. Il estime cela suffisant pour que l’entente soit valide. Une position quelque peu surprenante, considérant qu’il n’a toujours pas versé les augmentations salariales prévues pour l’année 2019. « Il dit qu’il a investi l’argent, mais on ne voit pas où ça a été fait. Les 53 millions, c’était pas pour faire de l’entretien ! », s’exclame-t-il.

          Il va sans dire que les syndiqué-es sont déçus et ont l’impression que l’employeur a profité de leur bonne volonté. « Les membres connaissent les concessions qu’ils ont faites pour sauver l’usine et sont frustrés. Aujourd’hui, celle-ci se porte mieux ; le prix du papier journal a recommencé à augmenter depuis, mais l’employeur n’a toujours pas renvoyé l’ascenceur. Les syndiqué-es ne vont pas baisser les bras et sont déterminés à faire invalider l’entente pour négocier dès maintenant. Ils sont résolus à se faire respecter », conclut le président du syndicat.

          Pour la suite du monde

          Cent vingt-sept jours se sont écoulés entre le moment où le Groupe Capitales Médias (GCM) s’est placé sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers et l’acceptation du plan de reprise collective des quotidiens. Retour sur une petite révolution.

          Ces 127 jours, les syndiqué-es du Soleil, du Nouvelliste, du Droit, de La Voix de l’Est, du Quotidien et de La Tribune s’en souviendront longtemps. Le 19 août dernier, ils étaient plus de 350 salarié-es au bord du gouffre. Depuis, des coopératives ont repris le bâton de pèlerin pour chacun des journaux et la voix de ces régions continuera à être portée dans le vaste discours médiatique.

          Inventer un nouveau modèle
          Dans cette course contre la montre, les employé-es ont proposé un modèle d’affaires novateur et une vision nouvelle pour l’avenir de la presse écrite : la propriété collective, une approche encore jamais vue étant donné l’envergure du projet. Désormais, ils pourront miser sur un niveau d’indépendance qui sera au service des communautés et représentatif de leur réalité.

          Dès le départ, l’idée de reprendre les quotidiens en fondant des coopératives s’est enracinée dans les esprits des représentantes et représentants syndicaux concernés. Pour y arriver, il leur aura fallu réagir très rapidement et entamer un travail colossal.

          Sacrifices et efforts collectifs
          Dans les heures suivant l’annonce par les dirigeants de GCM, les syndiqué-es se sont mobilisés, avec l’appui de la CSN et de la Fédé­ration nationale des communications (FNC–CSN), afin de développer une solution de rechange viable. Les défis étaient nombreux et le temps compté. Baisser les bras n’était pas envisageable et une période très intense s’est amorcée, alors que la CSN a soutenu activement les syndiqué-es pour les aider à s’adjoindre les services de ressources appropriées, comme ceux de MCE Conseils. Quatre mois effrénés ont suivi pendant lesquels les travailleuses et travailleurs ont conçu un ambitieux plan de reprise et mené une vaste campagne de financement, tout en continuant à assurer la publication de leur quotidien.

          Ce marathon en aura surpris plus d’un par son intensité. Car malgré la bonne volonté des acteurs impliqués, la partie était loin d’être gagnée. À commencer par la difficile situation financière de l’entreprise sur fond de crise générale dans la presse écrite. Rappelons ici quelques faits : lors des deux précédentes négociations, les salarié-es avaient consenti des hausses salariales de 1 %, un taux en deçà de l’inflation, dans l’espoir de maintenir à flot leurs quotidiens. Ils avaient également accepté de rendre les régimes de retraite des salarié-es actifs moins avantageux. Sans compter la diminution de la valeur des régimes de retraite, un drame qui touche tout autant les retraité-es que les travailleuses et travailleurs encore en poste.

          Malgré cela, l’espoir prend le dessus. À terme, c’est une incroyable campagne de financement qui s’est déployée : en moins de trois mois, 2,5 millions de dollars sont recueillis auprès de la population. L’un des messages les plus forts de toute cette expérience est ainsi lancé : les quotidiens régionaux sont essentiels et leurs communautés sont déterminées à faire en sorte qu’ils survivent. Fort de cet important appui populaire, le projet de coopérative aura également su convaincre Fondaction (CSN), le Fonds de solidarité de la FTQ ainsi que Desjardins d’appuyer financièrement l’aventure.

          Mais de nouveaux sacrifices devront être consentis. « Nous contribuerons à la pérennité de nos quotidiens par un prélèvement de 5 % sur chacune de nos payes », explique Louis Tremblay, président des conseils d’administration de la coopérative du Quotidien et de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i). « Nous nous priverons d’augmentations salariales et de bonification de prime durant les premières années du projet. Nos communautés pourront ainsi conserver une voix. Nos enjeux, notre vie politique, sociale, culturelle et économique continueront à faire l’objet d’une couverture indépendante et professionnelle. Nous y veillerons. »

          Une victoire et des luttes à venir
          Le 23 décembre dernier, le plan de relance proposé par les travailleuses et travailleurs était accepté devant la Cour supérieure. Des centaines d’emplois ont été sauvegardés et la population peut espérer des jours meilleurs pour l’information régionale indépendante. Les défis à venir sont toutefois énormes et nul n’en est plus conscient que Louis Tremblay.

          « Cette victoire prouve que notre mouvement peut accomplir d’immenses choses. Dans les prochaines années, nous devrons continuer d’innover. Nous devrons piloter un virage numérique et appliquer les idées phares de notre plan d’affaires pour atteindre l’équilibre budgétaire et retrouver enfin la voie de la rentabilité. Sauf que cette fois-ci, nous sommes collectivement responsables de notre destin, et nous n’aurons pas à subir les décisions arbitraires et opaques comme dans le passé. Ça va faire du bien ! »

          La CAQ souhaite-t-elle asphyxier les services publics ?

          Le 12 décembre dernier, la CSN a rencontré le Conseil du trésor pour recevoir les offres du gouvernement en vue du renouvellement des conventions collectives du secteur public.

          Alors que la CAQ promettait du changement, les propositions déposées indiquent plutôt que le gouvernement Legault choisit de poursuivre sur la même voie que ses prédécesseurs libéraux en refusant de reconnaître la valeur du travail accompli par les travailleuses et les travailleurs en éducation, en santé et services sociaux et dans les organismes gouvernementaux.

          Des offres salariales insultantes
          Côté salaire, le gouvernement offre à ses propres employé-es de s’appauvrir. En proposant des augmentations sous le taux d’inflation – 1,75 % pour chacune des deux premières années, 1,5 % pour la troisième année et 1 % pour chacune des deux dernières années – le premier ministre Legault renie sa parole de consentir au minimum des augmentations qui couvriraient la hausse du coût de la vie. Pour les membres CSN du secteur public, cette proposition est inacceptable. Éviter de s’appauvrir en travaillant ne devrait même pas être un enjeu de négociation. C’est la base.

          Le Conseil du trésor propose aussi de verser un montant forfaitaire de 1000 $ non récurrent aux personnes qui auront atteint le dernier échelon de leur échelle salariale d’ici le 30 mars 2020. Ce montant n’est que de la poudre aux yeux.

          Sur le terrain, les offres salariales ont été reçues comme une véritable insulte. Pour bon nombre de travailleuses et de travailleurs des réseaux publics, le salaire actuel ne permet même pas de vivre décemment. Les besoins sont grands et les personnes qui œuvrent au quotidien à prodiguer les meilleurs services possible à la population s’attendent à plus de respect de la part de leur employeur, le gouvernement du Québec.

          Négocier sans attendre
          Le Conseil du trésor, dans son dépôt des deman­des à la table centrale, annonçait la création de trois forums sur ses priorités gouvernementales, soit la santé globale des salarié-es, la réussite éducative et l’accessibilité aux soins pour la clientèle en hébergement de longue durée ou recevant des soins à domicile. La CSN a annoncé en janvier dernier qu’elle ne participera pas à ces forums ; les fédérations du secteur public considèrent que les discussions sur ces enjeux cruciaux doivent se tenir aux tables de négociation, dès maintenant.

          Une première séance entre la CSN et le Conseil du trésor s’est tenue le 8 janvier. Les parties ont convenu de se rencontrer régulièrement. Les pourparlers sont donc entamés sur l’ensemble de nos revendications, tant sur le salaire que sur les autres enjeux intersectoriels, soit la retraite, les disparités régionales, les droits parentaux ainsi que les assurances collectives et la protection des lanceurs d’alerte.

          Des dépôts sectoriels déconnectés
          Les fédérations du secteur public affiliées à la CSN (FEESP, FNEEQ, FP et FSSS) ont aussi reçu, en décembre, les propositions sectorielles des comités patronaux de négociation.

          Dans le secteur de la santé et des services sociaux ainsi qu’en éducation, les dépôts patronaux dénotent un flagrant manque de vision. Alors que la négociation devrait servir à améliorer les conditions de travail de toutes et de tous, les patrons des réseaux semblent plutôt vouloir saisir l’occasion pour accroître le pouvoir des cadres et retirer certains droits aux salarié-es. Les dépôts comportent des éléments préoccupants pour celles et ceux qui sont en situation de précarité, particulièrement en éducation : diminution des avantages pour les employé-es à temps partiel, augmentation des délais et ajout de critères pour l’obtention de la permanence, modification des horaires à la petite semaine, etc. Avec de telles mesures, il est difficile de saisir comment les patrons pensent attirer la relève dans les écoles, les cégeps et les établissements de santé et de services sociaux.

          Du côté des travailleuses et travailleurs des organismes gouvernementaux syndiqués à la CSN qui prennent part à la négociation du secteur public, seuls les membres du Parc olympique de Montréal ont déjà entamé les discussions avec la partie patronale. Les sept syndicats FEESP et FP de cet organisme ont décidé de se coordonner pour mener la présente ronde de négociation. Une décision fort stratégique compte tenu de la volonté de l’employeur de réécrire entièrement les conventions collectives, notamment en décloisonnant les horaires et en facilitant le recours à la sous-traitance. Les syndicats CSN de l’aide juridique, des traversiers et de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse n’ont quant à eux toujours pas reçu les propositions patronales.

          Merci, mais non merci
          Absolument rien dans les dépôts du gouvernement, tant à la table centrale qu’aux tables sectorielles, ne permet d’attirer le personnel dans le secteur public et de le retenir. Avec les coffres de l’État québécois qui débordent et une situation de rareté de main-d’œuvre qui entraîne déjà des pénuries majeures dans les réseaux, voire des bris de services, le gouvernement a les moyens et le devoir de faire mieux. C’est par leur mobilisation que les 150 000 travailleuses et travailleurs CSN du secteur public lui feront prendre conscience de l’urgence d’agir.

          Le gouvernement bâillonne le parlement

          Quelques centaines de syndiqué-es de la CSN en colère ont manifesté le 6 février à Montréal. Leur but : exhorter le gouvernement du Québec à laisser le processus démocratique suivre son cours et s’opposer au bâillon concernant le projet de loi 40 sur la gouvernance scolaire. Malheureusement, le couperet du bâillon est tombé dans la nuit du 6 au 7 février, interrompant abruptement les travaux parlementaires portant sur le projet de loi.

          Tout juste avant de recourir au bâillon, le gouvernement a déposé 82 amendements. Ceux-ci n’ont jamais pu être étudiés par les parlementaires. Plusieurs représentantes de la CSN présentes à la manifestation se sont indignées de cette approche autoritaire du gouvernement Legault dans ce dossier. « Le gouvernement devrait avoir appris qu’il ne gagne rien à agir dans la précipitation. À présent, on se retrouve avec un projet de loi mal ficelé. Ce sont les employé-es, les élèves ainsi que leur famille qui risquent d’en payer le prix », a souligné la vice-présidente de la CSN, Véronique De Sève.

          La présidente du secteur scolaire de la Fédération des employées et des employés de services publics (FEESP–CSN), Annie Charland, n’en revenait pas elle non plus. « Le ministre parle souvent de consulter celles et ceux qui connaissent les enfants par leur nom. C’est le cas des membres du personnel de soutien scolaire qui travaillent dans plus de 1600 écoles du Québec, tous les jours. Mais ni M. Legault ni le ministre Roberge n’ont daigné consulter ces personnes », s’insurge-t-elle.

          Participant également à la manifestation, Nathalie Arguin, présidente de la FEESP–CSN, a tenu à commenter l’odieux bâillon. « Quand un projet de loi compte plus de 300 articles et modifie plus de 80 lois, cela dépasse l’abolition des élections scolaires. Au fond, le gouvernement a choisi la facilité pour faire taire toutes les voix contraires à la sienne. Cette façon de procéder est extrèmement inquiétante. »

          La CSN se met en action à Granby

          Que ce soit dans le secteur de la santé, des services sociaux ou de l’éducation, les syndicats du secteur public de la ville de Granby affiliés à la CSN se mettront en action dès maintenant pour améliorer leurs conditions de travail dans la prochaine négociation du secteur public.

          Pour la CSN, il est clair que les offres salariales du gouvernement, qui sont de 1,75 % pour chacune des deux premières années, de 1,5 % pour la troisième année et de 1 % pour chacune des deux dernières années, sont nettement insuffisantes. Avec des surplus budgétaires confirmés, le gouvernement a non seulement les moyens, mais il a le devoir de réinvestir massivement dans les services à la population. Des services qui, rappelons-le, ont été frappés de plein fouet par les mesures d’austérité des gouvernements précédents.

          Annette Herbeuval, présidente du Conseil central de la Montérégie (CSN), est catégorique : il est urgent d’apporter des solutions pour garder suffisamment de travailleuses et de travailleurs pour offrir des services à la population. « La pénurie de main-d’oeuvre affecte sévèrement nos services publics dans la région. Comme à chaque négociation, les syndicats de Granby pourront compter sur l’appui du Conseil central de la Montérégie », affirme-t-elle.

          Camille Dubuc, président du Syndicat des enseignantes et enseignants du cégep de Granby, demande un réel réinvestissement dans le réseau collégial. « Nous l’avons vu récemment dans les médias, il y a dix fois plus d’étudiantes et d’étudiants en situation de handicap au Cégep de Granby. Nous souhaitons que la prochaine négociation nous permette de dégager des ressources pour les profs, afin que nous puissions nous adapter à ce changement dans la population étudiante. Dans les derniers mois, le gouvernement a injecté des sommes importantes dans les cégeps, cependant rien n’a été ajouté au niveau de l’enseignement. Il y a du financement qui a été établi dans les années 90 et qui n’a pas été revu depuis. Au Cégep de Granby, il y avait environ 1000 étudiantes et étudiants et un peu moins de cent professeurs. Aujourd’hui, on est deux mille étudiants et plus de 150 profs. Le financement ne suit pas l’évolution des besoins », affirme-t-il.

          Selon Benoit Racicot, président du Syndicat du personnel du Val-des-Cerfs (CSN), le gouvernement doit prendre acte de la pénurie de main-d’oeuvre, notamment en ce qui concerne le personnel ouvrier dans les commissions scolaires. « Le gouvernement a octroyé une prime d’attraction à certaines parties du personnel ouvrier lors de la dernière ronde de négociation parce que l’exode vers le secteur privé est massif. Par contre, cette prime ne comble pas tous les problèmes rencontrés et les besoins sont encore criants. Il va falloir que le gouvernement donne un coup de barre de plus pour garder les ouvriers spécialisés dans les écoles, car actuellement, ce n’est pas assez », ajoute-t-il.

          Pour la présidente du Syndicat du personnel administratif du CIUSSS Estrie – CHUS – CSN, Vicky Ouellet, qui représente également des salarié-es en Montérégie, les négociations sectorielles doivent permettre de trouver des solutions qui bénéficieront au personnel tout en améliorant les services. « Entre autres, nous voulons revoir la gestion de l’accès aux postes dans nos établissements pour qu’on puisse les combler. Par exemple, la reconnaissance de l’attestation d’études collégiales (AEC) favoriserait le recrutement de la relève tout en permettant à bon nombre de travailleuses à l’emploi de l’établissement d’accéder à de nouveaux postes pour lesquels elles détiennent l’expertise. Au cours de la dernière année, plus d’une centaine de travailleuses ont quitté. Les établissements peinent à combler ces postes. Le manque de personnel provoque une accélération de la surcharge de travail de celles qui sont en poste. Les gens finissent par tomber malades. Toute cette pression s’ajoute à des années de compressions budgétaires et de réformes. On n’en peut plus ! Un virage s’impose ! » affirme-t-elle.

          Pour le vice-président du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSSMO–CSN–Estrie, Jonathan Tétreault, les négociations sectorielles doivent permettre notamment de mettre fin aux heures supplémentaires forcées. Par exemple, dans les résidences à assistance continue, on voit de plus en plus des assistants en réadaptation ou des éducateurs forcés de travailler des heures supplémentaires imprévues à cause du manque de personnel pour assurer les soins et la sécurité des personnes hébergées. « Nos membres travaillant dans ces services s’adressant notamment à une clientèle en difficulté doivent être constamment en état d’hypervigilance, car ils peuvent à tout moment subir une agression durant leur quart de travail. Dans ce contexte, le fait de recourir régulièrement aux heures supplémentaires augmente considérablement les risques de subir un accident du travail. De plus, cela nuit beaucoup à la conciliation famille-travail-études. Les travailleuses et les travailleurs n’en peuvent plus de cette pression et en viennent à se considérer chanceux d’avoir pu terminer leur quart de travail sans avoir subi de blessure ! Il faut de vraies solutions, maintenant », affirme-t-il.

          Les conventions collectives de toutes les travailleuses et tous les travailleurs des services publics arriveront à échéance le 31 mars 2020.

          Qu’on nous pince…

          Texte signé par Jacques Létourneau, président de la CSN, Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ, et Sonia Ethier, présidente de la CSQ

          Dans les pages de La Presse, Alexandre Taillefer nous a demandé récemment de remettre en question nos pratiques.

          M. Taillefer se défend de vouloir casser du sucre sur le dos des organisations syndicales. On le comprend : il lui semble beaucoup plus facile de répandre les stéréotypes, les demi-vérités et les propos erronés auxquels nous sommes malheureusement habitués.

          Ainsi, l’homme d’affaires affirme sans ambages que « le capitalisme aura été, plus que n’importe quel autre système auparavant, celui qui aura réduit les écarts entre les plus riches et les plus pauvres ».

          Qu’on nous pince.

          Faut-il rappeler à M. Taillefer que les écarts entre les riches et les pauvres n’ont cessé de s’accentuer au cours des 40 dernières années ?

          Que malgré les hausses constantes de la productivité des entreprises, le pouvoir d’achat des travailleuses et des travailleurs aura, au mieux, stagné au cours de cette même période ?

          Alexandre Taillefer déplore que les organisations syndicales aient délaissé leur mission première qu’est la défense des moins nantis. Il est vrai qu’avec une telle vision enchantée du système capitaliste, on puisse être poussé à croire que ce dernier aura résolu, à lui seul, des siècles d’injustice. À quoi bon avoir des organisations pour défendre la classe ouvrière, pardi ?

          Rappelons tout de même à M. Taillefer que le salaire annuel moyen de 1,2 million de membres que nous représentons, avant impôts, se situe sous la barre des 40 000 $. En plein dans la « vraie classe moyenne » que M. Taillefer nous exhorte à protéger.

          Le péché originel des syndicats aura été d’introduire des clauses de disparité de traitement dans les conventions collectives, selon M. Taillefer. Bien entendu, celui-ci tait la longue bataille que nous avons menée pour interdire ces clauses dites orphelin. Malgré une première pièce législative qui excluait les régimes de retraite de cette définition, nous avons continué la lutte pour forcer le gouvernement à interdire les régimes de retraite à deux vitesses. Nous nous sommes même opposés à l’amnistie accordée par le précédent gouvernement à ces régimes hybrides et attendons impatiemment un projet de loi visant à les interdire totalement, comme l’a annoncé l’actuel ministre du Travail.

          Que certains syndicats aient tenté de sauver les meubles, nous en convenons. Parlez-en aux travailleuses et aux travailleurs d’ArcelorMittal à Contrecoeur-Ouest, forcés d’accepter une telle concession après avoir été mis en lock-out par leur employeur alors que l’entreprise était rentable. Sans parler des salariés de Groupe Capitales Médias qui n’ont pas eu cette « chance », un gouffre de 65 millions hérité de l’époque Desmarais, avant leur transaction avec Martin Cauchon, forçant leur nouvelle coopérative à mettre un terme définitif à leur régime de retraite.

          Il est aujourd’hui de bon ton de décrier le retard salarial des employés du secteur public – sans jamais omettre de mentionner que leur régime de retraite compenserait amplement cette iniquité. Or, les faits prouvent le contraire : même en tenant compte de leur régime de retraite et de l’ensemble de leurs avantages sociaux, les salariés des réseaux de la santé et de l’éducation ont une rémunération globale de 6,2 % inférieure aux autres salariés québécois, tel que l’a constaté encore une fois l’Institut de la statistique du Québec en novembre dernier.

          Quant à l’affirmation voulant que les enseignants exigent une parité avec leurs collègues de l’Ontario, elle est tout simplement fausse. Cette stratégie aura été payante pour les médecins, grand bien leur fasse, mais n’aura jamais servi d’argumentaire pour les membres que nous représentons.

          Nous aurions aimé compter sur la présence de M. Taillefer il y a quelques jours lors d’un colloque intersyndical portant sur la numérisation et la robotisation du monde du travail.

          Il aurait pu constater que nous sommes à pied d’œuvre pour développer des pratiques qui font la promotion de la formation continue et de la requalification des travailleurs, notamment dans une perspective de transition énergétique juste et équitable. Il s’agit là de notre façon à nous de préserver des emplois. Nous accuser de nous opposer à de telles transformations inévitables de nos milieux de travail relève, malheureusement, de la simple ignorance.

          Nous conviendrons toutefois avec lui qu’il demeure difficile de défendre les intérêts des travailleurs autonomes, par définition moins susceptibles de se regrouper au sein d’organisations syndicales. C’est néanmoins en pensant à eux, ainsi qu’aux chômeurs, aux personnes précaires et aux retraités que les centrales syndicales sont parvenues à resserrer les différentes mailles du filet social dont nous nous sommes collectivement dotés – qu’on pense au Régime des rentes du Québec, au Régime québécois d’assurance parentale (qui inclut un congé parental consacré aux hommes, M. Taillefer) et à notre système public d’éducation et de santé et de services sociaux.

          Alors que le Québec tout entier demeure inquiet face à la situation pour le moins préoccupante que traverse Bombardier, résultat de décisions d’affaires pour le moins mal avisées, quelle heureuse diversion que de rendre responsables les syndicats de tous les maux qui nous affligent !

          Si M. Taillefer souhaite réellement « un dialogue constructif entre les employeurs et les employés » afin d’atteindre le bien commun, comme il le prétend, force est d’admettre qu’il s’y prend bien mal.

          Un dépôt patronal qui ne passe pas

          Même si les notes sont remises depuis maintenant plusieurs semaines, les profs de cégep membres de la FNEEQ-CSN ont tenu à corriger une copie supplémentaire : les demandes patronales pour la prochaine négociation.

          La note « 0 » a été décernée par plusieurs syndicats de partout au Québec. La grille de correction comprenait plusieurs critères, comme la reconnaissance par la partie patronale que « les conditions de travail sont aussi les conditions d’enseignement ».

          « Nous avons déjà remis nos notes il y a quelques semaines à nos étudiantes et étudiants, mais nous tenions quand même à corriger une dernière copie : le document contenant les demandes de nos patrons. Il y a des problèmes urgents à régler dans le réseau collégial, mais le souhait de nos directions semble plutôt être d’accroître leur pouvoir de gestion. » – Yves de Repentigny, vice-président de la FNEEQ-CSN.

          En période de surplus, pourquoi demander des reculs dans les conditions de travail ?
          À la FNEEQ-CSN, on trouve plutôt curieux que le dépôt patronal ne propose aucun ajout d’argent neuf dans le réseau collégial dans un contexte où le gouvernement affiche d’importants surplus budgétaires. « Notre réseau collégial est sous-financé depuis des années, alors que notre tâche et les besoins des étudiantes et étudiants augmentent. Nous avons dans cette négociation une occasion d’améliorer les conditions dans lesquelles nous donnons nos cours, ce qui aura un effet certain sur la réussite étudiante », affirme Yves de Repentigny, vice-président de la fédération.

          Il s’agit d’une première action de mobilisation collective pour les enseignantes et enseignants du réseau collégial. Dans les prochains jours et les prochaines semaines, le comité de négociation et de mobilisation de la FNEEQ-CSN travaillera à présenter ses solutions pour le réseau collégial à la table de négociation nationale.

          « Sans nous, les services publics sont HORS SERVICE »

          C’est habitée par un réel sentiment d’urgence que la CSN lance aujourd’hui la campagne HORS SERVICE. « Après plusieurs séances de négociation, tant à la table centrale qu’aux tables sectorielles, il est maintenant on ne peut plus clair que le gouvernement de François Legault ne saisit pas l’ampleur de la crise qui sévit dans nos réseaux », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

          Après avoir tenté par tous les moyens, et ce, depuis l’élection de la CAQ, de faire prendre conscience au gouvernement Legault que rien ne va plus dans les réseaux de l’éducation et de la santé et des services sociaux ainsi que dans les organismes gouvernementaux, la CSN choisit maintenant de s’adresser directement aux Québécoises et aux Québécois qui sont plus d’un million et demi à utiliser, chaque jour, les services publics. « Notre message est simple : sans de meilleures conditions de travail, il n’y aura plus de travailleuses et de travailleurs. Et sans les travailleuses et les travailleurs, il n’y a pas de services publics. Nous ne sommes pas alarmistes, nous sommes réalistes », ajoute Mme Senneville. « Il manque de ressources, les charges de travail sont insoutenables, les cas d’épuisement professionnel se multiplient, alors il manque encore plus de ressources… Il faut à tout prix briser ce cercle vicieux. »

          De plus, c’est avec une grande inquiétude que la CSN constate que le Conseil du trésor n’envoie pas de signaux positifs aux tables de négociation, comme en témoigne son refus d’hier à maintenir en place jusqu’à la conclusion de nouvelles ententes des primes d’attraction et de rétention ainsi que certains budgets de formation et d’encadrement. « Le gouvernement opte pour des économies de bouts de chandelle sur le dos des travailleuses et travailleurs au lieu de saisir la chance de valoriser le personnel. La CSN ne baissera pas les bras et les discussions se poursuivent afin de les maintenir au-delà du 30 mars. »

          Puisque le gouvernement ne reconnait pas la nécessité de donner un sérieux coup de barre dès maintenant pour améliorer les conditions de travail et de pratique et les salaires dans les réseaux, les travailleuses et les travailleurs du secteur public de la CSN considèrent qu’il est aujourd’hui de leur devoir d’informer la population de l’état de la situation sur le terrain. « Les bris de services sont à nos portes. De nombreux secteurs et départements sont constamment en sous-effectifs, ce qui nuit grandement à l’accessibilité et à la qualité des services. »

          La CSN rappelle que, depuis plus de deux mois, elle se présente aux tables de négociation avec des solutions concrètes qui répondent aux besoins des travailleuses et des travailleurs des réseaux; des solutions qui permettraient au secteur public de redevenir attractif et ainsi de réduire les problèmes de pénurie de main-d’œuvre qui aggravent actuellement la situation dans les établissements. « Pendant que nous mettons des propositions solides sur la table, le gouvernement, de son côté, ne semble pas vouloir travailler à améliorer les conditions de travail du personnel. De plus, il nous confirme à travers le budget qu’il souhaite appauvrir les travailleuses et les travailleurs du secteur public en offrant des hausses de salaire sous l’inflation. N’est-il pas indécent que le président du Conseil du trésor, millionnaire de surcroît, propose d’appauvrir celles et ceux qui se consacrent au quotidien à offrir des services à la population? »

          Avec comme objectif de parler à l’ensemble de la population, la campagne HORS SERVICE se déploiera dans toutes les régions du Québec. Des actions sont prévues dès aujourd’hui dans plusieurs villes.

          « Si rien n’est fait pour améliorer les conditions de travail du personnel des réseaux, il n’y aura plus de services publics. N’attendons pas que ça arrive! », conclut Caroline Senneville.

          Réforme du mode de scrutin : des modifications s’imposent

          Appuyant l’objectif général d’une réforme du mode de scrutin, la CSN estime néanmoins que des modifications doivent être apportées au projet de loi déposé par la ministre Sonia LeBel afin de mieux représenter la volonté populaire. C’est ce qu’a défendu la centrale syndicale, aujourd’hui, lors de la commission parlementaire portant sur le projet de loi 39.

          Le président de la CSN, Jacques Létourneau, a d’abord souligné que les parlementaires détenaient toute la légitimité pour adopter une réforme du mode de scrutin sans avoir à passer par voie référendaire. « Une forte majorité de députés provient de partis politiques qui se sont clairement engagés à réformer le mode de scrutin avant les élections de 2022, a-t-il rappelé. C’est un enjeu beaucoup trop important pour être abandonné aux considérations partisanes d’une campagne électorale. Il est quelque peu surréaliste de constater que le gouvernement de la CAQ dépose aujourd’hui un projet de loi qui l’empêcherait lui-même de militer en sa faveur lors d’un éventuel référendum. Mais si le gouvernement tient mordicus à soumettre la question dans le cadre d’un référendum, celui-ci doit se tenir avant les élections de 2022. »

          La centrale syndicale a émis de sérieuses réserves quant à la formule de compensation privilégiée par le gouvernement, qui ne prend en considération que la moitié des circonscriptions gagnées dans une région. « L’objectif d’un mode de scrutin proportionnel est de trouver un juste équilibre entre le nombre de voix exprimées et le nombre de sièges accordés aux différents partis. Ce n’est certainement pas de récompenser en double le parti qui a remporté un siège de circonscription avec une minorité du suffrage ! En ce sens, la “prime au vainqueur” que comporte le projet de loi n’a aucune raison d’être », a indiqué le président de la CSN.

          La CSN s’inquiète également du trop grand nombre de régions prévu par le projet de loi 39. « Nous appuyons l’objectif du gouvernement de conserver un volet de représentation régional au sein du mécanisme de compensation proportionnelle, a souligné Jacques Létourneau. Toutefois, le nombre élevé de régions, 17, fait en sorte que les régions moins populeuses se voient désavantagées et dilue considérablement le mode compensatoire. »

          Par ailleurs, la centrale syndicale souhaite que le projet de loi oblige les partis politiques de présenter entre 45 % et 55 % de candidatures féminines pour les sièges de circonscription ainsi qu’une alternance femmes-hommes sur les listes des partis, dont la moitié débuterait par une femme. La CSN demande également que soit abaissé à 5 % le seuil national pour qu’un parti puisse bénéficier des mécanismes de compensation, plutôt que 10 %.

          Enfin, le président de la CSN a rappelé aux membres de la commission parlementaire que le Québec ne peut se permettre de reporter aux calendes grecques une réforme tant attendue par la population. « Le parti au pouvoir tient à cette réforme. Trois des quatre partis représentés à l’Assemblée nationale sont clairement en faveur de son adoption. Toutes les conditions sont réunies pour que le Québec se dote d’un mode de scrutin moderne, juste et foncièrement démocratique », a-t-il mentionné.

          Les outils du 8 mars 2020 sont maintenant en ligne

          C’est sur le thème « Féministes de toutes nos forces » que se déroulera cette année la Journée internationale des droits des femmes. Le 8 mars sera aussi l’occasion de célébrer le 20e anniversaire de la Marche mondiale des femmes, qui se tient tous les cinq ans depuis ses débuts en l’an 2000. Nous serons ainsi appelées à nous mobiliser et à prendre part aux activités de cet événement d’une importance majeure pour les femmes de partout à travers le monde.

          Dans la foulée de la marche Du pain et des roses tenue en 1995, le mouvement des femmes au Québec a amorcé une grande aventure : réaliser la première édition de la Marche mondiale des femmes (MMF), qui a débuté le 8 mars 2000 pour culminer le 17 octobre de la même année. La MMF, c’est un mouvement international d’actions féministes rassemblant des groupes et des organisations de partout sur la planète qui vise l’élimination des causes de la pauvreté et des violences envers les femmes à travers le monde. La CSN n’a jamais manqué de s’y impliquer activement et cette 5e édition ne fait pas exception !

          C’est donc dans le contexte de la Marche mondiale des femmes que les outils de la Journée internationale des droits des femmes ont été conçus. La thématique et le visuel du 8 mars incarnent l’importance de l’action et de la solidarité pour atteindre la reconnaissance pleine et entière et le respect total des droits des femmes. 

          Bien que l’égalité de droit se soit renforcée durant les années 2000 au Québec, des progrès restent à faire pour améliorer la vie des femmes. La violence fait partie de leur quotidien et travailler à contrer ces violences, c’est s’engager dans une lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes et contre les inégalités socioéconomiques.

          Au chapitre de l’autonomie économique, les femmes sont encore plus nombreuses que les hommes à travailler au salaire minimum. De plus, les mesures d’austérité mises en place dans le secteur public, composé d’une main-d’œuvre majoritairement féminine, ont mis à mal les conditions de travail de celles qui y œuvrent.

          Tous les outils disponibles
          Les outils du 8 mars 2020 développés autour du thème « Féministes de toutes nos forces » sont maintenant en ligne. Vous pouvez télécharger les visuels de l’affiche, de l’autocollant, de l’épinglette ainsi que ceux pour les réseaux sociaux. Dès le début du mois de février, la CSN procédera à l’envoi aux syndicats des affiches, des autocollants et de l’outil 8 mars CSN. Ce dernier, spécifique à la CSN, est un porte-crayon fait de carton rigide qui se décline en français et en anglais. Il peut aussi être utilisé comme range-tout, bonbonnière, cache-pot, etc. L’outil se veut une occasion pour les syndicats de sensibiliser leurs membres aux réalités et aux besoins des femmes et des travailleuses.

          Restez à l’affût !

          Image : Le Collectif 8 mars. Molotov communications. Illustration : Guadalupe Pérez Pita

          La CSN, la CSQ et la FTQ contestent les modifications à la Loi sur l’équité salariale

          La CSN, la CSQ et la FTQ ont déposé à la Cour supérieure aujourd’hui un recours pour que les femmes reçoivent enfin une rémunération juste. La discrimination salariale qu’elles continuent de subir doit cesser. Ce recours conteste trois modifications législatives apportées par le gouvernement du Québec à la Loi sur l’équité salariale.

          Rappelons qu’en mai 2018, à la suite d’une longue bataille menée entre autres par les trois centrales syndicales, la Cour suprême avait invalidé certains articles de la Loi sur l’équité salariale et forcé le gouvernement du Québec à la modifier. Le plus haut tribunal du pays avait statué que les correctifs salariaux doivent être rétroactifs au moment où une discrimination est apparue plutôt qu’au moment où le maintien de l’équité est effectué, un exercice obligatoire tous les cinq ans.

          En niant ce correctif pour les plaintes déjà déposées au moment du dépôt du projet de la loi, les centrales syndicales estiment que le gouvernement perpétue la discrimination envers les salariées qui se sont battues pour se rendre jusqu’en Cour suprême en les privant d’ajustements salariaux. Lors des audiences en commission parlementaire, les centrales avaient d’ailleurs indiqué au ministre qu’elles ne tolèreraient pas une telle discrimination.

          Les centrales sont également d’avis qu’en choisissant de privilégier une correction par le biais d’un montant forfaitaire plutôt que par l’ajustement des structures salariales lors de l’exercice de maintien, Québec perpétue l’inégalité et la discrimination envers les femmes.

          Pour les centrales syndicales, la possibilité octroyée à une organisation détenant la majorité dans une catégorie d’emploi d’imposer, lors de la conciliation des plaintes, son règlement à d’autres plaignantes brime leurs droits d’association et à la liberté d’expression et prive les organisations minoritaires de tout recours devant un tribunal impartial.

          L’ensemble de ces dispositions a pour effet de priver les femmes victimes de discrimination d’une réparation efficace et perpétue la discrimination systémique envers les travailleuses, allant à l’encontre même de l’objet de la loi, estiment la CSN, la CSQ et la FTQ.

          Déclarations

          « L’exercice de maintien de l’équité salariale du secteur public réalisé en 2010 a été l’objet de milliers de plaintes le contestant, tout comme l’exercice de 2015, rappelle Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN. Les modifications législatives adoptées par le gouvernement priveraient des milliers de femmes d’ajustements salariaux rétroactifs auxquels elles ont droit. »

          « Pour la FTQ, le gouvernement doit comprendre que la discrimination à l’endroit des travailleuses ne peut plus durer et doit respecter l’esprit et la lettre du jugement de la Cour suprême qui a invalidé en 2018 plusieurs articles de la Loi sur l’équité salariale. C’est assez de traiter son personnel comme des travailleuses de seconde classe », ajoute le président de la FTQ Daniel Boyer.

          « Par les modifications législatives d’avril dernier, les femmes sont encore victimes d’un traitement différent. Pour la CSQ, le droit fondamental à l’équité salariale doit être respecté dans son intégralité. L’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas négociable », explique Sonia Ethier, présidente de la CSQ.

          La FTQ, la CSN, la CSQ et la CSD déposent leurs demandes prébudgétaires au ministre des Finances

          Dans le cadre des consultations prébudgétaires du ministre des Finances, la FTQ, la CSN, la CSQ et la CSD ont déposé aujourd’hui un mémoire contenant l’ensemble de leurs préoccupations.

          Les centrales syndicales font état de plusieurs demandes communes au gouvernement du Québec au regard de la situation économique favorable dans laquelle se déroule l’exercice budgétaire. Dans le document remis aujourd’hui au ministre Éric Girard, les organisations de travailleuses et de travailleurs insistent sur la nécessité, après des années d’austérité imposées par le gouvernement du Québec, de réinvestir dans les services à la population et de revoir les priorités en matière de finances publiques.

          Contexte économique
          Sur le plan économique, les centrales mettent en lumière la vigueur actuelle du marché de l’emploi qui offre une performance enviable à bien des égards. Les organisations syndicales considèrent que ce contexte est propice à la mise en place de programmes qui permettent et facilitent la réinsertion sur le marché de l’emploi, tout en insistant sur la formation et l’instauration de mesures pour mieux répondre aux impératifs de la numérisation de l’économie et, surtout, à la rareté de main-d’œuvre. Finalement, le contexte économique actuel étant marqué par la lutte contre les changements climatiques, la FTQ, la CSN, la CSQ et la CSD réclament plusieurs gestes concrets pour reconnaître l’urgence de la crise climatique et amorcer une transition énergétique visant à réduire notre dépendance aux hydrocarbures, le tout accompagné d’une transition juste pour les travailleurs et travailleuses.

          Orientations générales en matière de finances publiques
          Du côté des finances publiques, dans l’objectif de favoriser les réinvestissements dans les services publics et les programmes sociaux, les organisations syndicales dénoncent que les surplus budgétaires engrangés ne soient pas suffisamment réinvestis dans les services publics et réclament une réduction des versements au Fonds des générations.

          En matière de fiscalité, les centrales demandent la fin des baisses générales d’impôts et mentionnent qu’elles jugeront au mérite toute nouvelle mesure ciblée ou toute nouvelle dépense fiscale. Différentes propositions touchant les impôts des particuliers et des entreprises sont abordées, avec une insistance particulière concernant la taxation des géants numériques et la lutte contre les paradis fiscaux.

          Services publics et programmes sociaux
          La FTQ, la CSN, la CSQ et la CSD dénoncent dans leur mémoire le faible niveau des dépenses publiques par habitant au Québec, en comparaison des autres provinces. Après les années d’austérité imposées aux citoyens, les syndicats réclament des augmentations de dépenses afin de répondre aux besoins des familles et des citoyens.

          En santé et en services sociaux, le constat est alarmant. Les centrales pointent du doigt le manque criant de ressources et de personnel pour couvrir les besoins et réclament un rehaussement important des conditions de travail dans les établissements de santé et de services sociaux. Par ailleurs, l’instauration d’un régime public et universel d’assurance médicaments est privilégiée, et ce, dans le respect des champs de compétence du Québec.

          En éducation, le mémoire syndical demande davantage de ressources du gouvernement en faveur de la réussite éducative et de la persévérance scolaire. Du côté de l’enseignement supérieur, les organisations insistent sur l’augmentation du financement général, particulièrement afin d’offrir de meilleurs services aux étudiantes et étudiants en situation de handicap ou à besoins particuliers ainsi que pour octroyer de meilleures conditions de travail en formation continue dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.

          Un réinvestissement majeur est attendu dans les services de garde éducatifs à la petite enfance, et ce, dans l’objectif de renforcer le réseau public. Ceci passe notamment par une plus grande reconnaissance des intervenantes en petite enfance, de meilleures conditions de travail et, finalement, l’appui du personnel spécialisé dont elles ont besoin.

          Responsabilité de l’État comme employeur
          La situation économique favorable du Québec permet au gouvernement de donner le sérieux coup de barre nécessaire dans les conditions de travail du personnel du secteur public, estiment les centrales syndicales. Ce n’est pas avec les offres insultantes déposées par le Conseil du trésor dans le cadre des négociations que le gouvernement parviendra à attirer et retenir la main-d’œuvre nécessaire à nos services publics, surtout compte tenu du retard de rémunération globale de 6,2 % qu’accusent les salariés du secteur public par rapport aux autres travailleurs. Il est demandé que le gouvernement prévoie des augmentations de dépenses de programmes qui prennent en compte à la fois un rattrapage en matière de rémunération, des ajouts de services et de ressources dans les réseaux et la réalisation de ses engagements. Les syndicats clament que les besoins du personnel doivent être pris en compte dans les décisions budgétaires. L’État doit prendre ses responsabilités et s’assurer que les sommes seront disponibles afin d’attirer une relève suffisante dans les ministères et les réseaux et d’octroyer une juste rémunération et des conditions d’exercice soutenables au personnel qui offre, sur une base quotidienne, les services à la population.

          Déclarations
          « Le gouvernement doit prendre acte des défis que doivent relever quotidiennement la population du Québec et les travailleurs et travailleuses de l’État, et œuvrer pour nous donner une société plus juste, plus égalitaire, plus démocratique et plus verte. Les Québécois et Québécoises ont le droit d’aspirer à une vie meilleure. Nos demandes sont raisonnables et surtout réalisables » — Daniel Boyer, président de la FTQ.

          « La situation économique très favorable du Québec permet au gouvernement de répondre aux besoins criants de nos services publics, tant du côté de l’offre de services à la population que de celui des conditions de travail des travailleuses et des travailleurs. Le contexte de négociation s’y prête, le ministre doit prendre compte de cette réalité dans son budget » — Jacques Létourneau, président de la CSN.

          « Au regard des années d’austérité imposées par le gouvernement du Québec à l’endroit des services à la population, les demandes que nous déposons aujourd’hui sont légitimes. Nos idées audacieuses pour plus d’équité et de justice sociale à l’endroit des familles et des plus vulnérables ne manquent pas ! Il est plus que temps pour le gouvernement d’investir en éducation, en enseignement supérieur et en petite enfance. » — Sonia Ethier, présidente de la CSQ.

          « Le Québec fait face à des défis importants : la pénurie de main-d’œuvre, la lutte contre les paradis fiscaux, le nécessaire rattrapage du financement dans les services publics et l’indispensable transition écologique, pour ne nommer que ceux-là. Nous joignons nos voix pour demander à Québec d’agir et d’opérer une réorientation majeure en matière de finances publiques. Nous n’avons plus le luxe de ne rien faire » — Luc Vachon, président de la CSD.

          En rappel
          Les centrales syndicales à l’origine du mémoire (FTQ, CSN, CSQ et CSD) représentent près de 1,2 million de membres issus des quatre coins du Québec.

          Une année de congrès et de centenaire pour la CSN

          C’est dans un monde du travail en pleines mutations que la CSN tiendra son 66e congrès, du 25 au 29 mai prochain. Ce rendez-vous triannuel marquera également le début de la commémoration du centenaire de la centrale syndicale, fondée en 1921.

          « Nous constatons d’importantes transformations de nos milieux de travail », a indiqué d’emblée le président de la CSN, Jacques Létourneau, lors de la conférence de presse annuelle de la centrale syndicale. « L’évolution technologique, en particulier en matière d’informatisation et de robotisation, a un effet considérable sur les procédés de production. La crise climatique que nous traversons nous oblige également à réduire notre empreinte énergétique, tout en nous assurant que cette transition s’effectue de façon juste pour les travailleuses et les travailleurs. Enfin, ces transformations s’effectuent dans un contexte où les pénuries et la rareté de main-d’œuvre touchent l’ensemble de nos entreprises. Voilà pourquoi nous souhaitons profiter de notre 66e congrès pour réfléchir avec nos syndicats aux défis et aux perspectives offertes par ces importants changements, et ce, autant en matière de négociation que de mobilisation et de syndicalisation. »

          Ce congrès marquera également le coup d’envoi des activités soulignant le centenaire de la CSN, qui s’échelonneront jusqu’en septembre 2021. « Peu d’organisations québécoises peuvent se targuer d’avoir traversé 100 ans d’histoire. Nous désirons profiter de cet anniversaire pour célébrer l’évolution du travail et des conditions dans lesquelles nous l’exerçons. Grâce aux luttes que nous avons menées, tant sur le plan du travail que sur le plan social, nous sommes loin des conditions dans lesquelles vivaient les allumetières de Hull, même si beaucoup d’améliorations sont encore nécessaires », a souligné Jacques Létourneau.

          Négociations à venir
          L’année 2020 sera bien sûr marquée par les négociations du secteur public. La CSN y représente 150 000 travailleuses et travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation et des organismes gouvernementaux. Alors que les organisations syndicales demandent un important rattrapage salarial et une amélioration des conditions de travail et de pratique, le gouvernement Legault déposait, il y a quelques semaines, des offres qui condamneraient les travailleuses et les travailleurs du secteur public à un appauvrissement supplémentaire. « Le premier ministre et son président du Conseil du trésor doivent comprendre que pour attirer et maintenir la main-d’œuvre dont nos services publics ont cruellement besoin, un sérieux coup de barre s’impose, a mentionné le président de la CSN. Espérons que les négociations qui s’amorcent seront l’occasion de régler les problèmes récurrents que nous rencontrons, et ce, dans un souci d’améliorer la qualité et l’accessibilité aux services publics auxquels la population québécoise est en droit de s’attendre. »

          Plusieurs renouvellements de conventions collectives sont également à prévoir du côté parapublic, notamment dans les secteurs universitaire, préhospitalier, de la petite enfance et des agents correctionnels. Le secteur privé n’est pas en reste : d’importantes négociations coordonnées auront lieu dans les milieux de l’hôtellerie et de l’alimentation, entre autres. Au total, plus des deux tiers des membres de la CSN seront en négociation au cours de l’année 2020.

          Dossiers en cours
          Plusieurs dossiers d’importance qui chemineront à l’Assemblée nationale auront une attention toute particulière de la centrale syndicale. C’est le cas de la réforme des lois en matière de santé et de sécurité du travail. « Nos lois n’ont pas été revues depuis une quarantaine d’années, a déploré M. Létourneau. Alors que le Québec était chef de file à l’époque en matière de santé et sécurité, il traine aujourd’hui en queue de peloton. Nous avons été clairs avec le ministre du Travail, Jean Boulet : nous devons impérativement étendre les mécanismes de prévention à l’ensemble des milieux de travail et mettre à jour – pour la première fois depuis 1985! – la liste des maladies professionnelles reconnues, notamment en incluant les maladies d’ordre psychologique. » En plus de maintenir le programme de maternité sans danger continuellement remis en question par les employeurs, la CSN exigera des mesures pour déjudiciariser le régime d’indemnisation.

          L’actualité des dernières semaines, avec la mise sous protection du Groupe Capitales Médias contre ses créanciers, a démontré le manque flagrant de protection des régimes de retraite lors de faillite. « Depuis l’automne, nous avons évalué plusieurs pistes pour tenter d’amoindrir les conséquences extrêmement malheureuses de cette situation sur les retraités du Groupe Capitales Médias ainsi que sur de nombreux travailleurs actifs, qui ont perdu près de 30 % de leur rente, a précisé Jacques Létourneau. Les transactions entre les administrations antérieures font évidemment partie des pistes que nous analysons. Mais, au risque de me répéter, jamais la CSN n’acceptera de prendre le blâme pour la terminaison des régimes de retraite du Groupe Capitales Médias. »

          La CSN suivra de près la poursuite des travaux parlementaires entourant le projet de loi 40 portant sur les commissions scolaires. « Nous l’avons maintes fois répété : ce n’est pas d’un brassage de structures dont nous avons besoin, mais d’une réelle consultation sur la place qu’occupe l’école publique dans notre société et les ressources que nous devons y consacrer afin d’assurer la réussite scolaire de toutes et de tous. Dans le même ordre d’idées, nous attendons impatiemment des mesures concrètes pour augmenter le nombre de places en CPE et en milieu familial régi pour l’ensemble de nos tout-petits. »

          Entre autres dossiers, la CSN s’intéressera de près au plan d’électrification et de lutte aux changements climatiques promis par le gouvernement Legault ainsi qu’aux travaux portant sur la réforme du mode de scrutin. La révision du programme de l’expérience québécoise, dont les débuts furent pour le moins cahoteux, sera également suivie de près.

          Les offres de la CAQ : appauvrir et asphyxier les services publics

          « Le gouvernement ne comprend pas la nécessité de donner un coup de barre dès maintenant. Dans les services publics, rien ne va plus. Il y a urgence d’agir. » Ce sont les premières paroles lancées par la CSN après avoir pris connaissance des propositions du gouvernement en vue du renouvellement des conventions collectives du secteur public.

          La CSN, qui représente plus de 150 000 travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux, de l’éducation et des organismes gouvernementaux, est insultée par les offres déposées ce matin par le Conseil du trésor. « Le gouvernement a raté l’occasion de reconnaître la valeur du travail accompli par le personnel des réseaux », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN et responsable de la négociation du secteur public.

          Pour la CSN, il est clair que les offres salariales du gouvernement, qui sont de 1,75 % pour chacune des deux premières années, de 1,5 % pour la troisième année et de 1 % pour chacune des deux dernières années, sont nettement insuffisantes. « Les offres sur la table ne répondent absolument pas aux besoins. Pour bon nombre de travailleuses et de travailleurs des réseaux publics, le salaire actuel ne permet même pas de vivre décemment. Notre revendication d’une augmentation de 3 $ l’heure la première année vient répondre à ces besoins en ayant un plus grand impact pour celles et ceux qui gagnent le moins, tout en donnant un coup de barre pour toutes et tous. »

          La CSN considère que le gouvernement caquiste, en tant que plus grand employeur du Québec, devrait montrer l’exemple plutôt que de poursuivre dans la même voie que ses prédécesseurs libéraux et d’appauvrir ses travailleuses et ses travailleurs. « Des hausses de salaire sous l’inflation, c’est inacceptable. Ne pas s’appauvrir en travaillant, s’assurer que la hausse des salaires couvre l’augmentation du coût de la vie, ça ne devrait même pas être un enjeu de négociation. C’est la base. Quant à la proposition du gouvernement de verser un montant de 1 000 $ non récurent, se limitant aux personnes étant au dernier échelon, c’est de la poudre aux yeux », ajoute Mme Senneville.

          L’absence d’un engagement précis du gouvernement d’investir significativement pour apporter les changements qui s’imposent sur le terrain est aussi vivement dénoncée par la CSN. « Du côté des conditions de travail, nous sommes prêts depuis longtemps à mettre en œuvre des solutions pour améliorer la situation. Avec une augmentation de près de 25 % des absences pour maladie des travailleuses et des travailleurs du secteur public au cours des cinq dernières années, on se demande bien ce que ça prendra pour que le gouvernement réalise que la charge est devenue insoutenable et qu’il faut agir immédiatement. »

          De plus, avec les coffres de l’État québécois qui débordent de surplus et une situation de rareté de main-d’œuvre qui entraîne déjà des pénuries dans divers emplois du secteur public, la CSN affirme que le gouvernement actuel a les moyens et le devoir de faire beaucoup mieux que ses prédécesseurs. « On dirait que M. Legault et ses ministres ne réalisent pas à quel point le manque de personnel affecte déjà les services. Il n’y a absolument rien dans ce qui a été déposé ce matin qui permet d’attirer et de retenir le personnel dans le secteur public. Ça devrait pourtant être la priorité du gouvernement », conclut Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

          Une contribution inestimable

          La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) souligne le 22 novembre la Journée nationale des chargées et chargés de cours universitaires en lançant la dix-neuvième édition d’une campagne de valorisation amorcée en 2010. Sous le thème J’enseigne à l’université et…, cette campagne souligne la grande diversité des profils des personnes chargées de cours et leur apport inestimable à la formation des étudiantes et des étudiants.

          Qu’ils soient chargés de cours, tuteurs en formation à distance, superviseurs de stage, chargés d’enseignement, chargés de formation pratique, chargés de clinique, coach ou accompagnateur musical, leur contribution n’est pas étrangère à la qualité de l’enseignement universitaire. Ils assument plus de 50 % de l’enseignement au premier cycle et de plus en plus aux cycles supérieurs. Les multiples facettes de leur implication sociale sont cependant méconnues, ce à quoi veut remédier cette campagne.

          L’expertise et la passion de ces enseignantes et ces enseignants contractuels contrastent avec la précarité de leur statut. « C’est plutôt révoltant de voir des femmes et des hommes aussi qualifiés et socialement impliqués, être aussi peu reconnus, s’indigne Richard Bousquet, vice-président et responsable du regroupement université de la Fédération. Qu’attend le ministre Jean-François Roberge pour financer la stabilisation de leur emploi ? » questionne-t-il.

          Pour souligner cette journée, la FNEEQ-CSN lance deux nouvelles capsules vidéos qui illustrent la diversité de ce corps d’emploi. Cette année, Selvin Cortez, chargé de cours en arts et design à l’Université Concordia, et Garrfield Du Couturier-Nichol, chargé de cours en psychologie industrielle à l’Université McGill, ont généreusement accepté de se prêter à l’exercice.

          La FNEEQ-CSN regroupe quelque 35 000 membres, notamment, les membres des syndicats dans une douzaine d’institutions universitaires, dont 10 syndicats de chargées et chargés de cours, le Syndicat des tutrices et des tuteurs de la Télé-Université, l’Association des étudiants salariés diplômés de l’Université McGill et les chargées et chargés d’enseignement de l’ÉTS. Elle est l’organisation syndicale la plus représentative de l’enseignement supérieur au Québec.

          Les demandes de la CSN: des services publics plus humains pour toutes les Québécoises et tous les Québécois

          Aujourd’hui, les fédérations du secteur public de la CSN, qui représentent 150 000 personnes travaillant dans les réseaux de la santé et des services sociaux et de l’éducation ainsi que dans les organismes gouvernementaux déposent leurs demandes communes auprès du Conseil du trésor. Après avoir passé une année à consulter les membres et à débattre des solutions à proposer au gouvernement afin d’améliorer la situation dans les services publics, la CSN se présente à la table de négociation avec des revendications qui répondent aux besoins des travailleuses et des travailleurs, de même qu’à ceux de la population québécoise.

          La négociation 2020 s’inscrit dans une conjoncture unique de crise sans précédent dans les réseaux après des années de compressions massives et d’une importante rareté de main-d’œuvre. La CSN considère que le gouvernement, avec des surplus budgétaires historiques, a pleinement les moyens de changer la donne en investissant substantiellement dans les services à la population. « Les surplus ne sont pas pour la CAQ. Ils doivent servir à améliorer la vie de l’ensemble des Québécoises et des Québécois, dont font partie les 500 000 travailleuses et travailleurs des services publics qui ont subi de plein fouet, et subissent encore, les conséquences désastreuses des mesures d’austérité des dernières années », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN et responsable de la négociation du secteur public.

          Pour le personnel des réseaux, membre de la CSN, la crise qui sévit dans les services publics et la problématique d’attraction et de rétention de la main-d’oeuvre font en sorte qu’un important coup de barre s’impose de façon urgente. « La pénurie est bien réelle et elle ne touche pas seulement deux ou trois titres d’emploi, comme le prétend M. Legault. On a de la difficulté à recruter du personnel dans les écoles, les cégeps, les centres de santé et de services sociaux, les centres administratifs, les organismes gouvernementaux. Il manque de monde dans tous les secteurs », ajoute Mme Senneville.

          Le nécessaire coup de barre revendiqué par la CSN est de 3 $ l’heure dès la première année de la convention collective pour l’ensemble des travailleuses et des travailleurs des réseaux. Ce montant fixe représente une augmentation significative pour toutes et tous, tout en ayant un plus grand impact pour celles et ceux qui gagnent le moins dans le secteur public, soit parce qu’ils sont dans des emplois moins bien rémunérés, soit parce qu’ils sont en début de carrière et, donc, au bas de leur échelle salariale. Pour la deuxième et la troisième année de la convention collective, la CSN revendique une augmentation de 1 $ l’heure ou de 3 %, selon ce qui est le plus avantageux pour chaque salarié-e. La revendication salariale de la CSN inclut aussi une clause de protection contre l’inflation. « Plus jamais personne ne doit s’appauvrir en travaillant pour la population québécoise », poursuit Mme Senneville.

          Pour la CSN, il est clair que l’attraction et la rétention du personnel des réseaux publics passent aussi par l’amélioration des conditions de travail et de pratique. « La surcharge est maintenant la norme pour le personnel des services publics. La situation est devenue insoutenable dans tous les secteurs. On le voit par l’explosion des coûts liés à l’assurance-salaire », déclare Mme Senneville. Pour remédier à cette situation de crise, la CSN a choisi d’inclure une revendication sur les conditions de travail dans son cahier de table centrale, et ce, même si ces enjeux se négocieront généralement aux tables sectorielles. « Nous tenons à indiquer au Conseil du trésor que des marges financières importantes doivent être dégagées pour améliorer les conditions de travail et de pratique, notamment pour permettre la création de postes. »

          Des revendications à portée sociale
          Dans son cahier de demandes déposé aujourd’hui, la CSN formule aussi des revendications sur d’autres matières négociées avec le Conseil du trésor. Certaines de ces revendications ont une portée au-delà du secteur public. Par exemple, parmi ses demandes concernant le régime de retraite (RREGOP), la CSN revendique que la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui assume la gestion des fonds du RREGOP, procède rapidement au désinvestissement dans les énergies fossiles.

          Un autre exemple d’une demande à portée sociale est celle sur les lanceurs d’alerte : la CSN revendique une clause garantissant aux travailleuses et aux travailleurs du secteur public la liberté de dénoncer une situation problématique qui surviendrait sur leur lieu de travail et qui nuirait au bien-être de la population. La loi du silence n’est pas une option, comme l’affirmait récemment Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.

          « Le projet de négociation de la CSN est solide. Il est à la hauteur des besoins du personnel des services publics et bénéficiera à l’ensemble de la population québécoise », conclut Caroline Senneville.

          À propos
          La Confédération des syndicats nationaux (CSN) réunit plus de 300 000 travailleuses et travailleurs de tous les secteurs d’activité. Avec plus de 150 000 membres travaillant dans les réseaux de l’éducation et de la santé et des services sociaux ainsi que dans les organismes gouvernementaux, la CSN est la centrale la plus représentative dans le secteur public au Québec.

          Réussir en prévention

          Du 13 au 20 octobre se tient la Semaine nationale de la santé et de la sécurité du travail (SST). À cette occasion, la CSN souhaite rappeler à toutes les travailleuses et à tous les travailleurs, de même qu’à ses quelque 300 000 membres des secteurs privé et public l’importance de la prévention.

          À titre d’exemple, le personnel du département de l’imagerie médicale du CHU Sainte-Justine compte une centaine de techniciennes et techniciens répartis dans huit secteurs. Avec l’augmentation constante des examens à effectuer, plusieurs d’entre eux ont éprouvé des symptômes d’épuisement, de stress, avec pour conséquence des arrêts de travail et un roulement de personnel.

          Le syndicat a alors rencontré la partie patronale afin de créer un comité de travail pour résoudre cette problématique. Une démarche approfondie a alors été réalisée paritairement et une reconnaissance des problèmes de surcharge de travail et des facteurs de risque psychosociaux a permis d’élaborer des pistes de solutions sur le plan de l’organisation du travail.

          Parmi ces solutions, on trouve la mise à jour des devis techniques, un plan de travail qui permet d’optimiser la distribution des tâches, un meilleur encadrement des nouveaux employé-es, ainsi qu’une révision des ressources financières allouées au département. Ces pistes de solution permettent de réduire la charge de travail et favorisent le climat de travail et la santé du personnel. Malgré les difficultés rencontrées au cours de la démarche, le syndicat est très heureux du climat de confiance qu’il a entretenu avec la direction et des résultats que cette démarche a apportés.

          Le maintien de Graphic Packaging en Estrie, c’est grâce à l’excellence du travail de ses employé-es qualifiés

          La Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN), le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie et le Syndicat des travailleuses et travailleurs des pâtes et cartons d’East-Angus (CSN) sont heureux d’apprendre que l’usine Graphic Packaging International demeurera ouverte et que les syndiqués de l’usine pourront conserver leur emploi.

          Il importe, dans un premier temps, de préciser que l’entreprise avait récemment annoncé la construction d’une usine ultramoderne dans le Mid-Ouest des États-Unis, avec une capacité de production de 500 000 tonnes de carton plat. Elle prévoyait toutefois maintenir sa production totale au même niveau et devoir fermer quelques-unes de ses usines moins productives. Le mot s’était répandu et faisait planer beaucoup d’incertitude chez les employé-es.

          « Bien entendu, nous regrettons d’apprendre que des personnes vont perdre leur travail dans certaines usines de Graphic Packaging international. Nous sommes tout de même soulagés de la confirmation qui nous a été faite selon laquelle l’usine située en Estrie continuera à faire partie intégrante du plan d’affaires de la compagnie. C’est grâce à la grande rigueur des employé-es, qui ont le cœur à l’ouvrage et le souci constant du travail bien exécuté », souligne le trésorier de la FIM–CSN, Michel Tétreault.

          « Parvenir à conserver de bons emplois dans la région est toujours une bonne nouvelle, a pour sa part affirmé le président du Conseil central de l’Estrie–CSN, Denis Beaudin. Le travail remarquable des syndiqué-es de Graphic Packaging, qui produisent du carton de qualité reconnu sur le marché et qui ont contribué à hausser la productivité de l’usine de façon significative depuis l’achat par Graphic Packaging en 2015, permet à l’usine d’entretenir d’excellentes relations avec ses clients. Voilà qui est prometteur pour l’avenir et qui a de quoi nous rendre très fiers. »

          Bâtir la solidarité régionale pour développer une voix forte

          Les conseils centraux de la CSN jouent un rôle politique important dans chacune de leur région, mais comment s’y prennent-ils pour que leur voix porte encore plus et que les préoccupations des travailleuses et des travailleurs soient entendues ?

          Le Point syndical a interviewé les 13 présidentes et présidents de conseils centraux au sortir de leurs congrès pour qu’ils rendent compte des façons de faire qui ont fait leurs preuves, mais aussi des innovations en cours partout au Québec. Nous avons, du même coup, dressé un portrait des enjeux régionaux qui préoccupent le plus les conseils centraux à la veille de la rentrée.

          S’appuyer sur la base
          La participation des membres est au centre des préoccupations des conseils centraux. Leur proximité avec les syndicats qu’ils représentent a toujours été un atout, mais plusieurs approches nouvelles visent à renforcer ce lien.

          On veut, par exemple, rendre les réunions moins formelles pour donner la parole aux membres dès le début, plutôt que de simplement valider des documents. Certaines régions mettent en place des réunions thématiques qui vont changer de secteur en fonction du sujet abordé. Cette façon de faire fonctionne d’ailleurs déjà très bien au Saguenay–Lac-Saint-Jean depuis trois ans. On veut aussi miser sur des rencontres informelles où il est plus facile de s’exprimer, même pour les membres qui ont tendance à rester muets dans les assemblées.

          Photo des présidences des conseils centraux, prise d'un étage plus haut que les élu-e-s.

          Présidences des conseils centraux // Photo : D. Morissette

          Divers conseils misent par ailleurs sur un comité de mobilisation, souvent renouvelé, pour soutenir les enjeux des syndicats. Par endroits, les conseils centraux ont décidé de trouver le moyen de rendre davantage disponibles les membres du comité exécutif, même si cela signifiait parfois une diminution du nombre de personnes y siégeant. Des conseils ont aussi choisi de donner la responsabilité de secteurs (géographiques ou d’activité) à chacun des membres du comité exécutif, parfois en spécialisant une vice-présidence sur le secteur privé.

          L’idée générale est de s’appuyer sur la base pour définir les enjeux régionaux et de mieux les porter, par une plus grande mobilisation des membres. On pense ici à des causes politiques ou sociales, mais aussi à la solidarité manifestée à l’égard des luttes des autres syndicats de la région.

          Approches de communication
          Pour communiquer avec les membres, au moins quatre conseils centraux ont déjà installé de l’équipement pour produire des vidéos, ou le feront bientôt. Ce dispositif sera offert aux syndicats qui veulent parler à leurs membres à distance.

          Les régions ont toutes plus de facilité à communiquer avec les médias que la métropole. Les présidentes et présidents ont souvent des liens directs avec les journalistes depuis des années. Au Cœur-du-Québec, certains médias enregistrent même de longues entrevues qui servent dans différents topos dans les semaines suivantes.

          Sur la Rive-Nord et la Rive-Sud dans la région de Montréal, c’est beaucoup plus difficile, et la présence de médias est plus aléatoire. Curieusement, la montréalisation de l’information n’aide pas vraiment à ce que la voix des travailleuses et travailleurs soit mieux entendue. La vente ou la fermeture de journaux a même empiré la situation par endroits.

          Québec s’en tire mieux à cet égard, même si le conseil central a décidé de ne pas du tout compter sur les radios poubelles de la capitale.

          En Outaouais, on mise sur des études chiffrées sur l’iniquité dont souffre la région en matière de services de santé, d’éducation et même en culture. Cette approche fonctionne bien avec les médias qui ont des données à se mettre sous la dent, qui sont basées sur des études.

          Coalitions et rencontres
          Les conseils centraux misent tous sur des coalitions intersyndicales ou basées sur des enjeux spécifiques pour se donner un plus grand poids régional. À Montréal, par exemple, on mise sur un comité intersyndical en place depuis plus de 45 ans, de même que sur des rencontres régulières avec les élu-es municipaux de tous les partis en place. De son côté, la coalition Équité Outaouais réussit à marteler son message, qui a même eu un impact électoral en 2018 en mettant fin au monopole d’un seul parti qui prévalait depuis plusieurs années. L’environnement est un sujet de plus en plus chaud et rassembleur un peu partout.


          Ce que Les présidentes et présidents des conseils centraux ont dit :

          « On veut attirer plus de monde pour les actions comme celle du 27 septembre. On mise beaucoup sur notre comité de mobilisation. »
          – Manon Tremblay, Saguenay–Lac-Saint-Jean

          « Il faut un meilleur réseau entre nous parce que le vent de droite souffle encore très fort. Quand tu t’intéresses plus aux autres syndicats, tu vas aussi t’intéresser plus au conseil central. »
          – Patricia Rivest, Lanaudière

          « Il faut s’investir dans différents milieux, se joindre à des tables et à différents groupes pour amener une vision CSN sur les façons de nous développer comme région. »
          – Guillaume Tremblay, Côte-Nord

          « Les membres participent déjà pas mal, mais ce sont souvent les mêmes. Notre défi, c’est d’essayer que ça descende plus. On veut inviter les gens à s’exprimer, notamment dans des activités informelles comme les 5 à 7. »
          – Annette Herbeuval, Montérégie

          « On veut consolider la solidarité intersyndicale avec notre réseau de mobilisation. »
          – Dominique Daigneault, Montréal métropolitain

          « Il faut se coller sur la réalité des syndicats, leurs enjeux sociaux. Quand ta voix et tes idées ont une importance, ça te donne plus envie de t’impliquer et on le constate. »
          – Nancy Legendre, Bas-Saint-Laurent

          « On croit que les liens entre les enjeux régionaux et nos syndicats sont là. Il faut les alimenter par une plus grande participation pour que nos luttes soient portées par les membres. »
          – Alfonso Ibarra, Outaouais

          « On a une bonne collaboration avec les médias régionaux, mais on veut redévelopper le réflexe des journalistes à nous interpeller. »
          – Félix-Antoine Lafleur, Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec

          « À toutes les interventions d’élu-es, on donne systématiquement notre opinion. Ça fait comprendre aux syndiqué-es à quoi sert le conseil central. On est un outil essentiel au développement régional. »
          – Serge Saint-Pierre, Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

          « On a décidé d’interpeller davantage nos syndicats par téléphone et d’augmenter la présence des membres aux assemblées en rendant les rencontres moins formelles, en donnant plus de temps d’antenne aux membres. »
          – Paul Lavergne, Cœur-du-Québec

          « Les gens se sont aperçus qu’ils ne se connaissaient pas, mais qu’ils voulaient plus partager. On va organiser trois ou quatre rencontres par an sur les priorités régionales. »
          – Chantal Maillé, Laurentides

          « Plus nos membres sont au courant des luttes menées par d’autres syndicats, plus notre solidarité peut s’exprimer. Et si on peut syndiquer le concurrent d’à côté, plus notre rapport de force est grand. »
          – Denis Beaudin, Estrie

          « S’il y a une mauvaise nouvelle, le conseil central est tout de suite au jeu avec le syndicat. Le conseil central est un incontournable. »
          – Ann Gingras, Québec–Chaudière-Appalaches.

          Près de 30 membres de la CSN impliqués pour le Camp Vol d’été Leucan–CSN!

          Le Camp Vol d’été LeucanCSN, le seul camp destiné spécifiquement aux enfants atteints de cancer et leur famille au Québec, bénéfice des revenus récoltés par la Fondation Camp Vol d’été LeucanCSN, créé par la CSN en 2009. Chaque année, 30 personnes membres de toutes les organisations CSN s’impliquent bénévolement à la Fondation pour mener une campagne de collecte de fonds pour financer les deux semaines estivales du camp. Ce camp est la cause qu’embrasse la CSN depuis maintenant 23 ans.

          Les connaissez-vous? Ils agissent avec cœur et dévouement tout au long de l’année pour voir à la réussite de la campagne. Ils organisent des activités, des événements et vous sollicitent pour que vous contribuiez à la campagne. Ils font la différence.

          Les membres du groupe de travail du Camp vol d'été-Leucan-CSN devant un mur rouge.

          Pourquoi certains s’impliquent :

          «  La fille de ma nièce a participé à deux camps en 2017 et 2018 et a reçu son dernier traitement de chimio au début du mois de juin », Alain Chevarie

          « Parce que notre syndicat estime la cause importante. Et sur une note plus personnelle, je m’implique en mémoire de mon neveu Samuel décédé en 1993 de la leucémie et il avait été au camp avec sa mère », Jean-Claude Gagnier

          « Les yeux pleins de paillettes de joie, le sourire rayonnant et tous les sens en éveil, voilà ce qui alimente ma modeste contribution. Voir un enfant être tout simplement un enfant au Camp, pays imaginaire où l’insouciance triomphe de la maladie et donne un répit aux familles. », Gabrielle Pelletier

          L’équipe de Leucan les remercie chaleureusement. Grâce à la Fondation Camp Vol d’été Leucan-CSN, les familles de Leucan profiteront d’un séjour inoubliable au Camp Vol d’été Leucan-CSN 2019, sous la thématique « du pays imaginaire ».


          Les membres sont : Jean Lacharité (CSN), Gabrielle Pelletier (CSN), Patrice Benoit (Conseil central du Montréal MétropolitainCSN), Éric Céré (Conseil central des LaurentidesCSN), Nancy Legendre (Conseil central du Bas-Saint-LaurentCSN), Félix-Antoine Lafleur (Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-QuébecCSN),  Agathe Tremblay (Conseil central Côte-NordCSN), Serge St-Pierre (Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-MadeleineCSN), Louis-André Boulay (Conseil central de la MontérégieCSN), Patricia Rivest (Conseil central de LanaudièreCSN), Alexandre Moisan (Conseil central de l’EstrieCSN), Daniel Baril (Conseil central de l’OutaouaisCSN), Louis Hamel (Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches), Alain Chevarie (Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-MadeleineCSN), Daniel Lamoureux (Conseil central du Bas-Saint-LaurentCSN), Sylvain Pratte (Conseil central du Cœur-du-QuébecCSN), Manon Tremblay (Conseil central du Saguenay-Lac-Saint-Jean)CSN, Emmanuelle-Cynthia Foisy (CSN-Construction), Nadine Lambert (Fédération de la santé et des services sociauxCSN),  Michel Tétreault (Fédération de l’industrie manufacturièreCSN), Stéphanie Gratton (Fédération des employées et employés de services publicsCSN), Yvan Duceppe (Fédération des professionnèles CSN), Alexandre Giguère (Fédération du commerceCSN), Pierre Roger (Fédération nationale des communicationsCSN), Léandre Lapointe (Fédération nationale des enseignantes et enseignants du QuébecCSN), François Gagnon (L’OR-CSN), Céline Charbonneau (marraine) et Jean-Claude Gagnier (STTCSN).

          Transport scolaire : avancées historiques en Estrie

          Dans un contexte de rareté de main-d’œuvre qui menace le service à plusieurs endroits au Québec, des salarié-es du transport scolaire de cinq syndicats en Estrie viennent tout juste d’obtenir des règlements constituant des avancées historiques désormais incluses dans leurs nouveaux contrats de travail.

          Mobilisés plus que jamais, ces travailleuses et travailleurs du Secteur transport scolaire (STS) de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) sont vraiment satisfaits des résultats obtenus dans le cadre de ces négociations. Le fait est connu : il y a fort longtemps que nous revendiquons un salaire décent dans notre domaine. Or, la rareté de main-d’œuvre que nous vivons chaque jour impose une pression partagée entre les salarié-es et les employeurs. Ces derniers n’avaient donc plus le choix d’agir afin de garantir le service aux parents sous peine de perdre des contrats et nous, de perdre nos emplois », souligne Stephen Gauley, président du STT des Autobus La Sapinière–CSN et président du STS.

          Un secteur au bord de la crise
          Rappelons que, le 30 janvier dernier, 160 élèves avaient été laissés sur le bord de la route du fait qu’Autobus des Cantons ne trouvait pas de remplaçantes ou remplaçants ce jour-là, ne pouvant conséquemment pas assurer le transport scolaire pour ces élèves. Partout au Québec, les employeurs peinent à trouver la main-d’œuvre nécessaire au maintien de leurs activités courantes.

          Un exemple concret
          Début avril, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a envoyé une mise en demeure au transporteur Autobus Transco (1988) Inc. afin de lui signifier une possible rupture de contrat.

          « Le 5 avril, nous avons reçu un mémo interne pour nous aviser que notre taux d’absentéisme mettait en péril les contrats que notre employeur détient avec la CSDM. Or, le réel problème, ce n’est pas qu’il y ait des absences, ce qui est normal dans toutes les entreprises, mais plutôt le fait que notre employeur, bien malgré lui, ne dispose pas de remplaçants pour faire face à ces absences. Nous nous retrouvons donc à recevoir cette menace de perdre notre emploi si la CSDM décide de retirer des circuits à notre employeur. En plus de ne pas recevoir une rémunération adéquate, qui tient compte du travail que nous accomplissons chaque jour d’école, nous devons porter le fardeau de cette rémunération trop faible pour attirer et retenir la main-d’œuvre dans notre secteur. C’est carrément insultant d’être pris au piège de la sorte », dénonce Carole Laplante, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Transco (STTT–CSN).

          La solution : bonifier les conditions de travail
          « L’exercice des mandats de six jours de grève a été déterminant aux tables de négociation. Les employeurs se sont rendus à nos arguments et ont finalement compris que pour attirer et retenir la main-d’œuvre essentielle à la poursuite de leurs opérations, il leur fallait impérativement améliorer les conditions de travail offertes à leurs salarié-es. Nous avions en main les contrats signés avec les commissions scolaires et ceux-ci prouvaient hors de tout doute que les employeurs disposaient d’une marge de manœuvre financière pouvant servir à bonifier les conditions de travail, ce qu’ils ont finalement accepté », précise Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP–CSN et responsable politique du STS.

          Le STS regroupe environ 3000 travailleuses et travailleurs.

          Le salaire minimum à 12,50 $ : encore trop loin de la cible

          À l’occasion de l’entrée en vigueur du nouveau taux horaire du salaire minimum à 12,50 $ l’heure et de la Journée internationale des travailleuses et travailleurs, les porte-paroles des sept organisations membres de la campagne 5-10-15 tiennent à exprimer leur déception. En campagne électorale, le parti de François Legault, la Coalition avenir Québec, disait vouloir créer des « jobs payants ». Il aurait pu commencer par améliorer le salaire de près de 900 000 personnes qui travaillent sous les 15 $ l’heure, mais il a raté l’occasion. « Il ne faut pas oublier que 15 $ l’heure, c’est ce qui est nécessaire, quand on travaille à temps plein, pour sortir de la pauvreté au Québec et pour cesser de vivre dans la crainte constante d’une dépense imprévue », a déclaré Virginie Larivière, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté.

          L’augmentation de 50 cents l’heure arrive dans un contexte économique extrêmement favorable qui aurait dû éliminer toutes les craintes, souvent non fondées, liées à un salaire minimum plus élevé. Le taux de chômage est à un plancher historique (5,4 %), la pénurie de main-d’œuvre affecte plusieurs secteurs et régions et l’inflation demeure faible malgré une croissance forte. « Le gouvernement aurait dû faire preuve de courage et avancer vers les 15 $ l’heure. Cela aurait été une action en faveur d’une plus grande égalité homme-femme, car les femmes occupent environ 58 % des emplois à moins de 15 $ l’heure au Québec », comme le rappelle Mélanie Gauvin, porte-parole du Front de défense des non-syndiquéEs.

          Pour une obligation de donner l’horaire de travail au moins cinq jours à l’avance
          Outre l’augmentation du salaire minimum, la campagne 5-10-15 porte deux autres revendications qui visent à permettre de mieux concilier le travail et la vie personnelle et familiale. D’abord, les organisations membres demandent à ce que les personnes salariées aient le droit de connaître leur horaire au moins cinq jours à l’avance. Dans un monde où les emplois atypiques sont la réalité pour une part de plus en plus importante des travailleuses et travailleurs, l’instabilité des heures de travail entraîne des défis de taille pour la planification de la vie personnelle et familiale et la gestion du budget. « Le gouvernement doit continuer sur la lancée de la récente réforme de la Loi sur les normes du travail (LNT). Celle-ci permet désormais à une personne de refuser de travailler si elle n’est pas avisée à l’intérieur d’un délai de cinq jours. Ce premier gain doit être bonifié. La responsabilité doit être mise du côté de l’employeur avec une règle qui oblige la divulgation de l’horaire à l’avance », d’expliquer Sonia Ethier, présidente de la CSQ.

          Dix jours de congé payé en cas de maladie ou de responsabilités familiales
          Actuellement, la Loi sur les normes du travail prévoit seulement deux jours de congé payé lorsque les travailleuses ou travailleurs s’absentent pour raisons familiales ou de santé. Au-delà de deux jours, les personnes salariées doivent choisir : soit s’appauvrir pour se soigner ou s’occuper d’un proche, soit travailler malgré la maladie ou une responsabilité familiale.

          « Les chiffres démontrent que ce sont encore aujourd’hui les femmes qui souffrent davantage de cette situation, a expliqué Jacques Létourneau, président de la CSN. En 2016, les femmes se sont absentées en moyenne 74 heures pour des obligations personnelles ou familiales alors que chez les hommes, la moyenne était de moins de 20 heures. L’équité homme-femme s’en trouve lourdement affectée », précise-t-il. Pour contribuer à établir l’équité homme-femme, le gouvernement doit rendre accessibles dix jours de congé payé à toutes et à tous.

          La théorie démentie par la réalité
          Plusieurs exemples démontrent que l’augmentation du salaire minimum n’a pas les impacts défavorables sur l’emploi que présument certaines théories économiques. Le seuil théorique de 50 % du salaire moyen qui avait été établi, bien que ce dernier était hautement discutable, ne peut certainement plus apparaître comme un critère valable et encore moins représentatif de la réalité du marché du travail. « Surtout, les données choisies par le ministère pour établir le salaire moyen excluent toutes les personnes employées à salaire fixe, ce qui fait baisser lourdement la moyenne, a clarifié Luc Vachon, président de la CSD. S’il y a eu corrélation dans les années 1970 ou 1980 entre le dépassement du ratio de 50 % et la hausse du chômage des jeunes, d’autres facteurs sont aussi à prendre en compte tels que l’arrivée des baby-boomers sur le marché du travail ou les crises économiques. Le contexte actuel est totalement différent et doit appeler à une autre approche », a-t-il dit.

          Richard Perron, président du SPGQ, renchérit : « D’ailleurs, les prévisions de pertes d’emploi lancées par certains opposants de la hausse ne se sont pas concrétisées ailleurs. En Ontario, la hausse du salaire minimum à 14 $ l’heure en janvier 2018 devait, selon eux, provoquer la perte de centaines de milliers d’emplois. Or, on constate en Ontario une croissance de 2 % de l’emploi entre l’année 2017 et le premier trimestre de 2019 alors que la moyenne canadienne est de seulement 1,2 % », a-t-il poursuivi.

          Et si l’effet de la hausse sur l’emploi était positif? C’est ce que démontre une étude récente de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS). « On ne peut pas garantir qu’il n’y aura pas quelques pertes d’emploi, mais ça n’a rien à voir avec les prédictions catastrophistes, de mentionner Christian Daigle, président général du SFPQ. En contrepartie, la hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure stimulera l’économie locale en ajoutant de 2,2 à 3,4 milliards de masses salariales. Celles et ceux qui en bénéficieront dépenseront leurs revenus supplémentaires pour mieux combler leurs besoins essentiels, plutôt que de les placer dans un paradis fiscal! »

          Des règlements d’une hauteur sans précédent

          L’effet de la rareté de la main-d’œuvre qui sévit dans le transport scolaire procure un rapport de force additionnel aux travailleuses et travailleurs du transport scolaire en Estrie.

          « Mobilisés pour obtenir de meilleures conditions de travail, quatre des cinq syndicats du Secteur transport scolaire (STS) de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) viennent tout juste d’obtenir des règlements sans précédent dans leur domaine », de déclarer Stephen Gauley, président du STT des Autobus la Sapinière–CSN et président du STS.

          Les règlements se résument ainsi :

          • STT d’Autobus Coaticook–CSN

          Selon le règlement obtenu, les salarié-es passeront de 20,40 $ l’heure qu’ils touchent actuellement à 25,23 $ en 2022, si l’indice des prix à la consommation (IPC) atteint 2 % en moyenne par année. Au total, il s’agit d’une augmentation d’environ 23,67 % sur cinq ans pour celles et ceux qui ont atteint le 3e échelon de l’échelle salariale, après trois ans d’expérience.

          • STT des Autobus B. Dion–CSN

          Pour leur part, les salarié-es des Autobus B. Dion passeront du taux de 20,51 $ l’heure versé actuellement à 25,79 $ en 2022, si l’IPC atteint 2 % par année. Au 3e échelon de l’échelle salariale après trois ans d’expérience, l’augmentation atteint les 25,74 % sur six ans.

          • STT des Autobus de l’Estrie–CSN

          Le règlement obtenu aux Autobus de l’Estrie fait passer le taux horaire actuel de 20,71 $ l’heure à 24,88 $ en 2022, si l’IPC demeure à 2 %. Ils ont également obtenu une bonification de leur échelle de vacances d’environ 2 %, l’ajout de périodes payées lors du déneigement des véhicules, de l’entretien sommaire des véhicules et de la rédaction de rapport, ce qui totalise 1,4 % pour ces trois tâches maintenant rémunérées. Au final, les augmentations salariales atteignent 22,28 % sur cinq ans, si l’IPC atteint 2 %.

          • STT des Autobus la Sapinière–CSN

          Le taux horaire des travailleuses et travailleurs des Autobus la Sapinière passera du 20,68 $ actuel à 25,15 $ l’heure en 2022, si l’IPC se maintient à 2 % en moyenne. Ils ont également obtenu une augmentation de leurs heures minimales payées, qui passent de 17,5 à 20 heures par semaine, soit une bonification de 10 minutes payées à tous les circuits pour les tâches autres que la conduite et une augmentation des vacances d’environ 2 %. Au total, les augmentations atteignent 27,5 % sur cinq ans, si l’IPC se maintient à 2 %.

          Autre scénario du côté du STT du transport scolaire des autobus des Cantons–CSN

          « Pour leur part, les salarié-es des Autobus des Cantons n’ont pas encore réussi à faire entendre raison à leur employeur. Aucune entente n’a donc été obtenue jusqu’à maintenant, alors que les demandes syndicales suivent ce que les autres transporteurs ont consenti en augmentations salariales. Hier, un avis de grève a été envoyé pour un second débrayage de six jours, qui pourrait avoir lieu du 7 au 14 mai 2019 si aucune entente n’intervient d’ici là », de souligner Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN (CCSNE–CSN).

          Rappelons que le 30 janvier dernier, 160 élèves avaient été laissés sur le bord de la route du fait qu’Autobus des Cantons, propriété de SOGESCO, ne trouvait pas de remplaçants ce jour-là, ne pouvant conséquemment assurer le transport scolaire pour ces élèves.

          « Alors que les autres employeurs ont compris que, pour attirer et retenir la main-d’œuvre essentielle à la poursuite de leurs opérations il leur fallait impérativement améliorer les conditions de travail offertes à leurs salarié-es, SOGESCO demeure dans le déni et refuse d’en faire autant. Au final, puisqu’elle fait le relai de plusieurs circuits couverts par d’autres transporteurs, l’entreprise pourrait causer une crise majeure dans le transport scolaire à Sherbrooke si elle s’obstine à ne pas débloquer les sommes nécessaires à l’atteinte d’une entente », de conclure Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP–CSN et responsable politique du STS.

          Le STS regroupe environ 3000 travailleuses et travailleurs membres de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN. Celle-ci compte plus de 425 syndicats affiliés, représentant environ 60 000 syndiqué-es dans le domaine des services public et parapublic.

          Secteur public : cinq organisations syndicales conviennent d’un protocole de solidarité

          Les cinq plus grandes organisations syndicales présentes dans le secteur public ont convenu, cette semaine, d’un protocole de solidarité. Afin de concentrer toutes leurs énergies à la prochaine négociation du secteur public qui s’amorcera cet automne, la CSN, la CSQ, la FTQ, la FIQ (FIQP) et l’APTS se sont entendues sur un protocole de non-maraudage en prévision de la période de changement d’allégeance prévue en juillet prochain.

          Ce protocole de non-maraudage s’appliquera pour tous les syndicats du réseau de la santé et des services sociaux, des commissions scolaires, des collèges et des organismes gouvernementaux affiliés aux organisations signataires. Celles-ci ont convenu de ne pas solliciter les membres d’une autre organisation et de n’appuyer aucune initiative locale allant en ce sens.

          Les organisations syndicales rappellent que, pour ce qui est du secteur de la santé et des services sociaux, des votes d’allégeances syndicales ont été tenus il y a moins de deux ans. Bien que ces votes aient été imposés par le gouvernement libéral dans la foulée du projet de loi 10 fusionnant les établissements du réseau de la santé, la quasi-totalité des travailleuses et travailleurs de ce secteur a pu se prononcer sur l’organisation qui les représenterait.

          Ensemble, les cinq organisations syndicales représentent plus de 425 000 travailleuses et travailleurs de l’État québécois. Les conventions collectives du secteur public viendront à échéance le 31 mars 2020.

          Autobus B. Dion : entente entérinée

          Réunis en assemblée générale hier en soirée, les membres composant le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus B. Dion – CSN se sont prononcés en faveur de l’entente de principe, et ce, dans une proportion de 93 %.

          Les principaux gains sont :

          • Bonification de l’échelle de vacances de 1 %.
          • Augmentations salariales moyennes à l’indexation au coût de la vie chaque année + 12 % sur 6 ans, dont deux années sont rétroactives. Ainsi, si l’indice du prix à la consommation se situe à 2 % en 2019, 2020 et 2021, le taux horaire passera de 20,51 $ à 25,79 $ l’heure en juillet 2022, ce qui pourrait signifier une augmentation salariale totale de 25,74 % sur 6 ans.

          « Voici une entente à la hauteur de ce que ces conducteurs et conductrices sont en droit de recevoir et de surcroît, sans avoir eu à exercer une seule minute de grève. Nous en sommes très heureux, déclare Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie – CSN (CCSNE – CSN). Mais ceux qui jettent le pavé dans la mare sont les deux derniers transporteurs qui refusent d’octroyer les mêmes conditions. Il devient impératif que ces employeurs réagissent afin que les parents et les élèves puissent bénéficier du transport scolaire à court, moyen et long terme », ajoute monsieur Beaudin.

          « Le métier de conducteur d’autobus scolaire est trop souvent sous-estimé tant sur le plan des conditions de travail que des responsabilités qu’elles incombent, et avec une telle entente, nous constatons une ouverture à la reconnaissance du travail accompli » se réjouit Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics – CSN (FEESP – CSN) et responsable politique du secteur transport scolaire.

          Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus B. Dion – CSN compte 40 membres et il est affilié à la CSN, à la FEESP – CSN et au CCSNE.

          Transport scolaire : une deuxième entente intervenue

          Une deuxième entente de principe est intervenue ce matin, cette fois-ci entre le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus Coaticook – CSN et leur employeur.

          Encore une fois, les termes de l’entente ne peuvent être exposés pour le moment puisque les membres seront consultés en assemblée générale lundi prochain.

          « Le comité syndical se dit satisfait de l’entente et respecte grandement le cadre pour lequel il était mandaté, déclare M. Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie — CSN (CCSNE-CSN). Il n’y aura donc pas l’exercice de la grève pour ce syndicat.

          Deux employeurs, qui depuis hier, ont démontré qu’il est possible d’octroyer des conditions de travail décentes pour un métier qui mérite d’être reconnu, » conclut M. Beaudin.

          Malgré plusieurs pourparlers, l’impasse demeure pour les syndicats suivants :

          • Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Autobus des Cantons — CSN
          • Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Autobus de l’Estrie — CSN
          • Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus la Sapinière — CSN

          Il y aura grève chez Transdev

          Ce lundi avait lieu la dernière rencontre de négociation entre la partie patronale de Transdev et les représentants des deux syndicats qui y opèrent, soit le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus de l’Estrie – CSN et le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus la Sapinière – CSN. Force est de constater que, devant l’attitude inacceptable de la partie patronale, la grève de six jours annoncée du 10 au 17 avril inclusivement aura bel et bien lieu.

          Pourtant, les représentants des deux syndicats ont travaillé fort pour en arriver à une entente acceptable pour leurs membres et ainsi éviter la grève, qui touchera 66 circuits à la Commission scolaire de la région de Sherbrooke (Autobus de l’Estrie), 29 circuits à la Commission scolaire des Hauts-Cantons et deux circuits à la Commission scolaire des Appalaches (Autobus la Sapinière). Or, les hauts dirigeants de Transdev, eux, n’ont même pas daigné se rendre disponibles pour tenter d’en arriver à un règlement. Leurs représentants n’ont fait rien d’autre que du présentéisme à la séance de médiation qu’ils avaient eux-mêmes convoquée, justifiant leur comportement par le fait qu’ils n’avaient pas de mandat.

          « Les demandes syndicales sont pourtant réalistes, clame Stephen Gauley, président du STT des Autobus la Sapinière. Elles sont basées sur ce qui se paye dans la région, notamment chez Autobus Ashby, transporteur qui a des contrats avec les commissions scolaires lui garantissant des revenus similaires à ceux de Transdev. »

          Les deux syndicats considèrent l’attitude patronale méprisante envers leurs membres, qui se démènent à chaque jour en faisant plus d’un circuit pour éviter le bris de service en raison de la pénurie de main-d’œuvre qui mine le secteur. « De toute évidence, la multinationale semble plus préoccupée par le profit qu’elle fait engranger à ses actionnaires européens que par les conditions de travail des conductrices et conducteurs de véhicules scolaires, dénonce Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE). Pourtant, elle peine à attirer et à retenir les salarié.es nécessaires pour donner le service, étant donné les conditions de travail médiocres. Rappelons-nous qu’au final, ce sont les élèves et leurs parents qui en payent le prix, et que rien dans la conduite de Transdev ne contribue à résoudre la problématique régionale. »

          Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus de l’Estrie – CSN compte 80 membres et le Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus la Sapinière – CSN compte 35 membres. Ils sont tous deux affiliés au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE), à la Fédération des employées et employés des services publics – CSN (FEESP-CSN) et à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

          Menaces de grève dans le transport scolaire

          Aujourd’hui, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a transmis au Tribunal administratif du travail (TAT) des avis de grève touchant cinq syndicats du transport scolaire de l’Estrie affiliés à la CSN. Ceux-ci entendent recourir à la grève du 10 avril au 17 avril inclusivement. À défaut d’une entente entre les parties, un autre avis pourrait annoncer des débrayages du 7 au 14 mai inclusivement.

          « À ce jour, aucune entente n’est intervenue entre les parties. Plusieurs points achoppent tant au niveau des clauses normatives qu’à incidences monétaires. Les demandes des conductrices et des conducteurs ne sont aucunement exagérées et s’appuient sur les conditions de travail octroyées chez un autre employeur de la région. L’entreprise Autobus Ashby, un transporteur scolaire situé à Ayer’s Cliff desservant deux commissions scolaires en Estrie, touche des revenus comparables aux entreprises dont les salarié-es sont syndiqués à la CSN. Et celle-ci rémunère ses conductrices et ses conducteurs d’autobus à 23,24 $ l’heure » affirme Stephen P. Gauley, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus la Sapinière — CSN et président du Secteur transport scolaire (STS).

          « Comment justifier cet écart salarial de plus de 10 % avec les membres de cinq syndicats affiliés à la CSN ? Mentionnons également que d’autres avantages salariaux sont également plus avantageux chez Autobus Ashby. Pour nous, cette réalité démontre que plusieurs employeurs ont la capacité d’octroyer ces mêmes conditions, tout en demeurant rentables. Voilà ce que les 230 conductrices et conducteurs exigent, elles et eux qui touchent des conditions de travail qui sont nettement insuffisantes », renchérit monsieur Gauley.

          « Comme bien d’autres entreprises de la région estrienne, ces cinq transporteurs peinent à attirer et à retenir leur main-d’œuvre en raison des conditions de travail peu avantageuses par rapport aux grandes responsabilités qui leurs sont confiées : transporter chaque jour d’école jusqu’à 72 élèves de 4 à 17 ans, et ce, en toute sécurité. Ce service essentiel à la population est au bord de la crise : souvenons-nous qu’en janvier dernier, 160 jeunes de sept écoles primaires de Sherbrooke n’ont pas eu de transport vers leur école en raison de l’incapacité des transporteurs à remplacer des conducteurs malades », déclare Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN. (CCSNE–CSN)

          « Plus tôt que tard, les employeurs devront comprendre qu’ils doivent améliorer les conditions de travail de leurs salarié-es afin d’attirer et de retenir des conductrices et des conducteurs nécessaires au service important qu’ils ont à rendre à la population, » conclut Stéphanie Gratton, vice-présidente de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN et responsable politique du secteur transport scolaire.

          Les cinq syndicats du transport scolaire affiliés à la CSN en Estrie comptent environ 230 membres qui se partagent environ 215 circuits scolaires.

          Les syndicats sont les suivants :

          Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Autobus des Cantons — CSN ;
          Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Autobus de l’Estrie — CSN ;
          Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus B. Dion — CSN ;
          Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus la Sapinière — CSN ;
          Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Autobus Coaticook — CSN.

          Les activités entourant le 8 mars 2019 en région

          À l’occasion du 8 mars 2019, des activités s’organisent partout au Québec. Prenez-en connaissance région par région et participez-y en grand nombre. Pour plus de renseignements, contactez le conseil central de la région où se déroule l’activité qui vous intéresse.


          Cœur-du-Québec

          Pour souligner la Journée internationale des droits des femmes, le comité en condition féminine du Conseil central du Cœur-du-Québec organise le 5 mars deux activités qui se succèdent dans ses locaux au 550 rue Saint-Georges à Trois-Rivières :

          • des éléments de formation sur la condition des femmes et sur l’analyse différenciée selon les sexes sont donnés de 13 h à 16 h 30 (le nombre de personnes inscrites est atteint);
          • un 5 à 7, repas offert, au cours duquel est invité le Projet Stérone, des humoristes féministes qui, à travers l’humour, dénoncent les travers de la société. Elles s’inspireront de la thématique de cette année « Le respect, ça se manifeste! » pour décliner sur différents sujets : préjugés sexistes, les différences corporelles et l’âge des femmes, contre l’intolérance, le racisme et la misogynie… Pour vous inscrire, il faut contacter sylvain.pratte@csn.qc.ca

          Estrie

          Pour souligner la Journée internationale des droits des femmes, le CCSNE, en collaboration avec le Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke, accueille l’artiste française Typhaine D dans « Contes à rebours ». Dans cette oeuvre puissante entre théâtre et conte, Typhaine D revisite les contes de notre enfance autant que le langage pour les dire, et propose un imaginaire où nous retrouver, peuplé d’héroïnes enfin unies, réelles, inspirantes, debout, semant ainsi des graines de compréhension de nos vécus, de soin, d’espoir, de jubilation, de résistance collective. Un spectacle unique à ne pas manquer! En tournée exclusive au Québec!

          Le mercredi 20 mars à 19 h
          Salle Le Parvis (987, rue du Conseil, Sherbrooke)
          Billets : Catherine.Ladouceur@csn.qc.ca ou 819 563-6515

          Événement Facebook 


          Lanaudière

          Jeudi 28 février 2019 à 17 h, L’Élan Brasserie (136 rue Lajoie à Joliette)

          C’est avec grand plaisir que le Conseil central de Lanaudière-CSN vous invite à continuer la tradition de célébrer ensemble la Journée internationale des droits des femmes. Le Conseil central de Lanaudière-CSN a invité, pour cette occasion, Mme Martine Delvaux, figure incontournable du féminisme contemporain et auteure de plusieurs romans dont, « Blanc dehors » finaliste en 2016 du prix du Gouverneur général.

          À partir d’une réflexion autour du mouvement #MoiAussi et du partage de son expérience personnelle, il sera question de réfléchir à l’amitié et à la solidarité entre femmes, non seulement comme résultat des mouvements sociaux, mais comme effet de la « domination masculine ». Il s’agira de se demander si l’on peut vivre en tant que femme sans l’être avec les autres.

          Le 8 mars, c’est l’occasion d’affirmer l’importance des luttes pour les droits des femmes, de saluer les combats menés en faveur de la reconnaissance sociale et politique et de poursuivre les batailles pour que nos droits cessent d’être bafoués partout sur la planète.

          Le prix d’entrée 

          Pour les membres et les salarié-es CSN : une épinglette du 8 mars 2019.
          Pour les non-membres : 20 $

          Veuillez noter que cette activité est offerte autant aux hommes qu’aux femmes et qu’il y aura des bouchées offertes ainsi qu’une consommation.

          Inscription obligatoire avant le 15 février 2019 au 450 759-0762 (sans frais 1 888 759-0762) ou par courriel à reception.cclanaudiere@csn.qc.ca.

          Au plaisir de vous y voir en grand nombre !


          Laurentides

          Cette année, c’est sous le thème « Le respect, ça se manifeste! » que le Conseil central des Laurentides – CSN invite tous ses membres et tous les groupes communautaires de la grande région des Laurentides à assister au souper conférence: « Aidante Naturelle, y’a rien de naturel là-dedans! »

          Cette soirée se tiendra :

          Quand : le 22 mars 2019 dès 18 h
          : 685, rue Laviolette à St-Jérôme, J7Y 2V4 (Salles Laviolette)
          Prix : 25 $ (coquetel de bienvenue et repas chaud 4 services)

          C’est donc avec plaisir que nous vous attendons pour cette une superbe activité sous forme de souper-conférence avec Mme Chantal Fleury, conférencière et sa nouvelle conférence qui saura vous faire rire, réfléchir et vous divertir avec son humour attachant. C’est donc un rendez-vous!

          Pour toute information ou pour l’achat des billets, veuillez contacter Chantal Racicot au Conseil central des Laurentides au 450 438-4197 ou par courriel chantal.racicot@csn.qc.ca.


          Montérégie

          Le Conseil central de la Montérégie organise le 28 mars un 5 à 7 autour du thème « Le respect, ça se manifeste » avec un panel d’invité-es :

          • Véronique de Sève, vice‐présidente de la CSN, responsable politique de la condition féminine
          • Emmanuelle Proulx, conseillère syndicale à la condition féminine à la CSN
          • Audrey Benoit, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de PJC Entrepôt—CSN
          • Jean‐Philippe Dell’Aniello, professeur de philosophie et membre du Syndicat des enseignantes et enseignants du Cegep de St‐Jean‐sur‐Richelieu (CSN)

          Dans une ambiance décontractée, souper et cocktail seront offerts de 17 h à 18 h 40 et la soirée discussion débute dès 19 h. La soirée se déroule au 7900 Taschereau, Édifice E, à Brossard.

          Réservez vos billets au prix de 5 $ auprès de Josée Fournier avant le 20 mars au 450 466‐7036 ou josee.fournier@csn.qc.ca.


          Montréal métropolitain

          CABARET FÉMINISTE FESTIF

          Jeudi 7 mars, de 5 à 7, à l’atrium de la CSN (1601 De Lorimier, Montréal)

          À l’animation, Judith Lussier, du duo Les Brutes

          En prestations musicales :
          Stella Adjokê slam-blues-soul-R&B
          Kathia Rock guitare acoustique et tambour/folk-country-rock-jazz innu
          Chœur Maha musique féministe inventive-approche non traditionnelle du chant choral

          Exposition

          Les affiches du 8 mars célébrés au Québec depuis 45 ans seront exposées et les femmes de la CSN présenteront leurs créations.


          Québec–Chaudière–Appalaches

          La Coalition régionale de Québec de la Marche mondiale des femmes lance l’invitation lors de la Journée internationale des droits des femmes à Québec le vendredi 8 mars pour les actions suivantes :

          • À 14 h: une chaîne de femmes devant le Palais de justice en solidarité et en appui aux victimes d’agressions sexuelles (activité non mixte)
          • 15 h 30: sur « Le respect, ça se manifeste, luttes des femmes », une causerie sur l’état actuel du système de justice dans le dossier des agressions sexuelles, contexte sociopolitique, pauvreté, travail, migration, femmes autochtones (activité non mixte)
          • 16 h 30 : Chansons et slogans féministes
          • 17 h : Rassemblement pour une marche de solidarité féministe devant la Bibliothèque Gabrielle Roy
          • 17 h 30 : Départ de la marche

          Le réseau des groupes de femmes de Chaudière-Appalaches organise le 15 mars 2019 au Club de golf de Lotbinière toute une journée d’activités débutant à 9 h.

          • Une conférence de Véronique Pronovost sur l’antiféminisme: ses recherches portent sur la redéfinition et l’institutionnalisation du mouvement conservateur américain ainsi que sur les effets antiféministes du conservatisme contemporain.
          • Suivi d’une présentation de l’état des lieux du Réseau sur la pauvreté des femmes
          • Et pour terminer, une conférence de l’organisme Le Néo par Valérie Boyer, sexologue, sur l’inclusion des femmes trans dans les milieux exclusifs aux femmes.

          Pour informations sur le prix d’admission et la réservation, contacter avant le 9 mars 2019 à communications@femmesca.com


          Saguenay–Lac-Saint-Jean

          Le Collectif 8 mars de Saguenay vous invite à un souper-spectacle « Quand les femmes s’en mêlent! », le mardi 12 mars à compter de 17 heures, à l’Hôtel le Montagnais de Chicoutimi (1080, boulevard Talbot, Chicoutimi). Les billets sont au coût de 15 $ (souper inclus) et sont disponibles à votre Conseil central jusqu’au 7 mars 2019.

          Le Collectif du 8 mars d’Alma au Lac-Saint-Jean convie la population à un souper-conférence sur La place des femmes en politique et soirée dansante avec le duo musical « Miss Caprice », le vendredi 8 mars à compter de 17 heures à l’hôtel des Cascades (140 Avenue du Pont N, Alma).  Les billets sont en vente au Centre de femmes aux Quatre Temps (418 668-7698) ainsi qu’au Conseil central au coût de 25 $.

          La nécessité de se tenir debout

          Ayant pris tout récemment la décision de se syndiquer, les travailleuses et travailleurs du MBAS expérimentent en mode accéléré la solidarité et l’entraide.

          La démarche des employé-es du MBAS a suscité beaucoup de réactions depuis l’automne. En effet, rarement aura-t-on vu la syndicalisation d’un petite groupe si hautement médiatisée. Alors que le syndicat ne cherchait pas à attirer l’attention des médias, le licenciement d’une militante, dans les minutes qui ont suivi la rédaction d’un communiqué annonçant la création du syndicat, a changé la donne. Des dénonciations d’ex-employé-es, une assemblée générale annuelle du MBAS houleuse et la démission de la présidente du conseil d’administration du musée ont contribué à garder l’attention des médias sur les relations de travail au musée.

          Pour Sarah Boucher, conservatrice au musée depuis dix ans et présidente du syndicat, cette frénésie médiatique et l’ensemble du processus d’une première syndicalisation sont à la fois vertigineux et palpitants. « Je me suis même dit que j’allais devoir m’acheter Le syndicat pour les nuls pendant le temps des fêtes afin de comprendre ce qui se passe », explique-t-elle à la blague.

          « À la base de notre syndicalisation, il y a deux volets, poursuit la présidente. Oui, il y a le conflit dont on entend parler dans les journaux, car nous avons grandement besoin d’appuis pour gérer les conflits avec la direction du musée. Mais il y a également la gestion interne, qui connaît actuellement de graves lacunes. Nous n’avons pas de contrat de travail, pas de définition de tâches, pas de grille salariale. Tout ce que vous pouvez imaginer qu’une convention collective doit contenir, nous ne l’avons pas. »

          Fanny Luquet, responsable des communications du MBAS depuis quatre mois et membre du comité de négociation du syndicat, poursuit : « Notre projet de convention collective inclut des balises pour encadrer les réunions d’équipe, les ordres du jour et les procès-verbaux. Ça peut paraître de base, mais chez nous, ce n’est pas acquis. Dans ce sens, la syndicalisation vise un effet structurant pour le musée que nous croyons bénéfique pour l’ensemble des parties. »

          Un siège éjectable
          Le climat de travail tendu ne date pas d’hier. La présidente du syndicat confirme qu’il y a eu un taux de roulement très élevé au cours des cinq dernières années : plus de quinze personnes, pour une équipe de huit à dix salarié-es.

          « Quand tu te sens éjectable ou que la majo­rité de tes camarades vivent dans la précarité et peuvent difficilement remettre en question la direction, c’est certain que ça mène à l’écœurement, voire à l’épuisement de tout le monde. On remarque que le taux de roulement affaiblit l’équipe : lorsqu’on doit toujours recommencer, c’est de l’énergie perdue. C’est décourageant de ne jamais savoir si ton nouveau collègue va tenir bon. »

          La piqûre CSN
          La présidente ne cache pas que les derniers mois ont été éprouvants, mais elle reconnaît également que les membres de son syndicat s’en sortent bien avec l’appui inconditionnel de la CSN.

          « La CSN est tout pour nous. Nous l’avons approchée au début d’octobre et elle nous a guidés dans le processus de signature de cartes d’adhésion. Depuis, elle nous offre beaucoup de soutien, sans rien demander en retour. Que ce soit la signature de pétitions pour dénoncer le congédiement de notre camarade, le soutien des avocates et avocats du Service juridique pour nous accompagner dans le processus de plaintes ou la gestion de la logistique entourant la tenue de réunions, la CSN est toujours là, présente ; nous n’en revenons pas. Nous nous sentons quasiment mal parce que nous n’avons rien déboursé, pas une seule cenne de cotisation. »

          Sa camarade du comité de négociation va encore plus loin : « Quand nous rencontrons nos conseillers, ça nous fait l’effet d’une piqûre ou d’une dose d’adrénaline qui nous donne l’énergie pour poursuivre. Au fond, la CSN, c’est comme une pommade pour soulager nos maux. Après, on sait que tout ira mieux. »

          STT du Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke–CSN

          Le Syndicat des travailleuses et travailleurs du Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke–CSN a été accrédité, le 29 octobre dernier, pour représenter :

          « Toutes les personnes salariées au sens du Code du travail, à l’exception des étudiants ainsi que des stagiaires reconnus dans le cadre de divers programmes académiques, d’emploi, d’intégration ou de même nature. »

          Les travailleuses et travailleurs de Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke ont choisi de se doter d’un syndicat pour améliorer leurs conditions d’emploi.

          Ce nouveau syndicat sera affilié à la Fédération nationale des communications (FNC), au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie et bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

          Mandat de grève générale illimitée

          Au terme d’une tournée d’assemblées générales, les cinq syndicats CSN du transport scolaire en Estrie ont tous obtenu un mandat de grève générale illimitée à être déclenchée au moment jugé opportun, et ce, avec une majorité de plus de 90 % dans tous les cas.

          Les syndicats visés sont les suivants;
           Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Autobus des Cantons—CSN
           Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Autobus de l’Estrie—CSN
           Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus B. Dion—CSN
           Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus la Sapinière—CSN
           Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Autobus Coaticook—CSN

          « Nous sommes conscients qu’il est plutôt inhabituel de commencer une négociation en ayant déjà en poche un mandat de grève, explique M. Stephen Gauley, président du secteur du transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP) de la CSN. Cependant, l’historique des négociations antérieures en Estrie et l’attitude actuelle de certains de ces employeurs nous démontrent qu’afin d’être pris au sérieux, nous devons montrer que nos membres sont prêts à aller jusqu’au bout pour obtenir des conditions de travail décentes. Évidemment, nous espérons ne pas avoir à exercer ces mandats pour y arriver », ajoute M. Gauley.

          « À la suite d’une analyse comparative des revenus et des dépenses salariales des transporteurs scolaires de l’Estrie, nous en sommes venus à la conclusion qu’ils ont la capacité d’offrir à nos membres des augmentations salariales bien au-delà de l’indice des prix à la consommation. De plus, la difficulté qu’ils ont d’attirer et de retenir leurs conductrices et conducteurs de véhicules scolaires s’explique par les conditions de travail qu’ils offrent, et qui ne sont tout simplement pas concurrentielles sur le marché du travail. Une prise de conscience s’impose donc et il est impératif d’agir maintenant », conclut M. Gauley.

          Les employé-es du Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke se syndiquent à la CSN

          Le 29 octobre 2018, le Tribunal administratif du travail (TAT) a émis le certificat d’accréditation qui permettait aux employé-es du Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke de créer leur syndicat.

          La démarche de syndicalisation a débuté en septembre dernier en raison d’une dégradation importante des relations de travail. En effet, certaines et certains employés ont déposé des plaintes de harcèlement psychologique à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) afin de se plaindre du comportement de la direction. Au cours de la démarche de syndicalisation, l’employeur n’a pas hésité à congédier une militante en signe de représailles antisyndicales. En réponse à ces attaques, plusieurs plaintes ont été déposées au TAT pour forcer l’employeur à respecter la loi.

          Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE–CSN), était de passage au musée sur l’heure du dîner pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux membres de la CSN et pour soutenir le syndicat face à ces attaques : « C’est une bonne nouvelle d’accueillir les employé-es du Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke dans nos rangs. Malheureusement, le comportement de la direction est odieux et elle doit savoir que la CSN va défendre ses membres jusqu’au bout! La CSN est une organisation combative et la direction du musée va vite s’apercevoir qu’il ne sera plus possible d’intimider les employé-es sans conséquence. »

          La Fédération nationale des communications (FNC–CSN) se réjouit également de l’arrivée du nouveau syndicat. La fédération est de plus en plus présente auprès des travailleuses et des travailleurs travaillant dans les musées. « Nous sommes présents dans les musées depuis longtemps et la CSN a développé une grande expertise dans le milieu culturel. Dans la région de l’Estrie, il s’agit du second syndicat d’employé-es de musées à rejoindre la CSN. Cette réputation pousse de plus en plus de travailleuses et de travailleurs de ces secteurs à nous rejoindre » lance Pascale St-Onge, présidente de la FNC–CSN.

          La mise sur pied du syndicat marque une nouvelle étape pour les employé-es du Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke. Le syndicat va tenir sa première assemblée générale le soir du 22 novembre 2018. Lors de cette réunion, les membres adopteront leurs statuts et règlements et ils éliront leurs représentantes et leurs représentants. À la suite de cette première assemblée, le syndicat pourra entamer les démarches pour négocier sa première convention collective avec l’employeur.

          Voir loin, agir en prévention

          Du 14 au 21 octobre se tient la Semaine nationale de la santé et de la sécurité du travail (SST). Ainsi, la CSN souhaite rappeler à toutes les travailleuses et à tous les travailleurs, de même qu’à ses quelque 300 000 membres des secteurs privé et public, de l’importance de la prévention.

          Agir en prévention
          Pour la CSN, la prévention demeure un défi quotidien dans un monde obsédé par la productivité et la rentabilité. C’est en amont qu’il faut poursuivre la sensibilisation des employeurs et des gouvernements aux risques liés au travail.

          « Bien que nous ayons au fil du temps constaté des améliorations en santé et sécurité du travail, il reste toujours en 2018 énormément de travail à faire, surtout en matière de prévention, » explique Jean Lacharité, vice-président de la CSN et responsable politique des questions de SST. « Un accident de travail, c’est un accident de trop. Pire encore quand un travailleur meurt au travail. On ne devrait jamais perdre notre vie en la gagnant. Ça n’a pas de bon sens. Il faut que ça cesse. »

          230 décès en 2017
          Rappelons les statistiques bouleversantes dévoilées en 2017 par la CNESST, les pires enregistrées depuis les dix dernières années. On déplorait 63 morts à la suite d’un accident, et 167 à la suite d’une maladie professionnelle, pour un total de 230 décès (13 de plus que l’année précédente).

          En identifiant les risques et en prévoyant les dangers, nous nous donnons les moyens de corriger les situations problématiques dans un milieu de travail pour éviter que des accidents et des maladies professionnelles de nature physique et psychologique ne se produisent. Les travailleuses et travailleurs sont sans contredit les mieux placés pour signaler les dangers liés à leur travail et aussi pour proposer des solutions. Il est grand temps que les employeurs et le gouvernement se mettent à les écouter.

          Entente de principe pour le personnel administratif du CIUSSS de l’Estrie CHUS–CSN

          Ce matin, le Syndicat du personnel administratif du CIUSSS et l’Estrie CHUS–CSN (SPACEC–CSN) et la direction du CIUSSS de l’Estrie ont paraphé les dernières matières qui complètent l’entente de principe survenue aux termes des discussions le samedi 29 septembre dernier vers 22 h.

          « La négociation a été longue et parfois houleuse, mais nous sommes toutefois heureux et fiers de cette entente qui nous apparaît à la hauteur des mandats qui nous ont été confiés par l’assemblée générale », déclare Vicky Ouellet, présidente du SPACEC–CSN. « Les gains qui, concrètement, bénéficieront au personnel administratif, aux techniciens et aux professionnels de l’administration sont notamment l’aménagement de l’horaire de travail, l’amélioration de l’accès aux postes et un cadre limitatif quant aux déplacements », ajoute madame Ouellet.

          « Le comité de négociation syndical a travaillé ardemment afin d’obtenir un règlement répondant aux principales attentes du personnel, l’entente sera présentée aux membres dans les prochaines semaines et nous saurons à ce moment le degré de satisfaction », mentionne M. Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie–CSN (CCSNE–CSN).

          « Nous savons qu’il n’a pas été possible pour nos collègues des catégories 2 et 4 d’obtenir une entente de principe avant l’échéance du délai prescrit par la Loi 10 et nous leur souhaitons la meilleure des chances pour obtenir un règlement en médiation », conclut madame Ouellet.

          Le Syndicat du personnel administratif du CIUSSS de l’Estrie CHUS–CSN (SPACEC–CSN) compte environ 2300 membres répartis sur un territoire de 12 820 km2 et est affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), à la FSSS et au CCSNE.

           

          Il faut 50 millions de dollars pour éviter la rupture du réseau de la santé

          Toute la semaine, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) a exposé une série de problèmes du réseau public et proposé à chaque fois des solutions. Pour résoudre la crise à court terme, la FSSS-CSN estime toutefois qu’il faudra agir sans tarder.

          Les problèmes : La crise du réseau de la santé et des services sociaux touche plusieurs aspects : pénurie généralisée, surcharge de travail, épuisement. « Le personnel est parfois désespéré de devoir travailler dans des équipes où il manque systématiquement 5, 8 ou même 10 personnes. La qualité des services et la sécurité du personnel sont en jeu », lance Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

          La solution : « On demande un investissement d’urgence de 50 millions de dollars pour intervenir dans les établissements qui font face à des problèmes criants de pénurie de main-d’œuvre », déclare Jeff Begley, président de la FSSS-CSN, qui suggère notamment que l’on puisse accélérer les embauches ou même la réembauche de personnel retraité. Des compensations seraient également requises pour retenir le personnel qui doit constamment travailler en équipe réduite.

          La FSSS-CSN demande par ailleurs de ramener au niveau national certaines négociations locales qui achoppent sur des éléments importants et qui risquent d’aggraver la crise actuelle. La question de la mobilité sur de grandes distances exigée au personnel dans certains établissements est un exemple patent.

          La FSSS-CSN et ses syndicats offrent également de s’assoir avec l’employeur dans les jours qui suivent l’installation d’un nouveau gouvernement pour identifier les mesures qui auront un impact réel à court et à moyen termes.

          À propos de la FSSS-CSN

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte plus de 110 000 membres dans les secteurs publics et privés et est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS-CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

          Réseau de la santé : des personnes qualifiées écartées sans raison

          D’ici l’élection, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) exposera un problème du réseau public par jour, accompagné d’une piste de solution.

          Le problème : Il n’y a pas que les médecins immigrants qui peinent à faire reconnaître leurs qualifications dans le réseau de la santé et des services sociaux. Des travailleuses et des travailleurs qui sont nés ici se voient bloquer l’accès à toute une série de titres d’emploi dans le réseau de la santé, et ce, sans raison valable. « Il n’y a aucune uniformité dans les exigences d’accès aux postes et ça laisse place à des critères déraisonnables et à de l’arbitraire », critique Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS-CSN, qui n’accepte pas qu’on aggrave inutilement la pénurie de main d’œuvre.  

          Dans un établissement en Outaouais, par exemple, un affichage pour le poste de préposé-e aux bénéficiaires exigeait d’être à la maîtrise en ergothérapie ou en physiothérapie ou encore être au collégial en soins préhospitaliers d’urgence. Pourtant, le ministère de l’Éducation n’offre qu’un diplôme d’études professionnelles (DEP) pour accéder à cette profession.

          Autre exemple, une secrétaire médicale qui est qualifiée par le ministère de l’Éducation et qui détient un diplôme devra parfois passer un nouveau test pour occuper un emploi de secrétaire médicale dans le réseau de la santé.

          La solution : « Il est urgent que le ministère de la Santé corrige cette situation en précisant les qualifications justes et raisonnables pour chaque titre d’emploi dans la convention collective, comme cela se fait dans le secteur de l’éducation », affirme Jeff Begley, président de la FSSS-CSN. Il ajoute qu’il faudrait aussi reconnaître les attestations d’études collégiales de même que faciliter la possibilité pour des personnes déjà en emploi de concilier famille-travail-études dans le but de compléter leurs qualifications.

          Malgré diverses promesses ciblées pour le réseau de la santé et des services sociaux du Québec, plusieurs partis politiques ne semblent pas saisir l’urgence de trouver des solutions d’envergure pour résoudre la crise qui frappe les travailleuses et les travailleurs du réseau de la santé.

          Le prochain gouvernement devra réagir rapidement s’il veut conserver l’attractivité des emplois en santé et services sociaux dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. « On n’est pas loin du point de rupture dans notre réseau », met en garde Josée Marcotte, vice-présidente pour le secteur public de la FSSS-CSN.

          À propos de la FSSS-CSN

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte plus de 110 000 membres dans les secteurs publics et privés et est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS-CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

          Explosion des prestations d’assurance salaire pour le personnel de la santé

          D’ici l’élection, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) exposera un problème du réseau public par jour, accompagné d’une piste de solution.

          Le problème : « Le réseau de la santé rend son personnel malade », déplore Jeff Begley, président de la FSSS-CSN. En 2016-2017, les établissements publics ont versé près de 500 millions de dollars en indemnités d’assurance salaire, soit 22 % de plus qu’en 2013-2014. Les cotisations à la CNESST ont grimpé à plus de 200 millions de dollars pendant la même période. La santé psychologique liée à la surcharge de travail est au cœur du problème.

          La solution : « Il faut que le secteur de la santé et des services sociaux soit reconnu comme un secteur prioritaire en santé et sécurité au travail », propose Jeff Begley, qui précise que tous les outils prévus dans la Loi sur la santé et la sécurité au travail seraient alors disponibles. La solution passe aussi par plus de prévention et par l’abandon de l’approche actuelle basée sur des retours au travail prématurés et sur l’abus de divers moyens médico-administratifs de contrôle.

          Malgré diverses promesses ciblées pour le réseau de la santé et des services sociaux du Québec, plusieurs partis politiques ne semblent pas saisir l’urgence de trouver des solutions d’envergure pour résoudre la crise qui frappe les travailleuses et les travailleurs du réseau de la santé.

          Le prochain gouvernement devra réagir rapidement s’il veut conserver l’attractivité des emplois en santé et services sociaux dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. « On n’est pas loin du point de rupture dans notre réseau », met en garde Josée Marcotte, vice-présidente pour le secteur public de la FSSS-CSN.

          À propos de la FSSS-CSN

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte plus de 110 000 membres dans les secteurs publics et privés et est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSS-CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire. 

          Les préposé-es aux bénéficiaires peuvent décharger les infirmières

          Malgré diverses promesses ciblées pour le réseau de la santé et des services sociaux du Québec, plusieurs des partis politiques ne semblent pas saisir l’urgence de trouver des solutions d’envergure pour résoudre la crise qui frappe les travailleuses et les travailleurs.

          D’ici l’élection, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN) va exposer un problème du réseau par jour, accompagné d’une piste de solution. Le prochain gouvernement devra réagir rapidement s’il veut conserver l’attractivité des emplois en santé et services sociaux dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. « On n’est pas loin du point de rupture dans notre réseau et il y a urgence d’agir », met en garde Josée Marcotte, vice-présidente pour le secteur public de la FSSS-CSN.

          Le problème : La mauvaise organisation du travail dans le réseau de la santé provoque une surcharge pour plusieurs professionnel-les parce que les tâches ne sont pas distribuées de façon optimale entre les différents métiers et professions. « Les préposé-es aux bénéficiaires ne sont tout simplement pas assez nombreux. Ils et elles sont débordés », souligne Jeff Begley, président de la FSSSCSN. En conséquence, les soins et les services ne peuvent pas toujours être accomplis de façon satisfaisante et en temps voulu. Les heures supplémentaires obligatoires augmentent.

          La solution : « Plusieurs chefs parlent de dégager les médecins de tâches qui peuvent être confiées à d’autres professionnels, mais on pourrait faire la même chose pour les infirmières », insiste Jeff Begley, qui pense que le réseau serait plus efficace et plus attractif si les tâches étaient mieux réparties. La FSSSCSN propose de mettre en place des ratios entre le nombre de préposé-es et d’infirmières. Il faudrait aussi prévoir plus de ressources sur le plan administratif pour assurer une organisation du travail efficace et l’utilisation optimale des compétences des uns et des autres. Avec ces deux mesures, on pourrait dégager les infirmières et les infirmiers pour qu’ils se consacrent à des tâches qui correspondent vraiment à leur expertise. Selon une récente étude, pas moins de 46 % du temps de travail de ce dernier corps d’emploi est consacré à des tâches administratives.

          Il est temps de reconnaître la contribution du personnel de soutien

          Le 27 septembre marque la Journée nationale du personnel de soutien en éducation. La Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) tient à souligner le travail exceptionnel réalisé quotidiennement par ces dizaines de milliers de femmes et d’hommes ainsi que leur contribution à la réussite scolaire d’enfants et de jeunes adultes à travers la province.

          La Journée nationale du personnel de soutien en éducation a pour but de souligner et reconnaître la contribution de ces employé-es qui œuvrent dans l’ombre, mais dont le travail est pourtant essentiel à la bonne marche de nos institutions d’éducation, que ce soit au primaire, au secondaire, au cégep ou à l’université.

          « Tout le personnel autre que le personnel enseignant et le personnel professionnel tel que, secrétaire, concierge, opérateur en informatique, personnel de bureau ou administratif, éducatrice spécialisée, ouvrier spécialisé, personnel en service de garde, technicienne en documentation, technicien en travaux pratiques, technicienne en loisirs et autres font un travail exceptionnel et tiennent bien souvent à bout de bras le système d’éducation sans avoir la reconnaissance qui s’y rattache. Nous à la FEESP, on le souligne à gros traits tous les derniers jeudis de septembre, mais leur dévouement doit être reconnu au quotidien », affirme Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP–CSN.

          Présents partout et pour tous

          Les employé-es de soutien en éducation sont omniprésents tout au long du parcours scolaire. De l’administration à l’entretien des bâtiments, en passant par l’organisation scolaire, le soutien aux élèves en difficulté, les services de garde et la préparation des laboratoires, ils occupent des emplois variés, essentiels au bon fonctionnement du réseau d’éducation québécois.

          « Les compressions des dernières années ont fragilisé les services offerts par le personnel de soutien en raison des suppressions de postes. Il faut des investissements en éducation afin de donner au personnel de soutien les ressources nécessaires pour offrir des services adéquats dans tout le processus éducationnel. Il est temps qu’on reconnaisse la contribution du personnel de soutien à sa juste valeur », ajoute Johanne Cadieux, présidente du secteur soutien cégeps FEESP–CSN.

          Coupes budgétaires et précarité d’emploi

          Aussi essentiel que soit leur travail, les femmes et les hommes membres du personnel de soutien doivent vivre quotidiennement avec les restrictions budgétaires.

          « L’engagement du personnel de soutien dans le fonctionnement de nos écoles est phénoménal, et ce, malgré les coupes budgétaires. Dans les commissions scolaires, le gouvernement a réinjecté des sommes, mais on est bien loin du niveau budgétaire qui prévalait avant les coupes effectuées en période d’austérité. Ces compressions ont engendré une précarité d’emploi qui est devenue insoutenable », explique Annie Charland, présidente du secteur scolaire, FEESP–CSN.

          Cette précarité d’emploi se fait aussi sentir dans les cégeps et dans le milieu universitaire. On a besoin d’un réinvestissement massif en éducation, d’abord pour offrir un meilleur service aux élèves et aux étudiants, mais aussi pour régler cette problématique.

          Universités

          À l’Université Concordia, la situation n’est guère plus reluisante. Les travailleuses et travailleurs sont actuellement en négociation avec l’employeur. La sous-traitance et la précarité d’emploi sont des éléments importants des discussions.

          « Nos membres doivent contribuer davantage à leur régime de retraite, mais les salaires n’ont pas augmenté en conséquence, on demande constamment un effort additionnel à nos membres, mais il y a une limite à toujours en demander plus », déplore Kent Cluff, président du Concordia University Library Employees’ Union (CULEU), FEESP–CSN.

          La FEESP, qui représente plus de 35 000 membres dans le milieu de l’éducation, désire souhaiter une excellente Journée nationale du personnel de soutien en éducation à tous les artisans et artisanes, votre travail est essentiel et apprécié.

          La pénurie de main-d’œuvre en santé ne peut plus durer

          Malgré diverses promesses ciblées pour le réseau de la santé et des services sociaux du Québec, plusieurs des partis politiques ne semblent pas saisir l’urgence de trouver des solutions d’envergure pour résoudre la crise qui frappe les travailleuses et les travailleurs.

          D’ici l’élection, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) va exposer un problème par jour, accompagné d’une piste de solution. Le prochain gouvernement devra réagir pour faire face à l’important problème de pénurie de personnel. « On n’est pas loin du point de rupture dans notre réseau », met en garde Josée Marcotte, vice-présidente pour le secteur public de la FSSS–CSN. Si nous n’améliorons pas les conditions salariales et de travail rapidement, nous risquons de voir de plus en plus de travailleuses et travailleurs tourner le dos au réseau.

          Le problème : Le manque de personnel

          La mauvaise planification de la main-d’œuvre par les autorités entraîne des problèmes criants sur le terrain. Il manque de plus en plus de personnel en santé et services sociaux dans tous les titres d’emploi et dans tous les établissements. Les équipes sont constamment à effectifs réduits et le personnel est épuisé. L’instabilité des horaires et des lieux de travail rend le milieu peu attractif et plusieurs personnes quittent le réseau, songent à le quitter ou à aller travailler pour le privé. Pour pallier la pénurie, les employeurs doivent avoir recours aux heures supplémentaires obligatoires ou faire appel à des agences de personnel. C’est un cercle vicieux.

          De plus, comme l’Institut de la statistique du Québec le montre, les salaires pour des postes comparables sont inférieurs dans le secteur public par rapport au secteur privé. C’est un problème majeur. De plus en plus de travailleuses et de travailleurs choisissent de quitter le réseau et le recrutement de nouvelles personnes devient de plus en plus difficile. Le secteur de la santé n’est pas épargné par la pénurie de main-d’œuvre qui touche le Québec. « Si on ne retient pas le personnel dans le réseau, la surcharge ne fera que s’aggraver pour ceux qui restent et encore plus de gens vont partir », explique Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

          La solution : « Il faut arrêter de s’occuper seulement des médecins, il va falloir améliorer le salaire rapidement et offrir de la stabilité à l’ensemble des personnes qui permettent au réseau de la santé de fonctionner », lance Jeff Begley. Ce dernier demande notamment que les salaires dans le réseau de la santé et des services sociaux soient bonifiés sans tarder comme le gouvernement vient de le faire pour les cadres scolaires.

          « Il faut aussi mettre en place des incitatifs efficaces qui permettront de combler les quarts de travail la fin de semaine sur une base volontaire. Cela permettrait du même coup aux autres membres du personnel d’être libérés de l’obligation de travailler les fins de semaine et de faire des heures supplémentaires obligatoires. Il faut que le réseau public soit plus attractif », conclut le président de la FSSS–CSN.

          Les travailleuses et travailleurs de la FEESP veulent des réponses à leurs questions

          La Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) qui représente une grande partie des travailleuses et travailleurs des secteurs public et parapublic, réclame des réponses aux questions de leurs membres sur de nombreux enjeux.

          Éducation

          L’un de ces enjeux est l’avenir des commissions scolaires et des cégeps. Bon an mal an, la transformation et parfois l’abolition pure et simple des commissions scolaires reviennent dans les discussions politiques. L’avenir des cégeps est également trop souvent contesté, sans compter que la précarité d’emploi y est devenue la norme pour le personnel de soutien.

          « On ne veut pas simplement les garder en vie sous respirateur, il faut s’assurer que leur financement soit adéquat pour le bien de nos élèves et de nos étudiants et aussi pour la viabilité économique de l’ensemble des régions du Québec », explique Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP.

          Conciliation famille-travail dans la fonction publique

          Elle semble bien révolue l’époque où les gens rêvaient d’un emploi au sein des organismes gouvernementaux en raison des conditions de travail avantageuses. Aujourd’hui la conciliation famille-travail est un enjeu majeur chez ces travailleuses et travailleurs. « Nos membres qui travaillent à la SAQ, par exemple, mènent actuellement des négociations difficiles avec leur employeur et cet enjeu demeure au cœur des discussions. Le gouvernement devrait prêcher par l’exemple à titre d’employeur en la matière », ajoute Mme Gratton.

          Transport scolaire

          Nos employé-es du transport scolaire ont aussi des interrogations auxquelles les chefs de partis doivent répondre avant le mois d’octobre. Le sous-financement du transport scolaire est criant. Le système actuel fait en sorte que ce sont les conductrices et conducteurs qui payent la facture avec des salaires trop souvent sous le seuil de la pauvreté et l’absence d’avantages sociaux.

          « Le métier de conductrice et conducteur d’autobus scolaire en est un difficile. Il faut reconnaître la valeur du travail de ces personnes et améliorer le système actuel afin qu’elles puissent bénéficier de conditions de travail décentes  », soutient Stéphanie Gratton.

          Transport

          Puisqu’il est question du transport, le prochain gouvernement devra redresser la barre du Réseau express métropolitain (REM). En matière d’environnement, nous voulons que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) se penche sérieusement sur la question de la diminution anticipée des gaz à effet de serre. Est-ce que le projet diminuera réellement la pollution causée par les trains? Le BAPE doit enquêter sur le sujet avant le début de la plus importante partie des travaux.

          « Nous pressons le prochain gouvernement à renoncer à toute forme de privatisation du transport collectif, à rendre plus efficace l’arrimage du REM avec le système de transport collectif existant et que l’entretien du matériel roulant du REM soit accompli par les travailleuses et travailleurs de la STM », ajoute aussi Jean-Pierre Bourgault, vice-président et trésorier de la FEESP.

          Santé et sécurité au travail

          Les partis qui se présentent ont-ils un plan pour celles et ceux qui doivent assurer notre sécurité ? Est-ce que le prochain gouvernement reconnaîtra le trouble de stress post-traumatique chez les travailleuses et travailleurs à risque?

          « Qu’ils soient agents correctionnels, pompiers, paramedics ou agents de sécurité, ces travailleuses et travailleurs font un travail difficile et stressant. Certaines situations qu’elles ou ils sont appelés à affronter peuvent provoquer un trouble de stress post-traumatique, c’est documenté et prouvé scientifiquement, pourquoi ne pas le reconnaître ? », questionne André Lajoie, secrétaire général de la fédération.

          Régime de retraite et relations de travail dans le monde municipal

          Depuis bon nombre d’années, la FEESP, de concert avec les employé-es municipaux et ceux du transport, dénonce l’adoption des lois 15 et 24 sur les régimes de retraite et sur le mode de négociation. Quelles sont les positions des partis en campagne électorale à ce sujet ?

          « Nous ne demandons pas la mer à boire, nous voulons tout simplement avoir le droit de négocier de bonne foi nos régimes de retraite et nous voulons que le cadre qui nous est imposé pour la négociation soit aboli. Rien ne justifie que nous ayons des règles de négociations différentes de tous les autres travailleuses et travailleurs du Québec », estime André Lajoie.

          « Les membres de la FEESP–CSN ont à cœur nos services publics et assurent une panoplie de services à la population. Que ce soit en éducation, dans les services municipaux, le transport, l’énergie, l’environnement, le communautaire, la sécurité du public, les loisirs, et dans bien d’autres domaines, nous sommes au travail au quotidien, partout au Québec. La rigueur, le dévouement et le professionnalisme sont au rendez-vous : les conditions de travail doivent être à la hauteur des services rendus », conclut Nathalie Arguin, présidente de la FEESP.

          Plateformes régionales des conseils centraux de la CSN

          L’élection québécoise est primordiale. Nous avons le devoir de définir ce que nous souhaitons pour l’avenir. Il nous faut briser ces politiques qui nous en enlèvent toujours davantage. Il nous faut dire aux politiciennes et aux politiciens ce que nous voulons pour que les choses changent. Leurs programmes électoraux, et ce qu’ils en feront, ont aussi un impact dans nos lieux de travail.

          C’est pour cette raison que lors du 65e Congrès de la CSN qui s’est tenu en juin 2017, les délégué-es des syndicats ont adopté des propositions où ils s’engagaient à identifier une priorité inspirée du manifeste Voir loin, viser juste afin de mobiliser leurs membres autour d’elle et de mandater leur conseil central et la la CSN à la porter.

          À la suite de cette démarche, plusieurs conseils centraux ont adopté des plateformes régionales de revendications.  Nous vous invitons à les consulter.

          Plateformes régionales

          Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec

          Conseil central du Bas-Saint-Laurent

          Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie

          Conseil central de Lanaudière

          Conseil central des Laurentides

          Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais

          Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches

          Les employé-es de Cookshire-Eaton mettent fin à la grève

          Les employé-es de la ville de Cookshire-Eaton ont adopté aujourd’hui à 86 % l’entente de principe intervenue le 9 août avec l’employeur. Cette entente met fin à une grève qui a été déclenchée le 23 juillet dernier.

          « Nous sommes heureux de voir que les travailleuses et travailleurs sont parvenus à s’entendre avec la ville. Le conflit est maintenant réglé à leur satisfaction et ils sont impatients de recommencer à donner l’ensemble des services à la population de Cookshire-Eaton », a affirmé le président du Conseil central de l’Estrie (CSN), Denis Beaudin.

          « Les travailleuses et travailleurs ont fait des gains intéressants sur le plan salarial en étant assurés d’obtenir un minimum de 13 % d’augmentation sur six ans. Ils ont aussi obtenu la possibilité de cumuler une banque de temps pour partir plus tôt à la retraite tout en profitant du taux horaire en vigueur à ce moment. D’autres gains sont aussi à noter, comme la clause de non-ingérence des élu-es et la prime de 1 $ l’heure pour le déneigement de fin de semaine. Nous leur disons bravo de s’être tenus debout », a conclu Denis Beaudin.

          L’employeur refuse de négocier; la grève se poursuit

          En grève générale illimitée depuis lundi dernier, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la ville de Cookshire-Eaton tiennent à dénoncer l’attitude cavalière de leur employeur et son manque de volonté à en arriver à une entente, ce qui mettrait fin au conflit de travail.

          La semaine dernière, les syndiqué-es s’étaient entendus avec les représentants de la ville sur le maintien des services essentiels, incluant une entente particulière pour que le camp de jour et son service de garde restent ouverts pendant la première semaine de grève, du 23 au 27 juillet. « Les employé-es ont accepté de faire ce compromis pour donner une chance à la négociation. Après à peine quelques heures de discussion lundi dernier, l’employeur a décidé qu’il mettait fin aux échanges. Les représentants du syndicat étaient disponibles pour négocier toute la semaine, mais la ville en a décidé autrement », explique André Lajoie, secrétaire général de la Fédération des employé-es de services publics (FEESP–CSN).

          Pour Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE–CSN), il est important que la population de Cookshire-Eaton soit informée adéquatement de la situation. « L’administration municipale parle des deux côtés de la bouche. Elle prend la parole dans les médias pour dire qu’elle fera son possible pour que la grève cesse, tout en refusant de négocier avec le syndicat. Si la ville souhaite vraiment trouver un terrain d’entente, pourquoi a-t-elle annoncé la fermeture du camp de jour pour le reste de l’été ? Est-ce que ça signifie qu’elle n’a pas l’intention d’en arriver à un règlement d’ici la fin du mois d’août ? En tout cas, c’est pas mal le message que ça envoie », ajoute M. Beaudin.

          Les employé-es de la municipalité de Cookshire-Eaton sont sans contrat de travail depuis décembre 2017. De concert avec une centaine de syndiqué-es provenant de neuf municipalités de l’Estrie, ils se sont engagés à négocier de façon coordonnée, avec une plateforme de revendications communes. « Les demandes sur la table sont très raisonnables. Elles s’apparentent à ce qui existe déjà dans bon nombre de conventions collectives », conclut André Lajoie.

          À la suite du déclenchement de la grève, le ministère du Travail a interpelé le syndicat afin de proposer qu’un médiateur soit nommé au dossier. Le syndicat a répondu qu’il était prêt à s’engager dans cette voie et, par conséquent, la négociation devrait reprendre la semaine prochaine en présence du médiateur.

          Les employé-es votent à 97 % en faveur de l’entente de principe

          Réunis en assemblée générale hier soir, les employé-es du Manoir Sherbrooke, membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie (FSSS–CSN), ont entériné à 97 % l’entente de principe survenue le 30 juin entre l’employeur et le syndicat.

          Après deux ans et demie de négociation et plus de deux mois de grève, les travailleuses et les travailleurs de cette résidence pour aîné-es ont exprimé leur satisfaction face à l’entente présentée. Parmi les gains obtenus, on retrouve entre autres des montants forfaitaires sur toutes les heures travaillées pour la période entre le 1er décembre 2015 et le 31 décembre 2017 et un ajustement des salaires à partir du premier janvier 2018. « Nous sommes fières de ce que nous avons accompli. Notre détermination commune nous a permis de défoncer l’offre patronale que l’employeur nous avait présentée comme une offre finale en avril dernier. Par exemple, sur les augmentations salariales, nous avons réussi à aller chercher plus que ce que l’employeur nous proposait », a lancé Lyne Tanguay, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie et préposée aux résidents au Manoir Sherbrooke.

          Dans l’entente adoptée hier, il a aussi été convenu qu’un conciliateur/médiateur travaillerait avec les parties patronale et syndicale sur l’amélioration des relations de travail au Manoir Sherbrooke. « C’est une bonne nouvelle pour tout le personnel de la résidence. Ces employé-es qui se dévouent au quotidien pour les aîné-es ont droit à un milieu de travail sain », a ajouté Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

          Denis Beaudin, président du Conseil central de l’Estrie (CCSNE–CSN), a tenu à féliciter les employé-es de cette résidence Soleil pour avoir mené la lutte jusqu’au bout. « Elles se sont tenues debout et ont imposé le respect. Leur solidarité a finalement eu raison de cet employeur méprisant. Dorénavant, Eddy Savoie, le milliardaire avare, sait à qui il a affaire au Manoir Sherbrooke ! ».

          À propos

          Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie compte plus de 200 membres répartis dans 6 centres d’hébergement. La Fédération de la santé et des services sociaux–CSN compte quelque 3500 travailleuses et travailleurs de CHP. Le Conseil central de l’Estrie–CSN regroupe plus de 9000 membres répartis dans plus de 72 syndicats. La CSN compte au total plus de 300 000 travailleuses et travailleurs, et ce, tant dans les secteurs privé que public.

           

          Entente de principe entérinée à 100 %

          Réunis en assemblée générale le 27 juin dernier, les membres du Syndicat des travailleuses(eurs) des centres de petite enfance de l’Estrie – CSN dont le CPE est affilié à l’Association patronale nationale des centres de la petite enfance (APNCPE), ont entériné à 100 % l’entente de principe.

          « C’est à maintes reprises que nous l’avons indiqué, cette négociation a été la plus difficile que le syndicat ait vécue. 33 séances ont été requises afin de parvenir à une entente de principe, sans compter les journées de grève exercées et une grève générale illimitée qui se dessinait à l’horizon, affirme Stéphanie Vachon, présidente du STTCPEE – CSN. Nos membres ont démontré une solidarité et une détermination exemplaires, ce qui nous a valu d’obtenir un règlement à la hauteur de celui intervenu au niveau national avec les autres associations patronales », ajoute madame Vachon.

          Rappelons que l’APNCPE avait rejeté l’entente de principe nationale après avoir quitté, en février 2016, la table de négociation nationale pour faire cavalier seul.

          « Il nous reste maintenant qu’à espérer que les prochaines années seront garantes de relations de travail harmonieuses », conclut madame Vachon.

          Le Syndicat des travailleuses (eurs) des centres de la petite enfance de l’Estrie – CSN (STTCPEE-CSN) compte 35 centres de la petite enfance regroupant ainsi plus de 850 travailleuses. Il est affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Fédération de la santé et des services sociaux – CSN (FSSS-CSN) et au Conseil central des syndicats nationaux – CSN (CCSNE-CSN).

          Manifestation en marge du congrès de la FEESP–CSN

          Aujourd’hui, en marge du 27e congrès de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), les délégué-es ont participé à une manifestation à Sherbrooke, en appui au Secteur transport scolaire (STS).

          « Toutes les actions que nous avons menées récemment s’inscrivent dans notre plan d’action qui vise à obtenir enfin le respect de notre métier et des conditions de travail décentes. Nous devons vivre avec des salaires indécents qui ne reconnaissent pas les responsabilités importantes liées à notre métier. Nos salaires insuffisants nous condamnent à vivre sous le seuil de faible revenu avec des gains annuels moyens de seulement 19 288 $. Voilà pourquoi nous revendiquons l’attribution par le gouvernement du Québec d’une enveloppe budgétaire supplémentaire de 26,75 millions, fermée et dédiée à l’amélioration de nos conditions de travail, dans les plus brefs délais. Et notre mobilisation se poursuivra à l’automne si le gouvernement persiste à ignorer nos demandes », de préciser Stephen P. Gauley, président du STS.

          En 2015, les salarié-es œuvrant dans le transport scolaire étaient déjà sous-payés d’environ 8,5 % en moyenne que ceux d’autres emplois comparables dans le secteur privé du transport et, depuis ce temps, l’écart n’a cessé de s’amplifier.

          « Dès septembre prochain, il y a de fortes chances que nous vivions une crise dans le transport scolaire. Même la Fédération des transporteurs par autobus (FTA), représentant la presque totalité des employeurs dans le transport scolaire au Québec, reconnaît la problématique de la pénurie de main-d’œuvre et redoute la crise qui pourrait en découler. Trois transporteurs de la ville de Laval sont du même avis et ont exposé leur important manque de main-d’œuvre dans les médias. Dans plusieurs autres régions, des circuits n’ont pas été effectués, l’ont été en retard, ou menacent de ne pas l’être, en raison de ce manque de conductrices et conducteurs. Pour nous, l’heure est grave puisque la menace de perte du service est bien réelle pour des milliers de parents et enfants. Le gouvernement se doit donc d’attaquer le problème de front, d’ajouter Denis Marcoux, président de la FEESP–CSN. Nous réitérons qu’il nous faut une solution durable à cette crise qui risque de dégénérer si le gouvernement n’agit pas dès que possible. »

          Lors d’une rencontre avec Sébastien Proulx, ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, le 17 avril dernier, la Confédération des syndicats nationaux a bien exposé la problématique actuelle. Depuis cette rencontre, le gouvernement a mis un terme à la possibilité qu’avaient les commissions scolaires d’utiliser à d’autres fins 50 % des surplus générés par les enveloppes du transport scolaire. Même si cette demande figure dans ses revendications, cette mesure demeure nettement insuffisante puisqu’elle ne règle pas la question du sous-financement chronique.

          « Les importants problèmes d’attraction et de rétention des conductrices et conducteurs de véhicules scolaires sont directement liés aux conditions de travail dérisoires qui sévissent depuis plus de 25 ans dans ce secteur. Encore une fois, nous réitérons notre souhait de voir le gouvernement poser des gestes concrets qui régleront ce problème une fois pour toutes. Seul un financement adéquat garantira la pérennité de cet important service public sur lequel comptent des centaines de milliers de parents tous les jours d’école », de préciser Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE–CSN).

          Rappelons que dans le cadre d’un processus rigoureux d’évaluation de l’emploi de conducteur et de conductrice de véhicule scolaire, mis en œuvre par la CSN et auquel le gouvernement et les associations de transporteurs ont participé, le comité de travail a fixé un taux horaire minimal de référence à 19,14 $ l’heure en janvier 2015. Actuellement, ce taux indexé atteint 20,02 $ à l’embauche, sans évidemment tenir compte de l’ancienneté.

          Plus de 521 000 écoliers, soit un peu plus de 60 % de tous les élèves du primaire et du secondaire, montent à bord des autobus scolaires tous les jours.

          Le STS regroupe environ 3000 travailleuses et travailleurs membres de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN. Celle-ci compte plus de 425 syndicats affiliés, représentant environ 60 000 syndiqué-es dans le domaine des services publics et parapublics.

          [envira-gallery id=”68035″]

          Mission accomplie — Entente de principe pour les derniers CPE en Estrie

          À la suite des négociations qui se sont tenues aujourd’hui même, une entente de principe est intervenue entre les travailleuses et les employeurs des centres de la petite enfance (CPE) Fafouin, La pleine lune et Jeunestrie. Rappelons que le 5 juin dernier, les travailleuses des CPE Fafouin et La pleine lune avaient voté massivement en faveur d’un mandat de grève générale illimitée à être déclenchée au moment jugé opportun.

          « Les derniers pourparlers en présence de la conciliatrice ont dénoué l’impasse entre les parties. C’est donc avec le sentiment du devoir accompli que nous concluons cette longue négociation avec l’Association Patronale Nationale des Centres de la Petite Enfance (APNCPE), » commente Stéphanie Vachon, présidente du Syndicat des travailleuses(eurs) des centres de la petite enfance de l’Estrie — CSN.

          Les termes de l’entente de principe seront dévoilés aux membres dans les prochaines semaines dès que les textes finaux auront été rédigés.

          Le Syndicat des travailleuses(eurs) des centres de la petite enfance – CSN (STTCPEE-CSN) compte 35 centres de la petite enfance regroupant ainsi plus de 850 travailleuses. Il est affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Fédération de la santé et service sociaux – CSN (FSSS-CSN) et au Conseil central des syndicats nationaux – CSN (CCSNE-CSN).

          Menace d’une grève générale illimitée dans deux CPE

          Réunies en assemblée générale spéciale, les travailleuses des centres de la petite enfance (CPE) La Pleine Lune et Fafouin ont donné un mandat fort pour le déclenchement d’une grève générale illimitée, et ce, à être déclenchée au moment jugé opportun.

          « Il y a bon nombre d’années où nous avons recouru à la grève générale illimitée, c’est donc dire que la situation est plus que sérieuse », déclare Mme Stéphanie Vachon, présidente du Syndicat des travailleuses (eurs) des centres de la petite enfance de l’Estrie — CSN (STTCPEE-CSN).

          « Les points en litige sont ceux qui sont prévus aux matières locales tels que la semaine normale de travail et l’organisation du travail. Ce sont des matières qui sont des plus importantes pour les travailleuses puisqu’elles sont au cœur même de la conciliation famille/travail, » ajoute-t-elle.

          « Nous avons une entente de principe pour 32 des 35 CPE dont les membres sont affiliés à notre syndicat. On peut donc affirmer que le syndicat démontre sa volonté de conclure une entente. Malheureusement, trois sections ne font pas l’objet d’une telle entente. Ainsi, les travailleuses des CPE Fafouin et La Pleine Lune lancent un message clair à leur direction : Assez, c’est assez ! Nous désirons être écoutées et respectées sans quoi nous n’aurons d’autre choix que de déclencher la grève. Par ailleurs, les travailleuses du CPE Jeunestrie, où les enjeux sont différents, ne se sont pas encore prononcées sur un vote de grève et désirent plutôt poursuivre leur réflexion. Les directions doivent donc maintenant réfléchir sérieusement quant à l’issue de cette longue négociation, » conclut madame Vachon.

          À propos du syndicat

          Le Syndicat des travailleuses (eurs) des centres de la petite enfance – CSN (STTCPEE-CSN) compte 35 centres de la petite enfance regroupant ainsi plus de 850 travailleuses. Il est affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Fédération de la santé et service sociaux – CSN (FSSS-CSN) et au Conseil central des syndicats nationaux – CSN (CCSNE-CSN).

          Grève générale illimitée

          Ce matin, les employé-es du Manoir Sherbrooke, membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie (FSSS–CSN), ont entamé une grève générale illimitée. Sans contrat de travail depuis 29 mois, les salarié-es de cette résidence pour aîné-es sont excédés par l’arrogance de la famille Savoie, propriétaire du Manoir Sherbrooke.

          À la suite d’une décision prise par les travailleuses et les travailleurs en assemblée générale le 15 mars, les représentantes du syndicat ont donné une dernière chance à l’employeur en lui présentant une offre finale globale le 9 avril dernier. « Nous avons tenté de nous rapprocher le plus possible des offres patronales, tout en respectant nos demandes minimales. Ce que nous réclamons est extrêmement raisonnable, mais l’employeur ne veut rien entendre », lance Lyne Tanguay, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie et préposée aux résidents au Manoir Sherbrooke.

          Denis Beaudin, président du Conseil central de l’Estrie (CCSNE–CSN), a tenu à réitérer, une fois de plus, son appui aux employé-es en conflit. « Devant ce patron irrespectueux et plein aux as, elles refusent de s’appauvrir. Je leur lève mon chapeau. La CSN sera là, à leurs côtés, tant qu’il le faudra ».

          Sur la ligne de piquetage ce matin, les employé-es du Manoir Sherbrooke se sont dit déterminés à ne pas retourner au travail tant et aussi longtemps qu’il n’y aura pas une entente satisfaisante sur la table. « Nous ne demandons pas la lune ; nous voulons simplement que l’employeur reconnaisse à sa juste valeur le travail que nous effectuons au quotidien, auprès des résidents et résidentes », conclut Lyne Tanguay.

          À propos
          Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie compte plus de 200 membres répartis dans 6 centres d’hébergement. La Fédération de la santé et des services sociaux–CSN compte quelque 3500 travailleuses et travailleurs de CHP. Le Conseil central de l’Estrie–CSN regroupe plus de 9000 membres répartis dans plus de 72 syndicats. La CSN compte au total plus de 300 000 travailleuses et travailleurs, et ce, tant dans les secteurs privé que public.

          Grève et manifestation de 2000 travailleuses en CPE à Magog

          Quelque 2000 travailleuses en grève venant d’une centaine de CPE de l’Estrie, du Cœur du Québec et de Montréal-Laval ont manifesté devant le CPE géré par la présidente de l’Association patronale nationale des CPE (APNCPE), Any Sanders, aujourd’hui à Magog. Elles ont dénoncé l’extrême lenteur des négociations et les reculs dans leurs conditions de travail souhaités par cette association à leur endroit, alors que leurs conventions collectives sont échues depuis plus de trois ans. Elles demandent aussi à Québec de rappeler à l’ordre l’APNCPE pour son refus de reconnaître pleinement l’entente nationale intervenue le 6 novembre dernier avec le gouvernement et plus de 300 CPE.

          D’une voix, les trois présidences des syndicats régionaux ont condamné l’APNCPE et les directions des CPE pour leur attitude méprisante à l’égard des travailleuses en cherchant à obtenir des conditions inférieures à ce qui a été négocié dans 10 autres régions.

          Stéphanie Vachon, de l’Estrie, Dominique Jutras, du Cœur du Québec, et Carole Leroux, de Montréal et Laval sont catégoriques : « Les négociations sont extrêmement ardues depuis que l’APNCPE a refusé de reconnaître l’entièreté de l’entente nationale, en tentant de renégocier ce qui a déjà été convenu. Depuis, le rythme des rencontres est trop lent, et requiert énormément de temps parce qu’on doit tout renégocier, de A à Z. De plus, l’APNCPE exige plusieurs reculs inacceptables. Voilà pourquoi on manifeste conjointement pour lui faire comprendre le bon sens. »

          Après plusieurs séances de négociation dans chacune des trois régions, les enjeux portent toujours sur les questions d’organisation du travail, dont les horaires de travail, la liste de rappel, les choix de vacances, le rôle et le travail d’équipe, l’application de l’ancienneté ou encore la transparence des états financiers. Tous des éléments qui ne coûtent absolument rien.

          Rappelons qu’après plus de 18 mois de pourparlers à la table de négociation nationale, la FSSS–CSN, le gouvernement et plusieurs associations patronales ont réussi à convenir d’une entente portant sur plusieurs matières, dont les salaires, le régime de retraite, l’assurance collective, les ratios éducatrice/enfants, la planification pédagogique, les congés. Or, l’APNCPE s’est retirée de la table nationale en février 2016 pour tenter de régionaliser le processus et les matières de la négociation. Depuis, les syndicats constatent que les négociations sont intenables.

          Pour Dany Lacasse, vice-président de la FSSS–CSN, responsable des secteurs privés : « Il est clair que l’APNCPE cherche à obtenir des concessions qui risquent fort de menacer la stabilité et la qualité des services éducatifs offerts à tous les enfants du Québec selon qu’un CPE est membre ou non de cette association. Il y a un réel danger de voir apparaître dans le réseau d’importantes disparités dans l’offre de service. Et pour nous, il n’est pas question de laisser quiconque saccager les acquis sociaux qu’on s’est donnés au Québec depuis plus de vingt ans. »

          Pour Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN, responsable de la négociation : « Ces femmes méritent beaucoup plus que le mépris de l’APNCPE et de ses membres. Ces travailleuses ont contribué à développer un réseau dont la qualité a maintes et maintes fois été louangée à travers le monde. Le gouvernement du Québec doit intervenir rapidement et rappeler à l’ordre l’APNCPE pour faire respecter l’entente négociée. »

          Pour Denis Beaudin, président du Conseil central de l’Estrie (CCSNE–CSN) : « Le réseau des CPE existe grâce au dévouement et à la ténacité des travailleuses. Au Conseil central de l’Estrie, comme ailleurs, nous allons continuer de les appuyer pour qu’elles obtiennent ce que plus de 9000 autres travailleuses des CPE membres de la CSN ont obtenu : une entente respectueuse et qui répond à leurs attentes. »

          À propos des CPE et de la CSN
          Quelque 11 000 travailleuses en CPE sont représentées par des syndicats affiliés à la Fédération de la santé et des services sociaux, dont 2000 d’entre elles sont toujours sans convention collective dans les trois régions précitées. Ces syndicats sont aussi affiliés à treize conseils centraux régionaux, dont les travailleuses de l’Estrie sont regroupées au Conseil central de l’Estrie (CCE-CSN). Pour sa part, la CSN compte plus de 300 000 travailleuses et travailleurs issus de tous les secteurs d’activités.

          Grève de 250 travailleuses CPE les 18 et 19 avril

          Devant la lenteur des négociations et les reculs que cherchent à imposer l’Association patronale nationale des CPE (APNCPE) et les directions de 12 CPE de la région, les 250 travailleuses ont décidé de déclencher une grève de deux jours, les 18 et 19 avril. Pour marquer leur ras-le-bol face à l’attitude patronale, ces travailleuses ont fait du piquetage aujourd’hui devant leurs CPE pour réclamer l’accélération des pourparlers dans le but de conclure rapidement leur convention collective, échues depuis le 31 mars 2015.

          « Nous n’avons jamais vécu une négociation aussi longue et complexe que la ronde actuelle, déclare Stéphanie Vachon, présidente du Syndicat des travailleuses des CPE de l’Estrie (STTCPEE–CSN). Ces deux journées de grève se veulent un message à l’endroit de l’APNCPE : nous voulons une entente à la hauteur de ce qui a été conclu dans 23 CPE en Estrie comme d’ailleurs dans plus de 300 autres CPE au Québec. Ces travailleuses sont sans contrat de travail depuis plus de trois ans, là, c’est assez ! Il nous faut un règlement, et ce ne sera pas à n’importe quel prix. »

          Rappelons que le 6 novembre dernier, une entente nationale est intervenue avec le gouvernement et plusieurs associations patronales sur plusieurs matières, dont les salaires, le régime de retraite, l’assurance collective, les ratios éducatrice/enfants, la planification pédagogique, les congés. Or, l’Association patronale nationale des CPE s’est retirée de la table nationale en février 2016 pour tenter de régionaliser le processus et les matières de la négociation. Depuis, le syndicat constate que les négociations sont devenues très ardues.

          « On s’enfarge littéralement dans des détails qui n’en finissent plus depuis des semaines, ajoute Stéphanie Vachon. De plus, les demandes de reculs dans les conditions de travail sont tellement importantes que nous ne voyons pas d’entente possible à court terme. On espère bien qu’avec cette pression de nos membres, l’APNCPE va enfin comprendre qu’on n’acceptera jamais leurs reculs et qu’il est plutôt temps de régler. »

          Après plus d’une vingtaine de séances qui ont débuté à l’automne dernier, les enjeux portent sur les questions d’organisation du travail, dont les horaires de travail, la liste de rappel, les choix de vacances, le rôle et le travail d’équipe, l’application de l’ancienneté, des éléments qui ne coûtent rien.

          « Les directions des CPE membres de l’APNCPE doivent se rendre à l’évidence : il n’est surtout pas question d’accepter une entente qui n’est pas satisfaisante pour nos membres, renchérit la présidente du syndicat. La patience a ses limites. L’APNCPE doit dès maintenant saisir la balle au bond », conclut la présidente syndicale.

          Pour Denis Beaudin, président du Conseil central de l’Estrie (CCSNE-CSN) : « Il est invraisemblable de voir une association patronale mépriser des femmes qui se dévouent corps et âme depuis des années auprès des enfants, en leur demandant de sacrifier leurs conditions de travail. Au Conseil central de l’Estrie, nous allons continuer à les appuyer pour qu’elles obtiennent ce que plus de 9000 autres travailleuses des CPE membres de la CSN ont obtenu : une entente respectueuse et conforme à leurs attentes. »

          En Estrie, les centres de la petite enfance membres de l’APNCPE, qui sont touchés par les journées de grève sont les suivants :

            • CPE Les amis du globe
            • CPE Balan-Mousse (Espièglerie)
            • CPE L’Enfantillage
            • CPE Entre amis
            • CPE Fafouin
            • CPE Imagémo
            • CPE Au jardin des merveilles
            • CPE La Jardinière
            • CPE Jeunestrie
            • CPE Passe-Partout et ses amis
            • CPE La pleine lune
            • CPE Les Stroumps

          À propos des CPE et de la CSN
          Le Syndicat des travailleuses des CPE de l’Estrie représente 850 travailleuses. Il est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux, qui regroupe quelque 11 000 travailleuses en CPE, de même qu’au Conseil central de l’Estrie, qui compte près de 10 000 membres dans la région. Pour sa part, la CSN qui compte plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux.

          Déterminé à se faire respecter, le syndicat prend les grands moyens

          « C’est une grosse semaine pour Eddy Savoie ! La récréation est terminée pour le richissime propriétaire des Résidences Soleil », a lancé d’entrée de jeu Gilles Gagné, représentant du secteur des centres d’hébergement privés de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN). En conférence de presse à Sherbrooke ce matin, M. Gagné a expliqué qu’afin d’en arriver à un règlement à la résidence pour aîné-es Manoir Sherbrooke, où les employé-es sont sans contrat de travail depuis plus de deux ans, plusieurs actions ont été déployées au cours des derniers jours, la plus importante étant la signification par huissier au Groupe Savoie d’une saisie des biens du Manoir Sherbrooke.

          La saisie signifiée aujourd’hui a été demandée par le syndicat à la suite de la négligence et du refus de l’employeur de payer sa part (50 %) de la prime d’assurance maladie des salarié-es. Rappelons qu’en octobre 2016, le Tribunal d’arbitrage déclarait que l’expression « assurance maladie », dans la convention collective du Manoir Sherbrooke, incluait l’assurance pour soins dentaires, ce que réfutait l’employeur. Dans ce jugement, le tribunal ordonnait à l’employeur de payer sa part et de rembourser aux salarié-es les sommes assumées en trop par ceux-ci. « Le Groupe Savoie s’entête à ne pas payer ce qu’il doit aux salarié-es ? Avec l’aide de la justice, on va aller chercher l’argent là où il y en a ! », a ajouté M. Gagné.

          De plus, hier soir, conformément au Code du travail, le Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie (FSSS–CSN) a déposé un avis de grève pour l’ensemble des employé-es du Manoir Sherbrooke. Après avoir remis à l’employeur lundi dernier une offre finale globale pour le renouvellement de leur convention collective, offre que l’employeur a rejetée, les syndiqué-es considèrent que la situation a assez duré.

          Les rencontres qui se sont tenues entre les deux parties au cours des derniers mois n’ont pas permis de débloquer la négociation, et ce, malgré la présence d’un médiateur du ministère du Travail. Dans ses dernières offres patronales, le Groupe Savoie, propriétaire du Manoir Sherbrooke, maintient certaines propositions inacceptables pour le syndicat. « En octobre dernier, les membres du syndicat se sont dotés d’un mandat de grève générale illimitée. Ce n’est jamais de gaieté de cœur qu’on exerce un tel mandat, mais présentement, l’employeur, avec son attitude arrogante et méprisante, ne nous donne pas le choix », a affimé Lyne Tanguay, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie et préposée aux résidents au Manoir Sherbrooke.

          Denis Beaudin, président du Conseil central de l’Estrie (CCSNE–CSN), a tenu à donner son appui indéfectible aux employé-es en conflit. « Cela fait 29 mois que la convention collective du Manoir Sherbrooke est échue. Pendant ce temps, ces travailleuses et travailleurs, qui doivent déjà composer avec un revenu annuel bien en dessous du salaire moyen, s’appauvrissent. Comment cet employeur peut-il encore affirmer qu’il négocie de bonne foi et qu’il souhaite en arriver à un règlement ? Au nom de tous les membres de la CSN de la région de l’Estrie, je tiens à témoigner ma solidarité envers leur lutte ».

          « Si l’employeur s’entête à ne pas reconnaître la valeur de notre travail, nous serons sur la ligne de piquetage le 23 avril prochain », a conclu Lyne Tanguay.

          Un échec sur toute la ligne

          La réforme Barrette fêtera son troisième anniversaire dimanche prochain. Loin d’avoir le coeur à la fête, la CSN remarque les nombreuses difficultés de cette réforme, aussi bien pour le personnel que pour la population de l’Estrie.

          Le 1er avril 2018, la réforme Barrette aura trois ans. Adopté sous le bâillon, le projet de loi 10 était la pierre angulaire de la réforme du ministre de la Santé et des Services sociaux. Le Syndicat du personnel administratif du CIUSSS de l’Estrie – CHUS – CSN (SPACEC-CSN) considère que l’heure est venue de faire le bilan de cette réforme.

          « Le gouvernement libéral est présentement en campagne préélectorale et multiplie ses annonces d’investissements à gauche et à droite, mais les nombreuses coupures, notamment au niveau de la santé et des services sociaux, effectuées durant leur dernier mandat, passent malheureusement sous silence. Nombreux sont les intervenants qui ont crié haut et fort la surcharge de travail, le ministre Gaétan Barrette a fait la sourde oreille à bien des égards et a toujours riposté en promettant un médecin de famille à tout un chacun, tout ça pour faire passer la pilule » déclare M. Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie – CSN (CCSNE-CSN).

          Cette réforme a entraîné un chaos informatique dans la région, en plus d’entraîner une surcharge de travail et une désorganisation importante du travail du personnel de bureau et de l’administration. La communication est particulièrement déficiente dans cette mégastructure, ce qui complexifie davantage le travail du personnel. Et à cette réforme se sont ajoutés des millions de dollars qui ont été coupés dans les budgets de la région et qui entraînent des pertes de services. Une étude de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) chiffre d’ailleurs le manque à gagner pour les établissements du réseau entre 5 et 7 milliards de dollars, affirme Mme Stéphanie Vachon, vice-présidente régionale de la Fédération de la santé et des services sociaux – CSN (FSSS-CSN).

          « Le ministre Barrette nous disait lors de l’adoption du projet de loi 10 que nous pourrions juger de sa réforme à la veille des prochaines élections. Nous y voilà. Et ce qui est clair, c’est que cette réforme est un cauchemar pour le personnel de l’Estrie. Elle mène à une surcharge importante et à un essoufflement comme je n’en ai jamais vu dans la région. Cette réforme est venue désorganiser totalement l’ensemble des anciens établissements de la région. Il est grand temps que le gouvernement en prenne acte et annonce des changements importants pour donner de l’oxygène au personnel », explique madame Vicky Ouellet, présidente du Syndicat du personnel administratif du CIUSSS de l’Estrie – CHUS – CSN (SPACEC-CSN).

          Le Syndicat du personnel administratif du CIUSSS de l’Estrie – CHUS – CSN (SPACEC-CSN) compte environ 2300 membres il est affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) à la FSSS et au CCSNE.

          La FSSS–CSN appelle à un respect des engagements afin de rebâtir la confiance

          La signature, hier soir, des conventions collectives de nombreuses entreprises privées du secteur préhospitalier, par les représentants syndicaux des 3600 paramédics, répartitrices, répartiteurs et employé-es de soutien membres de la CSN met fin au plus long conflit de travail de l’histoire du secteur préhospitalier. Pour la FSSS–CSN, le gouvernement et les employeurs doivent tenir les engagements qu’ils ont pris et travailler activement à rebâtir la confiance. Les nouvelles conventions collectives viendront à échéance le 31 mars 2020. Les anciennes conventions étaient échues depuis mars 2015.

          « Nous n’avons pas la prétention d’avoir réglé tous les problèmes avec cette nouvelle convention, explique le représentant du secteur préhospitalier à la FSSS–CSN, Jean Gagnon. Toutefois, elle s’accompagne d’engagements précis sur la charge de travail et sur la conversion des horaires de faction en horaires à l’heure. Nous n’attendons rien de moins qu’une application complète et entière de ces engagements.»

          Retards dans l’application
          Rappelons que le 21 décembre 2017, le ministère de la Santé et des Services sociaux faisait parvenir à tous les syndicats une lettre détaillant la nouvelle politique ministérielle. Celle-ci le guidera dans la décision d’ajouter des ressources sur certains territoires, notamment en se basant sur un examen de la charge de travail des paramédics. Cette nouvelle politique est en bonne partie le fruit d’échanges tenus tout l’automne entre la CSN et le ministère. Elle aura entraîné la conversion immédiate d’une vingtaine d’horaires de travail dits de faction en horaires de travail à l’heure partout au Québec, en plus d’ajouts de ressources dans quelques grands centres urbains. Le ministère s’engageait par le fait même à réévaluer la situation pour l’ensemble du Québec dans les trois mois.

          Or, trois mois plus, tard, la FSSS–CSN déplore que cette réévaluation promise n’ait pas encore eu lieu. Nous sommes toujours en attente des données probantes pour tous les secteurs alors que nous savons que certaines zones fracassent le critère du 28h clinique, édicté par le ministère et devraient voir les horaires de travail convertis immédiatement. C’est notamment le cas de la zone de Plessisville.

          Horaires de faction
          Lorsqu’ils travaillent sur un horaire de faction, les paramédics doivent assurer une pleine disponibilité durant 168 heures consécutives. Pour la CSN, l’enjeu dépasse la qualité des conditions de travail et touche directement la qualité des services à la population. On estime que les horaires de faction peuvent induire jusqu’à 10 minutes de délai supplémentaire par rapport aux horaires à l’heure, ce qui peut s’avérer fatal dans les situations critiques nécessitant une intervention urgente.

          « Ce que le MSSS a mis sur la table constitue pour nous un bon point de départ, rappelle le vice-président de la FSSS–CSN, Dany Lacasse qui a mené les discussions avec le ministère. Nous sommes d’avis qu’il faudra dans un deuxième temps bonifier ces critères pour améliorer encore davantage les temps de réponse en zone rurale et semi-urbaine. C’est de bonne foi que nous avons choisi de travailler dès maintenant avec le ministère sur la base de données probantes. Pour rebâtir la confiance dans le secteur, après plus d’un an de grève, il est impératif que le gouvernement se montre proactif et qu’il livre ce à quoi il s’est engagé ».

          Conventions collectives
          Les nouvelles conventions collectives du secteur préhospitalier de la CSN couvrent une période de cinq ans, du 1er avril 2015 au 31 mars 2020. En plus de mécanismes sur la charge de travail et la révision des horaires désuets, l’entente prévoit des augmentations de salaire totalisant 7,65 % sur cinq ans en plus de montants forfaitaires de 1,5 %. Les salarié-es du préhospitalier ont par ailleurs obtenu la mise sur pied d’un régime de retraite à prestations déterminées respectant l’équité intergénérationnelle. Parmi les autres avancées réalisées, notons l’amélioration du programme de retraite progressive et des dispositions entourant la fourniture des uniformes de travail.

           

          Entente de principe entérinée à 98,3 %

          Après avoir déambulé dans les rues hier, et ce, afin de dénoncer l’attitude de l’Association patronale nationale des centres de la petite enfance (APNCPE) à la table des négociations, le Syndicat des travailleuses (eurs) des centres de la petite enfance de l’Estrie (STTCPEE–CSN) tenait une assemblée générale spéciale aujourd’hui même, afin de dévoiler les termes de l’entente de principe intervenue dans les autres CPE de la région, affiliés à la CSN. Cette entente a été adoptée à 98,3 %.

          Volet national

          Au chapitre des gains obtenus lors de la négociation nationale avec le ministère de la Famille, on retrouve une bonification au niveau du temps supplémentaire, la protection de la durée du travail hebdomadaire, des sommes allouées à la formation continue et à la prévention en santé et sécurité du travail.

          Un autre gain, fort intéressant, s’inscrit dans cette entente à savoir une somme de 6 millions de dollars consacrés à une contribution supplémentaire forfaitaire qui sera utilisée aux fins de l’assurance permettant ainsi des congés ou des diminutions de primes pour les assurées.

          Quant aux augmentations salariales elles se résument ainsi :

          1ère année : montant forfaitaire de 0,30 $ l’heure

          2e année : 1,5 % (rétroactif)

          3e année : 1,75% (rétroactif)

          4e année : 2,00 %

          5e année : montant forfaitaire 0,16 $ l’heure

          Une augmentation s’ajoutera, le 2 avril 2019, et celle-ci se chiffre en moyenne à 2,4 % pour faire suite aux travaux de la relativité salariale.

          Volet régional

          Le maintien des acquis a été l’enjeu principal cependant un gain non négligeable est celui la banque de temps et de son utilisation.

          « Le résultat du vote est fort loquace, nos membres sont plus que satisfaites des gains obtenus lors de cette négociation, c’est d’ailleurs un résultat rarement vu dans notre syndicat », déclare Mme Stéphanie Vachon, présidente du syndicat.

          « La négociation des clauses relevant des niveaux régional et local s’est, somme toute, bien déroulée et le recours à la grève n’a pas été nécessaire, comme quoi il est possible de conclure une convention collective satisfaisante sans affrontements, affirme M. Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE–CSN). Je ne peux ainsi m’empêcher de déplorer que 250 autres travailleuses de la région n’ont toujours pas d’entente parce que l’APNCPE ne semble pas comprendre l’urgence d’agir », conclut monsieur Beaudin.

          Le Syndicat des travailleuses (eurs) des centres de la petite enfance de l’Estrie (STTCPEE–CSN) compte 35 centres de la petite enfance regroupant ainsi plus de 850 travailleuses. Il est affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) et au Conseil central des syndicats nationaux (CCSNE–CSN).

          Une journée de grève inévitable

          Après 15 séances intenses de négociation, l’impasse demeure dans la négociation entre le Syndicat des travailleuses et des travailleurs des centres de la petite enfance de l’Estrie – CSN (STTCPEE–CSN) et l’Association patronale nationale des centres de la petite enfance (APNCPE).

          « Nous n’avons jamais vécu une négociation aussi complexe, déclare madame Stéphanie Vachon, présidente du STTCPEE–CSN. La journée de grève d’aujourd’hui se veut un message clair à l’APNCPE : nous voulons une entente à la hauteur de ce qui a été conclu avec les 22 autres CPE syndiqués CSN en Estrie. Nous ne le répéterons jamais assez : ces travailleuses sont sans contrat de travail depuis trois ans, c’est inacceptable et il faut des avancées plus que significatives. Et ça presse! », indique clairement madame Vachon.

          Par ailleurs, on se questionne grandement du côté syndical à savoir si les directions de ces CPE ont livré toutes les informations pertinentes lorsqu’elles ont demandé à leur conseil d’administration d’entériner l’affiliation à l’APNCPE. « Est-ce qu’elles ont affirmé que leur intention était de créer une 2e classe de travailleuses dans les CPE avec un traitement différent de la majorité et qu’inévitablement, cela se conclurait par un conflit de travail? s’insurge M. Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie – CSN (CCSNE-CSN). Aucun syndicat digne de ce nom n’accepterait que ses membres soient moins bien traitées que d’autres pour le même travail, et ce, sans aucune raison valable », ajoute-t-il.

          En effet, l’association patronale tente de créer une disparité de traitement pour les clauses non monétaires dans ses CPE, mais sans trop avoir réfléchi aux conséquences : des conditions de travail moindres pourraient générer un exode massif des personnels, mettant ainsi l’avenir même de l’APNCPE en danger. « De toute évidence, les travailleuses préféreront se tourner vers un CPE où les conditions de travail sont plus avantageuses », conclut M. Beaudin.

          À propos

          Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs des centres de la petite enfance de l’Estrie – CSN (STTCPEE–CSN) compte 35 centres de la petite enfance regroupant plus de 850 travailleuses. Il est affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), à la Fédération de la santé et services sociaux – CSN (FSSS-CSN) et au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie – CSN (CCSNE–CSN).

          Les salariés de l’usine Kruger de Lennoxville sont à bout de souffle

          Aujourd’hui, au début du quart de travail de jour, les membres du Syndicat des travailleurs(euses) du papier de Lennoxville (CSN) (STPL-CSN) ont manifesté devant l’usine Kruger de Lennoxville afin de témoigner de leur ras-le-bol à l’égard de leurs horaires de travail et de l’inaction de leur employeur devant la volonté du syndicat de travailler avec lui pour trouver des solutions.

          « Il y a un peu plus d’un an, lors de la négociation de la convention collective, la demande prioritaire des travailleurs était de revoir les horaires de travail, explique Daniel Champagne, président du syndicat. Un horaire ne permettant qu’une fin de semaine de congé sur six, comme c’est le cas actuellement, empêche toute conciliation travail-famille-vie sociale. L’employeur avait alors non seulement refusé la demande, mais il avait même carrément refusé d’en discuter. Dans les mois qui ont suivi, et tel que le syndicat en avait prévenu l’employeur, six personnes ont quitté l’usine principalement en raison de l’horaire de travail. Dans une petite usine de 40 travailleurs comme la nôtre, c’est catastrophique », se désole-t-il.

          À la suite de ces départs, la direction de Kruger s’est adressée au syndicat et a demandé d’avoir des discussions sur l’horaire de travail. Le syndicat, de bonne foi, s’est prêté à l’exercice. Or, c’est avec une déception immense que les membres ont vite compris qu’aucune réelle discussion n’était souhaitée par la direction, cette dernière voulant plutôt imposer un nouveau cycle d’horaire qui, aux yeux des travailleurs, rendrait leur situation encore pire.

          En effet, la direction propose un horaire de travail qui exige que les salariés effectuent en moyenne près de cinq heures de plus par semaine et qui occasionne l’abolition de trois emplois. De plus, dans la proposition patronale, plusieurs avantages monétaires acquis au fil de nombreuses années de négociation et à la suite de concessions importantes de la part des travailleurs sont carrément annulés. « En fait, l’employeur propose un projet qui le fait gagner sur tous les points, mais cela au détriment des travailleurs. C’est inacceptable! » s’indigne M. Champagne.

          « La situation actuelle est préoccupante et mérite d’être dénoncée, ajoute M. Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie. L’horaire de travail de l’usine de Lennoxville est complètement incompatible avec les nouvelles réalités et priorités des jeunes d’aujourd’hui. Sans compter que même des personnes avec plusieurs années d’ancienneté ont fait le choix de quitter leur emploi au cours des derniers mois afin de recommencer ailleurs, et ce, dans le but de reprendre le contrôle de leur vie personnelle. »

          Réunis en assemblée, les membres du syndicat ont rejeté à 100 % le cycle d’horaire non négociable imposé par la compagnie et c’est également à 100 % qu’ils ont décidé de débuter des moyens de pression pour dénoncer ce manque de respect de leur employeur.

          « Il est déplorable de constater que l’employeur non seulement refuse de discuter des propositions du syndicat, mais qu’en plus il leur fait une offre qui empire la situation des salariés quant à l’horaire de travail tout en exigeant de leur part des concessions financières importantes et des pertes d’emplois, dénonce M. Michel Tétreault trésorier de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN). Nous demandons à l’employeur de faire preuve de plus de considération face à ses travailleurs et de se prêter honnêtement à l’exercice auquel il a lui-même convoqué le syndicat. Nous désirons aussi rappeler à l’employeur qu’avec la pénurie de main-d’oeuvre qui sévit actuellement dans le secteur manufacturier, la situation est critique et exige que l’on s’y attarde de façon urgente » conclut M. Tétreault.

          Le Syndicat des travailleurs(euses) du papier de Lennoxville (CSN) compte une quarantaine de membres. Il est affilié à la Confédération des syndicats nationaux, à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN) et au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE).

          Une chorale de Noël bien spéciale devant le siège social des Résidences Soleil

          Ce matin, une chorale de Noël composée de plusieurs dizaines de salarié-es du Manoir Sherbrooke s’est installée devant le siège social des Résidences Soleil, à Boucherville. Sur l’air de Petit papa Noël, qui est devenu pour l’occasion Petit patron Soleil, et sur les airs de quelques autres chansons du temps des Fêtes, ces membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie (FSSS–CSN) sont venus revendiquer le droit à des conditions de travail décentes.

          Les employé-es du Manoir Sherbrooke sont actuellement sans contrat de travail, et ce, depuis plus de deux ans. De concert avec des milliers de syndiqué-es provenant de plus de 40 centres d’hébergement privés dispersés à travers tout le Québec, ils ont adhéré à la négociation coordonnée et à sa plateforme de demandes portant sur les salaires, mais aussi sur l’échéance de la convention, la mise en place d’un comité de relation de travail et la formation. La grande majorité des centres qui s’étaient joints à la négociation coordonnée ont obtenu les éléments de la plateforme commune et ont déjà signé leur nouvelle convention collective.

          À la table de négociation du Manoir Sherbrooke, rien ne va plus. Les dernières offres patronales déposées en octobre dernier ne répondent toujours pas aux conditions minimales formulées par les syndiqué-es. « En plus de refuser de répondre à nos demandes minimales, l’employeur souhaite transformer drastiquement nos horaires. Les changements qu’ils souhaitent apporter auraient pour effet de provoquer une baisse du salaire hebdomadaire pour la majorité des salarié-es », a affirmé Lyne Tanguay, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie et préposée aux résidents au Manoir Sherbrooke.

          Pour Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE-CSN), l’attitude arrogante de l’employeur est inacceptable. « Nous en avons assez de ce propriétaire richissime qui accumule des profits sur le dos des travailleuses et des travailleurs. En Estrie, nous avons plus de 120 personnes qui se dévouent au quotidien pour assurer le bien-être de nos aîné-es dans les résidences du Groupe Savoie. Le grand patron, Eddy Savoie, doit réaliser que ces femmes et ces hommes sont le cœur de son entreprise et que sans eux, rien n’est possible ».

          Le 19 octobre dernier, les travailleuses et les travailleurs se sont dotés d’un mandat de grève générale illimitée. Si aucune entente ne survient dans les prochaines semaines, la mobilisation s’intensifiera. « Avec un mandat de grève en poche, tous les scénarios sont sur la table », a conclu Lyne Tanguay.

          Des pratiques de gestion qui nuisent à la qualité des services

          Des travailleuses et des travailleurs des services d’adaptation, de réadaptation et d’intégration sociale du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Ouest (CISSSMO) se sont rassemblés aujourd’hui devant le Complexe Multi Granby, pour dénoncer une nouvelle vague de changements organisationnels qui se fait au détriment des services à la population.

          « Plutôt que de prendre des décisions favorisant une meilleure qualité des services, l’employeur prend des décisions insensées répondant uniquement à des prérogatives administratives.  Cela a d’importantes répercussions sur le terrain », affirme Karine Michaud, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSSMO-CSN-Estrie. Parmi ces décisions, Mme Michaud cite entre autres les multiples cas d’absences prolongées non remplacées. « Lorsqu’une éducatrice qui travaille quotidiennement avec des enfants d’âge préscolaire nécessitant un soutien spécialisé intensif quitte pour un congé de longue durée et qu’elle n’est pas remplacée, cela a comme conséquence directe de retarder la prise en charge de plusieurs enfants, ce qui peut compromettre sérieusement leur avenir. »

          La gestion chaotique de plusieurs directions de services du CISSSMO a entraîné au fil du temps d’importantes surcharges de travail qui pèsent lourdement sur les épaules du personnel. Pour Karine Morisseau, vice-présidente régionale de la Montérégie pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), il est clair que l’objectif principal de l’employeur dans cette réorganisation majeure est de sortir un maximum d’usagères et d’usagers de la liste d’attente, afin de respecter les délais prescrits par le ministère. « Quand il n’y a pas le personnel adéquat pour prendre en charge convenablement tous ces dossiers, ça sert à quoi ? Les employé-es n’ont plus le sentiment de pouvoir faire leur travail correctement, ils sont démobilisés et ils quittent le réseau. Nous avons de sérieux problèmes de rétention, ce qui crée une pénurie de personnel. C’est la pire des situations possibles présentement. Le gouvernement a beau prétendre que l’austérité est derrière nous, mais le personnel est encore aux prises avec les effets des compressions budgétaires et de la réforme Barrette. »  

          Les problèmes se sont aggravés au cours des derniers mois avec la création des méga structures que sont les CISSS et les CIUSSS. À la suite de l’adoption du projet de loi 10 du ministre Barrette, le ministère a décidé, pour les services d’adaptation et de réadaptation, d’intégrer les régions de la Haute-Yamaska et de la Pommeraie au CISSSMO. « Jusqu’à maintenant, le CISSSMO s’est avéré incapable de gérer ces services isolés géographiquement. Résultat : un chaos organisationnel aberrant. En bout de ligne, c’est la population de Granby et de ses environs qui en paie le prix en recevant moins de services. Cette inéquité est inacceptable ! Un réel dialogue avec le syndicat doit être entrepris afin de trouver des solutions durables à ces problèmes », conclut Jacques Lanciault, vice-président du Conseil central de la Montérégie.

          À propos
          Le Syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSSMO-CSN-Estrie compte environ 280 membres des catégories 2, 3 et 4. Ils sont présents dans dix points de service, majoritairement à Granby et Brigham. Le Conseil central de la Montérégie-CSN regroupe plus de 30 000 membres répartis dans plus de 200 syndicats. La CSN compte au total plus de 300 000 travailleuses et travailleurs, et ce, tant dans les secteurs privé que public.

          Les coopératives du secteur détiennent les clés d’un règlement

          Ce midi, une délégation de la FSSS–CSN a manifesté en appui aux paramédics à l’emploi de la Coopérative de travailleurs d’ambulance de l’Estrie. Cette coopérative de même que celles de Québec et de la Montérégie, ont entre leurs mains les clés permettant de régler, enfin, les conventions collectives du secteur préhospitalier, échues depuis le 31 mars 2015.

          La semaine dernière, en négociation, la CSN et ces coopératives de même que quelques autres entreprises privées avec qui elles ont formé une coalition patronale ont réalisé des progrès importants. Un des enjeux demeurant sur la table est la question de la surcharge de travail. La CSN propose l’introduction d’un mécanisme sur le fardeau de tâche, dont le coût pour les employeurs est minime. Le refus des coopératives d’inclure un tel mécanisme aux conventions collectives est d’autant plus déplorable qu’elles assurent aux travailleuses et aux travailleurs vouloir s’attaquer au problème de la surcharge de travail.

          « Ce n’est pas une négociation comme une autre, explique le président de la FSSS–CSN, Jeff Begley. Le cœur des revendications des paramédics concerne la charge de travail et les horaires de travail. Trouver des solutions à ces problèmes, c’est s’assurer que la population est bien servie par un personnel qui n’est pas constamment à la course, qui n’a pas continuellement à se battre contre la montre pour intervenir dans des délais raisonnables. Les coops sont sensibles à cet enjeu, il faut le régler. »

          Pour le vice-président de la FSSS–CSN, Dany Lacasse, l’occasion est parfaite pour les coopératives de s’entendre avec les syndicats afin de travailler ensuite de concert à un renforcement des services préhospitaliers au Québec. « Les paramédics du Québec se donnent corps et âme au quotidien. Ils ont droit non seulement à une juste reconnaissance, mais aussi à ce qu’on leur donne véritablement les moyens de remplir adéquatement leur mission. Dresser un véritable portrait de la charge de travail pour identifier des pistes de solution est à cet égard incontournable. »

          Règlement possible

          Advenant un changement de position de la part des coopératives quant aux surcharges de travail, la perspective d’un règlement global de ce conflit pourrait se matérialiser, car il s’agit d’un des seuls sujets sur lesquels les syndicats et les employeurs ne se sont pas entendus. En ce qui a trait aux horaires de travail désuets (horaires de faction), les échanges se poursuivent avec le gouvernement.

          À propos

          La Fédération de la santé et des services sociaux regroupe quelque 3600 paramédics, répartitrices, répartiteurs et employé-es de soutien du préhospitalier. Elle compte plus de 120 000 membres dans les services de santé, les services sociaux et les services de garde. Elle est affiliée à la CSN qui compte 300 000 adhérents de tous les secteurs d’activité.

          Il est temps d’arrêter de jouer à l’autruche et d’agir pour la santé psychologique du personnel

          Alertée par les données inquiétantes sur l’état de santé du personnel du réseau de la santé, des services sociaux et des services de garde, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) tient aujourd’hui et demain un colloque sur la santé psychologique du personnel. Pour la FSSSCSN, il faut poursuivre les travaux et mettre une pression supplémentaire sur les établissements du réseau et le gouvernement pour agir pour une meilleure santé psychologique.

          Des données qui ont de quoi alerter

          La santé psychologique du personnel du réseau de la santé, des services et des services de garde fait malheureusement de plus en plus la manchette. Les données illustrent l’ampleur du problème. Les données de la CNESST démontrent que c’est le secteur de la santé et des services sociaux qui est le plus risqué en termes d’accidents du travail. En 2014, le secteur compte pas moins de 18,4% des réclamations d’accidents du travail acceptées par la CNESST. Parmi les arrêts du travail dans le secteur, ceux pour cause psychologique sont en augmentation. En Estrie, c’est une hausse de 47% des congés de maladie pour cause psychologique. C’est près de 1500 dossiers de travailleuses et travailleurs pour l’année 2016-2017.

          « Ça ne peut plus durer! Les témoignages de travailleuses et travailleurs épuisés s’accumulent à chacune de nos visites dans les établissements. Tout cela est dû à la surcharge et à la violence au travail qui font maintenant trop partie du quotidien. La conséquence, c’est que l’absentéisme augmente et que des gens quittent le réseau. Et chaque fois, ce sont des drames humains : du préposé qui a subi une agression, en passant par le paramédic qui vit un choc post-traumatique ou l’éducatrice qui subit de la violence verbale. C’est le temps que le ministre arrête de jouer à l’autruche et agisse! », lance Guy Laurion, vice-président de la FSSSCSN.

          Un colloque sur la santé psychologique

          Pour faire face à cette situation inquiétante, la FSSSCSN prend les grands moyens. Elle organise aujourd’hui et demain un colloque qui s’adresse à ces représentants syndicaux de partout au Québec pour les outiller sur les enjeux de santé psychologique. Cette nouvelle étape leur permettra de mettre une pression supplémentaire sur leurs employeurs pour agir en prévention.

          « J’aimerais bien voir un employeur venir remettre en question le fait que l’état de santé du personnel du réseau se détériore. Ils doivent en prendre acte et agir! Nous, on forme notre monde pour qu’ils appuient les travailleuses et travailleurs et qu’on règle les problèmes de santé psychologique. Maintenant, c’est aux employeurs et au ministre de nous dire ce qu’ils entendent faire pour changer les choses. Ils ont justement une occasion en or de changer de cap dans les négociations locales qui s’amorcent! », de conclure Guy Laurion.

          À propos de la FSSSCSN

           La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN) compte plus de 110 000 membres dans les secteurs publics et privés. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. La FSSSCSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

          Nouvelle convention collective de 5 ans

          Les travailleuses et travailleurs de trois garages de l’Estrie, affiliés à la CSN, ont signé une nouvelle convention collective de cinq ans plus que satisfaisante.

          Les travailleuses et travailleurs de Dion automobiles, Val Estrie et N-V Cloutier ont entériné cette entente dans une proportion de 97%. Le nouveau contrat de travail comporte beaucoup d’avantages au plan normatif. Pour n’en nommer que quelques-uns : le renforcement des clauses relatives à l’assignation temporaire, l’amélioration du programme de formation et l’aménagement de l’horaire de la semaine de travail.

          Au plan monétaire, des gains majeurs : l’entente prévoit des augmentations de l’assiette monétaire de 11,6 % sur cinq ans, dont la majoration de la part de l’employeur dans le régime de retraite, la bonification de la prime d’outils et l’obtention d’une sixième semaine de vacances.

          Les augmentations de salaire sont de l’ordre de 2 % les 1er septembre 2017, 2018, 2019 et de 2,3 % les 1er septembre 2020 et 2021. Seulement six séances de négociation ont été nécessaires pour en arriver à cette entente.

          « Cette entente démontre que les négociations avec les syndicats de la CSN peuvent se conclure rapidement lorsque l’employeur a une attitude d’ouverture à la table de négociation, déclare M. Claude Bernier, président du Syndicat du secteur automobile de l’Estrie. Un nouveau groupe, soit les travailleurs de Toyota Sherbrooke, s’est joint à notre syndicat. Nous sommes donc à négocier un nouveau contrat de travail pour celui-ci et nous espérons grandement que nous connaîtrons la même issue », conclut monsieur Bernier.

          À propos

          Le Syndicat du secteur automobile de l’Estrie-CSN compte près de 95 membres. Il est affilié à la Confédération des syndicats nationaux de l’Estrie, à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN) et au Conseil central des syndicats nationaux de l’EstrieCSN (CCSNECSN).

          Un vote de grève à 100 % pour les CPE de l’Estrie

          Réunis hier en assemblée générale à l’hôtel Delta de Sherbrooke, les membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs des centres de la petite enfance de l’Estrie (STTCPEE-CSN) se sont prononcées, par scrutin secret, en faveur d’une banque de six (6) journées de grève, à utiliser au moment jugé opportun.

          Les membres du STTCPEE sont sans contrat de travail depuis le 31 mars 2015. « Les travailleuses envoient ainsi un message clair au gouvernement de même qu’aux employeurs, déclare M. Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE-CSN). Le message est qu’elles sont déterminées à obtenir un contrat de travail leur garantissant des conditions qui leur permettent d’effectuer adéquatement leur travail auprès des enfants. »

          Pour sa part, Mme Stéphanie Vachon, présidente du STTCPEE, explique « qu’après 30 rencontres de négociation, les ententes portent principalement sur les clauses non monétaires ». Elle mentionne également que « dans cette négociation, les demandes des employeurs représentent des reculs importants non seulement dans les conditions de travail des syndiquées, mais également dans la qualité des services offerts aux enfants ».

          « Il y a là bien plus qu’un conflit employeurs/employées. Par nos revendications, nous permettrons aussi d’assurer la pérennité du réseau des centres de la petite enfance, réseau fiable et mondialement réputé dont s’est doté la population du Québec dans le but d’assurer des services de garde éducatifs de qualité pour nos enfants », conclue Mme Vachon.

          Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs des centres de la petite enfance de l’Estrie – CSN (STTCPEE-CSN) compte 35 centres de la petite enfance regroupant ainsi plus de 850 travailleuses. Il est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) ainsi qu’au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE-CSN).

          Note : la page Facebook officielle des travailleuses en CPE membres de la CSN peut être consultée à l’adresse suivante : https://www.facebook.com/Faconnonsnotreavenir/

          La CSN déplore que l’avenue de l’indépendance des trois campus soit écartée

          La Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ–CSN) et la Fédération des employé-es de services publics (FEESP–CSN) déplorent que l’indépendance des trois campus constituant le Collège régional Champlain ait été complètement écartée par le rapport Birnbaum présenté plus tôt cette semaine par la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David. Néanmoins, pour les représentants du personnel des campus de Saint-Lambert et de Saint-Lawrence, le rapport a certains mérites. Il démontre notamment une bonne compréhension des problèmes qu’ils vivent au quotidien et il identifie, avec justesse, que la solution passe par davantage d’autonomie. La CSN salue le travail réalisé par David Birnbaum qui a pris le temps d’écouter et de rencontrer tous les intervenants qui le désiraient.

           « Quant à nous, les propositions ne vont pas assez loin, explique la vice-présidente de la FNEEQ–CSN, Nicole Lefebvre. Le rapport dresse pourtant un portrait assez juste des enjeux et identifie le renforcement de l’autonomie de campus comme une piste de solution. Mais en maintenant une structure bureaucratique pour chapeauter les trois campus, il y a un risque certain de rater la cible. Pour nous, toute la question du financement demeure entière. Malgré tout l’engagement du personnel, les étudiantes et les étudiants de ces trois campus n’ont pas droit au même niveau de services que ceux qui fréquentent un cégep autonome. Nous sommes déçus que le rapport ait écarté complètement l’hypothèse de faire de ces campus, des cégeps comme les autres. »

          Le Collège régional Champlain est en effet unique en son genre au Québec, avec trois campus situés dans trois régions administratives (Saint-Lambert en Montérégie, Saint-Lawrence à Québec et Lennoxville en Estrie). Pour la CSN, sa situation n’est pas comparable à celle du Cégep régional de Lanaudière, dont les trois campus sont situés à moins de quarante minutes de route et dont les besoins des étudiantes et étudiantes sont bien différents. Les modalités de financement des cégeps, pensées pour financer des campus pleinement autonomes, ne tiennent pas suffisamment compte de cette réalité. Pour la CSN, les campus du Collège régional Champlain sont non seulement sous-financés, mais également mal financés, dans la mesure où une part des sommes qui leur sont dévolues actuellement servent à soutenir une structure interrégionale supplémentaire qui s’est avérée incapable de bien prendre en compte les besoins des différents campus. Le personnel déplore également le manque de transparence de l’instance interrégionale et sa tendance à vouloir tout contrôler.

          « Le rôle majeur des employé-es de soutien nous semble trop peu pris en compte, déplore la vice-présidente trésorière de la FEESP–CSN, Sylvie Tremblay. Pourtant, nous sommes témoins au quotidien des difficultés pour les étudiantes et les étudiants à avoir accès aux services que nous offrons parce que nous n’avons pas les ressources suffisantes. Nous sommes bien conscients que tout le réseau des cégeps est sous-financé, mais le problème est encore plus aigu ici. Il est exacerbé par le fait que nous n’avons pas d’emprise localement sur les décisions qui sont prises loin de nous et qu’il y a un sérieux manque de transparence. »

          Des difficultés intrinsèques
          Pour la CSN, la source des problèmes de gouvernance et de gestion au CRC est sa structure elle-même. En ce sens, les recommandations visant à donner plus d’autonomie aux campus seront très difficiles à mettre en place. « Augmenter les indemnités de déplacement de certains gestionnaires pour leur permettre de se rendre plus souvent sur place ne sera pas suffisant, s’il n’y a pas une volonté très forte de tous les acteurs pour que l’autonomie fonctionne, de poursuivre Sylvie Tremblay. Nous ne pouvons qu’espérer que la personne qui sera nommée comme accompagnatrice par la ministre David aura le leadership et l’écoute nécessaires pour instaurer un nouveau climat ».

          « Il faut garder en tête que le sentiment d’appartenance des enseignantes, enseignants et de tout le personnel est d’abord et avant tout envers leur propre campus, ajoute Nicole Lefebvre. Ils en sont fiers. Il faut donner au personnel tous les outils dont il a besoin pour accomplir sa mission.

          Syndicat des répartiteurs médicaux d’urgence et paramédics de l’Estrie (FSSS–CSN)

          Au cours des derniers jours, un vaste mouvement de grève s’est levé dans le secteur préhospitalier. Dans ce secteur soumis aux services essentiels, la stratégie de grève déployée par la CSN exerce dans les faits une pression très importante sur l’ensemble des décideurs du réseau. Les conséquences de la grève sont multiples pour l’administration et la régie interne des entreprises du secteur.

          Syndicat des paramédics de l’Estrie (FSSS-CSN)

          Au cours des derniers jours, un vaste mouvement de grève s’est levé dans le secteur préhospitalier. Dans ce secteur soumis aux services essentiels, la stratégie de grève déployée par la CSN exerce dans les faits une pression très importante sur l’ensemble des décideurs du réseau.

          La FP–CSN dénonce l’attitude de la direction de l’Université de Sherbrooke

          La Fédération des professionnèles–CSN appuie sans réserve le SPPUS, dénonce l’attitude de la direction de l’Université de Sherbrooke et lui rappelle que les professeures et professeurs méritent le respect.

          Conscient que l’Université était aux prises avec des contraintes financières importantes, le SPPUS a accepté au cours des dernières années de ne pas combler tous les postes de professeurs. Dans le cadre de la négociation actuelle, la demande du SPPUS de rétablir le plancher d’emploi a essuyé un refus net de la part de la direction.

          « Le plancher d’emploi dans une université, c’est une condition essentielle pour la réalisation de la mission de l’institution. Les professeures et les professeurs assurent diverses fonctions au sein d’une université : l’enseignement, la recherche et l’administration pédagogique. Lorsque le nombre de postes de professeurs est restreint, cela signifie que les diverses fonctions sont en péril, la recherche en particulier. La grève déclenchée par les professeures et professeurs est, sans contredit, un geste qui vise à protéger la mission de l’université », soutient Louise Briand, vice-présidente, secteur universitaire, FP–CSN.

          Les deux dernières semaines ont été le théâtre de gestes inacceptables de la part de la direction de l’Université : diffusion tendancieuse sur le site web institutionnel des demandes syndicales, reformulation des demandes patronales de manière à masquer les impacts sur la fonction professorale, interdiction d’accès aux campus, mise en demeure et menace de recours à des moyens légaux.

          La FP–CSN signale que la mission même de l’Université est au cœur de la négociation du SPPUS et elle rappelle que ce sont les professeures et professeurs qui en sont les principaux artisans. La FP-CSN demande à la direction de l’Université de Sherbrooke de négocier de bonne foi avec le représentant des professeures et professeurs.

          À propos
          La FP compte parmi ses membres des personnes occupant un des plus larges éventails de disciplines et professions. Les syndicats qu’elle regroupe représentent plus de 8000 professionnèles, techniciennes et techniciens œuvrant majoritairement dans le secteur de la santé et des services sociaux, mais aussi dans les secteurs des organismes gouvernementaux, des sociétés d’État, de l’éducation, des médecines non conventionnelles, de l’aide juridique, de l’employabilité, du développement régional, des organismes communautaires et des professionnèles autonomes.

           

          La CSN dénonce l’attitude du CIUSSS de l’Estrie et passe à l’action contre la privatisation des stationnements

          La CSN dénonce le refus du CIUSSS de l’Estrie de tenir une rencontre sur la privatisation des stationnements de la région. Cette attitude de l’employeur force la CSN à utiliser les recours prévus à sa convention collective. Pour la CSN, il faut maintenir les stationnements dans le giron public pour conserver les revenus et les emplois. La CSN lance d’ailleurs une pétition pour obtenir l’appui de la population estrienne contre la hausse de la tarification et la privatisation.

          Le CIUSSS envoie des messages contraires

          Le 14 février dernier, la CSN demandait publiquement la tenue d’une rencontre urgente pour présenter les orientations qui soutiendront l’alternative publique du projet de la CSN en ce qui a trait à la privatisation des stationnements des établissements de santé et de services sociaux de la région et de sursoir à l’ouverture des soumissions à l’appel d’offres. Sur les ondes de Radio-Canada, un représentant du CIUSSS de l’Estrie a annoncé publiquement qu’il acquiesce à notre demande de rencontre. Alors que des échanges avaient lieu avec le secrétariat de Madame Johanne Turgeon, p.d.g.a., afin de déterminer la date de la rencontre et qu’un suivi était fait auprès de la Direction des services techniques relevant de Monsieur Jean Ferland, en fin d’après-midi jeudi la CSN reçoit une lettre de la direction des relations du travail du CIUSSS- CHUS mettant fin unilatéralement aux discussions, considérant échue le délai pour présenter une alternative publique et annonçant l’ouverture des soumissions le jour même.

          « Pourquoi annoncer publiquement être prêt à nous rencontrer pour faire le contraire quelques jours plus tard? Nous nous questionnons beaucoup face à cette attitude du CIUSSS. Il est absolument primordial que nous soyons entendus et que l’on réponde à nos questions pour que nous soyons en mesure de présenter une alternative publique qui permettrait de conserver les revenus générés par les stationnements de la région, de même que les emplois », lance Laurent-Paul Maheux, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) en Estrie.

          La CSN passe à l’action pour nos services publics

          La CSN annonce qu’elle utilisera les recours prévus à sa convention collective pour poursuivre les interventions auprès du CIUSSS. Plusieurs articles de la convention collective de la CSN permettent d’intervenir pour déposer des alternatives publiques face à des tentatives de privatisation. Dès aujourd’hui, la CSN fait aussi circuler une pétition invitant la population à demander au conseil d’administration du CIUSSS de l’Estrie de revenir sur sa décision d’augmenter les tarifs des stationnements des établissements de la région et de procéder à une privatisation.

          « On ne peut en rester là. C’est pourquoi nous passons à l’action et utilisons différents moyens pour convaincre le CIUSSS de l’Estrie de revenir sur sa décision. Il n’y a aucune raison pour expliquer qu’on augmente drastiquement les tarifs des stationnements. Il n’y a rien non plus qui démontre la pertinence de se priver collectivement des revenus générés par les stationnements. C’est pourquoi nous demandons l’appui de la population pour faire reculer le CIUSSS », de conclure Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie.

          Une privatisation insensée des stationnements du CIUSS de l’Estrie

          La CSN proposera un projet alternatif pour maintenir les revenus et les emplois au public

          La CSN demande une rencontre d’urgence avec le CIUSSS de l’Estrie pour présenter les orientations qui soutiendront l’alternative publique du projet de la CSN en ce qui a trait à la privatisation des stationnements des établissements de santé et de services sociaux de la région. La CSN veut à tout prix contrer cette nouvelle forme de privatisation qui fera non seulement perdre d’importants revenus aux établissements de santé publics, mais également des emplois.

          Une privatisation insensée
          La CSN déplore le fait que le CIUSSS de l’Estrie veut profiter de la directive du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) d’uniformiser la tarification des stationnements des établissements pour entraîner une nouvelle privatisation. Cette décision du CIUSSS a pour effet d’instaurer une tarification ou de hausser considérablement celle existante pour les usagers et le personnel, en plus des tarifs inégaux qui diviseront les employés du CIUSS-CHUS dans plusieurs villes de la région.

          « Cette hausse nous apparaît injustifiée et ne règlera en rien le manque d’espaces de stationnement pour le personnel et les usagers», de souligner Ted Hébert, représentant de l’exécutif local et trésorier.

          Le CIUSSS prétend ne pas détenir l’expertise pour assurer la gestion des stationnements bien que plusieurs d’entre eux sont sous sa gouverne depuis plusieurs années et génèrent d’importants surplus. Rappelons que la gestion publique des stationnements a permis d’engranger 66 millions de dollars de profits net au Québec en 2014-2015 et que le CIUSS-CHUS de l’Estrie est l’un des plus performants au Québec en matière de gestion des parcs de stationnements.

          « Cette annonce de privatisation est insensée. Les stationnements des établissements de santé de la région permettent de générer des revenus pour financer les soins. Pourquoi vouloir donner ces revenus au privé ? Dans un contexte où les compressions budgétaires imposées par le gouvernement font mal, c’est encore moins le temps de privatiser la gestion des stationnements », lance Laurent-Paul Maheux, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) en Estrie.

          Demande de rencontre urgente

          Le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie, Denis Beaudin, entend tenir tête au CIUSSS de l’Estrie. « Nous n’en resterons pas là. Par le passé, nous avons fait reculer plusieurs projets de privatisation. C’est ce que nous entendons faire une fois de plus par différents moyens. Nous demandons une rencontre urgente pour pouvoir faire part de notre alternative publique à l’employeur. Il y a là une occasion rêvée de garder des revenus pour les soins à la population. Il doit entendre raison », de marteler Denis Beaudin.

          La CSN dénonce de plus la lenteur du CIUSSS de l’Estrie de transmettre à la CSN l’ensemble des documents financiers nécessaires à l’élaboration du projet alternatif. Rappelons l’article 3.10 de la dernière convention nationale signée récemment entre les parties. On peut y lire que les parties reconnaissent l’importance :

          • De maintenir des services publics de qualité et de déterminer des sources d’économie;
          • De travailler au maintien et au développement de l’expertise des personnes salariées du réseau public de la santé et des services sociaux;
          • D’avoir pour objectif de préserver des emplois dans le réseau public de la santé et des services sociaux et de privilégier le travail à l’interne;
          • De discuter des propositions concrètes d’amélioration des façons de faire en dehors du contexte formel de la négociation de la convention collective.

          Rappelons que la CSN est la seule centrale syndicale à posséder une telle clause dans sa convention collective.

          La CSN demande un réinvestissement massif dans les services publics

          De passage en Estrie, le président de la CSN, Jacques Létourneau, a réitéré que le gouvernement Couillard doit profiter du prochain budget pour réinvestir massivement dans la santé et les services sociaux, notamment dans la région de l’Estrie.

          « Considérant des surplus de cinq milliards pour 2015-2016, la CSN réclame la fin de l’érosion du réseau public et un réinvestissement massif pour redonner l’oxygène nécessaire à son bon fonctionnement », a affirmé son président Jacques Létourneau.

          De concert avec Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicaux nationaux de l’Estrie (CCSNE), ils ont demandé que ce réinvestissement se traduise par des embauches. « Les mesures d’austérité ont eu pour effet de détériorer les services tout en dégradant les conditions de travail des travailleuses et travailleurs. Par exemple, à Magog, on ajoute normalement 30 préposé-es aux bénéficiaires sur la liste de rappel durant l’été. Cette année, ce nombre est passé à 8. Il est donc difficile de remplir tous les quarts de travail. Ce réinvestissement est d’autant plus nécessaire qu’on apprenait récemment que le CIUSSS de l’Estrie aurait un déficit anticipé de 5 millions de dollars », affirme M. Beaudin.

          Jacques Létourneau a dénoncé les surplus budgétaires qui ont été faits sur le dos des usagers et du personnel en santé et services sociaux. « Avec le surplus de 1,7 milliard de dollars constaté par le ministre Leitão, au début décembre, sans compter celui de 3,7 milliards atteint l’an dernier, il est maintenant temps de réinvestir massivement dans les services à la population qui ont été décimés par les mesures d’austérité, » affirme-t-il.

          La région de l’Estrie a subi la réforme du ministre Barrette qui a centralisé à outrance le réseau, le faisant passer de 185 à 34 établissements pour tout le Québec. Cette centralisation s’accompagne du transfert des travailleurs sociaux vers les Groupes de médecine de famille (GMF) et de la régionalisation des laboratoires avec le déploiement du projet Optilab. Deux mesures que le CCSNE-CSN a vivement contestées sur toutes les tribunes.

          Occupations simultanées de bureaux de circonscriptions partout au Québec

          Des agents et agentes de la paix en services correctionnels occupent ou visitent actuellement une douzaine de bureaux d’élu-es provinciaux aux quatre coins du Québec dans le cadre de la négociation de leur convention collective. Cette série d’actions simultanées fait suite à d’autres actions et occupations similaires au cours des dernières semaines.

          Alors qu’ils sont sans contrat de travail depuis le 1er avril 2015, les négociations achoppent sur quatre enjeux majeurs pour le SAPSCQ–CSN, soit la formation obligatoire des agentes et agents, les offres salariales, le régime de retraite et le retour de la précarité pour les salarié-es à temps partiel. Rappelons que le Conseil du trésor a déposé des offres salariales bien en deçà de ce qu’il a accordé au secteur public tout en demandant des reculs importants sur le régime de retraite.

          « Nos actions des dernières semaines ont apporté certains résultats, mais c’est encore trop peu et le gouvernement doit comprendre que nous n’arrêterons pas tant et aussi longtemps que des avancées significatives et satisfaisantes ne se feront pas sentir à la table de négociation », affirme Mathieu Lavoie, président du SAPSCQ–CSN.

          Bureaux occupés

          Gaetan Barrette, député de La Pinière, 6300 avenue Auteuil, Brossard
          Guy Bourgeois, député d’Abitibi-Est, 888 3e avenue, bur. 202, Val d’or
          Jean D’Amour, député de Rivière-du-Loup-Témiscouata, 320 boul. de l’Hôtel-de-Ville, bur. 102, Rivière-du-Loup
          Jean Rousselle, député de Vimont, 4650 boul. des Laurentides, bur. 415, Laval
          Jean-Denis Girard, député de Trois-Rivières, 1500 rue Royale, bur. 180, Trois-Rivières
          Jean-Marc Fournier, député de Saint-Laurent, 5255 boul. Henri-Bourassa Ouest, bur. 312
          Luc Fortin, député de Sherbrooke, 1650 rue King Ouest, bur. 05, Sherbrooke
          Sébastien Proulx, député de Jean Talon, 2505 Boul. Laurier, bur. 260, Québec
          Serge Simard, député de Dubuc, 439 rue Albert, La Baie
          Stéphanie Vallée, députée de Gatineau, 224 rue Principale Sud, Maniwaki

          Bureaux visités

          Gaétan Lelièvre, député de Gaspé, 11 rue de la Cathédrale, bur. 102, Gaspé
          Martin Ouellet, député de René-Lévesque, 852 rue Bossé, Baie-Comeau

          Les syndicats acceptent les offres à l’unanimité

          Les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de l’hôtel Quality Sherbrooke (CSN) et du Syndicat des travailleuses et travailleurs de l’hôtel du Delta Sherbrooke (CSN) ont entériné, la semaine dernière, leur entente de principe respective en acceptant à 100 % les termes de leur nouveau contrat de travail. Selon Michel Valiquette, trésorier de la FC–CSN et responsable politique du secteur du tourisme de la fédération, « ces deux résultats démontrent clairement que les attentes des membres de ces deux syndicats ont été satisfaites, tant au niveau des demandes de la plateforme de la négociation coordonnée qu’au niveau de leurs revendications locales. »

          « Les deux ententes sont d’une durée de quatre ans et contiennent des augmentations salariales de 3 % pour les trois premières années et de 4 % la dernière année. En plus de ces deux éléments de la plateforme commune, les syndicats ont réussi à obtenir une bonification de leurs indemnités de vacances et ont obtenu des gains importants relativement à la question des indemnités de départ », souligne Michel Valiquette. Les deux syndicats ont également obtenu satisfaction sur différents éléments de leur contrat de travail, notamment en bonifiant différentes primes pour le travail de nuit ainsi que sur les livraisons spéciales.

          Le secteur de l’hôtellerie de la FC–CSN regroupe près de 5000 membres dans 57 syndicats. La Fédération du commerce–CSN compte 30 000 membres regroupés au sein de 360 syndicats œuvrant dans les domaines du commerce de gros et de détail, de l’agroalimentaire, de la finance et du tourisme.

          Entente de principe au Quality de Sherbrooke et vote massif en faveur de la GGI au Bonaventure

          Hier, en fin de journée, une neuvième entente de principe a été conclue entre le Syndicat des travailleuses et des travailleurs de l’Hôtel Quality (FC–CSN) et l’employeur, dans le cadre de la négociation coordonnée de l’hôtellerie. Au même moment, le Syndicat des travailleurs du Bonaventure (FC–CSN) votait en faveur de la grève générale illimitée (GGI).

          Conforme aux autres règlements obtenus, l’entente conclue au Quality de Sherbrooke est d’une durée de quatre ans et prévoit des augmentations salariales de 3 % pour les trois premières années et de 4 % la dernière année, pour un total de 13 %. Il s’agit du second règlement dans la région estrienne qui inclut également des bonifications des indemnités de vacances et de départ.

          « Cette seconde entente en Estrie atteint, à nouveau, tous les objectifs de négociation de notre secteur et nous en sommes très fiers, déclare Michel Valiquette, trésorier de la Fédération du commerce (FC–CSN) et responsable politique du secteur du tourisme de la fédération. Ce neuvième règlement scelle le modèle d’entente que nous avons réussi à obtenir en négociant sérieusement auprès d’employeurs qui ont saisi qu’ils pouvaient arrimer leurs objectifs financiers avec nos demandes communes. L’employeur du Quality a également acquitté toutes les sommes en souffrance qu’il devait à titre de cotisations au régime de retraite des employé-es et de cotisations syndicales impayées, à notre grande satisfaction. Nous sommes plus que jamais convaincus de la validité de nos revendications et il n’est pas question pour nous d’abdiquer quoi que ce soit. »

          Un vote fort en faveur de la GGI
          À la suite d’un lockout imposé par l’employeur dimanche dernier en début de soirée, les membres du Syndicat des travailleurs du Bonaventure (CSN) ont adopté à 97 %, par voie de scrutin secret, un mandat de GGI en assemblée générale spéciale à Montréal.

          « Ce vote a été tenu en réaction au lockout décrété par l’employeur. Le message envoyé par les travailleuses et les travailleurs est simple : à partir de maintenant, ils retourneront au travail quand ils le décideront, c’est-à-dire, lorsqu’ils obtiendront les conditions de travail qu’ils revendiquent et qu’ils méritent », de conclure monsieur Valiquette.

          À propos
          Le secteur de l’hôtellerie de la FC–CSN regroupe près de 5000 membres dans 57 syndicats. La Fédération du commerce–CSN compte 30 000 membres regroupés au sein de 360 syndicats œuvrant dans les domaines du commerce de gros et de détail, de l’agroalimentaire, de la finance et du tourisme.

          Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

          La FNC salue l’octroi d’une subvention de 250 000 $

          La Fédération nationale des communications–CSN et le Syndicat des travailleuses et des travailleurs du Musée de la nature et des sciences, STTMNS (FNC–CSN) désirent saluer la décision du ministère de la Culture et des Communications (MCC) d’octroyer une enveloppe de 250 000 $ sur trois ans au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke. Le ministre Luc Fortin en a fait l’annonce ce matin, dans le cadre d’une conférence de presse tenue au musée.

          « Nous sommes heureux de recevoir cette reconnaissance par le biais de cette subvention ponctuelle de trois ans. Notre musée a développé une expertise à l’interne qui est désormais reconnue alors que d’autres établissements ont dû faire appel à des sous-traitants. Ce fut tout un défi de former les travailleuses et les travailleurs à l’interne, mais nous y sommes arrivés et nous en sommes très fiers », de déclarer Richard Dupuis, président du STTMNS.

          Le musée de Sherbrooke a été désigné par le MCC pour développer des outils permettant de soutenir la création d’expositions itinérantes .

          « L’initiative du ministre va dans la bonne direction, mais la FNC–CSN a des attentes relativement à la refonte de la politique culturelle pour que les critères d’admission du PAFIM reflètent davantage la réalité du milieu. Nous souhaitons que cette enveloppe soit également indexée afin d’aider les employeurs à améliorer les conditions de travail des salarié-es œuvrant dans les entreprises culturelles, favorisant ainsi le développement de l’expertise et la rétention de celle-ci. Plutôt que d’octroyer des subventions ponctuelles, le PAFIM doit assurer une stabilité financière à long terme dans le domaine de la culture », de conclure Pascale St-Onge, présidente de la FNC–CSN.

          À propos
          Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs du Musée de la nature et des sciences (FNC–CSN) regroupe environ 30 membres et est affilié à la FNC–CSN qui compte 6000 membres œuvrant dans les domaines des communications et de la culture.

           

          Entente au Delta de Sherbrooke et décision favorable aux grévistes de l’Hôtel Classique

          Hier soir, une huitième entente de principe a été conclue entre le Syndicat des travailleuses et des travailleurs de l’Hôtel Delta de Sherbrooke (FC–CSN) et l’employeur, dans le cadre de la négociation coordonnée de l’hôtellerie. Au même moment, un juge du Tribunal administratif du travail (TAT) donnait raison aux membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de l’Hôtel Classique (FC–CSN), en forçant la direction de leur hôtel à respecter une ordonnance sévère à leur égard.

          En tous points conforme aux autres règlements obtenus, l’entente conclue au Delta de Sherbrooke est d’une durée de quatre ans et prévoit des augmentations salariales de 3 % pour les trois premières années et de 4 % la dernière année, pour un total de 13 %. Ce premier règlement dans la région de l’Estrie inclut également des bonifications des indemnités de vacances et de départ.

          « Ce vendredi 23 septembre fut une belle journée pour le secteur de l’hôtellerie de notre fédération. Cette première entente dans la région estrienne qui rencontre parfaitement les objectifs de notre secteur et cette décision on ne peut plus claire ordonnée par le TAT qui vise l’Hôtel Classique, vont assurément inciter les autres employeurs à accepter nos revendications, déclare Michel Valiquette, trésorier de la Fédération du commerce (FC–CSN) et responsable politique du secteur du tourisme de la fédération. Dans les trois régions où nos membres négocient, huit employeurs ont compris qu’ils pouvaient très bien poursuivre leurs activités et demeurer parfaitement rentables en acceptant un juste partage de leurs revenus avec leurs salarié-es. Reste donc à ceux qui n’ont pas encore réglé à prendre acte de la situation. »

          Un geste illégal

          Dans une décision rendue en début de soirée hier, le juge Raymond Gagnon du TAT de Québec ordonne à l’Hôtel Classique et à ses dirigeants de cesser « d’utiliser, dans les établissements où la grève a été déclarée, les services de personnes non autorisées à remplir les fonctions des salariés faisant partie de l’unité de négociation en grève. » Cette ordonnance provisoire touche principalement des cadres embauchés après le début de la négociation, mais, surtout, elle vise directement la raison sociale D. Prestige Hôtelier inc., une entreprise immatriculée le 19 septembre dernier, que le tribunal a reconnue à titre d’entité spécifiquement fondée afin de contourner la loi interdisant les briseurs de grève.

          « Le message envoyé à l’employeur par le TAT est clair : les membres du syndicat revendiquent le respect du travail qu’elles et ils accomplissent chaque jour et le respect des lois et des règles en vigueur. Pour les deux parties, nous espérons un règlement rapide de ce conflit par la ratification d’une entente à la hauteur de nos revendications », de conclure monsieur Valiquette.

          Rappelons que le mardi 20 septembre en après-midi, la directrice générale a rencontré une dizaine de membres du syndicat pour leur annoncer que leurs tâches étaient désormais confiées à un sous-traitant. Face à ce geste de confrontation, les salarié-es ont décidé, à l’unanimité, de recourir à l’ultime moyen de pression en déclenchant la grève générale illimitée le lendemain, en assemblée générale.

          À propos
          Affilié à la FC–CSN, le Syndicat des travailleuses et des travailleurs de l’Hôtel Classique compte environ 65 membres. Le secteur de l’hôtellerie de la FC–CSN regroupe près de 5000 membres dans 57 syndicats. La Fédération du commerce–CSN compte 30 000 membres regroupés au sein de 360 syndicats œuvrant dans les domaines du commerce de gros et de détail, de l’agroalimentaire, de la finance et du tourisme.

          Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

          Débrayage et dîner de solidarité à Sherbrooke

          Ce matin, le Syndicat des travailleuses et travailleurs de l’Hôtel Quality (FC–CSN) a décidé de débrayer à 9 h pour une grève de 24 h. Cette action survient à la veille de la rencontre de négociation et rappelle à l’employeur que les membres sont toujours en attente du versement de plusieurs milliers de dollars en souffrance pour des cotisations au régime de retraite des employé-es et des cotisations syndicales impayées. Lors d’une discussion récente, l’employeur s’était engagé à rembourser ces dettes au plus tard jeudi dernier. À ce jour, les travailleuses et travailleurs n’ont reçu qu’une fraction de ces sommes.

          « Vers 11 h 30, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de l’Hôtel Delta de Sherbrooke (FC–CSN) iront rejoindre leurs camarades en grève de l’Hôtel Quality afin de partager un dîner de solidarité, de préciser Michel Valiquette, trésorier de la Fédération du commerce (FC–CSN) et responsable politique du secteur du tourisme de la fédération. Il faut savoir que le nouveau propriétaire du Delta de Sherbrooke possède également l’Hôtel Quality. Les membres des deux syndicats veulent lui envoyer un message clair : ils seront solidaires jusqu’au bout dans l’atteinte de leurs objectifs communs de négociation. Pour eux, l’obtention du modèle d’entente déjà obtenu aux autres tables demeure essentielle. »

          Les quatre autres ententes conclues ces deux dernières semaines sont d’une durée de quatre ans et prévoient des augmentations salariales de 3 % pour les trois premières années et de 4 % la dernière année, pour un total de 13 %. Elles sont également assorties d’indemnités de vacances et de départ bonifiées.

          À propos
          Le secteur de l’hôtellerie de la FC–CSN regroupe près de 5000 membres dans 57 syndicats. La Fédération du commerce–CSN compte 30 000 membres regroupés au sein de 360 syndicats œuvrant dans les domaines du commerce de gros et de détail, de l’agroalimentaire, de la finance et du tourisme.

          Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

          Une autre réforme insensée !

          Depuis la fusion des établissements de santé et services sociaux en Estrie, le CIUSSS Estrie – CHUS a comme objectif de fusionner les programmes de la déficience physique, la déficience intellectuelle ainsi que le trouble du spectre de l’autisme.

          Ainsi, le programme ressources résidentielles d’hébergement ainsi que le sous-programme retard global de développement du programme enfant adolescent font actuellement l’objet d’une fusion avec des équipes du CRDITED Estrie, où des déménagements sont à prévoir.

          « Nous craignons que ces décisions aient des impacts négatifs sur la clientèle que nous desservons et ultimement sur notre mission comme centre de réadaptation physique. Nous savons que la direction cherche actuellement à revoir comment les services peuvent être donnés différemment. Si nos collègues de travail sont appelés à prendre sous peu dans leur charge de travail une clientèle en déficience intellectuelle, en plus de leur clientèle déjà existante en déficience physique, comment pourrons-nous maintenir la même qualité et intensité de service auprès du public ? » déclare M. Martin-Pierre Mercier, président du Syndicat des salariés du Centre de réadaptation Estrie (SSCRE-CSN).

          « Nous nous expliquons mal cette réorganisation de services. En effet, augmenter les services pour une clientèle est fort louable, cependant, en priver une autre pour autant c’est déshabiller Paul pour habiller Pierre! » ajoute Mme Julie Bolduc, vice-présidente du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE-CSN).

          « Les derniers mois nous ont malheureusement donné raison ! Nous assistons aux effets néfastes que nous appréhendions avec les réformes dans les services sociaux et de la santé du gouvernement libéral. En effet, outre le chambardement au niveau du personnel de la santé et des services sociaux, nous sommes à même de constater des fusions de missions qui attaquent la spécificité et entraînent une perte d’expertise qui a un impact négatif pour la population. Le sous-financement et la restructuration actuelle ont des effets désastreux sur l’accessibilité et la qualité des services », s’indigne Mme Mélissa Gaouette, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

          À propos
          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) compte près de 6000 membres dans la région de l’Estrie.

          Les syndicats adoptent leurs moyens de pression

          Depuis les derniers jours, et dans ceux à venir, tous les syndicats qui participent à la neuvième ronde de négociations coordonnées de la Fédération du commerce–CSN (FC–CSN) procèdent à l’adoption de moyens de pression qu’ils pourront mettre en œuvre au besoin. Les membres de chaque syndicat participent à un vote en assemblée générale, dans chacun des établissements.

          « Nous avons déjà plus d’une dizaine de syndicats qui ont adopté les moyens de pression, excluant la grève pour le moment, qui sont déjà mis en application. Les négociations ont débuté, mais les membres trouvent que celles-ci n’avancent pas assez rapidement, un constat que nous partageons entièrement. En plus d’avoir déposé de nombreuses demandes de reculs tout à fait inacceptables, les employeurs affichent un manque flagrant de sérieux. Nous avons déposé nos demandes individuelles et nos quatre revendications communes, mais pour le moment, elles sont ignorées par les différentes parties patronales », de déplorer Michel Valiquette, trésorier de la FC–CSN et responsable politique de la négociation coordonnée de l’hôtellerie.

          Quatre demandes

          Rappelons que les quatre demandes incluses dans la plate-forme commune sont réalistes et légitimes : 1) obtenir davantage de reconnaissance pour nos années de service; 2) obtenir une meilleure protection des emplois et de meilleures compensations; 3) consentir une convention collective de quatre ans, mais pas sans contrepartie et; 4) profiter de la croissance prévue dans notre secteur d’activité.

          « L’Association des hôtels du Grand Montréal vient tout juste de dévoiler des taux d’occupation record de 87,4 % pour le mois de juillet 2016 et une hausse des tarifs de 14 % pour ce même mois comparativement à ceux de l’an dernier. Même scénario à Québec et en Estrie, où la faiblesse du dollar canadien exerce toujours une pression à la hausse sur le nombre de touristes. Statistique Canada nous révélait que le nombre d’emplois dans le secteur de l’hôtellerie affiche également une hausse record à 293 100, soit 7 % de plus que l’an dernier, et ce, partout au Québec. Ces excellents résultats démontrent que le secteur est hautement rentable et que les premiers qui contribuent à ces profits, ce sont bien les travailleuses et les travailleurs de l’hôtellerie, de souligner monsieur Valiquette. Nous nous attendons donc à ce que les employeurs nous prennent au sérieux et qu’ils négocient dès que possible des ententes à la hauteur de nos attentes pour que tout le monde puisse continuer à profiter de cette saison record. »

          Le secteur de l’hôtellerie de la FC–CSN regroupe près de 5000 membres dans 57 syndicats. La Fédération du commerce–CSN compte 30 000 membres regroupés au sein de 360 syndicats œuvrant dans les domaines du commerce de gros et de détail, de l’agroalimentaire, de la finance et du tourisme.

          Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

          Les groupes de médecine de famille et le projet Optilab rencontrent de la résistance en Estrie

          Dans le cadre de la campagne Ma place en santé, j’y tiens, de nombreux travailleuses et travailleurs du réseau de la santé se sont réunis aujourd’hui devant le CSSS du Granit pour protester d’une part contre le déplacement d’activités des CLSC vers les groupes de médecine de famille (GMF), et d’autre part contre le transfert des trois quarts des activités du laboratoire du CSSS du Granit, situé à Lac-Mégantic, vers le mégalaboratoire du CIUSSS de l’Estrie. Ils estiment ces mesures tout-à-fait contre-productives, d’autant plus que la population a été durement éprouvée au cours des dernières années.

          Un personnel qualifié… et épuisé
          « Le personnel de la région de l’Estrie n’a plus à faire la preuve qu’il possède toutes les qualifications pour effectuer les analyses et les prélèvements dans les règles de l’art. Il a à cœur d’offrir à la population des services de grande qualité et il est le seul à pouvoir bien s’acquitter de cette importante responsabilité. Pourtant, le ministre persiste et signe avec ce projet qui entraînera plusieurs pertes et transferts d’emplois vers Sherbrooke », a d’abord fait valoir Isabelle Bolduc, présidente du Syndicat de la santé et des services sociaux du Granit.

          « Le gouvernement se fout éperdument de la grogne que suscite son projet et ira de l’avant en transférant pas moins de 77 % des activités du laboratoire de Lac-Mégantic vers le mégalaboratoire de Sherbrooke. Tous les patients, y compris ceux qui sont en attente de résultats importants pour leur santé, auront à subir des délais d’obtention de résultats allongés. Le transport des échantillons vers Sherbrooke aura comme conséquence plus de risques d’erreurs et des dépassements de délais recommandés pour l’analyse des échantillons. Il n’y a absolument aucun gain en efficacité à faire avec cette réorganisation », a poursuivi la vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Mélissa Gaouette.

          Des impacts concrets sur le public
          « Ce sont les patients de la région de Lac-Mégantic et des environs qui devront attendre plus longtemps pour obtenir leurs résultats et qui seront perdants sur toute la ligne dans cette concentration de l’expertise à 100 kilomètres d’ici. Le Lac-Mégantic est l’un des points les plus éloignés sur le territoire par rapport au centre hospitalier de Sherbrooke », a ajouté le trésorier du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie-CSN, Alexandre Simoneau, qui dénonce par ailleurs le très grand soutien que le gouvernement offre aux groupes de médecine de famille (GMF) : « Le gouvernement vient d’approuver 23 GMF en Estrie, sur 24 groupes qui en ont fait la demande. Autant dire que les travailleuses sociales, les psychologues, les physiothérapeutes et les nutritionnistes, notamment, toutes de précieuses ressources du secteur public, se trouveront à travailler désormais au bénéfice des médecins qui gèreront les GMF. »

          « Les effets se feront sentir longtemps, trop longtemps, si rien n’est fait pour arrêter le ministre, a finalement conclu Jean Lacharité. Que fera-t-on des personnes qui n’auront plus accès aux services dans leur CLSC et qui se cogneront le nez aux portes des GMF ? On ne peut rester les bras croisés à attendre que le ministre vide les CLSC de leur personnel pour le rediriger, aux frais de la population, vers ces supercliniques privées à but lucratif. Cela réduira l’accès de trop de gens aux soins de santé : nous avons toutes et tous le droit de bénéficier des services pour lesquels nous payons notre juste part. »

          À propos de la CSN
          La CSN est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux. Elle regroupeplus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

          Une caravane en tournée des établissements de santé en Estrie

          À l’occasion de la campange Ma place en santé, j’y tiens, des travailleuses et des travailleurs de la santé et des services sociaux de la région de l’Estrie ont entrepris une tournée des établissements de santé afin de déployer des moyens de visibilité et de sensibilisation de la population et faire bloc contre la réforme du ministre de la santé et des services sociaux, Gaétan Barrette. « Cette tournée des établissements régionaux vise à manifester notre ferme opposition au projet du ministre de la Santé qui file tout droit vers la démolition de notre régime de soins universel. Depuis l’élection du gouvernement libéral, on assiste à des compressions sans précédent et à la privatisation grandissante des services. Nous sommes très inquiets de voir Gaétan Barrette faire cavalier seul dans cette entreprise, sans aucune forme de consultation, comme s’il n’avait de comptes à rendre à personne. Nous exigeons le débat public et nous n’en démordrons pas, que ça lui plaise ou non », a dénoncé d’entrée de jeu Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

          MaPlaceEnSante_Bandeaux_1-thumbnail

          Enjeux et impacts
          « Dans le réseau, toutes les catégories de personnel confondues subissent les effets des mesures Barrette. L’alourdissement de la charge de travail est énorme et a des effets concrets sur la qualité des services. Voir le ministre de la Santé tout faire pour donner au privé une emprise irrémédiable sur notre système de santé et services sociaux est extrêmement préoccupant », a enchaîné Mélissa Gaouette, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN).

          « Le ministre tente de centraliser les services de soins psychosociaux qui ont fait leurs preuves autour d’une approche axée sur un modèle médical. Ce faisant, nous sommes en train d’assister au démantèlement pur et simple des CLSC et des services psychosociaux universels pour les populations vulnérables qui en ont besoin. Celles-ci risquent de peiner pour pouvoir obtenir les soins et services qui leur sont absolument nécessaires. Il faut l’arrêter à tout prix », a elle enchaîné Mélissa Gaouette.

          « Nos services de santé et nos services sociaux, ce ne sont pas des business. Nous avons à cœur le bien-être des gens et cela ne peut pas se résumer à des colonnes de chiffres. Avec le démantèlement des CLSC ou les coupes dans la prévention et la santé publique, le gouvernement est en train d’imposer un modèle encore plus centralisé et éloigné de la population. Un modèle qui gravite de plus en plus autour des médecins et qui répond davantage à leurs besoins qu’à ceux des citoyennes et des citoyens. Nous ne voulons pas du modèle de Gaétan Barrette et il est hors de question que nous assistions passivement au saccage des services », a conclu le trésorier du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CSN), Alexandre Simoneau.

          À propos de la CSN
          La CSN est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

          Une première journée de grève pour les travailleuses et les travailleurs de la Coop La Patrie

          « Assez, c’est assez ! » Voilà le slogan scandé par les travailleuses et travailleurs de la Coop La Patrie qui entament ce matin une première journée de grève. Réunis en assemblée générale le 20 juin dernier, les membres du Syndicat des employés-es de la Coop La Patrie (FC–CSN) avaient voté à l’unanimité un mandat d’application de moyens de pression, incluant la grève générale illimitée, qui serait déclenchée au moment jugé opportun.

          « Les travailleuses et les travailleurs de la Coop La Patrie n’ont d’autre choix aujourd’hui que d’exercer leur droit de grève afin de manifester clairement leur mécontentement face au mépris affiché par leur employeur », déclare Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE–CSN).

          Après avoir accepté des augmentations salariales conditionnelles à la bonne santé financière de la Coop lors de la dernière négociation, augmentations qui se sont révélées dérisoires, les employé-es ont reçu un nouvel affront de l’employeur en mai dernier lorsque celui-ci a déposé des offres salariales insensées de 2 % sur 5 ans pour la prochaine convention collective. Ces offres, si elles se retrouvaient telles quelles dans la convention, accentueraient gravement la spirale d’appauvrissement vécue par les syndiqué-es de la Coop La Patrie depuis plusieurs années. À titre d’exemple, le commis d’épicerie qui gagne 11,54 $ a vu son salaire augmenter de 0,24 $ de l’heure au cours des sept dernières années. Pendant cette même période, le salaire minimum augmentait de 2,05 $.

          « Par cette première journée de grève, les travailleuses et les travailleurs de la Coop souhaitent envoyer un signal clair à leur employeur. Ils sont déterminés à améliorer leurs conditions salariales. Ils considèrent, à juste titre, avoir fait leur part pour assurer la pérennité de la Coop. Aujourd’hui ils doivent penser à rétablir leur propre situation financière », conclut Denis Beaudin. Les syndiqué-es ont aussi annoncé que, s’il n’y a toujours pas d’entente de principe entre les deux parties le 21 juillet, ils déclencheront une grève générale illimitée.

          À propos

          Le Syndicat des employé-es de la Coop La Patrie représente 27 membres, regroupés au sein de deux accréditations, soit épicerie et quincaillerie/matériaux. Il est affilié à la Fédération du commerce (FC–CSN) et au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE–CSN).

          Centre de tri de Sherbrooke : grève évitée

          Réunis en assemblée générale le 29 juin dernier, les membres composant le Syndicat des travailleuses et travailleurs du Centre de tri de Sherbrooke (FEESP–CSN) ont entériné, dans une proportion de 92 %, l’entente de principe intervenue plus tôt dans la semaine.

          Pour la classe d’emploi de trieur qui représente les deux tiers des membres du syndicat, cette entente comporte des augmentations salariales se traduisant par 1,50 $/heure sur une convention collective de 3 ans et demi. Ces trieurs atteindront donc le taux de salaire « symbolique » de 15 $/heure à la fin de la convention collective.

          À cela s’ajoutent des gains sur les horaires de travail et l’ajout d’un congé mobile. Une clause de retraite progressive a également été intégrée à la convention collective afin de permettre aux travailleurs plus âgés travaillant dans des conditions de travail difficiles de diminuer le temps de travail jusqu’à la retraite.

          Rappelons que le 3 juin 2016, le Syndicat des travailleuses et travailleurs du Centre de tri de Sherbrooke (FEESP-CSN) avait obtenu, dans une proportion de 94 %, un mandat de grève. La convention collective était échue depuis le 1er juin 2016.

          « La volonté des membres d’améliorer leur condition de travail a créé une unité exemplaire au sein du syndicat, permettant ainsi au comité de négociation d’atteindre les objectifs de négociation », déclare Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie.

          Le Syndicat des travailleuses et travailleurs du Centre de tri de Sherbrooke (FEESP–CSN) compte environ 35 membres. Il est affilié à la Confédération des syndicats nationaux, au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie et à la Fédération des employées et employés des services publics (FEESP-CSN).

          Vote de grève au Centre de tri de Sherbrooke

          Réunis en assemblée générale le 3 juin dernier, les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Centre de tri de Sherbrooke ont donné à leur comité de négociation un mandat d’application de moyens de pression incluant la grève générale illimitée à être déclenchée au moment jugé opportun, et ce, avec une forte majorité de 94 %.

          « Les travailleuses et les travailleurs du Centre de tri n’ont eu d’autre choix que de se munir d’un mandat de grève afin de manifester clairement leur mécontentement face aux offres insultantes de leur employeur », déclare M. Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE-CSN).

          Effectivement, l’employeur a déposé des offres pécuniaires des plus ridicules qui peuvent être interprétées comme un mépris total à l’égard de ces travailleuses et ces travailleurs qui opèrent dans des conditions difficiles. Pour les trois prochaines années pour lesquelles l’employeur est lié par un contrat, ces offres se résument à des augmentations de 0,10 $, 0,15 $ et 0,20 $ l’heure. « Lorsqu’on sait que le salaire d’un trieur au centre de tri est de 13,50 $ l’heure, les demandes syndicales ne sont pourtant pas extravagantes. Effectivement, ces salarié-es ne demandent qu’une augmentation de 0,50 $ l’heure », ajoute M. Beaudin.

          « Rappelons qu’en 2010, les travailleuses et les travailleurs du Centre de tri ont été en grève deux semaines et qu’ils ont alors obtenu gain de cause. Il serait souhaitable que l’employeur, dans la présente négociation, pose un geste significatif, qu’il démontre de la considération à ses employé-es et qu’il évite la grève. La balle est maintenant dans son camp ! » conclut le président du CCSNE–CSN.

          À propos

          Le Syndicat des travailleuses et travailleurs du Centre de tri de Sherbrooke compte environ 30 membres. Il est affilié à la Confédération des syndicats nationaux, la Fédération des employées et employés du secteur public (FEESP–CSN) et au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE-CSN).

          La CSN-Construction revendique un suivi sérieux du comité de vigie

          À titre d’organisation participante au Comité de vigie sur la référence de la main-d’œuvre dans l’industrie de la construction, la CSN-Construction revendique un suivi sérieux des recommandations soumises par les membres de ce comité.

          « Le 30 septembre 2014, le comité de vigie publiait un rapport d’évaluation du système de référence après les deux premières années de fonctionnement. Nous nous attendions donc à ce qu’un suivi rigoureux soit fait afin d’améliorer les lacunes que nous avions observées durant cette période. Or, de l’avis même du sous-ministre du Travail, aucun suivi formel n’a été fait sur les neuf recommandations formulées dans le rapport de la Commission de la construction du Québec (CCQ) », de déplorer Pierre Brassard, président de la CSN-Construction.

          « Une de ces recommandations prévoyait la mise en place d’une liste unique de référence sans mention de l’allégeance syndicale. L’application d’une telle règle aurait définitivement brisé la dynamique de favoritisme que le système de référence visait à combattre. Une autre recommandation, plus pratique celle-ci, visait à retirer des listes les travailleuses et les travailleurs déjà en emploi afin de faciliter l’utilisation des listes publiées par la CCQ pour les employeurs. Du fait que ce sont les travailleuses et les travailleurs qui procèdent à leur mise en disponibilité, cette procédure assurerait un accès direct à celles et ceux qui veulent et peuvent travailler », de souligner monsieur Brassard.

          Un changement de mentalité

          « Les organisations syndicales qui ont largement bénéficié du favoritisme lié au placement syndical sont les premières à revendiquer la mise à mort du système de référence. Si nous désirons sérieusement mettre un terme à la discrimination sur les chantiers, il faut impérativement mettre en place des règles et des procédures qui vont assurer un bon fonctionnement du système », de conclure le président de la fédération.

          À propos
          Fondée en 1924, par et pour les travailleurs, la CSN-Construction offre à ses membres tous les outils nécessaires pour défendre et améliorer leurs conditions de travail. Présente et engagée partout au Québec, la CSN-Construction représente plus de 18 000 travailleuses et travailleurs de l’industrie de la construction.

          Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

           

          Les conseils centraux en congrès

          Aujourd’hui, s’ouvrent les congrès de cinq conseils centraux de la CSN, le temps pour les syndicats d’une même région de faire le bilan de l’action syndicale et sociale des trois dernières années et de voter les priorités pour l’avenir.

          Après celles et ceux de l’Outaouais, qui ont « ouvert la saison » des congrès des conseils centraux le 26 avril, à Maniwaki, c’est au tour des militantes et des militants de l’Abitibi–Témiscamingue–Nord-du-Québec, de la Côte-Nord, de l’Estrie, de Lanaudière et du Bas-Saint-Laurent de se réunir à compter d’aujourd’hui dans ce traditionnel rendez-vous triennal pour débattre des orientations des trois prochaines années.

          Partout, le bilan de la lutte à l’austérité sera à l’ordre du jour. Rien de plus normal, la mobilisation contre les mesures restrictives du gouvernement de Philippe Couillard ayant enflammé le Québec depuis septembre 2014. Les syndicats de la CSN ont été aux côtés des conseils centraux dans cette bataille qui se poursuit entre autres pour maintenir les services publics et les programmes sociaux, comme les services de garde éducatifs. La lutte à l’austérité est d’ailleurs partout à l’agenda des trois prochaines années.

          C’est grâce aux conseils centraux que l’action de la CSN se déploie à tous les niveaux aux quatre coins du Québec. Le quotidien des conseils centraux, c’est l’appui aux syndicats en négociation pour un meilleur revenu ou contre des conditions de travail dangereuses, autant que des batailles pour l’emploi ou un développement régional harmonieux qui respecte les communautés.

          Outaouais : la dignité par un revenu décent

          Dans toutes les régions, les coupes en éducation, dans la santé et dans les services sociaux ont réduit la qualité et l’accessibilité des services et complexifié la tâche de celles et ceux qui y œuvrent au quotidien, tout en détériorant leurs conditions de travail. « La loi 10, qui oblige maintenant des gens à devoir se déplacer sur des dizaines de kilomètres pour des services jadis offerts dans leur communauté, la disparition des organismes de développement local et les récentes compressions dans les services de garde affectent les régions.

          DSC02496

          Les délégué-es du congrès au Château Logue de Maniwaki avec l’exécutif réélu

          La population a été durement affectée par les décisions austères du gouvernement libéral », a soutenu Michel Quijada, réélu à la présidence du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CSN). Le congrès, qui s’était déroulé sur le thème La dignité contre l’austérité, a voté pour revendiquer un relèvement substantiel du salaire minimum.

          Le développement de Lanaudière

          À Joliette, les délégué-es du Conseil central de Lanaudière (CSN) sont réunis cette semaine sur le thème Décidons / Mobilisons / Agissons. Pour la présidente Francine Ranger, le thème « décrit parfaitement les débats qui nous animeront tout au long de la semaine. Les enjeux discutés concernent le développement de notre région dans les volets tels que l’éducation, la santé et les services sociaux, l’environnement, les jeunes, la condition féminine et la santé et sécurité du travail ».

          Photo Michel Giroux

          Photo Michel Giroux

          Côte-Nord : l’heure des choix

          Les trois dernières années ont été particulièrement difficiles pour la population nord-côtière, frappée par un ralentissement économique qui a été aggravé par les mesures d’austérité. « Notre économie régionale dépend encore beaucoup des richesses naturelles », convient Guillaume Tremblay, président du Conseil central Côte-Nord (CSN).

          Photo : Alain Therrien

          Selon lui, la région vivra une transition de son modèle économique. « Les ressources naturelles seront toujours au cœur de notre prospérité, mais d’autres alternatives s’imposent, dont, notamment, une économie de service qui devra prendre encore plus de place. Les temps changent, et la Côte-Nord devra s’adapter. Cette réalité sera à l’ordre du jour de notre 8e congrès qui se déroule sur le thème Solidaires…malgré vents et marées », explique Guillaume Tremblay.

          Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec : syndicalisation et environnement

          Au cours du 22e congrès, les délégué-es des syndicats CSN de l’Abitibi–Témiscamingue–Nord-du-Québec se réunissent à compter d’aujourd’hui sur le thème Nous, notre territoire, notre fierté ! pour discuter notamment de développement régional, d’environnement et de syndicalisation.

          Dans cette région, plus de 60 % des travailleuses et des travailleurs de la région ne sont pas syndiqués. « Dans le secteur primaire, par exemple dans les mines, un bastion historique du syndicalisme, il y a aujourd’hui énormément d’entreprises non syndiquées, relève le président du CCATNQ–CSN, Donald Rheault. L’industrie a beaucoup changé, on voit de plus en plus de sous-traitants et une multiplication d’entreprises de plus petite taille. Cela pose un défi particulier pour celles et ceux qui souhaitent se regrouper à l’abri des représailles des employeurs. Par ailleurs, nos structures d’accueil et de services qui ont fait leur preuve dans des contextes traditionnels doivent refléter cette réalité changeante ».

          Estrie : active et solidaire

          À Sherbrooke, le 26e congrès du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CSN) s’ouvre aujourd’hui sur le thème La Solidarité moteur de ma communauté.

          ANDY7146

          Congrès du conseil central de l’Estrie. Photo : Chu Anh Pham

          Les principaux thèmes abordés touchent notamment la mobilisation, la condition féminine, le développement régional et l’immigration. « La CSN a toujours été très active et solidaire. Les propositions soumises aux délégué-es nous guideront vers une solidarité encore plus large et plus diversifiée, explique le président du conseil central, Denis Beaudin. Au cours du prochain mandat, nous souhaitons être encore plus visibles et démontrer que la CSN est une force incontournable. »

          Et maintenant… au Bas-Saint-Laurent

          La pertinence du syndicalisme sera au cœur des travaux des délégué-es du congrès du Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CSN) qui se tient sur le thème Et maintenant…

          « La montée de l’individualisme et les changements que subit le monde du travail minent tranquillement les bases du mouvement syndical, constate Nancy Legendre, présidente du CCBSL-CSN. C’est notre devoir de nous adapter. » En ce sens, le 24e congrès permettra aux militantes et aux militants de se rappeler les grandes luttes menées pour bâtir une société moderne suscitant l’envie ailleurs dans le monde.

          P1710484

          Le choix de la thématique du congrès Et maintenant… oriente clairement la réflexion des délégué-es vers l’avenir. Comment mieux rejoindre la relève dans nos milieux de travail, comment déconstruire le mythe qu’un salarié-e obtient davantage seul qu’en groupe, comment sensibiliser au fait que les programmes collectifs profitent à tous, d’une manière ou d’une autre ?

          Les congrès des autres conseils centraux se dérouleront jusqu’à la mi-juin : Laurentides, Montérégie et Saguenay–Lac-Saint-Jean à compter du 24 mai ; Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine dès le 25 mai ; Montréal du 6 au 10 juin ; et Québec du 13 au 17 juin.

          Syndicat des paramédics de l’Estrie (FSSS-CSN)

          Le 4 février dernier, le Tribunal administratif du travail a accrédité le Syndicat des paramédics de l’Estrie – CSN, pour représenter : « Toutes les techniciennes et tous les techniciens ambulanciers, salariés au sens du Code du travail », de Ambulances Coaticook inc.

          Ils ont décidé de joindre les rangs de la CSN, qui représente plus de 70 % du secteur préhospitalier, pour bénéficier de ses services et de sa structure régionale. Ils étaient syndiqués à la Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec, section locale 592 (FTQ).

          Ce nouveau syndicat sera affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux, au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie et, bien entendu, à la Confédération des syndicats nationaux.

          Une première entente en Estrie adoptée à 100 %

          Les travailleuses et les travailleurs de la résidence Portland syndiqués à la CSN viennent d’adopter à 100 % une entente de principe intervenue avec leur employeur. Cette entente est la première à être conclue dans le cadre d’une négociation coordonnée impliquant cinq centres d’hébergement privés syndiqués FSSS-CSN en Estrie. Il est important de souligner que cette entente atteint les objectifs fixés dans cette négociation en cours.

          « L’entente de principe adoptée à la Résidence Portland est une très bonne nouvelle, se réjouit le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie, Denis Beaudin. La négociation s’est déroulée dans un climat de respect et démontre qu’il est possible de mener une telle démarche sans qu’il y ait pour autant confrontation entre les parties ».

          « Nous sommes satisfaits de cette entente qui contribuera à améliorer la situation financière quotidienne de nos membres avec une augmentation de 1,50 $ de l’heure répartie sur trois ans », affirme Luc Poirier, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie – CSN.

          M. Poirier mentionne également que d’autres négociations ont été entamées ou le seront prochainement avec le Domaine Fleurimont, la Résidence St-Philippe de Windsor, le Manoir Sherbrooke et la Résidence Bellevue, et il souhaite que l’issue de ces négociations soit aussi concluante qu’à la Résidence Portland.

          « Ce type de négociation coordonnée permet de démontrer la solidarité qui unit les syndiqué-es des centres d’hébergement de l’Estrie qui désirent améliorer leurs conditions de travail. Étant donné les exigences et le dévouement que nécessite le travail auprès de la clientèle âgée, les travailleuses et les travailleurs considèrent que leurs demandes sont tout à fait légitimes », souligne le vice-président régional de la FSSS-CSN, Steve Lemieux.

          D’autres gains ont aussi été obtenus durant cette négociation. Ils concernent notamment la majoration des primes de soir et de nuit et l’ajout d’une prime de fin de semaine. Un nouveau mécanisme permettant l’accumulation des congés mobiles et de maladie et, le cas échéant, le paiement de ces congés lorsqu’ils ne sont pas utilisés, sera mis en place.

          La négociation coordonnée des centres d’hébergement privés (FSSS-CSN)

          « Quarante-trois accréditations syndicales ont uni leurs forces face aux employeurs du secteur afin d’améliorer le sort des quelque 2000 travailleuses et travailleurs concernés dans ce type de résidence en croissance constante. Elles demandent une augmentation salariale de 1,50 $ de l’heure sur trois ans, la création d’un comité de relations de travail opérationnel, la formation systématique des employés-es et une date commune d’échéance des conventions collectives », rappelle le représentant du secteur des centres d’hébergement privés de la FSSS, Gilles Gagné.

          À propos du 07

          Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie – CSN compte environ 250 membres répartis dans sept centres d’hébergement. Il est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux – CSN et au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie.

          L’expertise interne, ça fonctionne!

          Le rapport de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction renforce la position de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN) sur la pertinence de développer une expertise interne dans les municipalités et de réduire la dépendance face aux entreprises privées.

          Dans une enquête menée par la firme MCE Conseils, plusieurs villes ont démontré les bienfaits potentiels du rapatriement de certains travaux au sein même de l’organisation municipale. Trois villes ont accepté de collaborer ouvertement aux travaux.

          « La qualité des services offerts aux citoyens doit toujours guider nos choix. Toutefois, le rapatriement des travaux à l’interne, et ce, peu importe la taille de la municipalité, peut éliminer les risques de collusion et de malversation, assurer un meilleur contrôle dans la réalisation des projets et réduire les coûts imprévus. Nous espérons que le gouvernement donnera suite à ce rapport, même si son nouveau pacte fiscal avec les municipalités est en train de saper les efforts de construction de solides équipes municipales », soutient Denis Marcoux, président de la FEESP-CSN.

          Trois exemples de réussite

          À Cookshire Eaton, en Estrie, la facture pour les petits travaux de pavage a baissé de 10 à 15 % lorsqu’ils étaient effectués par des employé-es municipaux plutôt que par des entreprises privées. À titre d’exemple, les coûts d’asphaltage s’élèvent à 120 $ la tonne auprès d’un sous-traitant, comparativement à 105 $ à l’interne.

          À Sainte-Anne-de-Beaupré, alors que le budget annuel de déneigement s’élève à 550 000 $, des économies de plus de 150 000 $ ont été réalisées, tout en tenant compte de l’acquisition de certains équipements spécialisés qui ont pu être réutilisés au-delà de la période hivernale.

          Et à la Ville de Gatineau, 100 000 $ ont été épargnés dans le département d’horticulture pour les achats de plantes et de fournitures, et pour les ressources humaines. Le taux de mortalité des arbres plantés par le service de la ville a même régressé de 25 % par rapport aux arbres plantés par l’entreprise privée.

          « Bien sûr, les municipalités doivent s’assurer d’avoir les capacités nécessaires avant de réaliser les travaux. N’empêche, l’élément clé pour une réussite demeure la volonté politique, administrative et syndicale. Et pour l’instant, nous ne sentons aucune volonté politique », explique Denis Savard, président du secteur municipal à la FEESP-CSN.

          En offrant le meilleur service possible aux citoyens et citoyennes, ces derniers retrouveront confiance en leur administration et les employé-es ne seront que plus fiers d’être à leur service. « Non seulement la ville développe un savoir-faire, mais les employé-es y développent un sentiment d’engagement et d’appartenance », affirme le président du secteur transport à la FEESP-CSN, Luc Saint-Hilaire.

          À propos
          La Fédération des employées et employés de services publics fait partie de la CSN. Fondée en 1947, elle compte plus de 425 syndicats affiliés représentant environ 60 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics, dont près de 6300 dans le secteur municipal et plus de 4600 dans le secteur transport.

          « Quatre trente sous pour une piastre », dénonce le Front commun

          Après avoir martelé que le gouvernement devait laisser de côté la perspective d’un gel salarial pour les employés du secteur public, les porte-parole du Front commun dénoncent le fait de voir le Conseil du trésor remanier ses offres tout en conservant le même cadre financier.

          « Le gouvernement n’a vraiment pas compris le message, remarque le président de la FTQ, Daniel Boyer. Plutôt que de nous offrir un gel les deux premières années, Martin Coiteux nous offre un gel pour la première… et la dernière année. Ça demeure 3 % sur 5 ans et nos membres vont continuer de s’appauvrir. Est-ce que le gouvernement envoie un signal aujourd’hui ? Oui : un très mauvais signal. »

          À l’invitation du Conseil du trésor, le Front commun avait accepté de procéder à des travaux visant à corriger certaines incohérences constatées dans les structures salariales. Mais les principes devant guider cette démarche avaient été clairement exprimés par les organisations syndicales : des correctifs à la hausse pour certains titres d’emplois ne pouvaient être accordés aux dépens d’autres salariés. Or, la proposition déposée par le Conseil du trésor va exactement dans le sens contraire. « Nous évaluons qu’environ 18 000 salariés, très majoritairement des catégories d’emploi féminines, verraient leur salaire diminuer, une baisse pouvant aller jusqu’à 24 % dans certains cas, indique la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque. Pour ces personnes, c’est une proposition complètement inacceptable. Pour plusieurs catégories d’emploi, le salaire d’entrée serait diminué : c’est donc sur le dos des jeunes salariés que le gouvernement finance sa restructuration. »

          « Certes, le gouvernement jette un peu de lest sur le régime de retraite, mais sa volonté de diminuer les rentes des employés de l’État demeure, souligne la porte-parole du SISP, Carolle Dubé. Le Conseil du trésor maintient sa volonté d’augmenter la pénalité actuarielle et de faire passer l’âge de la retraite sans pénalité, progressivement, de 60 à 62 ans. L’impact demeure le même : une diminution des revenus pour les salariés de l’État. Les départs à la retraite massifs ne vont donc pas cesser pour autant ! »

          Le Front commun déplore également les nombreux blocages qui persistent aux différentes tables sectorielles de négociation. Le gouvernement maintient de nombreuses demandes de reculs totalement injustifiées en raison des problèmes marginaux qu’elles sont censées solutionner.

          En raison du manque d’avancées sérieuses à la table de négociation, le Front commun poursuivra son mouvement de grève tournante au cours de la semaine. En alternance, les différentes régions du Québec seront en grève aux dates suivantes :

          •   9 et 10 novembre : Outaouais, Abitibi-Témiscamingue, Laurentides, Lanaudière, Saguenay–Lac-Saint-Jean, Nord-du-Québec;
          •  12 et 13 novembre : Estrie, Montérégie, Centre-du-Québec, Mauricie, Québec et Chaudière-Appalaches, Bas-Saint-Laurent, Côte-Nord, Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, les fonctionnaires et ouvriers de la fonction publique du Québec ainsi que de l’Agence du revenu du Québec;
          •  16 et 17 novembre : Montréal, Laval et les salariés de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

          À propos

          Le Front commun regroupe le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP, formé de la CSQ, du SFPQ et de l’APTS), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Ensemble, ces organisations représentent plus de 400 000 travailleuses et travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la fonction publique du Québec. Les conventions collectives du secteur public sont échues depuis le 31 mars 2015.

          Le Front commun en grève dès le 26 octobre

          Fort d’un mandat de grève de six jours, le Front commun amorcera demain une première séquence de débrayage dans l’ensemble des régions du Québec afin de dénouer l’impasse des négociations du secteur public.

          « En date d’aujourd’hui, le gouvernement n’a toujours pas répondu aux demandes que nous avons déposées il y maintenant un an, ni en matière d’appauvrissement des travailleuses et des travailleurs du secteur public, ni en rapport au retard de leur rémunération globale par rapport à l’ensemble des Québécois, rappelle Lucie Martineau, porte-parole du SISP. Et tant que le gouvernement maintient sa volonté d’imposer un gel salarial de deux ans à ses employés – une véritable fin de non-recevoir à nos préoccupations – il nous est impossible d’envisager une éventuelle contre-proposition de notre part. »

          « C’est l’intransigeance du gouvernement qui nous force à utiliser la grève comme dernier recours, indique Daniel Boyer, président de la FTQ. Nous avons utilisé jusqu’à maintenant tous les moyens à notre disposition, nous avons rassemblé plus de 150 000 personnes dans les rues de Montréal au début du mois, nous faisons preuve d’ouverture et de bonne foi aux tables de négociation, mais malgré cela, les négociateurs du gouvernement n’ont toujours pas les mandats pour faire avancer la négociation, et cela, tant aux tables sectorielles qu’à la table centrale. »

          « Le gouvernement fait preuve d’une irresponsabilité très inquiétante, souligne Jacques Létourneau, président de la CSN. Son cadre financier totalement irréaliste se traduit par des compressions massives dans l’ensemble de nos réseaux publics. Parallèlement, le gouvernement voudrait procéder à des attaques sans précédent aux conditions de travail de ses employés qui, non seulement mineraient leur capacité à livrer des services de qualité, mais risqueraient de causer une perte d’expertise dramatique dans nos réseaux publics. Et ça, c’est l’ensemble de la population du Québec qui en subirait les conséquences. Voilà pourquoi nous serons en grève à compter de demain : pour stopper l’entreprise de démolition du Parti libéral. »

          « Notre objectif, nous le rappelons, a toujours été d’en arriver à une entente satisfaisante et négociée. Nous poursuivrons la négociation même en temps de grève. Mais si le gouvernement persiste dans son intransigeance, son manque d’écoute et son mépris envers les travailleuses et les travailleurs du secteur public, nous n’hésiterons pas à intensifier les débrayages au cours des prochaines semaines », de conclure les porte-parole du Front commun.

          Grève tournante
          La grève tournante du Front commun sera faite par des enseignants, des professionnels en soins, des professionnels, des techniciens, du personnel de soutien et administratif, des ouvriers et des fonctionnaires dans l’ensemble des établissements des réseaux de la santé et des services sociaux, des commissions scolaires, des cégeps, des organismes gouvernementaux et de la fonction publique. En alternance, les différentes régions du Québec seront en grève cette semaine aux dates suivantes : 26 octobre : Outaouais, Abitibi-Témiscamingue, Laurentides, Lanaudière, Saguenay–Lac-Saint-Jean, Nord-du-Québec. 27 octobre : Québec–Chaudière-Appalaches, Bas-Saint-Laurent, Côte-Nord, Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, les fonctionnaires et ouvriers de la fonction publique du Québec ainsi que de l’Agence du revenu du Québec 28 octobre : Estrie, Montérégie, Centre-du-Québec et Mauricie 29 octobre : Montréal, Laval et les salariés de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse L’information quant aux établissements où s’exerceront la grève et les dates auxquelles celle-ci aura lieu dans chacune des régions du Québec est disponible au www.frontcommun.org/greve

          Le Front commun prêt à déclencher la grève le 26 octobre

          Fort d’un mandat de grève de six jours, le Front commun annonce que ses premiers jours de débrayage se tiendront dans la semaine du 26 octobre si aucune avancée sérieuse n’est constatée aux différentes tables de négociation du secteur public.

          « Cela fera bientôt un an que nous négocions avec le gouvernement, rappelle le président de la FTQ, Daniel Boyer. Jusqu’à ce jour, il n’a toujours pas répondu à nos préoccupations concernant le retard salarial, la précarité d’emploi, le recours au secteur privé pour la prestation de services ou encore la dégradation de l’autonomie professionnelle des salariés du secteur public. Les offres présentées par le Conseil du trésor en décembre ne sont ni plus ni moins qu’une fin de non-recevoir de nos demandes. Et tant que le gouvernement demeure sur sa position de gel salarial, il nous est impossible d’entrevoir une contre-proposition. Le gouvernement doit envoyer dès maintenant les mandats nécessaires à ses négociateurs pour que nous en arrivions à un règlement satisfaisant et négocié. »

          « Notre calendrier de grève, basé sur le principe de gradation des moyens de pression, prévoit laisser tout l’espace nécessaire à la négociation, affirme Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN. Nous commencerons, si nécessaire, la semaine du 26 octobre prochain, à raison d’une journée par région. Selon la conjoncture de la négociation, si nous ne parvenons pas à une entente à l’ensemble de nos tables, nous poursuivrons la grève dès le 9 novembre, avec deux journées pour chacune des régions du Québec. Et si nous sommes toujours dans l’impasse, nous n’aurons d’autre choix que de déclencher une grève nationale les 1er, 2 et 3 décembre prochain. Nos membres sont très conscients des impacts éventuels sur la population d’un débrayage, mais l’intransigeance du gouvernement nous pousse à devoir augmenter les moyens de pression. Notre intention n’est pas de nuire à la population, mais bien d’améliorer nos conditions de travail et de garantir l’accessibilité à des services publics fortement malmenés par le gouvernement libéral. Le droit de grève est un droit constitutionnel reconnu par la Cour suprême qui s’applique également aux travailleuses et aux travailleurs du secteur public. »

          Ces journées de grève s’exerceront sur une base nationale dans le cas des fonctionnaires et des ouvriers de la fonction publique du Québec, ainsi que des salariés de l’Agence du revenu du Québec et de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse. « La détermination des 400 000 membres du Front commun est à la hauteur de l’arrogance du gouvernement libéral, souligne la porte-parole du SISP, Lucie Martineau.  M. Coiteux a vu les images de notre manifestation monstre samedi dernier rassemblant plus de 150 000 personnes, provenant de partout au Québec, qui ont déferlé dans les rues de Montréal. J’espère qu’il saisit bien l’ampleur des mandats de grève que nous avons obtenus. De toute ma vie, je n’ai jamais vu d’assemblées aussi bondées, de mandats de grève aussi forts. Notre objectif n’est pas de faire la grève. Nous avons toutefois l’obligation de mettre toute la pression nécessaire sur le gouvernement libéral afin d’en arriver à un règlement pour préserver la qualité des services publics. Évidemment, avant d’exercer notre droit de grève, nous comptons utiliser tous les moyens nécessaires. Voilà pourquoi, dès lundi prochain, des actions de perturbations socio-économiques seront menées dans l’ensemble des régions du Québec. »

          Grève tournante
          La grève tournante du Front commun sera faite par des enseignants, des infirmières, des professionnels, des techniciens, du personnel de soutien et administratif, des ouvriers et des fonctionnaires dans l’ensemble des établissements des réseaux de la santé et des services sociaux, des commissions scolaires, des cégeps, des organismes gouvernementaux et de la fonction publique.

          En alternance, les différentes régions du Québec seront en grève aux dates suivantes : 26 octobre : Outaouais, Abitibi-Témiscamingue, Laurentides, Lanaudière, Saguenay-Lac-Saint-Jean, Nord-du-Québec 27 octobre : Québec-Chaudière-Appalaches, Bas-Saint-Laurent, Côte-Nord, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, les fonctionnaires et ouvriers de la fonction publique du Québec ainsi que de l’Agence du revenu du Québec 28 octobre : Estrie, Montérégie, Centre-du-Québec et Mauricie 29 octobre : Montréal, Laval et les salariés de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse 9 et 10 novembre : Outaouais, Abitibi-Témiscamingue, Laurentides, Lanaudière, Saguenay-Lac-Saint-Jean, Nord-du-Québec 12 et 13 novembre : Estrie, Montérégie, Centre-du-Québec, Mauricie, Québec-Chaudière-Appalaches, Bas-Saint-Laurent, Côte-Nord, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, les fonctionnaires et ouvriers de la fonction publique du Québec ainsi que de l’Agence du revenu du Québec.

          16 et 17 novembre : Montréal, Laval et les salariés de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse

          1er, 2 et 3 décembre : grève nationale

          Des gains appréciables et des défis

          Avant que les salarié-es des neuf municipalités de l’Estrie affiliés à la Fédération des employées et employés du secteur public (FEESP-CSN) ne décident de parler d’une même voix en se dotant d’une plateforme d’enjeux communs, les négociations étaient ardues. Les négociations coordonnées qui se déroulent depuis trois ans dans plusieurs municipalités de l’Estrie ont permis à des centaines d’employé-es d’améliorer leurs conditions de travail et aux sept municipalités impliquées de continuer à prospérer.

          Toutefois, du travail reste à faire à Saint-Denis-de- Brompton où les négociations se déroulent depuis presque un an. L’assemblée générale du syndicat a rejeté à 100 % l’offre finale de l’employeur. Les salaires, les vacances et la retraite progressive sont les points en litige. À Windsor, une négociation difficile s’annonce, principalement sur les salaires et sur certains acquis des dernières conventions collectives.

          Nouveau départ pour l’information régionale

          Les quelque 500 travailleurs syndiqués des six quotidiens régionaux du Groupe Capitales Médias ont entériné avec une forte majorité leurs toutes premières conventions collectives conclues avec le nouveau propriétaire Martin Cauchon. Il s’agit des journaux suivants : Le Quotidien, La Voix de l’Est, Le Nouvelliste, Le Droit, La Tribuneet Le Soleil.

          Les travailleurs sont satisfaits de ces nouveaux contrats de travail d’une durée de quatre ans qui ont été négociés de façon regroupée entre treize syndicats de la Fédération nationale des communications (FNC-CSN) et quatre syndicats Unifor.

          «Plusieurs concessions consenties par les salarié-es permettent de donner un nouveau souffle à ces journaux régionaux et ce, dans un contexte médiatique en mutation», précise Pierre Roger, président de la FNC-CSN.

          Pour Renaud Gagné, directeur québécois d’Unifor, «les syndicats ont mis tous les efforts pour en arriver à une entente qui protège les droits de leurs membres, tout en permettant de dégager des économies essentielles à la transformation de ces entreprises qui ont une grande importance dans chacune de leurs régions».

          La nouvelle entente sera en vigueur jusqu’au 31 décembre 2018 et tient compte de chaque réalité régionale.

          À propos

          La Fédération nationale des communications (CSN) regroupe 6000 membres oeuvrant dans le domaine des communications et de la culture à travers 88 syndicats. Elle est l’une des huit fédérations de la CSN. Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. Elle est composée de près de 2000 syndicats et de plus de 325000 travailleuses et travailleurs.

          Fondé en août 2013, Unifor a été créé par la rencontre du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP) et des Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA). Le syndicat représente plus de 300 000 membres au Canada, dont près de 55 000 au Québec. Unifor est aussi affilié à la plus grande centrale syndicale québécoise, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).

          Un 50e congrès sous le signe de la protection des emplois et du rapport de force

          Les délégué-es provenant de plus de 350 syndicats affiliés à la Fédération du commerce ont mis fin à leurs délibérations à l’occasion de leur 50e congrès qui s’est déroulé sur le thème Occupons le terrain, du 26 au 29 mai à Sherbrooke.

          Ils ont adopté une série de propositions visant à protéger les emplois et à améliorer les conditions de travail par un meilleur rapport de force à établir avec les employeurs. Ils ont aussi réélu l’équipe sortante, dont les quatre membres du comité exécutif de la Fédération, ainsi que 15 membres du bureau fédéral, l’instance décisionnelle entre les congrès.

          Pour le président de la Fédération réélu pour un second mandat à titre de président, Serge Fournier, lui-même issu du secteur de commerce de détail, de gros et services divers : « Ce congrès est un moment charnière du développement de notre fédération et des syndicats qui la composent. Il faut en effet trouver les moyens d’améliorer notre rapport de force avec les employeurs pour éviter de perdre nos acquis et améliorer les conditions de travail. Voilà pourquoi nous devons et nous allons occuper le terrain. »

          Les congressistes ont adopté plusieurs propositions touchant principalement le rapport de force, comme les alliances intersyndicales, la syndicalisation, la relève syndicale et l’association basée sur l’adhésion individuelle. La protection des emplois a également retenu l’attention des quelque 250 délégué-es, dont la sous-traitance et les agences de placement qui, en raison de leur ampleur, ont pour effet d’amoindrir le rapport de force.

          Enfin, un accent particulier a été mis sur la nécessité d’assurer aux travailleuses et aux travailleurs la formation tout au long de la vie, en référence à l’accroissement de l’analphabétisation et aux reculs du français comme langue de travail. Le thème de la santé et de la sécurité au travail est revenu en force du fait de ses impacts sur les conditions de travail et la vie des travailleuses et des travailleurs. Les délégué-es ont finalement réélu l’équipe sortante pour un mandat de trois ans. Outre Serge Fournier, le comité exécutif est composé de David Bergeron-Cyr, vice-président, Diane David, secrétaire générale et Michel Valiquette, trésorier.

          À propos de la Fédération du commerce

          La Fédération du commerce (FC-CSN) compte environ 28 000 membres regroupés dans plus de 350 syndicats affiliés présents dans les secteurs du commerce de détails, de gros et services divers, de l’agroalimentaire, des finances et du tourisme. La FC-CSN est également affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) qui regroupe plus de 325 000 membres répartis dans quelque 2000 syndicats présents de tous les secteurs d’activité.

          Les employeurs de l’Estrie devront faire leur part

          Le secteur des centres d’hébergement privés de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) poursuit sa tournée des régions du Québec pour annoncer le lancement de la négociation coordonnée et sensibiliser la population de l’Estrie sur les conditions de travail souvent misérables dans ces centres. Dans la région, c’est 225 membres et six centres qui ont joint les rangs de cette négociation coordonnée. Les employeurs de l’Estrie devront s’asseoir et prêter une oreille attentive aux nombreux travailleurs et travailleuses de ces centres qui vivent sous le seuil de la pauvreté.

          « Ce qui motive les membres du syndicat des CHP de l’Estrie à travailler auprès des personnes âgées, ce n’est sûrement pas leurs conditions de travail trop souvent déplorables, mais bien l’amour qu’ils portent aux résidents et résidentes. Le professionnalisme de nos syndiqués-es permet aux résidents de retrouver un côté humain à l’intérieur de ces établissements. C’est nous qui les accompagnons dans leur quotidien et voyons à assurer leurs besoins essentiels 24 heures par jour, 7 jours par semaine. Pour ces raisons, nous demandons que nos employeurs nous démontrent du respect en nous donnant des conditions de travail qui reflètent notre professionnalisme », déclare Luc Poirier, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie – CSN.

          « La négociation coordonnée permet d’aller chercher un bien meilleur rapport de force vis-à-vis des employeurs comparativement à plusieurs négociations isolées. La faible rémunération, le manque de formation, l’absence de lieu pour discuter avec l’employeur de problèmes comme la surcharge de travail ou l’alourdissement des cas accentuent le roulement de personnel, principalement constitué de femmes, et nuisent à la qualité des services aux aîné-es dans les centres », renchérit la vice-présidente régionale de la FSSS-CSN, Mélissa Gaouette.

          « Le nombre de résidences privées pour aîné-es est en très forte croissance depuis plusieurs années, rappelle de son côté le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie, Denis Beaudin. Les gouvernements qui se sont succédé coupent des lits dans les CHSLD et se rabattent sur le secteur privé pour dispenser les soins aux aîné-es. Avec les compressions sans précédent du gouvernement libéral dans le système de santé, le secteur privé sera encore plus sollicité au cours des prochaines années. »

          « Rappelons-nous que la rémunération moyenne gagnée par ces travailleurs avoisine le salaire minimum, conclut la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque. Les conditions de travail des personnes dévouées qui prennent soin des aîné-es, en grande majorité des femmes, doivent impérativement se rapprocher de celles du secteur public. Il n’y a aucune raison pour que ce ne soit pas le cas, puisqu’elles exécutent le même travail. »

          La négociation coordonnée sur le plan national Quarante-trois accréditations syndicales ont uni leurs forces face aux employeurs du secteur afin d’améliorer le sort des quelque 2000 travailleuses et travailleurs concernés dans ce type de résidences en croissance constante. « Toutes les accréditations ayant joint la négociation coordonnée feront pression sur leur employeur pour obtenir une augmentation salariale de 1,50 $ de l’heure sur trois ans, la création d’un comité de relations de travail opérationnel, la formation systématique des employé-es et une date commune d’échéance des conventions collectives. Aucune n’acceptera une offre en deçà de ces revendications » explique Nadine Lambert, représentante du secteur des centres d’hébergement privés de la FSSS-CSN.

          – 30 – Serge Adam, Conseiller syndical CSN 819 578-7083

          Ariane Gagné, Service des communications – CSN

          La Gaspésie fête à son tour notre producteur et notre diffuseur public

          En cette belle soirée de printemps, pas moins de vingt-cinq artistes et personnalités d’ici et d’ailleurs montent sur la scène du Centre culturel de Paspébiac afin d’appuyer Radio-Canada. Plus de 350 personnes ont répondu à l’appel lancé par des artisans de la région et les Amis de Radio-Canada.

          Présenté gratuitement, le spectacle de solidarité et de prise de parole rassemble sur scène les Sœurs Boulay, Daniel Boucher, Gilles Bélanger, Guillaume Arsenault, Claude Cormier, Juan Sebastian Larobina, Alan Côté, St. Mars et Philippe Garon qui joignent leur voix à la défense de notre producteur et de notre diffuseur public. Éric Dion, le directeur artistique de la soirée, a accepté de s’y impliquer parce que selon lui, « la très grande majorité des artistes que nous connaissons nous ont été présentés sur les ondes de Radio-Canada.

          Toutes les plateformes de notre service public offrent une vitrine incroyable aux artistes de toutes les régions du pays, ce qui en fait un lieu de découverte artistique, un lieu d’inspiration pour nous toutes et nous tous. » « Après Sherbrooke, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Moncton, Montréal, Rouyn-Noranda, le Bas-Saint-Laurent, Ottawa, la région de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine termine cette belle tournée de spectacles en appui à Radio-Canada. Comme partout ailleurs, de nombreuses voix se regroupent afin de défendre la présence de Radio-Canada/CBC dans leur magnifique région. Ici toutefois, la population sait ce que c’est que de perdre Radio-Canada puisqu’en 1990, la haute direction avait procédé à la fermeture de toutes les stations de télévision régionales de l’Est du Québec, celles de Matane, de Rimouski et de Sept-Îles avec le plus profond mépris pour la population du Bas Saint-Laurent, de la Côte-Nord et de la Gaspésie. Ce n’est qu’en juillet 2012 que la production télévisuelle est revenue mais seulement à Rimouski, pour tout ce vaste territoire. Pour contrer ces reculs, nous devons nous mobiliser pour les choses changent à Ottawa et à Radio-Canada », de déclarer Pierre Maisonneuve, porte-parole de Tous amis de Radio-Canada.

          Plusieurs personnalités de la région sont aussi présentes pour affirmer l’importance du producteur et du diffuseur public à la vitalité culturelle, au rayonnement et à la diffusion de l’information en région. Le spectacle est une initiative de la campagne Tous amis de Radio-Canada. Il est organisé par les artisans et les amis de Radio-Canada.

          La campagne Tous amis de Radio-Canada a été lancée afin de défendre l’intégralité de notre seul producteur et diffuseur public national. Elle est organisée et soutenue par la Confédération des syndicats nationaux, de concert avec la Fédération nationale des communications-CSN et le Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC-CSN).

          La CSN dénonce les nouvelles coupes de postes à Radio-Canada/CBC

          Le président de la CSN, Jacques Létourneau, le président de la Fédération nationale des communications-CSN, Pierre Roger, et la présidente du Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC-CSN), Isabelle Montpetit, dénoncent avec force la nouvelle abolition d’une centaine de postes à Radio-Canada/CBC.

          « La CSN dénonce cette nouvelle réduction des effectifs qui met toujours plus en péril le mandat confié à la Société et qui compromet davantage la mission de notre unique producteur et diffuseur public au pays. La haute direction suit à la lettre les projets du gouvernement de Stephen Harper qui visent à démanteler Radio-Canada. À chaque nouvelle coupe, le plan des conservateurs se concrétise sans qu’aucune consultation publique n’ait eu lieu sur le sujet.

          On peut également questionner le moment et les motivations de cette nouvelle saignée qui sera mise en application juste avant les élections de cet automne. Si ce n’est pas un coup de force électoraliste et une tactique politique pour placer le prochain parti au pouvoir devant un état avancé de démolition de Radio-Canada, on se demande bien pourquoi alors annoncer et mettre en œuvre maintenant cette nouvelle réduction, alors tous les autres partis fédéraux ont appuyé l’arrêt des coupes et le réinvestissement urgent dans Radio-Canada», de déclarer Jacques Létourneau, président de la CSN.

          Les abolitions de postes qui prendront effet à l’automne touchent à presque toutes les régions du service français de la Société au Québec et à Moncton : dix postes sont donc coupés à Moncton, un à Rimouski, un à Roberval, un à Rouyn-Noranda, quatre postes sont abolis et un est créé au Saguenay, un poste est coupé à Sept-Îles, trois à Sherbrooke et trois à Trois-Rivières. À Montréal, 54 postes sont abolis dont deux non-syndiqués et cinq nouveaux postes seront affichés. ICI Musique perd 10 postes parmi de la soixantaine d’artisans qui y œuvrent. Seules les stations de Matane et de Québec sont épargnées dans cette nouvelle annonce. « Ces coupes touchent les régions de manière importante alors que la CSN a récemment déposé un mémoire devant le Comité sénatorial permanent des transports et des communications qui réitérait l’importance de Radio-Canada/CBC en région.

          On se demande pourquoi le gouvernement nous consulte si c’est pour agir en sens contraire de l’intérêt public, de déplorer Pierre Roger, président de la FNC-CSN. Nous décelons clairement une improvisation totale de la direction actuelle, l’application d’un plan obscur, sans objectifs clairs, par une équipe de cadres sans véritable commandant aux opérations. On assiste à un autre volet dramatique tout en continuité avec l’œuvre de destruction déjà trop amorcée. »

          « La production de l’information régionale est touchée en plein cœur, et ceci dans le but d’effectuer un virage numérique dont personne ne sait rien. De plus, Radio-Canada crée de nouveaux postes qu’elle affiche à l’externe, en même temps qu’elle procède à des mises à pied importantes. Il faudrait plutôt offrir les nouveaux postes aux personnes qui connaissent déjà la culture de l’organisation et qui peuvent y apporter toutes leurs connaissances.

          Ces bouleversements se produisent dans un contexte de va-et-vient constant aux ressources humaines et aux relations de travail, et alors que Radio-Canada impose une fusion des accréditations syndicales au Québec et à Moncton. Pour couronner le tout, la haute direction ne s’est pas donné la peine de rencontrer les employé-es pour répondre à leurs questions légitimes, ce qui augmente l’inquiétude et l’amertume de tous les artisans », de dénoncer Isabelle Montpetit, présidente du SCRC-CSN.

          Le Syndicat des communications de Radio-Canada représente 1600 membres au Québec et à Moncton. Il est affilié à la Fédération nationale des communications-CSN, qui regroupe 7000 membres œuvrant dans les domaines des communications et de la culture.

          Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

          Renouvellement de la convention collective pour les travailleuses et les travailleurs de Gurit

          Le 9 mars, les syndiqué-es de Gurit, dont l’usine est située à Magog, ont voté à 68 % en faveur d’une entente de principe intervenue entre l’employeur et les représentants du syndicat des travailleuses et travailleurs de Gurit.

          Cette entente de principe est survenue après plus d’une vingtaine de rencontres de négociation entre les deux parties. Le 23 janvier dernier, les syndiqué-es avaient rejeté dans une proportion de 93 % les offres finales que l’employeur avait déposées. Un vote pour des moyens de pression a également été pris, mais n’a pas été appliqué, puisque rapidement les séances de négociation ont repris pour parvenir à une entente de principe.

          Gains importants

          Cette entente prévoit des avancées significatives tant au niveau monétaire, qu’au niveau des clauses normatives. Elle prévoit notamment une augmentation salariale de 2 % par année pour les trois années du contrat, ainsi que l’ajout d’une cinquième semaine de vacances après 20 ans de services. Des gains sont également réalisés au niveau du régime de retraite, la participation de l’employeur étant bonifiée de 0,5 % pour chaque année du contrat.

          Au niveau des clauses normatives, on retrouve, entre autres, une majoration au niveau de la banque de congés personnels, qui passe de 32 heures à 40 heures. Les primes de soir et de nuit sont à présent uniformisées en une seule prime qui sera dorénavant de 0,85 $ pour chaque heure travaillée lors de ces deux quarts de travail. Pour les travailleurs de fin de semaine, le temps supplémentaire sera compté après 36 heures régulières au lieu des 40 heures requises auparavant.

          À propos du syndicat

          Le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Gurit compte 150 membres. Il est affilié à la Fédération de de l’Industrie Manufacturière (FIM) qui compte plus de 30 000 membres répartis dans 320 syndicats. Il est également affilié au conseil central de l’Estrie qui compte 12 000 membres regroupés dans 110 syndicats présents dans les secteurs privé et public. Pour sa part la confédération compte 325 000 membres dans tous les secteurs d’activité.

          Le Bas-Saint-Laurent célèbre Radio-Canada

          Ce soir, vingt-cinq artistes d’ici et d’ailleurs montent sur la scène de la salle Desjardins-Telus de Rimouski afin d’appuyer Radio-Canada. Plus de 500 personnes ont répondu à l’appel lancé par des artisans de la région et les Amis de Radio-Canada.

          En cette journée internationale des femmes, Danielle Doyer, mairesse de Mont-Joli, première femme à occuper ce poste, a lancé un message de soutien à la grande dame qu’est Radio-Canada en région. « Il n’est pas normal que nous devions nous battre ainsi pour obtenir le respect de notre droit à une production et à une diffusion publique qui reflète l’entièreté de nos régions. Sans ce miroir essentiel, il nous manque un outil collectif de communications et de développement local et régional, un espace qui fait vivre notre culture, nos réalités et notre quotidien, un lieu qui nous permet de savoir d’où nous venons pour mieux choisir où nous voulons aller ». Le spectacle de solidarité et de prise de parole, présenté gratuitement, a commencé avec un rassemblement dans le foyer de la salle Desjardins-Telus.

          Ce fut l’occasion d’échanger sur les suites à donner à l’événement d’aujourd’hui avec les artisans de Radio-Canada Est du Québec et avec le porte-parole de la campagne Tous amis de Radio-Canada, Pierre Maisonneuve. « Après Sherbrooke, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Moncton, Montréal et Rouyn-Noranda, le Bas-Saint-Laurent se rassemble afin de défendre la présence de Radio-Canada/CBC dans leur belle région. Plus que quiconque, les citoyennes et les citoyens du Bas-Saint-Laurent savent ce que c’est que de perdre leur producteur et leur diffuseur public. Il faut se souvenir qu’en 1990, la haute direction de Radio-Canada avait procédé à la fermeture de toutes les stations de télévision régionales de l’Est du Québec. Ce n’est qu’en juillet 2012 que nous avons pu voir renaitre la production télévisuelle, ici, à Rimouski, pour le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et la Côte-Nord. Pour contrer ces reculs, nous devons donc poursuivre nos moyens d’action citoyenne qui commence à donner leurs fruits, il faut poursuivre notre lutte à la défense de Radio-Canada », de déclarer Pierre Maisonneuve, porte-parole de Tous amis de Radio-Canada.

          La soirée est animée par madame Lyse Bonenfant, bien connue des auditeurs de Radio-Canada au Bas-Saint-Laurent. Sont présents au spectacle, The Lost Fingers, Equse, Guillaume Arsenault, Dylan Perron, Olivier D’amours, Antoine Létourneau-Berger, Valérie Sabbah, Véronique Bilodeau, Paule-Andrée Cassidy, Vincent Gagnon, Marilie Bilodeau, Divanlit et le Projet Quatuor. Des personnalités de la région sont aussi présentes pour affirmer l’importance du producteur et du diffuseur public à la vitalité culturelle, au rayonnement et à la diffusion de l’information en région.

          Le spectacle est une initiative de la campagne Tous amis de Radio-Canada. Il est organisé par les artisans et les amis de Radio-Canada.

          La campagne Tous amis de Radio-Canada a été lancée afin de défendre l’intégralité de notre seul producteur et diffuseur public national. Elle est organisée et soutenue par la Confédération des syndicats nationaux, de concert avec la Fédération nationale des communications-CSN et le Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC-CSN).

          L’Estrie subit 40 % de coupe en santé publique pour 2015-2016

          Le ministère de la Santé vient d’annoncer une coupe de 40 % du budget consacré à l’équipe de santé publique de l’Estrie.

          Cette ponction de 1 M$ sur 2,5 M$ survient après l’annonce de la diminution de budget pour l’ensemble des services en santé publique, qui datait du dernier budget libéral du ministre Leitão. « Couper 1 M$ sur une enveloppe de 2,5 M$, ce n’est plus de la rigueur, c’est de la démolition », s’insurge Étienne Blanchette, président du Syndicat des employé-es de l’Agence de la santé et des services sociaux de l’Estrie (CSN).

          La coupe de 1 M$ sera répartie comme suit : 35 % à la prévention et promotion de la santé, 35 % à l’administration, 15 % à la surveillance de la santé et 15 % à la protection de la santé. En tout, c’est l’équivalent de 10 postes à temps plein permanents qui seront retranchés. De plus, si l’on compte les coupes liées aux affectations temporaires non renouvelées au 31 mars, il faut ajouter minimalement 5 autres postes à temps plein !

          « Contrairement à ce que répète le gouvernement, les services seront très affectés », ajoute le président. L’Estrie avait misé plus que d’autres régions sur la prévention et c’est ce qui explique qu’elle subit davantage les contrecoups de cette décision mal avisée du ministère. La prévention, c’est stratégique pour éviter de dépenser plus dans les soins de santé plus lourds. Les professionnel-les de l’Agence œuvrent, par exemple, à prévenir l’obésité des jeunes en révisant les menus des écoles ou en faisant la promotion de saines habitudes de vie ou encore de l’allaitement maternel. En ce qui concerne le volet protection de la santé publique, les experts mènent notamment des études toxicologiques à la suite de la catastrophe ferroviaire de Lac-Mégantic ou pour les problèmes de moisissures dans les écoles de la région.

          « L’Estrie avait fait un choix judicieux en misant sur la prévention et la coupe drastique en provenance du ministère de Gaétan Barrette crée une injustice pour notre région », fait valoir Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CSN).

          Notons que l’ensemble des dernières mesures d’austérité en santé publique représente une coupe de 23,7 M$ pour l’ensemble du Québec. Toutes les régions sont touchées à divers degrés. Cette rationalisation survient en pleine réorganisation liée à la nouvelle loi 10 qui insécurise l’ensemble des travailleuses et des travailleurs des agences régionales qui ne savent pas toujours où ils seront transférés après l’abolition de leur organisation.

          À propos

          Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

          Enfin une première convention collective pour les nouveaux syndiqué-es CSN

          Le 1er mars dernier, la trentaine d’employé-es de la Résidence Memphrémagog, syndiqués depuis peu à la CSN, ont voté à 85 % en faveur d’une entente de principe intervenue plus tôt avec le groupe Cogir. Celle-ci met ainsi fin à une année intense de négociation, marquée par une grève générale, afin d’obtenir une première convention collective, laquelle entrera en vigueur le 1er avril prochain pour se terminer le 31 mars 2018. Pour Luc Poirier, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs des CHP de l’Estrie (CSN): « Cette entente est un gain majeur pour l’ensemble des salarié-es dont les conditions de travail étaient équivalentes sur celles prévues à la Loi sur les normes du travail. La convention collective leur procurera des avancées significatives. Ces gains sont le résultat direct de la détermination et de la mobilisation des syndiqué-es sans lesquelles rien n’aurait été possible. Je suis très fier de leur bataille menée avec l’appui de la CSN et du Conseil central de l’Estrie (CSN). C’est un exemple à suivre. »

          Des avancées significatives
          Parmi les gains d’ordre pécuniaire figurent une hausse de 7,5 % sur trois ans, à laquelle s’ajoute un montant forfaitaire équivalant à 3 % du salaire gagné pour la période du 1er octobre 2013 au 31 mars 2015, et ce, pour tous les salariés. En outre, le salaire horaire des préposés aux bénéficiaires à l’embauche est relevé à 11 $ l’heure dès avril 2015, alors que le salaire à l’échelon le plus élevé sera porté à 12,19 $ en avril 2017. Au terme de la convention, tous les salarié-es bénéficieront de 2 jours fériés payés additionnels aux huit congés déjà prévus aux normes du travail, en plus de l’octroi de trois congés de maladie rémunérés. À ces avancées s’ajoute une bonification des primes de soir et de nuit. Enfin, les syndiqué-es obtiennent une troisième semaine de vacances après cinq ans, une quatrième semaine de vacances après huit années et cinq semaines après quinze ans. Quant aux clauses dites non pécuniaires, mentionnons la reconnaissance de l’ancienneté dans l’octroi des vacances, des postes et des horaires de travail. Les salarié-es font des percées au chapitre de la liberté d’action syndicale, du droit au grief et à l’arbitrage en cas de désaccord sur l’application de la convention collective. Ils obtiennent en outre la mise en place d’un comité des relations du travail ainsi que d’un comité de santé et de sécurité au travail.

          Une lutte de tous les instants

          Il aura fallu beaucoup de temps et d’énergie aux nouveaux syndiqué-es et à leur comité de négociation pour en arriver à conclure leur convention collective. Dès l’accréditation de leur syndicat, le 4 octobre 2013, ils ont enclenché les démarches pour élaborer puis négocier leur premier contrat de travail, fin mars 2014. Après cinq mois et 28 séances de négociation et de conciliation, les syndiqué-es ont déclenché la grève générale illimitée, le 1er septembre suivant, pour forcer le groupe Cogir à améliorer ses offres monétaires. Le 14 novembre, la grève prenait fin après qu’un arbitre de différend eût été nommé par le ministère du Travail pour mettre fin à l’impasse. Avant de rendre sa décision finale, le 11 février dernier, l’arbitre a invité les parties à se donner une ultime chance de conclure une entente négociée. C’est cette entente qui a été adoptée par les membres du syndicat. « On ne peut que souligner la volonté et le courage de ces travailleuses et travailleurs qui se sont battus pour obtenir de meilleures conditions de travail, a affirmé Denis Beaudin, président du Conseil central de l’Estrie (CSN). Le groupe Cogir est maintenant avisé : la conclusion de cette convention collective n’est que le début d’un processus continue d’amélioration des conditions de travail. Et la détermination récente des travailleuses et des travailleurs augurent bien pour la suite des choses. »

          À propos du syndicat et de la CSN
          Les employé-es de la Résidence Memphrémagog sont membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des CHP de l’Estrie-CSN, qui compte 250 membres répartis dans sept résidences privées. Il est affilié à la FSSS-CSN, qui regroupe plus de 3000 salarié-es œuvrant dans les centres d’hébergement privés, et environ 130 000 provenant d’autres secteurs d’activité. Le syndicat est aussi affilié au Conseil central de l’Estrie, qui regroupe 12 000 syndiqué-es dans 110 syndicats présents dans les secteurs privé et public. Pour sa part, la Confédération des syndicats nationaux compte 325 000 membres dans tous les secteurs d’activité.

          Pour information :

          Luc Poirier, président 819 239-9495

          L’Abitibi-Témiscamingue célèbre les 15 ans de Radio-Canada

          Ce soir, le collectif Ici, nous aimons Radio-Canada Abitibi-Témiscamingue tient un spectacle de solidarité et de prise de parole à la scène Paramount. Plusieurs personnalités participent à l’événement dont Dany Placard, l’École de danse Danzhé, Geneviève et Matthieu, Louis-Philippe Gingras, Anodajay, Raôul Duguay et Marta Saenz de la Calzada.

          « Après Sherbrooke, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Moncton puis Montréal, c’est au tour de l’Abitibi-Témiscamingue de célébrer Radio-Canada/CBC, présente depuis 15 ans dans la région. Je suis heureux de prendre part à cette fête qui souligne le travail indispensable réalisé par tous les artisans du producteur et du diffuseur public. Alors que le gouvernement conservateur de Stephen Harper poursuit son œuvre de destruction, il y a urgence de nous mobiliser pour défendre ce service public essentiel qui nous appartient », de déclarer Pierre Maisonneuve, porte-parole de Tous amis de Radio-Canada.

          « Cette célébration n’aurait jamais pu avoir lieu si les artisans de Radio-Canada et les artistes qui prennent part au spectacle n’avaient pas accepté d’y participer. Nous pouvons toutefois nous interroger sur le fait que Radio-Canada n’ait pas cru bon souligner ses 15 ans dans notre région. À l’heure où les nombreuses suppressions de postes imposées menacent toutes les régions, le spectre des compressions budgétaires n’est jamais trop loin pour nous qui avons une des plus petites stations de Radio-Canada au Québec. Ce soir, nous prenons la parole pour défendre la liberté et l’indépendance de notre service public et le protéger d’un gouvernement qui souhaite sa disparition », de souligner Fernand Bellehumeur, co-porte-parole de l’événement du 21 février.

          « Nous sommes ici pour dire à l’Abitibi-Témiscamingue que plusieurs autres régions sont tout aussi concernées par ce qui arrive actuellement à Radio-Canada. En ce sens, la CSN est sensible et solidaire des nombreux enjeux qui menacent la présence de la SRC partout au pays. Nous allons donc continuer à défendre bec et ongles ce service public qui doit être maintenu », de préciser Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN.

          « Ça fait chaud au cœur de voir tout ce beau monde se rassembler pour défendre Radio-Canada tout en célébrant ses 15 ans. Ce soir, les gens de notre région reconnaissent que la production du contenu adapté à nos réalités régionales doit demeurer. Le travail accompli par Radio-Canada permet aux citoyennes et aux citoyens d’avoir une vue sur leur région, sur leurs préoccupations et de prendre part aux débats qui les concernent. Comme toutes les autres régions, l’Abitibi-Témiscamingue ne peut se priver de la présence de Radio-Canada », d’ajouter Valérie Lemay, co-porte-parole du spectacle et employée de l’organisme Valorisation Abitibi-Témiscamingue. « Je tiens à saluer le travail et à remercier les artisans de Radio-Canada et les artistes qui ont pris part à l’organisation de cette soirée. Ces spectacles qui sont organisés un peu partout au Québec, à Moncton et bientôt à Ottawa nous donnent une merveilleuse dose d’énergie à un moment où les travailleuses et les travailleurs de Radio-Canada ont besoin de sentir l’appui de la population », de conclure Isabelle Montpetit, présidente du Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC-CSN).

          La campagne Tous amis de Radio-Canada a été lancée afin de défendre l’intégralité de notre seul producteur et diffuseur public national. Elle est organisée et soutenue par la Confédération des syndicats nationaux, de concert avec la Fédération nationale des communications-CSN et le Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC-CSN).

          Victoire totale des syndiqués CSN contre le magnat des Résidences Soleil

          Le délai pour en appeler de la décision de la Cour supérieure, donnant raison à une soixantaine de syndiqué-es CSN, est maintenant expiré pour Eddy Savoie. Ce dernier pouvait effectivement faire appel de ce jugement, et ce, avant le 22 janvier à minuit. Il devra par conséquent se plier à la décision rendue le 20 juin 2014 par l’arbitre André Ladouceur obligeant le riche propriétaire des Résidences Soleil à rembourser quelque 80 000 $ prélevés illégalement et rétroactivement à ses salarié-es, en plus de payer sa part des soins dentaires tel que prévu dans l’actuelle convention collective.

          « Nous applaudissons le geste de monsieur Savoie de ne plus contester la décision arbitrale, affirme M. Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE), décision pour laquelle les procédures juridiques ont été longues et coûteuses, surtout pour les salarié-es. Monsieur Savoie aurait pu se contenter, dès le départ, de rembourser les 80 000 $ qu’il a obstinément et illégalement refusé de débourser. Pour lui, dont la fortune personnelle dépasse les 2 milliards de dollars, ce n’était peut-être pas grand-chose. Mais pour les salarié-es, dont la rémunération est sans commune mesure avec celle de leur patron, il est évident que les effets négatifs financiers de telles procédures juridiques ont été extrêmement difficiles à vivre. »

          « Nous pouvons maintenant déclarer que ce dossier juridique est clos et les employé-es des Résidences Soleil – Manoir de Sherbrooke vont enfin pouvoir toucher leurs dus », déclare pour sa part Luc Poirier, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs des centres d’hébergement privés de l’Estrie – CSN. « Il reste à espérer que cette expérience servira à monsieur Savoie et qu’il travaillera à l’avenir à développer des relations de travail plus harmonieuses et surtout plus respectueuses de ses propres salarié-es », ajoute-t-il.

          Rappel des faits

          À peine deux mois après l’entrée en vigueur de la convention collective actuelle, en avril 2012, Eddy Savoie a cessé unilatéralement de payer sa part de l’assurance dentaire pour une soixantaine de salarié-es. Il a ainsi refilé illégalement la totalité du coût de la prime d’assurance dentaire à ses employé-es, prime qu’il devait assumer à 50 %. Eddy Savoie s’est aussi octroyé le droit de récupérer sa part de l’assurance dentaire qu’il avait versée à l’assureur, et ce, d’avril 2009 à avril 2012, soit trois années complètes. Dans une décision rendue le 20 juin dernier, l’arbitre André Ladouceur l’a condamné à rétablir sa part puis à rembourser les salarié-es. À ce jour, les sommes dues par M. Savoie avoisinent les 80 000 $.

          À propos du syndicat et de la CSN

          Les employé-es du Manoir de Sherbrooke sont membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des CHP de l’Estrie – CSN qui compte 250 membres répartis dans sept résidences. Il est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) qui regroupe plus de 3 000 salarié-es œuvrant dans les centres d’hébergement privés, et environ 130 000 autres provenant d’autres secteurs d’activité. Le syndicat est aussi affilié au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE) qui regroupe 12 000 syndiqué-es dans 110 syndicats. Pour sa part, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) compte 325 000 membres dans tous les secteurs d’activité.

          Ici, nous aimons Radio-Canada Abitibi-Témiscamingue… Depuis quinze ans !

          Aujourd’hui, le collectif Ici, nous aimons Radio-Canada Abitibi-Témiscamingue annonce la tenue d’un spectacle de solidarité et de prise de parole le samedi 21 février 2015 à 20 h à la Scène Paramount située au 15, rue Gamble Ouest à Rouyn-Noranda. Plusieurs personnalités participeront à cet événement : Dany Placard, l’École de danse Danzhé, Geneviève et Matthieu, Louis-Philippe Gingras, Anodajay, Raôul Duguay, Alexandre Castonguay et Marta Saenz de la Calzada.

          « Après Sherbrooke, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et bientôt Moncton puis Montréal, c’est au tour de la belle région de l’Abitibi-Témiscamigue de célébrer la présence de Radio-Canada/CBC dans ses communautés. Je suis heureux de pouvoir participer à cet événement qui souligne le travail essentiel réalisé par tous les artisans de notre producteur et diffuseur public. Comme partout ailleurs au pays, la présence de Radio-Canada en Abitibi-Témiscamigue contribue à la diffusion de l’information régionale, à la vitalité de la culture, à la diversité des voix et à la liberté d’expression de toute la population de la région. Cette présence est précieuse et il faut la défendre », de déclarer Pierre Maisonneuve, porte-parole de Tous amis de Radio-Canada.

          « Radio-Canada a toujours eu une place privilégiée dans ma vie. Je suis né au même moment de sa création et quand je veux de l’information sur le monde de ma région, c’est ma référence. J’ai une confiance sans bornes envers le sérieux de leur programmation. Avec les nombreuses suppressions de postes imposées partout dans les régions, le spectre des compressions budgétaires n’est jamais trop loin pour nous, particulièrement lorsque nous précisons que nous avons une des plus petites stations de Radio-Canada au Québec. Mais tout ça nous appartient et nous devons avoir le pouvoir de décider pour notre avenir qui est intimement lié à cet outil collectif. Si nous voulons préserver la liberté et l’indépendance de notre service public, nous devons retirer le pouvoir d’intervention des élus du gouvernement fédéral », de souligner Fernand Bellehumeur, co-porte-parole de l’événement du 21 février prochain.

          « Radio-Canada permet d’accroître le sentiment d’appartenance des gens de la région, produit du contenu adapté à nos réalités régionales, permet aux citoyennes et aux citoyens d’améliorer leur connaissance de la région, diffuse nos préoccupations, nos débats, nos réussites et nos fiertés, et ce, bien au-delà de nos frontières. En ce sens, nous croyons fermement que les décisions gouvernementales, qu’elles soient prises à Québec ou à Ottawa, doivent impérativement refléter notre réalité lorsqu’elles nous touchent collectivement. Je m’inquiète sérieusement de la réduction du nombre de voix dans la sphère médiatique. Comme toutes les autres régions, l’Abitibi-Témiscamingue ne peut se priver de l’apport médiatique de Radio-Canada », de conclure Valérie Lemay, co-porte-parole du spectacle et employée de l’organisme Valorisation Abitibi-Témiscamingue.

          La campagne Tous amis de Radio-Canada a été lancée afin de défendre l’intégralité de notre seul producteur et diffuseur public national. Elle est organisée par la Confédération des syndicats nationaux, de concert avec la Fédération nationale des communications-CSN et le Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC-CSN).

          Tous amis de Radio-Canada rencontre les ministres de la francophonie du Québec, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick

          Aujourd’hui, une délégation du groupe Tous amis de Radio-Canada a rencontré le ministre québécois responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Francophonie canadienne, Jean-Marc Fournier, la procureure générale et ministre déléguée aux Affaires francophones de l’Ontario, Madeleine Meilleur et la ministre responsable de la Francophonie du Nouveau-Brunswick, Francine Landry.

          Un seul sujet était à l’ordre du jour de cette rencontre : l’importance fondamentale de Radio-Canada/CBC en tant que producteur et diffuseur public pour la survie des cultures francophones au Canada. « Le mandat de Radio-Canada consiste à renseigner, à éclairer et à divertir toute la population canadienne. Or, partout au pays, nous assistons depuis trop longtemps à l’asphyxie lente mais certaine de notre producteur et de notre diffuseur public. Et ce démantèlement bafoue déjà les droits des millions de gens qui ont de moins en moins accès à leur information régionale, qui ne voient plus les artistes de leur coin de pays, bref, qui reçoivent seulement des productions en provenance des grands centres urbains. Or, les décisions qui ont mené à tant de reculs contreviennent au mandat initial de Radio-Canada », de souligner Pierre Maisonneuve, porte-parole de Tous amis de Radio-Canada.

          « Autour de la table, nous partagions une préoccupation commune : nous nous sommes toutes et tous prononcés sur l’importance de défendre Radio-Canada, ce miroir essentiel qui doit refléter la vie de toutes les communautés francophones au pays. En ce sens et à l’image de la motion adoptée par l’Assemblée nationale du Québec, nous avons encouragé les ministres de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick à déposer à leur tour des avis de motion devant leurs assemblées provinciales respectives afin de démontrer le grand appui de toute la population envers Radio-Canada. En ce sens, les ministres nous ont précisé que leur travail de sensibilisation de leur entourage politique et de création de liens partout au pays figurait à leur agenda, le tout afin d’étendre la mobilisation actuelle », de préciser Jacques Létourneau, président de la CSN et responsable politique de la campagne Tous amis de Radio-Canada.

          « Nous avons également insisté sur l’importance de Radio-Canada en matière d’information puisqu’il s’agit d’un lieu privilégié d’enquêtes journalistiques où de nombreux dossiers complexes ont pu être traités avec toute l’importance qu’il fallait leur accorder. Il s’agit également d’un lieu formateur pour les journalistes, d’un espace de liberté d’expression, ce qui contribue à la pluralité des voix et aux débats démocratiques. Certains groupes n’aiment justement pas Radio-Canada précisément pour ces raisons », de dénoncer Pascale St-Onge, secrétaire générale de la Fédération nationale des communications-CSN.

          « Depuis 2009, en réaction aux compressions budgétaires fédérales, nous avons vu disparaître des pans entiers de la programmation régionale de Radio-Canada : à Espace musique, sur la Première chaîne radio, sur les ondes courtes, en information télévisée, etc. Et juste avant Noël, nous avons appris que les bulletins de nouvelles télévisés de 18 h passeraient bientôt de 60 à 30 minutes dans l’Est du Québec, à Saguenay, à Trois-Rivières, à Sherbrooke, en Ontario, au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta et en Colombie-Britannique. Ces communautés voient s’effriter peu à peu une institution qui reflétait leur culture et leur vie collective, tout en assistant à la suppression de nombreux emplois de qualité, qui contribuaient à leur dynamisme », de conclure Isabelle Montpetit, présidente du Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC-CSN).

          La campagne Tous amis de Radio-Canada a été lancée afin de défendre l’intégralité de notre seul producteur et diffuseur public national. Elle est organisée par la Confédération des syndicats nationaux, de concert avec la Fédération nationale des communications-CSN et le Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC-CSN).

          Le Syndicat des communications de Radio-Canada représente 1600 membres au Québec et à Moncton. Il est affilié à la Fédération nationale des communications-CSN, qui regroupe 7000 membres œuvrant dans les domaines des communications et de la culture. Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

          Les travailleuses et les travailleurs municipaux de Weedon en grève demain

          Confrontés à des blocages importants à la table de négociation pour renouveler leur convention collective, les employé-es syndiqués de la municipalité de Weedon déclencheront une grève générale illimitée demain matin, le 20 janvier.

          L’annonce a été faite aujourd’hui lors d’une conférence de presse donnée par le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie, Denis Beaudin, et par Claude Lacroix, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la municipalité de Weedon – CSN.

          Le syndicat de Weedon adhère à la plateforme de négociation coordonnée que se sont donnée neuf syndicats municipaux de l’Estrie depuis 2013. La négociation a été entamée par le dépôt des demandes, l’été dernier. Le recours à la grève vient après un dernier effort, le 7 janvier, de trouver une entente entre les deux parties. Malgré un certain progrès, des blocages demeurent sur plusieurs points importants de la plateforme commune, soit :

          • La formation professionnelle
          • Les augmentations salariales
          • Les vacances.

          « Nous avons déjà réussi à négocier plusieurs conventions collectives au cours de la dernière année sur la base de la plateforme commune, plus récemment à Ascot Corner et à Bury », a observé Denis Beaudin. « Nous demandons des conditions de travail similaires aux autres municipalités de la région, et les travailleuses et les travailleurs de Weedon les méritent. »

          Toutefois, à la suite de la séance de négociation du 7 janvier, la municipalité de Weedon a contacté le négociateur syndical afin de rétracter les avancées patronales faites lors de cette rencontre, pour revenir à son offre globale déjà rejetée par le syndicat lors d’une assemblée générale au mois de décembre.

          Le syndicat représente les 14 employé-es de la municipalité. Son président, Claude Lacroix, affirme que les membres du syndicat sont déterminés et solidaires dans leur démarche d’obtenir des conditions de travail semblables à leurs pairs dans la région.

          « Nous avons l’appui de huit autres syndicats municipaux, du Conseil central et de toute la CSN », a remarqué M. Lacroix. « C’est une position de force. Et nous allons mener cette lutte avec fermeté jusqu’à ce que la municipalité de Weedon nous accorde une convention collective juste et décente. »

           

          Nouvelle victoire judiciaire des syndiqué-es CSN contre Eddy Savoie

          Environ soixante employé-es du Manoir de Sherbrooke, membres de la CSN, viennent de remporter une importante victoire contre Eddy Savoie, propriétaire des Résidences Soleil. En effet, le 22 décembre dernier, la Cour supérieure a confirmé que le multimilliardaire s’est accaparé illégalement environ 80 000 dollars en primes de soins dentaires non versées. Eddy Savoie doit donc rembourser à ses employé-es les sommes qu’il avait prélevées à même leurs bas salaires, comme l’avait ordonné un arbitre dans une sentence rendue le 20 juin 2014. « En cette période des fêtes, lance Luc Poirier, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs des CHP de l’Estrie-CSN, cette décision est un véritable baume qui redonne espoir à des travailleuses et des travailleurs à faible revenu qui assument, depuis 2012, la totalité des coûts de l’assurance dentaire, alors que la convention collective prévoit un partage à parts égales avec l’employeur. Justice est maintenant rendue! » Pour Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE-CSN) : « Nous sommes très heureux de la décision de la Cour supérieure. C’est une grande victoire méritée pour tous les employé-es. Eddy Savoie doit faire amende honorable, reconnaître qu’il a erré et verser sans attendre tous les montants dus à son personnel dévoué, plutôt que de s’acharner en contestant à grands frais cette décision pourtant très claire. À défaut, assure-t-il, la CSN continuera à batailler pour que ces travailleuses et ces travailleurs obtiennent pleinement justice. »

          Rappel des faits

          À peine deux mois après l’entrée en vigueur de la convention collective actuelle, en avril 2012, Eddy Savoie a cessé unilatéralement de payer sa part de l’assurance dentaire pour une soixantaine de salarié-es. Il a ainsi refilé illégalement la totalité du coût de la prime d’assurance dentaire à ses employé-es, prime qu’il devait assumer à 50 %. Eddy Savoie s’est aussi octroyé le droit de récupérer sa part de l’assurance dentaire qu’il avait versée à l’assureur, et ce, d’avril 2009 à avril 2012, soit trois années complètes. Dans une décision rendue le 20 juin dernier, l’arbitre André Ladouceur l’a condamné à rétablir sa part puis à rembourser les salarié-es. À ce jour, les sommes dues par M. Savoie avoisinent les 80 000 $.

          À propos du syndicat et de la CSN

          Les employé-es du Manoir de Sherbrooke sont membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des CHP de l’Estrie-CSN qui compte 250 membres répartis dans sept résidences. Il est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) qui regroupe plus de 3 000 salarié-es oeuvrant dans les centres d’hébergement privés, et environ 130 000 autres provenant d’autres secteurs d’activité. Le syndicat est aussi affilié au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie qui regroupe 12 000 syndiqué-es dans 110 syndicats. Pour sa part, la Confédération des syndicats nationaux compte 325 000 membres dans tous les secteurs d’activité.

          Lettre à Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux

          Monsieur le ministre Gaétan Barrette,

          Pour donner suite à votre déclaration lors de la clôture des travaux de la Commission parlementaire étudiant votre réforme du réseau de la santé et des services sociaux – le fameux projet de loi 10 -, selon laquelle vous n’avez rencontré personne vous demandant de reculer, nous, employé-es professionnel-les et techniciens-nes des Agences de la santé et des services sociaux, souhaitons vous rappeler notre position à ce propos. Puisque, de toute évidence, vous ne semblez pas avoir retenu les propositions lors du passage de nos représentants devant la Commission, à laquelle vous nous aviez pourtant conviés, c’est avec plaisir que nous vous offrons ici un petit rappel. Précisons tout de même que l’ensemble de notre analyse se trouve dans le mémoire Le Collectif des syndicats CSN représentants les Agences de la santé et des services sociaux, qui vous a été dûment déposé.

          D’entrée de jeu, sachez que nous nous opposons complètement à votre réforme. Ce que vous proposez est précipité, voire peu réfléchi. Outre les quelques lignes directrices de votre projet de loi, la très grande majorité des questions sur l’applicabilité de votre réforme demeure sans réponse.

          Soulignons tout d’abord que l’abolition du palier régional de santé n’est pas chose banale; ce palier est synonyme notamment de répartition des ressources, de connaissance territoriale et de participation citoyenne. Les professionnel-les et techniciens-nes qui y œuvrent pensent le réseau, le coordonnent, s’assurent d’une compréhension du territoire sociosanitaire et lui assurent une architecture durable et viable, même à travers les périodes de restrictions budgétaires. La perte de cette coordination régionale aura pour conséquence une perte dans les continuums de soins et dans la mise en place d’un bon nombre de corridors de services. D’autre part, prétendre que l’abolition des Agences de la santé et des services sociaux et la création des nouveaux CISSS engendreront une réduction de la structure bureaucratique est un leurre. Au contraire. Avec la création de CISSS mammouths, c’est à une augmentation de la lourdeur administrative que nous assisterons.

          Par ailleurs, nous déplorons le caractère sans précédent de votre réforme qui octroie à un seul homme, vous en l’occurrence, tous les pouvoirs en matière de santé et de services sociaux ainsi que le contrôle de près de la moitié du budget du Québec. Il est de notre perception que cette réforme se fait réellement sur une base électoraliste, opportuniste et individualiste, et qu’elle permettra des économies de bouts de chandelle. En conclusion, sachez que, tout comme vous, M. Barrette, nous voyons la nécessité d’une réforme dans le réseau de la santé et des services sociaux. Cependant, il est impératif que cette réforme propose une décentralisation des pouvoirs et une répartition équitable des budgets en santé, le tout, dans un esprit de collaboration et visant le bien-être du patient. Nous sommes convaincus qu’une réforme de cette ampleur doit s’articuler autour d’une réelle consultation de l’ensemble des acteurs impliqués, de près ou de loin, particulièrement les citoyens qui seront les premiers à bénéficier des impacts de cette réforme ou à en subir les méfaits. M. Barrette, nous vous demandons donc de retirer l’ensemble du PL-10.

          Paul-André Aubin, Agence de la Santé et des services sociaux – Outaouais

          Étienne Blanchette, Agence de la Santé et des services sociaux – Estrie

          Luc Boissonneault, Agence de la Santé et des services sociaux – Saguenay

          Kévin Coulombe, Agence de la Santé et des services sociaux – Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine

          Jennifer Dahak, Agence de la Santé et des services sociaux – Montréal

          Richard Delisle, Agence de la Santé et des services sociaux – Laurentides

          Louise Lemire, Agence de la Santé et des services sociaux – Lanaudière

          Marcelle Nadeau, Agence de la Santé et des services sociaux – Chaudière-Appalaches Carmen Schaefer,

          Agence de la Santé et des services sociaux – Montérégie

          Pierre Turgeon, Agence de la Santé et des services sociaux – Laval

          La CSN invite ses membres à participer aux manifestations du 31 octobre

          Devant la multiplication des annonces de compressions budgétaires par le gouvernement de Philippe Couillard, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) lance un appel à ses membres et à la population à participer aux manifestations qui se tiendront dans plusieurs villes du Québec le vendredi 31 octobre.

          « Depuis la rentrée parlementaire, si les annonces de réduction de services à la population et de coupes dans les programmes sociaux se multiplient, la contestation contre les mesures d’austérité, elle, s’intensifie », mentionne le président de la CSN, Jacques Létourneau.

          « Toutes les semaines, les travailleuses et les travailleurs, les citoyennes et les citoyens prennent la rue pour dénoncer ce démantèlement de l’État social québécois. Les gens ont de plus en plus conscience des objectifs du plan de démolition du gouvernement Couillard. Malgré l’ampleur des effets des politiques d’austérité jusqu’à maintenant, le pire nous guette, car pour l’atteinte de son objectif insensé de déficit zéro pour 2015-2016 avec des compressions de plus de 6 milliards de dollars, nous appréhendons la disparition de services, de programmes, voire d’établissements de santé, comme en 1996, sous le gouvernement Bouchard. »

          Le 31 octobre est une belle occasion de démontrer notre refus à l’austérité d’un gouvernement qui n’a jamais fait campagne en ce sens. « Durant la campagne électorale, le Parti libéral a parlé de dialogue, de développement économique, de création d’emplois, poursuit le président de la CSN. Que voit-on aujourd’hui ? Tout le contraire. Le Québec se retrouve même avec un déficit de plus de 21 000 emplois. L’austérité est un échec. » Le 28 octobre, la CSN aura l’occasion de présenter ses orientations à la Commission d’examen sur la fiscalité, à Québec. Elle y livrera un plaidoyer pour la solidarité en matière de fiscalité.

          Le 31 octobre, des manifestations organisées par la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics se tiendront à Rimouski, à Baie-Comeau, à La Tuque, à Sherbrooke et à Jonquière. À Montréal, elle convie la population à une manifestation nationale. Jacques Létourneau : « Nous invitons nos membres et la population à y prendre part pour refuser le plan de démolition du gouvernement Couillard. »

          Une perte d’expertise régionale et un impact direct sur les soins

          Le personnel des agences régionales de santé et de services sociaux affilié-es à la CSN a dénoncé aujourd’hui en conférence de presse les répercussions importantes sur les soins et les services rendus à la population qu’entraînera le projet de loi 10 du ministre Gaétan Barrette. Une perte d’expertise régionale et une concentration majeure des ressources autour des centres hospitaliers sont à prévoir.

          Perte d’expertise locale

          Le projet de loi 10, qui prévoit l’abolition des agences, engendrera l’effritement d’une expertise locale essentielle à la coordination des soins et des services des régions et des sous-régions. « C’est cette expertise, cette connaissance réelle du terrain, qui permet d’organiser les soins et les services en fonction des besoins des populations, explique Michel Tremblay, président de la FP-CSN. Avec la création des nouvelles structures mammouths que seront les CISSS, il sera extrêmement difficile pour le ministère de répondre aussi efficacement aux besoins. » Le ministre voudrait bien faire croire, de façon réductrice, que le travail effectué par le personnel d’agence n’est que bureaucratique et inutile. Mais c’est précisément ce travail administratif qui permet une coordination efficace et adaptée des politiques de santé et de services sociaux. « Ce ne sont pas des structures que nous défendons aujourd’hui, mais bien une expertise qui disparaîtra avec ce projet de loi », précise Michel Tremblay.

          Une approche hospitalocentriste

          Le projet de loi 10 imposera inévitablement une vision hospitalocentriste du réseau. Puisque tous les nouveaux CISSS regrouperont un ou plusieurs centres hospitaliers, une concentration majeure des ressources financières et humaines s’effectuera autour des hôpitaux. « Nous observons déjà ce phénomène dans les CSSS qui regroupent des hôpitaux. La création des CISSS ne viendra qu’accentuer le problème », croit pour sa part Étienne Blanchette de l’agence de l’Estrie et membre de la FSSS-CSN. « Quand c’est l’hôpital qui gobe la plus grande part du budget, ce sont les autres soins et autres services offerts qui en souffrent. À titre d’exemple, il se peut que dans le cadre de mon travail, je juge qu’il est important d’octroyer du financement aux cuisines populaires de la région afin d’aider les familles plus pauvres. Mais si tout l’argent est monopolisé par les hôpitaux, c’est exactement ce genre d’approche régionale qui disparaîtra. »

          De nombreux dossiers négligés

          Déjà aux prises avec des coupes majeures, le personnel d’agence déplore le fait que dans plusieurs régions, de nombreux dossiers ne sont plus pris efficacement en charge, ce que le projet de loi viendra amplifier. « Rappelons que des coupes de 5,1 % ont été imposées aux agences pour 2013-2014 et cela a déjà un impact sur notre travail », note pour sa part Louise Lemire de l’agence de Lanaudière. « Chez nous, plus personne n’est en mesure de s’occuper efficacement, faute de moyens, de prévention du jeu pathologique, de la santé et du bien-être des femmes, etc. Avec le projet de loi 10, d’autres dossiers sont à risque de devenir négligés, tels la dépendance, le maintien à domicile ou les aidants naturels », précise-t-elle. Même chose du côté de Montréal, où les dossiers négligés sont légions. « La déficience intellectuelle et les troubles envahissants du développement sont des dossiers pour lesquels le personnel d’agence ne peut remplir son rôle entièrement. Même chose pour les services spécialisés tels les soins de la vision ou l’endoscopie, explique Jennifer Dahak de l’agence de Montréal. Et il est évident pour nous que le projet de loi 10 viendra aggraver la situation et plombera cette nécessaire organisation régionale des soins et des services à offrir » conclut-elle.

          Pouvoirs accrus du ministre

          Les pouvoirs accrus du ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette inquiètent aussi le personnel d’agence qui y voit la perte d’une autonomie régionale essentielle. « Nous nous inquiétons de la perte des instances démocratiques en santé en raison de la disparition des rôles d’administrateur accessibles à la population civile pour chaque CSSS et à l’agence. Maintenant, le ministre aura la mainmise complète du système de santé en élisant tous les membres du CA des structures mammouths que seront les CISSS », dénonce pour sa part Kevin Coulombe de l’agence de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

          À propos

          La Fédération des professionnèles (FP) représente plus de 8000 professionnèles, techniciennes et techniciens, œuvrant dans différents secteurs d’activité, dont les Agences de la santé et des services sociaux.

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte près de 130 000 membres dans les secteurs public et privé. La FSSS est la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé et des services sociaux.

          Les employé-es rejettent unanimement les offres bidons de l’employeur et reconduisent leur grève illimitée

          Les 31 syndiqué-es de la Résidence Memphrémagog, qui héberge une centaine de personnes âgées autonomes et semi-autonomes, ont unanimement rejeté les offres patronales lors d’une assemblée extraordinaire, hier. Ces nouveaux syndiqués, qui ont déclenché une grève générale illimitée le 1er septembre dernier, ont voté pour reconduire leurs moyens de pression. Ils veulent forcer COGIR, une société de gestion multimilliardaire, à ouvrir ses goussets pour mieux les rémunérer, alors qu’ils touchent un salaire d’environ 10,50 $/heure, soit ce qui est versé dans la restauration rapide! Pour Luc Poirier, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs des CHP de l’Estrie-CSN : « Les offres du groupe COGIR sont totalement dérisoires. Elles frôlent même le mépris le plus abject. Ce riche employeur se moque littéralement de son personnel, pour la plupart des femmes, lesquelles sont totalement dévouées aux personnes âgées hébergées qu’elles desservent. On n’a pas fini de nous entendre. », ajoute-t-il. Ce rejet massif suit le dépôt des offres présentées par l’employeur, le 26 septembre dernier, en présence d’un conciliateur du ministère du Travail. Fait à noter, dès le dépôt de ses offres, COGIR a déjà demandé l’arbitrage d’une première convention collective à la Commission des relations du travail, un signe qu’il savait que ses offres allaient être rejetées.

          Des offres abjectes
          Ainsi, la proposition patronale comportait des hausses salariales d’à peine 4,5 % sur trois ans, une moyenne de 1,5 % par année, soit en deçà de l’inflation. L’employeur ajoutait un forfaitaire de 1 % calculé sur les heures travaillées au cours de la dernière année, sans effet sur la structure salariale. Quant au rattrapage demandé, un enjeu de cette négociation, l’employeur offrait à peine 0,15 $ l’heure, et ce, uniquement pour les préposés aux bénéficiaires. S’ajoutaient des primes de quart de travail de soir et de nuit dérisoires, accompagnées de conditions les rendant pour la plupart inapplicables. Sur le plan des avantages sociaux, les employé-es ne pourraient bénéficier d’une troisième semaine de vacances qu’après quatre années de service à compter du 1er mai 2015. Quand on sait qu’environ 150 personnes y ont été embauchées au cours des sept dernières années, alors que l’entreprise emploie 31 employé-es annuellement, l’avantage ne profiterait qu’à une infime partie d’entre eux. Quant à leur demande de mettre en place un programme d’assurance collective, l’employeur l’acceptait à la condition qu’il soit totalement défrayé par les employé-es, lesquels sont déjà sous-payés. Enfin, COGIR proposait d’octroyer à chaque employé un seul congé payé par année en cas de maladie. Un congé mobile rémunéré par année venait clore les offres patronales. « Je suis très fier de ces travailleuses et de ces travailleurs qui ont décidé collectivement de se battre pour améliorer leurs conditions de travail, a déclaré Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie, alors présent à l’assemblée extraordinaire tenue, hier, à Magog. Ils ont décidé unanimement de poursuivre la bataille jusqu’au bout. Comme représentants de la CSN dans la région, nous allons les appuyer entièrement et jusqu’à ce qu’ils obtiennent la pleine reconnaissance de leur valeur. C’est une question de dignité humaine. », de conclure Denis Beaudin.

          Des travailleurs affiliés à la FEESP-CSN manifestent en Estrie contre le projet de loi 3 sur les retraites

          Une trentaine de travailleuses et de travailleurs se sont réunis aujourd’hui au Parc du Frère-Théode pour distribuer des tracts à la population et protester contre les assauts du gouvernement envers les régimes de retraite du secteur municipal. Cette action locale marque le début d’une série d’actions semblables qui se dérouleront dans différentes régions du Québec au cours des prochaines semaines.

          « Nous sommes ici aujourd’hui pour poursuivre notre entreprise de sensibilisation de la population à l’égard des attaques du gouvernement Couillard envers les régimes de retraite du secteur municipal et les compressions à venir dans de multiples domaines », a souligné monsieur Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE).

          Le ministre intraitable sur le principe du projet de loi

          « Lors de la dernière ronde de négociation de la convention collective, les travailleuses et les travailleurs ont consenti des sacrifices importants pour ramener le régime à la pleine capitalisation, en tenant compte de la capacité de payer de l’employeur. Il faudrait maintenant qu’ils acceptent de faire d’autres concessions en vertu du projet de loi 3 alors que leur régime est en bonne santé grâce à leurs sacrifices? » a-t-il ajouté.

          Une lutte de tous les instants à venir

          Pour Denis Beaudin, il est clair que le projet de loi 3 vient concrétiser le début de la politique d’austérité du gouvernement. « On voit bien quelles étaient les réelles intentions des libéraux, qui se servent des travailleuses et des travailleurs municipaux pour donner le ton de l’automne. Ça augure très mal pour les travaux sur les autres régimes des secteurs universitaire et privé et pour l’ensemble des programmes et des services des Québécois, qui vont passer dans le tordeur », a-t-il enchaîné.

          « Il faut dire non au virulent projet de loi 3 contre les travailleurs, non à des compressions purement idéologiques qui vont venir complètement saccager le modèle social que les Québécois se sont donné », a finalement conclu monsieur Beaudin.

          Les employé-es en conflit de travail reçoivent l’appui d’autres syndiqués CSN

          Les 35 employé-es de la Résidence Memphré hébergeant des personnes âgées, en grève depuis le 1er septembre, ont reçu l’appui des syndiqué-es du Manoir de Sherbrooke, eux-mêmes en conflit avec le propriétaire Eddy Savoie. Ces manifestants ont voulu dénoncer l’extrême lenteur des négociations avec le groupe Cogir et, surtout, l’absence de volonté d’en arriver à un règlement satisfaisant d’une première convention collective.

          Bien qu’une première séance de conciliation ait été tenue le 5 septembre, « rien n’indique jusqu’ici que la partie patronale prend vraiment au sérieux les demandes des salarié-es, qui sont largement sous-payés pour le travail qu’ils font auprès des personnes âgées, comparativement à la moyenne des salaires versés dans le secteur de l’hébergement privé, affirme Luc Poirier, le président du syndicat. Pourtant, le directeur des relations de travail chez Cogir, Robert Leroux, a lui-même confirmé dans un journal que les salaires étaient très bas et qu’il fallait redresser la situation. Alors, c’est maintenant qu’il faut améliorer les conditions de travail. Pas demain et surtout pas lors d’une autre ronde de négociation. On connaît trop la chanson! », a-t-il dit.

          Des demandes légitimes

          Au cœur du litige figure notamment la hausse des salaires, incluant un rattrapage. En effet, les salaires versés dans cette résidence avoisinent le salaire minimum, soit 10,50 $ l’heure. Or, tout ce qu’offre Cogir aujourd’hui, c’est un gel pour la première année et un total de 2,5 % pour les deux années subséquentes. En outre, l’employeur n’offre aucune bonification des congés payés, incluant les vacances. Ce qu’il met sur la table, c’est exactement ce qui est déjà prévu par les normes du travail.

          Enfin, les salarié-es réclament la mise en place d’un régime d’assurance collective. « Là encore, l’employeur fait la sourde oreille. Quand on tient compte de l’obligation qui est faite de contracter une assurance, en réalité, cela représente une baisse de salaire que les employé-es sont carrément incapables de se payer. Là aussi, il y a urgence d’agir. Cogir ne peut plus jouer à l’autruche », conclut Luc Poirier.

          Un taux de roulement élevé du personnel

          De telles conditions de travail n’ont rien pour attirer et garder à l’emploi les salarié-es, constate Denis P. Beaudin, président du Conseil central de l’Estrie (CCSNE-CSN). « On a calculé que le roulement de personnel dans cette résidence était l’un des plus élevés qui soit : pas moins de 150 personnes ont été embauchées au cours des sept dernières années seulement, alors que l’entreprise emploie 35 employé-es! En fin de compte, ce sont les personnes âgées qui paient le prix de l’instabilité du personnel et des services. La situation ne peut plus durer. Cogir doit négocier pour assurer non seulement de bonnes conditions de travail, mais aussi une plus grande stabilité des la main-d’œuvre et des services ».

          Pour Danielle Lemire, représentante du secteur des centres d’hébergement privés à la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN : « Il faut que Cogir ouvre les yeux sur les conditions de travail exécrables de ses employé-es. Nous, à la FSSS, allons tout mettre en œuvre pour qu’ils obtiennent une convention collective satisfaisante. C’est une question de dignité! »

          À propos du syndicat et de la CSN

          Les employé-es de la Résidence Memphré sont membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des CHP de l’Estrie-CSN, qui compte 250 membres répartis dans sept résidences. Il est affilié à la FSSS-CSN, qui regroupe plus de 3000 salarié-es œuvrant dans les centres d’hébergement privés, et plus de 125 000 provenant d’autres secteurs d’activité. Le syndicat est aussi affilié au Conseil central de l’Estrie, qui regroupe 12 000 syndiqué-es dans 110 syndicats. Pour sa part, la Confédération des syndicats nationaux compte 325 000 membres dans tous les secteurs d’activité.

          Manifestation contre Eddy Savoie qui a prélevé plus de 70 000 $ sur les salaires des employé-es

          Une soixantaine d’employé-es du Manoir de Sherbrooke, membres de la CSN, sont rassemblés devant le Palais de justice ce matin. Ils sont en furie contre Eddy Savoie, propriétaire, qui a accaparé illégalement d’importantes sommes d’argent à même leur salaire, le tout confirmé dans une récente sentence arbitrale. Ils en ont surtout contre le fait qu’il conteste devant la Cour supérieure ce jugement qui l’oblige notamment à les rembourser et à rétablir leurs droits.

          Pour l’occasion, un avion survolant la ville traîne une bannière où il est inscrit : Eddy Savoie se moque de nous! « Ce slogan traduit bien l’exaspération et la colère de nos membres », affirme Luc Poirier, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs des CHP de l’Estrie-CSN. « Eddy Savoie s’est arrogé le droit de piger dans leurs salaires, malgré un jugement clair qui lui interdit d’agir ainsi. Aujourd’hui, il a décidé d’en appeler de cette décision. Eh bien, on a des nouvelles pour lui : nous allons mener la bataille jusqu’au bout. C’est une question de dignité et de respect! »

          Une situation odieuse et injuste pour les salarié-es

          En avril 2012, à peine deux mois après l’entrée en vigueur de l’actuelle convention collective, Eddy Savoie a décidé qu’il ne payait plus sa part de l’assurance portant sur les soins dentaires pour une soixantaine de salarié-es. Il a ainsi refilé illégalement la totalité du coût de la prime d’assurance dentaire à ses employé-es qu’il devait assumer à 50 %. Un geste d’ailleurs condamné par l’arbitre André Ladouceur dans une décision rendue le 20 juin dernier. La valeur de la part assumée par les employé-es oscillent jusqu’ici à près de 40 000 $.

          Mais là ne s’arrête pas l’odieux. Eddy Savoie s’est en effet octroyé le droit de récupérer auprès des employé-es sa part du coût de l’assurance dentaire qu’il avait versée à l’assureur, et ce, d’avril 2009 à avril 2012, soit trois années complètes. Les sommes ainsi récupérées équivalent à un peu plus de 30 000 $. Et pour se rembourser, Eddy Savoie a d’abord retenu les montants qu’il devait verser aux fins de la rétroactivité salariale prévue à la convention collective. Puis, il s’est permis de prélever le reste des montants à même la paie de chaque salarié concerné, à raison de 21,78 $ par semaine, et ce, durant 25 semaines consécutives.

          Devant cet affront, le syndicat a déposé plusieurs griefs, qui sont à l’origine de la récente sentence arbitrale. L’arbitre Ladouceur leur a en effet donné raison en ordonnant que les droits des salarié-es soient rétablis et en intimant à Eddy Savoie de leur rembourser toutes les sommes prélevées, le tout avec intérêts. C’est cette décision que conteste le propriétaire des Résidences Soleil devant la Cour supérieure, en demandant d’abord un sursis pour ne pas avoir à rembourser ces sommes jusqu’à ce que la Cour entende la cause sur le fond.

          « C’est une situation très choquante et inadmissible! », lance Danielle Lemire, représentante du secteur des centres d’hébergement privés à la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN. « Déjà ces travailleuses et ces travailleurs, qui se dévouent corps et âmes pour des gens âgés vulnérables, gagnent des salaires qui sont loin d’être mirobolants. Et là, Eddy Savoie s’en prend à eux et à leur famille en pigeant dans leurs poches, sans même ressentir une petite gêne. On ne laissera pas faire ça. Ces syndiqué-es peuvent compter sur notre solidarité et sur celle de l’ensemble des 130 000 syndiqués membres de la FSSS-CSN. »

          Pour Denis P. Beaudin, président du Conseil central de l’Estrie (CCSNE-CSN) : « Ce qui est désolant dans cette histoire, c’est de voir ce propriétaire milliardaire agir comme s’il était un roi, et s’appliquer sa propre justice en contravention complète avec la convention collective qu’il a pourtant lui-même signée. Non seulement la CSN appuie ces salarié-es sur le plan juridique, mais nous, au conseil central, nous allons tout mettre en œuvre pour forcer ce triste individu à respecter ses travailleuses et ses travailleurs. »

          À propos du syndicat et de la CSN

          Les employé-es du Manoir de Sherbrooke sont membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des CHP de l’Estrie-CSN qui compte 250 membres répartis dans sept résidences. Il est affilié à la FSSS-CSN qui regroupe plus de 3000 salarié-es œuvrant dans les centres d’hébergement privés, et environ130 000 autres provenant d’autres secteurs d’activité. Le syndicat est aussi affilié au Conseil central de l’Estrie qui regroupe 12 000 syndiqué-es dans 110 syndicats. Pour sa part, la Confédération des syndicats nationaux compte 325 000 membres dans tous les secteurs d’activité.

          https://vimeo.com/105774567

          Les travailleuses et travailleurs en grève illimitée pour de meilleures conditions de travail

          Depuis minuit une minute, les 35 salarié-es de la Résidence Memphré, à Magog, qui héberge une centaine de personnes âgées autonomes et semi-autonomes, sont en grève générale illimitée. Profitant de la fête du Travail, ces syndiqué-es membres de la CSN ont déclenché la grève pour dénoncer l’impasse dans les négociations de leur première convention collective. Les salarié-es entendent respecter les services essentiels aux personnes hébergées.

          Luc Poirier, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs des CHP de l’Estrie-CSN, résume ainsi la situation : « Ces salarié-es, syndiqués depuis octobre dernier, ont déclenché la grève parce que l’employeur refuse, notamment, de leur accorder des salaires décents dignes du travail qu’ils effectuent auprès de la clientèle âgée. Or, leurs salaires avoisinent actuellement le salaire minimum, qui sont par ailleurs nettement en bas de la rémunération moyenne versée dans les résidences privées, soit de 12 $ à 15 $ l’heure. »

          Les salarié-es réclament un rattrapage salarial pour atteindre la parité avec la rémunération moyenne versée dans les résidences privées syndiquées au Québec. Pour sa part, le groupe Cogir, qui gère la résidence, n’offre rien de moins qu’un gel salarial pour la première année, suivi de deux hausses totalisant 2,5 % pour les deux autres années. En outre, les travailleuses et travailleurs réclament l’ajout de jours fériés et de jours de vacances annuelles, ainsi qu’un régime d’assurance collective qui est inexistant.

          Les négociations ont débuté le 28 mars dernier. Jusqu’à maintenant, une vingtaine de séances de négociation ont eu lieu. Celles-ci ont permis de régler la presque totalité des conditions de travail dites non financières. Une demande de médiation a été adressée au ministère du Travail, mais aucune date n’a encore été décidée.

          « C’est honteux de voir comment le groupe Cogir traite ses propres employé-es qui méritent plutôt d’être reconnus pour leurs efforts et les services qu’ils rendent quotidiennement aux personnes âgées. Ils peuvent compter sur la solidarité de la Fédération pour mener à un règlement satisfaisant », explique Danielle Lemire, représentante du secteur des centres d’hébergement privés à la FSSS-CSN. Le groupe Cogir est l’un des plus importants joueurs dans le domaine de l’hébergement des personnes âgées autonomes et semi-autonomes, avec quelque 45 établissements et près de 9 000 unités d’habitation répartis au Québec, en Ontario et en Nouvelle-Écosse.

          En outre, Cogir détient quelque 15 500 unités résidentielles, des centres commerciaux et divers établissements multivocationnels. Il emploie environ 2 500 personnes. « Nous allons apporter tout l’appui nécessaire pour que ces travailleuses et ces travailleurs puissent se faire entendre auprès de cet employeur et auprès de la population, ajoute Denis Beaudin, président du Conseil central de l’Estrie (CSN). Nous allons les soutenir pleinement jusqu’à ce qu’ils obtiennent gain de cause, soit des améliorations significatives à leurs conditions de travail. »

          À propos du syndicat et de la CSN

          Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des CHP de l’Estrie – CSN compte 250 membres répartis dans sept résidences. Il est affilié à la FSSS-CSN qui regroupe plus de 3 000 salarié-es œuvrant dans les centres d’hébergement privés, totalisant plus de 125 000 provenant de tous les secteurs d’activités. Le syndicat est également affilié au Conseil central de l’Estrie qui regroupe 12 000 syndiqué-es dans 110 syndicats. Pour sa part, la Confédération des syndicats nationaux compte 325 000 membres dans tous les secteurs d’activités.

          La CSN déplore la fermeture de l’usine d’East Angus

          La CSN souhaitait de tout cœur que la relance de l’usine de papier Kraft d’East Angus soit possible et déplore l’annonce de Cascades.

          « Il est important de souligner que c’est avant tout une décision de l’entreprise et que le syndicat a tout fait pour rendre la relance possible », insiste Jean Lacharité, vice-président de la CSN.

          De nombreuses démarches ont été entreprises dans le but de relancer l’usine de papier de Cascades à East Angus. Le succès de cette démarche reposait avant tout sur la présence d’un investisseur en mesure de participer de façon significative au montage financier nécessaire à la modernisation et à la relance de l’usine. Aucun investisseur de ce type n’a manifesté son intérêt jusqu’à maintenant.

          Notons que Fondaction, qui prend ses décisions d’investissement de façon indépendante, a accompagné le projet de relance jusqu’au bout. Ce fonds se dit par ailleurs prêt à étudier le dossier de tout investisseur stratégique qui démontrerait son intérêt rapidement.

          Les difficultés que connaît Cascades soulèvent par ailleurs des questions plus larges sur les politiques économiques du Québec. « Le gouvernement ne peut pas assister au déclin d’un secteur industriel en restant les bras croisés. Il est temps de mettre en place une politique industrielle efficace, comme celle qui est proposée par notre Fédération », ajoute Alain Lampron, président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN).

          Il est également important pour l’heure d’accompagner les 175 travailleuses et travailleurs de Cascades qui vont perdre leur emploi si aucun investisseur sérieux ne se manifeste rapidement. « Cette usine, fondée en 1881, était importante pour l’économie d’East Angus et de la région. Il faudra tout faire pour reclasser le plus de travailleurs possible », indique Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie, qui promet par ailleurs d’offrir l’expertise de l’équipe régionale de la CSN.

          À propos Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

          Renseignements : Thierry Larivière, Service des communications de la CSN Cellulaire : 514 704-3297; bureau : 514 598-2159. Thierry.lariviere@csn.qc.ca

          Fondaction CSN fait le point

          À la suite de la triste annonce par Cascades de la fin de ses activités de fabrication de papier kraft à East Angus, Fondaction CSN souhaite rétablir un certain nombre de faits quant à sa participation dans les scénarios de relance récemment proposés.

          Fondaction CSN a manifesté son intérêt d’investir dans la modernisation de l’usine, tout comme le ministère de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations. Toutefois, ce co-investissement entre le gouvernement du Québec et Fondaction devait se concrétiser en la présence d’un investisseur privé stratégique ayant la capacité de réinvestir au besoin.

          « Nous partageons la déception des travailleurs et de la population d’East Angus. Moderniser une usine comme celle d’East Angus nécessite des capitaux importants, un modèle d’affaires viable et la présence d’un investisseur privé stratégique spécialisé dans l’industrie des pâtes et papiers. Nous avons participé à la recherche de ce type d’investisseur au cours des derniers mois. Malheureusement, aucun groupe ne s’est manifesté », a déclaré Geneviève Morin, chef de l’investissement à Fondaction CSN.

          Fondaction CSN se dit toujours intéressé à étudier un projet de relance, en collaboration avec le gouvernement du Québec, si un investisseur privé stratégique démontre rapidement son intérêt. Toutefois, force est de constater que malgré les efforts de prospection visant à trouver un investisseur privé, aucun groupe n’a manifesté un intérêt jusqu’ici.

          À propos de Fondaction CSN

          Fondaction investit auprès des PME québécoises afin de contribuer au maintien et à la création d’emplois au Québec, dans une perspective de développement durable. Il gère un actif de 1,2 milliard de dollars provenant de l’épargne-retraite recueillie auprès de près de 128 000 actionnaires. Par ses investissements ou engagements, soit directement, soit par l’entremise de fonds partenaires ou spécialisés, Fondaction appuie le développement de plus de 850 PME québécoises dont un grand nombre font partie des différentes composantes de l’économie sociale. www.fondaction.com

          Appui à Raif Badawi, prisonnier d’opinions en Arabie saoudite

          Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie, représenté par M. Denis Beaudin, président, tient à donner tout son appui à M. Raif Badawi, prisonnier d’opinions en Arabie saoudite depuis le 17 juin 2012. Sa conjointe, Ensaf Haider, et ses trois enfants sont réfugiés politiques au Canada depuis novembre 2013 et demeurent à Sherbrooke.

          M. Badawi est un jeune blogueur saoudien de 30 ans, créateur et éditeur du site Web « Les Libéraux saoudiens », une plateforme qui encourage le débat politique et social en Arabie saoudite. Il y prône l’égalité entre les croyances et encourage les citoyens saoudiens à donner leur opinion sur le rôle de la religion dans leur pays.

          Raif Badawi a été arrêté le 17 juin 2012, puis condamné à sept ans de prison et six cents coups de fouet en juillet 2013 pour avoir créé « un site web portant atteinte à la sécurité publique et ridiculisant des personnalités islamiques ». Un nouveau jugement rendu le 7 mai 2014 le condamne à dix ans de prison et mille coups de fouet. Il est accusé d’avoir ridiculisé la Commission saoudienne pour la promotion de la vertu et la prévention du vice, également appelée « police religieuse », dans la conclusion de son article : «  Nous nous félicitons que la Commission pour la promotion de la vertu nous enseigne la vertu et qu’elle se soucie autant que tous les Saoudiens aillent au paradis. » Il est également accusé de ne pas avoir retiré des articles publiés par d’autres sur son site, notamment un texte suggérant que l’université de l’imam Mahamed ibn Saud était devenue un «  nid à terroristes ».

          M. Badawi a subi, selon son avocat, un procès rempli d’irrégularités. Par exemple, un des juges ayant pris part à la cause a fait annuler la condamnation d’apostasie, soit le fait de renoncer à sa religion (M. Badawi se dit d’ailleurs lui-même toujours musulman) pour la remplacer par une peine plus clémente. Malgré cela, Raif Badawi est toujours en prison, en attente d’un nouveau procès lors duquel il risque d’être rejugé pour apostasie et ainsi condamné à la peine de mort, ce qui va à l’encontre du droit international.

          Ensaf Haider se bat pour que son mari recouvre sa liberté, et le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie est fier d’appuyer ses démarches et affirme haut et fort sa solidarité à l’égard de M. Badawi et sa famille.

           

          Les fusions, c’est pas la solution !

          Les syndicats de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) de l’Estrie se mobilisent aujourd’hui contre les projets de fusions d’établissements dans la région. Pour la FSSS-CSN, ces fusions ne sont pas la solution pour améliorer les services de santé et de services sociaux. La FSSS demande aux décideurs des établissements et de l’Agence de l’Estrie de mettre d’autres solutions de l’avant.

          Plusieurs études de fusions entre des établissements de santé et de services sociaux sont actuellement en cours en Estrie. « Nous sommes particulièrement inquiets face à ces projets. Selon nous, ces fusions entraîneraient un déplacement du personnel sur le territoire, ce qui aurait nécessairement un impact sur le niveau de services à la population. De plus, ces projets ciblent des établissements aux missions bien différentes. Le personnel de ces différents établissements développe une expertise auprès des usagers. On ne peut pas par exemple intervenir de la même manière face à un usager en réadaptation physique ou mentale », explique Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

          Pour la FSSS-CSN, les fusions d’établissements soin loin d’être la solution pour améliorer la qualité des services à la population. La création de mégastructures a souvent pour effet d’augmenter le nombre de cadres et de rendre plus complexe la dispensation des services. « Plutôt que d’envisager des fusions, pourquoi ne pas plutôt appliquer des solutions qui préservent les structures et pourraient améliorer l’accès aux services? On sait par exemple que le nombre de cadres a augmenté dans le réseau de 30 % en 10 ans. Avant de concentrer les services dans des mégastructures, on pense qu’il y a d’autres solutions », avance Jeff Begley.

          Les syndicats de la FSSS-CSN sont en action partout dans la région. À Magog et Coaticook, on s’inquiète des impacts de l’agrandissement du territoire sur la qualité des services. Au Centre de réadaptation Estrie et au Centre de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDITED) de l’Estrie, on se demande comment le personnel pourra prendre en charge des usagers qui ont des besoins si différents. Des projets de fusion sont aussi à l’étude entre l’Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke (CSSS-IUGS) et le CSSS du Val-St-François, et entre le CSSS-IUGS et le CRDE (centre en dépendance et réadaptation de l’Estrie).

          « Nous demandons aux conseils d’administration des établissements visés de réfléchir à deux fois avant de prendre la voie des fusions. On demande aussi à l’Agence de l’Estrie de mettre d’autres solutions sur la table. Finalement, on demande au gouvernement de cesser les compressions budgétaires en santé et services sociaux. Pour nous, il va de soi que ces fusions sont mises de l’avant uniquement pour répondre à des exigences financières et non pas pour mieux servir la population », de conclure Steve Lemieux, vice-président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CSN).

          À propos de la FSSS-CSN

          La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) compte près de 130 000 membres dans les secteurs public et privé. La FSSS est l’organisation syndicale la plus représentative dans le secteur de la santé et des services sociaux. La FSSS-CSN agit en faveur d’une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.

          Les conductrices et les conducteurs manifestent leur impatience et annoncent une grève les 21, 22 et 23 mai prochains

          Les conductrices et les conducteurs de trois syndicats du transport scolaire ont tenu une manifestation dans les rues de Sherbrooke mardi, en début d’après-midi, afin de démontrer leur impatience devant la lenteur des négociations. À cette occasion, les syndicats du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE-CSN) et de la Fédération des employées et des employés des services publics (FEESP-CSN) sont venus prêter main-forte à leurs consoeurs et confrères estriens.

          « Nous étions 400 personnes aujourd’hui pour venir appuyer leur lutte! Puisque les négociations piétinent et que nous souhaitons démontrer aux employeurs notre détermination, nous tiendrons une grève de trois jours les 21, 22 et 23 mai 2014 prochains », affirme d’entrée de jeu Denis Beaudin, président du CCSNE-CSN.

          « Les conductrices et conducteurs méritent la reconnaissance des employeurs », ajoute Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN. « Sans cette reconnaissance, comment voulez-vous convenir d’un règlement à la hauteur de ce que ces femmes et ces hommes ont droit? La CSN est solidaire et ne ménagera aucun effort pour qu’ils puissent être fiers de ce qu’ils valent », martèle Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN.

          « Nous sommes convaincus qu’une entente rapide est encore possible. Les employeurs ont deux semaines pour faire leur devoir et offrir aux conductrices et aux conducteurs ce qu’ils demandent avant que ne soit déclenchée la grève. Si on a pu s’entendre chez Autobus des Cantons, pourquoi en serait-il autrement chez Autobus Coaticook, Autobus de l’Estrie ou encore Autobus La Sapinière?», ajoute Denis Marcoux, président de la FEESP-CSN.

          « Les conductrices et les conducteurs sont loin d’être gourmands, bien au contraire. Ces femmes et ces hommes qui chaque jour s’occupent de nos enfants méritent le respect » a pour sa part affirmé Jacques Forgues, président du Secteur transport scolaire de la FEESP-CSN. « En Estrie, comme partout au Québec, notamment dans le cadre des travaux de la table nationale d’évaluation de leur emploi qui ont cours actuellement, ce respect doit se concrétiser par des conditions de travail et des salaires décents », a conclut le leader syndical, lui-même conducteur d’autobus scolaire depuis plus de vingt ans.

          Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs des Autobus de l’Estrie – CSN, le Syndicat des travailleuses et des travailleurs des Autobus La Sapinière – CSN ainsi que le Syndicat des travailleuses et des travailleurs d’Autobus Coaticook – CSN sont affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE-CSN) et à la Fédération des employées et employés des services publics (FEESP-CSN). Le secteur transport scolaire de la FEESP-CSN regroupe cinquante-sept syndicats et représente environ 3 000 travailleuses et travailleurs.

          Les conductrices et les conducteurs d’autobus scolaire satisfaits de la reprise des travaux d’évaluation de leur emploi

          Les conductrices et les conducteurs d’autobus scolaire de la région de l’Estrie, affiliés à la Fédération des employées et des employés des services publics de la CSN (FEESP-CSN) ont rencontré aujourd’hui Réjean Hébert, ministre de la Santé et des services sociaux, ministre responsable des Aînés et responsable de la région de l’Estrie, dans le cadre d’une tournée de sensibilisation et de mobilisation, sur le thème En route vers le respect, qui vise essentiellement à faire reconnaître la valeur de leur travail. Pour cela, les conductrices et les conducteurs se réjouissent de son appui à l’effet que la table nationale, qui a le mandat de réaliser un exercice complet d’évaluation de leur emploi sur la base d’emplois comparables, reprenne ses travaux sans attendre.

          « Nos revendications que nous y porterons sont claires : nous exigeons la reconnaissance et la valorisation de notre emploi » a affirmé d’entrée de jeu monsieur Stephen Gauley, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Autobus la Sapinière – CSN. Pour la rencontre, il était accompagné de dirigeants des syndicats des conductrices et des conducteurs de la région affiliés à la CSN, de M. Yvon Godin, vice-président de la FEESP-CSN et responsable du secteur transport scolaire ainsi que de M. Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE).

          Au mois de novembre 2012, la Ministre Malavoy a mis sur pied un comité de travail ayant pour mandat la réalisation d’un exercice complet d’évaluation de l’emploi de conductrice et de conducteur d’autobus scolaire sur la base d’emplois comparables. Ce comité est composé entre autres de représentantes et de représentants des transporteurs scolaires, de la CSN et du gouvernement. Les travaux allaient bon train jusqu’à ce qu’en mai 2013, ils soient paralysés par le départ inattendu du président. À la fin du mois de février 2014, un nouveau président fut nommé. Après tout ce temps, les conductrices et les conducteurs sont en droit de s’attendre à ce que les travaux aboutissent dans un délai raisonnable.

          « Le message que nous avons livré au Ministre Hébert était clair : après avoir longtemps attendu, il est temps que les travaux de la table donnent lieu à une amélioration des conditions de travail des conductrices et des conducteurs », a affirmé Denis Beaudin.

          « L’iniquité salariale et le blocage dans la reconnaissance de leur métier, qui est de transporter de manière sécuritaire les enfants du Québec, ça doit se terminer. Nous avons donc sensibilisé monsieur Hébert et l’opinion publique au respect que méritent ces femmes et ces hommes », mentionne monsieur Godin.

          Rappelons que plus de 575 000 écoliers – soit un peu moins que 60 % des élèves du primaire et du secondaire – montent à bord d’autobus scolaires tous les jours. En Estrie, plus de 300 conductrices et conducteurs sont syndiqué-es à la CSN et qui desservent les circuits pour les commissions scolaires des Hauts-Cantons, des Sommets et de l’Estrie.

          À propos du secteur transport scolaire (STS) de la FEESP-CSN

          Le STS regroupe cinquante-sept syndicats et représente environ 3000 travailleuses et de travailleurs membres de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP) de la CSN. La fédération compte plus de 400 syndicats affiliés, représentant environ 55 000 syndiqué-es dans le domaine des services publics et parapublics.

          Intimidation inacceptable de la part d’un commissaire

          Un élu de la commission scolaire des Hauts-Cantons s’est conduit de façon agressive et inadéquate avec les représentants du Syndicat du personnel de soutien de la commission scolaire des Hauts-Cantons – CSN (SPSCSHC – CSN). Cette situation perdure depuis un certain temps, mais a culminé lors d’une rencontre du comité de relations de travail (CRT), le 4 février dernier. « Nous ne pouvons plus accepter de subir un climat agressif lors de nos CRT », a déclaré Julie Bolduc, qui ajoute que le comportement du commissaire de Compton et vice-président du Conseil des commissaires, André Couture, nuit au bon déroulement de ces rencontres depuis longtemps.

          Les agissements du commissaire Couture feront maintenant l’objet de plaintes à la commission scolaire. Le SPSCSHC – CSN invoquera notamment le non-respect du Règlement établissant le code d’éthique et de déontologie du commissaire de la Commission scolaire des Hauts-Cantons ainsi que de la Politique pour contrer la violence en milieu de travail de cette dernière. De plus, cette attitude du commissaire va à l’encontre de la politique du ministère de l’Éducation qui cherche à contrer la violence et l’intimidation dans les écoles du Québec.

          Une situation unique

          Le SPSCSHC – CSN souligne par ailleurs que la Commission scolaire des Hauts-Cantons est la seule des 33 commissions scolaires dont le personnel est syndiqué à la FEESP – CSN qui permet la présence d’élus scolaires aux CRT. Il s’agit habituellement d’instances qui relèvent des directions et des ressources humaines. Le syndicat fera donc des représentations auprès de la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Marie Malavoy, afin qu’aucun commissaire ne siège plus aux CRT du personnel de soutien. Le SPSCSHC estime que la commission scolaire des Hauts-Cantons devrait suivre l’exemple de la très grande majorité des autres commissions scolaires québécoises et laisser les directions et les ressources humaines s’occuper des relations de travail.

          À propos du SPSCSHC – CSN

          Le SPSCSHC – CSN représente plus de 400 salarié-es, en majorité des femmes travaillant à temps partiel au sein des établissements de la commission scolaire des Hauts-Cantons. Les grands secteurs d’emploi qu’il représente sont les suivants : manuel, administratif, technique, adaptation scolaire, service de garde, cafétéria et surveillance d’élève.

          À propos de la FEESP-CSN

          La Fédération des employées et employés de services publics compte plus de 400 syndicats affiliés représentant environ 55 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics.

          À propos de la CSN

          Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

          Vote de grève dans trois syndicats de transport scolaire

          Quatre syndicats CSN du transport scolaire de l’Estrie sont présentement en négociation pour le renouvellement de leur convention collective soit ;

          – Syndicat des travailleuses et des travailleurs du transport scolaire des autobus des Cantons – CSN – Syndicat des travailleuses et des travailleurs des Autobus de l’Estrie – CSN – Syndicat des travailleuses et des travailleurs des autobus la Sapinière – CSN – Syndicat des travailleuses et des travailleurs d’Autobus Coaticook- CSN

          La triste similitude de ces quatre négociations est l’écart important entre les demandes syndicales et les offres patronales notamment au point de vue salarial, déclare Denis Beaudin président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie – CSN. Dans certains cas, l’employeur offre moins que l’indice des prix à la consommation alors que minimalement cet ajustement lui est octroyé par la commission scolaire, et ce, à chaque année, ajoute-t-il.

          Devant le fossé qui sépare les parties, chacun des syndicats a décidé d’aller de l’avant et de consulter ses membres afin d’obtenir un mandat de grève.

          Ainsi, le Syndicat des travailleuses et des travailleurs du transport scolaire des autobus des Cantons – CSN, s’est réuni en assemblée générale le 31 octobre 2013 et c’est dans une proportion de 87 % que le mandat leur a été confié.

          Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs des autobus la Sapinière – CSN, pour sa part, a obtenu un tel mandat le 29 janvier dernier, et ce, à 95 %.

          Finalement, c’est hier soir que les membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs des Autobus de l’Estrie – CSN se sont prononcés, eux aussi, en faveur de la grève, et ce, à 92 %.

          Le comité de négociation du Syndicat des travailleuses et des travailleurs d’Autobus Coaticook- CSN est présentement à la table de négociation. Les dernières offres patronales ne présageaient pas du tout une entente de principe et il serait fort possible que les membres aient à se prononcer, eux aussi, sur un mandat de grève, et ce, d’ici les prochaines semaines, précise monsieur Beaudin.

          Le moment du déclenchement de cette grève n’a pas encore été fixé pour le moment et la durée de celle-ci non plus, conclut Monsieur Beaudin.

          Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs du transport scolaire des autobus des Cantons – CSN, le Syndicat des travailleuses et des travailleurs des Autobus de l’Estrie – CSN, le Syndicat des travailleuses et des travailleurs des autobus la Sapinière – CSN et le Syndicat des travailleuses et des travailleurs d’Autobus Coaticook- CSN sont affiliés à la Confédération des syndicats nationaux, au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie et à la Fédération des employées et employés des services publics – CSN (FEESP), qui compte plus de 400 syndicats, représentant environ 58 000 membres œuvrant dans le domaine des services public et parapublic.

          Négociations difficiles

          Le Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie et la Fédération de la santé et des services sociaux – CSN dénoncent les propriétaires de la Résidence Bellevue qui font traîner les négociations pour le renouvellement de la convention collective échue depuis le mois d’août 2012, soit maintenant 17 mois.

          « Maintenant qu’il a réglé ses problèmes avec l’Agence de la santé et des services sociaux concernant l’accréditation de la Résidence, et ce, avec l’appui des travailleuses et des travailleurs et de la CSN – Estrie, l’employeur doit reconnaître le travail de la quinzaine de ses employé-es », a affirmé le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie, monsieur Denis Beaudin.

          L’employeur demande un gel des salaires. La CSN a demandé à la firme MCE-Conseils de vérifier la situation financière de la résidence. L’employeur a accepté, mais refuse toute collaboration pour fournir certaines données. « Aucun employeur ne peut se permettre d’appauvrir ses employé-es sans démontrer hors de tout doute que sa situation financière est précaire », déclare monsieur Beaudin.

          « Les relations de travail sont difficiles et l’employeur a dû reconnaître, le 9 décembre dernier, à la suite d’une mise en demeure de la CSN, qu’il avait mal agi en ne respectant pas le Code du travail », affirme monsieur Luc Poirier, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Centres d’hébergement privés de l’Estrie – CSN.

          Le ministère du Travail a nommé un conciliateur dans le dossier et une première rencontre est prévue le 4 février 2014. Si l’employeur ne respecte pas les travailleuses et les travailleurs, ceux-ci accentueront la pression durant les prochaines semaines.

          La FSSS-CSN est l’organisation syndicale la plus représentative dans le secteur de la santé et des services sociaux regroupant 125 000 salarié-es de tous les titres d’emploi, tant dans le secteur privé que dans le secteur public, dont 3000 salarié-es œuvrant dans les centres d’hébergement privés. Elle est affiliée à la Confédération des syndicats nationaux, qui compte 300 000 membres dans tous les secteurs d’activité.

          Adoption de moyens de pression incluant la grève

          Réunis en assemblée générale le 5 septembre dernier, les membres du Syndicat des travailleuses et des travailleurs d’Autobus de Ste-Cécile-de-Milton – CSN (STTASCM) ont voté à 95 % en faveur de moyens de pression incluant la grève. Sans convention collective depuis le 30 juin 2010, les négociations avec l’employeur piétinent.

          « Au début du mois de juin dernier, nous avons déposé une demande de conciliation. Depuis, trois rencontres ont été convoquées par le conciliateur. Dès la première, le 26 juin, l’employeur brillait par son absence. Durant la seconde, tenue le 15 juillet, l’employeur a posé quelques questions et a quitté la table de négociation après une heure environ seulement. Finalement, le 3 septembre dernier, l’employeur a tenté d’annuler la rencontre sous prétexte que la situation financière dans laquelle il se retrouve l’empêche de répondre à nos demandes. À cet égard, il joue un scénario classique d’un employeur qui ne veut pas négocier », de préciser Alain Grenier, président du syndicat.

          Plusieurs éléments demeurent en suspens dont les salaires, les vacances, les barèmes d’indemnisation pour les dépenses d’emploi, la rétroactivité et la rémunération touchant aux voyages spéciaux.

          « Alors que le coût de la vie augmente sans cesse, aucune augmentation de salaire n’a eu lieu depuis l’été 2009. Néanmoins, la partie patronale n’est pas disponible avant le 5 novembre pour poursuivre la négociation. Devant le peu d’importance qu’il accorde au règlement de notre nouveau contrat de travail, nous avons adopté des moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève », de conclure monsieur Grenier.

          Le STTASCM regroupe une vingtaine de travailleuses et de travailleurs membres du Secteur transport scolaire (STS). Le STS compte environ 3000 salarié-es membres de la Fédération des employées et employés de services publics – CSN, qui compte plus de 400 syndicats affiliés, représentant environ 55 000 travailleuses et travailleurs dans le domaine des services publics et parapublics.

          Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

          Zoo de Granby : entente de principe entérinée à 83 %

          Réunis en assemblée générale, les travailleuses et les travailleurs du Syndicat national de la Société zoologique de Granby (CSN) ont entériné à 83 % une entente de principe survenue avec l’employeur vendredi dernier. Parmi les gains importants, le syndicat a obtenu diverses mesures afin d’améliorer la conciliation travail-famille et une reconnaissance de l’ancienneté des salarié-es étudiants.

          « Nous avons réussi à régler la question autour de l’enjeu le plus litigieux de la négociation, soit les plages horaires des gardiens du zoo », affirme Caroline Aubuchon, porte-parole du syndicat. La Fédération du commerce rassemble 32 500 membres dans différents secteurs d’activité. Elle compte 11 000 membres travaillant dans le secteur du tourisme.

          Fondée en 1921, la CSN regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

          Inquiétude des répercussions des conditions de travail sur les soins aux personnes résidentes

          Depuis deux ans, le syndicat régional des CHP en Estrie interpelle l’employeur du Manoir Sherbrooke concernant ses préoccupations quant aux conditions de travail difficiles dans certains secteurs dont, entre autres, la section des lits sous la responsabilité du CSSS. Ces conditions entraînent un roulement de personnel et un manque de personnel qui rendent difficile la prestation de soins de qualité aux personnes résidentes. De plus, l’augmentation du nombre de griefs et la lenteur des discussions pour trouver des solutions augmentent la frustration et le découragement des membres du syndicat. Ils tiennent aujourd’hui à souligner leur ras-le-bol concernant leurs conditions de travail et l’absence de réaction de l’employeur face à leurs problèmes.

          Depuis plus de deux ans, le syndicat dénonce les conditions de travail dans le secteur des lits de ressources non institutionnalisées (RNI). Il manque régulièrement de personnel et les travailleuses et travailleurs se retrouvent en surcharge de travail et doivent faire du temps supplémentaire obligatoire. « On a proposé un comité de travail pour trouver des solutions, mais l’employeur a refusé. La situation est intenable actuellement. Ces différentes problématiques ne créent pas un environnement qui favorise un milieu de vie sain et serein pour les résidents. Nous considérons d’ailleurs que la situation actuelle pourrait entraîner de possibles erreurs de médication », explique la vice-présidente régionale de la FSSS–CSN, Mélissa Gaouette.

          Le syndicat souhaite aujourd’hui que l’employeur entende leurs raz-le-bol et démontre une volonté de régler la situation pour le bien des résidents. «Nous attendons toujours une décision sur notre rétroactivité qui a été retenue en partie par l’employeur suite à la dernière négociation. De plus, les griefs ne cessent de s’accumuler. On a l’impression que l’employeur, au lieu de reconnaître notre travail et nous soutenir, nous tape sur la tête continuellement; c’est décourageant », souligne Sarah Morin, travailleuse au Manoir Sherbrooke.

          Dany Lacasse, représentant des secteurs privés à la FSSS–CSN, est venu témoigner aujourd’hui son appui aux travailleuses et travailleurs de la résidence « Nous appuyons entièrement ces travailleurs dans cette démarche. Comme vous savez, la FSSS est actuellement en campagne pour améliorer les conditions de travail dans ce secteur, lesquelles ont un impact direct sur les services offerts à la population vieillissante ».

          Pour suivre la campagne menée par la FSSS–CSN sous le thème « Ouvrez les yeux », on peut s’abonner au blogue www.ouvrezlesyeux.info.

          La FSSS–CSN est l’organisation syndicale la plus représentative dans le secteur de la santé et des services sociaux regroupant 125 000 salarié-es de tous les titres d’emploi, tant dans le secteur privé que dans le secteur public, dont plus de 3000 salarié-es œuvrant dans les centres d’hébergement privés (250 en Estrie dont 125 au Manoir Sherbrooke). Elle est affiliée à la Confédération des syndicats nationaux, qui compte 300 000 membres dans tous les secteurs d’activité.

          Les travailleurs se dotent d’un mandat de grève

          L’assemblée générale du Syndicat national des salariés(es) de la Société zoologique de Granby a entériné, dans une proportion de 93 %, un mandat de grève de trois jours. Ces journées seront utilisées au moment jugé opportun.

          Ce mandat de grève est adopté alors que la convention collective des travailleurs est échue depuis le mois de décembre 2012. La porte-parole du syndicat, Caroline Aubuchon, évoque des concessions importantes demandées par l’employeur qui rendront plus difficile la conciliation travail-famille. « Nous sommes rendus là. Les demandes de l’employeur risquent carrément de changer nos vies. Des employés seront obligés de travailler davantage les fins de semaine. L’employeur tente aussi de nous imposer des changements importants pour l’attribution des vacances », affirme-t-elle.

          Le syndicat veut donner une dernière chance au processus de négociation avant d’entreprendre une première journée de grève. « La grève sera utilisée en dernier recours. Nous sommes prêts à négocier et souhaitons en arriver à une entente, encore faut-il que l’employeur ait la volonté d’en faire autant », conclut Mme Aubuchon.

          Conscient des impacts que pourrait avoir ce moyen de pression au plus fort de la saison touristique, le syndicat communiquera les journées de grève à la population dans des délais raisonnables.

          Le Syndicat national des salariés(es) de la Société zoologique de Granby est affilié à la Fédération du Commerce (CSN) qui rassemble 32 500 membres dans différents secteurs d’activité.

          Entente de principe adoptée à 97,5 %

          Réunis en assemblée générale, les membres du Syndicat des travailleurs et travailleuses d’Aliments Ultima inc., affilié avec la CSN, ont adopté à 97,5 % l’entente de principe conclue avec l’employeur lundi dernier.

          Parmi les gains obtenus par les travailleurs, on retrouve davantage de flexibilité par rapport à l’horaire pour une meilleure conciliation entre le travail et la vie familiale. La convention collective, d’une durée de quatre ans, prévoit aussi une augmentation des salaires entre 2 % et 2,5 % par année, une prime en cas de licenciement et un salaire minimum de 15 $ de l’heure pour les étudiants.

          Le président du syndicat, Jocelyn Dupuis, voit dans cette entente des gains importants pour les travailleuses et travailleurs représentés par le syndicat. « Nous sommes très heureux de la nouvelle convention collective et d’avoir évité un conflit de travail. Nous avons réalisé des avancées importantes entourant l’enjeu principal de la négociation, soit la conciliation travail-famille. Nous pouvons maintenant reporter nos congés et avons de meilleurs ratios de vacances », affirme-t-il.

          La convention collective du Syndicat des travailleurs et travailleuses d’Aliments Ultima inc. était échue depuis le mois de mars 2013. La nouvelle convention collective adoptée est le fruit de plus de 35 rencontres de négociations.

          Le Syndicat des travailleurs et travailleuses d’Aliments Ultima inc. est affilié avec la Fédération du commerce. Elle rassemble 32 500 membres dans différents secteurs d’activité.

          Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

          Entente de principe

          Une entente de principe a été conclue entre la partie patronale et le Syndicat des travailleurs et travailleuses d’Aliments Ultima inc., affilié avec la CSN.

          Cette entente de principe est le fruit d’un long marathon de 22 heures de négociation dimanche et lundi dernier. Pour Jocelyn Dupuis, président du syndicat, l’entente négociée améliorera les conditions des travailleuses et des travailleurs. « Malgré une négociation longue et difficile, le comité de négociation est très heureux d’être arrivé à une entente. La plupart de nos objectifs ont été atteints. Bref, après 35 rencontres de négociation, nous sommes satisfaits du résultat » affirme-t-il.

          L’entente sera présentée aux membres en assemblée générale le jeudi 25 juillet 2013.

          La convention collective des travailleurs et des travailleuses d’Aliments Ultima est échue depuis le mois de mars 2013. Les négociations ont débuté dès février 2013.

          Le Syndicat des travailleurs et travailleuses d’Aliments Ultima inc. est affilié avec la Fédération du commerce. Elle rassemble 32 500 membres dans différents secteurs d’activité.

          Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

          La FSSS–CSN salue les mesures exceptionnelles de la ministre Nicole Léger à l’égard des victimes en service de garde en milieu familial

          La FSSS–CSN accueille avec satisfaction l’annonce de mesures de soutien exceptionnelles de la ministre Nicole Léger à l’égard des responsables en service de garde (RSG) en milieu familial victimes de cette tragédie. Au moment d’écrire ces lignes, des RSG sont toujours portées manquantes. D’autres ont dû fermer temporairement leur service de garde. Devant cette situation exceptionnelle, la FSSS–CSN entend apporter toute l’aide nécessaire pour soutenir ses membres et leurs proches durant cette difficile période.

          Au lendemain de la tragédie qui a fait une cinquantaine de victimes, la FSSS–CSN a contacté le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le ministère de la Famille. Une rencontre a d’ailleurs eu lieu avec la ministre Nicole Léger, le 16 juillet. Se montrant touchée par la situation vécue par les RSG rattachées au CPE Sous les étoiles, la ministre a confirmé son appui concret aux responsables en service de garde affectées par la tragédie. Outre un soutien psychologique immédiat dispensé par le CSSS du Granit, les RSG vont bénéficier des différentes mesures d’accommodement financier. Un montant d’argent est également alloué pour permettre à des RSG de prendre un répit ou de s’absenter du travail sans affecter le service offert aux enfants.

          « Nos pensées vont aux familles des victimes et à leurs proches, dont les responsables en service de garde que nous représentons », déclare Dany Lacasse, vice-président à la FSSS–CSN et responsable du secteur privé. « Parallèlement au MFQ, nous prenons tous les moyens nécessaires pour entrer en contact avec nos syndicats affiliés afin d’offrir toute l’aide possible à l’ensemble de nos membres à Lac-Mégantic. Nous nous coordonnons également avec le Conseil central de la région de l’Estrie, l’instance régionale de la CSN. »

          Pour Lucie Longchamps, représentante du secteur des RSG à la FSSS–CSN, « cette aide de la ministre est un baume en cette période difficile pour nos membres concernées. Pour notre part, nous allons tout mettre en œuvre pour accompagner les RSG dans leurs démarches pour accéder aux mesures de soutien exceptionnelles et éviter qu’elles ne soient pénalisées financièrement. »

          À propos de la FSSS–CSN

          La FSSS–CSN représente environ 2000 responsables en service de garde en milieu familial de même que près de 9000 travailleuses et travailleurs en centres de la petite enfance au Québec. Elle regroupe plus de 130 000 membres présents dans l’ensemble des secteurs public et privé. Elle est affiliée à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) qui compte un peu plus de 300 000 syndiqué-es issus de tous les secteurs d’activités.

          L’entente de principe est adoptée à 100 %

          Réunis en assemblée générale le mercredi 10 juillet 2013, les travailleuses et les travailleurs de la municipalité de Stoke, affiliés à la CSN, ont accepté dans une proportion de 100 % l’entente de principe intervenue en négociation. La convention collective était échue depuis le 31 mars 2013. Cette dernière aura une durée de 5 ans. Cette entente prévoit le même règlement qui a déjà été accepté à Cookshire-Eaton, concernant les cinq éléments de la plateforme de négociation coordonnée du secteur municipal en Estrie.

           

          « La CSN est très heureuse de ce règlement concernant les cinq éléments de la plateforme qui assure de meilleures conditions de travail aux salarié-es », s’est exprimé M. Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie.

          Cette négociation, qui s’est déroulée dans un excellent climat, où l’employeur était sensible aux demandes des syndiqué-es, a également donné des résultats intéressants en ce qui concerne les demandes locales :

          • Un plancher d’emploi pour tous les salariés permanents temps complet;
          • La protection contre la sous-traitance pour les salariés occasionnels;
          • Prime de nuit de 1,25 $/heure pour le déneigement.

          « Cette seconde entente dans le cadre de la négociation coordonnée municipale en Estrie, vient consolider les cinq éléments de la plateforme pour les négociations des autres municipalités en Estrie », a ajouté Yvon Godin, vice-président de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

          Rappelons que les employés des municipalités de Stratford et de Richmond devraient entreprendre leur négociation à compter de l’automne 2013.

          La CSN apportera sa contribution

          La catastrophe de Lac-Mégantic interpelle l’ensemble des Québécoises et des Québécois. La CSN n’y échappe pas et elle est fort préoccupée par la reconstruction de cette ville à la suite de cette tragédie. La centrale offre ses sympathies à toute la population et salue le travail de la Croix-Rouge qui a la capacité de répondre ainsi aux urgences créées par une telle situation. Outre ces besoins à court terme, bien d’autres besoins se feront ressentir un peu plus à moyen et à long termes. En attendant l’élaboration d’une stratégie d’appui à la reconstruction que devraient développer les élu-es de la MRC du Granit, les représentants de la CSN ont déjà pris la décision de faire un don au montant de 5000 $ dans un fonds régional qui serait créé et dédié à la reconstruction de Lac-Mégantic. Elle invitera également ses organisations affiliées ainsi que ses membres à y verser une contribution. La CSN a une grande tradition d’entraide et ses représentants souhaitent témoigner de la solidarité de la centrale avec la population de Lac-Mégantic.

          Par ailleurs, les représentants de la CSN tiennent aussi à rendre hommage aux travailleuses et aux travailleurs du secteur de la santé et des services sociaux, ainsi qu’aux nombreux bénévoles de la commission scolaire qui sont à pied d’œuvre depuis le début de la catastrophe, apportant leur soutien professionnel à leurs concitoyennes et concitoyens dans un contexte difficile, où toute la communauté est touchée. Pour la CSN, l’apport que les travailleuses et les travailleurs de tous les secteurs peuvent fournir dans de telles circonstances est plus que précieux. Malheureusement, la CSN compte de ses membres parmi les victimes et mettra son drapeau en berne dès aujourd’hui comme l’a proposé le gouvernement du Québec.

          « Il va sans dire que cette catastrophe pose bien des questions, notamment sur les plans de la sécurité des populations et de l’environnement. Une fois de plus, nous faisons face à une aberration qui est sans conteste le produit de la dérèglementation, voire du tout au profit. S’il faut certes aujourd’hui laisser tomber la poussière et s’occuper de ceux qui ont perdu les leurs et leurs biens, les diverses autorités ne pourront néanmoins fermer les yeux sur les conséquences des choix qu’ils ont faits par le passé. Nous serons avec tous ceux qui leur rappelleront leurs responsabilités, mais surtout leurs obligations à l’égard des populations qu’ils représentent. En outre, cette catastrophe nous incite aussi à réfléchir à des modes alternatifs énergétiques pour se libérer à long terme de notre dépendance au pétrole », d’affirmer le président de la CSN, Jacques Létourneau.

          Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

          Le SEMB-SAQ dénonce l’ouverture d’une agence

          Le SEMB-SAQ (Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ) dénonce et s’oppose à la décision de la SAQ d’ouvrir une agence dans l’arrondissement de Bromptonville. Dernièrement, la SAQ a fait l’annonce qu’elle ouvrira 40 nouvelles agences dans différentes localités du Québec. Lors de cette annonce, la SAQ mentionnait : « que l’ouverture de ces agences devait se faire dans des petites localités ou communautés et non pas dans des “zones urbaines” ».

          Dans les faits, la SAQ, en ouvrant une agence à Bromptonville, va à l’encontre même de sa politique et/ou de ses propres critères qu’elle s’était donnés en ce qui concerne l’ouverture de nouvelles agences. Ce que les décideurs de la SAQ, qui n’ont d’ailleurs la plupart du temps aucun attachement ou intérêt dans leurs décisions pour les gens des régions, ne savent pas que Bromptonville est un arrondissement de la Ville de Sherbrooke et non une petite localité, comme ils le prétendent.

          Dans un article paru dans un cahier spécial de La Tribune du vendredi 24 mai dernier, monsieur François Gougeon, journaliste, fait mention que l’arrondissement de Bromptonville est en pleine expansion. Faisant référence à une étude faite par M. Jérémy Dépault, chargé de projet au compte de Commerce Sherbrooke, il mentionne au sujet de l’arrondissement de Bromptonville « par son milieu de vie unique à Sherbrooke en raison de son noyau urbain chaleureux, dynamique et habité par une histoire, le secteur mérite d’être mieux connu des populations environnantes et devrait pouvoir améliorer considérablement son offre commerciale, surtout en matière de biens courants et de services de proximité ».

          La SAQ est une entreprise d’État qui a comme mandat de faire la vente de boissons alcoolisées de façon responsable et également de bien desservir l’ensemble de la population sur tout le territoire québécois. Le SEMB dénonce donc cette situation d’ouverture d’une agence dans l‘arrondissement de Bromptonville et demande à la SAQ de réviser cette décision en offrant à la population de l’arrondissement de Bromptonville une succursale de la SAQ. Au même titre que les arrondissements de Rock Forest, Fleurimont, Lennoxville et de tous les autres. La population de l’arrondissement de Bromptonville doit avoir le même service que l’ensemble de la population de Sherbrooke en ayant leur succursale de la SAQ.

          Une décision satisfaisante pour la CSN

          C’est avec grande satisfaction que la CSN accueille la décision de l’arbitre, Me Mario Létourneau, ordonnant le rétablissement du service du Centre d’approbation de service (CAS) ainsi que le replacement des salariés du CAS de l’entreprise Nordia à Sherbrooke. Nordia est une entreprise de centres d’appels affiliée à Bell Canada. En vertu de l’article 59 du Code du travail, qui stipule le maintien des conditions de travail à compter du dépôt d’une requête en accréditation, Me Létourneau ordonne à Nordia  «…de rétablir au plus tard le 30 janvier 2013 le service CAS à Sherbrooke dans l’état où il était à la date du dépôt de la requête en accréditation du Syndicat […] de replacer les salariés du CAS visés là où ils étaient avant la réorganisation décidée en décembre 2011 avec les conditions de travail qui prévalaient alors. » Pour Jean Lacharité, vice-président de la CSN, il s’agit d’une victoire importante : « Cette décision vient rappeler le droit des travailleurs et des travailleuses de choisir de se syndiquer sans crainte de représailles. On le sait, toutes les excuses sont bonnes afin de freiner les efforts de syndicalisation des employé-es, alors qu’ils sont légitimés de le faire. »

          Historique
          En octobre 2011, la CSN a déposait une requête en accréditation pour syndiquer les salarié-es œuvrant au Centre d’approbation de service (CAS). Le Syndicat des travailleuses et travailleurs du Centre d’approbation de Nordia – CSN a été accrédité le 22 novembre 2011 par la Commission des relations du travail. Quelques jours plus tard, soit le 9 décembre 2011, l’employeur avisait tous les salariés du département que le CAS devait être « réorganisé » et qu’il serait déménagé à Kitchener en Ontario. Nordia justifiait alors sa décision par des difficultés de recrutement d’agents bilingues à Sherbrooke et par la hausse importante des appels pour les autres départements de cette même ville en 2012. Le Syndicat contestait cette décision de l’employeur par voie de grief le 13 décembre 2011. Le Syndicat soutenait essentiellement que Nordia avait illégalement modifié les conditions de travail de ses membres.

          À propos Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

          Les syndiqués en lock-out du Roi du Coq rôti resserrent les rangs

          Convoqué à une séance de conciliation le 13 février dernier, c’est avec consternation que le Syndicat des travailleurs et travailleuses Au Roi du Coq Rôti – CSN a appris la dernière décision de l’employeur quant à la vocation future de sa rôtisserie. À cette occasion, les propriétaires ont avisé le syndicat que dorénavant la rôtisserie opérerait sans ses livreurs, mettant à la rue du même coup des travailleurs qui ont plus de 25 ans de loyaux services. La réouverture serait donc possible mais uniquement avec un service au comptoir.

          « Les frères Perreault n’ont pas fini de nous surprendre par leur décision. Cette décision ne s’expliquant nullement par des raisons financières, les conclusions ne sont pas trop difficiles à tirer. Par ailleurs, cette décision manque carrément de respect envers une clientèle qui n’a d’autre choix que d’utiliser le service de la livraison », déclare Jean Lacharité, président du Conseil central de l’Estrie.

          « Ces propriétaires n’ont jamais accepté de négocier, ils ont toujours voulu le pouvoir et à n’importe quel prix, force est de le constater encore une fois. Je ne peux m’empêcher d’imaginer ce que leur père penserait de tout cela. Ils ont reçu un précieux héritage et ils sont en train de le dilapider petit à petit. Monsieur Perreault, père, a bâti cette entreprise, l’a fait prospérer et regardez ce qu’ils en font, c’est tellement triste », a-t-il conclu.

          Réunis en assemblée générale vendredi soir dernier, les travailleuses et travailleurs ont pris la décision d’appuyer les livreurs dans une proportion de 97%. « Nous entrerons au travail tous ensemble ou pas du tout, » a déclaré Robert Labrecque, rôtisseur et vice-président du syndicat. «Nous sommes une famille, nous n’accepterons pas d’entrer au travail sans eux, c’est impensable», a ajouté Christelle Lemieux, caissière-réceptionniste.

          « Les livreurs sont émus et touchés par la solidarité du groupe » a mentionné Serge Lemay, président du syndicat et livreur.

          Jean Lacharité conclut en répétant aux frères Perreault que le syndicat est prêt à négocier, aucune demande n’étant exagérée dans cette négociation, il faut juste un peu d’humilité et surtout un peu d’humanité.

          Les syndiqués en lock-out du Roi du Coq Rôti resserrent les rangs

          Convoqué à une séance de conciliation le 13 février dernier, c’est avec consternation que le Syndicat des travailleurs et travailleuses du Roi du Coq Rôti – CSN a appris la dernière décision de l’employeur quant à la vocation future de sa rôtisserie. À cette occasion, les propriétaires ont avisé le syndicat que dorénavant la rôtisserie opérerait sans ses livreurs, mettant à la rue du même coup des travailleurs qui ont plus de 25 ans de loyaux services. La réouverture serait donc possible mais uniquement avec un service au comptoir.

          « Les frères Perreault n’ont pas fini de nous surprendre par leur décision. Cette décision ne s’expliquant nullement par des raisons financières, les conclusions ne sont pas trop difficiles à tirer. Par ailleurs, cette décision manque carrément de respect envers une clientèle qui n’a d’autre choix que d’utiliser le service de la livraison », déclare Jean Lacharité, président du Conseil central de l’Estrie.

          « Ces propriétaires n’ont jamais accepté de négocier, ils ont toujours voulu le pouvoir et à n’importe quel prix, force est de le constater encore une fois. Je ne peux m’empêcher d’imaginer ce que leur père penserait de tout cela. Ils ont reçu un précieux héritage et ils sont en train de le dilapider petit à petit. Monsieur Perreault, père, a bâti cette entreprise, l’a fait prospérer et regardez ce qu’ils en font, c’est tellement triste », a-t-il conclu.

          Réunis en assemblée générale vendredi soir dernier, les travailleuses et travailleurs ont pris la décision d’appuyer les livreurs dans une proportion de 97%. « Nous entrerons au travail tous ensemble ou pas du tout, » a déclaré Robert Labrecque, rôtisseur et vice-président du syndicat. «Nous sommes une famille, nous n’accepterons pas d’entrer au travail sans eux, c’est impensable», a ajouté Christelle Lemieux, caissière-réceptionniste.

          « Les livreurs sont émus et touchés par la solidarité du groupe » a mentionné Serge Lemay, président du syndicat et livreur.

          Jean Lacharité conclut en répétant aux frères Perreault que le syndicat est prêt à négocier, aucune demande n’étant exagérée dans cette négociation, il faut juste un peu d’humilité et surtout un peu d’humanité.